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Human Rights Watch News
 
Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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20.01.2026 à 23:30

Trump vilipende l'accord sur les îles Chagos tout en ignorant les Chagossiens

Human Rights Watch

Click to expand Image Le navire britannique MV Nordvaer photographié non loin de Diego Garcia, principale l’île de l’archipel des Chagos situé dans l’océan Indien, en avril 1969. © 1969 Kirby Crawford

(Londres) – Le 20 janvier, le président américain Donald Trump a condamné un accord qu'il avait précédemment approuvé, et en vertu duquel le Royaume-Uni compte rétrocéder la souveraineté sur les îles Chagos à la république de Maurice. Le Royaume-Uni contrôle actuellement cet archipel de l'océan Indien ; il y a un demi-siècle, les gouvernements britannique et américain avaient contraint tous les habitants à quitter leurs foyers, afin que les États-Unis puissent construire une base militaire sur l'île de Diego Garcia. Les Chagossiens n'ont jamais été autorisés à revenir.

Le président Trump a déclaré sur Truth Social que la cession des îles Chagos à la république de Maurice était « un acte d'une grande stupidité » qui s’ajoute à une « longue liste de raisons de sécurité nationale pour lesquelles le Groenland doit être acquis » par les États-Unis.

Clive Baldwin, conseiller juridique senior à Human Rights Watch, a fait à ce sujet la déclaration suivante :

« Toute décision concernant les îles Chagos devrait être centrée sur les Chagossiens, qui ont été déplacés de force par le Royaume-Uni et par les États-Unis, sans droit de retour à ce jour. Les droits des Chagossiens – notamment leur droit de retourner vivre sur leurs îles natales, et d'obtenir des réparations pour les crimes commis à leur encontre – devraient être au cœur de toute discussion. »

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20.01.2026 à 17:34

Le président ougandais Museveni réélu sur fond de répression

Human Rights Watch

Click to expand Image Le président ougandais Yowerei Museveni s'exprimait lors d'une conférence de presse à Entebbe, en Ouganda, le 26 juillet 2022. Il a été réélu le 15 janvier pour un septième mandat, lors d’une élection tenue dans un contexte de forte répression. © 2022 Hajarah Nalwadda/AP Photo

La Commission électorale ougandaise a déclaré le président Yoweri Museveni vainqueur de l’élection du 15 janvier, lui assurant un septième mandat avec 71 % des voix. 

Les semaines qui ont précédé l’élection ont été marquées par des violations des droits humains. Les forces de sécurité auraient frappé et arrêté des centaines de personnes lors de rassemblements de l'opposition, tiré sans discernement des gaz lacrymogènes sur des manifestants, et violemment frappé des journalistes qui tentaient de couvrir le scrutin. 

Le 28 novembre 2025, des agents de sécurité auraient abattu Mesach Okello, un partisan de l'opposition, à Iganga, dans l'est de l'Ouganda. La police a affirmé avoir réagi à des « jets de pierres » et à des « actes de vandalisme ». Le 8 décembre, le candidat à la présidence Robert Kyagulanyi, également connu sous le nom de Bobi Wine, a déclaré que des soldats l'avaient frappé, lui et ses partisans, à coups de bâton lors d'un rassemblement dans la ville de Gulu, dans le nord du pays.

Dans les semaines qui ont précédé l’élection, le gouvernement a de nouveau intensifié la répression.

Le 30 décembre, Sarah Bireete, une éminente militante des droits humains, a été arrêtée et, le 12 janvier, le gouvernement a ordonné à au moins dix organisations non gouvernementales de cesser leurs activités pour une durée indéterminée, sur la base de motifs vagues et infondés. Le nombre exact de groupes suspendus n'est pas connu. 

Le gouvernement a également ordonné une coupure généralisée d'Internet deux jours avant l’élection, limitant ainsi considérablement l'accès des Ougandais aux informations essentielles sur le scrutin. Cinq jours plus tard, bien que l'accès à Internet ait été partiellement rétabli par le gouvernement, l'accès aux applications de messagerie et aux réseaux sociaux, tels que WhatsApp et X, était toujours restreint.

