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Ma première expérience journalistique remonte à 1979. Je cosignais alors pour L’Orient-Le Jour une grande enquête sur la jeunesse libanaise intitulée « Génération kalachnikov ». J’avais l’âge des jeunes que nous interrogions, et la guerre était déjà profondément installée dans le pays. J’ai alors été piquée par le virus du journalisme.

Pourtant, je ne reviendrai travailler à L’Orient-Le Jour que dix ans plus tard, sous la présidence de Michel Eddé, sans imaginer que cette maison allait devenir la mienne et que son président allait m’accorder toute sa confiance. J’y ai eu le privilège d’assurer la direction pendant vingt ans, puis ces dernières années la présidence.

Après trente-huit ans d’engagement au sein de la grande famille de L’Orient-Le Jour, il est temps pour moi de passer le relais.

Ces années furent tissées de rencontres, d’amitiés et de défis relevés ensemble. Elles ont commencé avec les suppléments jeunesse Les Copains puis Junior, avant de se poursuivre aux côtés des équipes des « grands », dans cette aventure quotidienne qu’est la fabrication d’un journal.

Le chemin fut jalonné d’étapes décisives : l’intégration de la revue économique Le Commerce du Levant dans le groupe en a fait le principal pôle de la presse francophone libanaise ; la transformation numérique, grâce à laquelle nous avons resserré les liens avec notre diaspora et avec tous ceux qui souhaitent demeurer proches de ce Moyen-Orient si complexe ; le lancement de notre édition en langue anglaise, L’Orient Today, première ouverture au-delà de la francophonie ; l’intégration de l’intelligence artificielle ; et, bien sûr, la célébration de notre centenaire, moment à la fois de mémoire, de plongée dans les archives et de transmission pour préparer l’avenir.

À travers toutes ces étapes, une même exigence nous a guidés : informer avec rigueur, responsabilité et indépendance – cette indépendance devenue, hélas, de plus en plus rare dans notre métier.

Je voudrais aujourd’hui remercier chaleureusement les personnes avec qui j’ai partagé cette belle aventure : journalistes, collaborateurs, partenaires et actionnaires. Chacun, à sa manière, a contribué à ce travail collectif, parfois ardu, mais toujours profondément humain.

Aux côtés des équipes qui ont porté le journal durant des décennies, une nouvelle génération s’affirme aujourd’hui : je la regarde avec émotion, avec fierté surtout, et avec confiance. C’est elle qui apporte le souffle du renouveau, une énergie créatrice, une capacité à se réinventer sans cesse, comme en témoignent des initiatives récentes telles que Voix du Moyen-Orient en arabe ou les podcasts L’Orient-La Nuit. Rien ne pourra arrêter cette dynamique. Les supports changeront, les méthodes évolueront, mais demeureront ce foisonnement d’idées, cette richesse intellectuelle et cette liberté d’esprit qui font la force d’un journal vivant.

Je quitte mes fonctions avec le bruit des drones. Les guerres nous poursuivent comme quand j’étais entrée dans le métier il y a près d’un demi-siècle. Triste boucle de l’histoire, mais aussi rappel de la mission essentielle du journalisme dans les moments où l’on cherche à comprendre, où l’on retient son souffle.

Je ne serai jamais bien loin puisque je reste membre du conseil d’administration. D’ailleurs, on ne quitte pas une famille. On continue à l’accompagner depuis une place plus discrète.

Plus que jamais, L’Orient-Le Jour et ses équipes jouent un rôle essentiel dans la réflexion et la conscience d’un Liban – et d’une région – qui avance chaque jour sur le fil du rasoir, dans l’inquiétude souvent, mais sans jamais renoncer à croire au lendemain.

À compter d’aujourd’hui, Maroun Michel Eddé, choisi par les actionnaires, assumera la présidence du groupe. Maroun connaît bien le journal, dont il a suivi les évolutions et soutenu les défis en tant que membre du conseil d’administration. Son attachement à l’institution et sa connaissance des enjeux constituent des atouts précieux pour accompagner L’Orient-Le Jour et son équipe dirigeante talentueuse vers de nouvelles réalisations.

Je remercie enfin ceux et celles qui nous lisent, nous regardent, nous écoutent, pour leur fidélité et leur soutien. Ils ont été et resteront la raison d’être et la force de notre média.

Bonne route et longue vie à L’Orient-Le Jour.

Nayla DE FREIGE

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Chers lecteurs,

À travers les raz-de-marée géopolitiques qui ont ravagé notre région, et ceux industriels qui ont bouleversé la presse mondiale, L’Orient-Le Jour est resté une de ces rares étoiles éclairant la longue nuit que traverse notre pays. Nous le devons à des générations de journalistes libres et de dirigeants de la trempe de Nayla de Freige.

