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11.08.2026 à 00:19

FRANCE 24
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Au moins une personne a été blessées à Kiev dans la nuit de lundi à mardi dans une attaque de missiles russes. À Zaporijjia, dans le sud-est du pays, une autre attaque russe nocturne a tué au moins cinq personnes. Suivez notre direct.
Au moins une personne a été blessées à Kiev dans la nuit de lundi à mardi dans une attaque de missiles russes. À Zaporijjia, dans le sud-est du pays, une autre attaque russe nocturne a tué au moins cinq personnes. Suivez notre direct.

11.08.2026 à 00:19

FRANCE24
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Pendant des mois, les responsables russes se sont accrochés à une formule: l'"esprit d'Anchorage", un supposé climat de détente et de dialogue direct avec Washington et un cadre pour trouver une issue au conflit le plus meurtrier sur le sol européen depuis la Seconde guerre mondiale. Une atmosphère dont il est difficile de retrouver les traces, alors que les efforts de médiation engagés par les Etats-Unis sont au point mort et que la Russie et l'Ukraine multiplient leurs frappes. Terminer la guerre Le 15 août 2025, Donald Trump rompait avec la politique d'isolement jusque là prônée par les Occidentaux envers Vladimir Poutine en lui déroulant le tapis rouge sur la base militaire d'Elmendorf-Richardson. Les discussions ce jour-là s'étaient tenues à huis clos et le flou demeure sur ce qui y avait été convenu. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, révélera plus tard qu'il s'agissait d'une "proposition de compromis" pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Selon le politologue Sergueï Markov, déclaré "agent de l'étranger" par les autorités russes mais resté proche du pouvoir, Moscou voulait poser les bases d'une "paix durable" avec l'Ukraine en tentant de résoudre ce qu'elle considère comme étant les "causes profondes" du conflit. Le Kremlin réclamait depuis des années d'entamer un dialogue avec Washington sur l'architecture de la sécurité en Europe, l'élargissement de l'Otan, perçu comme une menace, et le contrôle des armements. Le "compromis" proposé par Moscou consistait à limiter ses ambitions territoriales au Donbass, dans l'est de l'Ukraine, à condition que Kiev et Washington "reconnaissent les nouvelles frontières" et que les sanctions américaines soient levées, a expliqué M. Markov à l'AFP. Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio nuancera en juin 2026 qu'"une proposition a été faite en Alaska, mais ce n'a jamais été un accord". Désenchantement Ces demandes russes, et d'autres, seront reprises dans un document de 28 points, ensuite réduit à 19, négocié pendant des semaines séparément entre Washington, Moscou et Kiev sans jamais aboutir. Les Etats-Unis ont aussi encouragé une série de pourparlers directs entre Russes et Ukrainiens sous leur médiation début 2026, mais les discussions ont achoppé sur la question des territoires. La guerre au Moyen-Orient déclenchée fin février accapare depuis l'attention et les ressources de Washington. A l'heure actuelle, aucun nouvel épisode diplomatique entre Moscou et Kiev n'est à l'agenda. Parallèlement, Donald Trump a abandonné les derniers traités de désarmement liant la Russie et les Etats-Unis, le FNI et New Start, et adopté des sanctions contre Moscou. Pour Moscou, qui espérait définir avec Washington les paramètres de l'ordre mondial, c'est le désenchantement. "Je ne veux même pas imaginer que l'Alaska (...) ait été conçu pour gagner du temps afin de renforcer militairement" l'Ukraine, lâchait M. Lavrov en juin. Une rencontre entre le chef de la diplomatie russe et son homologue américain fin juillet à Manille, la première depuis septembre 2025, n'avait duré qu'une trentaine de minutes. Face aux journalistes, Marco Rubio avait alors réitéré la volonté de Washington de "jouer un rôle constructif" pour "mettre fin à une guerre absurde", mais insisté sur le fait qu'il "faudra quelque chose que la Russie et l'Ukraine puissent toutes deux accepter". L'escalade Or, les conditions russes et ukrainiennes pour conclure un accord de paix sont irréconciliables et chaque camp reste persuadé qu'il peut faire plier l'autre par des moyens militaires. Si le front est en grande partie figé depuis plusieurs mois, signe d'épuisement des forces en présence, la Russie affiche récemment des ambitions de conquête plus grandes qu'auparavant. "Les forces armées russes poursuivront leurs missions de libération du Donbass et de la Nouvelle-Russie conformément au plan approuvé", lançait devant Vladimir Poutine début juillet le chef d'état-major Valéri Guérassimov, en référence à des territoires allant de l'est au sud de l'Ukraine. Fort du soutien européen, l'Ukraine mise de son côté sur ses frappes à longue portée pour infliger un coût économique et social croissant à son adversaire. En bombardant les raffineries de pétrole, elle a provoqué une crise du carburant en Russie cet été, et elle vise désormais des entrepôts du géant russe du e-commerce, Wildberries. Ses frappes multiples sur la Crimée annexée par Moscou ont aussi entraîné une crise énergétique sur la péninsule, déclarée cet été en "situation d'urgence". La Russie multiplie de son côté les frappes massives sur Kiev et d'autres régions et a mis un coup d'arrêt aux exportations ukrainiennes en mer Noire en attaquant ses ports et navires. "L'esprit d'Anchorage s'est dissipé" au profit d'une "escalade brutale", estimait début août dans une interview à l'hebdomadaire AIF Fiodor Loukianov, politologue proche des cercles du pouvoir russe.
