02.03.2026 à 06:00
Sarra Grira
Pour la deuxième fois en moins d'un an, Israël et les États-Unis attaquent l'Iran. Pour la deuxième fois, ils le font alors que des négociations étaient en cours en vue d'arriver à un accord entre Washington et Téhéran. « Dernière chance pour éviter le scénario de la guerre », répétaient ces derniers jours certains confrères, laissant penser qu'une guerre serait légitime en cas d'échec des pourparlers. Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et le président étatsunien Donald Trump (…)
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Pour la deuxième fois en moins d'un an, Israël et les États-Unis attaquent l'Iran. Pour la deuxième fois, ils le font alors que des négociations étaient en cours en vue d'arriver à un accord entre Washington et Téhéran. « Dernière chance pour éviter le scénario de la guerre », répétaient ces derniers jours certains confrères, laissant penser qu'une guerre serait légitime en cas d'échec des pourparlers. Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et le président étatsunien Donald Trump n'auront même pas pris la peine d'attendre jusque-là.
Pourtant, la veille de ces offensives, le ministre omanais des affaires étrangères Badr Albusaidi, invité de l'émission « Face the Nation » sur la chaîne étatsunienne CBS News, se disait « confiant dans la manière dont les négociations se déroulent »1. Celui dont le pays assure la médiation entre la République islamique et les États-Unis assurait qu'un « accord de paix est à notre portée si l'on permet à la diplomatie d'y arriver ». Il évoquait alors les concessions historiques faites par l'Iran, notamment le renoncement définitif à la détention de matériel nucléaire pouvant servir à fabriquer une bombe — chose qui n'avait pas été acquise dans l'accord signé sous Barack Obama, en 2015 et que Trump avait unilatéralement abandonné. Cela n'a pas empêché Israël — qui n'est pas signataire du traité de non-prolifération et qui détient, quant à lui, effectivement, l'arme nucléaire — d'attaquer dès le lendemain. Quel message cela envoie-t-il, si ce n'est de dire que, à l'image du droit international, la diplomatie est, elle aussi, une voie sans issue ? Albusaidi, pourtant peu bavard et habituellement soucieux de l'image de neutralité que cultive son pays, s'est dit « consterné » par les bombardements contre l'Iran.
On le sait depuis la « guerre contre le terrorisme » de George W. Bush déclenchée en 2001, mais encore davantage depuis le génocide à Gaza : le droit international n'est même plus un principe dans lequel se drapent les puissances occidentales. Les réactions des chancelleries européennes face à l'agression israélo-étatsunienne ne sont pas d'ailleurs sans rappeler ce qu'il en est depuis le lendemain du 7 octobre 2023 : la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président français Emmanuel Macron, s'affichent en professionnels de l'inversion accusatoire. L'une est prompte à condamner « les attaques injustifiées de l'Iran contre [nos] partenaires dans la région », sans un mot à l'adresse de Tel-Aviv et Washington ; l'autre somme le régime iranien « d'engager une négociation de bonne foi », dans une négation totale de tout ce qui se déroulait entre Mascate et Genève ces dernières semaines. « La guerre c'est la paix », proclamait Big Brother2. Comme pour Gaza aussi, de rares pays européens — les mêmes — ont parlé d'une voix courageuse et dissonante, à l'image de l'Espagne qui a condamné « l'usage de la force » par Israël et les États-Unis, ou la Norvège qui a critiqué le discours israélien parlant d'une « attaque préventive », alors qu'il n'y avait, rappelle Oslo, « aucune menace imminente » de la part de l'Iran.
