dboone
Les auteur.e.s – le président de la coopérative Oasis et deux adhérentes des JNE – font état de 20 000 personnes vivant actuellement dans 1600 écolieux et habitats participatifs. Des structures fort diverses mais dont le point commun est de vouloir sortir de l’individualisme roi en mettant en œuvre une vie plus reliée tant aux autres qu’au vivant et à soi. Et, pour certaines d’entre elles, à «plus grand que soi ». Loin d’idéaliser le vécu de ces espaces alternatifs, traversés eux aussi par des enjeux de pouvoir et les tensions inhérentes aux vivre ensemble, ce livre fait le pari que le «collectif n’y est pas vécu comme un dogme, mais comme un chemin utile pour réinventer une société à taille humaine» (p. 11). Une société adepte d’un mode de vie éco-compatible, équitable et solidaire. Très complet, l’ouvrage explore les diverses manières dont ces laboratoires du futur mettent en œuvre un autre rapport à la propriété, au travail (de la terre notamment), à l’éducation, à l’aménagement du territoire, aux conflits et à la solidarité, ad-intra et ad-extra, aux relations intergénérationnelles et au vieillissement, à la quête de sens, etc. Chaque thématique bénéficie d’une part des éclairages de chercheurs, chercheuses, d’autre part des témoignages de quelques oasis en particulier. Un aller et retour fécond entre la théorie et la pratique propre à donner envie d’essayer, à son tour, de faire le pas de côté avec d’autres. Avis aux amateurs. . L’article La Force du collectif par Nora Guelton (JNE), Mathieu Labonne et Aurélie Sécheret (JNE) est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. (369 mots)
Éditions Terre Vivante, 240 pages, 27 € – www.terrevivante.org
Contact presse : Agathe Béon. Tél.: 04 76 34 26 60 – agathe.beon@terrevivante.org
(Jean-Claude Noyé)
.
dboone
Ce dernier volume clôt l’histoire environnementale monumentale, mais très enrichissante, de la France, avec toujours autant d’informations précieuses, parfois inédites et toujours captivantes. Rédigé par deux historiens et une socio-politiste, l’ouvrage se concentre sur les événements majeurs qui ont ébranlé la France et y inscrit l’émergence et l’évolution de la prise en compte de l’environnement : la guerre, la croissance des « trente glorieuses », les chocs pétroliers, les prémices d’une diplomatie environnementale puis l’actuel et profond « backlash écologique ». L’histoire des luttes contemporaines, associatives, individuelles comme politiques, est également traitée. Le titre du chapitre 6 résume bien à lui seul, je pense, l’esprit de ce volume : « L’invention de l’environnement comme objet de gouvernement ». Comment l’environnement, puis le développement durable, ensuite la transition écologique (avant d’autres qualificatifs) ont-ils été construits comme objets d’action publique ? Avec quels effets réels sur les conditions de vie en France et sur l’état de la planète ? Quels verrous institutionnels, économiques ou culturels ont retardé ou empêché l’écologisation de la société française ? Quand et comment les pensées et luttes écologistes ont-elles rencontré (ou non) les questions sociales, les enjeux de genre et les combats anticoloniaux ? À ces questions, et à bien d’autres encore, ce livre apporte des réponses éclairantes. Une somme de connaissances et de découvertes à déguster ! . L’article Les natures du productivisme – Histoire environnementale de la France, 1940 à nos jours (vol. 3) par Renaud Béco, Christophe Bonneuil et Gabrielle Bouleau est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. (356 mots)
Éditions La Découverte, 366 pages, 24 € – www.editionsladecouverte.fr
Contact presse : Clément Renard. Tél.: 01.44.08.84.37 – clement.renard@editionsladecouverte.com
(Gabriel Ullmann)
.
lsamuel
« Ce n’est vraiment pas un manque d’eau général. C’est un manque d’eau par rapport à des besoins anthropiques qui sont créés. » Cette phrase résume trois ans d’enquête. Elle est signée Fabien Benoit et Nicolas Celnik, auteurs des Assoiffeurs (Les Liens qui libèrent, 8 avril 2026). Bassines, embouteillage, data centers, dépollution : leur livre documente, chiffres à l’appui, comment l’eau devient une ressource captée par quelques acteurs, pendant que la facture retombe sur le collectif. Une enquête qui part de Sainte-Soline et qui va jusqu’aux commissions locales de l’eau, où les organisations environnementales pèsent à peine face aux industriels et aux élus. Nous organisons un webinaire avec les deux auteurs, ouvert à tous ceux que ça intéresse, et en particulier aux journalistes. N’hésitez pas à partager l’invitation ! Pour vos papiers… Infos pratiques L’article Webinaire JNE avec Fabien Benoit et Nicolas Celnik, auteurs des « Assoiffeurs », le 7 septembre 2026 à 12 h est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. (366 mots)
Fabien Benoit et Nicolas Celnik reviendront sur les mécanismes qu’ils ont identifiés : la privatisation de fait par la pollution, le rôle des mégabassines, le poids de l’agro-industrie et du numérique dans les prélèvements, la recentralisation des décisions au détriment des instances locales.
