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SÉANCES EN DIRECTPUBLIC-SENAT le direct

▸ les 60 dernières parutions

10.08.2026 à 09:54

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C pas si loin propose de décrypter les enjeux contemporains en France et à l'international depuis les Outre-mer. Présenté par Karine Baste, C pas si loin explore le monde depuis les Outre-mer. Cette France des trois océans, au carrefour de frontières et d'influences croisées, répond autrement aux dynamiques économiques, écologiques, géopolitiques et culturelles. Ce magazine propose un regard singulier sur nos enjeux contemporains et la place des territoires ultramarins dans le monde.

10.08.2026 à 09:53

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Les Émirats arabes unis, pays aux sept émirats, compte plus de 400 000 francophones. À Dubaï, découverte de l'Alliance française, du plus grand lycée libanais francophone et de la librairie française. Le voyage se poursuit dans l'émirat de Sharjah, qui mise sur la culture et l'art contemporain...
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Les Émirats arabes unis, pays aux sept émirats, compte plus de 400 000 francophones. À Dubaï, découverte de l'Alliance française, du plus grand lycée libanais francophone et de la librairie française. Le voyage se poursuit dans l'émirat de Sharjah, qui mise sur la culture et l'art contemporain...

10.08.2026 à 09:53

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Les Émirats arabes unis, pays aux sept émirats, compte plus de 400 000 francophones. À Dubaï, découverte de l'Alliance française, du plus grand lycée libanais francophone et de la librairie française. Le voyage se poursuit dans l'émirat de Sharjah, qui mise sur la culture et l'art contemporain...
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Les Émirats arabes unis, pays aux sept émirats, compte plus de 400 000 francophones. À Dubaï, découverte de l'Alliance française, du plus grand lycée libanais francophone et de la librairie française. Le voyage se poursuit dans l'émirat de Sharjah, qui mise sur la culture et l'art contemporain...

10.08.2026 à 09:50

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"Le Grand jury RTL - Public Sénat" est une émission politique majeure proposée en direct sur Public Sénat, et en simultané sur RTL. Ce grand rendez-vous politique du dimanche est présenté par Olivier Bost, chef du service politique de RTL et Perrine Tarneaud de Public Sénat.
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"Le Grand jury RTL - Public Sénat" est une émission politique majeure proposée en direct sur Public Sénat, et en simultané sur RTL. Ce grand rendez-vous politique du dimanche est présenté par Olivier Bost, chef du service politique de RTL et Perrine Tarneaud de Public Sénat.

10.08.2026 à 09:49

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On connait leur visage, leur analyse, leur voix, mais les connait-on vraiment ? Quel a été leur parcours, leur formation, quelles épreuves ont-ils du dépasser pour exercer leur magistère ? Quelles sont leurs sources d'inspiration, leur jardin secret ? Une fois par semaine, Rebecca Fitoussi reçoit sur son plateau des personnalités pour un échange approfondi, explorer leur monde et mieux apprécier le regard qu'ils et qu'elles portent sur notre société. Ils, elles, sont artistes, scientifiques, historiens, universitaires, chefs de restaurants, photographes, ou encore politiques. Une collection de grands entretiens inspirante dans un monde en manque de repères et de modèles.
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On connait leur visage, leur analyse, leur voix, mais les connait-on vraiment ? Quel a été leur parcours, leur formation, quelles épreuves ont-ils du dépasser pour exercer leur magistère ? Quelles sont leurs sources d'inspiration, leur jardin secret ? Une fois par semaine, Rebecca Fitoussi reçoit sur son plateau des personnalités pour un échange approfondi, explorer leur monde et mieux apprécier le regard qu'ils et qu'elles portent sur notre société. Ils, elles, sont artistes, scientifiques, historiens, universitaires, chefs de restaurants, photographes, ou encore politiques. Une collection de grands entretiens inspirante dans un monde en manque de repères et de modèles.

10.08.2026 à 09:33

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Interroger nos sociétés, ses fractures, ses espoirs... Chaque samedi après la diffusion d'un documentaire, Rebecca Fitoussi, entourée de spécialistes, grands témoins et politiques, ouvre le débat dans l'émission "un monde en doc". Une demi-heure d'approfondissement et d'échanges utiles pour décrypter le monde. Nouveauté cette saison, en amont de la diffusion de l'émission, Rebecca Fitoussi invitera sur les réseaux sociaux, les téléspectateurs à poser leur question et participer au débat.
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Interroger nos sociétés, ses fractures, ses espoirs... Chaque samedi après la diffusion d'un documentaire, Rebecca Fitoussi, entourée de spécialistes, grands témoins et politiques, ouvre le débat dans l'émission "un monde en doc". Une demi-heure d'approfondissement et d'échanges utiles pour décrypter le monde. Nouveauté cette saison, en amont de la diffusion de l'émission, Rebecca Fitoussi invitera sur les réseaux sociaux, les téléspectateurs à poser leur question et participer au débat.

10.08.2026 à 09:30

Emma Bador-Fritche
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Contrairement aux députés, les sénateurs ne sont pas élus directement par les citoyens. Leur désignation repose sur un suffrage universel indirect exercé par près de 162 000 grands électeurs, majoritairement issus des conseils municipaux. Un mécanisme central de la représentation des territoires, souvent méconnu du grand public.
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Les sénateurs ne sont pas élus directement par les citoyens. Contrairement aux élections présidentielle ou législatives, le scrutin sénatorial repose sur un suffrage universel indirect, confié à un corps électoral spécifique : les grands électeurs. Ce système, souvent méconnu, repose sur le fait que le Sénat représente les collectivités territoriales. Il établit ainsi un lien institutionnel entre les échelons local et national de la démocratie.

Un collège électoral largement dominé par les élus municipaux

Le collège des grands électeurs réunit environ 162 000 personnes. Composé presque exclusivement d’élus, il inclut, conformément à l’article L.284 du Code électoral, les députés, les sénateurs, les conseillers régionaux et départementaux, mais repose avant tout sur les conseillers municipaux et les délégués des conseils municipaux.

Ces derniers représentent près de 95 % du corps électoral sénatorial. Cette forte présence traduit la place centrale des communes dans l’organisation institutionnelle française et garantit une représentation territoriale étendue.

Un vote obligatoire

La fonction des grands électeurs est d’élire les sénateurs, membres de la chambre haute du Parlement. En vertu de l’article 24 de la Constitution, le Sénat assure la représentation des collectivités territoriales de la République. Il se compose de 348 sénateurs, élus pour un mandat de six ans, avec un renouvellement par moitié tous les trois ans. À chaque scrutin, environ 170 sièges sont ainsi renouvelés, et les prochaines élections auront lieu en septembre 2026.

Le vote des grands électeurs est obligatoire. Toute absence non justifiée est passible d’une amende de 100 euros, soulignant le caractère institutionnel de cette responsabilité.

Des élections municipales aux équilibres du Sénat

La composition du collège explique pourquoi les élections municipales dépassent largement les seuls enjeux locaux. En déterminant la couleur politique des conseils municipaux, elles influencent directement celle du collège électoral chargé d’élire les sénateurs.

Le scrutin sénatorial reflète ainsi, dans une large mesure, les rapports de force issus des élections municipales. À travers le choix d’un maire et d’un conseil municipal, les électeurs contribuent indirectement à la future composition du Sénat.

Si les citoyens ne participent pas directement à l’élection des sénateurs, leur rôle n’en demeure pas moins structurant car élire un maire, c’est aussi, indirectement, peser sur la représentation des territoires au Parlement.

10.08.2026 à 09:04

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"Sens Public", l'actualité politique, en France ou à l'international, en débat. Nos invités - experts, observateurs et acteurs du monde politique - décryptent, échangent et confrontent leurs idées sur les sujets d'actualité et les grandes questions qui animent notre société. En direct durant l'émission, sur notre site et/ou via votre écran, scannez le QR-code indiqué pour participer à l'émission. Vous pouvez poser toutes vos questions en vidéo, en audio, ou par écrit. Présentée par Thomas Hugues, "Sens Public" est l'émission qui donne du sens et permet de comprendre les grands enjeux de l'actualité.
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10.08.2026 à 09:04

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10.08.2026 à 09:03

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10.08.2026 à 08:48

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Chaque semaine, Public Sénat, LCP-Assemblée nationale et France 24 vous plongent au coeur des questions qui secouent l'Europe : guerre en Ukraine, pacte migratoire, Green deal, ou encore souveraineté digitale. Avec la multiplication des crises, l'Union européenne peut-elle être un rempart ? Quel avenir pour l'Union et ses 450 millions d'habitants ? Chaque semaine, depuis le Parlement européen "Ici l'Europe" propose une demi-heure d'information et de débats animés par Caroline de Camaret, Alexandre Poussart et en alternance avec un journaliste de LCP-Assemblée nationale pour mieux comprendre les enjeux européens.
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Chaque semaine, Public Sénat, LCP-Assemblée nationale et France 24 vous plongent au coeur des questions qui secouent l'Europe : guerre en Ukraine, pacte migratoire, Green deal, ou encore souveraineté digitale. Avec la multiplication des crises, l'Union européenne peut-elle être un rempart ? Quel avenir pour l'Union et ses 450 millions d'habitants ? Chaque semaine, depuis le Parlement européen "Ici l'Europe" propose une demi-heure d'information et de débats animés par Caroline de Camaret, Alexandre Poussart et en alternance avec un journaliste de LCP-Assemblée nationale pour mieux comprendre les enjeux européens.

10.08.2026 à 08:20

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Bonjour chez vous !, c'est votre rendez-vous quotidien avec l'actualité qui vous concerne. Des débats, des reportages en régions et bien sûr toute l'actualité politique et parlementaire.Nous serons au plus près de vous, avec nos partenaires de la presse quotidienne régionale, des télévisions locales et des Indés Radios. Chaque jour, Oriane Mancini reçoit également un sénateur ou une sénatrice, ainsi qu'un.e invité.e politique de premier plan.
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10.08.2026 à 08:20

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10.08.2026 à 08:20

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Bonjour chez vous !, c'est votre rendez-vous quotidien avec l'actualité qui vous concerne. Des débats, des reportages en régions et bien sûr toute l'actualité politique et parlementaire.Nous serons au plus près de vous, avec nos partenaires de la presse quotidienne régionale, des télévisions locales et des Indés Radios. Chaque jour, Oriane Mancini reçoit également un sénateur ou une sénatrice, ainsi qu'un.e invité.e politique de premier plan.
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Bonjour chez vous !, c'est votre rendez-vous quotidien avec l'actualité qui vous concerne. Des débats, des reportages en régions et bien sûr toute l'actualité politique et parlementaire.Nous serons au plus près de vous, avec nos partenaires de la presse quotidienne régionale, des télévisions locales et des Indés Radios. Chaque jour, Oriane Mancini reçoit également un sénateur ou une sénatrice, ainsi qu'un.e invité.e politique de premier plan.

10.08.2026 à 08:13

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Au bonheur des livres », rendez-vous majeur de la littérature à la télévision, est présenté par Claire Chazal. Chaque semaine, elle reçoit deux auteurs, romanciers, biographes, essayistes, historiens... Tous les genres de littérature sont représentés dans « Au bonheur des livres ». En fin d'émission Claire Chazal propose aux téléspectateurs plusieurs coups de coeurs à ne pas manquer.
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Au bonheur des livres », rendez-vous majeur de la littérature à la télévision, est présenté par Claire Chazal. Chaque semaine, elle reçoit deux auteurs, romanciers, biographes, essayistes, historiens... Tous les genres de littérature sont représentés dans « Au bonheur des livres ». En fin d'émission Claire Chazal propose aux téléspectateurs plusieurs coups de coeurs à ne pas manquer.

10.08.2026 à 07:30

Romain David
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Que reste-t-il des promesses électorales d’Emmanuel Macron ? Alors que le second quinquennat s’achève, Public Sénat profite de la pause estivale pour passer au crible les principaux engagements pris par le chef de l’Etat lors de ses deux campagnes présidentielles, en 2017 et 2022. Au menu de ce premier épisode : le Service national universel (SNU), un programme d’engagement au service de la nation, à l’attention des jeunes, et directement inspiré du service militaire.
Texte intégral (1328 mots)

Il faut remonter au 18 mars 2017 pour trouver trace de cette promesse électorale, lancée dans les derniers mois de la campagne présidentielle, comme un marqueur. La dynamique autour du candidat Macron s’accélère, sous le double effet du ralliement de François Bayrou et de l’effondrement de François Fillon, englué dans le Penelopegate. Ce jour-là, l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande, que l’on dit peu à l’aise avec les sujets régaliens, prononce un discours sur la défense depuis l’hôtel des Arts et Métiers à Paris.

Il s’engage à créer un « service national » obligatoire d’une durée d’un mois pour tous les jeunes, et qui devra être réalisé dans les trois mois suivant le 18e anniversaire. Le dispositif concernera 600 000 jeunes par an. Le candidat parle ouvertement de « service militaire », et assume la comparaison avec la conscription, supprimée vingt ans plus tôt par Jacques Chirac, dans le cadre des réformes sur la professionnalisation des armées françaises. « Chaque jeune Français ira ainsi à la rencontre de ses concitoyens, fera l’expérience de la mixité sociale et de la cohésion républicaine durant un mois », explique-t-il. Ce service national « permettra aussi de disposer, en cas de crise, d’un réservoir mobilisable complémentaire de la garde nationale. »

Un engagement civique

Les premières réflexions autour du service national sont lancées courant 2017, avec l’intention de pouvoir mener une première « phase d’expérimentation » en 2019. Les effectifs visés passent de 600 000 à 800 000 jeunes, soit tout une classe d’âge. Rapidement, l’aspect militaire du dispositif semble s’effacer, l’accent étant largement mis sur l’engagement citoyen. Mais ce recentrage interroge aussi sur le risque de doublon avec le service civique volontaire, crée sous Nicolas Sarkozy et élargi sous François Hollande.

Surtout, le coût de la mesure affole. Infrastructures, formateurs, uniformes… les premières estimations tablent sur 2 à 10 milliards par an, une fourchette particulièrement large. Un rapport du Sénat évoque plutôt une dépense de 30 milliards sur la durée du quinquennat. Emmanuel Macron s’engage à ce que le financement du SNU ne soit pas compté dans les 2 % du PIB de la programmation militaire.

La finalité de cette réforme soulève aussi de vifs débats : en juin 2018, une quinzaine d’organisations de jeunesse, dont la FAGE et l’UNEF, dénoncent dans une tribune au Journal du Dimanche la logique « démagogique » du dispositif, symptôme selon elles de « politiques paternalistes, soupçonneuses et systématiquement pensées dans la défiance » vis-à-vis des jeunes.

Séjour de cohésion et mission d’intérêt général

En octobre 2018, un secrétariat d’Etat spécifique au déploiement du SNU est créé, il est confié à Gabriel Attal, alors benjamin du gouvernement. Lors de sa prise de fonction, il vante « la grande réforme de société du quinquennat ». Les contours du dispositif sont rapidement dévoilés. Il sera découpé en deux phases.

La première, à effectuer l’année des 16 ans, sera obligatoire et durera un mois. Elle consistera en un séjour de cohésion – deux semaines passées en internat -, avec des formations autour des premiers secours, de la citoyenneté, des enjeux écologiques, de la défense ou encore des institutions européennes. Les deux semaines suivantes seront consacrées à une mission d’intérêt général dans une association, auprès des collectivités territoriales ou au sein d’un corps en uniformes (armées, services de police et de gendarmerie, sapeurs-pompiers, etc.). La seconde phase, facultative, pourra prendre la forme d’un service civique de trois à douze mois, à réaliser entre 18 et 25 ans.

Polo bleu ciel, blouson bleu nuit, écusson tricolore… l’uniforme du SNU est présenté au public en avril 2019. Ce sont les propositions du lycée polyvalent Le Corbusier à Tourcoing et du lycée Diderot à Marseille qui ont été retenues par un jury au sein duquel figurait notamment le créateur de mode Simon Porte Jacquemus. Deux mois plus tard, le SNU est testé avec 3 000 volontaires de 16 ans venus de 13 départements pilotes. Pour l’occasion, internats, bâtiments militaires, centres de formation et structures de tourisme social sont réquisitionnés.

Réforme constitutionnelle

Fort de premiers retours plutôt positifs, l’exécutif souhaite élargir rapidement l’expérimentation, prélude à un déploiement national : 20 000 à 30 000 jeunes en 2020, 150 000 en 2021 et 400 000 en 2022. Mais ce calendrier est percuté de plein fouet par la crise sanitaire, si bien qu’en 2024, ils ne sont que 40 135 à effectuer la première phase.

