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Human Rights Watch News
 
Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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23.03.2026 à 05:00

Des responsables israéliens évoquent une escalade des atrocités au Liban

Human Rights Watch

Click to expand Image Un énorme nuage de fumée noire était dégagé suite à une frappe israélienne contre un bâtiment situé dans le centre de Beyrouth, au Liban, le 12 mars 2026 ; l’armée israélienne avait précédemment émis un avertissement ordonnant l’évacuation de cet immeuble. © 2026 Adri Salido/Getty Images

(Beyrouth, 23 mars 2026) – Les forces israéliennes ont étendu leurs opérations terrestres dans le sud du Liban, suite à des déclarations exprimant l’intention de déplacer de force des habitants, de détruire des domiciles de civils et de mener des frappes pouvant cibler des civils, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Les déplacements forcés, les actes de destruction injustifée et les attaques visant délibérément des civils constituent des crimes de guerre. Les pays qui continuent de fournir des armes et une aide militaire à Israël risquent de se rendre complices des graves violations commises par le gouvernement israélien au Liban.

Le 22 mars, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et lui-même avaient « ordonné l'accélération de la démolition de maisons libanaises dans les villages frontaliers, afin de contrecarrer les menaces pesant sur les communautés israéliennes, conformément aux modèles de Beit Hanoun et de Rafah à Gaza ». Le 16 mars, Israel Katz avait déclaré que des centaines de milliers d’habitants chiites du sud du Liban, qui ont dû évacuer cette région, ne pourront « pas retourner dans leurs foyers dans la zone au sud du [fleuve] Litani, tant que la sécurité des résidents du nord d’Israël ne sera pas garantie ». Précédemment, entre le 11 et le 15 mars, l’armée israélienne avait adressé aux habitants des banlieues sud de Beyrouth des ordres de déplacement, avertissant qu’elle « n’hésitera pas à cibler toute personne se trouvant près de membres, d'installations ou de moyens de combat du Hezbollah ».

« Depuis plus de deux ans, les alliés d’Israël et les États européens qui prétendent soutenir et défendre les droits humains ont adopté la politique de l’autruche, détournant leur regard des atrocités qui se poursuivent au Liban comme à Gaza », a déclaré Ramzi Kaiss, chercheur sur le Liban à Human Rights Watch. « Mais les atrocités prolifèrent en cas d’impunité, et les autres pays ne devraient plus rester passifs alors qu’elles se poursuivent. »

Depuis la récente escalade des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, les attaques israéliennes ont tué au moins 1 029 personnes au Liban, dont 118 enfants et 40 secouristes, selon les statistiques publiées le 22 mars par le ministère libanais de la Santé publique. Ces derniers jours, le Hezbollah a tiré en moyenne environ 150 roquettes par jour vers Israël, selon l’armée israélienne. Les attaques du Hezbollah ont blessé au moins 15 personnes en Israël, selon les médias israéliens. 

Les 4 et 5 mars, l’armée israélienne a émis des ordres de déplacement concernant l’ensemble de la population libanaise au sud du fleuve Litani, ainsi que les habitants des banlieues sud de Beyrouth, soit des centaines de milliers de personnes. Depuis le 12 mars, l’armée israélienne a élargi les zones soumises à ces ordres de déplacement, ordonnant aux habitants du sud du Liban de se réfugier au nord du fleuve Zahrani, situé à 15 kilomètres au nord du fleuve Litani, soit à 40 kilomètres au nord de la frontière sud du Liban avec Israël. Plus d’un million de personnes ont été déplacées au Liban à ce jour. 

La déclaration du ministre israélien de la Défense, indiquant que les habitants chiites du sud du Liban ne seront pas autorisés à regagner leurs foyers tant qu’une norme de « sécurité » indéterminée pour les habitants du nord d’Israël ne sera pas garantie, laisse craindre qu’Israël empêchera les habitants de regagner leurs foyers pour une durée indéterminée. La vaste portée des ordres de déplacement, ainsi que les déclarations qui n’abordent pas la question de la protection des civils déplacés, soulèvent des inquiétudes quant au crime de guerre que constitue le déplacement forcé, a déclaré Human Rights Watch. 

Le fait de cibler spécifiquement les habitants chiites indique en outre qu’Israël impose ces mesures sur la base de leur religion, ce qui constitue une violation des droits humains, et montre également que la sécurité des habitants n’est pas l’objectif de ces déplacements. 

Ordonner à l’armée israélienne d’accélérer la destruction d’habitations libanaises fait peser un risque sérieux de crime de guerre – celui de destruction injustifiée – ainsi que de violations de l’interdiction, en vertu du droit international, de détruire délibérément des biens civils, sauf lorsque cela est nécessaire pour des raisons militaires légitimes. La simple possibilité d’une utilisation militaire future de certaines structures civiles par des groupes armés ne saurait, au regard des lois de la guerre, justifier la destruction à grande échelle d’habitations entières de l’autre côté de la frontière libanaise.

