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03.11.2026 à 12:05

Valentin Ledroit
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"Moins de deux ans après sa prestation de serment, voilà le Premier ministre courant au palais pour remettre sa démission au roi [à la suite de] l’échec des négociations budgétaires", observe Le Soir. Dans la nuit du dimanche 1er au lundi 2 novembre, le Premier ministre Bart De Wever (N-VA, nationaliste flamand) a convoqué une […]

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Texte intégral (1830 mots)
Bart de Wever est Premier ministre de la Belgique depuis le mois de février 2025
Bart de Wever est Premier ministre de la Belgique depuis le mois de février 2025 - Crédits : Conseil européen

"Moins de deux ans après sa prestation de serment, voilà le Premier ministre courant au palais pour remettre sa démission au roi [à la suite de] l’échec des négociations budgétaires", observe Le Soir. Dans la nuit du dimanche 1er au lundi 2 novembre, le Premier ministre Bart De Wever (N-VA, nationaliste flamand) a convoqué une réunion d'urgence pour tenter de parvenir à un accord sur le budget 2027, après plusieurs semaines de négociations infructueuses.

"Peu après 1 heure du matin, [ce dernier] a dû constater qu'il n'était (toujours) pas parvenu à un accord dans sa recherche de 10 milliards d'euros d'ici 2029", relate De Standaard. Quelques heures plus tard, le chef de l'exécutif, en poste depuis février 2025, a remis la démission de son gouvernement au roi Philippe.

"Cette démission n'a pas été acceptée. Elle n'a pas été rejetée non plus. Le roi tient sa décision en suspens" et devrait se prononcer vendredi 6 novembre après avoir consulté les leaders des différents partis de la coalition, résume la RTBF. Dans ce contexte, "Bart De Wever se retrouve dans la situation de celui qui met sa tête sur le billot, sans savoir si la guillotine sera actionnée" [Le Temps].

Quatre mois de négociations et de divergences irréconciliables

Le Soir revient en détail sur "les quatre mois qui ont fait trébucher Bart De Wever". Après avoir rappelé que la crise avait "été évitée de justesse" l'an dernier, le quotidien francophone souligne les difficultés rencontrées dès le mois de juillet lors des négociations budgétaires entre les cinq partis de la coalition "Arizona".

En septembre, le Premier ministre avait proposé un effort global de 14 milliards d'euros, "de quoi donner un peu 'de mou' lors de la négociation vers les dix milliards", affirme Le Soir. "Mais rapidement, on s'étrangle à tous les étages de l'Arizona : une TVA imbuvable pour les libéraux, des efforts en santé 'indigestes' pour Les Engagés [centristes wallons]. Et si le CD&V [démocrates-chrétiens flamands] et Vooruit [sociaux-démocrates flamands] gardent davantage le silence, en coulisses, ils calent aussi. Le sacro-saint 'équilibre' n'y est pas".

Début novembre, Bart De Wever n'a donc pas réussi à surmonter ces différends. "À droite, on veut réduire les taxes, à gauche, on veut plus d’effort de la part des épaules les plus larges. Bref, on est clairement dans une situation de blocage", constate toujours RTL Info. "De Wever n'est (pour l'instant) pas parvenu à concilier l'inconciliable", abonde De Standaard.

"Cela montre que ce gouvernement est bien moins soudé qu’on ne le pensait au cours des premiers mois de 2025", affirme le politologue Carl Devos dans les colonnes de 7sur7.be.

Une crise politique aux conséquences incertaines

"Dans le cadre des négociations, De Wever voulait montrer aux marchés financiers que la Belgique était en bonne voie pour respecter ses obligations européennes", indique Politico. Le pays affichait "un déficit de 5,2 % du PIB en 2025, qui devrait encore augmenter l'année prochaine", précise le média en ligne.

Reuters rappelle également que la dette publique belge devrait atteindre 110,5 % du PIB en 2026 selon les prévisions de la Commission européenne de mai et que le rendement des obligations belges à dix ans était de 4,39 % le 2 novembre, contre 3,48 % quatre mois auparavant. Conscient de cette situation économique, "Bart De Wever a averti à plusieurs reprises d'un 'effet boule de neige des intérêts'".

Pour sortir de l'impasse, "plusieurs options sont possibles", explique la RTBF. "Refuser la démission pourrait, par exemple, signifier qu'il y a encore un espoir de remettre autour de la table les partenaires de la majorité dans l'optique de trouver un accord sur le budget, soit directement, soit après d'autres consultations ou en passant par un facilitateur, un démineur, un médiateur ou tout autre intermédiaire dont le Palais Royal a déjà fait usage dans le passé, notamment avec de précédents gouvernements", liste l'audiovisuel public francophone. Autre scénario : l'organisation d'élections anticipées, lors desquelles "le pays pourrait se tourner vers les partis extrêmes" [Politico].

Pour Carl Devos, "c'est pourquoi il est bon que le roi entre désormais en scène. C'est une image très forte, car elle montre que nous sommes véritablement en crise. Espérons que cela remettra tout le monde au pas" [7sur7.be].

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02.11.2026 à 12:28

Ugo Bertet
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"La crise politique en Pologne entre l'exécutif centriste de Donald Tusk et l'opposition qui couve depuis son retour aux affaires en 2023 a pris un tour dramatique vendredi 30 octobre avec l'intervention de la police au Tribunal constitutionnel à Varsovie", attaque RFI. Le même jour, le Tribunal constitutionnel a déclaré que "la juge Anna Korwin-Piotrowska […]

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Texte intégral (2151 mots)
Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, s'est exprimé sur la situtation, le samedi 31 octobre - Crédits : Kancelaria Premiera / Flickr

"La crise politique en Pologne entre l'exécutif centriste de Donald Tusk et l'opposition qui couve depuis son retour aux affaires en 2023 a pris un tour dramatique vendredi 30 octobre avec l'intervention de la police au Tribunal constitutionnel à Varsovie", attaque RFI.

Le même jour, le Tribunal constitutionnel a déclaré que "la juge Anna Korwin-Piotrowska avait suspendu Bogdan Święczkowski [président du Tribunal nommé sous le précédent gouvernement de droite nationaliste]", rapporte TVP World. À la suite de cet événement, "l'avion du président de la République Karol Nawrocki, en route vers le Sénégal, a fait demi-tour", puis le chef de l’État "s’est rendu au Tribunal constitutionnel au milieu de la nuit", détaille le média polonais. Des "scènes surréalistes", estiment Les Echos.

Le bras de fer autour du Tribunal constitutionnel polonais, "datant de 2015, a […] paralysé l’institution", puisque "le gouvernement pro-européen et le président nationaliste [refusent] de reconnaître les personnes nommées par l’autre partie" [TVP World]. Trois ans après sa prise de pouvoir, la coalition de Donald Tusk est déterminée à mener à bien "sa tentative la plus ambitieuse d’ôter le contrôle du tribunal au parti ultraconservateur Droit et Justice (PiS)", soulignent Les Echos.

Un conflit qui dure depuis plus de dix ans

Le différend autour du Tribunal constitutionnel polonais porte sur la nomination des juges. En mars dernier, la Diète (chambre basse polonaise), "a voté la nomination de six nouveaux juges destinés à remplacer ceux dont le mandat a expiré", mais le président Karol Nawrocki "a cependant refusé de recevoir le serment de quatre d’entre eux" [Les Echos]. Une décision qui "a été durement critiquée, la validation des juges ne faisant pas partie des prérogatives du président".

Les juges "ont prêté serment au Parlement" [TVP World], tandis que le président du Tribunal constitutionnel, Bogdan Święczkowski, "refusait toutefois de les faire entrer dans le bâtiment", expliquent Les Echos.

"Les origines du conflit sont à chercher dans les manœuvres illégales par lesquelles le PiS avait pris le contrôle du Tribunal constitutionnel en 2015 et 2016", estime La Matinale européenne, qui voit dans cette crise des causes structurelles. "Depuis 2015 et une première controverse sur la nomination des juges entre le camp libéral et nationaliste, il est devenu un espace de lutte politique", observent Les Echos. Pendant les années du PiS (2015-2023), l'instance dans la tourmente "était à l’avant-garde de la révolution conservatrice", en ayant "durci les règles encadrant l'avortement dans le pays [et] reconnu la primauté du droit polonais sur le droit européen", rappelle le quotidien.

