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08.12.2026 à 11:59

On aime #119

L'Autre Quotidien

A ceux qui se taisent : ”Un jour tu auras droit à la parole. Que feras-tu de l'énorme cadavre du silence ?” Chawki Abdelamir (Irak, 1949)
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L'image qui nous parle

At the Cafe. 3 March 2015 © Farshid Tighehsaz

L'air du temps

James Blake - My Willing Heart

Le haïku de dés

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Santoka

L'éternel proverbe

La maison où manque la mère, même si la lampe l'éclaire, il y fait nuit.

Proverbe kabyle

Les mots qui parlent

Un jour tu auras droit à la parole.
Que feras-tu de l'énorme cadavre du silence ?

Chawki Abdelamir (Irak, 1949; poète et traducteur en français de Adonis)

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22.04.2026 à 07:57

Après Brautigan et Tokyo, Cédric Fabre envisage un Marseille-Montana Express du plus bel effet

L'Autre Quotidien

Longtemps, je me suis levé de bonheur pour lire. Lire beaucoup, avec envie et passion de la découverte, dans le but d’élargir mon horizon ado auxerrois, bloqué au loin sur les collines et le péage de l’autoroute. Partir, revenir, rester ( Heureux qui comme Ulysse… ) - autant de portes et de fenêtres sur l’ailleurs fantasmé autant que rythmé rock. Et puis, j’ai découvert les écrivains voyageurs, dévoré Nicolas Bouvier, Wilfried Thesiger, touché du regard quelque chose de l’humain dans son milieu. Avec Marseille-Montana Express, Cédric Fabre taille sa route en Tintin reporter au pays du Big Sky pour y rallumer quelques lumières avec des auteurs marquants.
Texte intégral (1519 mots)

Longtemps, je me suis levé de bonheur pour lire. Lire beaucoup, avec envie et passion de la découverte, dans le but d’élargir mon horizon ado auxerrois, bloqué au loin sur les collines et le péage de l’autoroute. Partir, revenir, rester ( Heureux qui comme Ulysse… ) - autant de portes et de fenêtres sur l’ailleurs fantasmé autant que rythmé rock. Et puis, j’ai découvert les écrivains voyageurs, dévoré Nicolas Bouvier, Wilfried Thesiger, touché du regard quelque chose de l’humain dans son milieu. Avec Marseille-Montana Express, Cédric Fabre taille sa route en Tintin reporter au pays du Big Sky pour y rallumer quelques lumières avec des auteurs marquants.

Et puis, j’ai acheté des Maneki-neko, histoire de remplacer les bras d’honneur par des salutations.
Comme Cédric Fabre justifie son projet : Adulte, j’ai voyagé pour observer, entre autres obsessions, les ancrages et les déracinements. Au Sénégal, en Nouvelle-Zélande, en ex-Yougoslavie… Et dans le Montana. Pour y rencontrer ces auteurs et autrices venu(e)s du Texas, de l’Oregon ou du Michigan, qui ont fait de Missoula ou de Livingstone leur terre promise de vie et d’écriture. C’est à ces mouvements, géographiques et créatifs, que je songe en regardant les vagues s’éclater contrela petite digue, et au fait qu’aux racines je préfère les destinations. Il y a trente ans, j’ai donc passé l’été 1996 dans lMontana, qui demeure en moi un territoire en partie imaginaire, l’imagination qui naît dans les trous de mémoire. Un espace de liberté, de création littéraire et de partage ; le Montana est une sorte de compagnon de lutte. Quand je cherche du sens à ce que je fais, aux directions que ma vie a prises et aux choix que je m’apprête à faire, les écrivains de Missoula ne sont jamais très loin.

Là-bas, sur les flancs des Rocheuses, sous l’immensité du « Big Sky », on s’assoit aussi sur une butte herbeuse, dans la prairie, et on médite sur ce qu’on est venu chercher ici ; comme naguère les pionniers. Ce voyage est une strate constitutive de ce que je suis ; de ce que je comprends de l’écriture et donc de l’existence et de l’engagement. Est-ce un hasard que je me sois installé à Marseille l’année suivante pour n’en plus bouger ? Comme Marseille, l’Ouest américain a surtout été défini – et figé - dans une imagerie et une mythologie par d’autres ; des écrivains de l’Est en l’occurrence, réduit soit à un jardin d’Eden « vide et vierge », soit, à l’inverse, à ses dangers voire à ses ennemis, les Indiens, les desperados… Peut-être a-t-on en commun ce même esprit frondeur, populaire et « working class ». La grande Bleue, comme les vastes plaines de l’Ouest, seraient des matrices d’histoires d’émigration et d’exil, de naufrages et de massacres et de tragédies, de réussites aussi, qui ont forgé l’Histoire. Des espaces qui ont nourri des récits de périples dangereux : que ce soient ceux des migrants en mer ou des caravanes de colons, de personnes et de familles qui ont fui la misère et rêvé d’une vie meilleure. Et des identités fortes, assumées et revendiquées, tout comme les racines des aïeux, qu’on invoque constamment tout en imaginant faire table rase du passé. Une multiculturalité. Et une « multi-temporalité ».

