Esteban Grépinet
Il est fini, ou presque, le temps des vendanges de septembre. Du Languedoc à l’Alsace, en passant par le Bordelais ou la Champagne, nombre de récoltes ont démarré dès le mois d’août dans les vignobles français. La conséquence d’un été plus chaud que jamais, traversé par quatre canicules et une sécheresse historique. «Cette année, les vendanges les plus précoces ont commencé autour du 10 août, généralement pour l’appellation Crémant de Bourgogne [un vin effervescent, généralement récolté plus tôt que les autres, NDLR] ; nous n’avions jamais vu ça», témoigne Charlotte Huber, directrice technique de la Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne (CAVB). Dans le célèbre vignoble du centre-est de la France, les récoltes se sont étalées tout au long du mois d’août en fonction des cépages, de la localisation des vignes ou du type de vin recherché – de derniers domaines ont démarré la semaine dernière. Historiquement, en Bourgogne, les premiers coups de sécateur retentissaient plutôt vers la fin du mois de septembre. Mais, de saison en saison, le cycle de la vigne n’a cessé d’avancer au gré du réchauffement climatique. «À partir des années 1980, on observe une inflexion très claire vers une précocité tendanciellement marquée des vendanges, confirme Thomas Labbé, chercheur associé à l’université Bourgogne-Europe et cofondateur du cabinet d’études Patrimoine-Archives-Histoire (Parhis). Depuis les années 2000, ce qui était de l’ordre de l’exception est quasiment devenu la norme.» À partir d’archives remontant jusqu’au Moyen Âge, l’historien a participé à la reconstitution de l’une des plus anciennes séries de dates de vendanges, année après année, sur le domaine viticole des hospices de Beaune (Côte-d’Or). Les données, qui courent de 1354 à 2026, sont claires : «Jusqu’en 1987, la moyenne était le 28 septembre ; depuis 1987 et jusqu’à maintenant, la moyenne est au 13 septembre, soit une différence de quinze jours», expose Thomas Labbé. Si les dates records étaient occasionnelles par le passé (à l’image de 1540, année de grande sécheresse en Europe), elles se multiplient ces dernières décennies : «Ce qui arrivait tous les trente ans au 20ème siècle revient maintenant tous les deux ans», résume encore l’historien. «La précocité des vendanges est un marqueur du changement climatique.» Et cette précocité exceptionnelle est loin de se limiter à la Bourgogne : en Champagne, le ban des vendanges – qui marque l’ouverture officielle de la récolte – a été publié le 12 août, battant de huit jours le précédent record de… 2025. Près de Nantes (Loire-Atlantique), celui du muscadet a été ouvert en urgence le 11 août. Deux jours après, c’était au tour du célèbre beaujolais, au nord de Lyon (Rhône). En Alsace, «au 4 septembre, les deux tiers du vignoble sont déjà vendangés ; ce n’est jamais allé aussi vite et aussi tôt», souffle Arthur Froehly, directeur de l’association de recherche et développement Vinopole Alsace. «La précocité des vendanges est un marqueur du changement climatique, mais elle amplifie aussi ses effets sur le vin lui-même. Des vendanges plus précoces se déroulent dans des conditions encore plus chaudes, au cœur de l’été», prévient Jean-Marc Touzard, directeur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). En plus de réchauffer les températures globales, le changement climatique décale les périodes de récolte à des moments de l’année naturellement plus chauds, résume-t-il : «Par rapport aux années 1980, nous sommes dans des conditions de vendanges de +3 à +4°C, ce qui est énorme et accélère de nombreux processus.» Des vendanges plus précoces ne sont pas forcément synonymes de mauvaises récoltes. «Je