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« Il n’y a que le provisoire qui dure ». Au Liban, cette phrase n’est pas une simple formule, mais une manière de vivre. C’est le point de départ de ce deuxième épisode de L’Orient-La Nuit.

Autour de la table, deux invités incarnent chacun à leur manière cette expérience du temps suspendu. Fouad Elkoury, l’un des plus grands photographes du monde arabe, auteur, entre autres ouvrages, de « Liban provisoire » (Fernand Hazan, 1998), et Aline Kamakian, fondatrice notamment du restaurant Mayrig, promotrice de la cuisine arménienne et cheffe engagée au sein de World Central Kitchen, une ONG qui officie à travers le monde entier et, au Liban, distribue des repas aux déplacés de guerre. Deux parcours, deux façons d’habiter l’incertitude.

(À écouter également sur la plateforme Podbean. Si vous cliquez sur pause, une fenêtre va apparaitre qu'il faudra refermer, en cliquant sur la croix en haut à droite, pour reprendre la lecture)

Tous deux sont profondément ancrés dans ce pays où l’urgence n’est plus un état exceptionnel mais permanent. Le provisoire s’installe, devient structure, façonne notre rapport au monde. Dans cet espace sans fondation stable, le rapport à demain se brouille, le futur devient difficile à imaginer autrement que comme répétition ou rupture.

Cette suspension permanente fait émerger une forme de « barzakh » contemporain : ni pleinement ici, ni déjà ailleurs, ni totalement dans la catastrophe, ni vraiment dans l’après. Un espace où les vies se déploient sans horizon, prises dans une panne de l’imaginaire politique autant que dans l’érosion des possibles.

La conversation est ponctuée d’un témoignage recueilli par Clara Hage auprès de Nasser, un déplacé du Liban-Sud et de messages vocaux laissés par nos lecteurs. Tous donnent à entendre les formes multiples de cette vie en suspens — parfois subie, parfois assumée, parfois transformée en stratégie de survie.

L’Orient-La Nuit, c’est :

  • Une conversation (avec un ou plusieurs invités) menée par Anthony Samrani et Stéphanie Khouri : échange avec des penseurs, des écrivains, des artistes, des responsables d’associations, ou encore des soignants, ces voix connues ou moins connues qui donnent au Liban toute son âme.
  • Des reportages audio réalisés par Clara Hage aux quatre coins du pays.
  • Des respirations culturelles (concert, lecture de poèmes, interventions artistiques diverses) avec des artistes libanais comme des artistes du monde entier qui souhaitent exprimer leur solidarité avec le Liban.
  • Des témoignages de Libanais du Liban et de la diaspora à partir d’une collecte de messages vocaux laissés sur un numéro WhatsApp de L’Orient-Le Jour (appel à témoignages autour des questions abordées dans les émissions).
  • Un podcast à retrouver sur les plateformes suivantes :

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Six personnes, dont un soldat libanais, ont été blessés vendredi dans des échanges de tirs, avant une perquisition à l'intérieur d'une usine de fabrication de drogue du quartier de Charawné, à Baalbeck.

L'armée libanaise a indiqué avoir essuyé des tirs de la part de deux suspects alors qu'elle était en chemin pour mener cette descente à Charawné, quartier connu pour abriter des producteurs et fabricants de produits stupéfiants. Selon un communiqué de l'armée, les deux prévenus ont barré la route à la patrouille et lui ont tiré dessus. Les soldats ont alors ouvert le feu en direction des tireurs, ce qui a provoqué un incendie dans leur véhicule à cause de la présence de munitions et de produits inflammables. La troupe a alors réussi à secourir l'un des suspects, un ressortissant syrien, et à l'emmener à l'hôpital. Le second n'a pas pu être évacué à cause du feu, poursuit le texte, sans plus de détails sur le sort de cet homme.

L'attaque a fait six blessés légers, un soldat et cinq civils. La patrouille a ensuite poursuivi son opération et effectué une perquisition à l'intérieur de l'usine où elle a trouvé des machines utilisées pour la fabrication de stupéfiants ainsi que de grandes quantités de drogues, de type non-spécifié. La troupe parachève ses opérations pour arrêter d'autres suspects.

Le quartier de Charawné est le théâtre d’affrontements réguliers entre repris de justice et forces de l’ordre. En juillet 2025, l’armée libanaise avait démantelé l’une des plus grandes usines d'amphétamine de type captagon du pays dans le village de Yammouné. En novembre dernier, elle avait arrêté Nouh Zeaïter, le plus célèbre des barons libanais de la drogue.

