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L’actualité de l’écologie dans un format minimaliste - Dir. de publication : Juliette Quef

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15.09.2026 à 12:01

«Ce rassemblement est inédit» : pompiers, infirmiers et associations écolos marchent ensemble pour le climat

Mathilde Picard

Texte intégral (1022 mots)
Lors d’une manifestation à Paris, le 28 septembre 2025. © Bastien Ohier/Hans Lucas via AFP

«Ce rassemblement est inédit», pose Jean-François Julliard, directeur général de France nature environnement (FNE). Ce mardi 15 septembre, à 19h30, de nombreuses associations, collectifs et syndicats se rejoindront devant le ministère de l’économie et des finances, à Paris. Elles et ils réclament des moyens financiers d’adaptation face au réchauffement climatique et une véritable trajectoire de diminution des émissions de gaz à effet de serre.

Un premier rendez-vous militant en ce mois de septembre avant la marche pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale du 26 septembre prochain. Les associations écologistes veulent que les drames de l’été caniculaire ne soient pas oubliés. Les prochaines semaines seront riches en mobilisations dans toute la France.

«C’est peut-être la dimension qui manquait aux marches pour le climat de ces dernières années : la convergence entre nos collectifs et les syndicats de travailleurs comme ceux des infirmiers et de pompiers», avance Jean-François Julliard.

Une présence évidente, pour Thierry Amouroux, porte-parole du syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI). «L’effet du réchauffement climatique et des canicules, on le voit directement sur nos patients, raconte-t-il à Vert. Ce ne sont pas des concepts théoriques pour l’an 2050, c’est une dégradation conséquente de l’état de santé des personnes que l’on suit. À peine une première vague de chaleur se finissait qu’une autre arrivait, sans qu’elles aient le temps de récupérer.»

Des hôpitaux «complètement inadaptés aux canicules»

La longueur et l’intensité des canicules fragilisent tous nos organes et affectent particulièrement les personnes atteintes de maladies chroniques. «Certains de nos patients ont atteint des niveaux de dégradation à cause des canicules qu’ils ne devaient pas connaître avant des années», déplore-t-il.

Les infirmier·es du SNPI travaillent dans des hôpitaux «complètement inadaptés aux canicules», insiste-t-il. Cet été, «ils se sont transformés en serres médicalisées : la température est montée à 35°C voire 40°C degrés dans certaines chambres. Ça a été terrible, on voyait nos patients se réfugier à l’hôpital, mais l’environnement y était dégradé et leur état de santé en pâtissait», rembobine le professionnel.

En juin dernier, l’ONG Oxfam pointait l’explosion des besoins en soins due au réchauffement climatique et celle de la fréquentation des urgences dans un système de santé déjà en crise. «Nous, soignants, à part scotcher une couverture de survie avec du sparadrap le long des vitres, on ne pouvait rien faire», s’indigne Thierry Amouroux.

Utiliser l’argent existant pour l’adaptation au changement climatique

Outre un budget de l’État à la hauteur des enjeux, le syndicat réclame une meilleure utilisation du budget existant, et notamment des 60 milliards d’euros cumulés depuis 2004 avec la création de la journée de solidarité. Pour le syndicaliste, «cette mesure post-canicule de 2003 fait contribuer les Français financièrement ; ce montant ne peut pas être fléché à d’autres fins que protéger les plus vulnérables, ce n’est pas admissible

Le SNPI prendra la parole devant Bercy ce mardi soir aux côtés de pompier·es, d’organisations de défense des précaires (Fondation pour le logement des défavorisés), de syndicats étudiants et de multiples associations écologistes (FNE, Greenpeace).

L’occasion pour chaque collectif de rappeler que le réchauffement climatique creuse les inégalités et les discriminations déjà existantes. Alors que les fortes chaleurs attisent les violences contre les femmes, l’association Nous toutes s’exprimera également.

«Rien n’est acquis et c’est un combat difficile»

«Si nous nous retrouvons ensemble ce soir, c’est parce que l’été a été particulièrement douloureux et a affecté quasiment tous les secteurs de la société», souligne Jean-François Julliard. Le point de convergence de ces collectifs : appeler à un projet de loi de finances avec davantage de moyens pour l’adaptation au changement climatique. «Le budget de l’État, qui sera voté d’ici la fin de l’année, doit compenser les failles et les vulnérabilités de cet été», insiste le directeur général de FNE.

