24.03.2026 à 08:27
Gee
Aujourd’hui, Gee nous présente la nouvelle version de Framamèmes, financée grâce aux dons qu’il a reçu pour le financement participatif de son blog Grise Bouille !
Si vous ne connaissez pas encore Framamèmes, découvrez-le via l’article de blog de son lancement !
C’était le premier méta-palier du financement participatif du blog, et il vient d’être atteint ! Je suis très fier de vous présenter la toute nouvelle version du générateur de mèmes libre Framamèmes, avec tout plein de chouettes trucs au programme !

On commence par la fonctionnalité vedette de cette v2 : le redimensionnement dynamique des textes.
Auparavant, pour organiser vos textes dans le mème, vous deviez ajouter les sauts de ligne « à la main » ; le redimensionnement n’était qu’une bête mise à l’échelle. À présent, le texte est automatiquement organisé dans la boîte englobante, et le redimensionnement s’effectue de manière dynamique : si vous rendez la boîte plus étroite, le texte sera séparé en plus de lignes, et inversement.
À l’usage, c’est beaucoup plus agréable, et ça vous permet même de ne plus avoir à redimensionner le texte du tout lorsque vous partez des modèles existants : ainsi, sur le mème avec les panneaux autoroutiers, les boîtes englobantes par défaut sont réglées pour remplir les panneaux au maximum sans dépasser.
Lorsque la v1 est sortie en avril 2025, Framamèmes ne comportait que 7 modèles de mèmes. Un an plus tard, c’est une vingtaine d’images qui sont disponibles… ce qui est plutôt très cool.
Le problème, c’est que ça devient pénible de faire défiler tous les mèmes pour trouver celui qu’on cherche… alors pour que ce soit un peu plus simple et rapide, j’ai ajouté un champ de recherche : si vous voulez trouver le mème issu des Simpson, il vous suffit de taper « sim » et, très vite, vous ne verrez plus que le mème recherché s’afficher !
Les termes de recherche sont les noms des mèmes en versions anglaises ainsi qu’en versions françaises, agrémentés de quelques mots-clefs logiques (comme « Star Wars » pour le mème d’Anakin et Padmé).
Jusqu’à maintenant, tous les textes utilisaient la même police, Anton, police libre choisie pour sa ressemblance avec Impact, la police traditionnelle utilisée pour les mèmes (mais non-libre). Au niveau du style, tous les textes étaient centrés, en majuscules et en blanc avec un contour noir de taille fixe.
Tout cela est maintenant paramétrable :
Chacun de ces paramètres est applicable à chaque texte séparément, mais le style choisi pour un texte peut être appliqué à tous les autres d’un simple clic.
Notez que les modèles existants de mèmes ont été mis à jour lorsqu’ils utilisaient un autre style que celui qui était uniquement disponible auparavant.
Vous vous souvenez du mème de The Office ou Pam, la réceptionniste, fait chercher la différence entre deux images et précise que « c’est la même image » ? Avouons que ce mème ne rendait pas très bien avec des textes dans chacun des deux panneaux censés contenir des images…
Eh bien vous pouvez désormais remplacer chaque texte par une image, ce qui sera très pratique pour ce mème en particulier, mais pas seulement ! Et comme on n’oublie pas l’accessibilité, la zone de texte correspondante servira maintenant à la description de l’image (qui sera elle-même utilisée dans l’alt-text généré automatiquement).
Et non, on ne propose pas d’IA pour générer la description automatiquement à partir de l’image : l’accessibilité, c’est avant tout une question de communication humaine, on n’va pas laisser ça à une machine.
Vous l’avez compris, des mèmes sont régulièrement ajoutés à ce générateur. Si vous voulez avoir une notification lorsqu’un nouveau mème est disponible, j’ai créé un flux RSS qui sert juste à ça. Parce que les flux RSS, c’est bien, et ça ne coûte pas grand-chose de le faire.
Au passage, merci à anorax qui m’a suggéré l’idée sur Mastodon !
Vous pourrez aussi trouver un bouton pour déplier la liste des mèmes (si vous préférez ça au champ de recherche, pour vous y retrouver dans la liste), un focus automatique sur les zones de textes quand termine un déplacement (ou quand on ajoute un texte), etc.
De manière générale, j’essaie toujours d’ajouter les petites améliorations d’interface qu’on me suggère, surtout quand c’est simple à faire et que ça permet de rendre l’utilisation un peu plus fluide.
Cette v2 de Framamèmes a été débloquée par un « métapalier » du financement participatif du blog Grise Bouille (un palier calculé sur la saison complète et pas juste sur un mois). Un immense merci à toutes les personnes qui ont participé et ont rendu cette v2 possible !
Je vous rappelle que c’est grâce à ce crowdfunding permanent que je peux aujourd’hui produire de l’art libre, alors n’oubliez pas de soutenir ! Rappel : au prochain méta-palier, à 9 000 €, je commence à écrire la suite de mon roman de fantasy gauchiste Sortilèges & Syndicats.
Je n’ai pas vraiment de plan pour l’avenir de Framamèmes. Je ne crois pas qu’un logiciel doive nécessairement recevoir continuellement des mises à jour, et je ne souhaite pas faire de Framamèmes une usine à gaz. L’interface de la v2 me semble un bon compromis entre simplicité et exhaustivité des fonctionnalités.
La seule « fonctionnalité » qui pourrait avoir du sens est la gestion de langues multiples (avec notamment une version anglaise) : j’ai vu tourner certains mèmes sur des sites anglophones, preuve que c’est déjà utilisé. En même temps, les anglophones ont déjà pléthore de générateurs dans leur langue, et ne font en général pas partie de mes mécènes qui restent largement francophones. Bref, je garde l’idée en tête, mais ce n’est pas prioritaire.
Je compte évidemment continuer à ajouter de nouveaux mèmes, j’ignore juste jusqu’à quand (le réservoir est virtuellement infini…). Intégrer des images dessinées par d’autres personnes n’est pas à l’ordre du jour, dans un souci de cohérence graphique. Notez que vous avez déjà la possibilité d’importer vos propres images si besoin. Rien ne vous empêche non plus de forker le projet pour faire votre propre instance avec vos propres images à partir du code de Framamèmes : comme tout ce que je fais, c’est libre !
23.03.2026 à 07:42
Khrys
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)
Deputy government spokesman says death toll has reached 400 people ‘so far’ as Islamabad denies targeting facility for drug addicts
Eleven African countries have collectively spent over $2 billion on artificial intelligence-powered surveillance systems […] Several components of these surveillance tools have been purchased from China, and private Chinese banks have provided the funds needed to build and maintain this infrastructure
Voir aussi Smart City Surveillance in Africa : Mapping Chinese AI Surveillance Across 11 Countries (ids.ac.uk)
Moscow is in the throes of a major mobile internet blackout as the Russian government tightens restrictions it has touted as necessary to ensure the “security” of its citizens.The Russian capital has been more or less spared from a wave of systematic mobile internet outages that have hit the country since May, which authorities have said are necessary to counter the threat of Ukrainian drones.
Center 795, which emerged after the start of Russia’s full-scale war in Ukraine and comprises elite units from the GRU and FSB, was established as a top-secret and fully autonomous entity designed to carry out the most critical operations, ranging from military missions in Ukraine to political assassinations and abductions abroad. The Insider has managed to identify all of the center’s key leaders and sponsors, determine its location, and pinpoint its main areas of activity. One of its officers has already been arrested in Colombia on charges of organizing the kidnapping of multiple regime opponents. He was caught because he handled an agent using Google Translate.
Voir aussi Comment une unité secrète de 500 tueurs coordonnée par le Kremlin a été démasquée par le FBI grâce à Google Traduction (midilibre.fr)
Ilya Remeslo n’a pas quitté le pays : il a continué à écrire sur les réseaux, affirmant être prêt à affronter un procès. Ce n’est pas sûr qu’il y en ait un : jeudi 19 mars, on a appris qu’il avait été interné dans un hôpital psychiatrique, un établissement où l’on envoyait des dissidents déjà du temps de l’URSS.
Le Riehpovuotna (Repparfjord), cet estuaire situé à deux heures du Cap Nord et lieu de passage important pour les saumons sauvages, est devenu le symbole d’un combat de longue haleine.[…]la montagne Nussir […] regorge de cuivre […] 1 à 2 millions de tonnes de résidus minéraux et liquides toxiques vont être déversés annuellement dans le fjord au cours de son exploitation.
Le navire russe M.T. Arctic Metagaz est à la dérive au large des côtes siciliennes depuis début mars après une potentielle attaque ukrainienne. À son bord, au moins 750 tonnes de fioul et de gazole, faisant craindre une catastrophe écologique majeure.

