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Human Rights Watch News
 
Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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28.10.2026 à 05:00

Brésil : Nouvelles preuves d’abus policiers lors d'un raid meurtrier

Human Rights Watch

Play Video Le 28 octobre 2025, lors d'une opération visant officiellement à arrêter des membres d’un gang dans un quartier défavorisé de Rio de Janeiro, des policiers ont manipulé de manière illicite des caméras corporelles, et ont été responsables de graves manquements dans la tenue d’enquêtes.Une enquête de douze mois menée par Human Rights Watch a abouti à la conclusion que les forces de l’ordre ont enfreint les directives de la Cour suprême brésilienne ainsi que leurs propres protocoles durant l’Opération Confinement (« Opéração Contenção »), qui semblait avoir été conçue avec une dimension létale.Les procureurs fédéraux et ceux de l’État de Rio de Janeiro devraient mener des enquêtes et engager des poursuites pénales et civiles visant les responsables de ces abus, y compris les hauts fonctionnaires et les commandants de police. 

(Rio de Janeiro, 28 octobre 2026) – Des policiers ont manipulé à mauvais escient des caméras corporelles et n’ont pas pris des mesures d’enquête cruciales lors d'une opération dans un quartier défavorisé de Rio de Janeiro, au Brésil, le 28 octobre 2025, a déclaré Human Rights Watch dans une enquête publiée aujourd'hui. Les éléments de preuve indiquent que la police a fait un usage excessif de la force, et pourrait avoir intentionnellement tué des dizaines d'hommes et de garçons.

L’enquête, intitulée « “A Strategy of Death”: Investigating Brazil’s Deadliest Police Operation » (« “Une stratégie mortelle” : Enquête sur l’opération policière la plus meurtrière au Brésil »), porte sur l’Opération Confinement (« Opéração Contenção »), au cours de laquelle 122 personnes ont été tuées. Parmi les victimes figuraient deux enfants et quatre policiers tués ce jour-là, ainsi qu'un cinquième policier qui a succombé plus tard à ses blessures. Deux autres hommes ont été tués tôt dans la matinée du 28 octobre 2025, avant le début officiel de l’opération.

« Une stratégie mortelle »

Opération policière létale au Brésil

Enquête (en anglais)

Aucun de ces décès n’apparaît dans les milliers d’heures de séquences vidéo filmées par les caméras corporelles (« body cameras » portées par les policiers), transmises par la police militaire de Rio de Janeiro au Bureau du défenseur public (Defensoria Pública), et examinées par Human Rights Watch après avoir obtenu l’accès à ces enregistrements.

« Human Rights Watch a examiné des milliers d’heures de vidéos filmées par les caméras portées par les forces de l’ordre, et a analysé des dossiers d’enquête officiels et des rapports d’autopsie concernant chaque victime. Pourtant, des questions cruciales demeurent sans réponse, car la police n’a pas enregistré correctement certains homicides, ni préservé des scènes de crime, ni recueilli des données essentielles », a déclaré Sophia Jones, chercheuse en sources ouvertes auprès du Laboratoire d'enquêtes numériques à Human Rights Watch. « Les familles des personnes tuées, y compris celles des policiers décédés, méritent d’obtenir des réponses ainsi que la reddition de comptes, grâce à une enquête approfondie et indépendante. »

Human Rights Watch a mené des entretiens avec 41 témoins, membres de familles et experts, et a analysé 4 150 heures d’enregistrements issus de caméras corporelles, 9 000 pages de dossiers d’enquête officiels, 122 rapports d’autopsie, des documents judiciaires, ainsi que des centaines de vidéos et de photographies. Human Rights Watch a analysé ces données à l’aide de plusieurs modèles d’intelligence artificielle (IA) développés en interne, suivis d’un examen et d’une évaluation individuelle par les chercheurs.

Human Rights Watch a analysé des données provenant de plusieurs organisations – le Groupe d’étude sur les nouvelles illégalités (Grupo de Estudos dos Novos Ilegalismos, GENI), basé à Rio ; le Forum brésilien de sécurité publique (Fórum Brasileiro de Segurança Pública, FBSP), un groupe de réflexion non gouvernemental, et Fogo Cruzado (« Tirs croisés »), une organisation indépendante qui suit les questions sécuritaires – ainsi que des rapports médiatiques. Ces données montrent que l’Opération Confinement a été l’opération policière la plus meurtrière en une seule journée au Brésil, pays où les forces de police tuent plus de 6 000 personnes par an.

L’État de Rio de Janeiro et une décision de la Cour suprême brésilienne imposent aux policiers le port de caméras corporelles ; toutefois, selon un porte-parole du gouvernement de Rio de Janeiro, seuls 23 % des 2 500 policiers civils et militaires ayant participé à l’opération en étaient équipés.

