17.01.2022 à 20:00
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Dans son poème The second coming, William B. Yeats décrit la fin de notre temps. Le faucon n’entend plus le fauconnier, le centre ne tient plus, tout se disloque. La vague teintée de sang se répand et partout, la cérémonie de l’innocence se noie. Les meilleurs ne croient plus en rien, pendant que les pires se gonflent de l’ardeur des passions mauvaises. Norman Ajari n’est pas poète, il est philosophe, mais il parle dans le fond de la même chose que Yeats. Les polémiques suscitées avec beaucoup d’entrain par la réaction française autour du « wokisme », de la pensée « décoloniale » et de « l’indigénisme » sont généralement considérées pour ce qu’elles sont : des démonstrations de bêtise un peu gênantes qui font néanmoins et efficacement office de diversion politique autant que de passerelle vers l’électorat faisandé de l’extrême droite. Mais elles ne sont peut-être pas que cela. Il faut concéder une intuition juste aux réactionnaires : leur monde s’échappe, le centre ne tient plus et tout le petit cirque de l’innocence touche à sa fin. À la suite de La dignité ou la mort (La Découverte), Norman Ajari vient de publier Noirceur (Divergences), livre dans lequel il se fait le passeur d’un courant de pensée et des débats qui l’animent : l’afropessimisme. Essentiellement présente aux États-Unis et encore très peu traduite en français, cette « pensée » est peut-être d’abord une stratégie : ne rien attendre. Parce que la dette de l’esclavage et de ce qui en perdure est inexpugnable, parce que la civilisation ne sera jamais autre chose que sa domination propre, ne plus y croire, sauf à sa fin. Noirceur tente de tracer une ligne, du refus de l’intégration et de la reconnaissance identitaire, fonder l’autonomie et viser le communisme. De l’un à l’autre un seul obstacle : le monde tel qu’il s’effondre. C’est ce dont nous discutons ce lundisoir.
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17.01.2022 à 10:00
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Le 23 janvier 2021 à la Parole Errante à Montreuil, une centaine de personnes sont venues regarder La Bataille de la Plaine (film de Primitivi), écouter et prendre part à la table ronde qui s'en est suivie (sur les luttes urbaines et la métropole), puis boire un verre et discuter avec des ami.e.s, des inconnu.e.s. Cela, en plein couvre-feu.Ce reportage est une archive sonore de ce rassemblement organisé par le Groupe de Recherche et d’Action sur la Production de l’Espace, et des débats qui s'y sont tenus.
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03.01.2022 à 20:00
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Grilles-pains, machines à coudre, gobelets, déodorants, smartphones et tant d’autres objets disparates envahissent nos vies ordinaires, saturent nos espaces domestiques, transforment nos manières de faire et s’entassent dans les recoins les plus étroits de nos logements. Il y a sans doute intérêt à en faire leur histoire ; à saisir par quels processus ils se sont imposés dans la vie ordinaire jusqu’à devenir tout à fait banals. Alors qu’ils sont devenus souvent nécessaires à la vie, nous n’avons guère leur intelligence : nous n’en comprenons que peu leur fonctionnement et nous sommes généralement empêchés de les réparer si bien qu’ils nous placent dans des situations concrètes et ordinaires de dépossession.
Ce soir, trois invités viennent débattre de ces questions autour de leurs récents ouvrages : Jeanne Guien (2021) publie aux éditions divergences Le consumérisme à travers ses objets. Gobelets, vitrines, mouchoirs, smartphone et déodorants tandis que Gil Bartholens et Manuel Charpy sortent L’étrange et folle aventure du grille-pain, de la machine à coudre et de ceux qui s’en servent aux éditions Premiers parallèles (2021). Ces deux ouvrages ouvrent de passionnantes réflexions sur la façon dont ces objets norment nos corps, forment nos subjectivités ou renforcent la distribution sexuée du travail domestique. Mais plus massivement encore, ils aident à penser les mutations du capitalisme et du consumérisme dont la vocation première est de s’étendre et coloniser nos vies ordinaires jusqu’à placer chacun sous des formes multiples de dépendance. C’est ainsi que cette histoire de ces objets banals aide à mieux comprendre notre époque et ses aliénations ordinaires. Mais Jeanne Guien, Gil Bartholens et Manuel Charpy ne se contentent pas de poser un diagnostic sur notre époque ; ils tracent également d’heureuses perspectives pour réfléchir des pratiques de résistance et pour questionner les façons de se libérer de ce quotidien colonisé.
