23.06.2026 à 19:51
aplutsoc
Source : https://newpol.org/after-cuban-communism/
Présentation de New Politics
Samuel Farber a initialement publié cet article en espagnol sur sa page Facebook le 19 juin 2026, au moment même où Cuba annonçait une nouvelle politique économique. Farber avait rédigé l’article avant l’annonce de ces changements. – La Rédaction de New Politics.
Texte
Récemment, plusieurs articles sont apparus sur Facebook concernant le programme politique qui devrait être adopté dans un Cuba post-communiste. Ces articles portaient principalement sur l’avenir du Parti communiste cubain (PCC), en particulier sur la question de savoir si le PCC devrait être interdit une fois qu’il aura été retiré du pouvoir.
Toutefois, cette question ne peut être résolue sans examiner au préalable le processus par lequel le PCC serait évincé et la position que nous devrions adopter à l’égard de cet événement. Ce processus serait-il principalement le produit d’une révolution démocratique dans l’île ? Ou serait-ce le produit d’une invasion réussie organisée par le gouvernement américain se terminant par une occupation militaire du pays, ou de l’établissement d’un protectorat dans le style vénézuélien ?
Comme dans le cas du Venezuela, un protectorat américain de Cuba pourrait être compatible avec la création d’une nouvelle variété de capitalisme d’État privatisant des secteurs importants de l’économie. Si les États-Unis réussissent, d’une manière ou d’une autre, à reprendre le contrôle de Cuba après plus de 65 ans, nous, Cubains partisans de la démocratie et de l’autodétermination nationale, devons continuer à nous opposer au PCC (peu importe s’il finit aux marges de la vie politique) mais notre objectif principal doit être la lutte démocratique contre la domination étrangère. Nous ne pouvons pas nous permettre de devenir des conseillers de l’empire sur la façon de gouverner Cuba, y compris sur ce qu’il faut faire avec les survivants du PCC.
En même temps, nous devrions nous préparer à la division probable qu’une telle situation pourrait engendrer parmi le peuple cubain. Les dirigeants américains compteraient avec le soutien actif de l’extrême droite cubaine installée dans le sud de la Floride et de leurs équivalents à l’intérieur de l’île, ainsi que d’autres secteurs importants de Cubains. Mais les forces démocratiques à l’intérieur de l’île qui soutiennent véritablement l’autodétermination nationale s’opposeraient à la puissance étrangère ainsi qu’à ceux qui la soutiennent. De telles divisions politiques ne sont pas nouvelles à Cuba. Les combattants de l’indépendance cubaine à la fin du XIXe siècle n’étaient pas la seule option politique pour les Cubains. Il y avait aussi des Cubains qui soutenaient l’autonomie, mais pas l’indépendance vis-à-vis de l’Espagne, ainsi que des sympathisants des « volontaires » espagnols et même de soi-disant « guérilleros » qui combattaient très activement au nom du colonialisme espagnol.
Supposons cependant que le gouvernement cubain soit renversé d’en bas par une véritable révolution démocratique dans l’île. Cela pourrait politiquement créer une situation beaucoup plus complexe vis-à-vis du statut du PCC. Ainsi, par exemple, une scission pourrait se développer au sein du PCC si une partie de sa base et même la bureaucratie du parti soutenaient une révolution démocratique. Ce fut le cas de la révolution hongroise en 1956, lorsque le dirigeant communiste Imre Nagy devint le Premier ministre à la tête des forces révolutionnaires. Il n’est pas étonnant qu’Imre Nagy ait été exécuté par l’URSS peu après son invasion [par l’armée « rouge »] et la contre-révolution menée ainsi dans le pays. Ce fut aussi le cas de la Tchécoslovaquie en 1968, où le dirigeant communiste Alexandre Dubcek a joué un rôle similaire à Nagy, avec un dénouement similaire, bien que moins sanglant qu’en Hongrie.
Le soutien des membres, et, voire de la hiérarchie du PCC en faveur d’une révolution démocratique à Cuba pourrait également affecter cette révolution dans le sens de la rendre moins sanglante. Cela créerait d’autres problèmes en ce qui concerne la façon de traiter le soutien des éléments du PCC compromis avec leur bilan en tant qu’organisation anti-démocratique et répressive. Néanmoins, rien de tout cela ne justifierait d’interdire l’existence continue du PCC après avoir perdu son pouvoir, à condition que :
# Tout d’abord, toutes les propriétés appartenant au PCC, tant physiques que financières, soient confisquées et retournées aux finances publiques aux frais desquels elles ont été initialement obtenues.
