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03.04.2025 à 06:00

Palestine. Dans le nord de la Cisjordanie, la guerre coloniale a changé de dimension

Clothilde Mraffko

Juste après le cessez-le-feu à Gaza, à la mi-janvier 2025, Israël a annoncé inclure l'intensification de ses opérations en Cisjordanie dans ses « buts de guerre ». Depuis, le nombre de déplacés y a dépassé les 40 000. Plus de 900 Palestiniens y ont été tués par l'armée ou par des colons israéliens depuis le 7 octobre 2023. Reportage. Adel Irani rapproche de lui deux chaises en plastique dans un coin ensoleillé du parking d'une salle des mariages des environs de Tulkarem. Il y installe ses (…)

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Texte intégral (2679 mots)

Juste après le cessez-le-feu à Gaza, à la mi-janvier 2025, Israël a annoncé inclure l'intensification de ses opérations en Cisjordanie dans ses « buts de guerre ». Depuis, le nombre de déplacés y a dépassé les 40 000. Plus de 900 Palestiniens y ont été tués par l'armée ou par des colons israéliens depuis le 7 octobre 2023. Reportage.

Adel Irani rapproche de lui deux chaises en plastique dans un coin ensoleillé du parking d'une salle des mariages des environs de Tulkarem. Il y installe ses cadettes, Sidar, neuf ans, et Sima, cinq ans. Derrière eux, les dernières pluies de l'hiver ont tapissé de vert vif les collines du nord de la Cisjordanie. Les fillettes sont dehors toute la journée — elles n'ont pas remis les pieds à l'école depuis plus d'un mois, après avoir fui, en pleine nuit, leur maison dans le camp de réfugiés de Nour Chams, juste en contrebas. Leur père retourne régulièrement là-bas, en cachette, apporter des vivres et surtout de l'eau à sa mère et une sœur invalide, restées sur place avec une autre sœur qui veille sur elles. « Elles sont seules, la majorité de ma famille, mon frère, des cousins, ma femme, sont ici », dit Adel, ses yeux vert clair rognés par les cernes.

Le 9 février, à 2 heures du matin, ce Palestinien de 45 ans a été réveillé par des « bruits d'explosion ». « On a tout allumé dans la maison, ouvert toutes les portes », décrit-il d'une voix calme : il voulait éviter que les soldats soupçonnent une activité suspecte. Son voisin, dit-il, a été tué dans l'explosion de sa porte d'entrée. Les militaires israéliens ont d'abord fait voler un drone de reconnaissance équipé d'une caméra dans le salon des Irani avant d'entrer eux-mêmes dans la maison et d'ordonner à la famille de quitter les lieux. « “Je dois prendre des affaires, j'ai mes enfants”, je leur ai dit. “Sors comme tu es”, ont-ils répliqué. Alors j'ai pris mes enfants et je suis parti », raconte Adel. Cette nuit-là, les soldats ont tué Sondos Shalabi, 23 ans, enceinte de huit mois. Son bébé à naître n'a pas pu être sauvé, les Israéliens ayant bloqué les secours, a rapporté le ministère de la santé palestinien. Son époux a été grièvement blessé. L'armée israélienne a annoncé, comme d'habitude, avoir ouvert une enquête.

Selon l'UNRWA, l'agence onusienne qui s'occupe des réfugiés palestiniens, quelque 40 000 Palestiniens ont été forcés hors de chez eux depuis mi-janvier 2025, après qu'Israël a lancé une énième opération militaire, baptisée « Mur de fer », dans les camps de réfugiés des gouvernorats de Jénine, Tulkarem et Tubas, dans le nord de la Cisjordanie occupée. Beaucoup ont échoué chez des proches, certains ont loué des chambres et seize familles, dont les Irani, ont atterri à Kafr Al-Labad, dans la salle des mariages réquisitionnée pour l'occasion. L'armée israélienne dément expulser les habitants qui, dit-elle, partent de leur plein gré pour éviter les combats. « Les forces israéliennes ont recours aux frappes aériennes, aux bulldozers blindés et aux explosions télécommandées en Cisjordanie, dénonçait l'UNRWA sur X le 10 février dernier. Ces tactiques militaires ont rendu les camps du nord inhabitables. »

