02.09.2026 à 22:00
Human Rights Watch
(Washington, 2 septembre 2026) – Cela fait aujourd’hui un an que les États-Unis ont lancé une campagne illégale de frappes militaires létales contre des bateaux dans la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique, tuant 227 personnes. Les responsables américains devraient d’urgence être tenus de rendre des comptes pour ces homicides, a déclaré Human Rights Watch.
Sous la présidence de Donald Trump et sous la direction du secrétaire à la Défense Pete Hegseth, l’armée américaine a mené 69 frappes illégales depuis le 2 septembre 2025, dans le cadre d’une campagne militaire plus large qui, selon l’administration, vise à endiguer le trafic de drogue dans l’hémisphère occidental. Mais tuer des personnes en mer, en l’absence d’un procès et quelle que soit leur implication présumée dans des activités criminelles, constitue une violation du droit international.
« L’administration Trump a exécuté sommairement plus de 200 personnes au cours des douze derniers mois, se vantant en ligne de ces homicides, sans être tenue responsable », a déclaré Ida Sawyer, directrice de la division Crises, conflits et armement à Human Rights Watch. « Les proches des victimes méritent un compte rendu complet de ces opérations, ainsi que la justice pour les profondes souffrances endurées. »
Deux récentes attaques ont tué deux personnes le 23 août, puis quatre autres personnes le 25 août. Ces homicides ont anéanti les brefs espoirs de voir cette campagne abusive prendre fin, après que l’administration Trump n’eut signalé aucune frappe durant le mois de juillet.
Le 4 août, le Commandement de l’armée américaine pour l’Amérique du Sud (US Southern Command, SOUTHCOM) a annoncé la création d’une nouvelle force opérationnelle interarmées chargée de coordonner l’action militaire avec 18 pays partenaires à travers les Amériques, laissant entrevoir son intention d’étendre ses opérations dans la région. Dans un communiqué de presse annonçant la frappe du 23 août, le commandant du SOUTHCOM, Francis Donovan, a déclaré : « Lorsque j’ai ordonné la création de la Force opérationnelle interarmées de l’hémisphère occidental, c’était précisément dans ce but : accélérer, synchroniser et mener des actions létales contre ces réseaux narco-terroristes déstabilisateurs. »
Avec le soutien de l’Union américaine pour les libertés civiles (American Civil Liberties Union, ACLU) et du Centre pour les droits constitutionnels (Center for Constitutional Rights), les proches de deux victimes qui auraient été tuées lors d’une frappe en octobre 2025 ont intenté un procès fédéral contre le gouvernement américain le 27 janvier 2026, afin d’obtenir réparation pour ces décès.
Selon la plainte, l’une des victimes présumées, Rishi Samaroo, un homme originaire de Trinité-et-Tobago âgé de 41 ans, travaillait au Venezuela lorsqu’il a décidé de rentrer dans son pays (non loin du Venezuela) pour aider à s’occuper de sa mère malade. Human Rights Watch a mené avec un entretien avec la sœur de Rishi Samaroo ; elle a déclaré qu’il l’avait appelée le 12 octobre 2025 pour l’informer que lui et un ami, Chad Joseph, âgé de 26 ans, allaient embarquer sur un bateau à destination de Las Cuevas, village situé sur l'île de Trinidad.
Elle a ajouté que son frère lui avait dit qu’il la reverrait dans quelques jours. « Après cela, je n’ai plus jamais eu de ses nouvelles », a-t-elle déclaré. « Nous l’avons appelé, mais en vain, personne n’a répondu. » Elle a ensuite appris que l’armée américaine avait attaqué un navire vers le 14 octobre, et a conclu que Rishi Samaroo avait été tué lors de cette frappe.
La plainte fédérale indique par ailleurs que Chad Joseph, qui pêchait et effectuait d’autres travaux temporaires au Venezuela depuis six mois, a appelé sa femme le 12 octobre 2025 ; il lui a dit qu’il serait de retour à Las Cuevas « dans quelques jours », après avoir trouvé un bateau pour ce voyage. Mais sa famille n’a plus jamais eu de ses nouvelles. « Avant, il m’envoyait des messages et m’appelait régulièrement, mais depuis ce jour-là [jour de l’attaque], plus rien. Je n’ai plus aucune nouvelle de lui », a déclaré sa mère à Human Rights Watch. « Je crois qu’il est mort là-bas. »
Pour tenter de justifier ses exécutions extrajudiciaires, le gouvernement américain a affirmé qu’il est engagé dans un conflit armé contre certaines organisations de trafic de drogue en Amérique latine ; cet argument serait apparemment exposé dans un mémorandum juridique secret rédigé par le Bureau du conseiller juridique du ministère de la Justice, que l’administration refuse de rendre public.
