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L’actualité de l’écologie dans un format minimaliste - Dir. de publication : Juliette Quef

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21.06.2026 à 07:00

Substances toxiques, labels abusifs… Quelle crème solaire choisir pour se protéger sans détruire sa santé ni l’océan ?

Mathilde Picard

Texte intégral (1729 mots)
Photo d’illustration. Octocrylène, benzophénone 3, ethylhexyl methoxycinnamate : trois filtres UV à éviter absolument. © Charlie Crowhurst/Getty images via AFP

L’été arrive, et avec lui le réflexe de tartiner notre peau d’une épaisse couche de crème solaire. Chaque année, en moyenne 25 000 tonnes de lotion se retrouvent dans l’océan : un déferlement de filtres UV parfois nocifs pour notre santé et la vie marine.

Présents dans tous les flacons, ces filtres servent à nous protéger des rayons ultraviolets (UV) du soleil qui peuvent entraîner des cancers de la peau. Ils stoppent les rayons UVB, à l’origine des coups de soleil, et UVA, responsables du vieillissement prématuré de la peau.

Mais plusieurs d’entre eux sont des perturbateurs endocriniens, ces substances qui dérèglent le cycle hormonal des humains et des organismes aquatiques. Ils sont associés à des troubles de la croissance, à des problèmes de reproduction ou encore à certains cancers (sein, prostate, thyroïde).

Perturbateurs endocriniens : la crème de la crème des filtres UV à éviter

Premier réflexe quand on choisit sa crème solaire : lire la liste des ingrédients et vérifier l’absence de trois filtres UV. «L’octocrylène, la benzophénone 3 et l’ethylhexyl methoxycinnamate sont les trois filtres UV à éviter absolument», alerte Zoé Kerlo, toxicologue pour Yuka, une application qui évalue les risques sanitaires et écologiques des produits.

L’octocrylène est le plus connu des scientifiques. Avec le temps, il se dégrade et génère de la benzophénone, un composé cancérigène et perturbateur endocrinien. Mieux vaut donc se débarrasser des vieilles crèmes solaires qui en contiennent. Les deux autres sont également suspectés par les expert·es de dérégler le système hormonal.

D’autres filtres UV sont aussi à éviter. L’homosalate, par exemple, est considéré comme «sûr» par le Comité scientifique européen pour la sécurité des consommateurs (CSSC), seulement en quantité inférieure à 7,34% de la lotion. Il présente, selon le CSSC, un risque «moyen» d’être un perturbateur endocrinien. Or de nombreux produits autres que les crèmes solaires en contiennent (des crèmes de jour, anti-âge…). «Utiliser plusieurs cosmétiques peut donc créer un effet d’accumulation dans notre corps au-delà du seuil recommandé, s’agace Laurence Coiffard, enseignante-chercheuse en cosmétologie à l’université de Nantes (Loire-Atlantique). On en retrouve par exemple dans plusieurs produits Nivea, y compris dans des crèmes solaires pour enfants.»

Tous ces filtres sont présents dans de nombreuses crèmes solaires : dans certains produits Uriage, La Roche-Posay ou Cien (Lidl). Si des groupes reformulent chaque année la composition de leurs lotions, les stocks en magasins qui renferment encore des ingrédients à risques continuent de s’écouler plusieurs mois après le changement de recette. La crème solaire Clinique FPS 50 contient par exemple de l’octocrylène et de l’homosalate. De même pour l’ambre solaire de Garnier FPS 15, composée d’octocrylène, ou encore le spray Florida SPF 50.

Pour les poissons, la dose fait le poison

Dangereux pour notre santé, ces filtres UV le sont aussi pour les environnements aquatiques. Crustacés, mollusques, dauphins : ils affectent la biodiversité à grande échelle. «Ils tuent les algues qui permettent aux coraux de se nourrir et de respirer, provoquant leur blanchiment», explique Zoé Kerlo. Ces mêmes coraux sont à la base de la chaîne alimentaire et le milieu de vie d’un écosystème aquatique très riche. Ces substances altèrent aussi la fertilité des poissons et perturbent le bon fonctionnement de leurs organes (cerveau, foie, cœur…).