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Le département d’État américain a confirmé l'organisation, les 14 et 15 mai, de discussions « intensives et détaillées » facilitées par les États-Unis, entre les « gouvernements d'Israël et du Liban ». Il s'agira des premières négociations au niveau de délégations gouvernementales, après deux rounds de discussions au niveau des ambassadeurs, les 14 et 23 avril derniers.

Un responsable du département d’État avait déjà annoncé la date de ces futures négociations jeudi et, en prévision de ces pourparlers, le président libanais Joseph Aoun a reçu dans la journée le chef de la délégation de négociateurs, Simon Karam. Beyrouth insiste pour un arrêt des attaques israéliennes contre le Liban avant toute réunion avec les Israéliens, alors que la situation est en pleine escalade au Liban-Sud depuis plusieurs jours.

Dans un communiqué publié sur le site du département d’État, le porte-parole Thomas Pigott a souligné que les deux délégations « engageront des discussions détaillées visant à faire progresser un accord global de paix et de sécurité répondant de manière substantielle aux préoccupations fondamentales des deux pays. » « Ces pourparlers visent à rompre de façon décisive avec l’approche défaillante des deux dernières décennies, qui a permis à des groupes terroristes de s’enraciner et de s’enrichir, d’affaiblir l’autorité de l’État libanais et de menacer la frontière nord d’Israël », a ajouté le département d’État. L'objectif de ces discussions est d'établir un « cadre pour des arrangements durables de paix et de sécurité, le rétablissement complet de la souveraineté libanaise sur l’ensemble de son territoire, la délimitation des frontières, ainsi que la création de mécanismes concrets pour l’aide humanitaire et la reconstruction au Liban. » « Les États-Unis saluent l’engagement des deux gouvernements dans ce processus et reconnaissent qu’une paix globale dépend du rétablissement complet de l’autorité de l’État libanais ainsi que du désarmement total du Hezbollah », a ajouté M. Pigott.

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Donald Trump a annoncé vendredi un cessez-le-feu de trois jours entre l'Ukraine et la Russie à partir de samedi, disant espérer que cette trêve signe le « début de la fin » du conflit. Moscou avait déjà décrété de son côté une trêve avant les commémorations en Russie du 9-Mai, mais l'Ukraine comme la Russie ont poursuivi leurs attaques de drones après cette annonce unilatérale.

« Espérons que ce soit le début de la fin d'une guerre très longue, meurtrière et difficile », a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social, précisant que le cessez-le-feu serait accompagné d'un « échange de prisonniers de 1.000 détenus de chaque pays ». Donald Trump, qui n'en est pas à sa première déclaration de ce genre, a jugé que l'issue de la guerre était « de plus en plus proche », alors que les discussions ont repris cette semaine entre négociateurs ukrainiens et américains en Floride (sud-est). Ces pourparlers étaient passés au second plan depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Vendredi, Volodymyr Zelensky a dit espérer la venue en Ukraine des négociateurs américains dans les prochaines semaines.

Juste après la publication du message de Donald Trump, le président ukrainien a ordonné à l'armée de ne pas attaquer le défilé prévu samedi sur la place Rouge. Moscou a aussi confirmé avoir accepté la trêve et l'échange de prisonniers.

Défilé

La Russie avait menacé de lancer une frappe massive au cœur de Kiev si l’Ukraine venait à perturber ce défilé du 9-Mai, date de célébrations en Russie de la capitulation allemande en 1945.

À Kiev, des habitants interrogés vendredi par l'AFP ont balayé la menace russe. « Il ne se passera rien de nouveau », estime Vassyl Kozar, employé de banque de 40 ans. « Je suis inquiet mais c'est devenu la routine ». Viktoria Dorofeïeva, ingénieure de 30 ans, va « simplement aller dans un abri ». « C’est le maximum que je ferai ».

Selon des sources au sein du pouvoir ukrainien interrogées vendredi par l'AFP avant l'annonce de Donald Trump, aucune mesure sécuritaire spécifique n'était prévue. « On fait simplement un doigt d'honneur », a dit une députée sous le couvert de l'anonymat.

L'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine lancée en 2022 et entrée dans sa cinquième année, a fait des centaines de milliers de morts. C'est le conflit en Europe le plus sanglant depuis la Seconde Guerre mondiale.