L’analyse par Human Rights Watch des enregistrements provenant de caméras de 527 policiers militaires a révélé, dans de nombreux cas. des pratiques visant à entraver ou manipuler leur fonctionnement. Des agents ont laissé les caméras allumées avant même le début de l’opération, épuisant ainsi les batteries. Ils ont parfois masqué les objectifs des caméras, ou les ont placées de sorte qu’elles ne puissent pas filmer leurs propres actions ; dans d’autres cas, ils ont laissé les appareils dans leurs véhicules.

Selon les chercheurs, ces manipulations sont survenues systématiquement à des moments cruciaux : lors d’arrestations, d’échanges de tirs ou lorsque les policiers pénétraient dans des domiciles. La plupart de ces obstructions concernaient des caméras portées par des agents appartenant à des unités engagées en première ligne, notamment le Bataillon des opérations policières spéciales (Batalhão de Operações Policiais Especiais, BOPE) de la police militaire ; cette unité était déployée dans la zone boisée où ont eu lieu la plupart des homicides, ce jour-là. Les chercheurs ont déterminé que 36 % des salves de coups de feu entendues sur leurs caméras se sont produites lorsque les caméras étaient obstruées.

Les images des caméras corporelles montrent des policiers en train d’agresser et de menacer de mort des personnes interpellées, dont un enfant, qu’ils ont contraint à s’allonger à côté d’un cadavre tout en le prenant en photo. Dans une autre séquence enregistree un policier donne pour consigne à ses collègues de tirer dans les jambes des détenus s’ils tentaient de s’enfuir. Dans un troisième extrait vidéo, un agent a exprimé sa frustration face au fait que les caméras corporelles les empêchaient de tuer des suspects.

Les chercheurs ont également analysé ou vérifié des centaines de vidéos et de photographies prises ce jour-là par des membres de la communauté locale. Dans une série de vidéos authentifiées, on voit des policiers entasser des cadavres, certains ayant les parties génitales exposées, dans un véhicule blindé, tout en plaisantant. « Regardez comme c’est merveilleux », lance l’un des agents. « On aime ça. »

Bien que la police ait affirmé avoir passé des mois à planifier l'opération, rien ne prouve qu'elle ait pris des dispositions préalables pour protéger les scènes de crime et procéder à des analyses médico-légales. De plus, la police civile n'a recueilli d'informations de base que pour deux des 117 victimes ne faisant pas partie de la police, dont les noms des policiers et des résidents qui amené les victimes à l'hôpital.

Seuls sept suspects ont été conduits à l’hôpital puis arrêtés, alors que 117 personnes ont été tuées par la police. Ce ratio exceptionnellement élevé de personnes tuées par rapport aux personnes blessées (17 pour 1) soulève de sérieuses questions quant à savoir si la police a privilégié la force létale, plutôt que l'arrestation des suspects.

Une analyse des rapports d’autopsie des victimes va également dans ce sens. Plus de 40 % des victimes qui n’étaient pas des policiers figurant dans les rapports analysés ont reçu des tirs à la tête, dont plus de 60 % ont été atteintes par quatre balles ou plus, et près de 75 % ont reçu au moins un tir dans le dos. Un homme a été abattu puis décapité.

Human Rights Watch a consulté le Groupe d’experts médico-légaux indépendants (Independent Forensic Expert Group, IFEG), qui fait partie du Conseil international pour la réadaptation des victimes de la torture (International Rehabilitation Council for Torture Victims, IRCT). Selon les experts de l’IFEG, les éléments de preuve recueillis suggèrent que plusieurs victimes ont été délibérément ciblées et tuées. Dans plusieurs cas, la trajectoire des tirs allait du bas vers le haut, ce qui peut indiquer une exécution — par exemple, lorsqu’une personne est abattue alors qu’elle est allongée ou dans l’incapacité de se défendre.

Les autorités brésiliennes devraient veiller à ce qu’une enquête approfondie et indépendante soit menée sur la planification et les décisions prises par les hauts responsables et les commandants de police qui ont conduit à cette opération meurtrière. Le nouveau gouverneur de Rio de Janeiro, qui prendra ses fonctions le 6 janvier 2027, devrait présenter un projet de loi visant à séparer les services médico-légaux des services de la police civile.

« Notre enquête montre que la police a bafoué la loi ainsi que ses propres protocoles lors de cette opération désastreuse », a conclu César Muñoz, directeur pour le Brésil à Human Rights Watch. « Les pratiques policières abusives compromettent la sécurité publique en rendant les communautés moins enclines à collaborer avec les forces de l’ordre, tout en alimentant un cycle de violence qui met en danger aussi bien les habitants que les policiers. Le Brésil a besoin de nouvelles stratégies de sécurité publique qui soient efficaces, mais aussi respectueuses des droits humains. »

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27.10.2026 à 14:50

Égypte : Abandonner les poursuites contre une éminente journaliste

Human Rights Watch

Click to expand Image La journaliste égyptienne Lina Attalah, rédactrice en chef du site Mada Masr, photographiée au Caire en novembre 2017. © 2017 Roger Anis/AP Photo

Mise à jour 28/10/26 : Le 27 octobre 2026, après une seule audience, le tribunal correctionnel du Nouveau-Caire a reconnu Lina Attalah coupable des accusations la visant, lui a infligé une amende de 3 millions de livres égyptiennes (soit 53 474 dollars, ou 48 032 euros) et a ordonné la fermeture du site Mada Masr. Les autorités ont placé Lina Attalah en détention à l'issue de l'audience, avant de la relâcher quelques heures plus tard, suite au paiement de l’amende.