Suite a l’annonce des résultats électoraux, Robert Kyagulanyi (Bobi Wine) a indiqué sur X que des agents de sécurité avaient encerclé son domicile dans la banlieue de Kampala, coupé l'électricité et les caméras de vidéosurveillance, et bloqué l'accès à la propriété. Malgré ces restrictions, Kyagulanyi a réussi à s'échapper et se trouve actuellement dans un lieu tenu secret. Ses collègues n'ont pas eu cette chance. Son parti, la Plateforme de l'unité nationale (National Unity Platform, NUP), a signalé que deux responsables régionales du NUP avaient été enlevées par les forces de sécurité, et étaient toujours portées disparues.

L'Ouganda est tenu de promouvoir et de protéger les droits de toutes les personnes à la liberté d'expression et de réunion pacifique, ainsi que leur accès à l'information, quelle que soit leur affiliation politique. La communauté internationale devrait faire pression sur le gouvernement de Yoweri Museveni pour qu'il mette fin aux violations des droits humains, et que les abus liés à l’élection fassent rapidement l'objet d'une enquête et que les responsables soient traduits en justice.

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19.01.2026 à 23:00

Mozambique : Des policiers suspectés d’avoir tué des mineurs artisanaux

Human Rights Watch

(Johannesburg) – Les autorités mozambicaines devraient mener d'urgence une enquête impartiale sur le meurtre de trois douzaines de mineurs artisanaux d'or et de pierres précieuses lors d'affrontements avec la police le 29 décembre 2025 dans la province de Nampula, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch. Les autorités devraient traduire en justice tous les individus responsables, et garantir que justice soit rendue aux victimes et à leurs familles.

Selon des organisations locales de la société civile, des policiers auraient tué au moins 38 personnes lors d'affrontements dans la zone minière de Marraca, située dans le district de Iuluti, dans la province de Mogovolas. La chaîne de radio Iuluti Community Radio a rapporté que des proches de victimes leur avaient signalé au moins 13 décès. Les autorités policières ont officiellement reconnu sept décès, dont celui d'un policier.

« Les preuves disponibles indiquent que la police mozambicaine a recouru de manière injustifiée à la force excessive et létale, aboutissant à un nombre encore indéterminé de personnes tuées ou blessées », a déclaré Sheila Nhancale, chercheuse auprès de la division Afrique à Human Rights Watch. « Il est essentiel que les autorités mènent une enquête approfondie et impartiale sur ces décès, et traduisent en justice les individus responsables, afin de rétablir la confiance de la communauté. »

Les tensions dans la zone minière de Marraca s'inscrivent dans un contexte plus large de conflits récurrents liés à l'extraction minière dans le district de Mogovolas, a déclaré Human Rights Watch. Les communautés locales et les mineurs artisanaux ou à petite échelle opèrent depuis des années dans des zones pour lesquelles le gouvernement a accordé des concessions à des entreprises privées, sans avoir mis en place de mécanismes de médiation efficaces, des alternatives économiques ou des processus de réinstallation transparents.

La police mozambicaine (Polícia da República de Moçambique, PRM) a indiqué que les affrontements ont commencé lorsque des membres des Naparamas, une milice locale, ainsi que des partisans de l’Alliance nationale pour un Mozambique libre et autonome (Aliança Nacional para um Moçambique Livre e Autónomo, ANAMOLA), un parti d'opposition dirigé par Venâncio Mondlane, ont attaqué un camp de la Police pour la protection des ressources naturelles et de l'environnement. La police a déclaré que les assaillants portaient des masques et des bandeaux rouges, et étaient munis d’armes blanches. Elle a ajouté avoir arrêté cinq suspects lors d'opérations visant à rétablir l'ordre public.