Entre le 11 et le 15 mars, le porte-parole arabophone de l’armée israélienne a émis au moins cinq ordres de déplacement quasi identiques à l’intention des habitants de sept quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, après avoir d’abord émis un ordre de déplacement généralisé pour l’ensemble de la banlieue sud de Beyrouth le 5 mars. Ce message enjoignait aux habitants des banlieues sud d’« évacuer immédiatement » leurs domiciles, et de « ne pas retourner dans ces quartiers jusqu’à nouvel ordre ». 

Les nouveaux ordres précisaient en outre que l’armée israélienne « n’hésitera pas à cibler toute personne se trouvant près de membres, d'installations ou de moyens de combat du Hezbollah ». Cette formulation diffère des ordres précédents émis à l’intention des habitants des banlieues sud de Beyrouth, qui indiquaient, par exemple, que « toute personne se trouvant à proximité de membres, d’installations ou de moyens de combat du Hezbollah met sa vie en danger ».

Le 5 mars, le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, qui dispose aussi du statut de co-ministre de la Défense et qui siège au cabinet de sécurité, a enregistré près de la frontière israélo-libanaise une vidéo dans laquelle il avertissait que « très bientôt, Dahiyeh [banlieue sud de Beyrouth] ressemblera à Khan Younis », à Gaza. Human Rights Watch a précédemment documenté des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et des actes de génocide commis par l’armée israélienne à Gaza. 

Ces déclarations, combinées à la conduite antérieure de la guerre par les forces israéliennes au Liban, suscitent de graves inquiétudes quant au fait que l’armée israélienne pourrait prendre pour cible des civils, uniquement en raison de leur présence dans ou à proximité de zones où le Hezbollah est présent. 

Depuis le 7 octobre 2023, les forces israéliennes ont commis au Liban de nombreuses violations du droit de la guerre et des crimes de guerre apparents en toute impunité, notamment des attaques apparemment délibérées ou indiscriminées contre des journalistes, des civils, des secouristes, des institutions financières, des installations liées à la reconstruction, et une mission de maintien de la paix de l’ONU. Elles ont également utilisé illégalement des munitions au phosphore blanc dans des zones peuplées, parmi d’autres violations. Human Rights Watch a aussi documenté le fait que plusieurs attaques illégales israéliennes au Liban avaient été menées avec des armes de fabrication américaine.

Les civils qui ont choisi de rester dans les zones faisant l’objet d’ordres d’évacuation dans le sud du Liban courent un risque particulier d’être coupés de l’approvisionnement en nourriture et en médicaments ainsi que d’autres formes d’aide, a déclaré Human Rights Watch. 

Le 18 mars, le porte-parole arabophone de l’armée israélienne a déclaré que certains ponts enjambant le fleuve Litani seraient frappés, « afin d’empêcher le transfert de renforts et de moyens de combat » vers le sud du Liban. Entre le 13 et le 22 mars, l’armée israélienne a déclaré avoir frappé au moins quatre ponts au-dessus du fleuve Litani. 

De son côté, le Hezbollah devrait prendre toutes les précautions possibles pour protéger les civils lors de ses opérations au Liban et en Israël. 

Les civils qui ne se plient pas aux ordres d’évacuation restent entièrement protégés par le droit international humanitaire. Le déplacement forcé est interdit par les lois de la guerre, sauf dans les cas où la sécurité des civils est en jeu, ou pour des « raisons militaires impératives ».

Toute personne qui commet des violations graves des lois de la guerre avec une intention criminelle – c’est-à-dire de manière intentionnelle ou par imprudence – peut être poursuivie pour crimes de guerre. Des individus peuvent également être tenus pénalement responsables pour avoir aidé, facilité, assisté ou encouragé un crime de guerre. 

Les autorités judiciaires libanaises devraient ouvrir des enquêtes nationales sur les crimes internationaux graves, et le gouvernement devrait adhérer au Statut de Rome de la Cour pénale internationale ; le gouvernement devrait aussi soumettre une déclaration acceptant la compétence de la Cour avant la date d’adhésion, y compris depuis au moins le 7 octobre 2023. 

Les principaux alliés d’Israël, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne, devraient suspendre leur aide militaire et leurs ventes d’armes à Israël, et imposer des sanctions ciblées aux responsables dont la responsabilité dans les violations graves en cours est établie de manière crédible. Ils devraient aussi exercer une pression supplémentaire sur Israël pour garantir que les résidents déplacés puissent retourner chez eux, une fois les hostilités terminées, ou une fois que les raisons de leur déplacement cessent d'exister.

 « L’armée israélienne n’a pas à décider quand les civils libanais perdent la protection que leur accorde le droit international, et elle ne devrait pas pouvoir empêcher les résidents déplacés de retourner chez eux en invoquant une norme de “sécurité” indéfinie », a conclu Ramzi Kaiss. « Cibler délibérément des civils, des biens de caractère civil et d’autres personnes protégées par le droit international constituerait un crime de guerre, et les pays qui fournissent des armes à Israël devraient réaliser qu’ils risquent eux aussi de se rendre complices de crimes de guerre. »

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Articles

HuffPost

20.03.2026 à 16:13

Hongrie : Netanyahou devrait être arrêté s’il se rend dans ce pays

Human Rights Watch

Click to expand Image Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, à gauche, était accueilli par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à Jérusalem, le 19 juillet 2018.  © 2018 Debbie Hill/AP Photo

(Bruxelles, 20 mars 2026) – Les autorités hongroises devraient arrêter le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s'il entre sur le territoire hongrois, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Selon une source officielle, Benjamin Netanyahou devrait se rendre en Hongrie le 21 mars, afin de prendre la parole lors de la Conférence d'action politique conservatrice de Hongrie. Cette visite aurait lieu peu avant les élections législatives hongroises, prévues le 12 avril.

