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Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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13.10.2026 à 20:09

Inde : Mettre fin à la répression contre les manifestants et aux arrestations arbitraires

Human Rights Watch

Click to expand Image Des policiers indiens arrêtaient un homme lors d’une manifestation tenue à New Delhi pour réclamer la démission du président de la commission nationale électorale, le 10 octobre 2026.  © 2026 AP Photo/Manish Swarup

(New York) – Les autorités indiennes recourent à des méthodes abusives pour réprimer des milliers de manifestants pacifiques à New Delhi et dans d’autres villes indiennes, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Les manifestations, menées par le Gen Z Cockroach Janta Party, des partis d’opposition, des organisations étudiantes et des organisations de la société civile, visent la démission du plus haut responsable électoral du pays en raison d’irrégularités présumées, ainsi que l’abandon d’un processus controversé de révision des listes électorales.

Alors que les manifestations prenaient de l’ampleur en octobre, la police a frappé des manifestants ; certains ont été traînés de force dans la rue, et entassés dans des fourgons et des bus, puis placés en détention arbitraire. Les autorités ont aussi imposé des restrictions excessives à la liberté de circulation, et suspendu les services d’Internet mobile. Elles ont également harcelé et placé en détention arbitraire des journalistes qui couvraient les manifestations. 

« La police de Delhi réagit aux manifestations pacifiques en recourant à une force qui semble inutile ou excessive, et a détenu à tort des milliers de personnes », a déclaré Elaine Pearson, directrice de la division Asie à Human Rights Watch. « Le gouvernement Modi devrait cesser d’emprisonner les jeunes manifestants et, au contraire, dialoguer avec eux pour répondre à leurs préoccupations concernant le droit de vote et l’équité des élections. »

Le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi devrait mettre fin aux mauvais traitements et aux détentions arbitraires des manifestants, permettre aux citoyens de manifester pacifiquement et rétablir les services d’Internet mobile ainsi que la liberté de circulation, a déclaré Human Rights Watch.

Depuis juin 2025, la Commission électorale indienne mène une « révision spéciale intensive » (« Special Intensive Revision », SIR) des listes électorales à l’échelle nationale, afin de les nettoyer ; l’objectif officiel est de supprimer les doublons, ainsi que les noms des électeurs décédés et de personnes inéligibles. Mais ce processus, qui a déjà supprimé plus de 130 millions de noms à ce jour, s’est avéré arbitraire et opaque, suscitant des craintes d’une privation massive du droit de vote, et touche de manière disproportionnée les musulmans et autres minorités religieuses, les femmes et les personnes vivant dans la pauvreté. Les dirigeants du mouvement de contestation et les partis d’opposition affirment que la Commission a manipulé les listes au profit du Parti du peuple indien (BJP) du Premier ministre Modi. 

Les manifestations ont débuté le 25 septembre, peu après la publication par l’Indian Express d’une enquête sur des irrégularités présumées dans le processus de révision des listes électorales. Le journal a révélé que deux commissaires de la Commission électorale avaient exprimé plusieurs objections concernant des décisions du président de la Commission électorale, Gyanesh Kumar. Des requêtes contestant le processus de révision et demandant la destitution de Gyanesh Kumar sont actuellement examinées par la Cour suprême.

Alors que les manifestations s’intensifiaient à Delhi en octobre, les forces de sécurité ont procédé chaque jour à des arrestations arbitraires et à des agressions contre de nombreux manifestants, qu’elles ont emmenés vers des lieux tenus secrets, avant de libérer par la suite bon nombre d’entre eux. Parmi les personnes détenues figuraient des journalistes et des dirigeants de l’opposition politique, dont quatre anciens ministres et Rahul Gandhi, le chef de l’opposition. 

Lorsque les manifestations ont commencé, la police de Delhi a publié une série de « lignes directrices », enjoignant aux journalistes d’être munis de « cartes d’identité valides [et] bien visibles », de « ne pas entraver les opérations de police » et de « maintenir une distance raisonnable et sûre ». Le 11 octobre, la Cour suprême indienne a ordonné que les avocats et les journalistes ne soient « pas empêchés d’exercer leurs fonctions professionnelles ». 

Les 10 et 11 octobre, les forces de l’ordre ont arbitrairement interpellé au moins 30 journalistes qui couvraient les manifestations. Quatre organisations de journalistes ont condamné les agissements de la police, affirmant que les journalistes avaient été « entassés dans des bus » utilisés pour intercepter les manifestants, et que la police avait saisi les téléphones et le matériel de certains journalistes. 

