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07.09.2026 à 10:53

"Un séisme politique" : l'extrême droite allemande remporte les élections régionales en Saxe-Anhalt, un signal fort pour l'UE

Florian Chaaban

"Un séisme politique", titre France info, un "tournant décisif", juge le magazine allemand Der Spiegel. "Le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD), fondé en 2013, a enregistré, dimanche 6 septembre, le meilleur résultat de son histoire [en Saxe-Anhalt], Land de l'ancienne Allemagne de l'Est, tandis que le parti du chancelier Friedrich Merz [s'est effondré]" [Le Monde]. Selon les résultats […]

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Texte intégral (2391 mots)
Emmenée par Ulrich Siegmund (35 ans), l'AfD pourrait devenir le premier parti d’extrême droite à diriger un Land depuis 1945 - Crédits : MatthiasK2007 / Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0
Emmenée par Ulrich Siegmund (35 ans), l'AfD pourrait devenir le premier parti d’extrême droite à diriger un Land depuis 1945 - Crédits : MatthiasK2007 / Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0

"Un séisme politique", titre France info, un "tournant décisif", juge le magazine allemand Der Spiegel. "Le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD), fondé en 2013, a enregistré, dimanche 6 septembre, le meilleur résultat de son histoire [en Saxe-Anhalt], Land de l'ancienne Allemagne de l'Est, tandis que le parti du chancelier Friedrich Merz [s'est effondré]" [Le Monde].

Selon les résultats encore provisoires arrêtés à 3h21 ce lundi matin, le parti a recueilli "43,8 % des voix. Il a ainsi plus que doublé son score par rapport aux dernières élections de 2021 et réalise son meilleur [score] jamais obtenu lors d'élections régionales", analyse La Tagesschau. "Loin derrière, la CDU du ministre-président du Land, Sven Schulze, arrive en deuxième position avec 17,2 %". Soit "le pire résultat jamais enregistré par le parti en Saxe-Anhalt". Derrière, "le Parti social-démocrate obtient 9,3 % des voix, les Verts 8,9 %, le parti radical de gauche Die Linke 8,6 %" [Les Échos].

Mais en dépit de son "succès écrasant" [La Libre], l'AfD n'est toutefois "pas parvenue à obtenir la majorité absolue au parlement régional", avec 39 sièges sur 83.

"Nous avons écrit une page d'histoire"

Fier de ce résultat, la tête de liste de l'AfD, Ulrich Siegmund, estime que sa formation a "écrit une page d'histoire" [Les Échos]. "Dans ce Land considéré comme l'un des plus pauvres d'Allemagne, le parti d'extrême droite a surfé sur le sentiment de déclassement de la population, la peur d'une partie des électeurs d'une dilution de leur identité allemande, mais aussi sur le talent de communicateur et la maîtrise des réseaux sociaux de son dirigeant", complète le quotidien économique.

Si le RN est pour l'heure "[resté] silencieux" [Ouest-France], d'autres voix se sont fait entendre en France. Comme celle du Ministre délégué chargé de l'Europe, Benjamin Haddad, qui considère ce résultat comme "un moment grave en Europe", et a exhorté à "entendre avec humilité les colères, les inquiétudes, les peurs et y répondre".

Pour Der Spiegel, le danger "dépasse largement les frontières de la Saxe-Anhalt. Pendant la campagne, beaucoup ont affirmé que [ce territoire] était un petit Land et que son importance ne devait pas être surestimée. Mais c’est faux. Depuis que l'AfD a gagné en puissance, chaque élection régionale a acquis une dimension politique nationale". Plus encore, "la fin de la démocratie libérale en République fédérale devient envisageable", estime le journal.

L'Europe en toile de fond

"A contrario du Rassemblement national en France, l'extrême droite allemande n'a cessé de se radicaliser ces dernières années, ce qui ne l'a pas empêchée d'attirer de plus en plus d'électeurs, tandis que le RN coupait les ponts avec la formation allemande au Parlement européen" [Les Échos].

Ces élections régionales étaient considérées comme un test décisif pour déterminer si l'AfD, "parti anti-immigrés et pro-russe - désormais [vainqueur] dans la plus grande économie de l’Union européenne", pourrait réussir à "transformer sa popularité électorale en une place au sein du gouvernement" [Politico]. Le parti lui-même n'a jamais caché qu'il voyait dans la Saxe-Anhalt "un modèle pour ses ambitions nationales, avec pour slogan : 'Ça commence ici'".

