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ARGUMENTS POUR LA LUTTE SOCIALE


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24.09.2026 à 21:27

Les Socialistes démocratiques d’Amérique (DSA) devraient faire campagne contre les plans de Trump visant à voler l’élection. Par Oakland Socialist.

aplutsoc

Les DSA et les autres socialistes devraient cesser d’ignorer les menaces de Trump de truquer les élections de mi-mandat. Plus ils ignorent cette menace, plus ils laissent le champ libre aux adversaires de Trump, proches du nazisme, comme Tucker Carlson. Analysons la situation : Trump à l’ONU La dernière menace de Trump était sous-entendue dans son […]
Texte intégral (2275 mots)

Les DSA et les autres socialistes devraient cesser d’ignorer les menaces de Trump de truquer les élections de mi-mandat. Plus ils ignorent cette menace, plus ils laissent le champ libre aux adversaires de Trump, proches du nazisme, comme Tucker Carlson.

Analysons la situation :

Trump à l’ONU

La dernière menace de Trump était sous-entendue dans son discours à l’ONU. Il y a menacé l’Iran d’anéantissement. Bien qu’il ait hésité à mettre cette menace à exécution, il a clairement affirmé sa détermination à vaincre l’Iran. Dans ce contexte, il a déclaré que l’Iran « attend de voir comment je me débrouillerai aux élections de mi-mandat… Je n’ai absolument pas tenu compte, et je ne tiendrai jamais compte, de ces élections en ce qui concerne l’Iran. Cela ne me préoccupe même pas. »

Revers par la Cour suprême

Mais il a besoin d’un Congrès docile pour poursuivre sa guerre (et celle de Netanyahou). Cela implique le contrôle des deux chambres du Congrès par les Républicains, ce qui semble de plus en plus improbable à l’approche de janvier prochain. Une seule conclusion s’impose : il doit tenter de truquer l’élection. Et il s’y prépare activement.

Récemment, Trump a subi un revers lorsque la Cour suprême a confirmé l’injonction contre son projet de contrôler le vote par correspondance. Ce revers n’était toutefois que partiel, car la Cour a ignoré le fait que les services postaux violaient secrètement l’injonction. Elle a laissé faire. Cela signifie que les services postaux pourraient se sentir libres de recommencer ou de trouver d’autres moyens de semer le chaos dans le système de vote par correspondance.

ICE/CBP

Trump a d’autres projets en réserve. L’un d’eux consiste à déployer des agents de l’ICE dans les bureaux de vote. Ces agents agissent déjà comme un groupe terroriste paramilitaire. Le DHS dispose actuellement de 183 milliards de dollars de ressources, selon le Brennan Center. D’après Wired.com, une partie de ces fonds est utilisée pour ouvrir 150 nouveaux bureaux à travers le pays. Le secrétaire du DHS, Markwayne Mullin, a déjà annoncé le déploiement d’agents de l’ICE dans les bureaux de vote.

Le poste de greffier de la Chambre

Un autre volet de son plan repose sur l’utilisation de centaines de personnes contestant la légitimité des élections, qui siègent désormais au sein des instances chargées d’organiser le scrutin et de compter les voix. Cette menace s’ajoute au fait que le président de la Chambre, Mike Johnson, a le pouvoir de nommer un nouveau greffier qui lui serait soumis, ainsi qu’à Trump. Un tel greffier pourrait tirer parti de la confusion créée par ces contestataires pour refuser de reconnaître les résultats électoraux. Consultez cet article du New York Times pour comprendre comment une telle manœuvre pourrait être orchestrée. Rien de tout cela n’est certain ; l’opposition à Trump pourrait être si massive qu’elle rendrait ce scénario impossible. Toutefois, la réussite ou l’échec de l’entreprise importe peu au fond : l’objectif principal est de semer la confusion et le chaos.

