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L.N Chantereau, Olivier Delbeke, Robert Duguet, Alexis Mayet, Luigi Milo, Vincent Presumey ...

ARGUMENTS POUR LA LUTTE SOCIALE


▸ les 20 dernières parutions

28.09.2026 à 14:44

Halte à la répression contre les lycéens ! Éditorial du 28 septembre 2026.

aplutsoc

Comme une lame de fond, des “blocus” lycéens – seul mode d’action dont les lycéens ont la maîtrise faute de reconnaissance de leur droit de réunion, d’assemblée générale et d’organisation en toute indépendance DANS les lycées – se multiplient en réaction aux conditions encore dégradées de travail et de vie dans les établissements en cette […]
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Comme une lame de fond, des “blocus” lycéens – seul mode d’action dont les lycéens ont la maîtrise faute de reconnaissance de leur droit de réunion, d’assemblée générale et d’organisation en toute indépendance DANS les lycées – se multiplient en réaction aux conditions encore dégradées de travail et de vie dans les établissements en cette rentrée.

Cette lame de fond peut s’étendre, et pour l’éteindre l’appareil d’État réagit par la violence. Les témoignages s’accumulent de jeunes, d’ados, projetés au sol, gazés, ensanglantés, menottés, soumis à des gifles à répétition dans les commissariats, etc.

Ces pratiques étatiques ne combattent pas l’insécurité, elles en font partie, et en première ligne. Elles doivent cesser, mais pour cela, il est de la responsabilité des organisations, partis et syndicats issus du mouvement ouvrier et attachés à l’État de droit, de dire haut et fort :

  • Libération de tous les lycéens arrêtés !
  • Arrêt de toutes les poursuites !
  • Droit de manifestation, de réunion et d’organisation pour les lycéens !
  • Stop à la violence d’État !
  • Identification et punition de tous les auteurs des violences policières, à tous les échelons !

Le 28/09/2026.

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28.09.2026 à 12:31

Délégations de Soyez comme nous sommes et de Priama Diia en visite à Paris ce week-end.

aplutsoc

Le Pape n’a pas le monopole des visites à Paris ! De vendredi soir à dimanche après-midi, une cinquantaine de militantes et militants d’organisations européennes membres du Réseau syndical international de solidarité et de luttes ont travaillé ensemble, dans les locaux de l’Union syndicale Solidaires, à Paris. La rencontre finie, des camarades de plusieurs organisations se […]
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Le Pape n’a pas le monopole des visites à Paris !

De vendredi soir à dimanche après-midi, une cinquantaine de militantes et militants d’organisations européennes membres du Réseau syndical international de solidarité et de luttes ont travaillé ensemble, dans les locaux de l’Union syndicale Solidaires, à Paris.

La rencontre finie, des camarades de plusieurs organisations se sont rendus au Champ de Mars soutenir les pompiers en lutte. Ici, des militantes de Soyez comme nous sommes (et de SIAL COBAS d’Italie).

Et plus bas une photo des deux délégations ukrainiennes présentes à la rencontre : Soyez comme nous sommes et Priama Diia (avec leur coach français au milieu )

Source : CM / RESU /RSISL

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28.09.2026 à 09:40

France – Allemagne : Populismes et fascismes. Par Robert Duguet.

aplutsoc

« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » Antonio Gramsci Les rapports entre les Linke allemands constitués en 2005 et l’association PRS (Pour la République Sociale), les mélenchoniens étaient encore un courant du PS, ont été constants. Des rencontres internationales régulières. En février 2009 la […]
Texte intégral (3697 mots)

« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres »

Antonio Gramsci

  • Rappel historique : le temps des Fronts de Gauche

Les rapports entre les Linke allemands constitués en 2005 et l’association PRS (Pour la République Sociale), les mélenchoniens étaient encore un courant du PS, ont été constants. Des rencontres internationales régulières. En février 2009 la réunion constitutive du PG (Parti de Gauche), sur une orientation FDG (Front de Gauche), est suivie d’un meeting avec Oskar Lafontaine et un groupe de cadres fondateurs. Les Linke se sont constitués par un accord entre des cadres de l’ancien appareil d’État stalinien d’Europe de l’Est, dont Sahra Wagenknecht, à savoir le Parti socialiste unifié d’Allemagne et l’Alternative électorale travail et justice sociale, créée en 2005 par des syndicalistes et des militants de la gauche du SPD, opposés à la politique néo-libérale de Gerald Schröder. Je précise ce point, car l’article de Médiapart du 21 septembre à propos des résultats électoraux du dimanche 20 dans le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et à Berlin stipule : « Die Linke, héritier formel de l’ancien parti dominant de la République démocratique allemande (RDA) » est un raccourci qui ne rend pas compte des deux composantes du parti. C’était une union de la carpe et du lapin. Entre ceux qui venaient de l’Est, dont l’épouse d’Oscar Lafontaine, Sahra Wagenknecht et la fraction syndicaliste issue de la gauche de la social-démocratie, il y avait des oppositions. Lorsque cette dernière chercha à prendre un poste de direction lors du premier congrès des Linke, elle fut déboutée.

