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12.06.2026 à 21:17

FRANCE24
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Le stade Azteca avait vibré jeudi avec la Colombienne Shakira et le Nigérian Burna Boy, les spectateurs de Toronto ont eu droit à leur propre cérémonie avant le coup d'envoi du premier match sur le sol canadien entre le Canada et la Bosnie-Herzégovine, qui a été donné à 15h02 heure locale (19h02 GMT). A la veille du match, le sélectionneur des "Canucks" Jesse Marsch avait lancé un appel solennel. "C'est le moment", avait-il dit. Vendredi, son message adressé à ses joueurs a été tout aussi bien compris par les supporters canadiens, vêtus du maillot rouge, qui ont afflué dès le matin, dans le centre-ville de Toronto. C'est une ferveur inédite qui s'empare de la plus grande ville canadienne, où le hockey et le baseball sont habituellement rois. Ainsi Dakota Boal, originaire de la capitale fédérale, Ottawa, qui constate qu'enfant, il était "toujours le seul à jouer au foot" mais observe que les choses changent. "Ces dernières années, retrace-t-il, depuis que nous nous sommes qualifiés pour le Mondial (du Qatar en 2022), on a l'impression que ça a explosé." – Propulser le foot - Cette popularité grandissante, Erin Clement en atteste elle aussi, convaincue que le Mondial pourrait encore davantage propulser le foot au Canada. Enseignante et entraîneuse de foot à Guelph, à une centaine de kilomètres à l'ouest de Toronto, elle confie à l'AFP que ses trois filles jouent au foot et que chaque tournoi organisé affiche complet. "Chez les jeunes, c'est extrêmement populaire", ajoute-t-elle avant d'entrer dans le stade de Toronto avec sa soeur et une amie. A l'intérieur de l'enceinte la première partie de la cérémonie, d'une vingtaine de minutes, a débuté avec des tableaux mêlant des danseurs représentant l'histoire du Canada, dont ses peuples autochtones. Alanis Morissette et Michael Bublé La chanteuse italo-canadienne Alessia Cara a ensuite lancé, entourée de marionnettes géantes représentant des animaux emblématiques du Canada (baleine, élan) un show musical où se sont succédé différents artistes. Parmi eux s'est produit le rappeur français Vegedream, dont le tube "Ramenez la coupe à la maison" avait rythmé l'édition 2018, en accompagnant le sacre de l'Equipe de France en Russie. Dans un stade pas encore plein à 1h30 du coup d'envoi de la rencontre, Vegedream a chanté "Siir Siir", nouvel hymne réalisé avec la chanteuse canado-marocaine Nora Fatehi et le DJ et producteur Sanjoy. Après l'échauffement des équipes, la cérémonie s'est poursuivie avec le crooner canadien Michael Bublé, qui accompagné de choristes, a interprété "Bring it on home to me", standard de la soul écrit en 1962 par Sam Cooke. Le violoniste Aleksandar Gajic a ensuite interprété l'hymne bosnien, avant que la star mondiale Alanis Morissette ne chante celui du pays co-organisateur, dans un stade où l'ambiance a monté d'un cran avant de laisser place au sport.

12.06.2026 à 20:45

FRANCE24
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Depuis presque deux semaines, les manifestations se succèdent dans la capitale albanaise, contre un projet de complexe touristique de luxe, lié à la fille du président américain Donald Trump, Ivanka, et à son mari Jared Kushner. Les manifestations catalysent désormais la colère d'une partie de la population contre la situation du pays et son Premier ministre, au pouvoir depuis 13 ans. "Le problème n'est pas qu'ils essaient de construire un complexe touristique, le problème c'est le manque de transparence et de responsabilité envers la population", explique dans le cortège Kaltrina Hyka, militante pour l'ONG Eco Albania. 'Pas à vendre' Edi Rama, reconnaissable à ses deux mètres et son sens de la communication, fait face à l'un des défis les plus sérieux de sa carrière, et les "Rama démission" se mêlent chaque soir aux slogans criant que "l'Albanie n'est pas à vendre" sous les fenêtres de son bureau. "L'Albanie n'a jamais été à vendre", a-t-il répondu devant ses partisans, à l'occasion du 35e anniversaire de la création du parti socialiste, dont il est président. A quelques centaines de mètres à peine des manifestants, il a répété ce qu'il affirme depuis des jours - qu'il s'agit d'une "guerre politique et idéologique qui ne concerne pas l'Albanie". "Toute cette peur exprimée en langues étrangères en soutien à la manifestation est la projection d'une guerre politique et idéologique qui n'est pas la nôtre", a-t-il martelé. Le Premier ministre affirmait déjà la semaine dernière qu'il "n'y a rien à craindre, puisqu'il n'y a pas de projet", accusant la désinformation d'être derrière les manifestations. Ivanka Trump a cependant récemment affirmé dans un podcast "nous avons cinq miles [8km, ndlr] de front de mer directement en face de l'île, cette magnifique péninsule avec un lagon d'un côté, l'océan de l'autre, de magnifiques plages de sable blanc". Corruption ? Au-dessus de ces projets plane la crainte, pour les manifestants, d'un nouveau scandale de corruption dans un pays qui en souffre déjà. Plusieurs responsables du gouvernement d'Edi Rama, le chef du principal parti d'opposition et ancien premier ministre Sali Berisha, l'ancien maire de Tirana ... sont visés dans différentes affaires de corruption. Parmi les demandes des manifestants - outre l'abandon du projet de Zvernec - on trouve une enquête indépendante sur l'attribution des terrains, une véritable protection des aires protégées, l'abrogation de la loi sur les investissements stratégiques, et la démission du Premier ministre ainsi que des responsables impliqués dans l'approbation des constructions. "Le déclencheur, ça a été le projet dans la réserve naturelle de Zvernec, mais en réalité, il y a beaucoup de raisons pour lesquelles nous manifestons ici aujourd'hui", explique à l'AFP Fadel Dia. "Depuis 36 ans, nous sommes dirigés par des gouvernements corrompus, les uns après les autres. Aucun de ces gouvernements n'a fait quoi que ce soit pour le peuple albanais. Ils n'ont fait que s'enrichir et nous dépouiller. Nous n'avons pas de système de santé, nous n'avons pas... enfin, une des plus grandes parties de Tirana n'a même pas d'école publique..." ajoute le jeune homme de 26 ans qui travaille dans l'informatique. Ce qui ne l'empêche pas de vouloir rester en Albanie - un pays qui a vu des centaines de milliers de jeunes le quitter ces dernières années. "Toute ma vie, on m'a dit de ne pas vivre ici, que ça n'en valait pas la peine, qu'on ne pouvait pas se construire un avenir ici. Mais en réalité, l'Albanie est un pays formidable : nous avons beaucoup de ressources naturelles, de beauté, les gens sont extraordinaires, et la seule chose qui ne va pas dans notre pays, c'est le gouvernement. Et c'est ça que nous voulons changer, parce que je veux vivre dans mon pays et pas ailleurs".