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20.12.2021 à 20:00
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Cela faisait un moment que nous voulions, à lundisoir, parler de féminisme. Mais c’était pas évident de trouver les bonnes coordonnées au cœur d’une question à la fois aussi vaste et intime. D’un côté il y a ce phénomène désormais médiatique : la libération de la parole des femmes. Et oui ça y est, les femmes ont appris à parler, il leur arrive même de déposer plainte, de signer des tribunes, voire de coller des affiches. À cela on pourrait être tentés de répondre : les femmes ont toujours parlé, il n’y avait juste pas grand monde qui écoutait, à peu près aucun média pour leur donner de l’écho. Ou encore : parler ne sera jamais suffisant. Les mots, les témoignages, ne sauront jamais être une riposte à la mesure de tous les coups que nous avons pris et continuons de prendre.
Et puis il y a aussi ce bruit permanent, ces acouphènes interminables que l’on ressent : tout le monde parle désormais de féminisme, tout le temps. Et tout le monde a son petit mot à dire sur la question, soit pour geindre de l’apocalypse matriarcal final (lol), soit pour se valoriser personnellement d’en être la plus belle et pure représentante. Des codes, de l’entre-soi et cet épuisant besoin de reconnaissance.On a donc voulu essayer de contourner tout ça ou peut-être de trouver quelques raccourcis. L’idée c’était d’ouvrir une discussion avec des femmes qui nous semblaient avoir quelques idées de méthode ou des pistes de réflexions pour dégommer le patriarcat.Trouver le ton, l’angle, les mots n’est pas simple. Comment parler de moyens alors qu’on ne sait même pas si l’on vise la même chose ? Mais aussi : comment déterminer des fins alors que le geste prescriptif est une des marques de fabrique du même patriarcat qu’il s’agit de démolir ?On a lancé un paquet d’invitations et on s’est dit qu’on allait laisser les micros enregistrer, que ça s’improviserait et qu’on avait suffisamment confiance en et entre nous pour s’épargner une direction. Beaucoup n’ont pas pu se joindre pour cette émission mais beaucoup sont venu.e.s aussi.Bref, on a tenté un truc, et il a été difficile pour certaines de participer, et pour d’autres de se taire, pas évident pour certaines de déborder, et pour d’autres de rester en place - mais on a essayé de clarifier quelques enjeux, évité quelques questions qui nous semblaient peut être trop lointaines.Qu’est-ce qu’une pratique féministe ? Comment sortir d’une position purement défensive ? Comment contrer celles (pratiques comme positions) qui nous affaiblissent ? Et donc : poser la question de notre propre puissance. Ce sont à peu près les coordonnées que nous avons retenues de cette première rencontre qui en appelle évidemment d’autres (on va pas tarder à envoyer de nouvelles invitations).Ce lundisoir, on a donc parlé de transmission, d’alliances, et de comment défoncer des ronces avec des pelles.
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13.12.2021 à 20:00
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La fondation Luma, à vocation philanthropique, sise dans la ville d’Arles, revendique son engagement pour la création sous toutes ses formes. Son plus éclatant symptôme est une tour érigée par l’architecte Frank Gehry inaugurée en juillet dernier. Du haut de ses 56 mètres, elle surplombe la cité. Position confortable depuis laquelle sa fondatrice – l’héritière Maja Hoffmann, environ 450e fortune mondial grâce à l’empire pharmaceutique Hoffmann-Laroche, qui s’est notamment illustré par la catastrophe industrielle de Seveso – peut remodeler la ville de 53000 habitants à la guise de ses ambitions.