James Crumley

Des jours où on n'est jamais vraiment là, il y en a. … il y en a de ces jours qui partent avant même qu'on ait ouvert les yeux!

Tokyo-Montana Express (1980) de Richard Brautigan

A l’heure à laquelle on voudrait nous faire croire que des fins de race bretons ou vendéens sont fous de la messe - et auraient quelque chose de neuf à proposer/ imposer en occupant simplement un espace médiatique qu’ils saturent de leurs excréments, s’offrir des voyages qui ne sont pas dans un passé fantasmé réactionnaire a quelque chose de revigorant; qui donne envie d’ouvrir des nouvelles fenêtres sur son écran pour commander des livres, découvrir des styles, retrouver des gens qu’on a lu longtemps auparavant, mais dont le souvenir de fulgurances reste présent. Et c’est ici le cas à laisser s’ouvrir des paysages, des rencontres pas du tout fortuites. Si le voyage est une sensation, ici elle est très forte, à. rappeler l’immensité, la vision et le quotidien d’autres lieux, gens, vécus et comme magnifiés par les écritures distinctes. Alors, s’inscrire et s’écrire dans les paysages et les histoires font partie d’un même mouvement. Comme ici … 

Jean-Pierre Simard, le 22/04/2026
Cédric Fabre - Marseille-Montana Express - Melmac sort la 13/05/2026

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21.04.2026 à 11:11

De l'impossible faisons table rase avec des artistes de rue qui s'en emparent

L'Autre Quotidien

Connu pour ses projets photographiques collaboratifs tels que « Invisible Jumpers », Joseph Ford s’intéresse à la perception et à l’intervention. Sa série en cours, « Impossible Street Art », invite des artistes tels qu’Antonyo Marest, Alex Senna et MadC à imaginer leurs œuvres dans des paysages monumentaux grâce à un petit tour de passe-passe.
Texte intégral (1280 mots)

Connu pour ses projets photographiques collaboratifs tels que « Invisible Jumpers », Joseph Ford s’intéresse à la perception et à l’intervention. Sa série en cours, « Impossible Street Art », invite des artistes tels qu’Antonyo Marest, Alex Senna et MadC à imaginer leurs œuvres dans des paysages monumentaux grâce à un petit tour de passe-passe.

Alex Senna, Luzzone Dam, Switzerland

Les artistes créent des interventions en trompe-l’œil sur les photographies de Ford, qu’il documente ensuite sur un chevalet devant ce même lieu afin de donner une idée de ce à quoi ressembleraient ces immenses peintures ou installations in situ.

« Ces nouvelles œuvres explorent principalement les infrastructures sous la forme d’énormes constructions en béton : centrales nucléaires, barrages, centrales à combustibles fossiles », explique Ford. Les lieux sont souvent liés aux industries et au réseau de production d’énergie, comme les systèmes hydroélectriques, ou aux configurations logistiques liées aux autoroutes et aux ports.

Skirl, Sizewell Nuclear Power Plant, U.K.

Par exemple, la centrale nucléaire « peinte » par Skirl est située dans une vaste réserve naturelle sur la côte est de l’Angleterre, à proximité du Suffolk & Essex Coast & Heaths National Landscape, et une nouvelle centrale est actuellement en construction malgré une forte opposition locale.

« Ces sites se trouvent physiquement dans le domaine public et dominent leur environnement par leur taille gigantesque, mais leur accès est souvent restreint. Ils nous sont imposés – il est impossible de ne pas les voir – mais il est impossible d’interagir avec eux, de les utiliser, voire parfois de s’en approcher. » En superposant du street art sur des sites autrement inaccessibles, Ford et les artistes participants abordent ces constructions imposantes et la nature de la production énergétique comme « un moyen de se les réapproprier et d’interagir avec elles », explique-t-il.

Découvrez le travail de Ford ce mois-ci à The Other Art Fair à Chicago, qui se tient du 9 au 12 avril.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur Instagram.

John Nesbitt, le 22/04/2026 avec Colossal MAG
Joseph Ford - Photos impossibles

Chris RWK, New Jersey

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