(Beyrouth, 27 octobre 2026) –Les autorités égyptiennes devraient abandonner les poursuites contre Lina Attalah, rédactrice en chef du média indépendant Mada Masr, avant son audience prévue le 27 octobre, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. 

Le Parquet suprême de la sécurité de l’État a renvoyé Lina Attalah devant le tribunal le 22 octobre dans le cadre de l’affaire n° 9072/2026 ; elle est accusée d’avoir créé et géré le site web Mada Masr sans autorisation préalable. Cette mise en examen est intervenue au lendemain de son interrogatoire par le parquet au sujet des reportages publiés sur ce site. Elle encourt une amende pouvant aller jusqu’à 3 millions de livres égyptiennes (environ 53 400 dollars, ou 48 000 euros), ainsi que la fermeture de Mada Masr et la confiscation de son matériel.

« Les poursuites hâtivement engagées contre Lina Attalah marquent une nouvelle escalade dans les attaques éhontées menées par les autorités égyptiennes contre les médias indépendants du pays », a déclaré Bassam Khawaja, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Aucun.e journaliste ne devrait faire l’objet de poursuites pénales pour avoir fait son travail. » 

Le 19 octobre, les procureurs ont sommé Lina Attalah de se présenter pour un interrogatoire. Le 21 octobre, ils l’ont interrogée au sujet d’allégations de publication de « fausses informations » et d’exploitation d’un site web sans licence, puis l’ont libérée sous caution de 100 000 livres égyptiennes (environ 1 780 dollars). Le lendemain, le parquet l'a renvoyée en procès pour avoir exploité le site web sans autorisation. Selon Mada Masr, il s’agit de la sixième affaire intentée contre ce média ou ses journalistes au cours des six dernières années.

La loi égyptienne de 2018 sur la régulation de la presseet des médias impose aux sites web opérant en Égypte d’obtenir une licence auprès du Conseil suprême de régulation des médias. La loi autorise le Conseil à suspendre ou à bloquer les sites web opérant sans licence valide. Mada Masr a indiqué avoir déposé une demande de licence en 2018, puis à nouveau en 2020. Suite au rejet de sa demande, la plateforme a contesté ce rejet devant les tribunaux. En 2023, Mada Masr a déposé une nouvelle demande accompagnée de documents supplémentaires, mais les autorités n’y ont pas répondu.

Les poursuites engagées contre Lina Attalah soulèvent des inquiétudes quant à l’utilisation des exigences en matière d’agrément pour restreindre les médias indépendants, a déclaré Human Rights Watch. Les refus arbitraires d’agrément ou l’utilisation des exigences a mauvais escient, en ne répondant pas rapidement aux efforts de bonne foi visant à se conformer à la réglementation et en plongeant les entités dans un vide juridique, constituent une violation du droit international des droits humains.

Les autorités égyptiennes ont pris pour cible Lina Attalah et Mada Masr à plusieurs reprises. En septembre 2022, le parquet a interrogé Lina Attalah et trois journalistes de Mada Masr au sujet d’allégations de publication de fausses informations, de trouble à l’ordre public et d’atteinte à l’intérêt général. En novembre 2023, le parquet a convoqué Lina Attalah pour un interrogatoire à la suite d’une enquête menée par le Conseil suprême de régulation des médias. En août 2025, le parquet l’a de nouveau interrogée au sujet d’allégations de publication de « fausses informations » et d’exploitation d’un site web sans licence, à la suite d’un reportage de Mada Masr sur des abus présumés à la prison de Badr 3.

Plus d’une centaine d’organisations de la société civile, dont Human Rights Watch, ont appelé les autorités égyptiennes à mettre fin aux poursuites contre Lina Attalah, et à accorder une licence d’exploitation à Mada Masr. 

Les poursuites engagées contre Lina Attalah s’inscrivent dans le cadre d’une répression plus large visant les médias indépendants en Égypte et interviennent moins d’un mois après l’arrestation, par les forces de sécurité, de six journalistes travaillant pour la plateforme indépendante de journalisme d’investigation Matsda2sh, les 28 et 29 septembre 2026. Ces journalistes, qui constituaient l’intégralité de la rédaction de la plateforme, sont toujours en détention provisoire ; ils sont accusés d’« adhésion et de financement d’un groupe terroriste », de « diffusion de fausses informations » et d’utilisation des réseaux sociaux pour les diffuser. Certains d’entre eux ont depuis affirmé que les autorités les avaient torturés pendant leur détention et avaient tenté de leur extorquer des aveux sous la contrainte, selon leurs avocats. 