Donald Tusk défend sa position

Alors que "l'opposition accuse le gouvernement Tusk de tenter un coup d'État" [Euronews], Donald Tusk s'est justifié lors d'une allocution samedi soir, estimant qu'il existe "depuis des années en Pologne des organisations et des responsables politiques qui veulent détruire la démocratie et l’état de droit" [RFI]. Le Premier ministre polonais a qualifié les événements de vendredi "d'incidents scandaleux" [Euronews], et a affirmé avoir proposé "des résolutions et des lois à toutes les forces politiques […] qui permettraient le rétablissement conjoint de l’état de droit […] en vain", écrit TVP World. "L'état de droit diffère de la loi de la jungle", a-t-il affirmé.

"Plusieurs arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme et de la Cour de justice de l’UE, ainsi que les avis de la commission de Venise du Conseil de l’Europe, ont établi que le Tribunal constitutionnel polonais ne peut être considéré comme un organe judiciaire légal, les nominations de son président et de ses membres sous le PiS l’ayant privé des exigences d’indépendance et d’impartialité", rappelle La Matinale européenne.

"Nous sommes déjà en campagne électorale"

La Commission européenne a indiqué suivre "de près la crise autour du Tribunal constitutionnel polonais" [Euronews]. "Il appartient aux autorités polonaises de veiller à ce que le Tribunal constitutionnel puisse fonctionner conformément à la Constitution polonaise et dans le respect de la jurisprudence pertinente de la Cour de justice de l’Union européenne", a déclaré un porte-parole, ajoutant que "la nomination de huit nouveaux membres du Tribunal constitutionnel relève du pouvoir constitutionnel du [Parlement polonais]". Les coprésidents du groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE) au Parlement européen ont, eux, "apporté leur soutien au président Nawrocki", jugeant que "les actions du gouvernement Tusk constituent une violation claire et grave de l’état de droit" [Euronews].

Au Tribunal constitutionnel, "la confusion [est] totale", Bogdan Święczkowski ayant affirmé le 31 octobre qu'il resterait "en fonction", précise RFI. "Nous sommes déjà en campagne électorale, donc dans une phase de mobilisation des électorats", a commenté la politologue Ewa Marciniak, pour qui la perspective des législatives de novembre 2027 "rend la situation particulièrement explosive", rapporte la radio.

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30.10.2026 à 12:14

Manon Mazuir
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Lors d'une intervention au Forum de Krynica mercredi 28 octobre, Jarosław Kaczyński, président du parti Droit et Justice (PiS), principale formation de l'opposition national-conservatrice, a évoqué "l'hypothèse d'un Polexit si l'Union européenne ne se réformait pas comme il l'entend" [Le Figaro]. Premier ministre en 2006 et 2007 et aujourd'hui député, Jarosław Kaczyński, "a critiqué les actions et […]

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Jarosław Kaczyński, fondateur du parti national-conservateur Droit et Justice, a été Premier ministre de la Pologne en 2006 et 2007 - Crédits : Chancellerie du président du Conseil des ministres de Pologne / Wikimedia Commons CC BY 3.0 PL
Jarosław Kaczyński, fondateur du parti national-conservateur Droit et Justice, a été Premier ministre de la Pologne en 2006 et 2007 - Crédits : Chancellerie du président du Conseil des ministres de Pologne / Wikimedia Commons CC BY 3.0 PL

Lors d'une intervention au Forum de Krynica mercredi 28 octobre, Jarosław Kaczyński, président du parti Droit et Justice (PiS), principale formation de l'opposition national-conservatrice, a évoqué "l'hypothèse d'un Polexit si l'Union européenne ne se réformait pas comme il l'entend" [Le Figaro].

Premier ministre en 2006 et 2007 et aujourd'hui député, Jarosław Kaczyński, "a critiqué les actions et le fonctionnement de l'Union européenne, et en particulier de la Commission européenne et du Parlement européen" [Euronews]. Le chef de PiS a même exigé "la suppression de la Commission européenne, 'un organe très néfaste [qui] ne devrait pas exister', ainsi qu'un nouveau traité entre États", rapporte BFM TV.

L'ancien chef du gouvernement a déclaré que la Commission européenne "exerçait une influence trop importante, mais que les prochaines élections en France et en Espagne, qui pourraient porter au pouvoir des responsables politiques d'extrême droite, pourraient ouvrir la voie à des discussions sur le changement", relate The Independent.

La menace d'un "Polexit"

Si ses revendications n'étaient pas satisfaites, l'actuel traité européen "précise les conditions de sortie d'un pays de l'Union européenne", a-t-il ajouté. "Tout commence par des négociations, et nous devons absolument les entamer. C'est une méthode difficile et risquée, mais la situation est tellement critique qu'il vaut la peine d'y recourir si les autres échouent", a plaidé le chef de l'opposition [Le Figaro].

Au pouvoir entre 2015 et 2023, "le PiS, qui a largement contribué à l'élection du nationaliste Karol Nawrocki à la présidence de la République en juin 2025, a engagé au cours de cette mandature des réformes jugées à Bruxelles contraires aux règles d'un État de droit", rappelle BFM TV.

"Le parti estime que la politique de l'UE est dictée par ses pays fondateurs et en particulier l'Allemagne, à qui il réclame 1 300 milliards d'euros de réparations pour les crimes nazis perpétrés pendant la Seconde Guerre mondiale", selon Le Figaro.

Indignation du gouvernement proeuropéen

"Ses propos ont suscité des critiques de la part de hauts responsables du gouvernement polonais" [The Washington Times]. Dans un message publié sur X et repris par Euronews, le Premier ministre proeuropéen Donald Tusk a déclaré que la sortie de la Pologne de l'UE était un "enjeu qui fait aujourd’hui l’objet d’une lutte en Pologne. Une lutte acharnée". Et d'ajouter : "je n’ai pas l’intention de la perdre, même si tout le monde ne joue pas dans mon camp".

En réponse, le chef de PiS a accusé Donald Tusk "d’avoir déformé ses intentions" : "nous voulons que l’Union profite non pas aux élites, mais aux citoyens ordinaires", a-t-il rétorqué sur X [The Washington Times]. Et de déclarer que "la réforme de l’UE qu’il prône visait à 'améliorer les conditions de vie des citoyens, faire baisser les prix de l’énergie, renforcer la sécurité, mener une politique migratoire responsable ainsi qu’une politique économique et agricole ambitieuse, sans bureaucratie inutile'", énumère The Independent.

Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, a quant à lui "souligné l’hypocrisie du PiS" [Euronews] : "ils veulent donc bel et bien le Polexit. Une frontière douanière avec l’Allemagne, la République tchèque, la Slovaquie et la Lituanie. Des contrôles d’identité aux aéroports. La fin des subventions aux agriculteurs et aux investissements. […] Et pourtant, ils juraient leurs grands dieux que cela n’arriverait jamais", a-t-il écrit sur X.

Pour insister sur l'importance de l'UE, le chef de la diplomatie "a également cité le fonds européen Safe destiné à financer des projets dans la défense et au nom duquel Varsovie, voisine et soutien de l'Ukraine - et qui partage aussi une frontière avec la Russie et le Bélarus - a perçu 43,7 milliards d'euros", note BFM TV.

Les élections législatives en ligne de mire

La réaction sur X du Premier ministre polonais "fait indirectement référence aux élections législatives qui se tiendront l’année prochaine en Pologne", décrypte Euronews.

"À un an des élections législatives, les sondages indiquent que Kaczyński pourrait ramener son parti au pouvoir s’il s’allie avec des groupes d’extrême droite plus modestes qui ont le vent en poupe en Pologne ces dernières années", précise l'agence de presse américaine AP News.