Rénovation thermique des écoles et des hôpitaux, recrutements et moyens matériels pour les pompier·es, augmentation du Fonds vert pour aider les collectivités territoriales à s’adapter… La liste des demandes est longue.

Le militant écologiste l’admet : «Rien n’est acquis et c’est un combat difficile, mais on rentre dans une séquence présidentielle ; on veut que ces sujets-là soient présents dans le débat, qu’ils ne tombent pas dans l’oubli sitôt les températures redescendues.»

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15.09.2026 à 10:17

Vert recrute : journaliste politique en CDD sur l’extrême droite et l’écologie

Vert

Texte intégral (1154 mots)

Pour ce renfort précieux pour notre équipe, il est attendu une fine connaissance de la politique française, des enjeux de désinformation et une connaissance de l’extrême droite politique.

Parmi les missions, le ou la journaliste suivra l’extrême droite dans la campagne présidentielle en lien avec les sujets écologiques, décryptera le programme de ses candidat·es, mais aussi les discours de désinformation climatique (médias, politiques, IA). Le ou la journaliste sera en charge de la newsletter et de la rubrique Chaleurs actuelles.

Vert, c’est :

→ Un média généraliste qui a l’urgence écologique comme grille de lecture de l’actualité. Avec ses formats courts, simples et accessibles gratuitement, Vert veut permettre au plus grand nombre de comprendre les crises de notre époque et de savoir comment agir.

→ Un journal quotidien (et hebdo) envoyé sous forme de newsletter qui compte plus de 140 000 abonné·es et un site très consulté.

→ Des comptes sur les réseaux très suivis (570 000 followers sur Instagram, 120 000 sur LinkedIn et Facebook, mais aussi des comptes sur Youtube, TikTok, Bluesky, Threads, etc.).

→ Un média indépendant financé par les dons de particuliers.

→ Une équipe de 18 salarié·es.

Missions

En lien avec le rédacteur en chef du pôle écrit (Rémy Calland), le directeur de la rédaction (Loup Espargilière) et l’ensemble de la rédaction, la ou le journaliste politique sera chargé·e de couvrir l’actualité des partis d’extrême droite dans la campagne présidentielle en lien avec les sujets écologiques, de décrypter le programme de leurs candidat·es à l’élection présidentielle et aux législatives, de débusquer la désinformation climatique.

→ Veille et suivi de l’actualité des partis d’extrême droite en lien avec les enjeux écologiques ;

→ Couverture de l’actualité chaude de la campagne, fact-checking de déclarations, décryptage de programmes, couverture de rassemblements, reportages ;

→ Analyse des circuits de désinformation climatique et du traitement de l’écologie dans les médias d’extrême droite ;

→ Écriture des contenus de la newsletter mensuelle Chaleurs actuelles ;

→ Enquête possible.

Profil recherché

Formation : école de journalisme ; école de sciences politiques.

Expérience : au moins trois ans d’expérience en média national ; avoir couvert une précédente campagne est un grand plus.

Compétences : rigueur, excellente plume, maîtrise des formats décryptage et reportage d’actualité, sens de l’info, capacité à trouver des sujets et angles originaux.

Connaissances : maîtrise des enjeux écologiques, connaissance des institutions, de l’extrême droite française et ses représentant·es

Qualités personnelles : autonomie, créativité, rigueur, efficacité, adaptabilité, esprit d’équipe.

Conditions

Type de contrat : contrat à durée déterminée (CDD).

Salaire : 2 700€ brut, hors ancienneté et 13ème mois.

Lieu de travail : sur site, à Césure (13, rue Santeuil, 75 005 Paris).

Avantage : titres-restaurant pris en charge à 50% par jour travaillé ; mutuelle 50% ; forfait mobilité durable.

Pourquoi c’est chouette de travailler à Vert ?

→ Vert est un média 100% indépendant qui vit des dons de ses lectrices et lecteurs. Pas d’actionnaires bizarres à qui rendre des comptes ou de publicités gênantes.

