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03.03.2025 à 07:42

Khrys’presso du lundi 3 mars 2025

Khrys

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  • Vincent Tiberj : « Social, économie : la gauche doit rejouer à domicile ! » (fakirpresse.info)

    De plus en plus de gens répondent que « oui », il y aurait de plus en plus de racisme. Mais si on prend les données sur trente ou quarante ans, oui les enquêtes montrent l’inverse.[…] Sur le droit de vote des étrangers : 34 % de soutien en 1984, 58 % en 2022. Sur « les immigrés sont une source d’enrichissement culturel » : 44 % en 1992, 76 % en 2022. Sur « il y a trop d’immigrés en France » : 69 % en 1988, 53 % en 2022, 52 % en 2021, 48 % en 2024. Sur la baisse du racisme biologique : en 2002, 14,5 % des répondants considéraient encore « des races supérieures à d’autres », en 2022 ils ne sont plus que 4 %.

  • Le Guide du Routard de l’Organizing (organisez-vous.org)
  • Guide d’autodéfense RSA / France Travail (coordbrest.noblogs.org)

    Ce guide s’adresse à tout les bénéficiaires du RSA , du chômage ou inscrits à France-Travail. Il n’a pas été fait par des avocats, des assistants sociaux ou « professionnels » du social. Simplement par des allocataires qui souhaitent lutter pour leurs intérêts face aux politiques de l’état et des diverses administrations chargées de gérer nos allocations.

  • They Live 2025 (badtastegoodcause.com)

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Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).

02.03.2025 à 09:00

Les mythes de l’IA

Framasoft

Les discours autour de l’IA produisent des mythes qui influencent notre compréhension de ce qu’elle est, produisant une perception confuse de leur réalité… pour mieux influer les transformations légales à venir.
Texte intégral (1945 mots)

Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 02 octobre 2024 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.


 

Les discours autour de l’IA produisent des mythes qui influencent notre compréhension de ce qu’elle est, produisant une perception confuse de leur réalité… pour mieux influer les transformations légales à venir.

 

 

 

 

 

 

 

 

La technologie ne produit pas que des solutions, elle produit aussi beaucoup de promesses, d’imaginaires, d’idéologies et de mythes. Derrière le marketing des produits et des services, les entreprises déploient des métaphores simples et convaincantes qui réduisent la complexité des transformations à l’œuvre. « Ils pollinisent l’imagination sociale avec des métaphores qui mènent à des conclusions, et ces conclusions façonnent une compréhension collective » plus ou moins fidèle à la réalité. Les discours sur l’IA générative reposent sur de nombreux mythes et promesses, explique Eryk Salvaggio pour Tech Policy Press qui tente d’en dresser la liste. Ces promesses produisent souvent une compréhension erronée du fonctionnement de l’IA et induisent en erreur ceux qui veulent les utiliser.

Il y a d’abord les mythes du contrôle qui visent à nous faire croire que ces systèmes sont plus fiables qu’ils ne sont. Parmi les mythes du contrôle, il y a celui de la productivité, qui nous répète que ces systèmes nous font gagner du temps, nous font produire plus rapidement. « Le mythe de la productivité suggère que tout ce à quoi nous passons du temps peut être automatisé ». L’écriture se réduit à un moyen pour remplir une page plutôt qu’un processus de réflexion. Le mythe du prompt suggère que nous aurions un contrôle important sur ces systèmes, nous faisant oublier que très souvent, nos mots mêmes sont modifiés avant d’atteindre le modèle, via des filtres qui vont modifier nos invites elles-mêmes. D’où l’incessant travail à les peaufiner pour améliorer le résultat. « Le mythe de l’invite permet de masquer le contrôle que le système exerce sur l’utilisateur en suggérant que l’utilisateur contrôle le système ».

Outre le mythe du contrôle, on trouve également le mythe de l’intelligence. Le mythe de l’intelligence confond le fait que le développement des systèmes d’IA aient été inspirés par des idées sur le fonctionnement de la pensée avec la capacité à penser. On nous répète que ces systèmes pensent, raisonnent, sont intelligents… suggérant également qu’ils devraient être libres d’apprendre comme nous le sommes, pour mieux faire oublier que leur apprentissage repose sur un vol massif de données et non pas sur une liberté éducative. Parmi les mythes de l’intelligence, on trouve donc d’abord le mythe de l’apprentissage. Mais cette métaphore de l’apprentissage elle aussi nous induit en erreur. Ces modèles n’apprennent pas. Ils sont surtout le produit de l’analyse de données. Un modèle n’évolue pas par sélection naturelle : il est optimisé pour un ensemble de conditions dans lesquelles des motifs spécifiques sont renforcés. Ce n’est pas l’IA qui collecte des données pour en tirer des enseignements, mais les entreprises qui collectent des données puis optimisent des modèles pour produire des représentations de ces données à des fins lucratives. Le mythe de l’apprentissage vise à produire une équivalence entre les systèmes informatiques et la façon dont nous-mêmes apprenons, alors que les deux sont profondément différents et n’ont pas la même portée ni la même valeur sociale. Le mythe de l’apprentissage permet surtout de minimiser la valeur des données sans lesquelles ces systèmes n’existent pas.

Le mythe de la créativité fait lui aussi partie du mythe de l’intelligence. Il entretient une confusion entre le processus créatif et les résultats créatifs. Si les artistes peuvent être créatifs avec des produits d’IA, les systèmes d’IA génératifs, eux, ne sont pas créatifs : ils ne peuvent pas s’écarter des processus qui leur sont assignés, hormis collision accidentelles. Le mythe de la créativité de l’IA la redéfinit comme un processus strict qui relèverait d’une série d’étapes, une méthode de production. Il confond le processus de créativité avec le produit de la créativité. Et là encore, cette confusion permet de suggérer que le modèle devrait avoir des droits similaires à ceux des humains.

Salvaggio distingue une 3ᵉ classe de mythes : les mythes futuristes qui visent à produire un agenda d’innovation. Ils spéculent sur l’avenir pour mieux invisibiliser les défis du présent, en affirmant continûment que les problèmes seront résolus. Dans ces mythes du futur, il y a d’abord le mythe du passage à l’échelle ou de l’évolutivité : les problèmes de l’IA seront améliorés avec plus de données. Mais ce n’est pas en accumulant plus de données biaisées que nous produiront moins de résultats biaisés. L’augmentation des données permet surtout des améliorations incrémentales et limitées, bien loin de la promesse d’une quelconque intelligence générale. Aujourd’hui, les avantages semblent aller surtout vers des modèles plus petits mais reposant sur des données plus organisées et mieux préparées. Le mythe de l’évolutivité a lui aussi pour fonction d’agir sur le marché, il permet de suggérer que pour s’accomplir, l’IA ne doit pas être entravée dans sa course aux données. Il permet de mobiliser les financements comme les ressources… sans limites. Oubliant que plus les systèmes seront volumineux, plus ils seront opaques et pourront échapper aux réglementations.

