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Révolution Permanente - 15.11.2018

VIDEO. Soutien à Anatole : « Les gendarmes se sont acharnés sur un militant opposé à la construction du Grand contournement ouest »

Près de Strasbourg, ce mercredi 14 novembre, des gendarmes se sont acharnés sur un militant contre le Grand contournement ouest (GCO), le projet autoroutier de Vinci. « Des opposants au GCO déclarent avoir du des gendarmes et des cadres » de la multinationale. Nous relayons ci-dessous la vidéo des violences policières.

« Attention images choquantes de la violence policière à l'encontre d'un militant anti-GCO pacifiste

Ce mercredi 14 novembre dans le secteur entre #Dingsheim et #Griesheim, près de #Strasbourg, des gendarmes se sont acharnés sur un militant contre le Grand contournement ouest (#GCO)

Le choc de ces images est d'autant plus violent quand on sait que la lutte contre le projet autoroutier de Vinci prône la non-violence et le pacifisme, et que d'après le tribunal administratif, il existe des "doutes sérieux" sur la légalité des travaux.

#ViolencesPolicieres »
Nous relayons ci-dessous le communiqué de soutien à Anatole :
« Pour s'être couché devant des machines sur un chantier du #GCO et s'être tenu aux jambes d'un autre militant, Anatole a été frappé et brutalisé par plusieurs gendarmes pour le maîtriser. Il comparait ce jeudi 15 novembre au Tribunal de Grande Instance de Strasbourg, à 14h.
Parmi les vingt militants présents, tous assis dans la boue, un seul a été ciblé, attrapé et emmené. Face à la répression policière sélective, une seule réponse est possible : la mobilisation générale en soutien !
Anatole n'a pas été seul sur le chantier,
il ne le sera pas non plus au tribunal !
Nous appelons à un rassemblement de soutien dès 13h au TGI, 1 Quai Finkmatt à Strasbourg, et devant tous les lieux de pouvoir en France.
Pour que cesse la violence et l'oppression militaire en France. »

Le texte de la vidéo :
« Les opposants au GCO déclarent avoir du des gendarmes et des cadres de Vinci échanger avant cette opération.
Cela interroge sur les liens que peuvent avoir certaines multinationales avec des institutions publiques telles que la gendarmerie.
D'autant plus que des jugements sont encore attendus en ce qu'il concerne le chantier du GCO.
La gendarmerie intervient donc violemment contre des militants pacifistes, pour permettre un chantier désastreux pour l'environnement, et qui présente des doutes sur sa légalité. »

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Révolution Permanente - 15.11.2018

La destruction du ferroviaire et le tout-routier : un marché juteux pour le patronat

Le 17 novembre est un appel au blocage, initialement lancé contre la hausse du prix du carburant et expression d'une colère légitime face au ras-le-bol fiscal. Si cette hausse pénalise tout le monde et notamment en milieu rural, il est maintenant évident que nous ne pouvons pas prolonger notre utilisation abusive des carburants fossiles sans mettre en péril l'ensemble de la société humaine mondiale, alors comment se positionner ?

Crédits photos : © Photo NR

Tout d'abord, les taxes sur les produits de consommation courante sont forcément pénalisantes pour les bas salaires. La TVA est l'impôt le plus injuste. Le seul impôt réellement juste, qui permet en plus de redistribuer relativement efficacement les richesses, est l'impôt sur le revenu. C'est le plus progressif possible et sur TOUS types de revenus. C'est d'ailleurs l'impôt contre lequel les gouvernements successifs ont le plus lutté, et pas seulement en France. Celui dont on essaie de nous faire croire qu'il faut absolument faire baisser pour garder les riches sur le territoire français…

De plus, seuls 20% des revenus liés aux taxes sur les carburants seront affectés à des mesures écologiques, et pas au chemin de fer, seule vraie alternative à la voiture, puisque ce gouvernement a signé son arrêt de mort. Pour faire baisser la consommation d'un produit polluant comme le carburant (sous toutes ses formes, même les « bio-carburants »), le moyen n'est bien sûr pas la fiscalité, qui au contraire fait perdurer la pollution par les classes aisées…

TOUS les gouvernements ont favorisé la route, et pour plusieurs raisons :
L'industrie automobile est un des principaux moteurs de la croissance du PIB
L'envie de posséder une voiture nous pousse à nous endetter, même ceux qui ne sont que locataires de leur logement, et nos crédits nous musellent
Les lobbys pétroliers, travaux publics et automobile agissent dans ce sens…

Certains historiens estiment d'ailleurs que c'est l'industrie automobile américaine qui a poussé les ouvriers à s'acheter des voitures à crédit. Notamment Ford au début du siècle, car à cette époque les ouvriers qualifiés gagnent bien leur vie et il fallait un moyen pour les fidéliser aux entreprises : un crédit auto bien-sûr. D'une pierre, deux coups…

Le capitalisme privilégie la route, qui est payée par nos impôts et qui permet des échanges de marchandises très juteux sur de longues distances.
Par exemple, en 2012, l'Etat permet la circulation des poids lourds de 44 tonnes avec des marchandises auparavant transportables seulement par le rail. A cette occasion, un rapport parlementaire de 2012 estimait que cette décision coûterait entre 14 et 20% d'augmentation de dépense pour l'entretien des routes. En réalité, en moins de dix ans, nous sommes passés de 15 à 25 milliards, puisque les véhicules légers n'abîment quasiment pas les routes. Sans être ingénieur des Ponts et Chaussées, on peut supposer que nous commençons également à voir les effets de cette décision sur les ouvrages d'art, tous fragilisés si l'on en croit les récentes évaluations. Mais personne dans la presse ne se pose la question de l'intensification du transport routier…

Pourtant ce n'est pas un frein, car le lobby des travaux publics se frotte les mains, ce sont nos impôts qui vont payer l'entretien de plus en plus coûteux et que les démagos vont demander à grands renforts de cris outragés « regardez l'état de nos routes, on ne peut plus circuler dans de bonnes conditions !!! » et nous entretiendrons, avec notre argent, les routes qui permettent au grand capital de continuer à s'enrichir toujours plus ! Ce qui est sûr, c'est que Macron fait le jeu lobby routier et de l'industrie automobile.

En effet, ce ne sont pas les gros transporteurs qui vont pâtir de la hausse du carburant, ce sont les petits et les particuliers. Macron a prévu une solution pour relancer l'industrie automobile : le renouvellement du parc de véhicules thermiques par des véhicules électriques ! Et subventionné avec nos impôts ! Voilà comment l'industrie automobile va faire des profits énormes !! Pas besoin de changer beaucoup de choses dans les chaînes de montage… On va continuer à produire toujours plus de voitures !

