Lilou Hiver
Partout en France, les centres de données poussent comme des champignons. Pour justifier cette prolifération, le gouvernement et les acteurs du numérique brandissent toujours le même argument, celui de la souveraineté. Un discours omniprésent depuis le Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle (IA), organisé à Paris en février 2025. Dernier exemple en date : le 24 août, avec le projet d’un data center Microsoft à Petit-Landau (Haut-Rhin). Celui-ci a reçu un avis favorable du commissaire enquêteur, qui considère qu’il «répond à un objectif de souveraineté numérique nationale». Mais peut-on parler de souveraineté alors que le projet est lancé par une entreprise étasunienne ? Non, selon Alexandra Lutz, de l’association technocritique Data for Good. «Quand on parle de souveraineté numérique, on entend la capacité des États à contrôler les infrastructures, les données et les ressources, et à limiter leur dépendance vis-à-vis d’autres nations», explique-t-elle. Les sociétés étasuniennes sont pourtant derrière l’écrasante majorité des centres de données en Europe. Sur les 15 gigawatts (GW) d’électricité réservés à ces infrastructures, seulement 1,4 GW est utilisé par des entreprises européennes. Les nouveaux projets ne font pas exception. Google prévoit de s’implanter près de Châteauroux (Indre), tandis qu’Amazon Web Services (AWS) construit un centre à Wissous (Essonne). Selon la Commission européenne, d’ici 2028, AWS, Microsoft et Google devraient exploiter 65% des data centers en Europe. À cela s’ajoutent les nombreux projets d’opérateurs étatsuniens comme Digital Realty ou Equinix. Ces sociétés développent en France des centres de données qui sont par la suite loués à d’autres. L’hébergement des données sur le territoire français, même si le data center est étranger, est présenté comme un moyen de renforcer leur protection face aux ingérences de pays tiers. En théorie, par sa localisation, le site est soumis au cadre juridique européen. Sauf qu’en novembre 2025, la Commission européenne a présenté un paquet législatif «omnibus» afin de simplifier des lois européennes sur la régulation numérique et de faciliter l’utilisation des données personnelles par les entreprises. Cet omnibus doit encore être négocié et approuvé par le Parlement européen et les États membres. «Si on annonce relocaliser les structures pour avoir un plus grand contrôle dessus, pourquoi supprime-t-on les règlementations qui nous protègent ?», fait mine d’interroger Alexandra Lutz. Aux États-Unis, l’extraterritorialité du droit est particulièrement forte. Grâce au Cloud Act de 2018, «les autorités américaines peuvent exiger l’accès à des données contrôlées par une entreprise américaine, même lorsque celles-ci sont stockées dans un data center situé en France», détaille la membre de Data for Good. L’un des projets phares de la «souveraineté numérique» française est le Campus IA de Fouju (Seine-et-Marne). L’entreprise tricolore Mistral AI et la Banque publique d’investissement (BPI) le financent. Mais, comme l’a révélé l’Observatoire des multinationales, 70% du capital du futur plus grand data center d’Europe sera détenu par le fonds émirati MGX et l’éditeur de logiciels étasunien Nvidia. «Le numérique ne peut pas exister en dehors d’un système mondialisé», estime Tom (il a souhaité rester anonyme), du collectif StopMicro, qui lutte contre l’accaparement des ressources et les nuisances causées par l’industrie des puces électroniques. «Pour financer un data center de cette envergure, il faut attirer des capitaux étrangers. C’est une illusion de croire qu’on pourrait produire du numérique à l’échelle locale», ajoute-t-il. Même le champion français de l’IA ne peut pas se passer de deniers étrangers. Mistral AI compte parmi ses actionnaires le géant sud-coréen Samsung, ainsi que plusieurs groupes et fonds étasuniens. Sans compter que, pour faire tourner un centre de données, il faut utiliser des semi-conducteurs – des puces électroniques qui conduisent le flux de courant – qui reposent eux aussi sur une chaîne de production mondialisée. Les matières premières comme le cuivre, le cobalt, le tantale ou encore le silicium