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06.08.2026 à 09:31

FRANCE24
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Le projet, imaginé au début des années 2000, a été relancé en 2019 dans le cadre de la stratégie nationale des aires protégées, qui vise principalement à classer "30% du territoire national sous protection", précise la préfecture. L'objectif de cette Réserve naturelle nationale souterraine de l'Ariège en devenir sera de "valoriser et protéger" la "richesse cavernicole" du département, qui n'est "pas suffisamment mise en valeur", explique à l'AFP la sous-préfète chargée du dossier, Sophie Pauzat. Le projet devrait également permettre au public de mieux connaître ces 29 grottes, réparties sur le territoire de 32 communes et qui "ne sont connues que de spécialistes, notamment des scientifiques et des spéléos", estime-t-elle, ajoutant: "Si on s'en sert bien, ça peut avoir un effet d'attraction pour faire connaître l'Ariège." "Force de la nature" Parmi les sites concernés figure la grotte emblématique du Mas d'Azil, "exceptionnelle d'un point de vue géologique puisqu'elle est absolument monumentale", décrit sur place Anne-Sophie Gimeno, responsable des grottes au Service d'exploitation des sites touristiques de l'Ariège (Sesta). "C'est une force de la nature", dont la galerie principale "se développe sur à peu près 420 mètres" et qui affiche des traces d'occupation humaine "entre 40.000 ans et 14.000 ans avant aujourd'hui", dit-elle. Explorée à partir de 1887 et classée Monument historique en 1942, cette grotte est devenue une attraction ariégeoise, drainant chaque année des dizaines de milliers de touristes. Le maire du Mas d'Azil, Raymond Berdou, qui dit espérer porter à 50.000 le nombre de visiteurs annuels grâce à la réserve, se montre toutefois préoccupé. "C'est un projet que l'Etat a voulu impulser assez rapidement (...) avec, d'après moi, un manque de concertation", juge celui qui est également vice-président du département, en charge de la culture. L'édile s'inquiète notamment des "contraintes importantes" que pourrait générer l'inclusion des grottes au sein de cette réserve sur les activités organisées aux alentours, comme du saut à l'élastique ou des feux d'artifice en ce qui concerne la grotte de sa commune. Des craintes qui ont conduit le conseil départemental à émettre un avis défavorable lors de l'enquête publique. "Les activités existantes vont continuer à s'exercer", veut rassurer Mme Pauzat. "Ce qui fait peur, souvent, c'est de se dire, +on crée des réserves et puis on ne va plus pouvoir rien faire+. C'est beaucoup plus nuancé que ça." Grotte-laboratoire La réserve aura aussi pour vocation de soutenir la recherche scientifique, par exemple dans la grotte-laboratoire de Moulis, aménagée par le CNRS en 1954, où des chercheurs essayent de "comprendre comment les espèces cavernicoles arrivent à s'adapter à ce milieu particulièrement contraignant du fait de l'obscurité constante", détaille Olivier Guillaume, ingénieur de recherche au CNRS et directeur technique de la station. Les grottes de l'Ariège abritent ainsi des chauves-souris, des amphibiens comme le calotriton, des insectes ou des araignées. "La biodiversité souterraine est assez mal connue", note le chercheur, et la réserve "sera un cadre idéal pour développer des activités pédagogiques, pour faire mieux comprendre au public les enjeux de conservation des espèces souterraines", dit-il. A Moulis, les chercheurs étudient aussi comment, face au dérèglement climatique, certaines espèces "sont en train de coloniser le milieu souterrain", qui devient une sorte de "milieu refuge", décrit M. Guillaume. Même sous terre, où les températures varient peu au cours de l'année, le réchauffement se fait sentir "au regard notamment de la disponibilité de la ressource en eau", cruciale pour certaines espèces souterraines "très fragiles vis-à-vis des changements de leur environnement". Après un avis favorable de la commission d’enquête publique en novembre 2025, le projet doit désormais être soumis pour avis consultatif à la Commission départementale de la nature des sites et des paysages, puis au Conseil national de la protection de la nature, et enfin au Conseil d'Etat, avant publication du décret au Journal officiel, "le plus rapidement possible au cours de l'année 2027", selon Mme Pauzat.

