Pour comprendre l'émergence récente de partis-mouvements dans l'espace politique européen, à l'instar de la France insoumise, du M5S ou encore de Podemos, le politiste Arthur Borriello invite à envisager ces organisations comme une réponse stratégique à deux évolutions de fond : la « démassification » et la désintermédiation de la vie politique. Dans Populisme : le mal nommé (Éditions de l’Université de Bruxelles, 2025), ce dernier retrace ainsi l’origine historique de ces mouvements « gazeux », en analyse les fondements théoriques et organisationnels, avant d’en dresser un bilan qu’il juge « mitigé ». Reprenant une citation de l’historienne Annie Kriegel, pour qui il « est de saine méthode de ne juger une quelconque aventure humaine en termes de réussite ou d’échec qu’en fonction des valeurs auxquelles cette aventure a accepté de s’étalonner », l’auteur rappelle que la forme parti-mouvement, et plus largement la stratégie du populisme de gauche, a certes permis l’institutionnalisation de nouveaux partis politiques, mais qu’elle n’a pas conduit à la conquête de l’État ni au renversement de l’hégémonie néolibérale annoncés. Extrait.
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Pour comprendre l'émergence récente de partis-mouvements dans l'espace politique européen, à l'instar de la France insoumise, du M5S ou encore de Podemos, le politiste Arthur Borriello invite à envisager ces organisations comme une réponse stratégique à deux évolutions de fond : la « démassification » et la désintermédiation de la vie politique. Dans Populisme : le mal nommé (Éditions de l’Université de Bruxelles, 2025), ce dernier retrace ainsi l’origine historique de ces mouvements « gazeux », en analyse les fondements théoriques et organisationnels, avant d’en dresser un bilan qu’il juge « mitigé ». Reprenant une citation de l’historienne Annie Kriegel, pour qui il « est de saine méthode de ne juger une quelconque aventure humaine en termes de réussite ou d’échec qu’en fonction des valeurs auxquelles cette aventure a accepté de s’étalonner », l’auteur rappelle que la forme parti-mouvement, et plus largement la stratégie du populisme de gauche, a certes permis l’institutionnalisation de nouveaux partis politiques, mais qu’elle n’a pas conduit à la conquête de l’État ni au renversement de l’hégémonie néolibérale annoncés. Extrait.