proviennent d’Asie, d’Afrique et des Amériques. En outre, la fabrication des puces les plus avancées se concentre à Taïwan et en Corée du Sud, avec des étapes de conception, de production et d’assemblage réparties entre l’Europe, les États-Unis et l’Asie. «À l’heure actuelle, on estime que lors de sa fabrication, une puce électronique fait deux fois et demie le tour du monde et franchit 80 frontières, note Tom, qui s’appuie sur une étude de l’Association européenne des semi-conducteurs (Esia). Aucun pays ne peut maîtriser à lui seul l’ensemble de la chaîne.» Dans la course mondiale à l’IA, la France veut sa part du gâteau. Parmi les leaders européens, elle entend devenir un adversaire de taille face aux États-Unis et à la Chine. C’est pour cette raison qu’elle veut accueillir des centres de données sur son territoire. «Le seul moyen de faire accepter ces projets, c’est d’utiliser la carte de la souveraineté numérique, mais on assiste à du “souveraineté-washing” : il s’agit d’un mensonge», déplore Cyrielle Châtelain, présidente du groupe Écologiste et social à l’Assemblée nationale et rapporteure d’une commission parlementaire sur les dépendances dans le secteur du numérique. Des data centers qui permettent d’atteindre la «souveraineté numérique» sont-ils possibles ? Les conclusions du rapport rendues le 15 juillet énoncent plusieurs pistes. «On ne sera jamais 100% indépendants, mais si on s’éloigne du modèle américain et qu’on relocalise nos données dans des centres européens, bien plus petits et moins énergivores, ce serait déjà un premier pas», estime la députée écologiste. Certaines entreprises françaises, comme OVHcloud ou Scaleway, défendent une approche qui va dans ce sens. Les auteur·ices du rapport proposent de mettre en pause l’installation de centres de données détenus par des entreprises extra-européennes. Elles et ils veulent aussi que les sociétés qui manipulent des données de santé soient immunisées face aux lois extraterritoriales étasuniennes. Doctolib ne pourrait ainsi plus continuer d’être hébergé par Amazon, par exemple. Cyrielle Châtelain de soulever : «Évidemment, pour que tout cela fonctionne, il faut revoir nos usages numériques et ne plus mettre de l’IA partout.» Texte intégral (1692 mots)


Des données pas si bien protégées
«On ne peut pas produire du numérique local»

Des pistes pour plus de souveraineté
Paul-Mathieu Santucci
Deux grandes cuves rouillées tiennent encore debout entre les murs de pierre. Devant elles, des poutres grises se croisent au-dessus de bassins de maçonnerie ouverts au ciel. Une roue à rayons, des engrenages, un long tuyau incliné : les machines sont toujours là, prises dans un enchevêtrement de bois effondré et de métal corrodé. À Matra, en Haute-Corse, l’ancienne mine d’arsenic ressemble à une usine que l’on aurait laissée se défaire sur place. L’exploitation s’est arrêtée au milieu des années 1940 ; la pollution, elle, n’a pas disparu avec les ouvrier·es. «Je vais vous montrer sur place», nous propose le maire, Michel Palmieri. Il évoque les anciennes galeries, les captages du village et les réunions en sous-préfecture. Selon l’édile, les analyses de l’eau distribuée dans le village font apparaître une concentration moyenne d’arsenic autour de 20 microgrammes par litre (µg/l) – deux fois le seuil réglementaire. En réaction, la municipalité prévoit l’abandon d’un captage situé sous les anciennes entrées de la mine. Seul un second captage sera conservé, dont la concentration en arsenic est de 8 µg/l, selon le maire. La collectivité envisage aussi la réfection d’un réseau d’eau vieux d’environ 70 ans, du réservoir et des canalisations, ainsi que la pose de compteurs électroniques afin de limiter les fuites. L’opération est estimée à 3,3 millions d’euros hors taxes. Pour l’instant, aucun calendrier n’est fixé. Le sujet revient dans l’actualité avec la publication en avril 2026 d’une étude scientifique consacrée à la circulation de l’arsenic entre les eaux de surface et les nappes souterraines autour de l’ancienne mine de Matra. Pour comprendre cet héritage toxique, Antoine Orsini, hydrogéologue à l’université de Corse, remonte à ce qui a fait la richesse du