Un autre mythe du futur est le mythe du comportement émergent. Mais qu’est-ce qui conduit à un comportement émergent ? « Est-ce la collecte de grandes quantités d’écrits qui conduit à une surperintelligence ? Ou est-ce plutôt la conséquence de la précipitation à intégrer divers systèmes d’IA dans des taches de prise de décision pour lesquelles ils ne sont pas adaptés ? » Les risques de l’IA ne reposent pas sur le fait qu’elles deviennent des machines pensantes, mais peut-être bien plus sur le fait qu’elles deviennent des machines agissantes, dans des chaînes de décisions défaillantes.

Salvaggio plaide pour que nous remettions en question ces mythes. « Nous devons travailler ensemble pour créer une compréhension plus rigoureuse de ce que ces technologies font (et ne font pas) plutôt que d’élaborer des déclarations de valeur (et des lois) qui adhèrent aux fictions des entreprises ».

C’est peut-être oublier un peu rapidement la valeur des mythes et des promesses technologiques. Les mythes de l’IA visent à produire non seulement une perception confuse de leur réalité, mais à influer sur les transformations légales. Les promesses et les mythes participent d’un narratif pour faire évoluer le droit en imposant un récit qui légitime le pouvoir perturbateur de la technologie. Les mythes permettent de crédibiliser les technologies, expliquait déjà le chercheur Marc Audetat dans l’excellent livre collectif Sciences et technologies émergentes : pourquoi tant de promesses ? (Hermann, 2015). Comme le disait l’ingénieur Pierre-Benoît Joly dans ces pages, « les promesses technoscientifiques ont pour fonction de créer un état de nécessité qui permet de cacher des intérêts particuliers ». Les mythes et les croyances de l’IA ont d’abord et avant tout pour fonction de produire le pouvoir de l’IA et de ceux qui la déploient.

Les mythes de l'IA :* Le mythe de contrôle : croire que les systèmes plus fiables qu'ils ne sont -> Le mythe de la productivité : croire que ce sur quoi nous passons du temps peut être automatisé -> Le mythe du prompt : croire que l'utilisateur contrôle le système * Le mythe de l'intelligence : croire que ces systèmes sont intelligents -> Le mythe de l'apprentissage : croire que ces systèmes apprennent de nous -> Le mythe de la créativité : croire que les processus créatifs et les résultats créatifs sont les mêmes choses * Le mythe futuriste : faire croire que les problèmes seront résolus -> Le mythe du passage à l'échelle : faire croire qu'il suffit de plus de données Le mythe du comportement émergeant : faire croire que les IA peuvent être des machines agissantes dans des chaînes de décisions défaillantes

Les 9 mythes de l’IA

26.02.2025 à 14:50

Interfaces, une association de lutte contre la précarité énergétique en cours de dégafamisation

Framasoft

Aujourd’hui, nous publions un nouveau témoignage de dégafamisation qui vient rejoindre ceux que nous avons déjà précédemment recueillis. C’est un message posté sur la Communauté Emancip’Asso, un espace d’entraide mis à disposition des associations qui souhaitent se lancer dans une … Lire la suite­­
Texte intégral (1980 mots)

Aujourd’hui, nous publions un nouveau témoignage de dégafamisation qui vient rejoindre ceux que nous avons déjà précédemment recueillis. C’est un message posté sur la Communauté Emancip’Asso, un espace d’entraide mis à disposition des associations qui souhaitent se lancer dans une démarche de transition numérique éthique, qui nous a donné envie d’en apprendre plus sur Interface, cette association du Nord de la France qui œuvre pour l’inclusion au quotidien.

Un très grand merci à Nicolas pour le temps consacré à cette entrevue.

Bonjour, peux-tu te présenter brièvement pour le Framablog ?

Je m’appelle Nicolas Bertrand et je suis conseiller numérique au sein de l’association Interfaces depuis avril 2022. À mon arrivée, en dehors de mes missions de conseiller numérique, la direction m’a demandé de participer au développement et à la modernisation de l’infrastructure informatique de l’association. À titre personnel, je mesure ma dépendance aux GAFAM et j’essaie de m’auto-former à Linux pour me passer à court, moyen ou long terme de Windows.

Nicolas, peux-tu nous présenter ton association ?

Depuis sa création en 1997, l’association Interfaces mène des actions pour lutter contre la précarité énergétique et permet aux publics de mieux gérer leurs démarches administratives quotidiennes liées aux thématiques du logement, de l’énergie, des transports, des services bancaires, des services postaux et de la consommation. Nous développons également, afin de faire face à la dématérialisation croissante des démarches, l’accompagnement vers l’autonomisation sur les outils numériques.

 

Toutes nos interventions répondent aux piliers de la médiation sociale que sont le « aller vers » et le « faire avec ». Les valeurs de solidarité, de rigueur et de transparence animent nos équipes au quotidien. Une autre définition extraite de nos statuts : « Innover avec des entreprises pour lutter contre l’exclusion, la pauvreté et les discriminations. Pour cela, elle agit au quotidien avec des entreprises, les organismes publics, les relais, les prescripteurs et les habitants. À travers ses actions, Interfaces vise à anticiper et accompagner les situations sociales et sociétales en s’appuyant sur une posture de tiers médian, des compétences et un réseau d’acteurs. L’association crée, développe et accompagne des antennes Interfaces en tous lieux de la Région des Hauts de France et notamment dans les quartiers en difficulté ».

Logo de l’association Interfaces

L’association compte une quarantaine de salariés et des bénévoles. Nous intervenons sur 3 territoires du département du Nord : la Métropole Européenne de Lille (le siège se situe à Lille), le Valenciennois et le Douaisis.

Vous diriez que les membres de l’association sont à l’aise avec le numérique ou pas du tout ? Ou bien c’est assez disparate ?

Tous les salariés sont équipés d’un ordinateur portable et d’un téléphone professionnel. En 2023, les salariés ont été évalué sur leur niveau numérique à travers un test PIX. L’analyse des résultats a démontré que si la majorité d’entre eux étaient à l’aise, même si d’autres l’étaient un peu moins. Nous avons donc proposé un accompagnement personnalisé pour les salariés qui en exprimeraient le besoin.

Quel a été le déclencheur de votre dégafamisation ? Qu’est-ce qui vous a motivés ?

Dans le cadre de ce projet, nous avons voulu nous démarquer de ce qui pouvait se faire déjà dans d’autres espaces publics numériques en montrant un autre usage de l’informatique (plus responsable et plus éthique) via la sensibilisation du public sur l’économie circulaire et le numérique libre. Nous avons donc lié des partenariats avec un centre de reconditionnement (Bak2) et un auto-entrepreneur spécialisé dans le numérique libre (Patrice ANDREANI – Numéricatous) qui nous aident à mettre en place ce projet.

Logo de Numericatous

Quels sont les moyens humains mobilisés sur la démarche ?

J’ai monté ce projet seul en lien avec la direction de l’association.

Comment organisez-vous votre dégafamisation ?

Lorsque nous sommes à la recherche d’un nouvel outil ou logiciel répondant à nos besoins, nous essayons de nous tourner au maximum vers une solution libre ou open-source.