Pour les fondateurs du FDG en France, le développement des Linke outre-Rhin est alors un point d’appui international contre l’Europe néo-libérale ; la coalition se forme dans l’objectif d’intervenir de manière conjointe dans les élections européennes. Suite à un mouvement social dans les profondeurs du salariat en France contre le traité européen de 2005, le non l’emporte à 55%. Le gouvernement présidé par Nicolas Sarkozy s’assied sur le résultat et poursuit sa soumission à l’Europe néo-libérale. La stratégie FDG qui regroupe un arc politique important réalise une percée électorale de 12% à la présidentielle, début de la fin de la stratégie du vote utile en faveur du PS, que lui conféraient les institutions de la Vème République sous l’ère François Mitterrand. C’est une ouverture politique contre la politique de François Hollande.

La Grèce et Syriza, l’Espagne et Podemos, le Portugal avec le Bloco, la France et le FDG, les Linke allemands, c’est alors le temps des Fronts de Gauche.

  • France Insoumise et le mouvement Aufstehen ! (Levons-nous !)

Le FDG était constitué au départ sur un accord avec le PCF, autour duquel s’est associé tout un arc politique venant de la gauche radicale. Si le FDG restait un cadre électoral essentiellement branché sur l’horizon de la présidentielle, il agglomérait sur le plan politique. La démocratie se développe en son sein, même si une revendication importante des militants ne fut jamais acceptée, celle de l’adhésion individuelle aux comités locaux du front. Son éclatement est provoqué unilatéralement à l’automne 2014 ; Jean Luc Mélenchon qui a quitté précédemment la direction du PG vient d’écrire l’Ere du Peuple, sorte de manifeste, inspiré de ses différents voyages en Amérique latine, chez Chavez en particulier, idéologiquement inspiré des thèses de Chantal Mouffe et Ernesto Laclau sur le populisme de gauche. Plus de partis, de front d’organisations, le rapport direct du peuple au chef. Le populisme n’est en fait qu’un prêt-à-porter idéologique, dès lors où la conquête du pouvoir ne se fera exclusivement que dans le respect des institutions bonapartistes fondées par Charles de Gaulle. À bas le régime des partis ! En 2016, il constitue France Insoumise. Et la campagne de 2017 se fera sur la ligne bleu-blanc-rouge au son de la Marseillaise en dénonçant toutes les autres composantes de la gauche… Interdiction du drapeau rouge et du chant de l’Internationale !

Ajoutons que de cet épisode à aujourd’hui, il y a une constante de la politique de Mélenchon sur la Russie : il s’oppose à la révolution du Maïdan en 2014 et approuve l’annexion de la Crimée. Une étude attentive de son blog depuis laisse apparaître de constantes exonérations au bénéfice du régime de Poutine. À la veille de février 2022, il rassure encore, la Russie n’est pas un État impérialiste et Poutine est un dirigeant mesuré. Il ne fera pas la guerre…

Outre-Rhin au sein des Linke la crise se développe : des positions droitières du parti sur un accord avec le SPD concernant les services publics de la ville de Berlin, voit naître une opposition à l’initiative de Sahra Wagenknecht. Elle crée la plateforme internet Aufstehen ! (Debout !) le 4 septembre 2018, en dehors des structures de son parti et rapidement, elle récupère 100 000 adhésions grâce aux clics de souris. Au préalable, il y a eu des rencontres internationales avec la direction de FI et Jean Luc Mélenchon. Sur le modèle français, c’est « l’état gazeux » à l’allemande. En fait en quelques mois son mouvement va transiter d’un populisme « de gauche » à un populisme revendiqué « de droite » ou conservateur, sur la défense de la petite-bourgeoisie rentière allemande, sur les migrants qui menacent les salariés qualifiés… À l’international, c’est l’équipe d’Aufstehen qui est à l’origine d’une manifestation de 13 000 personnes à la porte de Brandebourg le 25 février 2023, exigeant l’arrêt des livraisons d’armes à l’Ukraine. À cette manifestation des dizaines de militants de l’AfD, le parti néo-nazi, y participeront. Une revue d’extrême droite titre : Sahra Wagenknecht ferait une excellente chancelière ! l’AfD la soutient.

