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L’actualité de l’écologie dans un format minimaliste - Dir. de publication : Juliette Quef

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15.07.2026 à 15:11

Vert recrute : journaliste social media en CDD d’un an

Vert

Texte intégral (1056 mots)

Vert, c’est :

→ Un média généraliste qui a l’urgence écologique comme grille de lecture de l’actualité. Avec ses formats courts, simples et accessibles gratuitement, Vert veut permettre au plus grand nombre de comprendre les crises de notre époque et de savoir comment agir.

→ Un journal quotidien (et hebdo) envoyé sous forme de newsletter qui compte plus de 140 000 abonné·es.

→ Des comptes sur les réseaux très suivis (520 000 followers sur Instagram, 120 000 sur LinkedIn et Facebook mais aussi des comptes sur Youtube, TikTok, Bluesky, Threads, etc.).

→ Une production vidéo qui s’étoffe.

→ Un média indépendant financé par les dons de particuliers.

→ Une équipe de 17 salarié·es.

Missions principales

En lien direct avec la rédactrice en chef du pôle réseaux sociaux/vidéo (Margot Desmons), vous aurez pour missions :

→ Veille sur les réseaux sociaux ;

→ Participation aux conférences de rédaction et proposition d’angles ou de sujets issus des réseaux sociaux ;

→ Création de posts visuels (carrousels, posts simples, graphiques…) sur Canva à partir d’articles ou de faits d’actualités ;

→ Recherche iconographique ;

→ Montage de vidéos desk d’actualités à partir d’images brutes ;

Missions secondaires

Vous serez ponctuellement amené·e à réaliser ces tâches :

→ Diffusion des articles et publications (vidéos, posts visuels) réalisés par la rédaction sur toutes les plateformes avec Nonli ;

→ Sous-titrage de vidéos ;

→ Community management (réponses aux commentaires, messages privés, etc.) ;

→ Réflexion sur la stratégie de republication d’anciens articles ;

→ Statistiques et bilans hebdomadaires et mensuels.

Profil recherché

Formation : École de journalisme (privilégié) ou de communication

Expérience : Au moins 2 ans d’expérience en journalisme sur les réseaux sociaux

Compétences : Sens de l’actu, excellente veille d’actualité et des tendances sur les réseaux, écriture et orthographe irréprochables, sens esthétique, bonne communication.

Outils : maîtrise de Canva, compétences de base en montage sur Premiere ou Capcut. La connaissance de plateformes de programmation de contenus est un plus.

Qualités personnelles : organisation, autonomie, créativité, réactivité, rigueur, adaptabilité, esprit d’équipe.

Conditions

Type de contrat : CDD d’un an, pouvant être prolongé en CDI

Salaire : équivalent grille PQN, en fonction de l’expérience

Locaux : à Césure, un tiers-lieu situé dans l’ancien campus de l’université Sorbonne-Nouvelle, dans le 5ème arrondissement de Paris

Titres-restaurant : titres-restaurant pris en charge à 50%

Congés : 6 semaines de congés

Mutuelle : prise en charge à 50%

Télétravail : possible 1 jour par semaine

Pourquoi c’est chouette de travailler à Vert ?

→ Vert est un média 100% indépendant qui vit des dons de ses lectrices et lecteurs. Pas d’actionnaires bizarres à qui rendre des comptes ou de publicités gênantes.

→ Vert est un média à impact. Vous contribuerez à bousculer le paysage médiatique avec un média qui a formé des centaines de journalistes, d’étudiant·es en journalisme et même de lycéen·nes. Vert a initié la Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique, nos journalistes interviennent régulièrement dans les grands médias, sont auditionnés par le Sénat, et nos informations sont régulièrement reprises en France comme à l’étranger.

→ Vert est un média ouvert sur son écosystème. Nous collaborons avec tout un tas de médias indépendants et traditionnels, ainsi qu’avec des associations, des festivals, ou des collectivités qui ont à cœur de faire le pont entre des acteurs souvent éloignés les uns des autres.

→ Vert est un média engagé dans la transformation de la société avec des valeurs fortes de sobriété et de solidarité. Nous avons par exemple pris position contre la montée de l’extrême droite, et nous sommes en faveur d’une société plus féministe, antiraciste et inclusive. Lisez notre manifeste.

→ Vert est un média en plein développement. L’équipe s’étoffe au fil des mois et le titre dispose d’une notoriété et d’un crédit croissants. Les prochaines années s’annoncent fastes et nous sommes porté·es par une communauté de lecteur·ices et de soutiens enthousiastes : le Club de Vert, les personnes qui nous soutiennent avec un don mensuel, compte déjà plus de 15 000 membres.