Les autorités devraient abandonner toutes les poursuites liées à l’exercice du droit à la liberté d’expression et mettre fin au harcèlement répété dont font l’objet les médias indépendants, a déclaré Human Rights Watch.

L’Égypte figure parmi les pays qui emprisonnent le plus de journalistes au monde, avec 25 journalistes derrière les barreaux début octobre, selon le Comité pour la protection des journalistes. Les autorités égyptiennes ont bloqué l’accès au site web de Mada Masr en Égypte depuis mai 2017.

L’Égypte est tenue, en vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, de respecter la liberté d’expression, y compris la liberté de la presse. Le Comité des droits de l’homme des Nations Unies, qui interprète de manière faisant autorité ce pacte, a conclu que les gouvernements ne peuvent interdire à un site ou à un système de diffusion d’informations de publier des contenus au seul motif qu’ils pourraient être critiques à l’égard du gouvernement.

« Imposer des obligations d’enregistrement puis ignorer systématiquement les tentatives de bonne foi de Mada Masr pour s’y conformer constitue une tentative évidente de la part des autorités de saper cette plateforme, et viole le droit international relatif aux droits humains », a conclu Bassam Khawaja. « Les autorités égyptiennes devraient abandonner ces poursuites, et mettre fin à la répression en cours contre le journalisme indépendant. »

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Articles

ZoneBourse/Reuters -  Courrier int.

LeSoir.be

 

26.10.2026 à 20:23

Yémen : L’attaque des Houthis contre une route de Taïz met des vies en danger

Human Rights Watch

Click to expand Image La route Hayjat al-Abd, une voie vitale qui relie Aden, ville côtière dans le sud du Yémen, à la ville de Taïz (plus au nord), assiégée par les Houthis, photographiée le 26 septembre 2026, avant les attaques menées en octobre par les Houthis contre cette route.   © 2026 Photo AFP via Getty Images

(Beyrouth) – Le 18 octobre, le groupe armé houthi a utilisé des explosifs pour endommager gravement une route essentielle menant à la ville assiégée de Taïz, au Yémen, mettant davantage en danger la vie et les moyens de subsistance des civils, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. 

La route Hayjat al-Abd constitue la principale voie d’acheminement de nourriture, de médicaments et de carburant vers les habitants de la ville de Taïz, assiégée par les Houthis depuis 2015. Les combats dans cette zone opposent principalement les Houthis aux forces alignées sur le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale. La destruction délibérée de tronçons de cette route par les Houthis, si elle visait à mettre hors d’état de fonctionner des infrastructures indispensables à la survie des civils, constituerait une violation du droit de la guerre et équivaudrait à un crime de guerre. Cette attaque pourrait également avoir causé des dommages disproportionnés à la population civile.  

« L’attaque des Houthis contre la dernière voie d’approvisionnement commerciale menant à la ville de Taïz, assiégée, met encore davantage en danger les civils qui souffrent déjà de graves pénuries de nourriture, d’eau, de médicaments et de carburant », a déclaré Niku Jafarnia, chercheuse sur le Yémen et Bahreïn à Human Rights Watch. « Si l’accès des habitants de Taïz à cette voie vitale est coupé pendant une période prolongée, leur vie et leur santé pourraient être exposés à des risques encore plus graves. » 

En octobre, Human Rights Watch a mené des entretiens avec huit sources bien informées au sujet de deux attaques survenues sur cette route et de leurs conséquences, notamment des activistes de la société civile et un proche d’un témoin de l’attaque du 18 octobre. Human Rights Watch a également analysé des images satellites et vérifié des photographies ainsi qu’une vidéo provenant de sources ou publiées sur les réseaux sociaux. En 2024, Human Rights Watch s’était entretenu avec six habitants de Taïz au sujet de la difficulté à subvenir à leurs besoins fondamentaux pendant le siège imposé par les Houthis. 

Le 21 octobre, Human Rights Watch a écrit aux Houthis au sujet des attaques contre cette route, mais n’a pas reçu de réponse.

Le contrôle de Taïz est partagé depuis 2015, date à laquelle les forces houthistes ont pénétré dans le gouvernorat et encerclé sa capitale, la ville de Taïz, troisième plus grande ville du Yémen. La ville est restée sous le contrôle du gouvernement yéménite, mais les Houthis ont coupé les routes vitales qui la relient au reste du pays, notamment à la ville portuaire d’Aden, actuelle capitale du gouvernement yéménite.  