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a déposé l’année dernière un dossier auprès de l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) pour réduire drastiquement l’utilisation de l’octocrylène par les industriels des cosmétiques. Si cette demande était acceptée, les crèmes solaires contenant ce filtre UV seraient interdites à la vente.

L’agence française relève que «la dispersion de l’octocrylène dans l’environnement entraîne des risques inacceptables pour les organismes aquatiques. Cette substance contamine les écosystèmes aquatiques directement lors des activités récréatives de baignade et indirectement via les eaux usées en sortie des stations d’épuration.»

Les filtres minéraux surfent sur la vague

Les crèmes solaires biologiques se démarquent-elles ? Contrairement aux compositions chimiques, elles sont fabriquées à partir de filtres UV minéraux. Ces derniers bloquent les rayons du soleil, non en les absorbant mais en les renvoyant. Parmi les plus courants : l’oxyde de zinc et le dioxyde de titane. Les études scientifiques sur leur impact sanitaire et environnemental n’en sont encore qu’à leurs débuts.

Pour l’instant, leurs impacts sur l’environnement sont considérés comme limités par rapport aux filtres UV chimiques. Toutefois, l’oxyde de zinc en grande quantité peut se révéler également toxique pour la biodiversité aquatique.

Selon le SCCS, les produits qui contiennent du dioxyde de titane comportent parfois plus de 50% de nanoparticules. Celles-ci permettent de réduire l’effet de pellicule blanche sur la peau, jugé inesthétique par nombre de consommateur·ices, mais leurs conséquences sur la santé sont encore mal connues des scientifiques, qui préconisent le principe de précaution. Selon plusieurs expert·es, ils se révèlent en moyenne moins efficaces pour protéger la peau du soleil.

Les crèmes solaires vendues en pharmacie restent généralement les plus sûres pour la santé. Parmi celles-ci, les enseignantes en cosmétologie Laurence Coiffard et Céline Couteau recommandent, après les avoir analysés, les produits A-derma protect kids SPF 50+ et Avène protect kids. Du côté de Que Choisir ensemble, les analyses mettent en avant la crème solaire Hema ou celle de Mustela.

Choisir la crème SPF 50+ pour ne pas brûler

Qu’en est-il des huiles, des brumes et des drops (gouttes) vendues dans les rayons ? «Sous cette forme, on met très peu de protection sur le corps ; plus la formule est fluide, moins c’est protecteur», insiste Laurence Coiffard. Même chose pour les sticks, largement emballés dans du plastique, qui ne couvrent que de petites surfaces.

Afin de choisir la meilleure protection contre le soleil, il faut toujours préférer les produits avec un indice de protection SPF 50+. Et il est inutile d’insister pour faire pénétrer la crème dans la peau. Contrairement à un baume hydratant, l’efficacité réside au contraire dans l’effet de film protecteur. Masser facilite le passage des substances toxiques comme les perturbateurs endocriniens dans l’organisme. Il vaut mieux appliquer la crème 15 à 30 minutes avant l’exposition, et renouveler l’opération toutes les deux heures ou après une baignade prolongée.

Sans oublier que la meilleure protection reste d’éviter les heures les plus ensoleillées (de 12h à 16h), de couvrir sa peau avec des textiles et de ne mettre de la crème solaire que lorsque c’est nécessaire, à partir d’un indice UV3. «Il faut résister au discours ambiant qui incite à en appliquer tous les jours», encourage Laurence Coiffard. L’exposition quotidienne aux perturbateurs endocriniens renforce les risques sur la santé.