Dans ce contexte, "la majorité parlementaire accuse régulièrement la droite de faire du pied à l'extrême droite europhobe, en hausse dans les sondages à un an des prochaines législatives", analyse BFM TV.

"Le gouvernement Tusk aime à rappeler que la Pologne a énormément bénéficié de son adhésion à l'UE en 2004. En 20 ans, Varsovie 'a reçu' près de 268 milliards d'euros contre 99 milliards de 'contributions' au budget européen, soit 'un solde net de plus de 167 milliards d'euros'", a fait valoir le ministre des Affaires étrangères au début de l'année [Le Figaro].

Selon deux sondages réalisés en mai dernier, "entre 60 et 70% des Polonais interrogés plébiscitent le maintien du pays dans l'UE", note Le Figaro. Ainsi, pour Radosław Sikorski, "les propos de Kaczyński devraient aider les électeurs polonais à comprendre les conséquences d'un choix en faveur de l'extrême droite". "Je remercie Jarosław Kaczyński pour son honnêteté", a-t-il déclaré [AP News].

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29.10.2026 à 12:11

Ugo Bertet
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"L’Union européenne a reculé sur son offre d’ouvrir des pourparlers avec le Canada pour en faire un 'membre associé' à la suite de désaccords entre ses États membres, au moment même où s’ouvre un sommet UE-Canada à Montréal", relève The Guardian. Cette proposition avait été faite par "la présidente de la Commission, Ursula von der […]

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Texte intégral (2073 mots)
Le 21e sommet UE-Canada se tient à Montréal les 29 et 30 octobre 2026 (ici le Premier ministre canadien, Mark Carney, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le 16 septembre dernier) - Crédits : Christophe Licoppe / Commission européenne

"L’Union européenne a reculé sur son offre d’ouvrir des pourparlers avec le Canada pour en faire un 'membre associé' à la suite de désaccords entre ses États membres, au moment même où s’ouvre un sommet UE-Canada à Montréal", relève The Guardian.

Cette proposition avait été faite par "la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, lors de son discours sur l'état de l'Union au Parlement européen", le 16 septembre dernier [Euronews]. Une annonce qui avait pris "certains pays de l'UE au dépourvu", souligne Politico.

Alors que Bruxelles et Ottawa "cherchent à réduire leur dépendance économique et stratégique envers les États-Unis et la Chine" [RTL], l'UE a, pour l'heure, "abandonné toute mention d'adhésion associée dans le dernier projet de déclaration commune qui doit être adopté à l'issue du sommet", note Euronews.

Un statut absent de la déclaration conjointe

Contrairement à une adhésion classique, ce statut "pourrait permettre à un pays extérieur de participer étroitement à certaines politiques européennes sans devenir membre à part entière de l’Union" [RTL]. "Les contours de cette association restent [toutefois] à définir", complète la radio française. À son arrivée à Montréal, Ursula von der Leyen a pourtant encore utilisé cette terminologie. "Nous avons une nouvelle ambition : rapprocher le Canada […] en tant que membre associé de l’UE", a écrit la présidente de la Commission sur ses réseaux sociaux, ajoutant : "Montréal, nous sommes sur le point d’écrire un nouveau chapitre de notre histoire commune" [CBC].

Cependant, "au lieu d’annoncer un programme de travail sur le développement de 'l’adhésion associée'", le projet de déclaration commune précise que les deux parties "travailleraient à définir, d’ici le sommet UE-Canada de 2027, le concept d’une association toujours plus étroite entre le Canada et l’UE", écrit The Guardian. Bien que ce projet doive "encore être approuvé définitivement" [Politico], la mention de 'membre associé' en a disparu.

"Ligne rouge"

"Un groupe de pays, dont l’Allemagne, la Grèce et la France", a mené cette opposition [Politico], Berlin l’ayant même qualifiée de "ligne rouge", souligne CBC. "Personne n’a été consulté sur l’adhésion associée en dehors du personnel le plus proche de Von der Leyen, semble-t-il", a déclaré un diplomate [The Guardian]. Pour autant, le désaccord "porte surtout sur la forme de ce rapprochement, plus que sur son principe", puisque "pour Paris, le problème ne réside pas dans le rapprochement avec Ottawa mais dans les conséquences d’un tel précédent", note RTL.

Le statut de 'membre associé' avait déjà été évoqué pour d'autres États. Le chancelier allemand Friedrich Merz avait "précédemment proposé un statut similaire pour l’Ukraine" [Euronews], une proposition elle aussi "rejetée", rappelle The Guardian. Berlin fait désormais valoir que cette formule devrait être "réservée en tant qu’étape intermédiaire aux pays candidats potentiels […], notant que le statut n’a pas d’ancrage formel dans les traités actuels de l’UE", écrit le quotidien britannique. Appliquer cette expression au Canada "pourrait brouiller la distinction entre association durable et étape préparatoire à l’adhésion", estime RTL.

"Membre associé" ou "alliance pour l'avenir" ?

De son côté, le Premier ministre canadien, Mark Carney, privilégie l’idée d’une 'alliance pour l’avenir', "une formule plus souple destinée à rassurer l’opposition", précise RTL. Le chef du gouvernement a déclaré que son pays "n’avait aucun intérêt à rejoindre officiellement l’UE", note The Guardian. "Peu importe les dénominations ou la terminologie exactes […], l'essentiel réside dans l'impact [que ce rapprochement] aura sur le quotidien des Canadiens", a affirmé Mark Carney [CBC].

Alors que "les divergences concernent surtout la nature juridique et politique de la future alliance" [RTL], le débat autour du statut de 'membre associé' pourrait dépasser le seul cas canadien. La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, avait également suggéré que l’Australie et la Nouvelle-Zélande "puissent elles aussi devenir des membres associés de l’UE", rapporte France info. Une "proposition que les intéressés n’ont toutefois pas vraiment reprise à leur compte", conclut le média français.

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28.10.2026 à 12:08

Léa Deseille
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"Un projet de loi 'antidémocratique'", cite Reuters. "Érigé comme une 'urgence' face aux violences du 17 octobre, le projet de loi "casseurs-payeurs" a été adopté et nettement élargi mercredi [28 octobre] au Sénat" [La Libre]. "Le texte contenait à l’origine cinq articles et avait été élaboré à l’été 2025, après les débordements qui avaient suivi […]

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Texte intégral (1972 mots)
Pendant la manifestation du 17 octobre, plus de 2 500 commerçants ont constaté des dégradations, selon le décompte des chambres de commerce et d'industrie en France  - Crédits : Jules* / Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0
Pendant la manifestation du 17 octobre, plus de 2 500 commerçants ont constaté des dégradations, selon le décompte des chambres de commerce et d'industrie en France - Crédits : Jules* / Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0

"Un projet de loi 'antidémocratique'", cite Reuters. "Érigé comme une 'urgence' face aux violences du 17 octobre, le projet de loi "casseurs-payeurs" a été adopté et nettement élargi mercredi [28 octobre] au Sénat" [La Libre].

"Le texte contenait à l’origine cinq articles et avait été élaboré à l’été 2025, après les débordements qui avaient suivi le sacre européen du PSG", rappelle Euronews. "Un texte qui se veut une réponse aux scènes de casse devenues récurrentes dans les manifestations françaises", explique Le Temps. "Après les pillages du 17 octobre, le Sénat l’a durci et y a ajouté une vingtaine de dispositions" [Euronews].

"Une solidarité financière" entre auteurs directs et indirects des dégradations

"Ce texte législatif prévoit qu'une personne participant à une manifestation pourrait être tenue de payer jusqu'à 10 000 euros pour les dommages et actes de vandalisme, même si elle n'en est pas directement responsable, si elle manifestait à proximité ou au sein du même groupe que les auteurs des dégradations", détaille The Guardian.

Cette loi crée le principe d'une "solidarité financière pour les auteurs directs et indirects des dégradations commises en groupe", complète Euronews. Selon le gouvernement, ce texte va dans le "'bon sens', face à 'l'urgence' de répondre par la loi aux dégradations des derniers jours, avec plus de 2 500 commerces touchés selon le décompte des chambres de commerce et d'industrie en France", note La Libre.