Le gouvernement américain a affirmé qu’il ne s’attaquait qu’à des « [embarcations] soupçonnées d’être affiliées à des organisations terroristes désignées », mais précise que la liste de ces organisations est elle aussi « non divulgable au public ». Le Commandement du Sud a également déclaré qu’il n’était pas en mesure de « fournir des comptes rendus publics de toutes les frappes et interceptions [de bateaux] menées par l’armée américaine ».
Quelle que soit la manière dont le gouvernement américain qualifie les victimes de ces frappes maritimes, en vertu du droit international, les États-Unis ne sont pas engagés dans un conflit armé avec un autre État, ni avec un acteur non étatique, dans les Caraïbes ou dans l’océan Pacifique. Par conséquent, la conduite militaire américaine dans ce contexte est régie par le droit international des droits humains, qui interdit le recours intentionnel à la force létale, sauf lorsque cela est strictement nécessaire pour protéger des vies. L’administration Trump n’a pas divulgué d’informations permettant de conclure que les victimes représentaient une menace imminente pour la vie d’autrui.
Les États-Unis devraient mettre fin immédiatement à leur campagne illégale d’exécutions extrajudiciaires, et garantir aux proches des victimes l’accès à la justice et à des réparations, a déclaré Human Rights Watch. Le Congrès américain devrait envisager de créer une commission d’enquête spéciale sur ces frappes létales, afin de garantir un compte rendu public détaillé de ces homicides, y compris l’identification des personnes impliquées dans leur autorisation et leur exécution. Le ministère de la Justice devrait également enquêter sur ces homicides, et engager les poursuites judiciaires appropriées. Si les dirigeants actuels ne le font pas, cela devrait constituer une priorité pour les futures administrations.
Les autres gouvernements qui coopèrent avec les États-Unis pour soutenir les efforts de lutte contre le trafic de drogue dans la région devraient condamner ces homicides, cesser de partager des renseignements susceptibles de permettre aux États-Unis de mener ces frappes, et faire part de leurs préoccupations concernant les violations du droit international directement aux responsables américains. Ces gouvernements devraient également prendre des mesures pour déterminer si certaines de leurs activités de partage de renseignements avec les États-Unis risquent de les rendre complices de ces frappes.
« L’administration Trump jouit depuis un an d’une impunité totale pour cette campagne d’homicides illégaux, et a déclaré ouvertement qu’elle n’avait pas l’intention d’y mettre fin », a conclu Ida Sawyer. « Les autres pays devraient s’abstenir de toute coopération concernant ces frappes, et le Congrès américain devrait d’urgence intervenir pour mettre un frein aux actions létales de cette administration qui viole le droit international. »
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02.09.2026 à 10:52
Human Rights Watch
Alors que les populations du Népal et du Tibet, de l’autre côté de la frontière chinoise, sont encore sous le choc d’horribles coulées de boue, le gouvernement chinois a recouru à la censure et au contrôle.
Sur Weibo, qui se plie aux exigences de censure de Pékin, la plateforme chinoise de réseaux sociaux a mis en avant un hashtag commémoratif (#向吉隆泥石流灾害遇难人员默哀) en tête des sujets tendance, aux côtés de huit autres sujets liés à la catastrophe. Le message en une montrait un présentateur de la CCTV lisant pour l'essentiel un communiqué du Politburo, au cours duquel le président Xi Jinping aurait suggéré aux plus hauts dirigeants chinois d'observer une minute de silence en hommage aux victimes.
La censure et l’autocensure sont omniprésentes dans toute la Chine, en particulier dans les régions tibétaines, comme Human Rights Watch l’a depuis longtemps documenté. Des personnes peuvent être emprisonnées pour atteinte à la sécurité nationale simplement pour avoir partagé des informations avec le monde extérieur. Les étrangers, y compris les journalistes et les enquêteurs indépendants, ne peuvent pas entrer sans autorisation.
Les voix des victimes sont largement absentes des sujets tendance, qui se concentrent sur le bilan des victimes, les opérations de sauvetage et les mécanismes de la catastrophe. Trois des huit sujets présentent la réponse de la police sous un jour positif, notamment : « Le sourire d’un policier au port de Gyirong a ému les internautes jusqu’aux larmes. »
Lorsque des survivants apparaissent, ils viennent étayer le récit officiel véhiculé par les médias. Un autre sujet tendance met en avant une vidéo montrant des policiers réconfortant une victime des inondations en deuil.
Human Rights Watch a reçu des informations selon lesquelles des journalistes en Chine se sont vu interdire l’accès à la zone sinistrée et l’autorisation d’interviewer les familles ; ils doivent se contenter des versions officielles. Les autorités ont également sanctionné au moins dix d’entre eux pour avoir « répandu des rumeurs » liées à la catastrophe.