pense que cette année sera très bonne : un temps chaud et sec, ça veut dire moins de pression de maladies comme le mildiou, donc des vendanges très saines, éclaire Jean-Marc Touzard. Les rendements sont plus faibles dans la plupart des vignobles, mais ils sont compensés par une meilleure qualité.» «Dans certaines zones, des vignerons parlent de pertes de 50% par rapport à leur rendement moyen sur les cinq dernières années.» «Sur les blancs, nous allons être sur une très grande année à Bordeaux», confirme Marie-Catherine Dufour, qui dirige le service technique du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB). «L’état sanitaire du vignoble est très satisfaisant et les raisins présentent un très bon potentiel œnologique», abonde le comité interprofessionnel du vin de Champagne, qui soulève cependant que le manque de pluie a «limité le grossissement des grappes». La sécheresse, la canicule, les orages de grêle ou encore le gel printanier qui a frappé plusieurs vignobles en mars (notre article) ont nettement impacté les rendements. Autour de Bordeaux, la situation est «hétérogène», rapporte Marie-Catherine Dufour : «Certains secteurs ont plus souffert que d’autres, notamment là où les sols sont peu profonds, avec des réserves en eau moins importantes. Mais les pluies depuis fin août ont permis de revenir à un équilibre intéressant.» «Des parcelles n’ont pas été vendangées car toutes les feuilles sont tombées au mois d’août, avec des baies qui ne faisaient même pas la taille d’une myrtille», s’inquiète Arthur Froehly, de Vinopole Alsace. Sur le vignoble alsacien, une perte de 20 à 30% est pour l’instant estimée, mais la qualité du raisin reste au rendez-vous, ajoute l’expert : «Il faudra être réactif pour les bons crus de l’année 2026 !» La précocité des vendanges bouleverse le travail des viticulteur·ices, qui recherchent constamment, selon le type de vin souhaité, un subtil compromis entre l’acidité, le sucre ou encore les arômes du raisin. «Sur des années comme celles-ci, cet équilibre est encore plus sensible, témoigne Charlotte Huber, pour le vignoble bourguignon. Il faut être très réactif : la vigne a chaud et a des comportements qu’on ne connaît pas encore totalement.» Le réchauffement climatique favorise notamment la concentration de sucre dans les baies, qui se transforme en alcool après la fermentation. En Alsace ou dans le Bordelais, la teneur en alcool potentiel a augmenté de près d’un degré par décennie. «Au total, une autre conséquence de cette précocité, c’est la charge mentale beaucoup plus forte sur les viticulteurs, complète Jean-Marc Touzard. Ils doivent être plus vigilants, appeler en toute vitesse les vendangeurs…» Pour s’adapter à cette nouvelle donne climatique, de plus en plus d’exploitant·es optent pour des vendanges au petit matin – voire en pleine nuit, notamment dans le Sud. «Il existe des stratégies d’adaptation à court terme, comme le choix de la date de vendange, ou le fait de les faire de nuit ; mais ça ne suffit pas, appuie Jean-Marc Touzard. Le réchauffement climatique amène à penser des changements plus profonds.» Fin 2021, le projet Laccave, conduit sur dix ans par une centaine de scientifiques, a identifié les principales pistes d’adaptation : en premier lieu, conserver et améliorer les sols (enherbements, lutte contre l’érosion…). Ensuite, renouveler et diversifier les variétés de vignes, repenser la gestion de l’eau (irrigation raisonnée, pratiques agroécologiques économes en eau…) ou innover dans les techniques de vinification. Texte intégral (1688 mots)

«Ce qui arrivait tous les trente ans au 20ème siècle revient maintenant tous les deux ans»

Année chaude, grands millésimes ?