  • 2026, montée en puissance du parti néo-nazi

La crise économique qui ravage l’Allemagne, notamment dans le secteur de l’automobile, est un terreau fertile surtout dans les anciens Land de l’ex-RDA pour la démagogie fasciste. L’alliance historique entre la CDU et le SPD, sur la ligne du compromis historique de cogestion du capitalisme, prend eau de toutes parts, les formes parlementaires bourgeoises ne peuvent plus répondre à la situation et la stabiliser au compte des intérêts des néo-libéraux européens. Les élections du 6 et du 20 septembre dans les Lands de l’Est et à Berlin ouvrent une situation de type nouveau qui voit un parti se réclamant du nazisme au seuil de diriger deux Lander : en Saxe-Anhalt, l’AfD plafonne à près de 44% le 6 septembre, et 38% dans le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale le 20 du même mois. Si Die Linke s’est associé à la stratégie du « cordon sanitaire », le BSW joue objectivement dans la cour de l’AfD. Sahra Wagenknecht refuse d’ailleurs de caractériser l’AfD comme une formation néo-nazie et défend qu’il est possible de passer des accords, texte par texte, avec eux. Elle déclare sur les réseaux sociaux :

« La défaite cuisante des partis traditionnels lors des élections en Saxe-Anhalt le montre bien : les citoyens en ont assez d’une politique qui met en péril l’avenir de leurs enfants et qui mène notre pays tout droit dans le mur. Il est grand temps de reprendre enfin au sérieux les préoccupations des citoyens ! J’ai expliqué dans l’émission « Markus Lanz » pourquoi, en tant que BSW, nous ne voulons pas prendre part à cette absurdité qu’est le « mur coupe-feu » et souhaitons au contraire tirer parti des majorités au Parlement régional de Saxe-Anhalt pour mettre en œuvre des projets pertinents visant à améliorer la vie des gens. »

Il faut lire l’intervention d’Oskar Lafontaine dans le journal Welt Woche du 5 septembre : 

« La guerre en Ukraine est une guerre géopolitique menée par l’industrie américaine de l’armement pour affaiblir la Russie… l’UE ne parvient pas à mettre un terme à la politique étrangère agressive des États-Unis. Trump a même réussi à convaincre les Européens, en premier lieu les Allemands, de financer la guerre américaine en Ukraine… Il ne peut y avoir de paix dans le monde tant que l’oligarchie américaine prétend dominer le monde. Nous ne trouverons la paix que dans un ordre mondial multipolaire, où la diplomatie, la coopération et l’équilibre des intérêts déterminent la politique. »

On retrouve en arrière-fond de cette pensée, qui recoupe l’essentiel des positions de Mélenchon à l’international, l’ensemble géopolitique des BRICS regroupant en particulier la Russie, la Chine, l’Inde et le Brésil, lesdits pays en voie de développement indépendants vis-à-vis du grand Satan américain. Dans cette démarche la politique populiste, qu’elle s’intitule de droite ou de gauche, n’est plus fondée sur la lutte des classes, la Russie et la Chine en particulier sont des partenaires et non des États impérialistes.

  • A Berlin Die Linke donnent une leçon aux aventuriers du BSW

Si l’on compare les résultats entre le Land de Mecklembourg et celui de Berlin, ils traduisent deux vérités opposées. Certes, l’AfD progresse à Berlin sur la base de la déroute des partis de la coalition, dont la CDU et les Verts, mais dans ce Land où les travailleurs, la jeunesse surtout ont pu se saisir du cadre offert par le parti Die Linke, le résultat électoral de 25,7% surprend tout le monde en Europe. En 2025 ce parti, lors des législatives, a mis la barre à gauche en se battant pour les revendications de la jeunesse, notamment, à l’instar de l’américain Mandani, élu maire de New York, sur les questions du logement. Certes Berlin n’est pas toute l’Allemagne, comme l’explique le journaliste de Médiapart, mais la grande leçon de cette élection est que là où une force de gauche se bat pour défendre les intérêts de classe, qui intègre la question de l’écologie chez les jeunes, les fascistes reculent. Ils ne tirent leur force, que sur la désespérance sociale que la ligne du compromis historique (CDU-SPD) a entraînée, et ce, de manière plus prononcée à l’Est. Die Linke a gagné 30 000 adhérents dans la campagne des législatives. Le score aux régionales en 2026 est particulièrement fort chez les jeunes. 43 % chez les 18-24 ans et 49 % chez les 25-34 ans. La CDU se maintient en tête dans les électorats plus âgés. Il y a un rajeunissement dans l’organisation elle-même des Linke.