→ Vert est un média à impact. Vous contribuerez à bousculer le paysage médiatique avec un média qui a formé des centaines de journalistes, d’étudiant·es en journalisme et même de lycéen·nes. Vert a initié la Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique, nos journalistes interviennent régulièrement dans les grands médias, sont auditionnés par le Sénat, et nos informations sont régulièrement reprises en France comme à l’étranger.

→ Vert est un média ouvert sur son écosystème. Nous collaborons avec tout un tas de médias indépendants et traditionnels, ainsi qu’avec des associations, des festivals, ou des collectivités qui ont à cœur de faire le pont entre des acteurs souvent éloignés les uns des autres.

→ Vert est un média engagé dans la transformation de la société avec des valeurs fortes de sobriété et de solidarité. Nous avons par exemple pris position contre la montée de l’extrême droite, et nous sommes en faveur d’une société plus féministe, antiraciste et inclusive. Lisez notre manifeste.

→ Vert est un média en plein développement. L’équipe s’étoffe au fil des mois et le titre dispose d’une notoriété et d’un crédit croissants. Les prochaines années s’annoncent fastes et nous sommes porté·es par une communauté de lecteur·ices et de soutiens enthousiastes : le Club de Vert, les personnes qui nous soutiennent avec un don mensuel, compte déjà plus de 15 000 membres.

→ La direction porte une attention particulière aux conditions de travail des salarié·es, au respect de l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle. Par ailleurs, un environnement sain, des locaux sympas et une bonne ambiance nous semblent être les ferments d’une expérience professionnelle riche.

Pour candidater

👉 Complétez ce formulaire avant le dimanche 27 septembre 2026.

Le processus de sélection :

  1. Si vous êtes pré-sélectionné·e, un premier entretien court par téléphone.
  2. Exercice technique : écriture d’un article.
  3. Deuxième entretien avec la rédaction.

Date de prise de poste : début octobre 2026.

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15.09.2026 à 06:00

«Le climat est devenu une épée de Damoclès» : après un été catastrophique, cet agriculteur du Poitou jette l’éponge

Sylvain Lapoix

Texte intégral (1539 mots)
Les sécheresses ont eu raison du projet de Samuel Le Mercier. © Sylvain Lapoix/Vert

Au volant de son vieux tracteur Zetor rouge délavé, Samuel Le Mercier ramène sa dernière récolte de patates avant que l’humidité ne revienne sur les coteaux de Limalonges (Deux-Sèvres). Passées au tri, les trois quarts sont bonnes à jeter, «complètement bouffées par les taupins et les vers gris qui venaient chercher de la fraîcheur», souffle-t-il.

Son engin aurait bien besoin d’un passage au garage. D’un peu d’énergie, aussi. Mais Samuel Le Mercier ne refera pas le plein. À cause du prix du gasoil non routier qui a explosé, bien sûr. Mais aussi parce que, pendant cet été caniculaire, tout l’a lâché : «Le tracteur date des années 1980, il commence à fatiguer un peu… comme son propriétaire. Je pense que, dans mon cas, c’est réglé.» Après onze ans à cultiver sur la ferme familiale, Samuel Le Mercier arrête. Et il n’est pas le seul.

D’après un sondage de la chambre d’agriculture de la Charente-Maritime et des Deux-Sèvres, réalisé entre le 16 juillet et le 26 août, 64% des responsables d’exploitation interrogé·es envisagent l’arrêt de leur activité – dont 21% «sérieusement» et 5% «à court terme». Dans l’ordre des préoccupations : des charges trop élevées (67%), le manque d’eau (61%) et les problèmes de trésorerie (57%).

«La sécheresse agit comme un accélérateur d’une fragilité économique préexistante», analyse la chambre. Le plan d’aide à l’agriculture présenté par la ministre début septembre n’a rien changé : Samuel Le Mercier et beaucoup d’autres n’ont plus les moyens financiers ou physiques de faire une saison de plus.

«Tous les étés, j’ai une culture qui me lâche»

Fils de céréalier, BTS agricole en poche, Samuel Le Mercier aurait pu reprendre la ferme familiale de 34 hectares en blé et tournesol conventionnels. Mais, à l’occasion d’un voyage en Argentine, il découvre des microfermes autosuffisantes où tout pousse sans pesticide.