Alcool, travail nocturne et charge mentale
Zoé Moreau
C’est une détresse mentale face aux enjeux environnementaux qui peut se manifester par la peur, l’isolement social, voire une difficulté à dormir et à vivre sereinement. Au cœur de l’été, l’éco-anxiété a touché la population française à un niveau inédit. C’est ce que vient de conclure l’observatoire de l’éco-anxiété (Obseca). L’organisme avait réalisé en 2024 la première étude française de référence sur le sujet, en partenariat avec l’Agence de la transition écologique (Ademe). Il vient de renouveler l’enquête et en dévoile les premiers résultats, avant une publication définitive fin septembre. Comme pour l’étude précédente, l’Obseca a utilisé «l’échelle d’éco-anxiété de Hogg» pour son analyse. Cette méthode permet de mesurer le niveau d’angoisse des sondé·es, selon l’intensité des symptômes (inquiétude, trouble du sommeil, sentiment de responsabilité personnelle, etc.). En tout, 1 019 personnes ont été soumises à un questionnaire en pleine troisième vague de chaleur de l’été, du 17 au 24 juillet (faire le test pour connaitre son propre niveau d’éco-anxiété). Les résultats, ensuite extrapolés à l’ensemble de la population, permettent d’estimer à 15,1 millions le nombre de personnes qui se reconnaissaient, au cœur de la troisième vague de l’été, dans les symptômes de l’éco-anxiété. Cela correspond à près d’un·e Français·e sur trois âgé·e de 15 à 64 ans. Un nombre en hausse de 20% par rapport à la précédente étude du genre conduite fin août 2024 – hors période de canicule. Ces résultats sont le signe d’une «bascule», explique à Vert Pierre-Eric Sutter, psychologue et psychothérapeute, spécialiste de l’éco-anxiété et co-auteur de ces travaux. Ils montrent «que le réchauffement climatique n’est plus un phénomène distant pour les Français ; qu’ils ont compris qu’ils n’échapperaient plus à ses effets», poursuit-il. Dans le détail, c’est la proportion de personnes «moyennement éco-anxieuses» et «fortement éco-anxieuses» qui a le plus augmenté (+2,6 millions). Le nombre de personnes «très fortement éco-anxieuses» est resté relativement stable – preuve de l’existence d’une éco-anxiété sévère «structurelle» dans la population, analyse Pierre-Eric Sutter. À l’autre bout de l’échelle, le nombre de personnes «très peu» à «peu» anxieuses a diminué, passant de 70% de la population en 2024 à 64% cet été. Peu de différences selon le genre, le territoire ou la catégorie socio-professionnelle… «Tout le monde est concerné par l’éco-anxiété», atteste Pierre-Eric Sutter. La catégorie des 15-24 ans est toutefois la plus touchée et l’est «significativement plus que celle des 35-64 ans», détaille l’enquête. En tête des préoccupations des sondé·es : les incendies (très inquiétants pour 47% d’entre elles et eux), les canicules (44%) et l’extinction des espèces (41%). De manière générale, «plus vous vous intéressez à l’environnement, plus vous avez des chances de devenir éco-anxieux», analyse le psychothérapeute. L’étude a estimé à 420 000 le nombre de personnes présentant un «risque psychopathologique», soit celui de basculer vers une dépression ou un trouble anxieux. Un chiffre qui n’a pas augmenté sous l’effet des catastrophes de l’été, mais qui reste «alarmant», selon l’étude. Pour faire face au sentiment d’angoisse, le meilleur remède est de «passer à l’action», conseille vivement Pierre-Éric Sutter. Et d’insister : «C’est ainsi qu’on évite de tomber dans une peur maladive qui sidère et empêche d’agir.» Texte intégral (763 mots)

«Le réchauffement climatique n’est plus un phénomène distant pour les Français»
Transformer l’angoisse en action
Théo Mouraby
Les uns lui imputent des propos indignes d’une figure à «la carrure nationale». Les autres voient plutôt «quelqu’un de spontané, qui a en lui une colère tout à fait légitime» et qui est surtout «l’homme à abattre d’un syndicat qui dérange». Lunettes sur la tête, courte barbe blanche grignotant ses joues, Bertrand Venteau s’est présenté à la barre du tribunal correctionnel d’Auch (Gers), jeudi. Le président national de la Coordination rurale (CR) était jugé pour «provocation publique et directe non suivie d’effets à commettre un crime ou un délit». Le 19 novembre dernier, jour de son élection à la tête du syndicat agricole contestataire, il avait déclaré : «Les