"Elle autorise en outre l'État à saisir les prestations sociales des personnes condamnées, ou celles de leurs parents si elles sont mineures, afin de contribuer au paiement des frais", précise Reuters. "Les allocations familiales, les aides personnelles au logement et le RSA pourront également [faire l'objet d'une saisie] sur le fondement de ce texte" [Le Quotidien]. "Après avoir envisagé d'atténuer cette mesure lors d'un vote à main levée, les sénateurs l'ont finalement durcie au cours d'une deuxième délibération, intégrant aussi [ces] prestations sociales", note le média italien Giornale Roma.

Une atteinte à la liberté de manifester

"Le projet de loi a suscité des critiques de la part d'organisations de défense des droits humains, notamment Amnesty International, et d'experts juridiques, qui avertissent qu'il pourrait porter atteinte au principe de responsabilité individuelle et au droit de manifester", souligne The Local. "Les critiques estiment que contraindre une personne à payer pour un dommage qu'elle n'a pas personnellement causé pourrait porter atteinte à la présomption d'innocence et menacer le droit de manifester", poursuit le site d'information anglophone. "Dans une lettre ouverte au Monde, des syndicats de gauche et la Ligue française des droits de l'homme ont écrit : 'Cette loi injuste, qui constitue une grave atteinte à la liberté de manifester, doit être abandonnée, sous peine de risquer un grave recul pour l'état de droit'", ajoute The Guardian.

Un argument rejeté par le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. "Ce que change ce projet de loi, c’est que nous créons une responsabilité conjointe et non collective", a-t-il déclaré sur le plateau de TF1 [Reuters]. Ce dernier "s'est 'félicité' du vote des sénateurs, estimant qu'ils avaient 'considérablement enrichi' le texte gouvernemental", écrit La Libre. "Le Sénat l’a adopté dans la nuit à 229 voix contre 105, avec le soutien du Rassemblement national", détaille Le Quotidien. "Il est désormais transmis à l’Assemblée nationale, où son examen promet d’autres discussions électriques, en l’absence de majorité", poursuit le média.

Emmanuel Macron est désormais "accusé par les syndicats de tenter de restreindre le droit fondamental français de manifester", analyse The Guardian. "Les manifestations de rue, considérées comme un moyen fondamental pour les citoyens de se faire entendre auprès de l'État, ont régulièrement servi à exprimer leurs critiques face aux changements législatifs, qu'il s'agisse de la réforme des retraites ou de la légalisation du mariage homosexuel", rappelle le quotidien britannique. "Les restrictions adoptées au cours d'un mandat peuvent rester en vigueur après un changement de gouvernement", souligne le média espagnol ElPlural, à six mois de l'élection présidentielle française.

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27.10.2026 à 12:09

Valentin Ledroit
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"Vous avez bien lu. Des sources de trois pays confirment que l'administration Trump a défendu la candidature de Viktor Orbán au poste de secrétaire général des Nations unies", écrit le Wall Street Journal. Dimanche 25 octobre, le quotidien économique a révélé que le président américain poussait pour une candidature de l'ancien Premier ministre hongrois pour […]

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Texte intégral (1672 mots)
À plusieurs reprises, Donald Trump a affirmé son soutien et sa proximité avec Viktor Orbán (ici les deux hommes à Washington en novembre 2025)
À plusieurs reprises, Donald Trump a affiché sa proximité avec Viktor Orbán (ici les deux hommes à Washington en novembre 2025) - Crédits : Daniel Torok / The White House

"Vous avez bien lu. Des sources de trois pays confirment que l'administration Trump a défendu la candidature de Viktor Orbán au poste de secrétaire général des Nations unies", écrit le Wall Street Journal. Dimanche 25 octobre, le quotidien économique a révélé que le président américain poussait pour une candidature de l'ancien Premier ministre hongrois pour succéder à António Guterres, "qui achève le 31 décembre prochain son deuxième mandat à la tête d’une institution minée par les crises et les divisions" [La Croix].

L'idée "peut paraître folle à première vue", mais Viktor Orbán constitue "le candidat Maga conservateur idéal", résume un officiel américain interrogé par le Wall Street Journal. "Ses positions anti-immigration, ses affrontements avec Bruxelles ou encore ses atteintes à l'état de droit rendent en effet l'ex-chef du gouvernement nationaliste très Trump-compatible", complètent Les Échos. Autre argument dans le sens de cette candidature : "la Russie et la Chine seraient favorables à cette idée" et Viktor Orbán "pourrait faire office de candidat commun" [Wall Street Journal].

De son côté, l'ancien chef du gouvernement hongrois, battu lors des élections législatives en avril dernier, "serait favorable à cette idée, mais ne veut pas se porter candidat tant qu'il n'est pas certain de l'emporter", affirme le quotidien tchèque iDnes.

Le risque d'un veto français et britannique

Pour être désigné à ce poste, un candidat doit obtenir au moins neuf voix sur quinze au Conseil de sécurité. "À cela s'ajoute néanmoins la nécessité d'éviter un veto que peuvent émettre les membres permanents. À savoir : la Russie, la Chine, les États-Unis, mais surtout la France et le Royaume-Uni", explique L'Express. "Ces deux derniers pays disposeraient alors d'un pouvoir considérable qu'ils n'ont pas l'habitude de faire valoir à l'ONU, cherchant habituellement à ne pas froisser les autres puissances".

Le processus de nomination d'un nouveau secrétaire général semble pour l'instant dans l'impasse. "Aucun nom n'a pour l'instant bénéficié du nombre de voix nécessaires pour envisager une succession crédible à António Guterres. Lana Nusseibeh, ancienne ambassadrice des Émirats arabes unis auprès de l'ONU, s'est lancée mais sa candidature est critiquée", constate Libération. "Reste à savoir si le nouveau vote indicatif prévu le 28 octobre permettra de dégager un favori clair" parmi les cinq prétendants [Les Échos].

Dans ce contexte, certains pays n'excluent donc pas une nouvelle candidature. "Il n'y a pas de restrictions, nous n'excluons pas l'apparition d'autres candidats", indique Aleksandr Alimov, vice-ministre russe des Affaires étrangères, cité par HVG. Le média hongrois rappelle toutefois que la direction de l'institution internationale obéit généralement à un principe informel de rotation géographique : "selon ce principe, c'est cette fois à un représentant de l'Amérique latine et des Caraïbes d'occuper le poste de secrétaire général".

Une "drôle" de rumeur

La rumeur a pour le moment suscité peu de réactions officielles, à l'exception de celle de Donald Tusk. "Il y a peu, il était candidat à la présidence de la Commission européenne. Cela me semble tout aussi drôle que cette première rumeur", a ironisé le Premier ministre polonais, en référence à une fausse information diffusée précédemment [Politico].

"Plutôt habituée à avoir à sa tête des profils de diplomates chevronnés, la nomination de Viktor Orbán chamboulerait l'institution internationale", note Libération. Le quotidien rappelle que "depuis plusieurs années, l'ONU est déjà profondément fragilisée par la réduction considérable de son budget, la multiplication de conflits auxquels elle semble ne plus savoir faire face et le manque d'efficacité de son Conseil de sécurité".

Dans ce contexte difficile pour l'organisation, une potentielle candidature de Viktor Orbán interroge. Le média hongrois 24.hu résume ainsi le problème : "un homme politique national aussi clivant peut-il devenir le plus important diplomate du monde ?".

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26.10.2026 à 12:36

Ugo Bertet
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L’annonce des résultats des élections législatives serbes, dimanche 25 octobre, a provoqué "une explosion de joie dans le centre de Belgrade", annonce Libération. "Il est clair que nous avons perdu les élections. Le Mouvement des étudiants aura entre 135 et 140 sièges [sur 250] et nous en aurons 105", a réagi l'ancien président serbe, Aleksandar […]

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L'ancien président serbe (ici en 2024), qui visait désormais le poste de Premier ministre, a perdu son pari après les élections législatives anticipées du 25 octobre - Crédits : Conseil européen

L’annonce des résultats des élections législatives serbes, dimanche 25 octobre, a provoqué "une explosion de joie dans le centre de Belgrade", annonce Libération.

