l'Observatoire National de l’Extrême Droite (ONDE), observe, décrypte et déconstruit ce courant de pensée.
21.06.2026 à 17:00
Par Laurence De Cock, vice-présidente de l’ONED Le 19 juin, un adolescent est battu à mort à Narbonne par quatre autres jeunes. Louis était placé l’ASE (aide sociale à l’enfance) et il semblerait que certains de ses meurtriers aussi. L’affaire est terrible : harcelé depuis longtemps, Louis était allé porter plainte, ce qui lui a valu
L’article Comment l’extrême droite a récupéré le meurtre du jeune Louis est apparu en premier sur Observatoire national de l’extrême-droite.
Par Laurence De Cock, vice-présidente de l’ONED
Le 19 juin, un adolescent est battu à mort à Narbonne par quatre autres jeunes. Louis était placé l’ASE (aide sociale à l’enfance) et il semblerait que certains de ses meurtriers aussi. L’affaire est terrible : harcelé depuis longtemps, Louis était allé porter plainte, ce qui lui a valu ce règlement de compte.
Ce meurtre rejoint la funeste liste des crimes de jeunes et entre jeunes. Elle a tout du sordide fait divers et l’extrême droite adore les faits divers.
C’est même ce qui fait battre le cœur des chaînes de commentaires continus que sont CNEWS ou BFM et ce qui excite au plus haut point la fachosphère en général, des trolls de X au JDD en passant par Frontières.
On ne s’étonnera donc pas que le meurtre de Louis ait tout de suite déclenché une foultitude de réactions toutes plus nauséabondes les unes que les autres.
Il y eut d’abord ce moment où, en l’absence d’informations claires, et se basant sur de brillantes analyses au faciès, la fachosphère s’est fait fort de supposer qu’il s’agissait d’un crime commis par des Arabes. Les choses auraient été plus simples pour elle en effet. Mais les faits sont autres car les meurtriers ne sont pas d’origine immigrée et ne peuvent a priori pas nourrir le logiciel raciste d’une insécurité reposant sur le « Grand remplacement ».
Pour autant, cela n’a pas gêné la fachosphère qui s’est adonnée à des contorsions rhétoriques pour mener à bien sa récupération.
D’abord sur la question de la sécurité et du laxisme contre les « racailles ». L’occasion pour Marion Maréchal ou Alice Cordier (Némésis) de s’épancher sur l’ensauvagement de la France et sur une justice trop complaisante avec les mineurs. Cheval de bataille classique de l’extrême droite.
Plus original en mobilisant sur les réseaux sociaux des concepts aussi fumeux que « maghrébin mental », la fachosphère a montré sa capacité à trouver du racisme là où il n’y en a pas. Sa procédure d’ethnicisation passe par le raisonnement tordu de la contamination. L’équation est la suivante : les jeunes immigrés noirs et arabes étant responsables de la violence et des principaux crimes, ils contaminent les « Français de souche » vulnérables et fragilisés par les réseaux sociaux. Ce pourquoi il faut très rapidement « remigrer » les premiers pour sauver les seconds. C’est d’ailleurs au nom de cette soudaine empathie pour les jeunes tueurs à laquelle il ne nous avait pas habitués, que Pascal Praud s’est demandé en plateau de CNEWS s’il ne faudrait pas chercher un peu dans la biographie de ces pauvres jeunes des éléments pour comprendre leur dérive : « Je voudrais entendre les parents, connaître l’histoire de ces jeunes gens »[1] Les explications sociologiques oui, mais au nom de la préférence nationale seulement.
Tandis que la famille de Louis avait préalablement demandé que cessent toutes récupérations politiques, les choses changent dès que la tante de Louis, Marie-Julie Marteau, assistante parlementaire du député RN du Var Philippe Lottiaux[2], annonce la récupération comme nécessaire. Si l’extrême droite n’avait pas attendu ce blanc-seing, le feu vert précipite et officialise néanmoins la forte présence de l’extrême droite, des Zemmouriens au RN en passant par les identitaires, à la marche blanche pour Louis le dimanche 5 juillet à Narbonne.
