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Human Rights Watch News
 
Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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09.09.2026 à 00:00

Corée du Sud : Discrimination systémique fondée sur le genre et l’âge au travail

Human Rights Watch

Click to expand Image Une agente d'entretien poussait son chariot de ménage dans une station de métro à Séoul, en Corée du Sud, en 2022.  © 2022 Shutterstock

(Séoul, le 9 septembre 2026) – En Corée du Sud, les femmes sont confrontées à une discrimination sexiste systémique à chaque étape de leur vie professionnelle, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui. Ces répercussions négatives s’accumulent à mesure que les femmes vieillissent et sont aggravées par une discrimination systémique fondée sur l’âge, ce qui nuit à leur santé physique et mentale.

8 septembre 2026 Too Old and A Woman

Ce rapport de 92 pages, intitulé  « 'Too Old and a Woman': Systemic Age and Gender Discrimination Against Women at Work in South Korea » (« “Trop vieille et c’est une femme” : Discrimination systémique fondée sur l’âge et le genre à l’encontre des femmes au travail en Corée du Sud »), montre que les attitudes sociales vis-à-vis de l’éducation, les inégalités de traitement à l’embauche, les interruptions de carrière dues aux responsabilités familiales, les possibilités de promotion limitées, les plafonds de verre et le harcèlement sexuel créent un désavantage pour les femmes sud-coréennes tout au long de leur vie professionnelle. À mesure que les femmes vieillissent, leurs perspectives d’emploi se réduisent à une poignée d’emplois mal rémunérés et précaires, et l’écart salarial entre les sexes se creuse. Au moment où elles peuvent prétendre à une retraite, les femmes sont confrontées à un écart de retraite important entre les sexes.

« Les femmes sud-coréennes passent toute leur vie active dans un système qui leur est défavorable, et la situation devient plus difficile à mesure qu’elles vieillissent », a déclaré Bridget Sleap, chercheuse senior sur les droits des personnes âgées à Human Rights Watch. « Le gouvernement devrait prendre des mesures pour garantir l’égalité des femmes au travail et leur accès à des retraites adéquates. »

Entre février et novembre 2025, Human Rights Watch a mené des entretiens avec 41 femmes sud-coréennes, âgées de 28 à 87 ans, travaillant dans les secteurs public et privé. En outre, Human Rights Watch a consulté 59 expert.e.s, notamment des chercheur.euses, des universitaires et des syndicalistes, analysé des données gouvernementales et examiné la législation nationale ainsi que des rapports émanant d’institutions gouvernementales, de recherche et internationales.

Human Rights Watch a constaté que plus les femmes avancent en âge, moins elles ont d’opportunités professionnelles et plus leurs conditions de travail se détériorent. À 20 ans, Yang Myung-ju, aujourd’hui âgée de 55 ans, traitait les demandes d’indemnisation dans une compagnie d’assurance. Lorsqu’elle a repris le travail à 41 ans après avoir élevé ses fils, le seul emploi qu’elle a pu trouver était un poste à temps partiel dans un centre d’appels, avec un contrat temporaire sans indemnités de maladie. « Lorsque j’ai essayé de reprendre le travail dans une grande entreprise, les postes avaient déjà été attribués à des travailleurs plus jeunes et il n’y avait pas de place pour les femmes d’âge mûr », a-t-elle déclaré. « Seul le centre d’appels n’imposait aucune limite d’âge. »

Le gouvernement a entrepris des efforts pour aider les femmes à reprendre le travail, mais d’une manière qui contribue à la ségrégation professionnelle des femmes. Le ministère de l’Emploi et du Travail promeut, sur son site d’offres d’emploi Work24, des postes destinés aux femmes âgées de 30 à 50 ans ; mais les postes proposés renforcent les stéréotypes de genre, en se concentrant principalement sur le secteur de la beauté, les métiers de soins, l’éducation et l’accompagnement relationnel.