Le 21 novembre 2024, la Cour pénale internationale (CPI) a émis un mandat d'arrêt à l’encontre de Benjamin Netanyahou, ainsi que contre le ministre israélien de la Défense de l'époque, Yoav Gallant, pour des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre présumés commis dans la bande de Gaza depuis le 8 octobre 2023 au moins. Netanyahou et Gallant demeurent des fugitifs recherchés par la CPI. Les États membres de la CPI sont tenus de les arrêter s'ils entrent sur leur territoire.

« Malgré sa décision de quitter la CPI, la Hongrie demeure un État membre et est toujours tenue d’arrêter et de livrer les personnes recherchées par la Cour », a déclaré Alice Autin, chercheuse auprès du programme Justice internationale à Human Rights Watch. « En bafouant cette obligation, pour la deuxième fois en moins d’un an, la Hongrie renforcerait l’impunité pour les crimes graves commis en Palestine, et trahirait une fois de plus les victimes privées de justice depuis bien trop longtemps. »

La visite de Benjamin Netanyahou en Hongrie est prévue alors qu'Israël et les États-Unis mènent des milliers de frappes aériennes contre l'Iran, et que ce dernier riposte par des centaines de frappes contre Israël et les États du Golfe. Début mars, l’armée israélienne a intensifié ses attaques au Liban et a ordonné l’évacuation immédiate de vastes zones du sud du Liban et de la banlieue sud de Beyrouth, faisant naître un risque réel de commission du crime de guerre de déplacement forcé. L'escalade des hostilités et les risques croissants de violations graves du droit international humanitaire et des droits humains mettent en evidence l'urgence de respecter l'état de droit et de soutenir des instances crédibles pour rendre justice, telles que la CPI, a déclaré Human Rights Watch.

Depuis octobre 2023, les forces israéliennes ont commis des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et des actes de génocide dans la bande de Gaza. Les restrictions persistantes imposées à l'aide humanitaire entrant à Gaza ont entraîné des pénuries critiques de médicaments, de matériel de reconstruction, de nourriture et d'eau.

En avril 2025, Benjamin Netanyahou s'est rendu en Hongrie, mais les autorités hongroises ne l'ont pas arrêté. En juillet, les juges de la CPI ont constaté que la Hongrie n'avait pas respecté son obligation de coopérer avec la Cour et ont transmis cette conclusion à son organe de contrôle, l'Assemblée des États parties. Lors de sa session annuelle en décembre, l'Assemblée a pris acte de cette décision de justice, mais n'a pas pris de mesures plus concrètes. Les États membres de la CPI devraient renforcer leur réponse à la non-coopération.

Lors de sa visite en avril 2025, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a annoncé l’intention de son gouvernement de se retirer du traité de la CPI, le Statut de Rome. Le 2 juin 2025, les autorités hongroises ont officiellement notifié au Secrétaire général des Nations Unies le retrait de la Hongrie, qui prendra effet le 2 juin 2026, soit un an plus tard. Des juristes internationaux hongrois et des organisations de la société civile ont critiqué la décision de se retirer de la CPI.

Depuis 2010, Viktor Orbán a utilisé sa majorité parlementaire absolue pour saper l'indépendance du pouvoir judiciaire, réprimer les médias indépendants et les organisations de la société civile, diaboliser les migrants et les demandeurs d'asile, discriminer les personnes LGBT et bafouer les droits des femmes et des filles. En déclarant divers états de danger ou d’urgence, le gouvernement de Viktor Orbán a de fait gouverné par décret, court-circuitant complètement le Parlement.

L’Union européenne dispose d’un cadre juridique clair qui régit ses relations avec la CPI et son soutien à cette dernière. Human Rights Watch a déclaré que les États membres et les institutions de l'UE n'ont néanmoins pas pris les mesures suffisantes pour empêcher la mise à mal de la CPI par la Hongrie et l'atteinte plus générale de l'état de droit par Viktor Orbán.

En 2018, le Parlement européen a lancé une procédure au titre de l'article 7 du traité de l'Union européenne afin d'évaluer le risque que l'érosion de l'état de droit en Hongrie porte atteinte aux valeurs fondamentales de l'UE. Cependant, les États membres de l'UE, réunis au Conseil européen, n'ont, jusqu'à présent, pris aucune mesure concrète.

En mai 2025, la Commission européenne a indiqué qu'elle « analysait le retrait annoncé de la Hongrie de la CPI à la lumière de l'acquis communautaire », c'est-à-dire l'ensemble des lois de l'UE qui garantissent le respect des droits humains, de la démocratie et de l'état de droit. Or, rien n'indique que cette évaluation ait progressé.

