
25.06.2026 à 09:00
Au Poste
Des pâtes antifascistes italiennes aux estuaires du Rhône, de la cueillette politique à la recherche-action : pour ce nouvel épisode de "Bouffe de là", le dernier de la saison, Nora Bouazzouni reçoit l’auteure, metteuse en scène et artiste ethnoculinaire Floriane Facchini.
24.06.2026 à 20:00
Au Poste
L’entretien démarre sur un ton léger. David Dufresne plaisante d’emblée sur les réponses interminables de Jean-Luc Mélenchon et demande à Mathilde Panot si les réunions internes ressemblent à ses discours. Elle rit, défend son leader en expliquant qu’il prend le temps de construire son raisonnement et raconte qu’à La France insoumise, chaque réunion commence par une longue analyse politique. On comprend rapidement que personne ne gagnera son pari des réponses courtes. Cette complicité amusée va traverser tout l’entretien.
Très vite pourtant, le ton change. Au lendemain de la panthéonisation de Marc Bloch, Dufresne l’interroge sur la montée de l’extrême droite. Mathilde Panot répond sans détour. Elle raconte l’émotion ressentie au Panthéon, insiste sur le symbole que représente la Résistance et s’inquiète de voir les idées de l’extrême droite gagner du terrain jusque dans une partie de la gauche. Elle revient plusieurs fois sur ce qui constitue selon elle la ligne rouge absolue : «Il y a une question de tenir les principes (…) on ne cède rien face à l’extrême droite.» Dufresne la pousse alors sur le fatalisme qui semble gagner une partie du pays ; elle refuse précisément cette résignation.
Le questionnaire de Proust casse ensuite le rythme politique. À la question « Ce que je voudrais être », Mathilde Panot répond spontanément : «Une révolutionnaire.» Dufresne saute sur l’occasion : comment peut-on encore se dire révolutionnaire quand on préside un groupe parlementaire ? La séquence devient plus personnelle. Elle assume pleinement la stratégie de la « révolution par les urnes » tout en racontant ce qui l’a amenée à choisir cette voie plutôt qu’une autre, en évoquant notamment les expériences latino-américaines qui ont marqué la gauche insoumise.
L’un des passages les plus sincères arrive lorsqu'il s'agit de Grigny. Le sourire disparaît. Mathilde Panot raconte son départ de l’association où elle travaillait avant de créer les groupes d’action de La France insoumise. Les habitants lui avaient lancé une phrase qu’elle dit ne jamais avoir oubliée : «Nous oublie pas.» Elle poursuit en expliquant que c’est toujours pour eux qu’elle fait de la politique. Rappel de la grande pauvreté de la Grande Borne et Panot raconte les mères de famille qui avaient réussi, en occupant les halls d’immeubles avec les enfants, à faire reculer un point de deal. Le moment le plus intime de tout l’entretien.
À plusieurs reprises, David Dufresne refuse de laisser son invitée dérouler tranquillement le programme de La France insoumise. Lorsqu’elle détaille la Sixième République, il l’interrompt pour vérifier les délais, relit le programme, corrige certaines formulations et pointe les difficultés concrètes de mise en œuvre. Même jeu lorsque Panot développe les propositions économiques : il lui oppose François Mitterrand, François Hollande et leur confrontation avec la finance. Chaque fois, elle répond longuement, développe son raisonnement. L’émission déborde largement du temps prévu.
L’échange se tend lorsqu’ils abordent les médias. David Dufresne demande à Mathilde Panot si l’expression « médias de l’officialité » ne revient pas à mettre toute la presse dans le même sac. Puis il l’interroge sur les contradictions de La France insoumise concernant CNews, BFM ou X. Panot défend un rapport « conflictuel » avec certains médias mais refuse l’idée d’abandonner totalement ces espaces.
La campagne présidentielle de 2027 apporte ensuite une respiration plus légère. Dufresne s’amuse avec les internautes qui imaginent déjà Mathilde Panot candidate à l’Élysée et la provoque : Jean-Luc Mélenchon finira bien par lui laisser la place. Elle éclate de rire avant de répondre immédiatement : «Certainement pas. Moi, j’aime beaucoup notre vieux.» La plaisanterie laisse rapidement place à une démonstration politique où elle détaille les premiers meetings, les 26 000 participants revendiqués à Saint-Denis, les soutiens d’Annie Ernaux ou d’Éric Vuillard et les centaines de milliers de signatures recueillies. Pour elle, la dynamique de 2027 n’a rien à voir avec celle de 2022.
L’un des moments les plus surprenants survient lorsque David Dufresne l’interroge sur la possibilité réelle d’appliquer un programme de rupture une fois au pouvoir. Plutôt que de promettre qu’un gouvernement pourra tout faire seul, Mathilde Panot prend le contre-pied et lance un appel aux futurs électeurs : «Ne nous laissez pas tranquilles quand nous serons au pouvoir. (…) Harcelez-nous.» Elle explique qu’un gouvernement de gauche ne pourra tenir face aux puissances économiques que si les mobilisations populaires continuent après l’élection.
En fin d’émission, la discussion quitte progressivement les affrontements politiques pour revenir à quelque chose de plus personnel. Interrogée sur « l’imaginaire de gauche », Mathilde Panot parle de littérature, de cinéma, de concerts, de maraudes associatives et de solidarité. Puis elle raconte combien le slogan «On va gagner !», entendu lors du meeting de Saint-Denis, l’a marquée davantage que les habituels appels à la résistance.
La dernière question agit presque comme une chute. Dufresne imagine Mathilde Panot présidente de la République et lui demande quelle serait sa toute première décision. Après près de deux heures consacrées aux institutions, à l’économie, aux médias et à la présidentielle, elle répond sans hésiter : «De toute urgence, sortir les gosses de la rue. (…) On a 3000 gosses à la rue, c’est une honte absolue.»
24.06.2026 à 09:00
Au Poste
Mais derrière ce vernis se cachent des exactions commises contre les peuples autochtones, spoliés de leurs terres. Car cette idée de protection de la nature est fondée sur le mythe d’une nature sauvage, héritée du colonialisme, et crée désormais un véritable apartheid vert dans les zones concernées.
Alors à quoi – et à qui – profite la protection de la nature ? On en parle avec Fiore Longo, anthropologue et directrice de Survival International France. Elle est l’autrice de Décolonisons la protection de la nature. Plaidoyer pour les peuples autochtones et l’environnement (2023)