La crise que l’opération Oscar Lafontaine-Sahra Wagenknecht avait déclenchée en 2018, sur une ligne visant la liquidation des Linke, comme organisation ouvrière, est dépassée. La méthode France Insoumise inspirée de la politique internationale de Jean-Luc Mélenchon et appliquée à l’Allemagne est une défaite, pour deux raisons : les institutions de l’Allemagne comme démocratie parlementaire ne sont pas celles de la Vème République bonapartiste. Les Linke ne sont pas le Parti de Gauche, création artificielle pensée pour justifier un accord avec le PCF, que Napoléon Mélenchon a liquidé en quelques semaines, ils sont une organisation du mouvement ouvrier qui résiste. Il est traversé par des débats démocratiques. Les sites animés dans l’exil par des opposants à Poutine, en particulier celui de Garry Kasparov, informent qu’en Allemagne un groupe de militants russes ont rejoint les Linke et agissent pour le soutien au peuple ukrainien… Die Linke reconnaît le droit du peuple ukrainien de résister à l’agresseur. Sur l’aide militaire, ils laissent leurs militants libres de défendre leurs points de vue. La ligne BSW a fait flop, c’est l’AfD qui engrange tous les bénéfices. Les laissés-pour-compte, les chômeurs, les sans-grades ont préféré l’original à la copie.

  • France Insoumise change son fusil d’épaule : le BSW devient infréquentable !

Récemment Jean-Luc Mélenchon justifiait son orientation au-delà de la gauche et de la droite, par la formule : « le mouvement ouvrier a échoué… »

Le blog l’Insoumission du 25 septembre, sous la signature d’une militante Sacha D, salue la victoire des Linke à Berlin, sans toutefois écrire que la progression des fascistes continue par un déplacement de voix de la CDU vers le parti néo-nazi. Elle ajoute : « … ce résultat montre l’impasse que constitue le BSW (fondé par une ancienne figure de Die Linke, Sahra Wagenknecht). Le mouvement reste sous le seuil d’entrée au Parlement, en ne figurant qu’à 4,7%. Cet échec prouve le non-sens de leur proposition politique, résumée par l’hypothèse « rouge-brune », autour de discours et propositions xénophobes. »  L’article élude la stratégie populiste définie en 2018 avec Sahra Wagenknecht et Oscar Lafontaine, dans laquelle Jean-Luc Mélenchon s’était impliqué. L’évolution du BSW sur le terrain du « populisme » de droite ou conservateur l’amène dans le Land de Saxe-Inhalt à devenir une flanc-garde de l’AfD et lui permettre de conquérir la majorité absolue dans la région.

Cependant l’auteur de l’article n’aborde pas la dimension internationale : le BSW, c’est le combat, qui lui est commun avec l’AfD, pour faire cesser les livraisons d’armes à l’Ukraine, pour annuler les sanctions économiques contre le fasciste Poutine et considérer que l’axe du mal, c’est Zélensky-l’OTAN et Trump contre la Russie. Aujourd’hui Jean-Luc Mélenchon condamne les frappes ukrainiennes dans les profondeurs de la Russie qui visent, précisons-le, les raffineries, les ports et les centres énergétiques et qui seraient pour lui l’obstacle à la paix. Inversion de la réalité : l’Ukraine devient l’agresseur. Or la guerre de Poutine cible d’abord les civils, les services (hôpitaux, écoles, maternités…), bombardements qui tous relèvent de la qualification de crimes de guerre et d’opérations génocidaires.

France Insoumise ne fera pas l’économie d’une crise sur la question de l’Ukraine dans la campagne présidentielle en France.

  • C’est le POI qui joue le rôle de mouche du coche à la droite de Mélenchon

Dans l’édition d’Informations Ouvrières du 18 septembre, il publie une déclaration de l’AGBSW qui se présente comme un regroupement de syndicalistes membres du BSW. Ils osent écrire : « Le risque de guerre devient de plus en plus menaçant du fait de l’escalade de la guerre en Ukraine et du conflit contre la Russie, que le gouvernement fédéral et l’Union européenne poussent en avant. » L’Ukraine devient donc, conformément à la parole du Chef, l’État agresseur. Si ces gens s’informaient sur les réalités de la guerre, ils verraient que ces derniers jours des drones provocateurs sont tombés en Lituanie, en Pologne, en Finlande et en Allemagne à Leipzig… Ces gens prétendent ramener le BSW dans sa vocation d’origine, « une organisation du mouvement ouvrier » : « Le BSW doit renouer avec la tradition des mouvements démocratiques, du mouvement ouvrier et aussi de l’antifascisme : “Nous rejetons les idéologies d’extrême droite, racistes et violentes de toute nature.” Le BSW ne doit pas apparaître comme un parti globalement opposé à l’immigration et, dans la “guerre culturelle”, il ne doit participer ni du côté de la droite ni du côté de la gauche. » Quelle confusion ! Justement, Aufstehen puis le BSW se sont constitué sur une rupture avec le mouvement ouvrier, ils rejettent à l’instar du leader de FI l’organisation sous la forme de parti ouvrier.