Surtout, le caractère obligatoire du SNU se heurte à un casse-tête juridique. Il impose une modification de la Constitution, mais la révision proposée par le gouvernement se fracasse contre l’opposition du Sénat, une majorité de 3/5e des suffrages exprimé par les deux chambres étant nécessaire pour modifier la loi fondamentale. En mars 2023, en pleine crise des retraites, plusieurs médias annoncent qu’Emmanuel Macron, privé de majorité absolue depuis sa réélection, aurait finalement renoncé à la généralisation du SNU.

En parallèle, les critiques n’ont cessé de s’accumuler contre la réforme. L’Union syndicale Solidaires réclame son abrogation, et alerte sur des signalements de violences dans plusieurs centres, « dont des signalements de violences sexuelles d’adultes commises sur des mineurs ». En juillet 2022, Sarah El Haïry, qui a pris la suite de Gabriel Attal au portefeuille de la Jeunesse, condamne « absolument et fermement » la punition collective nocturne infligée par des encadrants à une centaine de jeunes à Strasbourg, lorsque des filles ont été surprises dans le dortoir des garçons.

Le retour d’un service militaire « volontaire »

Mais le coup de grâce semble avoir été donné par la Cour des comptes, dans un rapport de septembre 2024. Les Sages de la rue Cambon épinglent la mise en œuvre « insatisfaisante » du dispositif et le manque de clarté de ses objectifs, cinq années après son lancement. Surtout, le pilotage budgétaire serait largement sous-estimé : 2 300 euros par jeune pour le séjour de cohésion selon les estimations du gouvernement, chiffre ramené à 2 900 euros par la Cour des comptes. Au total, la dépense annuelle estimée à 2 milliards d’euros en cas de généralisation approcherait plutôt les 5 milliards.

En mars 2025, Emmanuel Macron promet « une grande refonte » du dispositif. Finalement, dans un contexte de crise politique et budgétaire, le Premier ministre Sébastien Lecornu acte quelques jours après sa nomination la « mise en extinction » du Service national universel

Le 27 novembre dernier, à l’occasion d’un déplacement en Isère, Emmanuel Macron annonce son remplacement par l’instauration d’un service national, « volontaire et purement militaire » de dix mois, à partir de l’été 2026. Dans un contexte international instable, alors que les efforts de défense ont été revus à la hausse, « ce service poursuit trois objectifs précis : renforcer le pacte noué entre notre Nation et notre armée, renforcer la capacité de résistance de notre Nation et consolider la formation de nos jeunes », explique le chef de l’Etat. Par ailleurs, le Parlement pourra choisir de le rendre ce service militaire obligatoire « en cas de crise majeure ».

07.08.2026 à 17:34

Henri Clavier
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Alors qu'Israël a modifié unilatéralement le plan de paix pour Gaza et que l’accord sur le détroit Ormuz n'a pas impliqué les États-Unis, la question de l’influence réelle de Donald Trump sur la situation au Moyen-Orient revient avec insistance. Décryptage de ce recul de l’influence américaine avec Romuald Sciora, chercheur associé et directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’IRIS.
Texte intégral (750 mots)

Les derniers événements au Moyen-Orient, notamment la négociation entre Oman et l’Iran sur Ormuz semblent illustrer une forme d’impuissance de la diplomatie américaine. Est-ce le cas ?

Oui, on constate que la diplomatie américaine a plutôt intérêt à se faire discrète. Le cas iranien illustre bien à quel point la parole américaine est décrédibilisée et démonétisée. Les alliés du Golfe ont parfaitement compris qu’ils avaient plutôt intérêt à négocier eux-mêmes directement avec l’Iran pour l’ouverture du détroit. Les erreurs stratégiques et les revirements successifs ont fini par rendre les négociations plus simples si les Etats-Unis n’y participent pas. Encore une fois, Ormuz est devenu l’objectif principal des Etats-Unis, au détriment de la question nucléaire qui était centrale au moment du déclenchement du conflit. Mais là encore, les Etats du Golfe ont préféré soutenir des négociations menées par Oman et tenter de tempérer les menaces américaines afin d’obtenir un accord sur la réouverture du détroit. 

Pourquoi les alliés des États-Unis prennent-ils autant de libertés par rapport à ces derniers ?

Les Etats-Unis sont une puissance en déclin et aujourd’hui, les principaux alliés des Etats-Unis en ont conscience et n’hésitent plus à se passer de l’aval des Etats-Unis. C’est exactement la situation que l’on observe lorsque Benyamin Netanyahu décide de modifier unilatéralement le plan de paix pour Gaza et qu’il refuse d’appliquer le désengagement de l’armée israélienne tel qu’il était prévu. Pour le premier ministre israélien, c’est une façon de faire payer à Trump son désengagement concernant l’Iran. Alors que les élections approchent en Israël, Benyamin Netanyahu n’a pas envie de faire de cadeau à Donald Trump et donc refuse d’appliquer les modalités d’un plan qui pourrait être risqué pour lui politiquement. 

La guerre en Iran marque-t-elle un véritable tournant pour la puissance américaine ?

Cette guerre en Iran sera le moment où les historiens dateront la fin de l’ère américaine. Ce conflit illustre la fébrilité américaine et donc ses alliés vont naturellement chercher ailleurs d’autres alliés et ne veulent plus dépendre uniquement des États-Unis. Par ailleurs, tout le monde voit bien que les États-Unis ne traitent pas leurs alliés avec respect comme ils l’ont démontré lorsqu’ils ont voulu s’emparer du Groenland. Cette dynamique est parfaitement illustrée par l’attitude des pays du Golfe et notamment l’Arabie saoudite qui vient de conclure un accord de défense avec deux acteurs régionaux importants, la Turquie et le Pakistan. On a également bien vu que les pays du Golfe, qui ont largement été ciblés par l’Iran depuis le début du conflit, ont obtenu plus de résultats que les États-Unis dans leurs négociations avec l’Iran. 

L’administration Trump paye aujourd’hui sa volonté de mettre fin au multilatéralisme et au système international tel qu’il existe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ?

Cette volonté de rompre avec le système post-1945 caractérise ce mandat présidentiel de Donald Trump, beaucoup plus que lors du premier mandat. C’est aussi et surtout l’agenda de l’extrême droite américaine, qui a soutenu Donald Trump, et souhaite en finir avec le multilatéralisme et ses valeurs. Pour eux, et notamment JD Vance qui incarne cette mouvance, c’est un système caduc où seule la force compte. Cela se caractérise donc par des attaques répétées contre les alliés dès lors qu’ils ne servent pas la puissance américaine. L’ironie c’est que c’est ce système multilatéral, façonné par les États-Unis et soutenu par leurs alliés, qui fondait l’hégémonie américaine.

07.08.2026 à 15:45

Henri Clavier
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Alors que le premier tour de l’élection présidentielle au Brésil se tiendra le 4 octobre, un duel entre le président sortant, Lula, et Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, se dessine. Entre le camp progressiste et une extrême-droite décomplexée, le duel s’annonce disputé et le résultat pourrait être contesté. Décryptage des enjeux de la campagne et du scrutin avec Thomas Zicman de Barros, chercheur associé au CEVIPOF et spécialiste du Brésil.
Texte intégral (2055 mots)

Dans les sondages de fin juillet, les deux favoris Lula et Flavio Bolsonaro dépassent tous les deux les 40 % d’intention de vote. À quel point la vie politique brésilienne est-elle polarisée ?

Je n’aime pas beaucoup parler de « polarisation », car ce terme donne l’impression qu’il existe deux pôles idéologiquement équivalents. Mais il est vrai que la vie politique brésilienne, comme dans beaucoup d’autres pays, est aujourd’hui très clivée. Une partie de l’électorat s’identifie fortement à Lula, tandis qu’une autre vote pour lui avant tout par rejet de l’extrême droite. Et l’inverse est également vrai : il existe un socle électoral bolsonariste très solide, autour de 20 % au moins, mais une partie des électeurs de Flávio Bolsonaro vote aussi pour lui par rejet du gouvernement Lula. Il faut replacer cette situation dans un contexte international d’extrémisation d’une partie de la droite. Je ne dirais donc pas qu’il existe deux « extrêmes » symétriques : Lula n’est pas un candidat d’extrême gauche. Il s’agit plutôt d’une société électoralement divisée en deux grands blocs, dans laquelle l’adhésion politique se combine avec un fort rejet du camp adverse. C’est d’ailleurs ce que montrent les simulations de second tour : même certains candidats de droite qui obtiennent des scores relativement faibles au premier tour atteignent plus de 40 % face à Lula dans les cas hypothétiques de deuxième tour.

Quelles sont aujourd’hui les principales préoccupations de la société brésilienne, quels sont les thèmes qui risquent d’être omniprésents dans la campagne ?

D’après de nombreux sondages, mais aussi ce que l’on entend dans la rue, trois préoccupations ressortent particulièrement : la sécurité, la santé publique et la corruption. La première est la violence et le sentiment d’insécurité. Le Brésil reste une société marquée par des niveaux élevés de violence et de criminalité. L’extrême droite cherche à instrumentaliser cette préoccupation en proposant un durcissement toujours plus important de la politique sécuritaire. Certains candidats citent même en exemple Nayib Bukele, au Salvador. La deuxième grande préoccupation concerne les services publics, et surtout la santé. Le Brésil dispose d’un immense système public et universel de santé, mais il souffre encore de déficits importants, notamment des files d’attente et des difficultés d’accès à certains soins. C’est une demande très concrète de la population. Enfin, la corruption reste un thème très présent, largement mobilisé par les médias et historiquement utilisé par la droite brésilienne contre le Parti des travailleurs. Mais cette fois, l’utilisation de ce thème pourrait être plus compliquée pour le camp bolsonariste, car Flávio Bolsonaro lui-même a été confronté à des controverses concernant ses relations avec le banquier Daniel Vorcaro et le financement d’un projet de film consacré à son père. L’extrême droite cherchera donc certainement à remettre l’anticorruption au centre de la campagne, mais elle risque aussi d’être confrontée à ses propres contradictions. Il faut enfin mentionner la défense de la démocratie, un thème sur lequel Lula insiste beaucoup, notamment après l’expérience du gouvernement Bolsonaro et la tentative de coup d’État, en janvier 2023. Mais pour être électoralement efficace, cette défense de la démocratie doit avoir une signification concrète : elle doit être associée, dans la vie quotidienne des Brésiliens, à davantage de droits, à de meilleurs services publics, à de meilleurs emplois et à une amélioration réelle des conditions de vie.

À 80 ans Lula brigue un quatrième mandat et reste la figure du camp progressiste, quel est le bilan de Lula et comment arrive-t-il encore à convaincre ? Quel est son programme ?

Il faut, à mon sens, distinguer deux bilans de Lula. Il y a d’abord celui de ses deux premiers mandats, entre 2003 et 2010. Lula quitte alors le pouvoir avec une popularité exceptionnelle, ce qui lui permet notamment de faire élire sa successeure, Dilma Rousseff, elle-même réélue en 2014 avant d’être destituée lors du très controversé processus d’impeachment de 2016. Ce premier bilan constitue encore aujourd’hui une partie essentielle du capital politique de Lula. Cette période a été marquée par une très forte mobilité sociale : des dizaines de millions de Brésiliens sont sortis de la pauvreté et de l’extrême pauvreté, avec l’émergence de ce que certains ont appelé une « nouvelle classe ouvrière ». Le souvenir de cette période de prospérité explique encore une partie importante du soutien dont bénéficie Lula, notamment parmi les catégories populaires. Son mandat actuel est différent. Lula est revenu au pouvoir en 2023 avec un discours de reconstruction, après six années pendant lesquelles de nombreuses politiques sociales et de protection du travail avaient été démantelées ou profondément transformées. En lançant sa nouvelle candidature, il a affirmé ne pas vouloir rester seulement dans l’histoire comme le président du Bolsa Família et des grands programmes sociaux du passé. Il promet désormais des transformations plus structurelles, notamment dans les rapports entre la présidence et le Congrès. Ce dernier a considérablement renforcé son contrôle sur le budget au cours des dernières années, au détriment des prérogatives de l’exécutif. L’enjeu de cette campagne sera donc de savoir si Lula peut transformer son immense héritage politique en une proposition d’avenir.

Flávio Bolsonaro a été désigné après l’emprisonnement de son père, est-il un candidat par défaut ou bénéficie-t-il de la même popularité que son père ?

Le choix de Flávio Bolsonaro répond avant tout à une stratégie du bolsonarisme : conserver son hégémonie sur la droite brésilienne et, plus précisément, faire en sorte que l’extrême droite continue à dominer l’ensemble du camp conservateur. Malgré ses bons résultats dans les sondages, Flávio Bolsonaro reste à mon sens un candidat relativement faible. Une partie importante de ses intentions de vote ne vient pas d’une adhésion personnelle, mais du nom Bolsonaro, de la fidélité au bolsonarisme et du rejet de Lula. Un autre signe de cette fragilité est son isolement politique. Jusqu’à présent, Flávio Bolsonaro n’a réussi à obtenir le soutien d’aucun autre grand parti de droite, notamment parmi les formations du « Centrão », cet ensemble de partis conservateurs et pragmatiques qui joue un rôle déterminant dans la formation des majorités au Brésil. C’est un élément important, car ces partis ont tendance à se positionner en fonction de leurs perspectives de pouvoir. Leur réticence à rejoindre la candidature de Flávio Bolsonaro suggère qu’une partie importante de la droite brésilienne ne croit pas véritablement à sa victoire.

La faiblesse de Flávio Bolsonaro tient aussi à son positionnement. Il cherche à reproduire certains excès rhétoriques de son père et à mobiliser les mêmes paniques morales, tout en essayant de présenter une image plus modérée afin d’attirer des électeurs conservateurs moins à l’aise avec Jair Bolsonaro. Mais cette combinaison est difficile à rendre crédible. Il n’a ni le style populaire et volontairement provocateur qui faisait la force politique de son père, ni la capacité à incarner véritablement une droite plus modérée. Flávio est donc moins l’héritier naturel de la popularité personnelle de Jair Bolsonaro que le candidat choisi pour assurer la continuité politique et familiale du bolsonarisme.

Compte tenu des accointances entre la famille Bolsonaro, la famille Trump et Javier Milei, doit-on s’attendre à des ingérences étrangères pendant la période électorale ?

Le risque d’ingérence étrangère n’est plus seulement un risque : dans une certaine mesure, c’est déjà une réalité. Lors de la convention qui a officialisé la candidature de Flávio Bolsonaro, Javier Milei était présent et a prononcé un discours très dur contre Lula, qu’il a notamment accusé de corruption. Un message vidéo de Benjamin Netanyahu a également été diffusé. Du côté américain, nous avons vu ces derniers mois des mesures et des déclarations très critiques à l’égard du gouvernement brésilien.

La relation avec l’administration Trump est néanmoins complexe. Après une période de fortes tensions avec des droits de douane et des sanctions américaines visant notamment des magistrats brésiliens, Trump et Lula ont connu une phase d’apaisement et se sont rencontrés à plusieurs reprises dans une atmosphère relativement cordiale. Mais l’administration américaine n’est pas monolithique. Autour de Marco Rubio, notamment, existe une ligne beaucoup plus hostile au gouvernement Lula et qui, à mon sens, souhaiterait clairement favoriser un changement politique au Brésil. Cela s’inscrit aussi dans un contexte régional où le Brésil est devenu l’un des derniers grands gouvernements de gauche en Amérique du Sud. Compte tenu des faiblesses propres à la candidature de Flávio Bolsonaro, le soutien de forces étrangères peut donc être perçu comme un moyen de renforcer son camp.

La sincérité du scrutin peut-elle être menacée ou faire l’objet de contestations à l’issue de l’élection ? 

Le système électoral brésilien bénéficie de plus de trente ans de crédibilité. Le vote électronique permet un dépouillement extrêmement rapide et le système est considéré comme sûr par les observateurs internationaux. Il a surtout produit, au fil des décennies, des résultats politiques extrêmement différents : la droite a gagné, la gauche a gagné et, en 2018, l’extrême droite elle-même est arrivée au pouvoir par ce système. Pendant longtemps, les urnes électroniques ne faisaient d’ailleurs pratiquement pas l’objet de controverses. Leur remise en cause est devenue un thème politique central avec la montée du bolsonarisme, qui se caractérise notamment par une forte présence de théories du complot. L’idée selon laquelle les élections pourraient être fraudées s’inscrit très clairement dans une stratégie comparable à celle de Donald Trump aux États-Unis : mettre en doute préventivement la légitimité du scrutin, surtout lorsqu’une défaite devient possible. Il faut donc distinguer deux choses. Je ne vois pas de raison sérieuse de mettre en doute la sincérité technique du scrutin ou la fiabilité des urnes électroniques. Le système fait l’objet de contrôles, son fonctionnement peut être audité et la justice électorale brésilienne dispose d’une expertise reconnue. En revanche, le risque d’une contestation politique du résultat est bien réel. Mettre en doute les élections permet de maintenir une partie de la base militante mobilisée, de se prémunir politiquement contre une éventuelle défaite et, le cas échéant, de fragiliser la légitimité du gouvernement élu. C’est également sur ce terrain que pourrait intervenir une partie des pressions étrangères dont nous parlions précédemment. Non pas nécessairement en modifiant le résultat du scrutin, mais en alimentant le doute sur sa légitimité. À mon sens, c’est là que se situe le principal risque pour l’élection brésilienne.