Ce qui était censé être un moment de recueillement pour un crime atroce se transforme alors en meeting fasciste où sont scandés les pires slogans sécuritaires et racistes. La palme revient à Eric Zemmour dont il faut citer la déclaration en entier aux journalistes de France Info :
« Laisser venir des millions de gens qui ne sont pas de notre culture, de notre civilisation, et qui se comportent de plus en plus comme des agresseurs, et qui par ailleurs agrègent à eux désormais, c’est ça le plus grave, et on le voit dans cette affaire, même des jeunes Français qui s’agrègent à ce nouveau peuple arabo-musulman et africain et voilà ».
La boucle est bouclée et le travail de falsification des faits achevé.
[1]https://x.com/realmarcel1/status/2070118491663835503?s=20
[2]https://www.mediapart.fr/journal/politique/020726/mort-de-louis-narbonne-les-extremes-droites-ont-trouve-un-nouveau-carburant
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15.06.2026 à 14:24
Par Nicolas Cadène, membre du Conseil scientifique de l’ONED* Contestant la présence d’une femme voilée au conseil municipal, Un élu du Rassemblement national (RN) a sorti une croix catholique en conseil municipal d’Ivry-sur-Seine, déclaré placer l’assemblée « sous la croix » et « sous l’autorité de Dieu », puis récité un « Je vous salue
L’article La croix comme arme : quand le RN instrumentalise la laïcité… et le catholicisme est apparu en premier sur Observatoire national de l’extrême-droite.
Par Nicolas Cadène, membre du Conseil scientifique de l’ONED*
Contestant la présence d’une femme voilée au conseil municipal, Un élu du Rassemblement national (RN) a sorti une croix catholique en conseil municipal d’Ivry-sur-Seine, déclaré placer l’assemblée « sous la croix » et « sous l’autorité de Dieu », puis récité un « Je vous salue Marie », en réponse au rejet de son amendement visant à interdire le port du voile à d’autres élues.
L’absurdité et l’incohérence n’appellent aucun commentaire. La manipulation, elle, mérite d’être nommée.
Commençons par les principes, parce que la confusion est entretenue volontairement. Un élu local n’est pas un agent public. Il n’est pas soumis à l’obligation de neutralité religieuse dans l’exercice général de son mandat. Il est le représentant du peuple, élu sur la base de convictions politiques, avec également parfois des convictions philosophiques ou religieuses assumées. Une religieuse peut être conseillère municipale. Un pasteur, un imam, un rabbin, un moine le peuvent aussi. Pour ce dernier cas, c’est d’ailleurs encore une réalité dans certains villages. La laïcité française n’a jamais exigé qu’ils se dépouillent de ce qu’ils sont pour siéger dans une assemblée délibérante.
Il existe une exception à la liberté de l’élu·e : lorsqu’un·e élu·e exerce une fonction administrative déterminée. Un·e maire qui célèbre un mariage est officier d’état civil : il ou elle est alors soumis·e au principe de neutralité. Un·e adjoint·e qui représente officiellement la commune et ses fonctionnaires lors d’une cérémonie religieuse doit s’abstenir de manifester une adhésion personnelle au culte. Ces nuances sont précises, bornées, et fondées sur une jurisprudence constante, rappelée notamment par le Conseil d’État et par la Cour de cassation. Cette dernière a d’ailleurs jugé qu’un maire qui prive de parole une conseillère municipale au motif qu’elle porte un signe religieux commet une discrimination, dès lors que ce port ne constitue pas un trouble à l’ordre public.
L’Observatoire de la laïcité avait rappelé ces règles en 2015, dans un avis adopté à l’unanimité par une instance composée de membres du Conseil d’État, du Conseil supérieur de la magistrature, de dirigeants d’administrations centrales et de parlementaires de tout bord. Ce n’est pas une opinion : c’est le droit.
Si, pour un élu, porter un signe de conviction lors d’un conseil municipal est un droit, perturber délibérément sa séance par une mise en scène visant à placer une assemblée délibérante sous une autorité religieuse est une tout autre affaire.