  • Bonapartisme et fascisme

Question de méthode : entre 1930 et 1940, Léon Trotsky, argumentant pour convaincre ses camarades est revenu à de nombreuses occasions sur la question fascisme et bonapartisme. Il combattait en particulier les staliniens, la syphilis du mouvement ouvrier, qui, après avoir dénoncé la social-démocratie comme la sœur jumelle du fascisme et se voyant contraint de défendre dans la montée de 1936 la stratégie d’alliance des Fronts Populaires, opposaient artificiellement bonapartisme et fascisme comme des catégories abstraites. Une période de montée de la contre-révolution comme celle qui a vu le développement des fascismes en Europe, et sa forme extrême le Nazisme en Allemagne, demandait d’examiner à la loupe la forme que prenait la lutte des classes dans chaque pays et d’y répondre du point de vue du prolétariat. Beaucoup de textes ou livres aujourd’hui se publient sur le populisme. Cependant, la caractérisation de fond que rappelait Trotsky doit être soulignée : le bonapartisme apparaît là où la bourgeoisie s’avère incapable de régler par les moyens démocratiques – le parlementarisme – son rapport au prolétariat, lui-même étant pris dans le renoncement de ses représentations à combattre pour le socialisme. Il faut recourir à un « sauveur suprême » qui se présente comme un arbitre au-dessus des classes, et donc des querelles de partis. Partant, il y a bonapartisme et bonapartisme. Trotsky dit de la France « qu’elle est le pays classique du bonapartisme ». Effectivement de la réaction thermidorienne contre l’aile gauche de sa Révolution jusqu’au régime semi-bonapartiste du gaullisme, l’essentiel des libertés démocratiques ayant été maintenues après le coup de 1958, il y a toujours eu la tentation boulangiste dans la bourgeoisie. Nous sommes à un tournant. À partir de Sarkozy puis de Macron le balancier se déplace vers l’extrême droite et la gauche est au tapis.

Deux faits politiques sont à mettre en parallèle. Le RN prend ses distances en 2024 avec l’AfD, de même la première ministre italienne, Georgia Meloni, le patron de Reform UK et chantre du Brexit, Nigel Farage en Grande Bretagne. En Finlande, la cheffe du Parti des Vrais Finlandais, organisation nationaliste et populiste de droite, jette un regard effaré sur « la pire tourmente politique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale » après l’élection du 6 septembre en Saxe. La FI de Mélenchon s’est écartée du BSW, de plus en plus rouge-brun. Pourquoi ? RN et FI, les deux partis ont besoin de tenir une ligne de respectabilité vis-à-vis des institutions de la Vème République. Le populisme de Mélenchon, avec ses références philosophiques « gazeuses », n’est qu’un prêt-à-porter idéologique contre ce que De Gaulle appelait « le régime des partis ». Quant au parti de Marine le Pen, même si en coulisse certains de ses membres se félicitent de la victoire de l’AfD, elle veut le pouvoir pour son parti de préférence sans affrontements sociaux dans une constitution qui lui offre les moyens de gouverner contre le salariat et la jeunesse. Non seulement les articles de la Constitution qui permettent de gouverner contre le Parlement, mais aussi l’article 16 qui est, ni plus, ni moins que le recours à la dictature. L’essentiel est de se glisser en douceur aux manettes du pouvoir. La contrepartie, c’est qu’elle est talonnée par le mouvement de Zemmour qui lui combat sur des positions fascistes. Les rassemblements populaires de Mélenchon touchent essentiellement l’électorat de la « nouvelle France », cela ne signifie pas que les larges masses se saisissent de la campagne pour leur propre compte et interviennent dans le champ social. L’Allemagne et le mouvement de l’AfD, c’est une affaire d’une autre importance. Les institutions fédérales de l’Allemagne sont parlementaires, même si la cogestion SPD-CDU verrouille le pays au profit de la politique de l’Europe néo-libérale et alimente un terreau fertile pour les aventuriers du populisme ou du fascisme. L’AfD œuvre vraiment comme une organisation fasciste contre les institutions, ce qui n’est pas sans susciter des réponses. Lorsque ce parti a pris l’initiative de constituer une organisation de jeunesse, c’est une manifestation de 15 000 jeunes qui est monté sur le lieu de la réunion.

