Lien du flux RSS
Chaîne de service public - Actualité internationale.

▸ les 15 dernières parutions

20.02.2026 à 22:29

Berlinale: "Soumsoum", ode animiste et féministe dans le Sahara tchadien

FRANCE24
img
Figure historique du cinéma de son pays, Haroun, qui se définit comme un "conteur" qui "essaie de donner une représentation juste de cette partie du monde", a déjà été distingué à Venise en 1999 pour "Bye Bye Africa" et en 2006 pour "Daratt", et en 2010 à Cannes pour "Un homme qui crie". "Soumsoum, la nuit des astres", une coproduction franco-tchadienne, renvoie dos à dos domination religieuse et masculine. "Je crois que je suis pas normale." Kellou, 17 ans, incarnée par Maïmouna Miawama, se sent démunie face à ses visions quand elle rencontre Aya, une femme accusée par les hommes d'apporter le malheur dans le village. Incarnée par Achouackh Abakar Souleymane, la marginale va l'initier aux secrets d'une tradition animiste, entre culte des forces de la nature et des ancêtres, qui n'a pas totalement disparu avec l'implantation progressive de l'islam. Aujourd'hui encore au Tchad, "il y a toujours des gens qui font ce syncrétisme" entre islam et animisme, "mais c'est mal vu. Et les hommes, dans le film, en fait, ils ont honte un peu de ce passé-là et ils ne veulent pas qu'on le leur rappelle", estime le réalisateur. A l'inverse, les deux femmes "assument en quelque sorte leur passé" et "sont en cela conservatrices d'une sorte de mémoire" qui ne renie pas pour autant "les religions révélées", en l'occurrence l'islam, ajoute cette figure historique du cinéma tchadien. Carnaval libertin Aya explique avoir été conçue lors d'un carnaval où hommes et femmes, masqués, se rencontrent librement. Cette tradition, qui existait dans une autre région du Tchad, le Guéra, selon Haroun, a "disparu" parce qu'"on a commencé à poser un regard moral" avec l'islamisation et la christianisation, estime-t-il. Situé au centre du Sahara et du Sahel, l'immense Tchad est divisé entre un nord musulman et un sud chrétien. Désormais minoritaire, l'animisme a vu certaines de ses pratiques intégrées dans les deux religions monothéistes. Pour Haroun, "ce qu'on voit aujourd'hui en Afrique, c'est cette guerre entre des gens parce qu'ils ont tout simplement adopté une religion qui est venue d'ailleurs. Et ils estiment qu'ils n'ont plus de lien (entre eux) parce que les uns croient en telle religion, et les autres en telle autre." Le film se distingue par des paysages grandioses. Classé au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2016, l'Ennedi est un plateau de grès érodé par l'eau et le vent, qui y ont créé des falaises et des rochers spectaculaires. Les populations locales "entretiennent un lien avec ces montagnes-là, comme si elles étaient des êtres vivants qui faisaient partie de leur vie", souligne Haroun. Le tournage, qui a duré un mois et demi en 2025, a été "une expérience assez bouleversante", car les acteurs ou techniciens tchadiens "ne connaissent pas cette région". Le massif recèle sur ses parois un autre trésor: l'un des plus grands ensembles de peintures rupestres du Sahara, qui datent selon l'Unesco du 4e millénaire avant notre ère. "Les gens qui ont fait ça savaient que c'était éternel, que ça n'allait pas disparaître", s'émerveille Haroun, qui a intégré l'une des peintures à une scène finale. La sortie du film en France est prévue pour le 22 avril.

20.02.2026 à 22:26

Côte d’Ivoire : le retour historique du tambour parleur Djidji Ayôkwê

FRANCE24
img
Confisqué en 1916 par l’administration coloniale française, le Djidji Ayôkwê, tambour parleur sacré du peuple ébrié (Atchan), s’apprête à retrouver la Côte d’Ivoire. Symbole de résistance, instrument politique et spirituel, il incarne les enjeux contemporains de restitution du patrimoine africain. Dans ce focus culture du Journal de l’Afrique, la ministre ivoirienne de la Culture revient sur la portée historique, identitaire et politique de ce retour très attendu à Abidjan.
Texte intégral (550 mots)
Confisqué en 1916 par l’administration coloniale française, le Djidji Ayôkwê, tambour parleur sacré du peuple ébrié (Atchan), s’apprête à retrouver la Côte d’Ivoire. Symbole de résistance, instrument politique et spirituel, il incarne les enjeux contemporains de restitution du patrimoine africain. Dans ce focus culture du Journal de l’Afrique, la ministre ivoirienne de la Culture revient sur la portée historique, identitaire et politique de ce retour très attendu à Abidjan.