Le ministère du Travail propose aux personnes âgées un éventail encore plus restreint d’emplois précaires et faiblement rémunérés. Soixante pour cent des offres d’emploi sur Work24 destinées aux personnes âgées de 50 ans ou plus concernaient des emplois d’aide à domicile, et 90 % d’entre elles relevaient de seulement cinq catégories : soins de santé, aide et accompagnement ; services de nettoyage ; sécurité et gestion des bâtiments ; et restauration. La majorité des candidates aux postes peu rémunérés d’aide-soignante, d’agente d’entretien, d’aide de cuisine, de cuisinière et d’assistante sociale sont des femmes âgées.

Les emplois proposés aux femmes âgées peuvent nuire gravement à leur santé physique et mentale, a constaté Human Rights Watch. Les aides-soignantes âgées sont exposées à un risque disproportionné de harcèlement sexuel, de comportements sexuels inappropriés et d’abus. La charge de travail physique intense des cuisinières scolaires, des agents d’entretien, des aides-soignantes et de celles qui travaillent dans la rue a des conséquences néfastes.

À mesure qu’elles vieillissent, les femmes sont confrontées à l’âgisme — stéréotypes, préjugés et discrimination fondés sur l’âge — ainsi qu’au sexisme. « Personne n’apprécie les femmes âgées au travail », a déclaré C. Eun-jung, une employée des transports âgée de 55 ans. Elle a expliqué que ses jeunes collègues masculins appelaient les femmes plus âgées « kkul ajumma », c’est-à-dire « tante au miel ». « C’est très moqueur », a-t-elle ajouté, « et cela a une connotation négative, selon laquelle les femmes [âgées] s’approprient les avantages qui devraient revenir aux hommes, comme si elles suçaient du miel. »

La réglementation régissant la pension nationale de vieillesse aggrave encore le problème des faibles pensions des femmes, qui sont en moyenne inférieures de 47 % à celles des hommes. Les femmes sont plus susceptibles que les hommes de percevoir une pension réduite, car elles n’ont pas cotisé pendant les 20 ans ou plus nécessaires pour avoir droit à une pension complète. La conception du « crédit de maternité » désavantage également les femmes. Comme cette prestation est versée à l’âge d’admissibilité à la retraite et généralement attribuée au parent ayant les revenus les plus élevés, seules 3 % des bénéficiaires du crédit de maternité en 2025 étaient des femmes, bien que celles-ci constituent la grande majorité des personnes qui s’occupent principalement de leurs enfants.

Jung Kyong-sook, 55 ans, a repris le travail vers le milieu de la quarantaine et aura droit à la pension nationale de vieillesse à 65 ans, mais s’attend à percevoir une pension inférieure au seuil de pauvreté mensuel de 1,2 million de wons sud-coréens (791 dollars US). « Le montant de la pension est très faible », a-t-elle déclaré. « Je pense que je toucherai entre 500 000 et 600 000 wons [349 à 419 dollars] par mois. C’est pour cela que nous devons travailler jusqu’à 70 ans. »

En mai, Human Rights Watch a contacté les ministères de l’Emploi et du Travail, de l’Égalité des sexes et de la Famille, de la Santé et des Affaires sociales, ainsi que le Service national des retraites, afin d’obtenir leurs commentaires sur ses conclusions, mais n’a reçu aucune réponse.

Les conclusions de Human Rights Watch concordent avec les données gouvernementales qui font état d’inégalités persistantes liées au genre et à l’âge en matière d’emploi et de revenus de retraite.

En vertu du droit international relatif aux droits humains, la Corée du Sud est tenue de veiller à ce que chaque personne puisse jouir de ses droits à la non-discrimination, au travail et à la sécurité sociale, indépendamment de son âge et de son genre. Le gouvernement sud-coréen devrait restreindre l’utilisation de stéréotypes préjudiciables liés à l’âge et au genre, éliminer ce type de préjugés de ses programmes d’aide à l’emploi, adopter une loi anti-discrimination exhaustive et garantir un accès égal à des retraites d’un montant au moins équivalent au salaire minimum vital.