Les labels prennent l’eau

«Reef friendly», «Ocean conservancy» ou encore «Ocean friendly». «Quand les industriels décident de mettre ces indications, il faut avoir en tête qu’elles ne sont pas encadrées, explique à Vert Alice Mateus, éco-toxicologue de l’équipe cosmétiques de l’Anses. Actuellement, il n’existe pas de méthode normée pour déterminer les effets ou non des filtres UV sur les coraux.» L’Anses recommande aux industriels d’éviter toute allégation et logo apposés sur les emballages. Selon l’agence, si les filtres UV minéraux tels que l’oxyde de zinc venaient à être recommandés comme alternative aux autres filtres, ceux-ci pourraient atteindre des concentrations dans le milieu marin qui menaceraient les organismes aquatiques, dont les récifs coralliens.

Pour que les consommateur·ices s’y retrouvent, la Commission européenne a lancé, en 2024, une révision de ses recommandations sur ces affichages. L’agence française y voit l’occasion d’imposer un cadre plus contraignant aux fabricants. Meilleur moyen d’éviter les mauvaises surprises : vérifier soi-même les composants et l’absence des plus dangereux pour les écosystèmes marins.

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20.06.2026 à 16:00

«Dénonçons l’obscurantisme, le racisme, le patriarcat et le négationnisme climatique» : l’appel à la résistance du mouvement climat

Collectif

Texte intégral (1349 mots)
«Les menaces pesant sur la résilience des structures associatives et militantes elles-mêmes s’accentuent», pointent les organisations signataires. © Li-An Lim/Unsplash

Note aux lecteur·ices
Cet article est une tribune, rédigée par des personnes extérieures à la rédaction de Vert.

Records de chaleur meurtriers et cyclones dévastateurs, conflits pour l’accès à l’eau, reculs des politiques publiques de transition écologique et juste, montée de régimes autoritaires et multiples violations du droit international, attaques contre les défenseurs et défenseuses de l’environnement et renforcement des inégalités environnementales que subissent les populations les plus vulnérables, l’heure est grave pour les mouvements climat.

C’est face à ce contexte que nous, actrices et acteurs de la société civile de la transition écologique et sociale, réunis les 19 et 20 juin 2026 lors des Rencontres des mouvements climat à Paris, lançons cet appel à la résistance.

La situation politique nationale et internationale, instable et préoccupante, est marquée par une détérioration des équilibres démocratiques, le dénigrement de la science, une concentration des médias menaçant leur indépendance et la montée de discours de repli. Dans le même temps, notre système économique favorise toujours plus les profits à court terme pour un petit nombre de personnes au détriment des conditions de vie dignes de la majorité de la population.

«Qu’adviendra-t-il de la société civile si le contexte s’aggravait du fait de bascules politiques possibles en 2027 ?»

Ce contexte dégrade les capacités d’actions de la société civile pour lutter contre le réchauffement climatique et permettre aux populations les plus vulnérables d’accéder à des conditions de vie dignes et des moyens convenables d’existence et d’accéder aux solutions de transition écologique.

Les menaces pesant sur la résilience des structures associatives et militantes elles-mêmes s’accentuent également (menaces sur les libertés associatives, coupes budgétaires, instauration d’un climat de peur et d’intimidations, etc.), renforçant les inégalités environnementales subies par les personnes racisées, en situation de pauvreté, les femmes et les minorités de genre. Qu’adviendra-t-il de la société civile si le contexte, déjà délétère, s’aggravait du fait de bascules politiques possibles en 2027 ?

Paris, le 19 juin 2026. Actrices et acteurs de la société civile de la transition écologique et sociale sont réuni·es lors des Rencontres des mouvements climat. © DR

Pour toutes ces raisons, les actrices et les acteurs des mouvements climat ne doivent pas faiblir. Nous pouvons faire de l’espoir une puissance d’action, faire de la transition écologique une source d’émancipation, de justice et de protection, et nous renforcer collectivement pour affronter les défis et saisir les opportunités des mois et années à venir. Nous avons les moyens d’être forts aujourd’hui et résilients pour demain.

