flux Ecologie

Le collectif STOP Croisières mobilise autour de la lutte contre l’industrie de plaisance des navires de croisières. Ses conséquences sur la qualité de la mer et de l’air entraînent de graves problèmes sanitaires pour les habitants qui vivent à proximité du trafic maritime, des zones de débarquement et en ville. Nous luttons pour permettre à la population locale de vivre sereinement sans atteinte à sa santé et à préserver le milieu marin.

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26.05.2024 à 00:13
Collectif Stop Croisières
Texte intégral (1876 mots)

La croisière s’amuse, nous coulons.

Le collectif ECAN (European Cruise Activist Network) et Extinction Rebellion lancent ce printemps une Cruise Pursuit au départ de Marseille contre l’Azamara Quest, qui propose une croisière de luxe de 35 jours en Europe. Ces actions ont pour objectif de dénoncer l’industrie des croisières, le sur-tourisme et les émissions de gaz à effet de serre des plus riches, au détriment des enjeux environnementaux.

Crédit – Gaëlle Matata

Ainsi, les activistes se lancent à la poursuite de ce bateau, c’est Marseille qui ouvre le bal !

Tôt vendredi 24 mai, le navire a été « accueilli » par le collectif Stop Croisières à grand renfort de cornes de brumes. Les croisiéristes sont descendus de leurs cabines et ont pu voir les messages portés par les embarcations des militant.e.s.

Les croisières de luxe, symbole d’une minorité fortunée déconnectée

C’est dans un luxe débridé et une irresponsabilité totale que l’Azamara Quest navigue sur toutes les mers. Ce bateau visite jusqu’aux pôles Nord et Sud, invitant ses voyageurs à observer la fonte des glaces et la disparition de la banquise à laquelle il contribue…

Crédit – Gaëlle Matata

Pour la croisière autour de l’Europe, il réalisera un voyage d’environ 4000 miles marins, et émettra 1940 tonnes de CO21 uniquement pour la consommation de carburant. Cela représente 3 tonnes de CO2 par croisiériste pour un seul voyage, tandis qu’il ne faudrait pas dépasser les 2 tonnes par personne et par an pour respecter les Accords de Paris d’ici 2050. Et cela sans compter les biens consommés à bord et le fait que la majorité de croisiéristes font l’aller-retour en avion.

Déconnectés des enjeux écologiques et de la réalité du dérèglement climatique, les 10% les plus riches sont responsables d’un quart des émissions de la France. Quant aux 1% des plus riches dans le monde (77 millions de personnes), ils représentent 16% des émissions mondiales liées à la consommation en 20192. Les plus riches sont ceux qui polluent le plus et qui subissent le moins durement les conséquences du changement climatique.

Un greenwashing insupportable

Outre son impact climatique, ce bateau pollue la mer et l’air, en échappant aux législations sociales et environnementales.

Comme de nombreux autres navires, la compagnie exploitant l’Azamara Quest a choisi de l’équiper de scrubber : afin de se conformer aux réglementations actuelles sur la pollution de l’air tout en continuant d’utiliser du fioul marin peu raffiné et à bas coût, il utilise ces « laveurs de fumées » qui permettent de transférer la pollution de l’air directement dans la mer en rejetant des eaux très acides et chargées en métaux lourd et hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Bien loin du faste et du verdissement affichés pour attirer la clientèle, cette pollution invisible constitue une grave atteinte à la biodiversité marine3.

Crédit – Gaëlle Matata

Par ailleurs, le scrubber ne limite que la concentration en dioxydes de souffre et pas les particules fines et les autres polluants qui se trouvent dans la partie respirable de l’air : avec ou sans scrubber, les concentrations de particules inhalables sont pratiquement identiques4.

De plus, bien que la compagnie qui exploite le navire soit américaine, celui-ci est immatriculé à Malte, l’un des quatre principaux pavillons de complaisance permettant aux armateurs d’échapper aux législations sur le travail, à l’impôt, aux contrôles environnementaux.

Nos revendications

Crédit – Gaëlle Matata

Aussi, Stop Croisières Marseille, le collectif ECAN et Extinction Rebellion dénoncent ce tourisme mortifère et demandent :

  • La réduction radicale de l’activité des navires de croisière en Europe, pour ensuite conduire à leur disparition.
  • L’arrêt immédiat des expansions portuaires et la diminution des infrastructures portuaires destinées au secteur des croisières.
  • Une communication honnête sur les fausses solutions comme le GNL, les scrubbers ou l’alimentation à quai, puisqu’aucune de ces technologies actuelles et futures n’empêchera un navire de polluer.
  • L’expansion et le maintien d’efforts communs par les gouvernements et les industriels dans toute l’Europe pour faire de ces revendications une réalité et prendre en compte les inégalités Nord-Sud mondiales.

