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L’actualité de l’écologie dans un format minimaliste - Dir. de publication : Juliette Quef

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22.05.2026 à 12:02

Loi d’urgence agricole : les députés valident un article controversé sur les bassines… et s’attaquent à la démocratie de l’eau

Médianes

Texte intégral (848 mots)
La loi d’urgence agricole espère débloquer les projets de bassines agricoles (ici à Sainte-Soline). © Laetitia Notarianni/Hans Lucas via AFP

C’est l’un des passages les plus sensibles de la loi d’urgence agricole, examinée par l’Assemblée nationale depuis mardi. L’article 5, consacré à la «simplification» du stockage d’eau et de l’irrigation agricole, a été adopté par les député·es jeudi, après de longues heures de discussion.

Le développement de retenues d’eau (dont les fameuses «mégabassines») doit permettre de collecter les eaux hivernales pour les utiliser en période de sécheresse, dans un contexte de tensions croissantes autour du partage de la ressource. Mais ces infrastructures sont critiquées par les associations écologistes et nombre de scientifiques, qui y voient un exemple de maladaptation aux changements climatiques.

«Fuite en avant»

Dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, les soutiens du stockage d’eau y voient une solution nécessaire pour sécuriser les récoltes, et souhaitent alléger les procédures d’autorisation, dont les délais sont régulièrement critiqués par certains syndicats agricoles. Ces ouvrages «mettent parfois dix ans à aboutir» alors que les agriculteur·ices font face à des «sécheresses qui se multiplient», selon les mots de Timothée Houssin (Rassemblement national).

Face à la diminution de l’eau disponible en lien avec le dérèglement climatique, la députée (Les Écologistes) Delphine Batho a quant à elle dénoncé «une fuite en avant dans l’illusion que le stockage serait un remède magique», alors que les chercheur·ses préconisent à l’inverse un «changement des pratiques agricoles».

L’article adopté supprime l’obligation de tenir des réunions publiques autour de ces projets pour obtenir une autorisation environnementale. Elles peuvent désormais être remplacées par de simples permanences en mairie – une disposition directement inspirée de la loi Duplomb, qui l’avait introduite pour les consultations autour des agrandissements d’élevage.

Il permet aussi aux préfet·es de prolonger pendant deux ans une autorisation de prélèvement d’eau annulée par la justice (car trop excessive pour les milieux naturels, par exemple). Une disposition «contraire même à la séparation des pouvoirs», a cinglé Manon Meunier (La France insoumise). Mais «rompre du jour au lendemain ces prélèvements, c’est extrêmement dommageable pour l’agriculteur», a argumenté le député (Renaissance) Jean-René Cazeneuve. Ce dernier a également fait adopter un raccourcissement des délais de recours en justice contre les projets de stockage d’eau, qui passent de dix à six mois.

La démocratie locale de l’eau réformée

Ce n’est pas tout : les député·es d’extrême droite, de droite et d’une partie du bloc central ont aussi effacé plusieurs garde-fous négociés lors des travaux préparatoires en commission du développement durable. Le camp présidentiel a obtenu la suppression de la notion de «sobriété» en matière d’irrigation : un «chiffon rouge absolu pour des agriculteurs qui voient leur production dépérir», selon la ministre de l’agriculture, Annie Genevard.

En commission, le groupe écologiste avait obtenu le renforcement de la place de l’agriculture biologique et des usager·es non économiques (associations environnementales, loisirs…) au sein des «parlements de l’eau», qui décident de règles pour protéger la ressource sur un territoire (notre article). Jeudi, l’Assemblée a non seulement supprimé ces dispositions, mais elle a aussi adopté un amendement aux antipodes, à l’initiative du député (Mouvement démocrate) Nicolas Turquois : il augmente la part de représentant·es du monde agricole et de l’État au sein des commissions locales de l’eau, au détriment des élu·es du territoire.

L’examen de la loi d’urgence agricole se poursuit à l’Assemblée jusqu’au 29 mai. Les député·es doivent encore examiner plus d’un millier d’amendements, sur des articles consacrés aux zones humides, au loup gris ou encore au revenu agricole.