C’est pourquoi l’ensemble des organisations des mouvements climat est en ordre de marche pour résister :

Faisons preuve de solidarité, plus que jamais, vis-à-vis de la population dans toutes ses composantes, et notamment les minorités oppressées (personnes racisées, en situation de pauvreté, femmes et minorités de genre) : la solidarité doit rester un pan central de notre action.

Dénonçons, chaque fois que cela est possible, l’obscurantisme, le racisme, le patriarcat, le négationnisme climatique ou encore la corruption, dont la montée est une menace pour les droits de tous, mais aussi pour les médias, les lieux de représentation démocratique et les plus hauts niveaux de décision de l’État.

Opposons-nous, encore, à ce système économique d’accumulation des profits, de court terme, privilégiant une minorité.

Renforçons nos liens et les actes d’entraide avec les acteurs essentiels d’une société démocratique et juste : les chercheurs et chercheuses, les syndicats de travailleurs et travailleuses, ainsi que l’ensemble des acteurs de la société civile œuvrant pour une société plus solidaire et un monde préservé. Notre force réside dans cette diversité.

Augmentons notre puissance d’action en demandant une meilleure reconnaissance du rôle des actrices et des acteurs de la justice sociale et climatique dans le fonctionnement de notre société et le respect de leurs droits et la protection de leurs ressources financières.

Ne laissons aucune force mettre en péril les droits humains fondamentaux, les acquis sociaux gagnés de haute lutte, et les équilibres environnementaux dont notre survie dépend directement. Nous devons lutter de concert contre les montées de l’obscurantisme, de la désinformation, des discriminations et des attaques contre les actes de solidarité. Nous sommes fiers, combatifs et plus nombreux que jamais, dans notre diversité et dans nos alliances. On ne lâche rien.

Liste des structures signataires

ESS France, Alofa Tuvalu, Greenpeace France, Reses (Réseau étudiant pour une société écologique et solidaire), France Nature Environnement, Zero Waste France, 350.org, EKO!, Manifestation Alternatif France, ONAV (Observatoire national des alimentations végétales, Réseau Action Climat France, WECF (Women engage for a common future), Action Santé Mondiale, Fédération Artisans du Monde, Générations Futures, Emmaüs France, Fédération française des usagères et usagers de la bicyclette, ActionAid France, Déclic collectif, Bio Consom’acteurs, CCFD-Terre Solidaire, Gret, Union syndicale Solidaires, Oxfam France, Seastemik, Enercoop, Rester sur Terre, Les Petits Débrouillards, Alternatiba, Action non-violente COP21, Pour un réveil écologique, Emmaüs International, CIWF France, Mouvement pour l’Économie Solidaire, Fridays for future France, ATD Quart-Monde, La Communauté Ecotable, Maison régionale de l’environnement et des solidarités Hauts-de-France, Foodwatch France, Bloom, SOL, Notre Affaire à tous, AVF (Association Végétarienne de France), Commerce Equitable France, Les Amis de la Terre France, Mouvement pour une alternative non-violente (MAN), Reclaim Finance, Amnesty International France, Terre de Liens, Les Désobéissants / La Boutique militante, Énergie Partagée, Attac France, Action Justice Climat Paris, Résistance à l’agression publicitaire, LDH (Ligue des droits de l’Homme / droits humains), L’Heureux Cyclage – Réseau des ateliers participatifs et solidaires, Actes et Cités, Action contre la faim, Agir pour l’environnement, Alda, Citoyen pour le climat, Frugalité heureuse et créative, Institution pour la conception écoresponsable du bâti, JAC (Jeunesse ambassadrice pour le climat et la biodiversité), Lutte et contemplation, Réseau Cler, Réseau «Sortir du nucléaire».