Live Nation, AEG, CTS Eventim et Superstruct contrôlent à eux seuls plus de 200 festivals de musique en Europe (RU inclus) parmi les plus importants. C’est le cas par exemple en France pour Rock en Seine ou We Love Green, détenus à 50 % par AEG, ou de Main Square, le TSF Jazz Festival de Chantilly et Lolapalooza Paris, dans le portefeuille de Live Nation.
Cette méthode, permettant de remettre des lois sur le tapis, sabote des mesures phares du Pacte vert.
The British street artist’s identity has been debated, and closely guarded, for decades. A quest to solve the riddle took Reuters from a bombed-out Ukrainian village to London and downtown Manhattan — and uncovered much more than a name.
Data brokers are helping the FBI get around warrant requirements.
The bill’s child safety framing is doing a lot of work to normalize what is, in practice, a government-linked identity layer baked into every device you own before you open a single app.
In the dystopian nightmare scenario imagined by opponents of facial recognition technology, an innocent person sitting at home might find themselves erroneously flagged by facial matching, and instantly turned into a criminal in the eyes of the law.
Voir aussi Identifiée à tort par un logiciel de reconnaissance faciale, une Américaine de 50 ans a passé près de six mois en prison pour une fraude qu’elle n’a pas commise (numerama.com)
“She has a social security card. She has a functional visa. That’s good until 2030, so I don’t understand why they’re stopping her and detaining her”

There’s a virus you may have never heard of before that is estimated to infect up to 90 percent of people and lurks quietly in your cells for life—but if it becomes activated, it will destroy your brain […] researchers reported this week that there may be a new way for this virus to activate—one that affects up to 10 percent of adults worldwide : chronic kidney disease
Assume the NRC is going to do whatever we tell the NRC to do.
Dans une récente interview, le directeur de la NASA, Jared Isaacman, a relancé les ambitions de conquête spatiale, au moins symboliques, de la première puissance mondiale. Se ressaisissant du fameux slogan trumpiste, il appelle à « rendre sa grandeur » non pas seulement à « l’Amérique », mais « à Pluton ».
These are children whose school photographs and family pictures were turned into child sexual abuse material by a billion-dollar company’s AI tool and then traded among predators. Elon Musk and xAI deliberately designed Grok to produce sexually explicit content for financial gain, with no regard for the children and adults who would be harmed by it
La justice française a signalé aux autorités américaines une possible “valorisation artificielle” de X par le milliardaire, qui s’était réjoui, des “capacités de déshabillage de son moteur d’intelligence artificielle”, Grok.
OpenAI draws a line between AI “smut” and porn. Experts fear it’s all unhealthy.
Voir aussi Version « adulte » de ChatGPT : des expert·es internes d’OpenAI unanimement opposé·es (next.ink)
L’entreprise de Sam Altman est bien embêtée entre la volonté du CEO de lancer une version de son chatbot réservée aux adultes qui pourrait générer des discussions érotiques et l’avis d’un comité d’expert·es sur le bien-être et l’IA, créé en interne, qui s’est prononcé unanimement contre.
the papers ignore some of the most impactful and most common uses of AI today : AI porn and AI slop.
Codestrap founders say we need to dial down the hype and sort through the mess
Selon une recherche en cours, la programmation assistée par l’IA alourdit la dette de maintenance des projets de logiciels libres ouverts, ce qui amplifierait les risques qui pèsent déjà sur les chaînes d’approvisionnement logicielles.
Artificial intelligence agent instructed engineer to take actions that exposed user and company data internally
Whatever you think about the promises or perils of AI, it’s becoming increasingly impossible to ignore that these tools are beset by glaring security vulnerabilities. From exposing user data to facilitating hacks, from undermining information integrity to creating supply chain vulnerabilities, AI tools are underpinned, and undermined, by dodgy security practices.
DLSS 5 has quickly become a meme format in its own right, with Internet commenters using “DLSS 5 On” as visual shorthand for “overly cleaned up” or “mangled beyond recognition.”
Creator apologizes after using Patreon funds for Gemini-powered magazine scan processor.
L’intelligence artificielle est au cœur de la vie quotidienne sur les campus. C’est le constat principal du rapport AI in Higher Éducation publié par Coursera. Basé sur une enquête menée auprès de 4 261 personnes étudiantes et enseignantes provenant de cinq pays (Royaume-Uni, États-Unis, Inde, Mexique, Arabie saoudite), ce document brosse le portrait des attitudes et des tendances liées à l’utilisation de l’IA dans l’enseignement supérieur, en plus de mettre en lumière les risques qui y sont associés.
the survival of the AI industry depends upon you, the generation coming of age right now, agreeing with them that you have essentially no say in your own future.[…]in order to preserve their wealth and power, they need us to be so in the habit of denying our own capacity to resist that we actually do lose the capacity to resist.

