
29.05.2026 à 09:00
Comment est-elle gérée ? Qui la possède ? La guerre de l’eau est-elle inéluctable ou une démocratie de l’eau est-elle possible ? Pour ce nouvel épisode de "Bouffe de là", Nora Bouazzouni reçoit les journalistes Nicolas Celnik (Libé, Le Monde, Reporterre, France Culture) et Fabien Benoit (également réalisateur, entre autres de The Last Town pour ARTE), auteurs de Les assoiffeurs. Enquête sur ces entreprises qui accaparent notre eau (Les liens qui libèrent, 2026) et Simon Porcher, économiste, chercheur et auteur de Nous sommes faits d’eau (Les Corps conducteurs, 2026).
27.05.2026 à 20:00
La rencontre avec Manuel Bompard
Le numéro 2 de LFI arrive Au Poste avec une mission: convaincre que la candidature Mélenchon n'est pas le pari d'un homme, mais d'une équipe. Sur la question de l'alliance à gauche, il est tranchant --- Roussel et Tondelier ont dit non, mais il maintient l'offre: «Mais... avec une date de péremption. Si c'est pour qu'il y ait des gens qui trois jours avant le premier tour de l'élection présidentielle se disent ah j'ai rien fait de toute la campagne, mais je vois que Mélenchon il est bien placé, donc je vais le soutenir... ça en fait: pas question.»
A propos du Rassemblement national, Bompard refuse le fatalisme. Il juge l'argument du «vote de barrage» épuisé et périlleux: «la vérité est que le RN a une peur bleue d'un affrontement contre nous au second tour.» Il accuse frontalement ceux qui ciblent Mélenchon plutôt que Bardella: «Tous les coups que vous aurez mis à Mélenchon au premier tour, Bardella pourra ensuite les utiliser.»
Sur la fiscalité, Bompard décrypte la logique de la taxe Zuckman, de la flat tax à supprimer, d'une réforme de l'héritage: «Aujourd'hui, le principal propagateur des inégalités sociales en France, c'est la transmission. C'est le patrimoine.»
Concernant les médias, il nomme et assume: «Bernard Arnaud, Patrick Drahi, Saadé... S'ils lnvestissent dans les médias, ce n'est pas par intérêt économique, mais par intérêt idéologique.» L'une des premières mesures d'un gouvernement LFI serait, selon lui, de démanteler les trusts de presse privés. Vient la question des ingérences étrangères ciblant des élus LFI --- attribuées à l'entreprise Blackcore, soupçonnée d'être proche des services israéliens --- il exige une réponse politique: «Vouloir perturber le processus électoral d'un autre pays, c'est un acte hostile. Comment on répond à cet acte hostile?»
Enfin, sur la Sixième République, le coordinateur refuse de donner des «garanties» et retourne la question: «Ne me demandez pas des garanties et créez les conditions populaires pour empêcher tout gouvernement de reculer.»
26.05.2026 à 08:00
Au Poste, Cédric Moreau de Bellaing débarque avec une thèse inconfortable : les violences policières contemporaines ne seraient ni un retour en arrière ni une brutalisation délibérée, mais «l'effet paradoxal des mécanismes mêmes qui ont un temps contribué à pacifier relativement les situations de maintien de l'ordre.»
Le cœur de son argument repose sur ce qu'il appelle le «canon de la protestation sociale» --- un ensemble de doctrines, lois et pratiques co-construites depuis la fin du XIXe siècle entre syndicats, préfectures et forces de l'ordre. Ce canon, dit-il, a toujours évolué par différenciation et intégration progressives. La création des DAR puis des BRAV ne serait donc pas une déspécialisation : «C'est un phénomène de sur-spécialisation. Si ces services ont été imaginés et envoyés devant les forces mobiles, c'est parce que l'impératif perçu de devoir produire des interpellations devenait d'autant plus important.»
Face à ses collègues, il ne nie pas leurs constats empiriques mais conteste le cadre interprétatif : «Ce à quoi je résiste, ce n'est pas tant l'argument de la brutalisation que l'argument du retour en arrière.»
Sur la déclaration de Lallement («Nous ne sommes pas dans le même camp, madame»), il est direct : c'est l'expression de ce qu'il nomme «l'ennemisation». «L'enjeu de la pacification relative, c'était de réduire ces tendances. Là en l'occurrence, la tendance n'est pas réduite par un tel énoncé.»