Moins de 24 heures après les annonces de Donald Trump, les gouvernements de 24 États membres de l’Union européenne (sur 27) ont publiquement communiqué une première réponse au taux de 20 % qui sera appliqué à partir du mercredi 9 avril sur les exportations vers les États-Unis.
- La Hongrie de Viktor Orbán a blâmé la Commission européenne comme étant la principale responsable des tarifs mis en place sur l’Union européenne. Le ministre des Affaires étrangères Péter Szijjártó a déclaré jeudi matin sur Facebook : « Ils [la Commission] auraient dû négocier avec le gouvernement américain au sujet de la coopération douanière et ils auraient dû abaisser les taxes sur l’industrie automobile européenne au niveau américain actuel, c’est-à-dire de 10 à 2,5 % ».
- Depuis le 20 janvier le Commissaire européen au commerce s’est rendu à Washington à deux reprises. Israël, qui avait annoncé l’élimination de tous les droits de douane pour les États-Unis, s’est vu appliqué un taux de 17 %.
- Les gouvernements lituanien, espagnol et roumain ont dans un premier temps annoncé qu’ils apporteraient aux entreprises des secteurs les plus impactés un soutien économique visant à leur permettre de faire face aux conséquences des tarifs douaniers américains.
- Le ministre de l’Économie et de l’Innovation de Vilnius, Lukas Savickas, a fait savoir qu’un « plan de mesures qui aidera notre entreprise à diversifier ses marchés d’exportation et à renforcer sa compétitivité » avait été préparé.
- La Secrétaire d’État du gouvernement de Pedro Sánchez, María Amparo López Senovilla, a quant à elle déclaré que le Premier ministre espagnol présenterait aujourd’hui un « plan d’urgence pour aider les secteurs les plus susceptibles d’être touchés ».
- Plusieurs responsables européens ont mis en avant les conséquences négatives des droits de douane y compris pour les consommateurs américains — c’est le cas de Morten Bødskov, ministre de l’Industrie danois ; ou de Xavier Bettel, Vice-Premier ministre luxembourgeois.
- L’Allemagne, l’Italie, la Bulgarie, la Croatie, la Suède, l’Irlande et la Tchéquie ont publiquement appelé à négocier un accord avec l’administration Trump afin d’annuler les tarifs douaniers ou bien d’abaisser le taux annoncé pour certains produits et secteurs.
- Le ministre fédéral de l’Économie allemand Robert Habeck a souligné que les tarifs nuiraient aussi bien à l’économie européenne qu’américaine, tandis que Giorgia Meloni a déclaré dans la nuit de mercredi à jeudi : « Nous ferons tout notre possible pour travailler un accord avec les États-Unis, visant à prévenir une guerre commerciale qui affaiblirait inévitablement l’Occident en faveur d’autres acteurs mondiaux ».
- Pour l’heure, on compte 13 États membres ayant appelé à une « réponse européenne » (l’Autriche, la Belgique, Chypre, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal, la Pologne et Malte), qui pourrait notamment se traduire par la mise en place de mesures de rétorsion face aux tarifs américains.
- Le Premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré hier dans la soirée : « L’amitié est synonyme de partenariat. Le partenariat implique des tarifs véritablement réciproques. Des décisions appropriées sont nécessaires ».
- Le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, a assuré depuis Bruxelles que l’Union européenne allait engager « des consultations pour prendre, le cas échéant, de nouvelles mesures à la suite des droits de douane réciproques qui ont été appliqués hier soir ».
Selon un récent sondage YouGov conduit entre février et mars 2025, 68 % des Français et des Allemands, 70 % des Espagnols, 73 % des Suédois et 79 % des Danois seraient en faveur de l’imposition de tarifs sur les produits américains face à une salve de mesures douanières américaines.