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05.10.2026 à 09:51

La rencontre inédite entre des étudiants et nos grands dirigeants !
Ce n'est pas tous les jours qu'ils peuvent se rencontrer. D'un côté, des étudiants en quête de repères pour construire leur avenir professionnel. De l'autre, des dirigeants économiques de tout premier plan, habitués à gérer des multinationales et rarement accessibles.
"Masterclass" crée ce pont unique et met en scène un dialogue sans filtre et surtout authentique.
Chaque mois, l'émission réunira pendant 26 minutes un grand témoin du monde économique et un groupe d'étudiants, qui les interrogeront librement sur les grands enjeux de notre époque : innovation, climat, diversité, intelligence artificielle, télétravail, rémunération, cyberattaque, mondialisation, Europe...05.10.2026 à 09:49

"Le Grand jury RTL - Public Sénat" est une émission politique majeure proposée en direct sur Public Sénat, et en simultané sur RTL. Ce grand rendez-vous politique du dimanche est présenté par Olivier Bost, chef du service politique de RTL et Perrine Tarneaud de Public Sénat.
"Le Grand jury RTL - Public Sénat" est une émission politique majeure proposée en direct sur Public Sénat, et en simultané sur RTL. Ce grand rendez-vous politique du dimanche est présenté par Olivier Bost, chef du service politique de RTL et Perrine Tarneaud de Public Sénat.05.10.2026 à 09:49

"Le Grand jury RTL - Public Sénat" est une émission politique majeure proposée en direct sur Public Sénat, et en simultané sur RTL. Ce grand rendez-vous politique du dimanche est présenté par Olivier Bost, chef du service politique de RTL et Perrine Tarneaud de Public Sénat.
"Le Grand jury RTL - Public Sénat" est une émission politique majeure proposée en direct sur Public Sénat, et en simultané sur RTL. Ce grand rendez-vous politique du dimanche est présenté par Olivier Bost, chef du service politique de RTL et Perrine Tarneaud de Public Sénat.05.10.2026 à 09:48

On connait leur visage, leur analyse, leur voix, mais les connait-on vraiment ? Quel a été leur parcours, leur formation, quelles épreuves ont-ils du dépasser pour exercer leur magistère ? Quelles sont leurs sources d'inspiration, leur jardin secret ? Une fois par semaine, Rebecca Fitoussi reçoit sur son plateau des personnalités pour un échange approfondi, explorer leur monde et mieux apprécier le regard qu'ils et qu'elles portent sur notre société. Ils, elles, sont artistes, scientifiques, historiens, universitaires, chefs de restaurants, photographes, ou encore politiques.
Une collection de grands entretiens inspirante dans un monde en manque de repères et de modèles.
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Une collection de grands entretiens inspirante dans un monde en manque de repères et de modèles.05.10.2026 à 09:47

On connait leur visage, leur analyse, leur voix, mais les connait-on vraiment ? Quel a été leur parcours, leur formation, quelles épreuves ont-ils du dépasser pour exercer leur magistère ? Quelles sont leurs sources d'inspiration, leur jardin secret ? Une fois par semaine, Rebecca Fitoussi reçoit sur son plateau des personnalités pour un échange approfondi, explorer leur monde et mieux apprécier le regard qu'ils et qu'elles portent sur notre société. Ils, elles, sont artistes, scientifiques, historiens, universitaires, chefs de restaurants, photographes, ou encore politiques.
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Une collection de grands entretiens inspirante dans un monde en manque de repères et de modèles.05.10.2026 à 09:36

Interroger nos sociétés, ses fractures, ses espoirs... Chaque samedi après la diffusion d'un documentaire, Rebecca Fitoussi, entourée de spécialistes, grands témoins et politiques, ouvre le débat dans l'émission "un monde en doc". Une demi-heure d'approfondissement et d'échanges utiles pour décrypter le monde.
Nouveauté cette saison, en amont de la diffusion de l'émission, Rebecca Fitoussi invitera sur les réseaux sociaux, les téléspectateurs à poser leur question et participer au débat.
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Nouveauté cette saison, en amont de la diffusion de l'émission, Rebecca Fitoussi invitera sur les réseaux sociaux, les téléspectateurs à poser leur question et participer au débat.05.10.2026 à 09:35

Interroger nos sociétés, ses fractures, ses espoirs... Chaque samedi après la diffusion d'un documentaire, Rebecca Fitoussi, entourée de spécialistes, grands témoins et politiques, ouvre le débat dans l'émission "un monde en doc". Une demi-heure d'approfondissement et d'échanges utiles pour décrypter le monde.
Nouveauté cette saison, en amont de la diffusion de l'émission, Rebecca Fitoussi invitera sur les réseaux sociaux, les téléspectateurs à poser leur question et participer au débat.
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Nouveauté cette saison, en amont de la diffusion de l'émission, Rebecca Fitoussi invitera sur les réseaux sociaux, les téléspectateurs à poser leur question et participer au débat.05.10.2026 à 09:05

"Sens Public", l'actualité politique, en France ou à l'international, en débat. Nos invités - experts, observateurs et acteurs du monde politique - décryptent, échangent et confrontent leurs idées sur les sujets d'actualité et les grandes questions qui animent notre société. En direct durant l'émission, sur notre site et/ou via votre écran, scannez le QR-code indiqué pour participer à l'émission. Vous pouvez poser toutes vos questions en vidéo, en audio, ou par écrit. Présentée par Thomas Hugues, "Sens Public" est l'émission qui donne du sens et permet de comprendre les grands enjeux de l'actualité.
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L’eau est l’un des sujets de préoccupation majeurs des années à venir. Disponibilité de la ressource, partage des usages... Si la France bénéficie encore d’un régime de précipitations relativement abondant, le dérèglement climatique a largement perturbé les cycles de l’eau. Comment assurer un accès à la ressource pour tous ? La raréfaction de l’eau va-t-elle entraîner une baisse de sa qualité ? Dans la nouvelle émission de prospective de Public Sénat, Agenda 2050, Marie Drucker et ses invités esquissent des pistes pour éviter que l’eau ne vienne à manquer.
Longtemps, la France s’est crue à l’abri. Stocks abondants, pluies régulières : les Français ont hâtivement pensé que les problèmes d’accès à la ressource en eau étaient réservés à d’autres pays et à d’autres continents.
Si la canicule de l’été 2026, qui a entraîné une sécheresse historique, a joué le rôle de révélateur, pour Christophe Mori, hydrobiologiste et maître de conférences à l’université de Corse, la situation pourrait être bien pire à l’horizon 2050 si rien n’est fait : « On aura peut-être des guerres de l’eau, des barrages militarisés, un état d’urgence hydrique de l’Union européenne. »
En cause : des stocks qui se réduisent. En près de quarante ans, le volume d’eau douce disponible a ainsi baissé de près de 14 %.
Et pourtant, le volume global des précipitations ne diminue pas. Sur les 550 milliards de mètres cubes de pluie qui tombent chaque année en France, seuls 30 milliards de mètres cubes sont prélevés. Le problème réside davantage dans un cycle de l’eau de plus en plus irrégulier, alternant épisodes de sécheresse et inondations. « C’est la question de la disponibilité qui est centrale aujourd’hui », souligne l’hydrobiologiste, avant d’ajouter : « Depuis les années 1950, on a perdu entre 50 et 60 % des zones humides, et même 90 % depuis l’an 1500. » Conséquence : l’eau ruisselle davantage et s’infiltre moins.
Reconstituer les zones humides
S’il faudra, à l’avenir, interroger nos consommations d’eau, traquer les fuites et peut-être même en limiter certains usages, il faudra surtout parvenir à retenir l’eau dans les milieux naturels.
« La préservation des zones humides nous permet d’avoir partout sur le territoire des éponges naturelles (…) qui facilitent le stockage de l’eau », défend la sénatrice et présidente du groupe communiste au Sénat, Cécile Cukierman, autrice d’un rapport sur le sujet. « Préserver les zones humides, ce n’est pas enquiquiner les gens ; c’est permettre à ces milieux de restituer l’eau qu’ils ont stockée. »
Une eau de moins bonne qualité
Autre conséquence de cette raréfaction : la qualité de l’eau se dégrade. Durant l’été 2026, les étangs et lacs fermés à la baignade pour cause de prolifération de cyanobactéries se sont multipliés. Plus préoccupant encore, dans certaines communes comme La Roche-sur-Yon, les alertes concernant la non-potabilité de l’eau du robinet se sont succédé au mois de juillet.
« En 2020, environ 6 % des Français étaient exposés à une eau non conforme aux limites de qualité. En 2024, cette proportion est passée à 30 % », alerte le chercheur Gaspard Lemaire.
Si ce spécialiste estime que cette évolution s’explique en grande partie par des normes devenues plus strictes, il insiste néanmoins sur la nécessité d’encadrer davantage l’introduction de nouvelles molécules sur le marché : « Il ne faut pas permettre leur utilisation sans que les pouvoirs publics aient, au préalable, vérifié leur innocuité. »
Boire de nouveau les eaux usées
Des solutions existent pourtant. En Vendée, le programme pilote Jourdain permet déjà de réutiliser des eaux usées traitées. Après épuration, celles-ci sont affinées et filtrées avant d’être réinjectées dans le milieu naturel en amont du cours d’eau, puis de nouveau captées et traitées pour la consommation. « Nous avons besoin d’une nouvelle ressource. Avec ce projet, nous ne prélevons plus dans le milieu naturel : nous utilisons des eaux qui étaient auparavant rejetées en mer », explique Élisabeth Macé, chargée de mission à Vendée Eau, qui pilote l’expérimentation.
Cette dépollution aura toutefois un coût croissant. Selon les projections, le prix de l’eau du robinet pourrait augmenter de 75 % d’ici 2050, selon les régions. Plus rare, plus chère : si le défi d’une eau disponible pour tous est bien réel, des solutions existent.
Une émission à revoir en intégralité.
04.10.2026 à 10:30

Il est à l’affiche de Laponie, la nouvelle pièce comique du duo Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte au Théâtre de la Renaissance. Mais il excelle également dans les rôles de méchant et se passionne des personnages politiques ou historiques. Un comédien engagé qui alerte sur les risques de censure dans le monde de la culture. Patrick Mille est cette semaine l’invité de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.
La curiosité de Patrick Mille pour l’histoire et la politique est née dès l’enfance. Tout commence avec la désertion de son père qui, pour ne pas partir se battre en Algérie, fuit la France pour le Portugal. « Mon père a fait un refus d’obstacle militaire, un acte politique sincère de refuser d’aller se battre » explique aujourd’hui le comédien.
C’est d’ailleurs à Lisbonne que l’acteur va naitre et vivre le début de son enfance. Entouré de groupes d’artistes engagés que son père a rejoint et de réfugiés politiques sud-américains que son père accueille chez lui, Patrick Mille grandit dans une atmosphère très politisée :« Ça faisait partie de mon monde (…) ça m’a donné envie de défendre des valeurs assez tôt, ça m’a fait prendre conscience de la politique assez tôt » reconnait-il aujourd’hui.
Un engagement militant toujours vivace pour celui qui, s’il ne se considère pas « militant de métier » assume être « militant de culture ». Aujourd’hui encore, Patrick Mille assume son engagement. Interrogé sur les risques de censures dans le monde du spectacle vivant, il appelle à la « vigilance (…) il y a des endroits en France où on interdit des expositions… en général ça commence tout petit ».
Une passion pour l’histoire qui lui permet de rentrer parfaitement dans les rôles d’hommes politiques. Ainsi quand on lui propose de jouer François Mitterrand dans l’adaptation des Lettres à Anne (Ed. Gallimard) ou encore le dirigeant d’un parti d’extrême droite dans la série Baron Noir, il se nourrit de lectures pour coller au mieux à son personnage.
S’il considère néanmoins qu’un acteur doit observer une forme de neutralité et ne doit pas révéler « ce pour qui il penche, ni, ce pour quoi il croit » afin que le public ne voie que le personnage sur scène, il ne ferme pas la porte à une carrière politique « peut être un métier que j’aurais pu faire » avoue-t-il plein de gourmandise, le sourire aux lèvres.
Retrouvez l’intégralité de l’émission en rediffusion ici
03.10.2026 à 06:55

Les prix du carburant n’ont jamais été aussi élevés en Europe et continuent de flamber à cause des tensions dans le détroit d’Ormuz. Chaque Etat-membre met en place ses mesures d’aide à la population et à l’économie, mais quelle doit être la stratégie de l’Union européenne pour calmer cette crise ? On en débat cette semaine dans Ici l’Europe, émission diffusée sur France 24, LCP et Public Sénat.
Jamais les prix de l’essence n’ont été aussi élevés en Europe. Une envolée difficile à contrôler pour les Européens puisqu’elle est dûe aux tensions au Moyen-Orient et à la guerre en Ukraine. Au 21 septembre dernier, le litre de super 95 se vendait en moyenne en Europe à 2 euros et 9 centimes quand le litre de gazole s’écoulait dans les stations à une moyenne de 2 euros et 23 centimes. Des chiffres qui cachent néanmoins des disparités entre les 27 Etats-membres. En Bulgarie par exemple, le litre d’essence n’atteignait qu’1 euro 66 en moyenne, à la même date. « Nous avons les droits d’accise sur le carburant les plus bas d’Europe », explique Radan Kanev, eurodéputé bulgare, membre du groupe PPE (Parti populaire européen) au Parlement européen, interrogé dans l’émission Ici l’Europe, diffusée sur France 24, LCP et Public Sénat. « Mais cela veut dire aussi que les marges d’action du gouvernement bulgare pour baisser les prix en diminuant les taxes sont très limitées », explique-t-il, alors que plusieurs pays européens comme l’Espagne, l’Allemagne, tentent d’atténuer la flambée du prix à la pompe, en baissant les taxes sur le carburant, même si cela coûte des milliards d’euros à leurs finances publiques. La France, pays plus endetté, fait le choix d’aides ciblées pour les travailleurs modestes et les secteurs économiques qui sont dépendants de l’essence.
Pour financer ces politiques d’aides, la gauche du Parlement européen mais aussi six Etats-membres (l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, l’Autriche et les Pays-Bas) plaident pour inscrire à l’ordre du jour européen une taxe sur les superprofits des groupes pétroliers. Une idée pas forcément magique pour l’eurodéputé italien élu en France Sandro Gozi, membre du groupe centriste Renew, qui préfère faire confiance à ces géants pétroliers pour plafonner eux-mêmes le prix du litre d’essence : « En France et en Italie, le plafonnement des prix obtenu auprès de Total Energies (1,99 euro le litre de super 95) et du groupe ENI, est déjà très important. Cela pousse les autres acteurs du marché à aller dans la même direction. Ce qui est intéressant c’est le résultat final pour les citoyens et les secteurs les plus exposés. »
La Commission européenne, qui laisse encore chaque Etat-membre apporter sa propre réponse énergétique, semble se diriger au contraire vers un assouplissement des contraintes des groupes pétroliers, notamment environnementales, pour sécuriser l’approvisionnement sur le marché. A la demande de la France notamment, Bruxelles étudie un report des obligations de surveillance des émissions de méthane de ces entreprises de distribution de pétrole, alors même que le méthane est un gaz à effet de serre très dangereux. « Il faut reporter certaines mesures qui sont trop contraignantes et trop difficiles à mettre en place maintenant et notamment le règlement sur le méthane », approuve Sandro Gozi. « Néanmoins, nous devons poursuivre les choix qui nous permettent d’être à moyen-terme moins dépendants de l’énergie carbonée et de réussir la transition vers les renouvelables et le nucléaire, comme le système ETS », un système d’échange de droits à émettre du CO2 pour les entreprises qui prévoit une hausse du prix de la tonne de CO2 pour inciter à la transition énergétique. L’extension de ce système au transport routier et au chauffage des bâtiments, baptisée ETS2, devait entrer en vigueur le 1er janvier 2027. Une application qui a été reportée à 2028 par Bruxelles mais les droites européennes, Jordan Bardella en tête, demandent sa suppression car elles estiment qu’elle va provoquer une hausse du prix du litre d’essence. « Si ce système avait été appliqué le 1er janvier 2027, le litre d’essence aurait pris 15 centimes de plus et cela aurait été une révolution », estime Radan Kanev. « En Bulgarie, nous n’avons pas besoin d’un nouveau signal prix pour acheter des voitures électriques : les ventes ont doublé en un an ! »
L’inquiétude des dirigeants de l’UE face à cette inflation est tournée vers l’hiver. Ils craignent une flambée des prix du chauffage alors que chaque hiver, plus de 50 millions d’Européens n’arrivent déjà pas à se chauffer correctement. « Si on n’arrive pas à résoudre cette crise énergétique à son origine, c’est-à-dire à travers une action diplomatique dans le détroit d’Ormuz, si la crise continue, alors nous devrons élaborer un plan d’urgence européen comme on l’a fait pendant la crise financière de 2008 ou pendant la crise Covid de 2020 », prédit Sandro Gozi.
02.10.2026 à 19:07

Vous avez regardé l’émission « Agenda 2050 : l’eau, une ressource sous pression », présentée par Marie Drucker ? Retrouvez l’ensemble des sources sur lesquelles nous nous sommes appuyés pour réaliser cette émission consacrée à la disponibilité de la ressource en eau en France, aujourd’hui et aux prévisions à l’horizon 2050.
Près d’un habitant sur deux subit une forte pénurie ou un stress hydrique au moins un mois par an, voici nos sources :
https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/2018/03/climate-change-water-fr.pdf
Voici l’évolution de la consommation d’eau en France par habitant entre 1975 et 2017.
https://www.cieau.com/le-metier-de-leau/ressource-en-eau-eau-potable-eaux-usees/quels-sont-les-usages-domestiques-de-leau/?utm_source=chatgpt.com
D’où vient l’estimation qui affirme que la France dispose de 2 000 milliards de m³ de ressource en eau ?
https://www.brgm.fr/fr
De combien la ressource en eau a-t-elle baissé depuis 1990 ?
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/media/5534/download?inline
Comment a évolué le nombre de sécheresse en France depuis les années 1960 ?
https://meteofrance.com/changement-climatique/comment-le-rechauffement-climatique-accentue-les-secheresses?utm_source=chatgpt.com
Quelle est la répartition de la consommation d’eau en France ?
(eau qui n’est pas restituée à la nature)
Agriculture : 58 %
Eau potable : 26 %
Refroidissement des centrales électriques : 12 %
Industrie : 4 %
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/leau-en-france-ressource-et-utilisation-extrait-du-bilan-environnemental-2024?utm_source=chatgpt.com
D’où vient le chiffre qui affirme qu’« En 2050, la ressource pourrait diminuer de 20 % » ?
https://www.notre-environnement.gouv.fr/actualites/breves/article/changement-climatique-vers-des-penuries-d-eau-en-france?utm_source=chatgpt.com
D’où vient le chiffre qui affirme que « Les besoins devraient augmenter de 7 % » ?
https://www.notre-environnement.gouv.fr/actualites/breves/article/changement-climatique-vers-des-penuries-d-eau-en-france?utm_source=chatgpt.com
D’où vient le chiffre qui affirme que « 88 % du territoire pourrait être en tension hydrique l’été »
https://www.strategie-plan.gouv.fr/publications/leau-en-2050-graves-tensions-sur-les-ecosystemes-et-les-usages?utm_source=chatgpt.com
D’où vient le chiffre qui affirme que « L’eau potable pourrait coûter 20 à 75 % plus cher selon les régions »
https://www.strategie-plan.gouv.fr/publications/leau-en-2050-graves-tensions-sur-les-ecosystemes-et-les-usages
02.10.2026 à 17:43