Les dirigeants et les États membres de l'UE, ainsi que les autres pays membres de la CPI, devraient faire pression sur la Hongrie pour qu'elle revienne sur sa décision de se retirer de la Cour, lui rappeler publiquement ses obligations en tant que membre de la CPI et exhorter les autorités hongroises à coopérer avec la Cour en arrêtant Benjamin Netanyahou. Si la visite de ce dernier a lieu, ils devraient condamner fermement le refus persistant de la Hongrie de coopérer avec la Cour et réaffirmer sans ambiguïté leur engagement à exécuter tous les mandats d'arrêt en suspens de la CPI, quelles que soient les personnes visées, a déclaré Human Rights Watch.

La Commission européenne et les États membres de l’UE devraient également considérer la décision de la Hongrie de quitter la CPI comme un risque supplémentaire de violation grave des valeurs fondamentales de l’UE et envisager d’inclure ce retrait dans le champ d’application de la procédure actuelle prévue sous l’article 7. Ils devraient également évaluer les autres mesures et actions qui devraient être prises. Il pourrait s'agir notamment d'engager une procédure susceptible d'établir que la Hongrie a enfreint le droit de l'UE.

« Le gouvernement de Viktor Orbán s'apprête à nouveau à dérouler le tapis rouge pour Benjamin Netanyahou, alors qu'il est tenu de l'arrêter », a conclu Alice Autin. « Le silence et l'inaction persistante de l'UE risquent d'envoyer un dangereux message d'acquiescement alors que le gouvernement israélien continue d'être responsable d'atrocités. »

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20.03.2026 à 11:57

Un procès historique pour les crimes coloniaux belges va avoir lieu

Human Rights Watch

Click to expand Image (De gauche à droite) Les proches de Patrice Lumumba, figure emblématique de l'indépendance congolaise assassinée, Yema Lumumba, et Mehdi Lumumba, accompagnés de leurs avocats belges et allemands, tiennent une conférence de presse à Bruxelles, le 19 janvier 2026, à l'issue d'une audience devant un tribunal belge concernant d'éventuelles poursuites judiciaires liées à cet assassinat commis en 1961. © 2026 John Thys/AFP via Getty Images

Une décision rendue le 17 mars par un tribunal belge va permettre la mise en accusation pénale d’Étienne Davignon, le dernier ancien fonctionnaire belge encore en vie, pour son implication présumée dans l’assassinat de Patrice Émery Lumumba, le premier Premier ministre démocratiquement élu de la République démocratique du Congo, ainsi que de deux autres hauts responsables. Ces assassinats ont eu lieu en 1961, après l’indépendance du pays vis-à-vis de la domination coloniale belge.

Le procès devrait débuter en 2027.

La décision du tribunal belge d’ordonner le renvoi de Davignon devant les tribunaux offre une occasion historique de rendre justice pour les crimes de guerre présumés commis par des responsables belges pendant la décolonisation. Cette décision affirme implicitement que les crimes internationaux graves ne sont pas soumis à des délais de prescription en vertu du droit international et que le temps écoulé ne devrait pas soustraire les anciens acteurs coloniaux à leur responsabilité juridique.

Lors d’une conférence de presse virtuelle qui a suivi la décision du tribunal, la famille de Lumumba a souligné que, même si la justice a tardé à se faire, il n’est pas trop tard pour établir la vérité. Dans une déclaration, elle a déclaré : « Ce qui change aujourd’hui, c’est que le système judiciaire belge commence enfin à assumer ses propres responsabilités pour les actes commis au nom de la colonisation. Pour notre famille, ce n’est pas la fin d’un long combat, c’est le début d’un processus de reconnaissance que l’histoire exige depuis longtemps. »

Cette étape vers la justice soulève des questions importantes concernant le droit des victimes à un recours effectif et à des réparations en vertu du droit international, notamment la restitution, l’indemnisation, la réhabilitation, la satisfaction et les garanties de non-répétition.

En janvier 2026, le tribunal a entendu les arguments de la défense et de l’équipe juridique soutenant la famille de Lumumba, qui avait engagé une procédure pénale en 2011 contre onze citoyens belges, dont dix sont décédés depuis. L'affaire porte sur trois chefs d'accusation de crimes de guerre : le transfert illégal de Lumumba et de ses associés, le « traitement humiliant et dégradant » infligé à ces hommes, et la privation d'un procès équitable. De telles procédures contribuent à la « satisfaction » en tant que forme de réparation.

L'importance potentielle de cette décision dépasse largement le cadre de cette affaire. Lumumba reste une figure emblématique de l’indépendance africaine et des mouvements décoloniaux mondiaux. La persévérance de sa famille souligne le droit inaliénable de rechercher une justice réparatrice et pourrait inspirer des initiatives similaires dans d’autres contextes coloniaux.

Les gouvernements devraient prendre note de la décision de la cour et prendre des mesures concrètes pour remédier aux préjudices durables, aux pertes et aux traumatismes intergénérationnels causés par les injustices coloniales, notamment par le biais de réparations incluant la restitution de la dignité, des excuses officielles et la commémoration.