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20.06.2026 à 07:00

Comment aider la faune sauvage pendant les fortes chaleurs ? Notre guide pratique

Esteban Grépinet

Texte intégral (1056 mots)
Par ces temps caniculaires, un récipient avec un peu d’eau fera le bonheur des oiseaux (ici une jeune mésange charbonnière). © Pixabay

Plus de 30 degrés Celsius (°C) dans la plupart des régions françaises, avec des pointes à 36-37°C possibles dans le Sud-Ouest, le Centre-Ouest ou encore le Centre-Est… Les fortes températures s’étendent et s’intensifient depuis mercredi dans toute la France hexagonale, et ce n’est pas prêt de s’arrêter (notre article). Cette vague de chaleur menace la santé des populations, humaines… comme non humaines.

«La chaleur a un impact sur tout ce qui est vivant, alerte Anne-Laure Dugué, en charge du programme Faune en détresse à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Les animaux domestiques et sauvages, et même la biodiversité dans sa globalité, avec les végétaux.» Voici quelques conseils pour aider la faune sauvage en ces temps caniculaires.

💧 La base : de l’eau, de l’eau et encore de l’eau

Quand le mercure grimpe, le premier des gestes à adopter est de proposer de l’eau. Les associations de protection de la nature conseillent généralement d’installer un ou plusieurs abreuvoirs (coupelle, bac, bol…) remplis avec quelques centimètres d’eau fraiche, à changer chaque matin pour éviter la propagation des maladies (et les moustiques !).

«Il faut les disposer dans un endroit à l’ombre et dégagé pour que, si des animaux viennent s’abreuver, un chat ne puisse pas les attraper dans un coin où ils seraient acculés», précise Anne-Laure Dugué. Pour les gros récipients, la spécialiste conseille aussi de placer une pierre dans l’eau pour éviter les risques de noyades (notamment pour les hérissons).

À plus long terme, si vous avez le temps et l’espace, vous pouvez aussi creuser une mare dans votre jardin. En respectant quelques règles importantes, cette mini-zone humide saura combler la biodiversité (notre tuto).

🌳 Multiplier les îlots de fraicheur

Pour aider la faune dans son jardin ou même sur son balcon, il faut aussi lui proposer des zones d’ombre. «Il faut réintroduire de la végétation, des îlots de fraicheur, avec des arbres pour faire de l’ombre aux humains comme aux animaux», explique Anne-Laure Dugué.

Une solution à plus long terme, donc. Mais, dès maintenant, vous pouvez disposer des tas de bois et de branchages pour fournir des abris ombragés aux insectes, hérissons et autres petites bêtes en quête de fraicheur.

À éviter également : la tonte de la pelouse et les tailles de haies, précieux refuges pour la biodiversité. À cette époque, les coupes peuvent aussi menacer la nidification de nombreuses espèces.

📞 SOS faune en détresse

Si malgré toutes ces précautions vous trouvez un petit animal en difficulté à cause de la chaleur, il faut respecter plusieurs règles. D’abord, ne pas le mouiller (au risque d’un choc thermique), ni lui verser de l’eau dans la bouche. Pour un oiseau, «on peut l’aider en mettant un peu d’eau sur ses commissures, mais surtout pas le forcer car cela pourrait le noyer», avertit Anne-Laure Dugué.

Il faut ensuite contacter une association de protection de la nature ou l’un des centres de soin de la faune sauvage de votre secteur – ces derniers sont souvent débordés en période de canicule.

Si un oiseau ne présente pas de blessure apparente (sang, patte qui traîne…) et se laisse attraper, vous pouvez précautionneusement le placer à l’ombre d’une haie – à condition qu’aucun chat ne traîne dans les parages ! Sinon, vous pouvez le mettre pendant quelques heures dans un carton fermé et troué à l’intérieur d’une pièce tempérée à 27-30°C (un garage, par exemple). Le temps de le laisser reprendre des forces au frais, avant de le relâcher.