# Deuxièmement, tous les membres et en particulier les hauts fonctionnaires du PCC qui ont commis des crimes, qu’ils soient communs ou politiques, qui ont utilisé leur appartenance ou plus probablement leur position élevée dans le PCC pour obtenir l’impunité, doivent être traduits en justice pour leurs infractions comme tout autre citoyen cubain.
# Troisièmement, qu’une nouvelle Assemblée constituante soit élue pour révoquer tous les pouvoirs conférés au PCC en vertu de la Constitution actuelle. Une telle Assemblée devrait bien sûr discuter et se prononcer sur des questions encore plus fondamentales telles que l’état des principaux éléments de l’économie cubaine, et des systèmes d’éducation, de santé et de Sécurité sociale, entre autres. Vont-ils avoir une nature principalement publique et démocratique émergeant d’en bas au lieu d’un caractère privé et capitaliste ? Même si seule une minorité soutenait une constitution socialiste et démocratique, il est très important que ces questions soient discutées par l’Assemblée en public. En ce qui concerne spécifiquement le PCC : une fois privé par l’Assemblée de ses pouvoirs et privilèges, le PCC devrait avoir les mêmes droits et obligations que tout autre parti politique. Cela signifie qu’il ne serait en mesure de recueillir un soutien que sur la base de ses idées et de ses pratiques, et non sur ses pouvoirs privilégiés. Il convient d’établir clairement qu’aucun groupe ou parti ne soit déclaré illégal sur la base de ses idées, aussi antidémocratiques soient-elles, mais seulement exclu en fonction de ses actions, en particulier celles qui attaquent l’intégrité physique et les droits démocratiques du peuple.
Note d’Aplutsoc : l’usage du terme communiste/communisme dans ce texte porte principalement sur le pouvoir exercé par le Parti dit communiste. L’existence d’un authentique régime communiste à Cuba basé par l’abondance, la bonne vie, et la démocratie la plus large pour toutes et tous renvoie à une réalité qui n’est jamais advenue sur l’île malgré la formidable révolution de 1959-60.
22.06.2026 à 14:46
aplutsoc
Toutes les trois minutes, en France, un enfant est victime d’un viol ou d’une tentative de viol. Toutes les trois minutes ! Derrière ce chiffre insoutenable, il y a des vies brisées, des enfances volées, des traumatismes qui marquent toute une existence. Dans une classe de trente élèves, trois enfants, en moyenne, ont subi ou subiront des violences sexuelles au cours de leur enfance. Trois enfants ! Et pourtant, le silence continue trop souvent de recouvrir leurs souffrances.
Ce silence n’est pas seulement celui des victimes, auxquelles la peur, l’emprise ou la honte sont imposées. C’est aussi celui d’une société qui peine encore à regarder la réalité en face. C’est le silence des institutions lorsqu’elles tardent à protéger, à enquêter ou à juger. C’est le silence politique lorsque les réponses apportées restent dramatiquement en deçà de l’ampleur du drame. Car n’en déplaise à Macron et Darmanin, il s’agit d’abord d’une question de moyens pour permettre à la justice de fonctionner, et de ce point de vue la politique gouvernementale est lamentable.
Les travaux de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE) ont permis à des dizaines de milliers de victimes de faire entendre leur parole. Ils ont mis au jour le caractère massif et systémique des violences sexuelles faites aux enfants. Ils ont également révélé les défaillances persistantes de nos institutions : repérage insuffisant, manque de formation, protection défaillante, parcours judiciaires éprouvants et absence de prise en charge adaptée pour de trop nombreuses victimes.
Nous savons. Nous ne pouvons plus dire que nous ignorions l’étendue du phénomène. Nous savons que les violences sexuelles touchent tous les milieux sociaux. Nous savons que les agresseurs sont le plus souvent connus des victimes. Nous savons que les conséquences psychologiques, sociales et sanitaires sont considérables. Nous savons enfin que l’inaction a un coût humain immense.
