LePartisan.info à propos Podcasts Fil web Écologie Blogs REVUES Médias
Souscrire à ce flux
Le Grand Continent - Groupe d'Etudes Géopolitiques

▸ Les 10 dernières parutions

06.11.2026 à 15:49

La bulle de l’IA est-elle vraiment en train d’éclater ?

Marin Saillofest

Les entreprises du secteur de l’IA et des centres de données n’avaient jamais perdu autant de valeur en une seule séance

L’article La bulle de l’IA est-elle vraiment en train d’éclater ? est apparu en premier sur Le Grand Continent.

Texte intégral (782 mots)

Hier, jeudi 5 novembre, les actions des grandes entreprises technologiques américaines ont perdu plus de 6 % de leur valeur en une seule journée. Le Nasdaq, l’indice boursier américain dont la valeur est principalement concentrée dans le secteur technologique, a connu sa pire journée depuis avril 2025, reculant de 5,52 %.

Au total, près de 3 000 milliards de dollars ont disparu du marché en une séance.

  • Les pertes enregistrées par les principales entreprises technologiques sont colossales.
  • Nvidia a vu sa capitalisation reculer de plus de 9 % (soit plus de 440 milliards de dollars) jeudi 5 novembre, effaçant ses gains de l’année, tandis qu’AMD et le fabricant de puces mémoire Micron ont perdu plus de 17 %, et Sandisk plus de 22 %. 
  • Tesla et SpaceX, les deux entreprises d’Elon Musk, ont reculé respectivement de près de 11 % et de 9 %.
  • La vente massive d’actions d’entreprises américaines a également touché les marchés européens et, plus encore, asiatiques : vendredi 6 novembre, la Bourse de Séoul a reculé de 6 % et celle de Tokyo de près de 6 %.
  • Les échanges avant l’ouverture de Wall Street montrent toutefois que certaines actions – Nvidia, Intel, Micron, Marvell, AMD et SpaceX notamment – devraient récupérer au moins une partie de leurs pertes d’hier.

La séance d’hier a ravivé une question qui fait débat depuis plusieurs mois mais à laquelle personne ne peut répondre : s’agit-il de l’éclatement de la bulle de l’IA ? 

  • La conjoncture est en effet défavorable pour le développement du secteur de l’intelligence artificielle, qui concentre aujourd’hui une part considérable des investissements réalisés aux États-Unis, et qui tire la croissance du PIB vers le haut. 
  • Les investissements massifs dans les infrastructures de l’intelligence artificielle contribuent également à siphonner les investissements dans le reste de l’économie américaine.
  • La réaction d’hier, fait suite à la victoire démocrate dans les midterms, qui pourrait en effet ralentir la construction de nouveaux centres de données. Au Texas, la gouverneure élue Gina Hinojosa a notamment promis un moratoire sur les nouveaux data centers, jusqu’à l’adoption de lois protégeant les communautés locales.

La plupart des analystes relativisent toutefois la portée de ce décrochage, qui ne présagerait pas pour le moment d’un « éclatement » de la bulle de l’IA.

  • Comme l’explique Robert Armstrong : « Les élections [de mi-mandat] ont accéléré un processus déjà en cours […] À un moment donné, on peut l’espérer, le complexe de l’IA trouvera un nouvel équilibre, et le marché pourra reprendre son cours – à un niveau nettement inférieur, peut-être, mais sans effondrement généralisé ».
  • Le scénario d’un éclatement pourrait voir les investisseurs endettés vendre à grande échelle pour couvrir leurs marges, alimentant ainsi une spirale baissière. Les détracteurs de la gestion passive avertissent également que, dans une telle situation, les porteurs de fonds d’investissement indiciels se précipiteraient pour se défaire du risque lié à l’IA, entraînant tout le marché dans leur chute et provoquant un risque de contagion vers des secteurs qui se portent plutôt bien. 

Selon Armstrong, plusieurs signaux sont à suivre dans les prochains jours, dont la confiance des entreprises dans l’IA, l’éventuel abandon de certains projets d’infrastructure, le délai d’entrée en bourse d’Anthropic ou la chute des actions dans d’autres secteurs. 

