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19.05.2026 à 16:26

Au Sahel, la difficile équation entre la terre, l’eau et les populations

Christian Bouquet, Chercheur au LAM (Sciences-Po Bordeaux), professeur émérite de géographie politique, Université Bordeaux Montaigne

Au Sahel, les conflits entre éleveurs et cultivateurs se multiplient autour de ressources toujours plus rares.
Texte intégral (2179 mots)

Pour analyser les conflits dans le Sahel, il faut commencer par une arithmétique simple : il y a de plus en plus de monde, et de moins en moins d’eau sur des terres qui se réduisent.


Le 25 avril 2026, un conflit autour d’un puits a coûté la vie à 42 personnes dans la province de Wadi Fira, dans l’est du Tchad. Selon les autorités, il s’agissait d’une « dispute entre deux familles vivant sur ce territoire ». L’une faisait partie de la communauté des éleveurs transhumants, l’autre de celle des cultivateurs sédentaires. Dans toute la zone sahélienne, les puits sont souvent des lieux de tension, comme ici à Kouré, au Niger :

Puits dans la région de Kouré (Niger). À gauche, les femmes appartiennent à la communauté djerma, cultivateurs sédentaires. À droite, les hommes sont des Peuls, éleveurs transhumants. Christian Bouquet, FAL

Sur cette image, on distingue au fond, dans la brume de l’harmattan, les cases du village des cultivateurs sédentaires djermas. Le troupeau de l’éleveur peul est en repli de transhumance ; il descend vers le sud au gré des pâturages, souvent confondus avec les champs de culture des paysans, surtout quand tout le monde converge vers le puits. Les conflits agro-pastoraux se multiplient dans cette région. Selon International Crisis Group, ils auraient fait plus d’un millier de morts et près de 2 000 blessés entre 2021 et 2024.

Si la géographie ne sert pas toujours à faire la guerre, elle reste toutefois très utile pour mieux comprendre ces conflits dans la mesure où c’est, par définition, une discipline « de terrain ». Rappel : le Sahel est une construction géographique. C’est « le rivage » du désert, et sa limite nord (telle qu’elle a été définie par Robert Capot-Rey en 1953) est celle du cram-cram (Cenchrus biflorus) et de l’isohyète 200 mm.

En effet, le cram-cram, petite graminée dont les glumes à crochet « interdisent l’entrée de la prairie à quiconque n’est pas chaussé ou monté », ne pousse pas si les précipitations sont inférieures à 200 mm. Naturellement, cette limite pluviométrique ne concerne pas que le cram-cram. Aucune culture vivrière, même la céréale la moins exigeante – comme le mil –, ne peut être pratiquée au-dessous de 250 mm de précipitations, de préférence bien réparties et bien dosées entre juin et septembre. Autant dire que les agriculteurs sédentaires connaissent la limite nord de leur implantation.

Le fardeau des sécheresses à répétition

Longtemps, les éleveurs nomades ou semi-nomades ont davantage joué avec cette contrainte, car une bonne pluie peut toujours faire naître un pâturage temporaire aux franges du désert. Mais ils devaient ensuite se replier vers le sud, et composer avec les paysans sédentaires afin d’éviter de faire piétiner par leurs troupeaux les champs cultivés. Parfois, des accords avaient été passés entre les uns et les autres autour de la fumure animale ou sur la récolte des fruits de quelques arbres, comme l’acacia gommier, dont les éleveurs pouvaient être considérés comme « propriétaires » car ils en avaient été les planteurs. C’était d’ailleurs le cas autrefois dans cette région orientale du Tchad, où a eu lieu le drame du 25 avril 2026.

Mais cette situation apparemment équilibrée qui prévalait avant et pendant la colonisation a été progressivement modifiée par deux facteurs de changement dont l’addition a sensiblement restreint l’espace occupé par les deux communautés.