En 1935, aux Etats-Unis, la loi anti-trust a eu des conséquences inattendues. Les gros producteurs d'énergie électrique (comme notamment General Electric), sont dans l'obligation de vendre leurs compagnies de tramways, très implantées dans de nombreuses villes, qui sont rachetées par General Motors, Standard Oil et Firestone qui les mettent en faillite et les ferment…

Donc les constructeurs automobiles, pétroliers et fabricants de pneus coulent les compagnies de tramways pour mieux vendre leurs produits : les bagnoles et tout ce qui va avec ! Actuellement, en France, pas besoin que Renault s'associe avec Total et Michelin pour mener le même type d'opération, Macron le fait pour eux !

Sa réforme du ferroviaire signe la mort du chemin de fer. Sauf dans les grands axes qui restent rentables, et il faut bien que les riches (son électorat) partent en week-end dans le sud à grande vitesse, et nos impôts renflouent les caisses des constructeurs. Voilà comment la route et toutes les industries qui gravitent autour, aspirent notre argent. C'est juste un hold-up… Et Macron prouve encore avec son annonce récente du code de la route appris à l'école, qu'il est l'homme des lobbys et celui de l'automobile en premier lieu.

De nombreux travailleurs sont obligés de prendre la voiture pour aller travailler, et cela va se multiplier de plus en plus avec la casse du service public ferroviaire qui est en cours et la suppression de nombreuses petites lignes. Nous comprenons cela mais nous sommes également conscients que le véhicule individuel est la mort des écosystèmes…

En plus des gaz à effet de serre (environ 15% viennent des véhicules légers, mais 15% d'un chiffre global en augmentation constante), nous avons dépassé tous les seuils évalués par l'OMS comme supportables concernant les particules fines (aussi appelés les aérosols car leur faible poids leur permet de rester en suspension dans l'atmosphère) avec le diésel (voir en Inde actuellement). Par ailleurs, l'accès de tous à un véhicule rend difficile la gestion des déchets comme les huiles de vidanges qui polluent la nappe phréatique, et toutes les friches industrielles de stockage d'épaves ou des anciennes cuves enterrées de carburant dont personne ne connaît plus les emplacements…

Quand aux véhicules électriques, non seulement 80% de l'électricité mondiale vient des énergies fossiles (gaz, charbon pétrole) mais pour produire les 500kg de batterie nécessaire à une voiture électrique du même niveau qu'une voiture thermique, il faut des quantités énormes de « terres rares » dont la production est extrêmement polluante et ne permet pas d'envisager autant de véhicules que le parc actuel.

Donc, si nous luttons, c'est pour des services publics de proximité, des hôpitaux, des bureaux de poste à proximité pour créer des emplois durables, sur l'ensemble du territoire et éviter de nous déplacer sur de longues distances pour nos besoins.

Si la colère générée par les hausses du prix du carburant est légitime, il faut voir que la question des transports ne peut être posée que par la petite lorgnette du coût de l'essence. Face à la crise climatique qui menace la planète, les déplacements doivent être financés par de l'argent public avec les techniques les moins polluantes ! Luttons pour un service public ferroviaire de qualité pour tous et accessible à tous ! Pour des services publics qui prennent en charge le traitement des déchets liés aux transports !

Luttons pour des vrais services publics de qualité ! Si pour financer cela il faut taxer quelqu'un, taxons alors les grandes fortunes, à commencer par Total qui fait des milliards. La question du pouvoir d'achat et du coût de la vie est une vraie problématique qui touche la plupart des travailleurs et des milieux populaires. Pour y répondre, commençons par exiger une augmentation généralisée des salaires !

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Révolution Permanente - 15.11.2018

Palestine. Nouvelle offensive meurtrière d'Israël contre le peuple palestinien

Après une incursion israélienne qui a “mal tournée” une nouvelle offensive de l'Etat sioniste contre le peuple palestinien à Gaza a fait huit morts depuis hier.

Crédits photos : (Abed Rahim Khatib / Anadolu Agency / AFP)

Le site d'information numérique Walla proche des milieux de renseignement israéliens, a révélé, que durant la nuit du 11 novembre, un commando militaire israélien a essayé de s'infiltrer dans le territoire gazaouï à l'est de Khan Younés à partir des territoires occupés illégalement par Israël pour soit disant collecter des informations mais, selon les sources palestiniennes, il avait pour mission d'assassiner des leaders du Hamas.

En effet à sa grande surprise ils ont été pris à parti par un contre-commando de la résistance palestinienne qui l'attendait. À peine franchie, la frontière les forces d'élite israéliennes sont tombées dans une embuscade qui, d'après des sources israéliennes a couté la vie à un des commandos sionistes. La presse israélienne affirme qu'aucun de ses militaires n'a été capturé. Information évidemment à vérifier.

Il est évident que la résistance palestinienne se renforce et se dote de nouvelles capacités militaires mais aussi du point de vu de l'information. Cette riposte de la Résistance palestinienne a totalement désarmé les forces d'élite d'Israël lesquelles ont appelé au secours les avions et les drones pour rentrer chez elles. Les drones israéliens eux, s'en sont pris alors aux forces du Hamas, tuant l'un des commandants des Brigades Qassam. « Mais le mal est fait », soulignent les sources israéliennes.

Netanyahou, qui était à la commémoration du 11 novembre à Paris pour menacer l'Iran et le Hezbollah a du rentrer en catastrophe en Israël.

La question qui hante l'intelligence des milieux militaires et politiques est est-ce que le Hamas a-t-il infiltré les services secrets israéliens ? Sinon comment expliquer l'embuscade tendue aux forces d'élite de l'armée ?

En effet, les combattants de la Résistance palestinienne ont repoussé avec efficacité l'opération commando de l'armée israélienne qui a tourné au fiasco. Le retour de Netanyahu en Israël est très significatif sur l'échec que fut cette opération et la perspective que celle-ci vient d'ouvrir.

Israël qui a signé une trêve sous médiation égypto-qatarie avec la Résistance, mais il a bien abusé de ses missiles, pilonnant profusément l'est de Khan Younès, frappes qu'ont d'ailleurs provoqué la mort de plusieurs Palestiniens, se permet même d'envahir la bande de Gaza, une fois encore une preuve de leurs mépris pour les accords signés.

Selon un communiqué du Hamas qui dénonce une « attaque israélienne lâche », « un groupe de forces spéciales israéliennes ont envahi, dimanche après-midi, l'est de Khan Younès, mais, ils ont été stoppés à trois kilomètres de la ville par les forces du Hamas ». Cela veut dire que les forces palestiniennes disposaient d'informations très précises à propos du groupe de commando israélien qui avait pris soin de se cacher à bord d'un véhicule banalisé déguisés en civiles. Le fiasco est d'autant plus grand que les militaires israéliens ont été escortés sur le chemin du retour par les drones et les avions de combat israéliens.

Mais la réponse d'Israël ne s'est pas faite attendre, une escalade militaire contre Gaza avec le déploiement de chars à la frontière et le bombardement d'installations civiles sur le territoire palestinien.