En 2015, il contracte un bail agricole auprès de son père, convertit les céréales en bio et développe le maraîchage sur un hectare. «De toute façon, la chambre d’agriculture n’aurait pas accepté mon dossier d’installation si je ne m’étais pas diversifié, se souvient le paysan. Et, en un sens, ça m’a créé une sécurité.»

Installé à une heure des premières villes (Angoulême, Niort et Poitiers), il s’est constitué un dense réseau de distribution : légumes fournis aux paniers en ligne du Clic paysan, céréales à prix garantis aux moulins de Chassagne, deux soirs de vente directe à la ferme… Avec un chiffre d’affaires réalisé à 50% en céréales et à 50% en maraîchage, le paysan dégage un salaire de 1 260 euros. Il le partage depuis peu avec sa compagne, Aurélie Baffou, qui a délaissé son job pour prêter main-forte à mi-temps.

Samuel Le Mercier et Aurélie Baffou partagent un salaire de 1 260 euros. © Sylvain Lapoix/Vert

Dès le début, le changement climatique a labouré le modèle économique de sa petite ferme : «Tous les étés, j’ai une culture qui me lâche : c’étaient les céréales qui sauvaient le maraîchage, ou réciproquement, récapitule Samuel Le Mercier. En 2025, tout ce qui était sous serre était magnifique et, en plein champ, c’était pas la fête : la sécheresse a tué mes poireaux.» Cette dernière saison, les galères n’ont pas attendu le mois de juin pour faire basculer l’exploitation.

50% de pertes sur les légumes

Dans les champs mal préparés à cause d’un hiver boueux (41% de pluie en excédent en Nouvelle-Aquitaine, selon Météo France), la chaleur a dépassé les 30 degrés Celsius (°C) dès avril. «Les blés ont pris un coup de chaud, ça a anéanti leur potentiel : j’ai récolté tout ce que j’ai pu», se désole le cultivateur. Un genou à terre, il ausculte les tournesols : teint grillé, tête basse, la plupart des tiges ne dépassent pas la ceinture.

Épuisés, les pieds de tomates qui donnaient auparavant jusqu’en décembre tendent leurs derniers fruits. Samuel Le Mercier a tout essayé : «Quand on a blanchi les serres à la chaux, les orages ont tout lavé en une après-midi sans faire tomber les températures…» Au lieu de sept à huit fleurs blanches au printemps, les plants d’aubergines n’ont tendu qu’un pistil.

Dans le sondage de la chambre d’agriculture, la moitié des répondant·es déclare prévoir des récoltes en baisse de 25 à 50%. «Je devrais être en train de semer mes cultures d’hiver, déplore Samuel Le Mercier. Mais, quand j’ai perdu 1 500 choux en juillet à cause des ravageurs et de la sécheresse, j’ai décidé d’abandonner.»

«Toutes les aides vont à l’agroindustrie !»

Fataliste, il constate : «Les seuls qui s’en sortent, ce sont ceux qui ont un accès sécurisé à l’eau, une bassine ou un bon puits.» L’agriculteur s’était pourtant équipé : «J’ai fait un forage à 40 mètres qui donne bien. Mais, quand l’arrosage est lancé dans les champs de maïs du coin, à la mi-juillet, je suis vite à sec.» Il branche alors sa citerne sur le réseau et change de tarif : de 50 centimes le mètre cube, il passe à deux ou trois euros. Malgré son goutte-à-goutte, le compteur affiche vite une facture à quatre chiffres.

Les canicules ont poussé le corps du paysan vers des fatigues inconnues : coup de pompe, douleurs articulaires… © Sylvain Lapoix/Vert

Un coût qui s’ajoute à une inflation généralisée : essence du tracteur, assurances, comptable… «Dès que j’ai un souci, il faut que je bricole : le mécano, c’est 70 euros de l’heure, sans les pièces», illustre-t-il.

