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L’actualité de l’écologie dans un format minimaliste - Dir. de publication : Juliette Quef

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20.10.2026 à 12:06

Une «première absolue en France» : un porc-épic à crête identifié dans les Alpes-Maritimes

Esteban Grépinet

Texte intégral (707 mots)
Un porc-épic à crête a été identifié grâce à un piège photographique dans les Alpes-Maritimes, près de la frontière italienne. © Commune de Castellar

Voilà une nouvelle qui ne manque pas de piquant. La commune de Castellar, au nord de Menton (Alpes-Maritimes), a annoncé samedi la découverte d’un porc-épic à crête. L’observation de cette espèce – filmée fin septembre grâce à un piège photographique – est une «première absolue en France», vante la mairie sur ses réseaux sociaux.

Présent dans le sud de l’Italie depuis des siècles, ce gros mammifère – une vingtaine de kilogrammes ! – s’est progressivement rapproché de la frontière française ces dernières décennies. «Il s’agit de la première observation certaine en France, confirme Lucas Benaiche, naturaliste indépendant basé dans le sud du pays. On se doutait qu’il arriverait dans ce secteur, car c’est la zone de passage géographique la plus simple pour l’espèce ; mais on ne savait pas où ni quand.»

Remontée vers le nord

Reconnaissable à ses longs piquants blancs, le porc-épic à crête est un rongeur originaire d’Afrique du Nord et subsaharienne. Sa présence sur le continent européen ne date pas d’hier : «Si les sources bibliographiques mentionnent depuis plusieurs décennies une introduction ancienne par les Romains durant l’Antiquité, certaines sources évoquaient une introduction plus tardive au Moyen-Âge», expliquait Lucas Benaiche le 12 octobre, dans un post publié sur LinkedIn.

Longtemps confiné au sud de l’Italie, Hystrix cristata a passé la chaîne de montagne des Apennins à partir des années 1970, s’étendant dans toute la plaine du Pô, de Venise à Milan. La population la plus proche de la frontière française proviendrait cependant d’une deuxième introduction humaine de l’espèce, effectuée depuis la région de Rome. De manière anecdotique, un piquant de l’animal avait été retrouvé échoué sur une plage corse ce printemps.

Le porc-épic à crête (ici dans un zoo en Allemagne) est un animal essentiellement végétarien. © Wikimedia

Faute d’études sur le sujet, la dynamique de l’espèce demeure difficile à expliquer. L’effet de la hausse globale des températures sur son expansion reste forcément une hypothèse, souligne Lucas Benaiche : «Son passage des Apennins concorde avec le moment où l’on commence à observer les effets du changement climatique, avec des hivers moins rudes et des ressources alimentaires qui évoluent.»

L’établissement d’une véritable population dans le sud-est de la France pourrait prendre plusieurs années – l’animal observé à Castellar étant probablement un individu isolé. «Principalement nocturne, ce mammifère se réfugie en journée dans des terriers ou des cavités. Son régime alimentaire est essentiellement végétarien : il consomme des racines, des tubercules, des écorces et des fruits tombés au sol», documente le site spécialisé Faune France.

«À une époque où les nouvelles concernant l’érosion de la biodiversité sont souvent alarmantes, cette arrivée spontanée constitue une excellente nouvelle», salue la mairie de Castellar. Si l’espèce n’est pas connue pour être invasive, les conséquences de son arrivée en France sur les écosystèmes restent encore à étudier.

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20.10.2026 à 11:43

Pouria Amirshahi, député écologiste : «Le RN ne supporte pas de voir cette jeunesse se mobiliser autour d’idées qui ne sont pas les siennes»

Hicham Zemrani

Texte intégral (1865 mots)
Pouria Amirshahi, député divers écologiste de Paris, dans son bureau à l’Assemblée nationale. © Moncef Arbadji/Vert

Lors de son déplacement au commissariat central de Paris, dans le 3ème arrondissement, le 18 octobre, Jordan Bardella a eu droit à un invité surprise. Alors qu’il répondait aux questions des journalistes sur les violences commises la veille dans la capitale, le président du Rassemblement national (RN) a été interpellé par Pouria Amirshahi, député (divers écologiste) de la circonscription. S’en est suivi un échange houleux entre les deux hommes, l’élu de gauche reprochant à l’eurodéputé d’extrême droite de se comporter comme un «charognard» qui «souffle sur les braises».

