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L’actualité de l’écologie dans un format minimaliste - Dir. de publication : Juliette Quef
03.11.2026 à 11:56

Manifestations interdites, couvre-feu, suspension du droit de vote : tout cela est-il bien légal ?

Louise Deshautels

Texte intégral (2235 mots)
De nombreuses manifestations ont été interdites depuis le 17 octobre. © Dario Nadal/Vert

Samedi 31 octobre, les manifestant·es se sont de nouveau réuni·es, pour certain·es costumé·es, dans les rues de plusieurs villes françaises. À Paris, le sort du cortège a été incertain jusqu’au dernier moment. Les organisateur·ices voulaient défiler de la place de la Bastille à celle de la Nation. La préfecture a préféré un trajet périphérique, entre la porte de Bagnolet et celle de Charenton.

Un nouvel épisode qui ravive les interrogations sur les restrictions du droit de manifester. En France, c’est un droit fondamental, reconnu par le Conseil constitutionnel. Après le 17 octobre et les pillages qui ont suivi la manifestation, de nombreuses préfectures ont pris des arrêtés d’interdiction, pour plusieurs jours. Mais ce n’est pas tout : il y a aussi eu des couvre-feu et même des menaces d’interdiction des réseaux sociaux. Vert fait le point sur la légalité de ces mesures.

Interdire les manifestations : quand le président outrepasse ses pouvoirs

Toute manifestation doit être déclarée en mairie ou en préfecture, trois jours avant minimum. Avec à chaque fois l’identité des organisateur·ices, le but, le lieu, la date et l’heure du rassemblement. Si le préfet juge qu’il y a un risque de trouble à l’ordre public, il peut l’interdire.

Plusieurs motifs peuvent être retenus. «Une mesure de police administrative repose sur un aspect prédictif», rappelle Serge Slama, professeur de droit public à l’université Grenoble-Alpes et spécialiste des droits humains. Les incidents survenus lors de précédents rassemblements et les remontées des services de renseignement de la police servent d’indices. «Les manifestations organisées par les syndicats rassurent la préfecture, explique le professeur de droit public. En revanche, pour des groupes moins encadrés, comme les lycéens, le risque perçu est plus important.»

Depuis la crise des Gilets jaunes en 2018, les interdictions dites «périmétriques» se sont multipliées. Elles permettent aux préfets d’exclure les manifestations de certaines zones, notamment des centres-villes, jugés plus difficiles à sécuriser. Le Conseil d’État admet cette possibilité, à condition que les restrictions soient justifiées par les circonstances et limitées dans l’espace comme dans le temps. «Actuellement, les circonstances sont très largement liées au 17 octobre et aux pillages qui ont suivi», remarque le juriste.

Le climat politique influe aussi sur la prise de décision des préfectures. Le 22 octobre, Emmanuel Macron déclare que seules les manifestations organisées à la demande des syndicats seront autorisées et que «la recommandation générale, c’est qu’il n’y ait pas de manifestation». Normalement, dans un régime libéral, le principe est la liberté et l’exception est l’interdiction. Avec la déclaration du président, la règle est inversée. Pour Serge Slama, elle a surtout instauré un «contexte encourageant les préfets à refuser une manifestation».

Par ailleurs, Sébastien Platon, professeur de droit public à l’université de Bordeaux et auteur d’un rapport sur «la résistance du système juridique français face à un choc autoritaire», rappelle que «le président n’a aucun pouvoir en la matière, c’est une compétence qui relève des maires et des préfets». Ce qu’a confirmé le Conseil d’État le 23 octobre, rappelant que les préfets doivent évaluer les risques pour chaque manifestation et ne peuvent pas légalement se fonder sur la seule absence d’affiliation syndicale pour l’interdire.

Modifier le parcours : une mesure légale mais dévoilée trop tardivement

Lorsque les manifestations ne sont pas interdites, leur parcours peut être modifié par arrêté préfectoral. Ces derniers jours, les décisions des préfectures ont été publiées très tardivement. À tel point que les organisateur·ices n’ont plus le temps de les contester devant la justice. Le 23 octobre, la préfecture de Paris impose un itinéraire différent de celui de la déclaration de manifestation, tard dans l’après-midi, la veille de la déambulation. Un recours est déposé dans la foulée, mais à 22h40, alors que les tribunaux sont déjà fermés. La requête est alors rejetée parce que le juge n’a pas eu suffisamment de temps pour rendre sa décision. En temps normal, un référé-liberté – la procédure d’urgence qui permet de faire cesser une atteinte à une liberté fondamentale portée par l’administration – nécessite un délai minimal de 48 heures.

Pour Sébastien Platon, cette pratique engendre un recul de l’État de droit. «L’intérêt est triple : cela ne laisse pas le temps de saisir le juge, permet de placer les manifestants en garde à vue – puisque la participation à une manifestation interdite est un délit –, et a un effet dissuasif pour toute personne qui peut craindre de se retrouver, sans le savoir, dans une manifestation interdite.»

