27.04.2026 à 20:31
aplutsoc2
Les 17 et 18 avril derniers, s’est tenue à Barcelone, sous la présidence du chef du gouvernement de l’Etat espagnol Pedro Sanchez (PSOE), et à l’initiative du Parti Socialiste Européen, une Global Progressive Mobilisation, qui fut en fait un évènement à la fois politique et diplomatique soulignant les lignes de fractures tant des puissances européennes vis-à-vis des Etats-Unis que des « BRICS », contradictions qui ont imprimé une tonalité combative et de gauche à ce rassemblement qui a vu la participation de quelques milliers de personnes.
A l’invitation de Pedro Sanchez, et apparaissant comme l’autre personnage clef de ce regroupement, il y avait le président brésilien Lula (PT). La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, sans participer au rassemblement clôturant la rencontre le samedi, était l’autre personnalité clef ; sa distance relative, car il s’agissait en fait d’un rapprochement, était due aux réserves justifiées du Mexique sur le refus espagnol de reconnaître les horreurs de la colonisation au XVI° siècle, refus incarné, précisément, par le roi d’Espagne, dont Sanchez ne veut pas remettre en cause le rôle de pilier de l’Etat espagnol.
Le président colombien Gustavo Petro, et l’uruguayen Yamandu Orsi, complétaient avec Gabriel Boric, récemment battu au Chili par la droite extrême, cette importante représentation latino-américaine. Présent également le président sud-africain Cyril Ramaphosa, et, venus des Etats-Unis, Tim Walz, gouverneur du Minesota qui a qualifié la politique de Trump de « fasciste ou fascisante » dans un discours, d’autres représentants du Parti démocrate, et, pour la France, Olivier Faure (PS), Marylise Léon (CFDT), l’économiste Gabriel Zuckman, ainsi que le dirigeant socialiste belge de Wallonie Paul Magnette.
Deux situations géopolitiques en évolution, en raison de la crise mondiale des relations internationales causée par Poutine et Trump, sont à l’origine de cette rencontre et de son écho.
D’une part, le Brésil. Lula et la direction du PT, après avoir misé sur la « multipolarité » avec la Russie de Poutine, en sacrifiant les Ukrainiens, sont mis en difficulté par la fuite en avant de Trump qui, de concert avec Poutine, menace de plus en plus l’Europe tout en s’étant engagé dans une guerre sans issue, avec Israël, contre l’Iran, alors qu’en même temps, les attaques impérialistes de Trump menacent la totalité des deux Amériques, y compris, et fortement, le Canada et le Groenland. Cette configuration inédite pousse le Brésil, sans le dire, à s’orienter vers une multipolarité contre les Etats-Unis, mais non pas tant avec la Russie qu’avec les puissances européennes. L’accord commercial UE-Mercosur peut d’ailleurs, du point de vue capitaliste brésilien, être lu dans ce sens.
D’autre part, l’Espagne, gouvernée par une coalition de type « gauche plurielle » (mais dans le cadre de la monarchie et la domination des nationalités non-espagnoles), et alors que l’Italie gouvernée par la postfasciste Meloni voulait s’aligner sur Trump jusqu’à ce que, très récemment, éclate son affrontement ouvert avec le Vatican, l’Espagne donc s’est trouvée, de tous les Etats européens hormis le Danemark directement attaqué, le plus en confrontation ouverte avec Washington, s’opposant à la guerre à dynamique génocidaire menée par Israël à Gaza puis refusant le survol de l’Espagne par l’aviation US et tout transit militaire vers le Proche-Orient.
Notons d’ailleurs, ce qui n’a rien de fortuit, que juste avant cette conférence, Sanchez était reçu, à Beijing, par Xi Jinping.
La position espagnole, de fait, consiste à dire tout haut des Etats-Unis ce que tous les gouvernements européens pensent tout bas, ce qui lui vaut d’être injuriée et menacée par Trump, qui parle de « virer l’Espagne de l’OTAN » – mais voila qui pose en filigrane la question européenne suivante : ne faudrait-il pas virer les Etats-Unis de l’OTAN ?
La posture agressive des Etats-Unis envers l’Espagne n’est pas une exception, on l’a vu envers le Groenland et le Danemark, et, voici quelques jours, à propos des îles Falkland dont Washington a annoncé qu’il ne soutient plus leur appartenance au Royaume-Uni, mais à l’Argentine de Milei !
Mais l’Espagne est l’Etat européen qui répond le plus nettement à la menace d’agression américaine. Simultanément, elle est la cible des attaques de toute l’extrême droite européenne, donc des principales forces politiques directement ou indirectement liées au Kremlin, à propos de sa politique migratoire.
Sanchez vient en effet d’accorder la régularisation d’environ 500 000 travailleurs sans-papiers, qui sont de fait en Espagne souvent depuis des années. Loin d’en avoir fait un acte politique démocratique hautement assumé, il a en réalité cédé à une campagne populaire massive, tout en apportant des restrictions procédurales qui peuvent s’avérer importantes.
Du coup, nous avons en France CNews en roue libre contre l’Espagne, et Retailleau qui appelle à la mettre « au ban des nations » !