12.06.2026 à 20:39

FRANCE24
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C'est dans cette ville du Val-de-Marne, où les rivalités politiques font rage, qu'ont pris racine les agissements de la cellule criminelle Athanor: la genèse de cette dérive totale a plongé vendredi la cour et ses acteurs dans une introspection collective. Au mitan des années 2010, deux frères d'une loge maçonnique des Hauts-de-Seine esquissent l'idée d'un contrat d'intimidation, voire d'élimination, visant Sylvain Berrios, aujourd'hui député et alors entré en dissidence contre Henri Plagnol, maire de Saint-Maur-des-Fossés de 2008 à 2014. Un autre élu est lui roué de coups dans son jardin par deux individus cagoulés, qui le photographie le visage ensanglanté, gisant au sol. Tous les ingrédients de ce qui va suivre sont déjà réunis, fait remarquer la cour à plusieurs reprises aux accusés. Elle doit juger, jusqu'au 17 juillet, 26 crimes et 86 délits, dont le meurtre d'un pilote automobile amateur et deux tentatives d'assassinat. Dans cette affaire, Frédéric Vaglio veut venger sa compagne, directrice de cabinet du maire de Saint-Maur, visée notamment par une plainte pour fausses factures, et s'en épanche auprès de son frère de loge, l'ancien agent de la DCRI Daniel Beaulieu, qui l'aide au nom de "l'amitié maçonnique". "Je me suis perdu" Le contrat "allant de la chaise roulante au cercueil" évoqué entre les deux hommes est minimisé devant la cour: "J'en pouvais plus, mais pas de là à l'éliminer. C'était une discussion du type: +si mon voisin pouvait être mort, je serais plus tranquille+", jure Frédéric Vaglio. Il reconnaît néanmoins avoir mis "ce jour-là le doigt dans un engrenage". "Beaucoup de choses se sont cristallisées à ce moment-là et vont expliquer la suite", admet-il, sans parvenir à justifier sa bascule dans la criminalité, lui qui n'avait jamais été condamné. L'idée, "comme d'habitude", est "de faire comme dans les services (de renseignement, NDLR), avec des agents en activité, habitués", relate M. Vaglio, citant son frère de loge Daniel Beaulieu. Et "avec ses équipes à lui", qu'il affirme ne pas connaître. C'est la première d'une longue liste de missions confiées à Sébastien Leroy, le futur bras armé d'Athanor, qui, manipulé par Daniel Beaulieu, pense agir pour le compte de l’État. Il "fallait choquer Berrios", se remémore l'ancien espion, en fauteuil roulant depuis sa tentative de suicide en détention. L'élu remporte la mairie en 2014 face à Henri Plagnol, évinçant du même coup la compagne de Frédéric Vaglio. "Vous vous êtes dit quoi ?", s'impatiente la présidente, Caroline Viguier, "que vous alliez créer une cellule menant des actions violentes jusqu'à ce que mort s'en suive ?" "Je me suis perdu", reconnaît Daniel Beaulieu, qui admet n'avoir raconté "que des mensonges" à l'exécutant des missions, Sébastien Leroy, persuadé d'effectuer des missions "hors cadre" de la DGSI et non des contrats privés. Sébastien Leroy "sait qu'il a gâché la vie de plusieurs personnes (...), est-ce que vous ne pensez pas avoir gâché la sienne ?", l'interroge Me Antoine Ory, l'un de ses avocats. "J'ai perdu M. Leroy dedans. Pardon", admet Daniel Beaulieu. L'ancien agent de sécurité de 36 ans, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, accuse de son côté son ancien ami Dylan Bilheude d'avoir agressé à ses côtés l'un des deux élus, ce que ce dernier dément "depuis cinq ans et demi". Également mis en cause pour avoir tiré une balle en plein cœur d'un pilote automobile dans un parking de Levallois-Perret, le Breton de 33 ans clame son innocence à la barre depuis le début du procès. Des photos de vidéosurveillance prises près du domicile de l'élu tabassé montrent Sébastien Leroy accompagné d'un complice, dont le visage pixelisé ne permet pas de l'identifier. "Ça fait deux mois que je vous vois dans la salle, M. Bilheude, je vous reconnais sur cette photo", a déclaré l'avocate générale Annabelle Philippe. "C'est de la folie", lui répond l'accusé, "c'est votre ressenti" et "vous vous trompez". Vingt-deux personnes sont jugées jusqu'au 17 juillet.
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