La rédac
PAR MEHDI EL AFANI // Pour la Saint-Valentin, Motus explore la « Sans Valentin ». Ici, alors que le progrès nous pousse à célébrer nos individualismes, le capitalisme comblant les trous, Mehdi s’interroge sur ce que l’amour, au contraire, rend possible.Retrouvez les autres articles #SansValentin sur le site! // Il nous faut réapprendre à aimer. Aimer d’abord, contre l’infamie du progrès. Si j’ai longtemps cru qu’il était nécessaire, que le progrès nous sortirait des crises qui nous guettent, j’ai aussi tardé à voir ses effets délétères. Le progrès (technique, à fortiori) n’est, bien souvent, pas une solution mais une fuite en avant individualiste : qui a besoin des autres quand la technologie peut sauver tout le monde ? C’est de cela dont il s’agit : une bataille culturelle qui dissimule une crise spirituelle derrière laquelle se trouve l’homo economico-solitus, l’individu rationnel capitaliste et solitaire qui n’aurait besoin de personne. Mais même le plus gros des mascus a parfois besoin d’une épaule sur laquelle pleurer. Je parle d’amour car c’est un moteur. C’est le mien même. Célibataire sans enfants, j’ai au moins cette chance-là : pouvoir en parler d’une manière désintéressée et donc, universelle. Je suis un amoureux du futur, des gens que je n’ai pas rencontrés, des plats que je n’ai pas goûtés, de tout ce qui risque de passer. Ça n’est pas naturel car l’amour s’apprend. D’abord par mimétisme, on cherche à reproduire les schémas d’inconditionnalité qui constituent l’amour filial puis on finit par déconstruire les carences de l’amour parental pour pardonner à ces gens qui nous ont élevés et qui sont juste des gens. Pour réapprendre à aimer, regardez ceux qui l’ont perdu, leur amour. Les gens, ça se trouve et se perd tout le temps. Mais perdre des gens qu’on aime, c’est différent. « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts » c’est une illusion en fait. La perte nous donne une résilience dont on se passerait bien, des questionnements sans fin, des angoisses ou des traumas et pour tous un relativisme nouveau qui se voit dans les yeux. La prochaine fois que vous plongerez dans un regard, peut-être que vous reconnaîtrez cet éclat si particulier : douceur, naïveté, un soupçon de doute et une émulsion d’amour. Celles et ceux qui savent que le progrès tue, de plus en plus tôt, avant la retraite comme les jouets usés d’un système en déliquescence construit par ceux qui s’aiment qui font souffrir ceux qui aiment. L’article [SANS-VALENTIN] Il nous faut réapprendre à aimer. est apparu en premier sur Motus & Langue Pendue. Texte intégral (779 mots)
Quand chacun peut se sauver seul, la dépendance aux autres disparaît et avec elle, le besoin de faire société.
Notre foi en notre toute-puissance guidée par le progrès a parachevé notre transformation en outil d’un système économique que nous avons nous-mêmes créé. Dans un système où le capital financera un travail automatisé, même les prolétaires ne redeviendront que de simples consommateurs. Le progrès, entité insaisissable, malléable et pleine de promesses, est devenu une nouvelle religion dotée, comme le Divin en son temps, de la maîtrise du futur tout-puissant.
Deux mille années d’une révolution socio-politico-économique pour se retrouver au point de départ : si vous voulez faire société, vous avez besoin d’amour. C’est donc Jésus qui avait raison – et le descendant de Mahométan qui vous le dit vous rappelle qu’Issa est pour nous aussi un messager. Peut-être, finalement, que ce sont les droitards capitalistes et jésuites qui ont raison lorsqu’ils s’opposent à la laïcisation de la société française. Mais là encore, il s’agit de cohérence : qui peut raisonnablement croire ceux qui prônent à la fois le progrès technique et le recul moral ?
Sensibles de tous les pays, unissaimez vous !
