LePartisan.info À propos Podcasts Fil web Écologie Blogs Revues MÉDIAS
Human Rights Watch News
 
Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

▸ Les 20 dernières parutions

22.10.2026 à 18:36

Un activiste tadjik condamné à une lourde peine de prison

Human Rights Watch

Click to expand Image Asadullo Boboev. © Privé

Au Tadjikistan, un tribunal a condamné Asadullo Boboev, un activiste de l’opposition expulsé d’Allemagne en juin dernier, à 17 ans de prison. Human Rights Watch et d’autres organisations avaient précédemment averti les autorités allemandes que des activistes comme Asadullo Boboev risquaient de subir des mauvais traitements et de faire l’objet de poursuites pénales pour des motifs politiques, s’ils étaient renvoyés au Tadjikistan.

Âgé de 54 ans, Asadullo Boboev vivait en Allemagne avec sa famille depuis 2017. Il était impliqué dans le mouvement « Réformes et développement du Tadjikistan », un groupe d’opposition critique à l’égard du gouvernement du président Emomali Rahmon. Le 21 septembre, un tribunal tadjik l’a reconnu coupable d’accusions dont « extrémisme via Internet » en vertu de trois articles du code pénal, selon les médias. Les autorités tadjikes n’ont publié aucune information sur cette affaire.

Asadullo Boboev, qui a été expulsé d’Allemagne le 20 juin, avait précédemment déclaré aux médias que les autorités tadjikes avaient ouvert une procédure pénale pour extrémisme à son encontre en raison de publications sur les réseaux sociaux critiquant les autorités tadjikes. Il a indiqué que le tribunal allemand lui avait donné jusqu’au 1er juillet pour prouver l’existence d’une telle procédure, mais qu’il avait été expulsé avant cette date limite.

Asadullo Boboev et son fils Muhammad, un adulte, ont été expulsés vers Douchanbé. Asadullo a été placé en détention dès son arrivée.

Ce n’est pas la première fois que l’Allemagne expulse un citoyen tadjik, malgré les inquiétudes exprimées par des organisations de défense des droits humains. Trois autres activistes de l’opposition expulsés d’Allemagne depuis 2023 ont également été emprisonnés après leur retour au Tadjikistan. Abdullohi Shamsiddin, Bilol Qurbonaliev et Dilmurod Ergashev ont été condamnés respectivement à 7, 10 et 8 ans de prison, sur la base d’accusations apparemment fallacieuses.

Le droit international interdit le refoulement, c'est-à-dire le renvoi de toute personne vers un pays où elle court un risque réel de préjudice irréparable en raison de violations graves des droits humains. Bien que le gouvernement allemand se soit engagé à lutter contre la répression transnationale exercée par divers gouvernements, d'importantes lacunes subsistent dans la mise en œuvre de cet engagement.

L’Allemagne a continué à renvoyer des ressortissants tadjiks vers leurs pays, bien que ces renvois livrent des détracteurs du gouvernement directement aux mains des services de sécurité répressifs qu’ils avaient fui, dans plusieurs cas.

Les tribunaux et les autorités allemandes chargées de l’immigration ne devraient pas expulser sans autre forme de procès des dissidents vers le Tadjikistan. Les autorités allemandes devraient expliquer pourquoi Asadullo Boboev a été expulsé malgré les avertissements concrets concernant de graves risques en matière de droits humains ; elles devraient aussi faire pression sur le Tadjikistan pour qu’il divulgue des informations sur sa condamnation et sur le traitement qu’il subit, et veiller à ce qu’il ait accès à un avocat indépendant.

…………

22.10.2026 à 15:53

Ouganda : Garantir la justice pour le meurtre d’un dissident rwandais

Human Rights Watch

Click to expand Image Une photo du sergent-major Robert Kabera était installée près de son cercueil lors de ses funérailles tenues le 21 octobre 2026, à Kamengo, en Ouganda. © 2026 Privé

(Nairobi) – L’obligation des autorités ougandaises de mener une enquête efficace sur le meurtre violent d’un dissident rwandais implique d’examiner tous les éléments de preuve qui indiquent un possible meurtre à caractère politique, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Les autorités ougandaises devraient garantir une enquête rapide, impartiale et crédible qui permette de traduire les responsables en justice.

Le corps du sergent-major Robert Kabera, chanteur et ancien membre des Forces rwandaises de défense ayant ouvertement critiqué le gouvernement rwandais, a été retrouvé le 17 octobre 2026 dans le village de Luwala, près de Kampala, où il faisait construire une maison. Il avait fui le Rwanda en novembre 2020 et avait demandé l’asile en Ouganda, en raison de persécutions politiques. Il avait signalé à plusieurs reprises à Human Rights Watch qu’il avait été menacé et agressé en Ouganda. Lors d’un entretien avec Human Rights Watch en septembre 2022, Robert Kabera avait déclaré : « Ils vont me tuer. Ils savent où je suis… Je mourrai avant d’avoir fini ma réinstallation [dans un pays tiers]. »

« Il ressortait clairement de nos conversations que Robert Kabera savait que ses critiques à l’égard du gouvernement rwandais faisaient de lui une cible et qu’il craignait pour sa vie », a déclaré Clémentine de Montjoye, chercheuse senior sur la région des Grands Lacs à Human Rights Watch. « Les autorités ougandaises devraient enquêter sur tous les motifs possibles de ce meurtre et prendre des mesures immédiates pour protéger les dissidents et les réfugiés rwandais présents dans le pays. »

Le corps de Robert Kabera a été retrouvé décapité et portant d’autres blessures, selon le témoignage d’un proche et d’après une photographie et trois vidéos analysées par Human Rights Watch. Une photographie publiée par un média local le 18 octobre montre le corps nu décapité de Robert Kabera, avec du sang sur le sol autour de lui, dans une zone boisée. La police a annoncé que Robert Kabera avait été retrouvé mort dans une plantation d’eucalyptus le 17 octobre.