Face aux mesures d’interdiction et aux risques d’être gazé, nassé, voire verbalisé, certaines personnes sont plus hésitantes à aller manifester. «Cela affaiblit très clairement la liberté de manifestation, alors même que c’est l’une des libertés les plus essentielles en démocratie», rappelle Serge Slama.

Mettre en place un couvre-feu : autorisé s’il y a un risque établi

Interdire de circuler dans certains quartiers et à certaines heures peut également être légal, si cette restriction répond à un risque précis de trouble à l’ordre public. De telles mesures ont été instaurées dans plusieurs villes françaises après le 17 octobre : à Paris, Lyon, Lille, Nice, Bordeaux ou encore Limoges. Les juges acceptent facilement l’élément contextuel comme une justification.

Pour autant, un couvre-feu ne peut pas s’étendre durablement. Par ailleurs, cette mesure est habituellement admise dans certains quartiers, à l’égard de mineur·es et lorsqu’il y a des phénomènes de délinquance localisés. Actuellement, ils sont assez généralisés et ne concernent pas seulement les mineur·es. «Sans la mémoire du 17 octobre, ces arrêtés ne résisteraient pas au temps», assure Serge Slama.

Bloquer les réseaux sociaux, «c’est clairement illégal»

Le 19 octobre, Gabriel Attal suggérait de bloquer «temporairement et de manière ciblée l’accès à certaines plateformes pour stopper l’effet de meute». Trois jours plus tard, selon une enquête publiée par Blast, le premier ministre Sébastien Lecornu a écrit aux opérateurs téléphoniques pour leur demander de préparer techniquement une suspension temporaire de plusieurs plateformes, avant les mobilisations prévues le 24.

«En l’état du droit actuel, c’est clairement illégal», rappelle Serge Slama. Il y a même un précédent : lorsque le gouvernement avait suspendu TikTok en Nouvelle-Calédonie lors des émeutes de mai 2024. Le Conseil d’État avait annulé la décision, rappelant qu’une interruption temporaire d’un réseau social ne peut être envisagée que dans des circonstances exceptionnelles et selon des conditions strictes. Elle doit être indispensable, aucune autre solution moins attentatoire aux libertés ne doit permettre d’atteindre le même objectif, et sa durée doit être strictement limitée.

Dans la nuit du 27 au 28 octobre, le Sénat a adopté le projet de loi «casseurs-payeurs». Ce dernier contient notamment un amendement qui vise à accélérer le retrait des contenus appelant à l’insurrection ou à l’armement. Avec la possibilité de bloquer les plateformes en cas de non-retrait. Un projet qui pourrait faire basculer dans la légalité la suspension des réseaux sociaux.

Suspendre le droit de vote des pilleurs, une peine de plus en plus prononcée

La volonté de sanctionner les personnes condamnées pour des pillages ou des dégradations commis en marge de manifestations s’est aussi traduite par des propositions de privation du droit de vote, un droit civique. «On ne vote pas aux prochaines élections quand on a pillé des magasins ou attaqué des policiers», déclarait le ministre de la justice Gérald Darmanin le 22 octobre. Le même jour, il annonçait avoir adressé une circulaire aux parquets pour demander une suspension du droit de vote pour les personnes condamnées pour pillage.

Une telle peine existe en droit français. Dans certaines affaires, un juge pénal peut prononcer une sanction complémentaire entraînant notamment la perte de certains droits civiques tels que le droit de vote. Elle s’applique pour les infractions comme les pillages et les dégradations. Mais ces peines se décident au cas par cas et les procureur·es sont libres de les demander.

«Habituellement, ce ne sont pas des peines que l’on voit pour ce type d’infraction», affirme Eva Barouk, avocate en droit pénal. Mais en demandant à ce que ce soit systématique, n’importe quelle participation, même en marge, peut se voir sanctionnée de suspension de droit civique.» Pour l’avocate, le contexte actuel «exacerbe la sévérité judiciaire» : «Les positions liberticides et toujours plus autoritaires de Gérald Darmanin imprègnent les réquisitions et les condamnations. On assiste à des situations ubuesques et on ne sait plus prédire les peines possibles auprès de nos clients.»

Contrôler des pancartes, une forme de censure

À l’entrée des cortèges de manifestations, certain·es se sont vu confisquer leurs pancartes par les forces de l’ordre. Or la liberté de manifester comprend aussi celle d’exprimer ses opinions.

«Il n’y a aucune base légale qui permet à des policiers de confisquer des pancartes, confirme Serge Slama. C’est une forme de censure qui est absolument inadmissible.» Une pancarte peut constituer une infraction uniquement si elle comporte une menace ou des propos injurieux. Dans ce cas précis, un procès-verbal peut être dressé.

