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24.01.2026 à 04:21

Mode masculine: à Paris, les adieux de Véronique Nichanian chez Hermès

FRANCE24
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Organisé au Palais Brongniart, dans le centre de Paris, à 20H00 (19H00 GMT), ce 76e et dernier défilé ne sera pas "rétrospectif, mais plein de clins d'œil", a assuré la créatrice de 71 ans à Madame Figaro début janvier. "Ça va être un grand moment marquant", assure à l'AFP Marie Ottavi, journaliste mode à Libération. "C'est une femme qui a toujours apporté de la modernité dans ses collections. Son départ après tant d'années, ça raconte cette longévité, ce rapport au temps long de la maison Hermès", ajoute-t-elle. "Il est l'heure de passer le témoin", annonçait en octobre Véronique Nichanian. Assurant avoir encore "des idées", elle expliquait vouloir se consacrer plus de temps, notamment pour "réaliser un rêve de longue date": passer plusieurs mois au Japon. Rupture La Britannique d'origine jamaïcaine Grace Wales Bonner a été nommée quelques jours plus tard pour lui succéder. Prix LVMH jeune créateur 2016, la trentenaire s'est construit une belle réputation dans la mode masculine avec sa marque éponyme, une griffe ancrée dans son identité afro-caribéenne tout autant que dans la tradition vestimentaire britannique. Elle présentera sa première collection en janvier 2027. Celle de juin sera préparée par les studios de création interne. "C'est une jeune femme de talent, elle semble déterminée. Il fallait sûrement une rupture après 37 ans, et c'est ce qu'elle va exprimer. C'est bien, c'est juste, et cela me ravit", a assuré Véronique Nichanian à Madame Figaro. Un choix audacieux également salué par la presse. "Grace Wales Bonner est très moderne, engagée... Hermès a su choisir une personne qui va apporter non seulement de la qualité, mais aussi de l'image et un propos", estime Marie Ottavi. Les collections femme Hermès restent dirigées par Nadège Vanhée-Cybulski, à la tête de la ligne depuis 2014. "Réinvention permanente" Rare femme créatrice dans l'univers de la mode masculine, Véronique Nichanian affirme y avoir trouvé "un formidable terrain d'expression". Tout juste diplômée de l'Ecole de la chambre syndicale de la couture parisienne (ESCP), elle y fait ses premiers pas auprès du styliste italien basé à Paris Nino Cerruti. Après 10 ans passés auprès de celui qu'elle qualifie de "père spirituel", elle rejoint Hermès en 1988. "Gérez ça comme votre petite entreprise. Vous avez carte blanche", lui dit alors Jean-Louis Dumas, président du groupe de 1978 à 2006. Au fil des décennies, elle a bâti "un style contemporain, dans une réinvention permanente du vêtement et de ses usages et à travers une recherche constante sur les matières, les savoir-faire et la couleur", lui a rendu hommage la griffe dans le communiqué annonçant son départ. Ce changement prend place dans un vaste mercato des directeurs artistiques, chez Chanel, Dior ou Gucci, alors que le marché du luxe fait face à des défis économiques et commerciaux. Hermès, elle, ne connaît pas la crise. La maison dont la publication des résultats annuels est attendue le 12 février, a vu son chiffre d'affaires croître de 6,3% sur les neuf premiers mois de 2025, à 11,9 milliards d'euros. L'an dernier, le groupe de luxe a investi plus d'un milliard d'euros, avec notamment l'ouverture d'une 25e maroquinerie en France, en Charente. Hermès prévoit d'en ouvrir trois autres dans le pays au cours des trois prochaines années. Dans ce contexte, le directeur général Finances, Eric du Halgouët, a confirmé en octobre que le projet de se lancer dans la haute couture était "bien en cours de préparation", mais pas "avant 2027 au plus tôt".