site. Le scientifique retrace l’histoire d’une industrie dont les débouchés allaient du traitement des cultures à la fabrication d’armes chimiques. Une autre histoire de la Corse, faite de minerais, de galeries et de travail industriel. Il montre le réalgar et l’orpiment, deux minéraux contenant de l’arsenic. Rouge orangé pour l’un, jaune pour l’autre. «Ce qui pose aujourd’hui un problème de contamination était alors une ressource recherchée, extraite puis expédiée», rappelle-t-il. Les documents rassemblés par Antoine Orsini restituent l’ampleur des installations : des galeries creusées dans la montagne, des équipements de traitement et un transport par câbles aériens sur près de 7,5 kilomètres. En 1912, les effectifs comptaient 51 personnes, selon l’hydrogéologue. Cette activité appartient désormais à l’histoire ; mais les mesures présentées par le scientifique montrent que son empreinte reste inscrite dans les rivières. Le chercheur détaille les résultats de plusieurs stations de prélèvement d’eau. À proximité de la mine, les concentrations changent brutalement. Deux stations y dépassent 2 000 µg/l. Plus de deux cents fois le seuil réglementaire pour l’eau potable. Toutefois, il s’agit de mesures dans le milieu naturel, pas de résultats au robinet. Son graphique montre aussi que les concentrations diminuent en aval. Mais la baisse ne signifie pas la disparition de la contamination : celle-ci reste visible dans les résultats présentés plus loin dans le réseau hydrographique. Antoine Orsini suit aussi la contamination du vivant. Sa présentation décrit la «bioaccumulation de l’arsenic», c’est-à-dire son accumulation dans les organismes. Mousses aquatiques, invertébrés, poissons : les résultats concernent plusieurs formes de vie de la rivière. L’arsenic se retrouve dans plusieurs maillons de cet écosystème. Pour les truites, il détaille les résultats organe par organe : «Dans une station de référence, le muscle contient en moyenne 0,01 microgramme d’arsenic par gramme. En aval de la mine, cette moyenne atteint 1,45 microgramme par gramme. Les teneurs sont également plus élevées dans le foie, les branchies et le squelette. Ces mesures documentent une accumulation dans les tissus.» À Matra, Michel Palmieri revient à la préoccupation immédiate du village : les 20 microgrammes d’arsenic par litre dans l’eau distribuée. L’Organisation mondiale de la santé rappelle que l’exposition prolongée à l’arsenic inorganique, par l’eau de boisson et les aliments notamment, peut provoquer des cancers et des lésions cutanées. La solution défendue par la commune consiste à revoir son alimentation en eau, en écartant le captage situé sous les anciennes entrées de mine. Le remplacement des canalisations, quant à lui, répond à un problème de vétusté et de fuites. Mais ouvrir les routes et les sols pour remplacer les canalisations réserve une autre difficulté. Selon Michel Palmieri, de l’amiante est présente dans les matériaux concernés par les travaux. Leur prise en charge, leur transport et leur traitement entraîneraient un surcoût d’environ un million d’euros. Le maire présente la solution proposée par la commune : déposer des matériaux sur le site minier déjà pollué, dans le cadre d’un aménagement visant aussi à limiter les écoulements. Il raconte les premières discussions favorables, puis les objections réglementaires, les analyses et un refus juridique. «On amène une solution», insiste-t-il, en évoquant trois années de travail. Il ne comprend pas que la recherche d’une issue débouche sur une telle dépense supplémentaire. «On ne va quand même pas oublier que la mine, elle est sous la responsabilité de l’État», tranche-t-il. Derrière les choix techniques, le désaccord porte aussi sur celui qui doit payer les conséquences de l’après-mine. L’enveloppe globale annoncée atteint 3,3 millions d’euros hors taxes, soit près de quatre millions toutes taxes comprises, encore à ajuster aux résultats des appels d’offres. «Il y a 70 compteurs», rappelle le maire pour faire comprendre la disproportion entre le chantier et la taille du service d’eau. Un premier marché concerne le réservoir et les réseaux. Selon lui, une réponse a été reçue le 28 juillet ; elle était encore à l’étude au moment de notre visite. La commune doit désormais obtenir l’appui de ses financeurs. Même réalisés, ces travaux ne régleraient pas à eux seuls la contamination des cours d’eau alentour. Ils sécuriseraient d’abord l’approvisionnement du village. À Matra, il faut ainsi réparer le réseau, trouver une ressource moins contaminée et financer le chantier, tandis que subsiste la pollution du site minier. PLus de quatre-vingts ans après l’arrêt de l’exploitation, le village en paie encore les conséquences. Texte intégral (1433 mots)