« De manière symétrique »

Volodymyr Zelensky avait accusé vendredi matin sur X Moscou de n'avoir même pas tenté de respecter le cessez-le-feu qu'elle avait elle-même décrété. Selon l'armée de l'air ukrainienne, Moscou a lancé dans la nuit 67 drones de longue portée contre le pays, son chiffre le plus faible en près d'un mois. La Russie a assuré vendredi avoir riposté « de manière symétrique » aux « violations » par l'Ukraine de la trêve. La défense aérienne russe a quant à elle intercepté 409 drones ukrainiens depuis l'entrée en vigueur de son cessez-le-feu. Un drone lancé par l'Ukraine a tué un homme de 41 ans et sa fille de 15 dans la partie de la région ukrainienne de Kherson occupée par les Russes, a annoncé l'administration soutenue par Moscou.

Volodymyr Zelensky s'est félicité vendredi d'une frappe ukrainienne contre un dépôt pétrolier dans la région de Iaroslav, à environ 200 km au nord-est de Moscou. Les services de sécurité ukrainiens ont pour leur part dit avoir frappé une raffinerie dans la région russe de Perm, dans l'Oural.

Attaques ukrainiennes et russes

Par ailleurs, 13 aéroports russes ont été fermés dans le sud de la Russie après qu'un drone ukrainien a touché un bâtiment administratif lié au trafic aérien à Rostov-sur-le-Don. Il a ensuite été annoncé que les vols avaient partiellement repris.

Vladimir Poutine a convoqué une réunion du Conseil de sécurité de la fédération de Russie au sujet de cette frappe, la qualifiant « d'acte de nature terroriste ».

Ces dernières semaines, l'armée ukrainienne, qui a renforcé ses capacités en matière de drones, a intensifié ses frappes, atteignant des cibles situées à des centaines de kilomètres de l'Ukraine. La Russie a annoncé qu'il n'y aurait pas d'équipements militaires lors du défilé du 9-Mai à Moscou, pour la première fois en près de 20 ans.

Des coupures intermittentes d'internet ont en outre été ordonnées dans la capitale russe.

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Le ministère syrien de l'Intérieur a annoncé vendredi l'arrestation d'un ancien général syrien accusé d'avoir participé, sous le pouvoir de Bachar el-Assad, à l'une des attaques chimiques les plus meurtrières de la guerre civile, sur la Ghouta orientale en 2013.

« Khardal Ahmad Dayoub, ancien général de brigade (...) et chef de la branche du renseignement de l'armée de l'air de Daraa », a été arrêté, notamment pour avoir « contribué à coordonner (...) le bombardement de la Ghouta orientale avec des armes chimiques prohibées par le droit international », selon le communiqué du ministère.

Le 21 août 2013, les forces syriennes mènent des attaques dans la Ghouta orientale et à Mouadamiyat al-Cham, des secteurs alors aux mains des rebelles dans cet ancien verger de la capitale. Les images d'hommes, de femmes et surtout d'enfants inanimés, l'écume aux lèvres, choquent le monde, tandis que des militants affirment que des familles entières ont été décimées. L'opposition attribue l'attaque au pouvoir de Bachar el-Assad, mais ce dernier dément toute implication. Les Etats-Unis évoquent un chiffre d'au moins 1.429 morts, dont 426 enfants, et accusent également Damas d'avoir mené l'attaque, franchissant la « ligne rouge » fixée par le président Barack Obama pour une intervention en Syrie. Mais Washington renonce au dernier moment à mener des frappes contre le pouvoir avec ses alliés, acceptant l'offre du parrain russe de Damas de démanteler l'arsenal chimique syrien.

« Coordination » avec l'Iran et le Hezbollah

L'arrestation de Khardal Dayoub est la dernière en date visant d'anciens responsables du pouvoir d'Assad, renversé en 2024. Un ancien général syrien, Adnan Abboud Hilweh, lui aussi accusé d'être l'un des responsables de l'attaque chimique contre la Ghouta orientale, a été arrêté en avril.

Khardal Dayoub est également accusé d'exécutions arbitraires de civils et de « coordination avec les renseignements iraniens et la milice du Hezbollah », qui soutenaient tous deux le gouvernement face aux rebelles, selon le ministère.

Le conflit en Syrie, déclenché en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, a fait plus d'un demi-million de morts et déplacé des millions de personnes.

Une première audience du procès du président syrien déchu et de figures clés de son entourage s'est tenue le 26 avril devant un tribunal syrien, en présence d'un seul accusé. Assad a fui à Moscou en décembre 2024. Après leur arrivée au pouvoir, les nouvelles autorités islamistes ont procédé à plusieurs arrestations d'anciens responsables et promis justice pour les crimes du précédent pouvoir.

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