31.08.2026 à 18:33
Framasoft
C’est la rentrée !
Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle ne commence pas bien pour les hébergeurs alternatifs.
Nous sommes un peu débordé⋅es aujourd’hui (retour de congés oblige), mais il nous paraissait quand même utile de vous transmettre sans attendre l’information qui suit.
Tiré du site IndyMedia Nantes :
Ce 26 août 2026, l’administration des États-Unis d’Amérique a désigné comme organisation terroriste internationale l’association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). Derrière ce nom, ce sont 25 ans de mémoire et d’outils des luttes sociales, d’autogestion numérique qui se voient attaquées. A/I, c’est un peu le Riseup italien. Iels hébergent des milliers de boîtes mails et de listes de diffusion ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurés ou menacés. Cette décision, dont les premières conséquences commencent à apparaître, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D’ici-là, la communauté hacker internationale appelle à une large mobilisation de solidarité antifasciste pour la défense de nos infrastructures et pour l’autonomie de nos réseaux numériques alternatifs.
En tant qu’hébergeur alternatif, Framasoft soutient l’association Autistici/Inventati.
La signature de Framasoft à la lettre ouverte de Sabot.Media et We Will Free Us est en attente de validation.
Nous reviendrons probablement dans quelques jours sur cette information.
En attendant, voici quelques liens qui pourront vous en apprendre plus :

Capture écran de l’ordre exécutif 13224 du Département d’État des États-Unis d’Amérique. Source : https://www.state.gov/releases/office-of-the-spokesperson/2026/08/designation-of-autistici-inventati-as-a-specially-designated-global-terrorist/
En défense d’Autistici/Inventati et du droit de créer des moyens de communication résistants
Le 26 août 2026, les États-Unis ont désigné le collectif numérique italien Autistici/Inventati comme « Specially Designated Global Terrorist » (Terroristes internationaux) et l’ont ajouté à la liste d’organisations placées sous sanctions états-uniennes appelée « Specially Designated Nationals list », sous l’ordre exécutif 13224. Les organisations états-uniennes en lien avec Autistici/Inventati (banques, fournisseurs…) bénéficient d’une autorisation temporaire de mener à bien les transactions déjà engagées avec A/I avant cette classification. Cette autorisation prend fin le 25 septembre 2026 à 00h01 à l’heure de Washington. Après cette date limite, les relations devront être suspendues, sous peine de sanctions.
Autistici/Inventati héberge depuis 2001 des services en ligne non marchands : email, sites web, listes d’email, la plateforme Noblogs, et autres moyens de communication. L’organisation émerge de hackerspaces italiens, de médias autonomes et de mouvements sociaux. Son infrastructure est construite en réponse à la censure, à la surveillance furtive et aux saisies de serveurs. Elle minimise les données personnelles, utilise des systèmes distribués et traite la confidentialité comme un bien commun nécessaire à la participation politique plutôt que comme un produit.
L’annonce publique des États-Unis pointe des organisations qui sont censées avoir utilisé l’infrastructure d’A/I. Elle ne montre pas qu’A/I a planifié les actions citées, choisi des cibles, dirigé ses utilisateurs et utilisatrices ou créé le contenu hébergé. Cette annonce soulève une question qui va bien plus loin que la question du collectif A/I : est-ce que le fait de maintenir une infrastructure dédiée à des communications confidentielles de mouvements défavorisés, peut lui-même être traité comme du terrorisme ?
Cette théorie met en danger les hébergeurs indépendants, les services de communication chiffrés, les librairies radicales, les archives des mouvements sociaux, les éditeurs et les petits projets bénévoles, partout dans le monde. Elle encourage les banques, les registraires de noms de domaine, les entreprises d’hébergement à couper tout accord immédiatement, et à poser les questions juridiques ensuite. Elle transforme la minimisation de la collecte des données en quelque chose de suspect, la confidentialité en dissimulation, et l’infrastructure en culpabilité par association.
Les grandes plateformes numériques commerciales sont habituellement distinguées du discours et du comportement de leurs utilisateurs et utilisatrices par un principe de responsabilité limitée, en tant qu’intermédiaires. Ces protections ne sont pas absolues et ne permettent pas de déroger à la loi sur les sanctions. C’est précisément pour cela que cette annonce est si lourde de conséquences : le pouvoir de sanction de l’exécutif états-unien peut imposer une isolation économique sans résoudre au tribunal la question de si un hébergeur est légalement responsable du contenu tiers.
Autistici/Inventati n’est pas neutre politiquement, tout comme les bibliothèques, syndicats, hébergeurs et associations de défense des libertés individuelles qui pourraient signer cette lettre. Mais l’affinité politique est distincte d’un contrôle opérationnel. Fournir un compte d’email, une plateforme de publication ou un serveur n’est pas la même chose que de planifier tout ce qu’un utilisateur ou une utilisatrice pourrait ensuite faire ou dire.
Nous appelons donc à :
La révocation immédiate de cette classification, ou son réexamen rapide et transparent, accompagné de la publication de la base factuelle et légale sur laquelle s’appuie cette décision. Cette transparence doit être suffisante pour une analyse et une contestation publiques.
Une distinction claire entre la fourniture d’infrastructure de communication et la direction des agissements de ses utilisateurs et utilisatrices.
La confidentialité, le chiffrement, le pseudonymat et le refus de conserver des données identifiantes ne doivent pas être traités comme des preuves d’activité ou d’intention terroriste.
Une protection pour l’investigation, la recherche, l’archivage et le plaidoyer indépendants.
Les journalistes, les bibliothèques, les chercheurs et chercheuses et les archivistes communautaires devraient être en capacité de documenter cette affaire sans être traités comme des parties intégrantes de l’entité désignée.
La résistance à la sur-conformité des institutions.
Les banques, les registraires, les hébergeurs, les fournisseurs de certifications et les entreprises des NTIC devraient rendre publiques les restrictions auxquelles elles sont soumises, notifier de leurs contraintes légales chaque fois que c’est permis, et éviter de détruire de l’information ou des relations au-delà de ce que la loi requiert réellement.
Une réponse publique de la part des institutions qui défendent les libertés numériques, la liberté d’expression et les libertés individuelles.
Garder le silence, ce serait permettre la création d’un précédent sur le ciblage des infrastructures autonomes.
Nous n’attendons pas de chaque signataire qu’il ou elle cautionne toute publication ou position politique d’A/I, ou de ses utilisateurs et utilisatrices. Nous attendons des signataires qu’ils et elles défendent une distinction structurelle : l’infrastructure de communication n’est pas la même chose que les discours ou agissements qui transitent à travers elle.
Le but de la classification économique, c’est l’isolation. Notre réponse est une solidarité indépendante, informée et disciplinée. Nous voulons préserver les archives publiques, analyser les allégations du gouvernement états-unien, résister à la sur-conformité et défendre la capacité des mouvements à communiquer sans se soumettre à la surveillance des entreprises ou des États.