Parmi les journalistes, trois femmes ont affirmé avoir été victimes de harcèlement sexuel de la part d’agents de police de Delhi, pendant les manifestations. 

Un journaliste du magazine Caravan a déclaré que le 11 octobre, des agents de police de Delhi l’avaient frappé à plusieurs reprises à la tête, giflé et agressé à coups de crosse de fusil, alors qu’il les filmait en train de placer un manifestant en garde à vue.

« Ma carte de presse pendait autour de mon cou, mais ils m’ont quand même forcé à monter dans le bus, déchirant les boutons de ma chemise », a déclaré à Human Rights Watch un autre journaliste, âgé de 31 ans. La police l’avait placé en garde à vue dans un bus le 10 octobre, et il n’a été libéré qu’après que le bus eut surchauffé et pris feu. « Nous sentions la fumée et avons dû crier, pour qu’ils nous laissent sortir », a-t-il ajouté.

« Les policiers m’ont agressé et m’ont plaqué contre le siège », a déclaré John Brittas, un député participant aux manifestations, dans une lettre adressée au président de la Cour suprême de l’Inde. 

Le Cockroach Janta Party (CJP) avait appelé à une manifestation le 10 octobre à Jantar Mantar, un site officiellement désigné comme lieu de rassemblements à Delhi. En réponse, les autorités ont déployé plus de 40 000 membres des forces de securité, annulé des trains, fermé 43 stations de métro et suspendu les services d’Internet mobile. La police a détenu trois dirigeants du CJP après l’atterrissage de leur avion à Delhi, a empêché des manifestants de prendre le bus ou le train pour se rendre à Delhi, et a assigné certains jeunes leaders de la contestation à résidence. Air India a demandé des explications au Bureau de la sécurité de l’aviation civile sur la manière dont les forces de sécurité ont pu pénétrer dans son avion, sans autorisation préalable. 

Le 9 octobre, un policier est entré dans une mosquée de Delhi pendant la prière du vendredi pour mettre en garde les musulmans contre toute participation à des « manifestations futiles ». Le lendemain, des agents de police ont pénétré dans un temple sikh du centre de Delhi pour intercepter des manifestants qui s’y étaient réfugiés. Citizens for Fraternity-Bharat (CFF-Bharat), une organisation de la société civile regroupant d’anciens responsables gouvernementaux, a remis en cause les raisons pour lesquelles la police est entrée dans des lieux de culte, et a réclamé l’ouverture d’une enquête indépendante.

Le 11 octobre, la Cour suprême indienne a ordonné aux autorités de veiller à ce que les personnes se rassemblant pacifiquement ne soient pas placées en détention illégale, à ce que les services Internet soient rétablis et à ce que les personnes et les véhicules puissent circuler librement, sous réserve des restrictions légales. À ce jour, les autorités semblent avoir ignoré ces directives. 

Un journaliste de 26 ans a déclaré à Human Rights Watch avoir été témoin d’au moins trois incidents, au cours desquels des partisans du BJP et la police ont pourchassé ensemble des manifestants. « Ils agissaient de manière concertée », a déclaré ce journaliste, qui a couvert les manifestations du 10 octobre. « La police restait là en train de regarder, sans intervenir pour mettre fin aux violences. » Une journaliste de 27 ans a déclaré qu’un groupe d’environ cinq hommes, dont certains portaient des écharpes de couleur safran (souvent un emblème de nationalisme hindou), frappaient des manifestants et s’en prenaient aux femmes journalistes. « Ils nous criaient dessus, se moquaient de nous et nous faisaient un doigt d’honneur », a-t-elle déclaré. « J’ai vu deux policiers rire pendant que ces voyous d’extrême droite donnaient des coups de pied et frappaient les manifestants. »

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a exprimé ses préoccupations concernant les arrestations massives de manifestants, et a recommandé au gouvernement indien de mener plutôt un « dialogue constructif » avec eux. Le ministère indien des Affaires étrangères a qualifié cette déclaration d’« injustifiée » et d’« ingérence inacceptable dans les affaires intérieures de l’Inde ». 

Le gouvernement indien devrait ordonner publiquement aux forces de sécurité de répondre aux manifestations conformément aux normes internationales, notamment aux Principes fondamentaux des Nations Unies sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois, a déclaré Human Rights Watch. 

