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L’actualité de l’écologie dans un format minimaliste - Dir. de publication : Juliette Quef

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26.06.2026 à 16:30

Vert renforce sa lutte contre les violences sexistes et sexuelles

Juliette Quef

Texte intégral (537 mots)

Depuis un an, Vert a progressivement mis en place un dispositif pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles (VSS).

En tant qu’organisation médiatique, qui compte aujourd’hui 17 salarié·es et des dizaines de collaborateur·ices externes, nous avons :

→ Formé toute l’équipe à la prévention et à la lutte contre les VSS avec la militante et experte Caroline De Haas, qui dirige le cabinet Egaé.

→ Nommé une référente «égalité et lutte contre les violences» en interne, qui accompagne nos salarié·es victimes de tous types de violences : sexistes et sexuelles, mais aussi racistes, antisémites, validistes, LGBTphobes, etc.

→ Publié un guide complet destiné à identifier et à signaler les violences au sein du média, comme sur le terrain.

→ Écrit et adopté un guide du traitement des VSS par nos journalistes, pour que notre travail quotidien, à travers nos articles et nos posts sur les réseaux sociaux, contribue à briser le continuum des violences.

Nous traitons les signalements internes qui nous remontent lorsque des membres de notre équipe sont ciblé·es par des comportements sexistes, sexuels ou discriminatoires. Notre direction est paritaire. Nous œuvrons pour une égalité réelle au niveau des recrutements, des promotions, des salaires et des prises de décision. Mais nous devons aller plus loin.

Les violences sont systémiques ; toutes les organisations sont concernées, même des médias comme Vert, car nous évoluons au sein d’un système patriarcal fondé sur la domination des hommes sur les femmes. Ces violences sont inacceptables et nous devons collectivement les prévenir, les identifier et les combattre.

Nous avons créé un nouveau dispositif qui permet à toute personne qui serait ciblée par un comportement humiliant, sexiste, discriminatoire ou sexuel de la part d’une personne de notre équipe, d’un·e prestataire ou d’une personne interviewée dans Vert de nous le signaler.

Ce dispositif comprend une plateforme sur vert.eco, ainsi qu’une adresse mail dédiée : signalement [a] vert.eco, qui m’est adressée.

Une plateforme est accessible sur notre site vert.eco. © Vert

Lorsque des faits nous sont signalés, voici comment nous les traitons :

→ Accusé de réception dans les 48h (dans la mesure du possible).

→ Analyse des faits et, si nécessaire, enquête indépendante confiée à un cabinet spécialisé.

→ Mise en place d’actions correctives, de mesures adaptées ou de sanctions selon la gravité de la situation.

Notre priorité est de faire cesser les faits et d’empêcher leur réapparition.

Merci à Caroline De Haas d’avoir pensé ce dispositif avec nous.

Merci de vous engager dans ce combat à nos côtés.

(En cas de danger immédiat ou d’urgence, contactez le 17 ou envoyez un SMS au 114 si vous ne pouvez pas parler.)

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26.06.2026 à 11:42

«Cette canicule m’empêche de vivre» : quand la chaleur fait vaciller la santé mentale

Zoé Moreau

Texte intégral (1645 mots)
À chaque canicule, les hospitalisations d’urgence pour trouble psychiatrique augmentent. © Thibaud Moritz/AFP

Des températures qui mettent les corps, mais aussi les esprits, à rude épreuve. Jeudi, au neuvième jour d’une canicule qui dure depuis le 17 juin, l’Hexagone a connu sa journée la plus chaude jamais enregistrée depuis le début des relevés – à égalité avec la veille. L’indicateur thermique national (la moyenne des températures de jour et de nuit) a atteint 30 degrés Celsius (°C).

Les nuits «tropicales» que nous subissons fragilisent le sommeil. Et, en journée, c’est le stress, l’irritabilité et l’anxiété qui augmentent. «On se prend tout le temps la tête avec mon copain. On n’a plus de patience. Tout m’énerve !», rapporte Palmyre*, 39 ans, qui vit à Laval (Mayenne). Dans son appartement au dernier étage d’un immeuble mal isolé, la jeune femme vit confinée dans l’obscurité de sa chambre depuis plusieurs jours. «Je me sens emprisonnée. Il fait trop chaud pour faire quoi que ce soit. Je ne vois même pas le reste de mon appartement. J’ai juste arrêté de vivre. Je suis à bout», témoigne-t-elle.