Mediapart a publié jeudi des éléments d'authentification qualifiés de « scientifiques » des messages antisémites datant de 2013, attribués à Jordan Bardella, grâce à une extraction d'archives Facebook, certifiée par un huissier. Le président du RN a de nouveau démenti être l'auteur, mais sa défense devient délicate, selon des experts.
Chose promise, chose due. Trois jours après son premier article, dont la véracité a été abondamment contestée par Jordan Bardella et les cadres du RN, Mediapart a publié les éléments d’identification des messages antisémites datant de 2013 attribués au président du Rassemblement national.
« C’est un degré de vérification que je peux qualifier de scientifique », a mis en avant, jeudi soir, dans l’émission C à vous, Fabrice Arfi, journaliste et co-responsable du pôle « enquêtes » de Mediapart. Pour ce faire, les journalistes du média d’investigation ont obtenu des conversations Messenger (Facebook) de la part de deux sources différentes qui ont évolué dans l’entourage de Jordan Bardella en 2013 et 2014.
« Des faux grossiers », avait dénoncé en début de semaine Jordan Bardella avant d’annoncer que, si des éléments écrits étaient publiés par le journal, il déposerait plainte pour faux et usage de faux. Ce qu’il a confirmé jeudi soir après le second article de Mediapart. Dans cet article, Mediapart a expliqué que ses sources ne s’étaient pas uniquement contentées de leur communiquer des captures d’écran d’une conversation dont l’un des interlocuteurs était identifié comme étant Jordan Bardella. Le 16 août dernier, Mediapart a demandé à l’une d’elles de faire une demande à Meta, la maison mère de Facebook, de télécharger l’archive de ses données. « L’extraction de la conversation permet de la dater, d’attester du fait que cette conversation n’a pas été modifiée a posteriori, et de confirmer que l’interlocuteur de la conversation est référencé par Meta/Facebook sous le nom Jordan Bardella », explique le journal.
« Mediapart a travaillé en s’appuyant sur les articles 15 et 20 du règlement général sur la protection des données (RGPD), qui imposent aux plateformes un droit d’accès et une portabilité des données personnelles. L’article 5.1 impose aussi le respect de l’intégrité des données. Tant que la personne concernée n’efface pas les données, ce ne sont pas les plateformes qui vont le faire. Donc tout ce que vous avez dit en ligne pourra être retenu contre vous », résume Alexandre Archambault, avocat au barreau de Paris et spécialiste du droit du numérique.
Olivier Blazy, professeur en cybersécurité à l’École polytechnique, rappelle que cette demande d’extraction d’archives « est fréquente et simple ». « Elle se fait en quelques clics et aboutit dans un délai raisonnable. Même les messages supprimés dans une conversation par leur auteur ne sont pas forcément supprimés dans les serveurs de Facebook. Il y a beaucoup de questions autour de ce sujet. Les grandes plateformes le justifient en disant que c’est nécessaire au bon fonctionnement de leur produit. Ça leur permet aussi d’entraîner les moteurs publicitaires, d’entraîner les IA. L’idée, c’est de conserver le maximum de données numériques pour mieux profiler les utilisateurs ».
Fidèle à sa stratégie depuis le début de l’affaire, dans la foulée de la publication de l’article, Jordan Bardella s’est empressé de démentir une nouvelle fois ce qu’il considère être des « pseudo-preuves de Mediapart ». « Des montages grossiers, d’obscures captures d’écran manipulables, reprenant des propos ignobles que je n’ai évidemment jamais tenus », a-t-il affirmé sur X. Devant les caméras de LCI, jeudi soir, l’eurodéputé ajoute un argument. « L’extraction a été faite après la publication de lundi. Ce qui veut donc dire que lorsque Mediapart affirmait lundi avoir authentifié les messages, c’était totalement faux », a-t-il martelé.
Post-vérité ou mauvaise lecture de l’article ? Les journalistes de Mediapart ont pourtant bien précisé que l’extraction a été faite par Meta en août et qu’un huissier a certifié cette extraction le mardi 29 septembre. « Quand vous demandez une extraction d’archives, vous recevez un fichier zip. Il est horodaté et regroupe les conversations ainsi que différentes informations de compte, de sécurité et de connexion. Un huissier dispose d’outils pour déterminer si le fichier a été altéré ou modifié. Ça ne change strictement rien que ce contrôle d’huissier ait été fait en août ou cette semaine », explique Christophe Boutry, ex-agent de la DGSI et expert en cybersécurité.
« Les serveurs de Meta sont bien situés quelque part, donc, en théorie, on pourrait imaginer qu’un hacker, qui voudrait nuire à Jordan Bardella, puisse modifier les données. Mais ça demanderait énormément de temps et d’efforts. Et surtout, si Jordan Bardella accusait Meta de mal gérer les données de ses utilisateurs, Meta contre-attaquerait immédiatement avec un procès et Jordan Bardella devrait apporter des preuves que ses données ont été altérées », ajoute Olivier Blazy.
Autre possibilité : si Jordan Bardella n’est pas l’auteur de ces écrits, pourquoi ne pas demander, de son côté, une extraction de ses archives Facebook et prouver sa bonne foi en quelques clics ? Car cette opération n’est plus possible 90 jours après la suppression d’un compte. Ce que semble avoir fait Jordan Bardella il y a longtemps. En 2013, « Jordan Bardella décide de créer un second compte Facebook, en parallèle du premier dans lequel il a tenu les propos antisémites. L’ambitieux militant veut un profil entièrement tourné vers sa communication politique, le grand public et les journalistes », relate Mediapart.
Même si le compte est supprimé, les messages de son titulaire se retrouvent dans l’extraction d’archives des personnes avec qui il a échangé. « L’extraction de ses données personnelles ne doit pas enfreindre la liberté d’autrui. Et l’article 15 du RGPD considère que l’extraction de messages n’est pas une atteinte à la vie privée puisque vous en êtes le destinataire. Ça peut d’ailleurs être utilisé dans le cadre judiciaire lorsque vous êtes victime de harcèlement », indique Olivier Blazy.
Sur CNews, la journaliste Eugénie Bastié a contesté ce qu’elle appelle des « méthodes totalitaires » consistant pour Mediapart à aller chercher des conversations privées. « Rappelons que le droit à la vie privée ne peut éradiquer, par principe, le droit des citoyens à l’information, surtout sur des sujets d’intérêt général dans une démocratie », a répondu sur X le professeur affilié à l’École de droit de Sciences Po, Nicolas Hervieu.
Les soutiens de Jordan Bardella évoquent, enfin, sur les réseaux sociaux la possibilité que ces messages soient l’œuvre d’un homonyme. Pour battre en brèche cette ligne de défense, Mediapart a relevé de très nombreux « éléments biographiques précis », comme la naissance de sa mère en Italie, son engagement chez Marine Le Pen, son anniversaire, ses études… « Un homme qui s’appelle Jordan Bardella et qui aurait eu le même parcours que lui… Laissons-lui le bénéfice du doute. Mais c’est du niveau de l’argument du chien qui a mangé mes devoirs. Il y a fort à parier qu’à terme, il retirera sa plainte discrètement », sourit Alexandre Archambault.
02.10.2026 à 16:42

En pleine grogne des lycéens et des étudiants sur la dégradation des conditions d’enseignement, le gouvernement a levé le voile sur un budget 2027 qui alloue une hausse de crédits – pour un total de 65,5 milliards d’euros – à l’Education nationale, essentiellement pour financer des créations de postes. Mais derrière cette hausse se cachent d’autres besoins, sur le bâti scolaire ou la précarité étudiante, gérés par des portefeuilles qui eux risquent de baisser. Explications.
C’est l’un des rares budgets qui échappent à la cure de redressement. Alors que la mobilisation lycéenne se durcit dans plusieurs villes, avec de nombreuses scènes de violences urbaines aux abords des établissements, le gouvernement prévoit pour 2027 une hausse sensible des crédits de l’Education nationale. Jeudi 1er octobre, l’exécutif a présenté son projet de loi de finances et son projet de loi de financement de la Sécurité sociale, visant à contenir le déficit sous la barre des 5%. La copie de Bercy intègre un effort global de 43 milliards d’euros, réévalué à 54 milliards si l’on prend en compte des dispositifs déjà mis en place et qui vont être appelés à monter en puissance l’année prochaine.
Seuls quatre ministères échappent au serrage de ceinture : la Justice, l’Intérieur, la Recherche, et l’Education nationale donc, avec une augmentation de 1,1 milliard d’euros de ses crédits par rapport à la loi de finances initiale pour 2026. Au total, la mission « Enseignement scolaire », qui demeure le premier budget de l’Etat, est dotée de 65,53 milliards d’euros en 2027, contre 64,43 milliards cette année. Pour sa part, l’Enseignement supérieur va connaître une légère hausse de 500 millions d’euros, pour un budget global de 31,8 milliards d’euros.
« Le gouvernement ne fait pas d’économies sur la jeunesse », s’est félicité le ministre Edouard Geffray dans un entretien à l’Agence France-Presse (AFP).
Cette hausse vise essentiellement à prendre en charge la réforme de la formation initiale des personnels enseignants, indique Bercy, avec le déplacement des concours de recrutement de la fin du master à la fin de la licence. Ce sont 82% des crédits budgétaires de l’Education qui sont absorbés par les personnels enseignants du premier (32%) et du second degré (50%).
Pour 2027, le ministère prévoit le recrutement de 3 303 agents supplémentaires, c’est moins qu’en 2026, qui a vu l’arrivée de 5 940 agents. Dans le même temps,1 588 postes d’enseignants titulaires vont être supprimés, dont 1 250 dans l’enseignement public. Ces coupes tiennent compte de la baisse de la démographie scolaire, conséquence du déclin de la natalité. Néanmoins, le ministère insiste sur le fait qu’elles sont moins importantes que prévu, l’objectif étant de profiter de la baisse du nombre d’élèves pour renforcer l’encadrement. « Si on appliquait une stricte proportionnalité, nous devrions supprimer 9 600 postes », a fait valoir le ministre.
Selon un pointage de l’OCDE, dans l’édition 2026 de son rapport « Regards sur l’éducation » – et qui s’appuie sur des chiffres de 2024 -, 2 900 postes d’enseignants dans le premier et le second degré n’étaient pas pourvus en France au moment de la rentrée scolaire, soit moins de 1% des effectifs.
Par ailleurs, l’Education nationale prévoit le recrutement de 1 300 accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) et 900 personnels dédiés à la protection des enfants. Il s’agit, entre autres, de postes d’assistantes sociales, d’infirmières, de psychologues, ou encore de conseillers principaux d’éducation. Cette annonce intervient en plein scandale sur les violences sexuelles dans le périscolaire même si, comme l’a rappelé Édouard Geffray lors de son audition au Sénat, l’accueil des enfants en dehors des heures de cours est du ressort de la collectivité.
Premier rétropédalage sur ce budget : jeudi soir, le ministre a fait savoir qu’il renonçait finalement à faire payer aux étudiants non boursiers 178 euros de frais d’inscription en BTS et 270 euros en classe préparatoire, comme prévu dans la mouture présentée quelques heures plus tôt. Sans doute faut-il y voir un signal adressé à la grogne des lycéens, l’exécutif craignant d’être débordé par le mouvement. La mesure avait également déclenché l’ire de la gauche et de la CGT.
Mais au-delà du portefeuille de l’Education nationale, certaines mesures, qui dépendent d’autres administrations, risquent d’impacter directement le niveau de vie des lycéens et des étudiants. Au premier rang desquels le gel pour 2027 du niveau des allocations familiales. Le même sort est réservé aux aides au logement (APL), qui profitent à de nombreux étudiants, et qui ne seront pas revalorisées l’année prochaine. En outre, au-delà d’un certain seuil de revenus, les foyers les plus aisés devront choisir : soit le bénéfice des APL pour leur enfant étudiant, soit celui de la demi-part fiscale supplémentaire.
Notons que le dossier de presse de présentation de ce budget met en avant des mesures générales de lutte contre la précarité étudiante, mais il s’agit pour l’essentiel du maintien de dispositifs déjà en place depuis plusieurs années pour certains : une enveloppe complémentaire de 93 millions d’euros pour poursuivre le financement du repas étudiant à 1 euro, qui a été généralisé en mai dernier, et 33 millions consacrés au financement d’une Carte d’aide à la restauration étudiante (Care) dans les territoires dépourvus de restaurant universitaire, dispositif lancé en 2025. 15 millions d’euros sont également consacrés au plan « Santé Psy Étudiant », qui permet de bénéficier de douze séances gratuites par an avec un psychologue partenaire.
Au cœur des revendications des lycéens et des étudiants sur la dégradation des conditions d’enseignement : la vétusté des bâtiments. Depuis les grandes lois de décentralisation des années 1980, la gestion du bâti scolaire est aux mains des collectivités, qui assurent leur construction et leur entretien : l’échelon communal pour les écoles, le département pour les collèges et la région pour les lycées. Or, le projet de loi de finances entend faire supporter aux collectivités un effort de 5,5 milliards d’euros, soit près d’un milliard de plus qu’en 2026, ce qui pourrait se faire lourdement ressentir sur leurs capacités d’investissement, et donc la rénovation des bâtiments.
Les territoires peuvent toutefois bénéficier d’un accompagnement de la part de l’Etat, notamment lorsqu’il s’agit d’apporter un soutien technique à des communes qui n’ont pas l’ingénierie nécessaire pour conduire des travaux d’envergure. Par exemple, le fonds vert doit être porté en 2027 à 1 milliard d’euros, contre 800 millions cette année. Il permet de financer des projets d’adaptation au changement climatique, en premier lieu desquels la rénovation des bâtiments publics.
Citons également le fonds de compensation pour la TVA (FCTVA), par lequel l’Etat rembourse aux collectivités une partie de la TVA payée sur leurs investissements. Bercy prévoit de le faire évoluer ce mécanisme, afin qu’il soit « davantage orienté vers les priorités environnementales. »
02.10.2026 à 16:37

Au lendemain d'une journée de heurts dans de nombreuses villes, le mouvement lycéen se poursuit sous haute surveillance. À la mi-journée, 564 établissements étaient perturbés, tandis qu'Edouard Geffray recevait syndicats et associations pour tenter de renouer le fil.
« Aujourd’hui notre établissement est bloqué face au manque de moyens, de profs, pas assez de tables. On n’a pas d’infirmières, pas de surveillants, et tout ce qu’on fait pour nous, c’est nous enlever nos téléphones. » Juliette Masson, 17 ans, élève de terminale au lycée Clémenceau de Montpellier, dresse l’inventaire des griefs auprès de l’AFP. Elle y ajoute Parcoursup, « on joue notre avenir avec un algorithme, rien ne va », et une inquiétude : « Ça fait peur ce qui s’est passé hier, et on en a marre des casseurs. »
Ce qui s’est passé hier, c’est l’embrasement. Parti le 17 septembre du lycée Saint-Exupéry de Créteil, le mouvement a pris de l’ampleur la semaine dernière avant de s’enflammer jeudi dans de nombreuses villes. Matignon y a vu des « violences urbaines » et en a imputé la responsabilité à La France insoumise.
Ce vendredi 2 octobre, près de 400 des 3 700 lycées du pays étaient fermés, selon le ministre de l’Éducation nationale. Beaucoup ont basculé vers l’enseignement à distance. À Lille, la proviseure du lycée international Montebello, Florence Delannoy, relativise : « Nous savons faire puisque nous avons beaucoup réfléchi à la question il y a six ans pendant l’épidémie de Covid, nous avons des plans de continuité pédagogique. »
Sur le terrain, le bilan est plus modeste. Maélie, élève de Première au lycée Faidherbe, aurait dû suivre des cours de 10 h à 17 h. « Finalement, je vais avoir 1h30 de cours. » Certains professeurs envisagent une visioconférence, « mais si ça ne marche pas, ça sera une discussion sur le chat pour préparer les exposés ».
À la mi-journée, le ministère comptait 564 établissements « ayant fait ou faisant l’objet d’actions ou de perturbations ». La mobilisation et les incidents paraissent moindres que la veille, mais la situation reste difficile à évaluer. Des affrontements entre jeunes et forces de l’ordre ont tout de même été constatés dans plusieurs villes, dont Paris et Strasbourg. À Belfort, un policier a été violemment frappé par des « émeutiers », a annoncé le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.
Au micro de BFMTV, Edouard Geffray a lancé un appel aux parents : « Dans la rue, les enfants sont en danger. » Dès la matinée, il a reçu les syndicats de l’éducation, les associations lycéennes, dont l’Union syndicale lycéenne, fer de lance de la mobilisation, des représentants de parents d’élèves et les élus du Conseil national de la vie lycéenne.
Le ministre voit dans l’absence de revendications nationales « l’une des difficultés de ce mouvement » : « Tout est parti de revendications locales. » Du côté des syndicats, le message est sans ambiguïté. Cette rencontre « a permis de mettre des constats sur la table, mais aussi de rappeler qu’on ne pourra pas sortir de cette crise sans réponse politique nationale », a jugé Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat des collèges et lycées. Élisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du SE-Unsa, a insisté sur la nécessité de préparer « l’étape d’après », car « on ne pourra pas garder éternellement des établissements fermés ».
Les chiffres de la journée de jeudi donnent la mesure de la crise. Selon le ministère de l’Intérieur, 1 027 lycées sur environ 3 700 ont été concernés, et près de 2 000 interpellations ont eu lieu. Les premières gardes à vue ont débouché devant les tribunaux sur des condamnations à des travaux d’intérêt général. Laurent Nuñez, qui dénonce « une violence débridée », a fait état de plus de 300 policiers et gendarmes blessés.
Du côté de l’Éducation nationale, Edouard Geffray a recensé depuis le début du mouvement 65 personnels blessés, dont 40 proviseurs, et 170 élèves. Plus d’une centaine de lycées ont connu des dégradations « sévères ». Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a de son côté demandé aux procureurs d’engager la responsabilité civile des parents en cas de dégâts commis par leurs enfants, afin de leur faire « payer les réparations ».
Sur X, la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pecresse, fait état de « 7 millions d’euros déjà partis en fumée », avant d’ajouter : « Les casseurs brûlent l’avenir de nos lycéens en prétendant défendre l’égalité des chances : c’est injustifiable et irresponsable ! »
Le sujet est d’autant plus sensible que l’élection présidentielle se tiendra dans sept mois, dans un climat social et politique électrique. Selon les services du Premier ministre, le mouvement serait une « manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l’ultra-gauche ». Un procès en manipulation que le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a immédiatement renvoyé à Matignon, l’accusant de « sombrer dans le complotisme ».
La Fage, l’Union étudiante et l’Unef appellent à manifester et à bloquer. L’USL et l’Union étudiante ont appelé à des blocages dans les lycées et les facultés, avant une grande manifestation de la jeunesse annoncée le 6 octobre.
(Avec l’AFP)
02.10.2026 à 12:17

