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21.07.2026 à 02:33

FRANCE24
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Emmanuel Macron, qui avait érigé la protection de l'enfance en priorité de son second quinquennat, visitera mardi matin à Paris un centre de soins dédié aux jeunes de l'aide sociale à l'enfance (ASE). Dans l'après-midi, à partir de 16H30, les députés se pencheront sur ce projet de loi, promis en 2025 pour répondre aux défaillances de l'ASE en charge de plus de 380.000 enfants et jeunes majeurs. Pourtant, le texte apparaît loin de répondre à la crise structurelle du secteur, mise en lumière par une commission parlementaire. La ministre de la Santé Stéphanie Rist a défendu poser une "brique" d'une future stratégie nationale de refondation. Du côté des associations, les critiques sont sévères : "Il s'agit tout au plus de mesurettes", déplore auprès de l'AFP Lyes Louffok, militant pour les droits des enfants placés. "Nous, les enfants de l'ASE, sommes encore la dernière roue du carrosse", poursuit-il, fustigeant "une opération de communication venue répondre à une successions d'affaires". Les trois jours de débats ont largement porté sur le volet pénal du texte, ajouté par le gouvernement pour répondre aux polémiques suscitées par l'affaire Lyhanna. Point d'orgue de ces discussions : l'adoption jeudi de l'imprescriptibilité des crimes commis sur des mineurs, un régime jusqu'ici réservé aux crimes contre l'humanité. A l'heure où la société prend davantage conscience de l'ampleur des violences sexuelles sur les enfants, et de mécanismes tels que l'amnésie traumatique, des députés de différents bords ont souhaité l'introduire. La mesure pourrait toutefois se heurter à un risque d'inconstitutionnalité. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis de tout mettre en œuvre pour la "sécuriser juridiquement". Mardi, toutefois, c'est une autre mesure qui refera débat : l'instauration d'une peine de perpétuité encourue en cas de viols en série lorsque des mineurs de moins de 15 ans figurent parmi les victimes. Rejetée vendredi à l'initiative de la gauche, et en l'absence de mobilisation du camp gouvernemental, la mesure fera l'objet d'une nouvelle délibération mardi, avant le vote sur l'ensemble du texte. Mesure "populiste" ou "culture de l'excuse" L'occasion était trop belle pour l'extrême droite de s'en prendre à la gauche, accusée par le député Julien Odoul (RN) de porter une "culture de l'excuse". La co-rapporteure LFI Marianne Maximi rejette vigoureusement ces accusations. "Je refuse d'entendre qu'on serait des soutiens des pédocriminels parce que nous sommes opposés à cette mesure", affirme-t-elle. Selon elle, le gouvernement défend la perpétuité, "en réaction à l'affaire Lyhanna", avec une disposition "populiste" empruntée au RN et destinée à masquer "son inaction". Elle souligne par ailleurs qu'il ne s'agit pas d'une demande des associations de victimes. "Toutes s'accordent sur l'immensité du problème, à savoir que 97% des auteurs ne sont jamais condamnés", relève-t-elle, regrettant l'absence de mesures préventives, et de moyens. De son côté, Perrine Goulet (MoDem), présidente de la délégation aux droits des enfants, s'interroge sur la stratégie de la gauche : "Est-ce qu'ils n'auraient pas une envie de torpiller ce texte pour faire de la loi intégrale l'alpha et l'oméga de la protection des enfants, pour tirer la couverture et dire c'est grâce à nous ?". La forte mobilisation dans les rues après l'affaire Lyhanna réclamant l'examen d'une proposition de loi socialiste "dite intégrale" pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, a conduit le gouvernement à l'inscrire à l'agenda de l'Assemblée à l'automne. Les socialistes indiquent à l'AFP n'avoir pas arrêté leur position sur le nouveau vote sur la perpétuité, ni sur l'ensemble du texte. Le groupe doit se décider en réunion mardi matin. Avec ou sans les socialistes, l'adoption du projet de loi ne laisse guère de suspense, bénéficiant d'une majorité avec le soutien du camp gouvernemental et de l'extrême droite. Un examen au Sénat est prévu à la rentrée, pour une adoption définitive espérée d'ici le début de l'année prochaine, selon la co-rapporteure Nathalie Colin-Oesterle (Horizons).

