03.11.2026 à 22:19
Human Rights Watch
(La Haye, 3 novembre 2026) – La Cour internationale de Justice (CIJ) a annoncé que le 19 novembre, elle rendra son arrêt dans l’affaire portée par la Gambie contre le Myanmar pour violations présumées de la Convention sur le génocide, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch ; l’organisation a publié un document « Questions et réponses » concernant les principaux enjeux de cette affaire.
3 novembre 2026 Arrêt de la Cour internationale de Justice dans l’affaire de génocide visant le MyanmarQuestions et réponses
En août 2017, les forces de sécurité du Myanmar ont lancé une vaste campagne de massacres, de viols et d’incendies criminels contre les Rohingyas dans l’État de Rakhine dans le nord du pays, contraignant plus de 700 000 personnes à fuir au Bangladesh, pays voisin du Myanmar. En novembre 2019, la Gambie a saisi la Cour internationale de Justice, alléguant que les atrocités commises par le Myanmar contre les Rohingyas constituent un génocide et contreviennent à la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. Il ne s’agit pas d’une affaire pénale visant des individus, mais d’une requête demandant à la Cour de statuer sur la responsabilité de l’État du Myanmar pour génocide.
« L’arrêt que rendra la Cour internationale de Justice dans l’affaire concernant le Myanmar marquera un moment crucial dans la quête de justice pour les Rohingyas », a déclaré Maria Elena Vignoli, conseillère juridique senior auprès du programme Justice internationale de Human Rights Watch. « Cette décision juridique sera aussi le moment de rappeler que l’oppression des Rohingyas se poursuit à ce jour ; les pays respectueux des droits humains devraient renforcer leur soutien envers les Rohingyas, appuyer les efforts visant la justice pour les atrocités subies, et les aider à retourner dans leur pays, de manière sûre et volontaire. »
L’arrêt que rendra la CIJ dans cette affaire sera définitif et sans appel, et mettra donc fin à cette procédure engagée devant la Cour.
02.11.2026 à 18:15
Human Rights Watch
(Johannesburg) – La police et l’armée zambiennes ont procédé à des disparitions forcées, à des détentions arbitraires, à des passages à tabac et à des menaces à l’encontre de membres et de sympathisants de l’opposition, ainsi que d’avocats, de journalistes et de détracteurs du gouvernement, dans les jours qui ont précédé et suivi les élections d’août dernier, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. En outre, les autorités n’ont toujours pas fourni d’explications crédibles ni mené d’enquête sur le meurtre d’un dirigeant de l’opposition dans des circonstances controversées.
« Le gouvernement zambien devrait casser ce dangereux cycle de répression », a déclaré Ashwanee Budoo-Scholtz, directrice adjointe de la division Afrique à Human Rights Watch. « Les autorités devraient immédiatement mettre fin à la répression post-électorale qui se poursuit encore, permettre aux personnes détenues de consulter un avocat et d’obtenir des soins médicaux, libérer celles qui sont détenues arbitrairement, et tenir les forces de sécurité responsables des abus commis. »
Le président Hakainde Hichilema a été réélu lors du scrutin du 13 août, qui, selon des observateurs internationaux, a été entaché d’irrégularités telles que la suspension temporaire du dépouillement de votes et la restriction des libertés fondamentales. Du 24 au 28 août, les autorités zambiennes ont en outre suspendu les services judiciaires et empêché tout recours juridique contre les résultats de l’élection présidentielle, en ordonnant la fermeture des tribunaux et en bouclant les zones autour de ces bâtiments. La police zambienne a déclaré qu’il s’agissait d’une « mesure préventive fondée sur des renseignements », sans toutefois fournir de détails à ce sujet.
Human Rights Watch a recensé 14 incidents s’apparentant à des disparitions forcées, survenus en août ; les autorités zambiennes ont d’abord refusé de fournir des informations sur le sort de ces personnes, ou de divulguer leur lieu de détention. Dans de nombreux cas, ces personnes ont subi une disparition forcée qui a duré plusieurs jours. Certaines d’entre elles étaient détenues par l’armée, selon leurs propres témoignages, ainsi que des déclarations faites par leurs proches ou par leurs avocats.