Face à cette réalité, les réponses fragmentées ne suffisent plus. Il est temps de construire une véritable loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Une loi qui articule prévention, protection, accompagnement, justice et réparation. Une loi qui garantisse les moyens nécessaires aux associations, à la justice, à l’école, aux services sociaux et aux professionnels de santé. Une loi qui fasse enfin de la lutte contre ces violences une priorité nationale.
Une telle loi doit partir d’un principe simple : la protection des victimes doit être au cœur de toutes les politiques publiques. Elle doit garantir une prévention ambitieuse dès le plus jeune âge, un repérage systématique des violences, une meilleure formation des professionnel.les, une justice plus rapide et plus protectrice, ainsi qu’un accompagnement durable des victimes et de leurs proches. Elle doit également reconnaître la réalité des violences sexistes et sexuelles comme une question majeure de santé publique, d’égalité et de démocratie.
Car derrière chaque statistique, il y a un visage, une histoire, une vie. Derrière chaque chiffre, il y a un cri. Un cri longtemps étouffé, ignoré ou minimisé. Un cri qui accuse notre silence collectif.
Chaque année, les violences sexuelles faites aux enfants et aux femmes coûtent près de 10 milliards d’euros à notre société. Pourtant, le véritable scandale n’est pas seulement financier. Il réside dans les vies détruites, les souffrances ignorées et les protections refusées. Face à cette réalité, nous n’avons plus le droit au silence. Nous avons le devoir d’agir.
Nous avons désormais le choix : détourner une fois de plus le regard ou agir à la hauteur de l’urgence. Pour notre part, nous avons choisi.
C’est pourquoi nous appelons à la mobilisation pour obtenir une loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Parce qu’aucune victime ne doit rester seule. Parce qu’aucun enfant ne doit être abandonné à son sort. Parce que la justice et la protection ne peuvent plus attendre.
Rendez-vous tous les lundis à 19 heures devant les tribunaux et le lundi 7 septembre pour une grève générale et nationale en soutien aux 6 millions de victimes d’agressions sexuelles et d’incestes.
Le silence a trop duré. Faisons entendre ensemble le cri des victimes.
Pascale Martin
Source : L’Après Hebdo du 21 juin 2026
22.06.2026 à 14:36
aplutsoc
Le DVD de l’Évangile de la révolution est enfin en vente !
https://buy.stripe.com/aFa4gt5QZ7Ux7VZ6RvdjO00
Commandez le long-métrage documentaire de François Xavier Drouet autour de la théologie de la libération et la participation des chrétiens aux luttes d’émancipation en Amérique latine, lauréat du prix Croire au Cinéma 2026.
En bonus, deux longs entretiens exclusifs enregistrés dans le cadre du tournage. Une première rencontre avec Michael Löwy, chercheur émérite au CNRS et auteur de La lutte des dieux, ouvrage de référence sur le christianisme de la libération. Et une discussion avec Fernando Altemeyer Jr., ex-prêtre et professeur en sciences des religions à l’Université pontificale de São Paulo.
Également en location VOD sur la plateforme Tënk :
https://www.on-tenk.com/fr/documentaires/luttes/levangile-de-la-revolution
Bande-annonce:
https://vimeo.com/1012023491
Amitiés,
Le Collectif de Solidarité avec le Peuple du Nicaragua (CSPN)
22.06.2026 à 14:16
aplutsoc
Présentation
Ce 20 juin, un meeting international s’est tenu à Londres à l’appel de la (mal nommée) coalition Stop The War, des milieux syndicaux et politiques liés au CPB/Morning Star et de l’appel impulsé en France par le POI « contre la guerre ».
Sous le prétexte de promouvoir la paix et de dénoncer « les guerres », il s’agissait surtout d’appuyer l’exigence de capitulation de l’Ukraine. Cette campagne prétendument pacifiste a reçu un accueil des partisans de l’Ukraine Solidarity Campaign (UK) qui ont tenu un piquet de protestation ; d’autre part, elle a été l’objet d’une lettre ouverte du Mouvement Social/Sotsialnyi Rukh ukrainien.
