03.04.2026 à 02:00
Ploum
Outre la première victoire au Tour de France d’Eddy Merckx, 1969 fut une année qui marqua trois événements très importants.
1. Le premier homme sur la Lune
2. L’invention du système UNIX
3. La naissance de Linus Torvalds.
Deux de ces événements ont encore aujourd’hui un impact quotidien dans votre vie.
Adolescent, j’étais fasciné par les vidéos de Neil Armstrong descendant l’échelle du module lunaire et faisant quelques pas. Je tentais d’imaginer ce que j’aurais ressenti si j’avais vécu cet instant. J’espérais d’ailleurs aller un jour moi-même dans l’espace.
Il y a 20 ans, je suivais en quasi direct la découverte de Titan par la sonde Huygens.
Aujourd’hui, pour la première fois depuis 1972, quatre humains ont quitté l’orbite basse terrestre et sont en route vers la Lune. Cela devrait être un truc incroyablement excitant. Mais comme le dit très bien Kevin Boone, tout le monde semble s’en foutre.
Kevin donne plusieurs explications : la catastrophe climatique et les guerres nous rendent beaucoup moins enthousiastes envers la technologie. Mais, surtout, notre attention est trop fragmentée pour nous rendre compte de l’exploit, pour nous y intéresser.
Among the many crimes that can be attributed to Google and the other tech giants, perhaps the worst is that they've created a world in which a Moon landing is unexciting.
Il n’empêche que quatre humains vont tourner autour de la Lune pour la première fois de mon vivant. Trois hommes et une femme, Christina Koch, qui est donc d’ores et déjà la femme la plus éloignée de la Terre de l’histoire de l’humanité.
Et devinez quel est le rôle de Christina à bord du vaisseau sachant qu’elle est l’astronaute la plus expérimentée des quatre ?
Je vous le donne en mille !
Elle est responsable des toilettes !
Je n’invente rien, je l’ai lu sur Wikipédia dans la section « Spécialiste de Mission 1 ».
Christina Koch est donc la première Madame Pipi de l’espace profond !
Ça semble terriblement sexiste, mais, en réalité, les toilettes sont réellement critiques dans l’espace. Les astronautes des missions Apollo déféquaient dans des sacs en plastique à l’étanchéité douteuse et les étrons flottants n’étaient pas rares. Il me semble avoir lu qu’un cas de diarrhée faillit causer l’annulation d’une des missions, car il y en avait partout.
Dans « Stagiaire au spatioport Omega 3000 », j’ironisais sur le fait que les femmes astronautes n’étaient pas prêtes à laisser la responsabilité d’être Madame Pipi à un homme.
À voir si, comme mon héros Nathan Pasavan, Chrisina Koch recevra à l’atterrissage l’emblématique cache-poussière rose et l’assiette à piécette, insigne historique de cette fonction honorifique…
Bref, pendant qu’ils tournent là-haut, je vous invite à (re)lire cette nouvelle et toutes les autres qui peuplent le recueil, dont « Les filons chocolatifères de la Lune », qui se passe également sur notre satellite.
Je suis Ploum et je viens de publier Bikepunk, une fable écolo-cycliste entièrement tapée sur une machine à écrire mécanique. Pour me soutenir, achetez mes livres (si possible chez votre libraire) !
Recevez directement par mail mes écrits en français et en anglais. Votre adresse ne sera jamais partagée. Vous pouvez également utiliser mon flux RSS francophone ou le flux RSS complet.
26.03.2026 à 01:00
Ploum
Nous sommes fiers de nous passer de pétrole grâce à des panneaux solaires contrôlés par des logiciels… appartenant aux producteurs de pétrole !
On a parfois dit que le logiciel était « le nouveau pétrole ». C’est faux. La seule chose qui compte, c’est de contrôler, d’étrangler le monde en ne le laissant survivre qu’avec un fin filet d’air. Le pétrole était une ressource qui a été utilisée pour établir une dépendance. Le logiciel, lui, se passe de cet intermédiaire lorsqu’il est propriétaire.
Le logiciel propriétaire est le contrôle total par essence ! Il est cette chaîne magique que l’esclave ne peut jamais briser. Il n’est pas le pétrole, il est le besoin de pétrole !
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23.03.2026 à 01:00
Ploum
Le couple entre, asphyxiant l’air de l’étroite salle d’attente avec leurs remugles de fumée de cigarette. Les deux s’asseyent à l’aveugle sans jamais quitter leur smartphone des yeux, sans que les pouces ne cessent de s’agiter.
Après quelques instants, elle tente de le regarder, elle lui sourit, elle lui adresse plusieurs fois la parole. Lui ne se retourne même pas, n’interrompt pas une fraction de seconde la sarabande de ses pouces.