"Il est clair que nous avons perdu les élections. Le Mouvement des étudiants aura entre 135 et 140 sièges [sur 250] et nous en aurons 105", a réagi l'ancien président serbe, Aleksandar Vučić [Les Échos]. Selon des résultats partiels publiés lundi 26 octobre, sa liste 'Serbie Unie' "aurait obtenu 39 % des suffrages, contre 53 % pour la liste des étudiants", précise le journal économique.

Cette victoire est l’aboutissement de près de "deux années de manifestations en Serbie" déclenchées par l’effondrement en 2024 d’un auvent de la gare de Novi Sad, indique Politico. "Seize personnes sont mortes et les protestataires ont estimé que l’accident était une conséquence de la corruption endémique" du pays [Libération]. Fragilisant progressivement Aleksandar Vučić.

"Les citoyens ont exprimé lors des élections leur volonté de changement", a déclaré le candidat de la Liste étudiante, Radomir Saičić, en précisant "qu'aucune force ne peut l'emporter sur un peuple qui a décidé de prendre son destin en main" [Politika]. Aleksandar Vučić a rétorqué qu’il "s’opposerait férocement au nouveau gouvernement", précise le média serbe.

"Un référendum sur Vučić"

Le scrutin a massivement mobilisé les électeurs. "De longues files d’attente se sont formées devant les bureaux de vote dans tout le pays", relèvent Les Échos, qui chiffrent la participation à 69 %, "très proche du score le plus élevé depuis l'éclatement de la Yougoslavie en 1992". Aleksandar Vučić lui-même "a dû patienter deux heures" avant de voter, observe le journal économique. Une élection aux allures de "référendum sur Vučić", selon le politologue Nikola Burazer [Les Échos].

Aleksandar Vučić a été "Premier ministre de 2014 à 2017, puis a occupé la présidence jusqu’à sa démission en septembre" [Politico], afin de mener sa liste 'Serbie unie' aux élections législatives, dans l'espoir de retrouver le poste de Premier ministre. "Sous son règne, la Serbie a été classée comme une autocratie électorale par l’institut de recherche V-Dem" tandis que Reporters sans frontières a qualifié Vučić de "prédateur de la presse", décrit Politico.

Quel gouvernement pour la Serbie ?

Le mouvement étudiant s’est constitué en "une force politique disparate", avec des candidats "dont le seul point commun était de vouloir battre le Parti progressiste serbe", décrivent Les Échos. Les candidats de la Liste étudiante étaient "pour la plupart issus de la société civile, sans tête d’affiche", souligne Libération. Cette dernière comprenait notamment "l'ex-star du basket Dejan Bodiroga [ou encore] l'acteur renommé Tihomir Stanić", liste la BBC.

Concernant la formation d'un nouveau gouvernement, Ilija Srdanovic, tête de liste, "n’est pas automatiquement considéré comme un prétendant au poste de Premier ministre", indique Die Zeit, pour qui "le mouvement n’a pas tranché la composition d'un futur gouvernement".

Absents parmi les candidats alignés, les étudiants cherchaient des personnes qui pouvaient entrer dans les institutions afin de "faire leur travail de manière responsable", précise la BBC. Dans le cadre d'un programme en onze points, le mouvement étudiant souhaitait notamment "éradiquer la corruption" et "réformer la scène médiatique" serbe [BBC].

"La porte de l'UE est ouverte"

La Serbie, candidate l'UE depuis 2012, "a récemment laissé le processus d'adhésion stagner largement", observe Die Zeit. Sa candidature "reste gelée sur les préoccupations en matière d’état de droit et de démocratie et le refus de Belgrade de rejoindre les sanctions de l’UE contre la Russie", ajoute Politico. La Serbie est "le seul pays européen en dehors du Bélarus à ne pas avoir adopté de sanctions contre la Russie" après le début de la guerre en Ukraine en 2022 [Die Zeit].

À Bruxelles, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est dite prête à "soutenir des réformes en matière d’état de droit, de liberté des médias […] et à travailler ensemble pour faire avancer l’avenir de la Serbie au sein de l’Union européenne" [Libération]. La commissaire à l’élargissement, Marta Kos, a de son côté déclaré que "la porte de l’UE est ouverte, et [que] nous sommes prêts à continuer sur cette voie ensemble", conclut Die Zeit.

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23.10.2026 à 12:07

Léa Deseille
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"Bruxelles se rend à Budapest", titre Politico. "La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, António Costa, participent aujourd'hui à une commémoration du soixante-dixième anniversaire du soulèvement antisoviétique de 1956 en Hongrie, à Budapest" [Euronews]. "L’événement sera notamment marqué par une cérémonie spéciale au Parlement, un discours […]

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La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen et le président du Conseil, António Costa, se rendent à Budapest, ce vendredi 23 octobre. Ce déplacement s'inscrit dans le renforcement des relations initiés entre Bruxelles et Budapest depuis l'élection de Magyar en mai dernier - Crédits : Commission européenne
Le déplacement d'Ursula von der Leyen et d'António Costa s'inscrit dans le renforcement des relations initié entre Bruxelles et Budapest depuis l'élection de Péter Magyar en mai dernier. Ici, la présidente de la Commission européenne et le Premier ministre hongrois en mai 2026 - Crédits : Commission européenne

"Bruxelles se rend à Budapest", titre Politico. "La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, António Costa, participent aujourd'hui à une commémoration du soixante-dixième anniversaire du soulèvement antisoviétique de 1956 en Hongrie, à Budapest" [Euronews].

"L’événement sera notamment marqué par une cérémonie spéciale au Parlement, un discours du Premier ministre, Péter Magyar, et une allocution de la présidente de la Commission européenne, symbole du rapprochement entre Budapest et l’UE depuis la chute de Viktor Orbán", note Courrier international. "Les commémorations de l’insurrection antisoviétique du 23 octobre 1956, organisées ce vendredi, doivent marquer une rupture avec l’héritage de Viktor Orbán", relève Le Figaro.

Plusieurs dirigeants européens attendus

"Cette commémoration est le premier grand événement international pour Magyar depuis son arrivée au pouvoir en mai" [Euronews]. "Péter Magyar 'avait prévu d’accueillir les dirigeants du monde entier à Budapest' mais 'la liste des invités du 23 octobre [n'a pas pris] la tournure espérée', note HVG", cité par Courrier international.

"Le président français, Emmanuel Macron - le seul dont Péter Magyar avait mentionné le nom-, ne fera finalement pas le déplacement. Cela malgré une visite appuyée de 48 heures à Budapest au début du mois, de son ministre des Affaires européennes, Benjamin Haddad, dans le but de rapprocher les deux pays", pointe Le Figaro. "Il a annulé son déplacement à la suite des émeutes en France. La présidente moldave Maia Sandu et le Premier ministre géorgien Irakli Kobakhidze sont, eux, attendus", souligne Euronews.

Côté institutions européennes, "la présidente de la Commission et le président du Conseil européen seront bien présents", ajoute Le Figaro.  Si "le dirigeant hongrois ne compte pas sur la présence de [Volodymyr] Zelensky également invité" [Courrier international], Euronews voit toutefois dans cette invitation une "course pour relancer les pourparlers de paix sur l'Ukraine", "la Hongrie ne [fournissant] toujours pas d'armes [au pays en guerre] mais [affichant] clairement sa solidarité avec Kiev" [RTBF].

Un nouveau déblocage de fonds européens n'est pas au programme

Euronews voit par ailleurs dans cet événement "un tournant majeur : le dégel entre Bruxelles et Budapest [qui] intervient après des années de tensions sous le prédécesseur du Premier ministre hongrois Péter Magyar, Viktor Orbán". Politico nuance en écrivant que Costa et Von der Leyen "n'ont pas l'intention de promettre le déblocage de fonds supplémentaires" en Hongrie. Pour rappel, "Bruxelles a débloqué plus de 4 milliards d'euros le mois dernier, gelés sous le gouvernement Orbán en raison des inquiétudes liées au recul démocratique. Cependant, des milliards d'euros restent immobilisés" [Politico].