Présentation par l’Ukraine Solidarity Campaign (UK)

Le 20 juin, la coalition « Stop the War » (StW) organise à Londres une grande conférence internationale contre la guerre. En janvier dernier, la Campagne de solidarité avec l’Ukraine avait écrit à Lindsey German, coordinatrice de StW, pour souligner que tout débat crédible sur la guerre devait inclure les personnes directement touchées par l’invasion non provoquée de la Russie — en particulier les syndicalistes ukrainien·nes et les organisations de gauche démocratique. Nous avons proposé notre aide pour organiser cette participation. Nous avons reçu une réponse provisoire le 28 janvier indiquant que les décisions n’avaient pas encore été prises – aucun·e intervenant·e ukrainien·ne n’avait été invité·e.
Afin de veiller à ce que ces voix ne soient pas exclues, nous publions une lettre ouverte percutante adressée à la conférence par Snizhana Oleksun, présidente du Conseil de l’organisation socialiste démocratique ukrainienne « Mouvement social » (Sotsialnyi Rukh). Snizhana est enseignante et militante syndicale à Kryvyi Rih, une grande ville industrielle d’Ukraine. Son message nous parvient directement depuis les premières lignes de la résistance à l’impérialisme russe et de la lutte pour la justice sociale. Nous distribuerons cette lettre ouverte aux participant·es à la conférence.
Comme l’indique la lettre : « Nos voix — celles de ceux qui résistent à l’impérialisme, qui luttent pour la justice sociale et qui vivent cette guerre — sont absentes. » Nous invitons les lecteurs/lectrices à diffuser largement ce message afin que celles et ceux qui subissent les conséquences de cette guerre ne soient pas réduit·es au silence par leur exclusion de cette conférence.

Nous sommes réuni·es aujourd’hui à Londres alors que l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie continue de ravager des villes, des lieux de travail et des communautés. Chaque jour apporte son lot de nouvelles frappes de missiles sur des habitations, des écoles, des hôpitaux, des dépôts ferroviaires et des infrastructures énergétiques. Des millions de travailleurs/travailleuses sont déplacé·es des milliers ont été tué·es sur leur lieu de travail ; des régions entières sont confrontées à l’occupation, à la répression et à une « russification » forcée.
Pourtant, aucun·e socialiste, syndicaliste, féministe ou militant LGBTQ+ ukrainien·ne n’a été invité·e à prendre la parole lors de cette conférence. Nos voix — celles de ceux qui résistent à l’impérialisme, qui luttent pour la justice sociale et qui vivent cette guerre — sont absentes.
Baisser les armes, c’est notre défaite
L’appel lancé lors de la conférence exhorte les personnes à « baisser les armes et augmenter nos salaires ». Pour les travailleurs et travailleuses ukrainiennes, ce n’est pas une option. Si nous baissons les armes, nous sommes vaincu·es. L’occupation n’apporte pas la paix — elle apporte l’occupation, les fosses communes, les enlèvements d’enfants, les déportations et la destruction des syndicats indépendants et de la société civile.
Une politique de paix qui oublie celles et ceux qui sont attaqués n’est pas du tout une politique de paix .
Une résistance populaire — et une lutte pour la justice sociale
Cette guerre revêt le caractère d’une guerre populaire. Plus d’un million d’Ukrainien·nes servent dans les forces de défense ; des millions d’autres assurent le fonctionnement du pays : cheminot·es, infirmier·es, travailleurs et travailleuses du secteur de l’énergie, enseignant·es, bénévoles. Chaque jour, des travailleurs/travailleuses nous contactent au sujet des drones qu’elles et ils doivent financer par le biais de campagnes de financement participatif, de collègues tué·es au travail, de salaires impayés et des pressions écrasantes de la guerre.
Les socialistes démocratiques et les syndicalistes ukrainien·nes mènent un combat sur deux fronts :
• Contre l’impérialisme russe, qui cherche à rayer notre pays de la carte et à écraser nos mouvements.
• Contre les politiques néolibérales nationales, qui affaiblissent les droits du travail, privatisent les biens publics et sapent l’effort de guerre en faisant peser le fardeau sur les citoyen·nes ordinaires tandis que la fortune des oligarques reste intacte.
Nous rejetons à la fois l’impérialisme et l’austérité. Nous luttons pour une Ukraine libre, démocratique et socialement juste.