Si le droit de la guerre n’interdit pas les sièges visant des objectifs militaires, il est toutefois interdit aux forces assiégeantes d’utiliser la famine des civils comme méthode de guerre et elles doivent autoriser et faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire. Human Rights Watch a constaté que le blocage par les Houthis des routes menant à Taïz a sévèrement restreint la capacité des civils à entrer et sortir de la ville et a entravé l’acheminement de biens essentiels, notamment l’eau, ainsi que l’accès humanitaire à la population civile. 

Attaques contre la route Hayjat al-Abd, gouvernorat de Taïz Click to expand Image Sites de deux attaques menées par les Houthis contre la route de Hayjat al-Abd (gouvernorat de Taïz) au Yémen, en octobre 2026. © 2026 Human Rights Watch (graphisme)

Vers 4 h du matin, le 18 octobre, les forces houthistes ont fait exploser des engins explosifs sur la route Hayjat al-Abd, dans la localité d’al-Turba, endommageant considérablement une partie de la chaussée. Des habitants de la région ainsi que deux autres sources bien informées ont indiqué que les Houthis contrôlaient al-Turba, située à environ 75 kilomètres au sud de la ville de Taïz, depuis le 4 octobre. Depuis lors, aucun combat terrestre n’avait eu lieu dans la région, y compris la nuit de l’attaque. Rien n’indiquait non plus que les forces gouvernementales ou d’autres groupes armés tentaient de reprendre le contrôle de la zone, ce qui laisse supposer qu’aucun autre groupe n’aurait pu mener cette attaque. 

Une autre source a rapporté que l’un de ses proches lui avait dit : « C’était une explosion massive et terrifiante, tout le monde s’est réveillé. Des débris ont atterri jusqu’à ma maison. » 

Human Rights Watch a vérifié et géolocalisé quatre photographies et une vidéo provenant de sources montrant un ponceau endommagé sur les lacets de la route Hayjat al-Abd. Les dégâts correspondent à une détonation souterraine d’explosifs. 

Deux semaines plus tôt, des forces apparemment houthistes avaient attaqué la route Hayjat al-Abd, à environ 85 kilomètres au sud-est de la ville de Taïz. Un activiste de la société civile à Taïz, qui s’est entretenu avec plusieurs personnes bien informées sur l’attaque, a déclaré que dans la nuit et au petit matin du 30 septembre au 1er octobre, les forces houthistes et les forces alignées sur le gouvernement yéménite se sont affrontées sur plusieurs fronts autour de Taïz. Selon ces sources, les forces houthistes se seraient infiltrées et auraient atteint la route Hayjat al-Abd, où elles auraient placé et fait exploser des explosifs dans un ponceau situé sous la route, juste après Souq al-Wahati, un marché local. Les forces houthistes se seraient ensuite retirées. 

Deux autres sources ont fourni des récits similaires, fondés sur des échanges avec des habitants de la région. Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer de manière concluante que les forces houthistes étaient à l’origine de cette attaque. 

Human Rights Watch a vérifié et géolocalisé deux autres photographies publiées sur les réseaux sociaux le 1er octobre, montrant un ponceau endommagé sur la route Hayjat al-Abd, au niveau du village d’al-Muharraqah, là où la route commence à monter vers la ville de Taïz. Les dégâts observés sur le ponceau sur ces images correspondent à une détonation souterraine d’explosifs. Des images satellites prises à 6 h 57 le 1er octobre montrent que le ponceau a été endommagé sur toute la largeur de la route. 

Les forces gouvernementales ont rapidement repris le contrôle de la zone après la première attaque et ont ensuite comblé la partie détruite de la route avec de la terre afin de permettre le passage des véhicules. Deux sources ont indiqué que les autorités gouvernementales avaient en grande partie fermé la route pour éviter de nouvelles attaques contre les véhicules, bien que certains véhicules aient continué à circuler. 

Depuis l’attaque du 1er octobre, toutes les routes menant à Taïz et en sortant ont été en grande partie bloquées par les forces affiliées au gouvernement yéménite et les forces houthistes en raison des hostilités. Cependant, avant la deuxième attaque, certaines fournitures, notamment de la farine, avaient encore été acheminées vers la ville de Taïz par la route Hayjat al-Abd, ont déclaré deux acteurs de la société civile présents dans la région.

Le 14 octobre, le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies a toutefois déclaré que ses employés n’avaient pas pu accéder aux « plus de 600 000 personnes de Taïz qui dépendent de l’aide humanitaire », ce qui était « particulièrement alarmant » puisque la plupart des districts de Taïz sont considérés comme étant en situation d’urgence alimentaire. Le PAM a également indiqué que « les stocks de farine de blé sont presque épuisés » dans la ville et que « les réserves alimentaires restantes sur les marchés locaux ne dureront peut-être que peu de temps si les restrictions d’accès persistent ».