Texte intégral (830 mots)
Pendant des mois, les responsables russes se sont accrochés à une formule: l'"esprit d'Anchorage", un supposé climat de détente et de dialogue direct avec Washington et un cadre pour trouver une issue au conflit le plus meurtrier sur le sol européen depuis la Seconde guerre mondiale. Une atmosphère dont il est difficile de retrouver les traces, alors que les efforts de médiation engagés par les Etats-Unis sont au point mort et que la Russie et l'Ukraine multiplient leurs frappes. Terminer la guerre Le 15 août 2025, Donald Trump rompait avec la politique d'isolement jusque là prônée par les Occidentaux envers Vladimir Poutine en lui déroulant le tapis rouge sur la base militaire d'Elmendorf-Richardson. Les discussions ce jour-là s'étaient tenues à huis clos et le flou demeure sur ce qui y avait été convenu. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, révélera plus tard qu'il s'agissait d'une "proposition de compromis" pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Selon le politologue Sergueï Markov, déclaré "agent de l'étranger" par les autorités russes mais resté proche du pouvoir, Moscou voulait poser les bases d'une "paix durable" avec l'Ukraine en tentant de résoudre ce qu'elle considère comme étant les "causes profondes" du conflit. Le Kremlin réclamait depuis des années d'entamer un dialogue avec Washington sur l'architecture de la sécurité en Europe, l'élargissement de l'Otan, perçu comme une menace, et le contrôle des armements. Le "compromis" proposé par Moscou consistait à limiter ses ambitions territoriales au Donbass, dans l'est de l'Ukraine, à condition que Kiev et Washington "reconnaissent les nouvelles frontières" et que les sanctions américaines soient levées, a expliqué M. Markov à l'AFP. Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio nuancera en juin 2026 qu'"une proposition a été faite en Alaska, mais ce n'a jamais été un accord". Désenchantement Ces demandes russes, et d'autres, seront reprises dans un document de 28 points, ensuite réduit à 19, négocié pendant des semaines séparément entre Washington, Moscou et Kiev sans jamais aboutir. Les Etats-Unis ont aussi encouragé une série de pourparlers directs entre Russes et Ukrainiens sous leur médiation début 2026, mais les discussions ont achoppé sur la question des territoires. La guerre au Moyen-Orient déclenchée fin février accapare depuis l'attention et les ressources de Washington. A l'heure actuelle, aucun nouvel épisode diplomatique entre Moscou et Kiev n'est à l'agenda. Parallèlement, Donald Trump a abandonné les derniers traités de désarmement liant la Russie et les Etats-Unis, le FNI et New Start, et adopté des sanctions contre Moscou. Pour Moscou, qui espérait définir avec Washington les paramètres de l'ordre mondial, c'est le désenchantement. "Je ne veux même pas imaginer que l'Alaska (...) ait été conçu pour gagner du temps afin de renforcer militairement" l'Ukraine, lâchait M. Lavrov en juin. Une rencontre entre le chef de la diplomatie russe et son homologue américain fin juillet à Manille, la première depuis septembre 2025, n'avait duré qu'une trentaine de minutes. Face aux journalistes, Marco Rubio avait alors réitéré la volonté de Washington de "jouer un rôle constructif" pour "mettre fin à une guerre absurde", mais insisté sur le fait qu'il "faudra quelque chose que la Russie et l'Ukraine puissent toutes deux accepter". L'escalade Or, les conditions russes et ukrainiennes pour conclure un accord de paix sont irréconciliables et chaque camp reste persuadé qu'il peut faire plier l'autre par des moyens militaires. Si le front est en grande partie figé depuis plusieurs mois, signe d'épuisement des forces en présence, la Russie affiche récemment des ambitions de conquête plus grandes qu'auparavant. "Les forces armées russes poursuivront leurs missions de libération du Donbass et de la Nouvelle-Russie conformément au plan approuvé", lançait devant Vladimir Poutine début juillet le chef d'état-major Valéri Guérassimov, en référence à des territoires allant de l'est au sud de l'Ukraine. Fort du soutien européen, l'Ukraine mise de son côté sur ses frappes à longue portée pour infliger un coût économique et social croissant à son adversaire. En bombardant les raffineries de pétrole, elle a provoqué une crise du carburant en Russie cet été, et elle vise désormais des entrepôts du géant russe du e-commerce, Wildberries. Ses frappes multiples sur la Crimée annexée par Moscou ont aussi entraîné une crise énergétique sur la péninsule, déclarée cet été en "situation d'urgence". La Russie multiplie de son côté les frappes massives sur Kiev et d'autres régions et a mis un coup d'arrêt aux exportations ukrainiennes en mer Noire en attaquant ses ports et navires. "L'esprit d'Anchorage s'est dissipé" au profit d'une "escalade brutale", estimait début août dans une interview à l'hebdomadaire AIF Fiodor Loukianov, politologue proche des cercles du pouvoir russe.