Des témoins ont fourni trois vidéos montrant le corps de Robert Kabera transféré d’un véhicule sur un chariot dans un hôpital. Un expert médico-légal a indiqué à Human Rights Watch qu’il était probable que Robert Kabera ait été mutilé après sa mort et que la position anormale de ses épaules visible sur les images et les marques de ligature sur ses poignets suggèrent que ses mains étaient liées dans le dos lorsqu’il est mort. D’après un document consulté par Human Rights Watch, la police ougandaise a demandé un examen médical post-mortem, dont les résultats ne sont pas encore disponibles.

Il existe de nombreuses raisons de considérer la mort de Robert Kabera comme suspecte, a déclaré Human Rights Watch, et notamment le fait qu’il était un détracteur virulent du gouvernement rwandais. Dans une vidéo publiée sur YouTube quelques jours avant sa mort, intitulée « Tuez-nous si vous voulez », il évoquait les crimes présumés du parti rwandais au pouvoir, ainsi que les menaces et les persécutions dont il avait fait l’objet depuis qu’il avait fui vers l’Ouganda.

Un proche a expliqué à Human Rights Watch qu’un homme parlant kinyarwanda, qui s’était présenté comme un opposant politique ayant besoin d’aide, s’était rendu sur le chantier avec Robert Kabera dans l’après-midi du 16 octobre. « [Kabera] m’a appelé vers 23 heures, et après cela, il n’a plus répondu au téléphone », a raconté le proche. « L’homme avec qui il était m’a donné un faux numéro pour l’appeler. Le lendemain, lorsque je n’ai pas réussi à joindre [Kabera], j’ai appelé ce numéro sans succès. »

Le 23 novembre 2020, un communiqué de presse du département des poursuites militaires des Forces rwandaises de défense a annoncé l’ouverture d’une enquête à l’encontre de Robert Kabera pour des « allégations de viol », et a affirmé que le crime avait été commis le 21 novembre 2020, soit deux jours après la date à laquelle Robert Kabera a indiqué avoir quitté le pays.

Dans un courrier adressé à Human Rights Watch en mai 2023, l’inspecteur général de la police ougandaise a confirmé que Robert Kabera avait obtenu l’asile en Ouganda sur la base de ses allégations de persécution politique, qu’il bénéficiait d’une protection supplémentaire de la part de la police et des forces de sécurité, et qu’il se trouvait dans les dernières étapes de sa réinstallation dans un pays tiers.

Robert Kabera a fait l’objet d’une arrestation et de multiples agressions physiques en Ouganda. Le 16 mai 2022, des dizaines de policiers et de militaires ougandais ont arrêté Robert Kabera à son domicile temporaire à Kampala, apparemment pour des accusations de trafic d’armes. « Ils allaient m’emmener pour me livrer au Rwanda comme un cadeau », a-t-il expliqué à Human Rights Watch en 2022. Il a finalement été placé en garde à vue. Robert Kabera a raconté que des agents de police ougandais l’ont battu et lui ont fracturé la cheville. Un témoin qui l’a vu après sa libération a confirmé cette blessure.

Robert Kabera a constaté, au cours de sa détention, la présence de responsables rwandais au poste de police, dont certains travaillent au haut-commissariat de Kampala. Robert Kabera a été libéré sous caution le 20 mai et a déménagé vers un nouvel endroit en Ouganda. Le mandat d’arrêt à son encontre a ensuite été annulé et son dossier a été classé.

À la fin du mois de juillet 2022, un groupe de jeunes hommes l’a agressé et lui a pris son téléphone. « Je ne pouvais pas me battre parce que j’étais toujours blessé suite au passage à tabac en détention », a-t-il raconté à Human Rights Watch. « Les hommes ont dit en kinyarwanda : “Nous savons où tu habites. Nous te ramènerons à la maison, tu vas voir.” » Robert Kabera a signalé l’incident à la police le 1er août 2022.

En octobre 2023, trois hommes l’ont agressé et lui ont dit : « Tu mens ; même si tu pars en Amérique, nous te retrouverons et nous te tuerons », d’après ses déclarations aux autorités, qui figurent dans un rapport consulté par Human Rights Watch.

Les autorités rwandaises ont ouvertement – et apparemment aussi en privé – inclus le nom de Robert Kabera dans les demandes d’expulsion d’opposants au gouvernement connus vers le Rwanda, déposées auprès des autorités ougandaises. Dans un communiqué de la police du 14 septembre 2021 examiné par Human Rights Watch et rédigé en réponse à une demande de protection, un fonctionnaire de la ville de Kampala a déclaré que Robert Kabera « a besoin d’une protection, car nous ne pouvons pas lui fournir la sécurité nécessaire », parce que « son pays fait publier des articles dans les journaux indiquant qu’il forme des terroristes (rebelles) ». Le fonctionnaire a demandé à l’agence des Nations Unies pour les réfugiés et au Norwegian Refugee Council de prendre des mesures pour assurer sa sécurité. Robert Kabera a été cité à plusieurs reprises dans des publications en ligne concernant des opposants en Ouganda qui critiquaient le gouvernement rwandais.

