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11.05.2026 à 13:38

🔴 DÉMISSION DU JOUR

Pablo Pillaud-Vivien

Vallaud ou l’aveu d’impuissance collective Boris Vallaud a confirmé l’impasse dans laquelle s’est enfermé le PS. Le chef des députés socialistes propose une entente à l’amiable dans un périmètre de « gauche plurielle » allant de François Ruffin à Raphaël Glucksmann. Le problème, c’est que les socialistes et assimilés ne sont, au fond, d’accord sur rien :…
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Vallaud ou l’aveu d’impuissance collective

Boris Vallaud a confirmé l’impasse dans laquelle s’est enfermé le PS. Le chef des députés socialistes propose une entente à l’amiable dans un périmètre de « gauche plurielle » allant de François Ruffin à Raphaël Glucksmann. Le problème, c’est que les socialistes et assimilés ne sont, au fond, d’accord sur rien : ni sur le périmètre, ni sur le candidat, ni sur le projet, ni sur la stratégie. Depuis l’échec du quinquennat Hollande, ils n’ont jamais réussi à reconstruire un projet politique cohérent capable de soutenir une candidature présidentielle. Du coup, ils pataugent dans la semoule, condamnés à faire d’erratiques propositions plutôt que de construire une politique lisible. En attendant, la campagne démarre sans eux.

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09.05.2026 à 13:15

Mélenchon, seul à gauche ?

la Rédaction

Comme chaque semaine, le débrief politique par Catherine Tricot et Pablo Pillaud-Vivien !
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Comme chaque semaine, le débrief politique par Catherine Tricot et Pablo Pillaud-Vivien !

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09.05.2026 à 11:24

8 mai, ce que nous devrions commémorer

Catherine Tricot

Victoire contre le nazisme, découverte de l’Holocauste, renforcement du droit international… Le 8 mai est une date politique universelle dont le sens reste à défendre.
Texte intégral (714 mots)

Victoire contre le nazisme, découverte de l’Holocauste, renforcement du droit international… Le 8 mai est une date politique universelle dont le sens reste à défendre.

Cette victoire du 8 mai 1945 contre un régime d’extermination ne doit pas être oubliée quand l’imbécile antisémitisme ressurgit à la faveur d’une confusion affreuse entre l’oppression coloniale d’un État, l’État israélien, et un peuple, le peuple juif. La lutte des Palestiniens est politique : elle vise leur droit à un État sûr. Ce droit doit prévaloir. Ce combat ne peut être sali. L’antisémitisme ne devait pas revenir. Il doit repartir, se réenfouir dans les interdits les plus absolus.

Il faut aussi se souvenir que le nazisme défendait une « race supérieure », alors que l’eugénisme refait surface, par exemple aux États-Unis. La nomination au ministère de la santé de Kennedy Junior est cohérente avec le suprématisme, et son refus de la vaccination est lié à l’idéologie de « la race blanche menacée », qui devrait être fortifiée par l’élimination des faibles.

Cette victoire contre le nazisme résonne lorsque la menace nationaliste se fait pressante. L’installation de régimes militaristes dans les pays les plus puissants constitue un danger immense. Le Japon se réarme ; l’Inde et Israël possèdent la bombe atomique. La Russie se réfère à son passé impérial éternisé. Les États-Unis disposent désormais d’un « ministère de la Guerre » et concentrent la moitié des dépenses mondiales d’armement. Des pays faibles voient dans la détention de l’arme ultime un moyen d’assurer leur indépendance. Cela nous conduit au désastre. Sans un droit international qui s’impose, chacun ne croit qu’en sa propre force, et celle des faibles n’est pas moins dangereuse que celle des forts.

L’ONU, créée en 1945, est notre bien le plus précieux. Elle a beaucoup changé, doit encore se moderniser et en finir avec le droit de veto des membres permanents du Conseil de sécurité, qui la paralyse. Mais l’ONU porte la promesse d’une égalité entre les États, d’un progrès passant par le développement humain, et d’une place nouvelle pour les sociétés. Cet héritage radical est le fruit d’une longue histoire visant à domestiquer la guerre et la violence ; il ne peut être abandonné.