“Les commémorations se dérouleront dans un climat d'une tension exceptionnelle, inédite depuis la chute du rideau de fer”, estime Hungary Today. "Les députés du Fidesz, le parti de l’ex-Premier ministre Viktor Orbán, boycotteront la session commémorative au Parlement et se réuniront sur la place Bem, l’endroit où avait débuté le soulèvement" en 1956, poursuit Courrier international.

Une rupture assumée avec Moscou

"Ce jour-là, des milliers d'étudiants [s'étaient rassemblés] à Budapest [pour réclamer] des élections libres, la liberté de la presse, mais aussi et surtout, le départ des troupes soviétiques qui occupaient le pays depuis 1945", relate la RTBF.

"Rapidement, les générations plus âgées se sont joint à la jeunesse : étudiants, ouvriers, fonctionnaires et intellectuels se sont mêlés à la foule", retrace le Sarajevo Times. "En quelques heures, la statue géante de Staline avait été renversée et les symboles communistes [sur les drapeaux] découpés", écrit la RTBF. Avant que "le soulèvement [ne soit] ​​réprimé par les Soviétiques" [Sarajevo Times].

"Ce 23 octobre, la symbolique sera donc particulièrement forte. Péter Magyar a invité tous les dirigeants européens. Tous… sauf Vladimir Poutine", souligne la RTBF. "En les accueillant à Budapest, là où les insurgés sont morts, la Hongrie acte donc sa rupture avec le Kremlin. Et 1956 retrouve tout son sens : le souvenir d'un peuple qui s'est soulevé pour sa liberté". "À l'heure où la révolte des étudiants embrase la France et secoue plusieurs capitales européennes, la Hongrie se souvient que chez elle aussi, tout a commencé par des jeunes dans la rue… le 23 octobre 1956", conclut le quotidien belge.

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22.10.2026 à 12:52

Ugo Bertet
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"Le président Volodymyr Zelensky a déclaré le 21 octobre que l'Ukraine soutiendrait les pourparlers de paix trilatéraux avec les États-Unis et la Russie après que le président russe Vladimir Poutine a affirmé que le Kremlin était prêt à reprendre les négociations" [The Kyiv Independant]. Le chef d'État ukrainien a précisé qu'il soutiendrait "des propositions concernant […]

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L'émissaire américain Steve Witkoff a rencontré Vladmirir Poutine à Saint Pétersbourg, le mercredi 21 octobre - Crédits : Kristina Solovyova / Kremlin
L'émissaire américain Steve Witkoff a rencontré Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg, le mercredi 21 octobre - Crédits : Kristina Solovyova / Kremlin CC BY 4.0

"Le président Volodymyr Zelensky a déclaré le 21 octobre que l'Ukraine soutiendrait les pourparlers de paix trilatéraux avec les États-Unis et la Russie après que le président russe Vladimir Poutine a affirmé que le Kremlin était prêt à reprendre les négociations" [The Kyiv Independant]. Le chef d'État ukrainien a précisé qu'il soutiendrait "des propositions concernant un cessez-le-feu", complète le média ukrainien.

Ces propos font suite à "la rencontre mercredi [21 octobre] à Saint-Pétersbourg […] entre l’émissaire américain Steve Witkoff et le président russe, Vladimir Poutine, au lendemain d’une réunion la veille à Oslo avec des dirigeants européens et le président ukrainien", indique Ouest- France. Le Kremlin a déclaré qu’il était "prêt en principe" à reprendre les pourparlers de paix [BBC], tandis que Donald Trump a estimé que "nous n'avons jamais été aussi proches de la fin du conflit", souligne RFI.

En parallèle de ces discussions, les attaques se poursuivent. Kiev "a été la cible d’une nouvelle attaque de missiles dans la nuit du mercredi 21 au jeudi 22 octobre 2026" [Ouest-France]. Après l’interruption des pourparlers en février, "la Russie a intensifié ses attaques alors que l'Ukraine manquait [de missiles] intercepteurs", rappelle la BBC.

Vers une reprise des négociations à la mi-novembre

À l’issue d’une réunion de trois heures "détaillée et franche" entre Vladimir Poutine et Steve Witkoff, Iouri Ouchakov, le conseiller diplomatique du Kremlin, a indiqué que "Moscou était prêt à reprendre les négociations à trois […], mais pas immédiatement, 'vers le 10 novembre'", rapporte Ouest-France. La nouvelle rencontre, qui pourrait se tenir à Abou Dabi (Émirats arabes unis), devrait porter sur "la mise en place d’un système de sécurité pour la Russie et l’Ukraine après la fin du conflit", selon Iouri Ouchakov [BBC].

À l'issue de l'entretien Poutine-Witkoff, le président ukrainien s’est dit "favorable" à une telle rencontre, mais "dès que possible". "L’ordre du jour est clair : mettre fin à la guerre, faire avancer la paix et, si je comprends bien, tout préparer en vue d’une rencontre au niveau des dirigeants", a-t-il déclaré [Ouest-France]. Et d'ajouter : "Nous verrons comment cela se passe cette fois-ci" [The Kyiv Independant].

Côté américain, Steve Witkoff a assuré que les discussions d'Oslo et de Saint-Pétersbourg avaient été "constructives et se poursuivraient dans le cadre de pourparlers trilatéraux", mais a reconnu qu’il restait "un travail important à accomplir", écrit Ouest- France. Autre élément qui pourrait encore faire bouger les lignes : la reprise des négociations tripartites à la mi-novembre interviendrait "une semaine après les élections américaines de mi-mandat", souligne El País.

Zelensky prêt à un 'gel' de la ligne de front

En attendant, Volodymyr Zelensky a appelé, mercredi 21 octobre, à un "'gel' de la ligne de front comme premier pas dans les discussions, une proposition exclue jusque-là par Moscou, qui exige un accord sur le fond avant tout arrêt des combats", relève Ouest-France. "C’est le minimum que nous attendons aujourd’hui de la Russie", a-t-il déclaré sur la chaîne américaine Fox News [France info].

"La Russie réclame notamment que l’armée ukrainienne se retire des territoires qu’elle tient encore dans la région de Donetsk, 'ce que Kiev considère comme inacceptable'" [Ouest-France]. Quelques jours plus tôt, le 16 octobre, Vladimir Poutine avait indiqué que ses exigences territoriales comprenaient "non seulement le Donbass, mais le reste des provinces ukrainiennes limitrophes de la Russie" [El País]. Le président russe ne prévoit pas "que cela fasse l’objet de pourparlers de paix avec l’Ukraine", complète le quotidien espagnol.

"Il faut que chacun fasse des concessions pour sortir de ce piège qui pourrait durer des années", analyse le général Jérôme Pellistrandi [RFI].  Le gel du front, "qui acterait la perte de 20 % du territoire ukrainien […] ouvre une porte pour une négociation", estime-t-il. "Soit Vladimir Poutine accepte et on part sur un cessez-le-feu sur le front […] soit Vladimir Poutine refuse, et c’est la poursuite de sa fuite en avant", conclut la radio internationale.

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21.10.2026 à 12:43

Manon Mazuir
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"Ovations, cris de joie, acclamations", entame le média polonais Wyborcza. "La chambre basse du parlement polonais a voté mardi [20 octobre] en faveur de l’autorisation de l’avortement en cas de graves malformations fœtales et de la dépénalisation de l’aide à l’avortement", informe l'agence de presse Reuters. Les deux textes de loi présentés "à l'initiative de […]

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En octobre 2020, la Pologne a connu les plus grandes manifestations du pays depuis 1989 en réaction à la décision du tribunal constitutionnel d'exclure la malformation grave du fœtus des motifs légaux de l'IVG - Crédits : LukaszKatlewa / Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0
En octobre 2020, la Pologne a connu les plus grandes manifestations du pays depuis 1989 en réaction à la décision du Tribunal constitutionnel d'exclure la malformation grave du fœtus des motifs légaux de l'IVG - Crédits : LukaszKatlewa / Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0

"Ovations, cris de joie, acclamations", entame le média polonais Wyborcza. "La chambre basse du parlement polonais a voté mardi [20 octobre] en faveur de l’autorisation de l’avortement en cas de graves malformations fœtales et de la dépénalisation de l’aide à l’avortement", informe l'agence de presse Reuters.