Vers un «état d’urgence» constant ?

Au-delà des restrictions prises dans l’urgence, c’est l’évolution du cadre juridique français qui inquiète les juristes. Sébastien Platon observe un «durcissement de l’arsenal de police administrative, sous l’influence des pouvoirs propres à l’état d’urgence, entrés dans le droit commun», ainsi que des reculs dans les libertés de la société civile, notamment la liberté de manifestation.

Pour Serge Slama, il est désormais clair que «nous sommes en état d’urgence larvé, qui ne dit pas son nom». L’état d’urgence est une situation juridique d’exception qui permet aux autorités administratives (ministre de l’intérieur et préfets) de disposer de pouvoirs renforcés pour maintenir l’ordre public, notamment en interdisant la circulation des personnes ou des véhicules dans certains lieux et à certaines heures. «Au vu de tous les instruments adoptés par le gouvernement et des différentes lois sécuritaires et antiterroristes adoptées ces trente dernières années, si l’extrême droite parvient au pouvoir, elle n’aura pas besoin de nouveau texte pour gouverner de manière autoritaire».

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03.11.2026 à 06:00

RN, dette et pauvreté en hausse, démocratie et climat en berne : le lourd bilan d’Emmanuel Macron en graphiques

Anne-Claire Poirier, Sébastien Eid

Texte intégral (3045 mots)
En dix ans, la confiance accordée au président de la République n’a jamais été aussi basse, selon le Centre de recherches politiques de Sciences Po Paris. © Benoit Tessier/AFP

🌡 Climat : le prochain exécutif devra faire (beaucoup) plus

En dix années au pouvoir, Emmanuel Macron a souvent eu l’occasion de défendre son action en matière d’écologie. «Personne n’a autant fait que nous depuis trois ans», expliquait-il dès 2020, avant que toute la macronie n’en fasse un mantra.

Le deuxième quinquennat d’Emmanuel Macron touche bientôt à sa fin. Quelques mois avant l’élection présidentielle de 2027, Vert revient sur ses dix années au pouvoir à travers une série rétrospective intitulée «C’était Macron». Pour ce troisième épisode, focus sur son héritage écologique et démocratique, en graphiques.

De fait, les émissions de gaz à effet de serre ont baissé comme jamais entre 2017 et 2026, de 3,15% par an en moyenne, contre -0,6% par an entre 1990 et 2016. Mais cela ne suffit pas à mettre la France sur les bons rails, alertent les expert·es année après année, notamment parce que les baisses constatées ont souvent résulté de crises – Covid-19, guerres en Ukraine et au Moyen-Orient… – et pas de transformations structurelles.

En juillet 2026, le gouvernement a officialisé l’ambitieuse trajectoire de baisse des émissions qu’il lègue au prochain exécutif. Mais le dernier rapport du Haut Conseil pour le climat estime que les moyens n’ont pas été mis en œuvre pour qu’elle soit respectée, pointant notamment un «affaiblissement des dispositifs liés à l’action climatique en 2025 et 2026», conjugué à des «financements sous-dimensionnés».

⛽ Énergie : le pouvoir d’achat plombé comme jamais

«Il faut nous désintoxiquer des énergies fossiles», affirmait le chef de l’État en 2018 dans un discours consacré à la transition écologique. Sept ans plus tard, «la question n’est plus que climatique, elle touche désormais à l’intérêt national», abonde son premier ministre, Sébastien Lecornu.

Ces dernières années, la France a payé très cher sa dépendance aux énergies fossiles importées : l’invasion de l’Ukraine par la Russie (2022), puis le conflit déclenché par les États-Unis et Israël en Iran (2026), ont fait s’envoler les prix de l’énergie, plombant l’économie et le pouvoir d’achat des Français·es. Les salaires réels (lorsque l’on tient compte de l’inflation) sont en baisse depuis 2019, une première depuis 1983-1985. D’après des calculs de l’Institut français d’économie (IFE), réalisés pour Le Monde, la chute du pouvoir d’achat depuis 2024 correspond à une perte de 1 200 euros par famille en moyenne.

Pourtant, entre ces deux dates, trop peu a été fait pour décarboner l’économie française. En avril dernier, le gouvernement a lancé un plan d’électrification des usages, qu’il compte financer «sans argent nouveau» mais en réorientant des sommes jusqu’ici allouées aux économies d’énergie. Quant à la filière des énergies renouvelables, elle est plongée dans une profonde crise à cause des reniements du gouvernement.

