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26.03.2026 à 12:06

🔴 IGNOMINIE DU JOUR

la Rédaction

« Hubs de retour » : l’Europe organise la déportation Au Parlement européen, la mécanique du durcissement migratoire se poursuit : les eurodéputés s’apprêtent à entériner aujourd’hui la création de «hubs de retour », des centres externalisés hors de l’Union où seront envoyées des personnes exilées en attente d’expulsion… elles peuvent alors y être détenues sans limites…
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« Hubs de retour » : l’Europe organise la déportation

Au Parlement européen, la mécanique du durcissement migratoire se poursuit : les eurodéputés s’apprêtent à entériner aujourd’hui la création de «hubs de retour », des centres externalisés hors de l’Union où seront envoyées des personnes exilées en attente d’expulsion… elles peuvent alors y être détenues sans limites de temps. Cette proposition portée par la droite (PPE) et l’extrême droite est une convergence de plus au Parlement européen.

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25.03.2026 à 17:45

« Le macronisme se dissoudra dans la bonne vieille alternance gauche-droite car il y est miscible »

Pablo Pillaud-Vivien

Pour décrypter les résultats des municipales 2026 et se projeter dans la présidentielle 2027, John-Christopher Rolland, maître de conférences à l’université de Nanterre, est l’invité de #LaMidinale.
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Pour décrypter les résultats des municipales 2026 et se projeter dans la présidentielle 2027, John-Christopher Rolland, maître de conférences à l’université de Nanterre, est l’invité de #LaMidinale.

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25.03.2026 à 14:36

Les leçons pour toute la gauche des municipales

Catherine Tricot

Les partis de gauche devraient déterminer leur stratégie présidentielle à l'aune des élections municipales. Il vaut mieux ne pas enjamber ces analyses fines.
Texte intégral (1080 mots)

Les partis de gauche devraient déterminer leur stratégie présidentielle à l’aune des élections municipales. Il vaut mieux ne pas enjamber ces analyses fines. 

Les résultats des élections municipales vont produire des réflexions et des effets dans l’ensemble des partis de gauche. La proximité de l’élection présidentielle oblige à des analyses fines, très souvent négligées une fois le scrutin terminé. Le parti socialiste s’est déchiré hier soir à ce sujet ; il n’y aura pas d’éclats visibles à LFI mais il est certain qu’autour de Jean-Luc Mélenchon les différents scrutins municipaux seront décortiqués pour penser la stratégie électorale à venir. 

Tout d’abord, si la gauche s’est une nouvelle fois légèrement affaiblie dans les sommets de la France urbaine (158 villes de plus de 20 000 habitants contre 171 en 2014), cela se produit qu’elle soit unie ou non. Emmanuel Grégoire et Benoît Payan n’ont pas eu besoin de s’allier avec LFI pour gagner à Paris et à Marseille. Mais Nantes et Grenoble n’auraient sans doute pas été sauvées sans la dynamique de l’union. En revanche, des villes ont été perdues par la gauche, à cause de sa division, comme à Champs-sur-Marne et au Kremlin-Bicêtre. Dans d’autres cas, la division a empêché la gauche d’emporter la mise, comme à Noisy-le-Grand ou à Montrouge.

On est assez loin des sondages qui affirment que seule la moitié des électeurs socialistes sont désormais favorables à des unions avec La France insoumise. Il semble que les enjeux locaux, que la personnalité du candidat insoumis, son ancrage local et le style de campagne aient érodé ces refus. Sur France Culture mardi matin, le directeur des études de l’Ifop, Jérôme Fourquet, avance les résultats de leur étude à Toulouse sur des bureaux tests. Dans cette ville, l’insoumis François Piquemal arrivait en tête au premier tour et rassemblait toute la gauche au second. Selon cette étude, 30% des électeurs de la liste socialiste – soit près de 12 000 électeurs – ne se seraient pas reportés. La moitié s’abstenant, l’autre votant pour le candidat de droite.