  • Avant les élections de mi-mandat, Dario Perkins avait esquissé le scénario d’un véritable effondrement du marché de l’IA. Il estimait que, dans le pire des cas, les actions américaines pourraient perdre au moins 30 %, que les pertes de crédit pourraient atteindre 200 milliards de dollars et que cela pourrait entraîner une vague de défauts sur la dette des entreprises technologiques.

L’article La bulle de l’IA est-elle vraiment en train d’éclater ? est apparu en premier sur Le Grand Continent.

PDF

06.11.2026 à 11:48

Le gendre de Trump annonce une tentative de changement de régime en Europe

Ramona Bloj

La Maison-Blanche veut négocier une « nouvelle architecture de sécurité européenne » avec Poutine sans les Européens

L’article Le gendre de Trump annonce une tentative de changement de régime en Europe est apparu en premier sur Le Grand Continent.

Texte intégral (2912 mots)

Dans la nuit du 5 novembre, le gendre de Donald Trump, l’homme d’affaires Jared Kushner, a publié au nom de la Maison-Blanche et de l’envoyé spécial pour les missions de paix, Steve Witkoff, un texte de 423 mots reprenant une déclaration de Donald Trump dans le Bureau ovale afin de fixer les objectifs américains pour l’après-guerre en Ukraine.

Cette publication fait suite à un entretien à la Maison-Blanche entre Donald Trump et Kirill Dmitriev, émissaire de Vladimir Poutine aux États-Unis, et précède de cinq jours les discussions trilatérales d’Abou Dhabi des 10 et 11 novembre.

Lors de ces premières négociations directes depuis février, Kushner et Witkoff conduiront la délégation américaine face à Vladimir Medinski, représentant la Russie. Selon l’annonce américaine, et en réponse à une demande russe, les Européens, l’OTAN et l’Union européenne ne seront pas à la table. L’Allemagne, la France et le Royaume-Unis seront « consultés » dans le format dit de Shell Bay — du nom d’un club de golf de Floride —, puis reçus « en marge ». Leur participation directe des Européens n’est envisagée que « si des progrès sont réalisés ».

Le contenu du texte, que nous traduisons et analysons ici, marque une écrasante victoire russe sur les plans du discours et du positionnement américains.

La Maison-Blanche reprend l’expression même que Moscou réclame depuis la proposition de Dmitri Medvedev en 2008 et les ultimatums de décembre 2021,  une « nouvelle architecture de sécurité européenne ». L’objet de la négociation cesse alors d’être l’Ukraine pour devenir l’ordre du continent.

Dans la définition de ces équilibres, Kushner place l’Europe et la Russie sur un pied d’égalité – « depuis plus de trente ans, l’Europe et la Russie s’efforcent de mettre en place un cadre de sécurité durable » –, évoque à des « préoccupations de sécurité concurrentes », sans mentionner l’invasion de l’Ukraine par le régime poutinien. 

Il en découle cinq objectifs qui relèvent davantage des mesures de confiance que de la dissuasion (consultations continues, communication de crise, transparence militaire et réciprocité). Or, comme le fait remarquer l’analyste Mujtaba Rahman, « l’ordre de sécurité européen n’a pas échoué par manque de mécanismes de dialogue ou de transparence ; il a échoué parce que Vladimir Poutine a choisi de le détruire. Aucun nouveau cadre, en particulier s’il est conçu de manière descendante par l’équipe Trump, ne pourra remplacer une dissuasion crédible à l’échelle du continent et le soutien à l’Ukraine. »

À noter également que Kushner affirme que « l’OTAN restera centrale pour la défense collective européenne », sans rien dire de l’engagement américain qui rendrait cette centralité crédible. La Maison-Blanche parle désormais systématiquement de l’Alliance comme d’une structure étrangère dont il pourrait se contenter de constater la solidité de l’extérieur. 

En cristallisant une impressionnante victoire poutinienne sur le discours de l’administration Trump, ce texte paraît pourtant dans un moment où trois variables évoluent défavorablement pour cette convergence.

La situation militaire reste sombre pour la Russie. Dimanche dernier, l’état-major ukrainien a fait état de 2 500 pertes russes en vingt-quatre heures, soit un homme hors de combat toutes les trente-cinq secondes, et de 54 400 sur le mois d’octobre, le pire bilan mensuel de la guerre pour quelques kilomètres gagnés. Ces chiffres émanent d’une partie belligérante et recouvrent morts et blessés, mais la tendance rejoint toutes les estimations sérieuses qui notent que la Russie est en train de s’user sans obtenir de victoire décisive sur le front.