D'autant que le plébiscite est clair. "Plus des trois quarts (77,8 %) des électeurs inscrits se sont rendus aux urnes" dimanche, observe La Libre. Il s'agit du taux de participation "le plus élevé en Saxe-Anhalt depuis la réunification allemande".

"L'Union européenne a également suivi de près ces élections", avance la BBC. "Les douze prochains mois s'annoncent comme une saison électorale chargée dans toute l'UE. Des scrutins sont prévus dans des pays clés tels que la France, l'Italie, l'Espagne et la Pologne". Et Bruxelles "craint que davantage de partis 'extrêmes', tant à gauche qu'à droite de l'échiquier politique, ne tirent profit de cette situation à tous les niveaux".

Un revers pour Friedrich Merz

Il n'y a pas qu'à l'échelle européenne que ce scrutin envoie un signal fort. "Le revers est sévère pour Friedrich Merz. Impopulaire, le chef de la CDU s'est peu impliqué dans cette campagne locale. La cuisante défaite de [dimanche soir] risque d'affaiblir davantage le chancelier et pourrait fragiliser sa position à la tête du gouvernement fédéral", analyse Euronews.

"Nombre de militants de la CDU tiennent le chancelier pour responsable de leur défaite en Saxe-Anhalt", écrit Le Monde, se faisant l'écho de l'un d'entre eux : "beaucoup votent en raison de la situation au niveau fédéral, c’est-à-dire à cause de Friedrich Merz, et voilà le résultat". Le chancelier, qui ne s'est pas encore exprimé sur l'issue de ce vote, doit s'exprimer ce lundi à 13h30. "Le plus européen [des partis allemands], pilier de toutes les alliances, a perdu le cap et doit décider comment réagir" [Corriere della Sera].

Se pose désormais la question des alliances. Si "la co-présidente nationale de l'AfD, Alice Weidel, a déclaré que le parti disposait d''un mandat très clair pour gouverner'" [Politico], la répartition des 83 sièges va se faire "à la proportionnelle entre les partis qui ont obtenu plus de 5 %" [Ouest-France]. "Or un seul parti acceptait dimanche soir de discuter pour former une coalition avec l'AfD, le BSW de Sahra Wagenknecht", "un tout jeune mouvement qui se veut de gauche, mais dont certaines positions, sur l'immigration ou la guerre en Ukraine, ne sont pas si éloignées de l'AfD" [France 24].

Dans l'immédiat, le ministre-président Sven Schulze (CDU) et son gouvernement "restent en fonctions pour expédier les affaires courantes. Le nouveau Parlement régional devra se réunir au plus tard le 6 octobre, soit trente jours après le scrutin", note Le Monde.

Le "cordon sanitaire" "défendu par l'ensemble de la classe politique allemande, hors AfD, tient encore. Jusqu'à quand ?", s'interroge France info.

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15.07.2026 à 13:34

Un 14 juillet d'une ampleur "massive" aux couleurs de l'Europe et de l'Ukraine

Amélie Philotas

Un 14 Juillet "XXL aux couleurs de l'Ukraine et de ses alliés" [France 24]. C'est avec un esprit très européen que s'est déroulé, ce mardi, le traditionnel défilé sur l'avenue des Champs-Élysées, à Paris. Une parade d'une ampleur "massive", mobilisant 6 700 militaires à pied, 98 avions, 31 hélicoptères et 315 véhicules. Le défilé a […]

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Texte intégral (2006 mots)
Cette année, le défilé du 14 juillet mettait à l'honneur la coalition des volontaires pour l'Ukraine - Crédits : Christophe Licoppe / Commission européenne
De nombreux chefs d'État et de gouvernement européens étaient présents dans la tribune officielle - Crédits : Christophe Licoppe / Commission européenne

Un 14 Juillet "XXL aux couleurs de l'Ukraine et de ses alliés" [France 24]. C'est avec un esprit très européen que s'est déroulé, ce mardi, le traditionnel défilé sur l'avenue des Champs-Élysées, à Paris. Une parade d'une ampleur "massive", mobilisant 6 700 militaires à pied, 98 avions, 31 hélicoptères et 315 véhicules.

Le défilé a également réuni 500 soldats venus des 35 pays de la "coalition des volontaires", en présence d'un bon nombre de leurs dirigeants respectifs. Des militaires ukrainiens ont aussi pris part au cortège, tandis que le président Volodymyr Zelensky a assisté à l'événement depuis la tribune.