Finalement, alors que socialistes et insoumis ont été à couteaux tirés jusqu’au premier tour, on aurait pu s’attendre à des reports plus difficiles qu’ils ne l’ont été. Ils se sont faits globalement, parfois au-delà du potentiel de gauche exprimé au premier tour, comme à Bordeaux ou à Angers.

Il est vrai que cela a fortement dépendu des enjeux réels. Par exemple, LFI était présente au second tour dans une cinquantaine de cas, souvent contre des listes de gauche. Le plus souvent, les insoumis maintiennent leur niveau de premier tour et vont même au-delà comme à Lille (23,4% au premier tour, 33,7 au second) ou à Montpellier (25,1% au second contre 15,4 au premier). Par contre, quand l’enjeu était d’empêcher la conquête d’une ville par la droite, la liste insoumise recule. Le cas de Paris est significatif, Sophia Chikirou passant de 11,7% à 8% au second.

La France insoumise se présentait dans des villes où elle pouvait et voulait tester sa stratégie en direction des électeurs de la « Nouvelle France ». Pour la formation de Jean-Luc Mélenchon, il s’agit de mobiliser les habitants des quartiers populaires, souvent issus de l’immigration, afin de constituer un socle politique pour les premiers tours et un vivier qui permet des victoires au second. Ce défi a été partiellement réussi avec un regain de participation et de bons résultats pour les listes insoumises : à Montreuil, où le maire sortant, Patrice Bessac obtient 57,7% au premier tour, la liste insoumise atteint 22,6 %.

Sauf à Marseille où les résultats n’ont pas été au rendez-vous, malgré le fort engagement de la direction nationale. Dans les quartiers nord de Marseille, ces électeurs ont placé Payan largement en tête.

Particulièrement visés par la menace RN, les habitants des quartiers populaires de Marseille ont, semble-t-il, voté utile dès le premier tour. Cela nous rappelle que, deux ans après la victoire du « non » au référendum sur le traité pour une Constitution européenne, les électeurs des villes populaires s’étaient massivement mobilisés pour Ségolène Royal dans l’espoir de contrer Nicolas Sarkozy. Le combat contre le RN étant certainement une clé de la présidentielle en 2027, il y a fort à parier que la capacité à battre le RN au second tour sera un déterminant du vote, une clé du choix au premier tour, notamment dans les quartiers populaires.

Il est vrai que, si la gauche s’est largement rassemblée au second tour, elle ne l’a pas fait partout. On s’est ainsi polarisé, non sans raisons, sur les contre-performances de Toulouse ou de Limoges, où la liste conduite par un insoumis a dû s’incliner, contrairement aux attentes. Mais s’il est vrai que la plupart des listes d’union conduites par LFI ont été battues (9 sur 10), le PS n’a pas été épargné (5 défaites sur 7).

Dans le cas de la FI, la cause en incombe sans doute moins à des reports moins nombreux qu’à la surmobilisation que la tête de liste a provoquée du côté de la droite et de l’extrême droite. L’immense diabolisation de la France insoumise, jusque dans les rangs du PS, a donc bien produit des effets. Elle fait perdre quelques pourcentages aux listes de gauche et cause l’échec ici et là. Elle amoindrit les dynamiques. Même relatifs, les clivages qui s’installent entre électorats de gauche sont à comparer avec la porosité qui augmente entre le vote d’extrême droite et le vote de droite – dans les deux sens. La concurrence à gauche entre les « irréductibles » fut redoutable.

Les échos qui parviennent ce matin des débats au sein de la direction du parti socialiste sont très inquiétants. Si le PS pense gagner le peuple de gauche sur ce qui lui sert d’unique identifiant, la détestation de Jean-Luc Mélenchon, il pourrait retrouver les résultats passés réservés à la platitude de la vision prospective. Les gauches irréconciliables ne sont ni un projet, ni une solution. Et là, on ne joue plus. L’enjeu est immense.

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25.03.2026 à 14:35

🔴 DÉPRIM’ DU JOUR

la Rédaction

La primaire de la gauche, morte-née ? Au PS comme à LFI, chacun se sert des élections municipales pour expliquer que l’union, c’est caca. Aussi a déclaré François Hollande : « Il ne faut pas perdre son temps dans je ne sais quelle alliance, dans je ne sais quelle primaire ». Un avis que dénonce la députée…
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La primaire de la gauche, morte-née ?