 

06.08.2026 à 18:09

Henri Clavier
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Le FLNC a vivement exprimé son rejet du projet d’autonomie de la Corse et menacé les « envahisseurs » non-corses. En parallèle, le texte qui doit arriver le 21 octobre au Sénat suscite des tensions et pourrait ne pas aboutir.
Texte intégral (717 mots)

 Alors que le projet d’autonomie de la Corse est étudié au parlement, le groupuscule clandestin indépendantiste Front de libération nationale corse – Union des Combattants (FLNC-UC) l’a vivement rejeté ainsi que tous ses soutiens, menaçant également les « envahisseurs » non-corses sur l’île.

Cet avertissement formulé lors d’une conférence de presse clandestine révélée mercredi soir par Corse-Matin, qui a été le seul média à y participer, a donné lieu à l’ouverture d’une enquête préliminaire, pour, notamment, « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme » par le parquet national antiterroriste (PNAT).

Devant une large affiche FLNC, une quinzaine d’individus cagoulés et armés de fusils et pistolets-mitrailleurs, dans un lieu tenu secret et à une date non spécifiée, ont qualifié le processus qui vise à donner une autonomie à la Corse dans la République et qui a été approuvé le 23 juin par l’Assemblée nationale, de « mascarade ».

« Statut d’autonomie »

Ils estiment que le projet de loi constitutionnelle, qui doit être examiné au Sénat à partir du 21 octobre, « aboutit à la négation de l’existence de notre peuple et au reniement des principales revendications de ces dernières décennies ». Le FLNC rejette également les différents soutiens du texte issus des partis nationalistes, autonomistes et indépendantistes.

Pour rappel, le projet de loi constitutionnel sur l’autonomie de la Corse a été annoncé par Emmanuel Macron en mars 2022 après l’assassinat d’Yvan Colonna et les troubles que cela a déclenché en Corse. Dans sa version actuelle, le texte prévoit un « statut d’autonomie » pour la Corse prenant en compte ses « spécificités », notamment « ses caractéristiques d’île méditerranéenne, au relief montagneux » et « sa communauté insulaire, historique, linguistique, culturelle, ayant développé un lien singulier à la terre corse ».

Concrètement, ce nouveau statut doit permettre d’adapter les lois et les règlements en fonction des spécificités corses. Par ailleurs, la collectivité de Corse disposera également de compétences législatives en matière de développement économique, de tourisme ou encore de transport. Le champ de compétences législatives accordé à la Corse n’est cependant pas encore fixé et devra être tranché par une future loi organique.

Un sujet sensible au Sénat

En l’état le texte, sans que cela soit lié aux contestations du FLNC, pourrait ne pas aboutir. En effet, la majorité sénatoriale est en partie hostile au texte qui a déjà causé beaucoup de remous au sein du palais du Luxembourg. En mars 2025, la commission des lois avait enterré le rapport de Lauriane Josende sur l’avenir institutionnel de la Corse. Ce rapport présentait notamment des doutes sur la notion de « communauté ». Un avis du Conseil d’Etat rendu le 17 juillet 2025 recommandait également de supprimer ce terme du projet de loi.

À quelques mois des élections sénatoriales, Gérard Larcher a expressément demandé au gouvernement de ne pas faire démarrer le parcours législatif de la réforme par la chambre haute. La Haute-Corse et la Corse du sud sont deux départements renouvelables. Rejeté par un large pan de la majorité sénatoriale, le texte pourrait toutefois susciter des divergences au sein des groupes. En cas d’adoption par le Sénat, le texte devra encore obtenir l’aval de 3/5e des parlementaires pour modifier la Constitution.

06.08.2026 à 16:45

Henri Clavier
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Après trois opérations de désinformation en quelques jours ciblant des candidats déclarés ou pressentis à l’élection présidentielle, Sébastien Lecornu a rappelé que la lutte contre les ingérences était une priorité. La gauche appelle le gouvernement à en faire plus et à sanctionner les réseaux sociaux participant à la diffusion.
Texte intégral (1126 mots)

« Si on ne fait rien pour se protéger, l’élection peut être faussée », s’est inquiété jeudi sur RTL Gabriel Attal, directement visé, accusant « la Russie de vouloir voler » le scrutin. Une action qui s’inscrit dans une opération plus large puisque deux autres candidats déclarés ou pressentis à l’élection présidentielle ont été ciblés.

Les publications relayent de fausses informations en utilisant des visuels reprenant les chartes graphiques de médias français ainsi que des deepfakes. Ainsi, Edouard Philippe (Horizons) a fait l’objet d’une publication calomnieuse sur son état de santé tandis qu’une autre laisse entendre que Gabriel Attal (Renaissance) serait potentiellement atteint de la maladie de Parkinson. Une autre publication, ciblant cette fois Raphaël Glucksmann (Place Publique) insinue que sa compagne, la journaliste Léa Salamé aurait soudoyé les médias pour favoriser sa campagne.

Si ces opérations n’ont pas obtenu une grande visibilité, il s’agit des premières actions ciblées depuis les déclarations de candidature à l’élection présidentielle. Alors que le rapport de Virginum sur les ingérences numériques étrangères lors des élections municipales soulignait l’action d’acteurs non-étatiques, ces opérations semblent avoir été menées par le groupe russe Storm 1516. Ce groupe est directement piloté par le GRU, le renseignement militaire russe, et a déjà réalisé plusieurs opérations de manipulation de l’information en France.

Un projet de loi sur les ingérences à la rentrée

Après avoir été interpellé par Jean-Luc Mélenchon (LFI) sur X, le premier ministre a réagi en déclarant que la lutte contre les ingérences était « une priorité pour le gouvernement ». Sébastien Lecornu a également abondé dans le sens du candidat de LFI à l’élection présidentielle dont certains membres ont été ciblés lors des élections municipales de 2026. « Je partage l’idée que ce sujet mérite un travail commun », écrit le Premier ministre rappelant qu’il comptait poursuivre à la rentrée le travail de consultations des forces politiques entamé en juin dernier.

Le chef du gouvernement souligne aussi l’examen à venir d’un projet de loi sur les ingérences étrangères. Déjà présenté en conseil des ministres, le texte contient trois articles permettant dont un permet de tripler les sanctions pénales contre les auteurs d’ingérences numériques pour atteindre jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Autre nouveauté, la création d’une nouvelle procédure de référé judiciaire permettant de solliciter le retrait de fausses informations en ligne portant atteinte à certains intérêts fondamentaux de la Nation.

Enfin, le Premier ministre annonce que la création d’un « protocole de transmission automatique de tous les cas détectés sera également mis en place, en lien avec les formations politiques et les services compétents ».

Une menace grandissante, un impact difficilement quantifiable

Ces mesures, notamment le renforcement des capacités du juge judiciaire à faire cesser une opération en ordonnant la suppression d’un contenu, vont dans le sens des recommandations du rapport de la commission d’enquête sénatoriale sur les ingérences étrangères de 2024.

Et si les dernières opérations n’ont pas bénéficié d’une visibilité importante, Viginum, ne cesse d’alerter sur les dangers représentés par ces manipulations de l’information. « Il est évident que nous devons collectivement nous préparer à un durcissement de la menace informationnelle », estimait Anne-Sophie Hiver, cheffe de service adjointe Viginum lors d’une table ronde au Sénat sur les manipulations de l’information le 5 novembre 2025. 

« Cela étant, la nature et l’ampleur exacte des effets réels de telles menaces demeurent relativement méconnues. Dans l’affaire « Cambridge Analytica » comme dans l’élection présidentielle en Roumanie, il reste très difficile de mesurer l’impact de ces campagnes sur les votes », nuançait Laurent Cordonnier, directeur de recherche à la fondation Descartes, lors de la même table ronde.

La gauche demande des sanctions contre les plateformes

Alors que ces fausses informations sont largement diffusées sur les réseaux sociaux comme X ou TikTok et s’appuient sur des réseaux organisés et des influenceurs capables de donner de la visibilité aux fausses informations. Une situation qui a fait réagir la gauche qui considère que le gouvernement ne va pas assez loin dans son bras de fer avec les différentes plateformes numériques.

Raphaël Glucksmann demande ainsi aux autorités françaises et européennes de ne pas avoir « la main qui tremble » s’il faut sanctionner ces réseaux. Le député européen rappelle notamment l’annulation de l’élection présidentielle de 2024 en Roumanie. Les autorités roumaines avaient alors accusé Moscou d’avoir fait décoller la campagne du candidat d’extrême droite, Calin Georgescu, en utilisant TikTok. « Il n’y a pas eu de sanctions prises contre TikTok », déplore Raphaël Glucksmann. 

Marine Tondelier (Écologiste) est allée plus loin dans le quotidien Libération, affirmant que « menacer des plateformes comme X d’une interdiction pendant les élections me semble nécessaire. Et il faut appliquer cette sanction en cas d’ingérences constatées en amont ». Le propriétaire du réseau social X, Elon Musk, a qualifié, début juillet, la candidature de Marine Le Pen de « dernier espoir pour la France ». Le Rassemblement national, régulièrement ciblé pour sa proximité avec la Russie, n’a pas encore réagi.

06.08.2026 à 15:22

Henri Clavier
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Quelques jours après la maîtrise du feu qui a brûlé plus de 40 000 hectares de forêt en Gironde, le Premier ministre se rendra dans le département, le 17 août.
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Après l’incendie historique qui a touché la Gironde à la fin du mois de juillet, le Premier ministre a annoncé qu’il se rendrait dans le département le 17 août. Sébastien Lecornu sera accompagné de plusieurs membres du gouvernement. Serge Papin représentera Bercy et sera mobilisé sur le tourisme, Mathieu Lefèvre pour l’environnement et la reforestation, Vincent Jeanbrun pour le logement, Françoise Gatel pour les collectivités, Annie Genevard pour l’Agriculture et Laurent Nunez pour les questions de sécurité civile.

Le déplacement impliquera également les représentants de la mission reconstruction annoncée mercredi 5 août par Matignon. Cette mission doit permettre « d’accélérer et de faciliter la reconstruction, le soutien économique et l’appui à la population des zones touchées par les feux de forêt ».

Le Premier ministre devrait ensuite s’entretenir avec des élus locaux et participer à une table ronde avec les acteurs sociaux et économiques du département.

06.08.2026 à 09:42

Henri Clavier
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La multiplication des vagues de chaleurs, de sécheresses et d’incendies pourrait compromettre l’objectif gouvernemental de ramener le déficit public à 5 % du PIB en 2026. Les sénateurs fustigent le manque d’investissement en faveur de l’adaptation au réchauffement climatique.
Texte intégral (1056 mots)

« On va se battre jusqu’au bout, mais ça va être difficile » a reconnu le ministre de l’Economie, Roland Lescure sur France Inter le 30 juillet. Alors que le gouvernement souhaitait initialement ramener le déficit public pour 2026 à hauteur de 5 % du PIB, l’augmentation des dépenses liées à la crise dans le détroit d’Ormuz et la répétition des vagues de chaleurs favorisant les sécheresses et les incendies compromet cet objectif. En témoignent les 3 milliards d’euros de crédits gelés le 7 juillet portant le total des crédits gelés pour l’exercice 2026 à 9 milliards.

Selon une étude du ministère de la Transition écologique, la sécheresse de 2022, année record jusqu’à aujourd’hui, aurait coûté 5,6 milliards d’euros dont 1,1 milliard d’euros de pertes directes de production agricole. « Cette année, ces chiffres seront supérieurs à ce qu’ils étaient en 2022 », a affirmé Monique Barbut, le 27 juillet. En parallèle, avec plus de 115 000 hectares touchés par les incendies, la France connaît la saison la plus intense depuis la seconde guerre mondiale. Selon les premières estimations, le coût des incendies en Gironde pourrait s’élever à plus de 500 millions d’euros pour la filière sylvicole.

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a également annoncé la prise en charge intégrale par l’Etat des indemnités d’activité partielle versées aux entreprises situées dans les zones évacuées. A cela s’ajoute le coût pour les assureurs. Cependant, toutes ces dépenses ne pèsent pas sur le budget de l’Etat mais peuvent avoir un impact sur le PIB. Selon la Banque de France, les pertes économiques directes liées au réchauffement climatique ont représenté 0,2 % du PIB de l’Union européenne, soit 40 milliards d’euros. 

« On paye aujourd’hui toutes les conséquences du macronisme »

Une situation qui inquiète le Parlement alors que le coût de la dette continue d’augmenter et que la France emprunte actuellement à un taux de 4 %. « On paye aujourd’hui toutes les conséquences du macronisme, d’un manque d’anticipation chronique qui pousse à agir dans l’urgence avec des gels et des annulations de crédits », fustige le sénateur et chef de file du PS sur les lois de finances, Thierry Cozic. Ce dernier dénonce notamment un manque d’investissement dans la transition écologique et l’adaptation au réchauffement climatique. Cela fait également écho à l’annulation de crédits de 2024 lorsque le gouvernement de Gabriel Attal avait supprimé 53 millions d’euros destinés à la Sécurité civile.

Des moyens de lutte contre les incendies jugés insuffisants

« Depuis dix ans, le gouvernement refuse de réaliser les investissements critiques. Dans un rapport de 2023, le sénateur Jean-Pierre Vogel livrait un diagnostic assez précis sur les efforts à faire », rappelle le rapporteur général du budget au Sénat, Jean-François Husson (LR). Dans son rapport, Jean-Pierre Vogel pointait l’insuffisance des crédits alloués à la Sécurité civile pour l’achat et la location de moyens aériens. En ce qui concerne les sapeurs-pompiers, les sénateurs pointent la pression mise sur les finances des départements qui doivent abonder les budgets des Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS).

« Il n’y a pas une année où je n’ai pas porté un amendement pour renforcer le financement des SDIS. Il n’y a pas de surprise dans ce qui nous arrive », affirme Thierry Cozic qui rejette l’idée qu’un nouvel effort budgétaire puisse être réalisé sur les dotations des collectivités territoriales. Les SDIS dont le budget est abondé par les communes, dont la contribution est plafonnée, et par le département connaissent une crise de financement alors que les dépenses contraintes des départements ne cessent de progresser.

Vers une loi de finances rectificative ? 

En parallèle d’une facture qui s’alourdit, les sénateurs s’inquiètent du peu d’informations transmises par le gouvernement au Parlement. « Il ne faut pas exclure une loi de finances rectificative. On est pris dans un double étau avec des dépenses plus élevées que prévu et nous sommes victimes des errements du passé avec une charge de la dette qui augmente », affirme Jean-François Husson. Un souhait également formulé par le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Éric Coquerel (LFI), notamment pour financer l’aide aux sinistrés et renforcer les moyens aériens de lutte contre les incendies. 

« Depuis avril, je demande une loi de finances rectificative, il faut inclure de nouvelles recettes, notamment sur les superprofits », affirme Thierry Cozic en mentionnant les résultats de l’énergéticien Total. Néanmoins, à l’approche des élections sénatoriales qui auront lieu le 27 septembre, le temps de travail parlementaire avant d’entamer le projet de loi de finances de 2027 devrait être extrêmement restreint. A l’approche de l’élection présidentielle les débats budgétaires pourraient être marqués par un immobilisme obligeant le recours à une loi spéciale. « Personne ne voudra faire de concessions à l’approche de l’élection présidentielle, avec une loi spéciale on risque l’immobilisme », estime Thierry Cozic.

05.08.2026 à 17:50

Henri Clavier
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Malgré une situation qui reste instable, les Etats-Unis espèrent annoncer ce mercredi la conclusion d’un accord temporaire sur le passage du détroit d’Ormuz. Un accord temporaire pourrait être établi entre Oman et l’Iran sans encore trancher la mise en place d’un droit de péage.
Texte intégral (847 mots)

L’Iran a indiqué mercredi avoir trouvé un accord avec le sultanat d’Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d’Ormuz. Le porte-parole de la diplomatie iranienne cité par l’agence de presse officielle Irna, précisant que les deux pays travaillaient à une « déclaration conjointe », sous réserve que des « parties tierces ne viennent pas entraver le processus ». 