Est-ce que vous avez rencontré des résistances ?

Il est encore très difficile d’éveiller les consciences au passage à un numérique libre. Certains partenaires utilisent des logiciels propriétaires et nous n’avons pas d’autres possibilités que de les utiliser afin de leur rendre compte de nos missions ou activités sur le terrain. Les GAFAM font tellement partie de notre quotidien et il est encore compliqué d’inciter les personnes à ne plus les utiliser et passer à un numérique plus libre et plus éthique. Le chemin à parcourir semble encore long…

Parlons maintenant outils ! À ce jour, on en est où ? Quels outils ou services avez-vous remplacé, et par quoi, sur quels critères ?

Nous avons vécu 2 grands changements au sein de l’association :

  • Depuis octobre 2023, nous avons fait l’acquisition d’un serveur cloud (hébergé chez OVH) sur lequel nous avons installé, entre autre, les logiciels que nous utilisions au quotidien : SynerGaïa (notre système d’information) et NextCloud (notre gestion électronique des documents).
  • Depuis le 1er janvier 2024, nous avons abandonné les outils Google : nous avons remplacé Google Drive et Dropbox par NextCloud et avons migré nos anciennes adresses Gmail vers un compte Exchange hébergé chez OVH.

Est-ce qu’il reste des outils auxquels vous n’avez pas encore pu trouver une alternative libre et pourquoi ?

Nous essayons de trouver une alternative à l’utilisation de Microsoft Outlook en testant prochainement Mozilla Thunderbird. Nous réfléchissons à intégrer sur notre serveur d’autres outils libres/open-source courant 2025,  comme par exemple GLPI et nous aimerions passer sous Linux et LibreOffice les ordinateurs présents dans notre Espace Public Numérique. Nous allons continuer à exploiter NextCloud en testant notamment certaines applications proposées et poursuivre la recherche d’autres solutions libres comme RocketChat pour mieux communiquer en interne.

Quels étaient vos moyens humains et financiers pour effectuer cette transition vers un numérique éthique ?

Au lancement de ce projet, j’ai essayé de faire en sorte qu’il soit le moins onéreux possible mais cela n’a pas forcément été évident ;-)

Avez-vous organisé un accompagnement de vos utilisateur⋅ices ? Si oui, de quelle manière ?

De manière générale, lorsqu’un salarié rencontre un problème sur l’un des logiciels que nous utilisons, nous fonctionnons par mail et nous pouvons également intervenir à distance si le salarié est sur le terrain. Nous avons également rédigé de nombreuses procédures/fiches process et celles-ci sont mises à disposition et accessibles à tout moment en cas de besoin sur NextCloud.

De plus, nous organisons des temps forts au sein de l’association (comme les réunions d’équipe et/ou de salariés) pour accompagner et former le personnel dans la prise en main de nouveaux outils. Nous essayons également d’évoluer le plus possible vers des solutions libres afin de sécuriser au mieux les informations de nos usagers et celles liées à nos missions et activités.

Est-ce que votre dégafamisation a un impact direct sur votre public ou utilisez-vous des services libres uniquement en interne ?

Nous profitons actuellement de notre campagne « Questionnaires de satisfaction 2024 » pour tester l’application « Formulaires » disponible dans NextCloud. Les envois se font en ce moment, il est donc encore trop tôt pour analyser les retours de nos usagers, salariés ou partenaires. À travers ce test, nous démontrons à nos partenaires qu’il est possible de faire sans les GAFAM et de recueillir des informations de manière sécurisée.

En ce qui concerne notre Espace Public Numérique, nous sensibilisons notre public sur le numérique libre et éthique et l’économie circulaire en utilisant par exemple du matériel reconditionné et en explicitant que le fait de passer sous Linux peut prolonger la durée de vie d’un ordinateur jugé comme dépassé.

Les différentes missions des accompagnements numériques d’Interface.

Quels conseils donneriez-vous à des structures comparables à la vôtre qui voudraient se dégafamiser elles aussi ?

Il est essentiel de trouver un contact qui peut nous conseiller sur des solutions libres afin de se passer le plus possible des solutions GAFAM dans l’intérêt de la sécurisation des données.

Un mot de la fin, pour donner envie de migrer vers les outils libres ?

Migrer vers les outils libres c’est s’ouvrir à un nouveau numérique où règne la sécurité :-)

24.02.2025 à 08:55

Prestidigitateur ou sorcier ?

Gee

Aujourd’hui, Gee, qui fête actuellement les 10 ans de son blog Grise Bouille avec un livre best of et un site anniversaire, vous propose une petite BD de fiction (sans aucun rapport avec le monde réel, bien sûr), adaptée de … Lire la suite­­
Texte intégral (2037 mots)

Aujourd’hui, Gee, qui fête actuellement les 10 ans de son blog Grise Bouille avec un livre best of et un site anniversaire, vous propose une petite BD de fiction (sans aucun rapport avec le monde réel, bien sûr), adaptée de sa dernière chronique radio, dont le podcast sera bientôt disponible.

Prestidigitateur ou sorcier ?

Notre histoire se passe dans un étrange pays lointain. Un pays qui, depuis de nombreuses années, est cerné par un gigantesque incendie.

Une femme regarde au loin avec des jumelles et dit : « Il approche. » Un type à côté hausse les épaules : « Boarf… et alors ? On mettra des combinaisons ignifugées. Pi on s'habituera à l'odeur de fumée. Pi la science trouvera une solution. Pas de quoi paniquer. » Une flèche indique sur la femme « Elle, c'est Cassandre. » et sur l'homme : « Lui, c'est un incendio-sceptique. »

Cassandre, ce genre de réflexion, ça l’agace, parce que la science, elle connaît ! Et la science, elle a déjà trouvé la solution à cet incendie :

Cassandre s'énerve sur le type : « ARRÊTEZ DE LANCER DES FEUX D'ARTIFICE VERS LA FORÊT ! » Le type, en train d'allumer une fusée : « Vous voulez couler l'industrie du feu d'artifice ? Irresponsable ! Vous voulez pas plutôt inventer le feu qui ne brûle pas ? L'innovation, voilà ce qui va nous sauver ! »

C’est dans cet étrange pays que débarque, un jour, un étrange magicien…

Un monsieur en costume montre le magicien et dit : « Sous vos yeux ébahis, le plus grand magicien de tous les temps ! Le grrrrrrrrrrrrand… GIPITI ! Charles Gipiti, de son prénom. Son talent va vous estomaquer ! » Le magicien est étincellant.