Huit millions de vues sur Instagram plus tard, l’écologiste revient auprès de Vert sur cette altercation et cible le gouvernement, désigné comme l’unique responsable des incidents survenus le 17 octobre. En vue de l’élection présidentielle, il enjoint aux partis de gauche de sceller un contrat de gouvernement pour faire face à l’extrême droite.

Pourquoi avez-vous tenu à interpeller Jordan Bardella lors de son déplacement au commissariat central de Paris ?

En convoquant une conférence de presse au pied d’un commissariat, il voulait se mettre en scène dans cette posture imbécile de l’ordre, de l’autorité qu’il incarnerait, tel un chacal qui vient dévorer avec plaisir les restes du festin dont il se repaît. C’est-à-dire ces images de violence et de saccage qui viennent décrédibiliser le mouvement social. Or, c’est ce dont il est question au départ : un mouvement lycéen qui, de façon massive et joyeuse, a réussi à convaincre une partie de l’opinion. Cela a beaucoup contrarié le RN. Il ne supporte pas de voir cette jeunesse se mobiliser autour d’idées qui ne sont pas les siennes.

Jordan Bardella cherche à incarner cette posture autoritaire qui est le gène permanent de l’extrême droite. Voir ce type se mettre en scène de façon si vulgaire m’a d’abord attristé, puis mis en colère. J’ai donc voulu lui dire ses quatre vérités. Surtout qu’il était tiré à quatre épingles, propre sur lui. Il ne sortait pas du terrain et cela se voyait. Je n’aime pas ce genre de posture. A fortiori quand cela vient d’un gars raciste, antisémite et d’extrême droite. Il n’avait rien à faire ici.

Vous avez même évoqué une «pornographie de la violence» qui exciterait l’extrême droite…

Une pornographie de la violence s’installe dans tous les réseaux visuels avec une sorte de fascination morbide de la part de ceux qui, comme Jordan Bardella, Bruno Retailleau et même Gabriel Attal, s’en servent pour justifier un rappel à l’ordre. Je n’aime pas ça. Durant cette période, nous avons besoin d’unir le pays, de le fédérer. Il faut lui parler de belles choses. Il n’a pas besoin de cette saturation de la violence permanente. Nourrir les journaux télévisés de ces images est dangereux parce que cela fait peur aux gens.

Qui porte la responsabilité de ce qui s’est produit samedi ?

Politiquement, la responsabilité incombe au gouvernement. Alors que le mouvement lycéen prenait de l’ampleur, sa seule réponse a été la confrontation policière avec des forces de l’ordre suréquipées dont certains membres se sont lâchés hors de tout contrôle éthique et réglementaire. Le gouvernement est censé servir l’intérêt général, mais il n’agit pas dans l’intérêt de ces jeunes, il ne les écoute pas. Dans le cadre du débat budgétaire, il aurait pu déposer un amendement à son propre projet de loi pour proposer des moyens supplémentaires. Mais il ne l’a pas fait. Pas un centime de plus. Il a laissé pourrir la situation.

Puis vient le 17 octobre. Tout se passe magnifiquement bien dans le cortège. C’est bon enfant et joyeux, avec des pancartes inventives et créatives. Là encore, la doctrine du maintien de l’ordre fait défaut. Des cortèges sont coupés en deux, la police procède à des interpellations parfois arbitraires… Pendant ce temps, des gens viennent se servir dans des commerces. À aucun moment le dispositif n’a été anticipé. Nous avons demandé une commission d’enquête parlementaire. J’espère qu’elle sera vite mise en place pour faire la lumière sur cette journée. Quant aux individus venus casser et en découdre, leur responsabilité civile et pénale est engagée.

Pourquoi réclamez-vous le départ de Laurent Nuñez ?

Quand on est ministre de l’intérieur et qu’on est infoutu de mettre en place une doctrine de maintien de l’ordre efficace de façon répétée et continue, il faut en tirer les conséquences et partir. Des membres du gouvernement doivent assumer leurs responsabilités.

En visant «l’ultra-gauche», Emmanuel Macron tente-t-il de détourner l’attention de ce mouvement social d’ampleur ?