Human Rights Watch a également recensé 61 cas de détenus qui ont été battus ou ont subi d’autres formes de violences lors de leur arrestation et/ou détention, selon les témoignages des des détenus eux-mêmes, ainsi que les déclarations de leurs avocats ou de leurs proches. Parmi ces 61 personnes, 18 ont été inculpées de trahison, et deux font également l’objet d’accusations de sédition. Dans plusieurs cas, les accusations semblent avoir été motivées par des considérations politiques ; dans de nombreux autres cas, les personnes détenues n’ont été inculpées d’aucun crime. Le gouvernement n’a pas révélé le nombre total de personnes arrêtées au cours de la vague de répression, ni la nature des accusations portées contre elles, ce qui laise craindre que le nombre réel de personnes détenues soit plus élevé que le nombre actuellement connu.
Human Rights Watch a en outre recensé deux cas de personnes résidant en Zambie, qui affirment avoir été harcelés et menacés par les autorités gouvernementales, vraisemblablement en raison de leurs liens de parenté avec des détracteurs du gouvernement vivant à l’étranger.
Le climat d’intimidation, de harcèlement et de répression qui sévit en Zambie depuis les élections a eu un effet dissuasif sur les organisations civiques et politiques, en particulier sur les voix dissidentes, a déclaré Human Rights Watch. Le 11 septembre, le gouvernement a annoncé l’annulation des passeports de six détracteurs du gouvernement, dont celui de l’universitaire Sishuwa Sishuwa, invoquant des « raisons de sécurité ».
Le 14 août, les forces de sécurité ont mené une descente au domicile du chef de file de l’opposition, Brian Mundubile, candidat de l’Alliance Tonse, dans une banlieue de Lusaka, la capitale. Selon les membres de l’opposition présents, les forces de sécurité ont tué Mutotwe Kafwaya, un ancien ministre, au cours de cette descente. Le 19 août, l’inspecteur général de la police zambienne, Graphel Musamba, a déclaré que les membres d’une « opération conjointe menée par les services de renseignement » avaient été confrontés à « des coups de feu et à la résistance d’individus non identifiés », ce qui avait « poussé les agents à riposter », et que Mutotwe Kafwaya avait été tué au cours de l’intervention. Le sort de Mutotwe Kafwaya n’a été révélé officiellement que le 19 août ; précédemment, son épouse avait déposé une requête juridique en habeas corpus, afin de contraindre les autorités à divulguer où il se trouvait, à le présenter devant un tribunal et à justifier les motifs de son éventuelle détention.
Les autorités zambiennes ont fait des déclarations contradictoires concernant le raid et qui en était responsable. Le 15 août, l’Autorité zambienne des technologies de l’information et de la communication (Zambia Information and Communications Technology Authority, ZICTA) a envoyé un SMS à tous les numéros de téléphone enregistrés en Zambie, avec ce message : « Méfiez-vous des fausses informations faisant état de tirs et d’enlèvements. Restez calmes et pacifiques. » Le ministère zambien de l’Information et des Médias a rejeté les informations circulant au sujet du raid et de la fusillade, les qualifiant de « désinformation visant à alarmer et à induire le public en erreur ».
Le 14 août, ce ministère a diffusé un communiqué publié par la police zambienne, réfutant « les allégations circulant sur les réseaux sociaux selon lesquelles M. Brian Mundubile aurait été arrêté [lors d’un raid] et détenu ». Toutefois, le 19 août, l’inspecteur général de la police, Graphel Musamba, a admis qu’une « opération conjointe menée par les forces de sécurité et les services de renseignement » avait eu lieu au domicile de Mundubile.
Brian Mundubile, qui a ensuite été arrêté et inculpé de trahison, a déclaré dans une requête adressée à la Haute Cour qu’il a vu un militaire zambien abattre Mutotwe Kafwaya.
Compte tenu des déclarations contradictoires des responsables gouvernementaux quant à l’identité des responsables de la perquisition au domicile de Brian Mundubile et aux circonstances entourant le meurtre de Mutotwe Kafwaya, les autorités zambiennes devraient ouvrir une enquête indépendante, impartiale et approfondie sur cette affaire, a déclaré Human Rights Watch.
Des détenus ont impliqué l’armée zambienne dans des détentions arbitraires et des disparitions forcées. Le 14 août, 43 membres de l’opposition ont été arrêtés alors qu’ils agissaient en tant qu’observateurs électoraux. L’un de leurs avocats a indiqué que durant huit jours, aucune information à leur sujet n’était disponible, et la police niait les détenir. Un avocat a enfin pu les voir après huit jours. Il a déclaré ceci à Human Rights Watch : « La plupart d’entre eux avaient des enflures sur leurs corps, et de terribles blessures, notamment des fractures. Ils ont affirmé avoir été brutalisés par les militaires ». Leurs avocats ont déposé une requête en habeas corpus et, le 10 septembre, un tribunal de Lusaka a ordonné leur libération immédiate.