Au total, 15 Palestiniens ont été tués depuis dimanche soir, vingt personnes ont été blessées par les bombardements contre des cibles de la bande, détruisant quatre infrastructures importantes, notamment l'hôtel Al Amal et le siège de la télévision Al Aqsa.

A une situation déjà insoutenable après des années de blocus, manque d'eau, d'électricité, gaz, denrées alimentaires. Depuis le 30 mars 2018 le peuple palestinien, dans la majorité des jeunes combatifs résistent à l'armée d'occupation sioniste à la frontière artificielle avec l'Israël. La « Grande marche de retour », organisée pour commémorer la Nackba (exode palestinien de 1948) a laissé plus de 160 palestiniens tués par les snipers de l'Etat hébreu, des milliers d'amputés des jambes, politique consciente d'Israël de mutiler un maximum des palestiniens.

La résistance palestinienne s'intensifie, mais le combat est inégal contre l'une des armées la plus puissante au monde, soutenue par les puissances impérialistes (Les Etats Unis, la France, l'Arabie Saoudite…). Les méthodes de « guérilla » et de négociation du Hamas et des directions bourgeoises laissent désarmer ce peuple qui lutte pour sa libération. Seulement l'entrée en scène de la classe ouvrière de toute la région, pourra mettre à bas l'Etat sioniste d'Israël, et ériger l'union des républiques socialistes de Moyen Orient.

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Révolution Permanente - 15.11.2018

« Dessiner tout ce qui me passe par la tête sans me censurer », une interview du dessinateur Allan Barte

Nous avons rencontré Allan Barte qui se définit comme dessinateur d'actualités. Ces dessins satiriques se jouent du théâtre de ceux d'en haut et font le tour des réseaux sociaux. Rencontre avec celui qui publie des dessins qui dédramatisent l'actu.

Propos recueillis par Maryline Dujardin

RP : Comment décrirais-tu ton travail ?

AB : Mon activité principale, c'est d'être auteur de bande dessinée : je fais les histoires et je dessine. Mais je consacre aussi beaucoup de temps au dessin d'actu que je diffuse sur les réseaux sociaux. J'ai choisi le principe de dessiner tout ce qui me passe par la tête sans me censurer. Après, les gens prennent ou ne prennent pas.

RP : quelles sont tes sources d'inspiration ?

AB : J'essaye de regarder ce qu'il se passe dans l'actu, ce que ça m'évoque, ce que ça éveille en moi : est-ce que ça me fait rire ? est-ce que ça me révolte ? Et je tente de transcrire tout cela en dessin en espérant que ça parle à des gens et qu'éventuellement ça puisse interpeller. J'essaye de me faire rire dans tous les cas. Pour certains sujets, la façon de les aborder va me venir à l'esprit toute de suite, pour d'autres je vais galérer.

RP : A quel moment as-tu commencé ?

AB : Je me suis lancé au moment de la loi El Khomri, il y a deux ans. J'avais besoin d'agir d'une manière ou d'une autre pour ne pas avoir l'impression d'être simplement spectateur. Quand j'ai vu que ça marchait, ça m'a fait plaisir et ça m'a donné envie de continuer.

RP : Du coup c'est toujours très politique tes dessins d'actu

AB : Oui, sur l'actualité il y a toujours à faire. Mon travail est largement facilité par l'omniprésence folle de la communication. Il y a là un côté ridicule qui me consterne et me désespère en tant que citoyen, mais qui m'amuse et m'enthousiasme en tant que dessinateur.

RP : Tu dessines beaucoup sur le gouvernement

AB : Le gouvernement est un chouette terrain de jeu. Il y a toujours un truc dans l'actu, mais on est aussi rapidement dépassé. La dernière fois, j'ai fait deux dessins sur Collomb au gouvernement et le temps que je les mette en ligne il avait déjà démissionné. Je ne sais pas ce qu'ils font au gouvernement. Ils sont perdus, ils sont en roues libres, ils ne maitrisent rien du tout. Idéologiquement, il n'y a pas de fondations, à part les vieux trucs du libéralisme. En fait, ils sont sur du sable mouvant. Ils n'ont pas non plus de base militantes. Au moindre problème, il n'y a plus personne. Colomb, au PS, c'était un éléphant has-been, et chez les macronistes, ça devient un cador. C'est ça le nouveau monde, du recyclage de vieilles choses.

Retrouvez le travail d'Allan Barte ici :

Pour soutenir et commander le recueil des dessin d'actu : ici

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Révolution Permanente - 15.11.2018

Psychiatrie : nouvel appel au secours des professionnels de santé

Ce 8 novembre, 21 organisations de professionnels de la santé et d'usagers ont formulé dans un courrier adressé à la Ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, dix demandes pour sortir de la situation gravissime dans laquelle la psychiatrie se trouve depuis maintenant plusieurs années.

Quelques mois après la victoire de l'hôpital du Rouvray, en Seine Maritime, après 30 jours de mobilisation et de grève de la faim, la situation continue d'être catastrophique pour les hôpitaux psychiatriques. A Amiens, l'Hôpital Pinel est désormais devenu le symbole d'une lutte des services de psychiatrie qui s'est étendu depuis la victoire des hospitaliers du Rouvray. Dans ce contexte, des organisations professionnelles de santé et d'usagers ont décidé d'adresser un courrier à la ministre dans lequel ils expriment 21 revendications.

Le courrier exige notamment « la préservation des moyens alloués à l'activité de la psychiatrie » et la « fin du gel [budgétaire] qui leur est imposé » dans le budget 2019 qui prévoit, pour le secteur de la santé, des économies de 3.8 milliards d'euros.

De plus, figure aussi la demande de garantie d'accès aux services de psychiatrie infanto-juvénile, celle d'assurer une meilleure formation aux infirmières en psychiatrie et de garantir des conditions de séjour hospitalier respectant les droits et la dignité des patients.

La psychiatrie en France est en crise. C'est le constat que dresse l'ensemble des soignants dont la détresse est palpable. Dans les hôpitaux psychiatriques de Bourges, Allonnes, Rennes, Amies ou Saint-Etienne, les personnels hospitaliers se sont mis en grève, certains ont entamé une grève de la faim de deux semaines (hôpital du Rouvray) pour attirer l'attention sur leurs conditions de travail toujours plus précaires. En cause, le manque de moyens alloués aux hôpitaux psychiatriques qui ne cessent de voir leur nombre de patients augmenter (+300 000 entre 2010 et 2016). Les délais de prise en charge sont sans fin, et un personnel désabusé par ses conditions d'exercice craint et dénonce d'être poussé à des maltraitances. Notamment, Le Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté a dénoncé en 2016 la « banalisation choquante » du recours à la contention et à l'isolement. En octobre dernier, des témoignages de personnels en grève de l'hôpital psychiatrique d'Amiens faisaient le même constat. Le personnel y tire la sonnette d'alarme sur ses conditions de travail : « Les patients de sont plus soignés, c'est pour ça qu'il y a un mouvement qui est là et qui dure aussi longtemps. On veut travailler sur un vrai projet de soin en psychiatrie et pas ce que veut en faire la ministre de la santé ». D'où la revendication d'“ Accompagner la mise en oeuvre des projets territoriaux de santé mentale obligatoires au 1er juillet 2020 par un soutien technique des ARS”

Les Centres Médicaux-Psychologiques pâtissent particulièrement du manque de moyens, où les délais d'attente peuvent parfois atteindre un an en pédopsychiatrie, portant atteinte aux missions de dépistage et de prévention. A cela s'ajoute le nombre de lits à temps complet réduit de 70% depuis trente ans.