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19.06.2026 à 12:01

Piscine gratuite, refuges urbains, collectifs de locataires de «bouilloires thermiques»… à Aubervilliers, mairie et habitants combattent la canicule

Mathilde Picard

Texte intégral (1667 mots)
La Ville d’Aubervilliers a rendu la piscine gratuite pour ses habitant·es. © Mathilde Picard/Vert

Il est bientôt 17 heures, en ce jeudi 18 juin, et le centre aquatique Camille-Muffat d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) est sur le point d’ouvrir. Familles, enfants et adolescent·es font la queue devant la piscine, malgré le soleil de plomb qui tape sur la dalle de béton. «Au moins, c’est gratuit !», lance Rayan, neuf ans, à ses copains.

Depuis mercredi et le début de l’exceptionnelle vague de chaleur de ce mois de juin, la nouvelle municipalité a rendu le lieu accessible sans frais pour les Albertvillarien·nes. «Une mesure qui s’applique dès que les températures grimpent trop haut», explique à Vert Carolina Faye, adjointe au maire (divers gauche) à la transition écologique. La Seine-Saint-Denis, comme 52 autres départements, est placée en vigilance orange canicule depuis ce vendredi. «Dimanche et lundi pourraient être parmi les journées les plus chaudes jamais mesurées à l’échelle de la France», avertissait jeudi Météo-France.

Pendant la canicule, la piscine permet de sortir la tête de l’eau

Abdelaali Boughazi accompagne ses deux enfants, Anas et Dania, au centre aquatique. «Il fait trop chaud à la maison, on est obligé de sortir ; alors on est venu à la piscine directement après la sortie de l’école», raconte-t-il. Dania est en CM2, elle venait régulièrement ici avec sa classe et sait nager la brasse et le crawl. Pour son père et son frère, c’est la première fois dans l’établissement. Durant les quatre premiers jours de chaleur du mois de juin, 4 000 visiteur·ses se sont rendu·es au centre aquatique.

Un peu plus loin, Géraldine* est bien occupée par sa petite de quatre ans, Emlys Mya, et son bébé. «Je suis venue depuis Pantin [une commune voisine, NDLR] pour qu’ils puissent se rafraichir ; je paye, contrairement aux autres, car je n’habite pas Aubervilliers, mais il fait trop chaud, donc ce n’est pas grave», raconte la jeune mère.

Géraldine a amené sa fille Emlys Mya et son bébé à la piscine pendant la canicule. © Mathilde Picard/Vert

Nombre d’habitant·es cherchent un refuge hors de leur logement. À raison : dans le parc public comme privé, les bailleurs tardent à effectuer les rénovations énergétiques pour mieux isoler les appartements de la chaleur. À Aubervilliers, Michelle Audrin, 67 ans, vit dans la cité Cochennec. Chez elle, il fait 26,7 degrés Celsius (°C) en début d’après-midi et, dans le salon exposé plein ouest, le mercure grimpe à 32°C en fin de journée. Pourtant, la sexagénaire a multiplié les techniques pour rafraîchir son logement. Elle aère dès qu’elle peut, ferme lorsque la température grimpe et a installé des rideaux réflecteurs sur sa fenêtre, en plus d’un revêtement blanc sur la vitre.

Chez moi, c’est un four»

Elle sait bien que ces petits gestes sont secondaires à côté des travaux nécessaires à l’isolation thermique de son bâtiment en béton armé. Et de souligner la nécessité de s’organiser collectivement pour demander des travaux d’isolation thermique au bailleur. En tant que présidente du syndicat Locataires ensemble, avec lequel elle avait interpellé l’Office public de l’habitat (OPH) l’été dernier, elle a lancé une pétition et déposé des lettres de mise en demeure pour exiger un plan d’actions contre les «bouilloires thermiques» (installations de volets et de VMC, par exemple). «Mon credo, c’est : seul, on subit ; ensemble, on est plus forts», s’enthousiasme-t-elle.

