Le recul de l'âge de départ à la retraite est donc l'une des causes de l'augmentation des arrêts maladies, information que le gouvernement et les médias ne nous donnent jamais, puisque cela reviendrait à reconnaître la responsabilité du premier dans cette hausse qu'il dénonce.
Comment expliquer le reste de la hausse ? D'abord, l'état général de santé de la population n'est pas bon. La hausse des cancers, notamment chez les moins de 40 ans, est forte partout dans le monde et en particulier en France. “Il faut se préparer à un tsunami”, déclarait le 22 janvier 2025 le professeur Fabrice Barlesi, directeur général de l'Institut Gustave-Roussy. Les cancers digestifs sont en forte hausse, et à mesure que les études se multiplient pour souligner l'exposition de la population au cadmium et à des cocktails de pesticides cancérigène présents dans l'air ou dans notre alimentation, une politique de santé publique préventive se pencherait sur ces causes et prépareraient notre protection sociale à des prises en charge nombreuses et donc coûteuses, y compris en termes d'arrêts de travail de longue durée, qui vont forcément augmenter si cette épidémie de cancer se confirme. Ce n'est pas la direction prise par le gouvernement, qui pense d'abord à culpabiliser et contrôler les malades.
Le même déni existe en ce qui concerne le Covid long, qui touche 75 millions de personnes dans le monde depuis 2020, et dont l'OCDE pointe dans un récent rapport les coûts actuels et futurs, notamment pour la productivité du travail. Les évolutions contemporaines de la santé publique ne sont pas bonnes, notamment parce que les gouvernements pro-capitalistes refusent de s'en prendre aux secteurs qui causent ces dégâts sanitaires comme les industries polluantes et le secteur agroalimentaire. Le réchauffement climatique, et notamment les épisodes caniculaires de plus en plus longs et éprouvants, ont déjà des impacts avérés sur la santé des travailleurs, mais, là encore, c'est le déni qui règne.
Mais rien n'est comparable au déni général de la dégradation de la santé au travail des salariés.