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L’actualité de l’écologie dans un format minimaliste - Dir. de publication : Juliette Quef

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08.09.2026 à 17:50

Vert recrute : journaliste politique/écologie en CDD

Vert

Texte intégral (1089 mots)

Pour ce renfort précieux pour notre équipe, il est attendu une fine connaissance de la politique française et des enjeux écologiques.

Parmi les missions, le ou la journaliste participera à décrypter les programmes et autres propositions des candidat·es et se rendra sur le terrain en reportage.

Le ou la journaliste peut avoir un profil généraliste sur l’écologie et la politique, ou plus spécialisé (climat, énergie, agriculture, transports, etc.).

Vert, c’est :

→ Un média généraliste qui a l’urgence écologique comme grille de lecture de l’actualité. Avec ses formats courts, simples et accessibles gratuitement, Vert veut permettre au plus grand nombre de comprendre les crises de notre époque et de savoir comment agir.

→ Un journal quotidien (et hebdo) envoyé sous forme de newsletter qui compte plus de 140 000 abonné·es et un site très consulté.

→ Des comptes sur les réseaux très suivis (570 000 followers sur Instagram, 120 000 sur LinkedIn et Facebook, mais aussi des comptes sur Youtube, TikTok, Bluesky, Threads, etc.).

→ Un média indépendant financé par les dons de particuliers.

→ Une équipe de 18 salarié·es.

Missions

En lien avec le rédacteur en chef du pôle écrit (Rémy Calland), le directeur de la rédaction (Loup Espargilière) et l’ensemble de la rédaction, la ou le journaliste politique sera chargé·e de couvrir l’actualité de la campagne présidentielle, d’analyser la place de l’écologie dans la discussion publique et de décrypter les programmes des candidat·es à l’élection présidentielle.

→ Veille continue (AFP, médias, réseaux sociaux, sources institutionnelles ou personnelles, etc.) ;

→ Participation aux conférences de rédaction quotidiennes et hebdomadaires ;

→ Proposition de sujets dans la ligne éditoriale de Vert ;

→ Décryptages de programmes des principaux partis et candidat·es ;

→ Reportages de terrain ;

→ Enquête possible.

Profil recherché

Formation : École de journalisme ; école de sciences politiques.

Expérience : au moins 3 ans d’expérience en média national ; avoir couvert une précédente campagne est un grand plus.

Compétences : rigueur, excellente plume, maîtrise des formats décryptage et reportage d’actualité, sens de l’info, capacité à trouver des sujets et angles originaux.

Connaissances : maîtrise des enjeux écologiques, connaissance des institutions.

Qualités personnelles : autonomie, créativité, rigueur, efficacité, adaptabilité, esprit d’équipe.

Conditions

Type de contrat : contrat à durée déterminée (CDD).

Salaire : 2 700€ brut, hors ancienneté et 13ème mois.

Lieu de travail : sur site, à Césure (13, rue Santeuil, 75 005 Paris).

Avantage : titres-restaurant pris en charge à 50% par jour travaillé ; mutuelle 50% ; forfait mobilité durable.

Pourquoi c’est chouette de travailler à Vert ?

→ Vert est un média 100% indépendant qui vit des dons de ses lectrices et lecteurs. Pas d’actionnaires bizarres à qui rendre des comptes ou de publicités gênantes.

→ Vert est un média à impact. Vous contribuerez à bousculer le paysage médiatique avec un média qui a formé des centaines de journalistes, d’étudiant·es en journalisme et même de lycéen·nes. Vert a initié la Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique, nos journalistes interviennent régulièrement dans les grands médias, sont auditionnés par le Sénat, et nos informations sont régulièrement reprises en France comme à l’étranger.

→ Vert est un média ouvert sur son écosystème. Nous collaborons avec tout un tas de médias indépendants et traditionnels, ainsi qu’avec des associations, des festivals, ou des collectivités qui ont à cœur de faire le pont entre des acteurs souvent éloignés les uns des autres.