« Les autorités indiennes devraient permettre aux citoyens de manifester pacifiquement en rétablissant les services de transport, en supprimant les barricades injustifiées, en rétablissant l’accès à Internet et en garantissant la liberté de la presse », a conclu Elaine Pearson. « Le droit de manifestation pacifique et la liberté d’expression sont des prérogatives fondamentales protégées par le droit international relatif aux droits humains, que les dirigeants indiens prétendent respecter. »

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13.10.2026 à 19:41

Arabie saoudite : Condamné à mort pour un post Facebook

Human Rights Watch

Click to expand Image Anojan Sivarasa. © Privé

Mise à jour 16/10/26 : Le 14 octobre 2026, Arun Hemachandra, vice-ministre des Affaires étrangères du Sri Lanka, a annoncé que la Cour suprême saoudienne avait annulé le jugement condamnant Anojan Sivarasa à la peine de mort.

(Beyrouth) – Un tribunal saoudien a condamné à mort un travailleur migrant sri-lankais pour un commentaire publié sur Facebook et jugé blasphématoire, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Les autorités saoudiennes devraient annuler ce jugement et le libérer immédiatement.

La Cour d’appel saoudienne de la Province de l’Est a prononcé la peine de mort à l’encontre d’Anojan Sivarasa, 24 ans, le 17 septembre 2026, à l’issue de deux audiences. Un premier jugement l’avait précédemment condamné à cinq ans de prison.

« Condamner à mort un travailleur migrant pour un commentaire publié sur Facebook, et pour lequel il s’est déjà excusé publiquement, constitue une réaction excessive et aberrante de la part des autorités saoudiennes, dans un contexte de recrudescence des exécutions », a déclaré Joey Shea, chercheuse senior sur l’Arabie saoudite à Human Rights Watch. « Personne ne devrait être condamné à mort pour un commentaire sur une religion. »

Le 28 juin, Anojan Sivarasa a répondu à une vidéo diffusée sur Facebook par un commentaire en tamoul, qui a été jugé offensant envers le prophète Mahomet par certains internautes. Ce commentaire a rapidement attiré l’attention, et une capture d’écran aurait été transmise aux autorités saoudiennes ainsi qu’à l’employeur d’Anojan Sivarasa, a indiqué un membre de sa famille à Human Rights Watch. Anojan Sivarasa a supprimé le commentaire, et a publié une vidéo présentant ses excuses sur son compte Facebook. Son employeur l’a retenu dans ses locaux pendant au moins 24 heures, puis l’a conduit au commissariat de Dammam (Province de l’Est), où il a été arrêté le 1er juillet, a précisé ce membre de la famille. 

Anojan Sivarasa travaillait dans le bâtiment et était arrivé en Arabie saoudite à peine dix mois auparavant. Il soutient financièrement sa famille au Sri Lanka, a précisé son proche.

Le parquet d’Al-Ahsa a inculpé Anojan Sivarasa d’« insultes verbales et d’offenses à l’encontre de notre prophète Mahomet » et de « production et diffusion, via les réseaux d’information, de contenus portant atteinte aux valeurs religieuses et à la morale publique, en publiant un commentaire sur un réseau social contenant des propos contraires aux valeurs religieuses et à la morale publique », selon des documents judiciaires obtenus par Human Rights Watch.

Le 27 juillet, le tribunal pénal d’Al-Ahsa a rendu un jugement condamnant Anojan Sivarasa en vertu de l’article 6 de la loi contre la cybercriminalité et l’a condamné à cinq ans de prison et à une amende de 3 millions de riyals saoudiens (environ 800 000 dollars US), selon les documents judiciaires. Le tribunal a également ordonné la confiscation de son ordinateur et la fermeture de son compte Facebook. 

Le parquet d’Al-Ahsa a interjeté appel du jugement initial. L’avocat d’Anojan Sivarasa a également fait appel du jugement et de la peine initialement prononcés. 

Le 17 septembre, Anojan Sivarasa a informé sa famille qu’il avait été condamné à mort, a déclaré un membre de sa famille. Les documents judiciaires examinés par Human Rights Watch montrent que la Cour d’appel de la Province de l’Est l’a reconnu coupable d’avoir insulté verbalement le prophète Mahomet dans une publication sur les réseaux sociaux, et l’a condamné à mort. 

« Nous ne nous attendions pas du tout à cette situation », a déclaré le proche d’Anojan Sivarasa. « Notre maison est en deuil. La famille est sous le choc et peine encore à s’en remettre. »

Le 5 octobre, un autre détenu a attaqué Anojan Sivarasa en prison, avec une petite arme, le blessant à la tête et au visage, a ajouté son proche. Il a reçu des soins médicaux et a été transféré dans une autre cellule. 

