
15.06.2026 à 12:41
Catherine Tricot
Samedi soir, Raphaël Glucksmann jouait gros : il devait démontrer sa capacité à porter haut les couleurs de la social-démocratie pour obtenir un accord avec le PS.
Ces six derniers mois, au fil de ses interviews ratées, les doutes sur la candidature de Raphaël Glucksmann n’ont cessé de grossir et les soupçons d’impréparation et d’hésitations ont fait florès. Un an après l’avoir annoncé, toujours pas de programme sur les thèmes qu’il dit vouloir mettre en avant : l’école et le travail. Et l’initiative lancée avec Boris Vallaud et Yannick Jadot encaisse un flop monumental.
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Dans ces conditions, le rendez-vous de samedi soir aux docks d’Aubervilliers apparaissait comme une ultime chance de convaincre le PS de le soutenir pour la présidentielle. Il sait que cette compétition ne peut s’envisager seul, sans parti et sans moyens. Une semaine après le lancement réussi de la campagne LFI, il fallait démontrer l’efficacité d’une ligne anti-Mélenchon. Bien que la primaire batte de l’aile, il n’est pas seul sur la ligne clivante : François Hollande aussi attend son heure.
Avant la question « de l’incarnation » ou celle de son « appétence », pour Raphaël Glucksmann, le défi est d’abord politique. Le PS d’Olivier Faure a fait depuis dix ans le choix de replacer le parti dans la gauche, en alliance avec les autres forces de gauche. Raphaël Glucksmann, lui, exclut LFI de la gauche et dessine un périmètre d’où sont aussi exclus les communistes. Il ne veut pas unir la gauche ; il veut faire taire la gauche remuante et reprendre le leadership. Par allusions et références, son discours s’est attaché à dessiner ce paysage. Dans son Panthéon, il place Danton et Voltaire, Mendès France et le Blum de 1920, celui qui fit le choix de garder la vieille maison quand la majorité choisit le communisme. Samedi soir, il fut aussi question de l’économie sociale et solidaire, de l’éducation populaire, de l’école publique, de la République, du syndicalisme. Raphaël Glucksmann est allé chercher, pour les réveiller, les socles du socialisme français.
Les milliers de personnes rassemblées sont en attente d’une proposition de gauche qui diffère de celle de LFI. L’absence de travail et de renouvellement des idées – à de rares exceptions près – ne permet pas à la direction d’Olivier Faure d’identifier la promesse Glucksmann pour ce qu’elle est : une désillusion certaine.
Ce fut donc un discours de positionnement. Il fut beaucoup question de souveraineté, en particulier face aux Chinois du Parti communiste, face aux Américains de la Silicon Valley. Les sujets embarrassants sont renvoyés à plus tard. Il ne fut pas évoqué l’ambition d’une défense européenne après la fin du projet d’avion de combat franco-hispano-allemand. L’action de la France dans une Europe gagnée par les idées d’extrême droite n’a pas été évoquée. L’immonde pacte européen sur l’immigration oublié ; comme étaient absents du discours Gaza et le Liban. Sur ces sujets de prédilection, l’Europe et le monde, Raphaël Glucksmann veut aussi creuser les différences et couper les ponts avec la gauche de gauche.
Son discours a porté dans l’enceinte des Docks. Les milliers de personnes rassemblées sont en attente d’une proposition de gauche qui diffère de celle de LFI. Il vaut mieux se convaincre définitivement que la bérézina des partis de gauche n’efface pas la diversité de la gauche : il y a une histoire, des traditions, des socialistes en France, quand bien même Anne Hidalgo a réuni 1,74% des voix en 2022. L’absence de travail et de renouvellement des idées – à de rares exceptions près – ne permet pas à la direction d’Olivier Faure d’identifier la promesse Glucksmann pour ce qu’elle est : une désillusion certaine. Car derrière les mots de « République des travailleurs » et de souveraineté, derrière l’amour proclamé pour la France de l’égalité des chances… il n’y a pas d’analyse de la politique de l’offre et donc pas de contre-logique. L’anticapitalisme est réduit à la lutte contre les tech bros du numérique. Les luttes nationales et internationales pour faire émerger une autre politique sont rabattues sur la volonté politique d’un président.
Raphaël Glucksmann a pour lui de ne pas avoir à endosser le bilan socialiste. Il s’est même permis des critiques qui visaient l’action de François Hollande : « Depuis des décennies, gauche et droite ont laissé prospérer une société de la rente et de l’héritage ». Il est apparu déterminé et doté d’une culture qui lui permet de parler à la gauche. Il a des atouts et n’a donc pas dit son dernier mot. Le dénigrer n’y change rien.
15.06.2026 à 12:40
Loïc Le Clerc
Après des semaines de guerre, de menaces et d’annonces d’accords avortées, Washington et Téhéran ont trouvé une issue au conflit. Toutes les offensives, Liban compris, doivent cesser. On pourrait appeler ça la paix. Le monde entier se réjouit aussi de voir les bateaux à nouveau autorisés à emprunter le détroit d’Ormuz. Du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, aux dirigeants français, anglais, allemand, italien… Mais un petit pays résiste encore et toujours à la paix : Israël. Le ministre de la défense israélien, Israël Katz, ne s’en cache même pas : « Israël ne se retirera pas des zones de sécurité au Liban, en Syrie et à Gaza ». Le ministre du Conseil de sécurité national israélien, Itamar Ben Gvir, se fait plus précis : « L’accord de Trump ne nous engage pas ». Pas question donc pour Tel-Aviv de rendre les territoires conquis. La guerre reste le seul horizon du gouvernement israélien. Une paix telle que Vladimir Poutine la rêve.
14.06.2026 à 14:35
la Rédaction
Comme chaque semaine, le débrief politique par Catherine Tricot et Pablo Pillaud-Vivien ! Au menu : le meeting de Raphaël Glucksmann.