Un conseil municipal est un acte de souveraineté républicaine. Y proclamer que l’on siège « sous la croix » et « sous l’autorité de Dieu », c’est tenter de soumettre une institution politique à une tutelle religieuse. C’est précisément ce que la loi du 9 décembre 1905 a entendu interdire comme logique : non pas la présence de croyants dans les institutions, mais la confusion entre pouvoir civil ou politique et pouvoir religieux.
La laïcité protège la liberté de conscience de chacun·e, y compris la liberté de croire, de pratiquer, de le manifester. Elle n’autorise personne à imposer sa religion à une institution publique ou politique, à prétendre qu’une assemblée délibérante relève d’une autorité transcendante, à subordonner les décisions collectives à un « Je vous salue Marie ».
Il y a là un glissement que l’on ne peut pas laisser passer sans le nommer : l’élu RN ne revendiquait pas sa liberté religieuse personnelle. Il tentait de soumettre l’institution à sa religion qu’il retournait contre elle-même, dans le but de cibler des croyantes d’une autre religion. C’est exactement l’inverse de ce que la laïcité garantit.
Ce qui rend la manœuvre particulièrement lisible, c’est son contexte. Le même parti qui brandit la croix pour « placer » le conseil sous l’autorité divine est celui qui réclame, par amendement, l’interdiction d’un signe religieux à d’autres élues. Ce n’est pas de la laïcité ; c’est de la discrimination confessionnelle revendiquée avec une impudeur remarquable.
Cette stratégie n’est pas nouvelle. Elle consiste à retourner le principe républicain contre lui-même : invoquer la laïcité pour exclure les convictions des autres — d’une religion particulière, aujourd’hui l’islam — tout en revendiquant pour soi une exception catholique tacite. On ne défend ni la République ni la liberté en procédant ainsi : on alimente les fractures.
Dans un autre contexte, le rapport récent de l’Observatoire des libertés associatives sur la neutralisation des associations mettait le doigt sur une dérive analogue : une « neutralité de slogan » utilisée comme outil de rappel à l’ordre politique, sans fondement juridique, ciblant des acteurs précis. La même logique est à l’œuvre ici. Ce n’est pas la neutralité que l’on défend : c’est une police des opinions et des appartenances.
À Nîmes, nous avons nous-mêmes eu à répondre à des attaques similaires, à l’occasion d’une messe lors de la feria et de la commémoration de Jeanne d’Arc. La confusion entre tradition, religion et République y était délibérée, et la pression politique réelle.
La réponse que nous avons apportée, et que nous continuerons d’apporter, est simple : nous appliquons la loi, nous l’expliquons, et nous ne cédons pas à l’amalgame.
La laïcité n’est pas un slogan identitaire. Elle n’est pas au service d’une supposée « identité judéo-chrétienne » avancée par ceux qui, hier encore, dénonçaient la « France judéo-protestante ». Elle est une méthode pour faire société dans la pluralité. Elle suppose l’impartialité de l’État — pas la neutralisation des personnes, pas le silence des consciences dans l’espace public.
La laïcité assure la liberté de conscience et son expression à tous les citoyens, y compris les élu·es. Faut-il rappeler que plus de 400 parlementaires, sous régime laïque, étaient par ailleurs des religieux (essentiellement des membres du clergé catholique) ?
Celles et ceux qui invoquent la laïcité uniquement pour exclure les convictions des autres — et non pour protéger la liberté de toutes et tous — ne défendent pas la République. Ils en bafouent les fondements, pour imposer une police de la pensée qui relève d’un autoritarisme débridé.
Nicolas Cadène est consultant et formateur sur la laïcité et la gestion des faits religieux, cofondateur de la Vigie de la laïcité, et ancien rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité. Il est par ailleurs élus nîmois et vice-président de Nîmes Métropole, et membre du conseil scientifique de l’Observatoire national contre l’extrême droite.
La croix comme arme :
quand le RN instrumentalise la laïcité… et le catholicisme
Nicolas Cadène
Contestant la présence d’une femme voilée au conseil municipal, Un élu du Rassemblement national (RN) a sorti une croix catholique en conseil municipal d’Ivry-sur-Seine, déclaré placer l’assemblée « sous la croix » et « sous l’autorité de Dieu », puis récité un « Je vous salue Marie », en réponse au rejet de son amendement visant à interdire le port du voile à d’autres élues.