Suites aux violences de ce jeudi, quatre cents lycées sont fermés aujourd'hui par les autorités et de nombreux cours assurés en distanciel. Le mouvement des lycées se poursuit toutefois sous haute tension, alors que le ministre de l’Éducation rencontrait ce matin les syndicats et associations lycéennes.
Pression de Parcoursup, manque de professeurs, bâtiments délabrés et emplois du temps trop chargés, les lycéens veulent se faire entendre. Plus d’une semaine après le premier blocage à Créteil, la colère gronde toujours.
Le mouvement de blocage des lycéens, rejoint par les étudiants pour demander davantage de moyens pour les universités, s’est enflammé ce jeudi dans de nombreuses villes en France. Nantes, Strasbourg, Marseille, Lyon, Rennes… Hier, 900 actions ont été dénombrées devant des lycées, tous les départements étant désormais concernés, et les forces de l’ordre ont procédé à près de 2 000 interpellations, selon les autorités. « Plus d’une centaine de lycées ont connu des dégradations sévères », a indiqué le ministre de l’Éducation. « Il y a clairement une entreprise d’attaque et de destruction du service public de l’Éducation », a-t-il poursuivi.
En réponse aux dégradations, le garde des Sceaux Gérald Darmanin met en première ligne la responsabilité des parents : « Les parents doivent avoir leur responsabilité de parents. Que font des gamins de 15-16 ans à attaquer des abribus ou leur chef d’établissement ? », a-t-il lancé ce vendredi sur RTL. Il a alors demandé aux procureurs d’engager la responsabilité civile des parents afin de leur faire « payer les réparations ». « C’est pas le mineur qui paye, c’est les parents, aujourd’hui c’est aussi un problème de parents », a résumé le ministre au lendemain de sa réunion avec les procureurs généraux, jugeant cette sanction « bien plus utile que l’enfermement » pour les jeunes qui dégradent. Depuis le début du mouvement, environ 2 000 personnes ont été placées en garde à vue « dont 90% de mineurs », tandis qu’un tiers des interpellés l’ont été pour des violences commises contre les personnes, selon Gérald Darmanin. Il a fustigé une « minorité agissante et violente (…), dont on n’est pas tout à fait certain qu’ils soient d’ailleurs des lycéens ».
Tous les préfets ont décidé de prendre des arrêtés d’interdiction de manifester ce jour, aux abords des lycées fermés.
A sept mois de la présidentielle, dans un climat social et politique électrique, cette mobilisation devient une balle chaude que tout le monde se renvoie. Plusieurs personnalités politiques et au sein du gouvernement accuse La France Insoumise d’avoir orchestré le mouvement des lycéens. Après avoir « posé la question » de l’interdiction de LFI sur RMC-BFMTV ce jeudi, Bruno Retailleau affirme à nouveau ce matin que LFI « propage la violence » et fait actuellement « une grande répétition générale pour 2027 ». Les lycéens sont totalement « instrumentalisés et manipulée par les Insoumis », d’après lui. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin s’en est également pris aux responsables de LFI. Il a notamment qualifié Manuel Bompard, coordinateur du mouvement, d’être un « pompier-pyromane, comme M. Mélenchon », le candidat à la présidentielle qui a tenu des « propos extrêmement violents » avant de « changer de ton, trop tard », selon lui. Pour le ministre de l’Éducation, La France Insoumise a choisi dès le début de « cristalliser » le mouvement et de « l’étendre ». « Quand vous avez des élus qui font les tours des établissements et qui incitent publiquement au blocage, on ne peut pas dire qu’ils n’ont pas joué un rôle », a-t-il déclaré sur BFMTV ce vendredi.
Selon les services du Premier ministre, le mouvement serait donc une « manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l’ultra-gauche ». Le coordinateur de LFI Manuel Bompard a reproché à Matignon de « sombrer dans le complotisme ». Il a rappelé que le mouvement lycéen « est né d’une contestation dans un lycée à Créteil où il manquait trois professeurs, une proviseure adjointe, une assistante sociale et une psychologue scolaire ». « Quand il y a des mobilisations dans ma circonscription, quand il y a des salariés en grève, mon devoir c’est d’aller à leur rencontre pour savoir ce qu’ils me demandent et comment je peux les appuyer. Plutôt que de reprocher à la France Insoumise, on devrait se poser la question de savoir pourquoi les députés dans les autres circonscriptions ne le font pas », a déclaré Manuel Bompard sur LCI ce vendredi. Pour sa part, Jean-Luc Mélenchon a déclaré hier au micro de Public Sénat : « Comme il nous en accuse tous (d’être à l’origine du mouvement des lycéens), on se dit : ça a dû se passer par télépathie ». C’est le premier « mouvement de masse commandé par télépathie » car « il n’y a ni tract, ni discours, ni appel où que ce soit du moindre insoumis à se mettre en mouvement dans un lycée », a-t-il rit. « C’est une manière pour eux de ne pas traiter le problème. Ils font comme s’il n’y avait pas de problème », accuse-t-il le gouvernement.
Dans ce contexte explosif, le gouvernement a renoncé à faire payer des frais d’inscription en BTS ou en classe prépa, mesure pourtant inscrite dans le projet de budget 2027 présenté jeudi et fustigée par la gauche et plusieurs syndicats. Afin de renouer le dialogue, Édouard Geffray rencontre depuis 9h00 ce matin les syndicats de l’éducation et associations lycéennes, dont l’Union syndicale lycéenne, fer de lance de la mobilisation, et de parents d’élèves, ainsi que les élus du Conseil national de la vie lycéenne.
L’objectif est clair : nouer un dialogue. « Une des difficultés de ce mouvement, c’est qu’il n’y a pas de revendication nationale. Tout est parti de revendications locales assez diverses », a expliqué le ministre.
Les organisations appellent toutefois à une poursuite du mouvement, avant une grande manifestation mardi.
02.10.2026 à 10:49

Aux commandes du Rassemblement démocratique et social européen depuis 2023, la sénatrice des Hautes-Pyrénées conserve la présidence du groupe. Ses pairs l'ont reconduite à l'unanimité, ce vendredi 2 octobre.
Les membres du Rassemblement démocratique et social européen (RDSE) ont désigné Maryse Carrère à leur présidence, à l’unanimité. À la tête du groupe depuis 2023, la sénatrice des Hautes-Pyrénées entend poursuivre son action dans la continuité des valeurs de cette formation du centre de l’échiquier politique, fondée il y a plus de 130 ans. Elle compte également approfondir l’impulsion donnée dès 2023, avec une place centrale accordée aux débats, à la collégialité des décisions et au partage des responsabilités.
Le RDSE rassemble des sénatrices et sénateurs d’horizons différents, unis autour de l’humanisme, de la solidarité, de la laïcité, des libertés publiques et individuelles, et de la défense de la République et des territoires. « Le RDSE est riche d’une histoire de combats républicains. Si nous avons chacun des sensibilités différentes, la tolérance, la solidarité et l’humanisme sont notre guide », a déclaré Maryse Carrère. Évoquant l’entrée du Rassemblement national au Sénat et l’approche de l’élection présidentielle, elle a promis de « mettre en place des digues contre le populisme, la démagogie et les politiques d’exclusion sociale ».
02.10.2026 à 07:30

Pour le lancement de « À l'EHPAD ! », le nouveau programme d'Au Tableau Productions, des résidents de maisons de retraite interrogent les candidats à la présidentielle 2027. Premier sur le grill : Gabriel Attal, venu à Suresnes à la rencontre des aînés. Un échange spontané et sans détour, à découvrir dès maintenant la chaîne YouTube de l'émission et publicsenat.fr.
Après « Au Tableau ! », l’émission qui confronte depuis près de dix ans les personnalités aux questions d’enfants, place est faite désormais aux aînés. Le principe reste le même, bien que la génération change : des résidents d’EHPAD interrogent sans filtre celles et ceux qui ambitionnent de diriger le pays. Une manière de rappeler que la citoyenneté ne s’arrête pas aux portes des établissements : en 2022, les 65 ans et plus ont voté à 77 % au premier tour, loin devant les 18-29 ans (67,2 %).
Pour ce premier rendez-vous, dans une résidence DomusVi de Suresnes, Gabriel Attal — ancien Premier ministre et ex-ministre de l’Éducation nationale — commence par essayer un étonnant « simulateur de vieillissement » avant de s’installer face à ce qu’il appelle lui-même un « jury ». Suivent des questions qui ne s’embarrassent d’aucune langue de bois. Sur la sécurité, il défend davantage de fermeté et une justice des mineurs révisée, estimant qu’« un mineur de 2026, ce n’est pas un mineur de 1945 ».
Fidèle à son parcours ministériel, il redit également son attachement à l’école, « une priorité absolue ». Egalement, sur le grand âge, il plaide pour le libre choix entre domicile et EHPAD et un meilleur encadrement des établissements.
Mais le format nous permet aussi de plonger dans certains moments où le candidat se livre sur un plan plus personnel. Une résidente, Chantal, l’interroge notamment sur son homosexualité et sur l’incidence, notamment, que cela pourrait avoir vis-à-vis du rôle que pourrait exercer son conjoint.
Carte sur table, face aux résidents, une autre question le pousse à se situer sur un terrain plus politique… Est-il de gauche ou de droite ? Gabriel Attal rappelle alors ses débuts au Parti socialiste, avant de se définir d’abord par la liberté — la liberté économique, qu’il jugeait mieux portée à droite, et les libertés individuelles, mieux défendues à gauche… Il récuse pour autant l’étiquette centriste, notamment car « il y a « triste » dedans », glisse-t-il devant son assemblée. Il dit alors, en conclusion, préférer faire travailler ensemble des sensibilités de gauche, de droite et du centre.
Xavier Bertrand ouvrira lui aussi très prochainement cette nouvelle émission, pour un prochain épisode, tous tournés dans des établissements en France, avec des personnalités de toutes sensibilités. Ce premier, avec Gabriel Attal, est à voir dès maintenant sur la chaîne YouTube de l’émission, publicsenat.fr ainsi que Ouest-France.
02.10.2026 à 00:20

Pour leur deuxième débat, les cinq candidats à la primaire sociale-démocrate ont une nouvelle fois buté sur les mêmes lignes de fracture. La France insoumise, pourtant absente du plateau, s'est imposée dans les échanges, de la mobilisation lycéenne aux alliances en vue des législatives. Sur Gaza, le mot « génocide » a fait voler en éclats la courtoisie de façade entre Olivier Faure, Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj.
Débat entre socialistes, épisode 2. Même candidats, mêmes lignes de fracture, et un absent toujours au centre des échanges., qui n’est pourtant pas au casting. Une semaine après leur premier échange télévisé de LCI, Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Jérôme Guedj, Ségolène Royal et Emmanuel Maurel se retrouvaient jeudi soir sur France 2 et France Inter, à huit jours du vote des 9 et 10 octobre qui doit désigner le candidat du pôle socialiste. La formation de Jean-Luc Mélenchon a traversé les échanges, jusqu’à devenir, selon la formule d’Olivier Faure, « l’éléphant dans la pièce ».
La première passe d’armes intervient autour de la mobilisation lycéenne, qui a donné lieu à quelque 2 000 interpellations dans la journée. Sur les violences, les cinq candidats parlent d’une même voix, tout en refusant d’en faire l’unique sujet.
Raphaël Glucksmann réclame de la gauche « un discours de fermeté », sur les débordements comme sur « l’état de l’Éducation nationale ». Olivier Faure, lui, invite à « regarder la lune, et pas le doigt ». Pour le premier secrétaire du PS, réduire la discussion aux violences ou à la position de LFI, c’est reléguer au second plan les revendications des lycéens. « On ne va pas passer notre soirée à parler de LFI », prévient-il. Raphaël Glucksmann dit n’avoir « aucun problème » à affronter les Insoumis, mais convient lui aussi que le débat ne saurait se résumer à leur stratégie.
C’est pourtant ce qui finit par arriver. Jérôme Guedj accuse LFI de « jouer avec le feu » et dénonce son double langage sur la violence. Ségolène Royal juge à son tour que le mouvement « pousse » les jeunes « à prendre des risques ». Emmanuel Maurel, à rebours, rappelle qu’il n’appartient pas aux responsables politiques de dicter aux lycéens la façon de manifester.
Le principal intéressé avait pourtant donné le ton juste avant le débat, lors d’un « Moment politique » : il est, disait Jean-Luc Mélenchon, « absurde de mettre le feu à des poubelles », car cela revient à « donner de quoi manger à l’adversaire ». Cette première séquence installe déjà l’un des fils rouges de la soirée : comment débattre de LFI sans faire de Jean-Luc Mélenchon le centre de gravité d’une primaire censée désigner un autre candidat ?
Quelques minutes plus tard, le même clivage ressurgit sur Gaza. Comme lors du premier débat, tout se joue autour d’un mot : faut-il parler de « génocide » ? Le sujet avait déjà été l’un des principaux points de tension une semaine plus tôt. Olivier Faure et Ségolène Royal assumaient alors le terme, tandis que Jérôme Guedj et Raphaël Glucksmann lui préféraient les « crimes contre l’humanité » et les « crimes de guerre ».
Olivier Faure maintient sa position. Pour lui, la responsabilité d’un dirigeant politique est de « prévenir, pas de constater quand c’est trop tard ». Les éléments qui justifient ce mot sont, assure-t-il, suffisamment documentés, notamment par des ONG et des voix israéliennes.
Jérôme Guedj s’y refuse. Soutien de la cause palestinienne « depuis [ses] plus jeunes années », il condamne les « crimes de guerre et les crimes contre l’humanité » commis à Gaza. Mais le mot « génocide », plaide-t-il, est « un sujet sérieux », à manier « avec un peu de nuance ». Il reproche surtout à Olivier Faure de s’être « engouffré dans cette sémantique » et de tracer une frontière entre les « purs » et les autres.
Raphaël Glucksmann écarte lui aussi le terme, et en donne la raison : Olivier Faure, lui reproche-t-il, veut lui faire employer « un mot qui n’est pas celui » de la Cour pénale internationale, laquelle parle de « crimes contre l’humanité ». « Nous devons avoir notre propre position », lui répond le premier secrétaire du PS. L’échange se tend nettement. « Moi, je vais prendre la parole et tu vas m’écouter », lance Glucksmann, avant de s’en prendre à son rival : « Ce que tu fais est largement obscène. »
Olivier Faure lui rappelle alors que tous deux ont employé le mot pour les Ouïghours, « pour alerter le monde » : « Nous l’avons fait ensemble », dit-il, en lui demandant d’en faire autant pour les Palestiniens. Raphaël Glucksmann, lui, met en avant son combat pour que Benyamin Nétanyahou « paie pour ses crimes », que le « calvaire des Palestiniens à Gaza cesse » et que la perspective de « deux États » demeure. Emmanuel Maurel tente d’élargir le débat : reconnaissance de l’État palestinien, sécurité d’Israël, condamnation de la colonisation en Cisjordanie, engagement de la France face aux autres crises de la région. Ségolène Royal, elle, préfère ne pas prendre la parole, estimant que ses propos avaient été « honteusement déformés » la dernière fois.
Si les candidats avaient jusque-là évité de tomber dans le « piège » LFI, cela n’aura pas duré. La dernière séquence les ramène au sujet que beaucoup auraient voulu éviter : que faire de La France insoumise ?
Raphaël Glucksmann ne varie pas. Un accord avec LFI est impossible, plaide-t-il, pour des raisons « morales », « doctrinales » et d’efficacité électorale. Les deux doctrines sont incompatibles, et le prochain président ne pourra pas s’allier à une formation dont il juge la ligne inconciliable avec la défense européenne comme avec l’apaisement d’une société fracturée. « Ce qu’il nous faut faire maintenant, c’est réaffirmer la doctrine du socialisme démocratique », martèle-t-il. Jérôme Guedj défend la même rupture. Il raille la « danse du ventre » d’Olivier Faure avec LFI et voit dans les accords des municipales une « absence de courage ».
Olivier Faure, lui, refuse de fermer la porte, mais aussi de voir la primaire tourner sans cesse autour de Jean-Luc Mélenchon. « L’éléphant qui est dans la pièce », ironise-t-il, avant de s’agacer : « J’ai du mal à comprendre pourquoi, dans chaque débat entre nous, il faudrait à chaque fois que le vainqueur par contumace soit Jean-Luc Mélenchon. » Interrogé sur un éventuel second tour entre Marine Le Pen et le leader insoumis, le premier secrétaire du PS se refuse à commenter, tout en jugeant qu’un tel duel profiterait à la candidate d’extrême droite. « Mais moi, je veux gagner cette élection », lui oppose Raphaël Glucksmann, qui l’accuse d’être « habité par l’esprit de défaite » et lui demande de ne pas « noyer le débat ».
Ségolène Royal défend une autre ligne. Elle plaide pour une alliance rapide avec « les partis de gauche, les écologistes et le parti communiste », et refuse, elle aussi d’imaginer un duel Mélenchon-Le Pen. Emmanuel Maurel est, pour sa part, directement interpellé par Olivier Faure sur son éventuel choix au second tour, ce qu’il récuse.
À huit jours du vote, les cinq candidats ont ainsi confirmé les clivages apparus une semaine plus tôt. L’économie et l’international ont fait surgir des divergences, mais ce sont une nouvelle fois la relation à LFI et le mot « génocide » à propos de Gaza qui ont produit les échanges les plus tendus. Absente du plateau, La France insoumise aura, encore, occupé une large part de la soirée. L’éléphant, lui, n’a pas quitté la pièce.
01.10.2026 à 18:36