Il y a d’abord eu la succession des sécheresses et, plus globalement, une péjoration très sensible des précipitations depuis 1970, ainsi qu’il apparaît sur ce diagramme :

Les conséquences de cet assèchement du climat débouchent aussi sur une autre représentation graphique, moins souvent évoquée mais plus concrète :

Geoconfluences/Christian Bouquet

En effet, selon Monique Mainguet, l’isohyète 200 mm a migré de 250 km vers le sud depuis 1900. Sans aller jusqu’à calculer avec précision la surface ainsi gagnée par le désert, en croisant ce chiffre avec la longueur méridienne du Sahel (de la Mauritanie à l’Érythrée), soit près de 6 500 km, on peut retenir qu’au moins 1 500 000 km² ont été perdus en quelques décennies par les éleveurs et les cultivateurs qui y vivaient encore au siècle dernier.

Une population qui a presque quadruplé en cinquante ans

Et dans cet espace ainsi rétréci, un autre paramètre a bougé : la population. Elle a presque quadruplé en cinquante ans : 135 millions en 2020 (contre moins de 40 millions dans les années 1970), et pourrait s’élever à 330 millions d’habitants en 2050.

L’équation est dès lors inquiétante : quand les éleveurs ne trouvent plus l’herbe et l’eau qui sont leurs repères millénaires, quand les cultivateurs attendent vainement la pluie qui rythmait leurs saisons, ils deviennent des migrants climatiques – bien qu’ils ne soient pas reconnus comme tels. Et rien n’a été prévu pour eux dans les zones méridionales de l’Afrique sahélienne. Lorsque cette migration s’ajoute aux mouvements de déplacés internes et de réfugiés chassés de chez eux par les conflits, on peut clairement ressentir un profond découragement.

Passer à l’étape suivante devient alors quasiment impossible. Celle-ci consisterait à développer une vision d’avenir pour les trente prochaines années à partir de notre constat : il y a trop de monde sur des terres disponibles restreintes alors que les ressources en eau (pluviale) diminuent.

Dessiner des projections dans le temps long

Dans une logique aménagiste, on peut imaginer des éleveurs qui renonceraient au nomadisme, et même au semi-nomadisme, pour se convertir à une forme de stabulation d’abord partielle puis totale, et imaginer des cultivateurs allant chercher l’eau là où elle se trouve encore (notamment dans les nappes souterraines), afin de produire davantage dans des conditions plus sécurisées, voire de cultiver du fourrage pour ceux avec lesquels ils étaient jusqu’alors en concurrence.

On ne rêve pas : cette formule a été testée dans les années 1970 lorsque les polders du lac Tchad étaient si prometteurs qu’on pouvait y réaliser trois récoltes par an, et sept à huit coupes de fourrage Pennisetum dans le même temps. Dans cette zone, où les pluies dépassaient rarement 250 mm, les paysans savaient utiliser l’eau du lac et des nappes, et l’expérience d’embouche qui avait été tentée à Bol avait permis d’engraisser les bovins de 90 kg en moyenne en six mois.

Depuis, dans cette région peut-être plus encore qu’ailleurs, le vent de l’histoire a tout emporté.

Ranch d’embouche dans les polders du lac Tchad, en 1974. Christian Bouquet, FAL

C’est donc une arithmétique simple, par laquelle il faudrait sans doute toujours commencer quand on analyse les conflits sahéliens, du Darfour au Mali : plus de monde et moins d’eau sur des terres disponibles qui se réduisent. Certes, on ne doit pas occulter les autres facteurs de tensions (zones grises abandonnées par les États, mauvaise gouvernance, corruption, conflits intercommunautaires, groupes armés, djihadisme, trafics, etc.). Mais il ne faut pas non plus s’enfermer dans le déni de peur de stigmatiser telle ou telle communauté.

Il faut – surtout – essayer de dessiner des projections sur le temps long sans craindre les critiques « ethnographiques ». Personne ne peut imaginer un éleveur peul devenu sédentaire, chaussé de bottes en caoutchouc, armé d’une fourche et distribuant du foin à ses vaches. Et pourtant…

The Conversation

Christian Bouquet ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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19.05.2026 à 16:25

Lettres de motivation : quelle valeur sur Parcoursup ?