Devant une foule hypnotisée, Gipiti fait sortir un lapin de son chapeau : « Eeet… hop ! » La foule : « WAAAHOOOOUUU ! Je n'ai jamais vu quelqu'un faire apparaître un lapin comme ça ! Ça pourrait résoudre la faim dans le monde ! Quel incroyable magicien ! Il est si prompt ! C'est fou cette magie ! Vive la magie ! »

Cassandre, devant cet engouement général, est sceptique :

Elle a l'air méfiante et demande : « Attendez… quand vous dites “magicien”… vous parlez de prestidigitateur ou de sorcier ? » La foule, blase : « Kesseldi, elle ?  Dekoi jmemèle ? » Gipiti dit : « Je vous prie de m'excuser, je n'ai pas compris votre question. »

Cassandre précise : « Un sorcier, c'est un _vrai_ magicien, quelqu'un qui maîtrise la magie, qui peut faire des choses surnaturelles, inexplicables… Alors qu'un prestidigitateur ne fait qu'imiter la magie, il met en scène des choses qui paraissent surnaturelles mais sont en fait parfaitement explicables… À base d'illusions, de trucages… ». On voit la distinction entre les deux dans ses pensées.

Comme d’habitude, Cassandre a du mal à convaincre les gens de la différence de taille entre les deux…

Un type dans la foule : « On s'en fout non ? Si ça ressemble à de la magie, c'est comme si c'en était, non ? » Cassandre est furieuse : « Mais pas du tout !  Si on confond prestidigitateur et sorcier, on entretient une confusion dangereuse ! C'est un tapis rouge pour se faire manipuler et abuser ! » Le type : « En plus c'est chiant à dire, “prestidigatruc”…  magicien, c'est plus simple. Les scientos, vous nous emmerdez toujours avec des détails… »

Décidée à démasquer cet imposteur de Gipiti, Cassandre mène son enquête… et la réalité est encore pire qu’elle ne l’imaginait.

Un couple d'éleveurs en pleurs : « Ça c'est sûr qu'il peut en faire apparaître des lapins… il nous a volé quasiment tout notre élevage! Et en plus, impossible de vendre ceux qui nous restent : les gens préfèrent ceux qui sortent d'un chapeau, avec les paillettes, tout ça… On va se retrouver sur la paille. Des années de travail foutues en l'air… » Cassandre est stupéfaite.

Cassandre demande à la foule du début : « Alors ? C'est beau, ça, comme magie ? » Un type : « Ouais d'accord, il a volé des lapins, m'enfin vu ce qu'il arrive à faire avec, ça va, on va pas non plus l'attaquer en justice…  en plus les élevages n'auront qu'à s'adapter, c'est le progrès, c'est tout. » Cassandre : « J'hallucine ! »

Plus Cassandre fouille, plus elle met au jour les turpitudes de Charles Gipiti…

Un ouvrier avec une casquette « TGCM » tient un tuyau en direction de la forêt et y propulse un liquide. Cassandre : « C'est quoi, c'que vous balancez vers la forêt ? » L'ouvrier : « Du kérosène. C'est les machines que Gipiti utilise pour faire apparaître ses lapins… ça marche en propulsant du kérosènepar hectolitres. J'sais pas pourquoi. C'est la magie, c'est tout, c'est comme ça. » Cassandre : « MAIS ÇA VA PAS LA TÊTE ?! »

Elle se retourne vers le type du début : « ET ÇA ?! On était déjà mal barrés avec l'incendie AVANT, mais là c'est le pompon ! » La foule : « Mais Cassandre, si on finance la magie de Charles Gipiti, si on laisse ce magicien s'améliorer, alors c'est sûr, il va trouver une solution pour éteindre l'incendie ! Certes, son activité aggrave temporairement les choses, mais pour mieux les améliorer ensuite ! »

Cette fois, Cassandre n’en peut plus et explose :

Cassandre : « MAIS C'EST DÉBILE ! Ce que vous dites, c'est que si un prestidigitateur travaille suffisamment, il peut finir par devenir sorcier et faire de la vraie magie ? Comme ça, de Gérard Majax à Harry Potter ?! Ça n'a aucun sens ! » Le type dans la foule hausse les épaules : « Bah pourquoi pas ? J'y connais rien, moi, à la magie. On sait jamais. »

Cassandre, de plus en plus agacée : « En plus on sait très bien quelle est la solution pour éteindre l'incendie ! Ce que vous voulez, c'est continuer à vivre comme avant, tirer des feux d'artifice partout, en tablant sur le fait qu'un énergumène qui fait apparaître des lapins volés finisse par sortir de son chapeau le feu qui ne brûle pas ?! Vous êtes cinglés, ma parole ! »

Cassandre, très énervée : « Et si jamais, PAR LE PLUS GRAND DES HASARDS, Môssieur Gipiti ne trouve pas de solution magique une fois l'incendie aux portes du pays ? On fait quoi ? Hein ? On fait QUOI ? »

Un ange passe. La foule reste silencieuse.

Même image, mais on entend quelqu'un dire, hors-champ : « Approchez !  Approchez ! Sous vos yeux ébahis, un magicien encore plus impressionnant ! Et moins cher ! »

On voit un autre magicien, avec un présentateur à côté qui dit : « Le trrrrès grrrraaand… MAÎTRE SIQUE ! Œudipe Sique ! » À côté, Gipiti : « Grrrr… c'est lui qui m'a volé tous mes lapins… » Cassandre : « Ah bah dans le genre arroseur arrosé, vous vous posez là, vous… »

Rien à faire… les magiciens se multiplient, soulèvent des financements délirants, on en met partout : dans les écoles, les transports, les bureaux… qu’on en veuille ou pas, impossible d’y échapper.

Un roi dit : « En tant que roi de ce pays, j'ai décidé d'investir 110 milliards pour le Crédit Impôts Magiciens ! » Cassandre : « De KOUWA ?! Mais et les millions de pauvres qui bouffent par à leur faim ?! Et les hôpitaux saturés ? Et les services publics en ruine ? Et les… Et les… » Le roi : « Non mais tout ça, ça coûte un pognon de dingue… »

Le temps passe. Cassandre ne convainc personne. Les magiciens continuent à détrousser l’intégralité de la société aussi longtemps que possible, avec des illusions toujours plus réussies. Jusqu’à ce jour où…

Cassandre, résignée, regarde le feu : « Cette fois, l'incendie est là. C'est trop tard. Tout le pays va feu. » La foule : « Gipiti ! Sique ! Les autres ! Faites quelque chose ! »

La réalité saute alors crument aux yeux de toutes et tous : aucune solution n’a été trouvée par la « magie »… parce qu’aucune solution n’était compatible avec la poursuite des activités des prestidigitateurs.

Gipiti, Sique et les autres sont dans des montgolfières et s'envolent : « Allez, tchao les nazes ! Pratique cet air chaud ! » La foule : « Noooooooon, revenez ! Vous deviez nous sauver ! »

FIN.

Le smiley : « Ah ouais. C'est violent comme fin. »

Oui, c’est violent comme fin.

C’est ce que les anglophones appellent un cautionary tale, un récit de mise en garde.

Parce que si d’aventure, des prestidigitateurs de pacotille venaient se prendre pour des sorciers chez nous, en pillant des élevages pour faire apparaître leurs lapins, et en alimentant un gigantesque incendie en faisant mine de lutter contre…

Ce serait peut-être plutôt eux qu’il faudrait foutre au feu, avant qu’il ne soit trop tard.

Note : BD sous licence CC BY SA (grisebouille.net), dessinée le 20 février 2025 par Gee.