En vertu du droit international humanitaire, les routes sont présumées être des biens de caractère civil qui deviennent des objectifs militaires si, de par leur nature, leur emplacement, leur destination ou leur utilisation, elles contribuent effectivement à l’action militaire et si leur destruction, leur capture ou leur neutralisation procure un avantage militaire certain à ce moment-là. Même si la route Hayjat al-Abd pouvait être qualifiée d’objectif militaire, une attaque serait illégalement disproportionnée si les dommages collatéraux attendus à l’égard des civils étaient excessifs par rapport à l’avantage militaire concret et direct escompté. Compte tenu du rôle essentiel que joue cette route dans l’accès des civils de la ville de Taïz à la nourriture, à l’eau, aux médicaments et à d’autres besoins fondamentaux, l’évaluation devrait tenir compte des conséquences raisonnablement prévisibles de sa détérioration ou de sa fermeture. 

Les Houthis auraient dû savoir, compte tenu notamment des avertissements répétés de l’ONU, que les réserves à Taïz s’épuisaient et que de nouvelles fermetures après le 1er octobre, résultant d’attaques contre la route, pourraient avoir de graves conséquences pour les civils assiégés de Taïz qui dépendent de cette route pour subvenir à leurs besoins essentiels.

Le droit international humanitaire interdit également d’attaquer, de détruire ou de rendre inutilisables les biens indispensables à la survie d’une population civile. L’attaque du 18 octobre a perturbé la dernière voie d’approvisionnement commerciale majeure vers la ville de Taïz. La question de savoir si elle a enfreint cette interdiction dépend du fait qu’elle ait été menée dans le but de priver les civils de l’accès à des biens indispensables à leur survie. 

Les violations graves des lois de la guerre ordonnées ou commises avec une intention criminelle, c’est-à-dire délibérément ou par imprudence, constituent des crimes de guerre.

 « Les combats à Taïz pourraient avoir des conséquences désastreuses pour les centaines de milliers de civils qui ont besoin d’aide », a conclu Niku Jafarnia. « Toutes les parties belligérantes devraient veiller à protéger les civils au Yémen, qui ont déjà enduré d’énormes souffrances au cours de ces 12 années de conflit. » 

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26.10.2026 à 17:02

Brésil : Lula devrait mettre l’accent sur les droits humains durant son nouveau mandat

Human Rights Watch

Click to expand Image Le président du Brésil Luiz Inácio Lula da Silva, photographié après avoir voté lors de l'élection présidentielle de 2022, à São Bernardo do Campo, Brésil. Il a remportée l’élection de 2022, et le 25 octobre 2026, a été réélu président du Brésil. © 2022 Rovena Rosa/Agência Brasil

(São Paulo, 25 octobre 2026) – Luiz Inácio Lula da Silva, réélu président du Brésil, devrait mettre à profit son nouveau mandat pour s’attaquer aux problèmes chroniques en matière de droits humains dans ce pays, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch.

Le président Lula a battu le candidat du Parti libéral, Flávio Bolsonaro, lors du second tour de l’élection présidentielle le 25 octobre, selon les résultats officiels du Tribunal électoral supérieur. Lula a recueilli 51,7 % des voix, contre 48,2 % pour Bolsonaro, avec 99,9 % des bulletins dépouillés, selon le Tribunal électoral supérieur.  

« Au cours de son mandat actuel, le président Lula a soutenu les institutions démocratiques et réalisé des progrès importants en matière de protection de la forêt et des communautés locales dont la survie en dépend, mais son bilan a été mitigé dans d’autres domaines », a déclaré César Muñoz, directeur pour le Brésil à Human Rights Watch. « Son gouvernement devrait s’attaquer au nombre record d’homicides commis par la police et à d’autres problèmes de sécurité publique, et soutenir plus solidement les politiques en faveur des droits humains, tant au niveau national qu’à l’étranger. »

Les médias ont fait état d’une réduction des services de transports en commun dans plusieurs États brésiliens, ce qui a pu empêcher des électeurs de se rendre aux bureaux de vote le 25 octobre. La police fédérale enquêterait sur d’éventuels délits électoraux. La campagne de Lula a demandé une prolongation de la période de vote dans certains États en raison de ces perturbations. La campagne de Bolsonaro a également demandé une prolongation dans d’autres régions du pays, en raison de fortes pluies.  

Alors que les bureaux de vote fermaient, un juge de la Cour suprême a prolongé la durée du scrutin de deux heures. Peu après, le Tribunal électoral, puis le juge de la Cour suprême, ont précisé que cette prolongation s’appliquait aux bureaux de vote qui étaient encore ouverts.

Après son entrée en fonction en janvier 2023, le président Lula a pris des mesures importantes pour réparer une partie des dommages que l’administration précédente avait infligés aux institutions démocratiques, à l’environnement et à la protection des droits humains en général. 

Pourtant, certains problèmes chroniques en matière de droits humains ont persisté dans le pays, notamment les abus policiers, qui touchent de manière disproportionnée les Brésiliens noirs. Les homicides commis par la police ont atteint un niveau record — avec 6 589 personnes tuées en 2025 — et ont continué d’augmenter en 2026 jusqu’en septembre, en raison de l’échec des stratégies de politique publique qui ont permis un recours incontrôlé à la force létale par la police. 