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22.05.2026 à 11:03

«Un épisode de chaleur anormalement élevé» et «précoce» frappe la France, des pics à 35°C attendus dans le Sud-Ouest

Médianes

Texte intégral (801 mots)
Photo d’illustration. L’ouest et le centre-ouest de l’Hexagone seront particulièrement touchés par des températures «remarquables», avec jusqu’à 35°C en Aquitaine. © Kenzo Tribouillard/AFP

«On va sans doute vivre des journées parmi les plus chaudes jamais vues en mai», projette Christelle Robert, prévisionniste à Météo-France. Le thermomètre a dépassé les 30 degrés Celsius (°C) jeudi dans le sud-ouest de l’Hexagone, à Carcassonne (Aude), Toulouse (Haute-Garonne), Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), Capbreton (Landes), ainsi que dans la basse vallée du Rhône. Ces fortes chaleurs atteindront le val de Loire ce vendredi, puis se généraliseront sur les deux tiers du pays durant le week-end de la Pentecôte.

«Cet épisode de chaleur est précoce et atteindra une intensité inédite en moyenne sur la France», souligne l’experte. Les records d’après-midis de journées de mai les plus chaudes pourraient également être battus, qu’il s’agisse du 29 mai 1947 (30°C), du 27 mai 2005 (30,3°C), du 28 mai 2017 (29,8°C), du 18 mai 2022 (29,7 °C) ou du 30 mai 2025 (30,5°C).

L’ouest et le centre-ouest de l’Hexagone seront particulièrement touchés par des températures «remarquables», avec jusqu’à 35°C en Aquitaine. Certaines villes (Rennes, Agen, Montauban, Bordeaux et Auch, par exemple) dépasseront de 10°C, voire 12°C, les moyennes de saison. Ce sera également le cas à Paris, dimanche, selon les prévisions.

Carte des prévisions pour l’Hexagone pour le samedi 23 mai 2026. © Météo-France

«Nous surveillerons aussi attentivement les températures minimales, notamment dans la nuit de dimanche à lundi», explique Christelle Robert. Elles risquent d’être particulièrement élevées, avec 20°C atteints sur le littoral atlantique. «C’est rare, voire exceptionnel, pour un mois de mai, note la scientifique. C’est encore dur de savoir quand les fortes chaleurs cesseront, mais l’épisode durera au moins jusqu’à la première moitié de la semaine prochaine.»

Un dôme de chaleur à l’origine des hautes températures

L’emballement du mercure est d’autant plus marquant qu’il fait suite à une période fraiche, en dessous des normales de saison. À partir du 11 mai, un afflux d’air d’origine polaire a limité les maximales de 13 à 15°C au nord de la Seine pendant plusieurs jours. Ces variations s’expliquent par les déplacements de dépressions (zones de basse pression, souvent responsables de pluies) ou d’anticyclones (des axes de haute pression). Si ce changement brusque de météo est habituel pour un mois de mai, il est rare qu’il soit aussi marqué.

L’augmentation des températures s’explique par un blocage anticyclonique : des zones de haute pression agissent comme un dôme de chaleur – une sorte de couvercle – au-dessus du territoire. Elles piègent l’air chaud à tous les étages de l’atmosphère, le compriment et le réchauffent encore.

«Cette situation provient d’une petite goutte froide sur le proche Atlantique, qui a fait remonter la masse d’air chaude venue du Maroc sur la péninsule ibérique», explique Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France. L’air chaud est maintenant bloqué au-dessus de l’Hexagone. Il est «accompagné de poussières désertiques, on aura un ciel un peu sableux sur la moitié nord du pays dans les prochains jours», note l’expert.

Des épisodes plus fréquents avec le réchauffement climatique

Le changement climatique ne crée pas de nouveaux schémas atmosphériques : cette situation de blocage existe naturellement. En revanche, ce qui est certain, c’est qu’«il amplifie les effets de ces blocages», souligne Christelle Robert.