31.08.2026 à 07:42
Khrys
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)
Chinese retailer AliExpress has been caught fingerprinting visitors after one of the metrics—an outdated technique that measures inaudible sounds it sends to browsers—impeded a researcher’s ability to use his bluetooth headphones.
En Mongolie, la COP17 contre la désertification a commencé par les blocages de la Russie et des États-Unis dès le début des négociations. Les peuples autochtones et les organisations de la société civile dénoncent leur marginalisation.
Voir aussi COP 17 en Mongolie : Les États-Unis et les pays riches refusent d’agir contre la sécheresse (humanite.fr)
Des torrents d’eau boueuse se sont abattus brutalement sur des habitations dans le nord du Népal et au sud du Tibet, emportant tout sur leur passage. Les autorités népalaises ont aussi indiqué à l’AFP être sans nouvelles de 384 touristes, dont 291 étranger·es. La crue a notamment frappé Syabrubesi, point de départ du célèbre trek du Langtang, et d’autres zones fréquentées par les voyageureuses pour le pèlerinage hindou vers le Kailash Mansarovar.

Voir aussi Tsunami of dirt : what caused Nepal’s deadly glacial flood ? (theconversation.com)
What happened in Nepal is likely due to an enormous ice-and-rock landslide sweeping down a mountain pass and gathering up ice, water, rock, trees and dirt.The landslide was so large it was originally thought to be an earthquake, as the seismic energy registered as a 4.4 magnitude quake on seismographs.
Des milliers de personnes ont manifesté pour le climat, dimanche 23 août, à Stockholm, à l’appel de 280 organisations. Selon la Société suédoise pour la conservation de la nature, citée dans le Sweden Herald, environ 50 000 manifestant·es ont défilé dans les rues de la capitale suédoise. « Un événement historique »
Les Suisses vont voter sur une proposition visant à augmenter largement l’autonomie alimentaire du pays, par une production végétale plus importante. Une initiative rejetée par les éleveurs et la majorité des politiques.
Aucun expert en toxicologie humaine, en santé environnementale ou en évaluation des risques liés aux pesticides » n’a été invité. L’audition organisée le 2 septembre par les commissions environnement et agriculture du Parlement européen consacrée à l’omnibus « sécurité alimentaire » ne réunira que des représentants de l’agro-industrie et une chercheuse en situation de conflit d’intérêts

Plusieurs pays européens, dont la France et l’Allemagne, ont supprimé des milliers de postes de pompier·es professionnel·les en 2025. En cause : les politiques d’austérité imposées par la Commission, dénoncent des syndicats.
la France se classe quatrième dans le top 20 des pays les plus impactés par la hausse des prix liés à Ormuz, avec une facture estimée à près de 9 milliards d’euros nets de plus. Elle est même en tête parmi les Vingt-Sept pour ce qui est du diesel et du gazole, mais aussi pour le kérosène et le GNL.
Les ministres des Finances allemand, autrichien, italien, portugais, espagnol et polonais ont demandé à l’UE de créer une taxe exceptionnelle sur les profits des grandes compagnies pétrolières, dopés par la guerre en Iran et les blocages successifs du détroit d’Ormuz. Macron, grand ami de ces spéculateurs, ne s’y est pas joint.
Après Hera, une sonde dont l’arrivée est prévue en novembre 2026, l’Agence spatiale européenne a programmé une deuxième mission de défense planétaire, Ramses, qui partira en 2028 étudier l’astéroïde Apophis.
Les Islandais·es ont rejeté à 52,8 % la reprise des négociations d’adhésion à l’Union européenne, un coup dur pour Bruxelles.
In a village 21 miles north of Edinburgh, a real estate consultancy plans to build a datacentre larger than the village itself – 35 metres high, with an area larger than 100 football pitches. Billed as the second-biggest datacentre in the world, the development in Auchertool, Fife, has attracted 1,600 objections.
Le Canada a annoncé des surtaxes douanières de 15 à 50 % sur une série de produits américains, pour une entrée en vigueur le 8 septembre prochain.
Voir aussi Doug Ford is reviving his threat to cut electricity exports to the U.S. (thenarwhal.ca)
The Ontario premier could cut electricity exports to U.S. states if Trump’s tariffs continue, putting decades of cross-border power sharing in question
Et Le Canada mène la fronde anti-Trump et l’Europe encourage de loin (heidi.news)
Donald Trump, engagé dans une dure confrontation commerciale avec le Canada, a signé ce jeudi 27 août un décret qui selon lui change « immédiatement » le nom du « lac Ontario », situé à la frontière américano-canadienne, en « lac Amérique ».
Celle-ci prévoit de révoquer les visas touristiques ou d’affaires de toute personne qui déposerait une demande d’asile.Ces demandeurs entrés légalement aux États-Unis se verraient ainsi jetés dans l’illégalité.
We deny all allegations included in the statements, while we strongly affirm our dedication to providing a platform of tools for digital self-defense, addressing the need of free communication for activists and other individuals, groups and associations.We will not back down, we will keep doing what we have been doing all these years
The federal judge, who cited Dolly Parton in his ruling, found that the state law violated the First Amendment.
Un bunker sécurisé existerait déjà à 18 mètres sous le sol de la Maison-Blanche. L’argument sécuritaire de l’administration Trump pour justifier la salle de bal et son souterrain tombe à l’eau.
Six mois après le début de la guerre voulue par Donald Trump, le secteur agricole a le sentiment de payer les pots cassés. Les prix des engrais explosent alors que les exportations dégringolent.
Donald Trump is presiding over an unexpected clean energy boom, as rising electricity demand spurs investment in new capacity despite the US administration’s efforts to thwart a solar and wind rollout.Clean energy additions will rise by a record 45 gigawatts this year […] – equivalent to the average electricity demand of Turkey. The increase is roughly 25 percent higher than the record set in 2024.
Ads and tracking have turned TVs into privacy nightmares. Both are so widespread among smart TVs that […] one recommendation […] is to use a computer monitor. But in recent years, monitors have become more capable of pushing ads and tracking users.
De nombreuses personnes sont menacées de famines, alors que le manque d’eau a déjà poussé le canal du Panama à réduire son transit.
Nos déchets plastiques pourraient bien se transformer en nourriture. Des chercheurs américains développent des biscuits imprimés en 3D à partir de PET recyclé. Des levures permettent de transformer le plastique en nutriments.
A dashing pirate, a butler, a killer clown, an alien mad scientist in drag—the man had range.

Dans 31 pays européens dont la France, les publicités ont débarqué sur ChatGPT. Un dispositif marketing déjà en place aux États-Unis depuis février 2026. L’intelligence artificielle la plus utilisée au monde répondra maintenant à certaines requêtes avec des produits sponsorisés.
The artificial intelligence race is creating demand for more than data centers and electricity. It is also creating a new market for the chemicals needed to keep increasingly powerful computer chips from overheating. Some of those cooling technologies rely on PFAS, a broad class of fluorinated compounds already responsible for widespread drinking water contamination in North Carolina.
Communities are being left behind as AI companies secure tax breaks, cheap land from willing governments.
