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03.03.2026 à 08:41

Dans une mine de Potosi, les jeunes Boliviens victimes du boom des métaux

FRANCE24
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Efrain Villaca, 28 ans, s'aventure chaque jour dans cette mine, classée au patrimoine mondial de l'Unesco et située à 4.800 mètres d'altitude. Un jour, il a senti qu'il perdait connaissance, intoxiqué par des gaz. "J'ai eu l'impression d'étouffer, je n'arrivais plus à respirer", raconte-t-il à l'AFP. S'il a finalement survécu, au moins 32 autres mineurs ont perdu la vie dans le département de Potosi (sud) en janvier et février, selon le Défenseur du peuple, protecteur des droits en Bolivie. L'argent, devenu clé dans la transition énergétique, se négociait moins de 20 dollars l'once en 2022. Il avoisine aujourd'hui les 87 dollars, après avoir atteint un plus haut de 120 dollars en début d'année en raison de l'incertitude géopolitique liée aux Etats-Unis de Donald Trump. L'étain a lui aussi atteint des montants inédits. Il vaut aujourd'hui trois fois plus qu'il y a quatre ans, tiré par la demande des géants de la tech qui en ont besoin pour leurs semi-conducteurs. La Bolivie était en 2024 le 4e producteur mondial d'argent. Le pays sud-américain compte comme principal client la Chine, avec plus de 532 millions de dollars d'achats cette année-là, selon le ministère des Mines. L'étain extrait en Bolivie est davantage destiné au Pays-Bas, et le zinc au Japon. Les cours élevés des métaux attirent les jeunes, venus d'autres départements, relève l'avocate Jackeline Alarcon, représentante du Défenseur du peuple. Selon elle, "les décès ont augmenté" ces dernières années: 123 décès dans le département de Potosi en 2025, contre 77 en 2022. "De toute la Bolivie, et j'oserais dire de toute l'Amérique du Sud, Potosi est l'endroit qui compte le plus de morts dans le travail minier", s'alarme Mme Alarcon. "Quasi-esclavage" Comme dans une immense fourmilière poussiéreuse, les ouvriers se relaient 24 heures sur 24 pour travailler au Cerro Rico. Un groupe de mineurs se repose sous une voûte en pierre dans une galerie. Beaucoup mâchent des feuilles de coca pour se donner de l'énergie. Certains boivent de l'alcool pur à 96 degrés. Exploité depuis cinq siècles, le site est désormais occupé par des dizaines de coopératives. La Bolivie en recense environ 1.700, qui contrôlent 58% de la production nationale. Mais "avec la hausse des prix, les associés ont cessé de travailler directement et ont embauché des gens pour faire le travail à leur place", ce qui est illégal, explique l'ingénieur Hector Cordova, chercheur en questions minières. "Et comme ils sont dans l'illégalité, (ces derniers) n'ont ni couverture médicale, ni assurance (...), la sécurité industrielle est très précaire. Ils se retrouvent quasiment dans une situation d'esclavage", ajoute-t-il. Les mineurs ne protègent pas leurs voies respiratoires et ne portent pas d'autre équipement que le casque. "Nous entrons (dans la mine, ndlr) en bon état, mais nous ne savons pas comment nous allons en sortir", explique Efrain Limache, un ouvrier de 24 ans. Il a vu mourir deux de ses amis et affirme avoir survécu à une chute depuis un ascenseur. Le ministre des Mines, Marco Calderon, a assuré dans un entretien à l'AFP que les membres des coopératives seraient formés, à leur demande, afin d'éviter les accidents. Novices blessés Aux urgences de l'Hôpital Bracamonte de Potosi, dirigées par Giovanna Zamorano, arrivent de plus en plus de mineurs blessés. "Ce sont des novices (...) et à cause de cela il y a de nombreux décès", explique-t-elle. La plupart d'entre eux ont entre 20 et 25 ans, mais il y a aussi des moins de 18 ans. "Il m'est arrivé de soigner des enfants", de 13 ou 15 ans, affirme la médecin. Pour subvenir à leurs besoins, les familles se voient contraintes d'envoyer des adolescents dans les mines, portant "atteinte aux droits des enfants", déplore-t-elle.