Il convient de noter que les vidéos et images diffusées par les médias officiels s’appuient sur des contenus générés par l’IA censés montrer les origines probables de la coulée de boue. Parallèlement, selon des médias internationaux, les images originales complètes qui ont circulé dans le monde entier — montrant le port de Gyirong, du côté chinois de la frontière, submergé par les eaux tandis que les habitants courent pour sauver leur vie — font l’objet d’une censure.
Le contrôle de l’information peut compliquer la tâche des familles cherchant à localiser leurs proches et entraver la compréhension de la catastrophe ainsi que toute future intervention. Les autorités exercent également un contrôle strict sur les libertés d’association et de réunion.
Comme lors des catastrophes précédentes, le scénario est bien connu : restreindre l’information, contrôler le récit et louer la détermination des dirigeants ainsi que les opérations de sauvetage. L’IA peut embellir la mise en scène, mais le scénario reste inchangé.
02.09.2026 à 06:00
Human Rights Watch
(Beyrouth) – Depuis 2024, le gouvernement tunisien réprime systématiquement les organisations de la société civile et leurs membres, réduisant pratiquement à néant l’espace civique dynamique qui avait émergé après la révolution de 2011, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui. Les autorités devraient immédiatement mettre fin à la répression de la société civile, et laisser aux associations l’espace pour fonctionner pleinement et librement.
Ce rapport de 55 pages, intitulé « ‘Nous vivons en sursis’ : Répression de la société civile en Tunisie », rend compte de la répression croissante exercée par les autorités tunisiennes à l’encontre des organisations de la société civile locales et internationales, de leurs employé·e·s, leurs membres et leurs associé·e·s, à travers des poursuites judiciaires abusives, des arrestations arbitraires, des placements en détention, des enquêtes financières et pénales, des suspensions massives et des menaces de dissolution.
« Les organisations de la société civile en Tunisie jouent un rôle clé pour demander des comptes au pouvoir, fournir des services essentiels et plaider en faveur des droits », a déclaré Bassam Khawaja, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Il est clair que les autorités usent et abusent de chaque outil à leur disposition pour restreindre l’espace dans lequel opère la société civile et fermer ces organisations. »
2 septembre 2026 « Nous vivons en sursis »Depuis 2022, le président Kais Saied n’a cessé de diaboliser la société civile et les organisations non gouvernementales dans ses déclarations publiques, les dépeignant comme une menace pour la souveraineté nationale. Entre mai et décembre 2024, les autorités ont arrêté plusieurs personnes travaillant pour des associations apportant un soutien aux personnes réfugiées, demandeuses d’asile et migrantes, ou qui luttent contre le racisme et les discriminations. Elles ont par la suite lancé des poursuites judiciaires contre au moins 47 personnes liées à des organisations non gouvernementales et placé au moins dix personnes en détention préventive pendant plus de 14 mois, durée maximale autorisée par la législation tunisienne.
Les autorités ont invoqué des lois criminalisant l’assistance aux étrangers ayant une situation migratoire irrégulière, ainsi que la loi de 2015 sur la lutte contre le terrorisme et la répression du blanchiment d’argent, pour inculper abusivement des défenseur·e·s droits humains ou des employé·e·s d’organisations non gouvernementales.
Suite aux procès qui se sont déroulés en 2025 et 2026, au moins quatorze personnes liées à la société civile ont été reconnues coupables et condamnées à des peines de prison. Saadia Mosbah, éminente défenseuse des droits humains, a été condamnée le 19 mars 2026 à huit ans de prison et une lourde amende sur la base d’accusations abusives de crimes financiers. Cinq employé·e·s d’associations de défense des personnes demandeuses d’asile ont été reconnues coupables sur la base d’accusations abusives, découlant de leur travail et des mandats de leurs associations légalement enregistrées.
Les associations ciblées ont depuis cessé leurs activités.
Les autorités ont également ciblé en masse des associations au moyen d’enquêtes financières et pénales. Fin 2024, peu avant l’élection présidentielle, la Brigade des investigations et de la lutte contre l’évasion fiscale a averti au moins une dizaine d’associations – dont le bureau régional d’Amnesty International et l’organisation tunisienne anti-corruption I Watch – qu’elle avait ouvert une enquête à leur encontre. Ces enquêtes, qui représentent un lourd fardeau administratif et opérationnel, ont débouché sur le gel des comptes bancaires d’au moins deux associations.
Le recours généralisé et systématique à de telles enquêtes, visant un vaste pan de la société civile, fait grandement craindre que le gouvernement ne soit en train d’instrumentaliser ce type de procédures pour cibler et intimider les organisations de la société civile.
