flux Ecologie

Engagés pour la nature et l'alimentation.

▸ les 10 dernières parutions

20.01.2025 à 10:24
Fabrice Savel
Texte intégral (918 mots)

 « Nous en avons assez »: Sylvie Gustave-dit-Duflo, présidente du conseil d’administration de l’Office français de la biodiversité (OFB), se dit « en colère » face aux attaques visant l’établissement public. Dans un entretien à l’AFP, la responsable politique, également vice-présidente de la Région Guadeloupe, demande au gouvernement de « soutenir » l’OFB et ses agents.

François Bayrou évoquant la « faute » des agents de l’OFB, Laurent Wauquiez réclamant sa suppression… Comment réagissez-vous aux débats de ces derniers jours?

Sylvie Gustave-dit-Duflo : Nous en avons assez de ce qui se passe depuis plus d’un an et demi à l’encontre de l’OFB et des agents.

Lorsque les agents de l’OFB vont au contact des agriculteurs, c’est pour exercer des missions de contrôle et assurer la qualité des sols, de l’air, de l’eau… Et on sait bien aujourd’hui que préserver la planète c’est préserver notre santé, nos modes de vie. Et aujourd’hui l’établissement et les agents sont pris à partie parce qu’ils exercent ces missions.

Seuls 7,5% des contrôles annuels exercés par l’OFB ont un rapport avec le monde agricole. La probabilité pour qu’une exploitation agricole soit contrôlée par les 1.700 inspecteurs de l’environnement, c’est (une fois tous les) 120 ans.

Lorsque le Premier ministre prend directement à partie l’OFB sans avoir pris la peine de s’intéresser à nos missions, à ses enjeux, c’est inconcevable, c’est une faute.(…)

Aujourd’hui je demande à ce gouvernement de nous soutenir, de nous appuyer et de reconnaître les missions que nous exerçons.

Que ressentez-vous?

Je suis une présidente qui est très en colère puisqu’en 2023 nos agents ont subi l’incendie du siège de Brest; depuis 2024 et la crise agricole c’est plus de 55 agressions vis-à-vis de l’établissement et des agents; on a même eu un agent qui voit sa vie mise en danger parce qu’on lui a déboulonné les pneus de sa voiture.

Et nous avons des réactions timides de nos ministères (de tutelle, Agriculture et Environnement). Où est-ce qu’on a déjà vu une police attaquée de la sorte sans que les autorités compétentes prennent sa défense ?

Un syndicaliste a comparé les demandes de certains agriculteurs à des « dealers » demandant « aux policiers de ne plus venir dans les cités ». Comprenez-vous l’émoi qu’ont pu susciter ces propos ?

Je regrette et je condamne la récente déclaration de ce responsable syndical. Non les agriculteurs ne sont pas des dealers.

Mais la déclaration isolée d’un syndicaliste ne doit pas non plus remettre en cause ses collègues, 1.700 autres inspecteurs de l’environnement et 3.000 collègues pour l’ensemble de l’OFB.

On doit chercher des voies d’apaisement et de non-instrumentalisation. Nous avons des propositions sur la table pour faire avancer le contrôle auprès des agriculteurs. Et ces propositions, notamment la caméra piéton, c’est un travail qui doit être discuté avec nos ministères de tutelle.

Les petites phrases, les tweets trop rapides, ont des conséquences et participent à l’hystérisation du débat. J’aimerais que nos deux ministres défendent davantage encore l’établissement et aillent à la rencontre de nos agents pour mieux les connaître…

Le Premier ministre a critiqué les contrôles « une arme à la ceinture » dans les fermes. Y a-t-il une autre façon de faire?

Qu’un gendarme ou un policier soit armé, c’est intégré dans la conscience collective. Mais la police de l’environnement est une jeune police.

Nos inspecteurs sont habilités à ce port d’arme et lorsqu’ils exercent des contrôles, ils le font dans le cadre des missions : soit une procédure administrative diligentée par le préfet, soit dans le cadre d’une procédure judiciaire diligentée par le procureur. On ne sait jamais à qui l’on a affaire dès lors qu’on est dans une mission de contrôle.