→ La direction porte une attention particulière aux conditions de travail des salarié·es, au respect de l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle. Par ailleurs, un environnement sain, des locaux sympas et une bonne ambiance nous semblent être les ferments d’une expérience professionnelle riche.

Pour candidater

👉 Complétez ce formulaire avant le dimanche 16 août 2026.

Le processus de sélection :

  1. Si vous êtes pré-sélectionné·e, un premier entretien court par téléphone.
  2. Exercice pratique.
  3. Deuxième entretien en physique avec Margot Desmons, rédactrice en chef réseaux sociaux et Loup Espargilière, directeur de la publication.

La décision sera prise fin août pour une prise de poste dès que possible.

PDF
15.07.2026 à 14:49

Vert recrute : éditeur web/secrétaire de rédaction – piges hebdomadaires

Vert

Texte intégral (906 mots)

Vert, c’est :

→ Un média généraliste qui a l’urgence écologique comme grille de lecture de l’actualité. Avec ses formats courts, simples et accessibles gratuitement, Vert veut permettre au plus grand nombre de comprendre les crises de notre époque et de savoir comment agir.

→ Un journal quotidien (et hebdo) envoyé sous forme de newsletter qui compte plus de 140 000 abonné·es.

→ Des comptes sur les réseaux très suivis (515 000 followers sur Instagram, 120 000 sur LinkedIn et Facebook, mais aussi des comptes sur Youtube, TikTok, Bluesky, Threads, etc.).

→ Un média indépendant financé par les dons de particuliers.

→ Une équipe de 17 salarié·es.

Missions

En lien direct avec le rédacteur en chef du pôle écrit (Rémy Calland) et l’éditeur titulaire (Antoine Poncet), vous aurez pour missions :

Relire et corriger les newsletters quotidiennes et hebdomadaires, ainsi que les articles à destination du site, et tous types de contenus écrits que nous produisons.

Améliorer le style, resserrer le texte, dégoter des calembours à la Vert.

Éditer les articles sur WordPress.

Trouver titre et chapô pour chacun de ces articles.

Illustrer les articles à partir de photos AFP, de stock ou libres de droit.

Profil recherché

Formation : École de journalisme

Expérience : au moins 3 ans d’expérience en secrétariat de rédaction/édition web

Compétences : excellente plume, orthographe irréprochable, titraille, capacité à adopter le style de Vert

Connaissances : la langue française sur le bout des doigts, des bases en SEO, écriture inclusive

Qualités personnelles : autonomie, créativité, rigueur, efficacité, adaptabilité, esprit d’équipe

Conditions

Type de contrat : pige 1 jour par semaine (le vendredi) dans un premier temps

Salaire : 200€ brut (hors prime d’ancienneté, CP et 13ème mois) la journée

Lieu de travail : sur site, à Césure (13 rue Santeuil, 75005 Paris)

Avantage : titres-restaurant pris en charge à 50% par jour travaillé

Pourquoi c’est chouette de travailler à Vert ?

→ Vert est un média 100% indépendant qui vit des dons de ses lectrices et lecteurs. Pas d’actionnaires bizarres à qui rendre des comptes ou de publicités gênantes.

→ Vert est un média à impact. Vous contribuerez à bousculer le paysage médiatique avec un média qui a formé des centaines de journalistes, d’étudiant·es en journalisme et même de lycéen·nes. Vert a initié la Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique, nos journalistes interviennent régulièrement dans les grands médias, sont auditionnés par le Sénat, et nos informations sont régulièrement reprises en France comme à l’étranger.

→ Vert est un média ouvert sur son écosystème. Nous collaborons avec tout un tas de médias indépendants et traditionnels, ainsi qu’avec des associations, des festivals, ou des collectivités qui ont à cœur de faire le pont entre des acteurs souvent éloignés les uns des autres.

→ Vert est un média engagé dans la transformation de la société avec des valeurs fortes de sobriété et de solidarité. Nous avons par exemple pris position contre la montée de l’extrême droite, et nous sommes en faveur d’une société plus féministe, antiraciste et inclusive. Lisez notre manifeste.

→ Vert est un média en plein développement. L’équipe s’étoffe au fil des mois et le titre dispose d’une notoriété et d’un crédit croissants. Les prochaines années s’annoncent fastes et nous sommes porté·es par une communauté de lecteur·ices et de soutiens enthousiastes : le Club de Vert, les personnes qui nous soutiennent avec un don mensuel, compte déjà plus de 15 000 membres.