💀 Santé et agriculture : l’usage des pesticides n’a pas diminué

Dans son programme présidentiel de 2017, Emmanuel Macron avait promis de placer la France «en tête du combat contre les perturbateurs endocriniens et les pesticides». Motif : «ils sont l’une des principales causes de l’augmentation des cancers des enfants depuis vingt ans», expliquait-il alors. Las, le poids du réel – et des lobbys – a eu raison de cette promesse. Un exemple parlant : l’interdiction du glyphosate, l’herbicide le plus utilisé en France et classé «cancérigène probable» par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ). Après avoir annoncé en novembre 2017 son interdiction «au plus tard dans trois ans», le président est revenu sur sa promesse en janvier 2019.

Au global, les ventes de pesticides sont restées stables sous ses deux mandats, même si celles des produits les plus dangereux pour la santé ont nettement reculé. Dans l’intervalle, de plus en plus d’études ont confirmé les liens entre pesticides et cancers.

🏛 Politique : l’extrême droite aux portes du pouvoir

Au soir de sa première élection, en mai 2017, Emmanuel Macron (66%) avait déclaré à propos des électeur·ices de Marine Le Pen (34%) : «Je ferai tout durant les cinq années qui viennent pour qu’ils n’aient plus aucune raison de voter pour les extrêmes.»

Raté. Les résultats des échéances électorales qui ont suivi dessinent au contraire un marchepied pour l’extrême droite. En témoignent les scores du Rassemblement national (et de ses allié·es) aux élections législatives de 2017 (13,2%), 2022 (18,7%) et 2024 (29,3%), ou encore la fulgurante progression de Marine Le Pen aux élections présidentielles : battue à 34% au second tour en 2017, elle réalise 41,45% en 2022.

Plus inquiétant, plusieurs textes reprenant des positions de l’extrême droite ont été adoptés à l’Assemblée nationale grâce aux voix conjuguées du bloc présidentiel et du RN. C’est le cas de la loi «pour contrôler l’immigration», promulguée début 2024 (le détail des votes), ou de la proposition de loi «visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre» (rebaptisée «permis de tuer» par ses détracteur·ices), votée en juillet 2026.

✊ Mouvements sociaux : la contestation de plus en plus réprimée

Des Gilets jaunes au mouvement lycéen, les deux quinquennats d’Emmanuel Macron ont été émaillés de mouvements sociaux, dont certains ont été férocement réprimés. À tel point que l’État français a reçu les avertissements de nombreuses institutions, dont le Défenseur des droits, la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH), l’ONU ou encore le Conseil de l’Europe.

À propos du mouvement lycéen, toujours en cours, «la politique agressive de la police contre la jeunesse n’a jamais connu une telle ampleur, on n’a jamais eu autant de mutilés», constatait auprès de Vert le sociologue Sebastian Roché, spécialiste de la gestion des foules par la police.

Les défenseur·es de l’environnement, de plus en plus criminalisé·es, ne sont pas en reste. Outre la tentative inédite de dissoudre les Soulèvements de la Terre en mars 2023, l’association MDSE (Mouvement de soutien aux défenseur·es de l’environnement) constate un nombre de procès en augmentation constante : 52 ont été recensés en 2023, 93 en 2024, et déjà 80 en juillet 2025.

🗳 Institutions : la défiance au plus haut

Alors que le candidat Emmanuel Macron martelait en 2016 la «nécessité d’une révolution démocratique en France», le président et ses allié·es ont, à l’inverse, régulièrement été accusé·es de contourner les contre-pouvoirs, de pousser les institutions à leurs limites ou de rompre avec des usages démocratiques.

Parmi les cas emblématiques : le refus d’Emmanuel Macron de nommer un·e premier·e ministre de gauche en dépit de la victoire du Nouveau Front populaire aux élections législatives de 2024 ; ou encore les manœuvres du camp présidentiel pour empêcher les débats parlementaires sur certains textes controversés, dont la loi agricole Duplomb.

Résultat, le niveau de confiance dans les institutions politiques s’est effondré en dix ans. Selon le baromètre annuel du Cevipof (Centre de recherches politiques de Sciences Po Paris), la confiance accordée au président de la République n’a jamais été aussi basse. Même chose pour l’Assemblée nationale. Et 77% des sondé·es estiment que la démocratie ne fonctionne «pas très bien» ou «pas bien du tout». Du jamais-vu.

💼 Emploi : la fabrique de travailleurs pauvres

S’il y a bien un héritage qu’Emmanuel Macron compte assumer, c’est celui-ci : sous sa présidence, le taux de chômage a baissé. Supérieur à 10% avant son élection, il a atteint un plus bas historique en 2022-2024, autour de 7%. Avant de repartir à la hausse depuis 2022.

Le chef de l’État n’a pas lésiné sur les moyens pour y arriver : assouplissement du code du travail, multiples réformes de l’assurance-chômage, subvention de l’apprentissage, généreuses aides aux entreprises (166 milliards d’euros en 2024). Mais cette politique de flexibilisation et de baisse du coût du travail a surtout produit de la précarité.