Laurence Gatti, Maître de conférences à la Faculté de Droit et des Sciences sociales, Membre de l'Institut Jean Carbonnier (UR 13396), Université de Poitiers

Ni définie par la loi ni véritablement encadrée, la lettre de motivation participe pourtant à l’examen des candidatures sur Parcoursup. Quelques réflexions avant le début de la phase d’admission.
Texte intégral (1334 mots)

Demandée par certaines formations, la lettre de motivation occupe une place incertaine dans Parcoursup. Ni définie par la loi ni véritablement encadrée, elle participe pourtant à l’examen des candidatures. Quelle est alors sa valeur et peut-elle réellement justifier une différence de traitement entre les candidats ? Quelques réflexions avant les premiers verdicts de la phase d’admission.


La lettre de motivation occupe, dans Parcoursup, une place curieuse. Elle est souvent demandée, parfois regardée comme importante, mais le Code de l’éducation ne la définit pas. L’article L. 612-3 organise l’examen des candidatures en premier cycle et impose, lorsque les candidatures excèdent les capacités d’accueil, de tenir compte de la cohérence entre le projet de formation, les acquis et compétences du candidat et les caractéristiques de la formation. La lettre n’apparaît donc pas comme un critère autonome. Elle constitue plutôt un moyen d’appréciation de cette cohérence.

Prenons quelques exemples. Pour la licence de droit de l’Université de Poitiers, les critères annoncés aux candidats sont explicites : la commission d’examen des vœux porte une attention au choix de spécialités, à la fiche Avenir et à la lettre de motivation et il est conseillé aux candidats de montrer l’adéquation du projet de formation avec la formation demandée. À l’Université de Bordeaux, il est indiqué que la lettre de motivation, personnalisée, est un élément important parce qu’elle doit faire ressortir une volonté affirmée d’étudier le droit. À l’Université Paris Cité, il est précisé que « les lettres de motivation standardisées et silencieuses sur le projet des candidats sont à proscrire ».

Dans ces trois cas, la logique est la même : la lettre n’est pas conçue comme un exercice littéraire mais comme un élément ayant pour fonction, parmi d’autres, d’objectiver l’adéquation du projet à la formation.

Entre personnalisation et anonymat

Les consignes officielles de Parcoursup confirment cette orientation. La « fiche élève » consacrée à la rédaction de la lettre de motivation indique que le candidat doit expliquer ce qui le motive pour la formation, s’appuyer sur les caractéristiques de celle-ci, ses attendus, les critères utilisés pour examiner les dossiers, ainsi que sur ses propres compétences et résultats. Elle ajoute qu’il faut adapter le contenu à chaque formation, éviter le copier-coller, faire apparaître les démarches entreprises pour mieux connaître la formation et ne jamais mentionner son identité dans la lettre.

Autrement dit, la lettre est censée être à la fois personnalisée, orientée vers une formation précise et compatible avec les exigences d’anonymisation du dossier.

À partir de là, il est possible de dégager des exigences minimales. La lettre doit être intelligible, personnelle, orientée vers la formation demandée, suffisamment concrète pour faire apparaître un lien entre le parcours, les compétences, les démarches accomplies et le projet formulé. Enfin, elle doit être anonyme.

Ces exigences ne sont pas toutes de même nature. L’anonymat relève d’un texte réglementaire, l’article D. 612-1-13 du Code de l’éducation, et garantit, plus généralement, l’égalité de traitement. La personnalisation, l’adaptation à la formation et la cohérence du propos relèvent quant à elles de standards d’appréciation, objectivables dès lors que les critères ont été publiés.

À l’inverse, la lettre défaillante n’est tout simplement pas une lettre. Il peut s’agir d’un contenu vide, manifestement hors sujet, réduit à quelques signes, ou contraire aux règles d’anonymat. On rencontre encore, dans les dossiers, des textes qui tiennent davantage de la plaisanterie que d’une véritable candidature. En revanche, une lettre convenue ou maladroite ne saurait être tenue pour inexistante. Elle peut être faible sans être juridiquement nulle.

Cette nuance est essentielle. Le juge administratif, pour sa part, ne contrôlera pas la qualité intrinsèque d’une lettre de motivation. Il ne substituera pas son appréciation à celle de la commission d’examen des vœux. En revanche, il pourra contrôler la transparence des critères et leur mise en œuvre. La lettre peut alors servir à constater qu’une candidature n’a pas été distinguée, sans que le juge ne se transforme en correcteur de style ou d’orthographe.