Depuis plusieurs années, les restrictions budgétaires se font au nom d'un virage ambulatoire, qui tend à déplacer les soins vers l'extra-hospitalier, et favorisent l'hospitalisation à domicile. Censée améliorer le confort des patients et permettre de meilleurs soins, la stratégie ambulatoire n'a pour l'instant pas bénéficié d'une réelle mise en place. Le budget attribué aux hôpitaux a par ailleurs bien réduit, entrainant la fermeture de services.

Mme Buzyn a promis ce 25 septembre de prioriser la psychiatrie dans la plan Ma Santé. Reste à savoir si elle entend par là. Le plan semble vouloir poursuivre la logique du virage ambulatoire et prévoit à ce titre une augmentation du budget de 400 millions (à déduire des 3.8 milliards supprimés) alloué à cette réorganisation. Cette nouvelle plateforme de revendication qui demande notamment de « développer des indicateurs de qualité et sécurité des soins dédiés à la psychiatrie » d'ici la fin 2019 cherche à sortir d'un raisonnement purement comptable et d'un discours de rentabilité qui gangrène depuis plusieurs années la santé publique.

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Révolution Permanente - 15.11.2018

17 novembre : qui sont les « gilets jaunes » ?

La composition du mouvement du 17 novembre contre la hausse du carburant, très populaire, intrigue bien des analystes. Si la droite, l'extrême-droite et maintenant… sont clairement aux aguets pour récupérer le mouvement, les « gilets jaunes » se veulent apolitique et a-syndicale, rejetant toute récupération partisane. Ils veulent parler pour la « France d'en bas », périurbaine et rurale et naviguent entre aspirations à la justice fiscale et sociale et défense du petit-patronat.

Image : capture d'écran vidéo Youtube Vlog Vankangoo87 - le mouvement citoyen du 17 novembre 2018

« Auto-entrepreneurs, artisans, retraités, primo-manifestants, boucher, chauffeur routier, agent territorial… » : des réunions publiques dans toute la France

Dimanche 11 novembre, des réunions publiques d'organisation du 17 novembre se sont tenues un peu partout en France : à Orange, à Saint-Brieuc en Bretagne, à Bourges, dans les Côtes d'Armor ou encore Toulouse, la presse locale rapportent à chaque fois la présence de plusieurs centaines de personnes qui viennent discuter, se rassembler. « Le gasoil c'est la petite goutte qui a débordé. Tout augmente, le gasoil, les péages, les mutuelles. Et à côté de cela, pas d'amélioration dans les écoles et les hôpitaux. On se demande où va l'argent » explique un « gilet jaune » toulousain.

Irrémédiablement, la mobilisation a un large écho auprès de ces couches des classes populaires et moyennes paupérisées des zones périurbaines et rurales. Dans sa vidéo « coup de gueule » comme il en fleurit par dizaine sur Facebook et Youtube, un pisciculteur de la Haute-Vienne dénonce la hausse des carburants comme la « goutte de trop [qui] vient en bout de chaine d'une accumulation de taxes où ce sont toujours les ploucs et les prolos qui payent ». En vrac, il dénonce les « écolos de carnaval » qui prennent l'avion, étiquette qu'il colle à Romain Goupil et Daniel Cohn-Bendit, « héros de 1968 » pour qui « ça fait pitié de voir ce qu'ils sont devenus », mais aussi les primes aux véhicules électriques proposés par le gouvernement : « le premier véhicule coute 23 900 euros comme aiment le vendre les capitalistes ». Lui cherche un nouveau van, un moyen de transport qui lui offre, en milieu rural, les conditions de sa « liberté ». Le 17 novembre, « Kangoovan 87 » ne chantera pas la Marseillaise, comme certains invitent à le faire, mais plutôt « Capitaine Flamme » et invite à se faire remarquer, avec sifflet et trompette, pour « ce qui va être la plus grande mobilisation depuis 1968 ».

Les figures de lancement : l'auto-entrepreneuse, le routier et la bretonne

A l'origine, il y a la pétition de Priscillia Ludosky, francilienne de Seine-et-Marne, qui a raflé 700 000 signataires. Pour son activité, elle doit parcourir des kilomètres et sa facture en gasoil s'élève à près de 320 euros par mois raconte-t-elle dans une interview du Parisien. Elle fait partie de ces 1.1 millions d'auto-entrepreneurs qui cumulent les heures et gagnent, en moyenne, 410 euros par mois, et d'une de ses franges clefs de l'électorat d'Emmanuel Macron en 2017 : cette France des propriétaires de micro-entreprises, sensibles aux hausses des taxes, qui ont cru à son discours ultralibéral sur la « valeur travail ».

En septembre, sa pétition décolle. Sous l'effet d'une vidéo, lancée par Jacqueline Mouraud, hypno-thérapeute bretonne, elle aussi à son compte, qui est vue près de 6 millions de fois et qui sera interviewée dans plusieurs médias. Mais les modes de mobilisations sont donnés par Eric Drouet, chauffeur routier dans une société de transport et habitant lui aussi en Seine-et-Marne. Sa page facebook « Stop à la hausse du carburant » dans laquelle la date du 17 novembre émerge, rassemble rapidement 250 000 personnes. Salarié d'une entreprise de transport, Eric Drouet affirme avoir le soutien de son employeur, avec lequel il a pu arranger son planning pour participer au blocage du périphérique le 17 novembre, comme une manière de donner le mode d'emploi pour concilier avec son patron. L'initiative francilienne fait alors rapidement des petits en province.