Attacks on the country’s banks, aviation, and energy systems have climbed since the war with Iran began. Its answer is a homegrown « AI » security industry.
You’ve probably heard me complain about the “AI crawlers” before, but now I actually have some hard numbers I can put up to show their impact. In a few words, it’s bad enough to create a constant “background radiation” of system load, permanently tying up a chunk of capacity spent on producing output that is only useful for a single purpose — feeding a learning model.
To get a full understanding of the agent capabilities, company engineers disabled safety guardrails that normally are in place to prevent the sort of hacks that eventually hit Hugging Face and one other undisclosed organization.
En s’offrant la plateforme de modèles open source Hugging Face pour près de 13 milliards de dollars, Nvidia réalise un coup de maître. Face aux velléités des créateurs de modèles propriétaires, le géant des puces sécurise son emprise sur la chaîne de valeur logicielle de l’intelligence artificielle.
227 install commands were found in corporate docs pointing at code nobody owns.
Norwegian officials have said the country is planning to regulate the use of smart glasses and similar devices, and was considering a ban on features that enable facial recognition in public spaces.
Équipées d’une caméra, elles peuvent enregistrer et transmettre des images ou des informations sensibles, soulevant des risques pour la vie privée et la sécurité.
“Elena Vasquez and Marcus Chen have appeared as volcano experts, astronauts, thriller protagonists, podcast hosts, and academic co-authors across hundreds of independently produced AI-generated documents, never having lived,” a new preprint research paper from Samsung and the University of Warsaw said.
Face aux mêmes maux, plusieurs grands modèles d’intelligence artificielle recommandent beaucoup plus souvent les urgences aux jeunes hommes qu’aux jeunes femmes. L’IA reproduit certains biais déjà observés en médecine.
xAI accused of training Grok on real and AI-generated child pornography.
C’est la ligne rouge que le monde redoutait de voir franchie. Pour la première fois, des drones 100 % autonomes ont tué des soldats sur un champ de bataille sans qu’aucun humain ne donne l’ordre de tirer. Aucun opérateur, aucune connexion, aucune vidéo. L’IA a identifié, choisi et tué ses cibles seule. “On les lance et on sait que tout sera mort. Tout ce qui sera trouvé dans cette zone sera mort”, confie le fabricant qui a fourni la technologie.
Debian has now officially voted to allow the use of generative AI in project contributions.[…] A major outrage came from Debian developer Antoine Le Gonidec who decided to quit the project. « I can not support the current decision of Debian about LLM use, and am no longer willing to be seen as a part of Debian under these new rules. Pretending to have a “neutral stance” when faced with fascism is not neutrality, it’s active collaboration. »

Seeking to push Palestinians off their land, Israel is targeting the infrastructure that sustains life — and the institutions long tied to the anti-colonial struggle.
Sous couvert d’anonymat, un ancien soldat de l’armée israélienne a raconté au journal « Le Monde » et à l’ONG Breaking the Silence, comment l’armée israélienne emploie la stratégie d’« incrimination rétrospective » pour relier les victimes de crimes de guerre au Hamas.
Une photographie du reporter palestinien Jehad Alshrafi a été discrètement remplacée par l’organisation du Deauville Sport Images Festival, fin août, annonce le média local le Pays d’Auge. La municipalité de Deauville a justifié son choix par le souhait de ne « pas entrer dans la polémique, ni heurter qui que ce soit ».
Voir aussi À Deauville, un festival photo sommé de s’expliquer après le retrait d’une photo prise à Gaza (huffingtonpost.fr)
Si la municipalité explique ne vouloir « heurter personne », cette réponse est loin de suffire pour ceux qui demandent la réinstallation du cliché.
Et Jehad Alshrafi, le photographe palestinien censuré au Deauville Sport Images Festival (humanite.fr)
L’affaire Barbara Butch, après le débat autour du film Oui de Nadav Lapid, confirme que le boycott est une arme redoutable, et pas seulement pour ceux qui en sont la cible. Ce devrait être banal de le dire, mais un acte se juge à ses conséquences.[…] C’est pour éviter cette dérive et cette récupération que les partisans du boycott doivent se garder de tout essentialisme.

Tandis que les procès de femmes parties sur le terrain irako-syrien dans les années 2010 aux côtés de l’Organisation de l’État islamique se succèdent en France et occasionnent de lourdes condamnations, le Kazakhstan a opté pour une approche différente. La stratégie de judiciarisation et d’emprisonnement a laissé place à un programme de réintégration dans la société.
Dr Meger’s team looked at six extremist movements : incels ; far-right ; white supremacy ; far-left ; anti-feminism ; and religious extremism.](Misogyny was the key ideology that cut across all of them.
A Shively police officer accused of secretly tracking a woman’s movements for five months using a license-plate camera database is drawing new attention to a technology increasingly showing up in police misconduct cases nationwide, according to cybersecurity experts.

Access to accurate information about reproductive and maternal health can be critical. But on Meta’s platforms, simply talking about prescription medication, abortion care, or one’s own medical experiences can be enough to trigger content removals and account restrictions.
Elle a tenu tête à Donald Trump sur la question du Groenland. Elle est une fervente défenseuse de la cause ukrainienne. Elle mène une politique migratoire parmi les plus strictes d’Europe. Et la liste de ses réalisations politiques est encore longue. Pourtant, c’est sur son physique que Mette Frederiksen a dû s’exprimer, à son retour d’Ukraine.
D’El Bayadh à Oran, des lycées des années 1970 au carré féministe du Hirak en 2019-2021… Avec sa trajectoire, l’universitaire algérienne Fatma Boufenik est devenue, sans jamais en revendiquer le titre, l’une des figures les plus tenaces du féminisme maghrébin.
Melanie Buggey, 33, from Vancouver Island swam across the Strait of Georgia with the crossing taking eight hours and 42 minutes.
A shrewd dealmaker who launched Dollywood, the “Jolene” and “I Will Always Love You” singer-songwriter also starred in the films ‘9 to 5,’ ‘Steel Magnolias’ and ‘Rhinestone’ and captivated the world with her grace and wit.

L’artiste américaine décédée à l’âge de 80 ans avait longtemps délaissé ses propres problèmes de santé [un cancer] pour s’occuper de son mari Carl Dean, mort en 2025.
Alors que les tensions ne cessent de s’aggraver au Moyen-Orient, 110 enfants français sont toujours détenus dans le Nord-Est de la Syrie dans le camp de Roj depuis la chute de l’organisation État islamique. Parmi eux, deux orphelines livrées à elles-mêmes que l’État français refuse de rapatrier.
Le programme, qui devait permettre à la police et à la gendarmerie la rédaction de procédures pénales sur un outil commun, a été arrêté après six ans d’errance pour un préjudice financier s’élevant à plus de 30 millions d’euros.
pour appliquer l’interdiction, les établissements doivent modifier leur règlement intérieur, ce qui suppose de consulter plusieurs instances, notamment le conseil des délégués pour la vie lycéenne et le conseil d’administration.