Un héritage encombrant

Dans l’eau, des concentrations qui changent d’échelle
Au robinet, un autre dossier

L’amiante fait grimper la facture
Zoé Moreau
Dans la capitale, samedi, la «marche pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale» n’en sera pas une. «C’est désormais validé par la préfecture : le rendez-vous sera finalement statique, la venue du pape ne nous permettant pas d’avoir une autorisation de marche», ont indiqué les relais parisiens du mouvement, mardi. La manifestation initiale, qui devait partir de la place de la Nation à 14 heures, a donc été remplacée par un simple rassemblement place de la République, entre 17 heures et 20 heures. «On a essayé de rassurer la préfecture sur nos capacités d’encadrement, mais ça n’a pas suffi pour les convaincre. Ils pensent que nous serons très nombreux et nous disent qu’ils n’auront pas assez d’unités de maintien de l’ordre ce jour-là», explique à Vert Benjamin Ball, de l’association Bio Consom’acteur, coorganisateur de l’événement. «On est déçus, bien sûr, déplore-t-il. On aurait aimé faire une grande marche à Paris, mais n’oublions pas que ce mouvement s’appuie d’abord sur les capacités locales : à Bordeaux, la mobilisation va être massive ; à Fontainebleau aussi ; ainsi que dans tous les endroits les plus touchés par la sécheresse.» Selon un dernier recensement, 261 mobilisations devraient fleurir samedi, partout en France. Mattia Gonget, étudiante de 20 ans et coautrice d’un récent appel de la jeunesse à manifester samedi, abonde auprès de Vert : «C’est forcément une déception mais, le plus important, c’est que les autres villes de France restent mobilisées.» Gabriel Mazzolini, des Amis de la Terre, partage ce sentiment : «Ce qui compte, c’est que cette manifestation nationale, la première depuis cet été, puisse se tenir ; que les parents d’élèves, les locataires, les agriculteurs, les pompiers, puissent se réunir et s’exprimer.» Parmi l’organisation, personne ne semble regretter le choix de la date, jour de la venue du pape : «On devait absolument installer le mouvement en cette rentrée, sans pour autant empiéter sur les autres mobilisations prévues : le 19 septembre, le 3 octobre ou le 10 octobre contre l’Omnibus pesticides ; c’était la bonne date», juge Benjamin Ball. Semaine après semaine, le mouvement grossit. À l’initiative de l’association Bio Consom’acteurs, près de mille personnes ont signé, début août, la lettre ouverte au président de la République à l’origine de la mobilisation. Appel à images : Vert a besoin de vous ! Cette missive appelait à se mobiliser le 26 septembre pour exiger un plan d’urgence, d’adaptation et d’atténuation face au réchauffement climatique, après les catastrophes de l’été. Ces premier·es signataires ont depuis été rejoint·es par 30 000 autres citoyen·nes et plus d’un millier d’organisations, parmi lesquelles Greenpeace, les Amis de la Terre, Alternatiba ou le Réseau action climat. Toutes ces personnes forment des groupes locaux que vous pouvez rejoindre avant le 26 septembre. Texte intégral (899 mots)

«À Bordeaux, la mobilisation va être massive»
Plus d’un millier d’organisations ont rejoint le mouvement
Afin de documenter l’ensemble de la «marche pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale» en France, nous avons besoin de vidéos courtes d’une action près de chez vous. L’ambition de Vert est de réaliser une vidéo à destination des réseaux sociaux qui reflète les plus de 260 actions prévues samedi partout en France. Pour les besoins d’un article, vous pouvez également nous transmettre quelques photos au format paysage.