Le format est pensé pour laisser toute sa place aux échanges. La présentation des auteurs sera volontairement courte. Le reste du temps sera consacré aux questions. Chaque participant pourra interroger Fabien Benoit et Nicolas Celnik directement, sur les données de l’enquête, sur ses zones d’ombre, sur ce qu’elle change pour vos propres papiers.
• Date : lundi 7 septembre 2026
• Horaire : 12 h à 14 h
• Format : visioconférence
• Public : ouvert à tous, priorité aux journalistes
• Inscription : contact@jne-asso.net
Réponse souhaitée avant le 06/09, places limitées.
lsamuel
Vidéaste militant devenu naturaliste, Vincent Verzat brouille les frontières du journalisme. Invité par les JNE le 22 juin 2026 pour un webinaire, il a expliqué comment il vulgarise l’écologie sur les réseaux sociaux. Jusqu’où peut-il aller sans trahir les faits ? La répression qui frappe les militants complique aussi, au passage, le travail des journalistes de terrain. par Isabelle Vauconsant Il ne se dit pas journaliste. Pourtant, un tribunal l’a un jour reconnu comme tel. Invité par les Journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie, Vincent Verzat a raconté son parcours. Le webinaire était animé par moi-même et introduit par Marc Giraud. Un chemin qui commence par la vidéo militante et se poursuit par le naturalisme. Entre les deux, une question traverse tout l’échange : qui informe, aujourd’hui, sur l’écologie, et avec quelles règles ? Ni tout à fait militant, ni tout à fait journaliste Vincent Verzat filme depuis 2015. D’abord des actions de désobéissance civile, puis des vlogs face caméra, puis des portraits d’animaux sauvages. Sa communauté dépasse aujourd’hui 320 000 abonnés sur YouTube, 420 000 sur Facebook et 120 000 sur Instagram. Un chiffre qui pèse, mais qui ne dit rien du statut qu’il revendique. Poursuivi en justice après avoir filmé le décrochage de portraits d’Emmanuel Macron, il s’est défendu comme journaliste. Des professionnels du secteur l’ont soutenu, estimant que son travail apportait une information utile au public. Il assume pourtant une différence de méthode. « Je dis aux gens comment et pourquoi ils devraient s’engager, alors que les journalistes s’arrêtent souvent au traitement du sujet et laissent ensuite le public décider », explique-t-il. Certain-es le lui ont reproché, jugeant ses vidéos insuffisamment sourcées. Il l’assume aussi. Pour lui, l’important reste le passage à l’action, pas la neutralité du récit. Cette position interroge directement la profession : où commence le journalisme, où finit le plaidoyer ? Vincent Verzat ne tranche pas. Il préfère renvoyer chacun à son rôle, en s’appuyant sur les enquêtes des journalistes pour construire ses propres récits. Vulgariser sans trahir la complexité La question revient plusieurs fois pendant l’échange : comment raconter la biodiversité ou le climat en quelques lignes, sans mentir sur leur complexité ? Vincent Verzat compare son travail à un entonnoir. Une formulation accessible à l’entrée, des sources et des liens en description pour qui veut approfondir. « Il faut aussi faire confiance à la diversité des personnes qui prennent la parole », ajoute-t-il. Chacune raconte une part du problème, et c’est leur complémentarité qui construit une vision d’ensemble. L’exercice a ses limites, reconnues par une participante. La communication favorise les messages courts et mémorisables, ce qui sert aussi les discours populistes. La démarche scientifique, elle, réclame l’exhaustivité. Entre les deux, Vincent Verzat revendique une place précise : rendre accessible ce que les spécialistes établissent, sans prétendre les remplacer. « Je n’ai jamais prétendu m’adresser à des spécialistes », précise-t-il, avant d’ajouter que des alliances restent possibles entre rigueur scientifique et vulgarisation engagée. Le « putaclic » assumé, jusqu’à un certain point Pendant les législatives anticipées de 2024, Vincent Verzat a produit des vidéos aux titres accrocheurs, ciblant directement l’électorat du Rassemblement national. Un choix qu’il défend, à condition de ne pas tromper sur le contenu. « On peut utiliser des outils de communication qui forcent l’attention, à condition de ne pas mentir sur le contenu », résume-t-il. Pour les rédactions, l’exercice reste plus encadré. La déontologie journalistique fixe des limites que Vincent