Il est tragique que, malgré les nombreux avertissements et la reconnaissance officielle par les forces de sécurité ougandaises et les Nations Unies des risques qu’il courait, Robert Kabera soit resté en Ouganda, exposé à des menaces et à des attaques, a déploré Human Rights Watch.

Le Rwanda et l’Ouganda sont tous deux des États parties à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, ainsi qu’au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui imposent l’obligation de garantir le droit à la vie (articles 4 et 6 respectivement). Ces traités prévoient une interdiction absolue de la privation arbitraire de la vie et une obligation stricte de mener une enquête indépendante, impartiale, rapide, transparente et approfondie sur les décès suspects, permettant d’établir les faits et d’identifier les responsables. Le fait de ne pas mener une telle enquête constitue en soi une violation du droit à la vie.

Dans un rapport de 2023, Human Rights Watch a montré que les autorités rwandaises et leurs intermédiaires utilisent la violence, les mécanismes judiciaires et l’intimidation pour faire taire les critiques émises par les Rwandais vivant dans le monde entier. Human Rights Watch a documenté des dizaines de meurtres, d’enlèvements ou de tentatives d’enlèvement, de disparitions forcées et d’agressions physiques visant des Rwandais installés à l’étranger.

L’Ouganda et les autres pays d’accueil devraient protéger les réfugiés et les demandeurs d’asile rwandais, renforcer la sécurité des personnes qui font état de menaces ou de violences, et mener des enquêtes approfondies sur tous les incidents signalés afin de garantir la responsabilisation.

Les agences des Nations Unies devraient renforcer les programmes existants de réinstallation des réfugiés en incluant des ressources pour faire face à la menace d’abus extraterritoriaux contre les réfugiés par des agents ou des mandataires des gouvernements des pays d’origine connus pour pratiquer de tels abus, y compris le Rwanda.

« Le meurtre violent de Robert Kabera rappelle la gravité des risques auxquels sont confrontés les réfugiés rwandais », a conclu Clémentine de Montjoye. « Les gouvernements et les institutions régionales et internationales devraient demander des comptes au Rwanda pour ses violations des droits humains sur son territoire et à l’étranger. »

…………

Articles

RFI . Jeune Afrique  

France 24 (vidéo)

AfricaRadio

22.10.2026 à 11:01

Le Burkina Faso rétablit la peine de mort

Human Rights Watch

Click to expand Image Des soldats burkinabè patrouillaient à bord d'un pick-up sur la route reliant la ville de Dori au camp de réfugiés de Goudebo, au Burkina Faso, le 3 février 2020. © 2020 Olympia de Maismont/AFP via Getty Images

Le parlement non élu du Burkina Faso a adopté à l’unanimité un nouveau code pénal qui rétablit la peine de mort pour haute trahison, terrorisme, actes d’espionnage, parricide et importation de produits périmés ou prohibés. Le pays avait aboli la peine de mort pour les crimes de droit commun en 2018, tandis que sa dernière exécution judiciaire connue remonte à 1988. 
 

Le rétablissement de la peine capitale envoie un message effrayant aux détracteurs de la junte et risque de devenir un outil supplémentaire de répression de la dissidence. Depuis le coup d’État militaire de septembre 2022, la junte burkinabè n’a cessé de démanteler les droits civiques et politiques. Les autorités ont interdit des médias, suspendu des syndicats et des organisations de la société civile, aboli le multipartisme et soumis les détracteurs à des détentions arbitraires, des disparitions forcées, des conscriptions illégales et des actes de torture. 
 

Le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, a défendu la décision de rétablir la peine de mort, en la qualifiant de mesure nécessaire pour lutter contre le terrorisme. Il a déclaré que les groupes armés exploitaient la clémence de l’ancienne loi en promettant à leurs nouvelles recrues qu’elles ne risqueraient pas plus que la réclusion à perpétuité si elles étaient reconnues coupables d’actes terroristes. 
 

Human Rights Watch s’oppose à toute forme de peine capitale en raison de sa cruauté inhérente. Les lacunes du système judiciaire burkinabè ne feront qu’exacerber l’injustice découlant des condamnations à mort. Toutes les affaires liées au terrorisme sont traitées par le Pôle judiciaire spécialisé dans la répression des actes de terrorisme, créée en 2017. En avril, Human Rights Watch a constaté que la lenteur des enquêtes menées par ce tribunal spécial ainsi que de graves manquements procéduraux portaient atteinte au droit des prévenus à un procès équitable. 
 

Un jour, un ancien juge de la cour antiterroriste m’avait expliqué que les juges maintenaient parfois des suspects en détention malgré l’insuffisance de preuves, craignant que l’armée ne les exécute sommairement s’ils étaient remis en liberté. Il avait décrit ce dilemme en ces termes : « Il vaut mieux violer le droit à la liberté pour préserver leur droit à la vie. » Avec le retour de la peine de mort, même ce sombre calcul pourrait ne plus tenir la route. 
 

Faire marche arrière sur la question de la peine de mort va à l’encontre d’un mouvement international plus large en faveur de son abolition. L’Assemblée générale des Nations unies et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples ont exhorté les États à instaurer des moratoires sur les exécutions, à restreindre le champ d’application de la peine capitale et à réduire progressivement le nombre d’infractions passibles de la peine de mort, en vue de son abolition définitive. 

Le rétablissement de la peine de mort ne résoudra pas la crise sécuritaire que traverse le Burkina Faso. Dans un système déjà entaché de graves manquements aux garanties procédurales, la peine de mort ne fait qu’accroître le risque d’injustice irréversible. 