Cette édition, qui marque la dernière du double quinquennat d'Emmanuel Macron, a mis en avant le "réveil stratégique de l’Europe" et une armée "prête au combat", selon l’Élysée [Le Monde]. Le chef de l'État "qui quittera le pouvoir en 2027, [a souhaité] aussi montrer la remontée en puissance des armées françaises en dix ans de présidence, au cours de laquelle le budget de défense français aura doublé" [Sud Ouest].

Mettre en lumière la coalition des volontaires

"L’objectif de ce dixième et dernier défilé d'Emmanuel Macron en tant que chef d’État : illustrer de la manière la plus convaincante possible le soutien français et européen à l'Ukraine, et montrer au monde la force retrouvée de la nouvelle coalition européenne face à la Russie", résume L'Express.

La coalition des volontaires est une initiative portée par la France et le Royaume-Uni afin de garantir une paix durable en Ukraine après un hypothétique cessez-le feu avec la Russie. Elle réunit "la quasi-totalité des pays européens, membres ou non de l'Union européenne, ainsi que la Turquie et le Canada, deux membres importants de l'Otan, mais aussi l'Australie, le Japon ou la Nouvelle-Zélande", rappellent les Échos.

Ce mardi, sur les Champs-Élysées, près de 500 soldats de 35 pays de la coalition des volontaires pour l’Ukraine ont ouvert le défilé sous les yeux de leurs chefs d’État ou de gouvernement respectifs, notamment l’Allemand Friedrich Merz, le Britannique Keir Starmer ou encore le Polonais Donald Tusk. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le général Grynkewich, commandant suprême de l'Otan, ont aussi été conviés à l'événement.

"Les États-Unis, eux, sont les grands absents de cette coalition. Le rédacteur en chef de la revue Conflit [Jean-Baptiste Noé] rappelle que cette coalition est née durant une période de tension entre l’Ukraine et les États-Unis. Une bonne manière pour les Européens d’exister en dehors de l’Otan", souligne RCF.

La présence ukrainienne, un symbole

La parade militaire est une autre manière pour Emmanuel Macron de réaffirmer son soutien à l'Ukraine : l'ouverture du défilé par la Patrouille de France, "accompagnée de deux Mirage 2000 français, avec à leur bord des copilotes ukrainiens formés en France" [France 24]. Au sol également, l'Ukraine était à l'honneur. Le défilé a été marqué par la présence de vingt-cinq militaires ukrainiens, "applaudis par la tribune présidentielle et notamment par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, lui-même ovationné à son arrivée", complète le média international.

Selon le président français, la présence de militaires ukrainiens sur la célèbre avenue parisienne apparaît comme un "symbole de fraternité, de courage et de destin partagé" [TV5 Monde]. La veille, le président ukrainien a pris part à un sommet de la coalition des volontaires pour l’Ukraine, qui accueillait deux nouveaux participants : la Moldavie et la Macédoine du Nord.

Avec ces deux ajouts, la coalition des volontaires compte désormais 36 membres. En effet, mardi, la Bulgarie a annoncé son retrait de l'alliance. "Nous ne faisons pas partie d’une coalition qui insiste sur la poursuite de l’aide financière et militaire à l’Ukraine", a ainsi déclaré le Premier ministre pro-russe Roumen Radev à l'issue du défilé [Ouest-France].

Soutien accru à Kiev

Au cours de cette rencontre, les pays membres "ont convenu de soutenir Kiev dans la durée, y compris pour certains par l'envoi de soldats sur le terrain une fois un hypothétique cessez-le-feu conclu avec la Russie" [TV5 Monde]. La France et l'Ukraine ont également conclu une "feuille de route" prévoyant l'acquisition par Kiev de 16 avions de combat Rafale et leurs armements. "Les premiers doivent voler dans les airs ukrainiens dès 2028-2029", a annoncé le président français [Les Échos].

Pour renforcer sa défense antiaérienne, l'Ukraine va également se doter "d'une première série de batteries SAMP/T de nouvelle génération qui viennent compléter les systèmes qui seront livrés avec leurs missiles dans les semaines à venir", a ajouté Emmanuel Macron, cité par le journal économique.

