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ARGUMENTS POUR LA LUTTE SOCIALE


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21.08.2026 à 18:31

Solidarité avec Maksym Shumakov ! Par « Un pas vers la victoire ».

aplutsoc

Le peuple travailleur d’Ukraine continue de résister à l’impérialisme russe : au front, à l’arrière, dans l’espace médiatique. Et comme si les difficultés supplémentaires que représentent les attaques de missiles et de drones, ainsi que les perturbations dans l’approvisionnement en électricité et en eau, ne suffisaient pas, c’est souvent son propre gouvernement néolibéral qui met […]
Texte intégral (833 mots)

Le peuple travailleur d’Ukraine continue de résister à l’impérialisme russe : au front, à l’arrière, dans l’espace médiatique. Et comme si les difficultés supplémentaires que représentent les attaques de missiles et de drones, ainsi que les perturbations dans l’approvisionnement en électricité et en eau, ne suffisaient pas, c’est souvent son propre gouvernement néolibéral qui met des bâtons dans les roues du peuple ukrainien.

Alors que le pays est en proie à la guerre, les autorités n’hésitent pas à restreindre les droits du travail et autres droits, à augmenter les tarifs, à privatiser l’éducation et d’autres secteurs, tandis qu’une pression systématique s’exerce sur tous les « citoyens particulièrement actifs » qui s’opposent fermement à ce sabotage dans un pays en guerre.

C’est exactement ce qui s’est produit récemment, lorsque la police de Lviv a attiré sous de faux prétextes au poste de police Maksym Shumakov, membre de la rédaction du magazine Commons et ancien militant de Priama Diia, pour l’informer qu’il faisait l’objet d’une suspicion pénale. La police avait déjà exercé des pressions sur Maksym Shumakov auparavant, lorsqu’elle avait fait irruption à son domicile pour procéder à une perquisition, au cours de laquelle elle avait confisqué tout son matériel. Peu de temps après, la police lui a indiqué qu’il pouvait se présenter au commissariat pour rédiger une demande de restitution de son matériel ; cependant, celui-ci ne lui a pas été restitué et une mise en examen lui a été signifiée.

Maxime est accusé de « diffusion de symboles communistes ». Il s’agit d’un article de loi politique totalement arbitraire, auquel les autorités ont recours lorsqu’elles souhaitent faire taire des personnalités publiques influentes. L’arrogance des « gardiens de la loi » réside notamment dans le fait que, même à la lumière du texte de l’article, Maksym Shumakov n’a rien fait d’illégal : il a diffusé des documents scientifiques sur des marxistes occidentaux (et non soviétiques, d’ailleurs !), et a également partagé un article d’une publication britannique de gauche qui défend ouvertement des positions pro-ukrainiennes. Conformément aux lois sur la « décommunisation », toutes ces activités sont légales.

La motivation des autorités est tout à fait évidente : Maksym Shumakov, qui utilise depuis des années sa notoriété médiatique pour promouvoir la solidarité internationale avec le peuple ukrainien, qui soutient la lutte anti-impériale contre la Russie de Poutine, et qui a reçu le soutien du réseau de volontaires militaires « Collectifs de solidarité », ne laissait pas vivre en paix les corrompus, les nantis et autres ennemis de la jeunesse étudiante, en tant que militant de Priama Diia.

Maksym Shumakov, aux côtés d’autres courageux militants de Priama Diia, s’est opposé au vice-recteur de l’Université nationale de Lviv, M. Kachmar, accusé de harcèlement sexuel ; il a lutté contre les provocateurs d’extrême droite qui perturbaient les manifestations syndicales et s’est battu pour obtenir la rénovation des résidences universitaires délabrées.

Nous savons très bien que les dirigeants et leurs serviteurs détestent profondément ce genre de personnes animées par des convictions, adhérant pleinement au principe soviétique et bureaucratique selon lequel « l’initiative est punie ». Il est tout à fait probable qu’un fonctionnaire zélé, ou un fasciste, ait déposé une plainte absurde contre Maksym Shumakov, et que la police se soit fait un plaisir de lui prêter main-forte.

Les pressions exercées sur les militant·es sont inadmissibles ! L’atteinte à la liberté d’expression est un crime ! Les hypocrites au pouvoir qui dénoncent les pressions exercées sur la liberté d’expression, la presse et l’engagement civique en Russie, tout en soutenant ces mêmes pratiques en Ukraine, ont une fois de plus démontré leur absence de scrupules.

Nous exprimons notre solidarité totale et inconditionnelle avec Maksym Shumakov, et exigeons qu’il soit mis fin immédiatement aux pressions exercées sur ce militant indépendant ! Nous nous opposons fermement au harcèlement des personnalités de la société civile — de telles actions font le jeu des occupants du Kremlin et discréditent l’Ukraine aux yeux des peuples du monde entier !

21 août 2026

Un pas vers la victoire, le Journal des travailleurs.

« Un pas vers la victoire » est un journal socialiste ukrainien indépendant, publié par « des travailleurs ukrainiens pour les travailleurs ukrainiens. Contre les impérialistes et les oligarques ! »

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21.08.2026 à 18:13

Déclaration du Syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine – NPGU- KVPU – concernant les attaques russes contre des lieux de travail dans la région de Dnipropetrovsk.

aplutsoc

Le 16 août 2026, la société SA «ArcelorMittal Kryvyi Rih» a été touchée par un missile russe. Treize employés de l’entreprise et ouvriers d’entreprises sous-traitantes ont été blessés et, malheureusement, une personne a perdu la vie. Une section syndicale du NPGU a dénoncé ce nouvel acte de terrorisme contre les travailleurs ukrainiens. L’attaque a endommagé […]
Texte intégral (929 mots)

Le 16 août 2026, la société SA «ArcelorMittal Kryvyi Rih» a été touchée par un missile russe. Treize employés de l’entreprise et ouvriers d’entreprises sous-traitantes ont été blessés et, malheureusement, une personne a perdu la vie. Une section syndicale du NPGU a dénoncé ce nouvel acte de terrorisme contre les travailleurs ukrainiens. L’attaque a endommagé des installations de production essentielles, notamment les infrastructures énergétiques et les hauts fourneaux, ce qui a partiellement perturbé le fonctionnement de l’entreprise.

Nous soulignons que la SA « ArcelorMittal Kryvyi Rih » est un site industriel civil et une entreprise importante pour le développement de la ville, qui emploie des milliers de personnes. Ce n’est pas la première fois que l’entreprise est prise pour cible par l’ennemi. En 2022, une frappe de missiles russes a détruit l’atelier de laminage de l’usine et causé la mort d’un employé.