«Nous constatons une accélération de ces phénomènes avec le temps, abonde Matthieu Sorel. Nous ne sommes absolument pas surpris, il est malheureusement attendu avec le changement climatique d’avoir des épisodes plus intenses, plus précoces et qui durent plus longtemps qu’auparavant.»

Et l’atmosphère ne devrait pas se rafraîchir. Météo-France prévoit une tendance plus chaude que les normales de saison pour la période de mai à juillet.

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22.05.2026 à 10:05

«C’est un soulagement» : le Conseil constitutionnel repêche les ZFE et sauve le dispositif anti-bétonisation ZAN

Médianes

Texte intégral (679 mots)
Les zones à faibles émissions sont un symbole du premier quinquennat Macron. © Elsana Adzemovic/Hans Lucas via AFP

Saisi par plusieurs groupes du bloc central ainsi que par Les Écologistes et les socialistes, le Conseil constitutionnel a – sans surprise – fait le ménage dans le projet de loi de «simplification de la vie économique», qu’un examen parlementaire chaotique avait transformé en bric-à-brac législatif. Résultat, 25 articles sur 84, soit près d’un tiers du projet de loi, sont totalement ou partiellement censurés, «faute d’identifier un lien, même indirect, avec les dispositions du projet de loi initial», explique le Conseil dans sa décision de jeudi. Plusieurs mesures à visée environnementale sont sauvées.

ZFE restaurées, ZAN préservé, Ceser protégés

C’est le cas des zones à faibles émissions (ZFE), dont le projet de loi proposait la suppression. Symboles du premier quinquennat Macron, ces zones entendent limiter la pollution de l’air aux particules fines en excluant certains véhicules anciens et polluants des centres-villes de 25 agglomérations. La droite, l’extrême droite et La France insoumise avaient uni leurs voix pour obtenir la suppression de cette mesure jugée injuste pour les foyers modestes, qui possèdent en majorité les véhicules concernés.

Le Conseil constitutionnel censure aussi un article qui prévoyait d’exclure certains projets industriels (notamment ceux reconnus d’intérêt majeur pour la souveraineté nationale) du calcul de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers. Une sévère entrave au dispositif zéro artificialisation nette (ZAN), qui prévoit de ramener progressivement à zéro «net» l’artificialisation de ces espaces d’ici à 2050. En d’autres termes, l’artificialisation de nouveaux terrains doit être conditionnée à la renaturation ­d’espaces artificialisés dans des proportions égales. Enfin, les conseils économiques, sociaux et environnementaux régionaux (Ceser), des instances de démocratie locale rendues facultatives par le projet de loi (chaque conseil régional aurait décidé de maintenir le Ceser ou non), sont finalement préservés.

«Fourre-tout idéologique»

«Le Conseil constitutionnel rappelle une évidence : on ne peut pas transformer un projet de loi en fourre-tout idéologique au gré des pulsions de dérégulation», s’est félicité le groupe des Écologistes à l’Assemblée. Mais «ce texte restera comme le symbole d’une fuite en avant libérale où, sous couvert de simplification, certains voulaient faire sauter les protections sociales, environnementales et démocratiques.»

Pour Véronique Andrieux, directrice générale du WWF France, «c’est bien sûr un soulagement de voir le Conseil constitutionnel censurer le renoncement environnemental qu’aurait représenté l’abrogation du ZAN. Mais ce soulagement pourrait hélas être de courte durée : ce coup de pouce constitutionnel n’efface pas les débats parlementaires et donc le fait qu’il s’est trouvé une majorité – et un ministre de la transition écologique ! – pour approuver le détricotage de la lutte contre l’artificialisation des sols.» Lors des débats en séance, le ministre délégué à la transition écologique, Matthieu Lefevre, avait estimé que les dérogations au ZAN n’étaient «pas un recul mais une exception ciblée».