Dans le Vaucluse, l'extrême droite, porte-parole autoproclamé à la tête des gilets jaunes

S'il est évident que cette colère légitime contre les hausses de taxe s'ancre, les dynamiques locales sont très hétérogènes et certains leaders auto-proclamés aiment à masquer leur provenance politique parfois douteuse. Parfois, ce sont même les mairies du Rassemblement National qui prêtent des salles pour accueillir les réunions. Dans le département du Vaucluse, la première Assemblée Générale du mouvement, qui a réuni 400 personnes, a eu lieu dans la Salle des fêtes du Pontet, mairie RN (ex-FN). Peu à peu, Christophe Chalençon, artisan-forgeron, est devenu le porte-parole local des gilets jaunes sur le département. Si le candidat se dit « apolitique », ses opinions partisanes sont pourtant bien affichées sur la toile. Ex-candidat pour la formation « Génération Citoyens », « Divers droite », aux élections législatives de 2017, dans le département, il dit coller au discours apolitique et a-syndical. Son passé politique, il se garde de le rappeler, lui qui, ayant recueilli 0.63% des votes au premier tour, avait appelé à soutenir le candidat d'En Marche au deuxième. Le comble du comble : son parti a même salué « l'élection d'Emmanuel Macron à laquelle [génération citoyens] a ardemment travaillé, l'élégante rigueur de son investiture, et ses premiers pas prometteurs sur la scène de l'Europe à Berlin. Une nouvelle ère politique commence ». Comme un retournement de veste ?

Ancien président d'une association de chasse, membre d'une association de défense des travailleurs indépendants, Christophe Chalençon dénonce tout autant l'augmentation des taxes qu'une « oligarchie de grands fonctionnaires » qui « demande de nous serrer la ceinture ». Mais il épargne « les riches, […] et les grands », conviés au même titre que les « petits, et les pauvres » à se joindre à la manifestation du 17. Les objectifs qu'il porte pour le 17 novembre vont bien plus loin qu'une simple baisse des taxes : « la dissolution de l'Assemblée Nationale et du Sénat afin de porter des candidats véritablement issus de nos départements », revendication démocratique, qu'il sépare d'une critique de la Vème république à laquelle il conviendrait de « donner un second souffle ». Un discours pour le moins gazeux qui colle parfaitement à la droite extrême comme en témoigne ses posts Facebook pour le moins équivoques….

« Où vont les sous » ?

Suite aux annonces et aux pressions gouvernementales, les primo-organisateurs, les plus médiatisés, restent fermes. « Les mesures d'accompagnement [à savoir, un chèque de 20 euros et une prime à l'achat d'un véhicule électrique de 1000 à 2000 euros proposés par le gouvernement] ne sont pas significatives, ni lisibles » a commenté Priscillia Ludosky. La pétitionnaire réclame à être reçue par le gouvernement pour présenter les solutions des gilets jaunes : elle propose l'instauration, très start-up nation compatible, « d'espaces de co-working en banlieue », pour limiter les trajets quotidiens vers les centres-villes et le développement du télétravail. Concernant l'écologie, à laquelle elle n'oppose aucune hostilité, elle réclame l'ouverture d'« un livre de compte pour voir où sont nos sous et pour savoir s'ils sont utilisés en faveur de la transition ».

Car sur la contestation de l'augmentation du prix du gasoil, se greffe aussi la colère d'une partie de la population qui a le sentiment que ce sont toujours les moins fortunés qui payent. Ainsi, Jacline Mouraud, sur le plateau de C'est à Vous, le 6 novembre rétorque aux chroniqueurs : « la seule chose qui pourrait aujourd'hui apaiser la colère immense qu'il y a dans ce pays, c'est qu'il [Macron] rétablisse l'ISF […] il faut prendre l'argent où il est et pas à ceux qui vivent avec 500 euros par mois ». Une allusion à la politique du « président des riches », au sentiment d'être floué au profit des possédants. Un espoir dans ce mouvement, très composite, aux revendications encore peu solides et facilement récupérables par l'extrême-droite ? Que les « prolos et des ploucs » tant méprisés, relèvent la tête et commencent à récupérer, sur les routes mais aussi dans leurs entreprises, ce qui leur est quotidiennement arraché à coup de taxe, d'inflation ou de stagnation des salaires par le gouvernement et les patrons.

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Révolution Permanente - 15.11.2018

Stains : les enseignants du 93 se rassemblent contre la nomination du gendarme-proviseur

Ce mercredi 14 novembre, plus de 200 personnes de nombreux établissements de Seine-Saint-Denis ont répondu à l'appel des personnels du lycée Utrillo à Stains pour dire tous ensemble que « l'école publique ne sera jamais l'antichambre du commissariat ».

Des établissements de Stains, Saint-Denis, d'Epinay-sur-Seine, d'Aulnay-sous-bois, du Blanc-Mesnil, d'Aubervilliers pour le 93, d'Argenteuil et de Gonesse pour le Val d'Oise (95) mais aussi des syndicats (Snes, CGT, Sud éducation, FCPE93) sont venus exprimer leur soutien et leur colère face à la nomination au lycée Utrillo de Stains d'un proviseur-adjoint à la sécurité chef d'escadron de la gendarmerie, détaché pour une période de trois ans.

« On demandait des moyens pour l'éducation, on nous envoie un flic »

Depuis la rentrée de novembre, une large majorité du personnel de ce lycée se mobilise contre sa présence. Par ailleurs, il serait chargé également de coordonner la « sécurité » dans tout le bassin ouest du département de Seine-Saint-Denis sans que la mission ne soit pour l'heure précisée. « On demandait des moyens pour l'éducation, on nous envoie un flic »

Au lycée Utrillo, les difficultés sont grandissantes. La nomination du gendarme a sans doute un lien avec les épisodes de violences devant l'établissement qui ont marqué l'année dernière : agression de lycéens, affrontements entre bandes rivales aux abords du lycée. Les enseignants décrivaient alors une « atmosphère de chaos », largement imputables aux suppressions de postes et d'encadrement qui a touché la vie scolaire.

Car le gouvernement puis le rectorat ne cessent de rogner sur les moyens. Suite à la réforme de l'éducation prioritaire sous Hollande, les lycées en sont exclus, comme si les difficultés sociales des élèves disparaissaient à l'entrée au lycée. Les moyens humains et matériels ont diminué partout dans les lycées. De plus, à la rentrée dernière, Utrillo comme d'autres établissements, a subi la suppression des 200000 contrats aidés. Résultat pour le lycée, trois postes en moins en vie scolaire. Parallèlement, le lycée craque par l'augmentation des effectifs car la pression démographique est importante dans le département.

Le personnel réclamait aussi l'an dernier une ouverture de poste d'un conseil principal d'éducation. Après 10 jours de grève, ils n'avaient alors obtenu qu'un poste d'Assistant d'éducation. Enfin, tous les postes d'enseignants ne sont pas pourvus depuis la rentrée et il manque du personnel médico-social (infirmière, assistante sociale, conseillère d'orientation-psychologue...).

Ce qui se passe au lycée Utrillo est le reflet d'une politique générale de casse de l'éducation nationale qui se voit imposer l'austérité depuis des années. Partout dans les lycées d'éducation prioritaire, les personnels ressentent fortement la baisse des moyens et les conditions de travail et d'études sont insoutenables dans certains établissements.