Toutefois, des organisations de la société civile et des témoins ont contesté cette version des faits, affirmant que la plupart des personnes tuées étaient des mineurs artisanaux et d'autres personnes sans affiliation politique. Gamito Carlos, directeur de l'organisation Kóxukhoro basée à Nampula, a déclaré à Human Rights Watch qu'aucune des victimes ne possédait de carte de membre d'un parti politique. Les mineurs artisanaux ont reconnu qu’ils étaient munis d’armes blanches, mais ont affirmé qu’il s’agissait de couteaux utilisés pour l'extraction de minerais.

Trois journalistes locaux ont déclaré qu'il existait des accords informels entre certains policiers et les mineurs artisanaux, qui payaient entre 50 et 100 meticais (0,80 à 1,60 dollars US) afin de pouvoir exploiter le site minier. Des témoins ont déclaré que lorsqu'un groupe de policiers, qui n'était apparemment pas au courant de ces accords, a tenté de disperser les mineurs par la force, la situation s'est rapidement envenimée et des affrontements ont éclaté.

Un journaliste local a déclaré que des mineurs lui avaient dit que les policiers avaient tiré sans discernement sur des personnes, pendant les affrontements.

Une habitante de la région a déclaré que son frère de 18 ans, mineur artisanal, avait été tué lors des affrontements ce jour-là. « Mon frère est parti tôt pour aller travailler à la mine, disant qu'il avait besoin d'argent pour les vacances de fin d'année », a-t-elle déclaré. « Il n'est jamais revenu. Le lendemain, nous avons appris qu'il avait été tué. Beaucoup de ses amis n'ont pas survécu non plus. » Au bord des larmes, elle a ajouté : « Il était le soutien de famille. Maintenant, nous ne savons pas comment nous allons faire pour continuer. »

Une autre habitante a déclaré que son mari, âgé de 41 ans, avait été blessé lors des affrontements et avait disparu après avoir cherché à se faire soigner dans la ville de Nampula. « Nous ne savons pas où il est », a-t-elle déclaré. « Quand nous essayons de le joindre par téléphone, personne ne répond. Nous avons entendu des rumeurs selon lesquelles il aurait été arrêté, voire tué. » La famille a déclaré l'avoir recherché dans plusieurs commissariats de police, sans obtenir aucune information de la part des autorités.

Un habitant de 35 ans a déclaré avoir vu au moins trois corps de mineurs artisanaux tués par balle, et plusieurs personnes gravement blessées ; il a aussi signalé la disparition d'un proche qui s'était rendu sur le site minier et n'était pas revenu. « Il y avait des adultes, des enfants et des femmes là-bas », a-t-il déclaré. « Tout le monde a vécu des moments de terreur qui traumatisent encore la communauté aujourd'hui. Nous demandons au gouvernement de trouver des solutions pour réglementer l'exploitation minière sans violence. »

De précédents incidents survenus à Mogovolas reflètent aussi les tensions persistantes entre les autorités et les mineurs artisanaux. En mai 2025, suite à l'interdiction de l'exploitation minière artisanale dans des zones à Iuluti pour laquelle des entreprises privées ont reçu des concessions, environ 300 mineurs artisanaux sont entrés de force dans l’une de ces zones ; ceci a déclenché des violences qui auraient about a certains décès, ainsi que des arrestations. 

Les Principes de base des Nations Unies sur le recours à la force et l'utilisation des armes à feu par les responsables de l'application des lois exigent que ceux-ci recourent à des moyens non violents avant d'utiliser la force, qu'ils n'utilisent la force que proportionnellement à la gravité de l'infraction et qu'ils n'utilisent la force létale que lorsque cela est strictement inévitable pour protéger des vies. Les Principes stipulent également que les gouvernements doivent veiller à ce que l'usage arbitraire ou abusif de la force et des armes à feu par les responsables de l'application des lois soit puni comme une infraction pénale en vertu du droit national.

« Les partenaires du Mozambique devraient faire pression sur le gouvernement de ce pays pour qu'il mène une enquête crédible et transparente sur cet incident tragique, qu'il assure l’obligation de rendre des comptes, et qu’il indemnise les proches des victimes », a conclu Sheila Nhancale. « Le gouvernement mozambicain devrait aussi prendre des mesures afin que de telles atrocités ne se reproduisent plus jamais. »

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