Le nouvel ordre mondial qui s'implante depuis la guerre contre Gaza ne se limite pas au champ politique. Médiatiquement aussi, le cortège accompagne la propagande officielle, et les mêmes procédés sont à l'œuvre : remise en question du nombre de victimes iraniennes avec un « selon le régime iranien », qui rappelle le « selon le Hamas » ; tentatives de justification et d'inversion de la réalité quand une école pour filles est bombardée dans le sud du pays, faisant plus de 100 morts. Comme au moment du bombardement de l'hôpital Al-Ahli en octobre 2023 à Gaza, des chroniqueurs se transforment en experts militaires sur les plateaux de télévision pour expliquer que ce sont des missiles iraniens qui ont provoqué la tragédie. Comme pour Gaza, les mêmes chroniqueurs sont aux abonnés absents quand Israël bombarde des hôpitaux, comme les trois établissements ciblés à Téhéran. Sans doute nous dira-t-on bientôt qu'ils abritaient des membres des Gardiens de la révolution, comme ceux de Gaza abritaient ceux du Hamas. Nous devrons alors les croire sur parole, malgré tous leurs mensonges précédents, et tant pis, encore une fois, si le droit international interdit cela en toute circonstance.
Quel destin attend l'Iran ? Sera-t-il à son tour livré au chaos qui a accompagné toutes les tentatives de « changement de régime » dans la région ? Et quelles répercussions l'inconséquence israélo-étatsunienne aura-t-elle sur la région ? Sur X, Bernard-Henri Lévy, qui en sait quelque chose quand il s'agit de semer le chaos, ordonne de ne pas faire le parallèle avec l'invasion de l'Irak en mars 2003, car il n'est pas question ici pour Donald Trump et Benyamin Nétanyahou de « parachuter la démocratie » (sic !), mais de répondre aux appels à l'aide des Iraniens. Outre que nous pouvons, sans trop prendre de risque, douter que le bien-être des Iraniennes soit au cœur de l'entreprise israélo-étatsunienne, BHL a raison sur un point : ce qui se passe aujourd'hui n'est pas comparable à l'Irak 2003. Certes, les tentatives de recouvrir une opération impérialiste du vernis de la libération des femmes et de la démocratie — avec le succès que l'on connaît en Afghanistan — font encore florès chez une partie de la classe politique, notamment la droite pro-israélienne. Mais le subterfuge qu'avait été le recours au Conseil de sécurité des Nations unies, dont avait usé George W. Bush pour se donner une caution — même si c'est pour se passer de son accord —, est désormais superflu. Pourquoi s'encombrer de formalités quand on peut agir en toute impunité ?
Comme à chacune des interventions étatsuniennes dans la région, celle-ci ne peut porter aucune promesse de lendemains meilleurs pour la population iranienne. En Afghanistan, les talibans sont revenus au pouvoir. En Irak, le peuple paye, plus de deux décennies après le déclenchement de la guerre, un lourd tribut à la kleptocratie confessionnelle mis en place par Washington. Et, comme à chacune des opérations israéliennes, l'on sait que le seul souci de Tel-Aviv est de semer le chaos autour de lui pour s'assurer une hégémonie régionale, comme il continue à le faire au Liban et en Syrie, en dépit des tous les cessez-le-feu qu'il signe. Quant à ceux qui font de la haine du régime iranien, oppresseur et massacreur de son peuple, la grille de lecture exclusive des événements, il est bon de se rappeler que la mort d'un dictateur ne peut être réjouissante quand elle est l'œuvre d'un criminel de guerre inculpé par la Cour pénale internationale.
27.02.2026 à 14:30
Hommage à Leïla Shahid, iReMMO, 27 février, 18h30, en ligne et en présentiel Conférence hommage à Leïla Shahid (1949-2026), diplomate, ancienne représentante de la Palestine en France et auprès de l'Union européenne. Avec : Majed Bamya (en ligne), diplomate palestinien. Jean-Paul Chagnollaud, président d'honneur de l'iReMMO. Brigitte Curmi, ancienne ambassadrice de France en Libye, à Malte et pour la Syrie. Hala Kodmani, journaliste franco-syrienne, reporter à Libération. Agnès (…)
- Archives
Conférence hommage à Leïla Shahid (1949-2026), diplomate, ancienne représentante de la Palestine en France et auprès de l'Union européenne.
Avec :
Institut de recherche et d'études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO)
1 rue Marcel Duchamp, 75013 Paris
Vendredi 27 février
18h30 - 20h30
Entrée libre
Inscription
Les amies de Marina Da Silva (1958–2026), journaliste engagée, circassienne aérienne et féministe, vous invitent à une soirée hommage le 9 mars 2026 au Théâtre de la Ville de Paris.