À l’opposé, le positionnement actuel des Linke est un fait politique d’importance, qui met en lumière par ailleurs sur l’examen de la situation allemande l’extrême fragilité des bases sur lesquelles le mouvement France Insoumise a été construit.

RD, le 28/09/2026.

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27.09.2026 à 18:00

Pour le libre débat dans le mouvement ouvrier et la libre critique du campisme pro-impérialiste.

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Le Comité de Rédaction d’Aplutsoc informe. Le 12 août dernier, Aplutsoc a publié un article signé VP, critiquant un éditorial de Daniel Gluckstein dans la Tribune des Travailleurs, entre autres points en attirant l’attention des militants ouvriers, et de D. Gluckstein lui-même, sur la similarité du rapprochement qu’il opère entre Zelensky et Netanyahou et ce […]
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Le Comité de Rédaction d’Aplutsoc informe.

Le 12 août dernier, Aplutsoc a publié un article signé VP, critiquant un éditorial de Daniel Gluckstein dans la Tribune des Travailleurs, entre autres points en attirant l’attention des militants ouvriers, et de D. Gluckstein lui-même, sur la similarité du rapprochement qu’il opère entre Zelensky et Netanyahou et ce même thème au même moment dans les sphères « rouges-brunes », avec chez celles-ci une connotation antisémite évidente. Voici cet article, dans lequel l’édito critiqué est reproduit intégralement.

Dans la Tribune des Travailleurs du 19 août, paraissait l’article suivant :

Le 23 septembre dernier, le Comité de rédaction d’Aplutsoc a adressé à la rédaction de la Tribune des travailleurs la demande de droit de réponse que voici :

On ne fera pas taire les internationalistes par les méthodes staliniennes de la calomnie.

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27.09.2026 à 14:31

À propos des conditions du rassemblement du 26 septembre, place de la République.

aplutsoc

Mine de rien, le gouvernement a remarquablement joué sur du velours en interdisant de fait la manifestation Pour l’urgence climatique qui aurait dû avoir lieu ce samedi à Paris dans le cadre de la mobilisation nationale autour de l’appel du 26 septembre. La visite papale a été un prétexte très commode pour cela. Il est […]
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Mine de rien, le gouvernement a remarquablement joué sur du velours en interdisant de fait la manifestation Pour l’urgence climatique qui aurait dû avoir lieu ce samedi à Paris dans le cadre de la mobilisation nationale autour de l’appel du 26 septembre.

La visite papale a été un prétexte très commode pour cela. Il est utile de rappeler qu’à 17H, ce samedi, le Pape était déjà à Orly dans son avion pour Lourdes et, de plus à cette heure-là, la tonne d’hosties consacrées avait déjà été consommée depuis bien longtemps par les croyants venus applaudir leur mentor.

En guise de lot de consolation, il y a eu le rassemblement concédé par la préfecture à République. Seulement voilà, la surface de l’esplanade a fixé la limite d’une mobilisation qui aurait pu connaître une expression bien supérieure sans ce musellement.

La responsabilité des 4 grands partis de gauche (PS, PCF, LFI, Verts), soutiens théoriques de cette mobilisation, est engagée face à ce déni de démocratie. L’interdiction de manifester n’a pas rencontré de grandes protestations, ne serait-ce que sous la forme d’une dénonciation des conditions imposées par le ministère de l’Intérieur qui a bénéficié de l’acceptation du prétexte papal. Le ministère a invoqué avoir requis 14.000 agents des forces de l’ordre pour le Pape. Etait-il si compliqué d’en affecter un millier pour l’encadrement d’une manif localisée dans l’est parisien, bien loin de Concorde et des Champs Élysées, et venant après la grande messe pontificale ?

Il faudra veiller à ce que cela ne se reproduise pas sur les prochaines échéances de mobilisation. Au passage, il est bon de souligner que la visite papale n’a pas dispensé les lycéens de la région parisienne, mobilisés cette semaine contre les conditions d’étude qui leur sont imposées, de se faire gazer et matraquer. Indulgence pour les uns, fermeté répressive pour les autres … c’est l’onction du macronisme qui dégouline !