The Free Software Foundation announced Friday that Anthropic’s training data apparently even included the book “Free as in Freedom : Richard Stallman’s Crusade for Free Software” — for which the Free Software Foundation holds a copyright.
If you recognize the name World, it’s probably as the organization behind WorldCoin, the Sam Altman-founded cryptocurrency outfit that launched in 2023 alongside an offer to give free WorldCoin to anyone who scanned their iris in a physical “orb”. World has now pivoted to focus on World ID, which uses the same iris-scanning technology as the basis for a cryptographically secure, unique online identity token stored on your phone.
Gig AI trainers worldwide are selling moments of their lives, including calls and texts, to AI companies for quick cash

Des milliers de frappes en quelques heures, des suggestions pour frapper des cibles et accélérer les décisions militaires : l’intelligence artificielle s’installe dans les guerres contemporaines. Mais à mesure que la vitesse des opérations augmente, les questions de responsabilité, de contrôle humain et de respect du droit international deviennent plus pressantes.
Plusieurs marins civils ont été tués dans le détroit d’Ormuz, bloqué par l’Iran. Face à la guerre, les travailleurs de la marine marchande bénéficient de protections renforcées, mais qui dépendent souvent du bon vouloir de leur employeur.
A fitness app mishap turns into a national security concern for the French military.
La « guerre de saturation » en cours en Iran change les rapports de force : le nombre et l’adaptabilité deviennent aussi importants que la possession de systèmes technologiques très avancés et très coûteux. Washington accuse un retard stratégique plus que technologique et peine à adapter son modèle militaire.
Après avoir échoué à rallier ses alliés, Donald Trump a choisi de frapper seul des positions iraniennes près du détroit d’Ormuz.
Three weeks into the Iran war, reality has passed through the looking glass, out the other side, and is now selling tickets to the gift shop. What follows is not satire. Satire requires exaggeration, and you cannot exaggerate something that is already operating at maximum absurdity. This is simply the news, and nothing but the news.

Une attaque menée mercredi par Israël et les États-Unis a notamment visé la plus grande réserve de gaz connue au monde, que l’Iran partage avec le Qatar.[…] La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a fustigé une « frappe irresponsable et tout à fait inacceptable » qui a visé « le périmètre intérieur de la centrale nucléaire de Bouchehr ».
Voir aussi Israel’s Attack on South Pars : Three Voices on Gas Infrastructure, Workers’ Lives, and War (en.radiozamaneh.com)
UK court hears “evidence of BBC misleading the public” during the Gaza war
Deux semaines après les premiers bombardements sur l’Iran, trois universitaires dénoncent une guerre illégale qui anéantit les populations, favorise les replis identitaires et marginalise les aspirations des nouvelles générations dans toute la région. Au risque de s’étendre au-delà du Moyen-Orient et de piéger l’Europe.
Israeli defence minister says IDF instructed to destroy ‘terror infrastructure’ in southern villages
Israël a annoncé, mardi 17 mars, suspendre l’entrée de l’aide acheminée par l’Unicef à destination de la bande de Gaza en provenance d’Égypte, sous le prétexte d’avoir déjoué « une tentative de contrebande » au sein de cargaisons humanitaires coordonnée par cette agence onusienne.
Après deux ans d’enquête faisant suite à deux requêtes palestiniennes, la FIFA a sanctionné Israël, jeudi 19 mars, pour avoir violé ses règles anti-discrimination. Dans le même temps, l’instance internationale ne dit rien sur l’implantation des clubs israéliens de football en Cisjordanie occupée, profitant de la colonisation illégale.
Though widely known for his roles in The Delta Force, Missing in Action, and the television series Walker, Texas Ranger, Norris’s later public life became increasingly defined by his political activism, particularly his opposition to LGBTQ+ rights.
« Mon mari est malade et âgé, et il ne peut supporter aucun fardeau supplémentaire. Je le soutiens déjà. »
De l’endométriose au cancer du col de l’utérus en passant par le diabète, les scientifiques constatent que le sang menstruel s’avère très utile pour comprendre l’état de santé des femmes.
l’ONU a été alertée en 2013 par le FBI de l’existence d’une enquête susceptible de mettre en cause Fabrice Aidan. Il y était question de consultation de sites pédopornographiques. L’organisation internationale décide alors d’ouvrir une enquête interne. Avant même son terme, l’homme quitte son poste et parvient à être rapatrié en France en urgence, en avril 2013.
NIS 2 devait être transposé avant le 17 octobre 2024, la France est donc largement en retard. Aux dernières nouvelles, le texte devrait passer à l’Assemblée nationale en juillet (2026). Trop tard pour le CSNP qui appelle à un examen « dans les plus brefs délais ». De son côté, l’ANSSI présente en attendant son REférentiel CYber France (ReCyF), « qui liste les mesures recommandées par l’ANSSI pour atteindre les objectifs de sécurité fixés par NIS 2 ».
Les municipales confirment un double mouvement qui travaille en profondeur la vie politique française : une abstention record qui fragilise la démocratie. Alors que l’extrême droite consolide ses positions et que la droite classique s’en rapproche, la gauche apparait divisée mais loin d’être marginalisée.