« La discrimination systémique au travail cause un préjudice considérable aux femmes sud-coréennes », a conclu Bridget Sleap. « Le gouvernement sud-coréen devrait démanteler les stéréotypes préjudiciables liés au genre et à l’âge afin que les femmes, qu’elles soient jeunes ou âgées, ne soient pas piégées dans un système caractérisé par des salaires en baisse constante, une ségrégation professionnelle croissante et des revenus insuffisants à un âge avancé, avec peu d’espoir d’amélioration. »

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08.09.2026 à 22:39

Le Royaume-Uni, la France et le Canada interdisent le commerce avec les colonies illégales israéliennes

Human Rights Watch

(Beyrouth) – Le 8 septembre, le Royaume-Uni, la France et le Canada ont annoncé leur décision d’interdire les échanges commerciaux avec les colonies illégales israéliennes, rejoignant ainsi la Norvège, l’Espagne, l’Irlande, les Pays-Bas et la Belgique, qui avaient déjà adopté de telles mesures. Six autres États européens ont confirmé leur intention de faire de même et/ou de soutenir une interdiction à l’échelle de l’Union européenne ; cette mesure serait nécessaire pour que l’UE respecte ses obligations en vertu du droit international, mais n’a pas encore été proposée par la Commission européenne.

Adam Coogle, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch, a fait à ce sujet la déclaration suivante :

« La décision du Royaume-Uni, de la France et du Canada d’interdire le commerce avec les colonies illégales israéliennes est une mesure bienvenue, attendue depuis longtemps, et conforme au droit international. Elle montre qu’un nombre croissant de gouvernements ayant précédemment condamné les colonies sont désormais prêts à prendre des mesures concrètes, alors même que les autorités israéliennes intensifient leurs politiques de nettoyage ethnique et d’apartheid, parmi d’autres graves abus, en Cisjordanie.

D’autres gouvernements et institutions, notamment l’Union européenne en tant que principal partenaire commercial d’Israël, devraient leur emboîter le pas. Ils devraient également suspendre les accords commerciaux préférentiels avec Israël, mettre fin aux transferts d’armes vers ce pays, protéger la Cour pénale internationale, et exiger la reddition de comptes pour les crimes atroces qu’Israël continue de commettre dans le Territoire palestinien occupé. » 

Informations complémentaires : 

Cisjordanie : Les violences des colons israéliens provoquent des déplacements d’habitants (20/08/26)L’UE devrait interdire le commerce avec les colonies israéliennes (30/06/26) Lettre à la Commission européenne au sujet des échanges commerciaux de l’UE avec les colonies israéliennes (22/06/26)UE : Suspendre l’accord commercial avec Israël (20/06/25)Des ONG et des syndicats appellent l’UE à interdire le commerce avec les colonies illégales israéliennes (04/02/25) L’UE devrait agir conformément aux décisions de la CIJ à l’égard d’Israël et de la Palestine (25/10/24)

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Articles

Mediapart

08.09.2026 à 15:00

Armes à sous-munitions : Le traité d’interdiction sous pression

Human Rights Watch

Click to expand Image Des spécialistes du déminage photographiés devant des sacs de sable roses recouvrant des sous-munitions non explosées, près d'une école dans la province de Xieng Khouang, au Laos, en 2008. La destruction contrôlée des sacs entraîne l’explosion des sous-munitions, éliminant le danger qu’elles représentent. © 2008 Mark Hiznay/Human Rights Watch Les armes à sous-munitions ont tué ou blessé au moins 1 063 personnes dans le monde en 2025. Ce chiffre figure parmi les totaux annuels les plus élevés enregistrés par la Coalition contre les armes à sous-munitions dans son rapport annuel, « Cluster Munition Monitor ». Les armes à sous-munitions dispersent généralement de multiples sous-munitions explosives sur une vaste zone. Beaucoup d’entre elles n’explosent pas lors de l’impact initial, constituant ainsi des munitions non explosées qui peuvent, à l’instar des mines terrestres, blesser et tuer sans distinction pendant des années, jusqu’à ce qu’elles soient retrouvées et détruites.Les 124 pays membres de la Convention sur les armes à sous-munitions, réunis lors de leur conférence d’examen du 14 au 18 septembre 2026, devraient condamner la production, la vente, le transfert et l’utilisation de ces armes par d’autres pays.