19.03.2026 à 20:33

Tanzanie : Des passants abattus lors de la répression post-électorale

Human Rights Watch

Click to expand Image Des policiers antiémeute étaient déployés pour disperser des manifestations à Dar es Salaam, en Tanzanie, lors des élections tenues le 29 octobre 2025 ; de violentes manifestations ont éclaté suite à la disqualification de deux dirigeants de l'opposition en tant que candidats à l’élection présidentielle. © 2025 Reuters/Onsase Ochando Les forces de sécurité tanzaniennes, qui ont réprimé les manifestations pendant et après les élections générales de 2025, ont tué et blessé des personnes qui ne participaient pas aux manifestations.Sur la base des premières enquêtes menées sur ces meurtres, Human Rights Watch estime que des centaines de personnes auraient été tuées à travers le pays. Les autorités tanzaniennes devraient reconnaître que l'impunité pour les violations des droits encourage la poursuite de la violence politique. Elles devraient mettre fin à la répression politique et à la détention des détracteurs du gouvernement, de membres de la société civile et de journalistes.

(Nairobi, le 19 mars 2026) – Les forces de sécurité tanzaniennes, lors de leur répression de manifestations pendant et après les élections législatives controversées de 2025, ont tué et blessé des personnes qui ne participaient pas à ces manifestations, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch.

Human Rights Watch a recensé le meurtre de 31 personnes ne participant pas aux manifestations et a reçu des informations crédibles faisant état de 19 autres décès de ce type. Sur la base de ses premières recherches concernant le nombre de personnes tuées à l’échelle nationale, Human Rights Watch estime qu’au moins plusieurs centaines de personnes ont été tuées. La commission gouvernementale mise en place pour enquêter sur les violences liées aux élections devrait enquêter sur ces faits et d’autres abus, et veiller à ce que les responsables rendent des comptes.

« La répression éhontée menée par les autorités tanzaniennes contre la dissidence pendant les élections a dévasté la vie de nombreuses personnes », a déclaré Oryem Nyeko, chercheur senior auprès de la division Afrique à Human Rights Watch. « La commission d’enquête devrait rendre justice aux victimes, garantir l’obligation de rendre des comptes et veiller à ce que de telles violations ne se reproduisent plus. »

Après des semaines d’appels à manifester contre l’intensification de la répression politique, des manifestants sont descendus dans les rues de Dar es Salaam et d’autres villes le jour des élections présidentielle et législatives, le 29 octobre 2025. Les forces de l’ordre ont eu recours à des coups, à la force meurtrière et aux gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants et faire respecter un confinement national de cinq jours, tuant et blessant de nombreuses personnes, y compris des personnes qui ne manifestaient pas. Dans certains cas, selon des témoins, des militaires et des policiers ont mis en place des barrages routiers et empêché les blessés de se rendre à l’hôpital. Certains d’entre eux sont décédés.

Entre octobre 2025 et février 2026, Human Rights Watch a mené des entretiens avec 48 personnes, dont 34 témoins, 7 journalistes et 5 membres de la société civile et activistes, dans 6 régions administratives de Tanzanie : Arusha, Dar es Salaam, Geita, Mwanza, Ruvuma et Mjini Magharibi (à Zanzibar). Les chercheurs ont examiné des documents judiciaires et des reportages médiatiques ; ils ont aussi analysé 15 photographies et vidéos envoyées par des témoins ou publiées sur les réseaux sociaux, qui corroborent les témoignages.

Carte de la Tanzanie

Tanzania Election Protests – FR map Lieux où des passants ont été abattus lors de la répression post-électorale en Tanzanie. Graphisme © 2026 Human Rights Watch.

Des policiers chargés de faire respecter le confinement ont frappé et tiré sur des personnes, notamment des vendeurs, sur un marché de Buhongwa, un quartier de Mwanza, dans la matinée du 30 octobre, tuant au moins 7 personnes et en blessant environ 50 autres, selon des témoins. « Les policiers tiraient directement sur n’importe quel groupe de personnes », a déclaré un témoin.

Un homme âgé de 31 ans a déclaré que le 30 octobre 2025, des policiers intervenant lors de manifestations à Songea, dans le sud-ouest de la Tanzanie, lui avaient tiré dessus vers 16 heures, alors qu’il rentrait du travail : « Comme les coups de feu étaient tirés sans discernement, on entendait simplement le bruit des coups de feu, parfois au-dessus de nous ou passant en dessous. Je n’ai donc pas entendu le coup de feu, j’ai juste été surpris de sentir ma jambe engourdie. »

Les autorités ont arrêté plus de 2 000 personnes, dont des enfants, accusant nombre d’entre elles d’avoir détruit des biens publics et de trahison, un crime passible de la peine de mort. Le droit international interdit les arrestations et détentions arbitraires.

Un homme de 39 ans, chauffeur de boda boda (moto-taxi), a déclaré que la police de Dar es Salaam l’avait arrêté le 30 octobre alors qu’il transportait un client. Il a affirmé qu’ils l’avaient faussement accusé d’avoir participé aux manifestations, l’avaient violemment battu et l’avaient inculpé de trahison.

Il a finalement été libéré avec des centaines d’autres personnes le 24 décembre, après que la présidente Samia Suluhu Hassan eut demandé au directeur des poursuites publiques de réexaminer les dossiers des personnes arrêtées. Le conducteur a déclaré qu’il était dans l’incapacité de travailler en raison de blessures aux jambes causées par les coups.

