26.09.2026 à 16:35
aplutsoc
Introduction
L’Union départementale CGT de la Sarthe a organisé, lundi 21 septembre, un rassemblement devant l’usine Renault du Mans suivi d’un autre rassemblement le soir à 18H à la place de la Préfecture, pour « ouvrir le débat sur la fabrication de drones militaires par Renault ».
Cette initiative, qui, selon les publications de l’UD, a réuni environ 80 participants, avec le soutien de Solidaires, de la LDH, du PCF, du Mouvement de la Paix et de Sortir du nucléaire, s’est tenue sur une orientation « pacifiste » – nous allons nous expliquer sur l’emploi des guillemets – assez bien représentative, par son contenu, d’un discours fréquent en France, dans certains secteurs syndicaux et de la part du PCF et aussi de LFI (qui n’était pas en l’occurrence partie prenante).
C’est pourquoi, ces camarades ayant appelé au débat, nous y prenons part en leur adressant des arguments portant sur le contenu de leur initiative, en leur adressant, et à l’ensemble des militants ouvriers pour discussion, les remarques qui suivent.

Premièrement, vous parlez de « vos guerres » (visuel ci-joint), ou de « la guerre » en général, sans dire de quelle guerre il s’agit précisément. Mais il est notoire qu’il s’agit de la fabrication de drones par Renault, en association avec la PME Turgis Gaillard, à destination (non gratuite) de l’Ukraine, sous la coordination de la DGA (Direction Générale des Armements).
Il s’agit donc non de la guerre en général, mais d’une guerre précise, à propos de laquelle vous vous insurgez quant au fait qu’une usine française puisse produire des armements, et d’un pays précis concerné par cette guerre, l’Ukraine.
De la part de l’Ukraine, il s’agit d’une guerre défensive devant une agression impérialiste massive et destructrice. Un peuple opprimé et menacé de destruction a-t-il le droit de se défendre ?
Si la Russie s’arrête, cette guerre prend fin. Si l’Ukraine s’arrête, la guerre continue jusqu’à sa destruction au risque de se prolonger plus loin.
Le syndicalisme et les forces politiques issues du mouvement ouvrier ne peuvent pas faire comme si cette question ne se posait pas au motif que la guerre est quelque chose de mal, ce qui est vrai. Dans leur tradition politique, toutes les guerres ne sont pas équivalentes. En 1914 il était juste de refuser l’alignement sur quelque camp que ce soit. Quand la Russie révolutionnaire subissait le blocus et les agressions généralisées en 1918, il était juste de la défendre. Dans la guerre civile espagnole en 1936-1939, il y avait un camp à défendre et à armer, celui des ennemis de Franco. Dans la Seconde Guerre mondiale, la résistance armée contre le nazisme et le fascisme était juste, indépendamment des visées de Roosevelt, Churchill et Staline. Dans les guerres coloniales, le droit à l’autodétermination nationale valait la peine d’être défendu.
Et dans chacun de ces exemples, la voie de la paix véritable n’était autre que la voie du combat.
À moins que l’on pense que ce n’est pas l’Ukraine, mais l’OTAN, qui lutte contre la Russie, voire que l’Ukraine, cela n’existe pas : c’est ce que dit Poutine, et cette position équivaudrait à soutenir l’un des camps en présence, celui du plus fort, celui de la puissance impérialiste. Ce qui ne signifie nullement qu’on adhère à la politique des pays européens et des États-Unis, lesquels, d’ailleurs, craignent de soutenir vraiment l’Ukraine.
Deuxièmement, de même que vous parlez de « la guerre » ou de « leurs guerres » en général, vous parlez de « la paix » en général. Tout le monde est pour la paix. Mais il y a paix et paix.
La paix des cimetières, la paix des vainqueurs et des oppresseurs, la paix qui entérine l’occupation et les génocides accomplis, est-ce bien la paix que nous voulons, que vous voulez ?
C’est celle à laquelle conduirait le désarmement de l’Ukraine. Elle serait le plus court chemin vers la guerre !
Troisièmement, certes, s’il faut livrer des armes à un peuple qui lutte pour se défendre, cela n’autorise pas n’importe quoi et cela doit se faire dans la transparence sur les objectifs et les moyens.
La guerre des drones, avant d’être une technologie convoitée par les industriels de l’armement en France comme en Allemagne et aux États-Unis, a été l’arme par laquelle les Ukrainiens, de manière généralisée et décentralisée, ont sauvé leur peau.
Bien sûr, la distinction entre « défensive » et « offensive » est fallacieuse, mais force est de constater qu’à ce jour, l’armée ukrainienne s’efforce de ne pas bombarder les villes russes, mais les centres militaires, logistiques et les raffineries, à des fins défensives efficaces, à la différence du ciblage systématique des civils et des équipes de secours par les bombardements russes.