En vertu de la législation zambienne et du droit international relatif aux droits humains, tous les détenus ont droit à une procédure régulière, notamment à être informés sans délai des charges retenues contre eux, à avoir accès à un avocat s’ils sont inculpés d’un crime, à l’examen par un juge des motifs de leur détention, ainsi qu’à la présomption d’innocence. Les détenus devraient également avoir accès à des soins médicaux adéquats, et pouvoir communiquer avec leurs familles.
Le 2 septembre, la Rapporteure spéciale des Nations Unies sur les droits à la liberté de réunion et d’association a appelé les autorités zambiennes à « libérer tous les détenus politiques, respecter les libertés fondamentales et rétablir la responsabilité démocratique ». Le ministère zambien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a répondu que cette déclaration était « inexacte, peu diplomatique et ne répondait pas aux normes d’objectivité, de modération et de discrétion attendues des titulaires d’un mandat des Nations Unies ».
Le ministère zambien a ajouté qu’appartenir à un parti d’opposition « ne place pas une personne hors de portée de la loi, ni ne transforme un suspect d’infraction pénale en détenu politique… Le gouvernement s’engage à veiller à ce que ces protections soient respectées dans tous les cas, et les tribunaux zambiens sont compétents pour en vérifier le respect ».
La Zambie siégera au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies durant la période 2027-2029. En tant que membre élu du Conseil, la Zambie est tenue de respecter « les normes les plus strictes en matière de promotion et de défense des droits [humains] ».
« Le gouvernement zambien devrait mettre fin à sa répression éhontée des droits humains », a conclu Ashwanee Budoo-Scholtz. « Les dirigeants d’Afrique australe et les partenaires économiques de la Zambie devraient inciter le président Hichilema à rétablir l’état de droit, et à protéger les espaces civiques et politiques de ce pays. »
Suite détaillée en anglais.
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01.11.2026 à 18:42
Human Rights Watch
(Sydney) – Les autorités pénitentiaires de l’État d’Australie-Méridionale, en Australie, font du tort aux détenus handicapés qui sont placés en isolement cellulaire, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui.
1 novembre 2026 “They Just Locked Me Away”Ce rapport de 50 pages, intitulé « “They Just Locked Me Away”: Solitary Confinement and Abuse of People with Disabilities in Prisons in the State of South Australia» (« “Ils m’ont simplement enfermé” : Isolement cellulaire et abus subis par des personnes handicapées dans des prisons de l’État d’Australie-Méridionale »), documente le recours à l’isolement cellulaire à l’encontre de personnes présentant des handicaps psychosociaux ou des troubles de santé mentale. Le rapport décrit les problèmes plus généraux auxquels sont confrontées les personnes handicapées dans les prisons d’Australie-Méridionale, notamment l’accès insuffisant à des soins de santé mentale personnalisés et l’absence de contrôle des conditions de détention.
En novembre, le Comité des Nations Unies contre la torture examinera le respect par l’Australie de ses obligations juridiques internationales en matière de prévention de la torture et des mauvais traitements ; le Comité a demandé au gouvernement fédéral de lui fournir des informations sur les mesures prises pour garantir que l’isolement cellulaire soit interdit aux personnes handicapées lorsque celui-ci risque d’aggraver leurs troubles de santé mentale.
« Les autorités pénitentiaires d’Australie-Méridionale devraient reconnaître les problèmes liés au placement en isolement cellulaire de détenus présentant des troubles mentaux, et mettre fin à cette pratique », a déclaré Daniela Gavshon, directrice de Human Rights Watch pour l’Australie. « L’isolement cellulaire a des conséquences préjudiciables de manière disproportionnée dans le cas de personnes présentant certains handicaps, et pourrait constituer un traitement cruel, inhumain ou dégradant, voire une forme de torture. »
En 2025 et 2026, Human Rights Watch a mené des entretiens avec plus de 40 personnes, dont 17 personnes handicapées qui avaient été incarcérées en Australie-Méridionale ; parmi ces 17 personnes, 14 étaient atteintes de handicaps psychosociaux. Parmi les autres personnes interrogées figuraient des proches et des amis des 17 personnes handicapées, des avocats, des membres d’organisations non gouvernementales, des défenseurs des droits, des professionnels de la santé, y compris des experts en santé mentale, ainsi que des universitaires.