→ La direction porte une attention particulière aux conditions de travail des salarié·es, au respect de l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle. Par ailleurs, un environnement sain, des locaux sympas et une bonne ambiance nous semblent être les ferments d’une expérience professionnelle riche.

Pour candidater

👉 Complétez ce formulaire avant le dimanche 16 août 2026.

Le processus de sélection :

  1. Si vous êtes pré-sélectionné·e, un premier entretien court par téléphone.
  2. Exercice technique : relecture/correction d’un article.
  3. Deuxième entretien avec la rédaction.

Date de prise de poste : septembre 2026

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15.07.2026 à 11:47

Musées gratuits, parcs ouverts la nuit, écoles-refuges : Lyon ressort son plan d’urgence face à la canicule

Lucas Martin-Brodzicki

Texte intégral (1158 mots)
La cour de l’école Robert-Doisneau, dans le 1er arrondissement de Lyon, fait partie des plus de 700 lieux frais recensés par la municipalité. © Lucas Martin-Brodzicki/Vert

«Ici, c’est ombragé, alors que dans certains parcs, on crame», résume Maëva, sous le feuillage des immenses platanes de la cour de l’école Robert-Doisneau, dans le 1er arrondissement de Lyon (Rhône). Ce lundi 13 juillet, alors que midi approche, les arbres et l’architecture encaissée des bâtiments protègent des rayons du soleil et réduisent la sensation de chaleur. Lyon vit son septième jour d’affilée en vigilance orange canicule. Maëva apprécie de pouvoir venir se mettre au frais là où sa fille de 9 ans est scolarisée. Cette dernière s’éclate sur son vélo, pas perturbée par le fait d’être «à l’école» pendant les vacances.

Depuis le 10 juillet et jusqu’au 9 août, la cour de ce groupe scolaire est ouverte au public tous les jours de 8 heures à 22 heures. Cette expérimentation a été reconduite par la municipalité après un premier test concluant l’été dernier. Elle offre un îlot de fraîcheur, accessible gratuitement, en plein cœur de la ville. Habitante du quartier, Maëva a vu passer l’information sur un post du média en ligne Hugo Décrypte et s’est dit «pourquoi pas».

Pour la majorité écologiste et divers gauche au pouvoir à Lyon, il s’agit d’ouvrir un maximum de lieux frais, accessibles gratuitement. Elle a cartographié (voir la carte) plus de 700 «refuges dans la ville en cas de forte chaleur» : cette cour d’école donc, mais aussi des équipements publics climatisés, des églises, des fontaines… C’est l’une des mesures de son plan «objectif fraîcheur», censé aider les Lyonnais·es à mieux vivre les épisodes de chaleur à répétition dans une ville particulièrement vulnérable. Selon un décompte du journal Le Monde, le Rhône est de loin le département qui a connu le plus de jours passés en vigilance canicule depuis 2004 (197 au 24 juin 2026).

«Ce sont des mesures d’urgence, comme s’il y avait un incendie»

La première version de ce plan a été déployée en 2023, après l’été record de 2022. En 2026, il a été déclenché plus tôt que prévu, au moment de l’épisode caniculaire exceptionnel de la fin mai. «On l’améliore d’année en année, notamment en augmentant le nombre de lieux frais», souligne Gautier Chapuis, adjoint au maire de Lyon en charge du climat (Les Écologistes). Il est en lien avec l’Agora Lyon 2030, qui rassemble plus de 170 structures du territoire mobilisées en faveur de la transition écologique. «Il y a encore plein d’endroits à exploiter, avec des partenaires publics comme privés. Nous souhaitons offrir un maillage suffisant pour les personnes qui ne peuvent pas se déplacer beaucoup», poursuit l’élu.

La cour ombragée de l’école Robert-Doisneau est ouverte tous les jours au public depuis le 10 juillet. © Lucas Martin-Brodzicki/Vert

C’est le cas de Milka, venue souffler un peu avec ses quatre petit·es. La famille habite juste en face de l’école. «Les enfants prennent l’air sans faire beaucoup de trajet», sourit-elle, alors que sa fille Lucia et ses deux petits frères virevoltent sur leurs trottinettes. «Rester toute la journée à l’appartement, ça risquerait de faire trop pour eux, et moi ça m’arrange de ne pas aller trop loin», ajoute la dentiste de formation, arrivée du Congo en 2019. Milka ne partira pas en vacances cet été, «alors c’est super de pouvoir prendre l’air», appuie-t-elle.