Le Conseil européen, invité à Barcelone, s’est excusé, le Royaume-Uni était représenté par le ministre travailliste des Affaires étrangères, l’Allemagne par le vice-chancelier, mais pas l’exécutif français. La cassure géopolitique et diplomatique de l’Espagne, et potentiellement de toute l’Europe dont elle est ici le messager officieux, l’oppose aux Etats-Unis, et c’est aussi pour cela que le Brésil et l’Amérique latine étaient fortement représentés.
Mais l’opposition aux Etats-Unis aujourd’hui, n’en déplaise aux campistes qui n’y comprennent volontairement rien, ne rapproche pas de la Russie. Certes l’Ukraine n’a pas du tout été un thème mis en avant lors de cette conférence (1)– Sanchez ne pouvait et n’a probablement pas demandé à Lula de « tourner » sur cette question – si ce n’est dans ce passage important de l’allocution de Sanchez :
« La honte pour ceux qui se taisent devant l’injustice, pour ceux qui exploitent les travailleurs, ceux qui criminalisent ceux qui sont différents, ceux qui transforment les droits en marchandises, ceux qui défendent le privilège des élites, ceux qui soutiennent la guerre et la violence, à Gaza, en Cisjordanie, au Liban et en Ukraine. La honte pour eux, pour nous la fierté d’être pacifistes, écologistes, syndicalistes, féministes et de gauche »
Force est de constater que Pedro Sanchez a réussi ce que, par exemple, la conférence de Porto Alegre (dont les organisateurs, acceptant par avance la confusion voulue de leur cadre commun avec les pro-Poutine, n’ont pas pesé sur les contradictions dans lesquelles se trouvent le Brésil et le PT, conduisant Lula à se rendre à Barcelone et même à avoir demandé à Sanchez d’accélérer la tenue de la rencontre) n’a pas permis : un affichage large de « la gauche mondiale contre Trump ».
L’appel à la levée du blocus de Cuba sonne dans ce cadre comme un défis à Trump – le soutien aux libertés démocratiques du peuple cubain le rendrait, certes, encore plus efficace et vigoureux …
Cependant, il ne s’agissait pas d’un rassemblement impulsé par des forces militantes et sociales, même si les PS européens, en alliance avec le PT et des secteurs du Parti démocrate américain, vont s’appuyer sur lui, mais bien d’une opération diplomatique. Laquelle a largement passé sous silence la question de Poutine (et totalement celle de Xi Jinping), sauf que la confrontation avec Trump et les Etats-Unis conduit aujourd’hui à se distancier de facto de la Russie.
Cette opération diplomatique indique, sans doute sans le vouloir vraiment, une direction qui peut seulement être imposée par les peuples, par les forces militantes et sociales, et pas par les gouvernements européens actuels : celle de l’affrontement unissant peuples d’Europe, d’Amérique et d’ailleurs, Ukrainiens et Palestiniens, et No Kings aux Etats-Unis, pour briser les impérialismes, vaincre et chasser Trump et Poutine.
VP, le 27/04/26.
(1) On nous signale cependant qu’il y a eu un atelier sur l’Ukraine, animé par le représentant de la « plate-forme social-démocrate » ukrainienne, Bohdan Ferens.
27.04.2026 à 16:33
aplutsoc2
Nos publications sur la conférence de Porto Alegre peuvent être retrouvées en cliquant, sur la page d’accueil du site, sur les mots « Porto Alegre » dans la liste d’étiquettes qui se trouve en bas de la colonne de droite. Notre position est essentiellement critique et porte sur le CADRE même de Porto Alegre, lui-même défini, pensons-nous, dans un texte entendant pourtant en présenter un bilan positif comme réunissant des antifascistes qui ne sont pas tous d’accord sur qui sont, en fait, les fascistes, ce qui est pour le moins ennuyeux.
Nous présentons ici trois textes, différents, qui répondent à différentes interventions critiquant ce cadre, et qui sont donc plutôt d’un point de vue opposé, avec des nuances. Sans entreprendre de les commenter précisément ici, notons tout de même que chacun de trois n’aborde pas, de fait, cette question de la nature même du CADRE qu’il s’agit, de fait et quoi qu’on en dise, d’imposer, en appelant, mais sans guillemets, cette conférence la « Première conférence internationale antifasciste pour la souveraineté des peuples ».
Notons également que depuis les informations sur la présence d’un représentant de la République Islamique d’Iran lors d’une des séances de la conférence que nous avions diffusées, il est apparu que celui-ci était également présent à la séance inaugurale …
Les trois textes ci-dessous sont : 1°) la réponse du Groupe de coordination du RESU/ENSU à la la lettre de l’Union Syndicale Solidaires, 2°) un texte de Catherine Samary, de la IV° Internationale et du NPA-A, en outre militante du RESU, écrit peu après cette réponse, 3°) un mot de réponse de Alfons Bech à l’article de Christian Zeller. Nous donnons la version originale, en espagnol, de cette réponse, suivie d’une traduction en français.
1) Réponse du Groupe de coordination du RESU/ENSU à l’Union syndicale Solidaires.
