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21.01.2026 à 13:22

Forum de Davos : les Européens durcissent le ton face aux menaces de Donald Trump

Agathe Grinon
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"Nous préférons le respect à l'intimidation" : lors de son discours au Forum économique mondial de Davos mardi, le président français "s’est montré ferme et a multiplié les piques à l’encontre de Donald Trump, sans jamais le citer" [France info]. "Ne nous divisons pas, n’acceptons pas un ordre mondial qui serait dicté par ceux qui […]

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Emmanuel Macron au Forum économique mondial de Davos en Suisse, durant son discours sur la situation mondiale. - Crédits : World Economic Forum / FlickR CC BY-NC-SA 4.0
Lors de son intervention au Forum économique mondial de Davos en Suisse, Emmanuel Macron a appelé à refuser la "loi du plus fort" - Crédits : World Economic Forum / FlickR CC BY-NC-SA 4.0

"Nous préférons le respect à l'intimidation" : lors de son discours au Forum économique mondial de Davos mardi, le président français "s’est montré ferme et a multiplié les piques à l’encontre de Donald Trump, sans jamais le citer" [France info]. "Ne nous divisons pas, n’acceptons pas un ordre mondial qui serait dicté par ceux qui ont la plus grosse voix, le plus gros bâton", a-t-il déclaré.

Le chef de l'exécutif français a ainsi "répondu à une série d’invectives de son homologue américain", appelant notamment à refuser la "loi du plus fort" et dénonçant une "dérive vers l’autocratie et davantage de violence", "les conflits sont devenus la norme" [Le Monde].

Le matin même, Donald Trump publiait "sur son réseau Truth social des captures d’écran d’un message écrit d’Emmanuel Macron", note Le Figaro. Et déclinait par là même sa proposition "d’organiser un sommet du G7 jeudi à Paris, après Davos".

Unité européenne

Le président français "s’est voulu offensif face aux menaces du président américain d’infliger des surtaxes à certains pays européens, notamment la France, pour le rejet de ses visées sur le Groenland et de son nébuleux 'Conseil de la paix'" [Libération]. Il n'est pas seul pour autant : "plusieurs dirigeants européens et Mark Rutte, secrétaire général de l’Otan, sont à Davos cette semaine. [Ils] espèrent convaincre le président américain de renoncer à ses menaces contre le territoire sous la souveraineté du Danemark" [Le Monde].  

Dans son allocution hier, Ursula von der Leyen a plaidé en faveur d'une plus grande "indépendance européenne". Tout en prévenant l'allié américain que "notre réponse sera […] inébranlable, unie et proportionnelle", la présidente de la Commission européenne a jugé que "les profonds bouleversements qui secouent l'ordre mondial devraient être considérés comme un facteur de changement positif" [Euronews]. Le lendemain à Strasbourg, elle a estimé que les tensions entre les États-Unis et l'Europe sur le Groenland ne feront "qu'encourager" nos "adversaires" [Les Echos].

Outre-Rhin, la précaution reste toutefois de vigueur : "atlantiste assumé", le chancelier allemand "a fait le pari de convaincre le président américain de revenir sur son projet" d'annexion du Groenland, résume Politico. "Lundi, Friedrich Merz a reconnu publiquement que le ton de l’Allemagne différait sensiblement de celui de la France […] parce que Paris était moins exposé aux attaques dans une guerre commerciale avec les États-Unis".

Vers une nouvelle mission de l'Otan au Groenland ?

Au lendemain d'une proposition similaire du Danemark et du Groenland, l'Élysée a indiqué mercredi matin vouloir un "exercice de l'Otan" sur le territoire autonome danois, la France étant "prête à y contribuer" [Les Echos]. Contrairement à la "mission de reconnaissance" ayant impliqué plusieurs pays européens la semaine dernière, "un exercice de l’Otan à proprement parler permettrait d’impliquer Washington et d’afficher le fait que la sécurité en Arctique est prise au sérieux par les Européens, juge-t-on à Paris" [Le Figaro].

Attendu cet après-midi à Davos, le président américain a tenu une conférence de presse surprise à la Maison-Blanche avant son départ. Il s'est alors contenté de dire "vous verrez", lorsqu'on lui a demandé jusqu'où il était prêt à aller pour s'emparer du Groenland [Euronews].

