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18.09.2026 à 12:05

En Russie, des législatives sans suspense sur fond de guerre en Ukraine

Manon Mazuir

"Un scrutin dont l'issue semble évidente", entame France info. De vendredi 18 à dimanche 20 septembre, "la Russie organise ses premières élections depuis qu'elle a attaqué l'Ukraine en février 2022. Le pays va renouveler la Douma, la chambre basse du Parlement pour les cinq ans à venir" [Les Échos]. "Il y a 450 sièges de députés […]

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Texte intégral (2198 mots)
Vladimir Poutine avant la parade militaire du 9 mai 2026 à Moscou, qui commémore la fin de la Seconde Guerre mondiale, traditionnel exercice de démonstration militaire - Crédits : President of Russia CC BY 4.0
Vladimir Poutine avant la parade militaire du 9 mai 2026 à Moscou, qui commémore la fin de la Seconde Guerre mondiale, traditionnel exercice de démonstration militaire - Crédits : President of Russia CC BY 4.0

"Un scrutin dont l'issue semble évidente", entame France info. De vendredi 18 à dimanche 20 septembre, "la Russie organise ses premières élections depuis qu'elle a attaqué l'Ukraine en février 2022. Le pays va renouveler la Douma, la chambre basse du Parlement pour les cinq ans à venir" [Les Échos]. "Il y a 450 sièges de députés à renouveler, dont la moitié au travers d'un vote national et l'autre moitié grâce à un vote régional", précise le quotidien français.

La formation de Vladimir Poutine, Russie Unie, "détient actuellement 310 sièges à la Douma et doit en remporter au moins 300 pour conserver sa supermajorité et sa capacité à faire adopter des réformes constitutionnelles sans le soutien d'autres partis", explique BFM TV.

"L'élection se déroule également en Crimée, annexée par la Russie à l'Ukraine en 2014, et dans les parties envahies et contrôlées par la Russie des régions ukrainiennes de Donetsk, Louhansk, Zaporijia et Kherson", précise la chaîne de télévision.

Peu de suspense

Les résultats "sont courus d’avance", prévient le New York Times. Pour le quotidien américain, "les Russes n’ont peut-être guère de raisons de s’intéresser à ces élections législatives mises en scène". Et le site russe en exil Meduza confirme que "de nombreux électeurs potentiels sont de plus en plus sceptiques quant à l’idée même de se rendre dans un bureau de vote ou d’utiliser le système de vote électronique à distance, puisque les résultats seront de toute façon ‘truqués’".

"À ce stade, le seul enjeu porte sur le taux de participation et sur l'obtention d'un score supérieur à celui des législatives de 2021, pour témoigner du soutien du peuple à la guerre", notent Les Échos. "Mais le score sera à prendre avec précaution, le bourrage d'urnes étant fréquent en Russie", rappelle BFM TV.

"Les observateurs indépendants de l’OSCE [Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe] n’ont pas été autorisés à surveiller le scrutin", prévient Le Monde. Et le "seul organisme indépendant de surveillance électorale à l'échelle nationale, Golos, qui a vivement critiqué la conduite des élections passées, a fermé ses portes en 2025 après des années de pression des autorités", souligne l'agence de presse Reuters.

Opposition muselée et répression

"Sans surprise, Russie unie arrive en tête des sondages", relèvent Les Échos. "Seules des formations soutenant à des degrés divers Vladimir Poutine et la poursuite du conflit en Ukraine - les communistes du KPRF, les nationalistes du LDPR, les conservateurs de Russie juste et les libéraux du parti des Nouvelles personnes - ont été autorisées à concourir" [Le Parisien].

"Iabloko, le seul parti frontalement opposé à la guerre en Ukraine, a d’abord été autorisé à participer au scrutin avant d’en être privé par la justice au mois d’août, dans un contexte de répression de toute forme d’opposition", détaille le quotidien français. "Son vice-président, Lev Chlosberg, a été condamné à onze ans et un mois de prison, […] ayant été reconnu coupable 'd'actions publiques visant à discréditer le recours aux forces armées' russes" [France info].

Mais "le Kremlin ne se limite pas à la sphère politique pour étouffer les contestations. La répression au sein de la société russe, déjà répandue et documentée, 'ne cesse d'augmenter'", alerte Tanya Lokshina, directrice adjointe de la division Europe et Asie centrale de l'ONG Human Rights Watch, citée par France info. "Les opposants sont accusés d’être des 'agents de l'étranger'. Ils sont poursuivis, arrêtés, enfermés. Ou alors, contraints à l’exil…", alerte la télévision belge RTBF.