En finir avec les camps

Juste après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu à Gaza, le 19 janvier 2025, le gouvernement israélien s'est davantage concentré sur la Cisjordanie, faisant part de son intention de renforcer les « opérations offensives » sur ce territoire, les incluant même dans ses « objectifs de guerre ». Depuis, l'armée israélienne a tué 100 Palestiniens dont huit enfants, en grande majorité dans les gouvernorats du nord — trois soldats israéliens ont aussi été tués. À Kafr Al-Labad, dans tous les esprits, les images de Gaza dévastée se mêlent à celles de l'exode de leurs parents et grands-parents pendant la Nakba, en 1948, lors de la création d'Israël. « Ce n'est pas comme à Gaza, corrige Adel Irani. Ici, nous n'avons pas vu de gens attaquer Israël. Et l'Autorité palestinienne, qui est censée se ranger de notre côté, reste bien au chaud dans ses casernes. »

L'armée israélienne combat dans les camps du nord de la Cisjordanie des groupes qui ont relancé la lutte armée contre l'occupation depuis trois ans. D'abord embryonnaires à Jénine, ces bataillons se sont étendus à Tulkarem, Nour Chams, Tubas. Adel fait la moue, grattant la barbe poivre et sel de quelques jours qui lui mange les joues. Pour lui, Israël sait très bien où se trouvent les armes et les combattants. Mais son armée ferme les yeux pour avoir un prétexte pour attaquer les camps de réfugiés :

Qui a armé ces hommes ? Comment Israël ne peut pas savoir de quelle manière ces armes sont entrées ? Quand les soldats sont venus [le 9 février], il n'y avait pas d'hommes armés dans mon quartier. Les militaires israéliens avaient l'air tranquilles, ils scrollaient sur TikTok.

Lui en est persuadé : « Israël veut en finir avec les camps et la question des réfugiés palestiniens. » La première étape, poursuit-il, a été de mettre hors la loi l'UNRWA, l'agence onusienne qui s'occupe d'eux. Deux lois sont entrées en vigueur fin janvier 2025, l'une bannissant ses activités en Israël et à Jérusalem-Est, l'autre interdisant tout contact avec les responsables israéliens.

Les déplacés de Nour Chams sont tous des descendants de réfugiés palestiniens de 1948, originaires pour la plupart de Haïfa et de ses environs, à moins d'une centaine de kilomètres de là, sur la côte. Encore aujourd'hui, beaucoup rêvent de retourner vivre sur la terre de leurs ancêtres, se réclamant d'un droit au retour inscrit dans la résolution 194 de l'Assemblée générale des Nations unies du 11 décembre 1948. L'expulsion récente a réveillé cette mémoire traumatique. Assise à l'ombre devant les escaliers qui mènent à la salle des mariages, Fatma Chihab regarde les autres femmes piler les pommes de terre dans d'énormes bassines, préparant le repas de rupture du jeûne. Malgré son élégante robe noire aux motifs violets brodés, à 63 ans, elle en paraît bien plus.

L'Autorité palestinienne absente

Où iront les déplacés quand la saison des mariages reprendra, maintenant que le ramadan s'est terminé, et que l'urgence se sera dissipée dans l'esprit de tous ? Fatma veut croire qu'elle reviendra chez elle dans quelques jours, quelques semaines tout au plus. Elle secoue la tête quand d'autres évoquent les propos du ministre de la défense, Israel Katz, qui a laissé entendre que l'armée resterait « pour l'année à venir » dans certaines zones de la Cisjordanie. « Inchallah, bientôt, martèle-t-elle, en rajustant son voile bleu foncé. De toute façon, où peut-on aller ? » Son mari, Youssef, est alité dans la salle réservée aux hommes, incapable de marcher, branché à une bouteille d'oxygène en permanence. Son état se dégrade.

Dans l'autre salle, plus grande, où vivent les femmes et les enfants, des piles de vêtements s'entassent dans l'entrée — des dons des habitants des environs. Au fond, sur l'estrade, le trône de la mariée est resté intact, entouré de fausses fleurs blanches. Des draps ont été tendus de part et d'autre pour créer des pièces et offrir un peu d'intimité. On dort peu dans ce hangar mal chauffé, d'un sommeil que l'inquiétude a rendu volatile. « Les gens de Kafr Al-Labad sont adorables, mais ma maison est plus confortable », marmonne Fatma Shehab.

