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22.05.2026 à 12:45

Un gouvernement à court d’idées, les Français à court d’essence

Pablo Pillaud-Vivien

Face à la flambée des prix du carburant, le gouvernement de Sébastien Lecornu fait ce qu’il peut. Et il peut peu.
Texte intégral (852 mots)

Face à la flambée des prix du carburant, le gouvernement de Sébastien Lecornu fait ce qu’il peut. Et il peut peu.

Il fallait un dispositif exceptionnel : une conférence de presse à sept voix et des éléments de langage rodés pour tenter de masquer l’évidence. Résumons les « annonces » : face à la hausse des prix des carburants causée par la guerre au Moyen-Orient, 710 millions d’euros d’aides supplémentaires s’ajouteront aux dispositifs existants. Une prolongation des aides pour les secteurs les plus exposés. Un doublement de certaines indemnités pour les gros rouleurs modestes. Le relèvement du plafond des primes carburant défiscalisées versées par les entreprises, de 300 à 600 euros par an. L’État met un peu d’argent et attend des employeurs qu’ils mettent la main à la poche. Concrètement, la moyenne des pays de l’OCDE a consacré 0,2% de sa richesse nationale à passer cette crise. La France, c’est 0,02%. L’avant-dernière du tableau, juste avant la Grande-Bretagne.


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Sur le papier, difficile d’être contre ces petites aides. Mais en vérité, difficile aussi d’être convaincu. Ces annonces disent d’abord une chose : le gouvernement est pris dans un paradoxe qu’il ne parvient plus à masquer. Voilà des années qu’il explique que les caisses sont vides, que la dette impose la rigueur, que toute dépense doit être scrutée et qu’aucun nouvel impôt n’est possible. Pourtant, à chaque crise, la seule réponse consiste en une accumulation d’aides, de chèques, de primes. Comme si la politique économique se résumait à amortir les chocs sans traiter les causes ni ouvrir de perspectives.

Oui, ces aides sont nécessaires. Oui, il faut soutenir celles et ceux qui n’en peuvent plus. Mais comment ne pas voir qu’en refusant obstinément de reconsidérer les fondamentaux de sa politique d’offre, en récusant toute nouvelle recette, le gouvernement se condamne à l’impuissance ? Les profits records de certaines entreprises comme TotalEnergies ne sont pas un détail du paysage : ils font partie de la solution. Et restent toujours hors de toute mise à contribution sérieuse.

Pendant ce temps, les Français sont à l’os. Le litre d’essence qui dépasse les 2,20 euros n’est pas une abstraction économique. C’est une violence sociale : 74% des trajets domicile-travail se font en voiture. Dans ces conditions, la baisse contrainte de 30% de la consommation de carburant observée ces dernières semaines n’est pas un effort vertueux mais un renoncement forcé. On rogne sur les déplacements, on réduit les loisirs, on s’organise comme on peut – covoiturage, télétravail quand c’est possible – mais pour beaucoup, c’est une souffrance quotidienne. Le gouvernement le sait. Il le dit même, à sa manière, en répétant qu’il ne faut pas « emmerder les Français ». Mais il en tire des conclusions étrangement limitées.

Rien n’indique qu’une solution est en vue dans le conflit et tout indique que la reconstruction des infrastructures détruites sera longue. Pourtant, le gouvernement agit comme s’il s’agissait de passer un cap en tenant quelques mois.

Car les mesures annoncées sont très en deçà des besoins et ne prennent pas la mesure de la crise qui s’annonce. Qui a nom coût de l’énergie, pénurie d’essence possible, renchérissement des engrais et des produits manufacturés… Rien n’indique qu’une solution est en vue dans le conflit et tout indique que la reconstruction des infrastructures détruites sera longue. Pourtant, le gouvernement agit comme s’il s’agissait de passer un cap en tenant quelques mois, autrement dit jusqu’à la présidentielle.

Malgré les divisions politiques, des décisions structurantes peuvent être débattues et engagées. L’exemple de la grande loi-cadre sur les transports, sans cesse repoussée, est accablant. Donner une direction claire – électrification du parc automobile, développement massif des alternatives à la voiture individuelle, aménagement du territoire en transports en commun et en bornes de recharge électrique –, voilà ce qui manque cruellement. Le gouvernement Lecornu gère l’urgence sans préparer l’avenir. Il écope la mer avec une petite cuiller dans un moment où on a besoin de visions et de projets mobilisateurs (et pas la guerre s’il vous plaît).

