Voir Berlinguer et Aldo Moro, en janvier et février 1978, négocier pour gouverner ensemble, alors qu’à l’extérieur de la salle les macronistes, socialistes et écologistes se montrent incapables d’exercer pour un temps le pouvoir en coalition, ne manque pas d’ironie, dans une étrange dissonance des temps. De même, entendre le héros débattre de ses 1, 5 ou 1, 7 million d’adhérents sidère au vu de la désaffection partisane actuelle. L’Italie des années 1970 ne ressemble pas à la France des années 2020
En septembre 2025, Philippe de Villiers, l’inventeur du parc d’attractions et de spectacles du Puy du Fou, devenu plus récemment auteur de best-sellers nationalistes célébrant la France et ses racines chrétiennes, a lancé une pétition pour que soit organisé un référendum sur l’immigration. Autrement dit, un référendum en faveur d’une « remigration », pour mettre fin au « grand remplacement » de la population française « de souche », soit sauver la France de l’islamisation et de la submersion par
« L’utopie vivante du Théâtre du Peuple1 » et sa devise « par l’art et pour l’humanité » ont été entretenus par tous les successeurs de Maurice et Camille Pottecher, fondateurs de ce singulier festival au sein de l’étonnant théâtre en bois qui attire, depuis treize décennies, des milliers de spectateurs dans le petit village vosgien de Bussang. Cette longévité miraculeuse a été fêtée, en cette année 2025, sous les auspices de la « jubilation » - ainsi que l’artiste Julie Delille, directrice des lieux
L’autre vie est possible, plus loin, mais l’autre vie, à un chien près, ne sert à rien. Partout les roulettes de caddie font le même bruit. Plus loin, nuit et jour reposeraient l’un sur l’autre, pareil. Là-bas, c’est périr calmement en cherchant la lumière. Ici, c’est crever brutalement, les yeux dans la lune. Ariel Kenig, La Pause, Paris, Denoël, 2006. La Pause, d’Ariel Kenig, confronte deux imaginaires du travail. Le père, ouvrier, habite le travail comme promesse collective. Chaque geste compte,
C’est la magie des grands films de leur temps de donner le sentiment que l'on connaît intimement leurs personnages. Car la puissance des affects de ces trois-là, joués par trois acteurs en osmose (Salif Cissé, Paul Kircher et Idir Azougli) résulte d’un travail de scénario et de mise en scène au cordeau. D’où vient cette énergie, et comment a-t-elle circulé au sein de l'équipe? C'est ce que nous avons tenté de comprendre dans notre entretien avec Hubert Charuel et Claude Le Pape, co-auteurs du film.
J’ai rencontré Gérard Chaliand en février 2018, par hasard. J’étais encore étudiant. Alors que mes camarades et moi cherchions une personnalité à inviter pour notre colloque de master, j’avais suggéré son nom après un désistement. Je découvrais pourtant à peine ses travaux, mais son écriture, avec ses aphorismes serrés, me plaisait. Gérard répondit favorablement à notre invitation. Je le découvris donc quelques semaines plus tard, avec sa casquette sur les yeux et son blouson en cuir. Il avait déjà
La communauté internationale vient de perdre l’un des plus remarquables artisans de la coopération sanitaire : décédé en juillet 2025, le médecin britannique David Nabarro était conseiller spécial du Secrétaire général des Nations unies pour le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et le changement climatique. Tout au long de sa carrière au sein des Nations unies, David Nabarro a œuvré pour renforcer les systèmes de santé, notamment ceux des pays en développement, dans leurs fonctions
Le chaos politique et institutionnel né de la démission de Sébastien Lecornu est la conséquence de la stratégie déployée par Emmanuel Macron depuis 2017, et non uniquement l’effet à retardement de la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024. Dans un contexte de fragmentation politique, sa stratégie a reposé sur la recherche d’un point d’équilibre, auquel des électeurs de gauche et de droite pourraient se rallier. Elle a permis de gagner l’élection présidentielle mais empêche de gouverner.
Sommes-nous devenus des « illettrés de l’héroïsme » ? C’est cette question provocatrice que posait récemment le professeur de psychologie Scott T. Allison, fer de lance des heroism studies aux États-Unis. Le terme n’est pas employé explicitement par François Azouvi dans son dernier ouvrage consacré à ce double phénomène contemporain que serait le déclin de de l’héroïsme et son corollaire : la reconnaissance accrue du statut des victimes1. Néanmoins, l’analyse qu’il produit de l’assassinat d’Arnaud
Animé d’une forte passion pour la science, qu’il considère comme du « sens commun éclairé », Karl Raimund Popper (1902-1994) se montre impitoyable avec les rhéteurs obscurs ; intransigeant avec les dogmatiques, les « prophètes du pessimisme » et autres collapsologues ; toujours sensible aux misères du monde autant qu’à celles de l’historicisme. Nombreux sont celles et ceux qui réduisent sa pensée à la seule philosophie des sciences alors que La Quête inachevée (1976) montre combien tant son œuvre
La société étasunienne semble ne pas s’être remise d’avoir abrité, dans les années 1970, quelques milliers de radicaux de gauche et une organisation terroriste aussi ambitieuse dans ses cibles que le Weather Underground, puisque des fictions en décrivent une fois par décennie l’héritage difficile de ses membres : le roman Vineland (1990) de Thomas Pynchon, ainsi que les films À bout de course (Sidney Lumet, 1988), Sous Surveillance (Robert Redford, 2012) et désormais Une bataille après l’autre (Paul
La pandémie mondiale, la guerre en Europe, à Gaza et au Proche-Orient, et le rapprochement des catastrophes climatiques auraient dû nous apporter une conscience accrue des relations humaines ou non humaines à l’échelle de la planète. Il n’en est rien, en apparence du moins. La guerre contre la paix, la destruction contre une transition durable : tout semble encore à faire. La mise en doute des systèmes industriels, économiques et sociaux forme la cause d’une série de crises ou d’un « moment critique1