Les deux textes de loi présentés "à l'initiative de partis de gauche et du centre" et "soutenus par le gouvernement centriste de Donald Tusk" assouplissent ainsi les restrictions au droit à l'avortement dans un pays où il est considéré comme "l'un des plus restrictifs d'Europe", contextualise Le Monde.

Le premier projet de loi "décriminalise partiellement l’IVG et l’assistance aux avortements" [Libération]. Concrètement, le texte abroge plusieurs dispositions de l'article 152 du Code pénal polonais, selon lesquelles "toute personne pratiquant une interruption volontaire de grossesse sur une femme ou qui lui fournit une aide pour mettre fin à sa grossesse [en dehors des conditions légales] est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement", explique le journal juridique polonais Gazeta Prawna. Le projet de loi "a été adopté à 4 voix près, 217 députés sur 433 ayant voté pour, 213 contre, les autres s’étant abstenus ou n’ayant pas participé au vote", précise Libération.

La deuxième proposition revient "sur une décision de 2020 de la plus haute juridiction, le Tribunal constitutionnel, qui a rendu l’avortement illégal en cas de graves malformations du fœtus. Ce texte a été adopté avec un écart plus net de 30 voix", écrit Le Figaro.

Réforme limitée

La coalition pro-européenne du Premier ministre Donald Tusk avait "remporté les élections de 2023 en partie grâce à sa promesse d’assouplir les restrictions en matière d’avortement", rappelle Reuters. "Pourtant, aucun de ces deux projets de loi n'autoriserait l’avortement sur simple demande jusqu’à 12 semaines de grossesse, comme l’avait promis la coalition civique de Tusk lors de la campagne électorale de 2023", nuance Politico.

En cause : la "coalition multipartite compte de nombreux conservateurs et ne parvient pas à s’accorder sur une libéralisation allant aussi loin", décrypte le média européen. Les propositions adoptées mardi sont d'ailleurs "restées en suspens au sein d’une commission parlementaire pendant deux ans avant de refaire surface, sous l’impulsion d’une campagne qui s’intensifie à 12 mois des prochaines élections législatives, prévues fin 2027" [Politico].

En juillet 2024, la chambre basse (la Diète) avait "rejeté une proposition visant à dépénaliser l'aide à l'avortement […], la majorité nécessaire à l'adoption des dispositions sur ce sujet [n'ayant] pas été atteinte" [Gazeta Prawna].

"En réalité, ces textes législatifs ne constituent qu’une réforme très limitée et de petite envergure, et n’amélioreraient pas la situation de la plupart des femmes en Pologne qui ont besoin d’un accès à l’avortement", a déclaré à Reuters Leah Hoctor, vice-présidente pour l’Europe au centre pour les droits reproductifs.

L'un des droits les plus restrictifs d'Europe

"Actuellement, dans ce pays traditionnellement catholique, l’avortement n’est autorisé que dans deux circonstances : lorsque la grossesse résulte d’un acte criminel - comme un viol ou un inceste - ou lorsqu’elle met en danger la vie ou la santé de la mère", note Le Monde. Selon les données du Fonds national de santé polonais (NFZ), "573 avortements ont été pratiqués dans les hôpitaux publics polonais au cours du premier semestre 2026" [La Croix].

Avant la décision du Tribunal constitutionnel d'exclure la malformation grave du fœtus des motifs légaux de l'IVG, "98% des avortements légaux en Pologne étaient pratiqués pour cette raison". Cette nouvelle restriction avait "déclenché un torrent de protestations dans tout le pays, les plus grandes manifestations de masse en Pologne depuis le mouvement anticommuniste de 1989", relate Le Figaro.

Risque de véto présidentiel

"Ces projets vont désormais être examinés par le Sénat. S'ils y sont approuvés, ils seront transmis au président Karol Nawrocki", détaille Wyborcza. Mais le chef d'État nationaliste, soutenu par le parti Droit et justice (PiS), "devrait mettre son veto" à cette réforme, prévient Ouest-France. "Pour passer outre un veto présidentiel, il faut une majorité des trois cinquièmes [au sein de la chambre basse], majorité dont ne dispose pas la coalition dirigée par Tusk" [Politico].

"Deux manifestations doivent se tenir en fin de semaine à Varsovie, l’une contre l’avortement, l’autre pour", indique La Croix. Avant cela, "les organisations féministes prévoient d'organiser des manifestations dans 27 villes polonaises jeudi 22 octobre", prévient Wyborcza.

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20.10.2026 à 12:27

Ugo Bertet
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"L'Europe a fait un nouveau pas vers l'intégration de partenaires proches, mais non membres de l'UE, en signant ce lundi un accord d'association avec Andorre (84 000 habitants) et Saint-Marin (34 000 habitants)", relèvent Les Échos. L’accord entre l'Union européenne et les deux micro-États a été signé lundi 19 octobre, à Bruxelles, "par le chef […]

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Texte intégral (2248 mots)
L'accord d'association entre l'UE, Saint-Marin et Andorre a été signé le lundi 19 octobre à Bruxelles (ici de gauche à droite, le président du gouvernement andorran, Xavier Espot, le commissaire au Commerce, Maroš Šefčovič, le commissaire à l’Économie, Valdis Dombrovskis et le ministre des Affaires étrangères saint-marinais, Luca Beccari) - Crédits : Jennifer Jacquemart / Commission européenne

"L'Europe a fait un nouveau pas vers l'intégration de partenaires proches, mais non membres de l'UE, en signant ce lundi un accord d'association avec Andorre (84 000 habitants) et Saint-Marin (34 000 habitants)", relèvent Les Échos.

L’accord entre l'Union européenne et les deux micro-États a été signé lundi 19 octobre, à Bruxelles, "par le chef du gouvernement [andorran], Xavier Espot, [le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, et [le ministre des Affaires étrangères de Saint-Marin] Luca Beccari" [SER Andorra].

Le texte est le fruit d'un "parcours long et complexe", traversé par quatre gouvernements saint-marinais et trois Commissions européennes, souligne San Marino RTV. Les discussions, ouvertes en 2015, avaient abouti à un accord politique en décembre 2023. Sa signature n'est toutefois intervenue que près de trois ans plus tard, après des procédures juridiques et institutionnelles au sein de l'UE.

"Les négociations menées avec Andorre et Saint-Marin l'ont aussi été avec la principauté de Monaco. Mais celle-ci a préféré rompre les discussions avec l'Union européenne en 2023, car le droit européen entrait en contradiction avec certaines de ses règles, notamment l'accès favorisé des nationaux à l'emploi", rappellent Les Échos.

Des bénéfices concrets

L'accord doit permettre aux habitants des deux pays de bénéficier plus largement des libertés de circulation européennes. Il "créera de nouvelles possibilités d'étudier, de travailler et de vivre en Europe", a expliqué le commissaire européen au Commerce Maroš Šefčovič, cité par l'agence espagnole EFE.

L'accord devrait ainsi permettre "la libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux, harmoniser les normes techniques ou sanitaires, et faciliter les échanges commerciaux, les investissements et les démarches administratives de part et d'autre", détaillent Les Échos.

Il vient notamment compléter les unions douanières dont bénéficient déjà les deux pays. "Les deux tiers des échanges commerciaux d'Andorre se font avec ses deux voisins, l'Espagne et la France. Pour Saint-Marin, la dépendance envers l'Italie, pays dans lequel il est enclavé, est encore plus forte, avec plus de 80 % de ses échanges", observent Les Échos. À terme, les sociétés de ces deux micro-États pourront aussi "participer à des appels d'offres publics européens", relève Altaveu. Tandis que les opérateurs européens pourront accéder à leurs marchés.