Au PS comme à LFI, chacun se sert des élections municipales pour expliquer que l’union, c’est caca. Aussi a déclaré François Hollande : « Il ne faut pas perdre son temps dans je ne sais quelle alliance, dans je ne sais quelle primaire ». Un avis que dénonce la députée Clémentine Autain, dans une tribune à Libération : « Aucun leader, aucun candidat, aucun parti de gauche […] ne remportera seul la présidentielle qui vient ». Elle enjoint la gauche à cesser de « bricoler l’union sur un coin de table » mais de se saisir de cet outil qu’est la primaire. Sinon, quelle autre perspective offerte que celle du peuple de gauche allant encore voter au second tour pour la tête la moins à droite de la droite et faire barrage – en espérant qu’il tienne bon une nouvelle fois. Car il n’est aucun monde où des personnalités de gauche comme Clémentine Autain se rangerait derrière une candidature socialiste en dehors du cadre de la primaire. Pour jouer, encore faut-il qu’il y ait match.

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24.03.2026 à 11:48

Jospin, un mythe pour la gauche

Catherine Tricot

La disparition de l’ancien premier ministre ravive le souvenir idéalisé d’une gauche au pouvoir. Elle rappelle aussi le moment où le Parti socialiste a choisi de s’adapter au monde plutôt que de le changer.
Texte intégral (1086 mots)

La disparition de l’ancien premier ministre ravive le souvenir idéalisé d’une gauche au pouvoir. Elle rappelle aussi le moment où le Parti socialiste a choisi de s’adapter au monde plutôt que de le changer.

Lionel Jospin est mort et sa mémoire est saluée unanimement. Évidemment à gauche, par ceux qui l’ont connu, qui ont fait partie de son gouvernement. Pour Martine Aubry, « c’est une immense peine. J’avais pour lui une grande admiration pour l’homme d’État qu’il était, pour l’homme de gauche qui n’a jamais trahi ses valeurs, pour sa rigueur morale ». Sa mémoire est saluée par ses camarades de parti ou de la « gauche plurielle ». Ainsi Fabien Roussel écrit pour le PCF : « Avec les communistes, il aura porté de grandes réformes sociales. Même si des désaccords existaient, son engagement pour la gauche et la justice sociale restera. » Cet hommage s’étend jusqu’à Manuel Bompard, qui tweete : « Pour ma génération, c’est la dernière apparition d’un homme de gauche au pouvoir prenant des mesures radicales comme les 35 heures ».


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À l’heure de la mort, on se souvient du meilleur de celui qui part. Il est juste de rappeler la rigueur intellectuelle et morale de celui qui succéda à François Mitterrand à la tête du PS. Georges Marchais fit les frais de cette intelligence affûtée et Lionel Jospin défendit avec brio les positions socialistes quand la tension entre les deux grands partis de la gauche n’avait rien à envier à celle que nous connaissons aujourd’hui. Bien des années plus tard, il sut se saisir des rencontres initiées par Jean-Christophe Cambadélis et Gilbert Wasserman pour faire travailler ensemble les partis de la gauche. Dans la foulée des « Assises de la transformation sociale » de 1995, son gouvernement de gauche plurielle réunit socialistes, écologistes et communistes. Malgré la surprise de la dissolution de 1997, les discussions engagées depuis des mois, avec publications à l’appui, ont permis cette convergence. La gauche d’alors se souvenait des longues négociations sur le programme commun ; elle savait que les accords ne s’élaborent pas en quatre jours et quatre nuits. 

Au-delà de l’homme droit qu’il fut, quel bilan retirer de son action ? Comme le rappelait justement son successeur François Hollande : « Lionel Jospin, c’était une orientation, le réalisme de gauche : conjuguer les réalités économiques avec les avancées sociales ».