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22.05.2026 à 12:18

🔴 RÉPARATION DU JOUR

Loïc Le Clerc

Macron avance sur la reconnaissance de l’esclavage Ce 25ème anniversaire de la loi Taubira (qui reconnaît la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité) est un événement qui en déclenche d’autres. Sous l’impulsion du député de Guadeloupe Max Mathiasin, l’Assemblée nationale s’apprête à abroger le « Code Noir ». Prenant la balle au bond, Emmanuel Macron demande…
Lire + (195 mots)

Macron avance sur la reconnaissance de l’esclavage

Ce 25ème anniversaire de la loi Taubira (qui reconnaît la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité) est un événement qui en déclenche d’autres. Sous l’impulsion du député de Guadeloupe Max Mathiasin, l’Assemblée nationale s’apprête à abroger le « Code Noir ». Prenant la balle au bond, Emmanuel Macron demande au « gouvernement de faire sienne la proposition de loi ». Le président va même un peu plus loin : il s’interroge sur de possibles « réparations ». La reconnaissance effective par l’Allemagne des crimes nazis est passée par l’indemnisation, aujourd’hui encore, des victimes. Emmanuel Macron a « l’honnêteté de dire qu’on ne pourra jamais réparer ce crime totalement », mais en ouvrant la voie à des réparations, il dit les termes. L’histoire et la mémoire semblent bien les seuls sujets sur lesquels le chef de l’État ne fait pas totalement n’importe quoi. Pour le reste de son œuvre, on repassera.

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21.05.2026 à 14:19

Palestine : la complicité passive de la France

Pablo Pillaud-Vivien

Durcissement de la répression en Cisjordanie et introduction de la peine de mort contre les Palestiniens, humiliations et tortures contre les prisonniers et les militants des droits humains : la politique israélienne franchit de nouveaux seuils. La France réagit a minima.
Texte intégral (904 mots)

Durcissement de la répression en Cisjordanie et introduction de la peine de mort contre les Palestiniens, humiliations et tortures contre les prisonniers et les militants des droits humains : la politique israélienne franchit de nouveaux seuils. La France réagit a minima.

Il y a des moments où le silence d’un État ne relève plus de la prudence diplomatique mais d’une faute d’une grande gravité. Face au désastre à Gaza, en Cisjordanie et même en Israël, depuis trop longtemps, la France regarde ailleurs tandis que certains gouvernements européens bougent. L’Espagne de Pedro Sánchez hausse le ton. Même l’Italie de Giorgia Meloni est plus ferme que la France face aux violations des droits des militants de la flottille pour Gaza. Après la diffusion d’une vidéo montrant les humiliations de ces militants, c’est la présidente du conseil italien qui s’exprime quand la France se contente d’un timide tweet du ministre des affaires étrangères. Il faut mesurer ce que cela signifie. Il faut entendre ce que cela dit de l’effacement de la France et de la rupture avec son histoire.


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Les actes qui placent Israël au ban des nations s’accumulent. L’État hébreu avait voté en mars une loi instaurant la peine de mort pour les Palestiniens. En Cisjordanie, le commandement militaire israélien vient de franchir un seuil supplémentaire : il promulgue un décret qui, selon les ONG locales, « instaure un régime de peine de mort plus étendu, plus arbitraire et plus extrême que la loi elle-même ». La peine capitale devient un outil politique. Elle terrorise pour écraser toute forme de contestation.

La vidéo diffusée par le ministre de la sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, est de même nature. Terroriser et faire taire. Dans cette vidéo, on voit des militants de la flottille pour Gaza agenouillés, mains liées dans le dos. Le pouvoir exhibe sa domination et transforme l’humiliation et la violence en message politique. Alice Jill Edwards, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la torture, dénonçait mardi « la torture, les morts potentiellement illégales, la détention au secret et les conditions dégradantes » des Palestiniens dans les geôles israéliennes. Cela confirme les propos de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés. Elle parlait de « permis de torturer les Palestiniens » en mars dernier.

Que fait la France ? Elle refuse de nommer clairement mais, surtout, d’agir à la hauteur de ce qui se déroule sous nos yeux. Ce refus porte un nom : la complicité passive.

Les flottilles pour Gaza permettent de remettre la question palestinienne à l’agenda politico-médiatique des sociétés occidentales. Elles rappellent que les bombardements sur Gaza continuent, qu’Israël empêche toujours les journalistes d’accéder à Gaza, que l’aide humanitaire rentre toujours au compte-gouttes, bien deçà des besoins, qu’aucun plan international de reconstruction de Gaza ne s’échafaude, qu’aucune solution politique pour les Palestiniens ne se construit.