Depuis le 1er mars 2026, un timbre fiscal de 50 euros est obligatoire pour saisir un tribunal judiciaire ou les prud’hommes
Les différents industriels impliqués dans le sinistre se rejettent la responsabilité. Une enquête judiciaire est toujours en cours.
Les cours des fermes françaises sont remplies d’engins agricoles, dont deux tiers seraient superflus au regard des besoins. Un suréquipement poussé par les politiques publiques, avec de nombreux effets délétères, même si des voix s’élèvent pour plus d’autonomie et de mutualisation.
Capteurs, caméras, pièces monoblocs… La sophistication des véhicules fait exploser les coûts après accident. Au risque de fragiliser un modèle longtemps fondé sur le « tout-réparable ».
Médaillée olympique et devenue mère, Johanne Defay obtient une place garantie sur le circuit professionnel en 2027 grâce à la toute première « wildcard maternité ».
une candidate qui ne sourit pas s’expose à une pénalité dans les urnes que ses homologues masculins ne subissent pas.
Les employé·es du groupe SNCF ont reçu un « guide élégance TGV INOUI », qui s’avère bourré d’injonctions sexistes. Suite à de vives protestations, ce guide a été dépublié.
Trois mois sous une identité masculine sur LinkedIn avaient suffi à effacer le sexisme de son fil de discussion. En revenant à un profil féminin, l’ingénieure agro-environnement Morgane Lebosq voit ressurgir demandes de travail gratuit, condescendance et remise en cause de ses compétences.
L’Arcom confirme ce que d’autres études montrent déjà : dans les médias d’information, les hommes dominent largement la parole d’autorité. Et sur les plateformes en ligne, le sexisme se déploie sous forme de messages agressifs, rarement stoppés.
Sur les réseaux sociaux, les discours masculinistes se diffusent sans filtre. Résultat : la haine des femmes grandit chez les jeunes hommes. Face à cette prolifération, les autorités commencent à peine à développer des moyens de lutte spécifiques.
Quand on dit que la misogynie tue, elle le fait de bien des manières. Un médecin sincèrement, profondément misogyne a le pouvoir d’infliger de la douleur, ou même de provoquer la mort.
Au commissariat, le lieutenant l’assaille de questions : »Tu étais habillée comment ? » Ce jour-là, elle portait un pull avec un nounours dessus. « Ah mais tu avais déjà couché à ton âge. » Lui assène-t-il comme une gifle.
Si des faits ont pu être dénoncés au moment où ils se seraient déroulés, l’artiste a continué sa carrière sans difficulté, malgré une réputation d’homme « insistant ».
Le maire était seul candidat à sa réélection et n’a obtenu que 28,64 % de suffrages exprimés.[…] l’homme âgé de 60 ans a été mis en examen pour viol, proxénétisme et recours habituel à la prostitution de mineures.
Ces interpellations se sont déroulées ces deux dernières semaines. Des écoles du Xe, XVe, et XXe arrondissement de Paris sont concernées.
Les résultats du premier tour des élections municipales ont surpris la plupart des éditorialistes de plateaux, qui n’ont pas su cacher leur dépit et leur inquiétude face à l’écart entre le prêt-à-penser qui leur sert d’analyse… et la réalité électorale.
de propagande en invisibilisation des victimes civiles, le bruit médiatique laisse une impression amère de superficialité, de légèreté et de grande confusion.
Critiquer l’impérialisme de l’Occident dans l’émission de Pascal Praud ? C’est possible, à condition de suivre minutieusement la méthode de Saphia Azzeddine, romancière franco-marocaine.
Dans son arrêt, l’institution administrative suprême a jugé que l’accord donné au projet par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) « était conforme à la législation européenne sur les données (RGPD) ». Cette décision oppose donc les associations et entreprises de cloud qui dénonçaient le risque d’accès aux données par le gouvernement américain, en vertu des législations extraterritoriales des États-Unis.
Les derniers porte-avions ont tous porté des grands noms de l’histoire politique et militaire française : Charles de Gaulle, Georges Clemenceau ou le maréchal Ferdinand Foch.
Dans une évaluation communiquée aux pouvoirs publics ce 20 mars, la Commission nationale consultative des droits de l’homme dresse un bilan très sévère du plan national « contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ ».
Le candidat socialiste à la mairie de Paris Emmanuel Grégoire accuse le chef de l’État d’être « intervenu » pour pousser Sarah Knafo au retrait et ainsi favoriser Rachida Dati.

Bally Bagayoko, élu dès le premier tour à Saint-Denis, doit faire face depuis dimanche à une violente campagne empreinte de racisme.
Yung Yude, rappeur juif anticolonialiste, membre de Tsedek ! et lui-même scolarisé à Ozar Hatorah à l’époque de la tuerie, a été violemment pris à partie alors qu’il accompagnait François Piquemal, député LFI et candidat de la gauche unie à la mairie de Toulouse : agrippé à plusieurs reprises, menacé de mort, il a été insulté tout au long de la cérémonie par des soutiens du régime criminel israélien.
Trois militants du parti insoumis à Toulon ont été visés par des menaces ou des coups, parfois directement à leur domicile. Une ambiance irrespirable alors que l’extrême droite a fini en tête aux municipales
Les policiers et gendarmes français ont accès à un logiciel de reconnaissance faciale sur leur téléphone professionnel depuis 2022. Relié au TAJ, le fichier d’antécédents judiciaires, l’outil permet d’obtenir des informations personnelles sur plus d’un quart de la population française grâce à une photo prise sur le vif. Des fonctionnaires ont recours à cette pratique hors de tout cadre légal, en particulier lors de contrôles d’identité, révèle Disclose, témoignages et documents à l’appui. Jusqu’à présent, le ministère de l’intérieur laisse faire.
Alors que la cour d’appel de Versailles a ordonné, le 5 mars, que le policier qui a tué Nahel Merzouk, en juin 2023, soit jugé devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner et non plus pour homicide.
En même pas une heure, le rouleau compresseur policier n’a fait qu’une bouchée du campement.[…]« Nous n’avons même pas bloqué le pont, les gens pouvaient passer librement. Notre idée, c’était d’inviter les passants à se joindre aux débats. On se fait embarquer n’importe comment alors qu’on était complètement pacifistes »
Chaque jour, la police se sert de la reconnaissance faciale lors de contrôles d’identités. C’est illégal. Ce guide a pour but d’organiser la riposte et de se défendre contre ces pratiques abusives.
Free/Open Source Software tainted by LLM developers/developed by genAI boosters, along with alternatives.The intention of this list is to raise awareness of AI/LLM usage in popular open-source software.
On 11 March, the Dutch Court of Appeal ruled on Meta’s appeal against an earlier verdict brought by Bits of Freedom. The judgment was in favour of the digital human rights organisation. This is good news for Facebook and Instagram users in the Netherlands : they will continue to have the freedom to chose over what information appears on their feed.
ProPublica is exposing the government’s reservations about this popular product for the first time. We are also revealing Microsoft’s yearslong inability to provide the encryption documentation and evidence the federal reviewers sought.
On Friday, a jury in California determined that Elon Musk had misled investors in Twitter via public statements that depressed the price of the company’s stock ahead of Musk’s purchase of the service. Because this was a class action lawsuit, Musk is likely to owe damages to a huge range of investors—payments that may ultimately reach billions of dollars.
When developers say that LLMs make them more productive, you need to keep in mind that this is what they’re automating : dysfunction, tampering as a design strategy, superstition-driven coding, and software whose quality genuinely doesn’t matter, all in an environment where rigour is completely absent.
For NASA, redundancy is all-important. (Why send a single server beyond the stratosphere when you can send five ?)
Or why modern resistance to Big Tech is a deeply sane response to a narrow vision of humanity.
The real engine of inequality is structural : corporate and financial practices that concentrate wealth among shareholders while shortchanging other stakeholders who should be benefiting from corporate profits
The lasting damage was knowing it could happen at all : that a single contributor with no stated organizational backing could submit compliance infrastructure for surveillance law directly into the software that boots your computer, get it merged by two Microsoft employees, and have the creator of systemd personally block the removal.
Le pain est profondément lié au territoire. À travers lui, on peut saisir l’évolution de nos besoins, de nos paysages et de notre industrie. Il y a même un mot pour qualifier cela : l’artologie.
De la « vieille folle à chats » au « vieux garçon », le célibat traîne son cortège de clichés. Dans une Amérique pétrie de puritanisme, la méfiance a longtemps visé celles et ceux qui échappaient au mariage. Romain Huret en retrace l’histoire, entre assignations sociales et désirs d’émancipation.
The Document Foundation, qui gère LibreOffice, salue la décision du ministère allemand du Numérique, qui impose le format ODF dans l’administration fédérale, refusant ainsi le contesté OOXML de Microsoft.
Voir aussi Germany has just made the standard Open Document Format (ODF) mandatory (blog.documentfoundation.org)
Software for humans of indeterminate age. We don’t know how old you are. We don’t want to know. We are legally required to ask. We won’t.
L’iAg c’est de la 💩 nous pouvons nous en passer.
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
19.03.2026 à 10:25
pyg
Framasoft prend rarement position sur la politique numérique de l’État. La dernière fois où nous l’avions fait, c’était il y a 10 ans, en 2016, dans un article intitulé « Pourquoi Framasoft n’ira plus prendre le thé au Ministère de l’Éducation Nationale ».
Si nous le faisons aujourd’hui, c’est parce que les débats autour de La Suite Numérique (« La Suite » : une suite d’outils libres et collaboratifs développée par l’État) nous paraissent révéler quelque chose d’important : la difficulté, en France (voire en Europe), à penser une politique publique du numérique qui soit à la fois libre, crédible et orientée vers l’intérêt commun.
Malgré sa longueur, cet article ne prétend pas aller au fond du sujet. Notre objectif est de proposer, début mars 2026, quelques clés de compréhension accessibles à un public large sur La Suite, ses critiques et les enjeux politiques qu’elle cristallise.
Pour en savoir plus sur le pourquoi et le comment de cet article, vous pouvez lire notre « Boîte noire » en bas de page.
Cet article s’inscrit dans un dossier que consacre Framasoft aux rapports entre les États et les modèles de développement et de financement des communs numériques :
La Suite est une suite d’outils collaboratifs libres portée par la DINUM pour les agents de l’État. Son objectif est de proposer un environnement de travail cohérent couvrant les usages les plus courants :

