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Au Poste – Flux des émissions
 
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04.09.2026 à 09:00

Cabaret Voltaire : le chaos qui a sauvé nos âmes

Au Poste

Sans le Cabaret Voltaire, petit estaminet zurichois, nous ne serions pas là. Vraiment. Hugo Ball, Tristan Tzara, leurs ami·es : ils ont tout saccagé. Et sauvé nos âmes. Une merveilleuse BD leur rend un merveilleux hommage.
Texte intégral (508 mots)

Zurich, 1916. Cent et quelques jours pendant lesquels une troupe d'artistes ouvre un cabaret et fait sauter TOUS les codes du vieux monde pendant que l'Europe s'entre-tue. Dada irrigue ensuite tout : surréalistes, situationnistes, punks. Le duo Bocquet au scénario, et Kent, au dessin et à la couleur, ont su capter l'ambiance comme personne. Leur merveilleuse BD Cabaret Voltaire rend merveilleusement hommage à cette avant-garde sans nulle autre pareille. Dada vaincra! C'était ce matin Au Poste!

La rencontre avec José-Louis Bocquet et Kent

Un scénariste qui creuse depuis trente ans, un dessinateur qui fut punk à vingt ans: leur Cabaret Voltaire raconte comment, en 1916, une bande d'exilés a inventé une contre-culture totale.

Kent décrit un lieu improbable dans un quartier mal famé de Zurich, où des artistes fuyant le front décident «de monter un joyeux bordel créatif». La formule qui a lancé le livre tient en trois mots: «Un club punk». Bocquet précise: «C'était une scène libre» où l'on pouvait déclamer Dostoïevski ou faire du bruit avec sa bouche, «et ça c'est leur manière de dire fuck la société». Le mobile est politique: «les élites culturelles ont failli à leur mission qui est de maintenir la paix et l'amour entre les peuples».

Le dessinateur, lui, a fui Tardi («qui peut mieux que lui dessoner 14-18?») et cherché l'expressionnisme: dans le cabaret, la page se déstructure, «ça pète dans tous les sens»; dehors, c'est la bichromie du quotidien. Kent a découvert tardivement sa propre filiation --- à 20 ans, avec Starshooter, il avait décidé d'oublier Dada: «je fais table rase de mon passé lycéen». D'où son agacement devant la récupération: «tout le monde est punk maintenant». Sur les huées reçues par les dadaïstes, il tranche: «C'était le meilleur cadeau qu'on pouvait leur faire, c'est de les huer.»

Bocquet, biographe de femmes oubliées, refuse le récit officiel des cinq pères fondateurs du mouvement Dada et rappelle qui payait l'électricité et attirait le public: «sans Emmy Hennings qui serait venu au cabaret Voltaire?» Sa méthode: «Tout est vrai, c'est mon principe», les dialogues sont composés de phrases réellement prononcées ou écrites. «C'est la mise en scène de la réalité.»

Reste la blessure française. «Dada est effacé de l'histoire de l'art en France», constate le scénariste, phagocyté puis absorbé par un Breton qui méprise le «petit métèque» roumain Tzara. Alors il se lâche: «soyons surréalistes, chions sur la gueule de Breton», «cette bande de Breton qui veut être une sorte de tsar de la culture».

Et puis, un moment de grâce. Kent se revoyant, en 1977, tout cassant, dans le Get Baque de Starshooter.

02.09.2026 à 09:00

Bam ! Bam ! Nouvelle saison !

Au Poste

Saison 12, nouveau studio noir et orange, nouvelle maquette, nouvelles émissions, cap sur 2027. Ce matin, on a déballé notre rentrée. Avec trois nouveaux rendez-vous : « Au nom de la loi », « 6 Mois ferme », où Julien Le Guet (Bassines non merci), sous bracelet électronique, va transformer sa peine en émission hebdomadaire. Et « Faire Mieux ? » avec le philosophe Michel Feher.
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Avec Michel Feher (Diagrammes), on lance «Faire mieux?», quatre soirées publiques au Point Éphémère pour préparer la présidentielle: internationalisme, union des droites, guerre culturelle, climat. Face à l'extrême droite, l'émission propose de «mener notre propre guerre culturelle». A chaque soirée, trois plateaux: un club de la presse, un débat avec des chercheurs et un concert.

Euryale, notre modératrice de toujours, prend les clés de la chaîne avec «Au nom de la loi», suivi en direct de l'Assemblée et du Sénat: «garder un œil sur eux et leur mettre la pression où il faut quand on peut».

Nayan poursuit «Silence Platô», son rendez-vous ciné mensuel. La première de la saison sera consacrée à l'archivage des films de cinéma. Nayan qui, avec Théophile, a repeint de noir et orange le studio: de toute beauté !

Hélène Assekour (Écoloscope) sort de l'été caniculaire avec «beaucoup de colère». La catastrophe ne mobilise pas mécaniquement: «ça reste un travail politique». Les débats télé de la présidentielle? «Ma vision de l'enfer». Elle promet «des idées un peu plus audacieuses que ce que l'on entend partout; on ne réfléchit jamais très bien tout seul».

Dès octobre, Julien Le Guet, un des porte-parole de Bassines Non Merci, condamné à six mois de bracelet électronique, va retourner sa peine en émission hebdomadaire depuis son grenier: «6 mois ferme». «Je me considère aujourd'hui comme un prisonnier politique.» Journal des luttes, camarades sur le canapé, flûte à bec: «c'est la stratégie du contre-pied». Il dénonce «toutes ces procédures bâillons pour faire taire des militantes» et fera de sa cheville libre «un espace d'expressions». Le bracelet ira à droite, «parce que je considère que c'est la droite qui me fait vivre tout ça».

Nora Bouazzouni passe à une émission par mois, en alternant «Bouffe de là» et «Qui va faire la vaisselle», et écrit un livre sur l'alimentation, «un thème qui va fâcher les fachos». Au menu de ses prochains lives: maternité sous capitalisme, marges de la grande distribution («8% seulement du prix qui va dans la poche des agriculteurs»), body fascism, Ozempic, et savoir jardiner punk.

Mathilde Larrère («Faisons table basse du passé») revient le 17 septembre avec Delphine Diaz sur les luttes des immigrés, puis Odyssée de Nolan et les avortements Karman. Et son t-shirt «liberté, égalité, fraternité ou la mort», elle le décode: «je serai libre ou je serais mort».

Ça nous va bien.
Bonne rentrée à toutes et tous!

21.07.2026 à 21:30

Loi RIPOST et pétition (enterrée ?) contre le permis de tuer. Au Poste veille !

Au Poste

Terminons cette journée à l’Assemblée nationale par le projet de loi « visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens » et le classement ou examen de la pétition contre la loi RIPOST (permis de tuer).
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