Les pratiques policières abusives sapent la sécurité publique — une préoccupation majeure pour les Brésiliens, selon de nombreux sondages — en alimentant la méfiance et en rendant les communautés moins disposées à collaborer avec la police, tout en alimentant un cycle de violence qui met en danger tant les civils que les policiers. Elles créent également un climat d’impunité face à l’usage excessif de la force, dans lequel la corruption policière et les liens avec le crime organisé prospèrent.

Si la sécurité publique relève principalement de la responsabilité des États au Brésil, le gouvernement fédéral a un rôle crucial à jouer dans la coordination et la promotion de politiques de sécurité publique plus efficaces pour démanteler les organisations criminelles, protéger la population contre la violence et faire respecter les droits humains.

Une mesure importante visant à améliorer les enquêtes, que le président Lula devrait soutenir, consiste à retirer les services médico-légaux de la police, afin de garantir une analyse indépendante dans les affaires d’abus policiers et d’autres crimes.

Lors d’une interview le 15 octobre, le président Lula a défendu l’idée de juger et de punir comme des adultes les mineurs âgés de 16 et 17 ans accusés de certains crimes graves. Cette mesure constituerait une violation du droit international, qui stipule que les mineurs doivent être soumis à des systèmes judiciaires distincts de ceux des adultes. Cette proposition risquerait également de compromettre, plutôt que de renforcer, les efforts du pays pour réduire la criminalité, a déclaré Human Rights Watch. Les mineurs qui enfreignent la loi peuvent et doivent être tenus pour responsables, mais selon une approche individualisée favorisant leur réinsertion. 

En matière d’environnement, le président Lula devrait remédier aux incohérences qui mettent en danger les droits des Brésiliens. Son gouvernement a ramené la déforestation en Amazonie à son plus bas niveau jamais enregistré, selon les données officielles, et a repris la délimitation des territoires autochtones. Cependant, il n’a pas pris de mesures suffisantes pour réglementer l’industrie de l’élevage bovin, qui est historiquement le principal facteur de déforestation et des violations des droits humains qui y sont liées.

Son gouvernement a également lancé un programme national tant attendu visant à réduire l’utilisation des pesticides. Cependant, il a continué d’autoriser l’utilisation de pesticides hautement dangereux, dont beaucoup sont interdits dans l’Union européenne et ailleurs en raison de leurs effets nocifs avérés sur la santé et l’environnement. Cela expose les Brésiliens à un risque d’empoisonnement aigu et à d’autres conséquences graves pour la santé, en particulier les communautés autochtones, d’ascendance africaine et de petits agriculteurs. 

Des importants scandales de corruption impliquant divers responsables politiques, partis politiques et institutions ont éclaté ces dernières années. Le gouvernement Lula devrait promouvoir des mesures visant à renforcer la lutte contre la corruption, notamment en collaborant avec le Congrès pour garantir la transparence et le contrôle des affectations budgétaires.

Parmi les autres problèmes de longue date en matière de droits humains auxquels le président Lula devrait accorder la priorité figurent la violence de genre, les obstacles majeurs à l’accès à l’avortement, la violence à l’encontre des défenseurs des droits humains et de l’environnement, ainsi que le placement en institution des personnes en situation de handicap en raison de l’absence d’ t de services de soutien communautaires suffisants.

Certains incidents ont entaché la campagne électorale. Des organisations à but non lucratif ont recensé 134 cas de menaces et de violences à l’encontre de candidats et d’hommes politiques de divers partis au cours des 50 premiers jours de la campagne électorale. 

Les médias brésiliens ont également rapporté que Meta, qui exploite Facebook, Instagram et WhatsApp, avait restreint certains contenus et fonctionnalités faisant la promotion de la candidature de Lula à l’approche du scrutin. Meta a déclaré avoir rencontré des problèmes techniques, mais a affirmé ne pas avoir favorisé un candidat par rapport à un autre. Le tribunal électoral brésilien a ordonné à Meta de prendre des mesures pour garantir l’égalité de traitement entre les candidats. 

Le Conseil de surveillance de Meta — un organisme externe habilité à infirmer les décisions de modération de Meta et à fournir des orientations non contraignantes en matière de politique — a exprimé son inquiétude face aux défaillances récurrentes dans les « efforts de la société en faveur de l’intégrité électorale », citant la « défaillance » qui a nui à la campagne de Lula. 


« Le président Lula, qui ne pourra plus se présenter aux élections en 2030, a l’occasion de marquer l’histoire de son pays en cherchant des solutions à des problèmes de longue date, afin de réaliser de vrais progrès dans la protection des droits et des libertés de tou·te·s les Brésilien·ne·s », a conclu César Muñoz.