Suite à la pression internationale, le 18 novembre, la présidence a formé une Commission indépendante composée d’anciens responsables et de fonctionnaires à la retraite afin d’« enquêter sur les événements ayant conduit à la rupture de la paix pendant et après les élections générales ». On ignore si le mandat de cette commission couvre les personnes tuées et blessées alors qu’elles ne manifestaient pas, ainsi que les arrestations arbitraires. La commission a prévu d’achever ses travaux le 3 avril.

Le 6 mars, Human Rights Watch a écrit à la police tanzanienne et à la commission d’enquête pour leur faire part de ses conclusions et leur demander des informations, mais n’a pas reçu de réponse.

Les normes nationales, régionales et internationales en matière de droits humains, y compris la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, à laquelle la Tanzanie est partie, interdisent le recours excessif à la force par les agents des forces de l’ordre et garantissent le droit à un recours en cas de violations graves des droits humains.

En vertu des Principes fondamentaux des Nations Unies sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu, les forces de sécurité ne doivent recourir à la force d’ e que lorsque les moyens non violents sont inefficaces et uniquement de manière proportionnée à la gravité de l’infraction et à l’objectif légitime à atteindre. Les agents des forces de l’ordre ne doivent utiliser des armes à feu que pour se défendre eux-mêmes ou défendre autrui contre une menace imminente de mort ou de blessure grave, ou, dans certaines circonstances, lorsque cela est nécessaire pour répondre à un crime grave impliquant une menace grave pour la vie. L'usage intentionnel et mortel des armes à feu n'est autorisé que lorsqu'il est strictement inévitable pour protéger la vie.

Les gouvernements préoccupés et les partenaires de développement de la Tanzanie devraient appeler publiquement le gouvernement à mener une enquête approfondie sur ces abus, à poursuivre les responsables et à garantir des réparations, a déclaré Human Rights Watch. Ils devraient également soutenir le rôle de la société civile dans la documentation des violations des droits humains.

« Les autorités tanzaniennes devraient reconnaître que l’impunité pour les violations des droits encourage davantage de violence politique », a conclu Oryem Nyeko. « Elles devraient mettre fin à la répression politique continue et à la détention de détracteurs du gouvernement, de membres de la société civile et de journalistes. »

Suite détaillée en anglais.

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RFI

19.03.2026 à 19:22

Bahreïn : Vague d'arrestations liées au conflit

Human Rights Watch

Click to expand Image Un épais nuage de fumée était visible dans le ciel de Manama, la capitale de Bahreïn, le 6 mars 2026, après l'interception d'un drone iranien, non loin des tours du complexe « Bahrain Financial Harbour » (à gauche), un centre financier où se trouve aussi l'ambassade d'Israël. © 2026 Reuters

(Beyrouth) – Les autorités bahreïniennes ont arrêté des dizaines de personnes pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression pacifique dans le contexte du conflit qui oppose les États-Unis et Israël à l’Iran, et réclament la peine de mort dans certains cas, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. 

 « En cette période critique, les autorités bahreïniennes devraient redoubler d’efforts pour protéger la population, et non arrêter des personnes simplement pour avoir manifesté pacifiquement ou publié des messages sur les réseaux sociaux », a déclaré Niku Jafarnia, chercheuse sur le Yémen et Bahreïn à Human Rights Watch. « Les autorités devraient mettre fin à de telles arrestations, libérer sans condition toutes les personnes détenues arbitrairement, et libérer temporairement d’autres détenus pour des raisons humanitaires. » 

Human Rights Watch a mené des entretiens avec neuf personnes, dont des proches de détenus et des membres de la société civile bahreïnienne, et a examiné et vérifié des informations partagées en ligne, notamment des déclarations, des publications sur les réseaux sociaux et des vidéos. 

Depuis le 28 février, Israël et les États-Unis ont mené des milliers d’attaques à travers l’Iran. Les forces iraniennes ont riposté par des vagues d’attaques de drones et de missiles, notamment contre Bahreïn, dont beaucoup visaient illégalement des cibles civiles. À Bahreïn, ces attaques ont tué au moins deux personnes et en ont blessé 46, selon l’Agence de presse de Bahreïn, la source d’information officielle. 

Dans le contexte de ces attaques, plusieurs pays ont intensifié leur répression contre leurs citoyens ayant exercé leur droit à la liberté d’expression. À Bahreïn, les autorités ont arrêté des dizaines de personnes pour avoir participé à des manifestations pacifiques en hommage à l’ayatollah Khamenei, l’ancien Guide suprême de l’Iran, ou pour avoir protesté contre les attaques américaines et israéliennes en Iran ; d’autres personnes ont été arrêtées après avoir publié des photos ou vidéos de ces attaques sur les réseaux sociaux, selon le Centre bahreïnien pour les droits humains (Bahrain Center for Human Rights, BCHR) et un activiste qui recense ces cas.

Le 6 mars, le Conseil de la défense civile du ministère de l’Intérieur a déclaré qu’il interdisait les manifestations « afin de respecter ses responsabilités en matière de sécurité publique face à l’agression flagrante de l’Iran contre le Royaume de Bahreïn ».

