Hicham Zemrani
C’est simple. Pour susciter les huées du public à un meeting du Rassemblement national (RN), évoquez les magistrats, les antifascistes ou l’Union européenne. À l’inverse, la simple mention des forces de l’ordre et de l’expulsion des étranger·es délinquant·es suffit à provoquer des applaudissements enflammés. Dimanche, au Zénith d’Orléans (Loiret), Marine Le Pen a officiellement lancé sa quatrième candidature à l’élection présidentielle devant plus de 8 000 sympathisant·es. La veille, elle avait confié aux journalistes vouloir prendre de la hauteur sur l’actualité pour «insuffler un peu d’optimisme». L’occasion pour la fille de Jean-Marie Le Pen de développer un axe inédit et pour le moins ronflant, celui de la «renaissance», son premier slogan de sa campagne. «C’est savoir puiser dans le passé, mais sans cette nostalgie qui anesthésie, qui paralyse ou qui incite à revenir en arrière», a-t-elle expliqué derrière un pupitre encadré par deux colonnes grecques et posé au bout d’une scène en forme de T, configuration prisée des concerts. Au milieu de ses partisan·es, elle se place ainsi dans une posture quasi-messianique. «Je ne vous propose pas de refaire la France d’avant. Je vous propose de concevoir et de construire la France de demain», a-t-elle martelé. Juste avant de défendre un retour en arrière environnemental : l’abrogation de la «stupide» loi Hulot, qui interdit la recherche et l’exploitation des hydrocarbures sur l’ensemble du territoire français. Ce, au nom de la «puissance» de la France, autre ligne directrice de son discours, qui se caractérise par la «volonté de valoriser toutes nos ressources, naturelles ou industrielles». Et tant pis pour l’environnement. La seule autre allusion à l’écologie aura servi à dénoncer «les obscurantismes technophobes, cette défiance envers le progrès qui s’exprime avec l’écologie punitive». À entendre la candidate nationaliste, son mandat sera le plus démocratique du siècle, rythmé par de nombreuses consultations populaires. «Nous respecterons la volonté des citoyens et rétablirons, en particulier grâce au référendum, leur droit d’expression politique», a-t-elle promis. Marine Le Pen prévoit de dévoiler au cours de la campagne le calendrier de ses référendums. D’après son entourage, les grandes orientations en matière d’environnement pourraient faire l’objet d’une telle votation. Dans une France présidée par l’extrême droite, les contre-pouvoirs, eux, seront malmenés. Car pour Marine Le Pen, la démocratie, c’est le peuple. Certainement pas les «Sages» du Conseil constitutionnel, ces «représentants de l’oligarchie» et «petits marquis de la macronie», qui ont le malheur de lui notifier l’impossibilité de modifier la Constitution par référendum sans accord du Parlement. «C’est des enculés !», s’exclame un homme à leur évocation. Quelques minutes plus tard, la candidate nationaliste discourt longuement sur la «civilité» qui a disparu de notre société et dans laquelle elle place «la qualité du langage». Ironique. La prise de parole de Marine Le Pen, sans doute trop conceptuelle et éloignée des fondamentaux frontistes radicaux qui galvanisent les militant·es, n’a toutefois pas soulevé les foules. Bien plus martiale, l’intervention de Jordan Bardella a suscité davantage d’entrain. Le président du RN est longuement revenu sur les incidents du 17 octobre, cette journée qui a «marqué un tournant sans précédent dans la faillite sécuritaire de l’État» et à l’issue de laquelle le parti d’extrême droite affirme avoir engrangé 5 000 adhésions – un chiffre impossible à vérifier. L’attentat raciste survenu à Trappes (Yvelines), vendredi, a quant à lui été expédié en trois phrases. «La barbarie a encore frappé», a sobrement déclaré Jordan Bardella, passant sous silence le mobile xénophobe de l’attaque qui a fait un mort. Depuis vendredi, des responsables politiques de gauche accusent l’extrême droite d’avoir favorisé un climat incitant à la haine raciale. Elles et ils en veulent pour preuve les propos de l’eurodéputé nationaliste qui qualifiait, en 2022, sur le plateau de «Touche pas à mon poste», la ville de Trappes de «République