La suite des sénatoriales réserve quelques surprises. Des sénateurs membres de Nouvelle énergie, le parti du candidat à la présidentielle, David Lisnard, ont tenté de créer un nouveau groupe, avec des frondeurs du groupe Les Indépendants, présidé par Claude Malhuret, proche d’Edouard Philippe. L’affaire semble jusqu’ici échouer, mais crée des tensions au Palais du Luxembourg, où la semaine du « mercato » bat son plein.
« C’est tendu. Ce n’est pas aussi simple que d’habitude ». Cette sénatrice centriste, qui compte quelques années de Sénat à son actif, n’avait pas souvenir d’une telle ambiance pour la semaine post-sénatoriale. C’est la semaine du « mercato » entre groupes politiques. « Celle de tous les ragots, il y a des bruits de couloir », met en garde un sénateur.
Car les sénateurs ont jusqu’à lundi, 16 heures, pour décider du groupe dans lequel ils s’inscrivent. Pour les nouveaux arrivants, la semaine se transforme parfois en speed dating politique et certains sont prêts à rejoindre le groupe qui saura les convaincre…
Un sénateur LR s’étonne de l’attitude de certains collègues fraîchement élus. « Ce qui me frappe, c’est qu’il y a beaucoup de nouveaux qui sont arrivés, en disant moi je veux aller au plus offrant. Comme si la conviction politique était moins importante que la carotte », s’étonne ce sénateur LR, qui soutient « que certains collègues qui sont arrivés ont essayé d’obtenir des postes ou petits avantages, en menaçant d’aller à droite, à gauche ». Il ajoute :
En neuf ans de maison, je n’avais jamais vécu ça.
A gauche, on attend de savoir où vont aller les deux sénateurs Place Publique, Bernard Jomier, qui siégeait au groupe PS jusqu’ici, et Grégory Blanc, qui était chez les écologistes. Les deux iront soit au groupe socialiste, soit au groupe écologiste, soit au RDSE. Un apport qui n’est pas neutre, quand on sait que la taille des groupes définit en partie la répartition des postes, notamment au sein du bureau. François Rebsamen, de retour au Sénat, ira bien au groupe PS, qu’il connaît bien pour l’avoir déjà présidé. Le cas de l’ancien ministre d’Emmanuel Macron a été tranché mercredi dernier, en réunion de groupe. Quant au premier sénateur LFI, Gabriel Amard, les écolos n’en ont pas voulu, du moins pour le moment. A l’inverse, on évoque un « psychodrame », avec menace d’une sénatrice de la majorité de claquer la porte du groupe et même du Palais, si elle n’a pas gain de cause pour un poste dans une commission.
Le Palais bruisse aussi de créations de nouveaux groupes. A gauche, certains évoquent, sans y croire, une rumeur de groupe pro Glucksmann, qui ne semble pas sérieuse. Mais l’affaire qui monte concerne la droite. C’est la tentative de création d’un groupe qui rassemblerait des sénateurs Nouvelle Energie, le parti de David Lisnard, avec d’autres élus de droite, qui est au centre de toutes les discussions, ce mercredi, salle des conférences, en marge de la réélection de Gérard Larcher au Plateau.
« Il y a eu visiblement une tentation de création d’un groupe Nouvelle énergie, qui visiblement n’a pas abouti. Il y a des gens qui ont la double appartenance Nouvelle Energie/LR, ou Nouvelle Energie/Horizons. Et ils auraient pu mathématiquement créer un groupe. Mais ça ne se fait pas », confie un sénateur LR. Une tentative de nouveau groupe confirmée par plusieurs sources au Sénat. Lundi, plusieurs sénateurs n’ont d’ailleurs pas loupé la présence de David Lisnard dans les couloirs du Sénat… Le candidat à la présidentielle a aussi fièrement listé sur X dimanche soir les 14 candidats élus ou réélus avec le soutien de Nouvelle Energie.
Mais les choses seraient un peu plus compliquées que cela. Contacté par publicsenat.fr, David Lisnard en personne donne ses explications. « Ça ne s’est pas passé comme ça. On a pas mal de sénateurs qui sont à Nouvelle énergie et un autre parti, ou qui nous rejoignent. J’ai dit, faites ce que vous voulez, je suis pour la liberté. Certains seront au groupe LR, mais d’autres ne voudront pas en entendre parler. Il y a eu des rapprochements avec d’autres sénateurs, venant d’autres horizons… Et certains réfléchissent à faire un groupe », confirme à publicsenat.fr David Lisnard, « un groupe d’indépendants et de libéraux ». Mais promis, il n’y est pour rien : « Moi, je n’incite pas. Ce n’est pas moi qui fais le groupe. On n’est pas là pour foutre le bordel », assure le patron de Nouvelle Energie.
Il ne s’agit pas de « créer un groupe Nouvelle Energie pure, non », insiste le maire de Cannes. Mais « je veux qu’on fasse passer nos idées, qu’on gagne et qu’on soit puissant pour la présidentielle », reconnaît David Lisnard, qui aurait pu profiter de la dynamique que lui aurait apporté un groupe. A défaut, « c’est sûr que je vais faire un pôle de parlementaires Nouvelle Energie », soutient celui qui est aussi président de l’Association des maires de France. Il pourra aussi compter sur le rattachement politique, pour le financement, de certains sénateurs.
Histoire de montrer patte blanche, David Lisnard précise s’entendre « très bien avec Mathieu Darnaud », président du groupe LR, et souhaité une « majorité sénatoriale pour Gérard Larcher ». Mais selon un sénateur capé, David Lisnard se serait engagé à ne pas créer de groupe auprès de Gérard Larcher et de Bruno Retailleau. Cet activisme de ces derniers jours serait pour le moins mal passé chez les poids lourds de la droite.
Mais comme les choses sont souvent baroques au Palais du Luxembourg, l’histoire est encore plus complexe. Car ces velléités de créer un groupe sont liées à des tensions qui sont apparues au sein du groupe Les Indépendants, à majorité Horizons. Présidée par un fidèle d’Edouard Philippe, Claude Malhuret, le groupe traverse du gros temps.
« C’est le feu », lâche une habituée du Sénat. Une fronde qui serait menée, selon plusieurs sources, par le sénateur Horizons Louis Vogel. Contacté, ce dernier n’a pas souhaité répondre. Le sénateur de Seine-et-Marne aurait cherché, « depuis 15 jours », a discrètement fomenté « un putsch », contre Claude Malhuret, selon plusieurs sources. « Louis Vogel est à la manœuvre, il voulait devenir calife à la place du calife », lâche un sénateur. Louis Vogel aurait visé la présidence du groupe, avant de finalement penser à créer « un groupe dissident », en allant chercher chez les LR ou les centristes.
C’est là où l’ambition des sénateurs Nouvelle énergie est venue rencontrer celle des frondeurs des Indépendants. A moins que tout vienne du côté de Cannes, pense un membre de la Haute assemblée… « David Lisnard est à la manœuvre », croit un sénateur, « mais personne n’a vu venir le coup ».
Face au risque de voir un nouveau groupe se créer, « Larcher, Marseille et Malhuret sont immédiatement intervenus, pour border les choses et récupérer les gens. La manœuvre a foiré », confie un sénateur bien informé, « ce qui ne les empêche pas de continuer à téléphoner ».
Mais là où l’histoire ne manque pas de sel et se complique – encore ! – c’est que « Louis Vogel est le bailleur des locaux du parti Horizons. Les locaux d’Horizons sont dans les locaux du cabinet Vogel & Vogel, à Paris. Il est avocat d’affaires avec son frère. Vous imaginez la tête de Christophe Béchu et d’Edouard Philippe ? » s’étonne un sénateur. Le siège social d’Horizons, comme celui du cabinet d’avocat, sont en effet tous les deux domiciliés au 30 avenue d’Iena, dans le 16e arrondissement de Paris, comme le montrent les mentions légales du parti et du cabinet.
Pour l’heure, le groupe Les Indépendant tient et n’explose pas, contrairement à ce que certains avancent. « Il n’y a pas d’explosion. C’est un pétard mouillé », raille un sénateur du groupe. Mais il perd des plumes. Ce mercredi, le groupe a réélu Claude Malhuret à sa tête, « à l’unanimité des sénateurs présents », précise un communiqué du groupe LIRT. Selon nos informations, ils étaient 16 à élire Claude Malhuret, contre 20 membres avant les sénatoriales. Etaient absents, Louis Vogel, Alain Marc, jusqu’ici vice-président du Sénat, et qui aimerait le rester, Dany Wattebled, sénateur indépendant du Nord, et Marie-Claude Lermytte, élue avec lui dans le Nord. « Il vaut mieux la qualité, que la quantité », lâche un sénateur du groupe, qui rappelle que « c’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses ». « Avec le mercato, d’ici lundi, on fera les comptes exacts », tempère un autre.
Un nouveau sénateur, dont on attendait la destination, a déjà pris sa décision. C’est Renaud Muselier. Le président de la région PACA a été élu dans les Bouches-du-Rhône. Bien que membre de Renaissance, il annonce à publicsenat.fr rejoindre le groupe Union centriste, qui change au passage de nom, pour UCI : Union centriste… et indépendants. De quoi montrer l’ouverture du groupe, au moment où d’autres, comme Les Indépendants, vacillent. Un sénateur s’en amuse : « Il y a des auto-entrepreneurs. Et deux ou trois qui sont en l’air… » Tout le jeu pour les groupes étant de les attraper.
01.10.2026 à 18:30

Le président Les Républicains du Sénat, Gérard Larcher, a été réélu ce jeudi 1er octobre pour un nouveau mandat de trois ans à la tête de la Chambre haute. Sans surprise, il l’a très largement emporté dès le premier tour, selon les résultats proclamés dans l'hémicycle.
Gérard Larcher a été reconduit ce jeudi 1er octobre pour un sixième mandat de président du Sénat. Il y avait peu de suspense sur l’issue de cette élection : le sénateur LR des Yvelines, soutenu par la majorité de droite et du centre au Sénat, emporte très largement le « plateau » par 203 voix sur 302 voix exprimées. Face à lui trois challengers, issus des groupes d’opposition de gauche : le socialiste Patrick Kanner (60 voix), la communiste Cécile Cukierman (22 voix) et l’écologiste Mélanie Vogel (17 voix).
Elu depuis 1986, Gérard Larcher occupe la présidence du Sénat sans interruption depuis 2014. Il avait déjà été président entre 2008 et 2011, avant de céder son siège au socialiste Jean-Pierre Bel, lorsque la gauche est brièvement devenue majoritaire au Palais du Luxembourg. À la fin de son mandat, en 2029, Gérard Larcher aura occupé ce poste pendant 18 ans, loin du record de longévité d’Alain Poher, qui a présidé cette institution pendant 24 ans (1968-1992).
« Le président de toutes les sénatrices et de tous les sénateurs »
Tout juste réélu, Gérard Larcher a retrouvé sa place au « plateau ». Il a aussitôt adressé ses félicitations aux sénateurs nouvellement élus – ou réélus – dimanche. « Entrer dans cet hémicycle pour la première fois, en tous les cas j’en ai le souvenir, c’est quand même un moment assez exceptionnel, un peu particulier. »
« Je suis élu à nouveau aujourd’hui président d’une assemblée parlementaire qui est ouverte, diverse, exigeante et respectueuse des sensibilités qui la composent. Je suis dès cet instant le président de toutes les sénatrices et de tous les sénateurs de métropole, des Outre-mer et des collègues qui représentent les Français établis hors de France », a-t-il déclaré.
« La France ne s’est jamais trouvée dans une telle situation depuis le début de la Ve République »
À sept mois de l’élection présidentielle, et à la veille de discussions budgétaires qui s’annoncent particulièrement houleuses cette année, l’élu a dressé un panorama sombre de la situation politique, sociale et économique du pays. « Notre pays doute. Notre société est confrontée à une succession de crises qui a entamé la confiance de nos compatriotes dans leur avenir et dans leurs dirigeants », a-t-il pointé. « La France ne s’est peut-être jamais trouvée dans une telle situation depuis le début de la Ve République. Notre dette est abyssale et nos taux d’intérêt chaque mois plus élevés. Nos comptes sociaux sont dans le rouge, le pouvoir d’achat est en berne et je sens le pays tendu. »
Concernant les défis à venir, le président du Sénat dit vouloir « être attentifs » aux questions liés à l’intelligence artificielle. Sur l’entrée en vigueur du pacte européen sur l’immigration, il a annoncé l’instauration d’un groupe de travail « réunissant notamment la Commission des lois, la Commission des affaires étrangères, la Commission des affaires européennes et la Commission des affaires sociales ».
Dimanche 27 septembre, le Sénat a été renouvelé de moitié. S’engage désormais un processus de renouvellement de ses instances. Après l’élection du président du Sénat, doit suivre la mise en place des groupes politiques et celle des bureaux des différentes commissions et délégations permanentes, les organes en charge du travail préparatoire sur les textes de loi et des missions de contrôle de la Haute assemblée.
01.10.2026 à 18:23

Invité à réagir aux accusations d’antisémitisme qui visent Jordan Bardella, Gérard Larcher, tout juste réélu président du Sénat, ne veut « pas porter des jugements définitifs sans preuves ». Il assure toutefois vouloir se montrer inflexible devant des propos et des comportements « insupportables », alors qu’un groupe RN-UDR vient de faire son entrée à la Chambre haute.
Président de « tous les sénateurs et de toutes les sénatrices », Gérard Larcher, fraîchement réélu à la tête de la Chambre haute ce jeudi 1er octobre, entame son sixième triennat avec une nouveauté de taille : la création d’un groupe politique d’extrême droite, une première au Palais du Luxembourg. Mais la percée du RN aux sénatoriales le week-end dernier a été éclaboussée par des accusations de Mediapart sur des écrits antisémites attribués à son président, Jordan Bardella.
« Naturellement, l’antisémitisme, et j’allais dire aussi le racisme, sont insupportables », a réagi Gérard Larcher, quelques minutes après sa réélection, devant un parterre de journalistes. Alors que Jordan Bardella nie être l’auteur des propos qui lui sont rapportés, et dénonce une opération montée de toutes pièces, le président du Sénat redouble de précautions. « J’attends d’avoir les preuves et je n’ai pas l’habitude de porter des jugements définitifs sans preuves. »
« Ce que je peux vous assurer, c’est qu’ici l’antisémitisme, le racisme, le rejet de l’autre n’ont pas leur place », a-t-il martelé.
Depuis le plateau, le président du Sénat a dressé un panorama sombre de l’état du pays, à sept mois de la présidentielle. Ce jeudi, la mobilisation des lycéens pour l’amélioration des conditions d’enseignement a continué de s’étendre partout en France. De nombreux responsables politiques, notamment le sénateur et patron des LR Bruno Retailleau, reprochent à La France insoumise de souffler sur les braises de la contestation.
« Le sujet, aujourd’hui, n’est pas Jean-Luc Mélenchon », balaye Gérard Larcher. « Moi, je veux que mon pays retrouve une forme de sérénité et de confiance. Il y a des sujets essentiels », insiste le sénateurs des Yvelines, qui évoque le pouvoir d’achat, la santé, la sécurité et l’école.
« Pardonnez-moi, le sujet numéro un, ce n’est pas la température dans les classes, c’est le classement de l’OCDE, qui fait qu’aujourd’hui l’ascenseur social, la transmission des savoirs, n’est plus assurée. »
>> LIRE AUSSI – « Le temps passe et Gérard Larcher ne se bonifie pas… » : le coup de griffe de Jean-Luc Mélenchon au président du Sénat
01.10.2026 à 16:54

Sur le plateau de Public Sénat, le sénateur RN, Joshua Hochart s’est félicité de la création du premier groupe RN de l’histoire du Sénat. Un groupe où siègent des élus RN et UDR qui s’appellera « Union Nationale pour les Territoires », a-t-il annoncé.
En attendant la réélection de Gérard Larcher à la présidence du Sénat, le sénateur RN Joshua Hochart s’est félicité de la création d’un nouveau groupe à la chambre haute composé de 12 élus du RN et 3 élus de l’Union des droites pour la République. Il promet que lui et ses collègues adopteront la même attitude que les députés RN. « Des sénateurs respectueux de l’institution, aucune envie d’aller bordéliser l’institution. Par contre, on a été élus en 2023 comme en 2026, pour aller porter une voix différente pour pouvoir porter des nouveaux projets ».
Le groupe présidé par la sénatrice de Gironde Edwige Diaz s’appellera : « Union Nationale pour les Territoires », a-t-il annoncé.
Il a également réagi à la proposition de Bruno Retailleau consistant à interdire le parti LFI, qu’il juge responsable d’attiser les violences lycéennes. « Bruno Retailleau ne sait plus sur quel pied danser. Il y a deux ans, c’est lui qui faisait élire les députés de la France Insoumise en se retirant des seconds tours pour les élections législatives. Donc la France Insoumise existe. Elle porte des idées et des valeurs que je combats. Par contre, j’en appelle à la démission de l’ensemble des élus de la France Insoumise qui, eux, ont soutenu et ont participé à ces dégradations », a-t-il déclaré.
01.10.2026 à 16:23