Le texte vise enfin à "renforcer la coopération dans des domaines tels que la recherche et l'innovation, l'éducation, la politique sociale, l'environnement ou la protection des consommateurs", détaille La Vanguardia.

Des dérogations pour préserver les spécificités des deux États

L'ouverture du marché unique sera toutefois progressive. Sur la libre circulation des personnes, Andorre "maintiendra un système de quotas" pour l'arrivée de "travailleurs, de résidents sans activité professionnelle et de saisonniers de moins de douze mois", détaille El Periòdic d'Andorra. Le dispositif entrera en application après "une période transitoire de deux ans" et sera "réexaminé tous les dix ans".

Plusieurs activités économiques bénéficieront également de périodes de transition. L'accord prévoit notamment "30 ans pour le tabac, 15 pour les services financiers, 7 pour les télécommunications" et "3 pour la libre prestation de services", énumère Altaveu. Tandis que pour les services financiers, "l'intégration se fera progressivement et sous certaines conditions", rapporte l'agence italienne Dire.

Saint-Marin et Andorre devront de leur côté assurer la "reprise évolutive de l'acquis européen", explique Il Resto del Carlino, c’est-à-dire intégrer dans leur législation les règles européennes applicables aux domaines couverts par l'accord, y compris leurs évolutions futures. Les deux pays conserveront leur souveraineté, mais ne disposeront pas du même pouvoir de décision sur ces règles que les États membres de l'UE. Une complexité qui a contribué à étendre les négociations.

Un accord qui doit encore être ratifié

"C’est l’un des accords les plus étendus signés par l’Union européenne et cela donne aux citoyens et aux entreprises de ces pays des certitudes juridiques, un statut que seuls la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein avaient, jusqu’à présent, au sein de l’espace économique européen", s’est félicité le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič [Les Échos]. Andorre et Saint-Marin ne deviendront toutefois ni membres de l'Union ni parties à l'Espace économique européen (EEE).

"Au-delà de cet accord d'association, nous envoyons un signal politique, en ces temps d'incertitudes géopolitiques", a assuré Maroš Šefčovič [Les Échos]. "Nous sommes dans une phase de graves turbulences géopolitiques, une période critique de l’histoire où tous les pays, quelle que soit leur taille, comptent", a complété le commissaire européen au Commerce [San Marino RTV].

"Après la signature, le Conseil de l'UE demandera l'accord du Parlement européen avant de procéder à la conclusion de l'accord", indique SER Andorra. Andorre et Saint-Marin devront ensuite ratifier cet accord, une procédure qui passe par un "référendum consultatif" du côté de la principauté, précise la radio andorrane. Mais la ratification ne semble pas acquise en Andorre : un "sondage publié en 2024 prêtait une forte majorité au 'non'", soulignent Les Échos. L'accord devra également faire l'objet de ratifications dans les États membres de l'UE.

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19.10.2026 à 12:18

Valentin Ledroit
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"Le chaos, les pillages et la violence ont secoué les villes françaises lors des manifestations de samedi [17 octobre], organisées par les étudiants, les syndicats et les Gilets jaunes", résume El Mundo. Le quotidien espagnol décrit "des vitrines de magasins complètement détruites, des éclats de verre dans les rues et encore des barricades dans certaines […]

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Texte intégral (1811 mots)
La Place de la République à Paris et ses rues adjacentes ont été l'épicentre des violences samedi 17 octobre
La Place de la République à Paris, samedi 17 octobre - Crédits : FreCha / wikimedia commons CC BY-SA 4.0

"Le chaos, les pillages et la violence ont secoué les villes françaises lors des manifestations de samedi [17 octobre], organisées par les étudiants, les syndicats et les Gilets jaunes", résume El Mundo. Le quotidien espagnol décrit "des vitrines de magasins complètement détruites, des éclats de verre dans les rues et encore des barricades dans certaines d'entre elles, avec des conteneurs, des barrières, des bicyclettes et du mobilier urbain".

En Italie, Il Giornale retient notamment "le clocher qui s'effondre, le toit dévoré par les flammes [et] une immense colonne de fumée" au-dessus de l'hôtel de ville de Limoges. La RTBF rapporte "qu’une adolescente a été blessée en marge de la journée de mobilisation contre la vie chère et a perdu un œil”. Dimanche, la situation était toujours sensible à Paris, où "des moments calmes [ont succédé] à des moments de tension entre forces de l'ordre et manifestants cagoulés", poursuit le service public belge.

Les fractures sociales françaises au cœur du mouvement

Au-delà du bilan matériel, la presse européenne s'interroge sur les causes du mouvement et des débordements. "Il s'agit d'un problème à 100 % d'origine française. Des conséquences d'un échec français né sur le sol français", affirme le journaliste du Spiegel, rejetant d'emblée tout lien entre les violences et l'immigration. "Cette affirmation, qui se cache également derrière l'expression 'violence migratoire', relève du racisme pur et simple", estime-t-il.

De son côté, The Independent rappelle que le système éducatif français peine à "permettre aux enfants issus de milieux défavorisés de gravir l'échelle sociale". Les manifestations lycéennes de septembre se sont depuis élargies, sous l'effet d'une colère liée au pouvoir d'achat et à la dégradation des services publics.

"Ces conditions de vie discriminatoires constituent une forme de violence sociale", complète Der Spiegel, évoquant les quartiers défavorisés où se concentrent les difficultés scolaires, le chômage et les tensions avec la police. "L'échec de la France consiste à laisser se succéder depuis des décennies, dans les banlieues, les générations perdues. […] Et pour certains, la criminalité offre une perspective plus attrayante que le système éducatif".

Der Standard considère que "la République française fait à ses jeunes citoyens une promesse qu'elle ne peut tenir : la promesse d'égalité". Le quotidien autrichien cite le témoignage d'un jeune manifestant, diplômé avec mention en physique et mathématiques, qui aurait déposé 80 candidatures pour des formations et des emplois, toutes infructueuses. "Il faut le souligner, Mohammed manifestait pacifiquement samedi", est-il précisé, en distinguant la mobilisation sociale des auteurs de violences.

Une crise de l'autorité qui pourrait profiter au RN ?

"À Paris, la police n'a plus maîtrisé la situation pendant des heures", note Der Standard qui décrit une "France sous haute tension". The Guardian rapporte les accusations de Guillaume Guérin, maire (LR) de Limoges, dénonçant "une défaillance colossale de l'État" après l'incendie de l'hôtel de ville. Selon l'édile, les assaillants n'étaient pas "des manifestants qui défendent des causes", mais "des personnes organisées pour faire la guerre".

Pour Blick, ces violences pourraient surtout bénéficier à Marine Le Pen. "Dans un décor très présidentiel, drapeau tricolore derrière elle, [la candidate du RN] a dressé le bilan accablant du titulaire de la fonction suprême. Une intervention qui, à bien des égards, la conforte dans son rôle de présidente (presque) déjà élue au suffrage universel". "Elle incarne la fermeté, l'autorité, le recours. Plus les émeutiers cassent, plus ils font son jeu politique", juge l'universitaire Dominique Wolton, interrogé par le journal suisse.

Dimanche soir, Emmanuel Macron a dénoncé les violences dans une allocution télévisée, faisant part de sa "colère" et de sa "honte" [La Libre]. Le président a également promis de faire la lumière sur les "défaillances d'anticipation et de renseignements" des forces de l'ordre. Ce lundi matin, il a refusé la démission du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, "compte tenu de la nécessité d'un commandement continu des forces de l'ordre dans le contexte actuel" [Euronews].

À six mois d’un scrutin très attendu, le climat politique inquiète également la presse étrangère. Der Standard estime que "[Jean-Luc] Mélenchon poursuit finalement la même stratégie de polarisation que [Marine] Le Pen : tous deux espèrent accéder au second tour de l'élection présidentielle grâce à l'autre". Un affrontement qui, selon le journal autrichien, "divise et sape la démocratie" et pourrait conduire à de nouvelles tensions "au plus tard au printemps prochain".

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