En tant que terriennes et terriens, nous sommes collectivement aussi attaqué.es que le climat.
Et nous sommes pris.es de vertiges devant les ravages de l'IA dans ce monde de prédation en guerre perpétuelle, qui ne connait que la fuite en avant, justifie les génocides, admire la force brute des puissants qui vantent leurs chocs d'autorité, valorisent la peste brune de l'individualisme et de l'infantilisation de nos imaginaires.
Le langage de ce capitalisme de l'urgence a tellement corrompu les autres langages et les dialectes de notre démocratie, effacé nos histoires, dressé les un.e contre les autres, désespéré les vivants ; que l'immense majorité des femmes et des hommes sur cette terre ont perdu tout espoir parce qu'il est devenu LE langage universel des prédateurs.
Un langage sur-armé d'outils financiers capables de détruire sous nos yeux tous les autres langages.
Ça se voit dans les rues, dans les solitudes, dans la chasse aux immigré.es, dans l'écart génocidaire entre les ultra-riches et tous les autres ; un écart que les uns appellent « le talent », et les autres le néo-fascisme.
Dans ce monde-là, faire des images qui tenteraient d'échapper à cet immense réseau de camps de concentrations financiers et idéologiques, est devenu un défi héroïque.