La veille, Donald Trump a affirmé que le détroit d’Ormuz rouvrirait « très bientôt » sans quoi l’Iran serait frappé « très fort », et qu’un accord pourrait intervenir d’ici jeudi. « Nous avons de très bonnes discussions », a encore déclaré le président américain, en déplacement en Californie, assurant que Téhéran voulait passer un accord. De nouveau interrogé plus tard alors qu’il montait dans son avion Air Force One en direction de Las Vegas, Donald Trump a estimé que cela pourrait intervenir « demain (mercredi) ou le jour d’après ». 

Selon le site Axios, qui cite des « sources régionales », un accord temporaire de 60 jours est en discussion pour organiser le passage dans le détroit entre l’Iran et le sultanat d’Oman. D’après le média américain, l’accord prévoit d’organiser une procédure de passage du détroit pendant 60 jours. Les navires entrants emprunteraient la voie du nord passant dans les eaux iraniennes et les sortants utiliseraient le passage du Sud, situé dans les eaux omanaises. Durant cette période où aucun péage ou droit de passage ne serait demandé, la voie médiane sera déminée.

« L’Iran souhaite mettre en place une gestion commune du détroit avec Oman »

« On ne sait pas vraiment si le détroit d’Ormuz est miné. Selon moi, l’objectif final est de mettre en place une forme de péage ou de droit de passage en échange d’une garantie de sécurité », estime le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU. Le droit international de la mer reconnaît le principe de liberté de navigation, y compris dans les détroits. Néanmoins, le droit international n’exclut pas la possibilité pour un Etat d’exercer sa souveraineté sur une zone, notamment les détroits. Il est également possible d’exiger un droit de passage en échange de services visant par exemple à assurer la sécurité du passage.

C’est notamment le cas dans le détroit de Malacca où l’Indonésie, la Malaisie et Singapour qui assurent la sécurité du passage proposent une contribution financière volontaire aux navires. Le 28  juillet, selon Reuters, les négociateurs omanais auraient proposé un modèle de gestion commun avec l’Iran reprenant les modalités de passage du détroit de Malacca. « L’Iran souhaite mettre en place une gestion commune du détroit avec Oman afin d’en réguler le trafic, dans un mode de gestion similaire à celui du détroit du Bosphore où la Turquie régule le trafic », considère le général Dominique Trinquand.

Des positions qui restent éloignées

Avant le début du conflit entre l’Iran et les Etats-Unis le 28 février, la traversée du détroit s’effectuait librement, une situation à laquelle les Etats-Unis souhaiteraient revenir. Face aux frappes israélo-américaines, la République islamique a fermé le détroit, exigeant alors un droit de passage pouvant atteindre 2 millions de dollars. « Cela fournirait des moyens financiers considérables à l’Iran et renforcerait le pouvoir de Téhéran qui fait face à des difficultés économiques », juge le général Dominique Trinquand. 

En cas de conclusion, l’accord temporaire ne devrait pas résoudre la question de la mise en place d’un droit de passage. Ces derniers jours, les pays du Golfe, notamment l’Arabie saoudite et le Qatar, ont poussé pour une reprise des négociations. Mardi, Donald Trump et l’émir du Qatar cheikh Tamim ben Hamad al-Thani se sont entretenus par téléphone au sujet des efforts « pour apaiser les tensions » entre Washington et Téhéran et « rapprocher les deux parties », a indiqué l’émirat dans un communiqué.

04.08.2026 à 18:13

Henri Clavier
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Après l’incendie le plus important que la France ait connu depuis 1949, les habitants de la commune du Porge, durement touchés, ont fait part de leur sentiment d’abandon. Une situation qui suscite la compassion des sénateurs de Gironde. Ils appellent les services de l’Etat à livrer, au plus vite, un retour d’expérience.
Texte intégral (1207 mots)

Après la maîtrise du feu, la polémique a pris de l’envergure. Alors que les habitants des communes du Porge et de Lège-Cap-Ferret ont été autorisés à regagner leurs domiciles, plusieurs habitants et élus du Porge ont exprimé leur colère dans les médias. Ces derniers estiment avoir été abandonnés par les pompiers et la préfecture pour protéger la commune du Cap-Ferret. Dorothé Benassy, conseillère municipale du Porge, a déclaré à l’AFP qu’« il y [avait] un sentiment d’abandon puisque les pompiers ont dû partir sur ordre sur le Cap-Ferret. »

Le maire du Porge, Martial Zaninetti, s’est montré plus mesuré. « J’entends la colère et je la comprends, mais on n’est pas en mesure d’analyser ce qui s’est passé » a-t-il déclaré. Ce dernier rapporte que 183 habitations ont été brûlées. Un collectif qui rassemble déjà plus de 700 habitants de la commune a annoncé son intention de porter plainte au pénal pour retracer les événements et obtenir des réponses sur la chaîne de responsabilité. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez a nié l’idée que Le Porge aurait été sacrifié au profit du Cap-Ferret assurant qu’ « il n’y a eu aucune instruction en ce sens ».

Un feu d’une ampleur inédite

Dans la nuit du 23 au 24 juillet, au lendemain du déclenchement du feu à Saumos, la commune du Porge a payé un lourd tribut avec 183 habitations détruites sur les 240 incendiées par le feu. L’incendie qui a touché la Gironde à partir du 22 juillet et brûlé 42 000 hectares a été le plus important que la France ait connu depuis 1949, il a également entraîné l’évacuation de plus de 200 000 personnes.

« Les pompiers le disent eux-mêmes, ils n’avaient jamais fait face à un incendie aussi important avec des pyro-cumulonimbus et un incendie qui génère lui-même son vent », rappelle la sénatrice de Gironde, Nathalie Delattre (RDSE). Compte tenu de l’ampleur du feu, plusieurs éléments pourraient expliquer pourquoi les pompiers se sont dirigés vers le Cap-Ferret. « Pour stopper la progression du feu, Il a fallu avoir plusieurs stratégies concomitantes avec des pare-feu ou des feux tactiques et pour mettre tout cela en œuvre, il y a eu beaucoup de déplacements des forces terrestres », explique l’ancienne ministre qui évoque également le passage des Canadairs comme une explication du déplacement des pompiers.

Par ailleurs, un autre enjeu consistait à pouvoir assurer l’évacuation des habitants de la presqu’île du Cap-Ferret. « Il faut aussi comprendre la structure autour du bassin, avec une seule route qui va au Cap-Ferret, il fallait évacuer avant que cela ne soit plus possible même si un certain nombre d’habitants ont été évacués par bateau », estime Monique de Marco, sénatrice écologiste de Gironde.

« Il ne faut pas tomber dans le complotisme »

Malgré les 3 300 sapeurs pompiers mobilisés, les moyens humains se sont parfois révélés insuffisants pour endiguer la progression de l’incendie. Une insuffisance qui a mis en lumière la doctrine suivie par les pompiers lorsque des arbitrages doivent être faits. « Il ne faut pas tomber dans le complotisme et je reste très méfiante de ce genre d’interprétation. Quand les moyens sont insuffisants et obligent à faire des choix, il y a des principes qui s’appliquent : traiter en priorité les foyers naissants, défendre les vies humaines puis les habitations », avance une élue du territoire girondin. En effet, la doctrine française de lutte contre les incendies repose sur la nécessité d’éteindre le plus rapidement les nouveaux foyers. Par ailleurs, la priorité est d’abord donnée à la protection des vies humaines et à l’évacuation des personnes en danger avant la protection des biens.

« On n’a pas protégé les riches, face à une telle urgence et en l’absence de moyen aérien, il a fallu faire des arbitrages », juge pour sa part Florence Lassarade, sénatrice LR de Gironde. Un manque de moyen, notamment aérien, qui avait déjà été pointé du doigt lors des incendies de 2022 qui avaient touché la Teste-de-Buch, à quelques kilomètres. Après les incendies de 2022, le président de la République et le ministre de l’Intérieur de l’époque, Gérald Darmanin s’étaient engagés à construire une base de canadairs à Mont-de-Marsan, dans les Landes. Le projet a finalement été abandonné au profit de l’accueil de plusieurs appareils de la sécurité civile dont des hélicoptères bombardiers d’eau sur des terrains militaires de la région. Dans une question au gouvernement datant de mai 2025, le sénateur de Gironde, Hervé Gillé (socialiste), fustigeait ce choix.

« On ressent forcément une forme d’injustice quand on voit sa maison brûler » 

Un manque de moyens chronique qui contribue à la colère des habitants et au besoin d’obtenir des réponses rapidement, estiment les sénateurs. « Je me mets à la place des habitants, ils ont dû avoir l’impression d’être abandonnés. Il y avait eu le même sentiment en 2022 avec l’incendie à la Teste-de-Buch. On ressent forcément une forme d’injustice quand on voit sa maison brûler », déclare Florence Lassarade. Pour ces raisons, les élus appellent la préfecture à communiquer rapidement afin de pouvoir présenter un retour d’expérience permettant d’expliquer les choix faits par le SDIS et la préfecture. « Selon la préfecture, on devrait rapidement avoir un retour d’expérience, tout a été consigné donc sûrement d’ici 15 jours », affirme Nathalie Delattre, en contact avec les services de la préfète de Gironde, Sophie Brocas. 

Surtout, ce nouvel incendie, après celui de 2022 contribue à renforcer un sentiment d’abandon au sein de la population alors que les moyens aériens n’ont pas été renforcés et que les SDIS font face à d’importantes difficultés financières (voir notre article). « Les gens ont besoin d’avoir des réponses, aussi pour éviter le développement des théories complotistes. Il ne me semble plus possible de considérer que les habitants sont seulement des « gens » à évacuer, ils sont aussi des parties prenantes de la lutte contre les incendies », considère l’élue citée plus haut.

04.08.2026 à 16:56

Henri Clavier
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Après les événements de Ceuta jeudi et vendredi dernier, les ministres de l’intérieur européens se sont réunis ce mardi 4 août en visioconférence. Les autorités espagnoles ont assuré que la quasi-totalité des personnes entrées à Ceuta avait regagné le Maroc et que l’espace Schengen n’était pas en danger.
Texte intégral (710 mots)

Alors que 72 000 des 70 000 migrants entrés dans l’enclave espagnole ont déjà quitté la ville de Ceuta selon les autorités espagnoles, la réunion a été l’occasion d’apaiser les tensions apparues depuis vendredi. Le ministre de l’intérieur espagnol assure d’ailleurs que la réunion s’est déroulée dans un climat « constructif ».

Une atmosphère assez éloignée de celle observée vendredi. Après l’afflux massif de migrants à Ceuta, la cheffe du gouvernement italien, soutenue par le Danemark et la Finlande, appelait à suspendre l’Espagne de l’espace Schengen. Les deux pays avaient ensuite adressé une lettre aux institutions européennes, cosignée par 22 États membres, demandant une réponse forte à cette crise. Ce courrier, auquel la France ne s’est pas associée, était une réponse à une missive du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, dont le gouvernement défend une approche ouverte en matière migratoire, qui avait critiqué pour sa part l’attitude « égoïste » de plusieurs pays ayant demandé d’exclure l’Espagne de l’espace Schengen, la zone de libre circulation en Europe.

La cheffe du gouvernement italien d’extrême-droite, Giorgia Meloni, en avait profité pour rappeler sur X que « la ligne que l’Italie défend depuis longtemps est aujourd’hui partagée par un nombre croissant de nations européennes ». Une référence au développement des centres de retour pour migrants déboutés de leur demande d’asile, souhaités par Giorgia Meloni.

Les Etats membres satisfaits de la réunion

A l’issue de la réunion, le gouvernement espagnol a fourni plusieurs éléments susceptibles de rassurer les Etats membres. « En aucun cas l’espace Schengen n’a été compromis dans cette crise […] L’espace Schengen n’a jamais été en danger, pas même en danger minimal », expliquent les autorités espagnoles. Le Danemark s’est dit « très satisfait » de la réponse espagnole. Pour rappel, lorsque des personnes veulent quitter Ceuta, qui se situe sur le continent africain, les contrôles sont systématiques et concernent les deux voies de sorties existantes, par la mer et par les airs.

Le ministre de l’intérieur Français a également exprimé sa satisfaction. « Tous et toutes ont convenu que la question de l’espace Schengen n’était pas vraiment le problème, mais plutôt la solution », affirme Laurent Nunez qui regrette cependant les « dissensions » apparues au sein de l’UE après cette crise « puisqu’un certain nombre de pays qui pratiquent l’ingérence étrangère […] savent utiliser les positions divergentes des uns et des autres pour finalement attaquer l’Union européenne ».

Divergences latentes

Depuis vendredi, l’Espagne de Pedro Sanchez a exprimé à plusieurs reprises sa déception face à l’absence de solidarité des pays européens. Lors d’une réunion entre ambassadeurs lundi, l’Espagne avait, selon une source diplomatique, déjà « exprimé sa frustration sur le manque de solidarité » venant de certains pays de l’UE. Durant la réunion de ce mardi, le ministre de l’intérieur espagnol a exprimé son désaccord avec le rétablissement de contrôles pour tous les vols provenant d’Espagne et arrivant en Italie avant d’en demander « la levée immédiate ». 

Si la réunion a laissé entrevoir une plus forte cohésion entre les pays européens, les divergences exprimées au moment de la crise de Ceuta ont fait apparaître les divisions profondes pouvant exister entre des pays comme l’Italie et l’Espagne.

04.08.2026 à 09:44

Henri Clavier
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Les événements de Ceuta ont relancé les débats autour du droit d’asile et de la libre circulation au sein de l’Union européenne. Sous l’influence de Giorgia Meloni le droit européen a déjà été considérablement remanié ces dernières années. Début juin, les Etats membres se sont notamment accordés pour créer des « hubs de retour » dans des pays tiers.
Texte intégral (1193 mots)

Après les événements de Ceuta, où près de 60 000 personnes ont franchi la frontière entre l’Espagne et le Maroc avant de finalement faire demi-tour, les dirigeants européens ont montré l’étendue de leurs divergences en matière migratoire. Giorgia Meloni a notamment proposé d’exclure l’Espagne de l’espace Schengen, une proposition soutenue par le Danemark et la Finlande. Néanmoins, l’Espagne assure que la situation est quasiment revenue à la normale. Par ailleurs, la quasi-totalité des personnes entrées à Ceuta sont retournées au Maroc constatant l’impossibilité de quitter l’enclave et de rejoindre le continent européen.

Dans une lettre adressée aux différents dirigeants des institutions européennes, 22 Etats membres, l’Italie en tête, demandent « une réponse européenne immédiate et coordonnée ». Une réunion des ministres de l’Intérieur des Etats membres doit se tenir mardi 4 août. « C’est un signal important : la ligne que l’Italie défend depuis longtemps est aujourd’hui partagée par un nombre croissant de nations européennes », a affirmé Giorgia Meloni sur X après l’envoi de la lettre.

Depuis son arrivée à la tête du gouvernement italien en septembre 2022, Giorgia Meloni s’est échinée à rapprocher la droite et l’extrême-droite, notamment en soutenant plusieurs réformes d’ampleur des politiques européennes en matière de migration et d’asile.

Si le pacte Asile et immigration est entré en vigueur en juin 2026 modifiant de très larges pans du droit européen, l’action de la cheffe du gouvernement italien a été particulièrement visible sur la question des « hubs de retour ».

Un accord entre la droite et l’extrême droite

Depuis les élections européennes de 2024 et la montée en puissance des différents groupes d’extrême droite au Parlement européen, on constate un rapprochement entre le Parti populaire européen (droite) et les groupes d’extrême droite comme ECR, Patriotes pour l’Europe ou l’Europe des nations souveraines. Le vote du Parlement européen, le 26 mars dernier, en faveur de la création de centres de retour a largement illustré ce rapprochement. Les Etats membres et le Parlement se sont mis d’accord sur le principe de création des centres de retour début juin.

Concrètement, il s’agit de centres de rétention qui ont vocation à accueillir les migrants en situation irrégulière, notamment les personnes déboutées d’une demande d’asile. Contrairement aux centres de rétention qui existent déjà, ces centres seraient situés en dehors des frontières de l’Union européenne et prévoient de s’appuyer sur des pays tiers comme le Rwanda, l’Ouganda ou l’Ouzbékistan. Pour les personnes présentant un risque de fuite ou une menace, la durée de rétention pourra atteindre 24 mois avec la possibilité de prolonger de 6 mois.

Avant d’en arriver là, les États membres devront prévoir des solutions moins contraignantes, comme une obligation de pointage, une résidence imposée, un contrôle électronique ou une garantie financière. L’objectif affiché est d’éviter que les personnes concernées disparaissent avant l’exécution de la décision de retour. Selon la Commission européenne, les « Hubs de retour » doivent faciliter la mise en œuvre des mesures d’éloignement. Actuellement, 400 000 mesures d’éloignement sont publiées chaque année au sein de l’Union européenne et 28 % sont exécutées.