→ Vert est un média engagé dans la transformation de la société avec des valeurs fortes de sobriété et de solidarité. Nous avons par exemple pris position contre la montée de l’extrême droite, et nous sommes en faveur d’une société plus féministe, antiraciste et inclusive. Lisez notre manifeste.

→ Vert est un média en plein développement. L’équipe s’étoffe au fil des mois et le titre dispose d’une notoriété et d’un crédit croissants. Les prochaines années s’annoncent fastes et nous sommes porté·es par une communauté de lecteur·ices et de soutiens enthousiastes : le Club de Vert, les personnes qui nous soutiennent avec un don mensuel, compte déjà plus de 15 000 membres.

→ La direction porte une attention particulière aux conditions de travail des salarié·es, au respect de l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle. Par ailleurs, un environnement sain, des locaux sympas et une bonne ambiance nous semblent être les ferments d’une expérience professionnelle riche.

Pour candidater

👉 Complétez ce formulaire avant dimanche 27 septembre 2026.

Le processus de sélection :

  1. Si vous êtes pré-sélectionné·e, un premier entretien court par téléphone.
  2. Exercice technique : écriture d’un article.
  3. Deuxième entretien avec la rédaction.

Date de prise de poste : lundi 19 octobre 2026.

PDF
08.09.2026 à 17:43

Vert recrute : journaliste carto/data en CDD

Vert

Texte intégral (1146 mots)

Vert recrute un·e journaliste cartographie/data en contrat à durée déterminée (CDD) dès que possible pour contribuer, entre autres, à la couverture de la campagne présidentielle et des élections législatives.

Celui ou celle-ci participera à décrypter les bilans et les programmes des candidats, mais sera aussi amené·e à travailler sur d’autres sujets majeurs de Vert (santé/environnement, désinformation, etc.). Elle ou il réalisera ses propres sujets, et contribuera à enrichir les articles et productions du reste de l’équipe.

Vert, c’est :

→ Un média généraliste qui a l’urgence écologique comme grille de lecture de l’actualité. Avec ses formats courts, simples et accessibles gratuitement, Vert veut permettre au plus grand nombre de comprendre les crises de notre époque et de savoir comment agir.

→ Un journal quotidien (et hebdo) envoyé sous forme de newsletter qui compte plus de 140 000 abonné·es.

→ Des comptes sur les réseaux très suivis (570 000 followers sur Instagram, 120 000 sur LinkedIn et Facebook, mais aussi des comptes sur Youtube, TikTok, Bluesky, Threads, etc.).

→ Un média indépendant financé par les dons de particuliers.

→ Une équipe de 18 salarié·es.

Missions

Au croisement des pôles écrit, réseaux sociaux et enquête/solutions, la ou le journaliste data/cartographie sera chargé·e de concevoir des formats éclairants pour le public lors de l’élection présidentielle et des législatives.

Le ou la journaliste sera pleinement intégré·e à la vie de la rédaction et à la couverture des grands temps forts de cette période. Les missions :

→ Participer aux conférences de rédaction quotidiennes et hebdomadaires ;

→ Collecter, nettoyer, analyser des données issues de sources variées (Osint) ;

→ Identifier des angles et faire émerger des sujets à partir des données pertinentes ;

→ Produire des cartes et des datavisualisations interactives à destination du site internet et/ou statiques pour la newsletter et les réseaux sociaux ;

→ Écrire les articles qui vont accompagner les cartes et dataviz ;

→ Collaborer avec l’ensemble de la rédaction pour concevoir des projets data ;

→ Contribuer à l’innovation éditoriale et au développement de nouveaux formats.

Profil recherché

Formation : École de journalisme ou comparable.

Expérience : au moins 2 ans d’expérience dans un média reconnu.