Quelques amis arlésiens de passage par la mégalopole nous ont suggéré de manger ladite tour. « Quel appétit ! », nous sommes-nous d’abord réjouis. « Mais quel mauvais esprit ! », nous sommes-nous ensuite offusqués. Mais c’était avant de les écouter. Bonne dégustation.
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06.12.2021 à 17:00
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Le fardeau qui pèse sur les épaules, l’épuisement dans lequel certains ont le sentiment de traîner leur vie « comme un landau sous l’eau », la tristesse et l’abattement même dans lesquels nous pouvons nous trouver, toutes ces sensations de fatigue et de vides modernes sont-elles condamnées à une lecture et un traitement individuels ? Les dispositifs qui écoutent, soutiennent, aident ne privent-ils pas d’une mise en collectif de ces souffrances et de leur devenir politique ? Ne faut-il pas entendre dans nos intenses fatigues modernes qui semble avoir cédé sur tout désir le bouillonnement de la révolte à bas bruit ? C’est ce qu’essaie de penser Romain Huët dans l’excellent De si violentes fatigues, Les devenirs politiques de l’épuisement quotidien, à partir d’une enquête ethnographique et sociologique au long cours au sein d’une association de prévention contre le suicide. Nous en avons discuté avec lui.
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29.11.2021 à 20:00
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Nous en choyons - nourrissons, castrons, enfermons - certaines, à jamais enfants de nos foyers. Nous en mangeons et exploitons d'autres, tuées et dépecées le plus souvent en masse et loin de nos regards, entre autres pour nourrir les premières. Notre relation aux bêtes et nos sensibilités à leur égard sont un summum de contradictions et de problèmes éthiques dont une féroce division du travail peine à nous sauver. La chasse avec toutes les controverses qu'elle suscite est un des lieux les plus vifs pour penser ce mélange d'affects et d'élans qui nous traversent, nous laissant bien peu tranquilles quand il s'agit de repenser notre place parmi les vivants. Charles Stépanoff, anthropologue, spécialiste du chamanisme sibérien et auteur du très beau L'animal et la mort. Chasses, modernité et crise du sauvage, nous permet d'explorer ces territoires.
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08.11.2021 à 20:00
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Janvier 2014, la commune du Rojava est proclamée dans le nord de la Syrie historiquement kurde. Le PYD (parti de l’union démocratique) proche du PKK (parti des travailleurs du kurdistan) prend le contrôle de la zone et annonce l’instauration d’une zone autonome politiquement en s’inspirant du socialisme libertaire et du confédéralisme démocratique. L’expérience politique se retrouve néanmoins rapidement prise dans un étau militaire aux multiples fronts et ennemis.
Au fil des années, de nombreux volontaires internationaux ont rejoint la commune pour voir ce qui s’y expérimentait et défendre la zone des offensives de Daesh et de la Turquie notamment. Le front du Rojava pose de très nombreuses questions politiques, géopolitiques et stratégiques, quant à son rapport à la révolution syrienne, au démocratisme plutôt relatif du PKK, à sa forme-partie ou à ce que signifie pratiquement et éthiquement d’être acculé à une confrontation militaire. Beaucoup a déjà été dit et débattu à propos du Rojava, dans nos pages notamment, et comme pour toute tentative révolutionnaire, ce bilan se fera au fil des années, du recul et de l’évolution de ces expérimentations.
Pour ce lundisoir, nous avons rencontré Alexis qui a passé plus de 3 ans là-bas et a notamment participé à l’ouvrage collectif Hommage au Rojava publié en septembre 2020 aux éditions Libertalia. Nous lui avons proposé de nous raconter, sans surplomb, ce que cela pouvait signifier pratiquement de partir au Rojava, d’y combattre et d’en revenir.