À la gauche internationale et au mouvement pacifiste
Trop de forces progressistes continuent de voir le monde à travers un prisme dépassé, en considérant les États-Unis comme la seule puissance impérialiste et la Russie comme sa victime. Ce cadre de réflexion ne permet pas d’expliquer pourquoi l’Ukraine continue de résister même après le retrait de l’aide militaire américaine. Il ne permet pas non plus d’expliquer pourquoi les travailleurs et les travailleuses, les féministes, les militant·es LGBTQ+ et les socialistes ukrainien·nes soutiennent massivement la résistance.
S’opposer à l’envoi d’armes à l’Ukraine au nom de l’« antimilitarisme » nous laisse sans défense. Ce n’est pas de la solidarité, c’est de l’abandon.
À quoi ressemble la véritable solidarité ?
Nous appelons toutes les personnes présentes à la conférence aujourd’hui à :
• Se tenir aux côtés des travailleurs/ytravailleuses, des syndicats et des mouvements sociaux ukrainien·nes qui résistent à l’invasion et luttent pour les droits démocratiques.
• Soutenir l’aide militaire et humanitaire qui permet à l’Ukraine de survivre et de défendre sa population.
• S’opposer aux réformes néolibérales qui sapent les droits du travail et les protections sociales en temps de guerre.
• Exiger une paix juste — une paix décidée par les Ukrainien·nes, et non imposée par Trump, Poutine et les accords entre grandes puissances qui récompensent l’agression.
L’extrême droite au Royaume-Uni, aux États-Unis et ailleurs défend Poutine. Une défaite de l’Ukraine renforcerait les forces fascistes et autoritaires partout dans le monde.
La résistance de l’Ukraine — la survie de notre mouvement syndical — soutient les luttes pour la démocratie et la justice sociale à travers le monde.
N’excluez pas les voix ukrainiennes !
Ne qualifiez pas l’occupation de « paix » !
Soutenez l’Ukraine ! Soutenez les travailleurs et les travailleuses ukrainiennes !
Snizhana Oleksun
Conseil du Mouvement social (Sotsialnyi Rukh)
Paru initialement sur le site de l’USC :
Publié en premier en français sur le site Entre Les Lignes Entre Les Mots :
22.06.2026 à 13:34
aplutsoc
La marche KyivPride a rassemblé 5 000 personnes.
La marche a duré 2 heures et s’est déroulée sur 1,2 kilomètre. Le cortège est parti du bâtiment rouge de l’Université nationale de Kiev, puis a emprunté le boulevard Taras Shevchenko et la rue Yevhen Chykalenko jusqu’à la station de métro « Place des Héros ukrainiens ».
La marche a réuni des personnes LGBTQ+, des militaires, des vétérans et des vétéranes, des défenseurs des droits humains, des représentants étrrangers, des organisations de la société civile ainsi que des alliés et alliées de la communauté venus de toute l’Ukraine.
Cette année, la marche KyivPride s’est déroulée sous le slogan « Nos familles font partie de l’Ukraine».
Nos revendications à l’égard des pouvoirs publics restent inchangées :
1. Ne pas adopter le projet de nouveau Code civil, car il contient des dispositions discriminatoires et va à l’encontre des engagements de l’Ukraine dans le cadre de l’intégration européenne. Veiller en revanche à la mise en œuvre des feuilles de route de transformation en associant les organisations LGBTIQ+ en tant que partenaires à part entière au processus de changement.
2. Reconnaître les partenariats familiaux pour les militaires et les civils comme une étape importante vers l’égalité en matière de mariage, l’harmonisation de la législation ukrainienne avec les normes européennes d’égalité et le respect des obligations de l’Ukraine découlant des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme.
3. Instaurer une responsabilité pénale équitable pour les crimes motivés par l’intolérance, notamment l’homophobie et la transphobie, en améliorant le Code pénal ukrainien.
4. Aligner la législation médicale ukrainienne relative à la transition transgenre sur les normes actuelles et la mettre en conformité avec la CIM-11. Simplifier la procédure de modification officielle des documents d’identité pour les personnes transgenres.
Kyiv Pride, le 21 juin 2026.