Tucker Carlson et autres sympathisants nazis

Les principaux bénéficiaires de toute tentative de fraude électorale orchestrée par Trump seront Tucker Carlson et d’autres forces d’extrême droite proches des nazis et de Poutine. Ils s’opposent déjà farouchement à Trump. Soyons clairs sur leur identité. Dans son interview avec le « Professeur Jiang », Carlson a déclaré : « Bien sûr, les populations blanches sont tuées intentionnellement. Et la question est : pourquoi ? Je n’en ai pas la moindre idée, et les spéculations vont bon train quant à l’identité des responsables. Je vais être franc : je ne prétends pas savoir qui sont les instigateurs, évidemment. Mais Keir Starmer n’est pas à la tête de la Grande-Bretagne. Macron n’est pas à la tête de la France. Je ne suis pas sûr que beaucoup de dirigeants contrôlent réellement leur pays. Je ne sais pas combien de pays disposent réellement de leur souveraineté. Franchement, je n’ai pas la réponse. Il se passe quelque chose… Le multiculturalisme n’existe pas. Il y a toujours une culture dominante qui, vous savez, insiste sur sa domination. Bien sûr, je ne pense pas que quiconque ait jamais imaginé que cela puisse se produire à l’échelle mondiale, comme un ciblage systématique d’une ethnie en vue de son élimination à l’échelle planétaire. Enfin, ce n’était pas possible jusqu’à récemment, mais il serait intéressant de connaître le plan. Il y a clairement, comme… Il y a un plan derrière tout ça. Il y a un plan. Je me demande, combien d’Américains, selon vous, comprennent ce qui se passe réellement dans le monde en ce moment ? » (Jiang n’a pas contredit Carlson.)

Il s’agit d’un message codé signifiant « le complot juif international manipule les chrétiens blancs et est en train de conquérir le monde », autrement dit, c’est la « théorie du remplacement blanc ».

Carlson est désormais un farouche opposant à Trump en raison de la proximité de ce dernier avec le dirigeant d’Israël, Netanyahu. Carlson mènera l’opposition à toute tentative de Trump de truquer la prochaine élection. Il sera rejoint par l’ancien élu républicain Thomas Massie, qui a fait la une des journaux lors de sa campagne pour la publication des dossiers Epstein. Précisons qui est Massie. Jusqu’à son départ du Congrès, son chef de cabinet était Matt Gurtler, proche de Chester Doles, néonazi et sympathisant du Ku Klux Klan.

Tribune partagée avec des démocrates « progressistes »

Des démocrates « progressistes » comme Ro Khanna et Bernie Sanders se feront un plaisir de se joindre à eux pour dénoncer publiquement la fraude électorale de Trump. Ils l’ont déjà fait sur des sujets comme l’affaire Epstein et l’intelligence artificielle. C’est parce que, fidèles à leurs convictions libérales, ils abordent chaque problème séparément, au lieu de tenter de construire un mouvement indépendant de la classe ouvrière. Un tel mouvement est impossible s’il est lié de quelque manière que ce soit à des nationalistes racistes, ethniques ou chrétiens comme Tucker Carlson, Thomas Massie ou Steve Bannon.

Netanyahu

Le hold-up électoral de Trump sera probablement soutenu par Netanyahu. Cela servira de « preuve » qu’Israël (comprenez : « les Juifs ») est derrière ce vol. Même des franges de l’extrême gauche – notamment de nombreux membres du mouvement de défense des droits des Palestiniens – reprendront cette affirmation à leur compte. Ce faisant, ils donneront du poids aux opposants de Trump, proches des nazis, et entraveront davantage tout mouvement ouvrier uni.

Quelle alternative ?

Le mouvement ouvrier

L’alternative est un mouvement indépendant qui unit tous les travailleurs. La seule force capable de construire un tel mouvement, ce sont les syndicats. Ils sont étouffés par une direction conservatrice et lâche. C’est pourquoi les socialistes doivent combler ce vide.