Être confronté à une crise sociale et incriminer «l’ultra-gauche», cela montre qu’il est tombé bien bas. Et qu’en plus, il est un menteur. La procureure générale de Paris dit que, pour l’instant, aucun élément ne permet d’affirmer que les casseurs sont issus de tel ou tel groupe. «L’ultra-gauche», personne ne sait ce que cela veut dire. Si ce n’est que cela permet de jeter la gauche en pâture à l’opinion, faisant le lit de l’extrême droite, de Bruno Retailleau et de Gabriel Attal. Tout cela est évidemment une vulgate qui sert, avant l’élection présidentielle, le camp de la réaction, «de l’ordre». Je mets des guillemets parce qu’en réalité, c’est celui du désordre. Ce camp a mis le pays en pagaille, abîmé nos services publics et mis sous cloche la société et les jeunes.

Craignez-vous que les Français soient tentés par une offre politique autoritaire ?

Tous les ingrédients sont mis en place pour favoriser ce discours de l’ordre sécuritaire, cette vision phallique de la politique. Je suis d’autant plus inquiet que la France n’est pas étanche au monde. Les unes après les autres, des démocraties libérales basculent dans des pouvoirs d’extrême droite. Il y a une urgence absolue à un réveil démocratique de toutes les personnes de bonne volonté dans ce pays. Mais cela ne suffira pas. Il faut être prêt si, malheureusement, le RN arrive au pouvoir. Et si ce n’est pas le cas, nous savons que le reflux de l’extrême droite sera long.

C’est pourquoi, avec d’autres personnalités de la société civile, des associations et des syndicats, nous avons lancé La Digue, une organisation internationale conçue pour permettre à des personnes directement concernées par une doctrine autoritaire de militer et de s’engager ensemble. Nous devons identifier sur quelles lignes de résistance il faudra être prêt.

Face au risque que vous décrivez, la gauche peut-elle s’offrir le luxe de la division ?

Toute la gauche doit comprendre que la priorité est d’empêcher l’extrême droite de s’emparer du pouvoir. Pour y parvenir, il y a plusieurs moyens. Par exemple, affirmer d’emblée que, quelles que soient les candidatures à l’élection présidentielle, il y aura un contrat de gouvernement entre les forces de gauche, que nous gouvernerons ensemble. Cet engagement pris auprès de l’opinion permettrait de montrer à la société qu’il n’y a pas que le choix entre les héritiers d’Emmanuel Macron et l’extrême droite. Concernant les candidatures, il est encore trop tôt pour savoir comment cela va se dessiner. Mais les électeurs de gauche sont très exigeants et n’accepteront pas que nous sacrifions le pays sur l’autel de nos divisions.

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20.10.2026 à 11:13

Vert recrute : journaliste vidéo en CDD

Vert

Texte intégral (1274 mots)

Ce poste requiert d’excellentes compétences en tournage (mobile et caméra), montage (Adobe Premiere), une grande autonomie ainsi qu’une très bonne connaissance des réseaux sociaux.

Notre futur·e journaliste vidéo doit avoir une expérience en vidéo dans les médias (traditionnels, indépendants, voire sur Youtube).

Vert, c’est :

→ Un média généraliste qui a l’urgence écologique comme grille de lecture de l’actualité. Avec ses formats courts, simples et accessibles gratuitement, Vert veut permettre au plus grand nombre de comprendre les crises de notre époque et de savoir comment agir.

→ Des comptes sur les réseaux très suivis (436 000 followers sur Instagram, 140 000 sur Facebook, mais aussi des comptes sur Linkedin, Youtube, TikTok, Bluesky, Threads, etc.).

→ Une production vidéo qui s’étoffe (11 à 27 millions de vues par mois)

→ Un journal quotidien (et hebdo) envoyé sous forme de newsletter qui compte plus de 140 000 abonné·es.

→ Un média indépendant financé à plus de 90% par les dons de particuliers.

→ Une équipe de 18 salarié·es.

Missions

En lien direct avec la cheffe du pôle vidéo/réseaux sociaux de Vert (Margot Desmons), et en tandem avec notre journaliste vidéo (Moncef Arbadji), vous aurez pour missions :

→ Veille continue (AFP, médias, réseaux sociaux, sources institutionnelles ou personnelles, etc.)

→ Participation aux conférences de rédaction quotidiennes et hebdomadaires

→ Proposition de sujets dans la ligne éditoriale de Vert

→ Tournage et montage de vidéos d’actualité à destination des réseaux sociaux et du site. Les formats seront variés.