L’avocat à l’origine de la procédure veut faire reconnaître le « préjudice moral » du vol de ces données et le risque d’être victime d’arnaques « particulièrement crédibles ».
139 000 logements étaient vacants à Paris en 2023 selon l’Insee, soit 10 % du parc. En doublant la taxe qui les vise, la mairie de Paris espère dégeler un peu le marché et financer des investissements dans le parc social.
C’est la première ville à appliquer cette mesure en France, qui est saluée par les associations de locataires. Le maire écologiste Grégory Doucet se dit favorable au vote d’une loi, alors que les épisodes de canicule se sont multipliés cet été.
Des visiteureuses d’une réserve tropicale dans la Drôme, ont assisté, incrédules, à la naissance de dix crocodiles du Nil sans aucune assistance humaine.[…] pour qu’un crocodile du Nil se développe et naisse, son œuf doit être maintenu constamment dans une température comprise entre 30 et 32 °C, pendant trois mois.
Plus les épisodes de chaleur sont intenses et répétés, plus les femmes enceintes présentent un risque d’accouchement prématuré, révèle une étude internationale.
Alors que la France vit la sécheresse la plus intense depuis le début des mesures, l’épisode risque de se poursuivre en septembre malgré les violents orages.
La gouvernance locale de l’eau est de plus en plus menacée par les assauts des lobbys agricoles et des politiques gouvernementales, au détriment de l’environnement et de l’intérêt général.
Le tribunal a souligné le rôle du travail de nuit, de l’exposition aux rayonnements ionisants et du tabagisme passif dans la maladie de l’hôtesse de l’air.
Emmanuelle Huet-Mignaton, atteinte d’une tumeur cérébrale à cause de l’Androcur, se bat pour que les femmes puissent comprendre les enjeux pour leur santé avant d’accepter, ou pas, un traitement hormonal.
La journaliste Estelle Denis a déploré la composition 100 % masculine du staff de Zinedine Zidane, le nouveau sélectionneur des Bleus. Ce qui lui a valu une vague de commentaires sexistes et un traitement médiatique la réduisant à sa relation passée avec Raymond Domenech.
« La volonté est louable. Maintenant, dans l’Éducation nationale, à titre d’exemple, il manque trois fois le nombre d’infirmières, c’est-à-dire qu’il faudrait créer rapidement 15 000 emplois d’infirmière […] On ne peut pas recevoir tout le monde, on est obligés de différer nos entretiens, parfois de trois semaines par manque de moyens ».
Entre des maires réfractaires à sa venue et des enjeux financiers énormes, Patrick Bruel est pris en étau au moment de lancer sa tournée anniversaire de 35 dates en France.
Voir aussi La ministre Aurore Bergé appelle Patrick Bruel à renoncer à ses concerts face aux accusations (huffingtonpost.fr)
La ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes a changé de position et demande désormais au chanteur d’annuler sa tournée.
L’avocat Emmanuel Pierrat est visé par une plainte de l’autrice Eva Ionesco l’accusant de détenir des photos pornographiques capturées pendant son enfance.[…] Elle lui reproche de les exposer dans son cabinet et de les diffuser « sans son accord », et l’accuse de tenter d’en céder en sous-main aux enchères.
Deux procédures visent l’État français pour « faute lourde » dans le volet français de l’affaire Epstein. L’ex-mannequin Ebba Karlsson et l’association Innocence en danger dénoncent une justice trop lente et réclament des réparations.
Première ministre des Droits des femmes de plein exercice, Yvette Roudy a combattu les inégalités et – plus difficile encore ! – le mépris du féminisme.
Deux syndicats du groupe public Radio France ont protesté contre l’arrivée prochaine du nouveau directeur adjoint de la rédaction du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin, comme éditorialiste politique le dimanche sur France Inter.
Le comique belge, qui avait fait de sa spécialité le jet de tarte à la crème sur les personnalités qu’il jugeait trop vaniteuses, est mort ce dimanche 23 août.

Le journaliste et animateur radio décédé ce lundi 24 août avait notamment survécu à une attaque à la sortie du studio en 1985.
Le premier ministre a écrit aux parlementaires pour les alerter du risque de ne voir aucune loi de finances adoptée avant la prochaine présidentielle. Tout en faisant comprendre qu’il entendait baisser la dépense publique.
Faire payer les malades pour renflouer les caisses de la Sécu : l’idée a le vent en poupe. La Cour des comptes s’y met aussi, en préconisant un recouvrement contraint sur les comptes en banque.

Quatre morts. Des centaines de pompier·es blessé·es ou intoxiqué·es. Pas de cagoules véritablement protectrices, pas de détecteurs de monoxyde de carbone, des camions inadaptés. Les pompier·es payent au prix fort l’absence de moyens et de logistique sur les feux de forêt.
Les syndicats de sapeurs-pompiers dénoncent une opération de communication du gouvernement et un impact négligeable sur le terrain.
Le Premier ministre a ironisé sur la motion de censure déposée cet été par Les Écologistes et La France insoumise, l’expliquant par le fait « qu’il fasse chaud ».
Le 22 août, la loi Climat et résilience, qui se voulait la traduction législative des propositions formulées par ces assemblées, fêtait son cinquième anniversaire. Le WWF a fait les comptes de l’application de ces mesures, qui s’est soldée par un « détricotage », selon l’ONG.
Alors que la France était encore en pleine canicule, la ministre de la Transition écologique et le ministre du Logement ont signé le 19 août un arrêté qui aura pour effet de sortir environ 300 000 logements du statut de passoires énergétiques.
Il confond l’examen d’entrée en sixième avec l’emblématique certificat d’études qui n’a jamais eu ce rôle. Bravo l’artiste de la communication qui reprend par ailleurs en l’occurrence une proposition faite en juin 2024 par le RN Roger Chudeau qui ne confondait pas – lui – avec le CEP.

Selon un baromètre publié par l’Unicef France et la Fédération des acteurs de la solidarité, ce chiffre a progressé de 9 % par rapport à 2025, et de 42 % depuis 2022. Il y a quatre ans le gouvernement avait pourtant réaffirmé son objectif de « zéro enfant à la rue ».
D’apparence, les Bure’lesques est un petit festival militant à peu près comme les autres : des chapiteaux, des concerts, des buvettes, un camping, puis des conférences et des débats pour occuper les après-midis. Mais les autorités ne le voient pas de cet œil-là.
Un décret autorise Enedis à récupérer automatiquement la courbe de charge des compteurs Linky depuis début mars 2026. Le problème est qu’il s’agit d’une donnée bien plus bavarde qu’un simple relevé de kilowattheures.
Créée en mai par des élus RN du Pas-de-Calais, l’association Gays et Lesbiennes du Bassin minier a été dissoute en toute discrétion cet été. Une preuve de plus de l’instrumentalisation des luttes LGBTQIA+ par l’extrême droite.