Dans une série de publications, le ministère de l’Intérieur a déclaré avoir arrêté au moins 40 personnes pour avoir publié certains contenus en ligne, pour des motifs allant de « l’utilisation abusive des réseaux sociaux » à « l’expression de sympathie envers l’agression iranienne, ce qui constitue un acte de trahison ». 

Le 1er mars, les autorités ont arrêté deux hommes, Hussein Naji et Ali Mahdi, qui marchaient vers l’ambassade des États-Unis, en tant que forme de manifestation pacifique. Quatre personnes interrogées par Human Rights Watch, dont un proche d’un homme détenu, ont déclaré que leur marche visait à protester contre les attaques américaines contre l’Iran, et était entièrement pacifique. Il a ajouté que les autorités avaient déclaré qu’elles poursuivraient les hommes pour « incitation à la haine contre le gouvernement [bahreïnien] ; trouble à l’ordre public en temps de guerre ; et soutien et approbation d’un État hostile à Bahreïn ».

Dans une autre affaire, les autorités bahreïniennes, dont certaines en civil, ont arrêté Muneer Mirza Ahmed Mushaima à son domicile le 4 mars. Fatima Mansor, son épouse, a déclaré qu’une trentaine d’hommes étaient arrivés vers 3 h 30 du matin à bord de plusieurs voitures –l’inscription « Ministère de l’Intérieur » figurant sur certaines d’entre elles –, avaient fait irruption dans la maison et arrêté son mari. Human Rights Watch a visionné une vidéo qu’elle a fournie, montrant cinq véhicules de patrouille s’arrêtant devant leur maison, d’où sont sorties au moins sept personnes, certaines en uniformes noirs et casques blancs, d’autres en civil. 

Fatima Mansor a déclaré que ces personnes s’étaient présentées comme des membres de la « Force de maintien de l’ordre » du ministère de l’Intérieur, mais qu’elles n’avaient fourni aucune preuve ni présenté de mandat de perquisition ou d’arrestation, même lorsqu’elle le leur avait demandé. 

Elle a indiqué que ces hommes avaient accusé son mari de « gérer un compte sur les réseaux sociaux [au contenu illégal] » ; mais son mari lui a dit que le téléphone utilisé comme preuve n’était pas le sien. Elle a ajouté que son mari avait été arrêté à plusieurs reprises depuis 2017. 

Dans un autre cas, Youssef Ahmed a déclaré que le 8 mars à 3 h 30 du matin, plusieurs hommes, apparemment des policiers en civil, se sont présentés chez lui et l’ont interrogé, ains que son fils de 16 ans. « Il y avait deux voitures banalisées sans insigne de police », a-t-il déclaré. « Même lorsqu’ils m’ont demandé ma carte d’identité, je leur ai demandé qui ils étaient, et ils ont répondu qu’ils étaient de la police, mais ils ne m’ont présenté aucun document. »  

Après avoir examiné le téléphone de son fils, les hommes sont partis, a-t-il ajouté, mais ils l’ont arrêté l’après-midi suivant. « Mon fils n’a participé à aucune manifestation », a-t-il déclaré. « Je ne sais pas pourquoi ils l’ont arrêté, et ils ne nous ont donné aucune information. Il n’y avait pas de mandat d’arrêt. »  

Un activiste a déclaré à Human Rights Watch que d’autres personnes détenues n’avaient pas pu passer d’appels téléphoniques à leur famille ou à des avocats, pendant plusieurs jours. L’une d’entre elles était Badoor Abdulhameed, qui a été arrêtée pour ses publications sur les réseaux sociaux. Elle a indiqué qu’elle n’avait pas été autorisée à passer un appel téléphonique avant le cinquième jour ayant suivi son arrestation, et que les autorités n’avaient pas informé sa famille de l’endroit où elle se trouvait, ce qui pourrait constituer un crime de disparition forcée.

Les disparitions forcées, dans lesquelles les autorités détiennent une personne puis refusent de révéler où elle se trouve ou quelle est sa situation lorsqu’on leur pose la question, constituent des crimes graves au regard du droit international et sont interdites en toutes circonstances tant par le droit international des droits humains que par le droit international humanitaire.

Plusieurs personnes arrêtées étaient des travailleurs migrants, qui représentent plus de 53 pour cent de la population, et sont soumis à un système abusif de parrainage de visas. 

« On nous a déjà dit que si la police nous arrêtait en raison de publications sur les réseaux sociaux, l’entreprise ne serait pas responsable », a déclaré un travailleur migrant qui vit à Bahreïn depuis sept ans. « Nous devons faire attention. Nous avons déjà reçu des messages nous enjoignant de ne rien faire de risqué. J’ai vu certaines personnes publier des messages sur TikTok. Je ne sais pas ce qui leur est arrivé… Même lorsque notre vie est en danger, s’ils ne nous autorisent pas à publier de vidéos, cela devient un peu étouffant. »

Le 9 mars, le parquet de Bahreïn a déclaré dans un communiqué qu’il avait « demandé au tribunal de prononcer des condamnations à mort à l’encontre de certains des accusés en raison de leur implication dans des activités d’espionnage ».