Entre juillet et octobre 2025 et entre avril et mai 2026, les autorités ont utilisé abusivement le décret-loi 2011-88 sur les associations pour suspendre en masse des associations. Human Rights Watch a identifié au moins une vingtaine d’associations de la société civile suspendues, bien qu’il soit impossible, sans données officielles, de déterminer leur nombre exact.
Ces suspensions semblent avoir contourné les garanties procédurales et sont entachées d’irrégularités. Certaines associations n’ont pas reçu les mises en demeure prévus par la loi qui leur auraient permis de répondre ou de remédier aux allégations d’infractions. D’autres ont tenté de répondre aux allégations d’infractions, mais n’ont jamais eu de retour de l’administration. Les suspensions constituent une mesure drastique qui ne devrait être prise qu’en dernier recours, accompagnée d’une justification claire et d’un examen indépendant, a rappelé Human Rights Watch.
Les associations suspendues encourent un sérieux risque de dissolution, une fois toutes les procédures d’appel épuisées. Les avocats qui ont apporté leur soutien aux organisations suspendues ont informé Human Rights Watch que les autorités avaient rejeté les appels d’une trentaine d’associations. L’association Al Khatt (éditrice du média indépendant Inkyfada) et l’association Mnemty font actuellement face à des procédures de dissolution.
Le pouvoir judiciaire, qui ordonne ces suspensions, est sous le contrôle de l’exécutif depuis 2022, date à laquelle le président Saied a pris une série de mesures pour anéantir l’indépendance judiciaire.
Parallèlement à cette vague de répression, les associations ont subi d’autres restrictions. Des banques privées ont imposé des restrictions injustifiées à nombre d’associations, par exemple en les empêchant d’accéder à leurs comptes en devises ou en dinars convertibles, en bloquant ou renvoyant des fonds de l’étranger virés sur des comptes tunisiens, ou encore en fermant leurs comptes bancaires. Certaines associations rapportent que les autorités leur ont refusé l’accréditation pour observer les élections, imposé des règles plus strictes pour leur accorder l’accès aux prisons et aux lieux de détention, ou encore interdit certains événements publics.
Enfin, les autorités tunisiennes ont à plusieurs reprises cherché à remplacer le cadre législatif actuel régissant les associations ou à le restreindre d’une manière qui porterait gravement atteinte au droit à la liberté d’association. Deux projets de loi, l’un ayant fuité début 2022 et l’autre présenté au Parlement en octobre 2023, entendaient donner au gouvernement d’importants pouvoirs de contrôle et de supervision sur la création, les activités, le fonctionnement et le financement des organisations indépendantes.
Les autorités tunisiennes devraient cesser de restreindre la liberté d’association et mettre fin aux enquêtes abusives, au harcèlement judiciaire et à la criminalisation du travail des associations de la société civile et de leurs membres, a déclaré Human Rights Watch. Elles devraient libérer toutes les personnes travaillant pour des organisations non gouvernementales, les activistes et les défenseur·e·s des droits humains qui sont arbitrairement détenu·e·s à cause de leur travail légitime, et annuler toutes les peines injustement prononcées. Le parlement devrait veiller à ce que les associations puissent opérer librement, notamment en rejetant les projets de loi qui violeraient le droit à la liberté d’association.
La communauté internationale, notamment l’Union européenne et ses États membres, devraient appeler les autorités tunisiennes, en aparté et en public, à libérer toutes les personnes arbitrairement détenues, notamment celles qui travaillent pour des organisations non gouvernementales, les défenseur·e·s des droits humains et les activistes, à annuler les peines prononcées en lien avec le travail légitime des associations, et à mettre fin à la répression de la société civile.
La Tunisie est un État partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques et à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, qui garantissent le droit à la liberté d’association, de réunion et d’expression, à ne pas subir d’arrestation ni de détention arbitraires, ainsi que le droit à un procès équitable.
« À travers le démantèlement de l’espace dévolu à la société civile, les autorités veulent s’assurer qu’il ne restera personne pour leur demander des comptes », a conclu Bassam Khawaja. « La communauté internationale doit prendre des mesures d’urgence pour contribuer à préserver ce qui reste de l’espace civique en Tunisie, garantir la protection des défenseur·e·s des droits et mettre fin à ce recul radical des droits humains. »
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Articles
Entrevue
01.09.2026 à 08:00
Human Rights Watch
(Genève, le 1er septembre 2026) – Les poursuites engagées par le gouvernement sri-lankais concernant les graves violations commises par le passé ont pris du retard, ce qui soulève des inquiétudes quant aux progrès futurs, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui. Les responsables des Nations Unies et les États membres de l’ONU siégeant au Conseil des droits de l’homme devraient appeler le gouvernement du président Anura Kumara Dissanayake à faire preuve d’une plus grande détermination pour traiter les affaires emblématiques en matière de droits humains, et à coopérer avec les efforts internationaux visant l’obligation de rendre des comptes.
