Le 2 septembre 2026, en visite à la yeshiva de Sdérot, à quelques kilomètres de Gaza, Benyamin Netanyahou écoute des étudiants entonner devant lui « Zochreini Na », chant de vengeance composé en 1996 sur la prière de Samson contre les Philistins, où les chanteurs ont pris l’habitude de remplacer les Philistins par la Palestine. Il sourit. La scène est filmée, diffusée, commentée une journée, puis elle disparaît1. Ce qui mérite attention n’est pas le chant mais le peu de réactions qu’il a suscitées.
Václav Havel aurait fêté ses 90 ans cette année, et du haut de cet âge de sagesse, il aurait sans doute souri en voyant les débats actuels sur l’intelligence artificielle. Non pas avec cette ironie amère qui lui était si caractéristique face aux absurdités et violences des systèmes totalitaires, mais avec cette lueur d’espoir têtu qui animait toujours ses réflexions sur le progrès humain. Ainsi, il est possible de lire comme une prémonition ce qu’il écrivait, en 1978, dans Le Pouvoir des sans-pouvoir1
Il y avait environ 24 000 habitants dans la petite cité d’Olechky, située près de Kherson, avant la guerre d’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie. Occupée depuis mai 2022, déjà frappée par l’inondation (à plus de 90 %) due au bombardement criminel russe du barrage de Khakovta le 6 juin 2023, la ville tentait de survivre, en se vidant de sa population aujourd’hui de deux mille habitants. Olechky vit sous le talon de fer de l’occupation russe dont le programme de russification ne consiste