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02.08.2026 à 20:29

Sur le toit du monde il y a deux semaines, Infantino désormais fragilisé comme jamais

FRANCE24

Illustration de l'impression de puissance qu'il dégageait encore le 19 juillet à l'issue de la finale du Mondial, l'Italo-Suisse avait couru pour tenter d'obliger Donald Trump, qui s'attardait sur le podium, à ne pas voler la vedette aux Espagnols champions du monde. Imperméable aux critiques pendant ce tournoi hors norme, Infantino semblait intouchable, prêt à poursuivre son règne sans opposition après ce qu'il considère comme "la meilleure Coupe du monde de l'histoire". La plus rentable, aussi, avec près de 15 milliards de dollars de revenus générés, 6,6 millions de spectateurs dans les stades et des records d'audiences télévisées. Deux semaines ont passé, et l'ex-secrétaire général de l'UEFA, arrivé à la tête de la Fifa en 2016, est aujourd'hui dans les cordes, lâché par ses plus proches collaborateurs et contraint de renoncer à son projet d'ouvrir les Coupes du monde aux investisseurs privés, une ligne rouge pour une grande partie des acteurs du football mondial. Il n'a fallu que quelques jours depuis l'annonce mardi de ce projet qui a fait un tollé, pour que l'Italo-Suisse chute du piédestal qu'il avait mis 10 ans à gravir. Péché d'orgueil "Je ne pense pas que nous ayons jamais assisté à une chute aussi rapide d'un dirigeant sportif", a déclaré à l'AFP Michael Payne, ancien responsable du marketing au Comité international olympique. "Il y a une semaine encore, Infantino était au sommet de sa gloire. Aujourd’hui, on se demande même s'il verra la fin du mois. Comment en est-il arrivé là ? Quel orgueil démesuré !", poursuit-il. Avant cet épisode, Infantino avait toujours crânement fait front face aux critiques, qu'elles aient porté sur l'organisation des coupes du monde en Russie ou au Qatar, sur l'attribution du Mondial-2034 à l'Arabie saoudite, l'élargissement de 32 à 48 équipes, la création d'un nouveau Mondial des clubs, sur sa proximité avec Trump, sur l'affaire Balogun, l'instauration de "pauses fraîcheurs" transformées en espaces publicitaires... Même son projet de nouvel élargissement du Mondial à 64 équipes, loin de faire l'unanimité, semblait en bonne voie d'être adopté à une large majorité: Infantino comptait encore sur le soutien de plus de 200 pays membres (sur 211) à la fin du Mondial, selon le quotidien anglais The Guardian. Toujours selon la presse britannique, les Européens réunis au sein de l'UEFA et plusieurs membres de la Concacaf, qui regroupe les fédérations d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes, envisagent aujourd'hui de retirer leur soutien au dirigeant de 56 ans pour le pousser à une démission ou l'exposer à une motion de censure. "Leadership radioactif" Pour Terrence Burns, ancien responsable de la stratégie marketing dans deux dossiers de candidature à l'organisation de la Coupe du monde, la position d'Infantino est "précaire", mais pas irrémédiable, même si un adversaire venait à se présenter aux prochaines élections, prévues en 2027. L'UEFA, qui regroupe 55 fédérations, a eu recours selon lui à "l'option nucléaire" en brandissant la menace d'un boycott "unanime" de la Coupe du monde. Mais les confédérations, rappelle-t-il, "ne votent pas en bloc" et chaque membre conserve sa propre voix. Dans ce contexte, c'est l'Afrique et l'Océanie, moins critiques envers la gouvernance d'Infantino - et dont plusieurs fédérations voyaient d'un bon oeil ses promesses d'augmentation des ressources consacrées au développement du football -, qui pourraient bien "faire pencher la balance", estime Burns? "Il n'avait pas d'adversaire en 2019 et en 2023, car les candidats sérieux ne se présentent pas contre quelqu'un qui est imbattable. Je pense que ce calcul a changé cette semaine, avant la date limite de dépôt des candidatures fixée au 18 novembre", présente-t-il. Selon plusieurs médias spécialisés, le vice-président de la Fifa et président de la Concacaf Victor Montagliani pourrait se présenter au scrutin, en comptant sur le soutien des membres de l'UEFA. Dénonçant la gestion opaque d'Infantino, les deux puissantes confédérations ont toutes deux appelé à une réforme globale et à une "mise à plat complète" de la gouvernance de la Fifa. "Son leadership est devenu radioactif. S'il reste, cela entraînera une véritable guerre civile dans le monde du football, avec des scissions parmi les grandes nations et des boycotts. C'est fini pour lui", prédit Michael Payne.