23 avril 2026
À : Julie Ferrua et Murielle Guilbert (co-délégation générale de l’Union Syndicale Solidaires)
Nous vous écrivons en tant que groupe de coordination du Réseau européen de solidarité avec l’Ukraine (ENSU) afin d’apporter une réponse fraternelle à la lettre publiée le 20 avril sur la liste de diffusion de notre réseau au nom de Solidaires.
Cette lettre critique la décision de l’ENSU de participer à la Première Conférence internationale antifasciste pour la souveraineté des peuples, qui s’est tenue à Porto Alegre, au Brésil, du 26 au 29 mars. En tant que réseau fortement engagé dans la construction de la solidarité avec les travailleurs ukrainiens et leurs organisations, nous prenons cette critique, émanant d’une composante très estimée du mouvement de solidarité avec l’Ukraine, avec tout le sérieux qu’elle mérite.
Nous tenons à souligner d’emblée que la décision de participer à la conférence de Porto Alegre, qui a reçu un large soutien au sein du réseau, a été prise uniquement en raison de l’opportunité précieuse qu’elle offrait aux milliers de militants présents d’entendre directement la délégation ukrainienne composée de syndicalistes et de militants de gauche. Ceux qui ne connaissent guère, voire pas du tout, la réalité de l’Ukraine ont pu découvrir sa double lutte – contre l’envahisseur russe et contre les politiques néolibérales du gouvernement – grâce à des militants engagés de plein cœur dans ce combat.
Cette participation n’impliquait aucun soutien, direct ou indirect, à une quelconque déclaration liée à la conférence, ni à aucune déclaration ou intervention faite par une autre force participant à la conférence, ni à sa forme organisationnelle. De plus, l’ENSU publiera prochainement une déclaration expliquant pourquoi nous ne pouvons pas approuver la déclaration finale de la conférence.
En d’autres termes, notre intervention visait exclusivement à mieux faire comprendre la cause des droits nationaux et sociaux de l’Ukraine aux militants – en particulier aux jeunes – qui luttent eux aussi contre la menace de l’autoritarisme et de l’extrême droite dans leurs propres pays. Pour renforcer ce travail, le représentant de l’ENSU à la conférence, Alfons Bech, s’est efforcé de rassembler les forces présentes qui soutiennent l’Ukraine.
Cet effort a porté ses fruits pour la cause ukrainienne malgré l’impossibilité pour les camarades ukrainiens de s’exprimer en séance plénière – il a été rendu possible par l’atelier sur l’Ukraine et par les nombreuses occasions de rencontres et de conversations informelles qu’a offertes la conférence.
La majorité des opinions exprimées au sein de l’ENSU depuis la conférence s’accordent à dire que notre intervention en soutien à la délégation ukrainienne a contribué à renforcer la solidarité avec l’Ukraine et que, si la délégation n’avait pas été présente, une occasion précieuse aurait été perdue. C’est le cas même si, au sein de notre réseau, beaucoup peuvent – en toute légitimité – porter des jugements divergents sur la conférence et notre travail en son sein.
Nous comprenons bien sûr que toute décision d’intervenir en faveur des droits de l’Ukraine lors d’événements dont le format, les objectifs explicites et l’organisation échappent à notre contrôle sera souvent compliquée – et pourrait même, avec le recul, s’avérer erronée. Nous tenons simplement à souligner que, dans de nombreux pays, notre tâche centrale consistant à rallier une majorité de l’opinion de gauche et progressiste à la défense des droits du peuple ukrainien continuera d’exiger des interventions dans des événements contrôlés par des forces hostiles ou indifférentes – tant que celles-ci conserveront un pouvoir de mobilisation supérieur à celui dont dispose actuellement notre réseau.
Dans un tel contexte, la collaboration avec d’autres minorités soutenant l’Ukraine peut s’avérer nécessaire et inestimable, comme ce fut le cas pour la plupart des membres de l’ENSU à Porto Alegre.
Enfin, au-delà de tout désaccord sur l’opportunité de participer à la conférence, nous tenons à souligner que la poursuite de la coopération avec Solidaires et l’Intersyndicale est cruciale pour l’ENSU afin d’étendre et de renforcer la solidarité internationale avec les travailleurs en Ukraine. Nous continuerons à rechercher tous les moyens possibles pour travailler avec vous afin de renforcer ce travail indispensable.
En solidarité avec l’Ukraine et ses travailleurs, veuillez accepter nos salutations fraternelles,
Szymon Martys
Coordinateur (au nom du groupe de coordination de l’ENSU).
2°) Message de Catherine Samary.
Porto Alegre et au-delà — Quelques réflexions.
Je partage les arguments avancés par les camarades de la Coordination ENSU concernant les modalités et les objectifs de la participation du RESU/ENSU — le Réseau européen de coordination avec l’Ukraine — à la Conférence de Porto Alegre (POA), en réponse aux camarades de la Fédération syndicale Solidaires qui ont contesté cette décision.