Capture écran du site lasuite.numerique.gouv.fr
Mais aussi :
Il est à noter que l’ensemble de ces logiciels sont libres.

Faire l’historique d’un tel projet est complexe, car malgré son jeune âge, il a déjà « pivoté » plusieurs fois.
Officiellement lancée en 2024, La Suite prolonge des initiatives plus anciennes, et s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de l’environnement de travail administratif, de protection des données publiques et de réduction de certaines dépendances technologiques (la fameuse « Souveraineté numérique »).
Wikipédia date ainsi la version 1.0 de Tchap (la messagerie sécurisée) en avril 2019. Mise en place par la direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (DINSIC), celle-ci deviendra la direction interministérielle du numérique (DINUM), quelques mois plus tard, par le décret du 25 octobre 2019.
Fin 2021, sous l’impulsion de la DINUM, c’est le projet « Sac à dos Numérique de l’Agent Public » (SNAP) qui sera annoncé (et on se félicitera au passage que ce ne soit pas le nom final du projet qui ait été retenu 😅).
La DINUM est, toujours en citant Wikipédia, « un service du Premier ministre, elle est placée sous l’autorité du ministre de la Transformation et de la Fonction publiques. Elle a pour mission d’élaborer la stratégie numérique de l’État et de piloter sa mise en œuvre.
Elle est considérée comme la direction des systèmes d’information de l’État français. ».

Dans cet article, nous parlons de La Suite opérée par la DINUM, destinée aux ministères et agences de l’État. Il existe d’autres dispositifs proches par le nom ou par l’esprit, notamment une Suite Territoriale pour les collectivités et LaSuite.coop pour d’autres organisations (qui fera l’objet d’un article/interview a part entière dans les semaines à venir).
Début 2026, cette Suite est déployée dans 15 ministères et de nombreuses administrations, accessible à environ 1,6 million d’agents, et utilisée chaque mois par plus de 500 000 personnes.

Entre lasuite.numerique.gouv.fr (agents de l’État), la suiteterritoriale.anct.gouv.fr (pour les collectivités) et lasuite.coop (pour les entreprises, coopératives, associations, etc, notamment de l’ESS), il ne faudra pas s’y perdre !
Il nous paraît difficile d’évoquer La Suite sans mentionner Apps.education.fr, autre suite d’outils libres portée cette fois par l’Éducation nationale.
Par souci de transparence, précisons que Framasoft intervient ponctuellement comme prestataire sur ce projet, via PeerTube, notre alternative à YouTube & co. Cette collaboration reste limitée à une petite part du financement global du logiciel. Nous citons néanmoins Apps.education.fr parce qu’il constitue, à nos yeux, un précédent important : celui d’une offre publique d’outils libres à large échelle, pensée pour un autre grand périmètre administratif. Cette suite ne bénéficie ni des moyens humains et financiers de La Suite, ni de sa force de frappe communicationnelle, ce que nous déplorons par ailleurs.
Ces deux dernières années, La Suite a suscité trois types de réactions : des alertes institutionnelles sur son coût et sa coordination, des critiques venues d’une partie de l’écosystème libre, puis des offensives plus intéressées venues des éditeurs propriétaires.
En juillet 2024, la Cour des Comptes publie un rapport intitulé « Le pilotage de la transformation numérique de l’État par la direction interministérielle du numérique » faisant état d’inquiétudes concernant La Suite (la mise en gras est de Framasoft) :
La faible coordination avec les besoins exprimés par les ministères pourrait se traduire par la création de produits numériques répondant imparfaitement aux besoins recensés. C’est notamment le cas de la suite numérique de l’État : alors que les premières briques de cette suite sont déjà peu utilisés et coûteux, le déploiement complet d’une alternative souveraine aux offres proposées par le secteur privé pourrait être une source de coûts croissants sans certitude quant à l’utilisation massive de cette suite par les agents. Seule une association forte des ministères, au niveau politique, doit permettre d’assurer un suivi étroit de cette suite qui doit pouvoir, si les résultats attendus d’un produit étaient insuffisants, revenir en arrière sur le déploiement d’une gamme d’outils encore mal coordonnés entre eux.
Ça pique un peu, hein ?
Pourtant, nous verrons plus loin que la situation est un peu plus complexe que cela.
En août 2024, nos ami⋅es du CNLL (Conseil National du Logiciel Libre) publient un communiqué au vitriol contre La Suite. Il s’en suivra des échanges particulièrement houleux, notamment sur LinkedIn. Les principaux arguments du CNLL sont les suivants :
Là encore, les affirmations sont dures. Si certaines sont justes, nous verrons plus bas que certaines se sont révélées fausses ou ont été démenties par le temps.
Début 2026, nouvelles attaques contre La Suite. Cette fois en provenance des éditeurs propriétaires. La Business Software Alliance (BSA), qui représente les principaux acteurs mondiaux du logiciel et du cloud, parmi lesquels figurent notamment Microsoft, Google, Amazon, Oracle, IBM ou encore Adobe (bref : pas nos copains) a publiquement mis en garde contre les orientations prises par les autorités françaises.
Les articles dans la presse spécialisée se suivent et se ressemblent un peu :
Mais pourquoi un tel déferlement de critiques ?