1 septembre 2026 “Not Genuine with Justice”Ce rapport de 49 pages, intitulé « “Not Genuine with Justice” : Sri Lanka’s Lack of Will to Prosecute Past Abuses » (« Pas de véritable justice : Absence de volonté de poursuivre les auteurs d’abus passés au Sri Lanka »), dresse un bilan des efforts judiciaires nationaux dans sept affaires marquantes de violations graves, dans lesquelles le gouvernement Dissanayake a réalisé certains progrès depuis son arrivée au pouvoir en 2024. Human Rights Watch a toutefois constaté que de plusieurs affaires emblématiques, notamment le massacre de travailleurs humanitaires, les attaques ciblées contre des journalistes et les disparitions forcées d’universitaires et d’autres personnes, restent au point mort, tandis que les familles des victimes et les défenseurs des droits humains font l’objet de menaces et d’intimidations.
« Le gouvernement Dissanayake devrait rompre avec la pratique des gouvernements précédents consistant à retarder et à refuser la justice pour les violations graves », a déclaré Lucy McKernan, directrice du plaidoyer auprès du Conseil des droits de l'homme de l’ONU, à Human Rights Watch. « Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies devrait exhorter le gouvernement sri-lankais à prendre des mesures crédibles en vue de la reddition de comptes pour les crimes passés et à mettre fin aux représailles contre les victimes, leurs familles et les défenseurs des droits humains. »
Human Rights Watch a mené des entretiens avec 32 victimes d’exactions, des proches de personnes disparues, ainsi que des avocats et d’autres défenseurs des droits humains, et a examiné de manière approfondie des documents judiciaires et d’autres sources.
Des dizaines de milliers de personnes ont été torturées, ont fait l’objet de disparitions forcées, ont été enlevées et tuées par les forces de sécurité gouvernementales et des groupes armés non étatiques pendant l’insurrection marxiste qui a secoué le sud du Sri Lanka entre 1987 et 1989, ainsi que pendant la guerre civile opposant le gouvernement aux Tigres de libération de l’Eelam tamoul (Liberation Tigers of Tamil Eelam, LTTE), qui a pris fin en 2009.
Le Sri Lanka a un passé marqué par des tentatives infructueuses visant à rendre justice pour les exactions commises par le passé. Depuis les années 1990, les gouvernements successifs ont nommé plus de dix commissions chargées d’enquêter sur les violations des droits humains, mais aucune n’a abouti à des poursuites judiciaires ni révélé ce qu’il était advenu des milliers de personnes disparues. Divers gouvernements sri-lankais n’ont soit réalisé que des progrès minimes dans ces affaires, soit sont activement intervenues pour bloquer les rares enquêtes pénales en cours.
« Les fouilles [des fosses communes] ne suffiront pas à elles seules à rendre justice », a déclaré un proche d’une victime de disparition à Jaffna. « Les responsables de ces exactions seront-ils amenés à rendre des comptes ? » Les enquêteurs ont exhumé les restes humains de 582 personnes d’une fosse commune à Chemmani, près de Jaffna, mais aucun progrès apparent n’a été enregistré dans l’identification des victimes ou la détermination de ce qui leur est arrivé.
Le gouvernement Dissanayake a réalisé quelques progrès dans des enquêtes importantes qui avaient auparavant été bloquées. Il s’agit notamment de l’enquête sur le meurtre, en 2009, d’un rédacteur en chef de journal, Lasantha Wickrematunge ; de la disparition forcée, en 2010, d’un journaliste, Prageeth Ekneligoda ; et de la disparition forcée, perpétrée par des agents des services de renseignement de la marine, de 11 jeunes hommes qui avaient été retenus contre rançon en 2008 et 2009.
Une enquête sur un complot présumé impliquant des hauts responsables du gouvernement, à l’origine des attentats du dimanche de Pâques 2019 qui ont fait 269 morts, n’a pu être menée qu’après l’entrée en fonction du président Dissanayake. En février 2026, la police a arrêté Suresh Sallay, un ancien officier des services de renseignement militaire, pour collusion avec un groupe islamiste accusé d’avoir perpétré ces attentats. En juin, un tribunal sri-lankais a interdit à l’ancien président Gotabaya Rajapaksa et à deux autres officiers des services de renseignement militaire de se rendre à l’étranger dans le cadre des enquêtes en cours sur ces attentats.