Le contexte politique américain est ensuite particulièrement défavorable à Trump. Les élections de mi-mandat ont donné aux démocrates le contrôle des deux chambres, y compris dans des États républicains de longue date. La veille de la publication de ce texte, plusieurs médias rapportaient que Marco Rubio envisageait de quitter le département d’État. 

La troisième variable est liée à la Chine. De retour de Pékin, le président allemand Frank-Walter Steinmeier a rapporté que, contrairement à ce que l’administration Trump a pu affirmer, Xi Jinping ne souhaitait pas organiser de sommet tripartite avec Washington et Moscou concernant l’Ukraine. Il a également semblé surpris par cette proposition. Une rencontre avec Trump et Poutine aura sans doute lieu en marge du sommet de l’APEC à Shenzhen, mais l’Ukraine n’y figurera pas à l’ordre du jour. Selon Steinmeier, Xi « a été clair : il s’agit d’un conflit européen et les Européens doivent aussi être à la table des négociations ». Ce refus, provenant pourtant d’une puissance profondément alignée sur la Russie, pourrait s’expliquer de deux manières. D’une part, un tel sommet consacrerait le rang de grande puissance que Moscou cherche à se voir reconnaître, alors même qu’elle est de plus en plus vassalisée par Pékin. D’autre part, il engagerait la Chine dans un règlement dont elle ne veut pas porter la responsabilité sur le plan régional et dans son positionnement international.

La fuite en avant dont ce document diplomatique fait état émane donc d’un pouvoir affaibli sur le plan intérieur, dont la diplomatie vacille, et qui cherche à se rapprocher d’un autre système empêtré dans un contexte difficile, une accélération qui pourrait traduire une certaine forme de fébrilité.

Dans un discours prononcé à Atlanta le 17 octobre, Jon Ossoff, largement réélu sénateur de Géorgie et engagé dans une trajectoire présidentielle a visé nommément les deux signataires de ce texte et le contexte dans lequel il s’inscrit.

Il convient de le lire :

« Vous vous souvenez tous de Jared Kushner ? Oui. Le gendre du président, ce soi-disant “envoyé spécial” chargé des relations diplomatiques avec la Russie et le Moyen-Orient ? Et de l’autre envoyé spécial, Steve Witkoff, qui a cofondé World Liberty, l’entreprise de cryptomonnaie douteuse du président ? Bon. Alors suivez-moi bien. Jared et Steve négocient actuellement avec Poutine pour vendre des champs pétroliers, des raffineries et des stations-service russes d’une valeur de plusieurs milliards aux amis du président. Il y a d’abord le cheikh Tahnoun, le chef des services secrets émiratis, qui a versé 500 millions de dollars à l’entreprise de cryptomonnaie de Trump et Witkoff. Il y a aussi les frères Al-Khayyat, deux Syriens qui financent le projet de complexe touristique albanais de plusieurs milliards de dollars de Jared et Ivanka. Et enfin, il y a le troisième partenaire : un milliardaire qui a versé une somme colossale à la campagne de Trump. Oh, et le gouvernement américain prendrait une participation de 15 %, soit dit en passant. Vous voyez le tableau ? En pleine crise énergétique mondiale, le gendre et le partenaire commercial du président négocient la vente de gisements de pétrole russes à des amis de la « première famille ». Ces mêmes amis qui ont injecté des centaines de millions de dollars dans les entreprises de la famille Trump. Eh quoi ! Mais voici l’essentiel. Si vous êtes impliqué de près ou de loin dans toutes ces manœuvres, l’année prochaine, vous vous trouverez dans une situation très simple : vous lèverez la main droite et vous jurerez de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité, avec l’aide de Dieu, devant le Congrès des États-Unis. »

Le président Trump a fait avancer aujourd’hui une discussion importante avec plusieurs dirigeants européens sur la nécessité d’une architecture de sécurité européenne élargie, capable de contribuer à établir les conditions d’une paix durable. 