Le même jour, le Centre des médias de la police du ministère de l’Intérieur a annoncé l’arrestation de cinq Pakistanais et d’un Bangladais pour avoir prétendument « filmé, publié et partagé des vidéos relatives aux conséquences de l’agression perfide de l’Iran, exprimant leur sympathie et glorifiant ces actes hostiles d’une manière qui porte atteinte à la sécurité et à l’ordre public ».

Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel Bahreïn est un État partie, protège les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique. Le Comité des droits de l’homme a précisé que ces droits s’appliquent à l’expression en ligne, ainsi qu’aux réunions pacifiques. 

Les normes internationales en matière de droits humains, y compris la Charte arabe des droits de l’homme, ratifiée par Bahreïn, obligent les pays qui appliquent la peine de mort à en limiter l’application à des circonstances exceptionnelles pour les « crimes les plus graves ».

Le gouvernement bahreïnien a recouru de plus en plus souvent à des lois répressives – notamment certains articles du code pénal, la loi antiterroriste, la loi sur la presse et les publications, ainsi que la législation sur la cybercriminalité – afin de restreindre davantage l’espace civique.

Cela s’ajoute à d’autres formes de répression de la liberté d’expression par le gouvernement bahreïnien, et à la détention arbitraire de dirigeants politiques et de défenseurs des droits humains, notamment Abdulhadi al-Khawaja, Hassan Mushaima, le Dr Abduljalil al-Singace, le cheikh Mohammed Habib Al-Muqdad et le cheikhh Ali Salman. Plusieurs détenus se sont vu systématiquement refuser des soins médicaux adéquats malgré leurs besoins médicaux urgents, causés dans certains cas par des actes de torture subis, ou par leur détention de longue durée.

Human Rights Watch s’oppose à la peine de mort dans tous les pays et en toutes circonstances. La peine capitale est unique par sa cruauté et son caractère irréversible, et sa détermination est souvent entachée de facteurs arbitraires, de préjugés et d’erreurs, a déclaré Human Rights Watch.

« Les autorités bahreïniennes utilisent le prétexte de la guerre pour justifier de nouvelles violations à l’encontre de la population du Bahreïn, y compris les travailleurs migrants », a conclu Niku Jafarnia. 

……………

19.03.2026 à 12:00

Comment HRW limite les risques lors de la publication d’analyses issues de sources ouvertes

Human Rights Watch

Click to expand Image Des manifestants bloquaient une route à Téhéran, en Iran, le 8 janvier 2026. © 2026 Anonyme/Getty Images

Shayan Sardarizadeh, journaliste avec la BBC Verify, a averti le 9 mars qu’il fallait faire preuve d’une grande prudence lors de la publication d’analyses de vidéos provenant d’Iran afin d’éviter d’exposer des personnes au risque d’être identifiées et détenues. Il a souligné le risque que la publication des coordonnées géographiques des vidéos puisse révéler les adresses personnelles des personnes qui les avaient filmées.

Il a illustré ce risque en mettant en avant deux vidéos récemment publiées par les services de renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique. Toutes deux montraient l’arrestation de plusieurs Iraniens, prétendument pour avoir filmé et partagé des vidéos de frappes américano-israéliennes qu’ils avaient prises depuis les fenêtres de leur domicile. Les vidéos comprenaient des « aveux » obtenus sous la contrainte de la part des détenus, tandis que des agents des services de renseignement les menaçaient de longues peines de prison.

Il s’agit là d’un avertissement que Human Rights Watch prend très au sérieux. Depuis janvier, Human Rights Watch a documenté des massacres de manifestants et de passants ainsi que leurs arrestations arbitraires et disparitions forcées en Iran. En l’absence d’accès physique au pays et face à un gouvernement qui a imposé de sévères restrictions en matière de communication, les informations provenant de sources ouvertes sont essentielles à nos enquêtes. Les chercheurs ont minutieusement géolocalisé une vidéo clé filmée pendant cette période sur une route principale d’une petite ville. Conformément aux principes de transparence de notre organisation, les chercheurs ont envisagé de mentionner le nom de la ville. Cependant, la vidéo a clairement été filmée depuis un immeuble d’habitation.

Bahar Saba, chercheuse sur l’Iran, a documenté la manière dont les forces de sécurité se rendaient au domicile des gens, fouillaient leurs téléphones et menaçaient et arrêtaient les personnes qu’elles soupçonnaient de mettre des vidéos en ligne.

Compte tenu de ce risque, les chercheurs ont décidé d’omettre le nom de la ville dans la vidéo et de ne pas préciser le lieu. Cette décision s’inscrit dans la politique de Human Rights Watch consistant à ne pas créer de liens hypertextes vers des images sensibles, notamment en évitant de mentionner les coordonnées ou de donner des descriptions détaillées d’images prises depuis le domicile d’une personne ou d’autres lieux sensibles, par mesure de précaution.

En période de guerre et de crise, les informations accessibles publiquement sont essentielles pour documenter les violations du droit international des droits humains et du droit international humanitaire. Human Rights Watch est conscient que, bien que ces informations soient publiques, leur partage comporte toujours un risque de mettre des personnes en danger. Les chercheurs de l’organisation limitent ce risque en excluant les informations détaillées susceptibles de mettre des personnes en danger, tout en travaillant en étroite collaboration avec des personnes disposant des connaissances contextuelles nécessaires pour aider à prendre ces décisions.

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