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21.05.2026 à 11:40

Réparation des dommages climatiques : l’Assemblée générale de l’ONU vote une résolution «historique» sur les obligations des États

Médianes

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La Haye (Pays-Bas), le 23 juillet 2025. Le ministre du changement climatique du Vanuatu, Ralph Regenvanu, s’exprime avant que la Cour internationale de justice rende un avis sur les obligations juridiques des États en matière de lutte contre le réchauffement du climat. © John Thys/AFP

Alors que l’année 2026 nous promet un climat extrême, la résolution adoptée à une écrasante majorité (141 voix pour, 8 contre et 28 abstentions) par l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) est une rare éclaircie à souligner. Qualifiée d’«historique» par l’ONG Greenpeace, elle est, selon le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, «une puissante proclamation du droit international, de la justice climatique, de la science et de la responsabilité des États à protéger la population de l’escalade de la crise climatique».

Les États qui dérogent à leurs obligations climatiques commettent un acte «illicite»

L’origine de cette résolution remonte à 2023, lorsque l’Assemblée générale de l’ONU avait demandé à la Cour internationale de justice (CIJ) un avis sur la responsabilité des États de respecter leurs engagements climatiques. La demande était portée par le Vanuatu, un petit État insulaire du Pacifique gravement menacé par l’élévation du niveau de la mer et grand défenseur du combat pour la justice climatique. Rendu l’été dernier, l’avis de la CIJ a fait date en affirmant que les États qui ne respectent pas leurs obligations climatiques commettent un acte «illicite» et s’exposent à des «réparations» envers les pays affectés. Pour rebondir sur cette décision non contraignante, mais sur laquelle les tribunaux du monde entier peuvent s’appuyer, le Vanuatu a présenté en janvier un projet de résolution destiné à la rendre opérationnelle.

La résolution votée hier réaffirme donc formellement les conclusions de la CIJ, en souligne «l’importance et l’autorité», et appelle tous les États à «honorer les obligations que leur fait le droit international» pour protéger le climat. Si le texte demande au secrétaire général de l’ONU de présenter un rapport en 2027 sur les moyens de favoriser le respect de toutes ces obligations, il insiste déjà sur la nécessité de «transitionner hors des énergies fossiles». Cet objectif a été adopté en 2023 par près de 200 pays lors du 28ème sommet mondial (COP28) sur le climat à Dubaï (Émirats arabes unis).

La résolution souligne aussi que, selon la CIJ, un État enfreignant ses obligations climatiques engage sa responsabilité, avec l’éventualité de devoir octroyer «une réparation intégrale aux États lésés» ; une avancée majeure, alors que les pays les plus responsables historiquement du changement climatique sont hostiles à tout mécanisme qui pourrait les forcer à verser des réparations.

Opposition des États-Unis, d’Israël, de l’Iran, de la Russie et de l’Arabie saoudite

Le texte n’est pas sorti indemne des nombreuses séances de négociations entre États, entravées notamment par l’opposition des États-Unis et les manœuvres dilatoires de pays producteurs de pétrole, comme l’Arabie saoudite et le Koweït, qui ont multiplié les interventions de procédure pour retarder le vote. L’idée d’un «registre international des dommages» destiné à rassembler les «preuves» des préjudices attribuables au réchauffement, élément phare du projet originel, a disparu.

Cette résolution «très problématique» inclut «des exigences politiques inappropriées liées aux énergies fossiles et d’autres questions climatiques», a dénoncé l’ambassadrice étasunienne adjointe Tammy Bruce, refusant de considérer l’avis de la CIJ comme «faisant autorité». «Nous savons que certains préfèreraient que cette Assemblée en dise moins, ou qu’elle ne dise rien du tout», soulignait Odo Tevi, ambassadeur à l’ONU du Vanuatu, avant le vote. Et d’insister sur le fait que cette résolution «est importante parce que les dommages sont réels et déjà présents pour les îles et les zones côtières en basse altitude, pour les communautés faisant face à la sécheresse et aux mauvaises récoltes, pour ceux dont les maisons, les revenus, et la culture sont bouleversés par des forces qu’ils n’ont pas déclenchées.»

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