Crédit : Gee (Creative Commons By-Sa)

Voir aussi :

24.02.2025 à 07:42

Khrys’presso du lundi 24 février 2025

Khrys

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Spécial Palestine et Israël

Spécial femmes dans le monde

Spécial France

Spécial femmes en France

RIP

Spécial médias et pouvoir

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Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…

Spécial résistances

Spécial outils de résistance

  • Building a Community Privacy Plan (eff.org)
  • Poison as Praxis (thedabbler.patatas.ca)

    It’s been said over and over : a central feature of fascism is its incoherence. […] if fascism demands a lack of productive self-reflection in order to perpetuate its toxic stasis of unresolved contradiction, then the only way out is to force the issue. By the way, this is precisely why “punching nazis” is the correct action both in practice and in theory […] The texts we choose for our Markov generators should not be random. They should be chosen for their impact on the ‘stochastic parrots’ that will be trained to speak using our poisonous output. They should strengthen the AI’s word-associations between conflicting narratives, where the resolution of that conflict undercuts the system’s power.

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23.02.2025 à 09:00

IA : les machines du doute

Framasoft

Il va nous falloir apprendre à travailler avec l’instabilité des machines.
Texte intégral (1360 mots)

Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 21 mai 2024 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.


 

Il va nous falloir apprendre à travailler avec l’instabilité des machines.

 

 

 

 

 

 

 

Quand on fait réaliser un calcul par une machine, aussi complexe soit-il, la plupart du temps, ce qui est garanti, c’est l’assurance du résultat, sa stabilité, sa performance. C’est le principe d’une calculatrice ou d’un logiciel : on a au bout le résultat et les fonctions prévues. Dans un système de calcul comme les impôts, on prend des données et des règles de calcul – qui peuvent être perfectibles, certes – et on obtient des résultats sans ambiguïtés, pour autant que les données et les règles de calcul n’en comportent pas – ce qui n’est déjà pas si évident à réussir ! Dans un jeu vidéo, les personnages non joueurs suivent des scripts dont ils ne peuvent pas sortir, ce qui limite certes considérablement l’interaction, mais la borne et rend le jeu possible. Le monde de l’informatique est longtemps resté celui de la maîtrise de bout en bout des processus.

Les choses ont changé avec les systèmes d’IA. Avec certaines fonctionnalités, nous avons pris l’habitude d’un taux de performance. Pour la reconnaissance d’objets par exemple, le résultat n’est pas automatique comme avec les calculatrices. Le niveau de fiabilité n’est pas optimal, mais nous sommes capables de composer avec le fait que les machines soient capables de reconnaître tels types d’objets à 95 ou 98 %. Ce n’est pas une performance absolue, mais elle permet malgré tout d’optimiser un processus en connaissant par avance son taux d’erreur, de l’accepter ou le refuser. Et donc de décider en fonction. On peut créer une chaîne de tri d’objets en sachant que ce tri va fonctionner à 95 % et accepter ou pas la déperdition qui en résulte.

L’IA générative est plus instable encore. Les résultats qu’elle produit ne sont pas reproductibles. Un même prompt ne produira pas exactement le même résultat ou la performance pourra dépendre de la complexité que la machine doit adresser. Extraire des données d’un document, comme les noms des personnes ou leurs liens de filiation peut dépendre à la fois de la lisibilité des documents et de la complexité des relations entre ces personnes. Si le système peut être performant, reste à identifier les cas où il dysfonctionne et savoir si ces erreurs sont acceptables ou rédhibitoires et si l’on peut clairement séparer les cas où la performance est forte, de ceux où elle ne l’est pas. L’enjeu à évaluer l’incertitude des réponses apportées est une question centrale.

Cette perspective d’une fiabilité différentielle dessine un nouveau rapport aux machines. D’un coup, notre assurance dans leurs résultats doit être mise en doute. Ce qui explique qu’il soit difficile d’automatiser certaines tâches avec l’IA. Là où l’on pouvait se fier aux calculs, désormais, le doute est légitime. Alors qu’un robot était capable de remplacer une personne pour une tâche spécifique sur une chaîne d’assemblage, le chatbot conversationnel qui répond à un administré ou à un joueur va devoir être surveillé. Certaines de leurs performances sont excellentes bien sûr, mais parfois elles sont capables de sous-performances dramatiques. Comme le dit le sociologue Yann Ferguson, « Jusqu’à maintenant, l’introduction des machines a apporté de la sécurité et de la stabilité. Leur force résidait dans leur prévisibilité ». Ce n’est plus le cas. Désormais, les résultats doivent être accompagnés, surveillés, contrôlés et c’est là un nouveau défi pour ceux qui cherchent à intégrer l’IA générative à leurs procédures.

Mais, au-delà de l’IA générative, ce que dessine ce changement de paradigme, c’est un autre rapport aux machines : voilà qu’on ne peut plus leur faire entièrement confiance. Non seulement, il faut se défier des biais des données, des règles de calculs utilisées, mais désormais de leurs résultats mêmes. Et la grande difficulté consiste à savoir là où on peut leur faire confiance et là où on ne doit pas leur faire confiance.

Un imagier pour enfants avec des animaux. Certains animaux sont des fusions, d'autres sont mal nommés : Le cochon est appelé « Vache », ou ce qu'il semble être la fusion entre un chat et un chien un « cochon ».

Exemple d’un imagier pour enfant sur les animaux de la ferme conçu par chatGPT…
… qui n’est pas sans poser problèmes. Tweet de Tristan Mendès France.

 

Les technologies ont toujours eu pour ambition de nous faire gagner en productivité, avec pour enjeu de pouvoir remplacer des hommes par des procédures avec un niveau de confiance très élevé. On est en train de passer d’une technique qui produit une certaine forme de rationalité qu’on était capable d’évaluer simplement à une technique qui n’en produit plus ou pas nécessairement ou pas principalement et sans qu’on soit toujours capable d’évaluer sa fiabilité. C’est un changement de paradigme important qui nous oblige à ne plus être certain de la réponse produite par la machine, de ne plus pouvoir lui faire entièrement confiance. L’IA nous demande désormais de composer avec le doute, de remettre en question nos assurances. Nous avons un nouveau rapport aux machines à imaginer et il nous invite à douter d’elles.

C’est une très bonne nouvelle, vous ne trouvez pas ?

19.02.2025 à 14:50

Un nouvel ouvrage sur les communs de proximité

Framasoft

Voici près d’un an, une douzaine d’auteurices, réunis par la Coop des communs, ont donné naissance à « Les communs de proximité. Origines, caractérisation, perspectives ». Plusieurs d’entre eux ont accepté de répondre à quelques-unes de nos questions. Bonjour, vous avez sorti, … Lire la suite­­
Texte intégral (4342 mots)

Voici près d’un an, une douzaine d’auteurices, réunis par la Coop des communs, ont donné naissance à « Les communs de proximité. Origines, caractérisation, perspectives ». Plusieurs d’entre eux ont accepté de répondre à quelques-unes de nos questions.

Bonjour, vous avez sorti, en mars dernier, un ouvrage collectif traitant des communs, nous avons eu envie d’en savoir plus. Mais avant cela, pouvez-vous vous présenter pour le Framablog ?