→ Trouver les bonnes personnes à interviewer

→ Identification de tendances en matière de vidéo ou sur les réseaux sociaux

Profil recherché

Formation : école de journalisme ou d’audiovisuel

Expérience : au moins 1 an d’expérience en journalisme vidéo

Compétences :

→ Excellente veille

→ Tournage de reportage (mobile et caméra)

→ Capacité à aller au cœur de l’action si besoin

→ Capacité à trouver les «bons personnages» et à mettre à l’aise les personnes interviewées

→ Excellentes compétences de montage

→ Capacité à rebondir sur des actualités chaudes, à trouver des angles originaux, à s’adapter au ton du média

→ Capacité à travailler seul·e et en équipe

→ La connaissance des enjeux environnementaux est un grand plus

Qualités personnelles : autonomie, créativité, rigueur, efficacité, adaptabilité, esprit d’équipe.

💡 Si vous ne cochez pas toutes les cases mais que vous pensez avoir quelque chose de singulier à apporter à Vert, n’hésitez pas à candidater.

Environnement de travail

Type de contrat : contrat en CDD de 1 an

Salaire : Entre 2300€ et 2600€ brut, selon expérience.

Locaux : à Césure, un tiers-lieu situé dans l’ancien campus de l’université Sorbonne-Nouvelle, dans le 5ème arrondissement de Paris

Titres-restaurant : titres-restaurant pris en charge à 50%

Congés : 6 semaines de congés

Mutuelle : prise en charge à 50%

Télétravail : possible 1 jour par semaine

Pourquoi c’est chouette de travailler à Vert ?

→ Vert est un média 100% indépendant qui vit des dons de ses lectrices et lecteurs. Pas d’actionnaires bizarres à qui rendre des comptes ou de publicités gênantes.

→ Vert est un média à impact. Vous contribuerez à bousculer le paysage médiatique avec un média qui a formé des centaines de journalistes, d’étudiant·es en journalisme et même de lycéen·nes. Vert a initié la Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique, nos journalistes interviennent régulièrement dans les grands médias, sont auditionnés par le Sénat, et nos informations sont régulièrement reprises en France comme à l’étranger.

→ Vert est un média ouvert sur son écosystème. Nous collaborons avec tout un tas de médias indépendants et traditionnels, ainsi qu’avec des associations, des festivals, ou des collectivités qui ont à cœur de faire le pont entre des acteurs souvent éloignés les uns des autres.

→ Vert est un média engagé dans la transformation de la société avec des valeurs fortes de sobriété et de solidarité. Nous avons par exemple pris position contre la montée de l’extrême droite, et nous sommes en faveur d’une société plus féministe, antiraciste et inclusive. Lisez notre manifeste.

→ Vert est un média en plein développement. L’équipe s’étoffe au fil des mois et le titre dispose d’une notoriété et d’un crédit croissants. Les prochaines années s’annoncent fastes et nous sommes porté·es par une communauté de lecteur·ices et de soutiens enthousiastes : Le Club de Vert, les personnes extraordinaires qui nous soutiennent avec un don mensuel, compte déjà plus de 15 000 membres.

→ La direction porte une attention particulière aux conditions de travail des salarié·es, au respect de l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle. Par ailleurs, un environnement sain, des locaux sympas et une bonne ambiance nous semblent être les ferments d’une expérience professionnelle riche.

→ Nos bureaux se trouvent à Césure, un tiers-lieu qui héberge des centaines de collectifs, associations, entreprises et autres organisations tournées vers le monde de demain.

Pour candidater

👉 Complétez ce formulaire avant le dimanche 8 novembre 2026.

Le processus de sélection :

  1. Si vous êtes pré-sélectionné, un premier entretien court par téléphone.
  2. Exercice technique : proposition d’un sujet de reportage, suivi de la réalisation (tournage+montage) du reportage. Vous serez rémunéré·e sous forme de pige pour cet exercice.
  3. Deuxième entretien en physique avec la rédaction.
  4. La décision sera prise courant novembre pour une prise de poste idéalement fin novembre.