Douze des 14 personnes présentant un handicap psychosocial ont déclaré que les autorités d’Australie-Méridionale les avaient placés en isolement cellulaire, parfois à plusieurs reprises, selon une « ordonnance de séparation » prévue dans la réglementation des prisons de cette région. Toutes ces personnes ont indiqué que cette expérience avait était pénible, et avait nui davantage encore à leur santé mentale.
La législation de l’Australie-Méridionale prévoit peu de restrictions quant aux circonstances dans lesquelles les autorités pénitentiaires peuvent imposer l’isolement cellulaire. Parmi les motifs justifiant que les autorités pénitentiaires placent des personnes en isolement cellulaire figure notamment le cas où celles-ci sont considérées comme présentant un risque réel ou perçu d’automutilation.
Human Rights Watch a constaté que la crainte d’être placée en isolement cellulaire dissuadait les personnes de révéler leurs troubles de santé mentale. Une femme présentant un handicap psychosocial a déclaré avoir tenté de cacher ses cicatrices d’automutilation afin d’empêcher les agents pénitentiaires de l’envoyer en isolement cellulaire. Des études internationales ont systématiquement démontré que l’isolement cellulaire peut accroître le risque d’automutilation et de pensées suicidaires.
Des détenus présentant un handicap physique ont également fait état d’un manque d’accessibilité dans les prisons d’Australie-Méridionale. Un homme en fauteuil roulant a déclaré avoir passé huit jours au centre de détention provisoire d’Adélaïde sans avoir accès à des sanitaires adéquats pour lui.
L’isolement cellulaire des personnes handicapées est un problème à l’échelle nationale en Australie. Human Rights Watch a précédemment documenté le recours à l’isolement cellulaire à l’encontre de détenus présentant des handicaps psychosociaux dans des prisons d’Australie-Occidentale et du Queensland, en 2018 et en 2020.
Le recours à l’isolement cellulaire pour les personnes handicapées bafoue les normes internationales en matière de droits humains. Les Règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus (« Règles Mandela ») précisent ceci : « Le recours à l’isolement cellulaire devrait être interdit pour les détenus souffrant d’une incapacité mentale ou physique lorsqu’il pourrait aggraver leur état. » Le Comité des droits de l’homme des Nations Unies, chargé de veiller au respect du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), a recommandé l’interdiction du placement en isolement cellulaire de détenus « présentant un handicap intellectuel ou psychosocial ».
En 2022, le Comité des Nations Unies contre la torture, dans son sixième examen périodique de l’Australie, a appelé le gouvernement à « faire en sorte que les personnes handicapées ne puissent pas être placées à l’isolement ». Cependant, le gouvernement australien n’a toujours pas pris de mesures dans ce sense. Aucune loi d’État ou de territoire n’interdit l’isolement cellulaire des personnes handicapées.
Human Rights Watch a également constaté un manque de données sur le nombre de personnes handicapées incarcérées en Australie-Méridionale et à l’échelle nationale, bien qu’il soit largement admis qu’elles soient surreprésentées dans les prisons australiennes. L’une des raisons est que le Bureau australien des statistiques n’autorise pas les personnes incarcérées à remplir elles-mêmes leurs formulaires de recensement. Toute collecte de données devrait respecter les principes des droits humains, notamment le droit à la vie privée et au consentement.
Le rapport final de la Commission royale d’enquête sur la violence, les abus, la négligence et l’exploitation des personnes handicapées, une enquête nationale qui s’est achevée en 2023, a constaté que ces lacunes dans les données « posent des défis aux gouvernements lorsqu’ils conçoivent et mettent en œuvre des mesures de soutien et des services destinés aux personnes présentant un handicap cognitif impliquées dans le système pénal ». Le gouvernement d’Australie-Méridionale devrait adopter des lois interdisant le recours à l’isolement cellulaire dans le cas de personnes handicapées, renforcer la surveillance indépendante des prisons et veiller à ce que les personnes incarcérées aient un accès adéquat aux prestations liées au handicap, notamment aux soins et au soutien en matière de santé mentale, a déclaré Human Rights Watch. Le gouvernement devrait également investir dans des alternatives à la détention de personnes handicapées.