À peine un jour plus tard, le 17 août de cette année, une attaque massive de drones russes a frappé le site de la mine de charbon de la SA « DTEK Pavlogradvugillya », dans la région de Dnipropetrovsk, où est active l’organisation syndicale NPGU. Valentin Kapitanov, mineur âgé de 52 ans, a perdu la vie. Il était une personne déplacée à l’intérieur du pays, originaire de Toretsk, dans la région de Donetsk ; il s’était installé à Pavlohrad et avait trouvé un emploi à la mine. Un autre ouvrier a été blessé.

Les travailleurs du complexe minier et métallurgique ne perdent pas seulement leurs moyens de subsistance et leurs collègues, ils sont contraints de travailler dans des conditions où une journée de travail ordinaire peut se transformer en une lutte pour la survie.

L’ampleur de la menace est illustrée par les données opérationnelles du Service national ukrainien du travail. Au 19 août 2026, rien qu’au cours du mois d’août, 45 travailleurs ont perdu la vie sur leur lieu de travail à la suite des combats, et 125 autres ont été blessés à divers degrésDepuis le début de l’année 2026, 298 travailleurs ont perdu la vie et 1 270 ont été blessés à la suite d’opérations militaires sur leur lieu de travail.

Cette dernière attaque massive démontre une nouvelle fois le caractère immédiat et croissant de la menace. Dans la nuit du 19 au 20 août, après le lancement d’une offensive combinée massive de la part de la Russie vers 18 h le 19 août, les forces russes ont lancé une attaque aérienne combinée de grande envergure, dont les principales cibles étaient Kyiv et sa région. À Kyiv, le nombre de morts s’est élevé à 16 personnes, et plus de 40 ont été blessées. Un hôpital pédiatrique, une école et des immeubles d’habitation ont été endommagés. Des appartements appartenant à des membres du Syndicat national des travailleurs de l’industrie minière et de l’énergie (NPGU) ont également été touchés par les ondes de choc. Cette dernière attaque démontre une fois de plus que les frappes russes affectent directement les travailleurs ukrainiens et leurs familles, en particulier ceux qui vivent loin de la ligne de front.

Selon les données de la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies en Ukraine (MSDHU), au moins 437 civils ont trouvé la mort et 2 610 ont été blessés en Ukraine au mois de juillet 2026. Cela représente une augmentation de 30 % par rapport au mois de juin 2026 (298 morts, 2 041 blessés) et 70 % de plus qu’en juillet 2025 (312 morts ; 1 482 blessés).

Pour le mouvement syndical, il ne s’agit pas simplement de statistiques. Derrière chaque chiffre se cache un travailleur, une famille, un groupe de collègues et une communauté qui vivent dans la douleur et le deuil.

La situation dans la région de Dnipropetrovsk est particulièrement préoccupante. Cette région est un grand pôle des industries minière, métallurgique et énergétique de l’Ukraine, où travaillent des milliers de membres de nos syndicats affiliés. Ces attaques répétées menacent non seulement des travailleurs, mais aussi le fonctionnement futur de secteurs civils d’importance stratégique et la survie économique de communautés entières.

Nous vous prions respectueusement :

  • de condamner publiquement les attaques délibérées et aveugles contre les lieux de travail et les travailleurs ukrainiens ;
  • de soulever la question de la sécurité et de la protection des travailleurs ukrainiens au sein des institutions syndicales internationales et européennes compétentes ;
  • de continuer à soutenir les syndicats ukrainiens et leurs membres, qui travaillent dans des conditions de guerre et face à des risques professionnels exceptionnels ;
  • de faire entendre davantage la voix des travailleurs et des syndicats ukrainiens dans le cadre d’une défense internationale, en indiquant clairement que les lieux de travail ne constituent pas des cibles militaires légitimes et que les travailleurs ne doivent pas en être victimes.

Syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine – NPGU- KVPU, le 20 août 2026.

Source RESU/PLT.

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19.08.2026 à 20:03

La portée politique de la manifestation nationale des pompiers annoncée pour le 29 septembre. Éditorial du 19 août 2026.

aplutsoc

« Oui, nous avons suffisamment de moyens » a répété avant et après avoir reçu les syndicats de pompiers le 13 août, le ministre de l’Intérieur Nunez. Il l’a répété avant, et il a osé le ressortir en Gironde, après s’être fait huer, avec le premier ministre Lecornu, par les habitants du Porge. Là, quand le méga-feu […]
Texte intégral (1344 mots)

« Oui, nous avons suffisamment de moyens » a répété avant et après avoir reçu les syndicats de pompiers le 13 août, le ministre de l’Intérieur Nunez.

Il l’a répété avant, et il a osé le ressortir en Gironde, après s’être fait huer, avec le premier ministre Lecornu, par les habitants du Porge. Là, quand le méga-feu est parti à toute allure à Saumos, il a fallu improviser, les pompiers en nombre et avec des moyens insuffisants, ont dû faire des choix terribles. Et ce gouvernement refuse que vienne l’heure des comptes.

Avant l’entretien du 13 août et après, ils ont menti. Mais pendant l’entretien Laurent Nuñez a voulu la jouer « complice » avec les représentants. L’un d’eux avait son téléphone ouvert et la délégation, outrée, a communiqué l’enregistrement à Mediapart, qui l’a rendu public.

Et Nunez et Lecornu de s’indigner : « on a jamais vu ça », que ce qui se dit en recevant une délégation soit vraiment rendu public ! C’est du « trumpisme » : voila bien la première fois que les membres de ce gouvernement attaquent le trumpisme, et c’est à cette occasion.

Le trumpisme, c’est ce qu’a fait Nunez : expliquer aux représentants de pompiers que quand il dit que les moyens sont suffisants, c’est une « posture », qu’il sait bien qu’ils sont insuffisants, et qu’il ne va pas y remédier !

Après que son ministre délégué ait prétendu que la France fait mieux que n’importe quel pays européen !

Quatre pompiers sont morts, des dizaines brûlés et blessés, des milliers épuisés. La situation a imposé de fait l’unité de toutes les organisations des 44.000 pompiers professionnels fonctionnaires territoriaux, en dehors desquels existent les pompiers de Paris et de Marseille, au statut militaire, et les environ 200 000 pompiers bénévoles volontaires.