A Marseille

Crédit – Gaëlle Matata

Nous demandons une consultation citoyenne concernant le projet de terminal de croisières de luxe sur l’esplanade du J4. Le projet consiste en un bâtiment de 1000 m2 et d’une hauteur maximale de 11m avec l’objectif d’accueillir 100 escales par an5.

En effet, étant donné les très nombreuses incidences de ces bateaux sur l’environnement, notre cadre de vie, notre santé, nous estimons qu’il est grand temps de commencer à limiter cette activité plutôt que d’encourager sa croissance. En outre, cet aménagement sur un espace public pour les loisirs d’une minorité ultra-fortunée est à questionner.


1 Selon la base de données Thetis MRV, ce bateau émet 486 kg de CO2/miles

2 Oxfam : les 1 % les plus riches émettent autant de CO2 que deux tiers de l’humanité,

https://www.oxfam.org/fr/communiques-presse/les-1-les-plus-riches-emettent-autant-de-co2-que-deux-tiers-de-lhumanite

3 « Assessment of possible impacts of scrubber water discharges on the marine environment ». Consulté le: 2 décembre 2023. [En ligne]. Disponible sur : https://www2.mst.dk/Udgiv/publications/2012/06/978-87-92903-30-3.pdf

4 Ralf Zimmermann, directeur de recherches à l’université de Rostock

5 https://mesinfos.fr/provence-alpes-cote-d-azur/marseille-rccl-et-alfonso-femia-vont-realiser-la-gare-maritime-du-j4-119776.html

12.02.2024 à 02:01
Collectif Stop Croisières
Texte intégral (2778 mots)

European Cruise Activist Network #4 arrive à Marseille

Après la construction du réseau européen anti-croisière à Venise en septembre 2022, après une nouvelle rencontre donnant naissance au manisfeste du réseau à Barcelone en avril 2023, puis à un nouveau rendez-vous vénitien au Camp Climat de sept 2023

Les 9 et 10 mars 2024, 18 collectifs engagés dans la lutte contre les bateaux de croisières se sont réunis à Marseille. Intitulée “Stop Croisières Everywhere”, cette rencontre est la première de cette ampleur en Europe. Elle a permis de rassembler, pendant deux jours, une trentaine de militant.es venu.es d’Allemagne, d’Espagne, de France, de Grèce, d’Italie, du Royaume-Uni et des Pays-Bas.

18 collectifs présents les 9 et 10 mars 2024 à Marseille

Liste des 18 collectifs (8 français et 10 européens) présents les 9 et 10 mars 2024 à Marseille

  • France : Marseille, La Ciotat, Toulon, Le Havre, Douarnenez, Concarneau, Lorient, Menton
  • Espagne : Valencia, Tarragona, Barcelona
  • Italie : Livorno, Trieste, La Spezia
  • Grèce : Piraeus
  • Angleterre :Contested Ports
  • Allemagne : Kiel
  • Pays-Bas : Rotterdam

Convaincus que la lutte contre cette industrie délétère se joue autant à l’échelle locale qu’à l’échelle européenne, les collectifs ont travaillé sur l’élaboration d’un agenda commun de revendications et d’actions. Pour Stop Croisières Marseille, organisateur de l’événement, “l’objectif de cette rencontre était aussi de démontrer qu’un peu partout en Europe, des collectifs de citoyen.es se mobilisent pour dénoncer les ravages de l’industrie de la croisière. Nous constatons toutes et tous les mêmes problèmes, subissons les mêmes nuisances de ces bateaux de croisière gigantesques dans nos villes.”

“Nous avons donc décidé d’unir nos forces pour lutter ensemble contre ces bateaux de croisière, synonymes de catastrophes écologiques et sociales. À ce jour, à Marseille comme ailleurs, aucune politique publique n’est sérieusement envisagée pour en contrer les méfaits et les villes continuent d’accueillir quotidiennement ces navires aux impacts absolument désastreux pour le climat, l’environnement et la santé. Il est urgent que cela change.”

Un manifeste commun

Un Manifeste conjoint aux différents collectifs réunis, a été rendu public à cette occasion, les organisations participantes appelant à “des actions politiques qui tendent à supprimer l’activité des croisières, à promouvoir des alternatives économiques moins polluantes dans les territoires affectés, à une meilleure réglementation environnementale du secteur maritime ainsi qu’à une sensibilisation générale de la population.”