Malgré ces progrès limités, le gouvernement Dissanayake n’a pas réagi avec l’urgence nécessaire pour mettre fin à l’impunité dont bénéficient les auteurs de graves violations, a constaté Human Rights Watch. Aucun progrès n’a été enregistré dans d’autres affaires importantes impliquant de hauts responsables, notamment le meurtre, en 2006, de cinq étudiants tamouls et le massacre de 17 membres, pour la plupart tamouls, de l’organisation humanitaire française Action contre la Faim. Vingt ans plus tard, personne n’a été arrêté, et encore moins poursuivi, pour ces meurtres.
Le gouvernement Dissanayake n’a pas accepté de coopérer avec le Sri Lanka Accountability Project (« Projet de responsabilisation du Sri Lanka »), mis en place par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies pour recueillir des preuves de violations graves des droits humains. Le gouvernement n’a pas non plus donné suite à son engagement à mettre en place une Direction des poursuites publiques (Directorate of Public Prosecution), chargée de poursuivre en toute indépendance les auteurs des violations commises par le passé.
Au lieu de cela, le gouvernement Dissanayake a soutenu les initiatives des gouvernements précédents, telles que le Bureau des personnes disparues et le Bureau des réparations, que de nombreuses familles de victimes ont rejetées car elles les considèrent comme des manœuvres visant à retarder la justice.
Depuis la fin de la guerre civile en 2009, l’ONU a joué un rôle important dans la promotion de la justice et de la responsabilité, tout en s’efforçant de mettre fin aux violations en cours. Le rapport de 2011 du Groupe d’experts du Secrétaire général de l’ONU et l’enquête menée en 2015 sur le Sri Lanka par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) ont mis en évidence de nombreux crimes de guerre et autres violations commis par les deux camps pendant la guerre civile. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a par ailleurs adopté une série de résolutions visant à garantir la responsabilité des auteurs de ces actes.
Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies et le HCDH devraient continuer à examiner les progrès réalisés par le gouvernement Dissanayake en matière de justice et faire pression pour que des mesures soient prises afin de mettre fin à des décennies d’impunité, a déclaré Human Rights Watch.
« Le gouvernement Dissanayake devrait redoubler d’efforts pour garantir une véritable responsabilisation concernant les meurtres et les disparitions survenus lors des conflits passés », a conclu Lucy McKernan. « Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et les États membres du Conseil des droits de l’homme devraient exhorter le gouvernement Dissanayake à concrétiser son engagement déclaré en faveur de la justice au Sri Lanka. »
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31.08.2026 à 22:44
Human Rights Watch
Ici au Festival international du film de Venise, sur fond de glamour cinématographique, Human Rights Watch présente un film pur et puissant : « Solwata ».
C’est un immense privilège d’être ici pour partager ce nouveau documentaire immersif – co-créé avec les communautés de Walande, Ngongosila et Kwai aux Îles Salomon, coproduit avec Human Rights Watch, Agog et NowHere Media, et narré par Mark Ruffalo – qui met en lumière, sur cette scène mondiale, la réalité des réinstallations liées a la crise climatique.
Lorsque des collègues m’ont parlé pour la première fois de la possibilité d’utiliser un média de « réalité virtuelle » à des fins de plaidoyer, j’avais des doutes. En tant que chercheuse, je m’appuie généralement sur des rapports dont les faits ont été minutieusement vérifiés et accompagnés de notes de bas de page détaillées pour transmettre mes conclusions. Mais en voyant à quel point des personnes visionnant ce film étaient profondément émues en retirant leurs casques, j’ai été convaincue de son efficacité.
Des années de recherche au Panama, au Sénégal et aux Philippines montrent comment la crise climatique a contraint les communautés côtières à faire des choix impossibles. La relocalisation planifiée est une mesure de dernier recours et un défi extrêmement complexe en matière de droits humains. Lorsqu’une communauté entière doit se déplacer, tout est en jeu, qu’il s’agisse de son patrimoine culturel ou de ses droits fonciers. Les mesures politiques prises dans ce contexte devraient surtout protéger le droit des communautés autochtones à l’autodétermination, afin qu’elles puissent prendre des décisions d’adaptation selon leurs propres conditions et leur propre calendrier.
Les recherches et rapports traditionnels sont des moyens essentiels pour communiquer ces complexités, mais les enjeux exigent que nous utilisions tous les outils à notre disposition, pour toucher des publics plus larges et plus diversifiés.