Leur communiqué unitaire, assez général, demande une refonte de la sécurité civile, jugée en situation critique, par une nouvelle loi, des recrutements massifs, la protection de la santé des pompiers et la pleine reconnaissance des risques et maladies professionnelles, l’ouverture de négociations avec le ministère de l’Intérieur (qui a promis un « Beauvau », chose qui laisse le pompier normal totalement sceptique), et une reconnaissance de leur retraite dans le financement de la Sécu.

La CGT des SDIS (Services départementaux d’Incendie et de Secours) pointe le manque d’équipements de protection, les départs à la retraite malades, le turn-over structurel des recrutements de volontaires (sur 900 recrutés dans les Bouches-du-Rhône en 2023, 850 ont démissionné au bout d’un an !), et le blocage « incompréhensible » des recrutements : « 500 lauréats du concours ne sont pas recrutés [le concours national ouvre à un recrutement départemental] parce que les SDIS sont asphyxiés financièrement ».

95% des financements ne viennent pas de l’État central, mais des collectivités locales, essentiellement les départements qui sont pourtant en grande difficulté. Le blocage des recrutements et cette situation sont le résultat direct des choix politiques des gouvernements successifs de Macron pour qui la « dépense publique » est une perte sèche ! Exemplaire !

Il serait donc nécessaire de réorienter les moyens, de recruter tous les pompiers professionnels titulaires du concours, et, selon leurs organisations, de doubler le nombre de pompiers volontaires. Signalons que les associations de pompiers volontaires ne sont pas reconnues comme interlocutrices par M. Nunez …

Comme nous l’indiquions dans l’édito d’Aplutsoc du 27 juillet dernier, les sapeurs-pompiers viennent historiquement des gardes nationales de la Révolution française, et la reconstitution d’un puissant corps professionnel syndiqué et relié à la démocratie locale, flanqué de nombreux volontaires, est une question démocratique de fond, qui se heurte aux institutions de la V° République, et donne aussi des axes de réflexion sur les questions militaires, à savoir l’organisation de la sécurité civile et de la défense territoriale sur des bases démocratiques.

Le début d’organisation et de poussée des pompiers est un mouvement démocratique de fond. Ils ont très bien fait de diffuser les propos de Nunez : à bas les négociations secrètes !

Tous ont maintenant appelé à monter à Paris le mardi 29 septembre. Place de la République, un point de rassemblement permanent se formera dès le samedi 26. Le samedi 26 est aussi le jour d’appel à sortir dans la rue pour la loi d’urgence climatique tout de suite. Et le 29, les fédérations de fonctionnaires appellent à une grève qui s’opposera au projet de budget de Lecornu.

Toutes et tous à Paris, en grève, le 29 septembre ? Il est temps d’en discuter !

Document

DÉCLARATION À LA PRESSE DES ORGANISATIONS SYNDICALES DES SDIS

Devant le Ministère de l’Intérieur — 13 août 2026

Aujourd’hui, les 9 organisations syndicales représentatives des sapeurs-pompiers et des personnels des SDIS se sont exprimées d’une seule voix face au ministre de l’Intérieur et devant les médias.

Nos premières pensées vont à nos 4 collègues décédés en service cet été — Clément (22 ans), Anthony (34 ans), Wilfried (34 ans) et Laurent (29 ans) —, à leurs proches ainsi qu’à tous nos blessés.

La sécurité civile française repose sur le dévouement exceptionnel de ses agents, mais elle ne peut plus reposer uniquement sur notre sacrifice. Le système est arrivé à saturation.

Nous portons 5 revendications fondamentales :

1) Une nouvelle loi de modernisation de la sécurité civile, 23 ans après la première, pour refonder un système à bout de souffle.

2) Des recrutements massifs pour faire face à la hausse des interventions et des crises.

3) Un budget garanti pour protéger la santé de nos agents.

4) L’ouverture immédiate de négociations sur nos conditions d’exercice (après 14 ans sans avancée majeure).

5) Une loi de financement de la Sécurité sociale juste, intégrant enfin nos attentes historiques en matière de retraite.

Le temps des simples constats et des promesses est dépassé. La sécurité des Français et la protection de ceux qui vous protègent exigent de l’ambition, des moyens et du courage politique !

Nous jugerons les actes, pas les intentions.

L’Intersyndicale des 9.

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18.08.2026 à 11:24

Ukraine : la cinquième année de guerre et de résistance. Par Oleg Vernyk (LSU).

aplutsoc

08/08/2026 J’écris ces lignes la nuit, immédiatement après une attaque de missiles russes sur Kiev, le 1626ème jour depuis le début de l’agression à grande échelle de l’impérialisme russe contre l’Ukraine. Par Oleg Vernyk, président du syndicat ukrainien indépendant « Zakhist Pratsi » – Ligue socialiste ukrainienne (LSU). Ces lignes sont écrites la nuit, immédiatement […]
Texte intégral (3489 mots)

08/08/2026

J’écris ces lignes la nuit, immédiatement après une attaque de missiles russes sur Kiev, le 1626ème jour depuis le début de l’agression à grande échelle de l’impérialisme russe contre l’Ukraine.

Par Oleg Vernyk, président du syndicat ukrainien indépendant « Zakhist Pratsi »Ligue socialiste ukrainienne (LSU).

Ces lignes sont écrites la nuit, immédiatement après une attaque de missile russe sur Kiev, le 1626 ème jour depuis le début de l’agression à grande échelle de l’impérialisme russe contre l’Ukraine. Il est étonnant qu’après 1.626 jours, une Ukraine de 25 millions d’habitants continue de résister héroïquement à une puissance de 140 millions d’habitants, dotée d’armes nucléaires et de « la deuxième armée du monde ». L’esprit de résistance ukrainienne n’a pas été brisé.

Peu importe à quel point la Russie a récemment déchaîné les attaques de missiles barbares sur Kiev et les grandes villes ukrainiennes, l’esprit de résistance populaire d’en bas n’a pas été brisé. La classe ouvrière affirme fermement et fermement que le sort de l’Ukraine et de son peuple sera décidé par les Ukrainiens eux-mêmes, et non par les « libérateurs » russes en chars ou par les impérialistes occidentaux, qui sont terrifiés par les prochaines élections législatives.

La situation sur le front

Tout d’abord, il convient de noter qu’au cours des six derniers mois, il n’y a pas eu de changements significatifs le long de la ligne de contact. Pour la cinquième année consécutive, l’armée russe tente de conquérir la région de Donetsk afin d’offrir au peuple russe au moins un résultat tangible de la soi-disant « Opération militaire spéciale » lancée par Poutine le 24 février 2022. Poutine et son cercle restreint préfèrent ne pas mentionner les autres objectifs de l’agression, qui sont entièrement fugaces et fausses. « Dénazification », « démilitarisation », « protection de la langue russe » et autres clichés de propagande ont été jetés depuis longtemps à la poubelle de l’histoire par le Kremlin. C’est pourquoi le faux slogan de la « libération du Donbas » reste le seul objectif plus ou moins réalisable, selon Poutine, et il n’épargne aucun effort ni aucune ressource pour atteindre au moins cet objectif.

