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05.05.2026 à 14:39

Primaire : une autre gauche est possible ?

Pablo Pillaud-Vivien

Deux jours après l'annonce de Jean-Luc Mélenchon, la gauche unitaire veut relancer sa primaire. Elle tient meeting ce soir à la Bellevilloise.
Texte intégral (802 mots)

Deux jours après l’annonce de Jean-Luc Mélenchon, la gauche unitaire veut relancer sa primaire. Elle tient meeting ce soir à la Bellevilloise.

Ce mardi 5 mai à la Bellevilloise, la gauche célèbre les 90 ans du Front populaire. Avec un aréopage réuni pour l’occasion, de Clémentine Autain à Marine Tondelier, de François Ruffin à Olivier Faure, en passant par Lucie Castets et Benjamin Lucas. Tous se veulent les héritiers d’une gauche capable de dépasser ses divisions pour s’opposer au fascisme et gouverner. Et ils ont un plan pour la présidentielle 2027 : une primaire en octobre.


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Pourtant, à ce stade, la primaire a peu de chances d’aboutir. Non pas parce qu’elle serait inutile – what else ? – mais parce que le Parti socialiste reste profondément divisé sur le sujet, malgré le soutien affiché de son premier secrétaire. Une vieille maladie de la gauche française : savoir ce qu’il faudrait faire mais ne pas parvenir à le faire ensemble. La primaire n’est pas une lubie d’appareil. Elle est devenue une nécessité politique.

D’un côté, Jean-Luc Mélenchon est, depuis dimanche, officiellement candidat. Les insoumis pensent sincèrement incarner seuls la gauche de rupture, seuls capables de transformer en profondeur le pays pour aller vers un avenir meilleur. D’ailleurs, ils rappelleront que c’est écrit noir sur blanc dans leur programme L’Avenir en commun. Ils avancent avec cohérence.

D’un autre côté, toujours à gauche, il existe d’autres projets, d’autres stratégies et d’autres ambitions. Certains ne se reconnaissent pas dans la quatrième candidature de Jean-Luc Mélenchon. Et quoi qu’en disent les insoumis, cela ne veut pas dire qu’ils auraient renoncé à l’ambition de changer la vie. Ils ont d’autres priorités à faire valoir, d’autres idées sur la méthode. Eux aussi ont droit au combat politique. Mieux : ils le prendront.

Sur qui se fera ce « vote utile » à gauche ? Si la droite est la mieux placée pour battre le RN, alors une partie des Français et des Françaises, y compris de gauche, voteront pour elle…

La question n’est donc pas de savoir s’il y aura une offre politique multiple. La question est de savoir si cette multiplicité sera organisée ou subie. C’est le paradoxe à résoudre et la primaire se veut un chemin pour ce faire. Parce que la gauche est à la fois multiple et traversée par une aspiration unitaire, la primaire s’impose comme l’outil capable de tenir ensemble ces deux réalités. Elle permettrait une clarification. Vous en connaissez d’autres ? Elle permet la confrontation, elle oblige à des choix. Et elle permet de s’unir sans avoir à renoncer par avance à convaincre. Advienne que pourra.

L’histoire récente devrait nous servir de leçon. En 2017 comme en 2022, une large part de l’électorat de gauche a fini par se rassembler, dans l’isoloir, derrière le candidat jugé le mieux placé pour accéder au second tour : Jean-Luc Mélenchon. Non pas par adhésion totale, mais par nécessité stratégique. Rien n’indique que 2027 échappera à cette logique. La nécessité impérieuse d’avoir un candidat progressiste face aux idées dégueulasses du RN l’imposera.

Mais sur qui se fera ce « vote utile » à gauche ? Ce sera le fruit d’une capacité à apparaître comme celui ou celle qui peut battre l’extrême droite au second tour. Et alors, l’identité politique et le projet porté ne seront pas des détails. Imaginons même que si la droite est la mieux placée pour battre le RN, alors une partie des Français et des Françaises, y compris de gauche, voteront pour elle… avec des conséquences importantes pour les années à venir.

On écoutera ce soir, à la Bellevilloise, Lucie, Clémentine, François, Benjamin, Marine et Olivier porter les arguments qui donneront la chance à la gauche d’être au rendez-vous dans ce fracas du monde politique.

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05.05.2026 à 14:36

🔴 RÉFLEXION DU JOUR

Pablo Pillaud-Vivien

Audiovisuel public : refonder, au-delà du brûlot Il y a des rapports qui éclairent et d’autres qui obscurcissent à dessein. Celui du député d’extrême droite Charles Alloncle sur l’audiovisuel public appartient sans conteste à la seconde catégorie : accumulation d’approximations, recyclage de fake news, volonté de tout casser. La réaction de Delphine Ernotte a le…
Lire + (168 mots)

Audiovisuel public : refonder, au-delà du brûlot

Il y a des rapports qui éclairent et d’autres qui obscurcissent à dessein. Celui du député d’extrême droite Charles Alloncle sur l’audiovisuel public appartient sans conteste à la seconde catégorie : accumulation d’approximations, recyclage de fake news, volonté de tout casser. La réaction de Delphine Ernotte a le mérite de la clarté. En nommant la visée destructrice du texte et son inconsistance, la PDG de France Télévisions a raison. Mais elle dit aussi, et c’est peut-être l’essentiel, que l’audiovisuel public doit être repensé. C’est là tout le paradoxe : derrière un rapport inutilisable se cache une question bien réelle, celle d’un service public à refonder pour mieux remplir ses missions démocratiques. Encore aurait-il fallu un travail sérieux pour en faire le point de départ.