Le film VR « Solwata » offre une nouvelle façon de sensibiliser le public à l’aspect humain des déplacements liés au changement climatique. Il transporte les spectateurs à travers les océans et les fuseaux horaires pour se tenir aux côtés du peuple Solwata (« eau salée »). Il permet au public d’être témoin de la force et de la détermination des communautés Walande à rester unies malgré toutes les difficultés, même après que la montée des eaux les a contraintes à se réinstaller sur le continent. Et il invite réfléchir aussi sur le sort des communautés Ngongosila et Kwai des Îles Salomon, ainsi que sur d’autres communautés dans d’autre lieux où la montée du niveau de la mer soulève des questions profondes sur ce à quoi ressemble un avenir digne – et sur notre responsabilité commune de le soutenir.
SOLWATA Documentaire immersif sur la crise climatiqueLes décideurs politiques et les bailleurs de fonds devraient non seulement anticiper d’urgence les défis profondément humains liés aux relogements planifiés, mais aussi ressentir une véritable empathie pour ce que vivent ces populations. Après le festival de Venise, « Solwata » sera diffusé lors la conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP31) en Turquie, puis bien au-delà. Notre objectif est d’utiliser ce média puissant pour renforcer le soutien des bailleurs de fonds et inciter le public à plaider en faveur de politiques qui protègent les droits des communautés déplacées à travers le monde.
27.08.2026 à 18:48
Human Rights Watch
(New York, 27 août 2026) – La répression sévère menée depuis une décennie par le gouvernement chinois à l’encontre des Ouïghours et d’autres musulmans turcophones, qui constitue des crimes contre l’humanité, mérite une réponse plus ferme de la part de la communauté internationale, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch.
Dix ans après que le Parti communiste chinois a considérablement intensifié les violations commises à l’encontre des Ouïghours dans la région du Xinjiang, dans l’ouest du pays, la répression des droits reste sévère. Les éléments de preuve actuels montrent la persistance de détentions arbitraires massives, d’emprisonnements injustifiés, d’une surveillance de masse, d’un effacement culturel et religieux, de restrictions des déplacements et des moyens de communication, ainsi que de pressions exercées sur les Ouïghours à l’étranger. En même temmps, les autorités chinoises s’efforcent de promouvoir une image publique de normalité au Xinjiang. Le travail forcé imposé par l’État au Xinjiang affecte les chaînes d’approvisionnement mondiales pour divers produits ou secteurs tels que les automobiles, les panneaux solaires, l’habillement, les produits de la mer, les produits agricoles et les minerais stratégiques.
« Au lieu de mettre fin à ses crimes contre l’humanité au Xinjiang et de rendre justice aux centaines de milliers d’Ouïghours dont la vie a été détruite, le gouvernement chinois persiste dans ses atrocités et réduit au silence les voix critiques, même à l’étranger », a déclaré Yalkun Uluyol, chercheur sur la Chine à Human Rights Watch. « La réaction de la communauté internationale était forte au départ mais s’est depuis affaiblie, ce qui permet au gouvernement chinois de promouvoir sans vergogne un faux sentiment de normalité dans la région. »
En 2014, le président Xi Jinping a lancé au Xinjiang la campagne « Frapper fort contre le terrorisme violent ». La répression s’est fortement intensifiée avec la nomination, le 29 août 2016, de Chen Quanguo en tant que secrétaire du Parti communiste chinois au Xinjiang. Cette campagne a abouti à la détention arbitraire d’environ un million d’Ouïghours dans des camps d’« éducation politique ». Chen Quanguo avait auparavant occupé le poste de secrétaire du PCC dans la région autonome du Tibet.
Depuis lors, bien que certains de ces camps semblent avoir fermé, des centaines de milliers d’Ouïghours et d’autres musulmans turcophones restent emprisonnés, selon les chiffres officiels disponibles. Parmi eux figurent des personnalités publiques de premier plan telles qu’Ilham Tohti, Rahile Dawut, Gushan Abbas, Yalqun Rozi et Ekpar Asat. Le Xinjiang semble afficher le plus haut taux de détention carcérale au monde par rapport à la taille de sa population, selon une analyse publiée par le Financial Times en mai 2026.
Plus de 140 000 enfants du sud du Xinjiang ont été séparés de leurs parents entre 2017 et 2018, en grande partie en raison de détentions arbitraires, selon l’estimation publiée par Xinjiang Victims Database en juillet 2026. Certains enfants ont été placés dans des orphelinats gérés par l’État chinois. La situation actuelle de ces enfants reste incertaine.
De nombreux Ouïghours vivant à l’étranger ne parviennent pas à contacter leurs familles – y compris leurs enfants – en Chine. Les autorités maintiennent des restrictions et des contrôles sévères à l’encontre des Ouïghours qui cherchent à voyager à l’étranger, tout en autorisant certains Ouïghours de la diaspora à effectuer des visites limitées au Xinjiang. Certains de ceux qui sont revenus ont déclaré que les autorités les avaient contraints à fournir des informations sur des militants à l’étranger. Les autorités chinoises se livrent à une répression transnationale pour réduire au silence les Ouïghours vivant à l’étranger.