DSA

La force socialiste la plus importante est celle des DSA. Jusqu’à présent, ils ont soigneusement évité d’aborder la menace d’une élection volée. Une excuse qui circule parmi certains membres des DSA est que parler des projets de Trump ne ferait que le renforcer. C’est absurde. Ces projets sont bien réels. Mettre en garde à leur sujet ne relève pas de la diversion.

C’est un premier pas vers une mobilisation pour arrêter Trump. Deux raisons principales expliquent le silence des DSA. Une tentative sérieuse d’un président américain d’invalider l’élection constituerait une rupture historique majeure depuis la guerre de Sécession. En tant que sociaux-démocrates (au mieux), ils ne peuvent concevoir une telle rupture. La deuxième raison est qu’ils devraient alors proposer des solutions pour l’en empêcher. De plus, malgré tous leurs efforts pour l’éviter, cela les ramènerait au rôle du mouvement ouvrier et de ses dirigeants, or une grande partie des DSA est sous leur influence.

Des socialistes sérieux, indépendants et proches de la classe ouvrière au sein des DSA devraient s’emparer de cette question dès maintenant afin de prendre les devants face à l’opposition complice de Trump. Ils devraient appeler les DSA à organiser des réunions publiques sur ce sujet sans délai. Ils devraient exiger que tous les candidats soutenus par les DSA soulèvent immédiatement ce danger et utilisent leurs campagnes pour s’y opposer. La principale stratégie devrait consister à organiser des grèves massives pour empêcher le détournement des voix orchestré par Trump. Cela implique nécessairement de mener une campagne au sein des syndicats et de contester la direction syndicale.

Encore une fois : personne ne sait exactement ce qui se passera pendant et après les élections. Même Trump l’ignore. Mais ignorer cette grave menace serait une folie. Seuls Trump et ses adversaires complices tireront profit de l’indifférence des socialistes.

23/09/2026.

Mise à jour du 24 septembre

Le lundi 21 septembre, Trump a interdit l’accès à la Maison-Blanche à plusieurs médias, les jugeant injustes à son égard. Parmi ces médias figuraient CNN, MSNow et Axios. Le 23 septembre, un juge fédéral a ordonné à Trump de lever cette interdiction et de restituer les accréditations des journalistes concernés. Ce matin, 24 septembre, la Maison-Blanche refuse toujours d’obtempérer à l’ordonnance du juge et les avocats du ministère de la Justice n’ont pas encore répondu aux avocats des médias interdits. L’extrême gauche minimisera l’affaire, considérant ces médias comme de simples organes de propagande capitaliste. La plupart des militants pro-palestiniens l’ignoreront également, qualifiant ces médias de « sionistes ». Des agents de Poutine comme Richard Wolff la minimiseront aussi, arguant que les États-Unis ne sont pas une démocratie capitaliste et que, par conséquent, cela n’a aucune importance. Or, les médias capitalistes sont une institution fondamentale du régime démocratique. Il suffit de regarder la Chine, la Russie, l’Iran ou tout autre pays sous régime autoritaire pour constater la différence. L’interdiction décrétée par Trump et maintenant son refus, pour la deuxième fois, d’obéir à une décision de justice sont une autre preuve de sa volonté de s’emparer d’un contrôle personnel total sur le gouvernement.

Que ce soit réfléchi ou non, le décret de Trump était un coup de maître tactique. Des violations similaires des décisions de justice sont largement passées inaperçues, notamment celles concernant l’expulsion d’immigrants. Or, dans ce cas précis, un grand nombre de travailleurs américains nourrissent un préjugé tenace : une presse indépendante du gouvernement n’a aucune importance car « de toute façon, ils mentent tous ». Au lieu d’expliquer le rôle crucial de la presse en tant qu’institution de la démocratie capitaliste, la plupart des socialistes cautionnent ces absurdités.