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31.10.2021 à 19:00
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Comment comprendre les obsessions monstrueuses dont l'époque entoure ce qu'elle appelle « l'islam » ? Est-il possible, comme le font des voix minoritaires et bien intentionnées, de n'y voir qu'un aspect collatéral du racisme et de la démagogie gestionnaire ? Ou la continuation de vieilles logiques policières et contre-insurrectionnelles ?Cette interview de Mohamad Amer Meziane, auteur d'un livre intitulé "Des Empires sous la terre, histoire écologique et raciale de la sécularisation", aidera à aborder ces questions en prenant un peu de hauteur historique et théorique. Outre les analyses imposantes qu'il développe concernant le caractère impérial des Etats nations modernes ou la dimension écologique de la sécularisation, cet ouvrage permet de comprendre en quoi une loi sur le séparatisme ou un Eric Zemmour ne sont que les effets les plus récents d'un processus historique de sécularisation qui « loin de toute séparation de la religion et de la politique (...) est une manière de politiser la religion en lui faisant jouer le rôle de la race ».
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31.10.2021 à 10:00
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La conspiration des enfants« La toux a cessé mais le souffle n'a pas été retrouvé. Il s'est exilé et ne trouve même plus, dans la scansion des quintes et la suspension des râles, la plasticité par laquelle se dessinent les plus de possible et les pliures des après, Tout tombe, tout s'arrête, tout s'est arrêté.
Pourtant, à bien y regarder, juste après l'embrasement de Moria et juste avant l'évacuation de Pikpa, en ce 15 octobre 2020, quelque chose semble continuer à se mouvoir dans une étrange suspension. La petite communauté mélangée découvre un interstice au bout de l'île que l'Union est en train de saccager. Ce jour-là, les flammes ne sont pas encore là. Elles ne brûlent plus le camp de Moria et pas encore celui de Pikpa. Pourtant, tout parle du feu, tout le transporte mais personne ne panique. Ni les enfants, ni les coraux, ni les racines, ni les éducateurs ne tremblent. Car avec les flammes, chacun voit s'élever, à la manière des après, des devenirs métamorphiques et des promesses renouvelées. Les enfants dorment encore moins qu'auparavant : se passent le relais de veillées imaginées non pour surveiller le terrain mais pour veiller sur les constructions souples et la foule des turbulents que le petit monde accueille. La turbula revient ; elle n'a rien perdu de sa puissance à la fois terrible et parodique, que seuls connaissent les enfants. Certes, dans le monde des Grands, mais les oppositions au démantèlement exprimées par plusieurs citoyens européens rassemblés sur le campement de Pikpa, l'évacuation aura lieu. Mais les enfants convertiront en eau déchaînée qu'ils forment comme autant de petits précipités d'océans. Le feu a assez pris pour que les cendres deviennent les flots des commencements. »
Réalisation: Nicolas Zurstrassen
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17.10.2021 à 16:00
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Nous avons assisté, ces dernières années, à la diffusion toujours plus large de sentiments négatifs à l’égard des forces de l’ordre. Pas une manifestation sans que l’on entende entonné le désormais fameux « Tout le monde déteste la police », pas une ville qui ne soit décorée de plus ou moins discrètes inscriptions ACAB, « tous les flics sont des bâtards ». Mais alors que faire d’une intuition ou d’une revendication si massivement partagée et pourtant tue dans l’espace médiatico-politique ? Hasard du calendrier, la rentrée littéraire 2021 nous a gratifié de trois excellent ouvrages qui tentent de circonscrire ces questions : faut-il réformer la police, l’abolir ou la défaire ? Nous en avons discuté publiquement le jeudi 14 octobre en présence de Serge Quadruppani, Iréné, Pierre Douillard-Lefèvre et de membres du Collectif Matsuda. La vidéo sera disponible ce lundisoir à partir de 20h.
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08.10.2021 à 15:00
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1. Suffragistes et Ju-Jitsu (0'00)2. Généalogie du krav maga (5'56)3. Vigilantisme, super-héros et colonialité du pouvoir (20'09)4. Black Panthers : le bon sens et l’autodéfense (30'54)5. Retourner la violence, restaurer le monde (43'17)Ces 5 épisodes ont été publiés en format vidéo sur lundimatin en novembre 2017.