islamique en miniature». En face, les cadres frontistes jouent la sérénité et assurent ne pas craindre un Carpentras bis. En 1990, après la profanation du cimetière juif de la commune du Vaucluse, Jean-Marie Le Pen avait été désigné par le pouvoir socialiste comme l’instigateur moral de cet outrage. Un épisode traumatique pour les militant·es frontistes du coin, aucun lien n’ayant été établi entre les néonazis condamnés et le parti d’extrême droite. Samedi matin, dans le cortège de la manifestation antifasciste qui s’est déroulée dans le centre d’Orléans et a rassemblé 26 000 participant·es, selon les organisateur·ices – 11 000 d’après la préfecture du Loiret –, plusieurs pancartes «Le RN tue» ont été aperçues. «Faire un lien entre nous et ce qui s’est passé n’est pas digne», commente Marine Le Pen en privé. La tenue du meeting frontiste, précédé par le 19ème congrès du RN, samedi, a placé la ville d’Orléans sous cloche. Interruption totale des transports en commun, fermeture des commerces, barrage de police sur les ponts traversant la Loire pour filtrer les passages… Aux alentours du Zénith, deux véhicules blindés à roues de la gendarmerie étaient même présents. Le week-end s’est toutefois déroulé sans incident. Du moins, à l’extérieur. Dans les travées du Zénith, la presse, autre contre-pouvoir essentiel à toute démocratie, a été brutalisée. Samedi, lors du congrès qui a consacré la réélection (sans suspense) de Jordan Bardella à la présidence du parti avec 98,98% des voix, des adhérent·es frontistes ont pris à partie l’équipe de Mediapart, attirant au passage l’attention du service d’ordre. Plusieurs de ses membres se sont alors précipités sur les journalistes pour les sortir manu militari de la salle. L’attaché de presse du parti d’extrême droite a vite rappliqué pour demander à ses hommes d’arrêter, se confondant en excuses auprès du média à l’origine des révélations sur les écrits antisémites attribués à Jordan Bardella. «Qu’il y ait des mouvements ou des éruptions, cela peut arriver», a tenté de relativiser après coup un proche collaborateur de Marine Le Pen, osant comparer Mediapart au média d’extrême droite Frontières, «qui connaît le même problème dans les manifestations». Dimanche, même scène. Alors que Jordan Bardella s’exprimait, une bagarre a soudainement éclaté dans les gradins. Des membres de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) venaient de déployer une banderole accusant le RN d’antisémitisme. Un journaliste de Mediapart se trouvait alors à proximité. «Retourne au bled», lui a notamment lancé une sympathisante lepéniste. Action de militants anti-RN au meeting de Marine Le Pen à Orléans. Ils sont violemment sortis de la salle après avoir brandi une banderole accusant le parti d’antisémitisme. L’un d’entre eux saigne du nez. « Restez calmes », lance un membre du service d’ordre à ses collègues. https://t.co/bzkW79iHhm Il n’en fallait pas plus pour que les cadres du parti accusent Mediapart d’être de mèche avec les militant·es de l’UEJF, qui ont été sortis de la salle brusquement. L’un d’entre eux saignait du nez, tandis qu’une de ses camarades s’est plainte d’avoir été étranglée par le service d’ordre. Le journaliste de Mediapart, qui faisait simplement son travail et avait été dûment accrédité, a indiqué à l’AFP s’être lui aussi fait «choper violemment» par un des gros bras du RN. L’équipe de Mediapart a ainsi décidé de quitter le meeting, estimant que sa sécurité n’était pas assurée. Texte intégral (1705 mots)

Attaques contre le Conseil constitutionnel

Dans les rues, une manifestation antifasciste

Une action contre l’antisémitisme
Clément Gousseau