(Washington, le 8 septembre 2026) – L’augmentation du nombre de civils tués et blessés par des armes à sous-munitions devrait inciter les 124 pays signataires de la convention sur ces armes à agir de manière unifiée face à ce problème, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch à l’occasion de la publication du rapport « Cluster Munition Monitor 2026 ». Human Rights Watch est membre fondateur de la Coalition contre les armes à sous-munitions qui publie ce rapport, et a contribué à la rédaction du document. 

Ce rapport de 150 pages évalue le respect de la Convention sur les armes à sous-munitions de 2008 par tous les pays. Les armes à sous-munitions ont tué ou blessé au moins 1 063 personnes dans le monde en 2025. Ce chiffre figure parmi les totaux annuels les plus élevés enregistrés par la Coalition contre les armes à sous-munitions. Le nombre réel est probablement plus élevé, car de nombreuses victimes ne sont pas signalées. De nouvelles victimes ont été recensées dans neuf pays en 2025 : l’Afghanistan, le Cambodge, l’Irak, le Laos, le Liban, le Myanmar, la Russie, la Syrie et l’Ukraine. Les armes à sous-munitions ont continué de toucher de manière disproportionnée les civils, que ce soit par des attaques directes ou par les restes de munitions qu’elles laissent derrière elles. Les civils représentaient 87 % des victimes recensées en 2025, lorsque leur statut civil avait été enregistré.

« Il est d’une importance cruciale que les pays renouvellent leur engagement envers le traité international qui vise à débarrasser le monde du fléau des armes à sous-munitions », a déclaré Verity Coyle, directrice adjointe du programme Crises, conflits et armes à Human Rights Watch. « Le moyen le plus clair d’y parvenir est que tous les États parties à cette convention condamnent la poursuite de la production, du stockage et du transfert d’armes à sous-munitions. »

Ces derniers mois, les États-Unis et la Turquie ont révélé leur intention de transférer des armes à sous-munitions à l’Ukraine. La Russie et l’Ukraine ont toutes deux utilisé des armes à sous-munitions pendant la guerre en Ukraine. Le retrait de la Lituanie du traité, premier État membre à le faire, est devenu définitif le mars 2025. 

Les délégations nationales réunies lors de la troisième Conférence d’examen quinquennale de la Convention, qui se tiendra à Vientiane, au Laos, du 14 au 18 septembre 2026, devraient condamner la production, le transfert et l’utilisation d’armes à sous-munitions par d’autres pays et réaffirmer leur engagement à œuvrer en faveur d’un soutien universel au traité d’interdiction. Le Laos avait accueilli la première réunion des États parties au traité en 2011.  

Aucune utilisation confirmée d’armes à sous-munitions n’a été signalée par un État partie depuis l’adoption de la Convention en mai 2008. Des armes à sous-munitions ont été utilisées par des pays non parties à la Convention – l’Iran, le Myanmar, la Russie, la Thaïlande et l’Ukraine – au cours de la période couverte par le rapport (mi-2025 à mi-2026). L’Iran a utilisé à plusieurs reprises des armes à sous-munitions en Israël en 2026, tandis que la Thaïlande en a utilisé au Cambodge en 2025 dans le cadre de leur conflit frontalier. Des armes à sous-munitions ont aussi été utilisées dans le nord du Mali en mai 2026, mais il n’a pas été possible de confirmer qui avait utilisé ces armes.