Vous pouvez également participer à la cagnotte. Elle permettra l'organisation de l'événement ainsi que la réalisation d'une vidéo de l'hommage. Nous avons déjà recueilli près de 2 400 euros pour un objectif de 4 000.
Hommage à Marina Da Silva
9 mars 2026
18h30
Théâtre de la Ville de Paris, salle des œillets
2 place du Châtelet, 75004 Paris (métro Châtelet)
« La mémoire de la guerre continue de hanter les Centrafricains », Michael Pauron, Tangi Bihan, 23 février 2026
Entretien Démocratie, sécurité, présence de Wagner, relations diplomatiques… La Centrafrique est en crise depuis de nombreuses années. Élu pour un troisième mandat en décembre 2025, Faustin-Archange Touadéra semble avoir réussi à stabiliser la situation sécuritaire, mais de nombreux défis, économiques et politiques, demeurent, explique Fulbert Ngodji, analyste à l'International Crisis Group.
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27.02.2026 à 06:00
Rami Abou Jamous
Rami Abou Jamous écrit son journal pour Orient XXI. Fondateur de GazaPress, un bureau qui fournissait aide et traduction aux journalistes occidentaux, il a dû quitter en octobre 2023 son appartement de Gaza-ville avec sa femme Sabah, les enfants de celle-ci, et leur fils Walid, trois ans, sous la menace de l'armée israélienne. Ils se sont réfugiés à Rafah, ensuite à Deir El-Balah et plus tard à Nusseirat. Après un nouveau déplacement suite à la rupture du cessez-le-feu par Israël le 18 mars (…)
- Dossiers et séries / Israël, Palestine, Bande de Gaza, Témoignage , Focus, Gaza 2023-2025
Rami Abou Jamous écrit son journal pour Orient XXI. Fondateur de GazaPress, un bureau qui fournissait aide et traduction aux journalistes occidentaux, il a dû quitter en octobre 2023 son appartement de Gaza-ville avec sa femme Sabah, les enfants de celle-ci, et leur fils Walid, trois ans, sous la menace de l'armée israélienne. Ils se sont réfugiés à Rafah, ensuite à Deir El-Balah et plus tard à Nusseirat. Après un nouveau déplacement suite à la rupture du cessez-le-feu par Israël le 18 mars 2025, Rami est rentré chez lui avec sa famille le 9 octobre 2025.
Jeudi 26 février 2026.
Aujourd'hui, c'est le neuvième jour du ramadan. Et le troisième ramadan de guerre. C'est un peu différent des deux précédents.
Le ramadan est un mois sacré pour les musulmans. C'est aussi un mois de rassemblement familial. Un mois spirituel et un mois social, de joie, où tout le monde se rend visite. On le prépare deux semaines à l'avance. Chaque maison est décorée de ces lampes spéciales, qu'on appelle les fawaniss. Il s'agit de lampions à l'ancienne, faits de papiers colorés et sur lesquels il est écrit « joyeux ramadan », et d'autres messages du genre. On les voit partout, dans les rues, sur les marchés, dans les maisons.
Mais avec le prétendu cessez-le-feu, nous sommes maintenant dans une non-guerre/non-paix, mais surtout dans la non-vie. Cette fois encore, comme lors des deux précédents ramadans, on ne voit pas beaucoup de fawaniss. En revanche, cette année, on trouve presque de tout sur les marchés et dans les rayons des épiceries. Malheureusement, c'est loin d'être à la portée de tout le monde, parce qu'Israël ne laisse entrer que des importateurs du secteur privé. Les denrées sont moins chères qu'au pic de la guerre, mais toujours trop chères pour la plupart des Gazaouis. Toute cette nourriture s'étale sous leurs yeux, sans qu'ils aient les moyens de se l'offrir.
Pendant les autres ramadans, on souffrait de malnutrition, voire de famine. Ceux qui avaient les moyens et ceux qui ne les avaient pas mangeaient la même chose, un peu de riz ou un peu de lentilles. Cette fois, ceux qui ont de l'argent mangent bien et ceux qui n'en ont pas font toujours la queue devant les tekiya, les cuisines communautaires.