22.10.2026 à 06:00

Mali : L’armée et l’Africa Corps, contrôlé par la Russie, ont commis de nouveaux abus

Human Rights Watch

Click to expand Image Conséquences de l'attaque apparemment menée par un drone militaire malien le 16 septembre 2026 dans le village de Guélédié, situé dans la région de Mopti au Mali. Captures d'écran d’une vidéo analysée et géolocalisée par Human Rights Watch.   © 2026 Privé

(Nairobi) – Les forces armées maliennes et leur allié, l’Africa Corps contrôlé par la Russie, ont commis de nouvelles atrocités contre des civils dans le centre du Mali dans un contexte de reprise des combats, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

Le 16 septembre 2026, une frappe de drone manifestement menée par l’armée contre le village de Guélédié, dans la région de Mopti, a tué huit civils et en a blessé au moins six autres. Entre mai et août, les forces de l’armée malienne et de l’Africa Corps ont détenu, dans des conditions inhumaines, de nombreux prisonniers dans un conteneur métallique sur une base militaire à Sévaré, dans la région de Mopti ; plusieurs d’entre eux y ont été violemment battus et torturés, notamment par des chocs électriques et des simulacres de noyade.

« Les civils sont les premiers touchés par l’incapacité de la junte malienne à contrôler ses forces et ses alliés, responsables d’abus », a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à Human Rights Watch. « Ces dernières atrocités impliquent l’armée malienne ainsi que l’Africa Corps contrôlé par la Russie, et pour lequel les autorités russes devraient également rendre des comptes. »

L’offensive de l’armée malienne intervient après des attaques coordonnées lancées à travers le Mali par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, JNIM) lié à Al-Qaïda et le Front de libération de l’Azawad (FLA) à la fin du mois d’avril. Les forces maliennes et leur allié, l’Africa Corps, ont tué des civils, dont de nombreux enfants, et détruit des biens civils et des établissements de santé lors de frappes aériennes et d’autres attaques.

Human Rights Watch a mené des entretiens à distance avec 15 personnes entre août et septembre, dont 3 témoins à Guélédié, 4 anciens détenus à la base militaire de Sévaré et 8 membres d’organisations non gouvernementales. Human Rights Watch a adressé des courriers aux ministres de la Défense malien et russe au début du mois d’octobre, mais n’a reçu aucune réponse.

Guélédié

Le 16 septembre, vers 10 heures du matin, un drone apparemment militaire a largué une munition sur des civils à la périphérie du village de Guélédié, tuant huit hommes âgés de 25 à 40 ans, et blessant six autres hommes. Les villageois s’étaient rassemblés autour d’un arbre, où un homme proposait un accès Internet payant via Starlink. Des habitants ont indiqué que les combattants du GSIM utilisaient souvent ce service pour soutenir leurs opérations.

Des témoins ont expliqué qu’un drone avait survolé le village pendant environ une heure avant de larguer sa munition, ce qui suggère que la zone était surveillée. « Le drone est passé au-dessus du village vers 9 heures du matin et est revenu au moins quatre fois », a déclaré un homme de 40 ans. « Il était blanc et avait de longues ailes minces et droites. Il virevoltait, disparaissait et revenait. » Cette description correspond largement aux drones de grande taille dont l’utilisation par le gouvernement malien est avérée.

Des témoins ont déclaré que le GSIM disposait d’une base à Guélédié et que plus de 100 combattants de ce groupe armé étaient présents dans le village au moment de la frappe, même si aucun combattant du GSIM ne figurait parmi les victimes. Ils ont également indiqué que des combattants du GSIM avaient averti la population locale par WhatsApp de la possibilité d’une frappe de drone sur le site de l’accès à Starlink, avant de quitter la zone avec de nombreux civils. Des témoins ont expliqué que seuls 14 civils étaient restés sur le site, pour continuer à utiliser la connexion, lorsque le drone a largué sa munition.

« L’explosion était assourdissante – vraiment très forte », a raconté un villageois de 30 ans. « J’ai vu une fumée noire très épaisse surgir de la zone de connexion à Starlink. »

Un professionnel de santé âgé de 52 ans a indiqué s’être rendu sur les lieux environ une heure plus tard et avoir trouvé six hommes morts et sept blessés « avec des brûlures sur le corps », dont l’un est décédé sur place. Il a ajouté qu’il a appelé le commandant de la base militaire de Ténenkou et lui a dit qu’il emmènerait les blessés au Centre de santé de référence de Ténenkou. « [N]on seulement il a refusé catégoriquement que nous les évacuions », a relaté le professionnel de santé, « mais il m’a aussi ordonné de ne pas leur porter secours. Pour lui, c’étaient des combattants du GSIM, et il m’a dit que le drone n’aurait pas pu cibler des civils. »

Les blessés ont finalement été évacués. Dans un communiqué du 24 septembre, Médecins Sans Frontières (MSF) a indiqué que son personnel dans le centre de santé avait soigné quatre personnes « gravement blessées » présentant des « brûlures sur tout le corps », et qu’une personne était « décédée peu de temps après son arrivée ».

Human Rights Watch a vérifié une vidéo partagée par des témoins et montrant les conséquences de la frappe, et l’a géolocalisée dans une zone à environ 600 mètres au nord-est du centre du village. On y voit les corps de trois hommes, deux sous un arbre calciné et brisé, et un dans un étang voisin. Deux motos brûlées et un panneau solaire détruit sont également visibles.