Il convient de noter que, dans de nombreux secteurs du front russo-ukrainien, la ligne de contact n’a pas changé de façon substantielle depuis longtemps. À grand prix, l’armée russe mène une bataille acharnée depuis plus de trois mois pour réaliser la prise complète et définitive de la ville de Kostiantynivka dans la région de Donetsk.

Si Kostiantynivka tombe pour de bon, l’armée russe aura une nouvelle tâche – mais en aucun cas sa dernière: la capture des villes clés du Donbass ukrainien, de Sloviansk et de Kramatorsk. Une ligne de défense ukrainienne assez forte a été établie là-bas, et la capture de ces villes coûtera cher à Poutine et prendra beaucoup de temps. De nombreux analystes militaires, en principe, doutent que l’armée russe dispose des ressources nécessaires pour mener des opérations militaires d’une telle ampleur.

La question de la déclaration d’une mobilisation générale ou partielle en Russie devient de plus en plus importante pour la poursuite de la guerre. Mais Poutine ne pourra pas décider d’une mesure aussi impopulaire avant la fin des élections législatives du 18 au 20 septembre 2026.

Nous comprenons que, sous la dictature de Poutine, nous ne verrons aucun résultat électoral honnête et que tous les chiffres finaux seront fabriqués dans les bureaux du Kremlin. Cependant, la propre équipe du Kremlin de Poutine sera en mesure d’obtenir un véritable aperçu de l’humeur du peuple russe et, sur cette base, de prendre une décision finale sur la mobilisation complète des Russes pour la guerre en Ukraine ou d’abandonner ce plan risqué.

La guerre des drones

Il est important de noter que, depuis début 2026, les tactiques et la stratégie de la guerre en Ukraine ont subi des changements importants. Les véhicules aériens sans pilote – les drones de combat – ont pris le devant de la scène pendant la guerre. Et il convient de noter ici que l’Ukraine s’est avérée assez compétitive contre la Russie dans cette arène. Tout au long de 2026, les « Forces des systèmes sans pilote » ukrainiennes ont réussi à mener des attaques ciblées contre de nombreuses raffineries de pétrole au plus profond de la Russie, déclenchant une crise de carburant assez grave dans ce pays. La Russie a même dû recourir à l’importation d’essence du Kazakhstan et du Bélarus.

Le 25 juin 2026, le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a approuvé la soi-disant « opération de 40 jours pour exercer une influence sur l’État agresseur dans le but de l’induire à faire la paix ». Des drones de combat ukrainiens ont frappé des infrastructures et des cibles militaires en Crimée et dans d’autres territoires occupés, ainsi que de nombreux navires russes de la soi-disant « flotte fantôme » dans la mer d’Azov. Malgré les résultats quantitatifs significatifs de ces attaques, leur résultat global reste un débat. En tout cas, il n’y a aucun signe de Poutine que cette attaque l’a « incité à faire la paix » de quelque manière que ce soit.

La Russie, de son côté, a attaqué les ports ukrainiens de la mer Noire et de nombreux navires transportant des marchandises depuis Odessa et d’autres ports ukrainiens. Et à la suite de l’attaque prolongée de drones de combat ukrainiens contre le réseau russe «marketplace» de Wildberries, une réponse très sévère est intervenue le 5 août sous la forme d’une frappe de missile balistique nocturne contre les grandes entreprises, les détaillants et leurs centres logistiques en Ukraine : «Epicentr», «Silpo» (Groupe Fozzy), NOVUS, Rozetka, Liqui Moly Ukraine, et d’autres.

Il est important de noter ici un aspect clé pour comprendre la situation. Les drones ukrainiens transportent une charge utile explosive de 30 à 70 kilogrammes. Ils volent pendant de longues périodes à basse vitesse, ce qui signifie que les forces de défense aérienne russes peuvent les abattre avec une relative facilité ; pour obtenir tous les objectifs, il est nécessaire de lancer des centaines de drones simultanément.

Dans le même temps, le missile balistique russe « Iskander » peut voler du territoire russe à Kiev en quelques minutes en transportant une ogive de 500 kilogrammes. Les missiles balistiques nord-coréens de la série KN (Hwasong-11), que la Russie utilise actuellement activement, peuvent transporter des ogives nettement plus lourdes, allant de 400 à 500 kilogrammes à jusqu’à 1 000 kilogrammes (1 tonne ). Il est clair que ce bras de fer dans les tactiques de « Deep Strike » ne procure pas un avantage sans équivoque de part et d’autre. Cependant, au cours des deux derniers mois, un facteur très grave et troublant est apparu qui influence de manière significative la situation.

L’absence de missiles anti-balistiques dans le système de défense aérienne de l’Ukraine

Dès le printemps 2026, les autorités ukrainiennes ont reconnu pour la première fois que les forces de défense aérienne ukrainiennes n’avaient pratiquement plus de missiles anti-balistiques laissés à leur disposition et que, dans la pratique, elles n’avaient plus les moyens d’abattre les missiles balistiques russes. On sait déjà que Donald Trump, lors de son absurde « aventure impérialiste » en Iran, a épuisé un stock massif de missiles anti-balistiques « Patriot » et ne peut même pas théoriquement les transférer à Zelensky. Trump assure d’abord à Zelensky qu’il fournira à l’Ukraine la technologie nécessaire pour fabriquer des missiles « Patriot », puis fait marche arrière sur ses paroles, laissant Zelensky encore plus embourbé dans une situation de dépendance absolue et d’incertitude.

Pendant ce temps, Kyiv et toutes les autres villes ukrainiennes restent complètement sans protection contre les attaques de missiles balistiques russes. Ni les missiles balistiques russes ni les nord-coréens ne sont assez précis pour frapper leurs cibles lorsqu’ils sont utilisés contre des villes ukrainiennes densément peuplées. En conséquence, le nombre de victimes civiles parmi la population ukrainienne est lourdement multiplié fois à chaque frappe de missile. Et, pour l’instant, il n’est en aucun cas clair de savoir comment ce problème sera résolu dans un avenir proche.