Pékin rejette tous les appels à mettre fin à sa répression sévère au Xinjiang, insistant, lors des visites officielles des hauts dirigeants dans la région, sur le fait que les mesures visant à « préserver la stabilité sociale » constituent une priorité.
Certains gouvernements étrangers ont pris des mesures importantes pour répondre à ces abus au cours de la dernière décennie. En 2021, le gouvernement des États-Unis a promulgué la Loi sur la prévention du travail forcé des Ouïghours (Uyghur Forced Labor Prevention Act, UFLPA), qui établit une présomption selon laquelle les marchandises fabriquées au Xinjiang sont liées au travail forcé et interdit leur importation aux États-Unis. L’Union européenne a aussi adopté un règlement interdisant l’importation des produits fabriqués par le recours au travail forcé.
En 2021, les États-Unis, l’UE, le Royaume-Uni et le Canada ont imposé des sanctions ciblées à l’encontre de responsables chinois impliqués dans des exactions au Xinjiang. Toutefois, d’autres pays, y compris des États à majorité musulmane tels que l’Indonésie, les Émirats arabes unis et le Pakistan, ont protégé Pékin contre des mesures de l’ONU. En outre, certains gouvernements, dont celui de la Thaïlande, ont expulsé des Ouïghours vers la Chine malgré les risques graves de torture et d’autres exactions auxquels ils sont exposés à leur retour. En 2023, en réponse à ces retours forcés, le Canada s’est engagé à accueillir 10 000 réfugiés ouïghours.
Le 31 août 2022, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a publié un rapport historique concluant, sur la base de recherches et d’analyses approfondies, que les graves violations commises au Xinjiang « pourraient constituer […] des crimes contre l’humanité ». Pékin a rejeté ce rapport de l’ONU.
En août 2024, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a affirmé que « de nombreuses lois et politiques problématiques restent en vigueur » au Xinjiang. En février 2026, il a exprimé ses « regrets » face à « l’absence de suivi […] des recommandations précédentes et en matière de reddition de comptes » de la part de la Chine. Puis en juin 2026, il a exprimé ses inquiétudes concernant la nouvelle loi chinoise sur la promotion de l’unité et du progrès ethniques, qui a officialisé les politiques existantes visant à supprimer les droits des minorités.
Le HCDH n’a toutefois pas fourni d’informations publiques substantielles sur ses activités de suivi au Xinjiang depuis 2022. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont appeléVolker Türk à adopter une ligne plus ferme vis-à-vis de Pékin, et à assurer un suivi énergique et public des recommandations formulées par son bureau, compte tenu de la gravité de ses propres conclusions et de la reconnaissance de l’absence de progrès.
Alors que Volker Türk entame son deuxième mandat en tant que Haut-Commissaire, sans progrès perceptibles quatre ans après la publication du rapport historique du HCDH sur le Xinjiang, il devrait tenir compte des appels des victimes ouïghoures et de leurs familles en faveur d’une approche plus ferme.
Les gouvernements étrangers devraient également redoubler d’efforts pour demander des comptes au gouvernement chinois quant à la répression qui se poursuit au Xinjiang. Les pays de tous les groupes régionaux et politiques devraient collaborer afin de publier une déclaration commune ferme lors de la prochaine session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, condamnant les crimes contre l’humanité commis par le gouvernement chinois. Ils devraient organiser un débat consacré à la situation au Xinjiang, afin de donner suite aux recommandations du rapport du HCDH de 2022.
Divers gouvernements, dont ceux du du Canada, de l’Australie, du Royaume-Uni et du Japon, devraient également adopter une législation interdisant les importations de biens liés au travail forcé, y compris des mesures visant spécifiquement les produits provenant du Xinjiang. L’Union européenne devrait veiller à ce que le Xinjiang figure sur la liste des zones à haut risque dans sa toute base de données sur le travail forcé. Les gouvernements étrangers devraient également adopter des mesures pour protéger leurs citoyens et leurs résidents contre les actes de répression transnationale commis par Pékin, a ajouté Human Rights Watch.
« Au cours de ces dix années de répression au Xinjiang, les gouvernements étrangers ont peu agi pour demander des comptes au gouvernement chinois quant à ses exactions », a conclu Yalkun Uluyol. « Ces gouvernements devraient utiliser tous les outils à leur disposition pour faire pression sur Pékin afin de faire cesser ces crimes, notamment en adoptant et en appliquant des interdictions d’importation de produits liés au travail forcé d’Ouïghours, et en imposant des sanctions ciblées à l’encontre des responsables des abus commis au Xinjiang. »
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