Palmyre n’est pas la seule à broyer du noir. Mercredi, Vert a lancé un appel à témoignages auprès de ses lecteur·ices pour connaître leur état mental. Les réponses, qui pour certaines témoignent de détresses graves, ont afflué en masse : «Je m’endors difficilement», rapporte une abonnée ; «J’ai un sentiment d’oppression», pointe une autre. «Cette canicule m’empêche de vivre», lit-on encore. Une chose est sûre : cette chaleur extrême «affecte tout le monde», atteste Anne Sénéquier, psychiatre et co-directrice de l’Observatoire de la santé mondiale de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

«La chaleur, c’est comme souffler sur des braises»

Avec ces chaleurs, «nous sommes moins attentifs, moins adaptables. On prend moins de recul, et notre seuil de sociabilité est beaucoup plus bas, détaille la chercheuse. Des symptômes que l’on doit à la dette de sommeil, mais aussi à des mécanismes purement physiologiques. Le cerveau est le chef d’orchestre du corps dans sa globalité. Lorsqu’il fait chaud comme ça, il passe en mode rafraichissement. Mécaniquement, il y a moins de bande passante pour gérer les petits conflits, ou tout simplement la vie quotidienne.»

Des enfants qui crient trop fort dans le salon, un bug d’ordinateur… «La chaleur, c’est comme souffler sur des braises. On ne devient pas une furie parce qu’il fait chaud, mais chaque degré en plus et chaque jour qui passe nous rend plus sensible», poursuit-elle. Manuela Santa Marina, psychologue, abonde : «Quand on est irritable, en panique, et qu’on ne comprend pas que c’est lié à la canicule, on pense devenir fou. Alors que c’est normal : notre corps vit un moment de stress majeur.»

À cela peut s’ajouter l’inquiétude pour ses proches. «Mon grand-père a 85 ans. Depuis le début de la canicule, il délire à cause de la fièvre qui monte. Il confond les toilettes avec la cuisine ; il oublie d’allumer la télé une fois devant… Ma mère fait des crises d’angoisse à répétition. Moi aussi je suis très stressée», confie à Vert Maoré*, une jeune femme qui vit près de Rennes (Ille-et-Vilaine).

«Je commence à penser que l’on veut ma mort»

Chez les personnes atteintes de troubles diagnostiqués (dépression, schizophrénie, bipolarité, démence, etc.), les effets peuvent encore monter d’un cran. «Il est avéré que les vagues de chaleur accentuent de manière marquée l’intensité de leurs symptômes», confirme Paquito Bernard, chercheur à l’Institut de recherche en santé, environnement et travail (Irset).

À 27 ans, Juliette* souffre d’anxiété généralisée. «Dès que je sors dans la rue, je suis agitée», rapporte cette résidente de Villeurbanne (Rhône). «Avant chaque sortie, j’étudie le trajet pour être sûre de rester à l’ombre jusqu’à l’arrivée. Et si j’attends le tramway trop longtemps, j’ai soudain peur de perdre le contrôle sur mon corps, de tomber dans les pommes. Toute la journée, chez moi, je fixe le thermomètre en espérant voir s’abaisser la température», confie-t-elle à Vert.

En Normandie, Pauline* étouffe dans son appartement sous les toits. À 34 ans, cette jeune femme atteinte de plusieurs troubles, dont la schizophrénie et la dépression, a vu ses symptômes s’aggraver en quelques jours. «Dès qu’un imprévu survient dans mon quotidien, cela engendre de la paranoïa : je commence à penser que l’on veut ma mort, explique-t-elle. D’ordinaire, mes paranoïas sont plutôt stabilisées. Mais, depuis le début de la canicule, elles se multiplient.» Une coupure d’eau courante la semaine dernière, sur fond de fortes chaleurs, a déclenché l’une de ses «crises».

«J’ai le retour brutal de mes pensées dépressives»

Certains traitements, bien qu’efficaces pour traiter ces pathologies – tels que les anti-dépresseurs – peuvent compliquer la situation. «Ils vont altérer négativement la perception de la chaleur, ou bien le réflexe salivaire, ou bien diminuer les perceptions de déshydratation», explique à Vert Paquito Bernard.