Le poids de la guerre en Ukraine

Si les résultats des législatives font peu de doute, "elles remplissent néanmoins une fonction importante" : "vérifier si la population reste fidèle", décrypte la Deutsche Welle. Car le média allemand décrit un climat d'"anxiété" et de "fatigue" en Russie, face à la guerre en Ukraine, alimenté par "les pénuries de carburant, les frappes de drones et les rumeurs de mobilisation" militaire.

Depuis que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que la mobilisation "serait annoncée 'à l'automne' après les législatives, le chef de l'État russe et son entourage ont réfuté à de multiples reprises ce 'scénario', très impopulaire jusque dans les cercles dirigeants à Moscou" [France 24].

En outre, "l’économie est mise à rude épreuve par des dépenses de guerre galopantes", affirme le New York Times. Ces législatives interviennent "alors que la cote de popularité de Vladimir Poutine s’effondre, que le nombre de victimes sur le front ne cesse d’augmenter et que les gains territoriaux restent minimes dans ce conflit qui s’éternise", confirme le média britannique The Independant.

Raisons pour lesquelles Vladimir Poutine "a exhorté les Russes à voter, affirmant que la participation démontrerait que des millions de personnes soutiennent les troupes russes et s'opposent aux efforts visant à affaiblir le pays" [The Kyiv Post].

"En Russie, une maxime attribuée à Joseph Staline semble en tout cas toujours d’actualité : 'Ce qui compte ce n’est pas le vote, mais qui et comment on compte les votes'", conclut la RTBF.

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17.09.2026 à 12:04

Entre ambition et incertitudes, la presse européenne décrypte le discours sur l'état de l'Union d'Ursula von der Leyen

Valentin Ledroit

"En cette rentrée 2026, les défis auxquels Ursula von der Leyen doit faire face n’ont fait que s’intensifier", entame Libération. Sur la scène internationale, "les agressions russes se multiplient, […] les États-Unis se muent en adversaires et […] la Chine fait peser une pression croissante sur l'économie européenne", pendant que "l’extrême droite grappille du terrain […]

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Texte intégral (1955 mots)
Après son discours, Ursula von der Leyen a débattu avec les eurodéputés présents à Strasbourg
Après son discours, Ursula von der Leyen a débattu avec les eurodéputés présents à Strasbourg - Crédits : Mathieu Cugnot / Parlement européen

"En cette rentrée 2026, les défis auxquels Ursula von der Leyen doit faire face n’ont fait que s’intensifier", entame Libération. Sur la scène internationale, "les agressions russes se multiplient, […] les États-Unis se muent en adversaires et […] la Chine fait peser une pression croissante sur l'économie européenne", pendant que "l’extrême droite grappille du terrain un peu partout sur le continent", liste le quotidien français.

Pour répondre à ces incertitudes, la présidente de la Commission européenne était à Strasbourg, mercredi 16 septembre, pour prononcer son discours sur l'état de l'Union. Dans une allocation "plus longue que d'habitude, [elle] a plaidé avec force en faveur de la résilience et de l'indépendance de l'Europe", écrit la télévision irlandaise RTÉ.

Le Tagesschau énumère certaines des nombreuses annonces formulées mercredi par la cheffe de l'exécutif européen : "un plan européen contre les vagues de chaleur, un paquet bancaire, une société européenne pour les matières premières critiques, un nouveau Conseil européen de sécurité, un dialogue avec les grandes entreprises du secteur de l'IA sur les opportunités et les risques. Et ce n'est là qu'un petit aperçu". Le média allemand souligne enfin que "les annonces peuvent être une chose utile", mais que leur réalisation concrète reste à observer.

Un statut de "membre associé" pour le Canada qui suscite des interrogations

L'annonce la plus commentée du discours concerne le Canada. Pour Il Foglio, il s'agit même de "la seule initiative, pour ainsi dire, 'expansionniste' d’un discours qui, pour le reste, a semblé parler davantage d’une Europe à défendre que d’une Europe à faire grandir". Devant le Premier ministre canadien Mark Carney, Ursula von der Leyen a proposé d'ouvrir la voie à un statut inédit de "membre associé" de l'Union européenne pour Ottawa.