Entre individualisation et traitement à grande échelle

Reste un paradoxe, relevé par le Comité éthique et scientifique de Parcoursup dans son troisième rapport annuel au Parlement, publié en février 2021 :

« Dans Parcoursup, les lettres de motivation ont la réputation d’être peu lues, et d’autre part le fait qu’il y ait une lettre de motivation par vœu incite à y voir un exercice formel, où l’on se contente de placer les mots clés que l’on suppose attendus des commissions d’examen des vœux. »

Cette observation ne suffit pas à ôter toute valeur à la lettre, mais invite à interroger son usage. Si la lettre est demandée, transmise et prise en compte dans l’examen du dossier, encore faut-il qu’elle puisse être véritablement utile à la décision. Si elle n’est qu’un rituel formel, sa capacité à justifier une différence de traitement devient plus difficile à défendre.

La difficulté est d’autant plus grande si l’on considère que l’expression des aspirations dans les projets dépend fortement des modalités d’accompagnement scolaire et du capital familial. Les lettres, même présentées comme le fruit d’une expression personnelle, restent en partie structurées par les conditions dans lesquelles les candidats ont pu être aidés, relus ou, au contraire, laissés seuls devant l’exercice.

Il ne s’agit pas ici de substituer une critique sociologique à l’analyse juridique mais de suggérer qu’un critère aussi peu normé doit être manié avec prudence, d’autant qu’il peut récompenser moins la motivation elle-même que la maîtrise des codes d’expression.

Ainsi comprise, la lettre de motivation dans Parcoursup n’est ni un simple ornement ni un instrument de sélection autonome. Elle est une pièce du dossier à valeur dérivée, dont la légitimité tient à trois conditions : être demandée, s’inscrire dans des critères publiés et contribuer effectivement à l’appréciation du projet.

Entre son faible ancrage textuel, les consignes administratives qui lui donnent forme et la pratique relevée par le Comité éthique, elle révèle surtout une tension centrale de Parcoursup : individualiser l’examen des candidatures tout en organisant ce traitement à grande échelle.

The Conversation

Laurence Gatti ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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19.05.2026 à 14:47

Huit conseils pour améliorer son réseau professionnel quand on est introverti

Maura McAdam, Professor of Management, Dublin City University

Loin des clichés, le réseautage peut devenir un atout pour les introvertis. À condition de l’aborder autrement, en privilégiant l’authenticité et la gestion de son énergie.
Texte intégral (1238 mots)
Pression sociale, fatigue, petites conversations : le réseautage peut sembler éprouvant pour les introvertis. Nicoleta Ionescu/Shutterstock

Le réseautage n’est pas réservé aux extravertis. En s’appuyant sur leurs forces naturelles, les introvertis peuvent créer des relations professionnelles solides et durables, sans se transformer.


Le réseautage est souvent présenté comme une bonne occasion de démontrer ses qualités professionnelles – poignées de main assurées et échanges rapides dans des salles bondées. Pourtant, pour beaucoup de personnes, en particulier les introvertis, ces situations sont davantage épuisantes que stimulantes.

Nouer des contacts et créer des opportunités de cette manière peut donner l’impression que les extravertis y sont naturellement plus à l’aise. Mais cette idée, et son pendant, à savoir que les introvertis seraient de ce fait désavantagés, est trompeuse.

Le networking n’implique pas nécessairement d’être la personne que tout le monde remarque dans la pièce. Il peut simplement consister à construire des relations de manière authentique et durable. Dans mes recherches sur les femmes entrepreneures, notamment à travers les entretiens menés pour mon nouveau livre, Permission Granted (non traduit en français), j’ai observé que les introverties s’épanouissent lorsqu’elles s’appuient sur leurs forces naturelles plutôt que de jouer les extraverties.

Bien sûr, les hommes peuvent eux aussi être concernés et se heurter aux mêmes idées reçues. Quel que soit votre profil, et où que vous en soyez dans votre carrière, voici mes principaux conseils pour faire de votre introversion une force professionnelle.