02.08.2026 à 19:45

Rongées d'inquiétude, des familles marocaines sans nouvelles de leurs proches partis à Ceuta

FRANCE24

Abdellatif, ouvrier agricole de Moulay Bousselham, à près de 200 km de Fnideq, est très inquiet pour son petit frère de 17 ans, qui s'est jeté à l'eau jeudi avec deux amis pour tenter de rejoindre Ceuta à la nage. Plus de 60.000 personnes ont réussi à atteindre l'enclave ces derniers jours mais la quasi-totalité a été renvoyée vers Fnideq, où des autocars les prennent en charge pour les ramener chez eux. Les autorités espagnoles ont recensé au moins 72 morts, mais d'après l'Association marocaine des droits humains (AMDH), le bilan atteint "près de 130 victimes" avec "des dizaines de disparus". "Deux amis de mon frère m'ont appelé vendredi pour me dire qu'ils étaient partis la veille, mais il a eu un claquage musculaire quand ils nageaient et ils ont été séparés", raconte à l'AFP l'ouvrier de 27 ans, qui se demande si son cadet est "encore en vie" alors que ses compagnons sont de retour. -"Hantise" - "Ma hantise est de rentrer sans lui, je ne comprends pas pourquoi il a fait ça et je ne comprends pas le silence des autorités", ajoute Abdellatif, qui n'a pas donné son patronyme. Il est rongé par la colère contre un gouvernement qui devrait, selon lui, "sensibiliser les jeunes aux dangers de la migration irrégulière" face "aux ravages des réseaux sociaux". Car l'afflux de candidats à l'émigration est parti d'une rumeur que la frontière était ouverte, alimentée par des images de jeunes arrivant à Ceuta à la nage ou en marchant sur des rochers, et faisant le V de la victoire. Près de la clôture, les parents interrogent les personnes refoulées en leur montrant des photos sur leurs téléphones portables. Une mère se rassure, des gens disant avoir reconnu son fils, samedi à Ceuta. Mais Rachida Mamakh, 48 ans, les yeux rouges d'avoir trop pleuré, questionne en vain chaque passant pour avoir des nouvelles de Zouhair, son fils de 23 ans. Il l'a appelée jeudi en disant avoir garé sa moto à Fnideq et être arrivé à Ceuta mais "il ne répond plus depuis". "J'implore Dieu pour qu'il revienne sain et sauf", dit Mme Mamakh, venue dans la nuit de jeudi à vendredi de Fès, à plus de cinq heures de route plus au sud, en demandant aussi aux autorités et au roi Mohammed VI de faire "l'impossible pour ramener nos enfants". Bachelier sans emploi, Zouhair avait appris l'allemand dans une école privée et même si la situation de la famille est "correcte" grâce à un père chauffeur de taxi, "il rêvait d'aller en Allemagne pour avoir une vie meilleure", soupire-t-elle. "Pas pu le supporter" Fadoua Allam, qui habite à Fnideq, a eu la peur de sa vie quand en rentrant à l'aube vendredi de son travail de serveuse pour un traiteur de cérémonies, elle n'a pas trouvé ses deux enfants à la maison: sa fille de 13 ans et son cadet de 8 ans. "Je n'ai pas pu le supporter, je suis allée tout de suite me jeter à la mer pour les chercher" à Ceuta, dit cette veuve de 42 ans, qui a retrouvé sa fille dans un centre d'accueil, sans le petit garçon. Entretemps, il avait été renvoyé à Fnideq mais épuisée, "incapable de marcher", elle est "restée passer la nuit chez une amie" dans l'enclave. Au bord des larmes, Mohammed, un plombier de 27 ans, angoisse pour la sécurité de deux cousins de 18 et 22 ans. La dernière fois qu'il les a eus au téléphone, cet homme originaire d'Ifrane, à 460 km au sud de Fnideq, leur a dit de "se rendre aux autorités pour être rapatriés" mais "plus de nouvelles" depuis cet appel dans la nuit de jeudi à vendredi. Il a donc pris la route pour aller les chercher à la frontière. Comme le reste de sa famille, il ne s'explique pas leur geste alors que "leurs parents possèdent des terrains agricoles et vivent bien".

02.08.2026 à 19:12

Présidentielle au Brésil : Lula candidat pour un quatrième et dernier mandat à la tête du pays

FRANCE 24

Luiz Inacio Lula da Silva s'est porté candidat, dimanche, pour un quatrième et dernier mandat à la tête du Brésil lors d'une convention de son Parti des travailleurs à Sao Paulo. À 80 ans, le président brésilien s'est dit "en pleine forme".
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