Mise à jour de la mise à jour

Dix heures après le prononcé de l’ordonnance de restriction temporaire, l’administration Trump s’y est conformée partiellement. Elle a autorisé les médias interdits d’accès à la Maison-Blanche, mais à 14 h, on ignorait encore si Trump autoriserait CNN et les autres médias interdits à rejoindre le pool de presse. Les conséquences sont doubles : premièrement, seule la presse du parti au pouvoir chinois a couvert l’accueil servile réservé par Trump à Xi Jinping, qui est le dirigeant mondial le plus impopulaire aux États-Unis. (Trump a « plaisanté » en disant que la presse du gouvernement chinois lui était plus favorable que les médias américains.) Cela avantage Trump. Deuxièmement, cela renforce le précédent selon lequel Trump peut défier les décisions de justice pendant un certain temps. Cela signifie que toute ordonnance de restriction temporaire concernant les élections, le jour du scrutin, sera nulle et non avenue, puisque Trump peut lui désobéir jusqu’à la fin du scrutin.

Source : https://oaklandsocialist.com/2026/09/24/dsa-should-campaign-against-trumps-plans-to-steal-election/

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24.09.2026 à 18:20

Appel du 26 septembre – Paris : rassemblement Place de la République, samedi, de 17h à 20h.

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Présentation  Le rassemblement indiqué dans cet article répond à l’appel lancé en juillet dernier : « Le samedi 26 septembre, partout en France, nous serons dans la rue » : près de 1000 citoyens lancent un appel pour un plan d’urgence climatique. Ce qui était conçu à l’origine comme une marche déambulation dans Paris a été réduit à […]
Texte intégral (501 mots)

Présentation 

Le rassemblement indiqué dans cet article répond à l’appel lancé en juillet dernier : « Le samedi 26 septembre, partout en France, nous serons dans la rue » : près de 1000 citoyens lancent un appel pour un plan d’urgence climatique.

Ce qui était conçu à l’origine comme une marche déambulation dans Paris a été réduit à un rassemblement fixe à République sous prétexte de la visite pontificale et de ses conséquences sécuritaires. Ceci n’annule en aucune manière la nécessité et l’urgence de la mobilisation pour un réel plan d’action climatique protégeant la population et le vivant.

Lacanau (Gironde), le 24 juillet 2026. © Maximilien Lamy/AFP

Document

C’est désormais validé par la préfecture : le rendez-vous parisien sera un rassemblement statique, place de la République, samedi 26 septembre de 17h à 20h. La venue du pape ne nous a pas permis d’obtenir l’autorisation de marcher, malgré de nombreuses négociations. Soyons le plus nombreux possible.

C’est désormais validé par la préfecture. Le rendez-vous parisien sera finalement statique : la venue du pape ne nous permet pas d’avoir une autorisation de marche, malgré nos nombreuses négociations. Cela ne change rien à l’essentiel : soyons le plus nombreux possible à nous rassembler pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale. Parce que l’on veut vivre.

Samedi 26 septembre, de 17h à 20h, place de la République, à Paris.

Après les canicules, les incendies et les lois qui nous empoisonnent votées cet été, on a besoin de tout le monde dans la rue.

Source : https://26septembre.org/actualites/paris-republique-17h-20h

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22.09.2026 à 12:30

Interventions Syndicales Numéro 19 de Septembre 2026.

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Les lecteurs et lectrices régulier-es de notre site auront déjà lu la plupart des articles de ce numéro. Cependant, cela n’épuise pas la fonction de ce bulletin dont nous appelons nos ami-es, lecteurs et lectrices à se servir en le faisant circuler largement dans leur entourage personnel, professionnel, social, syndical… Pas de mobilisation sans préparation ! […]
Lire la suite (258 mots)

Les lecteurs et lectrices régulier-es de notre site auront déjà lu la plupart des articles de ce numéro. Cependant, cela n’épuise pas la fonction de ce bulletin dont nous appelons nos ami-es, lecteurs et lectrices à se servir en le faisant circuler largement dans leur entourage personnel, professionnel, social, syndical…

Pas de mobilisation sans préparation ! Pas de préparation sans discussion ni réflexion !