L’Arabie saoudite a exécuté plus de 2 000 personnes au cours de la dernière décennie, en violation, dans de nombreux cas, du droit saoudien et du droit international. Les autorités ont exécuté au moins 356 personnes en 2025, ce qui constituait un triste record annuel depuis le début du recensement de statistiques à cet égard dans ce pays.

Le droit international relatif aux droits humains, y compris la Charte arabe des droits de l’homme que l’Arabie saoudite a ratifiée, oblige les pays qui recourent à la peine de mort à ne l’appliquer que pour les « crimes les plus graves », et dans des circonstances exceptionnelles. Human Rights Watch s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances, en raison de sa cruauté inhérente. 

« L’Arabie saoudite devrait immédiatement annuler la condamnation à mort d’Anojan Sivarasa, et et libérer », a conclu Joey Shea. « Les autorités saoudiennes devraient cesser de recourir à des lois abusives pour prononcer des peines exceptionnellement dures pour des délits d’expression, en particulier à l’encontre des travailleurs migrants qui se trouvent déjà dans une situation vulnérable et ne bénéficient que de protections limitées. »

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Articles

Reporteri.net  BBC

 

 

13.10.2026 à 17:57

La France ne devrait pas renvoyer des Afghan·e·s vers le régime des talibans

Human Rights Watch

Click to expand Image Des personnes afghanes qui s’étaient réfugiées au Pakistan chargeaient un camion avec leurs affaires à Chaman, dans le nord du pays, le 19 octobre 2025 ; elles s’apprêtaient à traverser la frontière et à retourner en Afghanistan, suite à la décision du gouvernement pakistanais d’expulser de nombreux réfugiés afghans. © 2025 Abdul Basil/AFP via Getty Images

La France a confirmé avoir entamé un « dialogue technique » avec les autorités talibanes concernant les retours forcés vers l’Afghanistan. Cette annonce marque un dangereux revirement de politique qui expose les Afghan·e·s vivant en France à des risques de persécution, de torture et d’autres violations graves, en violation des obligations internationales de la France en matière de droits humains.

Ce « dialogue technique » fait suite à la visite d’une délégation des talibans à Bruxelles en juin, au cours de laquelle les politiques migratoires et de retour ont été discutées avec des responsables de l’Union européenne. L’Allemagne a déjà expulsé 263 Afghans depuis l’année dernière.

Le ministère français des Affaires étrangères a déclaré que ces discussions visaient « à faciliter l'éloignement de ressortissants afghans, qui sont de manière illégale sur le territoire national et qui représentent un risque de sécurité national. ». Les responsables français affirment que ce dialogue porte sur un champ restreint, mais n’ont donné aucune garantie quant à la protection des personnes particulièrement exposées, notamment les femmes.

Depuis leur prise de pouvoir en août 2021, les talibans ont promulgué des décrets et adopté des lois qui ont privé les Afghans de leurs droits fondamentaux. Les femmes et les filles ne peuvent pas exercer leurs droits à l’éducation, à la liberté de circulation et à la liberté d’expression. Il existe également des preuves irréfutables indiquant que les forces talibanes ont détenu et torturé des personnes qui ont été renvoyées de force dans le pays.

Toute coopération française avec les talibans dans le cadre d’un processus de retour se ferait en pleine connaissance de cause quant à la responsabilité des talibans dans de graves violations des droits humains et une oppression systématique. Au début du mois, la Cour pénale internationale a annoncé publiquement la délivrance de mandats d’arrêt à l’encontre du chef suprême des talibans, Haibatullah Akhundzada, et de trois autres hauts responsables pour le crime contre l’humanité de persécution fondée sur le genre et des motifs politiques. Ces mandats, émis en 2025, concernent la persécution des femmes, des filles et des personnes qui ne se conforment pas aux attentes des talibans en matière de genre, ainsi que la persécution politique de celles et ceux considérés comme des « alliés des filles et des femmes ».

Aucun pays ne devrait contraindre des réfugiés à retourner en Afghanistan tant que les talibans continuent de commettre des violations généralisées des droits humains. La France devrait suspendre tout projet d’expulsion, et aucune coopération en matière de contrôle des migrations ne devrait servir de prétexte pour renvoyer des personnes vers un pays où elles courraient un risque réel de persécution, voire pire.

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