Alors elle replonge sur son écran, le manipule, le triture avant de tendre le bras pour le mettre sous le nez de son homme.
Lui, forcé de s’interrompre, recule légèrement la nuque, regarde l’écran de sa compagne puis tourne enfin la tête pour la regarder elle. Il n’a pas un sourire, pas un seul trait de son visage renfrogné ne tressaille. Mais elle a pu établir un contact visuel, elle est satisfaite, elle sourit.
Ils replongent alors tous deux dans leur petit univers distinct, comme s’ils étaient deux étrangers.
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20.03.2026 à 01:00
Ploum
It might have been an email thread. Or a lobste.rs comment. It was a discussion about yet another attempt at a new decentralized social protocol. And we reached the conclusion that with blogs and email, we already had a decentralized social network. We only needed to use it.
This was the last push I needed to implement in Offpunk the social features I had imagined years ago. Share and Reply. Available since Offpunk 3.0.
Are you reading something interesting in Offpunk and want to share it? Well, simply write it:
share
or
share myfriend@example.com
A new mail containing the URL to share will be opened in your email client of choice (as determined by xdg-open). The title will be the title of the page. You only need to add some text to explain why you want to share that page.
Ever read a blog post and wanted to send feedback or a simple thank you to the author? Simply write:
reply
Reply will try to find a mailto link by exploring the page, root pages and, since 3.1, potential "contact" pages. It sometimes works really well. Often, the mail address is obscured or hidden. That’s not a problem. You only need to find it once because Offpunk allows you to save it for the page or the whole online space.
If you come across an email address that may be of use in the future but don’t want to react now, use "save":
reply save author@example.com
or, if you want to use autodetection:
reply save
It looks like nothing. It looks like trivial. But for me, this really transformed Gemini/Gopher and the Small Web into a social network. As I use neomutt+neovim as my mail client, I don’t leave my terminal. I simply write "reply", neovim opens, I write "Thank you for this nice post", :wq, ,and voilà. The mail will be sent during my next synchronization.
Almost as easy as clicking a "like" button but way more personal. Even easier if, like me, you dislike touching a mouse or opening a browser!
In less than two months, I already used this feature to react to 40 different online spaces, not counting that I’ve used it multiple times with some people.
I even started using Offpunk as an address book for my blogger friends. Instead of laboriously autocompleting their email addresses, I go to their blog/gemini capsule/gopher hole and write "reply".
The biggest lesson I take is that "social networks" are not about protocols but about how we use the existing infrastructure. Microsoft and Google are working hard to make sure you hate email and hate building a website. But we don’t have to obey. We can enjoy writing lightweight HTML and sending quick emails to each other. We have the right to read, write, and have social fun without Javascript and centralized platforms. We have the duty to keep this torch lit.
In the meantime, if you receive from me very short emails reacting to some of your posts, now you know why.
But, of course, feel free not to reply!
I’m Ploum, a writer and an engineer. I like to explore how technology impacts society. You can subscribe by email or by rss. I value privacy and never share your adress.
I write science-fiction novels in French. For Bikepunk, my new post-apocalyptic-cyclist book, my publisher is looking for contacts in other countries to distribute it in languages other than French. If you can help, contact me!
13.03.2026 à 01:00
Ploum
In a poignant Gemini post, Kevin Boone wrote about his anxiety to go out of his house without his phone. (This is the Gemini protocol, totally unrelated to the Google chatbot.)
Around 2018, I had the same epiphany: I was unable to get out of my house without my phone. In fact, I was so addicted that it was hard not to take the phone with me even inside the house or, God forbid, into the bathroom!
I had this discussion with Matt Baer, Write.as creator, and he told me that he had started to consciously go for short walks without his smartphone. I thought it was a good idea. I started to leave my phone at home for short walks. I disabled notifications. I even invested in an e-ink smartphone and, later, in a Mudita Kompakt.
At first, not having a phone was a real source of anxiety. For me, the anxiety was not about being able to call someone or being called. It was really about missing notifications, about not knowing if I had a new email. It was about not being able to "feel like I was doing something" if I had to wait a couple of minutes somewhere.
What is even more scary about this particular addiction is that the anxiety of being without a phone is not only internal: it is also highly socially inflicted. My mother asked me: "What if there is an urgency for me or your father?" To which I replied: "I’m not a medic and I live 30 minutes away from you. If there’s an urgency for you, telling me about it is not urgent and will not help."