Sébastien Scarpinato, adjoint au maire d’Ivry-sur-Seine (Les Écologistes) en charge de la lutte contre les discriminations, a rendu publiques lundi 25 août sur Instagram plusieurs menaces de mort et insultes homophobes reçues sur les réseaux sociaux, qui visent aussi son compagnon et ses proches. Ces messages interviennent dans un climat de fortes tensions au sein du conseil municipal depuis l’élection de deux élus du Rassemblement national en mars. L’élu a déposé plainte.
Souvent associés aux nuisances de voisinage, les foyers de travailleureuses migrant·es sont rarement racontés à travers la voix de leurs habitant·es. Colosses de béton vestiges des années 1960 ou immeubles modernes, ces lieux de résidence transitoire sont toujours des terrains d’invisibilité.
MNA (mineur·es non accompagné·es), MIE (mineur·es isolé·es étranger·es)… derrière ces acronymes, des enfants et adolescent·es traversent les frontières qui leur sont interdites pour tenter une vie en Europe. Les professionnels sur le terrain témoignent d’une détérioration de leur prise en charge en France et d’un contrôle accru.
La police aux frontières d’Orly, a sciemment décidé de ne pas enregistrer la demande d’asile d’Aissetou (prénom d’emprunt), enfant isolée de 15 ans qui a été refoulé le 25 août 2026 en violation de son droit à demander l’asile.
NGO criticises ‘human cost’ of UK-funded crackdown on attempts to set off from French beaches in small boats
Gérald Darmanin a réagi au discours de la députée européenne LFI sur les milliardaires, comparés à des « formes de nuisibles » aux universités d’été du parti.
Remonté contre le projet de parc d’attraction près de Cergy-Pontoise, un collectif d’habitants dénonce un « projet d’un autre temps », monté sans concertation citoyenne et aux effets écologiques et sociaux délétères. […] « Nous sommes sidérés. Après l’été caniculaire que l’on vient de passer, le premier projet annoncé par l’État est un parc d’attractions qui va bétonner et artificialiser des terres agricoles ! C’est un projet d’un autre temps »
À Reichstett (Bas-Rhin), Colin et Brice Johner se battent contre un projet de stockage de gaz naturel liquéfié porté par Tepsa. Une lutte sur le terrain et en ligne, où leurs vidéos font plusieurs centaines de milliers de vues.
L’an dernier, la Ville avait « fait le choix de ne pas convier » la Campagne Civile Internationale de Protection du Peuple Palestinien à l’Antigone des associations, lui reprochant d’avoir affiché son soutien à la campagne BDS. À une dizaine de jours de l’édition 2026, l’association attend toujours son affectation de stand.
The price explosion impacted Fire TVs, Echos, Kindles, and Eeros. One egregious example that’s been cited is that of the Echo Dot, one of Amazon’s cheapest smart speakers, the price of which jumped 60 % overnight, from $49.99 to $79.99.Cool. Less « smart » things, less surveillance.
US tech giant agrees to establish further protections for teens such as daily usage limits and blocks on night-time use
Privilege escalation attack grants “full control” and freedom from Meta’s servers/apps.
Only law with real enforcement teeth changes the math. And the US cannot pass laws with teeth anymore, not because voters don’t want them (polling says they do), but because the pipeline is purchased. When someone says America “can’t” regulate tech, they mean it the way a hostage “can’t” reach the phone. GDPR didn’t spread because Europe is heroic. GDPR spread because Brussels is what fills the room when Washington leaves it.

It’s not easy to argue that LLMs make free software better. The means by which they operate involves taking, by force and without regard for the wishes of the software authors, the obligations of software licenses, or the platforms on which our work relies, vast swaths of open source software, disregarding the licensing requirements, and charging rent to produce code which is a plausible reinterpretation of its training data applied to new problems. The models which are produced in this process are proprietary, owned and controlled by private corporations, and give little back to the open source community. Therefore, the relationship between LLMs and open source seems to exploit the users we are responsible for caring for.
Children once learned by taking things apart. Today’s devices do not provide that rewarding activity — and the cognitive consequences may be considerable.
Ce texte présente les mesures d’urgence que pourrait présenter un gouvernement révolutionnaire communiste.

Dans son dernier livre, « La femme endettée », la socio-économiste Isabelle Guérin met en lumière une face cachée du capitalisme : la manière dont, à travers l’endettement, on épuise et on discipline les femmes. Une division sexuelle de la dette qui, articulée à la division sexuelle du travail, permet au système capitaliste de fonctionner et de se perpétuer.

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Expériences Communes est un réseau de partage d’expériences entre petites communes normandes dans tous les champs du développement durable. L’association organise des visites pour découvrir des projets inspirants.
Small, nimble cows are being deployed in Galicia to lower wildfire risk by doing what they do best : eating.
Unreliable electricity makes it hard to keep vaccines at the right temperature – this development could change that.
The U.S. FDA has approved Revolution Medicines’ groundbreaking pancreatic cancer drug after it was shown to double the survival rate of patients with advanced disease in a large trial, offering new hope to those with the deadly cancer.
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30.08.2026 à 10:00
Framasoft
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 07 avril 2026 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
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Pour déployer une autre IA, il nous faut une autre structure d’entreprises pour les porter, défendent Trebor Scholz et Mark Esposito.
Les discussions sur les strates qui constituent le réseau sont nourries, d’autant qu’elles interrogent profondément les enjeux de souveraineté technologique. La souveraineté numérique est un concept flou qui fait l’objet de beaucoup d’instrumentalisations, rappelait avec pertinence l’association Data For Good. Bien souvent, être souverain en la matière implique d’être autonome sur toutes les couches de l’industrie numérique. Un objectif impossible tant les dépendances sont partout, des logiciels au matériel, des ressources aux infrastructures, des conditions juridiques aux financements. Comme l’expliquait la chercheuse Ophélie Coelho dans son livre, Géopolitique du numérique (éditions de l’Atelier, nouvelle édition 2025) l’enjeu est bien plus de déterminer les secteurs et les couches sur lesquels nous devons reprendre le contrôle. Pour le dire autrement, l’enjeu n’est pas tant d’avoir des produits totalement souverains, que de comprendre là où la souveraineté doit s’exercer et comment.
Cette autonomie stratégique à laquelle aspirer est très souvent présentée comme un enjeu nationaliste ou patriotique, qui confond la souveraineté avec le leadership technologique, sans toujours voir que ces leaderships peuvent reposer sur des dépendances innombrables, à l’image de l’enjeu à déployer des centres de données sur le territoire au prétexte de souveraineté, sans questionner le fait que leur financement ou leurs équipements puissent être totalement entre les mains d’acteurs étrangers.