Après cinq ans de guerre, les civils ukrainiens se sont habitués à vivre sous les bombardements russes et à risquer leur vie chaque minute au milieu des décombres de leurs propres maisons. Cependant, cette situation s’aggrave chaque mois. Deux questions restent constantes : premièrement, l’impérialisme occidental – les États-Unis, l’UE et l’OTAN – fournit un soutien militaire limité à des fins défensives, ce qui est de plus en plus insuffisant et dépend de ses propres intérêts économiques et politiques expansionnistes. La deuxième est que si Trump et Poutine vont et viennent avec leurs plans pour l’Ukraine, dans le dos du peuple ukrainien, le président américain continue de faire connaître ses intérêts coloniaux dans les minéraux critiques grâce à l’accord signé avec Zelensky, qui lui permet d’accéder aux minéraux de la terre rare « à tout moment ».

Devant nous, Ukrainiens, se profile un hiver rigoureux et froid, et il est déjà clair que Poutine tentera de détruire définitivement toute l’électricité, le chauffage et l’approvisionnement en eau dans les villes ukrainiennes, ainsi que de mettre hors d’état les réseaux d’égouts et les installations de traitement de l’eau. Les objectifs de la bête impérialiste Poutine sont, en fait, clairs, transparents et évidents. Mais que fera le nouveau gouvernement de Zelensky – récemment reconduit – face à cette situation ? Cela soulève beaucoup plus de questions qu’il n’y répond.

La lutte politique en Ukraine descend dans la rue

Tout au long de la guerre à grande échelle, l’Ukraine a été secouée par des scandales de corruption impliquant le cercle restreint du président Zelensky. Yermak, Mindich, Tsukerman, Galouchtchenko… Ces noms – appartenant aux plus hauts échelons du pouvoir ukrainien et à ceux qui fournissent des services aux entreprises de ces élites – sont maintenant connus bien au-delà des frontières de l’Ukraine.

Bien sûr, tout le monde comprend qu’une situation dans laquelle tous les associés les plus proches du président se révèlent être des voleurs et des fonctionnaires corrompus est impossible sans la protection des plus hauts niveaux de gouvernement. Cependant, le président, en sa qualité de commandant suprême de l’Ukraine pendant une guerre défensive, est exonéré de la responsabilité pénale en vertu de la loi ukrainienne.

L’incapacité d’organiser des élections en vertu de la loi martiale semblait indiquer que le processus politique resterait à l’arrêt pendant longtemps. Zelensky a réussi avec une relative facilité à réprimer la principale opposition parlementaire bourgeoise traditionnelle – Porochenko, Timochenko, Boyko – qui n’était et ne demeure pas moins corrompue et voleuse que la majorité parlementaire actuelle dirigée par le parti présidentiel « Serviteur du peuple ».

Des sanctions personnelles ont été imposées aux dirigeants de l’opposition bourgeoise, des affaires pénales ont été ouvertes contre eux, et par la suite, des efforts ont été faits pour acheter leur loyauté et les neutraliser. Cependant, dans ce contexte, de nouveaux opposants politiques et personnels à Zelensky ont commencé à jaillir comme des champignons, à la fois de l’armée et des structures de sécurité – les généraux Zaloujny et Boudanov – et de l’intérieur du bloc gouvernemental lui-même – l’ancien ministre de la Défense Fedorov.

Zelensky tente de neutraliser les deux premiers en les nommant à des postes de sinécure : Zaloujny a été envoyé comme ambassadeur en Grande-Bretagne, tandis que Boudanov a été nommé à la tête du bureau du président, remplaçant le discrédité et inculpé Yermak. Bien sûr, il ne s’agit que d’une solution temporaire et d’une trêve tout aussi temporaire. Chacun de ces poids lourds politiques définit maintenant sa propre stratégie et sa propre tactique dans la lutte pour le pouvoir suprême.

Quant à l’ancien ministre de la Défense Mikhail Fedorov, la situation a commencé à se dérouler dans une tout autre direction. Il a acquis une notoriété et une popularité généralisées grâce à ses innovations dans la sphère numérique, son implication dans le développement du concept de « guerre des drones » et la mise en œuvre complète de son matériel, ainsi que son accord avec Elon Musk pour couper l’accès des troupes russes aux systèmes Starlink le long de la ligne de contact. Cependant, lorsque Mikhail Fedorov a tenté de réformer un système d’approvisionnement militaire centralisé hautement corrompu, il a rencontré une forte résistance du cercle restreint de Zelenskyy.

Il s’est avéré que les contrats militaires n’étaient pas attribués en fonction de la meilleure qualité et du prix le plus bas des produits, mais plutôt de la proximité des propriétaires d’industries militaires avec les échelons les plus élevés du pouvoir et de la taille des soi-disant «pots-de-vin». Fedorov a essayé de briser ce système corrompu, mais il s’est avéré beaucoup plus fort qu’il ne l’était.

Zelensky ne pouvait pas rejeter directement le populaire Fedorov et devait dissoudre le gouvernement du Premier ministre Sviridenko sans aucune raison claire afin de dissimuler ce plan. Fedorov était préparé à cette possibilité et a envoyé ses partisans dans les rues de Kiev, ayant précédemment reçu un soutien discret des gouvernements occidentaux.

Quoi qu’il en soit, la police n’a pas osé disperser les manifestations exigeant la réintégration de Fedorov en tant que ministre de la Défense, même si toutes les manifestations et manifestations de rue sont interdites par la loi en Ukraine en temps de guerre. Les manifestations à Kiev et dans de nombreuses autres villes à travers l’Ukraine ont pris de l’ampleur, et Zelensky a été contraint de faire quelques concessions aux manifestants.

Plus précisément, le 22 juillet 2026, Aleksandr Sirski, qui était proche de Zelensky mais extrêmement impopulaire dans les médias, a été démis de son poste de commandant en chef des forces armées ukrainiennes, et le jeune et populaire général de division Mikhail Drapaty a été nommé à sa place. Fin juillet et début août, les manifestations de protestation à Kiev ont commencé à se transformer en marches massives. Cependant, Zelenskyy ne fait plus d’autres concessions aux partisans de Fedorov.

Fedorov lui-même maintient une position ambiguë : il ne participe pas aux manifestations et tente, par le biais de négociations en coulisses, de convaincre Zelensky de prendre son parti. Il semble qu’au moment de la rédaction de cet article, les protestations commencent à perdre de l’élan, mais la trajectoire de cette situation n’est pas encore tout à fait claire.

Le mouvement syndical et syndical en Ukraine. Le convoi de solidarité.