Un constat partagé par Malika Melki. La jeune femme vit dans une «bouilloire thermique» depuis cinq ans, à quelques rues de chez Michelle Audrin. «Ça fait des années que j’essaye de faire bouger les choses, car chez moi c’est un four. J’ai proposé à mes voisins qu’on se rassemble en collectif, mais beaucoup de monde avait peur», témoigne-t-elle. Depuis, les choses ont changé : un groupe intercommunal de locataires du bailleur privé Immobilière 3F s’est monté pour réclamer des travaux de rénovation thermique. Il prépare une manifestation à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), lundi, pour se faire entendre. «Les bailleurs ne comprennent pas l’ampleur du problème, on ne peut même pas installer de tringles pour mettre des rideaux, car les murs sont imbibés d’eau à cause des dégâts qui s’accumulent», s’agace-t-elle.

En Seine-Saint-Denis, la canicule ne fait pas de quartier

Les plus pauvres sont deux fois plus touché·es par la précarité énergétique, et les quartiers populaires sont surexposés aux vagues de chaleur, rappelle la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation l’Abbé Pierre) dans un rapport paru cette semaine. Les habitant·es des quartiers prioritaires de la ville (QPV) souffrent de la densité du bâti et des matériaux qui absorbent la chaleur (béton, asphalte…). À cela s’ajoute «l’assignation à résidence» pendant l’été, faute de pouvoir partir en vacances dans des endroits plus frais, ainsi que le manque de moyens pour acheter des brasseurs d’air ou des climatiseurs.

Selon une autre étude de la Fondation, dépendre d’appareils de climatisation augmente les factures d’électricité de 15 à 25% en été. Un coût que tout le monde ne peut pas se permettre. En Seine-Saint-Denis, le taux de précarité énergétique s’élève à 48%, contre 10,8% dans le reste de la France, selon les associations Ghett’up et Oxfam.

Dans son appartement exposé plein ouest, Michelle Adurin subit les températures qui grimpent jusqu’en fin de journée. © Mathilde Picard/Vert

Et ces territoires cumulent les difficultés : mal adaptés au réchauffement climatique, ils sont souvent des déserts médicaux. «Nous rencontrons beaucoup de femmes et d’hommes avec des problèmes de santé qui s’aggravent avec la canicule. Leur appartement, qui se transforme en étuve, ne les protège pas et peut même aggraver la situation», relève Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le logement des défavorisés.

Une pluie de mesures pour rafraîchir la ville et ses habitants

Pour tenter de rendre la ville plus habitable en période de fortes chaleurs, l’équipe du maire Sofienne Karroumi (divers gauche) a annoncé une série de mesures. Elle a notamment débloqué un budget pour acheter des brumisateurs et des fontaines à installer dans l’espace public et, outre la gratuité de la piscine, a allongé les horaires d’ouverture des parcs et jardins jusqu’à 22 heures. «L’accès à des jeux d’eau et à la piscine vise, entre autres, à éviter l’ouverture de bornes à incendies, détaille Carolina Faye, l’adjointe à la transition écologique. On veut apporter des réponses aux fortes chaleurs dans ces quartiers pendant que d’autres se lancent dans des débats stériles qui stigmatisent les jeunes de banlieue.»

La Ville a rendu un espace vert accessible aux habitant·es après l’avoir débarrassé de nombreuses carcasses de voitures. © Mathilde Picard/Vert

«À Aubervilliers, il y a moins de deux mètres carrés d’espace vert par habitant», insiste-t-elle. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise dix mètres carrés de parcs et jardins par personne. La nouvelle municipalité souhaite donc végétaliser les cours d’école et les ouvrir au public pendant les périodes de fortes chaleurs.

À partir du 1er juillet, des bâtiments climatisés serviront de lieux refuges pour les habitant·es, comme la salle de spectacle L’Embarcadère. Au début de l’été, les douches du gymnase Robespierre seront également mises à disposition du public, de midi à 14 heures. Au foyer Édouard-Finck, dans le quartier de la Maladrerie, les personnes âgées peuvent déjà s’abriter au frais et prendre un repas pour cinq euros. Des interstices de fraîcheur appréciables mais encore rares, alors que le mercure grimpera jusqu’à 38°C dimanche.

*Les personnes interrogées n’ont pas souhaité donner leur nom de famille.

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