L’absurdité et l’incohérence n’appellent aucun commentaire. La manipulation, elle, mérite d’être nommée.
Commençons par les principes, parce que la confusion est entretenue volontairement. Un élu local n’est pas un agent public. Il n’est pas soumis à l’obligation de neutralité religieuse dans l’exercice général de son mandat. Il est le représentant du peuple, élu sur la base de convictions politiques, avec également parfois des convictions philosophiques ou religieuses assumées. Une religieuse peut être conseillère municipale. Un pasteur, un imam, un rabbin, un moine le peuvent aussi. Pour ce dernier cas, c’est d’ailleurs encore une réalité dans certains villages. La laïcité française n’a jamais exigé qu’ils se dépouillent de ce qu’ils sont pour siéger dans une assemblée délibérante.
Il existe une exception à la liberté de l’élu·e : lorsqu’un·e élu·e exerce une fonction administrative déterminée. Un·e maire qui célèbre un mariage est officier d’état civil : il ou elle est alors soumis·e au principe de neutralité. Un·e adjoint·e qui représente officiellement la commune et ses fonctionnaires lors d’une cérémonie religieuse doit s’abstenir de manifester une adhésion personnelle au culte. Ces nuances sont précises, bornées, et fondées sur une jurisprudence constante, rappelée notamment par le Conseil d’État et par la Cour de cassation. Cette dernière a d’ailleurs jugé qu’un maire qui prive de parole une conseillère municipale au motif qu’elle porte un signe religieux commet une discrimination, dès lors que ce port ne constitue pas un trouble à l’ordre public.
L’Observatoire de la laïcité avait rappelé ces règles en 2015, dans un avis adopté à l’unanimité par une instance composée de membres du Conseil d’État, du Conseil supérieur de la magistrature, de dirigeants d’administrations centrales et de parlementaires de tout bord. Ce n’est pas une opinion : c’est le droit.
Si, pour un élu, porter un signe de conviction lors d’un conseil municipal est un droit, perturber délibérément sa séance par une mise en scène visant à placer une assemblée délibérante sous une autorité religieuse est une tout autre affaire.
Un conseil municipal est un acte de souveraineté républicaine. Y proclamer que l’on siège « sous la croix » et « sous l’autorité de Dieu », c’est tenter de soumettre une institution politique à une tutelle religieuse. C’est précisément ce que la loi du 9 décembre 1905 a entendu interdire comme logique : non pas la présence de croyants dans les institutions, mais la confusion entre pouvoir civil ou politique et pouvoir religieux.
La laïcité protège la liberté de conscience de chacun·e, y compris la liberté de croire, de pratiquer, de le manifester. Elle n’autorise personne à imposer sa religion à une institution publique ou politique, à prétendre qu’une assemblée délibérante relève d’une autorité transcendante, à subordonner les décisions collectives à un « Je vous salue Marie ».
Il y a là un glissement que l’on ne peut pas laisser passer sans le nommer : l’élu RN ne revendiquait pas sa liberté religieuse personnelle. Il tentait de soumettre l’institution à sa religion qu’il retournait contre elle-même, dans le but de cibler des croyantes d’une autre religion. C’est exactement l’inverse de ce que la laïcité garantit.
Ce qui rend la manœuvre particulièrement lisible, c’est son contexte. Le même parti qui brandit la croix pour « placer » le conseil sous l’autorité divine est celui qui réclame, par amendement, l’interdiction d’un signe religieux à d’autres élues. Ce n’est pas de la laïcité ; c’est de la discrimination confessionnelle revendiquée avec une impudeur remarquable.
Cette stratégie n’est pas nouvelle. Elle consiste à retourner le principe républicain contre lui-même : invoquer la laïcité pour exclure les convictions des autres — d’une religion particulière, aujourd’hui l’islam — tout en revendiquant pour soi une exception catholique tacite. On ne défend ni la République ni la liberté en procédant ainsi : on alimente les fractures.
