"Si on ne montre pas qu’on est là, les fascistes vont se permettre de plus en plus de choses", lance Matthieu, maçon de 24 ans, présent dans l'imposant cortège lyonnais, trois semaines après la marche qui avait réuni 3.200 personnes en hommage au militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque, mort après avoir été passé à tabac par des membres de l'ultragauche.
A la tête de ce cortège parti de la place Bellecour se trouvaient une pancarte de "soutien aux antifascistes incarcérés" et quelques fumigènes rouges et noirs, au rythme de "Lyon, Lyon antifa" ou "pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos".
Selon la préfecture, 11.000 personnes ont défilé à Lyon. Dans d'autres villes, de plus petits cortèges se sont élancés au nom de la défense des "solidarités": environ 2.500 à Rennes ou Marseille, près de 2.000 à Toulouse, plus de 1.000 à Bordeaux, selon la police.
A Paris, d'après les organisateurs, ce sont 100.000 personnes qui ont manifesté entre les places de la Nation et de la République, lors de cette "Marche des solidarités", à l'appel d'associations et de collectifs de défense des étrangers et de lutte contre le racisme ou les violences policières.
Ces rassemblements se tenaient dans un contexte marqué par la mort de Quentin Deranque à Lyon ainsi que, sur le plan politique, l'issue très incertaine des élections municipales.
"On est ici contre le fascisme, en France et ailleurs", expliquait à Marseille Henry Marianne, 67 ans, qui juge "très important d’aller voter" dimanche.
"Repousser l'extrême droite"
"Pour moi, le fascisme, c’est un ensemble de maintiens de pouvoir contre des minorités, les personnes LGBT, les précaires, les racisés. Le discours fasciste est de plus en plus normalisé", a renchéri, dans la même ville, Sarah Talmite, 28 ans,
Ces rassemblements avaient également une couleur internationale, avec de nombreux drapeaux et slogans évoquant la guerre au Moyen-Orient et la cause palestinienne.
"Non à la guerre impérialiste contre l'Iran", pouvait-on lire à Toulouse sur des pancartes dans un cortège hérissé de drapeaux palestiniens, LFI, NPA, CGT et d'autres, précédé d'une quinzaine de camions de CRS roulant au loin et au ralenti.
A Paris, Sasha, 17 ans, qui regrette de ne pas avoir l'âge de voter, était à la fois "venue pour repousser l'extrême droite qui en est train de monter" et protester contre "les génocides qui ont lieu en ce moment".
"Pour moi, la France et l'international, c'est lié. (...) Le contexte est de plus en plus inquiétant, chaque action militaire renforce l'inquiétude", a estimé Martine Hennequin, 68 ans, présente dans ce cortège réunissant des associations d'horizons très divers, comme Greenpeace, Attac, le syndicat étudiant Fage ou d'autres fondées par des proches de personnes décédées au cours de leur interpellation par la police.
A travers le pays, où environ 85 rassemblements étaient annoncés, les manifestations se sont globalement déroulées dans le calme, même si quelques échauffourées ont eu lieu à Lyon.
A des tirs de mortiers d’artifice, les forces de l’ordre ont répondu par plusieurs tirs de gaz lacrymogènes. Peu avant, une poignée de manifestants avaient tenté de faire irruption dans un immeuble, duquel des habitants avaient interpellé le cortège depuis un balcon.
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