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08.10.2021 à 15:00
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Comme il est bon, par les temps qui coulent, de remporter une victoire. Cette victoire, c’est Sabrina Calvo qui nous l’offre avec son Melmoth furieux paru aux éditions La Volte, un assaut poétique mené amour battant dans un Paris parallèle, dans un Belleville libéré en néo-Commune au sein de laquelle fleuriront assez d’exaltations, d’inventions et de rêves pour mettre à mal un empire à deux (sales) têtes : la métrique d’un côté, algorithme phagocyte qui enserre et assèche tout et chacun, Eurodisney de l’autre, parc aux plaisirs fades et sans ferveur qui digère les imaginaires de ses visiteurs. C’est à l’inauguration de ce dernier, parce que le frère de la narratrice s’y immole, que prend racine une colère qui gonflera tout le long des 287 pages de ce poème épique.
Aussi c’est pétris d’enthousiasme que nous avons rencontré Sabrina Calvo qui nous a fait le plaisir de nous expliquer comment et pourquoi articuler couture, écriture, game design, psychogéographie et lutte. Entretien sensible.
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05.10.2021 à 15:00
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Durant le confinement du printemps 2020, la Préfecture de Police avait alerté sur une saturation du « système d’urgence », du fait d’une augmentation des délations (pour signaler ici des manquements aux règles du confinement). Et avait demandé à ne plus alimenter le 17 avec ce type de dénonciations. Dans d’autres pays, le problème a été réglé par la mise en place de plateformes numériques (par exemple en Nouvelle-Zélande, mais aussi en Belgique ou au Canada), qui n’est pas sans rappeler l’expérimentation de la ville de Nice quelques années auparavant. Il y a quelques semaines le ministre de l’Intérieur, M. Darmanin, annonçait le lancement d’une plateforme « permettant à chacun de signaler à la police et à la gendarmerie les points de deal se trouvant près de chez lui ». Au delà du surinvestissement politique des questions sécuritaires en prévision de l’élection présidentielle à venir, que disent de notre époque ces réflexes de délation et ces injonctions au « signalement » ? S’agit-il réellement d’un retour ? Quel rôle joue ici la numérisation des rapports (la dénonciation derrière son clavier étant déjà un moteur des réseaux sociaux) ?
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05.10.2021 à 14:00
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Quentin Ravelli est sociologue, chargé de recherche au CNRS. En 2015, il a publié La Stratégie de la bactérie : Une enquête au cœur de l’industrie pharmaceutique au Seuil. Il y décrit et analyse tout la chaîne de production du médicament - de la constitution des molécules à la fabrication des emballages en passant par le lobbying et le service commercial. À partir de sa connaissance du fonctionnement routinier de l’industrie pharmaceutique, nous avons souhaité discuter avec lui de la situation actuelle, de la production des vaccins, de la médecine en temps de crise épidémique, de l’emprise de l’industrie sur le corps médical et de queues de cerises.
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05.10.2021 à 14:00
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Jérôme Baschet est historien médiéviste à San Cristóbal de Las Casas au Chiapas. Mais dernièrement, il a surtout écrit sur le présent, la covid, les Gilets Jaunes, les mondes qui émergent et les possibles qu’il s’agit d’enfoncer. Comme il était de passage en France et que nous avions quelques questions à lui poser sur son dernier livre Basculements : Mondes émergents, possibles désirables, nous avons invité quelques amis pour discuter de ses analyses et perspectives stratégiques.
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05.10.2021 à 14:00
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05.10.2021 à 12:00
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Sandra Lucbert est écrivaine. Elle a écrit deux romans Mobiles (Flammarion, 2013) et La Toile (Gallimard 2016) avant d’aborder un sujet plus directement politique Personne ne sort les fusils (Le Seuil) en 2020 qui a reçu le prix de l’essai Inrockuptibles. Incontestablement, la littérature est un moyen pour alimenter la critique sociale et politique. Ce dernier livre, Le ministère des contes publics, prolonge un long travail sur la déconstruction du langage managérial et libéral au service de ce qu’elle appelle « l’hégémonie ». Il est rare que des écrivains s’intéressent au sujet technique de la dette. Dans cet entretien, elle revient sur son travail littéraire et sa déconstruction du langage néolibéral : comment opère-t-il et comment lui résister ?
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