Il y a 81 ans s’ouvrait une nouvelle ère pour l’humanité. Elle était charpentée par l’idée que, si l’on veut la paix, il faut la préparer. C’est-à-dire, comme le dirait Bertrand Badie, non pas simplement maintenir l’ordre, mais réunir les conditions d’une vie digne. L’idée de paix s’est perdue avec la guerre froide, où les équilibres de la terreur ont assimilé la paix à la non-guerre. Après la défaite des pays socialistes, la toute-puissance américaine s’est imposée. Depuis quelques années, cet « équilibre instable » ne tient plus. Désormais, tout le monde prépare la guerre. Infamie : c’est la veille du 8 mai que l’Assemblée nationale a encore une fois augmenté de 36 milliards le budget de l’armée.

Si l’on veut la paix, il faut se battre pour la justice et la dignité.

Bon 8 mai à tous.

La rose et le réséda
Louis Aragon (extrait)
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du cœur des bras
Et tous les deux disaient qu’elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au cœur du commun combat

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07.05.2026 à 14:20

Hantavirus : le prochain virus trouvera le même monde

Pablo Pillaud-Vivien

Le covid devait être un tournant historique. Six ans plus tard, hôpitaux fragilisés, prévention sacrifiée et coopération internationale affaiblie montrent qu’il n’aura été qu’une parenthèse. Une nouvelle pandémie viendra mais nous refusons toujours d’en tirer les conséquences politiques.
Texte intégral (954 mots)

Le covid devait être un tournant historique. Six ans plus tard, hôpitaux fragilisés, prévention sacrifiée et coopération internationale affaiblie montrent qu’il n’aura été qu’une parenthèse. Une nouvelle pandémie viendra mais nous refusons toujours d’en tirer les conséquences politiques.

Il suffit d’un bateau, un paquebot de croisière parti d’Ushuaia. Quelques touristes fortunés. Un virus rare venu des marges du monde. Trois morts à ce stade. Et soudain reviennent des images que l’on croyait rangées dans les archives traumatiques des années covid : les malades isolés, les frontières qui hésitent, les autorités sanitaires qui rassurent tout en tâtonnant, les chaînes d’information qui spéculent sur une future pandémie mondiale. Cette fois, c’est un hantavirus. Peut-être rien. Peut-être un épisode circonscrit. L’OMS appelle au calme. Tant mieux… mais on a déjà vu ça. Le sujet n’est d’ailleurs pas là, il est plus simple et plus terrible : six ans après le covid, sommes-nous mieux préparés ? Et la réponse est probablement non.


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Pourtant, jamais les rapports, les commissions, les plans stratégiques et les tribunes savantes n’ont été aussi nombreux. Les institutions ont travaillé sur les vulnérabilités sanitaires révélées par la pandémie. Les publications scientifiques ont multiplié les appels à une approche « One Health », c’est-à-dire une compréhension globale liant santé humaine, santé animale et destruction des écosystèmes. Les économistes et les penseurs à l’instar d’Esther Duflo ont plaidé pour des systèmes de protection capables d’anticiper les chocs sanitaires et climatiques plutôt que de les subir dans la panique. Tout le monde semblait avoir compris :

  • qu’une pandémie n’était pas un accident exceptionnel mais un produit de la mondialisation contemporaine ;
  • qu’on ne pouvait pas continuer à détruire les habitats naturels, industrialiser l’élevage, artificialiser les sols et intensifier les échanges mondiaux sans multiplier les risques de zoonoses, c’est-à-dire les transmissions de maladies de l’animal à l’homme ;
  • qu’il fallait des stocks stratégiques, des hôpitaux robustes, des capacités industrielles publiques, de la recherche fondamentale, des coopérations internationales, des services publics solides ;
  • qu’il fallait surtout sortir d’une logique absurde où la santé est pensée comme un coût à réduire plutôt qu’un bien commun à protéger.