Au cœur des pires années qui ont conduit à la déliquescence de notre État, Michel Eddé a défendu de toutes ses forces les principes fondateurs du journal. Nayla de Freige l’a porté et développé jusqu’à nos jours. Michel Hélou lui a donné un formidable coup d’avenir que Fouad Khoury-Hélou a ensuite consolidé. Nayla aura été le ciment et le trait d’union de ces rudes décennies.

Aujourd’hui, l’exceptionnelle équipe du journal, sous la houlette de la nouvelle directrice, Rima Abdul Malak, s’inscrit pleinement dans cette riche histoire et en porte fièrement les valeurs. Ensemble, ils projettent déjà L’OLJ vers de nouveaux sommets avec une intelligence et un dynamisme étonnants.

Le conseil d’administration de L’Orient-Le Jour au nom duquel j’écris ces lignes leur apportera un soutien fiable, durable et discret et restera particulièrement attaché à préserver la liberté éditoriale de la rédaction. Plus que jamais, le Liban et toute la région ont besoin de ce journalisme ouvert, rigoureux et férocement indépendant.

Merci de tout cœur, Nayla, au nom de ta famille professionnelle. L’histoire continue, avec toi.

Maroun EDDÉ

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Le ministre libanais de l'Agriculture Nizar Hani et le ministre saoudien de l’Environnement, de l’Eau et de l’Agriculture, Abdelrahmane ben Abdelmohsen al-Fadli ont convenu au cours d'un entretien téléphonique d'étudier les moyens de renforcer la coopération entre le Liban et l'Arabie saoudite dans le domaine agricole.

Une réunion en visioconférence a été programmée entre les responsables concernés des deux ministères, « afin d’examiner les domaines de coopération, définir les priorités stratégiques et établir un cadre de travail pour les phases actuelle et future ». La tenue prochaine d’une réunion de la commission agricole mixte libano-saoudienne est également prévue, « afin d’aborder les aspects techniques et procéduraux liés aux échanges agricoles, de poursuivre la coordination sur les exigences phytosanitaires et de mettre en place des mécanismes opérationnels visant à renforcer la coopération bilatérale ». Le ministre saoudien a affirmé que la qualité des produits agricoles importés en Arabie saoudite est une priorité. Aucun calendrier n'a été communiqué.

L’Arabie saoudite et le Liban ont entamé une nouvelle phase dans leurs relations diplomatiques avec la décision prise par Riyad le 10 juin de lever l’embargo sur les exportations libanaises, mettant fin à une interdiction en vigueur depuis cinq ans, sur fond de tensions régionales avec l’Iran et le Hezbollah, ainsi que de trafic de captagon produit au Liban et acheminé vers Riyad via la Syrie de Bachar el-Assad.

Le dossier a été au centre d’une réunion à Baabda mardi entre le président Joseph Aoun et le ministre de l’Intérieur et des Municipalités Ahmad Hajjar. Le chef de l’État a ainsi déclaré que les arrestations, saisies et démantèlements de réseaux de trafic de drogue pilotés par le ministère de l’Intérieur depuis 2025 avaient contribué à rassurer le royaume saoudien.

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Le Premier ministre britannique Keir Starmer, le 22 juin 2026. Photo HENRY NICHOLLS / AFP Britain's Prime Minister Keir Starmer makes a statement on his future outside 10 Downing Street on the morning of June 22, 2026, in London. British Prime Minister Keir Starmer announced his resignation on Monday after fewer than two years in office in a term characterised by policy U-turns and deep public unpopularity.

Donald Trump a jugé lundi que le Premier ministre britannique Keir Starmer, qui vient d'annoncer sa démission, était « d'une certaine manière un ami », en attribuant sa chute à ses choix en matière d'immigration et d'énergie. « C'est un homme très sympathique, je veux dire, c'est d'une certaine manière un ami », a lancé le président américain pendant un échange avec des journalistes à la Maison Blanche, tout en s'en prenant au dirigeant travailliste. « Il n'a pas été bien avec nous sur l'OTAN », a jugé Donald Trump, qui garde rancune à Keir Starmer de ne pas avoir soutenu l'opération militaire américaine contre l'Iran. « Il a deux problèmes: l'énergie et l'immigration et la criminalité. Il s'est tiré une balle dans le pied », a jugé Donald Trump.

Le président américain a plusieurs fois critiqué le développement de l'énergie éolienne au Royaume-Uni, et jugé que Londres devrait s'inspirer de sa ligne anti-immigration. Fragilisé depuis des mois, le Premier ministre britannique a informé le roi Charles III de sa décision lundi matin, peu avant de l'annoncer dans un bref discours devant le 10 Downing Street. Son poste semble promis à son grand rival au sein de la formation de centre-gauche, Andy Burnham, lequel pourrait devenir Premier ministre dans la seconde quinzaine de juillet.