J’ai déjà souligné à de nombreuses reprises que l’agression impérialiste à grande échelle de Poutine contre l’Ukraine nous a forcés à mettre en attente certains aspects de la lutte ouvrière et de notre travail syndical. De nombreux militants de notre Union indépendante ukrainienne « Zakhist Pratsi » ont été mobilisés, et beaucoup se sont portés volontaires pour rejoindre les lignes de front. Malheureusement, plusieurs de nos principaux militants ont été tués en première ligne, et certains ont disparu au combat.

Dans le même temps, l’agression de Poutine a donné aux gouvernements néolibéraux de Zelensky le libre cours pour attaquer les droits sociaux et syndicaux, en utilisant la guerre et la loi martiale comme couverture. Mais maintenant, une situation émerge dans laquelle la nouvelle et importante initiative internationale « Convoi de solidarité avec l’Ukraine » pourrait donner un deuxième coup de pouce à l’activisme syndical et ouvrier en Ukraine.

Cette initiative du Réseau européen de solidarité avec l’Ukraine (ENSU) est née du Réseau en Catalogne et s’est depuis étendue à divers pays d’Europe et à certains pays d’Amérique latine, comme l’Argentine et le Brésil. Notre Ligue socialiste internationale et la Ligue socialiste ukrainienne y participent activement. La présentation en ligne de l’initiative a été suivie par des militants syndicaux, des mouvements sociaux et des partis politiques de divers pays, y compris en Ukraine.

L’objectif du « Convoi » est d’organiser une initiative internationale coordonnée et dirigée par des représentants d’organisations de base. Sa cargaison sera composée de médicaments, de générateurs électriques, de véhicules et d’autres fournitures nécessaires qui peuvent être achetés ou obtenus par le biais de dons. En plus de transporter de l’aide matérielle, technique et humanitaire, le convoi vise à devenir une action politique visible qui renforce la solidarité internationale à partir de la base, coordonne les initiatives – dont beaucoup ont déjà pris une vie propre – et contribue à une participation plus large des organisations de base de différents pays.

Le convoi parcourra plus de 3.000 kilomètres à travers diverses villes et capitales de pays de l’Union européenne avant d’entrer sur le territoire ukrainien et d’arriver à Kiev. Tout au long de la route, il y aura des activités, des rassemblements et des manifestations impliquant des comités de solidarité et des groupes politiques engagés à soutenir le peuple ukrainien. Les premiers événements dans le cadre du « convoi de solidarité » auront lieu le 19 août, Journée mondiale de l’aide humanitaire, instituée par l’ONU pour reconnaître le travail de ceux qui fournissent de l’aide dans des situations de crise et pour honorer la mémoire des travailleurs humanitaires morts dans l’exercice de leurs fonctions.

Source : https://lis-isl.org/en/2026/08/ukraine-the-fifth-year-of-war-and-resistance/

La Ligue socialiste ukrainienne est affiliée au rassemblement international dénommé Ligue Socialiste Internationale (LSI-ISL) impulsée notamment par le MST argentin.

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15.08.2026 à 19:10

Congrès de Perspective ouvrière

aplutsoc

Présentation En mars 2026, à l’initiative de jeunes travailleur·euses, notamment d’anciens membres de Priama Diia, a été fondé  Perspective ouvrière qui se veut un lieu d’échanges et d’études critiques sur les expériences sur les différents lieux de travail. Certain·es travaillent dans des restaurants, des entreprises de service ou de production, ou sont coursiers et pour beaucoup à Lviv. […]
Texte intégral (574 mots)

Présentation

En mars 2026, à l’initiative de jeunes travailleur·euses, notamment d’anciens membres de Priama Diia, a été fondé  Perspective ouvrière qui se veut un lieu d’échanges et d’études critiques sur les expériences sur les différents lieux de travail.

Certain·es travaillent dans des restaurants, des entreprises de service ou de production, ou sont coursiers et pour beaucoup à Lviv. Cette initiative traduit l’insatisfaction d’une fraction de la jeunesse à l’égard du mouvement syndical réellement existant. Il est possible que la guerre s’avère à terme comme un accélérateur d’une recomposition syndicale en Ukraine. La FPU, selon ses propres chiffres, a perdu plus de 2 millions de membres en passant de 5 millions à trois millions. D’un autre côté, le syndicat du personnel soignant Soyez comme nous sommes connait un réel développement, même si son poids dans le mouvement syndical reste limité. L’exigence d’un syndicalisme de lutte, démocratique et indépendant est plus prégnante dans le salariat. Ce que souligne des militant-es du syndicat étudiant Priama Diia expliquant que l’expérience syndicale démocratique offerte par leur syndicat, forte de ses pratiques de luttes autogestionnaires, prépare les futurs travailleur-euses que sont les étudiant-es à la reconstruction d’un mouvement syndical ukrainien débarrassé des travers bureaucratiques.

Patrick Le Tréhondat

Document

Nous avons tenu notre première assemblée !

Récemment, l’équipe de Perspective ouvrière  s’est réunie en présentiel afin de prendre des décisions clés concernant nos activités.

Au cours de l’assemblée générale, nous avons arrêté la structure organisationnelle du collectif, défini nos objectifs pour l’année, discuté des axes d’action du collectif, formulé les valeurs et les principes de Perspective ouvrière, mieux cerné nos méthodes de lutte, et convenu d’une vision commune de notre travail médiatique. Par ailleurs, nous avons organisé une séance de brainstorming collective au cours de laquelle, dans une ambiance détendue et avec un enthousiasme ludique, nous avons imaginé des slogans pour des autocollants et des affiches qui nous seront utiles lors des manifestations et de la campagne de sensibilisation.

Nous sommes un petit collectif jeune, qui continue de forger son identité et ses principes. C’est précisément pour cette raison que ce congrès a joué pour nous un rôle extrêmement fondamental, en jetant les bases d’un travail fructueux à venir visant à faire renaître et à renforcer le mouvement syndical et, ce qui n’est pas moins essentiel, en renforçant les relations entre les membres au sein de Perspective ouvrière, sans lesquelles il est impossible de maintenir l’unité et la solidarité dans la lutte.

Si ce que nous faisons vous interpelle et que vous souhaitez rejoindre notre collectif afin de construire ensemble un avenir meilleur pour les travailleurs ukrainiens, nous vous invitons à nous rejoindre !

Perspective ouvrière, 15 août 2026.