Dans un communiqué du 17 septembre, le chef d’état-major des Forces armées maliennes a déclaré que le 16 septembre, des unités militaires avaient « repéré, au nord-est de Guélédié, région de Mopti, des éléments terroristes dissimulés sous couvert végétal », disposant de « matériels de guerre et de moyens de communication satellitaire », avant de les « neutralis[er] » et de détruire leur équipement.

La junte malienne recourt de plus en plus souvent à des frappes aériennes contre les groupes armés. Human Rights Watch, d’autres organisations de défense des droits humains et plusieurs médias et organisations menant des investigations ont documenté des frappes aériennes qui ont tué des civils.

Sévaré

L’armée malienne et l’Africa Corps ont placé des centaines de civils en détention lors d’opérations de contre-insurrection à travers le Mali, et ont détenu illégalement de nombreuses personnes dans des bases militaires. Human Rights Watch, d’autres groupes de défense des droits humains et les médias ont documenté des actes de torture dans plusieurs bases.

Le 7 mai, des soldats et des combattants d’Africa Corps ont arrêté un civil de 30 ans à son domicile à Guirowel, un village situé dans une zone contrôlée par le GSIM dans la région de Mopti. Le 4 juillet, ils ont arrêté trois étudiants coraniques, âgés de 32, 37 et 40 ans, dans le village de Thy, dans la région de Mopti, après une attaque du GSIM contre une position militaire dans ce village.

Les quatre hommes ont raconté plus tard que les forces les avaient emmenés à la base militaire Hamadoun Bocary Barry de Sévaré, où ils ont été détenus au secret dans un conteneur d’expédition d’environ 20 mètres de long, sans fenêtres, ni toilettes, ni installations sanitaires, dans une chaleur extrême et sans ventilation, aux côtés de dizaines d’autres personnes. Les hommes ont décrit qu’ils recevaient une petite quantité de nourriture de mauvaise qualité une fois par jour, qu’on leur refusait les soins médicaux nécessaires et qu’ils subissaient des violences verbales.

« Nous recevions un petit morceau de pain et parfois des haricots, ainsi qu’une demi-bouteille d’eau une fois par jour », a raconté l’homme de 32 ans. « La chaleur était insupportable.Le premier jour, nous étions 27, mais au fil des jours, nous avons dépassé les 70 personnes. Nous faisions nos besoins dans un seau, qui était toujours plein et se déversait sur le sol. Ils ne le vidaient pas. »

Les hommes ont déclaré avoir identifié les soldats maliens grâce à leurs uniformes et aux langues qu’ils parlaient, notamment le français, le bambara et le peul. Ils ont indiqué que les combattants de l’Africa Corps avaient « la peau claire » et parlaient une langue étrangère qu’ils ne comprenaient pas.

Trois des hommes ont expliqué que des soldats maliens et des combattants de l’Africa Corps les avaient torturés à plusieurs reprises dans une pièce d’un bâtiment situé près de l’entrée de la base, le long de la route principale de Sévaré, de sorte qu’ils pouvaient entendre les bruits de la circulation. La pièce comportait un lit métallique, un baril rempli d’eau, une table et des fils électriques sur le sol. C’est là que les hommes ont décrit avoir été torturés et interrogés pour leur faire avouer une prétendue association avec le GSIM.

L’habitant de Guirowel a déclaré que des membres de l’armée malienne et de l’Africa Corps l’avaient torturé à deux reprises, chaque fois pendant environ deux heures. « J’ai failli perdre la vie lorsque deux militaires russes m’ont noyé dans une barrique d’eau », a-t-il raconté. « Chaque fois que je perdais connaissance, on me réanimait avec une décharge électrique et on me noyait encore. Ils m’ont brulé les fesses avec du plastique brûlé, et ils allumaient aussi un chiffon sur mon dos. Ils m’ont forcé à donner des informations sur le GSIM et à admettre que j’étais un combattant. »

L’homme de 37 ans a raconté qu’un soldat malien l’avait attaché à un lit et lui avait demandé : « Dis-nous tout ou nous te tuerons. » Puis « les coups ont commencé à pleuvoir sur mes fesses et sur mon dos. “Parle !”, m’ont-ils dit. [Un] soldat m’a étranglé et m’a cogné la tête contre le lit. Je ne me souviens de rien après ça. »

L’homme de 40 ans a décrit que des soldats lui avaient attaché les pieds à un lit et avaient menacé de le tuer s’il ne divulguait pas d’informations sur les combattants du GSIM. « On m’a frappé sur les fesses, on a mis le feu à mon dos », a-t-il expliqué. « Un soldat a attrapé mon sexe et y a appliqué du courant électrique », tandis qu’un autre « versait de l’eau sur mon dos et me frappait ».

Les hommes ont indiqué que plusieurs détenus étaient morts dans le conteneur à la suite de tortures. « Quand un détenu était sur le point de mourir, nous donnons des coups à la porte pour alerter les gardes », a raconté l’homme de 40 ans. « Ils nous disaient de ne les informer que lorsqu’une personne était morte. Ils n’avaient aucune pitié. Huit personnes sont mortes pendant ma détention. »

Les militaires ont libéré les trois hommes de Thy le 20 juillet et l’homme de Guirowel le 6 août. Des membres de leur famille auraient payé aux militaires 1,8 million de francs CFA (3 000 dollars US) pour les trois hommes de Thy et 1 million de francs CFA (1 800 dollars US) pour l’homme de Guirowel afin d’obtenir leur libération.