Mais qu’a-t-on réellement fait ?

En France, contrairement aux promesses de « monde d’après », rien n’a réellement changé depuis le covid. Le nombre de lits hospitaliers baisse continuellement depuis 2014. Même après la pandémie, même après les applaudissements aux fenêtres, les politiques de flux tendus demeurent la norme. On continue à gérer les crises – sanitaires comme les autres – comme on gère une entreprise de logistique : minimiser les dépenses immédiates et improviser lorsque survient la catastrophe. La pandémie a servi de parenthèse rhétorique, pas de rupture politique.

Le covid avait révélé quelque chose d’essentiel : nos sociétés sont aussi sophistiquées que fragiles. La mondialisation néolibérale produit de l’efficacité apparente mais de l’impuissance structurelle. La panique est mauvaise conseillère. Mais l’amnésie l’est davantage encore.

À l’échelle mondiale, les choses ont parfois empiré. Le nationalisme vaccinal pendant le covid aurait dû provoquer une refonte radicale de la gouvernance sanitaire internationale. Il a surtout consacré la loi du plus fort. Les brevets pharmaceutiques restent protégés avec férocité. Les pays pauvres demeurent dépendants des grandes puissances industrielles. Les investissements massifs promis pour prévenir les futures pandémies se heurtent partout au retour de l’austérité budgétaire. L’OMS est plus faible encore qu’il y a six ans.

Le covid avait pourtant révélé quelque chose d’essentiel : nos sociétés sont aussi sophistiquées que fragiles. La mondialisation néolibérale produit de l’efficacité apparente mais de l’impuissance structurelle. Alors, quand surgit aujourd’hui ce foyer inquiétant de hantavirus transmissible entre humains, les autorités répètent qu’il ne faut pas paniquer. Elles ont raison. La panique est mauvaise conseillère. Mais l’amnésie l’est davantage encore.

Le vrai scandale n’est pas qu’un nouveau virus apparaisse : les scientifiques nous disent depuis des années que cela arrivera régulièrement. Le vrai scandale est qu’après des millions de morts, des confinements mondiaux et une sidération historique, le logiciel politique dominant reste presque intact. Nous continuons à considérer la prévention comme une dépense inutile, les services publics comme des charges, la coopération internationale comme une naïveté et l’écologie comme une contrainte secondaire. Le covid devait être un tournant historique. Il risque de n’avoir été qu’une parenthèse… qui pourrait, qui va, un jour, se rouvrir.

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07.05.2026 à 12:02

🔴 BREAKING NEWS DU JOUR

Pablo Pillaud-Vivien

Séisme au centre (lol) : Borne quitte Renaissance Dans le grand théâtre des ambitions macronistes, la démission d’Élisabeth Borne de la direction de Renaissance ressemble à une péripétie de courant. L’ancienne première ministre ne quitte ni le parti ni le logiciel du macronisme : elle tente surtout de rappeler qu’il existait, à l’origine, une promesse…
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Séisme au centre (lol) : Borne quitte Renaissance

Dans le grand théâtre des ambitions macronistes, la démission d’Élisabeth Borne de la direction de Renaissance ressemble à une péripétie de courant. L’ancienne première ministre ne quitte ni le parti ni le logiciel du macronisme : elle tente surtout de rappeler qu’il existait, à l’origine, une promesse de centre technocratique et libéral qui ne se réduisait pas aux punchlines et aux glissements droitiers de Gabriel Attal. Derrière les petites manœuvres d’appareil et les rivalités personnelles, cet épisode dit surtout l’épuisement d’un macronisme qui, faute de bilan social et démocratique, se fragmente désormais en micro-machins sans véritable prise sur la réalité de notre société.

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07.05.2026 à 01:45

Des enfants : pour qui, pour quoi ?