Comme le dit un enseignant lors du rassemblement, le « lycée Utrillo, c'est aussi le lycée pilote de la répression ». En effet, si un gendarme est nommé dans un établissement scolaire, c'est un précédent
dangereux alors que Castaner, premier flic de France, entend renforcer sa politique ultra-sécuritaire dans les établissements scolaires en déclarant vouloir « mettre un flic dans chaque salle de classe ».

Les élèves des quartiers populaires subissent déjà grandement le mépris de la police, les contrôles aux faciès et la répression systématique de la violence d'Etat. « Et on veut employer des flics au sein des écoles, à peu près un des seuls endroits où ils pouvaient échapper à leur présence » témoignait un enseignant prenant la parole lors du rassemblement.

C'est pourquoi en réponse à ces mesures réactionnaires et du tout sécuritaire, « on demande l'égalité des droits face à l'appropriation des savoirs. On est pour l'émancipation de tous les élèves. Et l'éducation prioritaire n'a jamais été à la hauteur de ces défis ». Pourquoi ? Parce que les élèves de Seine-Saint-Denis coûtent moins chers que d'autres élèves des quartiers favorisés.

Les mêmes qui entendent placer « un flic dans chaque classe », sont les mêmes qui mènent des politiques de régression sociale qui appauvrissent les plus pauvres, qui ne cessent des baisser les moyens dans les écoles des quartiers populaires. La véritable violence, elle vient de là.

Le projet du gouvernement est clair, faire taire les contestations dans ces quartiers qui accumulent les inégalités et les discriminations.

« Notre réponse, massifier la grève » !

Le placement d'un gendarme au lycée Utrillo est un coup d'essai du ministère qui ne doit pas passer. « Ce gendarme est aussi notre gendarme » signalait une enseignante de Saint-Denis alors que les prérogatives de ce « proviseur-adjoint » s'étendent bien au-delà du lycée.

Le 27 novembre, grève des lycées professionnels contre la réforme du lycée est une prochaine échéance à saisir dans l'éducation. De plus, le collectif Rosa Parksinvite les lycéens à déserter les lycéens vendredi 30 novembre puis à se joindre à la manifestation le 1er décembre.

Néanmoins, pour gagner, les collègues d'Utrillo auront besoin d'étendre la mobilisation. Pour cela, les syndicats devraient appeler les personnels du premier et du second degré à la grève pour stopper ce gouvernement réactionnaire. N'oublions pas qu'au delà des suppressions de postes dans l'éducation nationale, Blanquer va dévoiler ses mesures ultra-sécuritaires qui concernent toute la profession.

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Révolution Permanente - 15.11.2018

Lyon. Répression des antifas : perquisition et garde-à-vue, six militants interpellés

Mardi 13 novembre, à 6h du matin, six militant.e.s antifascistes ont vu leurs portes défoncées par des policiers cagoulés. Après plus de 24 de garde-à-vue, elles et ils sont accusé.e.s d'avoir, une nuit d'avril dernier, muré le local fasciste "Bastion Social" et sont poursuivis pour dégradation, outrage et même "association de malfaiteur". Nous relayons cet article de Rebellyon.

Source : Rebellyon

Mardi 13 novembre, à 6h du matin, six militant.e.s antifascistes ont vu leurs portes défoncées par des policiers cagoulés. Après plus de 24 de garde-à-vue, elles et ils sont accusé.e.s d'avoir, une nuit d'avril dernier, muré le local fasciste "Bastion Social" et sont poursuivis pour dégradation, outrage et même "association de malfaiteur".

# Mise à jour : mercredi à 17h44
Les camarades sortent au goutte à goutte avec un contrôle judiciaire.
Trois des interpellé.es d'hier matin viennent de sortir. Un rassemblement devant le tribunal est là en soutien.

# Mise à jour : mercredi à 13h27
Appel à rassemblement devant le TGI à partir de 14h
La GALE et d'autres appellent à se rassembler en soutien devant le TGI de Lyon (67 Rue Servient) dès 14h et toute l'après-midi jusqu'au passage devant le juge des camarades arrêté.e.s.

Nous vous invitons à nous rassembler devant le tribunal afin de montrer notre solidarité aux copains-ines arrêté-e-s.
Prouvons leurs que l'intimidation policière, politique et judiciaire ne nous fait pas peur.
Montrons leur que nous sommes solidaires de nos camarades coupables de rien si ce n'est de lutter contre l'extrême-droite, les milices fascistes lyonnaises et pour la solidarité entre tous et toutes.

On sait par ailleurs que les personnes arrêté.e.s ont toutes niés les faits, et qu'elles sont poursuivies pour "dégradations en réunion par personnes dissimulant tout ou partie de leur visage, outrage à personnes dépositaires de l'autorité publique et association de malfaiteurs"

# Mise à jour : aujourd'hui à 12h27
Accusé.e.s d'avoir muré le "Bastion social" les antifascistes seront présenté.e.s au TGI aujourd'hui
La Direction départementale de la Sécurité publique (DDSP) ayant largement communiqué en direction de la presse, on en sait plus sur les motifs de cette impressionnante opération policière. Les camarades antifascistes sont accusé.e.s d'avoir muré le local d'extrême droite "Bastion Social" (fermé depuis par la mairie) dans la nuit du 10 avril dernier. La police annonce, comme s'il s'agissait de pièces à charge, avoir trouvé de la propagande antifasciste chez les militant.e.s. Des vêtement, soit-disant portés lors de l'action, sont également évoqués par les flics parmi le matériel saisi.

Les militant.e.s seront présentés au juge au TGI de Lyon cette après-midi (67 Rue Servient, Lyon 3eme arr.).

Mercredi 14 novembre, le compte FB du Groupe Antifasciste Lyon et Environs publiait le message suivant :

[Répression du mouvement antifasciste]

Pour information nous sommes toujours sans nouvelles de nos 6 camarades qui se sont fait casser leurs portes par des policiers cagoulés hier matin à 6h et emmener en garde à vue.
Une opération de police simultanée sur plusieurs départements avec bélier, armes automatiques pour des motifs minables : dégradation, outrage et "association de malfaiteurs".
Des sacs entiers de matériel ont été emmenés.
Nos avocats nous confient être abasourdies devant l'absence totale de preuves qu'un quelconque délit ait été fait par nos camarades.
L'acharnement politique et policier se poursuit sur notre organisation à l'image de tout ceux et celles qui se mettent en travers de l'extrême-droite et qui manifestent leur solidarité avec les exilé-e-s.

Restez connecté-e-s.

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Révolution Permanente - 15.11.2018

Marseille : Le collectif en soutien aux victimes empêché de faire sa déclaration à la "marche de la colère"

Alors que la "marche de la colère" était fortement réprimée par les forces de police à Marseille ce mercredi, le "collectif du 5 novembre" n'a pas pu faire sa déclaration. Nous la relayons ci-dessous.

