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Au Poste – Flux des émissions
 
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▸ Les 10 dernières parutions

11.09.2026 à 09:00

Penser une maternité anticapitaliste

Au Poste

Début août, Le canard enchaîné révélait un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales sur la périnatalité, dissimulé par l’exécutif depuis janvier. Et pour cause. Il rudoie, sans équivoque, la politique française en matière de périnatalité et cette conséquence terrible, révoltante : avec 4,1 décès pour 1.000 naissances, la France fait partie des pays de l’UE où la mortalité infantile est la plus élevée.
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Dégradation de l’offre de soins, fermetures des petites maternités, précarité et difficultés socio-économiques des mères, marchandisation de la périnatalité, hiérarchies médicales, technicisation à outrance… Comment en est-on arrivé là ? Comment prendre soin autrement ? Et comment rétablir la confiance avec des soignant·es elleux aussi en souffrance ? Pour penser une maternité anticapitaliste, émancipatrice et juste, Nora Bouazzouni reçoit dans ce nouvel épisode de « Qui va faire la vaisselle » Clélia Gasquet-Blanchard, autrice de Faire naître. Ce que le capitalisme fait à la maternité, maîtresse de conférences HDR en géographie au Laboratoire ESO Rennes, École des hautes études en santé publique et directrice d’un réseau de santé Solipam qui accompagne, en Île-de-France, la prise en charge de femmes enceintes en situation de grande précarité.

10.09.2026 à 19:00

MeToo a libéré la parole, OnlyFans la vend à l’heure

Au Poste

Dix ans après MeToo, il est devenu possible de se dire féministe en défendant une vision raciste du monde, et une plateforme facture trois cents millions d’euros par mois le sentiment d'être désiré. Les deux phénomènes ne se croisent jamais dans le débat public. Irène Despontin Lefèvre a enquêté sur ce que le féminisme de masse a gagné avec le numérique et sur ce qu’il a écarté pour l’obtenir. Pierre Brasseur a enquêté sur ce que la plateforme fait du désir, du travail et de la solitude. Au Poste les met côte à côte.
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La rencontre avec Irène Despontin Lefèvre et Pierre Brasseur

Deux livres violets, deux enquêtes, un seul canapé. Irène Despontin Lefèvre a suivi Nous Toutes de l'intérieur entre 2018 et 2021 : boucles WhatsApp, chartes graphiques, kits militants. Verdict : un collectif qui se rêve horizontal et s'organise comme un parti-plateforme, où «il y a plutôt une hiérarchie» et «un manque de démocratie en interne». Le prix du succès, c'est le lissage : «on en dit moins parce qu'on veut être repris par les médias dits traditionnels», jusqu'à ce que «ça déplace finalement la cause initiale». Reste, selon une militante rencontrée, «la formule de la militante qui ne fait pas peur aux hommes», un féminisme «qui a l'intérêt de circuler, mais à quel coût !». Dix ans plus tard, le backlash a repris les outils : des collectifs identitaires ont «dévoyé la question des violences pour stigmatiser certaines masculinités issues de l'immigration des quartiers populaires».

Pierre Brasseur, lui, a interrogé une quarantaine de créateurs et créatrices d'OnlyFans, plus une douzaine de clients. La promesse d'émancipation tient trois minutes : «la plupart des personnes que j'ai pu rencontrer gagnent peu», et «La facilité, c'est vraiment l'argument marketing principal». La plateforme ne répare rien, elle réplique : «le fait d'être blanc ou pas blanc, joue beaucoup». Derrière, des managers qu'il décrit comme l'équivalent de proxénètes, et des clients très seuls, «plus des masculinistes que des féministes». Le capitalisme du désir avance masqué : «ce n'est pas écrit sur le site à l'entrée, on va vous dominer ici».

08.09.2026 à 09:00

Vichy Anatomie, folle causerie avec Swann Arlaud et Emmanuel Marre

Au Poste

Septembre 1940, un raté ambitieux débarque à Vichy avec un traité pétainiste sous le bras. Il n’est pas un monstre : il veut juste gagner en efficacité. Emmanuel Marre et Swann Arlaud ont filmé la collaboration en notes de frais, et ça ressemble furieusement à aujourd’hui.
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Nouveau studio, régie en panne, plateau à la dérive: l'émission commence par un aveu de bordel. Ça tombe bien. Emmanuel Marre revendique le désordre, «on essaie de nous aussi de ne pas cacher, de ne pas enlever le bordel sur le plateau», et Swann Arlaud, la veille, s'est improvisé ouvreur dans une salle bondée, «un moment de grande joie et de partage». Il commence l'entretien muet, sur la défensive: «là c'est au poste, je me méfie. On sait que les mots peuvent se retourner contre nous».

Septembre 1940. Un ingénieur de 49 ans débarque à Vichy sans un sou, un traité pétainiste sous le bras. Henri Marre, arrière-grand-père du réalisateur, devenu théoricien politique après la défaite. Le livre existait vraiment, micro-édité, réédité en 54 chez le premier éditeur de Céline, et jamais lu: «aucun des exemplaires que j'ai vu n'a jamais été ouvert». Le film sert de coupe-papier. Dessous: «il y a eu toute une mémoire fantôme de la collaboration en France», dont «les racines reprennent».

Pas de monstres à l'écran. Des notes de frais, des télégrammes corrigés au ruban, un calcul de volume d'essence pour un convoi. Vichy comme science de gestion. «On a beau toujours faire des tableurs Excel, en fait la vie elle rentre jamais dans les tableurs Excel», dit Marre, pour qui «la rationalisation est un mirage et un dangereux mirage». Le mirage broie: «le management produit du désordre». De Pétain, on ne verra qu'un képi. La question est ailleurs: pourquoi «un système qui a besoin de tenir sur un grand chef à casquette»?

Arlaud a joué sans texte, sans éclairage, avec une Bolex qu'il faut chauffer dix minutes: «il n'y a pas de sacralisation de ce qu'on va filmer», et «parfois on pense que ça tourne mais ce n'est que de la chauffe». Son Henri: «une sorte de raté très ambitieux». Convaincu ou arriviste? «Je ne crois pas avoir tout à fait la réponse.» Sur le plateau, les prises avaient des noms: conformiste, paumée. Et «parfois on avait des prises macronistes».

Le film se tourne comme il pense. Trocadéro, tournage interdit, l'équipe bluffe le vigile: «on est étudiant dans une école cinéma». La Maison du Peuple et la CGT accueillent le tournage sans rien demander, le film leur fera un don. «Ça serait quand même emmerdant si on veut dénoncer un système politique que le tournage applique les principes», dit Marre, avant de nuancer: «il faut pas être plus pur que la pureté».

Fin d'émission, Dufresne exhibe la cafetière du studio, jumelle de celle du film. Moi président? Marre refuse la question: «je n'aime pas les chefs». Arlaud tranche: «La sixième république, justice sociale, écologie.»

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