Lionel Jospin se disait favorable à l’économie de marché mais pas à une société de marché. Les limites étaient posées. Mais limites aussi dans l’audace et la rupture. Lionel Jospin et Martine Aubry ont attaché leur nom à la réforme des 35 heures mais l’ont assorti de premières règles de flexibilisation sur le temps de travail, compliquant la vie des salariés, notamment des femmes.

Sous sa conduite, la politique française ne s’est pas alignée sur la vague social-libérale de Tony Blair et Gerhard Schröder, premiers ministres au même moment. On n’a pas connu en France la ravageuse destruction des droits sociaux dont les Britanniques et les Allemands restent victimes aujourd’hui. Lionel Jospin se disait favorable à l’économie de marché mais pas à une société de marché. Les limites étaient posées. Dans tous les sens du terme. Il instaura la CMU, cette protection sociale ouverte à tous pour que l’argent ne trie pas face aux soins. Il comprit aussi que l’action publique devait agir en faveur de la place des femmes en politique et fit voter une loi pour la parité. Mais limites aussi dans l’audace et la rupture. Lionel Jospin et Martine Aubry ont attaché leur nom à la réforme des 35 heures mais l’ont assorti de premières règles de flexibilisation sur le temps de travail, compliquant la vie des salariés, notamment des femmes, et réduisant les revenus liés au paiement des heures sup’. Pour les travailleurs les moins protégés, les conditions de la mise en œuvre de cette réforme détériora très concrètement le rapport de forces avec l’employeur. Il fut le premier ministre d’une politique de compétitivité à base d’allègement des charges pour les entreprises. Son adhésion à l’économie de marché l’a amené à procéder à de massives privatisations dont celles d’Air France et de France Télécom. Des privatisations plus importantes que celles conduites par Édouard Balladur entre 1986 et 1988. Dès son arrivée au pouvoir, Lionel Jospin a aussi voulu établir un nouvel équilibre en faveur des forces de l’ordre. Les assises de Villepinte marquent une rupture dans l’approche socialiste des questions de sécurité. C’est dans la foulée de cette première inflexion sécuritaire et après les attentats du 11-Septembre qu’est adoptée, en novembre 2001, la loi sur la sécurité quotidienne (LSQ). Elle renforce les mesures de contrôle et de répression, en mêlant dangereusement la lutte contre le terrorisme, les trafics, les incivilités et les fraudes sur les moyens de paiement.

Lionel Jospin était un social-démocrate. Il ne fut en aucune façon un homme de la rupture avec le capitalisme. Il installa son parti sur des chemins dont le PS n’est jamais sorti, celui de l’adaptation aux règles du monde. L’oublier n’aide pas à comprendre son échec en 2002, éliminé au premier tour. Rendre hommage à un grand homme d’État ne justifie pas de réécrire l’histoire. La gauche ne se reconstruira pas sur des mythes, des amnésies et des fariboles. 

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24.03.2026 à 11:41

🔴 CHIFFRES DU JOUR

Selim Ben Abdallah

Municipales : quand l’abstention parle pour les pauvres L’économiste Youssef Souidi a calculé, à l’issue du premier tour, les résultats électoraux dans les différents bureaux de vote en fonction de leur niveau de richesse. Sans surprise, les riches votent majoritairement à droite et les pauvres – quand ils votent – le font à gauche. La…
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Municipales : quand l’abstention parle pour les pauvres

L’économiste Youssef Souidi a calculé, à l’issue du premier tour, les résultats électoraux dans les différents bureaux de vote en fonction de leur niveau de richesse. Sans surprise, les riches votent majoritairement à droite et les pauvres – quand ils votent – le font à gauche. La courbe d’abstention suit, dans chaque ville étudiée et sans exception, une progression parfaitement régulière, plus le bureau de vote est précaire, moins il vote : 60 à 65% d’abstention dans les zones défavorisées. Et les écarts sont massifs avec les bureaux de vote les plus riches, qui n’atteignent qu’un taux d’abstention de 30 à 35%. Le scrutin ne reflète donc pas la société telle qu’elle est composée mais telle qu’elle se mobilise, deux réalités qui ne se ressemblent pas forcément.

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