Hormis son ombre, la cour de l’école Robert-Doisneau n’a rien de particulièrement accueillant. Il y a peu d’assises, pas d’herbe où s’allonger pour lire, aucune chaise longue ou autre installation temporaire donnant envie de s’y poser pour la journée. «Ce n’est pas le but, assume Gautier Chapuis. L’objectif, c’est d’être agile, en trouvant des solutions rapides, efficaces et sobres : ouvrir une cour d’école, ça ne demande rien à part un peu de gardiennage.» Pour l’élu, il s’agit de multiplier les possibilités de «repli climatique», des lieux où l’on vient trente minutes, en traversant la rue. «Ce sont des mesures d’urgence, comme s’il y avait un incendie», illustre-t-il.

Une ville «bientôt plus vivable»

Outre cette carte des lieux frais, le plan «objectif fraîcheur» prévoit une série d’actions spécifiques, en fonction du niveau de vigilance (jaune, orange, rouge) et de l’intensité de l’épisode caniculaire. Dès la vigilance orange, l’entrée de certains musées – celui des Beaux-Arts, par exemple – devient gratuite. La fermeture des grands parcs, comme celui de la Tête d’Or, est repoussée à 23h30 ou minuit (au lieu de 20h30 ou 22h30, selon la saison). En cas de vigilance rouge, ce qui n’a pas encore été le cas à Lyon cette année, le parc Blandan (7ème arrondissement) est même ouvert toute la nuit pour que les riverain·es puissent dormir à la belle étoile dans une zone dédiée.

Gautier Chapuis sait que ces mesures d’adaptation pourraient devenir obsolètes sans un travail d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre, responsables de la hausse des températures. «On est sur une ville qui ne sera bientôt plus vivable si on ne change rien», alerte l’adjoint au maire. Une manière de rappeler à l’État ses responsabilités, alors que le gouvernement est régulièrement pointé du doigt pour son action trop timide face au réchauffement climatique.

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14.07.2026 à 07:00

Vert vous embarque dans les coulisses de Météo-France : «Les jeunes générations vivent peut-être leur été le plus frais»

Mathilde Picard, Moncef Arbadji

Texte intégral (1558 mots)
Le prévisionniste Sébastien Léas dans les locaux de Météo-France, le 9 juillet 2026. © Mathilde Picard/Vert

Lorsque Sébastien Léas, l’un des 300 prévisionnistes de Météo-France, nous accueille dans son bureau, il fait largement plus de 30 degrés Celsius (°C) dehors. Ce jeudi 9 juillet, plusieurs ventilateurs tournent devant les écrans qui affichent des scénarios de températures toujours plus hautes pour les prochains jours. Au mur, six horloges indiquent l’heure des territoires ultramarins. Ici, les prévisions météorologiques couvrent toute la France.

Cela fait plus de vingt ans que l’expert travaille au sein de l’institution. Il y étudie les conditions atmosphériques pour réaliser des bulletins météo. «Le plus probable pour cette semaine, c’est que l’air chaud persiste encore sur une bonne partie du pays, avertit Sébastien Léas. On restera sans doute dans un contexte de vague de chaleur au moins jusqu’à mercredi [15 juillet], et on n’a pas encore de signaux de fin d’épisode.» Ce mardi, 26 départements sont en vigilance rouge canicule.

Dans les bâtiments de l’institution à Saint-Mandé (Val-de-Marne), en banlieue parisienne, les expert·es se relaient 24 heures sur 24 pour surveiller les conditions météorologiques dans tout le territoire. «La prévision du jour et du lendemain est fiable à 90 voire 95%, explique Sébastien Léas. Celle des quatre prochains jours, plutôt entre 60 et 65%.»

Modéliser l’atmosphère pour prévoir la météo

Pour faire des prévisions à moyen terme, les professionnel·les utilisent des modèles mathématiques qui permettent de représenter l’atmosphère. Ces programmes informatiques combinent de nombreux critères comme la température de l’air, l’humidité, les vents ou encore la pression atmosphérique. Un supercalculateur (un ordinateur de pointe) fait ensuite varier ces paramètres et propose des scénarios pour les jours à venir. Le modèle utilisé par Météo-France propose une cinquantaine de scénarios différents que les prévisionnistes interprètent.

Sur l’écran des prévisionnistes, aucune dépression en vue au-dessus de la France et de l’Europe occidentale pour ces prochains jours. © Mathilde Picard/Vert

«Parmi tous ces scénarios, certains sont plus ou moins minoritaires, ils annoncent des températures extrêmes qu’on ne retrouve pas chez les autres, détaille Sébastien Léas. D’autres forment un faisceau de scénarios plutôt cohérents les uns avec les autres, c’est comme ça qu’on sélectionne le plus probable.» Ce dernier sera annoncé au public, grâce au bulletin météo et sur l’application.