Verzat, en tant que créateur indépendant, ne s’impose pas de la même façon. Reste une convergence : toucher un public au-delà des personnes déjà convaincues. Sur ce point, il rejoint une préoccupation ancienne des rédactions spécialisées en écologie, souvent accusées de parler à un lectorat déjà acquis. Fouillé comme un militant, carte de presse en poche Un passage particulièrement concret pour les journalistes présents concerne la répression du mouvement écologiste. Vincent Verzat évoque l’affaire Lafarge, les gardes à vue prolongées après des actions locales, la judiciarisation croissante des mobilisations. Il cite l’exemple de militants suspendus à un pont près de chez lui, placés plus de 36 heures en garde à vue pour une action qu’il juge, quelques années plus tôt, relativement classique. Cette évolution touche directement son travail de tournage. « Même lorsque nous étions accompagnés de journalistes munis d’une carte de presse, nous étions fouillés comme les militants », raconte-t-il. Le matériel de protection, masques à gaz compris, peut être confisqué. Or sans lui, filmer certaines situations devient impossible. La criminalisation du militantisme finit ainsi par restreindre les conditions dans lesquelles l’information est produite, bien au-delà des seuls militants. Autre conséquence, plus discrète : un mouvement sous pression judiciaire attire moins de nouveaux venus et retient surtout des personnes déjà en rupture avec les institutions. Ces dernières se montrent souvent réticentes à être filmées. Le travail de récit s’en trouve complexifié, alors même que la matière à raconter ne manque pas. Une minorité qui doit convaincre au-delà d’elle-même Vincent Verzat avance des chiffres pour situer son public. En France, environ dix millions de personnes se disent sensibles à l’écologie. Un peu plus de deux millions signe des pétitions en ligne. Un million peut manifester sur un enjeu fort. Environ 200 000 seraient prêtes à des actions de désobéissance civile, et 20 000 en constituent le noyau militant. Cette gradation éclaire un défi partagé avec les rédactions spécialisées : comment faire passer un lecteur ou un spectateur d’un clic occasionnel à un engagement durable ? Vincent Verzat n’a pas de recette. Il constate simplement qu’une deuxième pétition sur un sujet proche produit rarement le même élan que la première. La nouveauté et l’indignation s’épuisent, ce qui oblige à renouveler sans cesse les formats et les angles. Il insiste aussi sur un équilibre entre deux tâches longtemps opposées. D’un côté, décrypter et vérifier les informations fausses ou trompeuses. De l’autre, construire un récit positif sur ce qui fonctionne. « Il faut donc les répartir entre la réfutation et la construction d’un récit positif », dit-il à propos du temps disponible. Une manière de rappeler que le fact-checking, aussi nécessaire soit-il, ne suffit pas à occuper tout l’espace médiatique face à la désinformation. Des rôles complémentaires, pas concurrents À la fin de l’échange, on s’interroge sur la compatibilité entre plusieurs mondes : auteurs, journalistes, scientifiques, militants. Vincent Verzat y voit moins une opposition qu’une répartition des tâches. Certains vérifient les faits avec rigueur, d’autres les inscrivent dans un récit qui pousse à agir. Il invite d’ailleurs les naturalistes, souvent tenus à une réserve professionnelle, à s’appuyer sur des voix comme la sienne pour rendre visibles des conflits qu’ils observent sans toujours pouvoir les nommer. Cette proposition résume l’enjeu soulevé tout au long du webinaire. Le journalisme spécialisé en environnement et les nouveaux formats militants n’occupent pas le même terrain. Ils partagent pourtant un même problème : rendre compte d’un monde complexe sans perdre le public en chemin, ni le tromper sur ce qui est en jeu. L’article Vincent Verzat, journaliste or not ! est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. Texte intégral (1377 mots)
🌱 Bon Pote
Actu-Environnement
Amis de la Terre
Aspas
Biodiversité-sous-nos-pieds
🌱 Bloom
Canopée
Décroissance (la)
Deep Green Resistance
Déroute des routes
Faîte et Racines
🌱 Printemps des Luttes Locales
F.N.E (AURA)
Greenpeace Fr
JNE
La Relève et la Peste
La Terre
Le Lierre
Le Sauvage
Low-Tech Mag.
Motus & Langue pendue
Mountain Wilderness
Negawatt
🌱 Observatoire de l'Anthropocène