Arthur*, 28 ans, le vit dans sa chair : «J’ai réduit ma dose d’antidépresseurs sur conseil de ma psychiatre. Dès que je prenais mon traitement, je sentais une crispation, une hyper-sudation, une difficulté à ressentir le frais», confie-t-il. Pour ce doctorant parisien, habitué à une dose très élevée d’anti-dépresseurs, canicule rime avec cauchemar : «J’ai le retour brutal de mes pensées dépressives. Parfois, j’ai l’impression que ça ne sert à rien de continuer.»

En France, plusieurs études ont montré qu’à chaque nouvelle vague de chaleur, les hospitalisations pour démence (détérioration de la mémoire) ou trouble psychotique (perte de contact avec la réalité) bondissaient. Un phénomène que l’on doit à la décompensation : lorsque l’équilibre interne d’une personne est bousculé brutalement et nécessite une intervention urgente.

«On peut penser que les effets sont plus marqués quand il y a une augmentation du nombre de vagues de chaleur en un été», pointe Paquito Bernard. Contactées par Vert, les urgences psychiatriques de l’hôpital Lariboisière et de l’hôpital Saint-Antoine (Paris) ont décliné nos demandes d’interview, «débordées» par l’arrivée massive de patient·es.

Préparer l’avenir

Alors qu’entre 2026 et 2030, le thermomètre de la planète promet de «se maintenir à des niveaux records», selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), comment faire face, psychologiquement, au déferlement programmé de vagues de chaleur ? «Déjà, il faut se préparer», conseille Manuela Santa Marina. «Avoir un plan d’action, c’est un étayage psychique, un gainage, pour ne pas décompenser», explique la psychologue. Concrètement, c’est «s’organiser à l’avance avec ses voisins pour arroser les arbres de la cour, entrer en contact avec les parents du quartier pour mieux gérer les gardes des enfants, prendre rendez-vous avec sa RH pour généraliser le télé-travail, etc.»

Mais aussi, «penser à débriefer, poursuit-elle. Se demander ce qui a été le plus dur, et quoi faire la prochaine fois ? En pleine turbulence, on fait ce qu’on peut. Mais, une fois qu’on a atterri, c’est nécessaire de faire du partage émotionnel avec ses proches.»

*La personne a préféré rester anonyme.

☎ Contacts en cas d’urgence

En cas d’urgence psychologique, appelez le 15 (depuis un fixe) ou le 112 (depuis un téléphone portable). Ce numéro unique des urgences médicales permet d’être orienté vers la structure la plus adaptée dans toute la France, quel que soit votre département.

Où que vous soyez, en cas de souffrance psychique aigüe, vous pouvez également vous rendre aux urgences de l’hôpital le plus proche de chez vous.

Si vous êtes en détresse et/ou avez des pensées suicidaires, ou si vous voulez aider une personne en souffrance, vous pouvez également contacter le numéro national de prévention du suicide, le 3114.

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26.06.2026 à 11:18

«On ne s’adapte pas à un pic qui n’a pas d’équivalent en Europe» : Emmanuel Macron s’enferme dans le déni

Loup Espargilière

Texte intégral (513 mots)
Antibes (Alpes-Maritimes), le 25 juin 2026. Emmanuel Macron a rencontré la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, lors d’un sommet franco-italien. © Manon Cruz/AFP

C’est encore pire que ce qu’on croyait. Jeudi, en pleine canicule, en marge d’un sommet à Antibes (Alpes-Maritimes) avec Giorgia Meloni, présidente du Conseil italien, Emmanuel Macron a vraiment dit ça : «Nous nous sommes adaptés au réchauffement climatique. Mais on ne s’adapte pas à un pic qui n’a pas d’équivalent aujourd’hui en Europe et qui n’a jamais eu d’équivalent dans notre histoire.»

Alors qu’une partie de la population est légitimement furieuse contre lui, après des années perdues dans l’adaptation de la France aux effets de la crise climatique, celui-ci a expliqué hier que grâce à lui «un gros travail a été fait». Non seulement c’est faux, mais surtout, on découvre aujourd’hui qu’il ne comprend même pas ce qu’est l’adaptation !

«On ne s’adapte pas à un pic qui n’a pas d’équivalent.» Mais c’est la définition même de l’adaptation : nous protéger contre les impacts les plus graves présents et à venir, en se basant sur les projections des scientifiques. Sa phrase est encore plus irréelle que son «Qui aurait pu prédire ?»