20.02.2026 à 22:25

Affaire Jérémie Cohen: quatre ans après le scandale, une condamnation à 10 ans de réclusion

FRANCE24
img
Les magistrats de la cour criminelle de Seine-Saint-Denis ont reconnu Miguel Dorothée coupable de violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, commises en réunion, le soir du 16 février 2022 à Bobigny. Se tournant vers l'ancien manutentionnaire intérimaire, qui comparaissait détenu, le président Christophe Petiteau lui a expliqué le verdict: "La cour a considéré que les violences que vous avez commises sur la personne de Jérémie Cohen, des violences répétées, avaient été la cause directe de sa fuite et donc du décès". L'avocat général Théo Lemettre avait auparavant réclamé contre lui 11 années de réclusion, "compte tenu de la particulière gravité des faits", tout en relevant que son casier judiciaire ne comportait qu'une condamnation pour un délit routier. Dans son réquisitoire, le magistrat avait estimé que Jérémie Cohen, handicapé en raison de troubles psychiques, avait encaissé, mutique, des coups de poings et de pieds sur deux scènes de violences successives et qu'il ne pouvait que vouloir fuir, sans réfléchir. "Je reconnais les violences mais elles n'ont pas causé la mort", avait déclaré durant le procès Miguel Dorothée. Mais "si les violences n'avaient pas eu lieu, Jérémie Cohen serait toujours vivant", a considéré l'accusation. Conformément aux réquisitions, la cour a condamné à 30 mois d'emprisonnement dont 15 avec sursis le second accusé, Kenny A., poseur de voies ferrées de 27 ans, pour le délit de violences en réunion. Il était jugé pour avoir porté quelques coups, y compris au visage, mais uniquement sur la première scène de violences. Il est reparti libre, sa peine de 11 mois de prison ferme étant aménageable, après avoir passé quatre mois en détention provisoire. Leurs défenseurs avaient souligné que tous deux avaient reconnu les faits reprochés et exprimé des regrets. Ils n'avaient pas auparavant été condamnés pour violences. "Importance considérable" "Ce n'est pas un meurtre, pas un assassinat, pas une agression liée à la religion ni un crime lié au narcotrafic", a considéré l'avocat général, évoquant ce qui avait pu être avancé pendant la médiatisation de cette affaire ayant pris, a-t-il dit, "une importance considérable". Il a conclu à "un lynchage doublé d'un effet de groupe, qui a abouti à une mort qui n'était pas recherchée". N'acceptant pas la piste initiale de l'accident de circulation et donc la clôture de l'enquête, la famille de Jérémie Cohen avait lancé un appel à témoins et récupéré auprès d'un touriste étranger une vidéo: elle montrait la deuxième scène de violences et la collision mortelle, survenant seulement 13 secondes après le dernier coup. En défense, l'avocat de Miguel Dorothée, Me Kamel Derouiche, a fait valoir que, sur la vidéo visionnée maintes fois à l'audience, on ne voyait en fait pas bien les coups portés: "ce qui est insoutenable (quand on la regarde), c'est l'accident de la circulation, pas la scène de violence, parce que ce n'est pas un dossier de coups mortels", a-t-il lancé. Quand Jérémie Cohen se met à courir, "il n'est pas poursuivi, c'est un fait absolument essentiel", avait-il aussi relevé, plaidant l'acquittement. La défense aura exposé sa thèse d'une "réaction disproportionnée" des accusés, qui auraient d'abord voulu "mettre une correction" à l'homme qu'ils disaient avoir vu se masturber dans la rue. Elle avait évoqué les nouvelles violences commises ensuite par Miguel Dorothée comme "une démonstration de virilité mal placée" quand sa petite amie lui aurait rapporté avoir été touchée aux fesses par l'exhibitionniste. "Les accusés disent que tout serait parti du comportement de la victime, qui se serait masturbé devant une femme âgée, et aurait agressé sexuellement" la petite amie, mais ce sont "des déclarations qui ne sont corroborées par rien et sont contradictoires entre elles", avait estimé l'avocat général. Les avocats de la partie civile avaient fustigé des "violences gratuites". La famille Cohen avait sollicité le candidat d'extrême droite Éric Zemmour, juste avant la présidentielle d'avril 2022, pour qu'il médiatise l'affaire, avait déploré la défense, qui avait appelé la cour à "faire abstraction du tumulte médiatique et des récupérations politiques".
Texte intégral (741 mots)
Les magistrats de la cour criminelle de Seine-Saint-Denis ont reconnu Miguel Dorothée coupable de violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, commises en réunion, le soir du 16 février 2022 à Bobigny. Se tournant vers l'ancien manutentionnaire intérimaire, qui comparaissait détenu, le président Christophe Petiteau lui a expliqué le verdict: "La cour a considéré que les violences que vous avez commises sur la personne de Jérémie Cohen, des violences répétées, avaient été la cause directe de sa fuite et donc du décès". L'avocat général Théo Lemettre avait auparavant réclamé contre lui 11 années de réclusion, "compte tenu de la particulière gravité des faits", tout en relevant que son casier judiciaire ne comportait qu'une condamnation pour un délit routier. Dans son réquisitoire, le magistrat avait estimé que Jérémie Cohen, handicapé en raison de troubles psychiques, avait encaissé, mutique, des coups de poings et de pieds sur deux scènes de violences successives et qu'il ne pouvait que vouloir fuir, sans réfléchir. "Je reconnais les violences mais elles n'ont pas causé la mort", avait déclaré durant le procès Miguel Dorothée. Mais "si les violences n'avaient pas eu lieu, Jérémie Cohen serait toujours vivant", a considéré l'accusation. Conformément aux réquisitions, la cour a condamné à 30 mois d'emprisonnement dont 15 avec sursis le second accusé, Kenny A., poseur de voies ferrées de 27 ans, pour le délit de violences en réunion. Il était jugé pour avoir porté quelques coups, y compris au visage, mais uniquement sur la première scène de violences. Il est reparti libre, sa peine de 11 mois de prison ferme étant aménageable, après avoir passé quatre mois en détention provisoire. Leurs défenseurs avaient souligné que tous deux avaient reconnu les faits reprochés et exprimé des regrets. Ils n'avaient pas auparavant été condamnés pour violences. "Importance considérable" "Ce n'est pas un meurtre, pas un assassinat, pas une agression liée à la religion ni un crime lié au narcotrafic", a considéré l'avocat général, évoquant ce qui avait pu être avancé pendant la médiatisation de cette affaire ayant pris, a-t-il dit, "une importance considérable". Il a conclu à "un lynchage doublé d'un effet de groupe, qui a abouti à une mort qui n'était pas recherchée". N'acceptant pas la piste initiale de l'accident de circulation et donc la clôture de l'enquête, la famille de Jérémie Cohen avait lancé un appel à témoins et récupéré auprès d'un touriste étranger une vidéo: elle montrait la deuxième scène de violences et la collision mortelle, survenant seulement 13 secondes après le dernier coup. En défense, l'avocat de Miguel Dorothée, Me Kamel Derouiche, a fait valoir que, sur la vidéo visionnée maintes fois à l'audience, on ne voyait en fait pas bien les coups portés: "ce qui est insoutenable (quand on la regarde), c'est l'accident de la circulation, pas la scène de violence, parce que ce n'est pas un dossier de coups mortels", a-t-il lancé. Quand Jérémie Cohen se met à courir, "il n'est pas poursuivi, c'est un fait absolument essentiel", avait-il aussi relevé, plaidant l'acquittement. La défense aura exposé sa thèse d'une "réaction disproportionnée" des accusés, qui auraient d'abord voulu "mettre une correction" à l'homme qu'ils disaient avoir vu se masturber dans la rue. Elle avait évoqué les nouvelles violences commises ensuite par Miguel Dorothée comme "une démonstration de virilité mal placée" quand sa petite amie lui aurait rapporté avoir été touchée aux fesses par l'exhibitionniste. "Les accusés disent que tout serait parti du comportement de la victime, qui se serait masturbé devant une femme âgée, et aurait agressé sexuellement" la petite amie, mais ce sont "des déclarations qui ne sont corroborées par rien et sont contradictoires entre elles", avait estimé l'avocat général. Les avocats de la partie civile avaient fustigé des "violences gratuites". La famille Cohen avait sollicité le candidat d'extrême droite Éric Zemmour, juste avant la présidentielle d'avril 2022, pour qu'il médiatise l'affaire, avait déploré la défense, qui avait appelé la cour à "faire abstraction du tumulte médiatique et des récupérations politiques".
3 / 15