« La décision de participer à la conférence de Porto Alegre, qui a reçu un large soutien au sein du réseau, a été prise uniquement en raison de l’opportunité précieuse qu’elle offrait aux milliers de militants présents d’entendre directement la délégation ukrainienne composée de syndicalistes et de militants de gauche. Ceux qui ne connaissent que peu, voire pas du tout, la réalité en Ukraine ont pu découvrir sa double lutte – contre l’envahisseur russe et contre les politiques néolibérales du gouvernement – grâce à des militants pleinement engagés dans ce combat. »
Je voudrais souligner ici deux séries de points liés aux évaluations manifestement nécessaires de cette conférence de Porto Alegre – qui sont importantes pour les décisions futures.
1) Les objections les plus radicales à notre participation s’accompagnaient d’une prédiction/crainte que notre présence et celle de nos camarades ukrainiens et russes soient purement exploitées par les factions pro-gouvernementales et pro-régime. Cependant, même si elles étaient clairement minoritaires, ces présences et interventions ont compté et ont en partie influencé la déclaration finale, même si ce texte reste, pour nous, manifestement insatisfaisant quant à la condamnation explicite de l’agression de la Russie contre l’Ukraine.
2) Nous devons tenir compte des aspects évolutifs et imprévisibles de cette conférence :
Catherine S 25/04/2026
3°) Réponse d’Alfons Bech à Christian Zeller.
Una respuesta al artículo de Christian Zeller
Creo que el artículo del camarada Christian Zeller contiene interesantes reflexiones, pero también es contradictorio su mensaje. El debate sobre el balance de la primera conferencia antifascista de Porto Alegre sigue y es importante debatirlo bien. Para ello deberíamos tener en cuenta el conjunto de opiniones y visiones: las de Europa, pero también las de las Américas, y las de otros continentes.
En primer lugar, escuchar lo que dicen los camaradas ucranianos. Han hablado dos de los participantes en la delegación, Oleksandr Kiselov y Nataliya Zemlianska. Falta aún la opinión del sindicalista Vasyl Andreiev, que supongo llegará pronto. También otros camaradas ucranianos que hayan seguido el tema pueden opinar.
Han expresado su opinión sobre la conferencia también camaradas americanos. Una de ellas, bastante crítica, proveniente de Estados Unidos. Otra de Brasil, también muy crítica, que no participó en la conferencia, el sindicato Conlutas, pero que apoya la lucha de Ucrania y ha participado en batallas concretas. También hay otras fuerzas que apoyan Ucrania, una tiene militantes, y que han sido abiertamente favorables a la realización de la conferencia y sus resultados, aunque son también críticas en diferentes grados.
Por último, hay algunos militantes de otros continentes, de Asia y África, presentes en la conferencia, que están de acuerdo en la declaración que aprobamos y se adhieren al googlegroup que creamos allí. Y tienen opiniones importantes sobre cómo ven los imperialismos y el papel de sus países, de los BRICS.
Empezamos ahora a tener pues la posibilidad de una visión de la solidaridad con Ucrania y con los pueblos que resisten los imperialismos, de la lucha contra el ascenso del fascismo y la extrema derecha, más allá de la visión europea. Y realmente la necesitamos para luchar contra todos los imperialismos. Deberíamos preguntarnos es porqué muchas fuerzas de izquierda relativamente importantes del continente y otras partes del mundo que apoyan Ucrania sacan globalmente un balance positivo de la conferencia.
Que en la conferencia ha pesado más la opinión del campismo es un hecho. Para empezar, dos de las tres organizaciones convocantes lo eran en un grado u otro. Pero transformar en derrota lo que ha sido una batalla victoriosa no es justo. Porque ha sido una victoria que haya una delegación ucraniana, que haya hecho un taller, que haya podido hablar y tener muchos contactos y que toda la conferencia haya conocido su participación. Lo negativo es lo que se deduce del artículo de Zeller, a pesar de que diga que ha apoyado la participación de ENSU. ¿Que ha sido una pequeña o pequeñísima victoria? Si lo comparamos con la necesidad y con lo que queríamos, es cierto. Pero una victoria no es una derrota. Hemos avanzado utilizando esta conferencia como campo de batalla.
Zeller pone condiciones al tipo de conferencias para que se consideraran consecuentemente antifascistas: 1, 2, 3. En teoría podemos poner más. Y seguramente tiene bastante razón en algunas de ellas según el contexto en que se den. Por ejemplo, batallar contra la venta del petróleo y gas ruso. Pero lo importante de Porto Alegre no fue ni el llamamiento inicial ni el final. Lo importante es que hay una reacción ante el avance de la extrema derecha y de los imperialismos, aunque sea de manera confusa y tortuosa que puede permitir una unidad de acción, como se vio en las calles de Porto Alegre, pero ampliada. Minneapolis estuvo muy presente.