Alors que Claude Malhuret (Horizons) appelle à réaliser l’union au plus vite entre les candidats du centre et de la droite, le candidat des Républicains estime qu’il faut offrir aux Français un « vrai choix », en proposant un « projet de rupture », « qui ne soit ni macroniste et évidemment, ni de l'extrême ».
Pour Claude Malhuret, les sondages qui succèdent sont d’une clarté limpide. « S’il y a trois candidats, il y aura trois cadavres. Il est plus que temps qu’on réagisse », a alerté le président du groupes les Indépendants, et membre d’Horizons. « C’est un appel à tout le monde de réaliser l’unité, de trouver le plus rapidement les critères d’un départage », a appelé ce soutien d’Édouard Philippe, ce 1er octobre sur notre antenne.
Pas question pour Bruno Retailleau, arrivé sur notre plateau dans la foulée. « Si je me retirais aujourd’hui, ce serait du pain béni pour Mme Le Pen », a désapprouvé le président de LR et candidat à l’élection présidentielle. « Le raisonnement que je fais, c’est que je porte un projet de rupture que les anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron ne portent pas. Ils ne peuvent pas porter puisqu’ils sont en quelque sorte aussi comptables du bilan. Il est très différent de celui de Marine Le Pen qui, sur le plan économique, veut l’assistance », a-t-il justifié.
Selon le sénateur de la Vendée, si les « ailes radicales sont aussi fortes », c’est à cause du « en même temps » d’Emmanuel Macron », une « espèce de grand centre où personne ne s’est retrouvé ». « Ce qu’il montre bien qu’il faut un projet de rupture, un projet radical, mais qui ne soit ni macroniste et évidemment, ni de l’extrême », en a-t-il conclu.
Comme ce matin, Bruno Retailleau a par ailleurs répété qu’il faudrait s’interroger sur l’interdiction de la France insoumise, au vu du contexte de montée des violences dans le mouvement lycéen. « Ce que j’observe, c’est qu’un parti qui prône la violence, un parti qui en appelle à la désobéissance civile, qui en appelle aussi des certaines formes d’antirépublicanisme, on doit se poser la question parce que ça devient intolérable », a-t-il déclaré.
Comment calmer la colère lycéenne ? « En pointant la responsabilité de LFI. À l’initiative de ce mouvement, il y a l’Union syndicale étudiante, syndicat d’extrême gauche lié à LFI. C’est un parti séditieux : on doit s’interroger si l’on doit l’interdire ou non. […] Ce qui se passe aujourd’hui, c’est ni plus ni moins que la répétition générale de ce que veut faire LFI après les élections présidentielles », a-t-il ajouté.
01.10.2026 à 15:43

Venu accueillir les deux nouveaux sénateurs LFI ce jeudi 1er octobre, Jean-Luc Mélenchon s’est laissé aller au micro de Public Sénat à ses propres souvenirs d’élu à la Chambre haute. Il a également raillé la longévité de Gérard Larcher, arrivé la même année que lui au Sénat, et candidat à un sixième mandat de président.
Une apparition rare au Sénat. Après Marine Le Pen la veille, venue accueillir les nouveaux sénateurs du Rassemblement national, c’est au tour de Jean-Luc Mélenchon, ce jeudi 1er octobre, de fouler les pavés de la cours d’honneur du Palais du Luxembourg, pour féliciter les deux sénateurs insoumis qui ont été élus dimanche. C’est la première fois que LFI parvient à envoyer des élus au Sénat. Une double satisfaction pour son fondateur, puisque l’un des deux nouveaux sénateurs, Gabriel Amard, est aussi son gendre.
« Il est certainement l’un des militants avec qui je milite depuis le plus longtemps. Le fait qu’il soit mon gendre me fait plaisir, je ne vais pas vous dire le contraire, mais nos relations de famille ont plutôt été un poids pour lui qu’autre chose, puisqu’on lui a toujours dit : ‘Tu es là parce que…’ », explique Jean-Luc Mélenchon. Il rappelle que Gabriel Amard a été élu pour la première fois à 24 ans, à Longjumeau, un fief de droite. « Il a une longue expérience d’élu local, c’est plutôt lui qui aurait des choses à m’apprendre, mais ça il ne faut pas le dire ! », plaisante-il.
« Nous ne sommes pas dans une époque ordinaire, sinon il n’y aurait pas de sénateurs insoumis », reconnaît Jean-Luc Mélenchon, dont le programme présidentiel prévoit la suppression du Sénat. « Il faut le prendre comme un symbole de quelque chose qui est en train de changer dans le pays. […] La présence d’un sénateur insoumis est un signal de notre temps et de l’état de tension de la société. C’est pourquoi cette élection présidentielle, elle-aussi, ne va ressembler à aucune autre », prédit celui que tous les sondages annoncent au second tour face à Marine Le Pen.
Lui-même sénateur de 1986 à 2000, lorsqu’il était encore socialiste, puis à nouveau de 2004 à 2010, Jean-Luc Mélenchon fait montre d’une certaine nostalgie en revenant au Palais du Luxembourg, ce mardi. « Le débat au Sénat était très exigeant. Les types étaient des supers spécialistes, ils vous accrochaient au mur ! », se souvient-il. Une manière aussi, à peine voilée, de tacler le niveau des débats politiques actuels.
>> LIRE AUSSI – « Bruno Retailleau est ridicule » : Jean-Luc Mélenchon réagit à sa proposition d’interdire LFI
« À cette époque, le Sénat était dur. Vous aviez des êtres brillantissimes, faire partie d’une équipe de sénateurs dans laquelle vous aviez Robert Badinter et Michel Dreyfus-Schmidt… J’aime mieux vous dire qu’il fallait s’accrocher pour simplement prendre la parole et avoir l’air de quelque chose derrière eux », poursuit Jean-Luc Mélenchon.
Ce 1er octobre marque également l’ouverture de la session ordinaire. Les sénateurs, qui se réunissent pour la première fois en séance publique depuis le renouvellement triennal de ce week-end, vont procéder à l’élection du président. Gérard Larcher, qui siège au « plateau » sans interruption depuis 2014, est candidat à sa succession, soutenu par la majorité sénatoriale de droite et du centre. « Le Sénat est l’antichambre de l’éternité », raille Jean-Luc Mélenchon.
« J’ai connu l’époque où l’on faisait des mandats de 9 ans. Rendez-vous compte ? On avait le temps d’apprendre à se connaitre, à se détester ou à s’apprécier beaucoup. Je ne sais pas ce qui a pris à Gérard. D’un coup, il s’est retourné contre moi, et à commencer à dire des méchancetés alors qu’avant il était très sympathique », pointe le tribun insoumis. Avant un dernier coup de griffe :« Le temps passe et il ne se bonifie pas… Lui ! »
Fin 2023, après des attaques de Jean-Luc Mélenchon contre la journaliste Ruth Elkrief, le président du Sénat s’était emporté au micro de RTL contre le leader insoumis, taxé d’antisémitisme. L’accusant d’alimenter « un brasier qui peut enflammer, diviser », Gérard Larcher avait fini par lui lancer un mémorable – et peu sénatorial – « ferme ta gueule ».
01.10.2026 à 15:25

Questionné sur la colère lycéenne, le président du groupe socialiste, ministre en charge de la Jeunesse de 2014 à 2027, considère que la « bouteille est en train d’exploser », tout en qualifiant d’ « insupportables » les scènes d’enseignants frappés.
« Si les lycéens sont dehors, mais aussi maintenant les étudiants manifestement, c’est qu’il y a des échecs successifs sur la politique éducative qui a été menée dans ce pays depuis 10 ans. » Patrick Kanner, le président des sénateurs socialistes, réélu hier, par 39 voix contre 19, explique le mouvement de colère dans les lycées par les choix politiques du double quinquennat d’Emmanuel Macron.
« La bouteille est en train d’exploser et, bien évidemment, je comprends les raisons de la colère, mais je ne comprends sûrement pas, et je dénonce, toutes les formes de violence notamment quand je vois des enseignants pourchassés, frappé. Pour moi, c’est insupportable. Ça veut dire que cette république aujourd’hui est en train de perdre ses repères », a-t-il cependant ajouté, alors que le mouvement prend de l’ampleur et radicalise, par endroits.
Interrogé sur le rôle des élus insoumis dans les débordements et les violences, Patrick Kanner a estimé que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a attisé les flammes. « Je regrette qu’un grand parti politique, LFI, aujourd’hui soit manifestement peut-être sinon débordé, en tout cas, je constate qu’en attisant les flammes, on crée une situation insurrectionnelle dans ce pays. C’est ce qu’ils souhaitent, mais c’est absolument là aussi inacceptable. »
L’ancien ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports a également ciblé au cours de l’interview le Rassemblement national. Au cours de la soirée électorale des sénatoriales, le sénateur du Nord avait assimilé le groupe RN-UDR (Union des droites pour la République), à un « musée des horreurs ». En réaction, Marine Le Pen a dénoncé des « propos injurieux ». Quant à Éric Ciotti, le patron de l’UDR, il a réclamé des sanctions à l’égard du sénateur. « C’est le musée des horreurs politiques parce que, oui, la préférence nationale c’est une horreur politique. La fin de la loi SRU pour le logement social c’est une horreur politique. Le voile interdit aux femmes musulmanes dans un pays qui respecte la laïcité, c’est une horreur politique […] S’il estime que c’est une insulte, qu’il le prouve », a répliqué Patrick Kanner.
01.10.2026 à 14:47

Présent au Sénat ce matin pour l'arrivée des sénateurs LFI, le candidat à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, réagit aux mouvements des lycéens et répond aux propos tenus par Bruno Retailleau, président des LR et également candidat, qui estime que « la question de l’interdiction de LFI se pose ».
Jean-Luc Mélenchon, Manuel Bompard, coordinateur de La France Insoumise, ainsi que la députée LFI et vice-présidente de l’Assemblée nationale, Clémence Guetté, sont venus ce midi au Sénat pour soutenir les deux nouveaux sénateurs LFI : Gabriel Amard et Marc Péré, élu sur une liste d’union LFI, Les Écologistes et Génération. Jean-Luc Mélenchon s’exprime au sujet des manifestations devant les lycées et répond à Bruno Retailleau.
Invité de BFMTV-RMC ce jeudi 1er octobre, le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau a réagi au mouvement des lycéens. Il a déclaré que La France Insoumise était un parti « fasciné par la violence », qui « essaye d’organiser l’insurrection ». Selon le candidat, « ce qu’il se passe aujourd’hui devant les lycées, c’est la répétition générale de ce qui pourrait se passer en 2027 si Marine Le Pen gagnait, ils organiseraient une insurrection dans le pays ». Il a alors estimé que « la question de l’interdiction de La France Insoumise se pose ».
Interviewé par Public Sénat, Jean-Luc Mélenchon réagit à ces propos. « Il est ridicule, ce n’est pas parce qu’il parle de moi, qu’il va faire parler de lui. Il veut nous interdire parce que nos idées ne lui plaisent pas », sourit le candidat à l’élection présidentielle. « C’est absurde, c’est une manière de se mettre en scène. Il se la joue ‘nous sommes l’ordre’ », soupire-t-il.
« Comme il nous en accuse tous (d’être à l’origine du mouvement des lycéens), on se dit : ça a dû se passer par télépathie ». C’est le premier « mouvement de masse commandé par télépathie » car « il n’y a ni tract, ni discours, ni appel où que ce soit du moindre insoumis à se mettre en mouvement dans un lycée », rit-il. « C’est une manière pour eux de ne pas traiter le problème. Ils font comme s’il n’y avait pas de problème ».
Jean-Luc Mélenchon annonce qu’il parlera ce soir, à l’occasion de son « moment politique », une conférence en direct à 19h15 sur YouTube, « plus en détail » du mouvement lycéen et donnera « peut-être quelques consignes ».
« Mon inquiétude c’est la violence policière contre les jeunes gens », déclare-t-il. « Je sais que ça ne fait pas plaisir à entendre, et croyez bien que je suis le premier à qui ça ne fait pas plaisir de parler d’un corps d’autorité de cette manière-là. Mais ce que nous voyons là est d’une insupportable violence ». Il insiste toutefois sur le fait que La France Insoumise est « pour des méthodes de lutte non violentes ».
« L’état d’abandon fait honte », affirme Jean-Luc Mélenchon en parlant du gouvernement vis-à-vis des lycées. « Je n’en reviens pas de l’état de délabrement des lycées. Ça fait des années que ça dure et à un moment donné ça déborde parce que les messages sont contradictoires. On dit aux jeunes gens ‘travaillez bien à l’école’, en plus de Parcoursup qui les trient en cours de route, c’est trop », conclut-il.
01.10.2026 à 14:00

Gérard Larcher a été réélu dès le premier tour, ce jeudi 1er octobre. C'est la sixième fois que le sénateur LR des Yvelines accède au Plateau. Revivez les temps forts de notre live.
Point d’orgue du renouvellement des instances du Sénat : l’élection de son président. Après les sénatoriales du 27 septembre, qui ont vu 178 des 348 sièges de la Chambre haute remis en jeu, les élus se retrouvent pour la première fois en séance publique ce jeudi 1er octobre, à partir de 15 heures, pour procéder à l’élection du président du Sénat pour la période 2026-2029. Cette désignation marque aussi le coup d’envoi de la session ordinaire. Pour être élu, un candidat doit recueillir la majorité absolue des suffrages exprimés au premier ou au deuxième tour. À défaut, un troisième tour est organisé, pour lequel une simple majorité relative suffit.
» Pour tout savoir du déroulé et des modalités de cette élection, vous pouvez consulter notre article explicatif à ce sujet.
Gérard Larcher est officiellement candidat à sa succession. Le sénateur LR des Yvelines préside la Haute assemblée sans interruption depuis 2014, après un premier passage au « plateau » de 2008 à 2011. Il est soutenu par la majorité sénatoriale, alliance des LR et des centristes du Sénat. Face à lui, plusieurs groupes d’opposition présentent leurs propres candidats : le sénateur du Nord Patrick Kanner pour les socialistes, la sénatrice de la Loire Cécile Cukierman chez les communiste, et la sénatrice des Français établis hors de France Mélanie Vogel pour les écologistes.
Suivez ce live pour ne rien manquer de cette élection, et notre émission spéciale sur Public Sénat – canal 8 de la TNT – à partir de 14h30.
Gérard Larcher a été réélu ce jeudi 1er octobre pour un sixième mandat de président du Sénat. Sans surprise, le sénateur LR des Yvelines, soutenu par la majorité de droite et du centre au Sénat, emporte très largement le « plateau » par 203 voix sur 302 voix exprimées, face à ses trois challengers : le socialiste Patrick Kanner (60 voix), la communiste Cécile Cukierman (22 voix) et l’écologiste Mélanie Vogel (17 voix).
Gérard Larcher occupe ce poste sans interruption depuis 2014. Il avait déjà été président du Sénat entre 2008 et 2011, cédant la place au socialiste Jean-Pierre Bel, lorsque la gauche est brièvement devenue majoritaire au Palais du Luxembourg.
Sur le plateau de Public Sénat, le sénateur RN, Joshua Hochart s’est félicité de la création du premier groupe RN de l’histoire du Sénat. Un groupe où siègent des élus RN et UDR qui s’appellera « Union Nationale pour les Territoires », a-t-il annoncé.
En attendant la très probable réélection de Gérard Larcher à la présidence du Sénat, le sénateur RN Joshua Hochart s’est félicité de la création d’un nouveau groupe à la chambre haute composé de 12 élus du RN et 3 élus de l’Union des droites pour la République. Il promet que lui et ses collègues adopteront la même attitude que les députés RN. « Des sénateurs respectueux de l’institution, aucune envie d’aller bordéliser l’institution. Par contre, on a été élus en 2023 comme en 2026, pour aller porter une voix différente pour pouvoir porter des nouveaux projets ».
Le groupe présidé par la sénatrice de Gironde Edwige Diaz s’appellera : « Union Nationale pour les Territoires », a-t-il annoncé.
Il a également réagi à la proposition de Bruno Retailleau consistant à interdire le parti LFI, qu’il juge responsable d’attiser les violences lycéennes. « Bruno Retailleau ne sait plus sur quel pied danser. Il y a deux ans, c’est lui qui faisait élire les députés de la France Insoumise en se retirant des seconds tours pour les élections législatives. Donc la France Insoumise existe. Elle porte des idées et des valeurs que je combats. Par contre, j’en appelle à la démission de l’ensemble des élus de la France Insoumise qui, eux, ont soutenu et ont participé à ces dégradations », a-t-il déclaré.
« Bruno Retailleau est ridicule, il ne devait pas s’abaisser à cela. » Le sénateur LFI Gabriel Amard a tenu à répondre au patron des Républicains, qui accuse LFI de souffler sur les braises de la contestation étudiante. Invité de BFMTV-RMC, le Vendéen a même proposé « d’interdire LFI ». « Monsieur Retailleau est le représentant d’un parti qui fait 5%. […] Ces personnes feraient bien de rester à leur niveau, ils sont regardés par l’ensemble du peuple français », tacle Gabriel Amard au micro de Public Sénat.
« En effet, nous soutenons les mouvements lycéens, nous ne soutenons pas des dégradations d’établissements scolaires ou des choses qui, à mon avis, n’ont pas besoin de s’exprimer de cette manière », se défend Gabriel Amard. « En même temps, cela révèle une vraie souffrance dans les familles, une vraie souffrance dans la jeunesse. »
Gabriel Amard est l’un des deux nouveaux sénateurs LFI élus dimanche, une première pour le parti de Jean-Luc Mélenchon. « Je serai à propos du budget qui s’annonce une vigie et un éclaireur, je sais à quel point certains disent des choses dans leur circonscription et vote l’inverse au Sénat », avertit Gabriel Amard. « Je vais être attentif à ce qu’on ne vienne pas défendre l’hôpital public ou l’école ou les communes, alors qu’on est en train de faire exactement l’inverse en pratiquant des coupes budgétaires lors de la navette parlementaire. »
La présidente du groupe communiste du Sénat, Cécile Cukierman a réagi au projet de budget présenté par le gouvernement, ce jeudi. « Ce ne sont pas des mesures difficiles, ce sont des mesures inacceptables » […] Il y a une volonté manifeste de ne pas travailler un budget avec logique, de ne pas commencer par travailler les recettes mais de décider déjà qu’il faut couper dans les dépenses. Ce sont des choix politiques et libéraux que nous combattrons », a-t-elle promis.
Sur X, Sébastien Lecornu a alerté sur la hausse des taux d’emprunt à hauteur de 4,8 % en ponctuant part une alerte : « Le réel nous rattrape ». « Bien sûr le réel nous rattrape. Nous sommes le deuxième pays où le plus de dividendes ont été distribués, cette année. Il n’y a jamais eu autant de grandes fortunes dans notre pays. Donc il faut agir vite, M. le Premier ministre au service de toutes et de tous », lui a-t-elle répondu.
Thierry Cozic, sénateur PS de la Sarthe, s’exprime sur l’arrivée d’un groupe RN au Sénat : « c’est clairement une alerte » mais ce n’est pas « illogique » que le Sénat qui « représente les territoires » connaisse cette arrivée. « Nous sommes une chambre qui marche sur les compromis donc peut-être ça peut être remis en question, je ne l’espère pas mais l’avenir nous le dira », poursuit-il.
Interrogée sur le mouvement lycéen, « ce n’est que la transcription des 10 ans de macronisme », déclare le sénateur. « Je comprends leur colère, simplement j’appelle à de la retenue ».
Sur le budget présenté ce matin, Thierry Cozic, qui est candidat pour présider la commission des finances, considère que c’est « un budget de droite, très difficile », « il n’est absolument pas acceptable pour le Sénat »
Pas question de se retirer de la course à la présidentielle pour Bruno Retailleau, après l’appel de Claude Malhuret de réaliser l’union au plus vite entre les candidats du centre et de la droite. « Si je me retirais aujourd’hui, ce serait du pain béni pour Mme Le Pen », a désapprouvé le président de LR et candidat à l’élection présidentielle. « Le raisonnement que je fais, c’est que je porte un projet de rupture que les anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron ne portent pas. Ils ne peuvent pas porter puisqu’ils sont en quelque sorte aussi comptables du bilan. Il est très différent de celui de Marine Le Pen qui, sur le plan économique, veut l’assistance », a-t-il justifié.
Claude Malhuret réélu à la tête de son groupe Les Indépendants-République-et-Territoire, composé de nombreux sénateurs Horizons a appelé au rassemblement de son camp pour la présidentielle « parce qu’actuellement, les deux partis extrémistes sont en train de dérouler leur programme, de dérouler leur campagne électorale, pendant que nous, nous sommes encore en train de nous demander qui va être notre candidat », a-t-il déploré avant de lâcher : Pour moi, c’est clair. S’il y a deux candidats, il y aura deux cadavres. S’il y a trois candidats, il y aura trois cadavres. Il est plus que temps qu’on réagisse ».
Mais à la peine dans les sondages, Edouard Philippe a vu sa main tendue à Bruno Retailleau et Gabriel Attal à se ranger derrière sa candidature, être rejetée. « Le début de campagne, il y a longtemps qu’il l’est fait. « Le début de campagne, il y a longtemps qu’à l’extrême gauche et à l’extrême droite, il est fait. Et nous, nous sommes encore en train de nous demander qui va être notre candidat », a-t-il déploré avant de lancer « un appel à tout le monde de réaliser l’unité, de trouver le plus rapidement les critères d’un départage ».
Le vote commence par les sénateurs dont le nom de famille commence par un T.
Le doyen d’âge, Pierre Cuypers (82 ans et 6 mois) a ouvert la séance en appelant les six plus jeunes sénateurs à le rejoindre, qui exerceront les fonctions de « secrétaires d’âge » jusqu’à l’élection du bureau définitif, c’est-à-dire l’instance collégiale qui organise le fonctionnement interne du Sénat : l’écologiste Mathilde Ollivier, la benjamine du Sénat (32 ans et 3 mois), le nouveau sénateur de Guyane Ryan Persaud (32 ans et 3 mois), mais aussi le socialiste Rémi Cardon (32 ans et 6 mois), qui fut lors de sa première élection en 2020 le plus jeune sénateur de l’histoire.
« S’installer dans ce fauteuil, fut-ce que pour quelques instants, s’accompagne pour moi d’une grande émotion », a-t-il déclaré en référence à son beau-père, Etienne Dailly qui fut naguère vice-président du Sénat. Alors que démarre aujourd’hui la séance parlementaire 2026-2027, Pierre Cuypers a rappelé la « responsabilité » des élus de « rétablir avec nos concitoyens la confiance dans l’avenir ». « Toute mesure nouvelle exige une explication rationnelle, une appréciation de ces conséquences, une explication face aux moyens requis car voter une dépense, c’est impérativement en assumer le financement », a-t-il souligné.
La lettre « T » tirée au sort
Sur la forme des débats, le sénateur de Seine-et-Marne a invité les sénateurs à respecter la parole de chacun. « Dans cette haute assemblée, on ne prend pas la parole, on la demande ». « Notre assemblée exprime le respect dû aux concitoyens que nous représentons ».
Les sénateurs ont, ensuite, été appelés à voter par ordre alphabétique. C’est la lettre « T » qui a été tirée au sort.
A quelques minutes de l’élection du président du Sénat, le président du groupe LR du Sénat, Mathieu Darnaud se « réjouit » à la perspective de voir Gérard Larcher réélu au plateau. « Je l’espère. C’est un président qui incarne l’institution dans un temps politique que l’on sait agité. Nous avons devant nous la préparation d’un projet de loi de finances et de financement de la Sécurité Sociale. Il est important comme en 2025 comme en 2026 que le Sénat soit à la fois sur le pôle stabilité utile et un contrepouvoir », a-t-il déclaré. Alors que le gouvernement vient de présenter son projet de budget, « un texte qui ne va pas dans le sens que nous souhaitons », a-t-il souligné.
01.10.2026 à 13:24