Membres du syndicat agricole Confédération paysanne, qui demandait 5 000 euros de soutien par ferme, Samuel Le Mercier et sa compagne ont déchanté à l’annonce du plan d’urgence à un milliard d’euros de la ministre de l’agriculture, Annie Genevard. «Tout est orienté vers l’agroindustrie, désespère Aurélie Baffou. On cherche à nourrir nos enfants, préserver les écosystèmes… et la ministre ne donne pas un euro pour s’adapter. Et l’année prochaine, ils vont faire quoi ?»

Le climat, «une épée de Damoclès»

«Travailler pour pas grand-chose, j’ai l’habitude, ironise le paysan. Mais quand ton corps ne te répond plus, tu ne peux pas envisager l’avenir sereinement.» Après un hiver à cracher ses poumons à cause d’une infection résorbée à coups d’antibiotiques, les canicules ont poussé le corps de cet ancien footballeur amateur vers des fatigues inconnues : coup de pompe après une matinée sous la serre, douleurs articulaires pendant les récoltes… «Et je n’ai que 40 ans», rappelle-t-il.

L’été à peine passé, les prévisions météorologiques pour la prochaine saison se voient de nouveau bouleversées par le retour du phénomène El Niño. Perturbation naturelle liée à la hausse des températures à la surface des océans, cette anomalie augmente les précipitations et les températures. Une nouvelle source d’instabilité qui a achevé de convaincre Samuel Le Mercier : «Le climat, c’est une épée de Damoclès : tu as beau t’accrocher, tu n’es pas maître de ton destin.»

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14.09.2026 à 06:00

Canicules relativisées et débats sur la climatisation : 452 cas de mésinformation climatique à la télé et à la radio entre janvier et juin

Louise Deshautels

Texte intégral (1416 mots)
CNews diffuse toujours plus d’un cas de mésinformation par heure d’information sur le climat. © Capture d’écran CNews

Avec les canicules de cet été, la «mésinformation climatique» a explosé sur les chaînes de télévision et à la radio. Ce terme désigne les séquences au cours desquelles une contre-vérité sur le climat est prononcée à l’antenne sans être corrigée par un journaliste dans les deux minutes qui suivent. Ces mésinformations sont récurrentes pendant les évènements climatiques extrêmes ou lorsque les questions environnementales s’imposent dans l’actualité. Du 5 janvier au 5 juillet 2026, l’Observatoire des médias sur l’écologie (OME) a recensé 17 cas de mésinformation climatique par semaine dans les programmes d’information des médias audiovisuels français.

L’OME, composé notamment de Quota Climat, Expertises Climat, Data for Good et Science Feedback, publie ce lundi son bilan du traitement médiatique des enjeux environnementaux au premier semestre 2026, que Vert révèle en exclusivité. L’Observatoire a passé au crible les programmes d’information liés au climat de 18 médias audiovisuels.

En six mois, 452 séquences problématiques ont été recensées à la télévision et la radio. C’est 28% de plus qu’au premier semestre 2025, lorsque 353 cas avaient été identifiés. Pour l’Observatoire, cette progression traduit une «ampleur inédite» de la mésinformation climatique dans les médias tricolores. Une évolution que la secrétaire générale de Quota Climat, Eva Morel, explique par «une polarisation de plus en plus forte autour des questions environnementales». Celles-ci se sont imposées dans le paysage médiatique en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, en particulier à cause du blocage du détroit d’Ormuz en mars, et des canicules de cet été.

La crise climatique est instrumentalisée par certains acteurs politiques

60 cas de mésinformation ont été recensés entre le 25 et le 31 mai, puis 80 entre le 22 et le 28 juin. Ces deux semaines figurent parmi les trois périodes ayant concentré le plus de cas depuis le lancement de l’Observatoire, en novembre 2024. Trois médias audiovisuels sont champions dans la production et la diffusion de ces contenus erronés : CNews, Europe 1 et Sud Radio, qui diffusent toujours plus d’un cas de mésinformation par heure d’information sur le climat.

«À mesure que la crise climatique progresse, elle est instrumentalisée par certains acteurs politiques, pointe Eva Morel. Ils tentent de se positionner sur les questions environnementales sans modifier le reste de leurs programmes. Mais comme on ne peut pas faire rentrer des carrés dans des ronds, ça ne fonctionne pas. Ils sont obligés d’utiliser des arguments infondés, sans contexte ou totalement faux.»