« Les autorités pénitentiaires dans plusieurs régions de l’Australie bafouent les droits de certains détenus handicapés », a conclu Daniela Gavshon. « Le gouvernement fédéral et ceux des États devraient prendre des mesures urgentes pour garantir une surveillance indépendante adéquate des prisons et investir dans des alternatives à l’incarcération. »
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30.10.2026 à 16:29
Human Rights Watch
Cette semaine, un forum sportif chinois a exhumé une interview datant d’avril 2026 dans laquelle la star du football du Real Madrid, Kylian Mbappé, se compare, sur le ton de la plaisanterie, à un « dictateur chinois ». Si Mbappé, connu pour dicter le jeu sur le terrain, n’a cité aucun nom, le site a ajouté une illustration le représentant sous les traits de Mao Tsé-Toung, fondateur du Parti communiste chinois.
La réaction de Pékin ne s’est pas fait attendre. Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré que ces propos « avaient heurté les sentiments du peuple chinois. » La chaîne publique chinoise CCTV a suspendu la diffusion de tous les matchs du championnat d'Espagne de football, la Liga.
Le Parti communiste chinois, sous Xi Jinping, a peu de tolérance pour tout ce qui pourrait être interprété comme un affront à la Chine, même une remarque faite sur Mao sur le ton de la plaisanterie. Javier Tebas, président de la ligue espagnole de football, a présenté des excuses tout en vantant les liens de la Liga avec des « services gouvernementaux » chinois.
Mao a lancé, en Chine, le « Grand Bond en avant » et la Révolution culturelle, des désastres qui ont entraîné des pertes en vies humaines et des souffrances considérables. Dans son livre paru en 2008 « Tombstone: The Untold Story of Mao's Great Famine » (Stèles - La Grande Famine en Chine (1958-1961)), le journaliste Yang Jisheng estime qu’au moins 36 millions de personnes sont mortes de faim ou des suites d’abus liés à la famine qui a frappé le pays entre 1958 et 1961. Il y a eu des périodes où, en Chine, il était possible d’évoquer certains aspects de ces horreurs. Mais, à l’heure actuelle, sous l’emprise toujours plus étroite de Xi, de telles questions ne sont plus tolérées.
Si Mbappé, qui s’est empressé de présenter ses excuses, risque de perdre des sponsors chinois, ce sont les Chinois qui en paient le prix le plus lourd.
En 2021, le gouvernement chinois a adopté une loi punissant, par une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison, les personnes qui diffament les « héros et martyrs ». Par la suite, les autorités ont infligé une amende de 14,7 millions de yuans (environ 2,1 millions de US dollars) à l’entreprise d’un humoriste, après que celui-ci a fait une blague au sujet de l’Armée populaire de libération. Les autorités ont également condamné récemment l’artiste Gao Zhen à trois ans de prison en vertu de la même loi, pour ses sculptures provocatrices représentant Mao. Dans l’une d’elles, il a mis en scène Mao à genoux, présentant ses excuses à ses victimes.
La réaction de Pékin à la remarque désinvolte de Mbappé rappelle que, lorsqu’il s’agit de contrôler la pensée et la parole, le Parti communiste chinois aura toujours le dernier mot.
30.10.2026 à 15:16
Human Rights Watch
Le Trésor américain a annoncé cette semaine de nouvelles sanctions à l’encontre du ministère rwandais de la Défense et de la Zigama Credit and Savings Society, une institution financière rwandaise qui, selon le Trésor américain, aurait permis d’effectuer des paiements destinés à l’armée rwandaise et au M23, un groupe armé abusif. Ces sanctions gèlent tous les avoirs et intérêts des parties visées aux États-Unis et les empêchent de fait d’utiliser le dollar américain dans leurs transactions internationales.
Des milliers de soldats rwandais ont combattu aux côtés du M23 dans l’est de la République démocratique du Congo depuis la résurgence du groupe armé fin 2021. L’armée rwandaise a également fourni au M23 un soutien logistique et matériel important. En annonçant ces nouvelles sanctions, le Trésor américain a souligné que le M23 s’était rendu coupable de graves violations des droits humains. Ce groupe armé est responsable d’exécutions extrajudiciaires, de violences sexuelles, de recrutements forcés et de travail forcé, de détentions illégales, de transferts forcés de population, ainsi que de torture et d'autres violences physiques dans les zones sous son contrôle. Le Trésor a également indiqué qu'une succursale de Zigama avait permis le transport d'or provenant du territoire contrôlé par les rebelles dans l'est de la RD Congo vers Kigali, la capitale rwandaise, et avait facilité des transactions financières pour le M23 d'une valeur de plusieurs dizaines de millions de dollars.