Elu dimanche sénateur Renaissance des Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier n’ira pas au groupe RDPI, où siègent les membres du parti de Gabriel Attal, mais au sein du groupe Union centriste, qui change au passage de nom, pour « UCI, Union centriste et indépendants », annonce celui qui était jusqu’ici président de la région PACA.
Dans cette semaine où les tractations vont bon train au Sénat, pour savoir dans quel groupe vont siéger les nouveaux sénateurs – ils ont jusqu’à lundi 16 heures pour se décider – on connaît maintenant la terre d’accueil de Renaud Muselier. C’était l’une des questions qui se posait après les sénatoriales de dimanche dernier. Membre de Renaissance, mais soutenu par l’UDI, LR et le parti de Gabriel Attal, Renaud Muselier va finalement au groupe Union centriste.
« Je rejoins le groupe centriste », annonce à publicsenat.fr Renaud Muselier. « Ma décision est prise. Après réflexion, échanges, quand vous venez du Sud et que vous avez un président de groupe qui s’appelle Marseille… vous avez une affection particulière », sourit celui qui était jusqu’ici président de la région PACA.
« Je suis dans la majorité sénatoriale, en soutien à Gérard Larcher. Et l’Union centriste a évolué, c’est l’UCI maintenant, pour Union centriste et indépendants. Ça me va très bien », explique le nouveau sénateur des Bouches-du-Rhône. Celui qui se dit « chiraquien », qui a « grandi avec Pasqua, Gaudin », assure qu’il arrive « avec humilité au groupe. Même si on est capé, on est nouveau ».
Renaud Muselier garde sa carte à Renaissance. « Je ne vois pas d’incompatibilité. J’ai eu Franck Riester, qui m’a dit que c’était compatible », explique le sénateur. Le groupe centriste accueille d’ailleurs déjà une sénatrice Renaissance, avec Brigitte Bourguignon. Renaud Muselier s’en est expliqué aussi avec Xavier Iacovelli, nouveau président du groupe RDPI, à majorité Renaissance, où il aurait logiquement pu aller, et le sénateur Renaissance Jean-Baptiste Lemoyne.
La campagne des sénatoriales n’a pas été de tout repos du côté des Bouches-du-Rhône. Car si sa liste a eu le soutien officiel des LR, Bruno Retailleau a soutenu personnellement Valérie Boyer, qui a présenté sa propre liste et a été réélue. Gérard Larcher avait, en toute fin de campagne, rappelé qui avait l’investiture et le soutien de la majorité sénatoriale…
01.10.2026 à 12:58

Le gouvernement a présenté ce 1er octobre le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la sécurité sociale, qui doivent permettre de ramener, encore une fois, le déficit à 5 %. Alors que la France fait face à une remontée inquiétante de ses taux d’intérêt, le ministre des Comptes publics prévient que « l’immobilisme serait le décrochage » du pays.
Le dernier budget de la présidence Macron s’engage sous la pression des marchés financiers, et surtout obligataires. En pleine présentation à la presse ce 1er octobre des arbitrages élaborés tout au long de l’été, le taux d’emprunt à 10 ans de la France battait de nouveaux records ce matin, faisant une incursion au-dessus des 4,96 %. Du jamais vu depuis 2002. C’est dans ce contexte que le gouvernement a levé le voile sur ses projets de textes budgétaires, avec l’objectif de « poursuivre le redressement budgétaire », pour contenir le déficit public à 5 % du PIB l’an prochain. En 2026, sous l’effet de la dégradation de la croissance, il s’est creusé à 5,4 % au lieu des 5 % prévus. Depuis 2023, le déficit public n’a jamais été ramené sous 5 %.
« Dans un contexte international troublé, où les marchés financiers et obligataires connaissent des tensions particulières, on ne peut pas mettre la poussière sous le tapis, l’immobilisme serait le décrochage », a mis en garde le ministre des Comptes publics David Amiel, lors d’une présentation à Bercy ce matin. « Ça ne peut pas être six mois de décrochage. On ne peut pas attendre les prochaines élections pour agir », a-t-il également plaidé, face au risque d’une loi spéciale qui pourrait se prolonger à cause de la séquence électorale de 2027.
Dans la construction de ses hypothèses, le gouvernement part d’une prévision « solide » d’une croissance de 1 % et il fait le pari d’une adoption du budget avant la fin de l’année, une issue qui ne s’était jamais produite pour le moment depuis la dissolution de 2024.
Le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale proposent un effort de 43 milliards d’euros. Le chiffre de 54 milliards d’euros précédemment annoncé par Sébastien Lecornu intègre en réalité des mesures déjà prises mais appelées à monter en charge en 2027. En matière de répartition des nouvelles économies, 9 milliards d’euros reposeront sur l’Etat, 12 milliards sur la sphère sociale et 5,5 milliards d’euros sur les collectivités locales. Le reste de l’effort de l’année est alimenté par les recettes. Au total, le cadrage présente une dépense publique en baisse à 56,9 % du PIB, contre 57,1 % selon les données actualisées pour 2026. La fiscalité contribue toujours de façon importante à la réduction du déficit. Les prélèvements obligatoires progresseront en 2027 de 0,3 point de PIB pour atteindre 44,2 % du PIB.
La construction budgétaire a été fortement fragilisée par la récente flambée des taux d’intérêt. La charge de la dette augmente de 13,6 milliards d’euros par rapport à la loi de finances initiale de 2026, pour atteindre 72,9 milliards d’euros. Pour donner un ordre de grandeur, c’est autant que les budgets de l’Education nationale et de la Justice réunis. Le gouvernement s’attend à ce que la dette atteigne l’an prochain atteigne 3814 milliards d’euros (121,7 %). Pour Roland Lescure, cette hausse « n’est plus tenable ». Dans le contexte de craintes de désengagement des investisseurs, le ministre a toutefois indiqué que la signature du pays restait « solide ».
Sur l’Etat, à part les ministères régaliens, les ministères sont promis à des budgets contractés. L’exemple le plus frappant étant le ministère du Travail, qui verra ses moyens diminuer de 2,5 milliards d’euros. « Le gel est la règle, et l’augmentation est l’exception, à commencer par l’Etat », a insisté David Amiel. L’Etat baissera le nombre de fonctionnaires. Hors ministère de la défense, les ministères et administrations centrales verraient leurs effectifs réduits de 1076 postes, en équivalent temps plein. Le point d’indice de la fonction publique sera gelé. Mais le ministère des Comptes publics promet des « mesures ciblées valorisant les progressions de carrière » et de se concentrer sur les « bas salaires ».
Sur la Sécurité sociale, le gouvernement veut un effort significatif pour rééquilibrer les comptes et faire face à la hausse tendancielle des dépenses de santé et de retraites. Il prévoit de réduire d’une petite moitié le déficit, qui passerait alors de 21,8 milliards d’euros en 2026 à 12,7 milliards d’euros l’an prochain.
Conformément à ce que le ministère du Travail avait déjà dévoilé, les dépenses de retraites seront appelées à contribuer à hauteur de 5,5 milliards d’euros. Le gouvernement prévoit de réduire le plafond de l’abattement à 10 % pour frais professionnels qui s’applique aux retraités. Un gel « total ou partiel » est prévu pour les pensions au-delà de 1260 euros par mois, il représente le gros de l’effort avec une économie prévue de 4,1 milliards d’euros. 1,4 millions de personnes seront préservées, selon le ministère. « On n’a pas d’acharnement contre les retraités. L’effort me paraît proportionné », a considéré le ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre Farandou.
Dans le champ des dépenses de santé, le gouvernement veut limiter la hausse des dépenses à six milliards, au lieu de dix, qui aurait été la trajectoire sans action de sa part. Le médicament sera nettement mis à contribution, avec trois milliards d’euros d’économies. De nouveaux transferts de charges sont prévus vers les assurances complémentaires, à hauteur de 1,6 milliard d’euros, une somme comparable à ce qui a été mis en œuvre la semaine dernière. À noter également que sur le plan de la santé publique, le ministère de la Santé propose d’étendre la taxe sur les boissons sucrées aux produits alimentaires industriels contenant des additifs ou une présence excessive de sucre.
Deux milliards d’euros d’économies sont à trouver sur les arrêts maladie, dont un milliard d’euros dont les modalités seront définies dans le cadre d’une négociation des partenaires sociaux. Bercy veut aussi fiscaliser les arrêts maladies, pour les rapprocher de l’imposition des revenus du travail.
Le principal levier d’action pour réduire le déficit des comptes sociaux restera les allègements généraux. Le gouvernement va s’attaquer aux réductions de cotisations sociales patronales. 3,8 milliard d’euros d’économies sont attendus. Sont aussi ciblés le régime de cotisation pour les indemnités de ruptures conventionnelles chez les cadres. « Cela ne changera rien pour 95 % des salariés », a assuré le ministre du Travail.
Les entreprises vont également être mises à contribution. Les plus grandes d’entre elles verront pour la plupart leur impôt diminuer. La surtaxe d’impôt sur les sociétés visant les grands groupes sera reconduite, mais dans une version allégée de 30 %. Elle devrait rapporter 5 milliards d’euros. En revanche, la taxe sur les aéroports et les sociétés concessionnaires d’autoroutes va être plus que doublée, pour être portée à 1,4 milliards d’euros, au lieu de 600 millions d’euros précédemment.
Le projet de loi de finances prévoit aussi un relèvement de la TVA pour la télévision linéaire par abonnement. Les diffuseurs payants bénéficient actuellement d’un taux réduit. Bercy annonce aussi une contribution du secteur maritime, autrement dit un prélèvement sur le principal armateur, CMA-CGM.
S’agissant des ménages, le gouvernement assure faire preuve de justice fiscale. « Nous refusons les hausses généralisées d’impôt », a martelé Roland Lescure. Le barème de l’impôt sur le revenu sera revalorisé au niveau de l’inflation, comme il est d’usage chaque année. En revanche, le gouvernement annonce un « travail de rationalisation des niches fiscales ». Il a également dans son viseur les « rentes » et l’optimisation fiscale. Le régime de l’apport-cession, mécanisme qui permet à un entrepreneur de vendre sa société tout en reportant l’imposition de la plus-value, sera revu. Des prélèvements sont toutefois à attendre, en particulier sur les assurances. Une taxe sur les contrats d’assurance automobile sera relevée de 18 % à 18,9 %, pour un rendement d’environ 200 millions d’euros. L’idée est de relever le budget des service départementaux d’incendie et de secours (Sdis), promis après les feux de forêts massifs de l’été.
Le RSA, l’allocation adulte handicapée, le minimum vieillesse et les plus petites pensions seront préservées du gel. Pour toutes les autres prestations sociales, elles seront gelées. Mais un mécanisme est prévu pour laisser la possibilité de revenir en quelques jours, par voie réglementaire, sur les gels de prestations après l’élection présidentielle. « Tous les gels seront réversibles. C’est une liberté inédite que nous souhaitons laisser aux successeurs de pouvoir les corriger s’ils le souhaitent, sans attendre la présentation d’un projet de loi de finances rectificative », a souligné David Amiel.
Le gouvernement estime par ailleurs qu’au vu du contexte actuel, « l’ancre des 5 % [de déficit] devra être tenue, du début à la fin » des débats parlementaires. L’examen en commission des finances à l’Assemblée nationale va s’engager la semaine prochain, une séquence à haut risque pour le gouvernement. David Amiel prévient d’ores et déjà que « le compromis ne pourra pas être le n’importe quoi budgétaire ».
01.10.2026 à 12:53