SOMMAIRE :

Le numéro 19 au format PDF

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22.09.2026 à 12:13

Comment se présente le 29 septembre ?

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Initialement, la journée d’action du 29 septembre a été convenue très en amont, par les fédérations de fonctionnaires (CGT, CFDT, FO, FSU, UNSA, Solidaires, CGC, FA-PT), début juin, avec l’arrière-pensée qu’ensuite la priorité serait celle des élections professionnelles de la fonction publique qui auront lieu du 3 au 10 décembre. Cette journée d’action traditionnelle devait […]
Lire la suite (406 mots)

Initialement, la journée d’action du 29 septembre a été convenue très en amont, par les fédérations de fonctionnaires (CGT, CFDT, FO, FSU, UNSA, Solidaires, CGC, FA-PT), début juin, avec l’arrière-pensée qu’ensuite la priorité serait celle des élections professionnelles de la fonction publique qui auront lieu du 3 au 10 décembre.

Cette journée d’action traditionnelle devait avoir pour thème principal les salaires, un sujet tout à fait justifié, dans la perspective de faire pression pour un minimum de prise en compte dans le prochain budget. La date du 29 septembre est en effet la veille du début de la discussion budgétaire à l’Assemblée nationale, le 30.

Mais l’été, ou plutôt la catastrophe thermo-capitaliste, est passé par là, puis la montée de mouvements exigeant directement de l’Assemblée nationale qu’elle légifère : urgence climatique, loi intégrale. Deux initiatives montantes sont venues se greffer, par un malicieux hasard objectif, autour de la journée du 29 septembre : les manifs climatiques du samedi 26 et la montée des pompiers, qui vont finalement se baser le 27 septembre au Champ de Mars et comptent avec tous leurs syndicats monter sur Paris le mardi 29.

Et, surtout, Lecornu a réglé la question des salaires des fonctionnaires par avance, dans ce qui constitue en fait une déclaration de guerre sociale, faite le jeudi 17 septembre : le gel d’indice sera la mesure clef du budget des prétendus 54 milliards d’économies !

Dès lors, la journée d’action de rentrée pour demander gentiment une rencontre salariale aux ministres en charge des fonctions publiques peut et doit se transformer, dans ce contexte, en grève politique de masse pour les salaires, contre le budget Macron/Le Pen/Lecornu !

Une grève de masse ce jour-là, des manifestations couronnant le processus commencé deux jours auparavant pour l’urgence climatique, les pompiers montés de toute la France au centre de la manifestation parisienne, des Assemblées générales : il est possible et souhaitable que la force du 29 septembre inaugure l’affrontement social et démocratique indispensable contre le budget de guerre sociale, avec toute sa portée politique.

Faut-il ajouter que le syndicalisme indépendant, c’est cela ?

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21.09.2026 à 19:41

Affronter le budget, c’est rouvrir la crise de régime pour battre Le Pen avant la présidentielle. Éditorial du 21 septembre 2026.

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Le budget de l’exécutif Macron/Lecornu est confronté à la perspective d’une crise financière des dettes soi-disant « publiques ». Les taux d’intérêts des obligations d’État françaises (bons du Trésor) atteignent 4,5%, le niveau le plus élevé en Europe, le taux de référence allemand étant à 3,5% – signalons que les taux étatsuniens sont à 5%. Les médias […]
Texte intégral (1768 mots)

Le budget de l’exécutif Macron/Lecornu est confronté à la perspective d’une crise financière des dettes soi-disant « publiques ». Les taux d’intérêts des obligations d’État françaises (bons du Trésor) atteignent 4,5%, le niveau le plus élevé en Europe, le taux de référence allemand étant à 3,5% – signalons que les taux étatsuniens sont à 5%. Les médias assomment le public avec « la dette qu’il faudra rembourser ».