En parallèle, la couverture médiatique de l’environnement progresse légèrement dans l’audiovisuel. Entre janvier et juin, les sujets liés au climat ont représenté 5,3% des contenus d’information diffusés, contre 4,9% sur la même période en 2025. Une hausse largement portée par l’actualité.

«Les canicules sont traitées comme un fait divers»

Pendant les deux premières canicules, en mai et juin, on pouvait entendre ou lire des discours relativisant l’intensité ou la fréquence des épisodes de chaleur. Et ce malgré les données scientifiques à disposition. Le 27 mai, invité sur CNews, le journaliste du Journal du Dimanche (JDD) Raphaël Stainville a déclaré qu’«il ne faut pas non plus, sur la base de ces fortes chaleurs, qui sont des phénomènes météorologiques, en déduire des conclusions climatiques».

Une rhétorique reprise moins d’un mois plus tard par Luc Ferry, chroniqueur et éditorialiste sur LCI, qui s’est exclamé : «On ne va pas atteindre 44 à Paris ; à Paris, ça sera moins qu’en 2019. Donc on ne peut pas dire que c’est nouveau et qu’on n’a jamais vu ça, ce n’est pas vrai. Et n’oubliez pas qu’en 1976 c’était incroyable aussi.»

Le traitement médiatique des canicules peine aussi à s’éloigner d’un constat très alarmiste. «Les canicules sont traitées comme un fait divers qui attire l’attention médiatique», remarque Eva Morel. Elles ne font pas émerger les discours scientifiques qui amènent à des solutions.

La part des séquences qui mentionnent le changement climatique lors des fortes chaleurs a progressé, passant de 33% en 2023 à 42% cette année. Dans le même temps, la proportion de passages évoquant ses causes – notamment la combustion des énergies fossiles et les émissions de gaz à effet de serre associées – a été divisée par deux entre les épisodes de mai et de juin, passant de 14 à 7%.

Le même déséquilibre se retrouve dans le traitement de l’adaptation au changement climatique. Cette thématique occupe une place beaucoup plus importante dans les médias : elle représentait environ 20% des séquences consacrées aux canicules en 2023, contre près de 50% lors du deuxième épisode de 2026. Mais l’adaptation est avant tout racontée à travers des réponses immédiates et individuelles – ombre, climatisation, ventilateurs, hydratation –, tandis que les réponses structurelles restent marginales. On parle 24 fois moins de rénovation thermique et de végétalisation que de climatisation.

«Parler de climatisation acte le débat sur l’adaptation, ce qui n’est pas mauvais en soi. Mais ça masque la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre et ça ne permet pas de confronter les dirigeants à leurs responsabilités», estime Eva Morel.

Renforcer la vigilance à l’approche de l’élection présidentielle

Entre janvier et mars, alors que la campagne des élections municipales battait son plein, la couverture environnementale a chuté : de 24% dans l’audiovisuel par rapport à la moyenne de 2025 et de 33% sur les chaînes d’information en continu. En mars, elle ne représentait plus que 2,8% du temps d’antenne : la plus basse couverture depuis la création de l’Observatoire.

Pourtant, comme le souligne Eva Morel : «Ce sont des moments de construction des ambitions des candidats. Mais, lorsque le sujet est moins traité, en particulier dans les interviews, ça n’en fait pas un sujet stratégique.»

À quelques mois de l’élection présidentielle, l’Observatoire redoute que le phénomène se reproduise. Quota Climat espère que les médias tireront les leçons de cet été, en renforçant leur vigilance face à la mésinformation et en interrogeant davantage les candidat·es sur les causes du dérèglement climatique et sur leurs propositions pour y répondre.

Mercredi soir, un débat était organisé sur BFMTV avec le climat pour sujet central. «Un signal positif», pour Eva Morel. Elle nuance : «Il a duré plus de trois heures, avec des experts et des journalistes spécialisés qui posaient des questions. Est-ce que c’est suffisant ? Absolument pas. Mais, au moins, il semble y avoir un petit apprentissage de ce qui s’est passé pendant l’été.»

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