Elles et ils sont agriculteur·ices, ouvrier·es, retraité·es, étudiant·es, personnes sans emploi, dessinateur·ices… Ce samedi 24 octobre, toutes et tous sont descendu·es dans la rue ou ont occupé un rond-point pour exprimer leur colère contre «la casse sociale», «l’abandon des campagnes» ou encore «la montée de l’extrême droite». Près de 410 000 personnes ont manifesté en France, selon le ministère de l’intérieur – plus de 800 000, selon la CGT. Parmi elles et eux, des Gilets jaunes de la première heure, mais aussi des personnes qui se sont mobilisées pour la première fois, indignées par la répression du mouvement lycéen. D’Avallon (Yonne) à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), Vert a pris la route pour recueillir leurs revendications, raconter leurs difficultés et faire entendre leurs espoirs. Avallon (Yonne), le 24 octobre 2026. Anne Trémolières, ancienne ingénieure, occupe le rond-point du Lidl, lieu de rassemblement «historique des Gilets jaunes» du coin. «Je suis ici en soutien aux enfants qui se mobilisent, pour les personnes victimes de racisme, d’homophobie», explique-t-elle. Elle rêve d’un «monde construit en protégeant le vivant. On ne veut plus de ce monde morbide.» © Clément Gousseau/Vert Avallon (Yonne), le 24 octobre 2026. «Si on est ici, c’est qu’on n’a plus rien à perdre.» À 70 ans, Lukuna, ancien cadre de la Direction départementale de l’équipement (DDE), a pris l’habitude «de venir donner [son] avis» à chaque mouvement social. «Tout le monde souffre, pendant que les compagnies pétrolières font des profits. On est au bord de l’explosion sociale», décrit-il. © Clément Gousseau/Vert Avallon (Yonne), le 24 octobre 2026. Parmi les revendications des manifestant·es : la lutte contre l’évasion fiscale et «la bourgeoisie qui continue de s’en mettre plein les poches sur le dos du peuple», dénonce Linda, peintre et dessinatrice de 51 ans. © Clément Gousseau/Vert Avallon (Yonne), le 24 octobre 2026. Lucile, 33 ans, a «manifesté à Dijon le 17 octobre», avant d’entendre parler de la mobilisation à Avallon ce samedi. «On a besoin de se disperser, pas d’être que dans les grandes villes», estime-t-elle. © Clément Gousseau/Vert Avallon (Yonne), le 24 octobre 2026. Sur une poubelle, au bord du rond-point, quelqu’un·e a inscrit à la bombe : «Et demain, on fait quoi ?» © Clément Gousseau/Vert Avallon (Yonne), le 24 octobre 2026. Philippe Veyssière, maire insoumis d’Asquins, a troqué son écharpe tricolore contre une veste en cuir pour se joindre «aux luttes». Il déplore «la fermeture des commerces en milieu rural, qui ont fini d’isoler les gens et fait gagner du terrain à l’extrême droite». © Clément Gousseau/Vert Avallon (Yonne), le 24 octobre 2026. Son gilet jaune un peu délavé, Colin, 70 ans, est habitué à l’arborer depuis les mouvements sociaux de 2018. «Les prix du carburant et de la bouffe, on n’en peut plus», souffle-t-il. © Clément Gousseau/Vert Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), le 24 octobre 2026. Près de 500 personnes ont manifesté au son des tambours et des trompettes, malgré un important dispositif policier et l’interdiction du rassemblement. Parmi les manifestant·es, nombre d’étudiant·es. © Clément Gousseau/Vert Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), le 24 octobre 2026. Anne Chanteloup, 26 ans, n’a pas «trouvé d’alternance à la rentrée. Je comprends totalement la mobilisation des lycéens, c’était déjà compliqué à mon époque. On étudiait dans des locaux pas propres où le crépi se cassait la figure.» © Clément Gousseau/Vert Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), le 24 octobre 2026. «Il y a quelques années, quand les gens manifestaient dans la rue, le gouvernement faisait marche arrière. Aujourd’hui, il s’en fout.» Venu manifester avec Claire, sa compagne, Pascal, 59 ans, «s’oppose à la façon dont les mobilisations sont réprimées». © Clément Gousseau/Vert Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), le 24 octobre 2026. Marion et Hoel, 35 et 38 ans, veulent «que [leurs] enfants grandissent dans d’autres conditions que celles des lycéens» d’aujourd’hui, expliquent-ils. «C’est grave d’en arriver à interdire de manifester, alors que c’est un droit constitutionnel. On a de plus en plus de signes de dérive vers un État autoritaire.» © Clément Gousseau/Vert Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), le 24 octobre 2026. Andrea et Melissa, 20 ans, futures professeures des écoles, sont venues manifester pour soutenir les lycéen·nes. «On comprend totalement leurs revendications. À la fac aussi, c’est compliqué. Certains sont obligés de s’asseoir par terre.» © Clément Gousseau/Vert Passez la souris sur l’image pour lire la légende. À Avallon, Lukuna*, retraité, est venu plaider pour un «pays qui retrouve du bon sens. Comment voulez-vous que les jeunes aient confiance dans le gouvernement ? Ils souffrent. Dans les campagnes, les maires des petites communes souffrent aussi. On laisse tout se dégrader, nos routes sont pleines de trous.» Sur le même rond-point, Lucile*, 33 ans, rappelle que «la France est un pays de révolution, où on a le droit de manifester. Nous avons besoin de retrouver la liberté, l’égalité et la fraternité.» 