Compétences : recherche de données (Osint), enquête, excellente maîtrise des outils de cartographie et de datavisualisation, sens esthétique et capacité à appliquer une charte graphique, rigueur dans l’analyse, bonne écriture et orthographe.

Connaissances : intérêt pour les sujets écologiques.

Qualités personnelles : autonomie, créativité, rigueur, efficacité, adaptabilité, esprit d’équipe.

Conditions

Type de contrat : contrat à durée déterminée (CDD) jusque fin juillet 2027, avec possibilité de passage en CDI à l’issue du contrat.

Salaire : 2 500€ brut, hors ancienneté et 13ème mois.

Lieu de travail : sur site, à Césure (13, rue Santeuil, 75 005 Paris).

Avantage : titres-restaurant pris en charge à 50% par jour travaillé ; mutuelle 50% ; forfait mobilité durable.

Pourquoi c’est chouette de travailler à Vert ?

→ Vert est un média 100% indépendant qui vit des dons de ses lectrices et lecteurs. Pas d’actionnaires bizarres à qui rendre des comptes ou de publicités gênantes.

→ Vert est un média à impact. Vous contribuerez à bousculer le paysage médiatique avec un média qui a formé des centaines de journalistes, d’étudiant·es en journalisme et même de lycéen·nes. Vert a initié la Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique, nos journalistes interviennent régulièrement dans les grands médias, sont auditionnés par le Sénat, et nos informations sont régulièrement reprises en France comme à l’étranger.

→ Vert est un média ouvert sur son écosystème. Nous collaborons avec tout un tas de médias indépendants et traditionnels, ainsi qu’avec des associations, des festivals, ou des collectivités qui ont à cœur de faire le pont entre des acteurs souvent éloignés les uns des autres.

→ Vert est un média engagé dans la transformation de la société avec des valeurs fortes de sobriété et de solidarité. Nous avons par exemple pris position contre la montée de l’extrême droite, et nous sommes en faveur d’une société plus féministe, antiraciste et inclusive. Lisez notre manifeste.

→ Vert est un média en plein développement. L’équipe s’étoffe au fil des mois et le titre dispose d’une notoriété et d’un crédit croissants. Les prochaines années s’annoncent fastes et nous sommes porté·es par une communauté de lecteur·ices et de soutiens enthousiastes : le Club de Vert, les personnes qui nous soutiennent avec un don mensuel, compte déjà plus de 15 000 membres.

→ La direction porte une attention particulière aux conditions de travail des salarié·es, au respect de l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle. Par ailleurs, un environnement sain, des locaux sympas et une bonne ambiance nous semblent être les ferments d’une expérience professionnelle riche.

Pour candidater

👉 Complétez ce formulaire avant le dimanche 27 septembre 2026.

Le processus de sélection :

  1. Si vous êtes pré-sélectionné·e, un premier entretien court par téléphone.
  2. Exercice technique à distance.
  3. Deuxième entretien avec la rédaction.

Date de prise de poste : dès que possible.

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08.09.2026 à 17:17

Destruction d’espèces protégées en Sologne : cinq ans de prison avec sursis requis contre le milliardaire Olivier Bouygues

Louise Deshautels

Texte intégral (1015 mots)
Pendant tout son procès, Olivier Bouygues a nié sa responsabilité dans la chasse des oiseaux protégés dont les cadavres ont été retrouvés sur sa propriété. © Alain Jocard/AFP

Amende maximale pour le milliardaire. Le tribunal correctionnel d’Orléans reconnait la responsabilité d’Olivier Bouygues dans la destruction d’espèces protégées sur son domaine de chasse de la Ferté-Saint-Aubin (Loiret). Ce mardi, l’institution judiciaire a requis cinq ans de prison avec sursis contre le fils de Francis Bouygues, fondateur du groupe de BTP, de télécoms et de médias du même nom. S’ajoutent à cette peine une amende de 750 000 euros, le maximum prévu pour ce type d’infraction, et une interdiction d’exercer une activité en lien avec la chasse pendant cinq ans.