D’après nous, la source est initialement à rechercher en juillet 2025, lorsque l’entrepreneur Tariq Krim posta (sur LinkedIn et sur son site) une analyse très critique sur le rapport entre l’Etat et « la souveraineté numérique », avec plusieurs points plutôt légitimes. Mais le sujet est ensuite sorti du champ des spécialistes, au point que certains arguments furent même repris par… Sarah Knafo (oui oui, la députée d’extrême droite européenne, aujourd’hui candidate à la mairie de Paris), qui viendra rajouter son grain de haine (et de mensonge).
La cause, elle, est plutôt à chercher du côté de la crainte des éditeurs de solutions fermées. Voir l’État s’émanciper de leur giron pour se mettre à développer des logiciels qui fonctionnent ? Qui plus est sous licence libre ? Ça peut à terme signifier la perte de marchés importants pour eux. D’où des réactions très virulentes de leur part afin de décrédibiliser la suite logicielle de la DINUM.
Bref, c’est la mise en curée contre La Suite. Nos ami⋅es de Next.ink en feront d’ailleurs un excellent résumé (et on ne dit pas ça que parce que nous sommes cités dedans, promis !)
Pour expliquer le point de vue de Framasoft, il faut faire un rapide rappel du contexte historique.
Hmm, non, en fait ce rappel ne sera pas rapide, puisqu’on va remonter jusque dans les années 60.
Notre objectif ici est de montrer les grandes lignes du rapport à l’État avec le logiciel libre, et notamment la stratégie du « Make » (« faire soi-même ses logiciels » ou « faire faire ses logiciels ») ou du « Buy » (« acheter » ou, plus souvent, « louer » ses logiciels auprès d’éditeurs).
Si on prend cette grille de lecture stratégique, on peut identifier différentes phases historiques structurantes. Désolé, c’est à gros traits, et sans doute pas exempts d’erreurs (n’hésitez pas à apporter vos corrections en commentaires).
Pour vous en faciliter la lecture, on vous a préparé rapidement une version plus graphique, sous la forme de chronologie.


McKinsey réclamant gentiment ses croquettes à l’État. –Allégorie
Comme on vient de le voir, l’État a souvent vanté la souveraineté numérique sans aller jusqu’au bout (c’était un peu « Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais »).
Le libre a régulièrement existé comme solution crédible (à la dépendance des USA, ou aux entreprises qui facturaient 5 à 10 fois le prix), sans pour autant devenir une doctrine effective.
Pour nous, La Suite n’est peut-être pas un modèle parfait, mais ce n’est sûrement pas un fiasco. C’est une initiative publique louable, politiquement courageuse, et plus prometteuse que ne le disent ses détracteurs.
Pour le coût du projet, nous n’avons pas l’information (si vous avez des sources précises, n’hésitez pas à nous les communiquer en commentaire, nous amenderons l’article).
On peut cependant citer à minima ce même rapport de la Cour des Comptes, en citant la page 82 de ce rapport :
« Le coût total de déploiement était, à la fin de l’année 2023, de près de 9,3 M€ (concentré sur « Tchap » à 60 %). D’autre part, le coût annuel en maintenance était de 5 M€ (dont 40 % pour « Tchap »), sans compter les éventuels coûts des astreintes sur certains projets » (page 82 de ce rapport).
(Puis, juste après :)
« Selon la Dinum, ce niveau de dépenses doit être relativisé. Elle estime en effet que les dépenses engagées pour des licences privées ouvrant l’accès à une suite numérique (bureautique, messagerie, échange de fichiers) s’échelonnent entre 300 et 590 euros par an etpar agent. À ce jour, la suite numérique a un coût d’un peu moins de 15 M€ pour une utilisation en moyenne par moins de 200 000 agents, soit environ 75 € par agent et par an.
D’après nos informations (glanées auprès de différentes sources), La Suite, c’est environ 70 personnes travaillant sur le projet (développeur⋅euses, designers, administrateur⋅ices systèmes, chef⋅fes de projet, etc). À l’échelle de l’État, ce chiffre n’est pas très impressionnant, surtout au vu du nombre de bénéficiaires (voir plus bas).
Résumons : on sait ce qu’a coûté La Suite jusqu’à fin 2023 (en gros 10 M€). Puis la Cour des Comptes parle de 15 M€ « à ce jour », sans doute mi-2024. Après (en tout cas pour nous), c’est plus flou pour 2024 et 2025.
On sait que Tchap concentrait le gros des investissements (en gros 6 M€ jusqu’en 2023), et les 40 % restant étaient surtout consacrés à Resana et Osmose (gestion de fichiers), produits aujourd’hui « sortis » de La Suite.
Sans vouloir jouer les marchands de poissons, et en partant du principe qu’il y a eu une « montée en puissance » en 2024 et 2025, disons qu’on vous fait le total à, allez, 40 M€ et on vous offre le cabillaud en cadeau.
Si vous voulez les vrais chiffres, on vous laisse faire une demande CADA, nous on a d’autres chatons à fouetter caresser.
La seule question valable selon nous est : « Est-ce que l’argent public est ici bien dépensé ? ».
Comme on l’a vu plus haut, la Cour des Comptes s’inquiétait, fin 2023, du coût de La Suite et de son faible nombre d’utilisateurs.
C’est là que notre historique peut aider à relativiser un peu.
Si on prend les coûts des trois fiascos logiciels cités plus haut (Louvois, ONP, SIRHEN), on arrive à un total de 1,25 milliard d’euros. Ou l’équivalent de plus de 30 fois notre évaluation au doigt mouillé du coût total de La Suite.
Alors évidemment, ça n’est pas un argument suffisant. Dire qu’un projet n’est pas du même ordre de grandeur qu’un triple fiasco financier et humain ne dit pas que l’argent a été bien dépensé.
Cependant, cela permet de mettre en perspective l’avis de la Cour des Comptes. Cette dernière a en effet vu l’État faire des dépenses faramineuses dans des logiciels peu, voire jamais utilisés. Ou dans des infrastructures comme Cloudwatt (150 millions d’argent public… disparus). Ou dans des cabinets comme McKinsey.
Bref, si on se met dans les souliers vernis d’un rapporteur de la Cour des Comptes, il paraît relativement logique qu’elle s’inquiète d’un nouveau dérapage. C’est son boulot.
Mais l’avis date de 2024, sur une étude qui portait, en gros, jusqu’à fin 2023. Or à ce jour (mars 2026), la situation a quand même beaucoup évolué :

