
20.05.2026 à 18:15
Pablo Pillaud-Vivien
Rémi Lefebvre, professeur de science politique à l’université de Lille, était l’invité de #LaMidinale.
20.05.2026 à 12:31
Loïc Le Clerc
« Je n’ai pas de leçon d’écologie à recevoir de qui que ce soit dans le champ politique », lançait Emmanuel Macron en 2025. C’est tout à fait vrai : à quoi bon, vu son bilan ?
« Ce quinquennat sera écologique ou ne sera pas. » Cette phrase, prononcée lors de la campagne pour sa réélection en 2022, lui colle à la peau comme le mazout aux plumes des goélands. Car, à l’heure de faire le bilan de ces dix ans de présidence, le constat est net : le quinquennat, le second pas plus que le premier, n’est pas. Pas écologique ni rien du tout.
Au printemps 2026, après avoir enterré son aide à la rénovation MaPrimeRenov’, la Macronie adopte de la loi de simplification de la vie économique met de grands coups de canif dans la politique écologique : suppression des « ZFE » et du « ZAN » – derrière ces barbarismes, on parle de qualité de l’air et de bétonisation des sols. La loi Duplomb restera comme une des grandes lois de ce second quinquennat. Au menu : construction de méga-bassines et de méga-poulaillers – un « fléau », selon l’expression de Greenpeace, tant pour ce qui concerne la pollution de l’eau, des sols et de l’air, que la déforestation ou encore la disparition des petites fermes –, et retour sur le marché de pesticides comme les néonicotinoïdes. Plus récemment, le gouvernement a réautorisé la mise sur le marché locatif des pires passoires thermiques… La liste des méfaits écolos de la Macronie serait trop longue pour être développée ici, alors on vous renvoie à nos confrères de Reporterre et leur « Comment Macron a détruit l’écologie en 60 mesures ».
Il en faudra plus pour ébranler l’égo démesuré du président. Ce mardi 19 mai, au début du Conseil de planification écologique, le quatrième du genre, Emmanuel Macron déplore : « J’ai bien noté ces dernières années que l’écologie est devenue une cible facile, en particulier pour les extrêmes, et qu’elle est en quelque sorte le théâtre d’opérations d’un populisme ». Mieux, il entend « continuer à avancer ».
« Avancer » ? Non parce qu’on dirait plutôt qu’on recule, là. Le second quinquennat aura été un détricotage minutieux de la moindre avancée entreprises auparavant, parfois même par Emmanuel Macron lui-même. Adoptée et promulguée à l’été 2021, la loi climat et résilience instaurait les ZFE pour 2025. Supprimée, donc, un an plus tard. Ce n’est que l’exemple le plus récent et flagrant.
Il faut aussi ajouter le choix assumé du nucléaire, redevenu central dans la stratégie énergétique française, à contrepied des Américains et des Allemands. Emmanuel Macron a relancé la filière avec l’annonce de la construction de nouveaux réacteurs EPR et la prolongation du parc existant. Que, pour tenir les créneaux de la décarbonation et de la souveraineté énergétique, on valorise ce qui fonctionne chez nous est parfaitement compréhensible. Mais à condition de ne pas oublier l’impératif le plus stratégique sur le long terme ; la progression des renouvelables, au détriment des fossiles et nucléaire.
Mais n’oublions pas qu’Emmanuel Macron accompagne dans le même temps le mouvement européen de détricotage des normes et autres gardes fous. Le « pacte vert » est désormais jugé trop contraignant. On dénonce l’écologie « punitive », suivant l’impulsion venue des extrêmes droites. On lâche du lest sur les pesticides, tout en intimant les Français à « consommer européen ». Au diable la cohérence, tant que le business va, tout va.
Il semble bien loin, le Macron 2017-2018 qui abandonnait l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, qui mettait du bio dans les cantines, qui scandait « Make planet great again », etc. Depuis, les écolos sont devenus des « terroristes ». Alors, vous imaginez bien que Macron ne peut en être. Tiens, vous connaissez le nom de la ministre de l’écologie ? Monique Barbut. Un bon point à ceux qui savaient !
20.05.2026 à 12:30
Pablo Pillaud-Vivien
16% des Français disent avoir utilisé une IA pour s’orienter politiquement aux dernières municipales. Loin d’un simple outil neutre, l’IA s’installe ainsi au cœur du jugement politique, d’autant que ses logiques restent orientables et dépendantes de ceux qui les conçoivent. L’histoire récente l’a montré avec le scandale de Cambridge Analytica, qui a exploité les données de millions d’utilisateurs de Facebook pour influencer des électeurs, notamment en faveur de la première campagne présidentielle de Donald Trump et du camp du Brexit. La technologie n’éclaire pas seulement le vote, elle peut aussi en organiser les biais et fabrique le consentement. Il n’existe pas d’algorithmes neutres mais des entreprises privées qui les élaborent et qui ont des desseins politiques. Danger.