La rédac
PAR CHARLOTTE GIORGI Le Premier Ministre, Sébastien Lecornu, a trouvé le remède à la détresse agricole : un énième projet de loi d’urgence agricole qu’il a gentiment proposé au syndicat majoritaire agricole, la FNSEA, début janvier. Ce projet de loi, qui laisse craindre de nouveaux reculs environnementaux, sera probablement exposé pendant le salon de l’agriculture à la fin du mois. Et comme ça ne suffisait pas, Duplomb a également déposé un 2e projet de loi pour réautoriser l’acétamipride… ce qu’il voulait déjà faire à l’été mais qui avait été censuré par le Conseil Constitutionnel. Le tout alors que la loi Duplomb 1 est revenue pour un débat (sans conséquence) à l’Assemblée, rendu obligatoire par une pétition d’opposition à la loi ayant recueilli plus de 2,1 millions de signatures (un record historique!). On vous explique ! C’est ce qu’a expliqué le Premier Ministre. Alors du coup, ce qui est super, c’est qu’on va peut-être pouvoir parler du fait que malgré un empilement de lois relatives à l’agriculture depuis un an, la crise agricole n’est manifestement toujours pas réglée. L’agriculture a besoin de revenus dignes (18% d’agriculteurs vivent sous le seuil de pauvreté), d’installations (la moitié des agriculteurs sera à la retraite en 2030 et la nouvelle génération galère sans aides), de souveraineté alimentaire (la France peut nourrir 130% sa population mais sur 43% de ses terres elle produit pour l’export). Elle est là, la véritable crise. Réautoriser les pesticides ne permettra pas de nourrir la population mais de conserver une balance commerciale satisfaisante pour les financiers de l’agriculture. Et puis de toute façon, ça ne sert à rien de nourrir une population que l’on condamne à mort. … ce n’est JAMAIS que temporaire. Les lois d’urgence ont une fâcheuse tendance à entrer dans le droit commun. Duplomb et la FNSEA forcent les institutions avec un modèle agricole obsolète qui ne marche pas, pour obtenir jusqu’au dernier article auparavant censuré par le Conseil Constitutionnel. Au mieux, ça permet à quelques agriculteurs de ne rien changer à leurs pratiques sans les aider à prévoir le futur. Au pire, ça entretient leur dépendance à une agriculture qui tue le vivant et les gens et est inefficace pour nous nourrir. La priorité devrait être de nous en départir et de donner les moyens structurels aux agriculteurs de le faire. Là on met un pansement sur une jambe de bois. (Puisque Duplomb martèle que ses projets de lois ont pour but de « lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur »). Quelques contraintes auxquelles il n’aurait pas pensé, trop occupé à faire de l’écologie le bouc émissaire de cette séquence : Justement… et si on les écoutait, les agriculteurs ? Et pas juste la FNSEA, les paysans de l’autre bord, moins copains avec Duplomb, peut-être ? Les agriculteurs demandent un revenu digne et des conditions de vie décentes. Les agriculteurs peuvent parler pour eux-mêmes sans être instrumentalisés. Les agriculteurs n’ont pas à payer de leur santé le prix de leur “compétitivité”. Oui, les agriculteurs sont en colère. Mais ils ne demandent pas tous en coeur le retour des pesticides! Attention à l’instrumentalisation d’une détresse par ceux qui font leur beurre dessus, et surtout ne les représente pas TOUS, car l’agriculture est diverse ! Et puis, malgré une loi toutes les 5 minutes, aucun des problèmes structurels n’a été traité ni même évoqué en profondeur (revenu, nouvelles générations agricoles, etc…), ni dans la réponse du gouvernement, ni de Duplomb, ni de la FNSEA. C’est factuellement faux, mais plus facile à brandir pour celles et ceux qui ont envie d’un bouc émissaire. En réalité, beaucoup (trop) d’agriculteur·ices sont coincés dans ce modèle industriel qui les endette et les étouffe. Ils sont donc un certain nombre à en vouloir à toute mesure qui rétrécit encore un peu leur marge de manoeuvre – y compris écolo. Ils sont en colère et on les comprend. Mais pourquoi on accuse l’écologie au lieu de mettre en cause le modèle agricole vendu par ces lobbies depuis des dizaines d’années ? L’article Duplomb bis ? On décrypte ce qu’il se passe! est apparu en premier sur Motus & Langue Pendue. Texte intégral (1422 mots)
Pourquoi vous allez entendre parler d’agriculture ce mois-ci
« Aucun sujet n’est interdit » (… sauf celui des vraies raisons de la détresse agricole)
Mais si ces mesures d’urgences ne sont que temporaires ?