L’IA est en passe de devenir une couche supplémentaire dans le mille-feuille des couches sociotechniques du numérique. Et elle requestionne en profondeur ces enjeux, explique Raffi Krikorian, directeur technique de Mozilla, dans une tribune pour Rest of World. « Dans un monde de plus en plus polarisé et protectionniste, où les plateformes technologiques sont de plus en plus instrumentalisées par les politiques étatiques, construire des infrastructures nationales critiques sur des systèmes dont on n’est pas propriétaire, que l’on ne peut ni auditer ni adapter, représente un risque considérable et croissant. Ce défi comporte une dimension tant économique que politique. Un État soucieux de sa souveraineté en matière d’IA en 2026 ne pourra pas justifier de manière crédible le financement d’une infrastructure d’IA étrangère et verticalement intégrée tout en négligeant les investissements dans des alternatives nationales et open source. Investir dans les hyperscalers peut minimiser les coûts à court terme, mais cela consolide également les rentes numériques versées à des entités étrangères, maximise la dépendance à long terme envers des partenaires peu fiables et augmente considérablement les coûts de sortie. Si les gouvernements financent la dépendance, c’est bien la dépendance qu’ils obtiendront. »
Pour Raffi Krikorian pourtant, l’enjeu n’est pas tant de construire une souveraineté de l’IA nationaliste, que de bâtir des Communs maîtrisés. « L’absence actuelle de financements privés à grande échelle pour les infrastructures d’IA ouvertes reflète leur nature de bien public, et non leurs capacités. Les modèles open source atteignent déjà couramment 90 % ou plus des performances des systèmes propriétaires, pour un coût bien moindre. Investir dans les cadres d’IA ouverts, c’est investir dans les infrastructures publiques numériques, car cela génère des avantages grâce à des coûts réduits, au maintien de l’autonomie politique et à des gains de productivité à l’échelle de l’économie. L’IA ouverte offre également ce que les systèmes propriétaires ne peuvent pas : la légitimité démocratique. Les pays ne créent pas de valeur en revendant des solutions étrangères, mais en développant des produits différenciés sur des bases partagées, ouvertes et moins coûteuses. Il s’agit d’une politique industrielle qui encourage la concurrence et le développement des compétences nationales, et non d’un rejet de l’industrie nationale. »
« Internet n’est pas né de la seule initiative d’acteurs privés, mais d’investissements publics soutenus dans les technologies ouvertes. De Linux à Apache, les fondations open source partagées sont devenues l’épine dorsale de l’économie numérique mondiale, favorisant l’innovation privée tout en empêchant la mainmise sur l’infrastructure. Du CERN à Airbus en passant par Galileo, la leçon est claire : lorsque les États cofinancent des fondations ouvertes ou partagées, l’innovation privée prospère. En revanche, lorsqu’ils financent l’accès, la dépendance s’accentue. L’IA se trouve précisément à ce tournant. »
Souveraineté ne rime pas avec isolement, rappelle-t-il. « Les coûts de développement de l’IA open source peuvent être partagés. Comme l’a déclaré le Premier ministre canadien Mark Carney à Davos : « Investir collectivement dans la résilience coûte moins cher que de construire sa propre forteresse. » L’enjeu n’est pas que chaque pays construise son propre jardin clos. Il appartient aux nations de collaborer autour de standards ouverts et d’infrastructures partagées, en rejetant la fausse dichotomie entre dépendance et isolement des plateformes, et en construisant plutôt un avenir de l’IA qu’elles maîtrisent réellement. »
« Si nous voulons des écosystèmes d’IA résilients, ouverts et fiables, nous devons les financer comme tels – non par idéalisme, mais comme un investissement concret dans la souveraineté, la résilience et la légitimité démocratique. Les pays qui aspirent à la souveraineté en matière d’IA doivent participer à ce débat, non pas en simples observateurs, mais en tant que co-investisseurs et co-constructeurs. Plus nous attendons, plus il sera difficile de changer de cap », conclut le responsable de Mozilla en appelant à construire des protocoles plus que des plateformes, des cadres ouverts plus que des solutions, des systèmes de valeurs plus que des contraintes économiques ou techniques. Une proposition qui rappelle que c’est bien le cadre de la souveraineté qu’il faut discuter, pour comprendre là où nous pouvons avoir des dépendances et là où nous devons les refuser. L’enjeu n’est pas de construire des investissements nationaux mais bien d’investir dans des infrastructures communes porteuses de valeurs démocratiques et émancipatrices, libres et ouvertes. « La souveraineté en matière d’IA ne viendra pas de la location des modèles des géants de la tech ». Elle ne viendra pas des factures de tokens des systèmes d’IA des grands acteurs de la Tech. Elle consiste d’abord à construire une autre tech, non pas nationaliste ou patriotique, mais qui promeut une souveraineté distribuée, choisit, capacitante.
On se souvient que, récemment, l’économiste Francesca Bria avait évoqué le risque d’une soumission à une strate autoritaire fomentée par les géants de la Silicon valley : « derrière les strates qui composent le réseau, comme l’avait défini Benjamin Bratton dans son livre, Le Stack (UGAP, 2020), comme autant de régimes de souveraineté qui se superposent et s’imbriquent, la strate autoritaire semble l’envers de la proposition d’autonomie stratégique que propose EuroStack ». Mais le risque est bien, sous couvert de souveraineté, de produire des strates nationalistes voire militaristes, comme semble le proposer l’annonce récente d’un « Deutchland Stack » Allemand.
D’où l’importance de faire un pas de côté.
C’est la piste que proposent les chercheurs Trebor Scholz et Mark Esposito dans la revue d’innovation sociale de Stanford. Pour contrebalancer l’extractivisme des plateformes, « nous avons besoin de construire la strate solidaire de l’empilement numérique ». Lorsque les systèmes technologiques sont conçus uniquement pour l’extraction et l’efficacité, ils isolent et brisent les personnes qui les font vivre, rappellent les deux chercheurs. L’exploitation des travailleurs du clic par exemple est le « symptôme d’une industrie structurée pour transférer les risques vers le bas via des chaînes contractuelles opaques, tout en concentrant les profits et le contrôle au sommet ». Pour Scholz et Esposito, « sans intervention délibérée, ces logiques d’extraction se généraliseront à l’échelle mondiale, concentrant encore davantage le pouvoir entre les mains des plus puissants, à moins que nous ne choisissions de construire un système fondamentalement différent ». Jusqu’à présent, les chercheurs invitaient à investir dans des entreprises inclusives, dans des coopératives de travailleurs, que Scholz a beaucoup défendu. Trebor Scholz est professeur à la New School for Social Research de New York depuis 2009. Il est l’un des premiers à s’être attelé à analyser le phénomène du Digital Labor (Routledge, 2013). Il est aussi l’un des promoteurs du coopérativisme de plateformes (voir par exemple notre article de 2015), notamment dans son livre Le coopérativisme de plateformes (FYP, 2017) ainsi que dans Own this ! (Verso, 2023). Il est également le fondateur du Platform Cooperativism Consortium un réseau de promotion du mouvement coopérativiste, qui organise notamment des conférences sur la coopération, comme celle sur l’IA coopérative qui se tenait il y a peu à Istanbul. Pourtant, écrit-il dans son article, « la réponse aux méfaits de l’IA ne peut se limiter à la régulation des plateformes dominantes ».