Que fait la France ? Elle proteste à mots comptés, convoque son ambassadeur et retourne à sa prudence. Elle refuse de nommer clairement mais, surtout, d’agir à la hauteur de ce qui se déroule sous nos yeux. Ce refus porte un nom : la complicité passive.

En France, certains tentent de faire vivre une autre voix. Des citoyens manifestent, déterminés. Ils font des tweets et des posts sur Instagram. Ils interpellent et montent des cagnottes. Ils brandissent des drapeaux palestiniens, portent des keffiehs, organisent des rassemblements, votent des symboles comme cette reconnaissance du peuple palestinien comme citoyen d’honneur de la Ville de Paris. Ils cherchent des prises, des leviers, des brèches… Et se heurtent à un mur. Rien, pour l’instant, n’a permis d’infléchir la position du gouvernement français. Rien n’a contraint l’exécutif à réagir à la mesure des atrocités commises. Les réseaux sociaux bruissent, mais le pouvoir reste sourd.

Et pourtant, tous ces gestes comptent : ils disent qu’une partie de la société refuse d’oublier et de s’habituer. Cela ne change pas encore le cours des choses. Cela ne protège pas les Palestiniens. Cela ne contraint pas la France à sortir de son inertie. Mais cela trace une ligne. Et, dans les moments où tout vacille, il reste cela : la certitude fragile et têtue d’être « du bon côté de l’Histoire » pour reprendre les mots de Pedro Sánchez…

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21.05.2026 à 12:51

🔴 ANTIFASCISME DU JOUR

Loïc Le Clerc

Artistes, intellos et scientifiques se lèvent contre le RN Ils donnent rendez-vous ce 30 mai à Montreuil, les 1000 signataires de la « coalition des résistances artistiques, culturelles et scientifiques ». Ils sont intellectuels, enseignants, journalistes, artistes et autres acteurs culturels – cette gauche qui existe hors des partis – et ils exposent les faits : pour…
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Artistes, intellos et scientifiques se lèvent contre le RN

Ils donnent rendez-vous ce 30 mai à Montreuil, les 1000 signataires de la « coalition des résistances artistiques, culturelles et scientifiques ». Ils sont intellectuels, enseignants, journalistes, artistes et autres acteurs culturels – cette gauche qui existe hors des partis – et ils exposent les faits : pour empêcher le RN de gagner, il faut « faire obstacle […] parce que l’heure est maintenant cruciale, et car il y a danger ». Le néolibéralisme, ses privatisations et ses déclassements, les lois sécuritaires, le racisme, le masculinisme, autant de planètes qui s’alignent. « Nous ne voulons pas de ce monde », alors autant organiser au plus vite cet antifascisme, avant que 2027 ne nous mène au pire.

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20.05.2026 à 18:15

« De plus en plus, les partis politiques de gauche segmentent le « marché électoral » »

Pablo Pillaud-Vivien

Rémi Lefebvre, professeur de science politique à l’université de Lille, était l’invité de #LaMidinale.
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Rémi Lefebvre, professeur de science politique à l’université de Lille, était l’invité de #LaMidinale.

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20.05.2026 à 12:31

Macron l’écolo : l’imposture touche à sa fin

Loïc Le Clerc

« Je n'ai pas de leçon d'écologie à recevoir de qui que ce soit dans le champ politique », lançait Emmanuel Macron en 2025. C'est tout à fait vrai : à quoi bon, vu son bilan ?
Texte intégral (766 mots)

« Je n’ai pas de leçon d’écologie à recevoir de qui que ce soit dans le champ politique », lançait Emmanuel Macron en 2025. C’est tout à fait vrai : à quoi bon, vu son bilan ?

« Ce quinquennat sera écologique ou ne sera pas. » Cette phrase, prononcée lors de la campagne pour sa réélection en 2022, lui colle à la peau comme le mazout aux plumes des goélands. Car, à l’heure de faire le bilan de ces dix ans de présidence, le constat est net : le quinquennat, le second pas plus que le premier, n’est pas. Pas écologique ni rien du tout.