Source : RESU/PLT

 

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12.08.2026 à 11:48

Petit soldat de l’union sacrée se prenant pour Liebknecht.

aplutsoc

Il arrive qu’on nous fasse des envois pour nous édifier. On nous a donc envoyé le dernier édito de la Tribune des Travailleurs, du 5 août 2026, par son éditorialiste éternel Daniel Gluckstein. Rappelons que ce journal est l’organe du PT (« Parti des Travailleurs »), ancien POID (Parti Ouvrier Indépendant Démocratique), l’un des deux rameaux de ce […]
Texte intégral (2475 mots)

Il arrive qu’on nous fasse des envois pour nous édifier. On nous a donc envoyé le dernier édito de la Tribune des Travailleurs, du 5 août 2026, par son éditorialiste éternel Daniel Gluckstein. Rappelons que ce journal est l’organe du PT (« Parti des Travailleurs »), ancien POID (Parti Ouvrier Indépendant Démocratique), l’un des deux rameaux de ce qu’est devenu l’ancien courant trotskyste dit « lambertiste », l’autre rameau étant le POI, aujourd’hui garde prétorienne de Mélenchon dans LFI et, dans ce cadre, agence de surveillance poutinienne.

Le POID puis le PT ont récusé l’intégration du POI dans LFI comme étant une liquidation nationale-bourgeoise, mais ont préservé pour le reste une orientation identique, y compris dans les appareils syndicaux à FO et à la CGT, et la même forme organisationnelle monolithique. L’intérêt (le seul) de cet édito de D. Gluckstein est qu’il est emblématique de ce que racontent aussi le POI, l’imperium dirigeant de LFI, LO, la FSM et les staliniens. Insistons-y : les staliniens. Vous avez ici la doxa stalinienne contemporaine.

Cet édito est exemplaire de ce qu’est en réalité le campisme que j’avais par ailleurs analysé longuement : le ralliement à l’ordre impérialiste, et il est pédagogique de montrer comment cela opère.

Voici cet édito :

<début document>

Supplétifs, avec leurs propres motivations.

L’ÉDITORIAL Par Daniel Gluckstein

La guerre qui s’étend permet à des régimes en crise de tenter d’assurer leur survie en profitant du chaos provoqué par l’impérialisme le plus puissant et son représentant politique : Trump. Au risque de contrarier ce dernier, dont les zig-zags successifs ne coïncident pas toujours avec les besoins immédiats de ses subordonnés.

Ils sont deux dans ce cas, supplétifs de Trump avec leurs propres motivations. Netanyahou voit d’un mauvais œil l’annonce par son maître d’un possible accord avec l’Iran. Lui veut poursuivre sa guerre génocidaire qui, depuis l’annonce du prétendu accord de paix, a déjà fait des milliers de victimes à Gaza, en Cisjordanie et au Liban. Il a deux objectifs : aller le plus loin possible dans l’instauration d’un « Grand Israël » fondé sur l’apartheid et la négation de l’existence du peuple palestinien ; prolonger un état de guerre lui permettant de rester au pouvoir et… d’échapper à la prison qui menace, au vu des accusations de corruption portées contre lui.

L’autre s’appelle Zelensky. Le 25 juillet, le jour où Trump annonçait un possible accord avec l’Iran, l’Ukraine lançait une attaque de drones contre plusieurs bâtiments en mer Caspienne, dont un navire iranien, y causant la mort d’un marin et faisant plusieurs blessés.

Pourquoi cette attaque dans une mer épargnée jusque-là de toute confrontation guerrière ? Pourquoi cet engagement direct – le premier – de l’Ukraine contre l’Iran ? Dans une tribune publiée par Le Monde le 28 juillet, deux chercheurs signalent qu’en trois ans « l’Ukraine a bâti l’un des complexes militaro-industriels les plus innovants au monde » au point d’être devenue fournisseur de technologies militaires de pointe en Europe et au Moyen-Orient. Huit cents entreprises ukrainiennes ont une capacité de production de 10 millions de drones par an, la valeur totale du secteur de l’armement ayant été multipliée par 50 en quatre ans. Des partenariats sont noués avec l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et plusieurs pays d’Europe. D’où l’intérêt du gouvernement Zelensky pour la poursuite d’une guerre qui, en outre, permet de faire diversion par rapport aux scandales de corruption qui se multiplient au sommet du régime.

Mais l’hypocrisie du Wall Street Journal doit être dénoncée quand ce quotidien fait mine de s’inquiéter de l’ouverture d’« un nouveau front dans deux guerres de plus en plus imbriquées ». Tout comme l’hypocrisie de ceux qui, « à gauche », dénoncent la guerre d’Israël à Gaza, mais votent trente fois au Parlement européen les centaines de milliards de crédits qui ont fait de l’Ukraine le fournisseur de technologies de guerre aux alliés d’Israël au Moyen-Orient !

Ce ne sont pas deux guerres de plus en plus imbriquées. C’est – avec sa part de contradictions internes – une seule et même guerre, menée par la classe capitaliste la plus puissante du monde, avide de se subordonner les économies qui lui échappent.

La seule position conforme à l’internationalisme ouvrier, c’est le refus de dissocier le combat contre la guerre du combat pour en finir avec le régime de la propriété privée des moyens de production qui nourrit la marche à la militarisation de toute la société. »

<fin document>

D’emblée, le premier paragraphe brouille toute compréhension claire de la crise du système international des États capitalistes, en posant une catégorie générale confuse qui s’appelle « la guerre » — et « la guerre », c’est mal, comme chacun sait. « La guerre » serait propagée par le seul impérialisme américain. La guerre de l’impérialisme russe contre l’Ukraine est ainsi noyée dans cette représentation confuse, et la place des guerres déclenchées par Trump, fuite en avant et réaction à la crise sociale qui menace de le chasser du pouvoir à Washington, causée en profondeur par l’affaiblissement des États-Unis, n’est absolument pas comprise. Il y a un mal global, c’est « la guerre », et un seul impérialisme qui sème le désordre, ce sont les États-Unis. Poutine ne joue ici aucun rôle, et aucun rôle non plus la connexion entre Trump et Poutine. C’est la nuit théorique dans laquelle tous les chats sont gris, loin de toute analyse concrète des situations.

Ce brouillard a une fonction : mettre sur le même plan Netanyahou et Zelensky, deux « supplétifs » mais qui jouent un rôle autonome. Leur rôle autonome est une réalité, et en ce sens, ce ne sont pas des « supplétifs » : D. Gluckstein résume de manière à peu près exacte ce que fait Netanyahou, à un aspect près, à savoir que Trump n’est pas son « maître » : là encore, D. Gluckstein veut passer sous silence la crise de l’impérialisme américain et nous faire croire qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, que Washington a des valets un peu partout et tire les ficelles. Mais dans les attaques contre l’Iran de juin 2025 et de février 2026, c’est Netanyahou qui a entraîné Trump. Non pas que celui-ci soit le « maître » de Trump, mais parce que la crise à Washington lui a conféré une autonomie accrue.