Une application à la main des Etats membres

Malgré les différents accords trouvés au sein des institutions européennes, le projet suscite d’importantes critiques, notamment de la part de l’Espagne qui s’y oppose frontalement. La France a également fait part de ses réserves. Alors que la création des centres restera à la main des Etats, leur création soulève d’importantes questions juridiques.

Pour être en conformité avec le droit et notamment la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme, les pays accueillant les centres devront présenter d’importantes garanties concernant le respect des libertés et droits fondamentaux. Un point mis en avant par les institutions européennes : « Tout accord ou arrangement de ce type ne pourra être conclu qu’avec un pays tiers respectant les normes internationales en matière de droits humains ainsi que les principes du droit international, notamment le principe de non-refoulement. Les mineurs non accompagnés sont exclus de ces accords ou arrangements ». Le contrôle effectif de ces garanties suscite néanmoins quelques inquiétudes, notamment au vu de l’accord conclu entre l’Albanie et l’Italie. Un rapport de l’ONG Action aid a notamment relevé que le système de rétention était « structurellement violent ».

Des centres de retour inefficaces ?

Dès 2023, l’Italie de Giorgia Meloni a conclu un accord avec l’Albanie afin d’y installer un centre de rétention et un centre de débarquement des personnes sollicitant une protection en Europe. L’efficacité de ces centres est mise en doute. Dans un article publié le 16 avril 2026 intitulé « Hubs de retour : le mirage européen », les chercheurs Paula Hoffmeyer-Zlotnik et Philipp Stutz dressent un bilan très critique du centre italo-albanais ainsi que du centre installé par le Royaume-Uni au Rwanda. 

« On constate que les ‘solutions’ d’externalisation mises en place par le Royaume-Uni et l’Italie se sont avérées coûteuses et inefficaces. Le hub d’asile et de retour italo-albanais est estimé avoir coûté environ 100 millions d’euros pour seulement quelques dizaines de transferts, tandis que le programme du Royaume-Uni au Rwanda devrait dépasser 700 millions de livres sterling pour seulement quatre retours volontaires », écrivent les deux chercheurs. Par ailleurs, les hubs de retour ne s’attaquent pas au problème fondamental lié au faible taux d’exécution des mesures d’éloignement à savoir la délivrance des laissez-passer consulaire nécessaire pour un retour vers le pays d’origine.

04.08.2026 à 09:00

Simon Nicolle
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Elle est probablement l’une des plus anciennes civilisations mais nourrit encore notre imaginaire collectif. Pharaons, pyramides, hiéroglyphes… Autant de mystères antiques laissés à la postérité et enfouis sous le sable du désert. Mais alors comment a-t-on pu la comprendre alors que les hiéroglyphes nous étaient inconnus ? Qu’est-ce que cette société d’une autre ère avait à nous dire ? "Le palais des hiéroglyphes - Sur les traces de Champollion", un documentaire monumental de Patrick Cabouat à voir cet été sur Public Sénat pour comprendre ce que cache le plus grand édifice funéraire égyptien.
Texte intégral (730 mots)

Pour savoir ce que réserve ce tombeau découvert en 1798 durant la campagne napoléonienne d’Égypte, il faut remonter le cours du Nil et s’éloigner de la capitale politique de l’empire d’alors, Memphis (Le Caire). Dans ces vallées montagneuses dont fait partie la vallée des Rois, proches de Thèbes (Louxor), se trouve ce fameux palais des hiéroglyphes : la tombe thébaine n°33. Il s’agit du plus grand tombeau d’Égypte antique alors même que ce n’est pas celui d’un pharaon. Mais alors qui y repose et pourquoi est-il si important ?

Le tombeau de Padiamenopé

Padiamenopé n’était pas un pharaon, mais il occupait un rôle capital dans la société égyptienne qui se composait pour l’essentiel de paysans et de personnel administratif. Il était prêtre-lecteur et maître de cérémonies, y compris celles ayant trait à la plus grande crainte des Égyptiens : la mort. Il était érudit, capable de lire et d’écrire, des capacités réservées à une élite de l’époque.
D’après les analyses faites au moment de la campagne de Napoléon, qui au-delà de sa dimension militaire était également une expédition scientifique, les égyptologues ont daté le TT33 au 7ᵉ siècle avant Jésus-Christ, mais une majorité de ses salles souterraines est restée confinée jusqu’en 2005 du fait de la présence de plusieurs milliers de chauves-souris dans l’édifice.

Par la lecture des hiéroglyphes présents sur chaque mur, d’éminents égyptologues ont compris pourquoi la tombe de Padiamenopé était aussi importante… Il ne s’agissait pas seulement d’une sépulture mais d’une bibliothèque, recensant les règles et fondements religieux des principaux rites funéraires égyptiens.
Le plus célèbre d’entre eux, issu du Livre des morts, est le rite de la pesée du cœur où Anubis, dieu des cérémonies, pèse sur sa balance le cœur du défunt. Un cœur plus lourd qu’une plume était un cœur ayant péché, il ne pouvait poursuivre sa vie dans l’au-delà. Osiris, le dieu des morts, préside ce tribunal.

Le déchiffrement des hiéroglyphes par la Pierre de Rosette

Les hiéroglyphes étaient une écriture sacrée, pour les Égyptiens, ils étaient la parole des dieux eux-mêmes. Selon l’égyptologue Salima Ikram, co-présidente de l’expédition TT33, « les hiéroglyphes sont probablement l’écriture la plus longtemps utilisée dans l’histoire de l’humanité », pendant plus de trois millénaires. Apparue en -3 200 ans avant JC, elle disparaît au moment de la prise de contrôle politique et religieuse de l’Égypte par l’Empire romain et la diffusion de la chrétienté. C’est l’empereur Théodose qui édicta le décret interdisant tous les cultes païens.

Si c’est grâce à Champollion que nous sommes parvenus aujourd’hui à lire les textes laissés sur les murs de ces mausolées, la précieuse Pierre de Rosette, une stèle datant de -200 avant JC, a été découverte par le soldat napoléonien Bouchart.
Sur chaque face de la pierre le même texte est traduit… Une face en hiéroglyphes, une face en égyptien démotique et la dernière en grec ancien. Pour l’égyptologue français ce sera la clef qui permettra à nouveau de comprendre cette écriture oubliée pendant près de 1400 ans.

Dès son retour en France, Champollion écrit une lettre à l’Académie pour expliquer toute la richesse de la langue hiéroglyphique, qu’il comprend désormais.
Selon lui, « l’écriture hiéroglyphique est une écriture tout à la fois figurative, symbolique et phonétique ».

Retrouvez le documentaire « Le secret du palais des hiéroglyphes » de Patrick Cabouat mardi 4 août à 22h puis en replay sur notre site internet ici.

03.08.2026 à 16:50

Henri Clavier
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Le président des Etats-Unis a assuré que des négociations étaient en cours avec l’Iran. Une information démentie par la République islamique. Malgré cela, le prix du baril de pétrole a reculé après ces annonces.Pour Donald Trump, l’obtention d’un succès diplomatique pourrait s’avérer cruciale dans la perspective des élections de mi-mandat.
Texte intégral (1065 mots)

Une nouvelle fois, Donald Trump a assuré que des négociations étaient en cours avec l’Iran afin de mettre fin au conflit. Ce lundi 3 août, le ministère iranien des Affaires étrangères a démenti une reprise des négociations.

Quelques jours auparavant, Donald Trump avait menacé de « frapper fort » la République islamique avant de se raviser. Les médias américains, notamment CBS News ont mentionné, durant le week-end la possibilité de frappes contre des raffineries de pétrole et des centrales électriques.

Donald Trump a dit avoir renoncé à une nouvelle attaque à la demande de pays de la région, qui selon lui « pensent qu’on a un accord » : « Il y a un accord sur Ormuz, et il y aura ensuite un accord sur le nucléaire, on pourrait même dire sur la dénucléarisation de l’Iran ». Le président américain a affirmé que la demande provenait de l’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Qatar et de l’Iran lui-même.

D’après l’agence de presse officielle saoudienne, Donald Trump a eu une conversation téléphonique avec le prince héritier Mohamed ben Salmane, un allié clef dans la région, qui l’a appelé à « privilégier le dialogue afin de réduire les tensions ». Par ailleurs, les rebelles yéménites Houthis, soutenus par l’Iran, ont été impliqués de manière croissante dans le conflit depuis la reprise des hostilités début juillet. Les Houthis ont ouvert un nouveau front en mer Rouge en annonçant lancer un blocus des ports saoudiens et en attaquant plusieurs pétroliers traversant la zone.

Donald Trump obligé de négocier ?

Depuis le déclenchement du conflit le 28 février et les attaques israélo-américaines contre Téhéran, le président américain n’a cessé d’alterner entre une rhétorique belliqueuse et des promesses de négociations. Cinq mois après le début du conflit, l’engagement américain reste très impopulaire. Avec un coût important pour l’armée américaine, près de 37,5 milliards de dollars, et une augmentation des prix du pétrole, une grande partie de l’opinion publique rejette l’intervention américaine.

« Donald Trump s’est décrédibilisé auprès de l’opinion et auprès de la mouvance MAGA qui correspond à sa base électorale. Le protocole de paix signé à Versailles a été perçu comme une capitulation, notamment sur l’aspect financier avec le versement des avoirs gelés et la promesse de 300 milliards de dollars d’investissement », explique Romuald Sciora, chercheur associé à l’IRIS et directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’IRIS. A trois mois des élections de mi-mandat, généralement difficiles pour le parti occupant la Maison blanche, le président américain pourrait avoir intérêt à la conclusion d’un accord, au moins pour le passage du détroit d’Ormuz.

« L’Iran sait que Trump est acculé »

En effet, alors que Téhéran assure que les négociations n’ont pas été relancées, la République islamique rapporte en revanche avancer avec le sultanat d’Oman sur un accord concernant le détroit d’Ormuz. « Nous ne négocions pas avec les Etats-Unis en ce moment. Nous négocions avec Oman pour sécuriser un passage dans le détroit d’Ormuz », a affirmé lundi Esmaïl Baghaï, porte-parole de la diplomatie iranienne, lors d’un point presse hebdomadaire. Selon Reuters, l’Iran et Oman pourraient s’entendre sur un mécanisme régional conjoint pour gérer le détroit, financé par des contributions volontaires des navires destinées à couvrir les coûts de navigation, la protection de l’environnement, la recherche et le sauvetage.

« L’Iran sait que Trump est acculé, notamment sur le plan politique, et sait que son principal objectif est la réouverture d’Ormuz donc la stratégie de l’Iran consiste justement à mettre la pression sur les Etats-Unis pour qu’ils laissent tomber les autres points et notamment les questions liées au nucléaire », estime Romuald Sciora.

Les prix du pétrole en baisse après les annonces de Donald Trump

« On assiste, comme depuis le début du conflit, à une partie de poker menteur entre l’Iran et les Etats-Unis », juge Romuald Sciora qui considère que la parole de Donald Trump est désormais « démonétisée ». Selon un décompte effectué par CNN au début du mois de juin, avant la signature du protocole d’accord, Donald Trump avait affirmé à 38 reprises depuis la fin mars qu’un accord avec l’Iran était imminent. 

Si le président américain semble relativement décrédibilisé, sa parole continue de produire des effets sur les marchés financiers puisque les cours du pétrole ont baissé après l’annonce d’une reprise des négociations. Mais, ce lundi matin, le prix du baril de Brent de la mer du Nord a perdu 4,59 % pour atteindre un prix de 83,89 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), est tombé de 5,57 % pour atteindre 79,95 dollars. « Dans un pays où le coût de la vie est extrêmement élevé, l’électorat de Trump est touché de plein fouet par l’augmentation des prix de l’essence », explique Romuald Sciora qui considère qu’il s’agit.

03.08.2026 à 11:25

Henri Clavier
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Ce lundi 3 août, la justice administrative française a rejeté un recours formé par Xenia Fedorova contre l’arrêté d’expulsion la visant. Les juges ont écarté la demande formée par la chroniqueuse du groupe Bolloré.
Lire plus (392 mots)

Le tribunal administratif de Paris a rejeté lundi un recours en référé-liberté de la chroniqueuse pro-russe Xenia Fedorova contre son expulsion du territoire et le gel de ses avoirs, faute d’avoir démontré une « extrême urgence ».

Xenia Fedorova, assignée depuis mercredi à résidence, n’a exposé « aucun besoin de sortir du territoire parisien », « sollicité aucune autorisation auprès du préfet de police » et s’est limitée « à indiquer, sans aucune précision, que l’obligation de pointage lui cause une gêne », a indiqué le tribunal dans un communiqué. En conséquence, « le juge des référés a estimé que la condition d’extrême urgence ne pouvait être retenue ».

« Pour obtenir la suspension de l’exécution de ces décisions, Xenia Fedorova, qui avait le choix entre la procédure du référé suspension, subordonnée à la démonstration d’une urgence, et celle du référé liberté, subordonnée à la démonstration d’une extrême urgence justifiant des mesures dans les quarante-huit heures, a décidé d’introduire cette dernière action », relèvent les magistrats.

Or, cette procédure « ne pouvait pas se limiter à invoquer des présomptions qui ne s’appliquent pas à sa situation, mais devait faire état des graves incidences personnelles résultant pour elle des décisions contestées, ce qu’elle ne (fait) pas dans sa requête », poursuivent-ils.

Xenia Fedorova a quitté le territoire français

Son avocat a annoncé que sa cliente ne se trouvait pas en France et qu’elle ne comptait pas y revenir sans avoir préalablement obtenu la suspension de son expulsion. « Ma cliente était déjà à l’étranger, en vacances, lorsqu’elle a été informée des mesures prises à son encontre. Elle n’envisage de revenir en France que lorsque l’arrêté d’expulsion aura été suspendu ou annulé », explique à l’AFP Maître Emmanuel Piwnica, en indiquant qu’elle « entend contester cette décision ».

03.08.2026 à 10:05

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En Roumanie, parler français est une tradition. Rencontre avec des Roumains qui nous font découvrir ce grand pays francophone d'Europe centrale et orientale. Première étape à Bucarest, surnommée le « Petit Paris », puis Timisoara, première ville libre de Roumanie en 1989 et Capitale européenne de la culture en 2023.
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03.08.2026 à 10:03

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"Le Grand jury RTL - Public Sénat" est une émission politique majeure proposée en direct sur Public Sénat, et en simultané sur RTL. Ce grand rendez-vous politique du dimanche est présenté par Olivier Bost, chef du service politique de RTL et Perrine Tarneaud de Public Sénat.
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03.08.2026 à 10:02

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On connait leur visage, leur analyse, leur voix, mais les connait-on vraiment ? Quel a été leur parcours, leur formation, quelles épreuves ont-ils du dépasser pour exercer leur magistère ? Quelles sont leurs sources d'inspiration, leur jardin secret ? Une fois par semaine, Rebecca Fitoussi reçoit sur son plateau des personnalités pour un échange approfondi, explorer leur monde et mieux apprécier le regard qu'ils et qu'elles portent sur notre société. Ils, elles, sont artistes, scientifiques, historiens, universitaires, chefs de restaurants, photographes, ou encore politiques. Une collection de grands entretiens inspirante dans un monde en manque de repères et de modèles.
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03.08.2026 à 09:16

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"Sens Public", l'actualité politique, en France ou à l'international, en débat. Nos invités - experts, observateurs et acteurs du monde politique - décryptent, échangent et confrontent leurs idées sur les sujets d'actualité et les grandes questions qui animent notre société. En direct durant l'émission, sur notre site et/ou via votre écran, scannez le QR-code indiqué pour participer à l'émission. Vous pouvez poser toutes vos questions en vidéo, en audio, ou par écrit. Présentée par Thomas Hugues, "Sens Public" est l'émission qui donne du sens et permet de comprendre les grands enjeux de l'actualité.
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03.08.2026 à 09:15

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"Sens Public", l'actualité politique, en France ou à l'international, en débat. Nos invités - experts, observateurs et acteurs du monde politique - décryptent, échangent et confrontent leurs idées sur les sujets d'actualité et les grandes questions qui animent notre société. En direct durant l'émission, sur notre site et/ou via votre écran, scannez le QR-code indiqué pour participer à l'émission. Vous pouvez poser toutes vos questions en vidéo, en audio, ou par écrit. Présentée par Thomas Hugues, "Sens Public" est l'émission qui donne du sens et permet de comprendre les grands enjeux de l'actualité.