Le milliardaire était jugé pour «atteinte illicite en bande organisée à la conservation d’une espèce animale protégée ou à son habitat» et «destruction, transport et détention illicites d’une espèce animale non domestique», aux côtés de cinq autres prévenus : le régisseur de sa propriété et quatre gardes forestiers. À l’encontre de ces derniers, des peines d’un à quatre ans d’emprisonnement avec sursis ont été demandées, accompagnées d’amendes de 5 000 à 20 000 euros et de retraits temporaires du permis de chasse.

Pour l’avocat d’Olivier Bouygues, Éric Grassin, les réquisitions sont «excessives». L’homme d’affaires n’a cessé de nier toute responsabilité depuis le début du procès. «J’ai d’autres chats à fouetter que de gérer au quotidien» les affaires de la propriété, a-t-il affirmé à la barre. En ouverture de son procès, lundi, il a même évoqué sa «surprise» à l’annonce de l’ouverture de l’enquête l’année dernière.

Pièges à mâchoires et pelleteuse

Rembobinons. Le 5 mars 2025, une source anonyme assure avoir vu des cadavres d’espèces protégées sur la propriété d’Olivier Bouygues. Des perquisitions sont menées et de nombreux oiseaux morts sont découverts : buses, grands cormorans, grandes aigrettes et faucons crécerelles. Des oiseaux qu’il est pourtant interdit de chasser. La tuerie ne se limite pas là. Les enquêteur·ices de l’Office français de la biodiversité (OFB) déterrent également des chats domestiques et sauvages.

Outre les cadavres, les visites de la propriété ont permis de retrouver du matériel de chasse prohibé tel que des pièges à mâchoires ou encore une pelleteuse qui servait à l’enfouissement des animaux. Preuve supplémentaire : des documents listant les espèces protégées comme «nuisibles» à éliminer sont exposés, ainsi qu’un «système de prime» pour ceux qui parviendraient à éliminer les oiseaux ciblés. Selon les déclarations du régisseur du domaine, Olivier Bouygues «ne voulait pas que ça soit rendu public».

Selon la procureure de la République d’Orléans, Emmanuelle Bochenek-Puren, la chasse de ces oiseaux était réalisée avec l’objectif de «préserver les parties de chasse organisées régulièrement en enlevant les prédateurs du petit gibier». Selon les éléments de l’investigation, les pratiques mises en cause se produisaient «en toute saison, avec une intensification au printemps», ont précisé le parquet et l’OFB, chargés de l’enquête.

Une affaire à «valeur d’exemple»

Cinq des six prévenus ont reconnu les faits, à l’exception d’Olivier Bouygues, donc, qui a martelé n’avoir «jamais vu» ce charnier. Il a tout de même reconnu en connaître l’existence, préférant parler de «fosse écologique». De son côté, le régisseur du domaine a évoqué des «pratiques ancestrales», réfutant toute accusation de «destruction» et évoquant une «régulation d’espèces qui menacent notre gibier ou notre poisson».

La procureure de la République d’Orléans a dénoncé une «organisation qui perdure», avec à sa tête «le même propriétaire». Pour autant, tous les prévenus ont rejeté la responsabilité du propriétaire dans les destructions, ainsi que la qualification de «bande organisée».

Une quinzaine d’associations de protection de l’environnement se sont constituées parties civiles. Parmi elles, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), dont le président Allain Bougrain-Dubourg a assuré lundi prendre part à un procès «symbolique, car il illustre une situation totalement inédite», «avec des gens qui sont pétés de thunes, qui s’exonèrent du respect de la biodiversité». Selon lui, cette affaire doit avoir «valeur d’exemple» et «rappeler à l’ordre d’autres» personnes «qui pourraient avoir des idées analogues». À l’issue des réquisitions, les associations ont réclamé plusieurs dizaines de milliers d’euros en réparation du préjudice écologique et moral. La date du délibéré n’est pas encore connue.