Ahora mismo hay dos agrupamientos internacionales que se llaman contra el fascismo. Uno de ellos se reúne en el Kremlin. Sabemos a quién responde. El de Porto Alegre era independiente del primero. Dentro había fuerzas de todo tipo, antiimperialistas y algunas que expresaban regímenes reaccionarios, aunque no imperialistas. Entonces, la pregunta es ¿tendríamos que hacer una tercera vía ahora? ¿tenemos la fuerza para impulsarla o sería una conferencia para la autosatisfacción? ¿O se trata de intervenir en la vía abierta por Porto Alegre y en otros eventos donde se puede pelear al campismo y agrupar ahí el ala consecuente? Todos reconocemos de palabra que tenemos que salir a pelear fuera de nuestro terreno de confort. Pues ese tipo de agrupamientos, de frentes transitorios son el lugar ahora. No les pongamos condiciones: entremos y peleemos.
Como dice el mismo Zeller al comienzo, al mencionar la intervención de los camaradas ucranianos: “Sus balances muestran lo importante que es participar en todas partes y constantemente la lucha contra las corrientes del campismo y liderarla sin compromiso”. Pues bien, ese es el mensaje que debe prevalecer.
Alfons Bech
Réponse à l’article de Christian Zeller
Je crois que l’article du camarade Christian Zeller contient des réflexions intéressantes, mais son message est aussi contradictoire. Le débat sur l’évaluation de la première conférence antifasciste de Porto Alegre se poursuit, et il est important d’en discuter en profondeur. Pour ce faire, nous devons prendre en compte toute la gamme des opinions et des points de vue : ceux d’Europe, mais aussi ceux des Amériques et des autres continents.
Tout d’abord, écoutons ce que les camarades ukrainiens ont à dire. Deux membres de la délégation, Oleksandr Kiselov et Nataliya Zemlianska, se sont déjà exprimés. Nous attendons encore l’avis du syndicaliste Vasyl Andreiev, que j’espère joindre prochainement. D’autres camarades ukrainiens qui ont suivi les événements peuvent également donner leur avis.
Des camarades américains ont également exprimé leurs points de vue sur la conférence. L’un d’eux, assez critique, venait des États-Unis. Un autre groupe brésilien, également très critique, n’a pas participé à la conférence : le syndicat Conlutas, qui soutient la lutte en Ukraine et a pris part à des actions concrètes. D’autres forces soutiennent également l’Ukraine, dont une qui compte des militants et qui s’est ouvertement prononcée en faveur de la tenue de la conférence et de ses conclusions, tout en restant, à des degrés divers, critiques. (1)
Enfin, des militants d’autres continents, d’Asie et d’Afrique, présents à la conférence, adhèrent à la déclaration que nous avons adoptée et ont rejoint le groupe Google que nous y avons créé. Ils ont des opinions bien tranchées sur leur vision de l’impérialisme et du rôle de leurs pays et des BRICS.
Nous commençons à entrevoir une perspective de solidarité avec l’Ukraine et les peuples qui résistent à l’impérialisme, avec la lutte contre la montée du fascisme et de l’extrême droite, au-delà de la perspective européenne. Et nous en avons véritablement besoin pour combattre toutes les formes d’impérialisme. Il convient de s’interroger sur les raisons pour lesquelles de nombreuses forces de gauche relativement importantes, sur le continent et ailleurs dans le monde, qui soutiennent l’Ukraine, adoptent une position globalement positive à l’égard de cette conférence.
Que le campisme ait pesé plus lourd à la conférence est un fait. D’abord, deux des trois organisations organisatrices étaient, à des degrés divers, des campistes. Mais transformer une victoire en défaite serait injuste. Car la présence d’une délégation ukrainienne, l’organisation d’un atelier, la possibilité de s’exprimer et d’établir de nombreux contacts, ainsi que la visibilité de leur participation à la conférence, constituent une victoire. L’article de Zeller opte pour un bilan négatif, malgré son affirmation de soutenir la participation de l’ENSU. Était-ce une victoire mineure, voire infime ? Au regard de nos besoins et de nos objectifs, c’est indéniable. Mais une victoire n’est pas une défaite. Nous avons progressé en faisant de cette conférence un véritable champ de bataille.
Zeller définit trois conditions des conférences considérées comme systématiquement antifascistes : 1, 2, 3. En théorie, on pourrait en ajouter. Et il a tout à fait raison sur certains points, selon le contexte. Par exemple, la lutte contre la vente du pétrole et du gaz russes. Mais l’important à Porto Alegre n’était ni l’appel à l’action initial, ni l’appel final. L’important, c’est qu’il y ait une réaction à la montée de l’extrême droite et de l’impérialisme, même si elle est confuse et complexe, ce qui peut permettre de constituer un front uni, comme on l’a vu dans les rues de Porto Alegre, mais à plus grande échelle. Minneapolis était très présent.
Actuellement, deux groupes internationaux se réclament de l’antifascisme. L’un d’eux se réunit au Kremlin. Nous savons à qui il rend des comptes. Le groupe de Porto Alegre était indépendant du premier. Il rassemblait en son sein des forces de tous bords : des anti-impérialistes et d’autres représentant des régimes réactionnaires, quoique non impérialistes. Alors, la question est : devons-nous maintenant emprunter une troisième voie ? Avons-nous la force de la promouvoir, ou ne s’agirait-il que d’une conférence auto-satisfaite ? Ou bien s’agit-il d’intervenir sur la voie ouverte par Porto Alegre et lors d’autres événements où nous pouvons combattre les camps et rassembler l’aile engagée ? Nous reconnaissons tous verbalement qu’il nous faut sortir de notre zone de confort et combattre. Or, ces regroupements, ces fronts temporaires, sont essentiels aujourd’hui. N’imposons pas de conditions : entrons et combattons.