Rappelons une chose – que pratiquement personne n’explique : la dette « publique », depuis la fin du XVII° siècle en Angleterre, est le mécanisme de base qui lie les États à la rentabilité du capital. Les États empruntent au capital financier et, en temps normal, ils ne « remboursent » jamais, car les titres de dette « publique » circulent de capitaliste en capitaliste dans les bourses du monde entier, leurs intérêts étant payés par les impôts, pour des montants ayant depuis longtemps dépassé le montant initial des emprunts ! C’est là le matelas de la spéculation financière, un mécanisme parasitaire indispensable à la rentabilité du capital, lequel dénonce le « coût » des dépenses publiques, alors que la principale dépense publique l’alimente !

C’est donc au nom de la « dette » sacrée qu’il faudrait soi-disant rembourser, alors qu’il s’agit en réalité de l’entretenir d’autant plus que les taux de profit baissent, que Lecornu annonce un « effort de 54 milliards d’euros » sur le budget 2027, « effort » que doivent supporter « l’État », c’est-à-dire en réalité les fonctionnaires (gel du point d’indice, suppressions de postes et donc de classes et de lits d’hôpitaux), les collectivités locales, les retraités « aisés » (mais dans des définitions de l’ « aisance » où circule le chiffre de 2000 euros par mois !), les étrangers qui se verraient privés d’aides sociales même quand ils travaillent, les malades par le flicage des arrêts maladie, les locataires menacés par le blocage de l’APL, mais pas les grands patrons : une baisse de 2,5 milliards est annoncée sur la surtaxe de l’impôt sur les sociétés !

Au mensonge sur la dette soi-disant publique, s’ajoutent ici d’autres fétiches idéologiques : celui selon lequel imposer les profits ruinerait le pays en faisant fuir les grands patrons qui sont par ailleurs biberonnés par l’État et sa dette « publique », celui qui amalgame les dépenses « sociales » de la Sécu et des retraites, qui sont du salaire socialisé, aux dépenses de l’État, pour les inclure dans « le déficit » afin de les diminuer, donc en fait de baisser la part collective des salaires, celui selon lequel le coût de l’État serait celui des enseignants, des infirmiers ou des agents de l’environnement, lesquels exercent en réalité des fonctions sociales utiles sur lesquelles se greffe la productivité du capital, qui n’irait pas sans elles.

Et celui du RN qui ne fait de la démagogie que sur les prix des carburants, mais ne veut pas bloquer les loyers, et oppose de soi-disant « travailleurs » groupant patrons parasitaires de l’agro-industrie et autres avec les salariés du privé, contre les « assistés » que seraient les fonctionnaires, les étrangers, les précaires et la plupart des jeunes !

C’est donc un budget de guerre sociale qui s’annonce.

Précisons ici un point. Certains courants politiques disent « budget de guerre » tout court, arguant de la non-baisse des dépenses militaires, et accusant Macron de préparer « la guerre ».

Mais la guerre est déjà là : celle que Poutine mène contre les Ukrainiens et fait planer contre l’Europe centrale et l’ensemble de l’Europe, celle que Trump menace de mener contre l’Amérique latine, Cuba, le Canada et le Groenland, prenant en étau l’Europe, celle qu’il mène contre l’Iran dont il a en même temps conforté le régime, conduisant au blocage des détroits d’Ormuz et de Bab-el-Mandeb, celle de Netanyahou contre les peuples palestinien et libanais, celle qui se développe au Sahara et au Sahel au profit des djihadistes, les dictateurs prorusses menant leur propre guerre contre les peuples de la région, celle qui menace en mer de Chine. La guerre est déjà là.

Les dépenses militaires programmées par Macron et Lecornu n’y répondent pas, mais alimentent les trusts industrialo-financiers de l’armement, et sont organisées autour du nucléaire, et non pas autour des drones et des armes dont disposerait une autodéfense populaire démocratique. La guerre qui vient n’est pour eux que motif à guerre sociale, exactement comme les gouvernements Daladier en 1938-1939 !