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10.07.2026 à 12:45

Espionnage : l'Italie expulse deux agents russes sous couverture diplomatique

Manon Mazuir

"À Rome, la diplomatie russe vient de perdre deux attachés militaires et un peu de discrétion", entame L'Express. L'Italie a annoncé, jeudi 9 juillet, "l'expulsion de deux agents des services de renseignement russes présents sur son territoire sous couverture diplomatique, dénonçant une 'ingérence grave et inacceptable'", informe Libération. "Le gouvernement italien a décidé d'expulser deux […]

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Texte intégral (1882 mots)
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a dénoncé l'utilisation par la Russie d'armes hybrides contre l’Italie et l’Occident - Crédits : Дмитрий Шулейко / iStock
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a dénoncé l'utilisation par la Russie d'armes hybrides contre l'Italie et l'Occident. Ici, l'ambassade russe à Rome - Crédits : Dmitri Chouleyko / iStock

"À Rome, la diplomatie russe vient de perdre deux attachés militaires et un peu de discrétion", entame L'Express. L'Italie a annoncé, jeudi 9 juillet, "l'expulsion de deux agents des services de renseignement russes présents sur son territoire sous couverture diplomatique, dénonçant une 'ingérence grave et inacceptable'", informe Libération.

"Le gouvernement italien a décidé d'expulser deux attachés militaires de l'ambassade de la Fédération de Russie en Italie, impliqués dans des activités d'espionnage", a écrit sur X le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani [Le Figaro]. Le chef de la diplomatie italienne a ainsi "communiqu[é] à l'ambassadeur russe à Rome qu'Ivan Petrovich Gorbachev et Mikhaïl Astakhov [devaient] quitter [la capitale italienne] dans un délai de trois jours" [France 24].

Une décision forte, à laquelle Moscou a promis "une réponse appropriée", relate le média français, citant l'agence de presse Ria Novosti. De son côté, l'ambassadeur russe à Rome, Alexeï Paramonov, s'en est pris "à la diplomatie italienne, accusée de vouloir limiter l'influence russe dans la péninsule" [L'Express].

Des informations liées à l'Ukraine et à la sécurité européenne

"Au moins un des deux agents russes a collecté, en échange d'argent, des informations relatives au système franco-italien de défense antiaérienne SAMP/T, que l'Ukraine doit recevoir cette année pour le tester, et aux missiles franco-italiens Aster déjà livrés à Kiev", précise Libération. Il "s'intéressait également à la mission de l'Otan en Bulgarie ainsi qu'à l'entreprise italienne Avio, qui produit des moteurs de drones et des missiles supersoniques", complète le quotidien français.

L'annonce de ces expulsions "intervient deux jours après l'arrestation de deux anciens agents des services de renseignement italiens accusés d'avoir livré à Moscou des informations sensibles relatives notamment à l'aide militaire à l'Ukraine", explique Le Télégramme.

Les deux affaires seraient liées, l'un des agents russes étant "accusé d'avoir rémunéré l'un des deux ex-espions italiens, selon une enquête de la justice italienne", poursuit le journal régional. Comme le révèlent des écoutes, "de nombreux fichiers [auraient] été transmis [par Gavino Raoul Piras, ancien des services de renseignement italien] à l'agent des services secrets russes, Mikhaïl Astakhov, l'un des deux fonctionnaires expulsés", rapporte la Rai.

"Les juges italiens décrivent des documents classifiés, allant du 'confidentiel' au 'secret', et parfois marqués 'Nato (Otan) Secret'" [L'Express]. Il n'y aurait cependant, selon la justice, aucun "risque potentiellement préjudiciable de manière exceptionnellement grave aux intérêts de la République", dans la mesure où "aucune information ne semble en effet avoir été classée 'très secret'", nuance la Rai.

Guerre hybride

"Ceci n'est que la partie émergée de l'iceberg", a estimé mardi dernier le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, cité par France 24, dénonçant "un conflit hybride" mené par Moscou. Même son de cloche du côté d'Antonio Tajani, pour qui la Russie "continue d'utiliser des 'armes hybrides' contre l'Italie et l'Occident" [L'Express].

Moscou n'en est pas à son premier coup d'essai en Italie. En 2021, "deux diplomates russes avaient déjà été expulsés après l'arrestation de Walter Biot, officier de la marine italienne accusé d'avoir vendu à l'ambassade russe des documents italiens et de l'Otan" [L'Express].

"Depuis le sommet de l'Otan à Ankara, le ministre de la Défense a reconnu sans détour la vulnérabilité du pays face à la pénétration russe" : "je ne suis pas surpris, les espions sont partout", a-t-il déclaré [L'Opinion]. Avant de rappeler que l'offensive de Moscou "ne se limite pas à la recherche d'informations classifiées, mais vise aussi l'espace public, à travers les réseaux sociaux, les opérations d'influence et la manipulation de l'opinion, à un an des élections législatives de 2027", souligne le quotidien français.

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