Les armes à sous-munitions peuvent être tirées depuis le sol en recourant à l’artillerie, aux roquettes, aux missiles ou aux mortiers, ou larguées par avion. Elles s’ouvrent généralement en plein vol, dispersant plusieurs sous-munitions explosives (mini-bombes), sur une vaste zone. En raison de leur large rayon d’action, ces armes ne permettent pas de faire la distinction entre civils et combattants, en particulier lorsqu’elles sont utilisées dans des zones peuplées. En outre, de nombreuses sous-munitions n’explosent pas lors de l’impact initial ; ces sous-munitions non explosées peuvent donc ensuite blesser ou tuer des personnes de manière indiscriminée pendant des années, tout comme des mines terrestres, jusqu’à ce qu’elles soient détectées et détruites.

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La Convention sur les armes à sous-munitions interdit l’utilisation, la production, le transfert et le stockage de ces armes et impose le déminage des restes explosifs. La troisième conférence d’examen abordera la possibilité d’élargir le nombre d’États parties au traité, de combler les déficits de financement des programmes de déminage et d’apporter une aide aux communautés touchées. 

Cette Convention compte actuellement 112 États parties et 12 pays signataires. Le dernier pays à y avoir adhéré est le Vanuatu, en septembre 2025. Auparavant, le Soudan du Sud et le Nigeria avaient été les derniers pays à adhérer à la Convention, en 2023. 

Au cours de la période couverte par le présent rapport, des éléments ont permis de constater une production d’armes à sous-munitions en Chine, en Inde, en Israël, au Myanmar, en Corée du Nord, en Pologne, en Roumanie, en Russie et en Corée du Sud. Dix-huit pays non parties au traité produisent activement des armes à sous-munitions, conservent la capacité de le faire ou ne se sont pas officiellement engagés à ne jamais en produire.

Environ 116 millions de dollars US de financements internationaux et nationaux ont été alloués en 2025 pour faire face aux conséquences de la contamination par les armes à sous-munitions dans les États parties à la convention. Le gel de l’aide étrangère américaine en février 2025 a perturbé les opérations de déminage des restes d’armes à sous-munitions dans plusieurs régions, notamment en Asie du Sud-Est. Les suppressions de subventions qui ont suivi ont réduit les capacités de déminage en Afghanistan, en Irak et au Soudan du Sud. D’autres donateurs majeurs ont également commencé à réduire leurs dotations et à restreindre leur champ d’action géographique en réponse à l’évolution des priorités politiques.

« Face à l’utilisation persistante des armes à sous-munitions et à l’augmentation du nombre de victimes civiles, les États parties à la Convention devraient envoyer un message clair indiquant qu’ils resteront fermes dans leur engagement à mettre fin à toute utilisation de ces armes indiscriminées », a conclu Verity Coyle.

Le rapport « Cluster Munition Monitor 2026 » est le 17ème rapport annuel publié par la Coalition contre les armes à sous-munitions, coalition mondiale d’ONG cofondée par Human Rights Watch en 2003. Ce rapport sera présenté aux pays participant à la troisième Conférence d’examen de la Convention sur les armes à sous-munitions, qui se tiendra à Vientiane, au Laos, du 14 au 18 septembre. 

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04.09.2026 à 10:49

Un éminent journaliste nigérien vraisemblablement victime d’une disparition forcée

Human Rights Watch

Click to expand Image Le journaliste nigérien Moussa Kaka, ancien correspondant de Radio France Internationale, le 12 février 2007. © 2007 Seyllou/AFP via Getty Images

Trois jours se sont écoulés depuis que l’éminent journaliste nigérien Moussa Kaka a disparu, ce qui fait craindre qu’il ait été victime d’une disparition forcée. 
 

M. Kaka, directeur général de Radio Télévision Saraounia et ancien correspondant de Radio France Internationale, a quitté son bureau à Niamey, la capitale, vers 19 heures le 31 août pour rentrer chez lui. Depuis lors, sa famille et ses collègues n’ont obtenu aucune information sur le lieu où il se trouve. 
 

