Les tensions actuelles autour du pétrole du Moyen-Orient ne sont pas seulement géopolitiques. En menaçant de s'emparer des réserves pétrolières de l'Iran, quelques semaines après avoir fomenté un « coup d'Etat fossile » au Venezuela et menacé de saisir le Groenland et son riche sous-sol, le président des Etats-Unis dévoile la violence sur laquelle repose ce qu'Ulrich Brand et Markus Wissen qualifient de « mode de vie impérial » de l'Occident, et plus particulièrement des Etats-Unis. Rappelons qu'avec 17 tonnes équivalent CO₂ par habitant en 2024 (contre 7 pour l'Union européenne), les Etats-Unis figurent parmi les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre par habitant du monde.
Les transports sont leur premier poste d'émissions directes. Parmi ces derniers, les SUV, camions et voitures particulières en totalisent 80 %. Derrière ces chiffres se cache une organisation spatiale spécifique autour d'un des piliers majeurs de l'ordre social américain : les banlieues tentaculaires des grandes métropoles. Or le métabolisme suburbain sur lequel repose l'American way of life, avec son triptyque maison individuelle, centre commercial et voiture obligatoire, dépend d'une source absolument vitale : une énergie abondante et bon marché.