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A 13h La marche LGBT convoquée à 11 heure a été interrompue suite à des explosions liées aux opérations de défense aérienne dans la capitale. Ce qui rappelle à tous et toutes que participer aux rassemblements de Lviv, Kyiv à Poltava n’est pas sans risques. En Syrie, les ruscistes observaient les concentrations de téléphones portables pour frapper.
Les syndicats Priama Diia et le syndicat des militaires LGBTQ+ ont appelé à la marche. Atelier féministe, Bilkis et Kharkiv Pride également.
Patrick Le Tréhondat

Contre la marche des Fierté qui doit se tenir ce matin à Kyiv des dizaines de militants d’extrême droite se sont déjà rassemblées sur la place de l’Indépendance à Kyiv. On évoque le nombre de 300. La plupart des participants ont le visage dissimulé et affirment « soutenir la famille ukrainienne et contre les dégénérescences » avec des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « La famille ukrainienne : mère, père et enfant », « Protégez la famille, sauvez l’Ukraine », « L’école n’est pas un lieu d’expérimentation sexuelle ».
PLT, le 21 juin 2026
Infos transmises par Patrick Le Tréhondat (RESU)
21.06.2026 à 20:25
aplutsoc2
Photo illustrant cet article : cette prairie était verdoyante et humide il n’y a que trois semaines. La rapidité du désséchement est sans précédent historique connu.
La « canicule » actuelle, succédant à peu de semaines d’intervalles à celle de mi-mai, est vécue en France comme exceptionnelle alors que, mondialement, de tels phénomènes n’ont plus rien d’exceptionnel. L’Inde subit depuis plusieurs années des matraquages thermiques estivaux à 50 degrés, qui rendent infernales ses jungles urbaines. Et ce n’est qu’un exemple. Selon l’agro-climatologue Serge Zaka, dont nous avons déjà pris la défense dans Aplutsoc contre les campagnes de menaces et harcèlements climatosceptiques qui l’ont ciblé, aujourd’hui reconnu comme référence scientifique, lui-même et ses collègues, qui n’ont jamais cherché à euphémiser et à dénier le danger, sont alarmés par l’ampleur du phénomène et sa puissance.
Survenant peu après des poussées de précipitations, il n’en a pas moins lessivé, par une évapotranspiration accélérée, les réserves d’eau. Il est effectivement assez centré sur la France, épargnée relativement, ces deux dernières années, par des « dômes de chaleur » analogues mais peu éloignés, et c’est maintenant par l’ouest, par la Bretagne, qu’arrive un air de type saharien :

Non seulement la vie quotidienne est pénible et dangereuse pour tout le monde, notamment pour les travailleurs, les écoliers, les handicapés et les vieux, mais la production alimentaire est directement menacée d’un choc majeur. Le patronat rentier, financier et céréalier qui tient la FNSEA n’a jamais anticipé ni envisagé cela, bien plus occupé à détricoter toutes les « normes » écologiques, comme ils disent, bien insuffisantes pourtant. Citons Serge Zaka :
« Il devient très probable que la végétation du Centre-Ouest de la France subisse une conjonction rarissime de facteurs physiques conduisant à une HWFD (Heat Wave Flash Drought), plus communément appelée « sécheresse éclair » ou « effet sèche-cheveux » : des températures dépassant 42°C, une humidité relative inférieure à 20 % et des vents supérieurs à 30 km/h.
Cette combinaison extrême accélère brutalement l’évapotranspiration et l’assèchement de la végétation. Les plantes peuvent alors basculer en quelques heures d’un état de stress hydrique modéré à une situation critique, avec des chutes de feuilles massives observables à l’échelle de paysages entiers, parfois sur des dizaines de milliers de kilomètres carrés. Dans ces conditions, l’irrigation apporte souvent peu de bénéfices immédiats : le problème n’est plus seulement le manque d’eau dans le sol, mais un stress thermique d’une intensité exceptionnelle.
En France, le principal cas documenté de ce phénomène reste celui du 28 juin 2019, lorsque des millions de plantes et d’arbres ont perdu une partie de leur feuillage en quelques heures seulement sous l’effet de températures extrêmes, d’un air très sec et d’un vent desséchant. C’est d’ailleurs le seul cas aussi extrême documenté au monde. »
Une série de 3 à 10 journées ou plus, semblables ou pires au 28 juin 2019, s’annonce, ce qui veut dire une catastrophe agricole sans équivalent, en France, depuis les temps préindustriels (ou il s’agissait de disettes), par la proportion de la production alimentaire menacée.