À côté, une femme perd son calme : « Le gouverneur n'est venu qu'une seule fois, avant qu'on arrive ! On n'a pas vu l'Autorité palestinienne ici ! » Puis elle se ravise, dit qu'elle ne comprend « rien à ces choses-là », c'est-à-dire à la politique. Muzna Abdallah a 33 ans et son fils de 3 ans, silencieux sur ses genoux, est handicapé : « Il fait des crises d'épilepsie, il a besoin de séances de kinésithérapie et d'orthophonie. » Il y a un an et demi, il a été victime d'une hémorragie au cerveau pendant un raid israélien. Aujourd'hui, il a besoin de médicaments et de soins constants, il ne parle pas, ne marche pas, voit et entend mal. « Si mon fils ne devait pas suivre un traitement, je ne serais pas partie, poursuit la jeune mère, toute de noir vêtue. Je suis habituée au camp, c'est ma maison, ma vie. »

L'importation des méthodes de Gaza

La Cisjordanie est en proie à une répression brutale de l'armée israélienne depuis le printemps 2021, initiée par le gouvernement dit d'union nationale de Naftali Bennett qui a précédé l'actuelle coalition d'extrême droite au pouvoir. Après le 7 octobre 2023, la violence des soldats et colons israéliens a explosé. Partout sur les routes partagées de Cisjordanie, des messages tracés sur les blocs de béton qui font partie de l'architecture de l'occupation appellent à la vengeance, à la destruction de Gaza ou chantent la gloire d'Israël. Le nom des villes en arabe est souvent effacé. Plus de 910 Palestiniens ont été tués par des Israéliens depuis le 7 octobre selon le ministère de la Santé palestinien.

Dans un rapport publié le 10 mars, l'ONG israélienne B'Tselem dénonce la « Gazaification » de la Cisjordanie avec l'importation de méthodes militaires brutales jusqu'alors réservées à l'enclave côtière : les déplacements forcés de population, une politique non officielle d'assouplissement des règles de tirs pour les soldats — également soulignée par le journal israélien Haaretz — qui a fait exploser le nombre de mineurs tués, et le recours aux frappes aériennes à un niveau inédit depuis la seconde intifada. Ce constat s'accompagne de déclarations officielles israéliennes explicites. « Tulkarem et Jénine ressembleront à Jabaliya et Shujayia », a ainsi menacé le ministre des finances Bezalel Smotrich le 11 février, en référence à ces zones de la bande de Gaza devenues d'immenses champs de ruines.

Les rues du camp d'Al-Far'a, vers Naplouse, portent encore les stigmates des différentes opérations militaires israéliennes. L'asphalte, avalé par les bulldozers de l'armée, a laissé place à des chemins de terre beige. Massoud Naajah reçoit dans le bureau de l'association pour handicapés où il travaille, en plein cœur de ce qui ressemble à une petite ville, avec 11 000 habitants recensés en 2023. Il montre une longue balafre sur sa jambe. « J'ai toujours mal au genou », explique le père de famille de 45 ans. Dans ses yeux, une autre douleur sourde. Le 28 août 2024, Massoud était chez son frère. Les réseaux sociaux se sont soudain affolés : l'armée menait un raid dans le camp. Le père a couru sur la terrasse. Les nuits sont chaudes en cette fin d'été et les petits appartements du camp sont étouffants ; trois de ses fils passaient leurs soirées sur le toit, parfois même, ils y dormaient. Massoud leur a dit de descendre, de peur qu'ils ne soient trop exposés. À peine est-il redescendu que le souffle d'une explosion l'a projeté à terre. « Deux bombes sont tombées », dit-il. Deux de ses enfants, Mourad, 14 ans et Mohammed, 17 ans ont été tués sur le coup ; son troisième fils, Bashar, 27 ans a été sérieusement blessé. Leur père est aussi touché à la jambe et au torse. L'autre missile a tué deux combattants dans la rue, en contrebas, Ibrahim Ghanimah, 22 ans et Ahmad Nabrissi, 23 ans.

Quand son frère est monté sur le toit, raconte Massoud d'une voix blanche, il a vu que « la tête de mon enfant était coupée et que le corps de l'autre était en morceaux ». Les soldats ont bloqué l'ambulance « pendant six ou sept heures », poursuit-il. La famille a cependant pu évacuer les blessés un peu plus tôt, en les portant à travers le camp. Son fils Bachar a encore subi une opération début mars. « On vit un sentiment de désespoir constant », lâche pudiquement le père. Depuis le 7 octobre 2023, 32 Palestiniens ont été tués dans le camp — dix étaient des combattants, sept des mineurs, rapporte-t-il. Quelque 3 000 personnes ont également été déplacées au début de l'année. Contrairement aux évacués des autres villes du nord de la Cisjordanie, elles ont été autorisées à revenir depuis. « La solidarité dans le camp m'aide beaucoup, ça me permet de rester fort, murmure Massoud. Sinon, on se sentirait seuls, on ne resterait pas ici. »

