
11.07.2026 à 13:15
la Rédaction
Comme chaque semaine, le débrief politique de Pablo Pillaud-Vivien et Catherine Tricot !
10.07.2026 à 15:45
Pablo Pillaud-Vivien
Loi pour la présomption d’usage légitime des armes pour la police, rapport d’enquête parlementaire sur les exilés de la frontière franco-britannique, avenir de la gauche : Elsa Faucillon, députée communiste, est l’invitée de #LaMidinale.
10.07.2026 à 12:29
Catherine Tricot
En votant hier, les socialistes ont mis un dernier clou dans le cercueil de la convergence des gauches et des écologistes. Un plongeon dans la mer ou la piscine devrait rafraîchir tout ce beau monde et le ramener à la raison.
Pour une part, les socialistes ont de la chance. Le vote des militants d’hier soir est passé totalement inaperçu à côté des buts de Mbappé et Dembélé. On va davantage commenter le penalty raté du capitaine des Bleus que ce triste résultat. Dans un genre de référendum « pour ou contre la primaire de toutes les gauches hors LFI et hors PCF » (les deux partis sont déjà lancés avec leurs héros en tête), ils ont dit non à 55% et choisi la voie proposée par Boris Vallaud et Nicolas Mayer-Rossignol, soit l’option la plus resserrée d’une « désignation d’un candidat par les militants du Parti socialiste et des organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste ».
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Pour une autre part, les socialistes n’ont pas de chance. Ils viennent de faire ce choix deux jours après l’entrée en campagne de Marine Le Pen. Leur vote jette une lumière crue et sévère sur le délire qui s’est emparé de la gauche. Le niveau d’irresponsabilité général est stupéfiant. Passons pudiquement sur le nombre de votants : à peine 13 000. On retiendra surtout, qu’alors que les urgences imposent un large rassemblement, ce sont des logiques identitaires qui gagnent partout. « Le peuple de gauche» n’est plus dans les partis, mais il est laissée à la porte des « grandes décisions ». Le voilà spectateur désolé et angoissé mais impuissant devant le désastre qui s’avance.
Cette gauche est désespérante ; la question n’est pas seulement de savoir qui est le plus fort, mais comment empêcher le pire alors que tout menace. Qui finira troisième, qui finira second ? On s’en fout, comme dirait l’autre.
Faute d’avoir tiré les leçons des historiques défaites de la social-démocratie et du communisme du 20ème siècle, la « gauche classique » se prépare une déroute mémorable. Mais cette fois ce sera pour laisser place à l’extrême droite. Et la « nouvelle gauche » plus jeune et plus radicale ne gagnera pas seule et encore moins contre le reste de la gauche.
En bref, franchement, cette gauche est désespérante ; la question n’est pas seulement de savoir qui a les faveurs des uns et des autres, qui est le plus fort, mais comment empêcher le pire alors que tout menace. Qui finira troisième, qui finira second ? On s’en fout, comme dirait l’autre.
On va laisser tous nos super-chefs de gauche partir en vacances, refroidir leurs esprits bouillonnants. On leur donne l’automne pour réfléchir. Réfléchir au fait que la gauche a toujours été en désaccord avec elle-même mais qu’il n’y a aucune raison qu’aujourd’hui elle rassemble moins de diversité politique, sociologique, de générations, de régions, de propositions… que le RN. On lui donne jusqu’en janvier, mais pas plus. En janvier, on attend une solution, une vraie, c’est-à-dire à gauche, ouverte, rassembleuse, imaginative.