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25.04.2026 à 00:15

Inde: les mines artisanales, legs meurtrier de la rébellion maoïste

FRANCE24
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Le ministre de l'Intérieur indien Ahmit Shah a officiellement proclamé le mois dernier la défaite de la guérilla des Naxalites - du nom du village où la révolte a débuté en 1967 - qui a fait plus de 12.000 morts. Les derniers combattants ont déposé les armes et les camions chargés de minerai de fer ont remplacé les véhicules blindés des forces de sécurité sur les routes qui sillonnent la jungle de l'Etat de Chhattisgarh. Mais une menace persiste. Celle des milliers d'engins explosifs improvisés (IED dans son acronyme anglais) dissimulés sous les pistes et les chemins de la région. Même de conception rudimentaire - souvent des billes ou des morceaux de métal enfouis dans une banale boîte qui explose sous la pression d'un pas - ces armes sont particulièrement redoutées des membres des forces de sécurité qui ont combattu la rébellion. "Si vous demandez à un soldat ce dont il a le plus peur, il ne vous répondra pas les balles mais les IED, parce qu'on ne sait jamais quand on met le pied dessus", décrit Kishan Hapka, 23 ans, des District Reserve Guards, la principale unité paramilitaire engagée contre les Maoïstes. "Chanceux" Le danger est gravé dans sa chair. Sa jambe gauche a été arrachée par l'une de ces mines un soir de juillet 2024. "Je dis toujours que j'ai eu de la chance", raconte-t-il, "trois autres soldats en sont morts". Selon les statistiques de la police, ces pièges explosifs ont tué près de 500 soldats et en ont blessé un millier d'autres ces vingt-cinq dernières années. Utilisés en priorité contre les troupes gouvernementales, ils l'ont aussi été contre les populations autochtones dont les rebelles maoïstes prétendaient défendre la cause. La police fait état de plus de 150 morts et 250 blessés dans les rangs des civils à cause de ces engins. Tama Jogi, 65 ans, en est l'une des victimes. L'été dernier, elle parcourait la forêt quand elle a marché au mauvais endroit. Sa jambe droite a volé en éclats. "Je n'entendais plus rien et j'ai perdu connaissance", se souvient-elle. "J'ai retrouvé mes esprits à l'hôpital, ils étaient en train de nettoyer ma blessure". Amputée, elle n'a jamais bénéficié d'aucune réparation ou indemnité, que les autorités réservent aux seuls soldats. Les combats ont beau avoir pris officiellement fin, les autorités locales continuent à s'inquiéter. "Ces mines sont un gros problème", concède le chef adjoint de l'exécutif du Chhattigarsh, Vijay Sharma. "Nous en découvrons des dizaines tous les jours (...) ensevelies sous une mare, le long d'une route, sur la berge d'une rivière, partout..." "Presque nettoyé" En janvier, Raju Modiyam, 35 ans, en a souffert sur un petit chemin proche de son village de Lankapali, qu'il croyait épargné par les rebelles parce que connu pour être très fréquenté par la population civile. "Dès que j'ai posé le pied dessus, ma jambe a explosé. Elle était déchiquetée. Il y avait du sang partout", rapporte cet homme, désormais contraint de marcher avec une béquille faute d'avoir pu se payer une prothèse. La police assure avoir désamorcé et déterré l'an dernier 900 mines artisanales des seules forêts qui encerclent la ville de Bastar. Et 300 autres depuis le début de l'année. "Nous ne sommes pas en mesure d'affirmer que le secteur est à 100% nettoyé", s'empresse de préciser le chef de la police, Sundarraj P. "Il n'y a jamais eu de démarcation claire entre les zones contrôlées par les rebelles et celles que nous contrôlions", plaide-t-il, "mais 98% du travail a été fait". Pas de quoi toutefois rassurer Raju Modiyam. "La peur est toujours là", dit-il. "Nous n'allons plus dans la jungle tellement nous redoutons de marcher sur un IED".