21.07.2026 à 01:27

FRANCE24
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Les diplomates de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean) se retrouvent pour plusieurs jours d'entretiens dans la capitale, Manille, rejoints par des partenaires de nombreux pays parmi lesquels les Etats-Unis, la Chine, le Japon et la Russie. Au sein des discussions qui pourraient exacerber les dissensions internes figurent celles au sujet de la Birmanie. Cet Etat membre a vu ses hauts responsables être officiellement exclus des grandes rencontres de l'organisation depuis le coup d'Etat de la junte en 2021 ayant entraîné une guerre civile. En mai, le président philippin Ferdinand Marcos avait appelé à "affiner" le Consensus en cinq points, un plan de paix adopté par l'Asean en 2021 pour mettre fin à la guerre civile en Birmanie, d'abord accepté par la junte mais ensuite ignoré par elle. La Thaïlande milite pour la réintégration du pays, avec qui elle partage une longue frontière, et dont elle accueille nombre de réfugiés. "Nous pensons, après cinq ans, qu'il est temps de parler, d'écouter, et que eux doivent expliquer", a déclaré la semaine dernière le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Sihasak Phuangketkeow, en annonçant une visite en août du président birman Min Aung Hlaing. A l'inverse, son homologue malaisien Mohamad Hasan a fait savoir à la presse en mai que son pays restait opposé à des entretiens à haut niveau tant que "l'oppression se poursuit". Rubio, Lavrov et Wang attendus Alors que le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran connaît une intensité inédite depuis le cessez-le-feu d'avril et continue de mettre sous pression l'économie mondiale, le secrétaire d'Etat Marco Rubio doit atterrir à Manille mardi matin. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, est lui aussi attendu mardi. Avant de décoller de Washington, Marco Rubio s'est dit disposé à rencontrer son homologue russe mais aussi Wang Yi, le ministre chinois, dont la participation n'a été confirmée officiellement que lundi. Un tel entretien surviendrait quelques jours seulement après des accusations d'ingérence électorale proférées par Donald Trump à l'encontre de la Chine, et alors que les Etats-Unis cherchent à contrer l'influence croissante de la Chine dans la région. A l'ordre du jour cette semaine doit également figurer la sécurité énergétique régionale. L'Asean a appelé à la ratification rapide d'un accord-cadre sur la sécurité pétrolière, un programme de partage des carburants. Et en mai, les pays membres avaient approuvé l'idée d'une connexion de leurs réseaux électriques pour permettre les échanges transfrontaliers de courant. Marco Rubio doit rencontrer le président Marcos, dont le pays est allié des Etats-Unis. Au menu des discussions, figure la mer de Chine méridionale. Des navires chinois et philippins s'accrochent régulièrement dans cette zone disputée, carrefour des routes maritimes. Lundi, l'armée philippine a par exemple accusé les garde-côtes chinois d'avoir blessé un marin philippin alors qu'ils s'approchaient d'un avant-poste - une version aussitôt démentie par Pékin. La Chine revendique cette mer dans sa quasi-totalité, en dépit d'une décision internationale qui a jugé ses prétentions sans fondement juridique. Les Philippines s'étaient mises en tête d'établir un Code de conduite entre l'Asean et la Chine avant la fin de leur présidence annuelle du bloc pour encadrer les désaccords dans la zone. Mais selon certains analystes, tout accord que Pékin serait prêt à signer serait sans effet.