Comme le dit Zeller lui-même au début, en évoquant l’intervention des camarades ukrainiens : « Leurs résultats montrent combien il est important de participer partout et sans relâche à la lutte contre les courants des camps et de la mener sans compromis.» Voilà le message qui doit prévaloir.
Alfons Bech
27.04.2026 à 12:24
aplutsoc2
A reproduire et diffuser dans les rassemblements du 1° mai !
Et ne pas oublier au passage la campagne pour des générateurs pour les hôpitaux ukrainiens.
Même si l’on est sorti d’un hiver durant lequel l’armée de Poutine a ciblé le réseau énergétique ukrainien avec l’objectif délibéré de faire geler la population d’Ukraine pour la pousser à céder et à accepter la capitulation, la menace sur les infrastructures publiques demeure. Raison de plus pour ne pas attendre l’hiver prochain pour redoubler d’efforts !
26.04.2026 à 19:58
aplutsoc
À la suite de la réunion-débat fort dense tenue le 7 avril dernier sur le thème « Guerre, armements, question du pouvoir : quelle stratégie pour l’émancipation ? », le Comité de rédaction d’Aplutsoc organise une rencontre publique ce 1° mai, que nous avions évoquée à la fin de cette réunion-débat, et propose de la structurer sur les thèmes suivants :
1°) En Europe, y compris « occidentale », France comprise, les larges masses sentent et savent qu’il y a danger d’agression armée, non pas d’une façon générale comme le spectre de « la guerre » ou comme « des guerres » diverses et nombreuses, mais de manière tangible comme une menace qui porte deux noms : Poutine et Trump.
Le premier a attaqué l’Ukraine dès 2014, tente de la détruire depuis 2022, a vassalisé la Biélorussie et la Géorgie, menace la Baltique, la Moldavie et la Pologne, le second favorise les menées du premier, projette l’annexion du Groenland, l’un et l’autre appuient les extrêmes droites dans toute l’Europe ainsi que le gouvernement d’extrême droite de Netanyahou qui veut détruire les Palestiniens et vassaliser le Liban, et avec lequel Trump agresse l’Iran tout en y favorisant la répression des peuples.
2°) Le sentiment massif du danger d’agression des impérialismes russe et nord-américain fonde la volonté de se défendre, mais celle-ci n’est pas de même nature que les politiques des gouvernements européens ainsi que des institutions de l’UE. Leurs attaques contre les droits sociaux, les services publics, ainsi que leurs menées illibérales contre les libertés démocratiques et les migrants, et la défense de ce qu’il leur reste de sphères coloniales dans le monde (« outremer » et zones maritimes françaises notamment), ne protègent pas les peuples de Trump et de Poutine, bien au contraire.
Il serait de la responsabilité des mouvements sociaux, du syndicalisme, et de la gauche et des écologistes s’ils veulent représenter les besoins de la majorité, de porter une politique de défense se distinguant des plans officiels de réarmement, susceptibles d’être saisis, eux, par l’extrême droite ou l’union des droites si elles parviennent au pouvoir, notamment en France.
3°) La lutte contre l’extrême droite et l’union des droites et la défense contre la menace militaire de Trump et de Poutine sont liées l’une à l’autre. Lutter contre le RN en France sans combattre Poutine ni défendre l’Ukraine, c’est au mieux combattre avec un bras attaché dans le dos, au pire faire le jeu du RN. Associer l’extrême droite et l’union des droites à Trump et à Poutine est un puissant moyen de les combattre dans l’opinion publique.
Ainsi, les attaques de Trump contre l’Espagne et celles d’un Retailleau en France voulant la mettre « au ban des nations » (sic !) sont parfaitement convergentes, et ceci doit être dénoncé publiquement et massivement.
Empêcher RN et union des droites de prendre le pouvoir en France est un combat qui peut être gagné, qui ne peut l’être qu’en étant relié à l’affrontement contre Trump et Poutine et qui serait une puissante victoire contre eux s’il réussissait. Inversement, l’accession au pouvoir de l’extrême droite dans le cadre des institutions présidentialistes autoritaires de la V° République française constituerait un basculement européen.
Autrement dit, la France est politiquement un champ de bataille préalable à l’éventuelle guerre menaçante. Repousser la guerre ne se fera pas par des appels pacifistes à « la paix en Ukraine » et à la négociation avec le pouvoir russe, mais par la défaite des trumpo-poutiniens en France.
4°) Par conséquent, la réalisation de l’unité tant pour combattre le déni de démocratie de Macron en œuvre depuis 2024 que sa suite qui serait l’arrivée au pouvoir du RN et/ou de l’union des droites, unité sociale et syndicale dans les grèves et dans la rue et unité politique dans les élections, a besoin de la clarté contre Trump et Poutine : sans clarté contre Trump et Poutine, pas de clarté contre l’extrême droite.