130 kilomètres plus loin, à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), Anne Chanteloup, une étudiante de 26 ans, dénonce l’inaction écologique et le manque de pouvoir d’achat : «On ne prend pas du tout en compte notre planète. Les Français sont aussi de plus en plus pauvres, tout le monde est dans le rouge. On ne pense pas à notre avenir.» Un constat que partage Pascal*, 59 ans : «Il serait temps de prendre conscience qu’on vit tous sur la même planète. Il n’y a pas de planète B.» Andrea* et Melissa*, deux futures professeures des écoles, dénoncent quant à elles le manque de reconnaissance envers les enseignant·es : «On n’est pas valorisées du tout, on va devoir attendre des années avant d’être payées 2 000 euros. Et après le gouvernement se plaint de ne pas trouver de profs.» *Ces personnes n’ont pas souhaité donner leur nom. Texte intégral (1506 mots)
Gaëtan Gabriele
(79 mots)
Eitanite Bellaïche
Le marché des navigateurs – ces logiciels qui permettent d’accéder à internet, de consulter des sites web et d’interagir avec leur contenu – est particulièrement concentré. Google Chrome, Safari (Apple) et Microsoft Edge captent 86,48% du trafic web français, selon les estimations de StatCounter de septembre 2026. Dans le détail : 59,45% pour Chrome, 20,03% pour Safari et 7% pour Edge. Ces chiffres, fondés sur plus de trois milliards de pages vues chaque mois dans le monde, mesurent l’usage des navigateurs (et non leur nombre d’utilisateur·ices). Comment expliquer cette domination étatsunienne ? D’abord parce que Chrome est installé par défaut sur les mobiles qui fonctionnent avec Android (Google), quand Safari équipe les iPhone et les Mac, et que Edge est intégré à Windows. Ainsi beaucoup d’utilisateur·ices conservent simplement leur navigateur par défaut. «Le problème est que beaucoup ignorent même qu’ils ont le choix», souligne Nataliia Bielova, directrice de recherche à l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) de l’université Côte d’Azur. Depuis 2024, le règlement européen sur les marchés numériques (Digital Markets Act, ou DMA) impose des dispositifs pour faciliter ce choix, mais leur efficacité reste limitée. «Si l’utilisateur ne s’y intéresse pas immédiatement, il peut passer à côté de la possibilité de changer de navigateur», rappelle l’experte en protection de la vie privée. Cette concentration pose aussi des questions de «souveraineté numérique» et de confidentialité. Une poignée d’entreprises étatsuniennes décide des fonctionnalités, des mises à jour et des paramètres de collecte de données de logiciels utilisés par des millions d’Européen·nes. Certaines données peuvent également être traitées hors de l’Union européenne et relever du droit américain. Changer de navigateur peut alors faire la différence. «De nombreux navigateurs alternatifs intègrent, dès leur installation, des protections contre les traceurs et les publicités», explique Pierre Laperdrix, chargé de recherche au Centre de recherche en informatique, signal et automatique à l’université de Lille. Sans supprimer toute collecte, ils peuvent la réduire. Encore faut-il choisir un outil agréable à utiliser, régulièrement mis à jour et dont le modèle économique ne repose pas sur le suivi des internautes. Nataliia Bielova et Pierre Laperdrix ont mené des recherches sur les navigateurs alternatifs et recommandent Firefox et Brave, en tête. Lancé en 2004, Firefox est développé par Mozilla Corporation, filiale de la fondation américaine à but non lucratif Mozilla Foundation. Son principal atout ? Gecko, son propre moteur de rendu – un composant