11.08.2026 à 00:15

FRANCE24
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Une soixantaine de centres de données avec centrales dédiées doivent ainsi être construits dans les années à venir aux Etats-Unis, représentant la capacité de production électrique totale du Mexique, selon une analyse réalisée par le cabinet Cleanview et consultée par l'AFP. Aucun ne sera connecté au réseau électrique. Les implications climatiques de ces projets sont considérables. Ces centrales construites spécialement pourraient facilement dépasser les 200 millions de tonnes d'émissions de dioxyde de carbone par an, selon les calculs communiqués à l'AFP par l'Union of Concerned Scientists et le Natural Resources Defense Council. Cela dépendra du nombre de turbines construites et de leur fréquence de fonctionnement. Cela équivaut à peu près aux émissions annuelles de plus de 45 millions de voitures, soit les émissions annuelles de dioxyde de carbone du Pakistan. Ces centrales émettent également des particules fines — associées à toute une série de troubles cardiaques et pulmonaires — des oxydes d'azote — qui aggravent les maladies respiratoires — ainsi que des polluants atmosphériques dangereux pour la santé, comme le mercure, le formaldéhyde et le benzène. Alimenter des centres de données grâce à une électricité produite par des turbines tournant au gaz ou au diesel "aggrave le changement climatique", explique aussi John Rogers de l'Union of Concerned Scientists, un groupe scientifique indépendant. Yuqi Zhu, de l'organisation de défense de l'environnement Natural Resources Defense Council, juge ces "centrales polluantes (...) inacceptables, au moment où les vagues de chaleur et les incendies nous montrent que nous devons changer de cap", et précise qu'elles font généralement l'objet de peu de contrôles par les autorités. Turbines pour navires de guerre Cette pratique, autrefois marginale, a pris de l'ampleur après l'installation de turbines à gaz mobiles par Elon Musk dans son centre de données de Memphis, dans le sud des Etats-Unis, en 2024. Les recherches de Cleanview — basées sur des permis de construire, des documents administratifs, des communiqués de presse et d'autres archives — révèlent que presque tous les géants du secteur mènent de tels projets, comme Meta, Microsoft, ou OpenAI. Dans une sorte de vaste précipitation, les turbines branchées viennent de sources diverses: des groupes électrogènes sur remorque, des turbines conçues pour avion ou bateau, jusqu'à la réutilisation de générateurs industriels. Les centrales sont plutôt construites dans des Etats républicains avec, en tête, le Texas. La semaine dernière, Amazon a confirmé à l'AFP construire une immense centrale à gaz au Texas, qui pourrait émettre plus de gaz à effet de serre que n'importe quelle autre infrastructure aux Etats-Unis. Au total, ses 35 turbines auraient une capacité totale quatre fois supérieure à celle du réacteur nucléaire EPR de Flamanville, en France. Dans le Mississippi, l'entreprise d'IA d'Elon Musk, xAI, a par exemple construit une centrale thermique alimentant son centre de données situé dans le Tennessee voisin, contre laquelle la NAACP, association de défense des droits civiques, a porté plainte. "Nous craignons que, si cette affaire se solde par un jugement défavorable à notre égard, les centres de données de tout le pays se sentent encouragés" à construire leur propre centrale, affirme Laura Thoms dont l'organisation Earthjustice représente la NAACP. En mars, la Maison Blanche a lancé une initiative visant à ce que les géants de la tech s'engagent à financer ou produire leur propre source d'électricité pour faire tourner leurs centres de données, afin de limiter la répercussion sur la facture d'énergie des ménages. Et les énergies fossiles connaissaient déjà un regain d'intérêt avant le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. "Rien qu'au premier semestre 2026, on constate déjà que les nouvelles capacités (issues des énergies fossiles) annoncées sont supérieures à ce qu'elles ont été au cours des dix dernières années", estime Rachel Reolfi, analyste au sein de l'Atlas Public Policy, un organisme de recherche en politiques publiques.