Date de prise de poste : fin novembre 2026

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20.10.2026 à 09:57

«Google met à sac les médias français et tout le monde s’en fout» : ce que les résumés IA font au journalisme

Loup Espargilière

Texte intégral (1186 mots)
Depuis le mois de juillet, Google propose en France des résultats de recherche poussés par l’IA. © Karollyne Videira Hubert/Unsplash

La vue de ces chiffres a donné des sueurs froides à la quasi-totalité des médias français. Dévoilées le 8 octobre par l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM), les données des principaux titres pour le mois de septembre 2026 ont révélé une chute généralisée de leur trafic. De l’ordre de -20% pour Le Monde, La Dépêche ou Le Figaro par rapport au même mois en 2025 ; -30% pour BFM, France info ou Libération ; -40% pour Le Parisien et même -50% pour Ici (ex-France bleu).

En moyenne, les médias généralistes d’actualité chutent d’environ 22% en septembre. En août, la baisse était déjà de 17%.

L’ACPM ne mesure pas l’audience des médias indépendants, mais il est déjà clair que ceux-ci ne sont pas épargnés. Chez Vert, le trafic de notre site en septembre 2026 est inférieur de 12% par rapport au même mois en 2025, mais surtout 44% en dessous de la moyenne de 2026 !

Certes, la fréquentation des médias en ligne fluctue en fonction de l’actualité. Septembre 2025 avait connu des sommets avec la fin du gouvernement Bayrou ou l’assassinat de Charlie Kirk. Mais une chute aussi brutale et généralisée chez des médias pourtant très différents (locaux, nationaux, sportifs, etc.) n’a probablement pas d’équivalent dans l’histoire récente de la presse. Alors comment l’expliquer ?

La réponse est à chercher du côté de… Google.

Quand nos journalistes travaillent gratuitement pour Google

Depuis le mois de juillet, le géant de la tech a : réduit la visibilité des médias d’actualités dans Discover, son interface qui recommande des contenus dans ses applis ; déployé en France ses résumés IA (les «AI overviews») dans son moteur de recherche.

Lorsque l’on fait une recherche sur Google, des résumés dopés à l’IA s’affichent en haut de la page. © Capture d’écran Google

Le principe ? Vous n’avez plus besoin de lire nos articles.

Le résultat ? Nos journalistes travaillent gratuitement pour Google.

Nos médias, indépendants ou mainstream, emploient des milliers de journalistes professionnel·les pour produire une information de qualité. Elles et ils sont payé·es en salaire. Pas en visibilité, ni en likes.

Quand le public se rend sur nos sites et applis, il est tantôt exposé à des publicités, des appels à s’abonner ou à faire un don. C’est ainsi que notre travail est rémunéré et que vous avez accès à une information de qualité.

Or, comme l’a démontré une étude menée par le laboratoire d’idées Pew research center aux États-Unis, où les résumés IA ont été lancés dès 2024, les internautes cliquent deux fois moins sur les liens d’articles résumés par l’IA que sur les liens classiques.

Quand les informations d’un média apparaissent dans un AI overview, ce sont nos contenus et nos revenus qui passent directement dans les poches de Google grâce aux publicités affichées dans les résultats de recherche.

Avec les résumés IA, c’est Google qui est payé quand vous lisez notre travail.

On assiste au pillage des entreprises de presse françaises par des géants étasuniens de la tech, et à peu près tout le monde, du grand public aux candidat·es à la présidentielle, s’en fout. C’est pourtant gravissime pour notre démocratie.

À ce rythme, vous consommerez bientôt des médias faits par des IA nourries par le contenu d’autres IA, sans humains pour se rendre sur le terrain, donner la parole ou enquêter. Bref, une presse qui ne sera plus capable d’informer librement et de jouer son rôle de contre-pouvoir.

Face à cette situation pressante, que peut-on faire ?

👉 Enlever les résumés IA de Google. Vous trouverez un tuto sur notre site.

👉 Quitter Google : Gmail, Drive, Agenda, Maps, Chrome, etc. Vert lance une série pour vous aider à quitter les Gafam. Les premiers épisodes sont en ligne sur cette page.

👉 S’abonner aux newsletters de Vert pour recevoir nos informations directement dans votre boîte mail, sans dépendre des algorithmes ni des IA.

Mais surtout :

👉 Soutenir les médias libres et humains comme Vert

Chaque don à Vert servira à 100% à financer du journalisme libre et de qualité, fait par des humains, au service de notre démocratie.

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