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26.10.2026 à 15:26

Soudan : un an après le désastre d’El Fasher

Human Rights Watch

Click to expand Image Des femmes et des filles soudanaises ayant fui des violences marchaient dans le vaste camp de personnes déplacées de Tawila, au Soudan, le 23 février 2026.  © 2026 Giles Clarke/Avaaz via Getty Images

« C’est comme si un tsunami avait frappé la ville », a déclaré un habitant qui est revenu à El Fasher, au Soudan, pour découvrir une ville détruite et en grande partie abandonnée après la prise de contrôle par les Forces de soutien rapide (FSR) en octobre 2025.

Pendant 18 mois, les FSR ont assiégé la ville, creusant une tranchée tout autour de celle-ci les derniers mois, forçant les habitants affamés à survivre en se nourrissant de fourrage pour animaux, jusqu’à ce que même celui-ci vienne à manquer.

Au cours des dernières semaines du siège, les FSR ont de plus en plus recouru à des drones pour prendre pour cible les soldats du gouvernement, les groupes armés alliés et les civils pris au piège dans une zone exiguë, faisant de nombreux mutilés et morts.

Pendant les derniers jours de l’offensive, les FSR ont commis de nombreux massacres. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les droits de l'homme estime que plus de 6 000 personnes ont été tuées en seulement trois jours.

Les combattants des FSR ont également commis des violences sexuelles généralisées à l’encontre des femmes et des filles et se sont livrés à un vaste réseau d’enlèvements contre rançon, tuant celles et ceux qui ne pouvaient pas payer. Des milliers de civils pourraient encore croupir dans leurs cachots.

Des contractuels militaires privés colombiens, formés dans des bases militaires des Émirats arabes unis, ont été déployés aux côtés des FSR sur les lignes de front, où ils pilotaient des drones et maniaient l’artillerie. Les témoignages des survivants confirment que ces sous-traitants étaient présents lors de certaines des pires atrocités.

La mission d’enquête de l’ONU sur le Soudan a conclu que la campagne menée par les FSR présentait les « signes distinctifs d’un génocide », venant s’ajouter à un ensemble de preuves de plus en plus accablantes concernant les crimes graves commis par les FSR .

Les gouvernements n’ont pas agi pour empêcher ces atrocités. À la suite de ces événements, plusieurs gouvernements ont formé une coalition afin d’empêcher de nouvelles atrocités et de promouvoir la justice au Soudan ; ils doivent désormais agir conjointement pour répondre aux demandes des survivants, qui souhaitent que les responsables soient traduits en justice.

Un an plus tard, le commandant des FSR Mohamed Hamdan Dagalo « Hemedti », n’a même pas fait l’objet de sanctions – à l’exception d’une mesure prise précédemment par l’administration du président Biden – malgré les crimes commis par ses combattants. Le Global Security Services Group (GSSG), la société basée aux Émirats arabes unis qui aurait engagé les combattants colombiens, n’a pas été sanctionnée, et les Émirats arabes unis ne sont pas non plus tenus pour responsables de leur soutien militaire aux FSR, bien que cela constitue une violation de l’embargo sur les armes décrété par l’ONU au Darfour.

Au Conseil de sécurité de l’ONU, les États-Unis font pression pour une extension à l’ensemble du pays de l’embargo sur les armes. Or, le régime actuel de l’ONU en matière d’armes et de sanctions n’a été renouvelé que pour quelques mois, et la publication du dernier rapport de son groupe d’experts a été reportée.

Contrairement aux tsunamis, les horreurs d’El Fasher auraient pu être évitées. Un an après, les acteurs internationaux devraient veiller à ce que cela ne se reproduise plus jamais, prendre des mesures audacieuses pour protéger les civils et demander des comptes aux responsables.

22.10.2026 à 20:47

La CPI, lauréate du prix Sakharov du Parlement européen

Human Rights Watch

Click to expand Image Le siège de la Cour pénale internationale à La Haye, aux Pays-Bas, photographié le 15 juillet 2025. © 2025 Nicolas Economou/NurPhoto via AP Photo

(Bruxelles, le 22 octobre 2026) – Le 22 octobre, le Parlement européen a décerné le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit à la Cour pénale internationale (CPI) et à ses responsables. 

Philippe Dam, directeur du plaidoyer de Human Rights Watch auprès de l’UE, a salué ce choix :

« En décernant le prix Sakharov à la Cour pénale internationale, le Parlement européen reconnaît le rôle essentiel qu’elle joue pour les victimes des crimes les plus graves à travers le monde, alors même qu’elle subit des attaques sans précédent de la part de l’administration Trump et d’autres gouvernements. Ce prix devrait inciter les États membres de la CPI à défendre la Cour ; la Commission européenne devrait d’urgence activer la “clause de blocage” de l’UE, afin de protéger la Cour et les personnes qui soutiennent son travail, contre les effets des sanctions américaines. » 

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