De fait, le taux de pauvreté n’a jamais cessé d’augmenter depuis son élection. En 2017, 8,5 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en France (fixé à 60% du niveau de vie médian), soit 13,8% de la population. Elles étaient 1,3 million de plus en 2024, dont près d’un tiers en emploi. D’après l’Insee, le taux de pauvreté en France est aujourd’hui à son plus haut niveau depuis 1996, année où il a débuté ses mesures.

💰 Les inégalités au plus haut depuis au moins trente ans

Réduire la fiscalité du capital et des entreprises pour augmenter l’investissement privé : tel a été le pari d’Emmanuel Macron tout au long de ses deux quinquennats. En témoigne la baisse de l’impôt sur les sociétés, passé de 33,33% à 25% ; l’instauration d’une flat tax (un prélèvement à taux unique) de 30% sur les revenus du capital (contre jusqu’à 45% sur ceux du travail) ; ou encore la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF, qui taxait l’ensemble du patrimoine), remplacé par un simple impôt sur la fortune immobilière (IFI).

Hélas, cette politique n’a pas eu les effets de «ruissellement» escomptés. La France est rapidement devenue championne du versement de dividendes, avec des montants payés aux actionnaires en hausse de 43% entre 2017 (52,1 milliards de dollars) et 2024 (74,2 milliards de dollars), selon le gestionnaire d’actifs Janus Henderson.

Selon Oxfam, la fortune des milliardaires français·es a doublé depuis son arrivée au pouvoir. Les 53 milliardaires tricolores sont désormais plus riches que plus de 32 millions de Français·es réuni·es, soit près de la moitié de la population. À l’inverse, selon l’Insee, les inégalités sont aujourd’hui à leur niveau le plus élevé depuis qu’il a débuté les mesures il y a trente ans.

💸 L’explosion de la dette publique : un héritage toxique

Du côté des finances publiques, cette politique fiscale a conduit à une sévère baisse des recettes qui, conjuguée à la hausse des dépenses en temps de crise (Covid-19, guerre en Ukraine…), a provoqué une dangereuse explosion de la dette publique, passée de 98% du PIB en 2017 à 119% au deuxième trimestre 2026 (Insee). Un héritage toxique pour le prochain exécutif, car il empêche les investissements publics futurs.

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02.11.2026 à 12:06

Petites avancées et gros échecs : huit chiffres clés pour tout comprendre à la COP17 sur la biodiversité

Esteban Grépinet

Texte intégral (1747 mots)
La COP17 sur la biodiversité s’est clôturée samedi au petit matin à Erevan, capitale de l’Arménie. © Karen Minasyan/AFP

De grandes déclarations et de petites avancées. La 17ème conférence mondiale (COP17) sur la biodiversité d’Erevan (Arménie) s’est achevée samedi matin, à l’issue d’un marathon nocturne de négociations. Les textes adoptés appellent notamment à «accélérer» sur la mise en œuvre des cibles visant à enrayer l’extinction du vivant d’ici 2030.

Malgré des avancées sur des sujets sensibles – les subventions néfastes à la biodiversité, par exemple –, ces deux semaines de débats auront été marquées par de nombreux blocages, notamment sur la question des financements. Vous avez manqué des infos ? On vous résume les enseignements clés de ce grand raout sur la biodiversité en huit chiffres clés.

23

En 2022, les 196 pays signataires de la Convention sur la diversité biologique ont conclu l’ambitieux accord de Kunming-Montréal, qui définit 23 cibles à atteindre d’ici 2030 : stopper l’extinction d’origine humaine des espèces menacées, lutter contre les espèces exotiques envahissantes, augmenter les espaces «verts et bleus» en ville (parcs et jardins, cours d’eau…), assurer une participation équitable et inclusive dans les processus de décision…

Quatre ans plus tard, la COP17 d’Erevan avait pour principal objectif de faire un bilan de mi-parcours. La quasi-totalité des 23 cibles apparaît aujourd’hui impossible à atteindre : «À moins d’une accélération rapide de l’application collective, […] les objectifs et la mission du Cadre à l’horizon 2030 ne seront pas réalisés», affirme l’«examen mondial» conclu à Erevan.

«Nous parvenons à maintenir le dialogue, mais peinons à prendre collectivement les décisions qu’exige l’urgence environnementale», a regretté samedi la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, pointant le manque d’ambition de l’accord final et les attaques contre la science menées par plusieurs délégations.

62 millions

C’est probablement la cible la plus emblématique de Kunming-Montréal : protéger 30% des terres et des mers dans le monde d’ici 2030. À quatre ans de l’échéance, nous n’y sommes pas encore. Les engagements actuels des États – s’ils sont pleinement respectés – devraient mener à la protection de 27% des terres et de 12% des mers en 2030.