Il arrive que ce ne soit pas toujours celui annoncé qui se produise. «C’est comme une partie de poker, développe l’expert. Quand on a une paire d’as face à un 2 et un 7, on a 80% de chances de gagner, donc 20% de perdre.»

Pharmacies, thermomètres, applis : à quelle prévision se fier ?

Les prévisions obtenues par les expert·es de Météo-France ne sont pas toujours celles que nous retrouvons sur d’autres applications météo. Pour Sébastien Léas, cela tient au fait que «les scénarios que Météo-France retient sont d’abord expertisés par ses prévisionnistes, ce qui n’est pas toujours le cas dans les sociétés privées, qui utilisent parfois directement des modèles informatiques sans interprétation humaine». Il existe d’ailleurs plusieurs types de modèles informatiques et les plateformes n’utilisent pas forcément le même. Au quotidien, les prévisionnistes de l’établissement public passent leur temps à comparer ces différentes sources sur leurs trois écrans, afin de réduire leur marge d’erreur.

«Certaines applications publient des scénarios parfois minoritaires», déplore Sébastien Léas. En amont de la vague de chaleur de juillet, certaines chaînes avaient par exemple annoncé plus de 45°C, des pronostics qui avaient enflammé les réseaux sociaux. «Cela nécessite ensuite qu’on fasse beaucoup de pédagogie, c’est important de garder une rigueur scientifique parce qu’on n’a pas besoin de ces extrêmes pour être inquiet ces jours-ci», souligne le prévisionniste.

Localement, les températures indiquées par les pharmacies peuvent aussi être affolantes. Mais leurs capteurs sont parfois situés au soleil, ce qui augmente la valeur qui s’affiche. Pour obtenir un chiffre plus représentatif de la masse d’air, et non d’un lieu ou d’une surface en particulier, Météo-France respecte des normes imposées par l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Ainsi, la température doit être prélevée par un capteur situé dans un abri ventilé, avant d’être transmise aux prévisionnistes.

Pour établir leurs prévisions, les météorologues gardent un œil sur le grand écran installé au fond de leur bureau. Une vue satellite y montre les dépressions en cours au-dessus des océans et sur la partie nord de l’Europe. Ce jeudi 9 juillet, aucun nuage ne passe au-dessus de l’ouest du continent et ne vient rafraichir l’atmosphère. À l’est, des points clignotants indiquent la venue de plusieurs orages.

Le troisième épisode caniculaire de l’année se prolonge toujours avec des records locaux à plus de 40°C, des nuits étouffantes et des températures nationales moyennes à 28°C. C’est la 53ème vague de chaleur sur le territoire depuis 1947 et le début des relevés. Ces épisodes se multiplient depuis les années 2010. Alors qu’elles survenaient tous les trois à quatre ans auparavant, il y en a maintenant une à deux par an en moyenne. «Sur les quinze dernières années, on a eu autant de vagues de chaleur que sur les soixante-dix précédentes», souligne Sébastien Léas. Le changement climatique les rend plus étendues, plus sévères et plus fréquentes.

Annoncer des canicules successives et encaisser le choc

«Le mois dernier, quand j’ai commencé à dessiner les cartes et à voir l’évolution des températures, ça m’a beaucoup impacté, confie le prévisionniste. Pourtant, dans notre métier, on essaye d’être pragmatique.» Quelques jours avant la canicule historique de juin, l’expert découvre, aux côtés de ses collègues, que des records de chaleur vont être battus alors même que l’activité socio-économique bat son plein sur le territoire et que les épreuves du baccalauréat approchent.

Cela fait vingt-cinq ans que Sébastien Léas fait ce métier, mais cet épisode était différent de ce qu’il avait vu jusque-là : «Ce n’était pas comme en 2003, où plus de monde était en vacances, les écoles étaient fermées et l’économie au ralenti ; là, les gens avaient moins la possibilité de se reposer, retrace le météorologue. Je me suis dit que ça allait aggraver l’impact sanitaire Trois des journées les plus chaudes jamais enregistrées à l’échelle du pays ont été observées pendant cet épisode.

«Les jeunes générations sont peut-être en train de vivre leur été le plus frais, insiste le père de deux enfants. Certes, il y aura toujours de la variabilité d’une année à l’autre, mais on risque de voir cette tendance de fond de réchauffement.» En attendant, les météorologues guettent sur leurs écrans les indices de la fin de cette troisième canicule.

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