écolos, la décroissance veulent nous crever. Nous devons leur faire la peau.» La phrase, réécoutée pendant l’audience, avait fait réagir de nombreuses associations écologistes. France nature environnement (FNE), Générations futures, et FNE Occitanie-Pyrénées se sont constituées parties civiles. «Il y en a ras le bol des menaces et des intimidations. Et la CR est coutumière du fait», dénonce auprès de Vert Jean-François Julliard, directeur général de FNE. Et cela jusqu’aux portes du tribunal. À 13h15, des membres de la CR venu·es en soutien à leur président ont jeté des œufs sur les plaignant·es qui entraient dans la salle d’audience, tout en les insultant. Les projectiles ont touché de manière indiscriminée des membres des associations, pourtant escorté·es par la police, et une avocate qui se rendait au tribunal pour une autre affaire. «Personne ne doit pouvoir se présenter à un tribunal sous les sifflets. La scène qui s’est passée tout à l’heure n’est pas digne d’un combat politique et syndical ; c’est ce type de discours qui peut avoir un effet délétère», a tonné le président de la cour, Philippe Rigault, en faisant référence aux propos incriminés. Face aux juges, Bertrand Venteau a tenté plusieurs défenses. Il a d’abord assuré qu’il croyait être dans un cadre privé au moment de son discours : «Il n’y aurait jamais dû y avoir des journalistes à ce moment-là.» Pourtant, sa prise de parole avait lieu lors du 32ème congrès du syndicat, auquel des reporters étaient accrédité·es. Ensuite, il a expliqué qu’il ne pouvait pas les voir, sur scène, à cause de la lumière des projecteurs au moment de son discours. «Je ne vous crois pas», a répliqué le procureur de la République, Claude Derens. Vient l’explication du sens de son propos. Bertrand Venteau pointe une nébuleuse, un mouvement de pensée – «l’écologie punitive et la décroissance» – à combattre sur le terrain des idées, pas un ennemi à éliminer physiquement. «Beaucoup de gens considèrent que “faire la peau”, ça veut dire tuer. Vous n’êtes pas au courant ?», a feint de s’interroger le président. «Pour moi, c’est combattre idéologiquement et arrêter d’être en permanence sous le joug, critiqué et stigmatisé par ces gens-là», a répondu le prévenu. «Quand on dit qu’on doit dépecer la partie adverse. Vous savez ce que c’est, dépecer un animal ?», a insisté la cour. «La forme n’est peut-être pas la bonne, mais j’assume mes dires», a maintenu le président de la CR, qui s’est aussi réjoui de l’adoption de la décriée loi d’urgence agricole. «Si mes propos ont permis de revenir sur un débat législatif apaisé qui a permis ces avancés, il le fallait», conclut-il. «Il est drôle que vous ayez utilisé le mot “apaisé”», a remarqué le président du tribunal. Le mot a aussi fait réagir les parties civiles. «Je ne sais pas si c’est ça la définition du mot “apaisé” de Monsieur Venteau, mais je ne me suis jamais aussi peu sentie en sécurité en arrivant à une audience», a soufflé à la barre Nadine Louverjat, pour l’ONG Générations futures, dont le t-shirt noir était encore marqué par des traces d’œufs. Anne Roques, juriste à FNE, a compté quatre attaques de la CR contre des associations membres de son réseau en décembre 2025. Soit le mois suivant le dérapage de Bertrand Venteau. Elle en donne un exemple : en Charente-Maritime, le 10 décembre dernier, des salarié·es ont retrouvé une tête et la peau d’un sanglier devant leurs locaux. «C’est une référence directe aux propos de Monsieur Venteau. La CR n’est pas au-dessus des lois», assène-t-elle. Sur le banc des prévenus, Bertrand Venteau souffle ou lève les yeux au ciel à de rares moments. Le reste du temps, il tourne ses lunettes dans ses mains ou tripote le bas de son jean. Parfois, il scrute les murs de la salle d’audience, comme s’il attendait que tout cela passe. Son conseil, Josyane Andrieu-Filliol, plaide la relaxe pour absence de preuve. Pour elle, le parquet ne peut pas prouver que l’assemblée dans laquelle les propos ont été prononcés était publique. Elle balaye le sens de ceux-ci : «une métaphore». Elle insinue également un traitement défavorable à l’encontre de son client, une «sorte de privilège» pour le faire passer rapidement devant la justice, comme un «deux poids, deux mesures». Un discours entendu devant le palais de justice, de la bouche des adhérent·es de