03.08.2026 à 09:00

Marie Lebon
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Terre de refuge pour les protestants persécutés lors des guerres de religions, puis lieu d’accueil pour les républicains espagnols fuyant le régime de Franco et enfin village refuge pour les juifs lors de la Seconde Guerre mondiale, la commune du Chambon-sur-Lignon et ses habitants ont dans leur histoire souvent aidé les personnes persécutées. En mémoire de cet engagement, il y a quelques années, un homme a fait du village son héritier. Mais qui était-il ? Pourquoi a-t-il fait ce legs ? Et qu’est-ce que cela nous dit que ceux qui ont lutté discrètement contre les nazis durant plusieurs années, c’est ce que raconte le documentaire "Le Chambon-sur-Lignon, un legs pour l'Histoire", de Jérôme Lévy diffusé cet été sur Public Sénat.
Texte intégral (983 mots)

Novembre 2021, se tient au Chambon-sur-Lignon, petite ville de Haute-Loire de 2 500 habitants, une séance du conseil municipal pour le moins surprenante…Que va faire la commune des 3 millions 475 000 euros dont elle vient d’hériter, l’équivalent d’un an de budget, mais surtout d’où vient cet argent ? Une manne financière n’est pas tombée du ciel mais qui appartenait à Erich Schwam, un autrichien de 90 ans résidant dans la région lyonnaise avec son épouse et qui à sa mort en décembre 2020 a décidé de léguer la quasi-totalité de sa fortune au Chambon-sur-Lignon…

Un leg pour l’histoire 

« Mars 1938, Hitler envahit l’Autriche sans que le pays ne réagisse » rappelle Doron Rabinovici, spécialiste de l’histoire des juifs viennois, c’est l’Anschluss, et c’est aussi le début de l’histoire mouvementée d’Erich Schwam qui n’a alors que 8 ans… Pour raconter cette vie singulière et nous éclairer sur la grande Histoire, Jérôme Lévy réalisateur du documentaire interroge historiens, journalistes, élus et habitants du Chambon-sur Lignon, et nous livre une enquête passionnante.

La fuite d’une famille juive de l’Autriche au sud de la France

Ainsi, Jean-Baptiste Chastand, correspondant du Monde à Vienne, ville de naissance d’Erich Schawm en 1930 raconte : « J’ai trouvé aux archives des documents de la famille Schwam émanant de l’administration nazie qui documentait son œuvre d’appropriation des biens, l’expulsion et l’extermination des juifs, tout était écrit ‘pseudo légalement’ », c’est donc « légalement » que la famille bourgeoise s’est retrouvée spolié de ses biens et a pris les routes de l’exil.

La famille prend la direction de la Belgique d’abord puis direction le sud de la France où le jeune Erich et sa maman passent 18 mois au camp de Rivesaltes dans des conditions de vie très difficiles et où ils échappent in extremis à la déportation pour le camp d’Auschwitz en août 1942.
C’est Friedel Bohny-Reiter, infirmière du Secours suisse qui, prise d’affection pour le jeune garçon et sa mère, enlève leurs noms de la liste et les aide à quitter le camp pour gagner le Chambon-sur-Lignon où son fiancé accueille des réfugiés.

Une commune de « Justes parmi les Nations »

Rejoint par le père de famille, c’est ici que les Schwam passent la fin de la guerre, « passant de fermes en fermes, pas toujours au même endroit… pas toujours toute la famille ensemble ».
Pour brouiller les pistes en cas de rafles des Allemands, ils ne restent jamais trop longtemps au même endroit et passent une partie de leur exil caché chez un modeste paysan… Aujourd’hui son petit neveu témoigne, « ce qu’a fait mon grand-oncle Hyppolite, c’était quelque chose de juste, de bien, on n’en parlait pas dans la famille, je l’ai su tard mais j’en suis fier ». Aujourd’hui, il fait visiter au réalisateur du film le grenier où Erich et ses parents avaient trouvé refuge, avec une fenêtre ouverte sur la campagne environnante pour surveiller l’extérieur.

En 1944 la fin de la guerre approche, Denise Vallat, actuelle adjointe à la Culture du Chambon-sur-Lignon raconte « l’immense majorité des réfugiés sont partis et les seuls pratiquement qui restent, à notre connaissance, ce sont les Schwam qui donnent l’impression de vouloir rester en France ». Erich fréquente désormais le collège Cévenol, situé sur la commune, où il passera son bac en 1949, à l’âge de 19 ans.
Bac en poche et alors que ses parents regagnent l’Autriche, Erich poursuit des études de pharmacie à Lyon, et bataille pour obtenir la nationalité française.

Transmettre aux générations futures la tradition d’accueil qui a sauvé des vies

C’est seulement quelques années avant son décès que le retraité décidera de léguer sa fortune à la commune qui l’a accueilli et protégé de la folle traque des juifs par les nazis. A l’époque il s’en ouvre alors à la maire du village, Éliane Wauquiez qui témoigne : « J’ai reçu un appel téléphonique et j’ai décidé d’aller le rencontrer et il m’a dit : ‘Je veux soutenir l’avenir les enfants du Chambon, comme j’ai pu moi-même bénéficier de l’hébergement qui m’a sauvé et ensuite de la scolarisation qui m’a permis de faire des études et une belle carrière…Pour moi, c’est le futur de la commune qui me mobilise’ ».

La municipalité doit maintenant faire vivre la mémoire Erich Schwam autant qu’elle doit gérer l’argent du legs, ce qui suscite parfois des critiques.
« Aider les jeunes à faire des études supérieures, rénover les écoles, les installations sportives, en faisant vivre cette tradition d’accueil et en apprenant aux générations futures que face à la conspiration du mal, le bien peut vaincre », c’est la feuille de route que s’est fixé Jean-Michel Eyraud, maire d’une commune si particulière, puisque c’est le seul village français honoré du titre de « juste » parmi les nations.

Retrouvez le documentaire « Le Chambon-sur-Lignon, un legs pour l’Histoire » de Jérôme Lévy lundi 3 août à 22h puis en replay sur notre site internet ici.

03.08.2026 à 08:59

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Chaque semaine, Public Sénat, LCP-Assemblée nationale et France 24 vous plongent au coeur des questions qui secouent l'Europe : guerre en Ukraine, pacte migratoire, Green deal, ou encore souveraineté digitale. Avec la multiplication des crises, l'Union européenne peut-elle être un rempart ? Quel avenir pour l'Union et ses 450 millions d'habitants ? Chaque semaine, depuis le Parlement européen "Ici l'Europe" propose une demi-heure d'information et de débats animés par Caroline de Camaret, Alexandre Poussart et en alternance avec un journaliste de LCP-Assemblée nationale pour mieux comprendre les enjeux européens.
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Chaque semaine, Public Sénat, LCP-Assemblée nationale et France 24 vous plongent au coeur des questions qui secouent l'Europe : guerre en Ukraine, pacte migratoire, Green deal, ou encore souveraineté digitale. Avec la multiplication des crises, l'Union européenne peut-elle être un rempart ? Quel avenir pour l'Union et ses 450 millions d'habitants ? Chaque semaine, depuis le Parlement européen "Ici l'Europe" propose une demi-heure d'information et de débats animés par Caroline de Camaret, Alexandre Poussart et en alternance avec un journaliste de LCP-Assemblée nationale pour mieux comprendre les enjeux européens.

31.07.2026 à 17:31

Rédaction Public Sénat
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Alors que les images de l’enclave espagnole de Ceuta ont déclenché une crise migratoire, les pays européens se divisent sur la question migratoire. L’Italie de Giorgia Meloni, soutenue par le Danemark et la Finlande, a proposé de fermer l’espace Schengen à l’Espagne. Pourtant, la proposition semble difficilement réalisable.
Texte intégral (632 mots)

L’espace Schengen est l’un des principaux acquis européens puisque ces accords ont créé une zone de libre circulation où les contrôles aux frontières ont été abolis pour les voyageurs. Ce vaste espace s’est construit progressivement à partir de 1985. La première suppression effective des contrôles aux frontières a eu lieu en 1995, entre la Belgique, l’Allemagne, l’Espagne, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Portugal.

Concrètement, à l’intérieur de cette zone, les citoyens de l’UE, comme les ressortissants de pays tiers, peuvent voyager librement sans subir de contrôles aux frontières. Il est actuellement composé de 29 pays : tous les Etats membres de l’UE (à l’exception de Chypre et de l’Irlande) ainsi que l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse.

Exclure un membre ?

L’exclusion d’un membre n’est pas envisagée dans les textes européens. « Le système Schengen ne prévoit pas une telle disposition : un Etat ne peut pas unilatéralement exclure un autre », explique à l’AFP Marie-Laure Basilien-Gainche, professeure de droit à l’université française de Lyon 3.

En revanche, s’il n’est pas possible d’exclure un État de Schengen, un autre État membre peut invoquer l’article 29 du code frontières Schengen pour rétablir des contrôles exceptionnels et temporaires à ses frontières. Ces contrôles sont notamment autorisés en cas de « menace grave pour la sécurité intérieure ou l’ordre public ». Ce régime peut également être invoqué dans les cas de terrorisme, de criminalité organisée ou les urgences de santé publique, du type Covid-19. Les « mouvements soudains, de grande ampleur et non autorisés, de ressortissants de pays tiers entre les Etats membres », sont également mentionnés. Dans le cas spécifique où ils pourraient mettre en péril le fonctionnement « de l’espace sans contrôle aux frontières intérieures ».

Le président français Emmanuel Macron a ainsi réclamé au ministre de l’Intérieur de « renforcer les contrôles à la frontière avec l’Espagne », selon son entourage. « Mais il n’y a pas de frontière intérieure entre l’Italie et l’Espagne et encore moins entre l’Espagne et la Finlande », souligne Marie-Laure Basilien-Gainche.

La Commission européenne rejette la proposition de Giorgia Meloni

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a qualifié les images provenant de Ceuta d’« inacceptables ». Mais la proposition italienne est largement rejetée par l’exécutif européen. Selon un responsable européen contacté par l’AFP, les autorités européennes comprennent « les inquiétudes de certains gouvernements » mais assurent que la priorité est avant tout à « sécuriser les frontières extérieures » de l’UE.

L’UE s’évertue d’ailleurs à rappeler que cette crise concerne spécifiquement l’enclave espagnole de Ceuta, située sur le continent africain. « Il n’y a pas aujourd’hui de mouvements vers le continent européen », a également indiqué à l’AFP un haut responsable de l’UE.

(Avec AFP)

31.07.2026 à 16:53

Rédaction Public Sénat
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Les images de l’arrivée de migrants à Ceuta, en Espagne, ont suscité des réactions divergentes. L’Italie propose de suspendre Schengen tandis que la droite et l’extrême-droite mettent en cause la politique migratoire du gouvernement espagnol.
Texte intégral (731 mots)

Selon les autorités espagnoles, 60 000 personnes sont entrées à Ceuta et 37 500 ont déjà quitté le territoire espagnol ce vendredi à la mi-journée. Si les raisons de l’afflux restent incertaines, cet épisode rappelle la précédente crise de 2021 où plusieurs milliers de personnes avaient traversé la frontière entre le Maroc et l’Espagne. Les contrôles à la frontière avaient été assouplis par les autorités marocaines afin d’exprimer son mécontentement face au rapprochement diplomatique entre l’Espagne et l’Algérie.

Face à la situation dans l’enclave espagnole et à la frontière avec le Maroc, plusieurs pays européens ont proposé leur aide à l’Espagne. Emmanuel Macron a notamment proposé « d’apporter aux autorités espagnoles tout l’appui nécessaire » et a demandé de « renforcer les contrôles à la frontière avec l’Espagne ». Le Premier ministre britannique Andy Burnham a également annoncé être en contact avec les autorités espagnoles pour leur proposer de l’aide. « Il s’agit bien sûr avant tout d’une question relevant de la compétence du gouvernement espagnol, mais cela suscite des inquiétudes ». « Plutôt que d’instrumentaliser la situation […] nous devrions demander une coordination européenne pour de l’aide humanitaire », a demandé Jean-Luc Mélenchon. 57 personnes sont mortes en essayant d’entrer à Ceuta.

Suspendre Schengen

Pour le chancelier allemand, Friedrich Merz, l’Espagne ne doit « pas laisser les migrants en situation irrégulière accéder au continent européen » et demande au Maroc de reprendre « immédiatement les migrants en situation irrégulière ». L’Italie de Giorgia Meloni est allée plus loin en proposant de fermer l’espace Schengen à l’Espagne. « Nous sommes en train de réunir les instances compétentes et […] nous sommes prêts à agir, y compris par des mesures exceptionnelles […] comme la suspension de l’espace Schengen avec l’Espagne », a écrit la cheffe du gouvernement d’extrême droite Giorgia Meloni.

Ce vendredi 31 juillet, la Finlande et le Danemark ont exprimé leur soutien à la proposition de Giorgia Meloni. Une proposition qualifiée de « démagogique » par l’Espagne qui a convoqué l’ambassadeur italien pour exprimer son désaccord. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié les images d’ « inacceptables » sans appeler à suspendre l’Espagne de l’espace Schengen.

Pedro Sanchez mis en cause par la droite et l’extrême-droite

En France, Bruno Retailleau a exprimé sur X son soutien à la proposition de Giorgia Meloni. « Face à la gravité de la situation, je demande la suspension de la libre circulation des personnes avec l’Espagne au sein de l’Union européenne. Giorgia Meloni a annoncé vouloir suspendre Schengen. La France doit soutenir à son tour cette position », écrit le candidat de LR à l’élection présidentielle.

Ce dernier pointe également la politique de régularisation, sous certaines conditions, des personnes sans-papiers mise en œuvre par le gouvernement de Pedro Sanchez. Le sénateur considère que ces « choix laxistes » ont créé un « appel d’air ». « Nos nations et nos peuples n’ont pas à subir les conséquences de la complicité passive du gouvernement socialiste espagnol face à ce qui relève d’une véritable invasion migratoire coordonnée du territoire européen », accuse Jordan Bardella sur X. Un discours contesté par le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, qualifiant de « mensonges » les accusations de Jordan Bardella.

Donald Trump y est également allé de son attaque contre le premier ministre espagnol avec lequel les relations sont glaciales. « Souvenez-vous de cette image. Ce sera nous dans trois ans si le mauvais camp l’emporte », a déclaré le président américain, selon des propos rapportés par une journaliste de la chaîne américaine.

31.07.2026 à 14:15

Rédaction Public Sénat
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Depuis jeudi, l’enclave espagnole de Ceuta connaît un afflux massif de migrants. 60 000 personnes sont entrées sur le territoire rapporte le président de la ville tandis que le premier ministre espagnol dénonce une « atteinte à l’intégrité territoriale de l’Espagne ».
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Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a qualifié vendredi d’« attaque » et d’ « atteinte à l’intégrité territoriale de l’Espagne » l’arrivée massive de quelque 60 000 migrants dans l’enclave de Ceuta depuis le Maroc. 57 personnes sont décédées en tentant de rentrer à Ceuta.

La petite ville de Ceuta, enclave espagnole sur le continent africain, connaît un afflux massif de migrants depuis le jeudi 30 juillet. Ce petit territoire de 20 km2 et de 85 000 habitants est régulièrement exposé à des flux migratoires importants. En 2021, sur fond de tensions diplomatiques entre l’Espagne et le Maroc, plusieurs milliers de migrants avaient réussi à franchir la frontière entre le Maroc et l’Espagne. Aujourd’hui, le premier ministre espagnol dénonce une rumeur lancée par des « mafias de trafiquants d’êtres humains » affirmant que la frontière était ouverte et qui aurait déclenché cet afflux massif. Selon le ministère de l’intérieur espagnol, 37 500 migrants ont déjà quitté Ceuta.

Du 1er janvier au 15 juillet, l’Espagne a enregistré une diminution de près de 25 % des arrivées sur son territoire. Un recul qui s’explique notamment par des accords signés avec le Maroc en février 2023 pour lutter contre la migration illégale. Le passage vers les îles Canaries a largement reculé avec une diminution de 61 % du nombre de passages. Toutefois, au gré de ces accords, les flux migratoires se sont déplacés. Ceuta est redevenue en 2026 l’une des portes privilégiées pour entrer en Europe avec une augmentation de plus de 149,4 % des passages par voie terrestre.

Jeudi, Juan Jesus Vivas, le président (PP) de la ville autonome de Ceuta, a fait part de son inquiétude face à des centres d’accueil « débordés et saturés ». Au nom de toutes les formations politiques représentées au sein de l’exécutif local, parmi lesquels le Parti populaire (PP, droite) et Vox (extrême droite), mais aussi le Parti socialiste (PSOE), Juan Jesus Vivas a demandé au gouvernement espagnol la déclaration de « l’état d’urgence national ». A Madrid, le président du PP, Alberto Nuñez Feijoo, a exigé du gouvernement qu’il « reprenne le contrôle » de l’enclave tandis que la direction de Vox, elle, dénonçait « une invasion ». 

Les autorités marocaines n’ont pas encore réagi publiquement. Selon l’AFP, des forces de sécurité marocaines ont toutefois été déployées dans la ville de Fnideq à la frontière avec l’Espagne.