Outre-Atlantique, Le Devoir s'interroge sur les conséquences d'un tel statut qui "n’existe pas dans les traités de l’UE". "Jusqu’où pourrait aller ce rapprochement ? Cela reste encore à définir". Certains secteurs pourraient être ainsi concernés par des collaborations renforcées : "l’énergie, les minéraux critiques, les batteries, l’intelligence artificielle et la cybersécurité", souligne le quotidien québécois, qui rappelle que les deux blocs se sont récemment rapprochés. Par exemple, le Canada bénéficie déjà d'un accès privilégié "à certains programmes européens, notamment Horizon Europe, le programme de recherche et d’innovation de l’UE, depuis 2024".

L'Opinion relève que cette annonce "a dérouté plus d’un diplomate européen". Certains responsables interrogés par le journal évoquent "trop de complications juridiques, trop de questions potentiellement explosives si les deux parties décidaient d’harmoniser un minimum leurs législations".

Des défis de mise en œuvre et des oublis

Au-delà de ce nouveau statut pour le Canada, la presse européenne s'interroge également sur la traduction concrète d'autres annonces formulées par Ursula von der Leyen. "La présidente de la Commission assure vouloir trouver des remèdes. Des remèdes qui, avant tout, passent par l’Europe elle-même. Des remèdes, aussi, aux contours encore très flous", juge Libération.

El País revient notamment sur la question migratoire, mise en lumière par la récente crise à Ceuta, ainsi que sur la proposition d'un "'protocole de sécurité', qui serait déclenché lorsqu'un État se sentirait menacé dans sa sécurité, par exemple en cas d'incursions de drones, de cyberattaques ou d'actes de sabotage". 

Pour le journal espagnol, l'annonce "d'un nouveau règlement qui permettrait aux États membres de suspendre - ou, comme elle l’a dit, d’'assouplir' - les règles en matière d’immigration en cas de crise" témoigne d’un "nouveau durcissement de la position de l’UE en matière d’asile, une Union qui se retranche derrière ses frontières et cherche désormais à mettre en place des centres de rétention en dehors de son territoire".

Après les épisodes extrêmes de l'été (canicule, incendies et sécheresse), la réaction d'Ursula von der Leyen sur la question climatique était également très attendue. "Cet été a été [celui] de la vérité. Presque aucune région de notre continent n’a été épargnée", a-t-elle déclaré, citée par Politico. "Mais bien qu’elle ait mis l’accent sur les problèmes et leur caractère urgent, Mme von der Leyen a évité de proposer des solutions aux causes sous-jacentes".

Le média relève certaines annonces faites sur le sujet comme la mise en place d'un "plan sur la résilience de l'UE face au changement climatique" ou la création d'une "Alliance pour l'assurance climatique", mais estime que "les mesures réglementaires visant à minimiser les risques de catastrophe […] n'ont pas été évoquées".

L'Opinion souligne enfin la difficulté pour Ursula von der Leyen de transformer toutes ces annonces en véritables décisions européennes. "Au fond, c’est ce même dilemme auquel la présidente de la Commission est éternellement confrontée : tenter l’audace mais au risque de heurter les gouvernements nationaux ou bien jouer la prudence, quitte à voir fleurir les procès en immobilisme".

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16.09.2026 à 12:19

Le Premier ministre canadien, Mark Carney, à Strasbourg pour resserrer les liens entre Ottawa et l'UE

Léa Deseille

"À Strasbourg, cette semaine, Mark Carney risque bien de voler la vedette à Ursula von der Leyen", estiment Les Échos. "Alors que la présidente de la Commission européenne [a prononcé] son discours sur l'état de l'Union ce mercredi [16 septembre], le Premier ministre canadien [est] reçu en grande pompe au Parlement européen, auquel il s'adressera […]

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Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne et le Premier ministre canadien, Mark Carney, lors d'une rencontre à Rome en mai 2025 - Crédits : Commission européenne
Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne et le Premier ministre canadien, Mark Carney, lors d'une rencontre à Rome en mai 2025 - Crédits : Commission européenne

"À Strasbourg, cette semaine, Mark Carney risque bien de voler la vedette à Ursula von der Leyen", estiment Les Échos. "Alors que la présidente de la Commission européenne [a prononcé] son discours sur l'état de l'Union ce mercredi [16 septembre], le Premier ministre canadien [est] reçu en grande pompe au Parlement européen, auquel il s'adressera jeudi", poursuit le quotidien.