Justine Loizeau : Cet ouvrage est le résultat d’un travail collectif au sein du groupe « Services de Proximité » de La Coop des Communs. Cette dernière est une association fondée en 2016 dont le but est de confronter l’expérience acquise entre praticien·nes et chercheur·es des communs d’un coté, et de l’économie sociale et solidaire (ESS) de l’autre. L’ambition est de favoriser une revitalisation de l’ESS à partir de la philosophie et des pratiques qui animent les communs tout en permettant aux communs de tirer partie de la longue expérience organisationnelle et institutionnelle de l’ESS. De manière plus concrète, la Coop des Communs se penche sur des thématiques précises (ex : les plateformes, la forêt, la comptabilité…) par groupes de travail.
Le groupe « Services de Proximité » a rassemblé de 2020 à 2023 une trentaine de membres dont une quinzaine active sur le terrain. Seule une partie a pris la plume : 11 auteur·ices. J’ai participé à la coordination de l’ouvrage avec Nicole Alix et Benjamin Coriat.

Logo de la Coop des Communs

Votre livre fait la lumière sur diverses expériences de communs de proximité, par le biais de plusieurs articles. Pourriez-vous nous donner une définition de ce qu’est un commun, et ce que vous désignez par « Communs de proximité » ?

Justine : C’est Benjamin Coriat qui propose une définition dans son chapitre. En se référant à Ostrom, on peut définir les communs selon le triptyque : ressource – communauté – règles. Un commun correspond à une forme d’organisation sociale selon laquelle une communauté humaine gère une ressource selon des règles qu’elle a auto-produite. On parle aussi d’auto-gouvernance.
Selon Benjamin Coriat, les communs de proximité correspondent à un type particulier de commun qu’il définit ainsi : « toute entité ancrée sur un territoire (sa population, sa géophysique…), d’initiative citoyenne et régie par des règles élaborées en commun, dont la visée est le service de l’intérêt général et du bien commun au sens où les services proposés sont conçus pour contribuer à la reproduction conjointe des écosystèmes et des communautés qui constituent le territoire considéré. » Le trait constitutif de ce type de commun est de répondre avant tout à l’intérêt général, et non à l’intérêt collectif. Quelle différence ? L’intérêt collectif, c’est quand une organisation, ici un commun, répond à l’intérêt de ses membres (et uniquement de ses membres). Pour répondre à l’intérêt général, il faut au moins que les bénéficiaires du commun dépasse le cercle de ses membres.

Dans la définition que vous explicitez d’un commun de proximité, une précondition est que le service proposé le soit sur la base d’une initiative citoyenne « auto organisée ». Aucun service public ne pourrait donc prétendre à être un commun de proximité ?

Justine : Dans notre groupe, nous avons beaucoup réfléchi à la notion de service public. J’ai appris que tous les pays ne donnaient pas autant d’importance à cette notion que la France. Jean-Claude Boual montre par exemple dans son chapitre, qu’au niveau européen, on utilise plutôt l’expression de « service d’intérêt économique général » qui est teintée d’une certaine vision politique, notamment que ces services seront plus efficaces s’ils sont régis par le principe de concurrence. Cette vision va à l’encontre de monopoles d’État pour fournir les services d’électricité, d’eau, de transport.
Et si la notion de service public est très présente dans le débat public français, c’est finalement très difficile d’en formuler une définition simple. On a donc choisi d’admettre au début de notre ouvrage, la simplification de qualifier le service public comme ce qui renvoie à une activité d’intérêt général (enseignement, police, justice) gouverné par l’administration publique qui les norme. L’administration ne les opère pas forcément directement. En effet, le service public peut être délégué au secteur privé marchand (ex : gestion des déchets ou de l’eau). Mais dans ce second cas, elle donne des obligations au gestionnaire. De plus, le service public répond en théorie à des grands principes : continuité (par exemple, en cas de grève, il est possible de procéder à une réquisition), égalité des usagèr·e·s devant le service public et adaptabilité aux évolutions. Enfin, dans la tradition française, les services publics ont la particularité d’être conçus comme des services universels. On observe même une tendance à l’universalisation d’un usager type. L’attention est alors plus faible aux spécificités de chaque personne.
En bref, on voit que la particularité des services publics en France c’est d’être régis par le haut. Or les communs sont des dynamiques par le bas. On part des besoins et des capacités des personnes, mais aussi des spécificités des territoires. Donc, les services produits par ces initiatives correspondent à des choses que le service public ne fait pas ou ne fera jamais. Par exemple, dans son chapitre, Julie Lequin évoque un projet de maison de l’alimentation dans le Pays Foyen (33). C’est un projet tellement construit sur les besoins spécifiques du territoire, qu’il n’aurait jamais pu être entièrement conçu par une administration publique. Pour preuve, ce projet a des difficultés à entrer dans les « cases administratives » pour obtenir des financements !

 

En France les Communs sont parfois menacés par les pouvoirs publics, en partie de façon délibérée, par exemple pour transférer des communs existants vers le privé, et parfois sans l’avoir vraiment conscientisé, en raison de la frontière très forte entre service public et usagers, d’une méfiance envers les projets collectifs, ou d’une croyance en l’incompétence des citoyen⋅es. Comment arriver à faire coexister les deux selon vous ? Quels secteurs / services publics sont les plus ouverts aux Communs, et au contraire les plus fermés ?

Nicole Alix : les « services publics » et les « communs » sont deux concepts difficiles à appréhender, aussi leurs rapports sont forcément compliqués ! Dans les chapitres 6 et 7, on précise : il ne faut pas confondre avec « le service public » ni avec les services rendus par les pouvoirs publics car certains sont délégués au « privé » comme mentionné dans la question ; et le privé peut être  lucratif -transports, énergie..- ou privé non lucratif -service public hospitalier, par exemple, auquel participent de nombreuses associations et, désormais le « service public de la petite enfance). Et il ne faut pas non plus confondre service public et service d’intérêt général !
Ce que nous pensons, c’est que les communs peuvent, en insufflant des modes de gouvernance définis et mis en œuvre par les personnes participantes, être un élément de dynamisation et d’imagination dans la gouvernance des services publics parce qu’ils partent d’initiatives de proximité et de besoins concrets des populations.
La forme associative est choisie par beaucoup de personnes concernées par un besoin pour s’organiser entre elles, afin de bien le définir, en contrôler en permanence et dans le temps les modalités de fabrication de la
réponse et de la façon dont cette réponse aux besoins est délivrée. Chaque mot compte dans cette phrase un peu longue, comme expliqué dans le chapitre sur les liens entre associations et communs.
Et n’oublions pas qu’il existe des « secteurs » dans lesquels il n’y a jamais de définition de « service public » (le numérique par exemple ?) et que, donc, les forces citoyennes organisées pour servir l’intérêt général sont d’autant plus précieuses !

Vous rappelez qu’il y a eu une volonté politique, dans les années 1980 de séparer le pouvoir économique et le pouvoir citoyen des associations. Pouvez-vous nous expliquer l’intérêt de posséder ces deux pouvoirs pour les associations ?