Toutes les parties au conflit armé au Mali sont soumises au droit international humanitaire, notamment à l’article 3 commun et au protocole II aux Conventions de Genève de 1949, ainsi qu’au droit de la guerre coutumier. Les parties doivent prendre toutes les précautions possibles avant une attaque, notamment en vérifiant que la cible est un objectif militaire. Les attaques qui n’ont pas d’objectif militaire ou qui ne font pas de distinction entre les civils et les militaires sont des attaques indiscriminées illégales.

Toute personne privée de liberté doit être traitée avec humanité en toutes circonstances et protégée contre le meurtre, la torture et les traitements cruels, humiliants et dégradants. Le fait de refuser des soins médicaux aux blessés ou aux détenus peut constituer un crime de guerre. Les individus qui commettent des violations graves du droit de la guerre avec une intention criminelle ou qui sont impliqués au titre de la responsabilité de commandement peuvent faire l’objet de poursuites pour crimes de guerre.

En mars, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a renouvelé le mandat de l’Expert indépendant sur le Mali, afin d’évaluer la situation des droits humains et d’aider les autorités nationales à promouvoir les droits humains et l’État de droit.

« Ces abus récents devraient servir de triste rappel pour inciter les gouvernements préoccupés et les institutions internationales à faire pression sur les autorités maliennes, afin qu’elles mènent des enquêtes crédibles sur les abus commis par l’armée et traduisent les responsables en justice », a conclu Ilaria Allegrozzi. « Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU devrait renforcer sa surveillance de la situation au Mali, et prendre des mesures pour empêcher de nouveaux abus. »

…………

Articles

TV5Monde  

21.10.2026 à 07:00

Vietnam : Entraves à la création de syndicats indépendants

Human Rights Watch

Click to expand Image Un ouvrier horticole tenant une pelle aménageait une parcelle fleurie devant un panneau arborant le sigle du Parti communiste vietnamien à Hanoï, le 5 octobre 2020.   © 2020 Nhac Nguyen/AFP via Getty Images   Le gouvernement vietnamien réprime systématiquement le droit des travailleurs à former des syndicats indépendants, malgré les accords commerciaux qui l’obligent à respecter les droits des travailleurs.Les autorités ont à plusieurs reprises tenu des propos mensongers, trompeurs et fallacieux concernant leur prétendu soutien à la création de syndicats indépendants, tout en indiquant clairement leur hostilité à toute tentative de défendre les droits des travailleurs. Le gouvernement a régulièrement recouru à certains articles du code pénal pour poursuivre des défenseurs des droits humains.Le gouvernement vietnamien devrait mettre en œuvre les réformes qu’il s’est engagé à mener. Ses partenaires commerciaux devraient faire face à la réalité, et indiquer clairement au gouvernement que le non-respect de ses engagements en matière de droits des travailleurs aura des conséquences.

(New York, le 21 octobre 2026) ‒ Le gouvernement vietnamien bafoue systématiquement le droit des travailleurs à former des syndicats indépendants, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui. Malgré les engagements pris envers ses partenaires commerciaux dans le cadre de plusieurs accords de libre-échange, le gouvernement n’a pas mis en place de réformes significatives permettant la formation de syndicats capables de fonctionner librement, et réprime systématiquement les tentatives de créer des syndicats indépendants. 

21 octobre 2026 “There Are No Trade Unions in Vietnam”

Ce rapport de 49 pages, intitulé « “There Are No Independent Trade Unions in Vietnam” : Hanoi’s Continuing Assault on Workers’ Right to Organize » (« “Il n’y a pas de syndicats indépendants au Vietnam” : L’attaque incessante de Hanoï contre le droit des travailleurs à s’organiser »), documente le recours continu du gouvernement vietnamien à des lois pénales vagues et d’une portée excessive pour réprimer les activités des défenseurs des droits humains dont ceux des travailleurs, tout en entretenant un climat de répression visant à entraver la création de syndicats indépendants. Le gouvernement a publié des décrets et des articles dans les médias d’État qui réaffirment que toutes les organisations syndicales au Vietnam relèvent de l’autorité du gouvernement, et qui présentent les syndicats indépendants comme des entités dangereuses et anti-étatiques. 

« Les autorités à Hanoï ont à maintes reprises tenu des propos fallacieux, trompeurs et mensongers au sujet des droits des travailleurs, tout en vantant les prétendues réformes du Vietnam pour laisser entendre qu’elles autorisent la création de syndicats », a déclaré John Sifton, directeur du plaidoyer auprès de la division Asie à Human Rights Watch. « En réalité, le gouvernement vietnamien reste profondément hostile à l’idée même de syndicats indépendants, ce qui explique pourquoi il n’en existe toujours aucun. » 

Human Rights Watch a mené des entretiens plus de 30 travailleurs, défenseurs des droits humains, experts en droit du travail et autres questions juridiques, ainsi que d’autres personnes bien informées de la situation des droits des travailleurs au Vietnam. L’organisation a également analysé les lois et réglementations vietnamiennes, et passé en revue des articles consacrés aux questions liées au domaine du travail, parus dans les médias d’État vietnamiens.

Les responsables vietnamiens ont déclaré à plusieurs reprises et publiquement que les réformes juridiques de 2021 permettaient aux travailleurs de s’organiser, et que le Vietnam comptait des milliers de syndicats « de base » (« cơ sở »). Ces affirmations s’adressaient principalement aux partenaires commerciaux dans le cadre de divers accords économiques. Il s’agit notamment de l’Accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Vietnam (EU-Vietnam Free Trade Agreement, EVFTA) de 2020, d’accords ultérieurs entre le Royaume-Uni et l’Association européenne de libre-échange (AELE, ou EFTA en anglais). En 2019, le Vietnam a également cosigné l’Accord global et progressif de partenariat transpacifique (Comprehensive and Progressive Agreement for Trans-Pacific Partnership, CPTPP), qui regroupe plusieurs pays dont l’Australie, le Brésil, le Canada, le Japon, le Mexique et le Royaume-Uni.