03.03.2026 à 08:35

Le blocage du détroit d'Ormuz, un "gel sans précédent" du commerce maritime mondial

FRANCE24
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Quelle est l'importance du détroit d'Ormuz pour le commerce mondial de marchandises ? Cette route permet surtout les exportations de produits pétroliers et gaziers des pays du Golfe. Le détroit est un point de passage clé du commerce de pétrole. Un quart du pétrole mondial et un cinquième du gaz naturel liquéfié y transitent. Mais l'accès au détroit d'Ormuz n'est pas primordial sur la grande route Asie-Europe, car le chemin se finit en cul-de-sac aux abords du Koweit, de l'Irak et de l'Iran, soulignent les analystes. En revanche, le passage du détroit est essentiel pour les échanges régionaux puisqu'il permet aux marchandises d'arriver au port de Dubaï, Jebel Ali, 10e port mondial de conteneurs, et plaque tournante de redistribution pour plus d'une dizaine de pays de la région. A Jebel Ali, les porte-conteneurs sont déchargés sur des bateaux plus petits à destination de pays allant de l'Afrique de l'est à l'Inde, souligne Anne-Sophie Fribourg, vice-présidente de l'union TLF qui regroupe tous les commissionnaires de transport en France, c'est-à-dire les intermédiaires entre les exportateurs/importateurs et les armateurs. Le détroit a-t-il déjà été fermé à la circulation maritime ? Il n'y a jamais eu de fermeture. Même pendant la guerre du Golfe, "il n'y a jamais eu d'arrêt total des échanges" via le détroit d'Ormuz, soulignent plusieurs experts. Pendant la guerre Iran-Irak entre 1980 et 1988, il y a eu des attaques de pétroliers, mais le passage commercial a été maintenu, note Paul Tourret, directeur de l'Institut supérieur d'économie maritime français. Le "gel" actuel du transit à Ormuz est "sans précédent", ajoute Cyrille Poirier-Coutansais, directeur du département recherches au centre d'Etudes stratégiques de la Marine, en France. Car depuis le début des frappes sur l'Iran, les plus grands armateurs, l'italo-suisse MSC, le danois Maersk, le français CMA CGM, l'allemand Hapag Lloyd et le chinois Cosco ont donné l'ordre à leurs bateaux de ne plus bouger et se mettre à l'abri. Sur la carte Marine Traffic, où l'on peut suivre le parcours et l'avancée des bateaux à travers le monde, on discerne des "groupes de bateaux", surtout des pétroliers, à l'arrêt tout au nord près du Koweit, mais aussi près de Dubaï, ainsi que la présence de la flotte de commerce iranienne devant le port iranien de Bandar Abbas sur l'autre rive du détroit. Plusieurs autres groupes distincts de bateaux stationnés sont visibles juste avant l'entrée du détroit d'Ormuz, détaille M. Tourret. Quelles marchandises passent par Ormuz ? Des voitures, des machines, des produits industriels venant d'Allemagne. Depuis la France, ce sont surtout des céréales et produits agricoles, des cosmétiques, des produits du luxe et pharmaceutiques. L'Italie exporte de l'agroalimentaire, beaucoup de marbre et de céramiques, et les Pays-Bas de l'agroalimentaire, souligne Anne-Sophie Fribourg de TLF. Dans le sens de l'exportation, outre les produits pétroliers et gaziers, dont sont issus les engrais et les plastiques, le Moyen-Orient compte pour 9% de la production mondiale d'aluminium primaire, dont la quasi-totalité est exportée, selon TD Commodities. Les changements d'itinéraires vont-ils rallonger les temps de transport ou renchérir les coûts ? Plusieurs plateformes d'e-commerce ont prévenu leurs clients que les temps de livraison allaient se rallonger, de quelques jours chez Temu et Shein à une dizaine de jours chez Amazon, selon Bloomberg. Les prix du fret sont déjà en train d'augmenter, notamment en raison de surcoûts imposés par les armateurs pour les livraisons dans la région. Pour la liaison Europe-Asie, les bateaux n'empruntent plus non plus le passage par la mer Rouge et le canal de Suez en raison de craintes liées à la reprise d'attaques de Houthis, alliés de l'Iran. Il faut compter une dizaine de jours de mer de plus en passant par le cap de Bonne Espérance, au bout de l'Afrique du Sud, et un surcoût d'environ 30%.