Quant au dossier ukrainien, il pâtit de ces tensions transatlantiques. Selon le Financial Times, cité par Reuters, "l'annonce prévue d'un plan de prospérité de 800 milliards de dollars devant être convenu entre l'Ukraine, l'Europe et les États-Unis [à Davos] cette semaine a été reportée". D'après Politico, le président ukrainien se serait même demandé "si cela valait la peine d’assister au Forum économique mondial".

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20.01.2026 à 12:18

Mercosur : les agriculteurs font pression sur le Parlement européen, à la veille d'un vote crucial sur l'avenir de l'accord de libre-échange

Valentin Ledroit
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"La lutte promet d’être chaude à Strasbourg", avance Le Point. "Des milliers d’agriculteurs européens et 700 tracteurs convergeront ce mardi 20 janvier vers le Parlement européen", rapportent Les Dernières Nouvelles d'Alsace. Trois jours après la signature de l'accord commercial entre l'Union européenne et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), "la FNSEA et […]

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Texte intégral (1969 mots)
L'opposition des agriculteurs à l'accord de libre-échange avec les pays du Mercosur n'est pas nouvelle, à l'image de cette précédente mobilisation le 13 novembre 2024 à Bruxelles
L'opposition des agriculteurs à l'accord de libre-échange avec les pays du Mercosur n'est pas nouvelle, à l'image de cette précédente mobilisation le 13 novembre 2024 à Bruxelles - Crédits : FIANBelgium / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

"La lutte promet d’être chaude à Strasbourg", avance Le Point. "Des milliers d’agriculteurs européens et 700 tracteurs convergeront ce mardi 20 janvier vers le Parlement européen", rapportent Les Dernières Nouvelles d'Alsace.

Trois jours après la signature de l'accord commercial entre l'Union européenne et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), "la FNSEA et ses alliés" veulent "convaincre les eurodéputés de voter une saisine de la Cour de justice européenne (CJUE), qui devrait alors se prononcer sur la conformité de l’accord de libre-échange avec le droit européen", note Libération.

Face aux agriculteurs, les partisans du traité sont également mobilisés. "Les Allemands, ardents défenseurs de l’accord UE-Mercosur, ne sont pas restés les bras ballants. Le ministre des Affaires étrangères, Johann Vandephul, a fait le déplacement en personne, lundi, à Strasbourg pour serrer les rangs du groupe PPE (Parti populaire européen). Le message de l’Allemagne est clair : le Mercosur doit être adopté sans délai, toute saisie de la CJUE retarderait la ratification parlementaire de plusieurs mois" [Le Point].

Un vote crucial au Parlement européen

Mercredi 21 janvier, les eurodéputés se prononceront sur une éventuelle saisine de la Cour de justice de l'Union européenne. "Jugeant qu’une partie de l’accord, appelée 'mécanisme de rééquilibrage', n’est pas conforme aux traités européens, plus de 140 élus de tous bords, dont une bonne partie de Français, ont en effet soumis une proposition de résolution appelant la CJUE à vérifier sa compatibilité avec le droit de l’UE", rappelle Libération.

"Ce dispositif permet aux pays du Mercosur d’exiger une compensation si une réglementation européenne – même conforme à l’accord – réduit leurs exportations", explique Le Point. "Tout le monde s’attend à ce que ce soit actionné par les pays du Mercosur et pas par l’UE, par exemple si l’Europe mettait en place une clause miroir sur un pesticide interdit par les Vingt-Sept ou en cas de retour du règlement contre la déforestation importée", insiste l'eurodéputé Renew Pascal Canfin [Libération].

En cas de succès de cette saisine, le processus de ratification pourrait être retardé de dix-huit mois ou plus. Un délai qui ne passe pas du côté de Berlin et des défenseurs de l'accord. Pour eux, "le contexte d’une nouvelle guerre commerciale avec l’administration Trump rend intolérable toute procrastination : l’Europe a besoin de nouveaux débouchés au sud de l’Amérique. […] Au-delà du suspense du vote de mercredi, Donald Trump aura [donc] été, au cours du dernier week-end, le meilleur 'whip' ('rabatteur de voix') de l’accord UE-Mercosur", conclut Le Point.