Le pacifisme politique à gauche est donc aujourd’hui un obstacle majeur au combat pour gagner dans les luttes sociales et politiques et battre l’extrême droite. Il faut le distinguer de la volonté de paix des larges masses, tout à fait normale et saine, mais qui, elle, comprend la nécessité de se défendre contre les tyrans et d’être avec les peuples opprimés. Aujourd’hui, l’incompatibilité entre social-pacifisme et antifascisme apparaît de plus en plus et va s’affirmer.
On le voit à l’occasion du congrès confédéral de FO et dans la préparation du 1° mai, où le POI, organisation qui contrôle en même temps l’appareil central de LFI, permet, au nom de la « lutte pour la paix » et « contre le bellicisme européen », de couper, jusqu’à présent, cette organisation syndicale de la lutte contre l’extrême droite, et de préparer le « dialogue social » avec le RN.
En conclusion, ce que nous tentons et proposons n’est pas seulement une discussion à la fois théorique, politique et technique sur les questions militaires sous l’angle du combat pour l’émancipation, discussion dans laquelle nous ne prétendons certainement à aucun monopole, mais est une démarche avant tout politique situant ces questions comme une composante indispensable du combat immédiat et quotidien dès maintenant. En outre, il est vraisemblable que ce soit ainsi que la réflexion sur les questions militaires puisse trouver un débouché, s’élargisse et ne tourne pas en rond.
De plus, la crise écologique, qui va s’accélérant, va pousser des couches massives des peuples et de la jeunesse à des affrontements contre les pouvoirs établis, pour la survie et pour l’avenir. Le combat écologique vital n’a d’autre issue, lui aussi, que de se combiner avec l’affrontement contre Trump et Poutine, dans lequel les dimensions d’organisation sociale, de lutte politique, et de préparation militaire, ne sauraient être séparées par des frontières étanches.
C’est donc dans cette optique politique précisée par la discussion que nous proposons de nous retrouver pour avancer et approfondir la manière de populariser et d’imposer une saisie émancipatrice des questions du présent comprenant nécessairement leur dimension militaire. Ce texte de présentation est loin de « cadrer » toutes les questions européennes et mondiales, et est concrètement marqué par la situation française, mais cette discussion est naturellement internationale.
Nous vous invitons donc à l’issue de la journée du 1° mai, à 20H en visio :
https://us06web.zoom.us/j/85828246055?pwd=vL8mddXv8UZyqjN1RixauhYjQEIP2L.1
26.04.2026 à 09:28
aplutsoc2
A l’issue du congrès confédéral de FO, la direction est, comme prévu, reconduite, Frédéric Souillot réélu avec 98,06% des suffrages exprimés, les autres votes généraux dans les mêmes proportions, sauf le rapport d’activité, adopté à 89,14%- en fait 81% si l’on prend en compte les non-votants, pas non plus pris en compte dans les autres scores « brejnéviens » – avec 9% de votes contre.
Le vote sur le rapport d’activité indique que les contradictions de fond sont à l’œuvre, sous un unanimisme de façade d’autant plus pesant qu’il a pour fonction de tenter de les étouffer. La lecture convenue, reprise par l’article de l’Humanité du 24 avril (« le traditionnel affrontement entre réformistes et lambertistes a débordé sur l’absence de positionnement de la confédération face à la montée de l’extrême droite »), ne correspond pas à la réalité, pour trois raisons.
La première : les « réformistes » peinent à l’être, et sont très loin, en matière de grain à moudre, de Marc Blondel ou d’André Bergeron. La signature d’accords en recul, la participation au « dialogue social », et l’amorce de celui-ci avec le RN, ne sont pas du « réformisme ». Certaines interventions de « métallurgistes » (?) montrent bien comment le vide « apolitique », qui n’a rien à voir avec la charte d’Amiens, se remplit de corporatisme : « Ne pas faire de politique, savoir rester à sa place, défendre les entreprises dans lesquelles on travaille, car sans entreprises, pas de travail ». Ceci n’est pas du réformisme !
La seconde : les « lambertistes » eux non plus ne sont plus ce qu’ils étaient ! Il y aurait beaucoup à dire sur ce qu’ils furent, mais l’aboutissement de la symbiose opérée par Lambert avec une partie de l’appareil syndical réformiste, ce fut Marc Blondel, aujourd’hui décédé. Ni Lambert, ni, probablement, Blondel, et certainement pas le réformiste Bergeron, n’auraient compris l’orientation internationale déterminante que le POI cherche aujourd’hui à imprimer à FO : l’Europe ennemi n°1 accusée d’être fauteuse de guerre, « paix en Ukraine » avec occupation et russification des territoires conquis par Poutine ..
Et donc, troisième raison : ce congrès de FO était celui de la collaboration organique entre ci-devant « réformistes » et ci-devant « lambertistes ». Pour gérer les contradictions, il faut quelques critiques des accords signés dans le privé, dont la pointe – de la part de la Fédération des Organismes Sociaux – est allé jusqu’à dire à juste titre : « La défense du paritarisme consiste-t-elle à négocier dans l’étroit périmètre que nous concède l’Etat ? Si oui, ce n’est plus du paritarisme, mais de la subsidiarité. » Tout à fait !