Si les sanctions américaines précédentes, prononcées en mars, visaient les Forces de défense rwandaises (Rwanda Defence Force, RDF) et certains hauts responsables militaires, celles qui visent désormais le ministère ciblent l’institution chargée de superviser l’ensemble des opérations militaires menées en soutien au M23. Ces sanctions interviennent quelques semaines après que l’ancien président congolais Joseph Kabila a annoncé la création d’une coalition politico-militaire incluant le M23, baptisée Front pour la refondation de la nation (FRN). Washington avait déjà imposé des sanctions à Kabila en avril pour son soutien présumé à des groupes armés.
Les sanctions à elles seules ne suffiront toutefois pas à protéger les civils et devraient être accompagnées de mesures concrètes visant à mettre fin aux exactions. Les Nations Unies ont identifié le M23 comme le principal auteur des violations des droits humains documentées en 2025, l'armée congolaise arrivant en deuxième position.
Les États-Unis et d’autres gouvernements devraient également faire pression sur la RD Congo pour qu’il mène des enquêtes et poursuive en justice ses propres forces responsables d’exactions, veille à ce qu’elles respectent le droit humanitaire et cesse de soutenir les groupes armés abusifs. Avant tout, il faut intensifier les pressions pour que la protection des civils et la reddition des comptes soient au cœur des négociations pour la paix.
30.10.2026 à 05:00
Human Rights Watch
Six mois après leurs enlèvements, Mountaga Tall, qui avait ouvertement critiqué la junte au Mali, et son fils, Cheick Mamadou Tall, sont toujours portés disparus ; on ignore ce qu’ils sont devenus et les autorités maliennes gardent le silence. Chaque jour qui passe sans nouvelle fait craindre pour leur sécurité et aggrave l’angoisse de leur famille.
Des hommes armés non identifiés ont enlevé Mountaga Tall à Bamako, la capitale du Mali, le 2 mai. Son fils a disparu le 16 mai après avoir reçu un appel l’informant qu’il pouvait apporter des effets personnels à son père, qui était apparemment détenu dans un lieu tenu secret.
Radio France Internationale a rapporté en juillet que le Comité des Nations Unies sur les disparitions forcées avait exhorté les autorités maliennes à localiser et à protéger Mountaga Tall et son fils.
Des médias internationaux ont indiqué que les services de renseignement maliens pourraient détenir Mountaga Tall dans un lieu secret. Les autorités maliennes n’ont toutefois ni reconnu la détention de Mountaga Tall ou de son fils, ni fourni d’informations sur leur localisation, leur situation juridique ou leur état de santé, malgré les demandes de la famille Tall et d’une équipe d’avocats.
Mountaga Tall, qui a occupé un poste de ministre entre 2014 et 2017, s’était initialement rallié aux autorités militaires maliennes, mais est ensuite devenu un détracteur de la junte, s’opposant à la dissolution des partis politiques voulue par le gouvernement militaire.
Les disparitions de Mountaga Tall et de son fils s’inscrivent dans le cadre d’une répression plus large menée par la junte militaire malienne, au pouvoir depuis 2021, à l’encontre de l’opposition politique, des médias et des dissidents. Les autorités ont suspendu et interdit des médias, dissous des organisations de la société civile, abolit le multipartisme et soumis leurs détracteurs à des détentions arbitraires et à des disparitions forcées. Depuis l’enlèvement de Mountaga Tall, d’autres personnalités politiques et leurs proches auraient été enlevés par des hommes armés encagoulés, un mode opératoire associé aux services de renseignement maliens, et certains sont toujours portés disparus.
En vertu du droit international des droits humains, une disparition forcée a lieu lorsque les autorités de l’État ou leurs agents détiennent une personne puis refusent de reconnaître cette détention ou de révéler le sort ou le lieu où elle se trouve, la plaçant ainsi hors de protection de la loi. Les victimes de disparitions forcées sont exposées à un risque accru de torture et d’exécution.
Les disparitions forcées infligent une profonde souffrance aux familles, les laissant dans l'incertitude quant au sort de leurs proches et les privant de justice. Les autorités maliennes devraient immédiatement révéler où se trouvent Mountaga Tall et son fils, garantir leur sécurité et les libérer.