Sur les murs de nos villes, mais de nos jours sans crainte, des doigts errants affichent au vol leurs opinions, protestations, propositions ; messages allant du pense-bête élémentaire à l’interrogation métaphysique. Aucun doute, dans la foule anonyme des passants circulent de la réflexion, du jugement, de l’aveu, du rêve. Le journal intime de la vie des villes s’écrit en public.
On peut dire que le scrutin des élections municipales qui s’achève se caractérise par son opacité, en écho sans doute au temps qui est le nôtre et que je nommerais volontiers « troublé », « troublant » ou « perturbant ». Certes, les municipales ne fournissent jamais de lecture nationale simple tant elles mêlent logiques locales, sociologiques, personnelles et partisanes. Elles résistent aux récits immédiats et à la perspective d’une victoire ou d’une défaite globale. Que peut-on affirmer ? On peut
Le 8 avril, la chambre de l’instruction du tribunal de Paris devait rendre une décision très importante. Celle-ci est désormais repousée au 6 mai. Si elle confirme un non-lieu, cela pourrait handicaper dramatiquement la liberté de recherche historique et d’enquête journalistique sur le dernier génocide du xxe siècle : celui perpétré au Rwanda en 1994. Ce génocide, comparable à la Shoah et à celui des Arméniens, visait les Tutsi, désignés comme une « race » par l’idéologie exterminatrice du régime