Statistiques d’usage de différents services de la DINUM (au 25/02/2026)
Donc, est-ce que le coût de La Suite est raisonnable ? Clairement, s’il n’y avait pas eu certaines itérations malheureuses avant 2023, cela aurait été largement le cas. Mais est-ce que ce coût est excessif ? D’après nous, non.
En tout cas, il nous paraît que le coût de développement (« Build ») et celui de l’exploitation (« Run ») soit, début 2026, plus que raisonnable au vu du nombre d’utilisateur⋅ices, et des impératifs de sécurité qui entourent un tel projet.
Oui, globalement, nous pensons que La Suite est une très bonne chose. Non parce qu’elle serait irréprochable, mais parce qu’elle constitue aujourd’hui l’une des rares tentatives crédibles de réintroduire du logiciel libre, des logiques de communs et une forme d’autonomie dans l’environnement numérique de l’État.
Typiquement, Framasoft est bien plus en faveur de solutions telles que Apps.education.fr, car le développement s’y fait avec des rapports plus étroits avec les communautés du libre. Et la réutilisation de logiciels libres existants y est bien plus forte. Pour caricaturer, on peut dire que là où la DINUM crée ce qui deviendra un commun, apps.education.fr contribue à des communs existants.
La situation est en réalité plus subtile que ça, car il s’agit plutôt de curseurs qui ne sont, pour une solution comme pour l’autre, pas positionnée aux extrêmes de l’échelle entre création et contribution. Mais vous avez l’idée.
Il y a aussi les interrogations sur l’avenir de La Suite, par exemple :
Tout cela est encore en construction. Mais quand on regarde la chronologie du rapport État // Numérique, et qu’on constate que La Suite a été annoncée il y a moins de deux ans, on peut aussi se dire que les réponses viendront en leur temps.
C’est d’ailleurs pour cela que nous comprenons la frustration que certains éditeurs de logiciels libres ont pu exprimer. « Pourquoi développer des logiciels libres (de gestion de fichiers, par exemple) alors que des solutions libres existent déjà (Nextcloud, par exemple) ? ».
Cette critique nous paraît légitime dans son principe : lorsqu’un logiciel libre existe déjà, l’État doit pouvoir expliquer pourquoi il choisit de développer ou d’assembler autre chose.
Cependant, dans la forme de cette expression, nous avons surtout entendu la vexation que leur solution libre ne soit pas retenue.
Samuel Paccoud, chef de pôle de La Suite, répond plutôt clairement à cette critique dans le podcast « À la French » : dans une approche centrée sur l’utilisateur, il est souvent plus complexe, plus long, et souvent plus cher de travailler sur des dérivés de logiciels libres existants. Alors que construire sur des briques libres existantes, notamment les innombrables briques libres qu’il est possible d’assembler grâce à l’interopérabilité, peut être bien moins coûteux pour répondre aux besoins des utilisateur⋅ices.
Mais le plus étonnant dans toute cette histoire, ça a sans doute été l’argument des éditeurs de logiciels propriétaires : « Oui, mais ça risque d’être la fin de la commande publique ! ! ! »
Tout doux, Bijou. Rappelons que ça n’est PAS le rôle d’un État de faire vivre cette commande publique. Le rôle de l’État, c’est ça :
la mission première de l’État est de permettre l’exercice de la souveraineté nationale qui appartient au peuple.
Ce n’est donc pas à l’État de financer des boîtes qui font du libre, et encore moins des boites qui font du propriétaire. C’est « logique » que l’État achète. Mais c’est pas un dû.
Donc venir couiner parce que l’État n’achèterait plus une licence Zoom (ou équivalent français), désolé, mais nous ne verserons aucune larme.
Ça serait d’ailleurs la même avec PeerTube : si l’État utilise massivement PeerTube et ne contribue pas, ça va nous fâcher, même si c’est un risque lorsque l’on fait du libre. Par contre, si l’État développe sa solution de diffusion de vidéos, en 100 % libre, et n’utilise pas PeerTube, Framasoft n’ira pas pleurnicher parce que Framasoft touche 0€. Comme tout éditeur de logiciel libre, nous aurons forcément envie de savoir pourquoi le choix serait de redévelopper une solution alors qu’une autre existe. Mais quiconque a déjà géré des projets logiciels sait que ces choix sont complexes et relèvent de nombreux facteurs.

Par ailleurs, imaginer que l’État renoncerait à la commande publique est un argument inepte. L’État va continuer à acheter des chaises, des stylos, des ordinateurs (peut être bientôt équipés Linux ?) et… des logiciels.
Regardez cette annexe du Projet de Loi de Finances 2026. Les dépenses en logiciels de l’État, c’est quand même approximativement 2 211 millions d’euros (2023) et 2 401 millions d’euros (2024) (cf. page 177 du PLF). Et on ne vous parle même pas du numérique en général (les serveurs, les ordis, les souris, etc.). Et là, on vient gueuler parce que l’État a investi quoi ? 30 ou 50 millions (soit 1 à 2 % du total) pour des logiciels utilisés par des centaines de milliers, voire des millions d’agents ?