But, quickly, the feeling to be without a smartphone changed from anxiety to liberating. I felt really happy not to have a phone on me while outside. I was rediscovering my old way of getting lost in my thought, of sometimes talking to myself to clarify an idea. Which is less weird these days because everybody assumes you have an ear bud and are on the phone with someone else. In fact, when walking alone, I’m often on a call with myself.
It may seem weird, but instead of scrambling for my phone to find a direction or the name of that actor that was in that movie, I made peace with the fact that "I didn’t know something." I look around for clues about a bus schedule, I ask strangers for directions. I let my subconscious work in the background to surface the forgotten name half an hour later. And I appreciate that. Sure, there are times when things would have been easier with a smartphone. But nothing insurmountable.
I became more and more allergic to any kind of notifications, even from other phones. I feel them as constant aggression. In part because I was addicted, in part because those are, by definition, designed to disrupt your thought. That’s the whole purpose of a notification.
And we are only starting to understand the damage those are doing to our cognitive abilities.
These days, I use a Mudita phone which has a side switch to put it completely offline (a kind of hardware enabled airplane mode). Every night, I pull that switch. Some days, I realise I totally forgot to put my phone online in the morning.
When I go outside, I ask my wife: "Is there any reason for me to take my phone?" If there’s none, which is the usual case, I don’t take it. This ritual has two purposes: it allows me to consciously choose whether to take my phone or not and to remind my wife that I don’t have my phone with me.
My only exception is when I go cycling. I remember how my friend Thierry Crouzet broke his hip in the middle of the woods. So I take my phone, just in case. This is not problematic because you cannot mindlessly start checking your phone while pedalling. It’s just a little weight in my jersey pocket.
I would like to say that I’m cured of my smartphone addiction, but this is not true. Put a smartphone with a shiny coloured screen in my pocket and it would probably not take more than a few days for me to return to what is the new social norm. I’m an addict and will stay an addict my whole life. But at least I have put in place enough guardrails to be free of smartphones and feel a lot happier about it.
Of course, this only applies to my smartphone. We will talk about my laptop another time…
I’m Ploum, a writer and an engineer. I like to explore how technology impacts society. You can subscribe by email or by rss. I value privacy and never share your adress.
I write science-fiction novels in French. For Bikepunk, my new post-apocalyptic-cyclist book, my publisher is looking for contacts in other countries to distribute it in languages other than French. If you can help, contact me!
21.02.2026 à 01:00
Ploum
Extrait de mon journal du 29 janvier, en lisant "Comprendre le pouvoir" de Chomsky.
Le capitalisme n’a pas créé le système éducatif par humanisme, mais parce qu’il avait besoin d’employés qualifiés pour produire de la croissance. L’automatisation ayant détruit la culture de l’artisan et de l’ouvrier, raison du combat des luddites, une large population se trouvait réduite à se mettre au service des machines.
Mais les progrès de l’automatisation rendaient ce besoin de servants peu qualifiés de moins en moins nécessaire tout en nécessitant des personnes comprenant les machines afin de les entretenir et de les améliorer. Un système éducatif s’est donc naturellement mis en place dans les sociétés capitalistes, créant une élite intellectuelle dévouée au capitalisme.
Mais cette suréducation a créé trop de citoyens critiques qui remettent en cause les principes mêmes de la croissance infinie, notamment à cause des limites écologiques.
Face à cette suréducation, les guerres, les menaces de tout ordre et le totalitarisme politique permettent de restreindre l’éducation ou, a minima, de détourner l’attention. L’éducation informatique est la principale cible, car l’informatique est devenue la colonne vertébrale de la société capitaliste. Ne pas comprendre les enjeux informatiques rend même les citoyens les plus engagés totalement impuissants.
La promesse de l’IA, c’est justement de diminuer le besoin d’éducation tout en gardant un degré de production équivalent. Tout employé peut redevenir une main-d’œuvre peu qualifiée et interchangeable. L’IA est un Fordisme intellectuel.
Car les monopoles, la surveillance permanente, la consommation, l’érosion des droits et l’IAfication du travail ne sont que des outils pour garder les citoyens sous contrôle et dans les rails du capitalisme de production.
Et si ces citoyens s’imaginent échapper à ce contrôle grâce à leur groupe Facebook "anticapitaliste" ou un groupe Whatsapp "centrale d’achat solidaire du quartier", c’est encore mieux ! C’est plus subtil ! De toute façon, ils bossent la journée pour Microsoft et se contentent d’une image du monde générée par Google ou Meta.
Leur vie professionnelle est asservie par Microsoft, leur vie privée par Meta/Facebook et leurs centres d’intérêt sont contrôlés par Google. Maintenant que les humains sont définitivement ferrés, il est temps de réduire progressivement leur degré d’éducation et de connaissance afin d’améliorer leur servilité.
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