02.04.2025 à 06:00

Iran. « Au pays de nos frères », les secrets des exilés afghans

Jean Stern

Dans un film d'une beauté renversante, serti d'émotion, Alireza Ghasemi et Raha Amirfazli tracent le destin de trois réfugiés d'une famille afghane en Iran, un pays préférant l'hostilité à l'hospitalité, en dépit des discours officiels. Au pays de nos frères illustre avec une lucidité mélancolique l'universalité de la brutalité à l'égard de son voisin. « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu », disait Matthieu. Je ne sais pas si ce compagnon du Christ avait raison, car, (…)

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Dans un film d'une beauté renversante, serti d'émotion, Alireza Ghasemi et Raha Amirfazli tracent le destin de trois réfugiés d'une famille afghane en Iran, un pays préférant l'hostilité à l'hospitalité, en dépit des discours officiels. Au pays de nos frères illustre avec une lucidité mélancolique l'universalité de la brutalité à l'égard de son voisin.

« Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu », disait Matthieu. Je ne sais pas si ce compagnon du Christ avait raison, car, même avec un cœur pur, on n'est pas toujours heureux. Surtout si, en cet horrible premier quart du XXIe siècle, on est une exilée, dans un pays hostile. Tel un Afghan en Iran. Or, de l'invasion soviétique en 1979 au retour des talibans en 2021, près des cinq millions d'Afghans se sont réfugiés en Iran. Deux générations, qui sont au cœur du magnifique film des iraniennes Alireza Chasemi et Raha Amirfazli Au pays de nos frères. Auréolé du prix du festival de Sundance 2024, qui consacre le meilleur du cinéma indépendant mondial, il faut absolument aller voir ce film qui sort en salles en France mercredi 2 avril.

Film politique qui vous arrache les tripes, il est aussi d'une beauté renversante, porté par une prise de vue diaphane, blanche, comme le souffle de la mort. On sort en larmes de la projection, mais aussi en colère. Car le film porte sur une navrante plaie universelle, l'hostilité aux exilés et la brutalité qui l'accompagne. Elle est parfois compensée par de simples gestes de solidarité, plus individuels que collectifs. On le constate une fois de plus avec Au pays de nos frères. On pense à ces millions de Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie que Nétanyahou et Trump veulent jeter sur les routes de l'exode vers les pays « frères ». Où, chacun le sait, ils ne seront pas les bienvenus.

« Trois cœurs purs »

Hypocrisie, mensonge, haine, jalousie sont autant de valeurs étrangères aux cœurs purs. Comme ceux des trois personnages principaux d'Au pays de nos frères, trois êtres merveilleux de délicatesse. Mohammad. Leila. Qasem. Ils sont de la même famille de réfugiés afghans, et l'on suit leur destin à trois moments, dans trois lieux différents d'Iran. D'abord un commissariat de police dévasté dans une bourgade de montagne enneigée et morne. La blancheur du paysage donne une lumière singulière au film. Très douce, presque hypnotique. On découvre ensuite une villa brutaliste des années 70 dans une station balnéaire de la bourgeoise iranienne menacée par de beaux chiens sauvages. Et enfin, un atelier de couture centre d'un appartement d'une paisible banlieue de Téhéran.

Au Pays de nos frères - Bande annonce

Je ne fais que poser le décor, car les rebondissements du scénario sont autant de surprises dissimulées qu'il serait dommage de spoiler. Dans la première partie d'un film construit en trois temps, Mohammad, un adolescent malin à la beauté indiscutable, brave la neige. On découvre un beau gosse fort en tout. En blagues, en cours de mécanique, en anglais, en origamis de papier et même en plâtre. Il va se faire repérer à la sortie de son collège par un flic iranien au regard pesant d'un désir sans ambigüité. Le flic traque les sans-papiers afghans pour faire récurer son commissariat pourri et utilise son pouvoir pour anéantir Mohammad.

Dans la seconde partie, on retrouve Leila, très proche de Mohammad au début du film, travaillant avec son mari pour de riches Iraniens, style hipster, buvant de l'alcool et jetant bien plus de nourriture qu'ils n'en mangent. Le portrait de ces profiteurs est féroce, et brossé de façon comique. On se demande bien leur niveau de corruption. Leila s'épuise pour tout faire bien, pour son mari, son fils, ses patrons.

