
29.06.2026 à 12:37
Catherine Tricot
Cette canicule marque un avant et un après. Elle nous fait peur. Elle doit devenir le point de départ d’une mobilisation pour imposer des transformations structurelles.
C’est le soulagement. Le retour de la fraîcheur nocturne va permettre de dormir et de revivre. Provisoirement ? On le craint. À l’image du covid, cet événement caniculaire va constituer une rupture dans notre façon d’envisager l’avenir. Désormais, nous savons ce qui se prépare si nous continuons nos offrandes au dieu pétrole et à la déesse croissance. Cette peur et cette colère doivent devenir une force politique.
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Pendant plusieurs jours, le débat public s’est enlisé dans de vaines polémiques sur la clim’. Nous savons désormais que le réchauffement climatique nous fait souffrir et détruit notre environnement. La clim’ ne pourra rien pour les oisillons qui meurent dans leurs nids, pour les forêts qui brûlent, pour les plantations qui dépérissent. Elle ne permettra pas les promenades et les soirées aux terrasses de café, pas plus que les manifs et les festivals. C’est la vie et ses plaisirs qui sont menacés. La clim’ n’y changera rien. Et on sait aussi que la situation est tellement dégradée qu’il faut de la clim’ pour protéger les plus fragiles. On redoute le bilan des morts de chaud – 1000 morts sont déjà recensés.
On a enfin compris que les blagounettes sur les plans verts à deux milliards – réduits du tiers – ne sont là que pour amuser la galerie. Les besoins pour l’adaptation s’évaluent entre 2500 milliards et 3000 milliards. Ceux pour atteindre nos objectifs de baisse des émissions de CO2 sont d’une radicalité plus grande encore. Beaucoup de notre façon de vivre doit changer : du travail aux loisirs, de l’alimentation au logement, des transports à l’organisation des villes…
Les besoins pour l’adaptation s’évaluent entre 2500 milliards et 3000 milliards. Où trouver l’argent ? Comment relever ce défi d’une ampleur comparable à la reconstruction d’après-guerre ?
Où trouver l’argent ? Comment relever ce défi d’une ampleur comparable à la reconstruction d’après-guerre ? La société ne peut être tenue à l’écart et la perspective d’un vote dans un an ne suffit pas. Rien ne se fera sans nous tous. D’abord parce qu’il s’agit de faire des choix politiques déterminants. Va-t-on refermer le dossier, trop compliqué, trop cher et nous gratifier de mesurettes ? Va-t-on dépecer les protections sociales pour financer ces chantiers ? Va-t-on simplifier et tout ramener à quelques formules magiques ? C’est l’enjeu du débat, des propositions politiques et des luttes.
Peut-on tenter de nous unir aux autres sociétés européennes qui, elles aussi, souffrent ? Au lieu de tout céder à l’alliance droite-extrême droite, à Paris comme à Bruxelles, il faut reprendre l’agenda des accords de Paris. Et cesser d’être pleutres face à la puissance destructrice américaine et aux grandes entreprises du pétrole, dont TotalEnergies. L’argent des épargnants, celui des banques et de la BCE doivent être mobilisés pour ces chantiers. Pour payer l’extension en cours du métro parisien, on a emprunté sur 70 ans : c’est l’ordre de grandeur qu’il faut pour les emprunts stratégiques.
J’ai fait un rêve : celui d’une gauche qui cesserait de s’étriper sur tout et n’importe quoi et qui se mobiliserait pour nous permettre de nous faire entendre. C’est la lutte finale ? On a peur et on est en colère. On peut être une force.
29.06.2026 à 12:16
Pablo Pillaud-Vivien
Un an après une pétition de deux millions de signatures et la censure du Conseil constitutionnel, le Sénat s’apprête ce lundi à rouvrir la porte aux néonicotinoïdes. Par un amendement au projet de loi d’urgence agricole, le bien nommé sénateur LR Laurent Duplomb propose de réautoriser, sous dérogations, l’acétamipride et le flupyradifurone, deux insecticides interdits en raison de leurs effets sur la biodiversité et des inquiétudes qu’ils suscitent pour la santé humaine. Le gouvernement affiche une molle opposition, mais la droite, les macronistes du Sénat et le RN devraient assurer leur adoption. Les écologistes dénoncent un passage en force au mépris de la Charte de l’environnement et des avis scientifiques, alors que les effets de l’acétamipride sur les pollinisateurs, les oiseaux et les écosystèmes sont largement documentés. Mais sinon, c’est super : notre gouvernement en a vraiment quelque chose à faire de l’écologie et de l’environnement.