Les conférences de presse gouvernementales, séminaires et réunions de crise, en train d’être répercutées dans les préfectures et administration à la manière de ce qui s’était passé lors de l’arrivée du Covid, voient invariablement les ministres et leurs représentants proclamer, avec un culot sans nom, avoir « anticipé ». Le ministre de l’Education Nationale E. Geffray a « anticipé » puisqu’il a pondu une circulaire … fin mai, à la fin de la première canicule ! Et dans cette circulaire, des recommandations : hydratez vous !
Pathétique fut la conférence de presse du ministre de l’Intérieur et de la ministre de la Santé vendredi dernier : panique perceptible quand celle-ci explique aux gens qu’ils peuvent aller se mettre dans les Epahd si leurs salles climatisées fonctionnent !
Dans l’Education nationale, les fermetures contraintes d’écoles et d’établissement, pour éviter des malaises en masse, vont bien entendu s’imposer dès lundi, mais sans organisation ni coordination, car le ministère, n’est-ce pas, avait « anticipé » : « hydratez vous » !
S’agit-il là d’impréparation, ou d’une politique ? Il s’agit d’une politique.
Ne rien faire pour éviter la catastrophe et placer la société devant ses prétendues « responsabilités » quand elle survient, c’est une politique, celle du capital dont l’accumulation et la circulation accélérée, causes de la crise bioclimatique, n’ont que faire des besoins sociaux, humains et naturels.
La « conscience du capital » est le mieux explicitée par son faisant fonction le plus riche, Elon Musk : nous, les surhommes, nous irons sur Mars ou dans des ilots fortifiés, le grand nombre on n’en a rien à foutre.
Les climatosceptiques et l’extrême droite sont les idiots utiles de cette barbarie mortifère. Mais quand arrive le coup de matraque des 40° et plus pendant de longues journées, de l’arrivée possible des 50° cette année ou la prochaine, et des nuits à 30°, ils sont obligés de changer un peu de disque.
Qu’à cela ne tienne, Marine Le Pen accuse le gouvernement … de n’avoir pas écouté le GIEC !!! Avec son flair, que l’on ne retrouve pas chez le gandin Bardella, elle a compris qu’il ne fallait pas passer pour des négationnistes de ce qui fait souffrir en masse les gens. De là à agir sur les causes, parfaitement connues, à savoir la combustion massive des hydrocarbures fossiles pour faire tourner la machine à accumuler, non : la solution ce serait les climatiseurs partout, et Marine Le Pen présidente ne vous rasera pas gratis mais vous installera la clim’ partout !
Ce qui veut dire : ne rien faire sur les causes, aggraver encore la situation, et continuer droit dans le mur en accélérant.
Cela dit, la ficelle est grosse et tomber dans le panneau de « la gauche qui est contre la clim’ « , cette nouvelle légende urbaine, est stupide. Car revendiquer la clim’ tout de suite dans les salles de classe et l’ensemble des Epadh et hôpitaux, est tout à fait justifié, sans la faire passer pour la solution qu’elle n’est pas.
Trois congrès syndicaux confédéraux ont accompagné la période de la catastrophe thermique à la française de 2026 : FO, la CGT, et maintenant la CFDT. De fait, c’est donc sans doute au congrès CFDT, qui arrive en plein dedans, que cette situation sera la plus commentée : droit de retrait, CHSCT, droit du travail et vagues de chaleur, seront sans nul doute (et c’est normal) des sujets fortement présents.
Mais l’urgence et l’imminence de la catastrophe ne commandent-t-ils pas l’action à une tout autre échelle ?
Le monde du travail a besoin de deux consignes claires et généralisées :
La GREVE QUAND IL FAIT TROP CHAUD, interrompant l’accumulation et la circulation du capital avec l’efficacité d’un virus, pourrait être la première bataille efficace de masse pour le climat. Etre pour le climat c’est être contre le capital !
Le front commun et les comités d’action sont là aussi nécessaires, et nous mettons cette question, pleinement, à l’ordre-du-jour de la réunion-débat du 5 juillet 2026.
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