Nicole : Jusqu’aux années 80, personne n’avait conscience de la puissance économique que représentaient les associations, qui géraient par exemple des activités sociales, d’éducation populaire, sportive, culturelles.. C’est à l’occasion de l’arrivée de la gauche au pouvoir qu’on l’a identifiée et, du coup, la gauche a pensé qu’il fallait faire un tri entre les associations « gestionnaires » et celles qui ne feraient que de la défense de droits et différencier les modèles et les règles applicables. Mais tout le milieu associatif a protesté, au motif que différencier l’objectif politique de la méthode pour y parvenir aboutit à priver de moyens d’action ! Si je fais de l’éducation populaire, je fais de la gestion aussi bien que de la recherche d’émancipation ! Donc les associations ont eu dès les années 80, de bonnes raisons de négocier la possibilité de garder des activités économiques sous chapeau associatif (cf chapitre 6)  : c’est la garantie d’un rôle de contre-pouvoir. Une organisation qui cumule un pouvoir citoyen (politique donc), ET un pouvoir économique (c’est-à-dire la possibilité de répondre aux besoins des personnes qu’elles veulent défendre, promouvoir) est éminemment subversif. L’histoire montre que, lorsque des mouvements sociaux acquièrent un pouvoir économique, ils deviennent dangereux, car ils peuvent contrebalancer les forces de marché ou l’ordre public administré. L’État est alors tenté de les priver de leurs ressources financières : par exemple, il a enlevé aux syndicats ouvriers la gestion des œuvres sociales que ceux-ci avaient créées au sein des entreprises au 19ème siècle et les a confiées à des comités d’entreprise sans personnalité juridique, présidés par le chef d’entreprise.

 

Couverture du libre « Les Communs de proximité » publié aux Éditions Science et bien commun

 

Vous évoquez les réactions de l’état face à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ou encore à Sainte-Soline, comment pourrait-on redéfinir la notion de commun foncier du XXIe siècle ?

Nicole : C’est une bonne question sur laquelle La Coop des Communs continue ses travaux, notamment avec la Chaire Valcom. Les communs fonciers ancestraux représentent une forme de vitalisation des espaces ruraux qui peuvent servir au-delà de ce pour quoi ils ont été conçus dans l’histoire. Peut-être pour un prochain livre ?

Le livre présente l’expérience de commun alimentaire par les  habitant·e·s du Pays Foyen. Quels sont les éléments essentiels pour mettre en place une telle initiative ? Quels en sont les enjeux ?

 

Julie Lequin : Il me semble qu’on ne devrait pas poser la question de cette façon, notamment parce qu’elle masque l’essentiel : la question du QUI met en place (et pour qui) – surtout que cela permet de conduire ensuite à la question du pourquoi.
Ainsi, le point de départ d’une telle initiative, c’est un/des besoins d’habitants. Besoins qui n’arrivent pas toujours à s’exprimer, et qu’il faut donc parfois accompagner dans leur émergence et leur expression – a minima sans les dévoyer, si possible sans (trop) les transformer – c’est-à-dire sans y plaquer ses propres intentions. Dans le cas du Pays Foyen, on retrouve certaines populations éloignées cognitivement, géographiquement ou culturellement des espaces où se discutent une partie des enjeux sociétaux, politiques, etc. Il y a donc un enjeu, dans de telles initiatives, d’avoir une attention particulière à aller chercher cette parole.
Et ensuite, le chemin doit se construire AVEC les personnes – à la mesure de comment elles peuvent, elles-mêmes, s’impliquer dans ce type d’initiative. Bien souvent, de façon hétérogène et cette diversité doit être accueillie de façon à proposer, en retour, différentes modalités de participation. Dans le coin du Pays Foyen, c’est aussi bien participer à cultiver la parcelle collective du jardin partagé, qu’organiser un ciné-débat sur l’alimentation, que d’être bénévole aux Restos du Cœur, que de donner un coup de main sur des ateliers de cuisine de rue, etc. « Faire avec » demande du temps, de l’attention et de l’entretien de la part de la communauté et cela reste un des enjeux majeurs du commun alimentaire.

 

Un article traite d’un exemple de Communs en Italie. En quoi le traitement des pouvoirs publics envers les Communs est différent d’avec la France ?

Nicole : Dans leur chapitre, Daniela Ciaffi, Emanuela Saporito et Ianira Vassallo expliquent que la Constitution Italienne consacre le principe de subsidiarité « horizontal » : « L’État, les Régions, les Villes Métropolitaines, les Provinces et les Municipalités favorisent l’initiative autonome des citoyens, particuliers et associations, pour la réalisation d’activités d’intérêt général, sur la base du principe de subsidiarité ». Le principe de subsidiarité est également présent dans la loi sociale allemande, sous une autre forme. Dans ces traditions, il renvoie à une forme d’aide qui encourage et autorise l’autonomie des échelons « de base » avec le secours de l’échelon « supérieur ». Dans les Traités européens la subsidiarité signifie au contraire que l’UE n’intervient que « si et dans la mesure où les objectifs de l’action envisagée ne peuvent pas être réalisés de manière suffisante par les États membres ».  En tout état de cause, non seulement ce principe n’existe pas en droit français, mais la façon dont nous avons construit l’État français s’y oppose souvent. D’où l’opinion que notre Etan français serait jacobin et l’idée qui en découle que tous les « services au public » devraient être réalisés par des fonctionnaires dans un service public.

Exemple de mise en œuvre en Italie avec un événement organisé avec le quartier dans le cadre des activités d’un Pacte de collaboration. Source : Marcella Iannuzzi.

Dans le chapitre 8, vous soulignez le risque que le service public s’accapare les communs. N’est-il pas paradoxal de s’appuyer sur deux études de cas qui sont déjà des services publics (Freinet et les lycées auto-gérés) ?

Nicole : Le chapitre de Thomas Perroud éclaire justement la situation française spécifique où le service public défini comme un service rendu par des fonctionnaires de la fonction publique s’oppose aux initiatives de participation et de contribution comme on le souhaiterait dans les communs. On aurait aussi pu connaître une situation similaire dans l’action sociale, mais, à la différence du monde de l’éducation, dans ce secteur de l’action sociale l’énorme majorité (90 % dans le secteur du handicap) était organisée sous forme associative. Ces associations se sont fédérées pour négocier avec les pouvoirs publics, en tentant de garder leur autonomie d’action (cf fin du chapitre 6).

 

Sans divulgâcher tout le contenu du livre, pourriez-vous nous expliquer en quelques mots les points communs et les différences entre l’ESS et les communs de proximité ?