Nous avons commencé à travailler avec nos deux ministères de tutelle pour un port d’arme discret. Néanmoins on ne peut pas désarmer la police de l’environnement. Tous les troisièmes jeudis de septembre, je m’incline devant la stèle des agents qui sont tombés dans l’exercice de leur fonction.

La police de l’environnement c’est encore une fois 7,5% de contrôles agricoles. Pour tout le reste – du braconnage, la lutte contre le trafic illégal d’animaux – nous avons affaire à des gens qui peuvent être dangereux.


Image by GIOVANNI_MARCELLO from Pixabay

26.12.2024 à 15:53
Fabrice Savel
Lire plus (493 mots)

Commander le nouveau numéro de La Terre

ACTUALITÉS

• UE/MERCOSUR : un traité contre le travail et pour la liberté de circulation du capital

• L’agriculture française sous le signe de chocs inédits, par Marine Raffray

• André Lajoinie, un homme d’État, directeur de La Terre

NOS CAMPAGNES EN MOUVEMENT

• Détournement de colère, la chronique d’Olivier Morin

• « Péquenaude », ou la poésie de la ruralité combattante

• La Nièvre en lutte contre les déserts médicaux

• Dordogne. Renversantes poubelles

DE LA TERRE AU MONDE

• Splendeur et misère du cacao, par Lydia Samarbakhsh

GRAND ENTRETIEN

• Clément Sénéchal. L’homme qui fait de l’écologie un combat de classe

ENQUÊTE REPORTAGE

• En Gironde, 400 personnes expérimentent une Sécurité Sociale de l’Alimentation

• En pays foyen : agir dans son territoire pour son alimentation

• Sur le front de la faim et du droit à l’alimentation

DOCUMENT

La France face au changement climatique : toutes les régions impactées, avec le Réseau Action Climat.

DOSSIER

• Nourrir l’humanité ou sauver le climat : faut-il choisir ? par Marc Dufumier

• Lutte contre la déforestation importée. L’espoir d’une reconquête de l’autonomie protéique de nos élevages,

par Léa Lugassy

• Critique raisonnée du concept de limites planétaires, par François Gemenne

• Reconnecter la société aux sciences des sols, par Thiphaine Chevallier, Thomas Eglin,

Anne C. Richer-de-Forges, Sophie Raous, Dominique Arrouays, Michel Bossard et Antoine Pierart

• Quelle compensation carbone pour réduire les émissions agricoles de gaz à effet de serre ?

par Philippe Delacote et Camille Aït-Youcef

• Les légumineuses au service de systèmes agroalimentaires plus durables, par Nicolas Guilpart,

David Makowski, Marie-Hélène Jeuffroy, Olivier Réchauchère, Rémy Ballot et Élise Petzer

Avec Inrae et The Conversation

EN PLEINE SAISON

• Recettes. Du goût et de l’énergie pour l’hiver

• Bricolage. Se protéger des infiltrations d’eau

• Jardinage. Végétaliser et fleurir le pied des arbres

• « Éloge des indisciplinées. Il n’y a pas de mauvaises plantes », par Alain Canet et Florence Gendre. Avec les éditions de Terran.

Commander le nouveau numéro de La Terre

10 / 10

  Bon Pote
Actu-Environnement
Amis de la Terre
Aspas
Biodiversité-sous-nos-pieds

 Bloom
Canopée
Décroissance (la)
Deep Green Resistance
Déroute des routes
Faîte et Racines
 Fracas
F.N.E (AURA)
Greenpeace Fr
JNE

 La Relève et la Peste
La Terre
Le Lierre
Le Sauvage
Low-Tech Mag.
Motus & Langue pendue
Mountain Wilderness
Negawatt
Observatoire de l'Anthropocène

 Reporterre
Présages
Reclaim Finance
Réseau Action Climat
Résilience Montagne
SOS Forêt France
Stop Croisières

  Terrestres

  350.org
Vert.eco
Vous n'êtes pas seuls

 Bérénice Gagne