Vendredi 18 septembre, Macron a réuni les représentants des partis et des principaux candidats, et tous sont venus, pour leur dire que la menace de guerre et la crise des carburants sont là pour longtemps. C’est que Macron veut tenir. Tous ont acquiescé à son constat, tout en disant à la sortie que les besoins urgents ne sont pas pris en compte. Mais son constat est faux : les élections aux États-Unis, les reculs russes en Ukraine, la crise globale qui monte, n’annoncent pas une perpétuation de la situation présente, mais de nouveaux ébranlements dans lesquelles les larges masses interviendront.

En France, c’est contre le budget de guerre sociale de Macron-Lecornu que la mobilisation va se lever, en exigeant, par contre, des dépenses publiques indispensables et urgentes : celles de l’urgence climatique face à la catastrophe thermo-capitaliste, celles d’une prise en main de l’agriculture et des forêts pour nourrir la population et préserver l’accès à l’eau, celles de la loi intégrale réclamée par les féministes et enfantistes, qui appelle un « budget intégral » qui ne pourra évidemment pas figurer dans ce budget de guerre sociale, celle de la défense et du redressement de l’école publique et de la santé publique, et celle, ajouterons-nous, beaucoup moins coûteuse que les subventions à Dassault et Thalès et que le nucléaire, d’une préparation véritable à la guerre pour la démocratie contre Trump et Poutine !

Et, immédiatement, il faut bloquer les prix des carburants, des loyers et de l’alimentation de base !

Cette mobilisation a commencé dès le 15 septembre, comme le décrit Laurent Dégousée dans son article de ce numéro d’Interventions syndicales. Elle va se déployer avec les journées des 26 et 29 septembre. Quel doit être son but ? Évidemment l’annulation de ce budget de guerre sociale.

Battre ce budget, c’est aussi battre ce gouvernement dont sa prolongation ne saurait faire oublier son caractère minoritaire et illégitime, et c’est donc battre Macron et Lecornu. Camarades syndicalistes, de cela, il ne faut pas avoir peur !

Au contraire, la mobilisation pour battre le budget de guerre sociale de Macron-Lecornu met et va mettre le RN en grande difficulté.

Car ce budget ne peut passer que par, au moins, l’abstention du RN. En protégeant Macron, Lecornu et leur budget, le RN montre qu’il gouvernerait avec le même budget encore aggravé, tombant le masque. D’ores et déjà, il faut donc appeler à la mobilisation contre le budget Le Pen/Lecornu !

Si ce budget tombe, soit directement par une explosion gréviste dans le pays, soit par le vote d’une motion de censure que le RN ne pourrait pas ne pas voter faute de voir son potentiel électoral s’effondrer, alors ce gouvernement tombe, et la crise politique, la crise de régime de la V° République, est rouverte avant la présidentielle : mais ne serait-ce pas la meilleure chose qui pourrait arriver ?

Notons d’ailleurs que selon le Canard Enchaîné du 16 septembre, Lecornu aurait « lâché, l’air de rien », qu’il ne « faut pas écarter la possibilité que le Président décide de dissoudre en cas de censure du gouvernement ». Un tel évènement, plaçant ainsi, à l’encontre de l’esprit des institutions de la V° République, des législatives avant la présidentielle, ne serait pas un acte de force du président, mais un coup décisif porté au régime. L’alternative politique en effet n’est pas l’élection présidentielle, mais l’affrontement social disloquant la V° République et imposant une assemblée constituante.

Nous nous dirigeons vers la crise de régime, et le RN le sait qui veut la conjurer en visant l’élection de Le Pen qui tenterait un coup d’État en combinant dissolution et référendum constitutionnel xénophobe. Le scenario de l’affrontement social contre le budget Macron-Lecornu dessine donc la voie qui, seule, peut battre Le Pen en la battant avant le 18 avril 2027.

Dans cet édito, nous n’avons pas parlé des candidats de gauche à la présidentielle, des primaires du PS ou de l’orientation de J.L. Mélenchon. Bien entendu, il faudra y revenir, mais pourquoi n’en avons-nous pas parlé ici ? Parce que les candidatures et la division des candidats, qui tiennent la première place dans le cerveau de bien des militants, sont en réalité des données faussement indépendantes, totalement surdéterminées par l’affrontement social qui seul peut trancher et tranchera, là aussi.