(Avec AFP)

31.07.2026 à 09:00

Sébastien Lambert
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« Comment sommes-nous passés de la blanquette de veau à l’œuf moléculaire » ? Comment le pays qui a inventé le restaurant est devenu celui des fast-food ? Sous prétexte de préparer une blanquette de veau pour quelques amis, le comédien François Morel nous convie à un voyage gastronomique. Une heure trente d’histoire de la France et des Français à travers la gastronomie à voir sur Public Sénat.
Texte intégral (979 mots)

Si les Français ont un titre de champions du monde, c’est avec deux heures onze par jour, celui du temps passé à table ! Un rapport particulier avec la nourriture qui fait de notre cuisine l’une des gastronomies les plus réputées dans le monde, et dont l’histoire se mélange allègrement avec l’Histoire du pays.

Comme au sortir de la Seconde guerre, où, après des années de privation armés de bouteilles de Coca-Cola et de tablettes de chewing-gum, les Américains débarquent et font rêver les Français. Dans le film, sur une archive de 1948, on voit Christian Pineau, ministre du ravitaillement, accueillir sur le port de Bordeaux le déchargement de denrées envoyées des États-Unis. Le secrétaire d’État américain, de l’époque, George Marshall organise le ravitaillement pour faire face à la pénurie qui menace l’Europe. Sans le savoir c’est le début d’une nouvelle époque, et de nouvelles habitudes alimentaires. Grâce à l’aide américaine et à la mécanisation des méthodes des agriculteurs, les commerces retrouvent des matières premières et peuvent à nouveau faire tourner les fournils. A l’heure des tracteurs américains, des engrais et des pesticides, les tickets de rationnement disparaissent. Les Français s’en amusent comme en témoignent les images en noir et blanc de la « fête de la mort de la carte de pain » organisée à Lyon par le syndicat des boulangers en 1946.

Le vin servit dans les écoles jusqu’en 1956

Autre spécificité française, le vin. Si notre consommation, dans les années 50, est passée de 140 litres par personne et par an à 50 litres aujourd’hui, certaines mauvaises habitudes ont perduré pendant des décennies. Ainsi, dans les écoles, les recommandations de Louis Pasteur qui mettait en avant les valeurs nutritionnelles du vin ont eu la vie dure. Qualifiée de boisson « la plus saine et la plus hygiénique » sur les bons points distribués aux bons élèves et il n’est pas rare, jusqu’au milieu des années 50, d’accompagner le casse-croûte des enfants d’un demi-litre de vin ou de cidre pour les moins de quatorze ans. C’est seulement en 1956 que Pierre Mendès-France prend la décision d’interdire le vin dans les écoles et encore seulement pour les moins de quatorze ans.

Il faudra attendre 1981 pour que l’alcool soit interdit dans les lycées.

Mais c’est la révolution et l’arrivée du réfrigérateur qui va révolutionner le quotidien des ménagères. Avec la conservation des aliments au frais chez soi, plus besoin de faire ses courses tous les jours. Si seulement un ménage sur dix est équipé en 1955, petit à petit l’électroménager s’impose dans les cuisines. C’est l’époque des salons dédiés à ce que l’on appelle à l’époque les arts ménagers. Celui du Grand Palais, à Paris, consacre le rêve de la consommation et se transforme en caverne d’Ali Baba : grille-pains, presse-agrumes et autres tourniquettes à vinaigrette remplissent les allées du salon. Ainsi sur une archive savoureuse, Louis de Funès -sur l’air de la complainte du progrès de Boris Vian- suggère que « le bonheur conjugal se trouve dans l’électroménager ».

La fin de cette décennie connaîtra aussi l’arrivée des supermarchés, créés par Edouard Leclerc en 1957 ; le concept deviendra vite une institution qui révolutionnera les modes de consommation. Enfin, pour clore cette décennie riche en inventions, la cocotte-minute Seb fait son entrée dans les cuisines, au sommet des hit-parades des ventes, avec cinq cent mille exemplaires vendus en 1960.

Quarante kilos de sucre par an et par Français, soit plus de cent grammes par jour

Dans les années soixante, c’est un ingrédient roi qui va s’imposer : le sucre, et avec, les produits industriels comme la purée Mousseline, le lait en poudre, les conserves et surgelés, en même temps que les réunions Tupperware. Au même titre que les congés payés et le tourisme qui se développent, les vagues d’immigration apportent aussi leur lot de découvertes culinaires.
Si le premier camion à pizzas s’installe à Marseille en 1962, le Tajine, paella ou spaghettis s’invitent dans les assiettes. Le couscous deviendra même le deuxième plat préféré des Français juste après la blanquette de veau.

Suit la révolution du fast-food : on ne cuisine plus chez soi pendant des heures, on mange rapidement à l’extérieur. Qui eut cru d’ailleurs que dans le pays des frères Troisgros, l’habitude s’impose. Quarante-cinq ans après l’ouverture du premier McDonald’s, à Créteil en 1972, la France est ainsi devenue le deuxième pays le plus gros consommateur de nourriture de fast-food derrière les États-Unis.

A la fin du film, François Morel prêt à servir la blanquette concoctée pendant le documentaire conclut sur ces mots : « Ce qui nous caractérise, au-delà de la finesse de notre art culinaire, c’est le plaisir de goûter et le plaisir d’en parler ».

Retrouvez le documentaire « La France aux fourneaux » d’Adrien Privat et Ghuilen Shwetzer vendredi 31 juillet à 22h puis en replay sur notre site internet ici.

30.07.2026 à 19:59

Henri Clavier
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Depuis mardi, le plan de la FIFA visant à augmenter les revenus des acteurs du foot agite et divise. Des critiques et des zones d’ombre qui font écho à la création d’une société commerciale par la Ligue de football professionnel française. Néanmoins, le cas français répondait à une urgence économique contrairement au projet de la FIFA.
Texte intégral (1199 mots)

« La Coupe du Monde n’est pas un produit » a réagi le premier ministre britannique Andy Burnham après l’annonce de la FIFA de créer une société chargée de gérer les activités commerciales de la fédération internationale de football et d’en céder des actions à des fonds d’investissement privés. D’abord annoncés par l’instance mondiale le 27 juillet, les contours du projet ont été précisés par le président de la FIFA, Gianni Infantino, dans une lettre adressée aux fédérations mardi 28 et à travers plusieurs vidéos de communication publiées sur les réseaux sociaux mercredi 29 juillet.

Concrètement, le projet tel qu’il est présenté reposerait sur la création d’une entreprise nommée FIFA Forward Enterprise gérant les activités liées à la diffusion, au sponsoring ou à la vente de billets des compétitions organisées par la FIFA. Les dirigeants de la FIFA envisagent de céder 20 % des parts de la société pour un montant avoisinant les 4,2 milliards de dollars.

La proximité avec le cas français

« Cela rappelle ce qu’il s’est passé au niveau de la ligue française de football, à ceci prêt que la Ligue 1 était dans une situation financière très critique, ce qui n’est pas le cas de la FIFA », note le sénateur Laurent Lafon (Union centriste), co-auteur avec Michel Savin (LR) d’une proposition de loi récemment adoptée sur la gouvernance du football français.

Les deux sénateurs avaient d’abord engagé une mission d’information sur le financement du football français et sur la création d’une société commerciale par la ligue de football français afin de vendre une partie de son capital à un fonds d’investissement luxembourgeois (CVC). En cédant 13 % des parts de la société commerciale, les acteurs du football français ont récupéré une manne financière conséquente visant à soutenir les clubs professionnels français, enlisés dans une crise des revenus liés aux droits TV. La proposition de loi de Michel Savin et de Laurent Lafon a alors permis d’encadrer le recours à ces sociétés commerciales en limitant l’influence du fonds d’investissement sur les décisions sportives ainsi qu’en encadrant la répartition des revenus liés aux droits TV. Une étape majeure, saluée par la quasi-totalité des acteurs du sport français, bien éloignés du projet porté par la FIFA. En effet, la FIFA a enregistré des résultats record avec 15 milliards de dollars sur la période 2023-2026, soit le double des recettes engrangées sur le cycle 2019-2022.

Porter à 10 milliards le fonds de développement du football

Selon le président de la FIFA, la création de cette société doit permettre de lever de nouveaux fonds pour financer le développement du football à travers le monde et porter à 10 milliards de dollars le financement du développement du football dans les quatre prochaines années. Dans sa lettre adressée aux fédérations, Gianni Infantino a évoqué un délai courant jusqu’au 19 septembre dans lequel il espère recueillir le soutien des fédérations. Le suisse insiste sur un argument susceptible de convaincre une large partie des 211 fédérations, les sommes versées par la FIFA aux fédérations pourraient quadrupler par rapport à la précédente période pour atteindre 40 millions de dollars.

« Actuellement, et contrairement au cas français, rien ne justifie la création d’une société commerciale par la FIFA, c’est un projet qui risque de totalement transformer l’équilibre de la compétition en ouvrant la voie à l’implication d’acteurs privés. La crainte, c’est aussi que le président de la FIFA utilise ce fonds de développement pour renforcer ses soutiens en vue de sa réélection », explique Michel Savin.

Des investisseurs proches de Donald Trump

Par ailleurs, les contours de l’opération inquiètent les différentes instances du football, notamment européen. En effet, alors que le président de la FIFA a mis en scène sa proximité avec Donald Trump lors de la Coupe du monde 2026, les parts de la future société commerciale de la FIFA pourraient être acquises par un proche du président américain. Selon les informations du New York Times, la société Thrive Eternal, gérée par Joshua Kushner, frère du gendre de Donald Trump, Jared Kushner, pourrait acquérir une partie du capital mis en vente.

« Ce sont régulièrement des décisions qui servent d’abord ceux qui montent l’opération, qui touchent des commissions et qui à l’arrivée représentent peu d’intérêt pour le football en lui-même », rappelle Laurent Lafon évoquant le cas du président de la LFP, Vincent Labrune, qui avait touché une commission de 600 000 euros après la conclusion du contrat entre la société commerciale et le fonds d’investissement.

Appels à la mobilisation

« Il faut réagir, la France doit se mobiliser, la FIFA n’appartient pas à une seule personne. Le président de la fédération française, Philippe Diallo, doit obtenir des garanties sur les retombées financières et s’assurer qu’elles bénéficient à tous », juge Michel Savin. Ce jeudi 30 juillet, la ministre des Sports, Marina Ferrari a publié un communiqué s’inquiétant du lancement d’un tel projet sans consultation préalable ni « transparence ». « L’annonce de la FIFA d’ouvrir ses activités commerciales à des investisseurs privés constitue un tournant majeur qui soulève de très graves interrogations sur la gouvernance et l’avenir du football mondial », écrit la ministre. Une position partagée par le président de la FFF qui a également exprimé ses interrogations dans un communiqué. 

« Il y a eu beaucoup de réactions dans le domaine sportif comme dans le domaine politique chez les Européens, mais est ce que cela suffira face à un projet aussi cynique ? » s’interroge Laurent Lafon. La confédération européenne, l’UEFA, a décidé de contre-attaquer en menaçant de boycotter les compétitions de la FIFA, dont la Coupe du monde, en cas d’aboutissement du projet. Une menace qui, si elle était mise à exécution, serait lourde de conséquences puisque les pays européens ont remporté cinq des six dernières Coupe du monde.

30.07.2026 à 19:42

Henri Clavier
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Après la publication d’un arrêté d’expulsion du territoire visant la chroniqueuse de CNews et Europe 1, Xenia Fedorova, les sénateurs se réjouissent de la décision du gouvernement. Ils saluent une mesure justifiée et proportionnée.
Texte intégral (1349 mots)

Sa présence et ses activités sur le territoire français ont été qualifiées d’atteintes « aux intérêts fondamentaux de l’Etat » et « une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public », affirme le quotidien Libération citant l’arrêté d’expulsion qui vise Xenia Fedorova. Cette dernière fait également l’objet d’une interdiction de séjour en Allemagne pour des motifs similaires.

L’ancienne présidente de la chaîne pro-russe Russia Today, fermée en Europe suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, officie depuis sur les médias des groupes Canal + et Lagardère. Réputée proche de Vincent Bolloré, elle intervient notamment sur CNews et Europe 1 et signe une chronique dans l’hebdomadaire le JDNews. La chroniqueuse est accusée de reprendre systématiquement la rhétorique du Kremlin sur la guerre en Ukraine et les relations avec la Russie et de participer à des activités de désinformation.

Une procédure fondée sur la menace pour « les intérêts fondamentaux de la Nation »

Le 10 mai dernier, Xenia Fedorova reprenait la terminologie russe pour qualifier la guerre en Ukraine évoquant une « opération militaire spéciale » avant d’ajouter que « c’est l’occident qui a décidé de prolonger ce conflit ». Plus récemment, le 27 juillet dernier, sur son compte X, la chroniqueuse assurait que la Russie ne connaissait aucune pénurie de carburants, ni de restriction d’accès à internet en réaction à un article de l’Express évoquant les difficultés du pays : « Je viens de raccrocher avec mes frères, l’un sur Telegram, l’autre sur WhatsApp. Internet fonctionne [en Russie]. Aucune pénurie d’essence. »

Depuis un an, selon certains anciens collaborateurs de la chaîne CNews comme le général et ancien consultant de la chaîne, Bruno Clermont, l’influence de la chroniqueuse s’était considérablement renforcée au sein du groupe Bolloré. Selon Bruno Clermont, il aurait été évincé de la chaîne après s’être opposé aux propos de Xenia Fedorova. Des éléments qui avaient poussé le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, à qualifier Xenia Fedorova de « propagandiste patentée ».

Afin d’expulser Xenia Fedorova, le ministère de l’Intérieur s’est appuyé sur l’une des procédures prévues par le Code d’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA). L’article 631-3 du CESEDA prévoit ainsi la possibilité d’expulser une personne si elle a porté atteinte aux principes fondamentaux de la Nation de manière délibérée ou si elle représente une menace grave et réelle pour l’ordre public. Pour les avocats de Xenia Fedorova, ces éléments ne sont pas constitués et ces derniers ont annoncé attaquer la légalité de l’arrêté devant la justice administrative. « Madame Fedorova est quelqu’un qui est en situation régulière sur le territoire […] j’entends des comparaisons qui sont faites sur le traitement des OQTF, on n’est pas sur ce sujet-là. On est sur un sujet qui est très grave, qui est celui d’une atteinte aux intérêts fondamentaux », a précisé le ministre de l’Intérieur sur BFM TV.

Le groupe Bolloré défend sa chroniqueuse

Dans un communiqué conjoint, le groupe Canal + et le groupe Lagardère apportent leur soutien à la chroniqueuse et dénoncent une menace pour la liberté d’expression. « La liberté d’expression ne se défend pas uniquement lorsque les opinions exprimées font consensus. Elle se défend précisément lorsqu’elles dérangent ou suscitent la contradiction, dès lors qu’elles s’inscrivent dans le débat démocratique, comme c’est le cas dans l’ensemble de nos médias », peut-on lire dans le communiqué.

En plus du groupe Bolloré, quelques soutiens sont venus des représentants les plus russophiles de la classe politique française. Le député européen du RN Thierry Mariani ou encore Nicolas Dupont-Aignan de Debout la France, ont exprimé leur soutien à la chroniqueuse.

Une mesure pour lutter contre la « guerre hybride » pratiquée par la Russie

A l’inverse, au sein du bloc central et dans les rangs du PS, plusieurs députés, notamment Arthur Delaporte (PS), Aurélien Rousseau (Place publique) ou Pieyre-Alexandre Anglade (Renaissance) se réjouissent de la décision du gouvernement. Ainsi, les détracteurs de Xenia Fedorova rejettent l’argument d’une atteinte à la liberté d’expression et considèrent que la mesure est justifiée. « Les autorités françaises ont pris une bonne décision, il est temps de se faire respecter face à une personne qui se fait l’écho de la propagande d’un pays agressif engagé dans une guerre hybride contre les soutiens de l’Ukraine », juge la députée européenne Nathalie Loiseau (Renew) qui a demandé l’inscription de Xenia Fedorova. Le 18 juin, à l’initiative de Nathalie Loiseau, le Parlement européen avait adopté une résolution demandant la mise sous sanctions européennes de Xenia Fedorova.

« Cela fait plusieurs mois qu’on a compris qu’elle était une propagandiste de Poutine qui distille sa propagande mensongère à longueur d’émission, particulièrement sur la guerre en Ukraine et au détriment des intérêts français donc, à ce moment-là, ce n’est pas une question de liberté d’expression », argumente la sénatrice socialiste, Laurence Rossignol. « Si on caractérise qu’elle fait la propagande du Kremlin, ça ne me choque pas du tout qu’elle soit expulsée, cela semble justifié », confie un membre de la majorité sénatoriale.