Le mouvement lycéen ne faiblit pas et s’accompagne parfois de violences et de dégradations. Le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau y voit l’influence de La France insoumise, qu’il accuse « d’organiser l’insurrection ». Le sénateur de Vendée a donc suggéré « l’interdiction » du parti de Jean-Luc Mélenchon. Si la dissolution d’un parti politique est possible en droit, elle pose une question démocratique.
Depuis le début du mouvement de blocus des lycées, sur fond de revendications portant sur le manque de moyens, le manque d’enseignants ou les conditions d’étude, l’exécutif, la droite et l’extrême droite accusent La France insoumise de souffler sur les braises de la contestation.
Depuis le début du mouvement, les élus LFI affichent leur soutien aux lycéens, quitte parfois à jouer avec la ligne rouge. Comme lorsque le maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Bally Bagayoko, a jugé « la réaction violente » des manifestants « comme pouvant être une réponse compréhensible ou légitime à l’action des forces de l’ordre », avant de nuancer immédiatement : « Mais chaque fois qu’on peut l’éviter, c’est mieux ».
« On a un parti qui est fasciné par la violence, qui appelle à la sédition et même qui essaie d’organiser l’insurrection. Ce qui se passe aujourd’hui devant les lycées, c’est la répétition générale de ce qui pourrait se passer en 2027 si Mme Le Pen gagnait », a jugé le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau, invité de BFMTV-RMC.
Le sénateur en a alors profité pour « lancer dans le débat public » « la question de l’interdiction de LFI », tout en reconnaissant le caractère « difficile en droit » de la proposition.
Juridiquement, la procédure est pourtant assez simple, comme le rappelle Nicolas Hervieu, professeur affilié à l’École de droit de Sciences Po. « Pour un parti politique, le régime de dissolution est le même que pour une association de la loi de 1901. Cela a été rappelé récemment, le 30 décembre 2024, par une décision du Conseil d’État qui a rejeté la demande d’annulation de la dissolution de Civitas. »
Dans l’esprit de l’ancien ministre de l’Intérieur, pourrait s’appliquer ici l’article L. 212-1-1 du code de la sécurité intérieure, selon lequel « Sont dissous, par décret en conseil des ministres, toutes les associations ou groupements de fait (…) qui provoquent à des manifestations armées ou à des agissements violents à l’encontre des personnes ou des biens ».
« Ce qui est assez préoccupant, et ce qui montre que notre droit n’est pas adapté, c’est que, par un simple acte du pouvoir exécutif, du jour au lendemain, un parti politique peut être dissous. Évidemment, dans ce cas de figure, le parti visé formerait un recours en référé-liberté devant le Conseil d’État. Mais pendant quelques jours ou semaines, le parti serait dissous, puisque le décret a un effet immédiat », souligne Nicolas Hervieu.
« Ce serait improbable pour deux raisons. Le juge devrait d’abord apprécier si l’action de LFI constitue une provocation à commettre des agissements violents. Il faudrait donc établir le lien de causalité entre l’expression des élus et les actes de violence. Les partis politiques disposent aussi d’une protection renforcée définie à l’article 4 de la Constitution, selon lequel ils concourent à l’expression du suffrage et se forment et exercent leur activité librement », détaille le juriste.
Pour être totalement précis, Bruno Retailleau n’est pas le premier à « lancer dans le débat public » une demande de dissolution de La France insoumise. En octobre 2023, Stéphane Le Rudulier, alors sénateur LR, avait envoyé un courrier à la Première ministre de l’époque, Élisabeth Borne, et avait lancé une pétition pour la dissolution de La France insoumise, qu’il qualifiait de « cinquième colonne du terrorisme palestinien en France », « qui prescrit officiellement la destruction d’Israël et l’extermination des juifs ».
Une description qu’il pensait faire correspondre au 6° de l’article L. 212-1, selon lequel les associations ou partis peuvent être dissous s’ils « provoquent ou contribuent par leurs agissements à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine, de leur sexe, de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une prétendue race ou une religion déterminée, soit propagent des idées ou théories tendant à justifier ou encourager cette discrimination, cette haine ou cette violence ».
Pour conclure, Nicolas Hervieu juge « préoccupant qu’un candidat à la présidentielle de la droite traditionnelle ouvre la porte à la dissolution d’un parti ». « Il ouvre une fenêtre d’Overton. L’idée va rester dans le débat public et pourrait être reprise par le RN ou LFI s’il arrivait au pouvoir dans les prochains mois. »
01.10.2026 à 12:02

Rennes, Paris, Marseille ou encore Strasbourg, de nombreux lycées étaient bloqués ce matin et le mouvement s’étend aux facultés. Face à l’ampleur de la mobilisation de la jeunesse et les heurts qui émaillent le mouvement, le Premier ministre convoque une cellule de crise.
Des facultés ont rejoint jeudi les lycées qui, à travers la France, organisent des blocages pour réclamer des remplacements de professeurs et davantage de moyens, dans ce qui pourrait prendre corps et devenir « l’acte deux » de cette mobilisation sociale de la jeunesse. Selon l’Union étudiante, une trentaine de campus sont bloqués jeudi matin, à Paris, Strasbourg, Marseille, Lyon 2, Reims, Poitiers ou encore Nanterre. Il s’agit d’une mobilisation « historique » selon le syndicat étudiant. Les accès sont empêchés mais les universités peuvent passer les cours en distanciel, selon le syndicat.
Selon les premières remontées policières, des lycées étaient déjà bloqués en début de matinée à Paris, Marseille, Strasbourg, Rennes et Marseille. Dans le Rhône, vers 8h30, la préfecture comptabilise 27 établissements concernés par des mobilisations, dont 5 collèges.
Les lycéens mobilisés redoutent de nouvelles violences comme celles qui ont émaillé certains blocages ces derniers jours. Ainsi à Tours, un jeune homme a été blessé mercredi à la tête et hospitalisé pour des lésions « compatibles » avec un tir de LBD, selon la procureure de la République de cette ville. L’IGPN, la « police des polices », a été saisie de trois enquêtes après que des lycéens ont été blessés lors de blocages d’établissements. Pour la seule journée de mercredi, 625 personnes ont été interpellées et 83 policiers et gendarmes blessés. Depuis le début des blocus, 119 élèves et personnels ont été blessés.
Bruno Retailleau veut « interdire LFI »
« Nous avons dépassé une ligne rouge. On éborgne la jeunesse comme ils ont fait avec les Gilets Jaunes », a fustigé auprès de l’AFP le président de l’Union syndicale lycéenne (USL), que les annonces du ministre de l’Education nationale mercredi n’ont pas calmé. « Les revendications de notre jeunesse sont légitimes et notre groupe les partage pleinement », a déclaré le groupe communiste du Sénat dans un communiqué ce matin. « L’usage de telles méthodes contre des adolescents mobilisés pour leurs conditions d’études et le rétablissement de la promesse républicaine d’égalité inscrite sur toutes les façades de nos lycées est insoutenable », poursuivent les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE. Jean-Luc Mélenchon a appelé à « la non-violence des méthodes de lutte », tout en estimant que « la diffusion des images de violences policières est une protection pour nos jeunes. »
La droite dénonce de son côté « une minorité politisée et instrumentalisée par LFI », selon les mots d’Edouard Philippe, « qui cherche à empêcher les étudiants d’aller étudier et saccage les lycées. » Marine Le Pen aussi a ciblé Jean-Luc Mélenchon et LFI : « En appelant ses militants à s’interposer entre les jeunes et la police, en parlant de ‘sauvagerie policière’, en déclarant que la violence peut être légitime, Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise se placent hors du cadre républicain. » « Marine Le Pen participe à la thèse complotiste de lycéens « manipulés » par LFI. Elle n’a pas un mot sur le scandale d’un établissement scolaire sur deux où il manque des professeurs », lui a répondu l’Insoumis.
Le candidat LR à la présidentielle est allé encore plus loin en « lançant dans le débat public » la proposition de « l’interdiction de LFI. » « On a un parti fasciné par la violence, qui appelle à la sédition et même qui essaie d’organiser l’insurrection. Ce qui se passe aujourd’hui devant les lycées, c’est la répétition générale de ce qui pourrait se passer en 2027 si Mme Le Pen gagnait », a jugé jeudi M. Retailleau sur BFMTV-RMC. S’il a concédé que c’était « difficile en droit », l’ancien ministre de l’Intérieur a estimé que s’il était encore place Beauvau il ferait étudier la possibilité par ses services. Le candidat LR ne s’est en revanche pas exprimé sur les revendications des lycéens concernant la dégradation de leurs conditions de scolarité.
Pour tenter de mettre fin à la propagation du mouvement, Édouard Geffray a annoncé l’ouverture d’une « plateforme de concertation » à laquelle « tous les lycéens pourront contribuer ». Ils pourront y déposer leurs revendications et leurs inquiétudes. Une « restitution nationale » sera organisée pour « apporter des réponses structurées ». Les conseils de la vie lycéenne dans les établissements, instances consultatives, devraient aussi être convoqués ces jours-ci. Sébastien Lecornu a annoncé la convocation d’une cellule de crise à 13 heures.
Avec AFP.
01.10.2026 à 10:13

Alors que s’ouvre ce jeudi la session parlementaire ordinaire 2026-2027, Laurent Panifous était l’invité de Public Sénat. Le ministre chargé des Relations avec le Parlement est revenu sur l’organisation de cette session particulièrement courte à cause de la présidentielle, qui dépendra grandement de l’avancée des débats budgétaires.
Une session ordinaire pas si ordinaire. Avec la présidentielle, la session parlementaire de droit qui dure habituellement du 1er octobre au 31 juin sera écourtée à la fin du mois de février. Cela laisse cinq mois aux parlementaires pour discuter des textes qui seront mis à l’agenda, dont un gros morceau : le budget.
« Ça nous oblige à être vigilant sur le débat budgétaire, qui peut prendre du temps. Des arbitrages seront faits au fil de l’eau selon l’avancée des débats », a expliqué Laurent Panifous en détaillant la stratégie du gouvernement sur ce dossier épineux : « Nous présentons une copie initiale qui a vocation à faire l’objet d’échanges pour trouver des compromis avec les mêmes interlocuteurs qu’il y a un an. Le gouvernement est prêt à faire des pas. Nous n’avançons pas avec des lignes rouges. La cible de 5 % de déficit et de 54 milliards d’économies essentiellement sur les dépenses de l’Etat n’est qu’une méthode de départ. Les groupes parlementaires avec qui nous négocions pourront proposer des choses et c’est le Parlement qui décidera. »
Le gouvernement repart donc sur la même méthode que l’année dernière, où le projet de loi de finances avait été adopté seulement le 2 février 2026, après l’adoption d’une loi spéciale pour temporiser. « Il existe plusieurs chemins pour l’adoption d’un budget. L’idéal serait le vote, ça sera compliqué. L’année dernière nous avions réussi sur le budget de la Sécu. Au 1er octobre, je ne peux pas vous dire quel chemin nous prendrons, mais nous n’excluons rien y compris le 49.3. Ce qu’on veut absolument éviter c’est une loi spéciale coûteuse, inutile et dangereuse. » Et le ministre des Relations avec le Parlement d’avertir les parlementaires : « Le chemin choisi dépendra de la qualité des débats au Parlement. » Comprendre : sans majorité dégagée à l’approche de la fin décembre, le gouvernement aura recours au 49-3 et les députés devront donc choisir entre censurer ou laisser passer la copie gouvernementale.
Laurent Panifous est ensuite revenu sur les différents textes prévus pour cette session parlementaire réduite. L’examen de la loi dite « intégrale » contre les violences sexuelles débute ce jeudi 1er octobre et le ministre s’engage pour faire en sorte de « tracer un chemin pour ce texte », sans « préempter le travail des parlementaires. » « En tout cas, si ce texte n’était pas adopté définitivement, ça ne serait pas du fait du gouvernement », conclut Laurent Panifous. Face aux inquiétudes sur le manque de moyens mis sur la table pour faire advenir les promesses de ce texte, le ministre défend l’engagement d’1,25 milliard pour 2027. « Aux suivants de poursuivre le travail. »
Ce mercredi, Laurent Panifous a annoncé l’examen d’un projet de loi de réforme de la Haute Autorité pour la Transparence de la vie publique (HATVP). « Après 12 ans d’existence, il y a des choses à corriger pour faire en sorte d’être plus efficace, sur les lobbyistes étrangers notamment », a détaillé le ministre. Alors que dans son dernier rapport d’activité, l’HATVP avait alerté sur ses difficultés pour remplir pleinement ses nouvelles compétences sans moyens supplémentaires, Laurent Panifous a renvoyé aux discussions budgétaires prochaines, sans engagement précis.
Enfin, le projet de loi constitutionnel pour l’autonomie de la Corse, déjà examiné à l’Assemblée nationale, arrivera en séance au Sénat le 26 octobre 2026. Il devra être adopté dans les mêmes termes qu’à l’Assemblée pour pouvoir convoquer un Congrès et modifier la Constitution – ce qui semble à ce stade « difficile » vu l’hostilité du Sénat sur le sujet a concédé Laurent Panifous. « Les échos que j’ai me laissent à penser que ça va être difficile. Nous sommes dans notre rôle de faire en sorte que ce texte soit bien étudié dans chaque chambre, c’était notre engagement vis-à-vis des élus corses. Maintenant c’est aux parlementaires de décider. »
30.09.2026 à 18:43

Xavier Iacovelli a été élu à la tête du groupe des marconistes au Sénat, qui compte un peu moins d’une vingtaine d’élus. Opposé à l’ancien ministre Jean-Baptiste Lemoyne dans cette élection interne, il prend ainsi la succession de François Patriat, décédé cet été. Le groupe doit encore discuter de l’opportunité de se renommer dans les prochains jours.
Le sénateur des Hauts-de-Seine Xavier Iacovelli a été élu ce mercredi 30 septembre à la présidence du groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI), qui réunit les marconistes du Sénat. Il prend ainsi la suite de François Patriat – brutalement décédé le 19 août – et qui avait fait le choix au début de l’été de ne pas se représenter aux élections sénatoriales du 27 septembre. Xavier Iacovelli l’emporte face au sénateur de l’Yonne Jean-Baptiste Lemoyne, plusieurs fois ministres sous les gouvernements d’Edouard Philippe et de Jean Castex. La candidature du sénateur mahorais Thani Mohamed Soilihi avait été un temps évoqué, mais celui-ci a finalement fait le choix de soutenir Xavier Iacovelli.
« La candidature de Jean-Baptiste Lemoyne est une candidature qui compte, c’est un ancien ministre. Pendant près de deux heures, nous avons pris le temps de débattre et de répondre aux questions de nos collègues », a salué Xavier Iacovelli après de Public Sénat, juste après sa victoire. Le score n’a pas été communiqué.
Avant le renouvellement de ce week-end, le groupe RDPI comptait 19 sénateurs. Il devrait, selon toute vraisemblance, maintenir ses effectifs – les nouveaux élus ont jusqu’à lundi pour s’inscrire dans un groupe politique. « Maintenant que je suis président, je me mets au service du groupe et de ses sénateurs », explique Xavier Icovelli.
La question de la « différentiation territoriale » devrait être l’un des grands chevaux de bataille de cette formation, qui compte de nombreux élus ultramarins. Xavier Iacovelli a d’ailleurs proposé à ses collègues d’engager une réflexion pour renommer le groupe, en y intégrant une référence aux Outre-mer. La question devrait être tranchée dans les prochains jours.
Jusqu’à présent inscrit comme « groupe minoritaire » – une appellation neutre -, le groupe RDPI doit encore se réunir demain, en début d’après-midi, pour savoir s’il s’inscrit cette fois dans la majorité ou l’opposition sénatoriale ce qui, le cas échéant, l’amènerait à présenter un candidat à la présidence du Sénat.
Dimanche 27 septembre, 178 des 348 sièges du Sénat ont été remis en jeu. Désormais, la Chambre haute procède au renouvellement de ses instances pour les trois prochaines années, tenant compte des nouveaux équilibres politiques. Jeudi après-midi, les nouveaux élus siègeront pour la première fois en séance publique avec leurs pairs, afin de procéder à l’élection du président du Sénat.
30.09.2026 à 17:59

À la peine dans les sondages au point de disparaître de la photographie du second tour de la présidentielle dans les dernières enquêtes, Édouard Philippe a présenté sa réforme des retraites, attendue depuis des mois. Une réforme qui propose un « allongement progressif » de l'âge de départ à 65 ans avec 45 annuités de cotisation. La mesure « ne va pas faire augmenter sa cote de popularité », pressent son entourage, qui fait le pari de la responsabilité et du courage.
« Je n’y crois pas. Il ne gagnera pas », confiait la semaine dernière un candidat à la présidentielle. Auréolé d’un statut informel de meilleur de son camp il y a encore quelques mois, Édouard Philippe voit sa cote dégringoler sans cesse. Selon le dernier baromètre Odoxa réalisé avec Mascaret pour Public Sénat et la presse régionale, la cote de popularité du maire du Havre chute à 27 %, soit 5 points de moins qu’il y a six mois (32 % en avril), et même 10 points de moins qu’il y a un an (37 % en mai 2025). Si ses concurrents dévissent aussi, ils restent au contact du candidat Horizons avec 25 % d’adhésion pour Gabriel Attal et 20 % pour Bruno Retailleau, qui perdent trois points chacun.
Les sondages d’intentions de vote ne sont guère plus réjouissants. Celui de Toluna Harris Interactive pour RTL et M6, publié lundi, place le candidat insoumis Jean-Luc Mélenchon en position pour se qualifier pour le second tour, même en cas de candidature commune d’Édouard Philippe et de Gabriel Attal. Avec 16 %, Jean-Luc Mélenchon devancerait le leader d’Horizons de 2 points (14 %) ou celui de Renaissance de 8 points (8 %) pour faire face à la grande favorite du scrutin, la candidate RN, Marine Le Pen, créditée de 35 % à 38 % au premier tour.
« Édouard Philippe est à la peine en ce moment. Dans les intentions de vote, il est sous la barre des 20 %, ce qui est une contre-performance par rapport au score d’Emmanuel Macron au premier tour de 2022 (28 %). Il demeure largement en tête chez les sympathisants de droite et du centre, mais sa légitimité n’est plus incontestable. Le vote utile ne peut pas être le seul moteur pour le départager de ses concurrents », relève Erwan Lestrohan, directeur conseil à l’institut Odoxa.
Une analyse qui ne va pas accélérer sa proposition de rassemblement derrière sa candidature faite à Bruno Retailleau et Gabriel Attal au début du mois (lire notre article).
C’est dans ce contexte qu’Édouard Philippe a choisi de présenter sa tant attendue réforme des retraites et surtout a tenté de décoller cette étiquette d’homme « de la retraite à 67 ans » qui l’accompagne depuis une interview donnée à Challenges en 2021. Dans une vidéo YouTube d’une vingtaine de minutes, publiée en pleine journée de mobilisation sociale, l’ancien Premier ministre a donc finalement proposé « de porter progressivement la durée de cotisation à 45 ans et l’âge de départ à 65 ans », au lieu de 62 ans et 9 mois aujourd’hui, « pour les Français qui le peuvent ». Une réforme « responsable pour tous et juste pour chacun » et nécessaire « pour retrouver l’équilibre de notre système par répartition », a-t-il affirmé. Le gain chiffré en année pleine serait d’environ 30 milliards d’euros. Le maire du Havre ne touche pas à l’âge d’annulation de la décote, qui reste fixé à 67 ans. Mais « un Français sur trois pourra partir avant 65 ans, entre 60 et 64 ans », assure-t-il, évoquant « ces femmes et ces hommes qui ont commencé à travailler très jeune, ou qui exercent des métiers pénibles, ou dont le corps ne suit plus parce que le travail les a usés ». Il a proposé par ailleurs de « compléter » le système par répartition, « qui doit rester le socle de notre système », « par un volet capitalisation ».
« Ce projet de réforme des retraites ancré dans la réalité budgétaire peut séduire au premier tour les sympathisants du centre et de la droite, tout en écartant ce chiffon rouge de l’âge légal de départ à 67 ans. Toutefois, même dans son camp, les électeurs actifs sur le marché du travail sont partagés sur l’idée de travailler plus longtemps. Et dans le reste de l’électorat, cette réforme est très majoritairement rejetée. Cette idée serait donc très handicapante pour rassembler au second tour. De même, la mesure peut paraître en décalage avec l’aspiration d’une grande majorité des Français qui ont le sentiment de ne pas avoir été entendus lors du mouvement social de 2023. Édouard Philippe peut apparaître comme un homme qui méconnaît les besoins des Français en faisant preuve de surdité face aux mouvements sociaux. Lui espère que ce sera identifié comme du courage politique », note Erwan Lestrohan.
Mais ces efforts demandés aux Français s’accommodent mal d’une communication qui a pu paraître iconoclaste ces derniers temps. Notamment cette réflexion émise dans un podcast, consistant à permettre à un président élu en mai de ne prendre ses fonctions qu’en septembre. Ce qui lui a valu de la part de l’extrême droite le sobriquet d’« Édouard le flemmard ».
« Ça, c’est de la fake news. Il a simplement pris l’exemple des États-Unis où le président élu en novembre prend ses fonctions en janvier. Ça prouve simplement que l’adversaire principal de Marine Le Pen, c’est Édouard Philippe. Le seul qui lui fait peur », veut croire le sénateur Horizons Emmanuel Capus.
À l’instar d’Édouard Philippe qui, interrogé par France Télévisions il y a quelques jours sur les sondages, a répété à plusieurs reprises : « Franchement, on s’en fout », Emmanuel Capus confesse ne pas considérer les enquêtes d’opinion comme une « boussole ». « C’est Marine Le Pen, la favorite. En tout état de cause, si on cumule tous les scores des candidats de la droite et du centre, Édouard, qui, par son positionnement, se situe entre Gabriel Attal et Bruno Retailleau, serait devant Mélenchon », assure le parlementaire avant d’ajouter : « Je peux déjà vous annoncer que sa réforme des retraites ne va pas faire augmenter sa cote de popularité. Cette mesure est néanmoins cruciale pour l’avenir de la France. On ne fait pas campagne pour être populaire ou populiste. Aucune personne raisonnable ne peut penser qu’on peut sauver notre système de retraites sans travailler plus longtemps ».
Reste à savoir si une campagne électorale pour une élection présidentielle se joue sur la raison ou l’émotion. La stratégie peut, en tout cas, faire douter y compris dans le camp du candidat. Contacté par publicsenat.fr, un parlementaire nous a éconduits par ces mots : « Je n’aime pas parler langue de bois et là, je serais obligé ».
30.09.2026 à 17:57