Page 177 du rapport sur l’impact environnemental du budget de l’État présentant les dépenses de l’État concernant le numérique. Et, oui, on parle en millions d’euros, là…
Il faut savoir raison garder. Ces éditeurs ont surtout perçu qu’une partie de l’énorme manne d’argent public dont ils ont largement bénéficié pendant des décennies, souvent en gonflant très largement les factures, allait être un peu moins énorme. Et ils ont donc fait de la communication du lobbying.
Et quand on connaît la capacité de lobbying des éditeurs logiciels, reconnaissons à la DINUM qu’elle a fait un choix politique courageux. Et qui est en train de payer quand on regarde l’adoption croissante des outils de La Suite.
Cependant, restons vigilant⋅es, il y a fort à parier que les Capgemini, Sopra Steria, Microsoft & co. ne prendront pas cette défaite comme signifiant la fin du combat. Ils ont le temps et l’argent nécessaires pour faire pression aux bons niveaux institutionnels afin de faire abandonner un tel projet.
Y arriveront-ils ? Nous sommes prêt⋅es à parier que nous n’aurons pas à attendre 10 ans pour vous apporter la réponse.

Oui, certaines critiques faites à La Suite sont légitimes, notamment lorsqu’elles portent sur la réutilisation de logiciels libres existants, sur la contribution aux communs, sur la pérennité des équipes ou sur la place que doit occuper la DINUM dans l’exploitation de tels outils.
Mais non, cela ne suffit pas à conclure que La Suite serait une mauvaise idée.
À nos yeux, c’est au contraire une initiative précieuse, parce qu’elle rouvre un espace politique que l’État français a trop souvent laissé se refermer : celui d’un numérique public plus libre, moins dépendant d’éditeurs ou de cabinet de conseils dont l’objet est moins de servir la population que de se servir sur les institutions.

Bref, arrêtons deux minutes de cracher dans la soupe : La Suite, c’est bien. C’est imparfait. Mais c’est bien.
Cet article est déjà bien long, mais l’auteur de ces lignes s’est dit que cela vaudrait la peine de faire une « boite noire » à la Médiapart (la moustache d’Edwy Plenel en moins).
Commençons par le début. Pourquoi Framasoft prend-elle la parole sur le sujet ?
Et bien pour au moins 2 raisons.
La première, c’est que nous en avons eu assez de répéter que nous souhaitions discuter à égalité avec les politiques. En effet, être élu, c’est évidemment un pouvoir, mais c’est aussi un devoir. Celui d’être au service de l’intérêt général. Or après plus d’une décennie de discussions avec des élus locaux ou régionaux, des secrétaires d’État, ou même des ministres, nous avons (comme beaucoup) eu un sentiment d’épuisement face aux comportements parfois plein de bonne volonté, parfois emplis de morgue et de suffisance. Épuisement renforcé par la technocratie intrinsèque à ce milieux, et par les calendriers électoraux, qui font qu’il est compliqué de nouer une relation de partenariat saine de plus de cinq ans avec un agent de l’État.
La seconde, c’est que le plaidoyer, c’est un métier.
Et un métier à temps plein. Un métier que nous respectons beaucoup, d’ailleurs. Big up aux camarades de l’April, évidemment. Mais aussi à celles et ceux de La Quadrature, d’Alternatiba, etc.
C’est d’ailleurs un ancien camarade de La Quadrature qui avait dit à l’auteur de ces lignes qu’il fallait trouver un équilibre entre les globules blancs (qui protègent et défendent le corps humain contre les agressions extérieures) et les globules rouges (qui transportent l’oxygène vers tous les organes et tissus du corps). Les deux sont indispensables, mais il est quasiment impossible d’être à la fois (ou même successivement) globule blanc, puis rouge.
C’est aussi pour cette raison que Framasoft signe peu de tribunes. Nous sommes humain⋅es, et notre énergie de globules rouges est donc limitée. Celle-ci est donc dirigée vers nos actions, qui sont – en toute humilité – tout à fait conséquentes pour une association de – seulement – 35 adhérent⋅es (vous pouvez lire notre rapport d’activité ou regarder nos statistiques pour vous en convaincre).
Alors, pourquoi cet article dix ans plus tard ?
Parce que les critiques adressées à La Suite nous paraissent, selon les cas, légitimes, exagérées ou franchement mal orientées. Et parce qu’au-delà du projet lui-même, ce débat dit beaucoup de la place du logiciel libre dans l’action publique.
Dans l’article, on voit que ce sont surtout les institutions (Sénat, Assemblée Nationale, Cour des Comptes) et les entreprises (du logiciel libre ou pas), qui se sont exprimées sur le sujet. Mais la société civile a peu pris la parole. C’est ce que nous essayons de faire aujourd’hui.
Nous souhaitions aussi, au travers de cet article, faire une rapide histoire du rapport entre l’État et le numérique libre. Et pour cela, nous avons fait le choix de remonter jusqu’à De Gaulle, car ce sont bien certaines décisions stratégiques de l’époque « pré-libre » qui nous ont mis dans la sauce.
Comme toute vision historique, la nôtre fait l’objet de choix et de biais. Cependant, je tiens à remercier chaleureusement Étienne Gonnu, chargé de mission Affaires Publiques à l’April, d’avoir bien voulu relire et amender cette partie là avant publication. L’April est probablement l’association la mieux placée aujourd’hui pour raconter cette histoire, et ses membres le feraient sans doute bien mieux que nous [rappelons au passage que Framasoft est membre de l’APRIL, donc tu es légitime, pyg 😉 NDLR]. Mais… on s’est dit qu’on allait se lancer, et que dans le pire des cas, cela donnerait envie à d’autre d’amender cette chronologie.
Enfin, pour l’anecdote, la rédaction de cet article s’est étalé sur près de trois semaines, essentiellement à temps perdu (souvent le soir et les week-ends). Il aura réclamé de très nombreuses heures de travail, essentiellement pour aller chercher les sources ou les vérifier (certains rapports ayant plus ou moins disparus d’Internet). Or, entre temps, les nouvelles concernant La Suite, et plus généralement la souveraineté numérique, ont continué de s’enchaîner.
Bref, « le monde il bouge, et il vous attend pas » (© OSS117), donc à un moment, il fallait bien clore cet article « critique des critiques », qui lui même fera l’objet, n’en doutons pas, de critiques (les commentaires du Framablog sont là pour ça). Si vous nous interpellez sur LinkedIn, il y a peu de chances qu’on vous réponde là-bas 😜 .
Pierre-Yves Gosset, le 13 mars 2026