Totalement différente est l’autonomie de Zelensky, et particulièrement grossier et crapuleux le procédé de D. Gluckstein, qui nie tout combat national de la part des Ukrainiens, alors que l’occupation de leurs territoires présente bien des ressemblances avec l’épuration ethnique que veut mener à bien le gouvernement Netanyahou, et Marioupol avec Gaza. Mais non, cela n’existe pas : tout ce qui existe ici serait une provocation ukrainienne agressant l’Iran !

Andrew Movchan, militant ukrainien de gauche, qui a participé à l’une des flottilles de solidarité se dirigeant vers Gaza et été arrêté par l’armée israélienne, explique très simplement comment tous les Ukrainiens comprennent l’opération visant un navire iranien en mer Caspienne :

« La République islamique est complice de l’invasion de l’Ukraine par la Russie depuis le tout début. Téhéran fournit des armes à la Russie. Il s’agit notamment de drones à longue portée de type Shahed, devenus l’une des principales causes de décès de civils à l’arrière du front.

L’Ukraine a ses propres raisons de frapper les navires iraniens à destination de la Russie ; elle n’a certainement pas besoin d’instructions d’Israël pour le faire. Le mobile de l’Ukraine est simple : protéger ses citoyens des attaques russes.

On peut certes s’interroger sur la nature militaire de la cargaison du navire et sur la légitimité de la cible, mais pas sur l’autonomie de l’Ukraine dans ses décisions. Si les États-Unis et Israël avaient pu, d’une manière ou d’une autre, contraindre l’Ukraine à entrer en guerre contre l’Iran, ils l’auraient fait depuis longtemps.

L’Ukraine n’a aucun intérêt à une guerre contre l’Iran ; son intérêt direct réside dans une résolution pacifique et la réouverture du détroit d’Ormuz, afin que la Russie ne puisse pas tirer profit de la flambée des prix du pétrole.

Il est dans l’intérêt direct de l’Ukraine que les États-Unis ne dépensent pas des sommes astronomiques dans une guerre contre l’Iran — des sommes qui ont déjà dépassé le montant total de l’aide reçue par l’Ukraine sous l’administration précédente.

La seule chose que l’Ukraine attend de l’Iran, c’est qu’il cesse de fournir des armes alimentant l’invasion criminelle russe et de contribuer aux souffrances de la population ukrainienne. Rien de plus. »

D. Gluckstein ignore totalement, et délibérément, la réalité de l’agression iranienne contre l’Ukraine, l’Iran étant ici le supplétif, avec la Corée du Nord, de l’impérialisme russe. Mais D. Gluckstein a-t-il trouvé tout seul la calomnie qu’il lance ici, non pas principalement contre Zelensky, mais contre la nation ukrainienne en lutte contre l’impérialisme ?

La question se pose en effet, car le thème qu’il reprend ici circule largement dans la stalinosphère et la poutinosphère, ainsi que dans les milieux fascistes à la manière de Soral : ce serait Israël qui aurait sollicité l’attaque ukrainienne, et Zelensky, dans ces écrits, est, comme l’écrit Gluckstein, le second « supplétif » de Washington, car il a un point commun avec Netanyahou … comme juif. D. Gluckstein évite ce thème, mais partage la représentation fondamentale : l’impérialisme unique, c’est Washington, et Israël et l’Ukraine sont ses agents provocateurs. C’est là une position impérialiste, celle de l’axe Moscou-Téhéran, largement partagée aussi dans les milieux MAGA et indissociable de l’antisémitisme.

D. Gluckstein dénonce comme d’infâmes hypocrites quiconque défend le peuple palestinien mais défend aussi le peuple ukrainien. C’est lui l’hypocrite : il appelle au désarmement des Ukrainiens, dont à leur défaite face à l’impérialisme russe. Il n’est pas neutre, il a un camp – impérialiste. Sa défense autoproclamée des Palestiniens tombe donc sous sa propre accusation d’hypocrisie, car elle n’est que l’alibi de cette orientation pro-impérialiste.

Orientation pro-impérialiste qui culmine dans un quasi-appel à détruire la capacité militaire ukrainienne : le « complexe militaro-industriel ukrainien » doit être détruit, par la force si nécessaire, telle est la conclusion incontournable que cet édito provocateur tend à suggérer. Il s’inscrit, répétons-le, dans une thématique que les réseaux russes font circuler dans la fachosphère et la stalinosphère. Dans une « université communiste » tenue récemment en Grande-Bretagne, un thème central était : « l’Ukraine, Israël de l’Europe contre la Russie » ! Alors que les territoires occupés le sont par la Russie !

Quelle hypocrisie de dénoncer « la guerre » en appelant en fait à l’écrasement militaire de l’Ukraine ! Quelle hypocrisie de se présenter en bon apôtre de « l’internationalisme ouvrier » !

C’est d’union sacrée qu’il s’agit ici : union sacrée contre l’Ukraine, avec la pire réaction au plan mondial, y compris de larges secteurs MAGA et trumpistes. Dans la réalité concrète où, quelle qu’en soit sa conscience, vit et existe D. Gluckstein, où est donc « le refus de dissocier le combat contre la guerre du combat pour en finir avec le régime de la propriété privée des moyens de production qui nourrit la marche à la militarisation de toute la société » ?

En dissociant la « lutte contre la guerre » du combat des peuples contre l’impérialisme russe, en faisant du même coup du soutien à la lutte du peuple palestinien un alibi hypocrite qui dessert les Palestiniens, D. Gluckstein se dissocie bel et bien de ce qui n’est plus, ici, que phrase ronflante sur le « régime de la propriété privée » et la « militarisation de la société », et, en pensant se préparer à soutenir bientôt le prétendu État ouvrier chinois contre Washington, il soutient ici et maintenant la réalité impérialiste présence du partage multipolaire entre Trump, Poutine et Xi.

C’est exemplaire. Ce serait anecdotique s’il ne s’agissait que de Gluckstein. Mais il montre ici, avec une hypocrisie d’autant plus crue qu’elle est illuminée de formules faussement « marxistes » tels les lampions les jours de fêtes, la forme contemporaine véritable du ralliement à l’ordre international existant, autrement dit : l’union sacrée.

VP, 11/08/2026.

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