Auditionné mercredi 30 septembre par la commission d’enquête du Sénat consacrée aux violences dans le périscolaire, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a appelé à mieux articuler les temps scolaires et périscolaires. Il défend un « continuum » de protection des enfants, avec davantage de coordination entre les acteurs, mais aussi un partage des informations sur les personnels écartés et un questionnaire national sur les violences sexuelles.
« L’école est et doit être un lieu de confiance. » Devant les sénateurs, Édouard Geffray a d’emblée posé le cadre. Mais cette confiance se heurte, selon lui, à une réalité que les familles peinent à comprendre. « Pour les familles, l’école forme un tout. De l’accueil du matin jusqu’à l’accueil du soir, tout se passe dans les mêmes murs. » Or, derrière cette apparente continuité, les responsabilités sont morcelées. Dans la même journée, un enfant passe de la mairie, pour l’accueil du matin, à l’Éducation nationale pour les cours, puis retourne aux collectivités pour la pause méridienne et l’accueil du soir. Une organisation que le ministre juge difficilement compatible avec l’impératif de protection. « Rien ne peut, en termes de priorité, de difficulté ou de frontière administrative, l’emporter sur la protection de l’enfant. »
Ce cloisonnement a été au cœur des échanges avec la rapporteure, Agnès Evren. « Chacun fonctionne encore trop souvent en silo », a-t-elle résumé, évoquant, en cas de drame, « une forme de dilution des responsabilités entre les équipes ». La sénatrice Colombe Brossel a, elle, insisté sur la nécessité de prévoir des temps de coordination entre les acteurs.
Le ministre partage le constat et refuse la logique du « chat perché », selon laquelle « il était 11 h 40, ce n’était pas chez moi » : « Si j’ai un enfant en face de moi qui a été victime de violences ou d’agressions sexuelles, je me contrefiche de savoir à quelle heure ça s’est passé. »
Ces frontières se lisent aussi dans les chiffres. Sur le temps scolaire, les incidents remontent via l’application Faits établissement. Pour le périscolaire, la remontée n’est « absolument pas systématique » : elle dépend du ministère de la Jeunesse pour les accueils collectifs de mineurs et reste entre les seules mains des communes pour les garderies. Les données sont donc, de l’aveu du ministre, « très faibles » et « incomplètes ».
Les accueils collectifs de mineurs ont fait l’objet de 59 signalements en 2024-2025, dont 24 pour violences sexistes et sexuelles. L’année suivante, 69 signalements ont été enregistrés, dont 57 pour des faits de cette nature. Depuis la rentrée, 20 signalements ont déjà été recensés, dont neuf pour violences sexistes et sexuelles. Une hausse qu’Édouard Geffray lit en partie comme le signe d’une parole qui se libère : l’école est, rappelle-t-il, « le premier signaleur de France », avec 88 000 signalements et informations préoccupantes l’an dernier, dont près de 14 000 pour violences sexistes ou sexuelles, soit 32 % de plus en un an.
Pour abattre les cloisons, le ministre mise d’abord sur une participation accrue des équipes périscolaires à la vie de l’école. Les recteurs ont reçu la consigne de les associer aux conseils d’école, « une première marche ». Mais Édouard Geffray veut aller plus loin : « Il faut au minimum organiser la participation réciproque des deux autorités dans les institutions de l’une et de l’autre. » Il évoque également des outils de suivi communs, une codification des passages de relais entre les équipes et une clarification des activités autorisées, citant notamment les siestes organisées par des animateurs pendant la pause méridienne.
Sur l’idée d’un plan unique, le ministre se montre prudent. Il privilégie plutôt des conventions locales entre collectivités et Éducation nationale, tout en refusant de trancher définitivement : « Je suis à la fois très ferme sur la protection des mineurs et très prudent sur l’idée d’un modèle unique qui s’appliquerait partout. » Et de conclure : « Le débat démocratique gagnera à avoir lieu. »
Parmi les réponses mises en avant, le ministre a détaillé l’article 5 du projet de loi sur la protection des enfants. Le principe : aucune personne écartée d’un cadre d’accueil de mineurs en raison de son comportement ne doit pouvoir y être réembauchée.
« Si j’ai été révoqué, si j’ai été écarté par une procédure disciplinaire du périscolaire, si je figure au fichier des interdits du ministère des Sports, je ne dois pouvoir remettre les pieds dans aucune de ces trois institutions. »
Pour y parvenir, le ministre défend une interconnexion des fichiers et la prise en compte des sanctions administratives définitives, au-delà des seules condamnations pénales. À terme, l’objectif est de parvenir à « un portail unique », puis à « un fichier unique ».
Une autre mesure est évoquée : un contrôle d’honorabilité renforcé pour les bénévoles et les intervenants extérieurs. Le ministre souhaite également davantage de transparence pour les parents, qui connaissent le nom de l’enseignant mais rarement celui de l’animateur.
Il ne s’agit pas de « placarder les noms et les photos sur les murs », a précisé le ministre, mais de lever les zones d’ombre, car « c’est dans les zones d’ombre que se situent les comportements délictuels et criminels ».
Édouard Geffray défend également le projet de questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles, qui doit être distribué en novembre à 11 millions d’élèves. Anonyme ou non, à leur choix, il s’appuie sur des situations concrètes : « Alix a un secret qu’on lui a demandé de ne surtout pas révéler, est-ce que toi aussi ? » Un entretien individuel avec chaque enfant serait, selon lui, trop long : « À date, il n’y a pas plus rapide ni efficace. »
Agnès Evren a toutefois mis en garde : un sursaut collectif est nécessaire, mais encore faut-il que les institutions soient en mesure de prendre en charge les révélations qui pourraient en découler.
Le ministre en a convenu : libérer la parole n’a de sens que si l’on « sécurise ensuite l’enfant ». Une instruction interministérielle est en préparation avec les ministères de la Santé, de l’Intérieur et de la Justice, et les liens avec les associations seront renforcés.
Édouard Geffray a toutefois rappelé les limites de l’action de son ministère : « L’Éducation nationale ne sait pas investiguer à la place de la justice, ni soigner à la place des autres. » Son rôle est de détecter et d’orienter, « vers une porte ouverte, pas vers une porte fermée ».
30.09.2026 à 17:48

Les programmes se dévoilent sur le chapitre traumatique des retraites. Depuis plusieurs semaines, les prétendants à l’Élysée présentent leurs propositions d’évolution du régime des retraites, et de ses paramètres. Avec plus ou moins de précision. On fait le point.
Les retraites, un thème aussi sensible qu’incontournable dans une élection présidentielle. Difficile pour les candidats de faire l’impasse sur ce sujet, qui mobilise chaque année près de 14 % de la richesse nationale produite et qui constitue l’un des piliers de notre système de protection sociale. Dans une population qui vieillit et où les problématiques de pouvoir d’achat sont prégnantes, les enjeux sont à la fois budgétaires et sociaux. À 200 jours du premier tour de l’élection présidentielle, les propositions fleurissent pour réformer le système, avec des degrés de précision plus ou moins variable pour l’heure.
Édouard Philippe est le dernier candidat à date à être sorti du bois à cette heure. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux ce 29 septembre, l’ancien Premier ministre assume une position qui n’est, selon lui, « pas très populaire », celle de travailler plus longtemps au cours d’une carrière. Le maire du Havre propose de reprendre la réforme Borne de 2023. Suspendue à 2025, elle prévoit de relever progresser l’âge légal de départ de 62 à 64 ans. L’interruption a bloqué pour le moment le curseur à 62 ans et 9 mois. Le candidat Horizons veut non seulement reprendre le relèvement, mais l’amplifier. En « moins de dix ans », il fixe l’objectif d’un âge légal de départ à 65 ans, la borne défendue par Emmanuel Macron lors de sa campagne de 2022. L’idée d’Edouard Philippe tranche avec ses précédentes positions de 2021, lorsqu’il ouvrait la porte en 2011 à « 65, 66 ou 67 ans ». Il propose aussi d’étendre la durée de cotisation à 45 ans, soit deux années de plus que le cadre actuel.
Il assure qu’un Français sur trois pourra partir entre 60 et 64 ans, évoquant les carrières longues, ou le cas des métiers pénibles. S’agissant des cas spécifiques des salariés en mauvaise santé, il souhaite maintenir les âges de départ à leur niveau actuel : 55 ans pour les personnes en situation de handicap, 60 ans pour des personnes avec incapacité permanente, 62 ans pour ces personnes en invalidité. Au total, sa réforme paramétrique pourrait permettre de gagner, selon lui, 30 milliards d’euros en année pleine.
Edouard Philippe veut aussi « compléter » le système par répartition par un volet de capitalisation, d’abord par un fonds collectif obligatoire, « neutre sur le coût du travail », et d’autre part, par la généralisation du plan d’épargne-retraite, que l’État inciterait en l’abondant de 500 euros lors de la signature du premier contrat de travail.
Son rival qui occupe le même espace politique, Gabriel Attal, a nettement pris ses distances. « On n’en est plus à bouger les paramètres ou les curseurs, on n’en est plus à prendre des mesures de soins palliatifs pour permettre à un système de survivre alors que ce système objectivement ne tient plus », a réagi le chef de file de Renaissance. L’ancien Premier ministre, en poste en 2024, ne souhaite plus de régulation par l’intermédiaire de l’âge légal. « Je propose qu’on prenne la durée de cotisation. Vous avez une vraie décote si vous partez tôt, une vraie surcote si vous partez tard », a-t-il présenté.
Lors du débat du 27 août entre les principaux candidats, organisé dans le cadre de l’université du Medef, le député des Hauts-de-Seine évoquait un « nouveau système universel », à points, renouant avec l’une des idées défendue dans le cadre de la réforme avortée de l’hiver 2019. Il s’agit d’une incitation à travailler davantage, selon son programme. Les modalités restent pour l’heure encore floues.
Ses propositions se doublent, elles aussi, d’un « vrai pilier de capitalisation », dont le contours reste encore à préciser.
La semaine dernière, c’est un autre candidat de l’ex-socle commun qui a aussi abattu ses cartes pour la retraite. Le patron des Républicains, Bruno Retailleau imagine un âge « minimal de départ » fixé à 63 ans, un niveau inférieur à ce que prévoyait la réforme Borne. Il promet des consultations avec les partenaires sociaux pour fixer les conditions de prise en compte de la pénibilité.
L’ancien ministre de l’Intérieur préconise aussi de fixer l’âge de départ, à partir duquel le taux plein d’une pension se déclenche, à 65 ans. Pour rappel l’âge d’annulation de la décote est fixé à 67 ans actuellement. Le candidat a justifié cet abaissement que cet âge pénalisait les femmes « et notamment les mères de famille, parce qu’elles ont eu des carrières hachées ».
Dans le système qu’il imagine, partir à 63 ans se traduira par une décote de 7 % par an sur le montant de la pension. L’âge d’annulation de la décote à 65 ans serait toutefois amené à être relevé, si l’espérance de vie progresse, a-t-il précisé. Au total, le candidat revendique « 40 milliards d’économies en cumulé sur cinq ans » avec ses mesures.
Il souhaite également développer une part de capitalisation pour les nouveaux entrants sur le marché du travail, part qui pourrait constituer « dans un premier temps » 25 à 30 % de leurs retraites. « Grâce à des économies », Bruno Retailleau prévoit de flécher une partie des baisses de cotisations sociales vers l’alimentation de ces fonds de pension, à hauteur de 0,5 % par le salarié et 0,5 % par l’employeur. Il souhaite également supprimer le forfait social, c’est-à-dire les prélèvements sociaux sur les participations par exemple.
La candidate en tête des enquêtes d’opinion reste sur les fondamentaux de sa campagne de 2022. Marine Le Pen a toujours indiqué vouloir modifier l’âge de départ à la retraite pour le ramener à 62 ans ou 60 ans pour les carrières longues. Une mesure qui « reste d’actualité » avait-elle martelé sur RTL, le 13 mai dernier.
« Tous ceux qui ont commencé à avoir un emploi effectif au sens de l’Insee avant 20 ans cotiseront 40 ans et partiront à 60 ans », avait expliqué à l’université d’été du Medef. Elle souhaite une durée de cotisation progressive « jusqu’à 24 ans et demi ». Pour les autres personnes, elle se positionne sur un retour de l’âge légal à 62 ans, avec 42 annuités requises.
Elle souhaite en parallèle « mettre en place des incitations pour que ceux qui ont dépassé l’âge de la retraite et ont leur trimestre », afin qu’ils puissent continuer à travailler, avec des cotisations allégées. Elle évalue sa réforme à 9 milliards d’euros en année pleine.
Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France insoumise, plaide pour une abrogation de la réforme de 2023 et donc pour un retour, « dans un premier temps », à un âge légal de départ à 62 ans. En février 2025, au moment du lancement du conclave sur les retraites voulu par François Bayrou, la Cour des comptes avait évalué le coût de ce changement en rythme de croisière à 10,4 milliards d’euros par an, à l’horizon 2035.
Lors du grand oral des principaux candidats à la présidentielle devant le Medef, Jean-Luc Mélenchon avait en outre précisé que son « but » était « d’arriver le plus vite possible à 60 ans ». Au moment de la campagne de 2022, l’Institut Montaigne estimait le prix de ce retour à la situation antérieure à la réforme de 2010 à 36 milliards d’euros par an, dès 2027.
Raphaël Glucksmann, favori de la primaire organisée par le Parti socialiste, demande l’abrogation de la réforme Borne de 2023. Mais à l’instar de Gabriel Attal, ce dernier a esquivé jusqu’à présent les questions sur l’âge à fixer. Le programme, mis en ligne en mars par Place publique, propose de « cesser la focalisation sur le seul âge légal qui produit l’injustice et fonder notre philosophie sur les inégalités de conditions et d’espérance de vie ». « Il faudra faire une réforme des retraites mais il faudra la fonder sur la pénibilité », a-t-il déclaré devant le Medef fin août.
Et de développer : « Une réforme juste, c’est une réforme qui considère que nous ne sommes pas égaux face au travail […] C’est celle qui permet à ceux qui ont trimé dur, et qui arrivent à la retraite avec une espérance de vie en bonne santé beaucoup plus faible que ceux qui ont eu une carrière plus facile, de partir plus tôt. On ne peut pas donner une réponse universelle. » Son programme prévoit aussi de mieux prendre en compte les « parcours hachés » et de « converger vers une simplification des régimes et un meilleur équilibre budgétaire ».
Le premier secrétaire du PS Olivier Faure se dit pour sa part favorable à l’abrogation de la réforme de 2023 et à un retour à 62 ans – comme la secrétaire nationale des écologistes – tout en plaidant pour une distinction du « nombre d’annuités cotisées selon la pénibilité des métiers ».
Dans son livre aux allures de programme, « Unir – Nouveau monde, nouvelle gauche » (Robert Laffont), l’ancien président de la République François Hollande a pris ses distances avec le chef de son propre parti. Le député de la Corrèze ne parle de 62 ans, mais d’un passage à un âge « aux alentours de 63 ans » en 2028, s’il revient aux responsabilités. Comme sous son quinquennat, il se dit favorable à jouer sur la durée d’assurance, à la manière de la réforme Touraine qui avait augmenté le nombre d’annuités requises. Comme Bruno Retailleau, il propose de fixer un mécanisme prenant en compte « l’évolution de l’espérance de vie et des déséquilibres démographiques ». L’ajustement serait à la main des partenaires sociaux.