06.08.2026 à 09:19

FRANCE24
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Sur le domaine Saint-Andrieu à Correns, commune la plus touchée par les derniers incendies, Grégory Guibergia, le responsable d’exploitation, s'estime chanceux : il n'a perdu dans les flammes "que le premier rang, les vignes en lisière". Mais "la grosse interrogation, c'est de savoir si on va avoir des goûts brûlés ou pas pendant la vinification. On est dans l'inconnu", confie le viticulteur avec 25 ans de métier derrière lui. Depuis deux semaines que brûle le massif du Gros Bessillon, dans l'arrière-pays provençal, le feu s'est dangereusement approché de ses 25 hectares de vignes. Grégory Guibergia a décidé d'opter pour une "vendange parcellaire", c'est-à-dire récolter et vinifier chaque parcelle indépendamment, pour tenter de sauver ce qui peut l'être. Sa hantise : voir son vin déclaré "impropre à la consommation", et devoir renoncer à près de 90.000 bouteilles mises en vente. -prélèvements - Depuis plusieurs jours, des prélèvements sur les baies de raisin sont effectués autour du massif Gros Bessillon où le feu a parcouru plus de 6.000 hectares depuis le 21 juilet et n'est pas encore fixé, même s'il est sous contrôle des pompiers. "Un contact d'une heure ou deux suffit pour engendrer un phénomène de glycosylation, liant la fumée aux sucres du raisin, et ce goût de fumée va se révéler uniquement après la fermentation", explique le consultant œnologue Clément Prélat. "Il y a très peu de moyens de traiter ces goûts de fumée mis à part certains traitements qui sont assez brutaux pour le vin", poursuit l'expert au sein du cabinet d'agronomie provençale, une structure qui conseille la plupart des domaines de Correns. "Gel, grêle, on sait faire, mais pas l'incendie ", soupire Lucie Demirdjian, à la tête du Domaine de Mercandine, dans le village voisin de Pontevès. Avant d'envisager les vendanges, vers le 12 août, elle est dans l'attente des résultats du laboratoire d’oenologie qu'elle a mandaté pour effectuer des prélèvements. "On peut détecter le précurseur de goût de fumée en amont", explique l'ingénieure agronome. Avec les feux, elle a perdu "11 hectares sur 18" et ne souhaite pas engager de frais inutiles si sa récolte est vouée à la destruction. Selon les taux relevés, "le charbon actif peut lever le goût de fumée sur le rosé et le blanc" contrairement au vin rouge où "le jus macère", assure le président de la coopérative des Vignerons de Correns, Fabien Mistre, s'appuyant sur des techniques testés par des viticulteurs en Occitanie après le mégafeu dans le massif des Corbières l'été dernier. - jambon fumé - Au Centre du Rosé, pôle de recherche et d'expérimentation situé à Vidauban (Var), les experts rappellent que seuls une centaines d'hectares de vignes ont été touchés, principalement sur les communes de Cotignac, Pontevès et Correns, alors que le Var compte plus de 30.000 hectares de vignoble. Sixième département viticole de France et premier producteur de rosé, la vigne y constitue la première richesse agricole. Les parcelles déclarées "impropres à la consommation" sont uniquement celles contaminées par le retardant, ce produit chimique rouge utilisé pour freiner la propagation des flammes, explique Grégori Lanza, ingénieur agronome chargé de projets en œnologie au Centre du rosé. D'autres vignes pourront produire des vins marqués par un goût de fumée en raison du simple contact avec l'air saturé d'odeurs de bois brûlé. "C'est un goût qu'on ne recherche pas dans les vins, donc même s’ils sont consommables, il ne seront pas commercialisés", prédit-il. En "termes dégustatifs, c'est comme du jambon fumé", explique Fabien Mistre. Le vigneron bio exclut, pour le moment, l'idée de mettre de tels breuvages en vente.