24.04.2026 à 23:57

Le genévrier sauvage, secret des Balkans pour garder le goût du gin intact

FRANCE24
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"Arôme puissant, goût magnifique", décrit le cueilleur de 34 ans qui ramasse du genévrier dans les collines du sud de la Serbie depuis son enfance. Pour faire du gin, on fait macérer des baies de genévrier et d'autres plantes aromatiques dans un alcool pur. Le tout est ensuite redistillé dans un alambic : la vapeur d'alcool se charge des arômes de genévrier, puis se recondense. Après ajustement du degré d'alcool, le gin est prêt à être mis en bouteille. En Serbie, comme dans une grande partie de l'industrie du gin, le genévrier n'est pas cultivé mais récolté à la main sur des buissons sauvages. Cette plante robuste prospère sur les pentes rocheuses et les conditions difficiles, là où peu d'autres survivent. Mais ces dernières années, sa résilience a été mise à l'épreuve dans plusieurs pays européens : l'espèce a du mal à se régénérer dans de nombreuses zones où elle était auparavant foisonnante. Changement climatique, pâturage et artificialisation des sols en font une baie de moins en moins facile à trouver. Les cueilleurs expérimentés comme Slobodan Velickovic ont aussi observé l'impact de la hausse des variations climatiques sur la récolte. Mais la production reste bonne. Alors que les rendements baissent dans certains pays d'Europe de l'Ouest, "les Balkans se positionnent de plus en plus comme une source d'approvisionnement alternative ", souligne la chambre de commerce de Serbie. Protéger le goût La Serbie, qui possède une longue tradition de cueillette du genévrier, en exporte environ 1.000 tonnes par an, précise la chambre de commerce. "La qualité dans les Balkans est exceptionnelle", explique Tommy Haughton, de Beacon Commodities, un grossiste. La région offre des volumes plus importants à des prix plus bas que d'autres, notamment l'Italie, et peut compter sur une tradition vieille de plusieurs générations. "Mon père traitait probablement avec le père ou le grand‑père, et je traite maintenant avec le fils, ou le petit‑fils ", explique le trader en genévrier. Si elle est pour l'instant largement préservée, la baie de genévrier serbe risque quand même de pâtir d'hivers moins froids et d'étés plus chauds, ajoute Tommy Haughton. Ainsi que des incendies de forêt qui, s'ils ne ravagent pas les buissons, peuvent empêcher d'y accéder ou donner aux baies un goût de fumée. De fortes pluies pendant la récolte peuvent aussi avoir un impact sur le goût, explique Matthew Pauley, chercheur au Centre international de brassage et de distillation de l'université Heriot‑Watt, en Ecosse : un vrai défi pour les producteurs de gin qui tentent de maintenir la saveur. "Nous allons être forcés d'explorer d'autres régions, inexplorées jusqu’à maintenant", explique M. Pauley. "Toute notre activité repose sur le fait que vous ayez un produit qui est le même aujourd'hui qu'hier", ajoute-t-il. Or, si les conditions de récolte sont trop humides, les baies doivent être séchées artificiellement - un processus qui peut affecter les composés volatils extraits lors de la distillation et, en conséquence, la saveur d'un gin. Protéger le goût est aussi le principal souci des distillateurs serbes, comme Ivan Lakatos, petit producteur de gin à Belegis. "La qualité du genévrier ne dépend pas de la taille de la baie elle‑même, mais de l'intensité de sa saveur, de l'endroit où elle a été cueillie ", raconte-t-il tandis que des vapeurs s'échappent d'un alambic en cuivre installé derrière lui, au sous-sol de sa distillerie. Pour rivaliser avec l'alcool préféré de la région, la rakija – une eau de vie le plus souvent issue de prunes, il est absolument vital que la qualité de chacune des 2.000 bouteilles annuelles de son gin soit parfaite. "Nous sommes très fiers de notre production, mais nous aimerions produire encore plus", ajoute-t-il. La clef du succès repose sur un approvisionnement local, pour maintenir intact le gout conféré par le genévrier serbe.