Au printemps 2026, après avoir enterré son aide à la rénovation MaPrimeRenov’, la Macronie adopte de la loi de simplification de la vie économique met de grands coups de canif dans la politique écologique : suppression des « ZFE » et du « ZAN » – derrière ces barbarismes, on parle de qualité de l’air et de bétonisation des sols. La loi Duplomb restera comme une des grandes lois de ce second quinquennat. Au menu : construction de méga-bassines et de méga-poulaillers – un « fléau », selon l’expression de Greenpeace, tant pour ce qui concerne la pollution de l’eau, des sols et de l’air, que la déforestation ou encore la disparition des petites fermes –, et retour sur le marché de pesticides comme les néonicotinoïdes. Plus récemment, le gouvernement a réautorisé la mise sur le marché locatif des pires passoires thermiques… La liste des méfaits écolos de la Macronie serait trop longue pour être développée ici, alors on vous renvoie à nos confrères de Reporterre et leur « Comment Macron a détruit l’écologie en 60 mesures ».

Il en faudra plus pour ébranler l’égo démesuré du président. Ce mardi 19 mai, au début du Conseil de planification écologique, le quatrième du genre, Emmanuel Macron déplore : « J’ai bien noté ces dernières années que l’écologie est devenue une cible facile, en particulier pour les extrêmes, et qu’elle est en quelque sorte le théâtre d’opérations d’un populisme ». Mieux, il entend « continuer à avancer ».

« Avancer » ? Non parce qu’on dirait plutôt qu’on recule, là. Le second quinquennat aura été un détricotage minutieux de la moindre avancée entreprises auparavant, parfois même par Emmanuel Macron lui-même. Adoptée et promulguée à l’été 2021, la loi climat et résilience instaurait les ZFE pour 2025. Supprimée, donc, un an plus tard. Ce n’est que l’exemple le plus récent et flagrant.

Il faut aussi ajouter le choix assumé du nucléaire, redevenu central dans la stratégie énergétique française, à contrepied des Américains et des Allemands. Emmanuel Macron a relancé la filière avec l’annonce de la construction de nouveaux réacteurs EPR et la prolongation du parc existant. Que, pour tenir les créneaux de la décarbonation et de la souveraineté énergétique, on valorise ce qui fonctionne chez nous est parfaitement compréhensible. Mais à condition de ne pas oublier l’impératif le plus stratégique sur le long terme ; la progression des renouvelables, au détriment des fossiles et nucléaire. 

Mais n’oublions pas qu’Emmanuel Macron accompagne dans le même temps le mouvement européen de détricotage des normes et autres gardes fous. Le « pacte vert » est désormais jugé trop contraignant. On dénonce l’écologie « punitive », suivant l’impulsion venue des extrêmes droites. On lâche du lest sur les pesticides, tout en intimant les Français à « consommer européen ». Au diable la cohérence, tant que le business va, tout va.

Il semble bien loin, le Macron 2017-2018 qui abandonnait l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, qui mettait du bio dans les cantines, qui scandait « Make planet great again », etc. Depuis, les écolos sont devenus des « terroristes ». Alors, vous imaginez bien que Macron ne peut en être. Tiens, vous connaissez le nom de la ministre de l’écologie ? Monique Barbut. Un bon point à ceux qui savaient !

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20.05.2026 à 12:30

🔴 PROBLÈME DU JOUR

Pablo Pillaud-Vivien

IA et vote : les nouveaux (et dangereux) intermédiaires du consentement 16% des Français disent avoir utilisé une IA pour s’orienter politiquement aux dernières municipales. Loin d’un simple outil neutre, l’IA s’installe ainsi au cœur du jugement politique, d’autant que ses logiques restent orientables et dépendantes de ceux qui les conçoivent. L’histoire récente l’a montré…
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IA et vote : les nouveaux (et dangereux) intermédiaires du consentement

16% des Français disent avoir utilisé une IA pour s’orienter politiquement aux dernières municipales. Loin d’un simple outil neutre, l’IA s’installe ainsi au cœur du jugement politique, d’autant que ses logiques restent orientables et dépendantes de ceux qui les conçoivent. L’histoire récente l’a montré avec le scandale de Cambridge Analytica, qui a exploité les données de millions d’utilisateurs de Facebook pour influencer des électeurs, notamment en faveur de la première campagne présidentielle de Donald Trump et du camp du Brexit. La technologie n’éclaire pas seulement le vote, elle peut aussi en organiser les biais et fabrique le consentement. Il n’existe pas d’algorithmes neutres mais des entreprises privées qui les élaborent et qui ont des desseins politiques. Danger.

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