Mais les critiques portant sur les affichages de plus en plus fréquents avec le RN ne sont pas venues du secteur « POI » de l’organisation, mais ont été faites spontanément par certains délégués, ou sont venues des secteurs réformistes combatifs cherchant à le rester. C’est aussi de là que vient le pourcentage, en réalité tout à fait significatif, de votes contre, de votes blancs et tout simplement de non-votes, sur le rapport d’activité.
Ces critiques ont contraint Frédéric Souillot à placer la petite phrase traditionnelle, un peu étoffée, dans sa réponse, tout en évoquant la crainte qu’il soit victime de « procès d’intention » : « Je suis, nous sommes antifascistes, attachés à la démocratie et à la République une et indivisible ! Nous sommes tous ici antiracistes, anti-xénophobes, contre l’antisémitisme, anti-islamophobes et contre toute idéologie de rejet de l’autre ! »
Le simple fait que de telles lapalissades avaient en réalité pour fonction de réduire des inquiétudes en dit long. Et rien sur la question du « dialogue social » avec un gouvernement RN/union des droites, naturellement, ni sur les cas précis de contacts affichés (y compris par Frédéric Souillot lui-même, discutant sur LCI avec Jean-Philippe Tanguy, s’affichant dans un meeting « pour l’emploi » avec le député RN à Mertzviller dans le Bas-Rhin) …
L’article de l’Humanité semble considérer que les déclarations formatées telles que « Pas un centime pour la guerre : tout pour les hôpitaux, l’école, la Sécu », sont des piques « lambertistes » contre la direction « réformiste ». C’est un mythe. Ces déclarations, souvent de provenance POI ou PT en effet, sont une aide à Frédéric Souillot : elles occultent la question réelle de la menace de guerre par Trump et Poutine, mélangent tout en amalgamant Macron et l’UE aux pire « fauteurs de guerre » voire au fascisme, et évitent soigneusement tout appel à ce que FO combatte l’extrême droite, voire s’unisse aux autres organisations syndicales contre l’extrême droite. Le social-pacifisme est contradictoire à l’antifascisme !
Le succès d’estime (mais aussi la réputation sulfureuse) acquis par Frédéric Vuillaume, outre que sa fédération des Territoriaux est en direct pour les contacts avec les élus RN, est sans doute significatif, mais voué à rester minoritaire. Le journal l’Anarcho-Syndicaliste est reparu juste avant le congrès, mais n’est à vrai dire pas tourné vers FO : Marc Hébert, discrédité pour machisme invétéré (un aspect tout à fait décisif des bureaucraties syndicales sur lesquelles l’impasse devient de plus en plus, et c’est tant mieux, impossible), y déplore l’affaiblissement de l’UD du Finistère et n’avance plus aucune perspective de lutte dans la confédération. Les courants anarcho-syndicalistes s’identifiant plus ou moins comme tels ne sont plus des centres de regroupement dans FO.
Mais des pointes critiques, réformistes et combatives, et non plus « lambertistes » (mais s’inscrivant parfois dans la tradition lamberto-réformiste qui fut le « blondélisme » !), il y en a pourtant bien eu : elles sont reconnaissables à un point précis : la dénonciation de l’extrême droite et l’appel à lutter contre elle.
C’est ce que dit par exemple la Commission Exécutive de l’UD des Côtes-d’Armor, réunie avant le congrès confédéral à la suite des évènements de Lyon (mort de Quentin Deranque) : la charte d’Amiens impose la lutte contre l’extrême droite. Cela, c’est l’indépendance syndicale, quelles que soient les discussions nécessaires sur telle ou telle formulation. Beaucoup de positions en ce sens viennent des départements de l’ouest, et les délégués bretons ont manifesté leur mécontentement sur « l’absence de perspective » et n’ont généralement pas pris part aux votes « brejnéviens » dans lesquels ils ne sont pas décomptés.
L’existence même d’unions départementales entières qui voudraient une perspective syndicaliste – donc aussi une perspective d’unité et de lutte contre le patronat, le pouvoir et l’extrême droite-, cette existence même veut dire qu’il y a une perspective, et que tout ce qui a été contenu dans ce congrès ressortira, tel un diable de sa boite !
LSP, le 26/04/26.

25.04.2026 à 10:30
aplutsoc
Christian Zeller est un militant éco-socialiste autrichien, enseignant à l’université de Salzburg. Il participe au collectif Emanzipation (Journal pour une stratégie éco-socialiste).
Du 26 au 29 mars, environ 4 000 personnes se sont réunies à Porto Alegre pour une grande conférence internationale contre la montée du fascisme dans le monde et contre l’impérialisme. Christian Zeller estime que le contenu et les résultats de cette conférence ne suffisent pas pour construire un front antifasciste et anti-impérialiste global. Pour y parvenir, il est indispensable d’engager des processus de clarification politique
Christian Zeller a rédigé une contribution critique que nous mettons à disposition en trois langues :