24.04.2026 à 23:43

L'Asie centrale fait table rase de son passé architectural soviétique

FRANCE24
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"Ce serait vraiment bien de pouvoir la détacher avec précaution et la réinstaller sur la façade du nouveau bâtiment", dit à l'AFP l'un des habitants, Rakhmon Satiev. Un voeu pieux, car son immeuble sera bientôt rasé, mosaïque comprise, pour laisser place à un complexe résidentiel flambant neuf. En Asie centrale, depuis une décennie, la tendance n'est pas à la conservation mais à la destruction d'innombrables édifices architecturaux emblématiques et d'oeuvres artistiques soviétiques monumentales les décorant : mosaïques, fresques ou sculptures. "On a beau admirer nos mosaïques, c'est dans l'air du temps" de les retirer, note Djamched Djouraïev, rare spécialiste tadjik de cette technique artistique. "Si le bâtiment est ancien et qu’il ne s’inscrit pas dans le concept de la nouvelle ville, il est démoli. La ville est en reconstruction, en pleine rénovation, et le passé disparaît", souligne l'artiste. A l'abri des regards, l'arrière-cour de son atelier abrite une statue du fondateur de l'URSS, Vladimir Lénine, symbole encombrant d'une époque qui n'a plus sa place dans le nouveau récit national des Etats centrasiatiques, qui s'éloignent de Moscou. Place au "confort" Trente-cinq ans après l'indépendance des cinq Etats centrasiatiques -- Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan -- leur paysage urbain est un chaos architectural où se côtoient immenses immeubles, bâtiments de style stalinien, baraques vétustes et chantiers à l'arrêt pour corruption. "La liste des monuments architecturaux perdus est impressionnante", note Altynaï Koudaïberguenova, cofondatrice d'Artkana, rare initiative pour préserver l’architecture au Kirghizstan. Selon elle, la capitale kirghize, Bichkek, a pourtant un "potentiel touristique" avec ses "magnifiques exemples d'architecture socialiste-moderniste", un style apprécié par des centaines de milliers d'amateurs, notamment sur Instagram. Mais elle craint n'avoir bientôt rien à montrer aux touristes, tant la ville se métamorphose. Cette révolution architecturale est dictée par des raisons idéologiques. Les dirigeants centrasiatiques se présentent comme les fondateurs d'une nouvelle ère et pour asseoir leur légitimité, construisent de nouveaux lieux de pouvoir, rendant malvenue toute référence à l'époque soviétique. Afin de ne pas froisser l'allié russe, les discours officiels insistent sur les impératifs démographiques et de salubrité publique, pour loger dignement les 80 millions de Centrasiatiques. Mais aussi économiques, car rénover des bâtiments mal entretenus durant des décennies est plus cher que reconstruire, assurent les autorités. Selon Safarbek Kossimov, célèbre sculpteur tadjik, "Roustam Emomali, le maire de Douchanbé, s'efforce de rendre les maisons aussi belles et confortables que possible", et cela rend "inutiles" les mosaïques, parfois remplacées par les portraits des dirigeants. "idéologie" Selon Mme Koudaïberguenova, "la plupart des mosaïques soviétiques cherchaient à transmettre une idéologie", glorifiant le système soviétique, "mais la composante artistique était également très importante". "Malheureusement, les entreprises sont rarement sensibles à ce genre de considérations et privilégient avant tout la possibilité de vendre des mètres carrés à prix d'or", regrette-t-elle. Les destructions d'oeuvres et de bâtiments concernent aussi ceux qui ne font pas référence au communisme. D'autant que l'immobilier en Asie centrale est sujet à la corruption et à la collusion entre pouvoir et milieu d'affaires, selon plusieurs ONG et organisations internationales. A Bichkek, le peintre Erkinbek Boljourov s'inquiète du sort de la Maison des artistes, adjacente à l'ex-imprimerie nationale, dont il ne reste que les murs. "Nous n'avons déjà pas beaucoup de monuments architecturaux. Nous ne sommes pas contre la politique du gouvernement, nous voulons que la ville s’embellisse, mais pourquoi ne pas préserver ce monument architectural ?", s'interroge-t-il. "Nous sommes pour que Bichkek se développe, bien sûr, mais sans que cela se fasse au détriment de notre mémoire. De grands artistes ont travaillé entre ces murs, cela rend son caractère unique, car il y a une histoire", dit-il à l'AFP. Mais la population est rarement consultée dans ces pays à la liberté d'expression contrôlée. Malgré la tendance actuelle, l'artiste tadjik Djouraïev veut croire que "viendra le temps" où les mosaïques décoreront les bâtiments. "Les architectes et les urbanistes devraient y accorder davantage d’importance, alors il y aura un renouveau".
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