En fait, la concentration du pouvoir des géants du numérique rend de plus en plus vulnérables même les institutions internationales les plus critiques aux politiques autoritaires et aux pressions des dirigeants, comme l’illustre la dépendance de la Cour pénale internationale à l’égard de l’infrastructure Microsoft face aux menaces proférées sous l’administration Trump. Les coopératives, les institutions publiques et les mouvements sociaux doivent donc activement construire et connecter des alternatives grâce à ce que Scholz appelle la « pile de solidarité », une économie numérique coopérative émergente.
« L’extraction ne se résume pas à des algorithmes biaisés ou à des violations de la vie privée. C’est un problème structurel : l’IA actuelle fonctionne grâce à ce que nous appelons une « strate d’extraction » verticalement intégrée, comprenant le matériel, l’infrastructure cloud, les modèles, la main-d’œuvre et les applications. Seules quelques entreprises contrôlent la construction, la gouvernance et l’utilisation de ces technologies et les personnes qui en dépendent n’ont aucun droit de regard démocratique. »
Les critiques et les régulateurs soulignent à juste titre que les seules directives éthiques ne peuvent résoudre les problèmes posés par la logique extractiviste des plateformes. Les systèmes d’IA reposent sur des modèles de propriété, des chaînes d’approvisionnement et des architectures techniques qui privilégient le profit, le passage à l’échelle et le contrôle. « Ces incitations structurelles déterminent la collecte des données, le traitement des travailleurs, les décideurs et les bénéficiaires de la création de valeur, privant ainsi les directives éthiques de tout pouvoir pour remettre en cause la logique sous-jacente du système. Une IA démocratique ne peut se contenter de louer un espace sur la strate extractiviste ! Elle exige que les travailleurs, les communautés, les coopératives et les institutions publiques se réapproprient l’infrastructure elle-même, couche par couche, de la terre au nuage. »
Scholz et Esposito plaident pour construire une architecture solidaire. Un défi qui nécessite de rejeter la notion d’intelligence artificielle, qui sous-entend une force magique et autonome, au profit d’une intelligence collective, reconnaissant le travail humain et le savoir partagé qui alimentent ces systèmes. Cependant, parvenir à la coordination nécessaire pour contester les monopoles mondiaux de l’IA demeure un défi de taille. Même des organisations établies comme l‘Alliance coopérative internationale, qui représente un mouvement d’environ un milliard de membres et des milliers de coopératives employant près de 10 % de l’emploi mondial, sont structurées principalement pour la représentation et le plaidoyer plutôt que pour la coordination et l’exploitation d’une infrastructure numérique partagée.
Pour les deux chercheurs, plusieurs initiatives menées par des communautés, des coopératives et des institutions publiques permettent déjà de reprendre le contrôle de ces niveaux économiques, notamment des ressources, des infrastructures, des données, du travail comme du savoir.
Une approche solidaire exige des chaînes d’approvisionnement transparentes, la propriété communautaire des ressources minérales et des mécanismes de partage équitable des bénéfices. Elle permettrait également de distribuer l’infrastructure sur des serveurs fédérés, appartenant à la communauté et interconnectables sans contrôle central. Butler Rural Electric offre un précédent historique éloquent. Fondées dans les années 1930 avec le soutien du gouvernement fédéral et une gouvernance coopérative, les coopératives électriques rurales ont permis aux communautés de financer, construire et gérer leur propre infrastructure énergétique, un modèle qui continue aujourd’hui de fournir de l’électricité à environ 42 millions de personnes dans les zones rurales américaines. Des coopératives numériques telles que Hostsharing eG en Allemagne et Som Connexio en Espagne, ainsi que plusieurs coopératives de vente au détail au Royaume-Uni, appliquent cette même logique en mutualisant les ressources de leurs membres, en utilisant une gouvernance coopérative et en collaborant avec des partenaires publics pour construire et exploiter une infrastructure numérique partagée. Cela permet aux communautés de réduire leur dépendance aux fournisseurs de cloud propriétaires, de conserver le contrôle local de leurs données et d’assumer la responsabilité de la gestion des coûts environnementaux liés à la consommation d’énergie. Bien que ces initiatives soient explicitement expérimentales et de portée modeste, elles suggèrent que la capacité de calcul peut fonctionner comme un bien public. Les décideurs politiques et les responsables municipaux pourraient même appliquer ce modèle pour créer une option publique d’accès à la puissance de calcul.
Dans le modèle d’extraction, les données personnelles sont une matière première prélevée auprès des utilisateurs pour alimenter des modèles propriétaires. Cette logique considère les individus non pas comme des participants ou des détenteurs de droits, mais comme des sources passives de valeur. Le modèle de solidarité, lui, réinvente les données comme une ressource partagée, gérée démocratiquement. Par exemple, MIDATA, une plateforme suisse de données de santé détenue et gérée par des patients agit comme une fiducie pour ses membres. Elle maintient une infrastructure sécurisée permettant aux patients de consulter leurs données agrégées et de décider démocratiquement de les partager ou non à des fins de recherche médicale. MIDATA démontre qu’il est possible de créer des ensembles de données de haute qualité, issus de sources éthiques, sans surveillance. Les membres partagent volontairement leurs données car ils font confiance à la gouvernance et à la gestion des données de la coopérative, ce qui élimine le besoin d’extraction ou de surveillance coercitive.
Au travail, l’IA implique une rétroaction entre contenus et modérateurs. Les travailleurs étiquettent, examinent, corrigent et leurs décisions enregistrées sont utilisées par les systèmes pour reconnaître, classer, améliorer. Ce processus contraint les individus à absorber le fardeau psychologique des contenus. Dans le modèle solidaire, ces travailleurs ont des garanties de salaires, de droits, bénéficient de soutiens… et pilotent la gouvernance de leurs outils et missions, comme c’est le cas de nombreuses coopératives de travailleurs, comme celle de la Gamayyar African Tech Workers au Kenya, Facttic en Argentine, Outlandish à Londres… et de nombreuses autres (comme la plateforme danoise Hilfr qu’on avait évoqué dans notre article sur les plateformes du secteur du nettoyage).
Scholz et Esposito proposent d’appliquer les principes coopératifs à l’IA. « L’accès à l’IA seul est insuffisant quand les outils fonctionnent comme des boîtes noires, incapables d’expliquer ou de remettre en question leurs résultats, et si leurs valeurs reposent sur des principes imposés plutôt que sur des valeurs démocratiquement établies. L’approche solidaire propose de réhabiliter le domaine du savoir comme un espace de gouvernance collective, favorisant l’explicabilité, la contestabilité, des normes partagées » pour construire d’autres IA.