OD

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26.09.2026 à 16:35

Lettre ouverte aux organisateurs du rassemblement du 21 septembre au Mans.

aplutsoc

Introduction L’Union départementale CGT de la Sarthe a organisé, lundi 21 septembre, un rassemblement devant l’usine Renault du Mans suivi d’un autre rassemblement le soir à 18H à la place de la Préfecture, pour « ouvrir le débat sur la fabrication de drones militaires par Renault ». Cette initiative, qui, selon les publications de l’UD, a réuni […]
Texte intégral (1884 mots)

Introduction

L’Union départementale CGT de la Sarthe a organisé, lundi 21 septembre, un rassemblement devant l’usine Renault du Mans suivi d’un autre rassemblement le soir à 18H à la place de la Préfecture, pour « ouvrir le débat sur la fabrication de drones militaires par Renault ».

Cette initiative, qui, selon les publications de l’UD, a réuni environ 80 participants, avec le soutien de Solidaires, de la LDH, du PCF, du Mouvement de la Paix et de Sortir du nucléaire, s’est tenue sur une orientation « pacifiste » – nous allons nous expliquer sur l’emploi des guillemets – assez bien représentative, par son contenu, d’un discours fréquent en France, dans certains secteurs syndicaux et de la part du PCF et aussi de LFI (qui n’était pas en l’occurrence partie prenante).

C’est pourquoi, ces camarades ayant appelé au débat, nous y prenons part en leur adressant des arguments portant sur le contenu de leur initiative, en leur adressant, et à l’ensemble des militants ouvriers pour discussion, les remarques qui suivent.

Texte d’appel à l’initiative du 21 septembre lancée par l’UD CGT de la Sarthe

Remarques à l’attention des organisateurs du rassemblement du 21 septembre.

Premièrement, vous parlez de « vos guerres » (visuel ci-joint), ou de « la guerre » en général, sans dire de quelle guerre il s’agit précisément. Mais il est notoire qu’il s’agit de la fabrication de drones par Renault, en association avec la PME Turgis Gaillard, à destination (non gratuite) de l’Ukraine, sous la coordination de la DGA (Direction Générale des Armements). 

Il s’agit donc non de la guerre en général, mais d’une guerre précise, à propos de laquelle vous vous insurgez quant au fait qu’une usine française puisse produire des armements, et d’un pays précis concerné par cette guerre, l’Ukraine.

De la part de l’Ukraine, il s’agit d’une guerre défensive devant une agression impérialiste massive et destructrice. Un peuple opprimé et menacé de destruction a-t-il le droit de se défendre ?

Si la Russie s’arrête, cette guerre prend fin. Si l’Ukraine s’arrête, la guerre continue jusqu’à sa destruction au risque de se prolonger plus loin.

Le syndicalisme et les forces politiques issues du mouvement ouvrier ne peuvent pas faire comme si cette question ne se posait pas au motif que la guerre est quelque chose de mal, ce qui est vrai. Dans leur tradition politique, toutes les guerres ne sont pas équivalentes. En 1914 il était juste de refuser l’alignement sur quelque camp que ce soit. Quand la Russie révolutionnaire subissait le blocus et les agressions généralisées en 1918, il était juste de la défendre. Dans la guerre civile espagnole en 1936-1939, il y avait un camp à défendre et à armer, celui des ennemis de Franco. Dans la Seconde Guerre mondiale, la résistance armée contre le nazisme et le fascisme était juste, indépendamment des visées de Roosevelt, Churchill et Staline. Dans les guerres coloniales, le droit à l’autodétermination nationale valait la peine d’être défendu.

Et dans chacun de ces exemples, la voie de la paix véritable n’était autre que la voie du combat.

À moins que l’on pense que ce n’est pas l’Ukraine, mais l’OTAN, qui lutte contre la Russie, voire que l’Ukraine, cela n’existe pas : c’est ce que dit Poutine, et cette position équivaudrait à soutenir l’un des camps en présence, celui du plus fort, celui de la puissance impérialiste. Ce qui ne signifie nullement qu’on adhère à la politique des pays européens et des États-Unis, lesquels, d’ailleurs, craignent de soutenir vraiment l’Ukraine.

Deuxièmement, de même que vous parlez de « la guerre » ou de « leurs guerres » en général, vous parlez de « la paix » en général. Tout le monde est pour la paix. Mais il y a paix et paix.

La paix des cimetières, la paix des vainqueurs et des oppresseurs, la paix qui entérine l’occupation et les génocides accomplis, est-ce bien la paix que nous voulons, que vous voulez ?

C’est celle à laquelle conduirait le désarmement de l’Ukraine. Elle serait le plus court chemin vers la guerre !