Nicole : Nous le disons dans la conclusion notamment : l’ESS a été le lieu de la formation d’une série remarquable d’innovations institutionnelles visant à brider le pouvoir du capital (et à accroître le pouvoir des personnes concernées sur les services et solidarités qui leur sont nécessaires ainsi que le pouvoir des salarié·e·s sur leurs conditions de vie et de travail. Mais l’ESS est née avec l’industrialisation au 19ème siècle. Les communs se sont  constitués dans l’histoire longue et se déploient désormais dans tout un autre âge, spécialement celui des limites écologiques atteintes et désormais franchies par cet industrialisme et l’extractivisme sur lequel il est bâti. L’ époque de l’Anthropocène oblige à un nouveau souci central, celui d’assumer le défi tout à la fois de l’accès à toutes et tous aux ressources essentielles à leur subsistance et de préserver l’intégrité des écosystèmes pour le présent mais aussi pour les générations futures. C’est ainsi que le commun comprend dans sa constitution même l’idée que lorsque les règles de « prélèvement » des ressources, conçues pour assurer la reproduction des communauté humaines, menacent la biodiversité ou l’écosystème, celles-ci doivent être modifiées pour assurer la préservation des écosystèmes menacés. Cette dernière idée n’est pas dans les gènes des formes institutionnelles de l’ESS. Dans la conclusion nous écrivons :  « Ainsi et au total, il s’agit pour les communs d’une manière d’habiter le monde en rupture avec l’industrialisme et l’extractivisme qui en est le principe moteur. La question de l’écologie est au cœur des communs et en fonde le principe. Elle est ‘marginale’ ou sans objet pour l’ESS et ses entités qui peuvent décider – ou non – d’en faire un de ses objets. »

 

Vous dites qu’il reste quelques efforts à faire par les fablabs pour devenir de réels Communs. Il existe de nombreux fablab y compris dans les milieux ruraux, certains plus institutionnalisés que d’autres. Pour nos lecteurices agissant au sein de fablabs, qu’est-ce qui peut faire qu’un fablab devienne un commun, au niveau local / réseau des fablabs ?

Matei Gheorghiu : En deux mots, il faut de l’ouverture et de la structure.
Pour développer, il est capital que les fablabs et espaces du faire (lieux où se regroupent des « makers » ou « faiseurs » pour se réaliser et réaliser leurs projets et partager des solutions et des outils) au niveau local trouvent leur place dans l’écosystème de proximité (ce n’est pas uniquement, ou pas principalement de leur ressort, on sait bien que la plupart manque déjà de moyens pour subsister). Les fablabs doivent certes être ouverts (ce n’est pas toujours le cas) mais leurs différents partenaires doivent également engager de réelles ressources en contrepartie de ce qu’un outil tel que le fablab (équipé de machines mais surtout de compétences et « branché » sur un réseau mondial) peut leur apporter : une ressourcerie low-tech capable de développer des solutions techniques de manière frugale et dans un temps très court, une plateforme de formation et de partage, connectée aussi bien à des structures similaires qu’à d’autres de nature très différente (un fablab rural peut être en contact direct avec un fablab universitaire ou métropolitain, avec tout ce que ça implique de bénéfices croisés), une capacité d’action fulgurante en cas de crise, comme l’a démontré la mobilisation des makers lors du Covid-19, etc.
Les makers doivent donc soutenir le développement du fablab local et son articulation harmonieuse aux structures de l’environnement, et les responsables de ces structures (publiques et privées) doivent accepter de conférer aux fablabs une certaine autonomie et d’intégrer à leurs logiques de fonctionnement ce que leur nature (ouverture, fonctionnement en pair à pair et en réseau, primauté de l’expérimentation …) impose, et pas seulement les cantonner à un rôle de gadget de communication.
Les fablabs et leurs partenaires doivent aussi continuer leur travail de structuration en réseau, sans lequel ces caractéristiques avantageuses sont incertaines et précaires (elles ne reposent que sur une coïncidence et non sur une organisation qui veille à leur maintien et à son caractère équitable). Pour ce faire, la première obligation est de participer à la vie du réseau (passer une heure par semaine sur le forum, c’est augmenter les chances qu’un besoin ou une question soient pris en charge en mode pair à pair ; participer à la vie démocratique du réseau, c’est s’assurer qu’il maintient son caractère de commun).
Le rôle du niveau Réseau et de ses animateurs est de soutenir le développement de la communauté, de favoriser le brassage des lieux et des personnes, d’accompagner l’enrichissement d’un capital informationnel commun, dans le respect des principes directeurs qui le constituent : inclusion (soin accordé à l’accueil d’autrui et à l’ensemble de ses « différences »), subsidiarité (préférence initiale pour l’action de proximité et remontée si besoin au niveau supérieur), articulation systématique à l’intérêt général (attention à prendre en considération l’ensemble avant la partie), internationalisme (ne pas préférer par exemple une solution 100 % française quand il est plus évident et efficace de travailler avec le fablab de l’autre côté de la frontière, ou quand la solution vient, par la voie des ondes, de l’autre bout de la terre, mais aussi et surtout œuvrer en se rappelant que les fablabs et leur réseau sont d’abord et avant tout un outil de paix et de solidarité).

 

Quelles seraient les clés pour que les communs de proximité prennent de l’ampleur dans les prochaines années ?

 

Justine : Dans notre conclusion, nous proposons plusieurs pistes, qu’il est possible de consulter. Je retiens personnellement une chose : il est incontournable que les personnes se réapproprient la légitimé à s’organiser. Les personnes sont les premières expertes de leurs besoins et de leur territoire. Mais c’est très difficile de se sentir capable quand on assène que seules certaines entreprises, ou certaines institutions peuvent avoir la compétence de prendre les choses en charge, et à leur manière.

 

Un énorme merci aux différents auteurices pour le temps passé à répondre à nos questions !

17.02.2025 à 07:42

Khrys’presso du lundi 17 février 2025

Khrys

Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière. Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer … Lire la suite­­
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Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.


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  • Mort d’Yvonne Choquet-Bruhat, la première femme élue à l’Académie des sciences (humanite.fr)

    Yvonne Choquet-Bruhat, la première femme élue en 1979 à l’Académie des sciences, est décédée le 11 février, à l’âge de 101 ans. Elle avait été accueillie à l’Académie pour sa « contribution fondamentale à la compréhension mathématique et physique de la théorie de la gravitation d’Einstein ». Ses travaux, situés à la frontière des mathématiques et de la physique, ont ouvert la voie à la compréhension des ondes gravitationnelles émises lors de l’effondrement et de la fusion de trous noirs. « Elle a été la première, en 1952, indique l’Institut, à apporter la preuve mathématique de l’existence de solutions à l’équation d’Einstein, notamment la première preuve rigoureuse qu’elles impliquent la propagation à la vitesse de la lumière d’ondes gravitationnelles ».

  • Mort de Geneviève Page, grande comédienne de théâtre, trop ignorée du cinéma français (telerama.fr)

    Repérée dans “Fanfan la Tulipe”, après-guerre, elle aura ensuite une grande carrière sur les planches. Au cinéma, les étrangers plus sensibles à son étrangeté, notamment Luis Buñuel, dans “Belle de jour”. Geneviève Page est décédée ce vendredi 14 février, à l’âge de 97 ans.

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    Techniques for destroying data files and computer installations quickly and permanently are described.This paper is for research purposes only, and is intended to add slightly to the sum total of human knowledge.

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