« La liberté d’expression doit être mise en balance avec la sécurité du pays »

Au sein du groupe Les Républicains, on fait également bloc autour de la décision du gouvernement. « On ne peut pas laisser proliférer des gens qui représentent une menace pour les intérêts de la Nation. La liberté d’expression doit être mise en balance avec la sécurité du pays, on ne peut pas jouer contre la France », estime le porte-parole du groupe LR au Sénat, Max Brisson. En mai dernier, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, issue des rangs de LR, avait été interpellée par des parlementaires à la suite de sa participation à un repas avec Xenia Fedorova.

Dans une question au gouvernement, Laurence Rossignol avait notamment reproché cette entrevue à la ministre et s’était inquiétée du renouvellement du titre de séjour de la chroniqueuse en 2024 y voyant les signes de la « porosité entre la droite et l’extrême-droite ». « On ne comprenait pas bien comment elle avait obtenu le renouvellement automatique de son titre de séjour dans un cadre aussi favorable. Aujourd’hui, je constate que le fait d’avoir interpellé le gouvernement a amené le ministre de l’Intérieur à reprendre le dossier et prendre les mesures qui s’imposent », se félicite Laurence Rossignol.

30.07.2026 à 15:48

Rédaction Public Sénat
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Ce jeudi 30 juillet, le ministre de l’Intérieur a tenu un point presse au cours duquel il a rappelé le risque encore « extrêmement important » d’incendies. Le ministre assure également que le feu de Gironde est « stabilisé mais pas fixé ».
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Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a assuré jeudi que les autorités ne baissaient « pas la garde » face au risque encore « extrêmement important » d’incendies, et ce malgré une « amélioration », notamment en Gironde. « Le risque reste extrêmement important puisqu’on est dans une situation de sécheresse forte », a déclaré le ministre lors d’un point presse après un point de situation sur les incendies au centre opérationnel de gestion interministérielle des crises (Cogic).

14 131 feux depuis le début de la saison

Selon lui, 26 départs de feu ont été enregistrés en France mercredi, des feux qui « partent très vite et très fort » en raison de la sécheresse. Au total, depuis le début de la saison, 14 131 feux ont été totalisés et 117 000 hectares ont été brûlés, a annoncé M. Nuñez. Malgré une « amélioration météo, on reste évidemment extrêmement vigilant et on considère que la situation est toujours assez compliquée », a-t-il relevé. « On ne baisse absolument pas la garde », a-t-il insisté. Au total, depuis le début de la saison, 14 131 feux ont été enregistrés, 117 000 hectares ont été brûlés.

L’incendie de Gironde « stabilisé mais pas fixé »

Concernant l’incendie qui a ravagé 42 000 hectares en Gironde, il est « stabilisé mais pas fixé », a rappelé le ministre. Quelque 3 300 sapeurs-pompiers restent déployés jeudi à l’ouest de la mégapole bordelaise et autour du bassin d’Arcachon où un début d’optimisme a gagné pompiers, militaires et forestiers mobilisés. Par ailleurs, les autorités ont procédé à « 275 interpellations », dont 70 % pour des incendies volontaires, a indiqué Laurent Nuñez.

(Avec AFP)

30.07.2026 à 09:00

Rédaction Public Sénat
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Dans le Gers, le Festival d’Astronomie fête sa 36ᵉ édition sous le signe d’un rendez-vous exceptionnel : l’éclipse solaire du 12 août 2026, l’une des plus impressionnantes en France depuis vingt-cinq ans.
Texte intégral (966 mots)

Chaque année depuis 1991, la première semaine d’août, Fleurance devient la capitale française de la culture scientifique. Le Festival d’Astronomie y réunit près d’une cinquantaine de chercheurs et plus de 20 000 festivaliers autour de conférences, cours et soirées d’observation. Mais cette 36ᵉ édition, du 31 juillet au 7 août, aura un fil conducteur bien particulier : dans les jours qui suivront sa clôture, une éclipse solaire totale traversera l’Espagne et en France, sous une forme partielle mais tout aussi spectaculaire.  

Affiche du Festival d'Astronomie de Fleurance 2026
Crédits photo : Affiche du Festival d’Astronomie de Fleurance 2026

Une éclipse « quasi totale » dans le Sud-Ouest  

Le 12 août, la Lune masquera intégralement le Soleil sur une bande étroite courant de l’Islande jusqu’aux Baléares, en passant par le nord de l’Espagne. La France métropolitaine restera hors de cette zone de totalité, mais le phénomène y sera tout aussi visible : dans le Sud-Ouest, la couverture du disque solaire devrait avoisiner les 98 %, l’une des éclipses partielles les plus fortes observées dans la région depuis celle de 1999.  

C’est dans ce contexte que le festival a bâti tout un volet dédié à l’éclipse. Un cycle de conférences grand public, programmé chaque après-midi du 2 au 7 août, retrace l’histoire et la science de ces phénomènes, entre expéditions scientifiques et place des éclipses dans l’imaginaire collectif. Des observations gratuites du soleil, encadrées par des astronomes, sont proposées toute la semaine sur plusieurs sites de la ville, afin d’apprendre les bons gestes avant le jour J : lunettes certifiées ISO 12312-2 obligatoires, aucune improvisation possible face aux risques pour la rétine.  

Extrait du dossier de presse
Crédits photo : Extrait du dossier de presse

« La science n’appartient à personne »  

Cette édition marque aussi un tournant dans la vie de l’événement. Après trente-cinq ans sous la houlette de Bruno Monflier, le festival est désormais présidé par Jean-Baptiste Desbois, ancien directeur de la Cité de l’espace de Toulouse. « J’ai la conviction profonde que la science n’appartient à personne et qu’elle appartient à tout le monde », résume-t-il. « Ici, l’astrophysicien de renom et le jeune curieux partagent la même émotion face au ciel. C’est rare. C’est précieux. »  

Fondé sous le parrainage d’Hubert Reeves, le festival a accueilli plus de 500 scientifiques en trente-six ans et revendique le titre de plus grand rassemblement d’astronomie d’Europe. Sa marque de fabrique : des formats qui mêlent rigueur et endurance, comme le Marathon des Sciences, douze conférences enchaînées de midi à minuit (thème 2026 : « Paradoxes »), ou le Marathon des Transitions, consacré cette année à l’acceptation sociale des grands bouleversements écologiques.  

Autour de ces temps forts, la semaine décline plus de cent activités pour tous les âges : festival du film scientifique en avant-première, village de jeux gratuit pour les familles, chasse aux météorites avec le réseau Vigie-Ciel, ou encore soirées d’observation à la belle étoile sur le terrain de foot de la ville. De quoi lever les yeux vers le ciel bien avant que la Lune ne s’invite, le 12 août, dans le grand rendez-vous de l’été. 

Extrait du dossier de presse
Crédits photo : Extrait du dossier de presse

Festival d’Astronomie de Fleurance, du 31 juillet au 7 août 2026, à Fleurance (Gers)
36ème Festival d’Astronomie de Fleurance 

29.07.2026 à 18:27

Henri Clavier
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Avançant des risques d’ingérences ou financiers, gouvernement et banques françaises cherchent une solution qui permettrait aux candidats à la présidentielle d’obtenir des prêts pour leurs campagnes électorales, alors que plusieurs formations politiques peinent régulièrement à trouver des financements.
Texte intégral (1409 mots)

« Pour garantir le bon déroulement de la campagne et de ses enjeux démocratiques, il est essentiel que tous les candidats, quel que soit leur bord politique, puissent accéder à des financements français pour financer leur campagne », ont fait valoir jeudi 23 juillet les services du Premier ministre Sébastien Lecornu.

Lors d’une réunion la semaine dernière rue de Varenne, entre le cabinet du Premier ministre et des représentants des principales banques françaises, une piste a été évoquée qui consisterait en « un accord entre plusieurs banques, dans le cadre duquel l’État pourrait couvrir une partie du risque de non-recouvrement », précise-t-on. A l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la question du financement des campagnes et des partis politiques revient avec force. L’objectif affiché par le gouvernement est que « tous les candidats, quel que soit leur bord politique, puissent accéder à des financements français », expliquait, le 27 juillet, la porte-parole Maud Bregeon.

Pourquoi est-il aussi dur d’obtenir un prêt ?

« La France se caractérise par un fort degré de réglementation, qui trouve ses limites dans la liberté d’action des partis et d’accès aux candidatures », explique Jean-Pierre Camby, docteur en droit et ancien administrateur de l’Assemblée nationale, pour résumer le fonctionnement du financement des campagnes électorales. Concrètement, l’accès aux prêts bancaires en vue d’une campagne électorale peut se révéler périlleux pour n’importe quelle formation politique. Ce fut notamment le cas pour Emmanuel Macron en 2017, qui, comme l’explique L’argus de l’assurance, avait dû souscrire une police d’assurance pour convaincre le Crédit mutuel d’octroyer le prêt.

La frilosité des banques en la matière s’explique principalement par le cadre juridique français exposant les établissements de crédits à un niveau important d’incertitude. En effet, pour obtenir le remboursement de leurs frais de campagne, les candidats doivent atteindre le seuil de 5 % des suffrages exprimés. Ce score permet alors de déclencher le remboursement de 47,5 % des frais de campagne. En 2022, les candidats de LR, du Parti socialiste ou encore des écologistes avaient échoué à atteindre le seuil des 5 % contraignant Yannick Jadot et Valérie Pécresse à lancer des appels aux dons.

Enfin, pour être effectivement remboursés, les candidats doivent obtenir l’approbation de leurs comptes de campagne par la Commission Nationale des Comptes de Campagne et des Financements Politiques (CNCCFP). La CNCCFP vérifie alors que les candidats ont respecté le plafond de dépenses autorisé, qui s’élève pour le premier tour de l’élection présidentielle à 16,8 millions d’euros, avant d’ouvrir le droit au remboursement. En 2012, le rejet des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy avait empêché le remboursement des dépenses engagées. Daniel Baal, président de la Fédération française des banques, assure que les banques veulent « contribuer au financement de la vie politique », mais réclament des « solutions publiques » aux risques liés à ce type de prêt.

L’exemple du RN

En 2017 et en 2022, le parti de Marine Le Pen avait eu d’importantes difficultés à se financer auprès des banques françaises qui avaient refusé d’octroyer des prêts à la candidate, craignant de perdre une importante partie de leurs clientèles. Cette dernière avait alors contracté un prêt auprès d’une banque russe en 2014 puis auprès d’une banque hongroise pour 2022.

Si le cas du RN est le plus frappant, les banques font preuve, de manière générale, d’une certaine réticence pour octroyer des prêts aux partis politiques. En plus du risque réputationnel, les garanties offertes sont souvent faibles et les capacités de remboursement incertaines. Par exemple, le Rassemblement national affichait, en mars, une dette de 8,5 millions d’euros, notamment liée à la condamnation du parti et de ses cadres dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national au Parlement européen.

« Le financement de la vie politique répond à des exigences qui ne se concilient pas aisément : liberté d’organisation et d’expression des partis, égalité entre compétiteurs, sincérité du scrutin, prévention de la corruption, traçabilité des flux financiers et, désormais, protection de l’espace public contre les ingérences étrangères et les manipulations numériques », observait Alexis Fourmont, maître de conférences en droit public à l’Université Panthéon-Sorbonne dans un entretien avec la CNCCFP, le 16 juillet dernier.

Vers un consortium de banques soutenu par l’Etat ?

Afin de répondre à cette équation et pallier les contraintes imposées par un droit électoral exigeant mais protecteur, le gouvernement chercherait, selon le journal Le Monde, une solution de compromis. Matignon tablerait alors sur un « pool » de banques, afin de préserver la réputation des banques. Les banques prêteraient alors collectivement aux partis et non uniquement en leur nom propre. En échange, les banques souhaiteraient obtenir une garantie de la part de l’Etat assortie à ce prêt collectif pour faire face au risque financier inhérent à toute candidature. Si ce projet venait à aboutir, il consisterait assurément une petite révolution dans le mode de financement des campagnes électorales.

Par ailleurs, ces tendances confirment la mise en sommeil définitive du projet de « banque de la démocratie » chère au précédent premier ministre, François Bayrou. En effet, le Béarnais en avait fait, en 2017, une condition de son ralliement à Emmanuel Macron. Cette banque publique devait assurer un accès équitable aux prêts et permettre aux partis de ne plus dépendre des banques privées. Le projet avait été abandonné une première fois, en 2018, après la démission de François Bayrou de son poste de garde des Sceaux. Durant son court passage à Matignon, l’ancien maire de Pau n’est pas parvenu à relancer le projet malgré une volonté affichée lors de son discours de politique générale.

Le risque d’ingérences étrangères

En s’appuyant sur un consortium de banques bénéficiant d’une garantie de l’Etat, Matignon pourrait éviter le processus de création d’une banque publique impliquant une adoption rapide par le Parlement. Selon l’exécutif, le recours à un établissement bancaire français permettrait également de limiter les risques d’ingérences étrangères. 

Si la loi de confiance dans la vie publique de 2017 écarte la possibilité de contracter un emprunt auprès d’une banque située hors de l’espace économique européen, le risque d’ingérence dans les élections reste une préoccupation majeure de l’exécutif. En effet, le gouvernement défendra à la rentrée un projet de loi visant à renforcer la réponse apportée aux ingérences étrangères en période électorale. En juin dernier, le président de la CNCCFP suggérait d’aller plus loin et d’interdire les prêts réalisés par des personnes physiques résidant hors de France. Ce dernier évoquait la multiplication de prêts contractés auprès de particuliers dans des conditions discutables, notamment de la part des partis ayant le plus de difficultés à obtenir des crédits bancaires. Une proposition qui illustre, une fois de plus, la tension entre liberté de candidature et la nécessaire traçabilité des flux financiers.

27.07.2026 à 10:03

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Nous commençons cette semaine par un focus sur la gestion de l'eau à Lisbonne. Puis reportage sur la fonte des glaciers qui fait bouger la frontière entre Suisse et Italie. Deux belles découvertes pour terminer nous suivrons la chef étoilée Ghislaine Arabian à Tanger et partirons à la récolte du jasmin de Grasse, un trésor pour les parfumeurs.
Texte intégral (1409 mots)
Nous commençons cette semaine par un focus sur la gestion de l'eau à Lisbonne. Puis reportage sur la fonte des glaciers qui fait bouger la frontière entre Suisse et Italie. Deux belles découvertes pour terminer nous suivrons la chef étoilée Ghislaine Arabian à Tanger et partirons à la récolte du jasmin de Grasse, un trésor pour les parfumeurs.

27.07.2026 à 10:03

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Aujourd'hui dans Mediterraneo du vent dans les voiles, le vent est une des solutions pour décarboner le transport maritime, nous avons embarquer à bord d'un voilier d'une coopérative marseillaise qui transportent des produits issus de l'agriculture raisonnée. Et nous visiterons le Monténégro et ses trésors naturels. Des plages sublimes, un canyon qui est le plus profond d'Europe. Le pays attire de plus en plus de touristes en quête de nature , un défi à relever...
Lire plus (93 mots)
Aujourd'hui dans Mediterraneo du vent dans les voiles, le vent est une des solutions pour décarboner le transport maritime, nous avons embarquer à bord d'un voilier d'une coopérative marseillaise qui transportent des produits issus de l'agriculture raisonnée. Et nous visiterons le Monténégro et ses trésors naturels. Des plages sublimes, un canyon qui est le plus profond d'Europe. Le pays attire de plus en plus de touristes en quête de nature , un défi à relever...

27.07.2026 à 09:55

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C'est un peuple qui a su préserver son identité francophone contre vents et marées. Ivan Kabacoff traverse le Nouveau-Brunswick, seule province canadienne officiellement bilingue anglais/français, pour découvrir l'histoire tragique et émouvante des Acadiens et leur passion pour la mer, en particulier la pêche au homard.
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C'est un peuple qui a su préserver son identité francophone contre vents et marées. Ivan Kabacoff traverse le Nouveau-Brunswick, seule province canadienne officiellement bilingue anglais/français, pour découvrir l'histoire tragique et émouvante des Acadiens et leur passion pour la mer, en particulier la pêche au homard.

27.07.2026 à 09:55

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C'est un peuple qui a su préserver son identité francophone contre vents et marées. Ivan Kabacoff traverse le Nouveau-Brunswick, seule province canadienne officiellement bilingue anglais/français, pour découvrir l'histoire tragique et émouvante des Acadiens et leur passion pour la mer, en particulier la pêche au homard.
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27.07.2026 à 09:51

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"Le Grand jury RTL - Public Sénat" est une émission politique majeure proposée en direct sur Public Sénat, et en simultané sur RTL. Ce grand rendez-vous politique du dimanche est présenté par Olivier Bost, chef du service politique de RTL et Perrine Tarneaud de Public Sénat.
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