Source : Page du Collectif du 5 novembre : Noailles en colère

Lundi 5 novembre, des familles ont été touchées dans leur chair par un drame exceptionnel. Toute un quartier est meurtri, toute une ville est en deuil. Lundi 5 novembre, tout un pays s'est rendu compte de ce que nous connaissions déjà, de l'état de nos appartement, de l'état de notre quartier. Lundi 5 novembre a commencé à s'exprimer une profonde tristesse, un deuil que nous avons partagé de la façon la plus digne et solidaire qu'il soit samedi dernier. Lundi 5 novembre, s'est réveillée une colère profonde, ancrée en nous depuis des décennies de mépris et d'abandon.

Depuis plus d'une semaine, cette émotion, mêlant tristesse et colère s'exprime dans notre quartier. Les habitant·es et associations font preuve d'une solidarité extraordinaire, s'organisent pour revendiquer et tout simplement se parler, se retrouver.

Nous remercions encore une fois toutes celles et ceux, à Marseille et partout en France, nous soutiennent. Les associations, les avocats, les personnels de santé, les simples bénévoles et citoyens, cette solidarité est extraordinaire.

D'autres ont tenté ces derniers jours de décrédibiliser, déjà, notre mobilisation, notre colère. Ces gens sont indignes et abjectes. Nous avons exprimé aujourd'hui une colère revendicative, sérieuse, digne, prête à mener le combat pendant des semaines, des mois, des années. Certains, et ils se reconnaitront, avocats, politiques, ont tenté de jeter l'opprobre sur notre colère, de diffuser de fausses rumeurs, de tourner autour des habitants tel des charognards. Nous les laissons se reconnaitre et nous dénonçons clairement ces pratiques. Le collectif du 5 novembre est et restera indépendant, constitué des habitant·es et associations du quartier, de nos soutiens. Jamais, absolument jamais, personne ne nous récupèrera.

La municipalité et la préfecture nous ont reçus ce matin. Grâce à notre mobilisation nous sommes en train de pouvoir imposer que des mesures d'urgence soient prises immédiatement pour les familles de victimes, les sinistrés, les évacués. Nous serons extrêmement vigilants afin que les habitants soient les premiers impliqués dans leur mise en œuvre. La municipalité et la préfecture refusent pourtant de parler du cœur du problème. Comment admettre que depuis 15 ans, 48% des immeubles du quartier soient identifiés comme dégradés ou insalubres et que rien n'ait été fait. Comment admettre ce que plusieurs rapports ont dénoncé, c'est-à-dire que la mairie pêche par son incompétence ? Mais comment admettre également, car les responsabilité sont multiples, que la région ait coupé les financements destinées à la lutte contre le mal logement, que l'Etat, c'est-à-dire la préfecture et l'ARS, compétents en matière d'hygiène, n'aient pas réagi plus tôt. Comment une ville peut être laissée à l'abandon par ces institutions, malgré les dénonciations des associations, des journalistes, des experts et surtout des habitants. Mme Fructus a déclaré à plusieurs reprises ne pas souhaiter entendre ou se fier à la parole des habitants. Aujourd'hui, cette parole, colérique et revendicative, digne et déterminée, ne peut plus être ignorée. En mémoire des victimes que nous n'oublierons jamais, mais également parce que cette colère demande depuis trop longtemps à pouvoir s'exprimer, nous ne lâcherons pas, pour obtenir justice, vérité et dignité.

Des mesures d'urgence sont possible et une autre politique contre le mal logement sont possibles.

Suite à la réunion en Mairie de ce matin, nous exigeons aujourd'hui :

Une communication officielle, écrite et non plus orale, sur le deuil municipal et la prise en charge des frais d'obsèques des victimes
Nous demandons la diffusion officielle de toutes les expertises et documents permettant d'obtenir vérité et justice sur ce drame.
Une planification des expertises sur les immeubles de tout le pâté de maison concerné
La prise en compte et un accompagnement, voire des relogements, de l'ensemble du voisinage immédiat, sur les rues d'Aubagne, Estelle et Jean Roque, c'est-à-dire une prise en compte des habitants ayant dû quitter leurs appartements à cause du choc psychologique et des mouvements observés dans leurs immeuble.
Nous exigeons, pour les sinistrés, les évacués de tout marseille mais également tout les riverains en état de choc psychologique et habitant dans des immeubles dégradés, à ce que l'accès au logement social et au parc privé soit facilité, y compris financièrement

Nous n'en resterons pas là. Il ne s'agit plus aujourd'hui de panser la plaie et de continuer à laisser faire les marchands de sommeil et les spéculateurs. Il s'agit aujourd'hui de changer de politique, de faire en sorte que chacun et chacune, quel que soit son statut, sa nationalité, ait accès à un logement digne dans la zone qu'il souhaite.

Nous exigerons ces prochaines semaines :

Que soit empêchée toute spéculation au 63-65 rue d'Aubagne et sur le reste du quartier,
La réquisition des logements vides qui à Marseille sont au nombre de 67 000
Une intervention immédiate sur tous les immeubles déjà identifiés comme nécessitant une telle intervention, quitte à ce que la mairie oblige les bailleurs et use de son pouvoir de police municipale, enfin, et ce sans attendre l'audit de l'Etat qui pourrait sinon se révéler être une nouvelle opération d'enfumage déjà trop connue
Que les priorités politiques et financières en matière d'urbanisme et de logement changent immédiatement. Nous n'avons que faire d'un hôtel 4 étoiles dans notre quartier ou de commerces à touristes. Nous voulons pouvoir vivre dans notre quartier dans des logements décents.

Cette liste n'est en aucun cas exhaustive. Elle ne saurait non plus se limiter à Noailles. Toute la ville de Marseille est concernée. Cette chasse aux pauvres qui est menée doit cesser, le mépris doit cesser. Comment accepter que 10% des logements insalubres de France soient concentrés à Marseille. Non, ce n'est pas la faute, je cite, à « la taille de la ville » ou aux « fortes pluies ».

Nous appelons les habitants et associations du quartier à continuer à nous unir. Nous organiserons pour cela une assemblée ce samedi après midi afin de structurer le collectif du 5 novembre et lui permettre de mener ce combat tant qu'il le faudra.

Nous appelons également tout Marseille à s'unir et à s'organiser. Les associations marseillaises et collectifs d'habitants ont commencé à discuter d'une manifestation prochainement pour le droit à la ville dans tout Marseille. Nous relayons et nous associons à cet appel. Il est urgent que tous nos quartiers s'unissent et portent ensemble la même colère.

Nous vous remercions encore une fois pour votre dignité et votre solidarité, votre colère et notre intelligence collective. Simona, Niasse, Fabien, Julien, Taher, Sherif, Marie, Ouloume, nous allons continuer à nous battre, pour nos quartiers, pour vous, pour obtenir vérité et justice.