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Donald Trump a jugé lundi que le Premier ministre britannique Keir Starmer, qui vient d'annoncer sa démission, était « d'une certaine manière un ami », en attribuant sa chute à ses choix en matière d'immigration et d'énergie. « C'est un homme très sympathique, je veux dire, c'est d'une certaine manière un ami », a lancé le président américain pendant un échange avec des journalistes à la Maison Blanche, tout en s'en prenant au dirigeant travailliste. « Il n'a pas été bien avec nous sur l'OTAN », a jugé Donald Trump, qui garde rancune à Keir Starmer de ne pas avoir soutenu l'opération militaire américaine contre l'Iran. « Il a deux problèmes: l'énergie et l'immigration et la criminalité. Il s'est tiré une balle dans le pied », a jugé Donald...

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Après des records de température lundi et des décès liés à la chaleur, la canicule exceptionnelle qui frappe la France s'étend encore mardi dans le nord-ouest, avec plus de la moitié du pays en vigilance rouge, un niveau jamais atteint. Cinq départements supplémentaires – Calvados, Eure, Manche, Seine-Maritime et Somme – basculent à la mi-journée dans le niveau d'alerte le plus élevé défini par Météo-France. Avec un total de 54 départements en vigilance rouge canicule et 35 autres en orange, plus de 90% de la population française est exposée à des chaleurs extrêmes et exceptionnelles.

Les vigilances canicule seront maintenues au moins jusqu'à mercredi pour l'ensemble des départements concernés, a indiqué l'organisme dans son bulletin de 06H00 mardi, qui prévient d'une possible extension de la vigilance rouge dès mercredi pour certains départements actuellement en orange. Plusieurs grandes villes ont battu lundi des records absolus de température : il a ainsi fait 40,9°C à Angers (Maine-et-Loire), 42°C à Saintes (Charente-Maritime) ou encore 41,9°C à Bordeaux (Gironde). La valeur la plus haute de la journée a été relevée à Châteaumeillant (Cher) avec 43,3°C. « La température moyenne sur l'ensemble du pays devrait dépasser le record absolu de 29,4°C et pourrait atteindre 30°C en milieu de semaine », prévient Météo-France.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit présider dans la matinée une nouvelle cellule interministérielle de crise, au septième jour de la vague de chaleur.

« Durée encore incertaine »

A Rennes (Ille-et-Vilaine), où un record absolu de 40,6°C a été enregistré lundi, la population s'adapte tant bien que mal. Attablées sur un trottoir, devant une boulangerie, deux femmes prennent leur petit-déjeuner à l'ombre. « C'est vraiment impossible de manger à la maison », se lamente Chanel Magnani, 37 ans, cuisinière dans un Ehpad. « On a baissé tous les volets électriques, on a acheté des ventilos, mais malgré ça il fait hyper chaud ».

Un pic à 41°C est attendu mardi dans la capitale bretonne. « La population n'est pas habituée », explique à l'AFP le Pr Louis Soulat, chef des urgences de Rennes et membre du conseil d'administration du syndicat Samu-Urgences de France (SUDF). Toutefois, les personnes âgées sont moins isolées qu'en période de vacances d'été, car « les voisins et l'entourage sont présents et nous permettent d'avoir des alertes précoces », poursuit-il.

Cette canicule, après une première en mai, est d'une intensité « exceptionnelle, similaire à celle d'août 2003 » qui avait fait près de 15.000 morts en France, « mais de durée encore incertaine », selon Météo-France. Les populations vulnérables sont particulièrement exposées à ces fortes chaleurs. À Carpentras (Vaucluse), deux enfants de 2 et 4 ans ont été retrouvés morts lundi dans la voiture familiale. La veille, trois personnes âgées sont décédées à leur domicile en Gironde en raison des fortes chaleurs. Au moins 13 personnes se sont par ailleurs noyées au cours du week-end en France.

« Les urgences tiennent »

Si la canicule provoque un bond de « 30% à 40% » du nombre d'appels aux Samu-SAS, qui associe urgentistes et médecine de ville, « les urgences tiennent », selon des représentants d'urgentistes. Ils s'inquiètent néanmoins de la durée de cette canicule: « au début l'organisme encaisse », mais probablement que d'ici mercredi, « il y aura plus de décompensations psychiatriques, de problèmes de diabète, d'insuffisance cardiaque, d'insuffisants rénaux... », alerte Louis Soulat.

L'épisode perturbe aussi fortement la vie scolaire puisque 1.352 écoles et collèges étaient fermés lundi (sur 60.000). Le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a assuré que « l'immense majorité » des élèves passeront à l'horaire prévu leur oral du baccalauréat qui se poursuit mardi, en dépit de reports dans plusieurs académies.

À l'image de la France, une grande partie de l'Europe étouffe sous cette nouvelle vague de chaleur. Il s'agit de la deuxième en moins d'un mois à frapper l'ouest du continent. Selon le consensus scientifique, le changement climatique induit par l'activité humaine rend plus intenses les phénomènes météorologiques extrêmes, notamment les vagues de chaleur. Les prévisions officielles tablent sur un réchauffement moyen de 2,7°C en France d'ici à 2050.

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