logiciel qui sert à présenter des pages web. Celui-ci est donc indépendant de Chromium, le projet de navigateur web open source piloté par Google, qui fournit la base de code sur laquelle s’appuient de nombreux navigateurs populaires. Open source, c’est-à-dire dont le code source est accessible au public, modifiable et librement distribuable. Firefox propose des protections contre les cookies tiers, les traceurs et le fingerprinting, cette technique qui permet d’identifier un internaute à partir des caractéristiques de son appareil ou de son navigateur. Mozilla publie également des rapports sur ses engagements environnementaux et sociaux. À noter cependant que l’essentiel de ses revenus provient de partenariats de recherche et de distribution, notamment avec Google. Fondé aux États-Unis et lancé en 2016, Brave fait de la confidentialité son argument phare. Publicités, traceurs, cookies tiers et nombreuses techniques de fingerprinting sont bloqués automatiquement, sans réglages complexes. Son code est ouvert mais repose sur Chromium, comme Chrome ou Edge, ce qui maintient une dépendance technologique à Google. Nous l’évoquions dans notre article sur les moteurs de recherche, le cofondateur et PDG de Brave, Brendan Eich, ancien de Mozilla, a suscité plusieurs polémiques. Il a notamment financé une campagne contre le mariage homosexuel en Californie en 2008, puis a été épinglé pour des déclarations controversées sur les masques pendant la pandémie de Covid-19. Direction la Norvège avec Vivaldi, lancé en 2016 par une entreprise détenue par ses fondateurs et salarié·es –Vivaldi technologies –, sans investisseur·ses extérieur·es revendiqué·es. Gratuit, il bloque les publicités et traceurs sans établir de profils publicitaires. Ses données sont stockées en Islande et son financement repose sur des partenariats commerciaux, des accords avec les moteurs de recherche et des dons. Vivaldi collecte néanmoins certaines statistiques techniques pseudonymisées et reste dépendant de Chromium. Son indépendance capitalistique ne signifie donc pas une autonomie technologique totale. Après son moteur de recherche, l’entreprise allemande Ecosia a lancé son navigateur en 2024. Sa particularité est là encore de consacrer ses bénéfices à l’action climatique, notamment à la reforestation, à la protection des écosystèmes et aux énergies renouvelables. Basée à Berlin, elle publie chaque mois des rapports financiers détaillés pour être la plus transparente possible. Le navigateur bloque publicités et traceurs, mais utilise Chromium. Son moteur de recherche dépend aussi de partenaires comme Google et Microsoft pour certains résultats et annonces. Si le modèle reste publicitaire, il est tourné vers une autre finalité que celle des Gafam. Lancé en 2023 par l’entreprise suédoise Mullvad VPN et le Tor Project, association américaine spécialisée dans la protection de l’anonymat, Mullvad Browser mise sur une protection poussée contre le fingerprinting. Gratuit et open source, il repose sur Gecko. Son financement s’appuie principalement sur les abonnements VPN de Mullvad, sans commercialisation des données de navigation. Une controverse entoure néanmoins son cofondateur Daniel Berntsson, qui a donné cinq millions de couronnes suédoises, soit environ 450 000 euros, au parti nationaliste Örebropartiet en 2025. Ce dernier défend notamment des politiques de «remigration». En juillet 2026, Mullvad a publiquement pris ses distances avec ce don, présenté comme une initiative strictement personnelle. Texte intégral (1481 mots)

Cet article fait partie de notre série qui vous aide à sortir de la dépendance aux Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft). Dans cet épisode, on se penche sur les navigateurs web, un marché (encore !) dominé par Google.
Cliquez ici pour découvrir d’autres articles qui vous aident à fuir les Gafam.
Mozilla Firefox pour un web indépendant de Google
Brave contre le profilage publicitaire
Vivaldi pour la souveraineté européenne
Ecosia Browser pour soutenir un modèle écologique
Mullvad Browser pour préserver sa confidentialité
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