21.07.2026 à 01:19

FRANCE24
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L'avion transportant la "Seleccion" a atterri vers 18H20 locales (21H30) à l'aéroport d'Ezeiza, à 32 km de Buenos Aires. Les joueurs sont descendus sur un tapis rouge déroulé au pied de l'avion, au son d'une fanfare, selon des images de retransmission de Aerolineas Argentinas. Le capitaine Lionel Messi, selon ces images, ne figurait pas parmi les joueurs présents. Tard dans la nuit de dimanche, l'AFA avait communiqué que "certains joueurs de l'effectif partiront directement des Etats-Unis vers différentes destinations, pour réintégrer leurs clubs ou entamer leur période de repos". L'AFA n'a pas précisé quels joueurs rentraient en Argentine, mais selon plusieurs médias, ni le capitaine Messi ni le milieu Rodrigo de Paul, coéquipiers en club à l'Inter Miami, ne devaient revenir lundi, se rendant directement de New York en Floride. Sans contact direct avec le public à l'aéroport, l'équipe et le staff sont montés dans deux bus à la nuit tombée, en direction du proche domaine de la Fédération argentine (AFA), à 4 km. Sur le trajet au ralenti, des grappes de supporters saluaient et agitaient des drapeaux en bord de la route. Au domaine de l'AFA, plus d'une heure avant l'arrivée de l'avion, sous une froide pluie fine, des milliers de personnes enchaînaient des chants, slogans, l'hymne national, sur fond sonore de pétards et vuvuzelas, dans une mer de drapeaux et maillots ciel et blanc, sur de larges terre-pleins entre un échangeur routier et l'AFA. Parce que "nous les Argentins, on fait la fête quand même", expliquait à l'AFP Marga Ledezma, femme au foyer de 36 ans. "Ce qui nous pousse à être là malgré le résultat, ce sont les valeurs de cette sélection, le respect qu'ils ont et la passion", s'émouvait Cintia Flores, 46 ans, employée dans la distribution. "Ils portent et défendent ce qui est à nous. Le peuple, parce que c'est ce qu'on est: l'esprit de quartier, des gens modestes qui veulent, qui font, et qui, avec beaucoup de force, y arrivent". - "Qu'il pleuve, ou qu'ils perdent" "Cette sélection nous réunit, elle a réussi à unir les Argentins, et il faut lui en être reconnaissant. On sera toujours là pour eux, qu'il pleuve, qu'ils perdent, on sera toujours là", assurait Leonardo Barrientos, 36 ans, ouvrier dans le textile. "Et merci à Messi, pour avoir tout donné !" Dans sa première déclaration au lendemain de la finale, Messi a confié lundi sur son compte Instagram que "la douleur est très vive et cette blessure aura du mal à cicatriser". "Aujourd'hui, il est difficile d'apprécier à sa juste valeur ce que nous avons accompli, mais cette équipe a atteint deux finales consécutives de la Coupe du monde", a écrit la star de 39 ans, qui a aussi félicité l'Espagne pour son titre. Ni l'AFA, ni les autorités argentines n'ont communiqué sur une éventuelle célébration officielle pour l'équipe. Après la finale, le président Javier Milei avait annoncé qu'un jour prochain, choisi par les joueurs et le staff pour honorer leur statut de vice-champions, serait déclaré férié. Cette annonce ne s'était pas concrétisée lundi. A Ezeiza, les bus des joueurs, l'un d'eux à impériale, a ralenti presque au pas, tandis que des joueurs adressaient des saluts à la foule, au comble de l'émotion. Quelques chants encore, "La cuarta estrella", hymne officieux des hinchas au Mondial, et puis le bus s'est engouffré dans le domaine de l'AFA. Fin de la fête. Une arrivée au crépuscule, presque profil bas, contrastant avec l'accueil hors normes qu'avait reçu en 2022 l'équipe championne du monde. Quatre à cinq millions de personnes, foule sans précédent de mémoire d'Argentins, s'étaient massées sur le trajet du bus à impériale, quelque 30 km. Il avait été paralysé par la marée humaine au bout d'une poignée de kilomètres en quatre heures, et la parade s'était terminée en hélicoptère survolant la multitude au centre-ville. Dimanche soir, malgré la défaite, plusieurs milliers de supporters s'étaient rassemblés pendant de longues heures autour de l'Obélisque au cœur de la capitale. Une célébration bruyante et festive aux airs de victoire, empreinte de reconnaissance pour Messi et l'équipe. Une scène reproduite dans plusieurs quartiers de la capitale.
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