Kaka a déjà subi des pressions de la part des autorités. En octobre 2025, la police de Niamey l’a arrêté ainsi que cinq autres journalistes — Abdoul Aziz Idé, Ibro Chaibou, Souleymane Brah, Youssouf Seriba et Oumarou Kané — après qu’ils aient annoncé sur les réseaux sociaux une conférence de presse au sujet d’un fonds de solidarité créé par le gouvernement pour lever des fonds pour soutenir les opérations des forces de sécurité de l’État. Les autorités les ont inculpés de « complicité de diffusion de document de nature à troubler l'ordre public » en vertu de la loi sur la cybercriminalité. En novembre, un tribunal a libéré Kaka, Idé et Brah sous caution, tandis que Seriba et Kané ont été libérés le 15 juillet, et Chaibou le 28 août. 
 

La disparition de Kaka fait suite à une tentative de coup d’État contre la junte nigérienne le 29 août, au cours de laquelle des soldats mutins ont attaqué plusieurs sites stratégiques de la capitale. L’armée, soutenue par les forces de l’Africa Corps contrôlées par le gouvernement russe, a repris le contrôle le 30 août. Depuis, les autorités ont placé en détention des soldats soupçonnés d’avoir pris part au soulèvement ainsi qu’un ancien ministre. 
 

Un journaliste nigérien a déclaré qu’au Niger aujourd’hui, « on peut disparaître à cause de ses opinions ». Il a décrit la disparition de Kaka comme relevant du même mode opératoire que d’autres disparitions de personnes critiques à l’égard de la junte. 
 

En vertu du droit international des droits humains, il y a disparition forcée lorsqu’une personne est détenue par les forces de l’État et que les autorités refusent de reconnaître la privation de liberté ou dissimulent le lieu où elle se trouve. 
 

Depuis qu’elle a pris le pouvoir lors d’un coup d’État en 2023, la junte nigérienne a consolidé son régime autoritaire, démantelé les institutions démocratiques et intensifié la répression contre ses détracteurs. Les autorités militaires ont dissous des partis politiques, suspendu des dizaines d’organisations de la société civile, placé des journalistes en détention en vertu d’une loi très vague sur la cybercriminalité, retiré leur nationalité à des opposants politiques, annoncé le retrait du Niger de la Cour pénale internationale et prolongé la transition politique du pays sans élections. La junte continue également de détenir arbitrairement l’ancien président Mohamed Bazoum et un éminent défenseur des droits humains, Moussa Tchangari. 
 

Les autorités nigériennes devraient immédiatement révéler où se trouve Kaka, garantir sa sécurité et le libérer, à moins qu’il n’ait été inculpé d’une infraction pénale valable. 

03.09.2026 à 23:49

Tunisie : Les condamnations injustes pour complot confirmées en cassation

Human Rights Watch

14 novembre 2025 Tunisie : Les condamnations injustes dans l’affaire du « complot » devraient être annulées

Les autorités devraient mettre fin à ce simulacre de procès, et libérer les personnes arbitrairement détenues

(Beyrouth, 3 septembre 2026) – Le 3 septembre 2026, la Cour de cassation tunisienne a confirmé les condamnations et les lourdes peines prononcées à l’encontre de 34 personnes pour « complot contre la sûreté de l’État » en novembre 2025. Human Rights Watch avait alors dénoncé un simulacre de procès. La Cour de cassation, la plus haute juridiction tunisienne, constituait le dernier recours judiciaire pour faire annuler ces condamnations.

La citation suivante peut être attribuée à Bassam Khawaja, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch :

« L’arrêt de la Cour de cassation était le recours en dernier ressort pour les 34 personnes injustement condamnées, et qui se trouvent aujourd’hui derrière les barreaux ou en exil. Cette décision s’inscrit dans la lignée des attaques menées depuis des années contre le pouvoir judiciaire par le gouvernement répressif en Tunisie, afin de réduire au silence ses opposants et les voix critiques ».