la CR. Cyrille (il n’a pas voulu donner son nom), 56 ans, trouve qu’il y a deux côtés : «Un qui doit fermer sa gueule [les agriculteur·ices, NDLR], et l’autre qui a le droit de tout dire», comme «les représentants de l’écologie», à qui il reproche de gagner leur vie en faisant de la politique. «Être le porte-parole de milliers de gens qui souffrent, ce n’est pas une raison pour dire n’importe quoi», a tranché le procureur, dénonçant une parole qui «voue un groupe à la vindicte populaire de ses électeurs et adhérents». Il a requis une amende de 30 000 euros avec sursis. Le délibéré a été fixé au 15 octobre. À la sortie de la salle d’audience, Bertrand Venteau a retrouvé les 200 à 300 agriculteur·ices toujours présent·es. Il a confié au micro que le lancer d’œufs lui avait causé plus d’ennuis qu’autre chose dans l’enceinte du tribunal : «C’était peut-être une bêtise… Mais, un œuf, ça n’a jamais tué personne.» Il renvoie d’ailleurs la faute sur le préfet, «qui n’a rien fait pour que cela se passe bien». Pour éviter la confrontation, il aurait fallu, selon lui, faire entrer les plaignant·es par la porte de derrière, en catimini. Il reconnait avoir passé un moment pénible devant les juges ; il va devoir s’y habituer : ce vendredi, il est attendu devant la cour d’appel de Limoges (Haute-Vienne) pour une autre affaire. Cette fois pour outrages, menaces et intimidation d’élu·es et de fonctionnaires de l’État, avec deux autres prévenus. Texte intégral (1576 mots)

«Faire la peau, ça veut dire tuer. Vous n’êtes pas au courant ?»
«La CR n’est pas au-dessus des lois»

Un deuxième procès ce vendredi
Mathilde Picard
La première canicule de la saison était déjà inédite par sa précocité, avec des températures jamais relevées pour un mois de mai. Trois vagues de chaleur plus tard, en juin, juillet et août, septembre connaît à son tour des températures très élevées. Dès ce vendredi, cinq départements seront placés en vigilance orange canicule et, localement, le mercure pourrait connaître des valeurs inédites. «L’été météorologique» (du 1er juin au 31 août) est définitivement historique : le plus chaud jamais mesuré, selon Météo-France. En moyenne, il a fait 24 degrés Celsius (°C) chaque jour (nuits comprises) durant la saison. C’est 3,6°C au-dessus des normales mesurées sur les trente dernières années. 2026 détrône donc l’été 2003, qui était 2,7°C au-dessus des moyennes saisonnières, et 2022 (2,3°C au-dessus des normales). «Plus le réchauffement s’accélère, plus les vagues de chaleur augmentent en intensité et s’étalent dans le temps, cette année illustre bien ce phénomène», constate Virginie Schwarz, présidente-directrice générale de Météo-France. L’été 2026 a été marqué par la vague de chaleur la plus intense jamais mesurée, au mois de juin. Celle du mois d’août, troisième de l’année, a presque égalé la plus longue, qui date de 1983. «Nous avons connu un nombre de jours en vagues de chaleur totalement inédit cet été», rappelle Virginie Schwarz. 53, au total, durant la saison (presque un jour sur deux pendant cette période), loin devant l’été 2022 et ses 33 jours. Cet été, 90% du territoire hexagonal, y compris dans la moitié nord, a connu voire dépassé les 35°C. Les zones qui ont culminé à 40°C et plus représentent 40% de l’Hexagone. «Ce ne sont plus des chaleurs qui ont lieu dans des endroits très spécifiques», souligne Virginie Schwarz. Le mercredi 24 juin a été la journée la plus chaude jamais mesurée sur le territoire hexagonal, avec 30°C en moyenne (nuit comprise). «Cet été aurait été quasiment impossible sans le changement climatique», souligne la PDG de Météo-France. La saison a été en moyenne plus chaude de 5°C par rapport à la période préindustrielle (1850-1900), dont 2,4°C sont directement imputables au changement climatique, selon l’établissement public. Outre les températures extrêmes, l’été 2026 a aussi été le deuxième moins pluvieux derrière 1959. Résultat : la sécheresse s’est généralisée à l’ensemble de la France hexagonale dès le mois de juin. Quant au mois d’août, il a été «la période la plus sèche de tous les temps», indique Virginie Schwarz. La directrice de Météo-France a tenu à rappeler que «cet été serait ordinaire dans une France à +4°C» de réchauffement. Texte intégral (755 mots)



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