En signant ces accords, le Vietnam s’engageait à entreprendre des réformes permettant l’existence de syndicats indépendants. En 2021, le gouvernement a procédé à certaines modifications législatives censées autoriser la création d’« organisations [indépendantes] de travailleurs », mais n’a par la suite mis en place aucun cadre réglementaire permettant de les constituer.

Les seuls mécanismes juridiques dont disposent les travailleurs vietnamiens pour faire valoir leurs droits du travail relèvent d’entités autoproclamées « syndicats », mises en place sous l’autorité de la Confédération générale du travail du Vietnam (CGTV, ou VGCL en anglais). En vertu de la législation vietnamienne, la CGTV et ses départements relèvent explicitement du contrôle du Parti communiste vietnamien au pouvoir. Les responsables du Parti choisissent ou approuvent les dirigeants à tous les niveaux, et le gouvernement assure leur financement, qui provient des cotisations obligatoires versées par les employeurs et les travailleurs. Ces entités dites « syndicats » ne répondent donc pas aux critères juridiques prévus par le droit international pour être considérées comme des syndicats indépendants, a déclaré Human Rights Watch. 

Si les entités de la CGTV mènent parfois des activités censées traiter des questions liées au travail, leurs efforts sont limités et ne représentent pas véritablement les travailleurs ; en fin de compte, elles agissent dans l’intérêt du Parti communiste. Aucune de ces entités n’a jamais appelé à la grève, ni mené d’actions de confrontation contre les employeurs.

« Un syndicat devrait disposer de sa propre liberté, et de la liberté de se développer », a déclaré à Human Rights Watch un organisateur syndical en exil. « Mais le Parti reste à la tête de tout, au Vietnam. »

Même si des organisations de travailleurs indépendantes pouvaient se former au Vietnam, les dispositions actuelles du droit du travail vietnamien ne répondent pas aux normes internationales et sont insuffisantes pour protéger les droits des travailleurs, a déclaré Human Rights Watch.

L’intolérance du gouvernement à l’égard des syndicats indépendants a porté atteinte à d’autres droits du travail des travailleurs vietnamiens, a ajouté Human Rights Watch. Sans la liberté de former des syndicats indépendants, les travailleurs vietnamiens sont moins à même de négocier efficacement ou de réclamer des salaires plus élevés, de meilleures conditions de travail, ou des voie de recours ou des réparations pour des griefs individuels et collectifs liés au travail.

Des travailleurs ont déclaré que même si le gouvernement adoptait des procédures permettant la création d’organisations syndicales indépendantes, les autorités abuseraient probablement des dispositions du code pénal vietnamien pour s’en prendre aux organisateurs. Le gouvernement utilise depuis longtemps le droit pénal pour poursuivre les défenseurs des droits humains, dont ceux des travailleurs, et pour réprimer la création d’organisations indépendantes. 

Prisonniers politiques au Vietnam Brefs profils (en anglais)

Depuis des décennies, les autorités emprisonnent des journalistes, blogueurs et activistes indépendants de premier plan, dont plusieurs ont défendu les droits des travailleurs. À n’importe quelle période au cours des dix dernières années, le Vietnam comptait au moins 150 à 180 prisonniers politiques, soit en attente de jugement, soit incarcérés à la suite de condamnations inéquitables. La répression s’est intensifiée plus récemment : rien qu’en 2025 et 2026, les autorités ont emprisonné plus de 50 dissidents.

Les autorités ont spécifiquement pris pour cible les défenseurs des droits humains et les organisateurs syndicaux qui ont soulevé des questions relatives aux droits dans le cadre de l’accord commercial de 2021 avec l’UE, et ont même emprisonné certains de leurs propres fonctionnaires impliqués dans les négociations avec l’UE sur les questions relatives au droit du travail.

De nombreuses déclarations et articles en vietnamien rédigés par des responsables révèlent les opinions négatives et la profonde hostilité des autorités à l’égard des syndicats indépendants. Les responsables cités dans les médias contrôlés par le gouvernement dépeignent les potentiels syndicats indépendants comme des forces « réactionnaires » opposées au Parti communiste, se livrant à des complots « subversifs » et « sinistres » visant à affaiblir le gouvernement et les syndicats qu’il contrôle, animées par la volonté de « s’opposer à l’État » et de « semer l’instabilité sociale ». L’un de ces articles est intitulé « Avertissements concernant des crimes ».

Le gouvernement vietnamien devrait ratifier et mettre en œuvre sans délai tous les traités pertinents de l’Organisation internationale du travail et fixer un calendrier précis pour autoriser la création de syndicats véritablement indépendants, a déclaré Human Rights Watch. Les partenaires commerciaux du Vietnam devraient faire pression sur le gouvernement pour qu’il respecte ses engagements et libère tous les défenseurs des droits humains – y compris ceux des travailleurs – qui sont emprisonnés simplement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression. 

« De nombreux partenaires commerciaux du Vietnam ont accepté sans examen approfondi les affirmations de Hanoï concernant ses réformes, et certains continuent d’affirmer que les accords commerciaux ont amélioré le bilan du Vietnam en matière de droits », a observé John Sifton. « Les partenaires commerciaux du Vietnam devraient plutôt faire face à la réalité, et indiquer clairement au gouvernement que le non-respect de ses engagements en matière de droits du travail aura des conséquences. »

……….