Texte intégral (674 mots)
Une soixantaine de centres de données avec centrales dédiées doivent ainsi être construits dans les années à venir aux Etats-Unis, représentant la capacité de production électrique totale du Mexique, selon une analyse réalisée par le cabinet Cleanview et consultée par l'AFP. Aucun ne sera connecté au réseau électrique. Les implications climatiques de ces projets sont considérables. Ces centrales construites spécialement pourraient facilement dépasser les 200 millions de tonnes d'émissions de dioxyde de carbone par an, selon les calculs communiqués à l'AFP par l'Union of Concerned Scientists et le Natural Resources Defense Council. Cela dépendra du nombre de turbines construites et de leur fréquence de fonctionnement. Cela équivaut à peu près aux émissions annuelles de plus de 45 millions de voitures, soit les émissions annuelles de dioxyde de carbone du Pakistan. Ces centrales émettent également des particules fines — associées à toute une série de troubles cardiaques et pulmonaires — des oxydes d'azote — qui aggravent les maladies respiratoires — ainsi que des polluants atmosphériques dangereux pour la santé, comme le mercure, le formaldéhyde et le benzène. Alimenter des centres de données grâce à une électricité produite par des turbines tournant au gaz ou au diesel "aggrave le changement climatique", explique aussi John Rogers de l'Union of Concerned Scientists, un groupe scientifique indépendant. Yuqi Zhu, de l'organisation de défense de l'environnement Natural Resources Defense Council, juge ces "centrales polluantes (...) inacceptables, au moment où les vagues de chaleur et les incendies nous montrent que nous devons changer de cap", et précise qu'elles font généralement l'objet de peu de contrôles par les autorités. Turbines pour navires de guerre Cette pratique, autrefois marginale, a pris de l'ampleur après l'installation de turbines à gaz mobiles par Elon Musk dans son centre de données de Memphis, dans le sud des Etats-Unis, en 2024. Les recherches de Cleanview — basées sur des permis de construire, des documents administratifs, des communiqués de presse et d'autres archives — révèlent que presque tous les géants du secteur mènent de tels projets, comme Meta, Microsoft, ou OpenAI. Dans une sorte de vaste précipitation, les turbines branchées viennent de sources diverses: des groupes électrogènes sur remorque, des turbines conçues pour avion ou bateau, jusqu'à la réutilisation de générateurs industriels. Les centrales sont plutôt construites dans des Etats républicains avec, en tête, le Texas. La semaine dernière, Amazon a confirmé à l'AFP construire une immense centrale à gaz au Texas, qui pourrait émettre plus de gaz à effet de serre que n'importe quelle autre infrastructure aux Etats-Unis. Au total, ses 35 turbines auraient une capacité totale quatre fois supérieure à celle du réacteur nucléaire EPR de Flamanville, en France. Dans le Mississippi, l'entreprise d'IA d'Elon Musk, xAI, a par exemple construit une centrale thermique alimentant son centre de données situé dans le Tennessee voisin, contre laquelle la NAACP, association de défense des droits civiques, a porté plainte. "Nous craignons que, si cette affaire se solde par un jugement défavorable à notre égard, les centres de données de tout le pays se sentent encouragés" à construire leur propre centrale, affirme Laura Thoms dont l'organisation Earthjustice représente la NAACP. En mars, la Maison Blanche a lancé une initiative visant à ce que les géants de la tech s'engagent à financer ou produire leur propre source d'électricité pour faire tourner leurs centres de données, afin de limiter la répercussion sur la facture d'énergie des ménages. Et les énergies fossiles connaissaient déjà un regain d'intérêt avant le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. "Rien qu'au premier semestre 2026, on constate déjà que les nouvelles capacités (issues des énergies fossiles) annoncées sont supérieures à ce qu'elles ont été au cours des dix dernières années", estime Rachel Reolfi, analyste au sein de l'Atlas Public Policy, un organisme de recherche en politiques publiques.
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