Pablo Pillaud-Vivien

Alors que la France a désormais un solde naturel négatif, les appels à « relancer » les naissances se multiplient. Le commissaire au plan vient de rendre un rapport ; Bruno Retailleau en fait un sujet de campagne présidentielle. Une question préalable se pose : pour qui, pour quoi faisons-nous des enfants ?
Texte intégral (719 mots)

Alors que la France a désormais un solde naturel négatif, les appels à « relancer » les naissances se multiplient. Le commissaire au plan vient de rendre un rapport ; Bruno Retailleau en fait un sujet de campagne présidentielle. Une question préalable se pose : pour qui, pour quoi faisons-nous des enfants ?

La France pensait faire exception. Pendant des décennies, face à l’Italie, l’Allemagne ou le Japon, elle pensait résister, portée par une politique familiale relativement solide. Les femmes françaises étaient parmi les plus actives sur le marché du travail et les plus fécondes. Cette époque est révolue et il y a aujourd’hui plus de morts que de naissances chaque année. Le taux de fécondité est largement sous le seuil de renouvellement des générations.

Le Haut-Commissariat au Plan, présidé par Clément Beaune, tire la sonnette d’alarme dans un rapport publié cette semaine. Comment faire pour que les Français refassent des enfants ?

Deux raisons affleurent. La première renvoie à une logique qui domine jusqu’au milieu du 20ème siècle : produire des corps pour la nation, des bras et des soldats. Emmanuel Macron l’a réactivée et suggérée en janvier 2024, en évoquant un « réarmement démographique ». La seconde raison invoquée est celle du financement de notre modèle social, en particulier du système de retraites.

Ces deux logiques sont déjà très présentes dans le débat public. Bruno Retailleau vient de publier ses propositions pour un plan de repeuplement de la France. À qui s’adressent ces discours ? Qui décide de faire un enfant pour remplir des bataillons ou équilibrer un régime de retraite ? Les discours visent peu les citoyens et davantage une politique publique nataliste. Problème : l’État ne fait pas d’enfants. Or ces discours contournent la question plus intime des motivations.

Depuis des décennies la naissance relève du choix. Faire un enfant, aujourd’hui, c’est souvent rechercher un prolongement de soi, s’inscrire au-delà de notre finitude. Pas forcément un prolongement narcissique, mais une manière de transmettre – des valeurs, une histoire, une sensibilité au monde. C’est inscrire dans le temps long. Cette aspiration à transmettre ne passe plus uniquement par la filiation biologique. Elle peut prendre mille autres formes : l’engagement professionnel ou politique, la création artistique, l’attention portée à ses proches, à ses neveux, à ses filleuls. Il y a une pluralité de façons de faire héritage.

L’ignorer, c’est se tromper de focale. Bien sûr, les conditions matérielles comptent : modes de garde, revenus et statuts, logement… Bien sûr aussi, l’état du monde pèse, entre crise climatique et instabilité géopolitique. Sur ces leviers la puissance publique peut et doit agir. Permettre à celles et ceux qui veulent faire des enfants d’accéder à ce désir profond est un objectif que l’on peut assigner aux politiques publiques : aides financières, crèches, aides médicales, rythme du travail, etc. Mais tout cela ne suffit pas, comme le montrent toutes les études internationales. Nulle politique ne décrète une naissance, ni ne planifie un désir. Tant que le débat restera prisonnier d’une vision utilitaire, il passera à côté de l’essentiel : ce qui fait qu’une vie mérite d’être transmise. C’est là que se joue la question démographique. Non dans des injonctions à procréer, encore moins dans des calculs d’état-major.

Pour le paiement des retraites, franchement, d’autres moyens existent comme la répartition des richesses et l’équitable gestion des gains de productivité. Les migrations qui joueront aussi un rôle. Quant à la guerre, il semblerait que les drones remplacent les soldats. Faire des enfants, c’est super… si on veut. Mais ce n’est pas « nécessaire ». Et si la puissance publique veut le faciliter, c’est d’abord en contribuant à rendre l’avenir désirable. Si la France veut que les enfants reviennent, elle devra d’abord s’assurer que le monde dans lequel ils naîtront donne envie d’y croire.

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