Mais scientifiques, associations et même certaines délégations, comme l’Espagne ou le Panama, s’insurgent contre des protections «de papier». Selon un rapport conduit par plusieurs ONG internationales, 62 millions d’hectares d’aires protégées en régions tropicales sont chevauchés par des zones de recherche et d’exploitation d’hydrocarbures ; et 43 millions d’hectares par des concessions minières.

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Autre cible souvent associée : la restauration de 30% des écosystèmes endommagés ou détruits par les activités humaines (zones humides, haies, récifs coralliens…), toujours à horizon 2030. Un rapport des Nations unies, publié le 29 octobre, est venu apporter deux nouvelles en la matière. La bonne : la restauration de la nature est d’une «ampleur sans précédent», avec 252 millions d’hectares concernés en 2026. La moins bonne : on est encore loin des 30% à horizon 2030 ; pour atteindre cet objectif, les États vont devoir tripler leurs efforts et multiplier par quatre les financements.

80 milliards

On passe maintenant à l’autre gros morceau de cette COP17 : le financement de toutes ces actions pour la biodiversité. Les comptes ne sont pas bons : sur les 200 milliards de dollars (soit 179 milliards d’euros) par an promis pour 2030 – qui mêlent dépenses des États, des organisations internationales, du secteur privé… –, nous n’en sommes pour l’instant qu’à environ 80 milliards de dollars (72 milliards d’euros), d’après une évaluation de l’Organisation de coopération et de développement économiques.

Sur ce total, 30 milliards de dollars (27 milliards d’euros) doivent être versés par les pays développés pour aider les pays qui ont le moins de moyens. Ces derniers veulent un fonds plus garni mais aussi plus accessible, quand les premiers s’opposent fermement à toute nouvelle structure – pour ne pas «augmenter une architecture mondiale déjà fracturée», selon la France. Le dossier, qui avait déjà bloqué les négociations lors de la COP16, a de nouveau crispé : les États se sont contentés d’adopter une série de critères pour évaluer l’efficacité du fonds actuel, renvoyant à plus tard une décision de fond(s).

25

À ce jour, seuls 25 pays dans le monde (le Canada, l’Australie, le Japon, beaucoup de pays européens, dont la France…) ont l’obligation d’aider les pays en voie de développement en matière de biodiversité. L’élargissement de cette liste – qui date de 2006 ! – a suscité de vifs débats. Des pays émergents comme le Brésil, la Chine ou, surtout, l’Arabie saoudite y sont peu enclins. Les discussions d’Erevan ont accouché d’un tout petit compromis : les pays non-contributeurs pourront «faire savoir au secrétariat si elles souhaitent figurer sur la liste» ; sans aucune obligation, donc.

10 588

C’est une autre facette méconnue de l’économie du vivant : depuis des décennies, des entreprises – souvent occidentales – exploitent massivement des ressources génétiques (des séquences d’ADN, pour fabriquer des médicaments, des cosmétiques…) dans les pays en voie de développement ; on parle de «biopiraterie». En 2024, la COP16 a permis la création du fonds «Cali», par lequel les firmes peuvent verser volontairement une partie de leurs bénéfices afin d’assurer un partage juste et équitable de ces données, notamment à la faveur des populations autochtones.

Problème : depuis sa création, ce fonds n’a été abondé que par cinq entreprises, à hauteur de 10 588 dollars (9 479 euros)… sur les plus d’un milliard de dollars par an espérés à l’origine ! Au cours du sommet d’Erevan, trois petites entreprises anglaises et belge ont mis la main à la poche, mais sans enclencher de réelle dynamique.

Les délégations présentes ont en revanche trouvé un compromis pour rendre le fonds Cali plus attractif : des certificats seront délivrés aux entreprises qui y consacrent 1% de leur chiffre d’affaires, ou 0,1% de leurs bénéfices. Mais son avenir reste incertain, d’autant que, comme le raconte le média Contexte, le géant de l’agrochimie Bayer lance un fonds alternatif.

-16%

Parmi les nouveautés à retenir côté français, le ministère de la transition écologique a profité de cette COP17 pour présenter un plan de réduction de 16% de ses subventions néfastes à la biodiversité d’ici 2030, estimées à 11,2 milliards d’euros en 2025. L’objectif est simple : réduire le soutien de l’État aux activités qui détruisent l’environnement, par exemple la construction de nouvelles infrastructures (bâtiments neufs, routes…).

À l’échelle mondiale, l’accord de Kunming-Montréal prévoit de réduire ces «incitations préjudiciables à la biodiversité» de 500 milliards de dollars (soit environ 450 milliards d’euros) par an d’ici 2030, mais cet objectif est loin d’être atteint. Après d’intenses tractations et malgré l’opposition de pays comme la Russie ou l’Argentine, un paragraphe appelant à «accélérer la réalisation» de cette cible a finalement été retenu dans l’«examen mondial».