02.09.2026 à 22:00

États-Unis : Un an depuis le début des exécutions extrajudiciaires maritimes

Human Rights Watch

Click to expand Image Deux images extraites d'une vidéo publiée sur le compte X de la Maison Blanche le 15 septembre 2025, montrant une frappe contre un bateau que le président Trump a décrit comme une embarcation utilisée par un cartel vénézuélien pour transporter de la drogue vers les États-Unis. Il s’agissait de la deuxième frappe contre un bateau dans la mer des Caraïbes, depuis le lancement de cette campagne militaire le 2 septembre 2025. © 2025 Maison-Blanche via Reuters

(Washington, 2 septembre 2026) – Cela fait aujourd’hui un an que les États-Unis ont lancé une campagne illégale de frappes militaires létales contre des bateaux dans la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique, tuant 227 personnes. Les responsables américains devraient d’urgence être tenus de rendre des comptes pour ces homicides, a déclaré Human Rights Watch. 

Sous la présidence de Donald Trump et sous la direction du secrétaire à la Défense Pete Hegseth, l’armée américaine a mené 69 frappes illégales depuis le 2 septembre 2025, dans le cadre d’une campagne militaire plus large qui, selon l’administration, vise à endiguer le trafic de drogue dans l’hémisphère occidental. Mais tuer des personnes en mer, en l’absence d’un procès et quelle que soit leur implication présumée dans des activités criminelles, constitue une violation du droit international. 

« L’administration Trump a exécuté sommairement plus de 200 personnes au cours des douze derniers mois, se vantant en ligne de ces homicides, sans être tenue responsable », a déclaré Ida Sawyer, directrice de la division Crises, conflits et armement à Human Rights Watch. « Les proches des victimes méritent un compte rendu complet de ces opérations, ainsi que la justice pour les profondes souffrances endurées. »

Deux récentes attaques ont tué deux personnes le 23 août, puis quatre autres personnes le 25 août. Ces homicides ont anéanti les brefs espoirs de voir cette campagne abusive prendre fin, après que l’administration Trump n’eut signalé aucune frappe durant le mois de juillet.

Le 4 août, le Commandement de l’armée américaine pour l’Amérique du Sud (US Southern Command, SOUTHCOM) a annoncé la création d’une nouvelle force opérationnelle interarmées chargée de coordonner l’action militaire avec 18 pays partenaires à travers les Amériques, laissant entrevoir son intention d’étendre ses opérations dans la région. Dans un communiqué de presse annonçant la frappe du 23 août, le commandant du SOUTHCOM, Francis Donovan, a déclaré : « Lorsque j’ai ordonné la création de la Force opérationnelle interarmées de l’hémisphère occidental, c’était précisément dans ce but : accélérer, synchroniser et mener des actions létales contre ces réseaux narco-terroristes déstabilisateurs. »

Avec le soutien de l’Union américaine pour les libertés civiles (American Civil Liberties Union, ACLU) et du Centre pour les droits constitutionnels (Center for Constitutional Rights), les proches de deux victimes qui auraient été tuées lors d’une frappe en octobre 2025 ont intenté un procès fédéral contre le gouvernement américain le 27 janvier 2026, afin d’obtenir réparation pour ces décès.

Selon la plainte, l’une des victimes présumées, Rishi Samaroo, un homme originaire de Trinité-et-Tobago âgé de 41 ans, travaillait au Venezuela lorsqu’il a décidé de rentrer dans son pays (non loin du Venezuela) pour aider à s’occuper de sa mère malade. Human Rights Watch a mené avec un entretien avec la sœur de Rishi Samaroo ; elle a déclaré qu’il l’avait appelée le 12 octobre 2025 pour l’informer que lui et un ami, Chad Joseph, âgé de 26 ans, allaient embarquer sur un bateau à destination de Las Cuevas, village situé sur l'île de Trinidad. 