AI4Coops, en Argentine, est une initiative de petite envergure qui réunit des praticiens et des technologues du monde coopératif afin d’étudier comment l’intelligence artificielle pourrait soutenir la gouvernance coopérative et l’apprentissage partagé. Elle veille à ce que la culture algorithmique ne soit pas réservée aux institutions d’élite ni concentrée au sein des géants de la technologie, mais soit largement accessible aux travailleurs, aux coopératives et aux communautés. Elle développe des outils d’IA adaptés à des problématiques locales avec des acteurs locaux, comme des systèmes de reconnaissance d’images pour du contrôle qualité dans une usine, un système d’analyse d’images satellites pour des coopératives agricoles… La coopérative britannique Animorph développe des outils de réalité augmentée pour la prise en charge de la démence, utilisant la narration immersive et des supports visuels pour soutenir la mémoire, la communication et le lien affectif des personnes atteintes de démence et de leurs aidants. Puisqu’elle est détenue par ses employés, elle refuse de monétiser la vulnérabilité des patients et conçoit des outils qui privilégient les soins aux indicateurs d’engagement. « Ces exemples montrent que l’IA au service du bien commun ne saurait se réduire à de la simple posture vertueuse, à du marketing éthique, ni à des formes d’écoblanchiment ou de blanchiment d’image. La construction d’une infrastructure solidaire exige que les modèles économiques alternatifs soient véritablement ancrés dans la démocratie au travail, la propriété partagée et une gouvernance responsable », expliquent les chercheurs. Ces modèles locaux ont d’autres vertus encore, comme la souveraineté linguistique, la maîtrise des processus, la sobriété…
Reste que, comme nous le disions, « les plateformes coopératives, qui privilégient les pratiques éthiques, des normes de travail et sociales plus élevées, peinent à être compétitives. L’absence de législation spécifique aggrave ce problème, permettant aux plateformes capitalistes d’opérer en toute impunité et de saper les efforts des acteurs de bonne foi, tels que les coopératives de plateformes. » Pour Scholz et Esposito également, l’infrastructure solidaire nécessite, pour émerger et s’imposer, une articulation stratégique des politiques, des financements et de l’organisation communautaire. Il faut que les développeurs technologiques « s’accordent régulièrement sur des principes partagés, l’interdépendance matérielle, des institutions durables, des rituels et un récit politique commun que les individus choisissent consciemment de défendre, notamment sous pression ».
Ici, Scholz et Esposito prennent l’exemple des organisations autonomes décentralisées (DAO), où la blockchain aide à formaliser la gouvernance partagée. Pas sûr que l’exemple soit convaincant, tant le mouvement est devenu à bien des égards problématique. Par contre, ils pointent vers le Public AI Network, un réseau de défense et promotion d’une IA publique intégrée, « qui fournirait des services d’IA au même titre que l’électricité ou l’eau », accessible à tous, contrainte à rendre des comptes, durable, fiable. Ou encore le projet Lestac AI en France, pour tester des services d’IA écoresponsables. Ou le modèle multilingue et open source Apertus, développé par l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) et l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL)… Le protocole OpenCourier, par exemple, crée une base technique commune permettant aux plateformes de livraison gérées par leurs travailleurs de se connecter et de collaborer. Ou encore le projet d’IA coopérative du réseau des collectivités locales britanniques qui s’engage à respecter les principes coopératifs et démocratiques dans la prestation de services publics.
Pour Scholz et Esposito, ces « cercles » de strates solidaires, locales, conçoivent le développement d’infrastructures comme une forme d’action politique collective, que ce soit par le biais de fiducies de données municipales, de services cloud coopératifs ou de modèles linguistiques gérés publiquement. « Le discours dominant sur l’IA laisse faussement entendre qu’un contrôle centralisé par les entreprises est inévitable. Pourtant, des modérateurs de contenu au Kenya, des gestionnaires de données en Suisse et d’autres encore démontrent que les composantes d’un avenir numérique démocratique sont déjà présentes. Notre mission est de les relier et, ce faisant, d’exercer notre pouvoir d’agir, de refuser le désespoir et de créer un système où la technologie est au service de la majorité. »
Hubert Guillaud
Signalons encore que dans le syllabus (.pdf) du cours qu’il a donné au premier semestre à la New School sur le thème d’une « IA sans patrons », Trebor Scholz pointait encore vers bien d’autres exemples. En estimant que les infrastructures solidaires peuvent être mises en place à chaque niveau de la chaîne d’approvisionnement mondiale de l’IA, il évoquait les mines coopératives au Pérou, en Colombie, en Zambie ou en Mongolie, ou des centres de données coopératifs en Allemagne ou aux Pays-Bas. Il signalait par exemple, la tribune de la doctorante Tara Merk, contributrice au Metagovernance Project, sur les limites de projets de centres de données coopératifs. Face aux data centers dominés par les géants de la Tech, Merk défendait « une plus grande diversité dans la propriété et la gouvernance des centres de données », notamment coopératifs. « Et si les centres de données étaient détenus et gérés de manière coopérative par les personnes vivant à proximité immédiate et souvent directement desservies par eux ? » Dans ce modèle, les opérateurs citoyens pourraient recevoir une part des bénéfices générés par le centre de données (à l’instar des parcs éoliens citoyens). Cela entraînerait une redistribution indirecte des bénéfices générés par les données des utilisateurs en ligne – une idée qui prend d’autant plus d’importance que ces données gagnent en valeur à l’ère de l’IA. Les centres de données coopératifs offriraient également aux citoyens un meilleur contrôle sur l’impact de ces infrastructures sur leur environnement physique local. Par exemple, les citoyens pourraient décider si et quand la quantité d’énergie ou d’eau utilisée par le centre de données entre en conflit avec d’autres besoins locaux et pourraient décider de réduire l’approvisionnement énergétique du centre de données en cas de situation critique. Guidé par les valeurs coopératives d’équité et de solidarité, de tels centres de données pourraient décider de renoncer à des bénéfices plus élevés afin de rendre son infrastructure plus accessible à tous, comme aux associations et coopératives. Cela pourrait à son tour encourager une plus grande diversité dans le développement de l’IA et inciter les entreprises à adopter une identité coopérative. De plus, en s’appuyant sur une infrastructure de centres de données coopérative, les coopératives d’IA renforceraient leur autonomie et leur indépendance, offrant à leurs membres un meilleur contrôle sur l’ensemble de la pile technologique, y compris les moyens de production de l’IA. Tara Merk est en train de faire une étude sur GAD eG, une coopérative qui pendant 50 ans a été l’un des grands fournisseurs de services informatiques allemand notamment pour les services financiers (jusqu’à sa fusion en 2015 avec une autre entreprise). Pour la chercheuse, l’exemple de GAD démontre « que les centres de données coopératifs constituent une option économiquement viable et évolutive, capable de fonctionner de manière fiable dans des secteurs critiques ».
Dans son syllabus, Scholz aborde d’autres exemples de coopératives pour montrer comment les valeurs coopératives peuvent guider des alternatives concrètes au développement technologique, comme le propose Read-Coop, la coopérative européenne à l’origine de la plateforme de reconnaissance d’écriture manuscrite Transkribus. Et pointe vers nombre de ressources sur le sujet des technologies pour la coopération.
À compléter encore par le numéro de Nature consacré aux modèles d’IA des pays du Sud, qui offre un autre regard sur d’autres façon de faire de l’IA.
PS : nous avions déjà donné ce titre à une brève de l’année dernière qui recensait encore d’autres initiatives.