Le Conseil des ministres a entamé vendredi sa réunion prévue à 15 h à Baabda, au cours de laquelle il doit notamment décider s'il prolonge la durée du mandat de la société Solidere. Il devra surtout trancher s'il souhaite maintenir le régime dérogatoire, contesté, dont bénéficie la société, devenue entre-temps l'un des acteurs les plus puissants du secteur immobilier, ou reprendre davantage la main sur le développement du centre-ville.
Une source gouvernementale a indiqué à L'Orient-Le Jour qu'au sujet de la demande de Solidere d'étendre son mandat de quarante ans, le gouvernement s'oriente vers une décision consistant à lui adresser une lettre conditionnant ce renouvellement à plusieurs réformes. Il serait notamment demandé à Solidere de s'acquitter des sommes dues à l'État et de s'engager à accélérer le développement urbain du centre-ville de Beyrouth.
La Société libanaise pour le développement et la reconstruction du centre-ville de Beyrouth (Solidere), créée par décret en 1994 pour une durée de vingt-cinq ans en vertu de la loi n° 117 de 1991, puis prolongée de dix ans par décret en décembre 2005, verra son mandat expirer en mai 2029.
La demande de Solidere d'une prolongation jusqu'en 2069, inscrite une première fois à l'ordre du jour du gouvernement le 25 juin dernier, avait alors été confiée à un comité groupant les ministres de l'Économie, des Travaux publics, des Finances et de la Culture. À défaut de prolongation, Solidere devra, à cette échéance, liquider son portefeuille et céder les terrains restant en sa possession.
Parmi les autres dossiers, le Conseil des ministres examinera une demande du ministre des Finances, Yassine Jaber, qui présente un projet visant à modifier le décret n° 7296 du 2 janvier 2002, précisant les modalités d'application de la loi sur la TVA concernant les obligations des contribuables en matière de déclarations fiscales, de facturation et de paiement de la taxe.
Le gouvernement devra également statuer sur une demande du ministre de l'Énergie et de l'Eau, Joe Saddi, visant à obtenir une autorisation exceptionnelle permettant le déchargement des cargaisons de tous les navires transportant du carburant destiné aux centrales d'Électricité du Liban (EDL), prévues entre août et octobre 2026, sur la base des résultats des analyses de laboratoire effectuées dans les ports de chargement. Cette procédure déroge à celle habituellement appliquée, le fioul étant généralement analysé à son arrivée par le bureau Veritas à Dubaï.