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10.04.2026 à 14:19

🔴 POPULISTE DU JOUR

Loïc Le Clerc

Le gouvernement retourne à l’assaut des jours fériés Ce vendredi, la proposition de loi autorisant à faire travailler les employés le 1er mai sera débattue à l’Assemblée. L’objectif étant que la loi change dès cette année. Gabriel Attal, chef de file de cette affaire, se la joue populiste et vient au secours des boulangers et…
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Le gouvernement retourne à l’assaut des jours fériés

Ce vendredi, la proposition de loi autorisant à faire travailler les employés le 1er mai sera débattue à l’Assemblée. L’objectif étant que la loi change dès cette année. Gabriel Attal, chef de file de cette affaire, se la joue populiste et vient au secours des boulangers et des fleuristes « pour qu’ils puissent bosser. Tout simplement. » Car, dit-il, « les boulangers et fleuristes n’ont pas le droit d’ouvrir leur boutique le 1ermai », contrairement aux McDo… Super modèle ! La CGT dénonce le mensonge : le boulanger ou le fleuriste ont parfaitement le droit d’ouvrir leur commerce le 1er mai, ce sont leurs salariés qui bénéficient de ce jour historiquement férié et chômé (dans le monde entier). Le macronisme est un séisme dont on ne sait le nombre de répliques qui nous attendent encore… 

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09.04.2026 à 14:28

Voyage vers la lune : l’humanité entre conquête et exil

Pablo Pillaud-Vivien

Quatre cosmonautes rejouent en ce moment une vieille histoire : celle d’Ulysse, entre départ et retour, puissance et déracinement. À travers Artemis II, la conquête spatiale révèle moins un rêve d’empire qu’une condition humaine faite d’errance et de dépendance.
Texte intégral (828 mots)

Quatre cosmonautes rejouent en ce moment une vieille histoire : celle d’Ulysse, entre départ et retour, puissance et déracinement. À travers Artemis II, la conquête spatiale révèle moins un rêve d’empire qu’une condition humaine faite d’errance et de dépendance.

Ils sont quatre, enfermés dans une capsule, suspendus à plus de 400 000 kilomètres au-dessus de nos têtes. Ils tournent autour de la Lune sans s’y poser, comme une promesse différée. La NASA appelle cela « Artemis II ». Dix jours de voyage, près de 700 000 kilomètres parcourus, une trajectoire en forme de fronde : partir, contourner, revenir.


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Mais qu’est-ce qui fascine les dizaines de millions de spectateurs qui les regardent en live ? Sûrement pas l’action, ni même la technique ou seulement l’exploit. C’est autre chose : nous sommes avec eux. Dans cette nacelle, il y a nous tous.

Depuis la Terre, nous regardons ces images – la Lune en surplomb, la Terre réduite à une  bille fragile – et quelque chose se déplace. Les cosmonautes s’éloignent plus loin que n’importe quel humain ne l’a jamais fait. Ils voient toute notre planète d’un seul regard. Nous aussi, par procuration. Et pourtant, ce n’est pas eux qui partent : c’est nous qui les envoyons. Nous avons construit la fusée, décidé la mission, projeté notre désir d’ailleurs. Cette capsule, c’est une condensation du monde, de ses savoirs, de ses budgets, de ses puissances.

Dans une conférence lumineuse, le penseur américain Daniel Mendelsohn rappelait que le voyage d’Ulysse raconté dans L’Odyssée d’Homère est toujours double : partir, mais aussi revenir ; à la fois conquérant et déraciné. Ulysse n’est pas seulement le héros qui explore ; il est aussi celui qui erre, qui dépend des autres, qui n’est jamais complètement chez lui. C’est ce que rejoue Artemis II.

Dans le silence spatial, sans gravité, sans sol, sans horizon stable, l’humain redevient ce qu’il est fondamentalement : un corps vulnérable, dépendant, déplacé. Un migrant. Pas au sens administratif. Au sens existentiel.

D’un côté, une mission de puissance : tester, maîtriser, préparer la conquête. L’objectif est clair : retourner sur la Lune, s’y installer durablement, ouvrir la voie à Mars. De l’autre, une expérience d’exil. Dans cette capsule, les cosmonautes dorment comme des chauves-souris, accrochés dans le vide, loin de tout. Ils dépendent d’un fil invisible qui les relie à la Terre. Ils ne possèdent rien, sinon leur trajectoire. Ils sont à la fois colons et migrants.

Artemis est un programme de puissance. Il s’inscrit dans une compétition internationale, dans une projection de souveraineté, dans une volonté d’appropriation symbolique – et déjà matérielle – de l’espace. Nommer des cratères, cartographier, préparer l’installation. Comme si la Lune était déjà une extension naturelle de nos territoires.

Mais en même temps, il y a une autre vérité plus fragile. Dans le silence spatial, sans gravité, sans sol, sans horizon stable, l’humain redevient ce qu’il est fondamentalement : un corps vulnérable, dépendant, déplacé. Un migrant. Pas au sens administratif. Au sens existentiel. Quelqu’un qui traverse, qui n’appartient pas, qui doit négocier avec un environnement hostile, qui transporte avec lui ses souvenirs – comme ce moment où les cosmonautes dédient un cratère à une disparue, emportant leurs morts avec eux. 

Si Artemis II fascine autant, ce n’est pas seulement parce que c’est grand et inhabité. C’est aussi parce que c’est une image politique de nous-mêmes. Une humanité capable de se projeter comme empire et en même temps condamnée à sa fragilité. 

Alors peut-être que la véritable question n’est pas « Irons-nous à nouveau sur la Lune ou quand y vivrons-nous ? » Mais « Qui serons-nous quand nous y irons ? » Des colons reproduisant les logiques d’appropriation terrestre ? Ou des migrants conscients de leur humanité commune ? Ulysse ne conquiert jamais vraiment : il survit, apprend et raconte. Dans la nuit cosmique, c’est peut-être cette seconde figure qui nous attend.

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09.04.2026 à 13:48

🔴 PANIQUE DU JOUR

Loïc Le Clerc

Entre menaces et « obligation de neutralité », le CNC cède face à l’extrême droite « S’il y a des projets qui sont poussés par des gens que j’aime bien, c’est d’une évidence sans nom que si je trouve le projet pertinent, je vais saucer le projet […] Si un projet est proposé par quelqu’un d’extrême droite, ben…
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Entre menaces et « obligation de neutralité », le CNC cède face à l’extrême droite

« S’il y a des projets qui sont poussés par des gens que j’aime bien, c’est d’une évidence sans nom que si je trouve le projet pertinent, je vais saucer le projet […] Si un projet est proposé par quelqu’un d’extrême droite, ben non ! » Deux phrases et le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) explose en plein vol. Ces mots sont de la streameuse Ultia, membre de la « commission d’attribution du fonds d’aide à la création sur les plateformes sociales », fonds qui sert à financer des influenceurs et autres youtubers. L’extrême droite hurle à la propagande gauchiste et les menaces se multiplient. Le CNC cède. Ultia est exclue sans préavis de la commission pour manquement à son « obligation de neutralité » et tout le fonds se voit suspendu. Symptôme d’une force publique qui ne sait pas comment gérer l’ascension du RN. Un tapis rouge pour 2027.

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