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Mathilde Picard
Après plusieurs années difficiles, la consommation de produits issus de l’agriculture biologique a confirmé son rebond au premier semestre. Ces achats en hausse représentent «des signes encourageants» pour la production, selon l’Agence bio, organisme étatique chargé de promouvoir ce mode de production sans engrais ni pesticides de synthèse. Les ventes ont continué de croître les six premiers mois de 2026, de 4,8% en valeur et sur toutes les filières, a indiqué l’Agence ce mercredi. Toutefois, cette bonne nouvelle est encore loin de combler le retard sur les objectifs de production fixés par la loi. L’agriculture biologique représente environ 10% des surfaces agricoles, quand la France cible 21% en 2030. Quant aux produits bio, ils composent toujours moins de 6% de la consommation à domicile, 6% des achats des 85 000 cantines (20% visés en 2030) et 1% des approvisionnements des restaurants. La hausse de la consommation depuis 2025 redonne l’espoir d’améliorer la trajectoire française. «Encore une année comme ça et on aura rattrapé complètement les 15% de baisse qu’on a pu avoir» avec la crise inflationniste de 2022, s’est félicité le président de l’Agence, Bruno Martel. Ce premier semestre, les ventes ont crû de 9,3% en magasins spécialisés et de 2% en grande distribution (où la moitié des achats se font). Depuis un an, les prix des produits conventionnels se sont «beaucoup rapprochés» de ceux du bio, et «les transformateurs et les distributeurs ont remis en évidence les produits bio qu’ils avaient parfois délaissés des rayons», explique le spécialiste. Il voit dans la grande distribution un levier majeur : «Il faut qu’on ait au moins 10% [de l’espace, NDLR] des rayons en magasin pour laisser le choix au consommateur.» Du côté de la production, la «dynamique est positive», ce qui met fin à trois ans de reculs des surfaces (moins 130 000 hectares fin 2025). L’an dernier le nombre de fermes en bio avait reculé pour la première fois. Entre le 1er janvier et le 31 août 2026, le nombre de nouvelles fermes en production bio a progressé de 14%, tandis que les arrêts d’activité ont reculé de 13%, par rapport à la même période en 2025. Bilan à ce stade : un solde positif de 687 producteur·ices, dans l’élevage de brebis, le maraîchage, la production de fruits… Selon Bruno Martel, «il y a une reprise du nombre de producteurs, c’est significatif, et effectivement il y a une aspiration nouvelle», même si «c’est un balbutiement, pas non plus l’euphorie». Il rapporte que «le retour de la consommation remet du baume au cœur» des agriculteur·ices. Elles et ils peuvent «croire en un modèle qui leur permet de gagner leur vie et qui fait partie des solutions sur pas mal de sujets dans un contexte climatique tendu : la souveraineté alimentaire, le captage du carbone, moins d’énergies fossiles consommées…», liste-t-il. Il est cependant trop tôt pour dire que la production bio augmente de nouveau en France : l’Agence bio attend les chiffres annuels, notamment des surfaces et des cessations, en particulier après cet été catastrophique pour le secteur agricole. Les agriculteur·ices bio aussi ont vu leur activité affectée. La diversité de leurs cultures a pu un peu les protéger, explique le président de l’Agence bio, «mais les maraîchers ont énormément souffert cet été du manque d’offre et de fréquentation des marchés, avec parfois des baisses de 50% du chiffre d’affaires». Texte intégral (761 mots)

9,3% de ventes supplémentaires en magasins bio
Un balbutiement plutôt qu’un nouvel élan
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