La fonderie spécialisée dans les pièces en fonte pour les suspensions et les échappements et basée à Caudan (Morbihan), qui emploie 245 personnes, a désormais jusqu'au 17 juillet pour trouver trois millions d'euros.
Si l'objectif n'est pas atteint, "alors ça sera la liquidation", a affirmé Eric Guyomard, délégué syndical CGT, à l'issue d'une audience à huis clos au tribunal de commerce de Lorient.
À l'inverse, si les trois millions d'euros sont réunis, la procédure se poursuivra pour permettre à l'entreprise de chercher un repreneur. "Je suis optimiste", assure M. Guyomard.
La décision a été accueillie avec soulagement par quelque 200 personnes rassemblées devant le tribunal.
"Je m'attendais au redressement, pas à la liquidation, car la fonderie mérite d'exister", a réagi Eric Blanchier, salarié et élu CGT. "Maintenant, il faut qu'il y ait des gens sérieux à la tête de l'usine", a-t-il ajouté.
Repreneur en série de sites industriels en difficulté, Europlasma avait demandé mardi le placement en redressement judiciaire de l'entreprise.
Son patron, Jérôme Garnache‑Creuillot, présent à l'audience, a quitté les lieux sans un mot, en évitant salariés et médias, a constaté une journaliste de l'AFP.
Il "ne peut plus s'occuper de l'entreprise", a annoncé à la sortie de l'audience le secrétaire général de la CGT de FDB, Maël Le Goff, une décision accueillie par les applaudissements des salariés présents devant le tribunal. En effet, M. Garnache‑Creuillot a été dessaisi de ses pouvoirs au profit de deux administrateurs judiciaires.
Activité suspendue depuis janvier
Spécialisé dans la dépollution et la fabrication de pièces forgées pour l'industrie de la défense, Europlasma avait repris en avril 2025 la Fonderie de Bretagne, héritière des Forges d'Hennebont et longtemps prestataire de Renault, qui avait créé l'usine en 1966.
Europlasma s'était engagé à investir sur le site de Caudan 15 millions d'euros sur trois ans et affirmait vouloir diversifier la production, notamment avec la fabrication de corps creux pour des obus de mortier. Mais selon Maël Le Goff, le groupe n'a jamais versé l'intégralité des sommes promises.
Déjà confrontée à une activité quasi à l'arrêt - en un peu plus d'un an, l'usine n'a fonctionné que quelques semaines - la Fonderie de Bretagne n'a jamais repris sa production depuis le grave incendie qui a endommagé l'un de ses fours en janvier.
"L'origine des difficultés actuelles tient d'abord à l'incendie", se défend le groupe.
"La galère a daté depuis le jour où ils sont arrivés !", a répliqué vendredi Maël Le Goff.
Les employés s'attendent désormais à reprendre le travail lundi.
- "Gagner du temps" –
Europlasma avait annoncé en avril discuter avec un "industriel français du secteur de la défense" pour un potentiel rachat de ses activités dans ce domaine, mais aucune annonce n'a été faite depuis.
Interrogé mercredi au Sénat, le ministre de l'Économie Roland Lescure a expliqué "mobiliser Renault pour générer de la trésorerie", le constructeur français ayant placé des fonds en fiducie.
Interrogés vendredi, les syndicats comptent désormais sur cette aide pour éviter la liquidation.
"Nous souhaitons collaborer avec Renault pour que cet argent permette de gagner du temps, de passer en redressement judiciaire et ensuite de trouver un repreneur", a encore assuré le ministre. Ce scénario s'était produit début 2025, lorsque l'usine appartenait encore au fonds allemand Callista Private Equity.
Ancienne filiale de Renault, FDB avait été vendue en 2022 à Callista Private Equity, au terme d'une longue lutte sociale.
"C'est un léger bougé, mais ce n'est pas suffisant. L'État doit prendre ses responsabilités maintenant", a estimé auprès de l'AFP Damien Girard, député du Morbihan. Il demande que le site soit placé sous tutelle provisoire des pouvoirs publics pour le "remettre d'équerre ".
Les difficultés d'Europlasma ne se limitent pas à FDB: Satma Industries a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Grenoble le 2 juin, tandis que FP Industries va être liquidée.