Application provisoire

L'accord signé au Paraguay le 17 janvier dernier "prévoit une réduction progressive des droits de douane afin de faciliter les échanges commerciaux, avec pour objectif de supprimer à terme environ 90 % des droits de douane sur les produits échangés", rappelle La Libre. Après l'accord des États membres, le dossier est donc entre les mains du Parlement européen.

"Mais s'il lui faut encore le tampon strasbourgeois pour pouvoir entrer en vigueur, le texte n'aura peut-être pas besoin d'attendre aussi longtemps pour lever les barrières commerciales entre les deux rives de l'Atlantique", relate BFM TV. La chaîne précise que "la Commission européenne est [déjà] en mesure de déclencher [son] application provisoire".

"On a un arrangement interinstitutionnel avec le Parlement qui dit que, normalement, on attend qu’il ait voté pour mettre en œuvre l’accord", tente de rassurer un haut fonctionnaire européen auprès de Libération. "Sauf, précise-t-il, si le Parlement ne votait pas dans un délai 'raisonnable'". Pour l'eurodéputé écologiste David Cormand interrogé par le quotidien, il est toutefois "prématuré de débattre dès maintenant de ce sujet". En cas d'échec de la saisine ce mercredi, la ratification aurait lieu lors de "la session parlementaire de mars" [Le Point].

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19.01.2026 à 13:09

Groenland : face à la menace de surtaxes douanières proférée par Donald Trump, les Européens préparent leur riposte

Manon Mazuir
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"Branle-bas de combat des Européens. Les ambassadeurs des Vingt-Sept se [sont réunis] en urgence dimanche à Bruxelles", annonce France Culture. "Avec un premier objectif : 'vérifier l’unité des Européens', explique [au Monde] un diplomate européen, dès lors que les menaces du président américain ne concernent que les six États membres qui ont envoyé des soldats au […]

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Texte intégral (2637 mots)
L'activation de l'instrument anti-coercition n'a encore jamais utilisée par l'Union européenne - Crédits : Evgenii Emelianov / iStock
L'instrument anti-coercition n'a encore jamais été activé par l'Union européenne - Crédits : Evgenii Emelianov / iStock

"Branle-bas de combat des Européens. Les ambassadeurs des Vingt-Sept se [sont réunis] en urgence dimanche à Bruxelles", annonce France Culture. "Avec un premier objectif : 'vérifier l’unité des Européens', explique [au Monde] un diplomate européen, dès lors que les menaces du président américain ne concernent que les six États membres qui ont envoyé des soldats au Groenland".

"Les Vingt-Sept ont demandé à la Commission de travailler aux différents scénarios possibles. Les Européens sont désormais prêts à 'se défendre contre toute forme de coercition', a jugé, dimanche soir, António Costa", [Le Monde]. "Les dirigeants des pays de l’UE se réuniront 'dans les jours qui viennent' pour coordonner leur réponse", a également indiqué le président du Conseil européen [Libération]. Ce Conseil européen extraordinaire se déroulera jeudi soir, à partir de 19 heures, a fait savoir l'institution.

Emmanuel Macron, quant à lui, "a proposé dimanche à ses partenaires européens d'activer [l'instrument anti-coercition], outil commercial jamais utilisé pour s'opposer aux menaces de surtaxes douanières du président américain, déterminé à faire main basse sur le territoire autonome danois", précise France info.

Nouvelles intimidations douanières

Samedi 17 janvier, Donald Trump a menacé huit pays européens, dont six membres de l'Union européenne - Danemark, Norvège, Suède, France, Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas et Finlande - de "leur imposer de nouveaux droits de douane jusqu'à ce qu''un accord soit conclu pour la vente complète et intégrale du Groenland'" [France 24]. Dans le détail, le président américain veut "imposer 10 % de droits de douane supplémentaires [aux] pays européens […] qui ont dépêché une mission militaire au Groenland", les accusant de jouer à un "jeu très dangereux" [TF1]. D'après Donald Trump, "cette surtaxe, de 10 %, sera effective à partir du 1er février et pourrait s’envoler à 25 % au 1er juin", relate 20 minutes.