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08.09.2026 à 12:07

Il ne sera plus chassé en France : le lagopède alpin, «perdrix des neiges» en sursis face au réchauffement climatique

Esteban Grépinet

Texte intégral (1630 mots)
Menacé par le changement climatique et le dérangement humain, le lagopède alpin a disparu de 33% des communes des Alpes françaises où il était présent dans les années 1950. © Adrien Cozannet/Flickr

Il peuple les plus hauts sommets, là où la roche épouse la glace. Souvent surnommé la «perdrix des neiges», le lagopède alpin est l’une des rares espèces animales à survivre dans les paysages suspendus de très haute montagne, jusqu’à 3 000 mètres d’altitude. En déclin dans les Alpes comme dans les Pyrénées, il vient d’obtenir un petit répit : le ministère de la transition écologique l’a classé ce mardi sur la liste des oiseaux protégés en France hexagonale – aux côtés du grand tétras, autre fragile gallinacé de montagne.

«C’est extrêmement rare, la dernière révision de cette liste pour l’Hexagone remonte à 2009», réagit auprès de Vert Cédric Marteau, directeur général de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), qui salue une «avancée historique». Ce reclassement, qui implique aussi la sortie des deux espèces de la liste du gibier chassable en France, est froidement accueilli par la Fédération nationale des chasseurs (FNC). Son président, Willy Schraen, dénonce une décision «hors-sol et hors contexte».

Une relique des temps glaciaires

Annoncée au printemps par la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, la protection de ces deux oiseaux montagnards avait surpris tout le monde. Ce choix fait suite à un rappel à l’ordre du Conseil d’État, qui avait enjoint début mars au gouvernement de suspendre la chasse du lagopède alpin pour cinq ans en raison de son mauvais état de conservation (un moratoire similaire existe déjà pour le grand tétras depuis 2022). «La ministre a décidé d’aller plus loin, jusqu’au statut d’espèces protégées, complète Cédric Marteau. C’est une belle avancée pour la protection de la nature en France.»

Moins connu que le grand tétras – mis à l’écran par le naturaliste Vincent Munier et très médiatisé depuis l’échec de sa «réintroduction» dans les forêts des Vosges –, le lagopède alpin est considéré comme «quasi menacé» d’extinction en France. Lagopus muta est une espèce dite «relique», qui a survécu à la fin du dernier âge glaciaire, il y a un peu plus de 10 000 ans, et s’est réfugiée dans les zones froides du globe. «Une partie des oiseaux est remontée au nord, en Scandinavie, et d’autres en haute altitude, où ils sont maintenant coincés», retrace Charlotte Perrot, chargée de recherche sur la biodiversité de haute montagne à l’Office français de la biodiversité (OFB).

«Il y a cinquante ans, vous pouviez en observer à partir de 1 600 mètres d’altitude, mais maintenant on n’en voit quasiment plus en dessous de 2 000 mètres.»

«C’est un oiseau adapté au grand froid plutôt qu’à la montagne», complète la chercheuse. Intégralement blanc l’hiver, le lagopède mue en brun-gris aux beaux jours pour se camoufler dans les pierriers et pelouses rases d’altitude. Son double plumage lui permet de s’isoler des températures les plus extrêmes, tandis que ses pattes emplumées lui servent de raquettes pour avancer dans la poudreuse.

Mais l’oiseau subit de plein fouet le réchauffement des températures lié aux activités humaines. «En été, il fait très chaud en montagne, maintenant ; et c’est difficile pour lui. On le voit au niveau du comportement : il ouvre le bec, cherche des endroits frais…, décrit Charlotte Perrot. Dans nos montagnes, il est coincé : soit il s’adapte, soit il disparaît.» Sur la période 2041-2070, l’aire de distribution du lagopède alpin dans les Alpes françaises devrait encore se contracter de 36%, avec une disparition progressive des Préalpes et des Alpes du Sud, selon les modélisations climatiques du programme interrégional du massif des Alpes «espèces arctico-alpines», auquel a participé la scientifique.