Enfin, Qasem, un oncle de Mohammad. Qasem, aperçu au début du film dans un repas familial, se confronte à l'atroce bureaucratie politico-religieuse chargée du destin des exilés. Les logiques de ces gens de Téhéran sont les mêmes qu'à Washington, Londres ou Paris. Humilier d'abord, flatter ensuite, mentir tout le temps. Qasem ne peut pas, ne veut plus mentir à son épouse, une couturière attentive et aimante.

Le film accompagne les douleurs invisibles de Qasem, Mohammad et Leila. On aimerait donner l'accolade à ces trois personnes, leur envoyer un signal de fraternité. L'universalité du film est telle qu'on peut se croire partout. Remontent dans mon cerveau un souvenir de Calais, les récits des reporters, un autre souvenir de Nice, le procès de Martine, une militante qui accueillait des exilés dans la vallée de la Roya. Elle était poursuivie par le préfet pour délit de solidarité avec les mêmes mots que son homologue iranien. Le pays de nos frères ? C'est aussi la France, et bien d'autres. Un flic fait peur, mais pas un prof, et cela aussi, ça ressemble à la France.

« La force de la dissimulation »

On le comprend tout au long du film, plus que le mensonge, qui semble finalement le ciment principal du régime iranien, c'est la dissimulation qui va sauver ces trois exilées afghanes de la pire des sanctions à leurs yeux : l'expulsion, la perte des papiers, l'absence d'avenir. Leila, Mohammad et Qasem s'ingénient à dissimuler, à construire des scénarios pour masquer leur terreur d'avoir à reprendre la route de l'exil, à l'envers. Le tour de force d'Au pays de nos frères est de raconter ces dissimulations tout en les cachant.

Bien entendu, le film ne sera visible en Afghanistan et en Iran que par des voies détournées. Raison de plus pour le voir en France. Les deux réalisateures ne sont plus dans leur pays d'origine, ce qui n'est malheureusement pas très étonnant. L'exil est un mouvement perpétuel, et la rugosité des rapports sociaux et de domination avec les exilés une donne universelle.

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Au pays de nos frères,
Un film de Alireza Ghasemi et Raha Amirfazli
Avec Mohammad Hosseini, Hamideh Jafari et Bashir Nikzad.
France, Iran, Pays-Bas
JHR Films, 2024
1h35
Sortie en salles en France le 2 avril 2025

01.04.2025 à 11:23

Orient XXI, partenaire des Assises pour la Palestine 2025

Orient XXI participe, en tant que média partenaire, aux Assises pour la Palestine, organisées à Pantin les 5 et 6 avril 2025 par la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine. Pendant deux jours, plusieurs tables rondes ouvertes au public aborderont des thèmes variés, tels que le rôle des États européens face à Israël, l'écocide et la violence de la colonisation. Une discussion en présence de Wafa Abdel Rahman, directrice de l'ONG palestinienne Filastiniyat, sera également consacrée (…)

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Orient XXI participe, en tant que média partenaire, aux Assises pour la Palestine, organisées à Pantin les 5 et 6 avril 2025 par la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine.

Pendant deux jours, plusieurs tables rondes ouvertes au public aborderont des thèmes variés, tels que le rôle des États européens face à Israël, l'écocide et la violence de la colonisation. Une discussion en présence de Wafa Abdel Rahman, directrice de l'ONG palestinienne Filastiniyat, sera également consacrée à la place de la Palestine dans les luttes féministes et queer.

La session d'ouverture sera dédiée au génocide des Palestiniens, avec la participation de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l'ONU pour la Palestine, et de Rafaëlle Maison.

Dimanche, l'avocat Salah Hammouri, auteur de Prisonnier de Jérusalem. Un détenu politique en Palestine occupée, publié aux éditions Libertalia dans la collection Orient XXI, interviendra pour une discussion sur les prisons israéliennes. Cette table ronde sera modérée par Sarra Grira, rédactrice en chef d'Orient XXI.

Vous pourrez également assister à des concerts, des expositions, ainsi qu'à la projection du film Journalistes en ligne de mire (2024) de la journaliste palestinienne Shrouq Aila.

L'événement est gratuit, sur réservation. Il se déroulera aux Relais solidaires, à Pantin (93).
Plus d'informations ici.

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