Le texte adopte d’emblée une position russe. L’appel à une « nouvelle architecture de sécurité européenne » est un thème récurrent de la diplomatie russe. Il figure dans le projet de traité sur la sécurité européenne proposé par Dmitri Medvedev en juin 2008, quelques semaines avant la guerre en Géorgie, puis à nouveau dans les deux projets de traité envoyés à Washington et à l’OTAN à la veille de l’invasion de l’Ukraine en 2021. Dans les deux cas, l’objectif était d’engager des négociations rhétoriques visant à faire reconnaître par les États-Unis le statut de grande puissance de la Russie, en proposant ainsi un accord et un partage de l’ordre sécuritaire du continent sur le modèle de Yalta, tout en contournant la question de la souveraineté et en s’assurant un droit de regard sur les alliances des voisins de la Russie. 

Prolongeant son action et le travail de fond mené cette semaine à Bruxelles avec l’Ukraine, l’OTAN et nos partenaires européens, l’envoyé spécial Steve Witkoff et moi-même souhaitions partager certains des objectifs qui guident nos discussions en cours.

Le texte a été publié sur X par le président et cosigné par l’envoyé spécial pour les missions de paix, Steve Witkoff, un ancien ami et associé de Donald Trump. Alors que Marco Rubio laisse planer la possibilité d’une démission, ce document montre le contournement du département d’État et de la diplomatie américaine, ainsi que l’absence implicite d’intérêt du chef de la diplomatie à assumer les conséquences politiques, et potentiellement juridiques, de cette négociation.

Depuis plus de trente ans, l’Europe et la Russie peinent à établir un cadre de sécurité soutenable. Des décennies de méfiance, des préoccupations de sécurité concurrentes et les conséquences dévastatrices de cette guerre rendent ce défi extraordinairement difficile, mais il est essentiel à une paix durable. 

Une nouvelle fois, la position américaine reprend mot pour mot la position russe. Les États-Unis se présentent comme un arbitre rationnel et objectif, tandis que « l’Europe et la Russie » sont mises dos à dos. En suggérant un dilemme de sécurité, c’est-à-dire une spirale de méfiance réciproque dans laquelle personne n’a vraiment tort, la Maison-Blanche considère en réalité qu’il n’y a pas de stratégie débridée d’agression territoriale et de guerre politique de la part de la Russie. Comme l’a noté Olivier Schmitt, la Russie suit une trajectoire d’hostilité depuis longtemps et « depuis le début de la guerre à grande échelle en 2022, le régime s’est radicalisé… Tant que Vladimir Poutine est au pouvoir, aucune ‘normalisation’ n’est à attendre de la part de Moscou ».

Notre objectif est d’élaborer des arrangements pratiques qui répondent aux préoccupations de sécurité de toutes les parties, réduisent le risque de conflits futurs et créent un environnement de sécurité plus stable et prévisible.

Nous explorons cinq objectifs principaux : des consultations de sécurité permanentes, des communications de crise fiables, une plus grande transparence militaire, des mesures réciproques de réduction des risques d’escalade, et un cadre durable pour la sécurité et la stabilité européennes à long terme.

Chacun de ces cinq objectifs relève des mesures de confiance et non de la dissuasion. Aucun point ne porte sur des garanties permettant d’éloigner le risque principal, à savoir non pas une nouvelle invasion massive de la Russie, mais une prise de gage territorial dans un État membre de l’OTAN destinée à tester l’article 5 et à provoquer l’effondrement politique de l’Alliance, scénario que ne permettrait d’éviter aucun mécanisme de consultation.

Tout arrangement doit pleinement respecter la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance de décision de chaque nation. Chaque pays conservera l’autorité sur sa propre sécurité et ses propres alliances, et aucun pays n’aurait de droit de veto sur les choix souverains d’un autre. L’OTAN restera centrale pour la défense collective européenne, et cette initiative s’appuierait sur les institutions et engagements existants.

Ce paragraphe adopte une série de précautions rhétoriques, sans jamais affronter les questions substantielles. Yarsolav Trofimov a sarcastiquement commenté : « J’attends avec impatience que Kushner et Witkoff négocient le retour de la Crimée ». S’il est nécessaire de préciser qu’aucun pays n’aura de droit de veto sur les alliances d’un autre, c’est que, en réalité, la question est bien posée. Le Kremlin exige depuis quatre ans que l’Ukraine renonce à son positionnement vis-à-vis de l’OTAN. Quant à l’affirmation selon laquelle « l’OTAN restera centrale », elle ne dit rien de l’engagement américain qui la rendrait crédible.