"Premier chef de gouvernement étranger à assister à ce 'discours sur l'état de l'Union européenne'", M. Carney "doit prendre la parole jeudi devant le Parlement", note Courrier international. "Une 'guest-star' qui a obligé Ursula von der Leyen à chambouler son agenda. Elle restera finalement à Strasbourg jusqu'à jeudi, alors qu'elle n'avait pas prévu, à l'origine, d'assister au discours de Mark Carney" [Les Échos].

Plusieurs chantiers abordés

"Ottawa et Bruxelles cherchent […] à renforcer leur partenariat, de l'intelligence artificielle à l'énergie", écrit Corse Matin. Lors de leur rencontre à Strasbourg, "les deux parties vont examiner les domaines 'où [elles ont] des capacités et des besoins complémentaires', qui sont 'stratégiquement importants' pour 'garantir [leur] souveraineté', comme l'énergie et les matières premières critiques, notamment les terres rares, a précisé M. Wilkinson", ambassadeur canadien auprès de l'UE, à l'AFP [Corse Matin].

"Les discussions qui s'ouvrent entre Ottawa et Bruxelles détermineront la nature précise du partenariat et pourraient aboutir lors du prochain sommet canado-européen, à Montréal les 29 et 30 octobre prochains", développent Les Échos.

Depuis plusieurs mois, les relations entre les deux ensembles se sont renforcées. "Les échanges entre l'UE et le Canada ont bondi de 80 % depuis 2016, grâce à l'entrée en vigueur d'un accord de libre-échange, qui a supprimé presque tous les droits de douane. Et cette année, le Canada est devenu le premier pays non-membre de l'UE à rejoindre le programme de défense européen Safe", rappelle Courrier international.

Contrer les menaces de Trump

Mais "la nouvelle idylle de Carney avec l'UE est entièrement liée à Trump" [BBC]. "Après l'échec des négociations commerciales avec la Maison-Blanche et la récente escalade des tarifs douaniers, Ottawa se tourne vers l'Europe pour trouver un contrepoids stratégique à sa dépendance envers les États-Unis", analyse The Italy Post.

En effet, les menaces du président républicain sont toujours d'actualité. "Il y a quelques jours à peine, le président américain a publié sur son réseau Truth Social une carte de l'Amérique du nord, incluant le Canada et le Groenland – territoire danois appartenant à l'UE – sur laquelle est superposé le drapeau américain" [BBC].

"Mais que faire spécifiquement avec le Canada ? L’adhésion est exclue puisque les traités réservent l’adhésion aux États géographiquement européens", rappelle Le Point. "Nous ne cherchons pas à devenir membre de l’Union européenne. Ce que nous recherchons, et pour quoi nous allons ouvrir des discussions, c’est une alliance unique avec l’Union européenne […]. Nous partageons les mêmes valeurs, nous avons les mêmes priorités et nous disposons de forces très complémentaires", a déclaré dimanche le Premier ministre canadien, cité par Le Point.

Se détacher des États-Unis sans s'en séparer

"Carney n'évoque pas une rupture [avec les États-Unis], et il ne le pourrait d'ailleurs pas. Aujourd'hui, environ 70 % des exportations canadiennes sont destinées aux États-Unis et, comme il l'a souligné hier, 80 % des échanges bilatéraux continuent de bénéficier de l'absence de droits de douane", insiste The Italy Post. "Se tourner vers l'UE ne vise donc pas à remplacer l'Amérique – une entreprise irréalisable à court terme – mais à réduire son pouvoir d'influence", souligne le quotidien italien.

"Le Canada, en pleine guerre commerciale avec les États-Unis de Donald Trump, cherche de nouveaux partenaires. De son côté, l'Europe, dont les relations transatlantiques sont tout aussi houleuses, cherche également des appuis à sa stratégie de rééquilibrage entre les deux super-puissances, Chine et États-Unis" [Courrier international]. "L’'effet Trump' incite à des efforts de diversification – mais sont-ils réalisables ? Dans les couloirs de Bruxelles, on parle à voix basse de la possibilité de conclure un 'accord d'association spécial' avec le Canada", révèle la BBC.

Ursula von der Leyen a finalement proposé le statut de membre associé au Canada pendant son discours, mais certains sont réticents. "Avant d’envisager une plus grande coopération, il faut rappeler une vérité dérangeante : l’accord Ceta (entré en application provisoire depuis septembre 2017) n’a toujours pas été ratifié par dix États membres de l’UE, dont trois gros acteurs, la France, l’Italie et la Pologne…", nuance Le Point.

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