Les vraies contraintes au métier d’agriculteur·ice
“Oui mais les agriculteurs sont en colère”
“De toute façon, les agriculteurs sont contre les écolos et le seront toujours!”
La rédac
Comme vous le savez sans doute (ou pas, d’ailleurs!), des élections municipales se profilent à l’horizon pour mars 2026. Loin d’être un scrutin anecdotique, cette échéance est celle qui est la plus proche de nous pas seulement dans le temps mais aussi dans nos vies. Un·e maire a le pouvoir de concrètement, très pragmatiquement, changer notre vie quotidienne. Logements dignes, transports et désenclavement des habitant·es, lien social et vie de la cité, soutien aux associations, dynamiques intergénérationnelles, police de proximité et prise en compte des discriminations, mais aussi entretien des établissements de santé municipaux ou aide à l’installation d’agriculteur·ices pour nourrir les cantines du village … Bref, vous ne pouvez pas y échapper : votre lieu de vie est trop important pour qu’on délègue ces élections à quelqu’un qui « saurait mieux » ou qui s’y « connaîtrait en politique ». Sur le média, nous avons réfléchi en équipe à comment vous outiller au mieux pour ces élections. Et nous sommes arrivés à un constat : d’autres organismes ont réfléchi à cette question de manière bien plus efficace et pertinente que nous. Sur cette page, nous allons donc nous faire le relai d’initiative qui permettent d’être de se réapproprier l’enjeu du scrutin et de se rendre à l’isoloir en tant que citoyen·ne éclairé·e… pour illuminer nos villes et villages Jusqu’aux élections municipales sur cette page et sur les réseaux, 1 semaine = une initiative pour s’approprier le vote. Pour cette première semaine, on vous propose de commencer tout doux avec une page web pimpée comme jamais et réalisée par l’université d’Aix-Marseille pour ses étudiant·es pour expliquer en une seule page et quelques minutes top chrono les enjeux des élections. On valide à 100% ! Dans le même style mais plus classique, Makesense a aussi une page dédiée intitulée « paumé·e dans mes municipales » et ça se trouve ici. Semaine 2 : on vous propose de découvrir la newsletter gratuite de la Fédération Française des Trucs qui Marchent. Chaque semaine avant les élections municipales, ils partagent 7 bonnes idées appliquées concrètement partout en France. Leur point commun ?… elles marchent ! Leur boussole est simple : des initiatives sociales et écologiques portées par des élus locaux, qui marchent vraiment sur le territoire, et surtout duplicables ailleurs. En dehors des élections, leur newsletter se focalise sur une initiative dont ils approfondissent l’étude. Ils ont aussi sorti un livre compilation de toutes ces découvertes tout récemment ! Exemple : à Mouans-Sarthoux, une ferme municipale 100% bio mise en place pour nourrir les cantines du village ! L’article Municipales 2026 : comment se mobiliser ? est apparu en premier sur Motus & Langue Pendue. Texte intégral (1951 mots)
AVANT LES ÉLECTIONS MUNICIPALES 2026
Cette page sera agrémentée d’une initiative par semaine jusqu’à la semaine du 1er tour, le 15 mars prochain.
INITIATIVE 1 : UNE PAGE POUR TOUT COMPRENDRE AU SCRUTIN (par l'université Aix-Marseille)
INITIATIVE 2 : UNE NEWSLETTER POUR DÉCOUVRIR DES EXEMPLES DE POLITIQUE LOCALE QUI FONCTIONNE
(par la Fédération des Trucs qui Marchent)
La rédac
Et si Trump n’était ni fou, ni le fond du problème ? L’article [VIDÉO] Faut-il détruire les Etats-Unis ? (avec tout le respect) est apparu en premier sur Motus & Langue Pendue. (176 mots)
Cette semaine dans notre émission d’actu Vacarme des Jours, on s’attaque aux big boss du monde libre : les États-Unis. On se demande comment ils font pour foutre le bordel partout où ils passent et si le problème date de Trump, ou si c’était pas eux, les gros méchants, depuis le début…? Un remue-méninge au goût de coca, qui, au-delà du titre volontairement provoc’, est peut-être l’un des plus importants de notre chaîne.
La vidéo juste ici 
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