Nous poursuivrons les consultations dans le format Shell Bay avec l’Ukraine, l’OTAN, l’Union européenne et nos partenaires européens, en élargissant les échanges pour que toutes les perspectives et idées pertinentes soient prises en compte. Nous engagerons également la Russie dans le cadre des négociations de paix.

Le format Shell Bay, du nom du club de golf de Floride (sic) où Steve Witkoff a réuni fin octobre les représentants américains, ukrainiens et pour l’Europe Royaume-Uni, Allemagne et France, désigne le cadre de consultation qui associe l’Ukraine, l’OTAN, l’Union européenne et les partenaires européens, parallèlement aux négociations menées avec la Russie. Notons que les Européens, l’OTAN et l’Union sont « consultés », tandis que la Russie est « engagée dans les négociations » et que les États-Unis parlent de l’OTAN sur le même plan que l’Union alors même qu’ils sont une partie fondamentale de l’alliance atlantique. 

La semaine prochaine à Abou Dhabi, les États-Unis réuniront les premières discussions de paix trilatérales avec l’Ukraine et la Russie depuis février. Toutes les parties restent intensément engagées dans la préparation de négociations substantielles et productives. Nous consulterons étroitement nos partenaires européens en marge et, si des progrès sont réalisés, viserons à passer à un format multilatéral élargi avec leur participation directe.

Dans un scénario de pure vassalisation, la participation européenne directe est conditionnée à l’avancement d’une négociation à laquelle les Européens ne participent pas.

Ces idées continuent d’évoluer, et nous accueillons favorablement les contributions réfléchies. Créer la bonne structure sera déterminant pour mettre fin à cette guerre et passer du conflit à des conditions rendant possible une paix durable.

C’est un travail difficile et minutieux. Il n’existe pas de solution facile. Mais l’occasion de contribuer à mettre fin à cette guerre dévastatrice et de bâtir les fondations d’une Europe plus pacifique, plus sûre et plus prospère pour les générations à venir en fait un défi qui vaut d’être relevé.

Un cessez-le-feu sans dissuasion ou garantie de sécurité libérerait la Russie de la contrainte d’attrition et lui rendrait l’initiative. Volodymyr Zelensky exige des garanties « inébranlables » et exclut toute discussion sur la limitation de son armée ou sur la neutralité de son pays. Vladimir Poutine refuse toujours de le rencontrer et même Marco Rubio doute qu’un accord négocié soit possible. 

Nous verrons comment ces discussions évoluent et continuerons de travailler intensivement avec toutes les parties en vue de l’objectif du président Trump : une paix globale et durable.

L’article Le gendre de Trump annonce une tentative de changement de régime en Europe est apparu en premier sur Le Grand Continent.

PDF

06.11.2026 à 06:30

Pourquoi la Chine publie-t-elle 7 fois moins de séries statistiques qu’il y a dix ans ?

Marin Saillofest

L’opacité croissante du régime témoigne de ses faiblesses

L’article Pourquoi la Chine publie-t-elle 7 fois moins de séries statistiques qu’il y a dix ans ? est apparu en premier sur Le Grand Continent.

Texte intégral (1069 mots)

En 2012, le Bureau national des statistiques de Chine publiait chaque année plus de 80 000 séries statistiques aussi variées que les effectifs du secteur des équipements pour aires de jeux en plein air, la production nationale de sauce soja, la surface des toilettes des écoles primaires ou le bilan électrique de la Mongolie-Intérieure.

En 2022, ce chiffre est tombé à seulement 11 000 22.

  • La difficulté d’accéder à ces statistiques contribue à l’opacité croissante du régime chinois, qui cherche à contrôler au maximum l’accès des acteurs étrangers à ces signaux utilisés pour mesurer le développement et la prospérité du pays.

Plus de 20 000 de ces séries ont notamment cessé d’être publiées entre 2019 et 2022, pendant la pandémie de Covid-19.