Ce ramadan est aussi d'une grande tristesse. Une tristesse plus forte que les années précédentes parce que nous avons le temps de la ressentir. Jusqu'ici, nous étions tous emportés dans ce mixeur, dans cette tornade qui tournait à toute vitesse, et dont étaient régulièrement éjectés ceux qui étaient tués par les Israéliens. Aujourd'hui, le mixeur tourne encore, mais moins vite. Les gens commencent à ressentir la tristesse, la douleur, les cœurs brisés.
Un petit exemple : d'habitude, quand arrive le ramadan, Sabah, mon épouse, prépare les décorations, à l'intérieur comme à l'extérieur de la maison. Elle fait le tour du marché pour acheter les fawaniss. Mais elle a perdu trop de parents — son père, même s'il n'est pas mort directement dans un bombardement, des oncles, des cousins, des neveux. La mort de son frère Mohammed, le 2 décembre 2025, a achevé de lui briser le cœur. D'habitude, je ne suis pas vraiment porté sur les décorations, je considère le ramadan plutôt comme un événement spirituel et familial. Mais c'est la tradition, et je la respectais autant que possible. J'aurais pu, cette année, trouver des lampes à accrocher, mais je n'ai même pas osé en parler à Sabah. Je savais que le temps n'était pas encore venu pour les lumières.
Ce ramadan ravive pour elle le souvenir des visites de sa famille, selon l'usage qui veut que la famille de l'épouse lui rende visite dans la maison qu'elle partage avec son mari. Elle se rappelle son papa qui venait avec ses frères, apportant cadeaux et gâteaux. Elle était toujours fière de ces visites, comme toutes les femmes mariées qui attendent ce moment de réunion. Cette année, ses frères survivants sont venus, mais le poids des absents se faisait sentir. Encore Sabah a-t-elle pu recevoir ses frères : ce n'est plus le cas pour la majorité de la population.
Les relations sociales se sont brisées à cause de la pauvreté, de la misère et des déplacements forcés. Les familles ne sont plus regroupées, comme avant, dans un même immeuble, où chaque homme marié avait son étage. Maintenant, les gens sont dispersés sous des tentes de fortune, souvent dans différentes villes. Et ils n'ont pas d'argent pour se payer un transport.
Les pères de famille sont les premiers à souffrir de ce sentiment d'impuissance, incapables de satisfaire les besoins de leurs fils et de leurs filles, privés de leurs petits-enfants. Je connais des gens qui n'arrivent même pas à téléphoner à leurs enfants, car ils ne veulent pas avoir à leur promettre de « venir dans quelques jours pour le ramadan » en sachant bien que c'est impossible, ou qu'ils n'auront pas les moyens d'apporter des cadeaux et des gâteaux.
Un des événements sociaux les plus importants du ramadan, c'est bien sûr l'iftar, le repas de rupture du jeûne, au moment du coucher du soleil. On se lance des invitations, la belle-famille invite la famille ou l'inverse, les frères invitent les sœurs et réciproquement, et tout le monde invite ses voisins. Aujourd'hui, malheureusement, ce n'est plus le cas. Les Gazaouis attendent devant les tekiyas pour recevoir un peu de riz avec, s'ils ont de la chance, du poulet, du veau ou autre chose. Comment pourraient-ils inviter leur famille à un iftar ? Nous avons perdu cette tradition qui se transmettait de père en fils depuis des siècles. Aujourd'hui, le tissu social s'est défait, il ne reste que la famille nucléaire, même s'il y a quelques tentatives de regroupement de la famille élargie.
Le pire, ce sont ces images que l'on voit sur les réseaux sociaux, ces grandes tablées d'iftar où tout le monde est servi, financées par des bienfaiteurs privés ou des associations. C'est que ces tablées ne rassemblent qu'une partie infime des Gazaouis. Pour quelques centaines d'invités, il y a des centaines de milliers qui regardent ces dîners sans y avoir accès. Bien sûr, ces associations sont pleines de bonne volonté, mais la conséquence est terrible pour ceux qui sont laissés de côté. Et la douleur est la même quand les gens voient sur les marchés des denrées et des cadeaux qu'ils ne peuvent pas offrir à leurs enfants.