"Cette menace, on verra s'il la met en application", a déclaré la ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard [France 24], considérant que "dans cette escalade des droits de douane, [le président américain avait] beaucoup à y perdre aussi, y compris ses propres agriculteurs, y compris ses propres industriels".

D'autant que d'après Le Figaro, "la mise à exécution des menaces commerciales du président américain n’a rien d’évident […] : taxer tous les pays de l’Union d’un coup est simple ; ne frapper que quelques États précis au sein de cette union commerciale l’est beaucoup moins. Le journal observe que "la différenciation des droits de douane pour les produits qui proviennent de huit pays seulement constituerait un travail de capucin auquel l’US Customs and Border Protection (les douanes américaines) ne s’est encore jamais essayé".

Activation de l'instrument anti-coercition ?

"Les dirigeants européens coordonnent leur riposte", note Euronews. Emmanuel Macron a réagi sur X : "aucune intimidation ni menace ne saurait nous influencer, ni en Ukraine, ni au Groenland, ni ailleurs dans le monde lorsque nous sommes confrontés à de telles situations […] Les Européens y répondront de façon unie et coordonnée si elles étaient confirmées"; [TF1].

Selon son entourage, le président français aurait évoqué avec ses homologues européens dimanche l'"activation de l'instrument anti-coercition" de l'UE, un "outil récent encore jamais utilisé" et qui "vise à punir tout pays utilisant des sanctions économiques pour faire pression sur un de ses membres" [France info]. Selon le texte du règlement, "la coercition économique existe lorsqu’un pays tiers 'applique ou menace d’appliquer une mesure affectant le commerce ou les investissements' dans le but d’interférer 'dans les choix souverains légitimes de l’UE ou d’un État membre', souligne Sud Ouest.

Différents types de représailles sont envisageables grâce à cet outil : "gel d'accès aux marchés publics, blocage d'autorisations de mise sur le marché de certains produits, blocage d'investissements… Il s'agit d'un dernier recours, après épuisement des voies de médiation, car l'Union européenne privilégie toujours le dialogue direct avec l’État accusé de chantage économique", observe France info.

"Pour être activée, cette arme requiert toutefois la majorité qualifiée des pays de l’UE", rappelle Le Huffington Post. "La question va donc être la position des grands États. Attendons celle de l'Allemagne, l'Italie et la Pologne", explique sur France info Guillaume Lagane, spécialiste des questions de défense et de relations internationales. Le sujet sera abordé par le président français lors du Conseil de défense et de sécurité qui débute aujourd'hui à 12h [France 24] tandis que "des discussions auront lieu à Davos cette semaine", indiquent Les Échos.

Quid de l'accord commercial UE - États-Unis conclu à l'été 2025 ?

"Cette possible escalade pourrait provoquer la remise en question, souhaitée par Paris, de l’accord commercial conclu entre l’UE et les États-Unis à l’été 2025", observe Le Monde. L'accord "avait triplé les droits de douane sur les produits européens, les portant à 15 %, tout en supprimant les taxes sur les biens industriels américains", relate Euronews.

La Commission avait été accusée "d'avoir permis que cette séquence se transforme en 'humiliation' pour l’Europe", poursuit le média. "L’Union jugeait que c’était là le prix à payer pour garder Washington à bord dans le dossier ukrainien et s’assurer 'stabilité et prévisibilité' dans les relations commerciales avec les États-Unis" [Le Monde].

Le quotidien précise que "pour le Parlement européen, qui doit encore approuver la suppression des droits de douane européens sur les biens américains, cela change la donne".

"Étant donné les menaces de Donald Trump concernant le Groenland, une approbation n’est pas possible à ce stade", a ainsi affirmé, sur X, Manfred Weber, le président du Parti populaire européen (PPE), la première force politique au sein des institutions européennes. "Je ne peux imaginer que nous continuions à travailler comme si de rien n'était, et je suppose que nous devrons suspendre nos travaux" a déclaré pour sa part samedi aux Échos, l'eurodéputé Bernd Lange, le président de la commission du Commerce du Parlement européen.

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