  • Officiellement, le régime n’a reconnu qu’environ 81 000 décès à l’hôpital durant la vague de l’hiver 2022-2023, alors que des études indépendantes estiment la surmortalité à entre 700 000 et 1,9 million de personnes 23.
  • Faute de pouvoir se fier aux chiffres officiels, les chercheurs ont depuis plusieurs années recours à des indicateurs de substitution, comme l’intensité lumineuse nocturne captée par des images satellites, pour tenter d’estimer la croissance du PIB du pays. Un économiste étudie notamment le nombre d’articles de presse consacrés aux propriétaires de salles de sport et de salons de beauté qui ferment en empochant l’argent des abonnements, afin d’évaluer la santé du secteur des services 24.

La Chine n’est pas le seul pays à avoir fortement restreint l’accès à ses séries statistiques.

  • En Russie, Rosstat a notamment suspendu la publication de plusieurs séries de données démographiques : nombre de naissances, de décès, de mariages, de divorces, ainsi que leur ventilation par région.
  • Le démographe russe Alexeï Rakcha estime que, depuis mars 2025, « il n’y a pratiquement plus de statistiques démographiques publiques en Russie ».

Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a également mis fin à la publication de plusieurs séries, dont certaines dans le sillage de ses décrets sur le genre et sur la diversité, l’équité et l’inclusion : origine ethnique et genre des fonctionnaires fédéraux, nombre d’Américains souffrant de la faim, coût des catastrophes météorologiques ou relevés de qualité de l’air des capteurs installés dans les ambassades et consulats américains 25.

  • Selon le Federal Data Terminations Tracker, 38 jeux de données ont été supprimés et 337 éléments de données retirés au 28 octobre – un décompte que sa cofondatrice juge sous-estimé 26.

L’opacité sur la santé de l’économie chinoise sert à Pékin à contrôler le récit : sans accès libre aux données, il est difficile de mesurer le choc provoqué par l’effondrement du secteur immobilier, d’évaluer l’état des finances des gouvernements locaux ou de comparer le chômage des jeunes avec celui du reste du monde.

  • Au-delà des séries statistiques, le régime chinois a aussi drastiquement raccourci les biographies officielles des hauts responsables politiques et des fonctionnaires.
  • Alors que le pouvoir a accéléré sa purge de l’Armée populaire de libération en 2025, le manque d’informations sur les profils et les parcours des dirigeants du Parti et de l’armée complique la lecture des transformations en cours à Pékin.
  • Le CSIS a recensé 62 généraux et lieutenants-généraux purgés ou disparus en 2025, dont 15 officiellement, contre 11 l’année précédente et 14 en 2023.

L’article Pourquoi la Chine publie-t-elle 7 fois moins de séries statistiques qu’il y a dix ans ? est apparu en premier sur Le Grand Continent.

PDF
◁ 10 / 10 ▷
  GÉNÉRALISTES
Ballast
Fakir
Interstices
Issues
Korii
Lava
La revue des médias
Time France
Mouais
Multitudes
Positivr
Regards
Slate
Smolny
Socialter
UPMagazine
Le Zéphyr
 
  Idées ‧ Politique ‧ A à F
Accattone
À Contretemps
Alter-éditions
Contre-Attaque
Contretemps
CQFD
Comptoir (Le)
Déferlante (La)
Esprit
Frustration
 
  Idées ‧ Politique ‧ i à z
L'Intimiste
Jef Klak
Lignes de Crêtes
NonFiction
Nouveaux Cahiers du Socialisme
✝ Période
 
  ARTS
Actualitté
Autre Quotidien (L')
Beaux Arts
Collateral
Recours au poème
Villa Albertine
 
  THINK-TANKS
Fondation Copernic
Institut La Boétie
Institut Rousseau
 
  TECH
Dans les algorithmes
Framablog
Goodtech.info
Libre à lire (April)
Quadrature du Net
Revue Eur. Médias et Numérique
 
  INTERNATIONAL
Alencontre
Alterinfos
Gauche.Media
CETRI
ESSF
Inprecor
Guitinews
 
  MULTILINGUES
Kedistan
Quatrième Internationale
Viewpoint Magazine
+972 mag
 
  PODCASTS
Arrêt sur Images
Le Diplo
LSD
Thinkerview
🌓