03.03.2026 à 08:29

Les documentaires nommés aux Oscars s'attaquent aux sujets brûlants de la société américaine

FRANCE24
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Plusieurs des réalisateurs nommés ont dit à l'AFP qu'ils espéraient profiter de la visibilité offerte par la cérémonie du 15 mars à Hollywood pour susciter le débat avec leurs oeuvres. "Je crois que tout art est politique, et que l'art est à l'avant-garde de la révolution", affirme à l'AFP Geeta Gandbhir, réalisatrice de "La Voisine idéale", qui concourt pour l'Oscar du meilleur long métrage documentaire. A la croisée des questions de race, d'armes et de légitime défense, le film, disponible sur Netflix, décortique un fait divers survenu après un conflit de voisinage en Floride. "Quand on regarde tous mes collègues nommés dans ces catégories, les films sont profondément politiques", ajoute Geeta Gandbhir. "Ils ont tous quelque chose à dire (...) d'une manière ou d'une autre sur une question pressante", poursuit la réalisatrice, également en lice pour le meilleur court métrage documentaire avec "The Devil Is Busy". Le film s'intéresse à une clinique américaine pratiquant des avortements, assiégée par des manifestants après l'annulation de la garantie fédérale de l'interruption volontaire de grossesse par la Cour suprême en 2022. Christalyn Hampton, coréalisatrice du film, dit avoir voulu "humaniser ce sujet brûlant" en choisissant de suivre une femme croyante responsable de la sécurité dans cette clinique. Celle-ci est prise en étau entre la protection des patientes et la confrontation avec des manifestants dont elle partage en partie les convictions. "Nous avons trouvé cela très intéressant et ironique", confie Christalyn Hampton. "Une question humaine" Avec "Toutes les chambres vides", le réalisateur Joshua Seftel et le journaliste Steve Hartman ont quant à eux voulu faire ressentir au public le poids des tueries scolaires à travers l'absence des victimes. Pour illustrer ces drames, les deux hommes ont ainsi visité les chambres vides des enfants et adolescents tués. "Ce n'est pas politique, c'est une question humaine", assure Joshua Seftel. "C'est quelque chose sur lequel nous sommes tous d'accord: nous voulons tous que nos enfants soient en sécurité quand ils vont à l'école." Andrew Jarecki et Charlotte Kaufman ont tenté, de leur côté, de lever le voile sur les prisons américaines avec le long métrage documentaire "The Alabama Solution: dans l'enfer de la prison". "Nous avons deux millions de personnes incarcérées, on ne peut pas vraiment l'ignorer", explique Andrew Jarecki à l'AFP lors d'un déjeuner pour les nommés aux Oscars. "Mais les prisons font tout ce qu'elles peuvent pour tenir la presse et les cinéastes à l'écart", regrette-t-il. "Comprendre et être capable de voir ce qu'est (un problème) réellement, c'est la première étape pour le résoudre", ajoute-t-il, estimant que les réalisateurs avaient un rôle à jouer pour faire changer les choses. Le rôle des journalistes dans la société, et les menaces croissantes auxquelles ils font face, est au coeur du film "Reporters en Ukraine : vie et mort de Brent Renaud", consacré au premier journaliste étranger tué lors de la guerre en Ukraine. Nous vivons "la période la plus meurtrière jamais enregistrée pour exercer ce métier", déclare à l'AFP Craig Renaud, le frère de Brent Renaud et le réalisateur du film. Cent vingt-neuf journalistes et employés de presse ont été tués au cours de l'année 2025 dans le monde, selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), un record. Juan Arredondo, le producteur du film, dit espérer que le film sensibilise le public aux dangers qui menacent les journalistes. Et pas seulement ceux qui couvrent des conflits armés à l'étranger: "Je crois que nous sommes entrés dans une époque où ce que nous couvrons depuis des années à l'étranger commence à arriver aux États-Unis", redoute-t-il, évoquant "davantage d'attaques, d'arrestations et d'agressions contre des journalistes".
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