Avec ses pattes emplumées, le lagopède (dont le nom signifie «patte de lièvre» en grec ancien) est un oiseau adapté au grand froid. © Animalia

«Il y a cinquante ans, vous pouviez en observer à partir de 1 600 mètres d’altitude, mais maintenant on n’en voit quasiment plus en dessous de 2 000 mètres, témoigne, côté pyrénéen, Thierry de Noblens, du Comité écologique ariégeois. Plus le réchauffement climatique s’intensifie, plus il va monter. Mais, en France, il n’existe pas des centaines de milliers d’hectares au-dessus de 2 000 mètres…»

«En plus de tous les problèmes qui leur tombent dessus, on ne va quand même pas les tuer !»

À cette menace rampante du changement climatique s’ajoutent les dérangements humains (tourisme, élevage…). Pour Charlotte Perrot, il s’agit de «la plus grosse pression à court terme pour l’espèce» : «Il partage son habitat avec plusieurs activités humaines, les domaines skiables, les routes qui vont de plus en plus haut, le pastoralisme… Il est acculé.» L’espèce a disparu de 33% des communes des Alpes où elle était présente il y a soixante ans, et de 21% pour les Pyrénées, d’après le suivi réalisé par l’observatoire des galliformes de montagne.

Malgré ce déclin conséquent, la chasse au lagopède alpin se pratiquait encore dans quelques départements de montagne (Isère, Savoie, Haute-Savoie…). Depuis les années 2000, plusieurs associations écologistes ont engagé un véritable bras de fer avec les fédérations de chasse pour suspendre les quotas délivrés par les préfet·es à chaque fin d’été. En Ariège, seul département pyrénéen où cette chasse était encore autorisée, le comité écologique ariégeois revendique une vingtaine de victoires au tribunal depuis 2008.

«Maintenant qu’ils sont protégés, nous allons pouvoir mener des actions bien plus fortes sur leur biotope, ne serait-ce que sur les sentiers qui passent en plein dans des zones de lagopèdes.»

«En plus de tous les problèmes qui leur tombent dessus, on ne va quand même pas les tuer ! Pour nous c’était indiscutable, mais ça nous aura pris dix-huit ans, regrette Thierry de Noblens, fer de lance de ce combat juridique. L’État a toujours défendu les chasseurs, même si leurs demandes sont absurdes, criminelles ou dans le déni scientifique le plus complet.» «Nous avons gagné l’ensemble des procédures, mais les préfets reprenaient quand même l’arrêt l’année suivante, malgré la décision du tribunal administratif, en changeant juste le chiffre ; c’est aberrant», regrette Cédric Marteau, de la LPO.

Outre l’interdiction définitive de sa chasse, la protection du lagopède alpin va désormais permettre une meilleure prise en compte de l’espèce lors des travaux d’aménagement, ainsi que la mise en place d’un programme d’actions pour tenter de sauver les dernières populations. «Arrêter la chasse, c’est pour nous un premier pas, abonde Thierry de Noblens. Maintenant qu’ils sont protégés, nous allons pouvoir mener des actions bien plus fortes sur leur biotope, ne serait-ce que sur les sentiers qui passent en plein dans des zones de lagopèdes.»

Des zones de quiétude sont expérimentées dans les Alpes, dans les massifs du Queyras, des Écrins ou du Mercantour. «Ce sont des dispositifs qui fonctionnent très bien, notamment parce qu’il y a beaucoup de sensibilisation autour, salue Charlotte Perrot. Mais il y a aussi des comportements que l’on peut adopter en montagne, qu’il y ait des restrictions ou pas : sortir le moins possible des sentiers, tenir ses chiens en laisse, ne pas faire trop de bruit…»

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