24.01.2026 à 04:19

A Tours, la gauche unitaire en route pour la primaire, le PS en observateur

FRANCE24
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Après leur serment fait en juillet à Bagneux (Hauts-de-Seine) d'avoir un "candidat commun" pour 2027, le patron du PS Olivier Faure, la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, les députés Clémentine Autain (L'Après) et François Ruffin (Debout!) notamment, réunis autour de l'égérie de la Gauche en 2024 Lucie Castets, font un pas de plus pour rendre inéluctable cette primaire, qui doit selon eux leur permettre d'accéder au second tour de la présidentielle. Dans leur agenda, la date du 11 octobre 2026 se profile, même si le mode de scrutin n'a pas encore été tranché. Les membres du Front Populaire 2027, nom de leur alliance, doivent aussi acter les modalités pour pouvoir se présenter à la primaire. Mais les embuches sont nombreuses. Tout d'abord, les deux candidats de gauche les mieux placés dans les sondages, le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon et le dirigeant de Place publique Raphaël Glucksmann, sur deux lignes antagonistes, continuent de refuser toute participation à ce processus, persuadés de pouvoir s'imposer en incarnant le vote utile. Le PCF n'est pas de l'aventure non plus, même si PS et Ecologistes sont persuadés qu'il rentrera tôt ou tard dans le dispositif. Quant au PS, son premier secrétaire Olivier Faure, favorable à la primaire, n'a pas les coudées franches pour s'engager pleinement dans le processus. Ce n'est qu'au terme d'un vote des adhérents socialistes, après les municipales, que le parti à la rose pourra, ou non, s'impliquer dans l'aventure unitaire. Car en interne, les opposants au chef socialiste, et notamment le camp du maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol qui a échoué de peu à prendre le parti en juin 2025, ont exprimé leur désaccord lors d'un bureau national. "Olivier Faure va aller à Tours mais le mandat qu'il a reçu, ce n'est pas de cautionner les annonces qui pourraient y être faites. Il pourra simplement dire que les socialistes prendront leur décision le moment venu", a expliqué le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner sur Radio J. "Mais quel est le chemin politique que proposent les autres pour éviter l'éparpillement de la gauche?", interroge le secrétaire général du PS Pierre Jouvet. "Mémoire de poisson rouge" Certains, dont François Hollande, penchent pour une fédération de la gauche réformiste allant du PS à Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve et Yannick Jadot, qui désignerait un candidat au consensus. Pour M. Hollande, "la preuve que la primaire n'a pas de sens, c'est bien ce qui se passe à l'Assemblée, où Ecologistes, Autain et Ruffin ont voté pour la censure de LFI et contre le budget au risque de faire sauter le gouvernement quand les socialistes cherchaient une issue". Et, en l'absence de Raphaël Glucksmann dans le dispositif, le camp de Boris Vallaud, charnière pour faire ou défaire une majorité au PS, avoue ne pas être "emballé" non plus par cette primaire "de bric et de broc", selon les mots d'un proche du chef des députés socialistes. Les mêmes réclament par ailleurs que le PS désigne en amont son propre candidat, sans faire mystère de l'ambition de Boris Vallaud. "Il sera OK pour la primaire de la gauche s'il gagne celle du PS", ironise un pro-primaire. Pour la maire de Nantes, Johanna Rolland, "on va gagner aux municipales là où on mène des listes de rassemblement. Pourquoi il faudrait bazarder cette stratégie à la présidentielle?". Marine Tondelier, qui "suit les turpitudes du PS", note que ceux qui ont adhéré au parti après le Nouveau Front populaire, "sont ceux qui ont aimé ce qu'Olivier Faure a fait" et devraient choisir la primaire. "On peut espérer que les militants socialistes n'ont pas la mémoire d'un poisson rouge et se souviennent du score d'Anne Hidalgo à la dernière présidentielle", commente aussi Clémentine Autain.

24.01.2026 à 04:17

Ukrainiens, Russes et Américains reprennent leurs discussions inédites à Abou Dhabi

FRANCE24
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Annonçant des pourparlers difficiles, le Kremlin a répété en préambule exiger de Kiev un retrait de ses forces de ces territoires industriels et miniers de l'est de l'Ukraine aujourd'hui en grande partie contrôlés par la Russie. Selon le négociateur en chef ukrainien, Roustem Oumerov, les premiers entretiens de vendredi ont porté "sur les paramètres permettant de mettre fin à la guerre menée par la Russie et sur la suite logique du processus de négociation visant à progresser vers une paix digne et durable". Ces pourparlers marquent les premières négociations directes connues entre Moscou et Kiev sur le plan américain de règlement de la guerre, qui a fait des dizaines de milliers de morts depuis 2022 Côté russe, la délégation est menée par le général Igor Kostioukov, qui dirige le renseignement militaire (GRU). Washington est notamment représenté par les émissaires spéciaux Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump. "Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions", a déclaré à l'issue des premières discussions vendredi le président ukrainien Volodymyr Zelensky, disant attendre le résultat de celles de samedi et assurant être tenu informé "presque heure par heure". "Il est nécessaire que non seulement l'Ukraine souhaite mettre fin à cette guerre et atteindre une sécurité totale, mais qu'une volonté similaire apparaisse aussi en Russie", a-t-il ajouté. "Quitter le Donbass" Ces pourparlers s'inscrivent dans un contexte difficile pour l'Ukraine, dont le réseau énergétique a été sévèrement mis à mal par une série de frappes russes, provoquant des coupures d'électricité et de chauffage d'ampleur par des températures glaciales, notamment à Kiev. La ville de Kharkiv a été visée de son côté par 25 drones russes, faisant 11 blessés. Sur le front, les troupes ukrainiennes sont sur le recul depuis près de deux ans face à un adversaire plus nombreux et mieux armé, Kiev dépendant en grande partie du soutien financier et militaire occidental. "Les forces armées ukrainiennes doivent quitter le Donbass, elles doivent s'en retirer", a averti vendredi le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. "Sans règlement de la question territoriale (...), il est inutile d'espérer la conclusion d'un accord de long terme", a-t-il ajouté. Cette réunion à Abou Dhabi s'est tenue au lendemain de deux rencontres à un plus haut niveau : l'une à Davos entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump, et l'autre à Moscou entre Vladimir Poutine et les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner. Sans les Européens Des négociations directes entre Russes et Ukrainiens avaient déjà eu lieu lors de la première année du conflit, en 2022, et à plusieurs reprises au cours de l'année 2025 à Istanbul. Ces pourparlers n'avaient débouché que sur des échanges de prisonniers et de dépouilles de soldats. Les nouvelles discussions de cette semaine se tiennent loin de l'Europe et sans participation des pays de l'UE, qui craignent que Washington ne pousse Kiev à accepter un accord jugé trop favorable à Moscou. La Russie n'a pour sa part eu de cesse de critiquer l'ingérence des Européens dans les négociations. A Davos vendredi, M. Zelensky avait tenu un discours très dur envers ses principaux soutiens politiques et financiers, disant voir une Europe "fragmentée" et "perdue" lorsqu'il s'agit d'influer sur les positions de Donald Trump, et manquant de "volonté politique" face à Vladimir Poutine. En marge du Forum économique mondial, il s'était brièvement entretenu avec M. Trump, assurant avoir obtenu du dirigeant américain un accord sur les garanties de sécurité pour l'Ukraine, qui doit désormais être finalisé par les deux dirigeants et les Parlements des deux pays.
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