Éditorial destiné au numéro du 21 septembre 2026 du bulletin Interventions Syndicales

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21.09.2026 à 16:16

Quelques mots sur les élections en Allemagne.

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Dans le Mecklembourg-Poméranie, l’AfD passe de 18% à 39,5% des voix, devançant le SPD qui recule de 39% à 35%. Die Linke recule de 11% à 7%. La CDU s’effondre radicalement, de 17% à 5%. A Berlin, Die Linke est en tête passant de 13 à 24% des voix. L’AfD passe de 8% à 16%. […]
Texte intégral (553 mots)

Dans le Mecklembourg-Poméranie, l’AfD passe de 18% à 39,5% des voix, devançant le SPD qui recule de 39% à 35%. Die Linke recule de 11% à 7%. La CDU s’effondre radicalement, de 17% à 5%.

A Berlin, Die Linke est en tête passant de 13 à 24% des voix. L’AfD passe de 8% à 16%. Le total Die Linke/SPD/Verts est d’environ 54%.

Quatre leçons et enjeux immédiats.

Premièrement, la poussée de Die Linke à Berlin n’efface en rien la menace de l’AfD flanquée du BSW, qui fait d’ailleurs 4 dans le Mecklembourg comme à Berlin. L’AfD est l’héritier des nazis clairement identifié comme tel par l’électorat. Derrière l’AfD et le BSW, Poutine, Musk et Vance.

Deuxièmement, la chute de la CDU est celle du parti bourgeois historiquement lié aux institutions de la République Fédérale allemande, et à l’ordolibéralisme. C’est une crise de régime en même temps qu’une crise nationale qui se rouvre en Allemagne. La réunification, arrachée par la volonté démocratique du peuple, avait vu les dirigeants de l’Ouest comme de l’Est éviter toute refondation démocratique et républicaine de l’Allemagne, en écartant l’élection d’une assemblée constituante et en organisant un simple agrandissement de la RFA. La soi-disant « ostalgie », qui nourrissait autrefois le vote Die Linke et maintenant celui pour l’AfD, procède de cette impasse nationale, et le vote AfD fait revenir en force, ave l’aide de Poutine, Vance et Musk, la division du pays et sa régression.

Troisièmement, la victoire de Die Linke à Berlin est porteuse d’une alternative démocratique, précisément parce que depuis que Die Linke est débarrassé des son ancienne dirigeante Sarah Wagenknecht, ce parti s’est éloigné de ses racines étatiques est-allemandes, c’est-à-dire staliniennes, et a commencé à se développer comme un parti démocratique du mouvement ouvrier et de la jeunesse, avec de nombreuses discussions en son sein. Sa dirigeante berlinoise, Elif Eralp, issue d’une famille ayant fui la répression en Turquie, est l’antithèse vivance de Sarah Wagenknecht.

Die Linke n’est pas LFI, contrairement à ce que partisans comme adversaires de LFI nous répètent en France. L’organisation la plus proche de LFI en Allemagne lors de son lancement était le BSW, que LFI évite maintenant, un peu comme le RN essaie d’éviter l’AfD. Mais pour clarifier vraiment, encore faudrait-il que le POI, cercle dirigeant de LFI autour de J.L. Mélenchon, rompe ses liens notoires avec le BSW, qui fut encore une composante active de la conférence « pacifiste » de Londres en juin dernier …

Quatrième leçon et enjeux immédiat : à Berlin peut se constituer un gouvernement d’unité populaire réelle, si le SPD rompt avec sa ligne nationale et accepte l’alliance avec Die Linke et les Verts, pour l’accessibilité et le logement public, pour une Allemagne unie et démocratique, contre le racisme, les nazis, Trump et Poutine.

VP.

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