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Et oui, après la COP17 vient la… COP18. Jusque-là rien d’étonnant. Elle aura lieu en 2028 – les sommets sur la biodiversité se déroulant tous les deux ans, contrairement à leurs cousins du climat qui sont annuels. Et l’hôte sera l’Équateur, préféré de justesse au Panama. Pays contributeurs, nouveau fonds pour la biodiversité… La communauté internationale devra cette fois prendre à bras le corps l’enjeu des financements, trop longtemps remis à plus tard. Rendez-vous à Quito !

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01.11.2026 à 07:00

Infomaniak, Proton, Tuta… Quelle boîte mail choisir pour éviter Gmail et Outlook ?

Eitanite Bellaïche

Texte intégral (1961 mots)
Face à Gmail, il existe plusieurs messageries françaises. © Adobe stock

En France, Gmail, le service courriel de Google, domine le marché des messageries électroniques. Il représente 37,7 % de parts de marché, devant Microsoft (via les extensions Outlook, Hotmail, Live et MSN) à 18,3 % et Orange à 9,2 %, selon une étude internationale publiée en 2025 par l’entreprise américaine Validity, qui évoque un paysage où subsistent aussi des acteurs nationaux comme SFR, Free ou La Poste. Mais pourquoi repenser sa boîte mail, cet espace numérique où s’accumulent messages et données personnelles ?

Une dépendance qui n’est pas sans risque

«Le premier risque est celui de la dépendance technologique et politique», alerte Philippe Lenoir, cofondateur de la messagerie française Mailo. Il fait référence au cas du juge français de la Cour pénale internationale, Nicolas Guillou, visé par des sanctions américaines depuis août 2025. Parce qu’il a autorisé l’émission de mandats d’arrêt, notamment contre le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, le magistrat s’est retrouvé privé de carte bancaire et d’accès à Gmail, Amazon, Airbnb ou Booking.

💻 Cet article fait partie de notre série qui vous aide à sortir de la dépendance aux Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft). Dans cet épisode, on se penche sur les messageries, un marché dominé par Gmail, et donc Google. 👉 Cliquez ici pour découvrir d’autres articles qui vous aident à fuir les Gafam.

Au-delà du risque de coupure, c’est le contrôle de nos données qui interroge. «Votre boîte mail concentre les messages de réinitialisation de mots de passe, les factures et les courriers bancaires. L’entreprise qui la gère détient donc, dans une certaine mesure, les clés d’une grande partie de votre vie numérique», souligne Dante Emilio Grassi, fondateur d’European Tech Map, un répertoire numérique de plus de 3 000 éditeurs de logiciels européens lancé en février 2026.

Le droit américain est un autre enjeu. Le Cloud act de 2018 permet, sous certaines conditions légales, d’exiger des fournisseurs américains la transmission de données, même hébergées en Europe. Lors d’une audition au Sénat, le 10 juin 2025, le directeur des affaires publiques et juridiques de Microsoft France a déclaré qu’il ne pouvait garantir que les données des citoyens français ne seraient jamais transmises aux autorités américaines sans autorisation française.

S’y ajoutent les inquiétudes liées à l’exploitation des données, notamment pour l’intelligence artificielle. «Beaucoup de particuliers affirment qu’ils n’ont rien à cacher. À mes yeux, ce n’est pas la bonne manière de poser le problème. Leurs données méritent d’être protégées», insiste Philippe Lenoir.

Comment choisir une messagerie indépendante ?

Quitter Gmail ne se résume pas à changer d’adresse mail. «Il ne suffit pas que les serveurs qui stockent vos mails soient situés en France, prévient le cofondateur de Mailo. Il faut aussi comprendre qui possède et exploite la technologie, quelles sont les dépendances de l’éditeur et quelles juridictions peuvent s’appliquer.» Dante Emilio Grassi recommande également d’examiner l’actionnariat, car «le pays du siège et celui des propriétaires ne coïncident pas nécessairement».

Il faut aussi prendre en compte la réversibilité, soit la capacité à récupérer l’intégralité de ses données (courriels, contacts et documents), et la portabilité, soit la capacité de déplacer à volonté vos données entre deux systèmes. Peut-on facilement migrer vers un autre service ou risque-t-on de se retrouver enfermé dans un écosystème ? C’est l’une des questions à se poser avant de changer de fournisseur.

Alors vers quelles solutions se tourner ? Philippe Lenoir nous conseille évidemment de tester Mailo. Il suggère également Infomaniak, Tuta et Proton, tout comme Dante Emilio Grassi. Orange, SFR, Free ou La Poste ne sont pas les solutions les plus abouties, d’autant que la plupart sont liées à un abonnement mobile ou box préalable.

Proton Mail, pour un premier pas vers la dégooglisation

Proton Mail est né en Suisse en 2014 autour de scientifiques passés par le Cern, le laboratoire européen pour la physique des particules.