Dans un autre contexte, le rapport récent de l’Observatoire des libertés associatives sur la neutralisation des associations mettait le doigt sur une dérive analogue : une « neutralité de slogan » utilisée comme outil de rappel à l’ordre politique, sans fondement juridique, ciblant des acteurs précis. La même logique est à l’œuvre ici. Ce n’est pas la neutralité que l’on défend : c’est une police des opinions et des appartenances.
À Nîmes, nous avons nous-mêmes eu à répondre à des attaques similaires, à l’occasion d’une messe lors de la feria et de la commémoration de Jeanne d’Arc. La confusion entre tradition, religion et République y était délibérée, et la pression politique réelle.
La réponse que nous avons apportée, et que nous continuerons d’apporter, est simple : nous appliquons la loi, nous l’expliquons, et nous ne cédons pas à l’amalgame.
La laïcité n’est pas un slogan identitaire. Elle n’est pas au service d’une supposée « identité judéo-chrétienne » avancée par ceux qui, hier encore, dénonçaient la « France judéo-protestante ». Elle est une méthode pour faire société dans la pluralité. Elle suppose l’impartialité de l’État — pas la neutralisation des personnes, pas le silence des consciences dans l’espace public.
La laïcité assure la liberté de conscience et son expression à tous les citoyens, y compris les élu·es. Faut-il rappeler que plus de 400 parlementaires, sous régime laïque, étaient par ailleurs des religieux (essentiellement des membres du clergé catholique) ?
Celles et ceux qui invoquent la laïcité uniquement pour exclure les convictions des autres — et non pour protéger la liberté de toutes et tous — ne défendent pas la République. Ils en bafouent les fondements, pour imposer une police de la pensée qui relève d’un autoritarisme débridé.

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11.06.2026 à 18:49
C’est l’époque des kermesses de fin d’année et le Ministre de l’Education nationale a trouvé une drôle de manière de souhaiter de bonnes vacances aux enfants. Dans toutes les écoles, les élèves montrent le spectacle qu’ils ont préparé pendant un an. Ils sont excités, heureux ; c’’est joyeux, léger, l’école comme on l’aime. Mais cette année
L’article Edouard Geffray s’aligne sur l’extrême droite est apparu en premier sur Observatoire national de l’extrême-droite.
C’est l’époque des kermesses de fin d’année et le Ministre de l’Education nationale a trouvé une drôle de manière de souhaiter de bonnes vacances aux enfants. Dans toutes les écoles, les élèves montrent le spectacle qu’ils ont préparé pendant un an. Ils sont excités, heureux ; c’’est joyeux, léger, l’école comme on l’aime. Mais cette année l’extrême droite est venue troubler la fête. Comme si les enfants n’étaient pas suffisamment maltraités dans cette société, un compte anonyme Twitter s’est emparé d’une photographie décontextualisé d’un spectacle à Montreuil où figurent des petits en tenue militaire. La mécanique est désormais bien connue : la fachosphère toujours soucieuse d’expertise pédagogique quand il s’agit de taper sur les enseignants se réveille. L’affaire atteint un seuil délirant : voilà des petits transformés ni plus ni moins en agents du Hamas. On aurait pu en rester là et vérifier consciencieusement les faits, mais Edouard Geffray en a décidé autrement et a jugé l’alerte suffisamment pertinente pour exprimer lui-même son inquiétude sur les réseaux. Un beau lâchage en règle des enseignantes, enseignants et élèves de l’école ; un blanc seing donné aux menaces qui n’ont pas manqué d’affluer et une belle démonstration de l’inféodation gouvernementale à l’agenda militant de l’extrême droite. Entre temps pourtant, toutes les enquêtes ont montré qu’il s’agissait d’un spectacle centré sur le pacifisme, la tenue militaire étant destinée à laisser ostensiblement place à des petits tee-shirt prônant la paix. Cela n’a pas empêché l’institution de convoquer les dix enseignantes de l’école pour une enquête administrative. L’ONED demande que cesse cet alignement aux paniques morales lancées par l’extrême droite et que l’Éducation nationale protège les personnels et les enfants.
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