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Révolution Permanente - 15.11.2018

+27% pour Griveaux : quand « l'argent magique » va dans les cabinets ministériels

Alors que pour la majeure partie de la population le pouvoir d'achat est en train de se réduire, on voit une hausse des salaires entre 2017 et 2018 au sein des cabinets ministériels. Dans le contexte grandissant de colère contre ce gouvernement, cette nouvelle preuve d'hypocrisie renforce encore un peu plus la désillusion autour du projet macronien.

Le discours sur l'austérité, sur le fait de devoir se serrer la ceinture, bat son plein depuis le quinquennat de François Hollande. Mais les ministres et les cabinets ne se privent pas pour s'accorder des augmentations de salaire. Comme en témoigne René Dosière, un ancien député, ayant décrypté les documents budgétaires du gouvernement, tous les cabinets ministériels auraient globalement augmenté leur rémunération.

Les cabinets ministériels sont constitués de plusieurs personnes dont la tâche est d'assister les ministres. Dans l'ensemble, la hausse moyenne de ces salaires est d'environ 1,4% par rapport à l'année 2017, ce qui est bien inférieure à la hausse moyenne de 20% entre 2016 et 2017. Pour autant, cette moyenne n'est pas des plus explicites puisque certains ministères ont connu des augmentations autrement plus élevés.

Ainsi dans le cabinet ministériel du ministère du travail, une hausse de près de 7% des salaires auraient été effectué. De même pour les conseillers des affaires étrangères (+17% d'augmentation), pour le ministère d'outre-mer (%+10%), celui de l'agriculture (+10%). La palme d'or de la hausse la plus importante est décernée au.. .porte-parolat du gouvernement avec plus de 27% de hausse !

Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargée de l'égalité Femme-Hommme, a démenti ce rapport qui affirme que la hausse de salaire du ministère de cette dernière était de 26% environ. Dans son démenti, elle invoque le fait que la hausse n'est pas dépassé les 15% pour certains de ses conseillés. Ce qui constitue malgré tout une forte hausse des rémunérations, bien supérieur à l'augmentation moyenne des salaires qui progressent moins vite que l'inflation (autour de 2.5%), notamment pour le Smic, augmenté de seulement 1.24% au 1er janvier 2018 !

Alors que le pouvoir d'achat de la majorité de la population est en déclin, alors que les salaires des ouvriers sont toujours poussés à la baisse, alors même que les salaires des fonctionnaires sont gelés, les hauts-fonctionnaires du gouvernement se permettent une forte hausse de leur revenu. Ce qui fait qu'actuellement la moyenne des salaires de l'ensemble de ces collaborateurs ministériels est de 9318€ !

Déjà en mal de légitimité, le président Macron et son gouvernement s'enfonce encore un peu plus dans la crise politique. Acte ultime de l'hypocrisie de ce gouvernement que d'augmenter leur salaire alors que le monde ouvrier est de plus en plus précarisé au travers des réformes de ce même gouvernement. Alors que, pour justifier, les baisses drastiques des dépenses de l'Etat, dans l'Education, dans la santé, pour les caisses de retraites et d'assurance chômage, Emmanuel Macron prétendait « qu'il n'y a pas d'argent magique ». L'austérité n'est donc pas pour tout le monde. Loin de là.

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Révolution Permanente - 15.11.2018

Effondrement à Marseille : lacrymos et matraques contre la « marche de la colère »

Ce mercredi, plus de 10 000 de personnes se sont retrouvées pour une 2ème marche, entre la rue d'Aubagne et l'hôtel de ville, en solidarité avec les victimes des immeubles effondré. Aux mains, des portraits de victimes et des appels à la démission du maire LR Jean-Claude Gaudin. Ultime insulte aux victimes, les CRS ont matraqué et gazé les manifestants devant la mairie.

Crédits photos répression : Nantes Révolté

Depuis le 5 novembre, date à laquelle se sont effondrés deux immeubles dans le quartier de Noailles qui ont fait 8 victimes, l'émotion toujours palpable et la colère est grandissante à Marseille. « Gaudin démission », « Gaudin assassin », « Gaudin aux goudes, va te jeter ! » ont scandé des milliers de manifestants en colère ce 14 novembre à Marseille. « Elus, responsables, que la justice passe » ou encore « Sang sur les mains, menottes aux poignets » ont lancé les manifestants. Après la « marche blanche » qui a réuni près de dix milles personnes, samedi dernier, la « marche de la colère » ce mercredi montre que la mobilisation contre la désastreuse politique urbaine de la mairie Les Républicains se construit. Au moment de la marche, une cage d'escalier s'est encore effondrée dans le quartier du drame, la moitié de la rue a été évacuée. Pas de blessés. L'effondrement des deux immeubles a tellement fragilisé le quartier.

A l'appel du « Collectif du 5 novembre », la manifestation est partie de la rue d'Aubagne, où l'effondrement des deux immeubles a fait 8 morts il y a dix jours, jusqu'à l'hôtel de ville, en passant par la Canebière et le Vieux Port. « La foule était très dense » indique un correspondant présent dans la manifestation. A la demande des organisateurs, les organisations politiques ont dû se faire discrètes, même si l'on a pu apercevoir la présence de la CGT, de la JC, ou encore du NPA.

Sous une pression qui s'accentue depuis la « marche blanche » du week-end dernier, le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin concentre toutes les critiques. Lui qui invoquait « la pluie », comme cause du drame, a finalement reconnu ce dimanche, pour la première fois, n'avoir « pas assez fait » pour lutter contre l'habitat insalubre. Un comble. Pourtant, ce dernier n'a pas hésité à envoyer les forces de police, présentes en nombre, pour réprimer les manifestants à l'approche de la mairie. Dès 19h, la tension est montée d'un cran tandis que les manifestants comptaient, comme samedi dernier, accéder à 50 mètre de l'hôtel de ville.

Pour réponse, des grenades lacrymogènes ont été lancées à l'intérieur du cortège. Les manifestants ont été gazés par les forces de police, dès l'arrivée à la mairie, comme pour « protéger » le maire. Plus tard dans la soirée, la dispersion de la manifestation a été très violente. Après une sommation à 20h30, les forces de polices ont chargé, matraqué les manifestants, encore sur place, jusqu'à la Canebière. « Les drapeaux en berne furent un coup de com' » ironise-t-on dans le cortège. Gaudin, sa mairie, et derrière l'Etat et sa police réaffirment avec force comment ils entendent traiter les victimes, leurs familles, ainsi que l'ensemble des soutiens solidaires face au drame. Notre seule réponse doit être d'amplifier la mobilisation !

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RFI - A La Une-RFI - 15.11.2018

France: «marche de la colère» à Marseille

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Une manifestation de la colère a eu lieu mercredi soir dans le centre-ville de Marseille, dans le sud de la France. La tension ne redescend pas après l'écroulement d'immeubles du quartier de Noailles, dans le coeur de la ville, qui a fait huit morts. La colère des manifestants est dirigée vers le maire Jean-Claude Gaudin, dont ils demandent la démission. Lien