Le bilan d’Emmanuel Macron est calamiteux

Il y a huit ans, Emmanuel Macron a créé le Haut-conseil pour le climat, qui compte des expert·es de premier plan comme Valérie Masson-Delmotte. Est-ce qu’il les a déjà écoutés ne serait-ce qu’une fois ?

En neuf ans de macronisme : la France a pris du retard sur la baisse indispensable des émissions de CO2 ; agriculture, logements, écoles, hôpitaux, transports… aucun secteur n’est prêt pour ce qui nous attend.

Le bilan d’Emmanuel Macron est calamiteux. Et son déni est encore plus grave. Si la situation perdure, et qu’il peut raconter n’importe quoi, c’est parce qu’une grande partie du public (et certains journalistes) ne comprend pas les enjeux de l’adaptation. En 2027, on n’inversera pas la vapeur si le public n’est pas correctement informé.

Vous avez le pouvoir de changer le récit médiatique avec nous, en rejoignant le Club de Vert. Aujourd’hui, plus de 15 000 personnes s’engagent à nos côtés pour informer tout le monde sur ces sujets, et confronter les politiques à leur inaction.

Demain, il sera peut-être trop tard.

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25.06.2026 à 19:05

Devoir de vigilance : TotalEnergies condamnée à prévenir les risques climatiques liés à l’utilisation de ses carburants

Anne-Claire Poirier

Texte intégral (592 mots)
Paris, le 10 février 2025. Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné. © Ludovic Marin/AFP

En pleine canicule, TotalEnergies se prend une douche froide ! Ce jeudi, le géant français des énergies fossiles a été condamné par le tribunal judiciaire de Paris pour manquement à son devoir de vigilance climatique, dans un contentieux qui l’opposait depuis 2020 à plusieurs ONG (Notre Affaire à tous, Sherpa, France nature environnement) et à la Ville de Paris.

Après y avoir consacré deux jours d’audience en février – un délai hors normes pour ce genre d’affaire –, le tribunal vient de donner raison aux quatre requérantes dans leur interprétation du devoir de vigilance, tel qu’instauré en mars 2017 par la loi du même nom.

Pour la première fois, le juge reconnaît notamment que la prévention des «atteintes graves» aux humains et à l’environnement qui incombe à la multinationale doit également prendre en compte les risques climatiques liés à ses activités.

Plus important encore, il ajoute que cette responsabilité climatique s’étend non seulement à ses émissions directes – liées au fonctionnement de ses propres installations – mais aussi indirectes (scope 3), c’est-à-dire à la combustion des produits pétroliers et gaziers qu’elle extrait et met sur le marché.

90% des émissions «oubliées» par TotalEnergies

Jusqu’ici, TotalEnergies a toujours vivement refusé d’intégrer les émissions de scope 3 à son plan de vigilance, arguant qu’elles étaient de la seule responsabilité de ses client·es. Elles ont pourtant représenté 90% de ses émissions en 2024, sur un total (scopes 1, 2 et 3) de 376 millions de tonnes de CO2 équivalent, selon l’entreprise.

Pour le tribunal, TotalEnergies est au contraire bien «en mesure d’exercer une influence» sur ces émissions qui font «partie des incidences négatives résultant de la propre activité du groupe». «Il n’est pas contesté que l’extraction du pétrole ou du gaz est destiné à être mis sur le marché et à être consommé [sic]», cingle-t-il dans sa décision, insistant sur le «lien de causalité très fort qui existe entre l’extraction du pétrole et sa combustion, et partant, des émissions de gaz à effet de serre».

En conséquence, le tribunal donne six mois à la société pour compléter son plan de vigilance «en ajoutant les émissions de gaz à effet de serre de scope 3 dans la cartographie des risques et les mesures les concernant». «C’est fondamental», insiste Sébastien Mabile, avocat des requérant·es. «Si TotalEnergies doit prendre en compte le scope 3, toutes les entreprises soumises au devoir de vigilance vont être tenues de le faire aussi», se félicite-t-il.

Le juge donne rendez-vous à l’entreprise le 21 janvier 2027 pour vérifier la teneur des mesures mises en œuvre. Si elles sont jugées insuffisantes, le tribunal pourra prononcer une nouvelle condamnation. 

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