Elle a ajouté que son frère lui avait dit qu’il la reverrait dans quelques jours. « Après cela, je n’ai plus jamais eu de ses nouvelles », a-t-elle déclaré. « Nous l’avons appelé, mais en vain, personne n’a répondu. » Elle a ensuite appris que l’armée américaine avait attaqué un navire vers le 14 octobre, et a conclu que Rishi Samaroo avait été tué lors de cette frappe. 

La plainte fédérale indique par ailleurs que Chad Joseph, qui pêchait et effectuait d’autres travaux temporaires au Venezuela depuis six mois, a appelé sa femme le 12 octobre 2025 ; il lui a dit qu’il serait de retour à Las Cuevas « dans quelques jours », après avoir trouvé un bateau pour ce voyage. Mais sa famille n’a plus jamais eu de ses nouvelles. « Avant, il m’envoyait des messages et m’appelait régulièrement, mais depuis ce jour-là [jour de l’attaque], plus rien. Je n’ai plus aucune nouvelle de lui », a déclaré sa mère à Human Rights Watch. « Je crois qu’il est mort là-bas. »

Pour tenter de justifier ses exécutions extrajudiciaires, le gouvernement américain a affirmé qu’il est engagé dans un conflit armé contre certaines organisations de trafic de drogue en Amérique latine ; cet argument serait apparemment exposé dans un mémorandum juridique secret rédigé par le Bureau du conseiller juridique du ministère de la Justice, que l’administration refuse de rendre public. 

Le gouvernement américain a affirmé qu’il ne s’attaquait qu’à des « [embarcations] soupçonnées d’être affiliées à des organisations terroristes désignées », mais précise que la liste de ces organisations est elle aussi « non divulgable au public ». Le Commandement du Sud a également déclaré qu’il n’était pas en mesure de « fournir des comptes rendus publics de toutes les frappes et interceptions [de bateaux] menées par l’armée américaine ». 

Quelle que soit la manière dont le gouvernement américain qualifie les victimes de ces frappes maritimes, en vertu du droit international, les États-Unis ne sont pas engagés dans un conflit armé avec un autre État, ni avec un acteur non étatique, dans les Caraïbes ou dans l’océan Pacifique. Par conséquent, la conduite militaire américaine dans ce contexte est régie par le droit international des droits humains, qui interdit le recours intentionnel à la force létale, sauf lorsque cela est strictement nécessaire pour protéger des vies. L’administration Trump n’a pas divulgué d’informations permettant de conclure que les victimes représentaient une menace imminente pour la vie d’autrui. 

Les États-Unis devraient mettre fin immédiatement à leur campagne illégale d’exécutions extrajudiciaires, et garantir aux proches des victimes l’accès à la justice et à des réparations, a déclaré Human Rights Watch. Le Congrès américain devrait envisager de créer une commission d’enquête spéciale sur ces frappes létales, afin de garantir un compte rendu public détaillé de ces homicides, y compris l’identification des personnes impliquées dans leur autorisation et leur exécution. Le ministère de la Justice devrait également enquêter sur ces homicides, et engager les poursuites judiciaires appropriées. Si les dirigeants actuels ne le font pas, cela devrait constituer une priorité pour les futures administrations.

Les autres gouvernements qui coopèrent avec les États-Unis pour soutenir les efforts de lutte contre le trafic de drogue dans la région devraient condamner ces homicides, cesser de partager des renseignements susceptibles de permettre aux États-Unis de mener ces frappes, et faire part de leurs préoccupations concernant les violations du droit international directement aux responsables américains. Ces gouvernements devraient également prendre des mesures pour déterminer si certaines de leurs activités de partage de renseignements avec les États-Unis risquent de les rendre complices de ces frappes.

« L’administration Trump jouit depuis un an d’une impunité totale pour cette campagne d’homicides illégaux, et a déclaré ouvertement qu’elle n’avait pas l’intention d’y mettre fin », a conclu Ida Sawyer. « Les autres pays devraient s’abstenir de toute coopération concernant ces frappes, et le Congrès américain devrait d’urgence intervenir pour mettre un frein aux actions létales de cette administration qui viole le droit international. »

………….

 

 

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