Troisièmement, certes, s’il faut livrer des armes à un peuple qui lutte pour se défendre, cela n’autorise pas n’importe quoi et cela doit se faire dans la transparence sur les objectifs et les moyens.

La guerre des drones, avant d’être une technologie convoitée par les industriels de l’armement en France comme en Allemagne et aux États-Unis, a été l’arme par laquelle les Ukrainiens, de manière généralisée et décentralisée, ont sauvé leur peau.

Bien sûr, la distinction entre « défensive » et « offensive » est fallacieuse, mais force est de constater qu’à ce jour, l’armée ukrainienne s’efforce de ne pas bombarder les villes russes, mais les centres militaires, logistiques et les raffineries, à des fins défensives efficaces, à la différence du ciblage systématique des civils et des équipes de secours par les bombardements russes.

De même, les Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie ont le droit de se défendre, mais les méthodes du Hamas commettant les crimes de masse du 7 octobre 2023 les ont desservis, affaiblis, et ont permis l’offensive à dynamique génocidaire du gouvernement israélien actuel.

Il y a un grand enjeu sur la production et l’usage des drones, qui avec l’IA ont d’ores et déjà redéfini les conditions de la guerre moderne, au point que la dissuasion robotique s’ajoute à la prétendue dissuasion nucléaire, et permet d’envisager son dépassement.

Nous attirons l’attention du collectif Sortir du nucléaire sur ce point : vous êtes opposés, pour des raisons légitimes et scientifiquement étayées, aux centrales nucléaires, mais celles-ci ne peuvent pas être dissociées de l’existence, potentielle ou, dans le cas français, bien réelle, du nucléaire militaire.

Combattre la production de drones, c’est laisser le champ libre à la place encore dominante du nucléaire militaire et donc au nucléaire dit civil ! Le réalisez-vous ?

D’où cette quatrième remarque : assurément, il faut contester et discuter tant la stratégie industrialo-financière du groupe Renault que les orientations de la loi de programmation militaire. Le contrôle démocratique, la transparence, et la rupture avec la centralité du nucléaire, permettraient des dépenses militaires beaucoup moins élevées et en même temps beaucoup plus efficaces – où les drones auraient une très grande place.

Rappelons que la CGT, de même qu’elle réclame à juste titre la reconstitution d’un service public de l’énergie, préconise un pôle public national de défense, ce qui devrait être à notre avis un premier pas pour donner à cette production hélas nécessaire aujourd’hui sa juste place, en dehors du marché et de l’enrichissement des actionnaires de Dassault, Thalès, Safran et autres, ce qui appelle la nationalisation de ce secteur, sous contrôle des personnels et de leurs syndicats pour l’organisation de la production, et d’une représentation démocratique nationale pour ses finalités. 

Force est de constater qu’en priorisant l’opposition à la production de drones au nom de « la paix », vous laissez de côté ces objectifs allant à l’encontre du grand capital, pourtant cohérents avec vos revendications de réindustrialisation et de défense de l’emploi, affaiblissant ainsi vos propres revendications.

Dernier point : dans le budget, non de guerre, mais de guerre sociale, de Macron et Lecornu qui cherchent le soutien ou l’abstention du RN, le motif principal des attaques contre les services publics, les agents publics, les retraites, la santé et les droits sociaux n’est pas la guerre, car, contrairement à ce que prétend Macron aux paroles duquel il conviendrait de ne pas donner crédit, nous ne sommes pas en « économie de guerre ».

Le motif principal est la prétendue dette « publique », qu’il faudrait soi-disant rembourser, alors qu’en réalité le paiement des intérêts sur les bons du Trésor a remboursé et au-delà les capitalistes financiers qui en échangent les titres sur les marchés boursiers.

Si l’on cesse d’obéir aux intérêts capitalistes, il y a tous les moyens de restaurer la santé publique, l’école publique, l’environnement, les retraites, de sauver la forêt et l’agriculture, et de produire des drones et véhicules militaires pour aider les peuples opprimés et, ainsi, nous aider nous-mêmes en nous donnant les moyens de résister et de riposter aux Poutine et aux Trump !

Il nous semble, par conséquent, qu’avec de bonnes intentions, car tout le monde veut et préfère la paix, vos positions par leurs conséquences concrètes ne sont pas pacifistes, mais favorisent la guerre, la guerre des puissants, en désarmant la lutte contre eux, et ne permettent pas un combat efficace pour l’emploi et la réindustrialisation, comme contre le budget de Macron-Lecornu-Le Pen.

Discutons, camarades.

Comité de rédaction du bulletin Arguments Pour la Lutte Sociale (aplutsoc.org)

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