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04.05.2026 à 14:01

Sans surprise, Mélenchon

Catherine Tricot

Personne n'ayant réussi à « faire mieux » depuis 2022, c'est Jean-Luc Mélenchon qui s'y recolle. Pour la quatrième fois.
Texte intégral (1030 mots)

Personne n’ayant réussi à « faire mieux » depuis 2022, c’est Jean-Luc Mélenchon qui s’y recolle. Pour la quatrième fois.

La candidature de Jean-Luc Mélenchon est désormais officielle. À défaut d’être une surprise, c’est une étape importante dans la campagne présidentielle qui commence. L’annonce a été anticipée, non parce que la situation de guerre, la détérioration du climat et la crise sociale se seraient subitement aggravées, mais parce que le timing propre de la campagne le commande : ne pas laisser le terrain à ceux qui sont déjà partis, Ruffin, Retailleau, Philippe et Villepin. L’annonce contraste avec le cafouillage de la gauche dite « non-mélenchoniste » qui tarde à s’accorder sur le périmètre, le projet et une candidature. Jean-Luc Mélenchon l’a redit : « C’est carré », les insoumis avanceront « sur leur programme, avec leur équipe et leur candidat ».


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On n’extrapolera pas à l’excès sur les douze petites minutes d’entretien accordées au 20 heures de TF1 hier soir. Tout n’a pu être dit par le candidat. Relevons quelques premiers points dont on verra comment ils seront confirmés et approfondis, parce que, évidemment, rien n’a été laissé au hasard.

Le personnage « Jean-Luc candidat » est de retour et il cherche à désamorcer les sujets les plus clivants ou sur lesquels les insoumis ne se sont pas fait comprendre. Interrogés sur l’usage de termes qui ont fait polémique comme « racisés », « nouvelle France » ou « grand remplacement », le sage Mélenchon a donné une lecture tirée des sciences sociales, sans portée polémique. Le terme « racisé » ne fait qu’affirmer que le racisme est dans le regard de celui qui regarde l’autre à partir de sa couleur de peau ou de sa religion supposée. « Nouvelle France » n’est qu’un constat des transformations sociales profondes de notre pays (urbanisation, place des femmes, formation…). Le « grand remplacement » est une évidence, celle du renouvellement des générations.

Jean-Luc Mélenchon se veut le candidat qui rassemblera la France en entier, promeut le tous ensemble contre le chacun pour soi. Il n’a pas tort de commencer dès maintenant cette nouvelle explication de texte. Le moins que l’on puisse dire est que, jusqu’à présent, les insoumis n’ont guère été compris. C’est un gros problème quand on veut se faire élire par la majorité des Français qui n’apprécient pas être classés dans la « vieille France ». 

Mélenchon ne veut pas que la question du RN soit l’alpha et l’oméga de la campagne. Sûrement parce qu’elle bloque tout débat et empêche la progression de ses idées et de ses propositions. Mais surtout, il ne veut pas que l’ombre portée du second tour détermine trop fortement le premier tour.

Le second point est l’absence totale de référence au rassemblement de la gauche. Ce n’est pas son sujet. Ainsi, il recommande de regarder les visages des membres de son équipe. « Ce sont eux qui constitueront le futur gouvernement. » Il est audacieux de penser que, non seulement Jean-Luc Mélenchon peut être élu, mais que les Français voudront un gouvernement 100% insoumis. Entre cohérence et rassemblement, le réglage n’est peut-être pas encore trouvé. 

Enfin, troisième élément marquant de son intervention, son scepticisme sur l’arrivée au second tour du Rassemblement national. Si nombreux sont les Français à douter que le RN soit élu à la présidence de la République, rares sont ceux qui voient le RN éliminé dès le premier tour. La force du RN ne se dément pas, se structure et s’enracine. Il entend tirer profit de la progression des idées d’extrême droite à l’échelle internationale. Pourquoi Jean-Luc Mélenchon émet-il ce doute ? Qui peut vraiment imaginer que cet homme avisé le pense vraiment ? Le candidat insoumis ne veut pas que la question du RN soit l’alpha et l’oméga de toute la campagne. Sûrement parce qu’elle bloque tout débat et empêche la progression de ses idées et de ses propositions. Mais surtout, Jean-Luc Mélenchon ne veut pas que l’ombre portée du second tour détermine trop fortement le premier tour.

Évidemment, empêcher l’élection du candidat RN pèsera dans le choix des électeurs dès le premier tour, comme on vient de le voir à Marseille. Pour que les insoumis aient un espace élargi, ils doivent être premiers à gauche et assez largement pour battre toute candidature de droite. Bref, Jean-Luc Mélenchon peut réussir l’exploit d’une qualification au second tour, soit parce que le RN est éliminé (pardon d’en douter), soit parce qu’il aura prouvé pendant la campagne qu’il peut rassembler la majorité des Français. Difficile équation : mobiliser les siens, gagner des abstentionnistes et ne pas cliver avec les autres. 

Dans un débat avec Frédéric Lordon, il a commencé à exposer sa vision : il sera le président qui fera les changements que veut la société. Bref, Jean-Luc Mélenchon veut le changement mais ne brutalisera pas le pays. C’est sûrement cette ligne qu’il va tenir, tentant de faire oublier ou de reléguer au second plan les griefs accumulés ces dernières années. Qui vivra verra.

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