La rencontre à Marseille marque par ailleurs l’élargissement de l’European Cruise Activist Network (ECAN), coalition des mouvements anti-croisières fondée en 2022 à Venise, par No Grandi Navi Venezia (Venise), Stop Croisières (Marseille), Comissió ciutat port València (Valence), Plataforma contra els mega creuers Mallorca (Mallorque), Stop Creuers Barcelona (Barcelone), Stop Creuers Tarragona (Tarragone), Ecoloxistas en Acción Rías Baixas e Coruña (La Corogne) ou encore Mar de Fábula (Galice), rejoints par de nouveaux collectifs ce weekend.

Télécharger le Manifeste d’ECAN (European Cruise Activist Network) ici dans toutes les langues des ports mobilisés

Stop Croisières en a aussi profité pour passer son argumentaire en outil de médiation ludique, un carnet de coloriage et quiz, édité dans toutes les langues de nos invités : Français English Deutsch Español Italiano Greek (à imprimer en livret A4)

Samedi 9 mars

Après avoir participer à la manif féministe du 8 mars pour celleux arrivés la veille, le local de Sud Solidaire accueille nos retrouvailles et rencontres. Chacun prépare l’affiche permettant de présenter à toustes de son collectif, avant un temps presse qui permettra aux groupes de témoigner de la situation dans leurs ports respectifs. S’en suit un échange de drapeaux symbolique pour sceller l’alliance, puis des travaux en atelier pour s’accorder sur les messages communs à porter aux décideurs dans les prochains mois.

Dimanche 10 mars

Tables rondes publiques sur la soutenabilité du tourisme, les alliances à construire et les fausses solutions avancées par l’industrie des croisières.

Puis balade dans Marseille jusqu’à la mer, et photo pour dénoncer l’impact climatique de l’utilisation du GNL et de ses fuites de méthane par les bateaux de croisière, bien plus responsable de cette pollution que les vaches.

Revue de presse du WE

Reporterre

https://reporterre.net/Marseille-Barcelone-Venise-Ils-s-unissent-contre-la-pollution-des-croisieres

Maritima

https://maritima.fr/actualites/economie/marseille/391/les-collectifs-stop-croisieres-se-mobilisent-a-marseille

France 3

https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/marseille/croisieres-ni-ici-ni-ailleurs-17-collectifs-europeens-se-mobilisent-contre-la-pollution-liee-au-tourisme-des-paquebots-de-croisieres-2937231.html

France bleu

https://www.francebleu.fr/infos/environnement/un-week-end-de-mobilisation-contre-les-bateaux-de-croisiere-venue-de-toute-l-europe-a-marseille-6571452

La Provence

https://www.laprovence.com/article/region/49007396216402/il-faut-arreter-cette-incoherence-les-anti-croisieres-de-toute-l-europe-reunis-a-marseille

La Marseillaise

https://www.lamarseillaise.fr/societe/stop-cruise-une-vague-qui-gagne-l-europe-BI15599697

Le Parisien

https://www.leparisien.fr/bouches-du-rhone-13/marseille-plaque-tournante-des-anti-croisieres-les-memes-nuisances-aux-quatre-coins-de-leurope-09-03-2024-CUQ375W7LBA6JHXUGYWS7KGZEU.php

Primitivi

https://www.primitivi.org/ (à venir)

12.02.2024 à 01:19
Collectif Stop Croisières
Lire plus (270 mots)

Pour la seconde fois, Stop Croisières a reçu l’invitation de nos camarades italiens de No Grandi Navi, au Venise Climate Camp. Souvenirs de l’édition précédente ici.

Une première rencontre lors de l’édition précédente, en sept 2022, avait permis une grande table ronde sur les croisières, réunissant en particulier des luttes de Venise bien sûre, mais aussi Barcelone et Marseille. Cet échange fructeux avait permis le lancement d’un réseau européen anti-croisières, baptisé ECAN, pour European Cruise Activist Network, suivant l’exemple du réseau internationnal GCAN, pour Global Cruise Activist Network.

Il s’agit donc des 3ème rencontres du réseau, après celle du Venise Camp de septembre 2022, et celle de Barcelone d’avril 2023. Un réseau plutôt actif donc !

Retrouver le Manifeste ici : manifeste-ecan-european-cruises-activitst-network

8, 9 et 10 Septembre 2023 – Rencontres ECAN au Camp Climat à Venise
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