Il mise sur le chiffrement de bout en bout entre ses utilisateurs et propose des échanges chiffrés avec des correspondants externes – avec ce système de communication, seuls l’expéditeur et le destinataire peuvent lire les messages échangés, car ils sont transformés en code illisible dès leur rédaction.

Sans publicité ni exploitation commerciale des messages, l’écosystème de Proton Mail comprend un agenda, un VPN (service qui permet de se connecter depuis un autre pays), du stockage et un gestionnaire de mots de passe.

Mais confidentialité ne signifie pas anonymat absolu. Proton Mail peut être contraint de transmettre certaines métadonnées aux autorités, comme l’illustrent des affaires de partage d’adresses IP, c’est-à-dire la localisation d’activistes en 2021 et 2024 avec des autorités internationales. Depuis 2024 d’ailleurs, une fondation suisse détient la majorité de son capital. Côté environnement, peu d’informations publiques détaillées permettent d’évaluer son empreinte écologique.

Infomaniak, pour l’équilibre entre qualité, proximité et écologie

Autre acteur suisse, Infomaniak propose une messagerie gratuite de 20 gigaoctets (Go), sans publicité, hébergée dans ses propres centres de données. Il dispose d’un outil qui facilite la migration depuis Gmail. L’entreprise, dont une fondation détient la majorité des droits de vote depuis mai 2026, se distingue par sa transparence environnementale avec la publication de bilans carbone, d’analyses de cycle de vie, l’utilisation d’électricité renouvelable et la récupération de la chaleur des serveurs. Elle revendique également une compensation de ses émissions à hauteur de 200 % depuis 2017.

Cet engagement notable n’efface toutefois pas l’impact de la construction de nouveaux centres de données ni la croissance globale des usages numériques. À noter aussi qu’en matière de confidentialité, son chiffrement ne garantit pas systématiquement la même protection que Proton Mail. Ce dernier a un modèle zero-access, un système de sécurité informatique dans lequel le fournisseur du service numérique ne peut pas lire vos données car il ne possède pas les clés de déchiffrement ; à Infomaniak, les clés sont gérées dans l’infrastructure.

Tuta, pour l’indépendance du code et la confidentialité

Fondée en Allemagne en 2011, Tuta privilégie l’indépendance technologique. Son code est publié sur Github, une sorte de réseau social pour les programmeurs: n’importe lequel d’entre eux peut donc voir comment Tuta fonctionne. Ses applications revendiquent leur autonomie vis-à-vis de Google.

Messages entre utilisateurs, contacts et agendas bénéficient d’un chiffrement de bout en bout. Les données sont hébergées en Allemagne, sur des infrastructures alimentées en électricité renouvelable. Sans publicité, Tuta offre 1 Go de stockage, puis des abonnements dès 3 euros (€) par mois.

En contrepartie, son ergonomie et certaines fonctionnalités, notamment la recherche dans l’offre gratuite, restent plus limitées. Ses engagements environnementaux sont par ailleurs peu documentés publiquement.

Mailo, pour la souveraineté française

Créée en 1998, cette PME tricolore développe sa propre technologie de messagerie, sans dépendre des infrastructures cloud des géants américains pour héberger les courriels. Les données sont stockées en France dans un data center exploité par Ecritel, entreprise française spécialisée dans l’hébergement informatique alimenté par une électricité annoncée 100% renouvelable.

Mailo garantit ne pas exploiter le contenu des messages à des fins publicitaires ni revendre les données. Son offre gratuite doit prochainement évoluer vers un modèle sans publicité, source actuelle de financement. Des abonnements sans publicité, notamment familiaux, débutent à 1,50 € par mois.

Ecomail, pour financer la protection de l’environnement

Lancée en 2016 à Clermont-Ferrand, Ecomail se distingue par son modèle : 15 à 30 % de son chiffre d’affaires (et non simplement une part de ses bénéfices) sont reversés à des associations environnementales. Au 16 octobre 2026, l’entreprise revendiquait 114 600 € de dons cumulés depuis sa création, justificatifs à l’appui.

Hébergée chez le Français Scaleway, sa messagerie fonctionne sans publicité ni revente de données, avec un abonnement dès 12 € par an. Elle propose aussi un agenda et un carnet de contacts.

Une limite subsiste toutefois, Ecomail utilisant encore la solution américaine Mailchannels pour une partie de l’acheminement de ses messages sortants. La preuve qu’un hébergement français ne garantit pas, à lui seul, une indépendance technologique totale.

En conclusion, Vert recommande Infomaniak à toutes celles et tous ceux qui souhaiteraient abandonner Gmail ou Outlook. Pourquoi ? Parce que c’est une solution européenne efficace, que la détention de la majorité des droits de vote de l’entreprise par une fondation assure son indépendance totale et verrouille son ADN éthique sur le long terme, qu’elle est transparente sur le plan environnemental et qu’elle respecte vos données.

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