 

  GÉNÉRALISTES
Le Canard Enchaîné
La Croix
Le Figaro
France 24
France-Culture
FTVI
HuffPost
L'Humanité
LCP / Public Senat
Le Media
La Tribune
Time France
 
  EUROPE ‧ RUSSIE
Courrier Europe Centrale
Desk-Russie
Euractiv
Euronews
Toute l'Europe
 
  Afrique du Nord ‧ Proche-Orient
Haaretz
Info Asie
Inkyfada
Jeune Afrique
Kurdistan au féminin
L'Orient - Le Jour
Orient XXI
Rojava I.C
 
  INTERNATIONAL
Courrier International
Equaltimes
Global Voices
Infomigrants
I.R.I.S
The New-York Times
 
  OSINT ‧ INVESTIGATION
OFF Investigation
OpenFacto°
Bellingcat
Disclose
Global.Inv.Journalism
I.C.I.J
 
  MÉDIAS D'OPINION
Au Poste
Cause Commune
CrimethInc.
Hors-Serie
L'Insoumission
Là-bas si j'y suis
Les Jours
LVSL
Politis
Quartier Général
Rapports de force
Reflets
Reseau Bastille
StreetPress
 
  OBSERVATOIRES
Armements
Acrimed
Catastrophes naturelles
Conspis
Culture
Curation IA
Extrême-droite
Human Rights Watch
Inégalités
Information
Justice fiscale
Liberté de création
Multinationales
Situationnisme
Sondages
Street-Médics
Routes de la Soie
🌞