20.10.2026 à 06:00

Guatemala : Meurtre d’un éminent avocat anti-corruption

Human Rights Watch

Click to expand Image Des personnes regardaient une photo de l’avocat anti-corruption Juan Francisco Solorzano Foppa, abattu par des inconnus le 17 octobre 2026, lors de la veillée funèbre tenue dans la ville de Guatemala, le 19 octobre 2026.  © 2026 Cristina Chiquin/Reuters

(Washington) – Les autorités du Guatemala devraient rapidement mener une enquête rigoureuse et crédible sur le meurtre de Juan Francisco Solórzano Foppa, un éminent avocat spécialisé dans la lutte contre la corruption, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch ; Solórzano Foppa avait précédemment travaillé comme procureur, et en tant que directeur de l’Administration fiscale du Guatemala.

Le 17 octobre, des assaillants armés ont abattu Solórzano Foppa au complexe sportif Campo Marte, à Guatemala City. Un autre homme, identifié par les autorités comme étant Gustavo Adolfo Aguilar Gamarro, a également été tué lors de cette attaque. Les autorités guatémaltèques ont arrêté deux hommes en lien avec ce crime, mais les procureurs ont déclaré qu’il n’existait aucune preuve les impliquant dans l’attaque, et un juge a ordonné leur libération. 

« Le meurtre de Juan Francisco Solórzano Foppa constitue une attaque choquante contre un avocat qui a joué un rôle de premier plan dans certaines des initiatives anticorruption les plus importantes du Guatemala », a déclaré Juanita Goebertus, directrice de la division Amériques à Human Rights Watch. « Les autorités guatémaltèques devraient garantir une enquête approfondie, rapide et crédible, afin d’identifier non seulement les tireurs, mais aussi toute personne ayant planifié, ordonné ou facilité ce crime. »

Des assaillants armés ont ouvert le feu sur Juan Francisco Solórzano Foppa alors qu’il se trouvait au complexe sportif pour entraîner une équipe de football, le tuant sur le coup, selon les médias. Le président Bernardo Arévalo a condamné cet assassinat et a appelé à ce que les responsables, y compris toute personne ayant participé à la planification du crime, soient traduits en justice.

Juan Francisco Solórzano Foppa, âgé de 43 ans, était largement connu pour son action contre la corruption au Guatemala. Il a occupé le poste de directeur de l’analyse criminelle au sein du bureau du procureur général, puis a dirigé la Surintendance de l’administration fiscale du Guatemala, de 2016 à 2018. Il a contribué à faire avancer les enquêtes sur la corruption à haut niveau et l’évasion fiscale, participant ainsi aux efforts visant à récupérer des millions d’impôts impayés et apportant son soutien à d’importantes affaires de corruption, notamment dans le cadre de l’affaire pénale connue sous le nom de « La Línea » (« La Ligne »), qui avait conduit à la démission du président Otto Pérez Molina en 2015.

Après avoir quitté la fonction publique, Juan Francisco Solórzano Foppa a continué à exercer en tant qu’avocat et commentateur public. Il était connu pour dénoncer la corruption et les liens entre les groupes criminels, les responsables politiques et les autorités. 

En 2023, Juan Francisco Solórzano Foppa a brièvement rejoint l’équipe de défense de l’éminent journaliste José Rubén Zamora, qui fait l’objet de poursuites pénales arbitraires depuis 2022. Lors du mandat de la procureure générale Consuelo Porras, une campagne de poursuites pénales arbitraires contre les détracteurs du pouvoir a notamment conduit à la détention de Solórzano Foppa, accusé d’« entrave à l’enquête pénale », en lien avec sa défense de Zamora. Solórzano Foppa a qualifié ces poursuites d’arbitraires, et a plaidé coupable afin d’obtenir une libération anticipée.

« Le meurtre de Juan Francisco Solórzano Foppa est un rappel effrayant de la longue histoire des assassinats politiques au Guatemala », a affirmé Juanita Goebertus. « Les responsables devraient être amenés à rendre des comptes. »

………………

 

◁ 12 / 20 ▷
  GÉNÉRALISTES
Le Canard Enchaîné
La Croix
Le Figaro
France 24
France-Culture
FTVI
HuffPost
L'Humanité
LCP / Senat
Le Media
La Tribune
Time France
 
  EUROPE ‧ RUSSIE
Courrier Europe Ctrale
Desk-Russie
Euractiv
Euronews
Toute l'Europe
 
  Afrique ‧ Asie ‧ Proche-Orient
Haaretz
Info Asie
Inkyfada
Jeune Afrique
Kurdistan au féminin
L'Orient - Le Jour
Orient XXI
Rojava I.C
 
  INTERNATIONAL
Courrier International
Equaltimes
Global Voices
Infomigrants
I.R.I.S
The New-York Times
 
  OSINT ‧ INVESTIGATION
OFF Investigation
OpenFacto°
Bellingcat
Disclose
G.I.J
I.C.I.J
 
  OPINION
Au Poste
Cause Commune
CrimethInc.
Hors-Serie
L'Insoumission
Là-bas si j'y suis
Les Jours
LVSL
Politis
Quartier Général
Rapports de force
Reflets
Reseau Bastille
StreetPress
 
  OBSERVATOIRES
Armements
Acrimed
Conspisme
Culture
Curation IA
Extrême-droite
Human Rights Watch
Inégalités
Justice fiscale
Liberté de création
Multinationales
Situationnisme
Sondages
Street-Médics
Routes de la Soie
Wokisme
🌓