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26.07.2026 à 10:49

FRANCE24
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Détritus, calicots et pancartes, graffitis, rien n'a échappé aux poubelles, aux jets d'eau sous pression et aux coups de pinceau des dizaines d'agents qui se sont déversés à la nuit tombée sur l'esplanade de Jantar Mantar, au coeur de la mégapole de 30 millions d'habitants. "Nous sommes arrivés dès minuit, lorsque les manifestants sont partis", explique un nettoyeur sous couvert d'anonymat à l'AFP. "Les murs ont été repeints, une autre couche sera encore nécessaire pour cacher les slogans encore visibles". Depuis lundi et la manifestation brutalement réprimée par la police, la place a servi de camp de base aux protestataires. De camp retranché même, si on ajoute au paysage les impressionnants bataillons de forces de l'ordre qui ne les lâchaient pas d'une semelle. Réunis sous la bannière du "parti du peuple des cafards" (CJP), un mouvement récemment créé en ligne, des milliers d'étudiants et de jeunes y ont passé nuits et jours à revendiquer, débattre ou simplement faire acte de présence. Par solidarité. L'occupation s'est achevée samedi, lorsque le Premier ministre Narendra Modi, confronté à sa plus grave crise politique depuis sa réélection il y a deux ans, n'a eu d'autre choix que de satisfaire l'exigence numéro 1 des "cafards": la démission du ministre de l'Education. Dans la foulée, le CJP a appelé ses troupes à rentrer en bon ordre et "pacifiquement" à la maison. Pendant toute la semaine, les protestataires ont transformé les murs rouges et blancs des bâtiments du quartier en un "dazibao" géant sur lequel ils ont exhibé revendications, slogans anti-Modi ou posters géants. "Je reviendrai" La plupart des photos, téléchargées des téléphones portables, décrivaient en détails les furieuses charges à coups de "lathis", de longs bâtons, menées par les forces de l'ordre pour disperser le cortège qui marchait lundi vers les bâtiments du Parlement. Les affrontements ont fait 180 blessés, selon la police, "plusieurs centaines" selon les manifestants. "Nous voulons que tout soit documenté et que rien ne soit oublié", commentait samedi Rahul, "curateur" de ce "mur de la honte". "Nous avons fait des photos et des vidéos de ces posters pour qu'ils soient partagés par tous". Sage précaution. Car dimanche son exposition a été démantelée, et tous les murs du périmètre rendus au silence par une épaisse couche de peinture. Au milieu des agents municipaux, Jantar Mantar n'accueille plus que quelques badauds. "Pour la plupart des locaux, curieux de parcourir en vrai le site qu'ils voyaient sur les écrans de leurs téléphones", s'amuse un policier. Il y a aussi quelques retardataires, arrivés après la bataille. "C'est vraiment dommage que la manifestation se soit terminée avant que j'arrive", rouspète Nayan Thakrele, 19 ans, entré en gare de Delhi à l'aube après un long périple en train depuis l'Etat du Madhya Pradesh. "J'ai entendu parler de tout ça sur Instagram, j'ai constaté cette atmosphère excitante, les murs colorés, les posters, et j'ai voulu en être", explique le jeune homme, qui a achevé ses études et ne sait pas encore ce qu'il veut faire de sa vie. Mais ce n'est que partie remise, assure-t-il. "Je reviendrai quand il faudra demander la démission d'un autre ministre".

26.07.2026 à 10:47

FRANCE24
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"En trois jours, l'eau a encore baissé de plusieurs centimètres et ça continue", soupire Michel Navarro, retraité et pêcheur passionné du village de Bou, dans le Loiret, à une quinzaine de kilomètres en amont d'Orléans. "Ça devient compliqué: quand je sors des poissons, leur corps est déjà chaud", s'alarme-t-il. Début juillet, en pleine canicule, la Loire a atteint localement près de 30°C, des niveaux proches des seuils létaux pour certaines espèces. "Les poissons ne peuvent pas réguler leur température, leur corps est à la température de l'eau", dit à l'AFP Michael Renard, responsable du développement de la Fédération de pêche du Loiret. Le brochet ou le barbeau ne peuvent survivre à des températures de l'eau à 31 ou 32°C. Plusieurs pêcheurs et mariniers interrogés par l'AFP disent avoir observé des poissons morts après la dernière canicule. "Alerte" D'autant qu'avec la chaleur des algues filamenteuses prolifèrent massivement dans le fleuve, consommant aussi de l'oxygène et créant une menace supplémentaire pour les poissons. Malgré un début d'année très pluvieux, marqué par de fortes crues, y compris de la Loire, la sécheresse s'est rapidement installée. Le fleuve a été placé mercredi en état d'"alerte", deuxième seuil de vigilance sur une échelle de quatre avec de premières restrictions d'usage de l'eau, notamment pour les agriculteurs et certains industriels. La Loire laisse apparaître de vastes bancs de sable, plusieurs semaines plus tôt qu'à l'accoutumée, comme à Orléans où les bateaux peinent à naviguer en dehors du bras canalisé. "Cette année, c'est très précoce. Avant on voyait ça fin juillet, fin août, mais là, dès le mois de juin on avait beaucoup moins d'eau", constate Mathieu Bourgoin, "pilote" d'une embarcation traditionnelle. À bord du bien nommé "Passe-Partout", qui effectue des navettes entre les deux rives orléanaises, il estime qu'il "faut s'adapter en permanence" pour éviter les bancs de sable et les hauts-fonds. "Ces épisodes sont de plus en plus fréquents et chaque année plus tôt. Par endroits, avec 30 à 40 cm, on n'a pas beaucoup de marge. Si le niveau continue à baisser, on ne pourra bientôt plus passer", craint M. Bourgoin. Les trois épisodes caniculaires depuis fin mai ont mis sous pression tout l'écosystème ligérien, éprouvé par une sécheresse qualifiée de "très préoccupante" par la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. "Extrêmement sèche" "À ce stade, 2026 fait partie des années extrêmement sèches, avec des débits naturels comparables aux années historiques de 2003 ou 2019", pointe auprès de l'AFP Hervé Brulé, directeur régional de la Dreal (direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement). Mais, cette année, "la situation est arrivée précocement", ajoute-t-il. Le soutien d'étiage assuré par les barrages de Villerest et de Naussac a été déclenché "plus tôt que lors des précédentes années sèches" afin de maintenir le débit du fleuve autour de 45 m³/s à la station référence de Gien (Loiret), explique M. Brûlé. Ce débit est déjà deux fois plus faible que celui observé le 1er juin, d'environ 83 m³/s. Il était de 165 m³/s le 19 mai, selon Vigicrues. Dans les prochaines semaines, sans précipitations significatives, "on sera amené à diminuer le soutien d'étiage", anticipe M. Brûlé. Avec des effets probablement plus conséquents encore sur le niveau de la Loire, mais aussi sur la faune, la flore et sur l'ensemble des activités touristiques, agricoles et industrielles qui dépendent du fleuve.