1. Comprendre ses forces d’introverti

L’introversion n’est ni de la timidité ni un manque de confiance en soi. Elle renvoie à la manière dont une personne traite l’énergie et l’information. Beaucoup d’introvertis sont des penseurs profonds, de bons auditeurs et des communicants réfléchis – des qualités qui favorisent des relations professionnelles solides et durables.

Inutile de chercher à « faire le tour de la salle ». Se concentrer sur une ou deux conversations plus approfondies est souvent bien plus efficace que de disperser son énergie. Lorsqu’ils abordent le réseautage avec curiosité plutôt que comme une performance, les introvertis y trouvent souvent quelque chose de plus naturel – et de bien plus efficace.

2. Comprendre pourquoi le réseautage est plus difficile pour les introvertis

Dans l’ensemble de mes recherches, approfondies dans mon livre, j’insiste sur un point : le networking est un travail. Il mobilise de l’énergie cognitive et émotionnelle.

Les environnements animés peuvent être excessivement stimulants, et les conversations superficielles épuisantes. Quant à l’injonction à « performer » socialement, elle crée une pression bien avant même que l’événement ne commence.

3. Redéfinir le réseautage

Au fond, le réseautage consiste à créer du lien. Lorsqu’on le voit comme une occasion d’apprendre des autres plutôt que de les impressionner, la pression retombe. Un échange sincère peut marquer bien plus durablement qu’une série de présentations expédiées.

Les gens sont sensibles à la chaleur humaine, à l’attention et à l’intérêt authentique.

4. Tenir compte de son tempérament

La préparation est l’un des grands atouts des introvertis en matière de réseautage. Savoir clairement pourquoi vous participez à un événement permet d’orienter l’expérience et de limiter le sentiment de débordement.

Repérer à l’avance une ou deux personnes que vous aimeriez rencontrer peut aussi aider à se sentir plus ancré. Et prévoir quelques amorces de conversation – par exemple autour du thème de l’événement ou d’intérêts communs – facilite les échanges. Une simple présentation en une phrase suffit souvent pour engager la discussion, sans avoir à forcer les choses.

5. Choisir des environnements qui vous conviennent

Tous les contextes ne conviennent pas à tous les tempéraments. Les introvertis s’épanouissent souvent dans des formats plus structurés ou plus intimes : tables rondes, ateliers en petit comité, petits-déjeuners professionnels ou même échanges en tête-à-tête autour d’un café.

Les grands espaces informels peuvent être déstabilisants ; privilégier des alternatives n’est pas un évitement, c’est une stratégie.

6. Assurer le suivi à sa manière

Les introvertis excellent souvent dans cette phase plus discrète et réflexive de la relation : le suivi. Un message personnalisé sur LinkedIn ou une brève invitation à poursuivre l’échange peuvent faire toute la différence.

Cette manière posée et attentive d’entretenir des relations professionnelles est souvent l’un de leurs atouts – même s’ils n’en ont pas toujours conscience.

7. Protéger son énergie

Le réseautage mobilise une énergie bien réelle. Se sentir vidé après coup n’est pas un défaut, c’est biologique. Prévoir des temps de pause avant et après les événements, limiter leur nombre dans la semaine et s’accorder des respirations pendant les moments les plus denses permet de préserver son équilibre.

Les introvertis ont besoin de gérer leur énergie : intégrer des temps de récupération, protéger ses moments de calme et s’autoriser à se reposer est essentiel pour inscrire le réseautage dans la durée.

8. La profondeur plutôt que le volume

La culture professionnelle valorise souvent la voix la plus forte dans la pièce. Pourtant, les relations durables se construisent par l’écoute, la curiosité et la présence – autant de qualités que les introvertis apportent naturellement. C’est un point central de mes recherches : nul besoin de dominer une pièce pour créer des liens significatifs. Il suffit de réseauter d’une manière qui vous correspond.

Commencez modestement. Protégez votre énergie. Faites confiance à vos forces plus discrètes. C’est dans la profondeur, et non dans le volume, que les introvertis excellent.

The Conversation

Maura McAdam ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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