Au niveau spirituel, là aussi, ce n'est plus du tout comme avant. Les mosquées étaient pleines de fidèles, surtout pendant la nuit, pour la prière de tarawih1. Les gens passaient entre une heure et une heure et demie à la mosquée, à prier et à écouter des prêches. Mais 90 % des mosquées sont désormais détruites. Sur leurs emplacements, le Hamas a érigé des mosquées de fortune sous des bâches. Mais les gens savent que la guerre n'est pas finie, et ils craignent que les Israéliens prétextent la présence d'un membre du Hamas dans ces assemblées pour les bombarder.
Malgré le prétendu cessez-le-feu, les Gazaouis savent que les Israéliens peuvent frapper où ils veulent et quand ils veulent. Ce sentiment d'insécurité influence leur attitude durant le ramadan, que ce soit envers la pratique spirituelle, la famille ou la société. Quand on était bombardés vingt-quatre heures sur vingt-quatre, Sabah ne sentait pas la perte de son père, parce que l'adrénaline était très élevée, et la peur était toujours là ; parce qu'on était occupés à se déplacer d'un endroit à l'autre.
Aujourd'hui que nous pouvons souffler un peu, les blessures et les plaies sont en train de s'ouvrir. C'est le cas pour Sabah et pour des dizaines de milliers de personnes, surtout ceux qui ont perdu la totalité de leur famille, et dont les parents sont, souvent, toujours enfouis sous les décombres. Une psychologue que j'ai interviewée m'a raconté que des personnes allaient sur ces lieux pour parler à leurs morts enterrés sous des tonnes de gravats. Elle m'a dit que, pendant ce ramadan, de plus en plus de gens vont observer cette nouvelle coutume. Et que des Gazaouis vont même faire leurs maigres iftar sur les ruines de ces maisons détruites, pour dire aux disparus : on est en train de manger ensemble, on va bientôt vous sortir de là et vous donner une sépulture digne. Ils parlent aux morts, au vide, à des maisons détruites. Nous sommes toujours sous le choc, traumatisés par cette guerre qui n'est pas terminée.
Voilà le « sociocide ». Notre sentiment en tant que survivants se mêle à la tristesse, à la peur, à l'insécurité, à l'incertitude, à l'instabilité. Ces problèmes psychologiques, que nous avons tous, apparaissent clairement pendant ce ramadan. Tout a changé à Gaza. Mais j'espère que ce sera le dernier ramadan de souffrance. Que pour le prochain, il y aura un vrai cessez-le-feu et une meilleure vie pour les Palestiniens, surtout à Gaza, avec la libération de la Palestine à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, avec la présence des Palestiniens que les Israéliens veulent déporter pour prendre leur place, dans les territoires occupés.
Peut-être qu'il y a un peu plus de joie en Cisjordanie à l'occasion du ramadan. Mais là-bas, les villages sont attaqués tous les jours par les colons, les mosquées sont brûlées dans une impunité totale, et sous la protection de l'armée d'occupation. Si le projet de déportation fonctionne à Gaza, il fonctionnera aussi en Cisjordanie. Les Israéliens et leurs soutiens disent qu'Israël « a le droit de se défendre ». Mais il a surtout, à leurs yeux, le droit de s'étendre. Et pour s'étendre, il faut expulser la population palestinienne. Cela commence par Gaza et la Cisjordanie, puis ce sera le tour des Palestiniens de 48, c'est-à-dire les Palestiniens citoyens d'Israël. Eux aussi seront expulsés, pour qu'il ne reste que les Israéliens de confession juive en Palestine.
Benyamin Nétanyahou et ses ministres l'ont dit clairement. Même l'ambassadeur américain a parlé du « Grand Israël » qui pourrait englober tout ou une partie de l'Égypte, du Liban, de la Syrie, de l'Arabie saoudite et de l'Irak. Mais le monde ferme les yeux.
J'espère néanmoins que tous ces projets coloniaux de déportation vont tomber à l'eau, que les Palestiniens résisteront et resteront toujours sur leurs terres, et que la Palestine sera libre.
1NDLR. Prières surérogatoires accomplies par les fidèles chaque soir pendant tout le mois du ramadan.