26.07.2026 à 10:39

FRANCE24
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Le 3 novembre, les Américains renouvelleront l'ensemble de leurs députés à la Chambre des représentants et 35 de leurs 100 sénateurs. Les républicains ne disposent actuellement que d'une poignée de sièges d'avance dans les deux chambres. Traditionnellement, le parti qui tient la Maison Blanche "perd quasiment toujours des sièges aux élections de mi-mandat, mais particulièrement lorsque le président est impopulaire" rappelle à l'AFP Sarah Binder, professeure de sciences politiques à l'université George Washington. Donald Trump n'accuse de fait que 39% d'opinions favorables contre 59% défavorables, selon une moyenne d'enquêtes réalisée par le New York Times. Et la tendance dans les sondages récents est aussi quasi unanime: les démocrates sont favoris pour reprendre la Chambre. Leurs chances ont été cependant quelque peu amoindries par la campagne de redécoupage électoral ordonnée par Donald Trump dans plusieurs Etats républicains. Une vieille stratégie politique aux Etats-Unis, nommée "gerrymandering", qui a réduit le nombre de scrutins dans lesquels les démocrates peuvent vraiment rivaliser. Les résultats s'annoncent en effet indécis pour seulement 18 à 20 circonscriptions sur 435 à la Chambre, soit moins de 5% des scrutins, souligne Sarah Binder. "Escrocs" Au Sénat, si leurs chances de redevenir majoritaires sont plus faibles qu'à la Chambre, les démocrates s'affichent cependant de plus en plus optimistes, espérant notamment faire basculer des sièges en Caroline du Nord, dans le Maine, ou encore dans l'Iowa et l'Ohio, voire l'Alaska. Après 19 mois de présidence sans filtre, Donald Trump fait donc face à la perspective de perdre sa majorité au Congrès et de se trouver dans l'incapacité d'imposer son programme législatif. Une majorité démocrate signifierait également un pouvoir d'enquête accru, notamment dans les affaires du gouvernement. "Notre promesse aux Américains, c'est que nous allons faire rendre des comptes aux escrocs", a déclaré jeudi Hakeem Jeffries, le chef des démocrates à la Chambre, dans une menace à peine voilée à l'adresse des responsables républicains. Face à ces perspectives assombries pour son parti, Donald Trump semble prêt à relancer ses accusations de fraude électorale. "Nous avons des élections très importantes qui arrivent. Nous voulons que ces élections soient honnêtes", a-t-il lancé dans une allocution mi-juillet lors de laquelle il a relancé ses allégations infondées sur l'élection de 2020, selon lui volée au profit du démocrate Joe Biden. Pour Sarah Binder, "le président rejoue encore le match de 2020, alors même que ses parlementaires républicains lui demandent de se concentrer sur 2026". "Bon sens" Les démocrates, de leur côté, veulent mettre l'accent dans cette campagne sur une question centrale: le coût de la vie. Un problème hérité de la présidence Biden mais qui persiste sous Donald Trump et se trouve aggravé par son choix de déclencher la guerre contre l'Iran, faisant bondir les prix à la pompe. Le responsable démocrate Hakeem Jeffries a ainsi promis une campagne centrée sur la baisse des coûts de l'alimentation, du logement, de l'essence, mais aussi de la santé. En face, le Parti républicain s'attache à souligner les accomplissements du gouvernement Trump en matière de lutte contre l'immigration ou de baisse des impôts, et tente de dépeindre le camp adverse comme de plus en plus extrémiste. Le président et ses alliés n'hésitent pas ainsi à qualifier les démocrates de communistes, mot épouvantail aux Etats-Unis. "C'est le bon sens contre les fous, et les démocrates sont du mauvais côté à chaque fois", a avancé vendredi le président républicain de la Chambre, Mike Johnson. Selon Sarah Binder, "une fois arrivés à l'automne, quand les électeurs prêtent peut-être davantage attention", les républicains devraient concentrer leur attention sur des thèmes de société. "Je pense que vous verrez plus d'attaques et de messages liés aux guerres culturelles", et notamment "les questions transgenres", estime-t-elle.
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