06.08.2026 à 09:11

FRANCE24
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"Si on ne fait rien pour se protéger, l'élection peut être faussée", s'est inquiété jeudi sur RTL Gabriel Attal, directement visé, accusant "la Russie de vouloir voler" ce scrutin aux Français. Une série d'opérations de déstabilisation, attribuées à des réseaux prorusses, ont ciblé en quelques jours trois candidats déclarés ou pressentis à la présidentielle. Édouard Philippe (Horizons) a été calomnié sur son état de santé, Raphaël Glucksmann (Place Publique) à travers sa compagne, la journaliste Léa Salamé, accusée d'avoir soudoyé des médias pour favoriser la candidature de son mari et Gabriel Attal (Renaissance) a été notamment présenté comme potentiellement atteint de la maladie de Parkinson. Même si ces opérations sont restées peu visibles d'après une source sécuritaire, il s'agit des premières visant directement depuis le début de la campagne des prétendants à l'Elysée. Mercredi soir, Sébastien Lecornu a réagi en rappelant que le gouvernement avait présenté fin juillet un projet de loi en Conseil des ministres. Le texte prévoit un durcissement des peines pour les personnes ayant diffusé des fausses informations dans un contexte électoral - d'un an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende, elles seront portées à trois ans et 45.000 euros. Et elles pourront aller jusqu'à six ans de détention lorsque l’altération du scrutin a été réalisée "pour servir les intérêts d’une puissance, d’une entreprise ou d’une organisation étrangères". L'exécutif a aussi présenté un décret prévoyant la création d'une "commission d'information" qui aura pour mission d'informer le public et les candidats en cas d'ingérences. Le Premier ministre avait reçu, en juin, les partis politiques, évoquant des "perspectives de menaces lourdes sur l'élection présidentielle". Interpellé par le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, qui déplorait que son mouvement ait depuis envoyé des propositions à Matignon sans recevoir "de nouvelles", Sébastien Lecornu a indiqué souhaiter poursuivre "à la rentrée" ce "travail en commun" avec les formations politiques. Mais une partie de la gauche estime que le gouvernement ne va pas assez loin et souhaite aussi cibler les plateformes étrangères comme TikTok ou X. Silence à droite et à l'extrême droite Raphaël Glucksmann demande ainsi aux autorités françaises et européennes de ne pas avoir "la main qui tremble" s'il faut sanctionner ces réseaux. Et de rappeler les soupçons entourant le candidat d'extrême droite Calin Georgescu lors de la présidentielle de 2024 en Roumanie. Arrivé à la surprise générale en tête du premier tour, il a été accusé par les autorités roumaines d'avoir bénéficié d'une campagne de soutien illicite orchestrée par Moscou, notamment sur TikTok. L'élection a été annulée et le pro-européen Nicusor Dan a finalement remporté le scrutin quelques mois plus tard. "Il n'y a pas eu de sanctions prises contre TikTok", a déploré Raphaël Glucksmann. La patronne des Ecologistes Marine Tondelier va encore plus loin proposant, dans Libération, de suspendre en France des réseaux comme X le temps de la campagne "en cas d'ingérences constatées en amont". Depuis qu’il a racheté Twitter devenu X, en 2022, le milliardaire américain Elon Musk multiplie les messages politiques sur sa plateforme. Début juillet, il a notamment qualifié la candidature de Marine Le Pen de "dernier espoir pour la France". Face aux opérations de déstabilisation des derniers jours, droite et extrême droite restent à ce stade silencieuses. Politiquement, le sujet est sensible pour le Rassemblement national en raison des liens passés du parti avec la Russie à travers notamment un prêt contracté auprès d'une banque russe dans les années 2010. En 2025, le président du parti Jordan Bardella avait toutefois durci son discours, qualifiant Moscou de "menace multidimensionnelle" pour la France et évoquant notamment les ingérences russes. Plus globalement, pour Raphaël Glucksmann, "la campagne de 2027 sera marquée par des ingérences massives". Pourront-elles avoir des conséquences dans l'isoloir ? Leur impact demeure "difficile à déterminer", soulignait il y a quelques mois Laurent Cordonier, directeur de la recherche de la Fondation Descartes, lors d'une table ronde au Sénat consacrée aux risques de manipulations numériques à l'approche des échéances électorales.
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