De même, les Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie ont le droit de se défendre, mais les méthodes du Hamas commettant les crimes de masse du 7 octobre 2023 les ont desservis, affaiblis, et ont permis l’offensive à dynamique génocidaire du gouvernement israélien actuel.
Il y a un grand enjeu sur la production et l’usage des drones, qui avec l’IA ont d’ores et déjà redéfini les conditions de la guerre moderne, au point que la dissuasion robotique s’ajoute à la prétendue dissuasion nucléaire, et permet d’envisager son dépassement.
Nous attirons l’attention du collectif Sortir du nucléaire sur ce point : vous êtes opposés, pour des raisons légitimes et scientifiquement étayées, aux centrales nucléaires, mais celles-ci ne peuvent pas être dissociées de l’existence, potentielle ou, dans le cas français, bien réelle, du nucléaire militaire.
Combattre la production de drones, c’est laisser le champ libre à la place encore dominante du nucléaire militaire et donc au nucléaire dit civil ! Le réalisez-vous ?
D’où cette quatrième remarque : assurément, il faut contester et discuter tant la stratégie industrialo-financière du groupe Renault que les orientations de la loi de programmation militaire. Le contrôle démocratique, la transparence, et la rupture avec la centralité du nucléaire, permettraient des dépenses militaires beaucoup moins élevées et en même temps beaucoup plus efficaces – où les drones auraient une très grande place.
Rappelons que la CGT, de même qu’elle réclame à juste titre la reconstitution d’un service public de l’énergie, préconise un pôle public national de défense, ce qui devrait être à notre avis un premier pas pour donner à cette production hélas nécessaire aujourd’hui sa juste place, en dehors du marché et de l’enrichissement des actionnaires de Dassault, Thalès, Safran et autres, ce qui appelle la nationalisation de ce secteur, sous contrôle des personnels et de leurs syndicats pour l’organisation de la production, et d’une représentation démocratique nationale pour ses finalités.
Force est de constater qu’en priorisant l’opposition à la production de drones au nom de « la paix », vous laissez de côté ces objectifs allant à l’encontre du grand capital, pourtant cohérent avec vos revendications de réindustrialisation et de défense de l’emploi, affaiblissant ainsi vos propres objectifs.
Dernier point : dans le budget, non de guerre, mais de guerre sociale, de Macron et Lecornu qui cherchent le soutien ou l’abstention du RN, le motif principal des attaques contre les services publics, les agents publics, les retraites, la santé et les droits sociaux n’est pas la guerre, car, contrairement à ce que prétend Macron aux paroles duquel il conviendrait de ne pas donner crédit, nous ne sommes pas en « économie de guerre ».
Le motif principal est la prétendue dette « publique », qu’il faudrait soi-disant rembourser, alors qu’en réalité le paiement des intérêts sur les bons du Trésor a remboursé et au-delà les capitalistes financiers qui en échangent les titres sur les marchés boursiers.
Si l’on cesse d’obéir aux intérêts capitalistes, il y a tous les moyens de restaurer la santé publique, l’école publique, l’environnement, les retraites, de sauver la forêt et l’agriculture, et de produire des drones et véhicules militaires pour aider les peuples opprimés et, ainsi, nous aider nous-mêmes en nous donnant les moyens de résister et de riposter aux Poutine et aux Trump !
Il nous semble, par conséquent, qu’avec de bonnes intentions, car tout le monde veut et préfère la paix, vos positions par leurs conséquences concrètes ne sont pas pacifistes, mais favorisent la guerre, la guerre des puissants, en désarmant la lutte contre eux, et ne permettent pas un combat efficace pour l’emploi et la réindustrialisation, comme contre le budget de Macron-Lecornu-Le Pen.
Discutons, camarades.
Comité de rédaction du bulletin Arguments Pour la Lutte Sociale (aplutsoc.org)
26.09.2026 à 12:04
aplutsoc2
Les larges masses interviendront-elles dans cette « primaire » et de quelle façon ?
Cette question semblera saugrenue à bien des militants, imbus des représentations courantes dans les milieux militants – qu’il s’agisse de militants se croyant de « gauche de rupture » où l’on fait profession de mépriser tout ce qui relève du PS, ou de militants se voulant « social-démocrate » et n’ayant aucune envie d’une large intrusion dans ce qu’ils voudraient être « leur » primaire.
Elle n’a en réalité rien de saugrenue : cette affaire intéresse la classe ouvrière et la jeunesse, et c’est précisément pour cela que bien des facteurs concourent à les en désintéresser.
Rappelons que le thème d’une primaire de toute la gauche visait initialement à réaliser l’unité pour gagner et battre le RN. En lançant comme une machine de guerre et un rouleau compresseur sa candidature, J.L. Mélenchon début mai, a voulu interdire cette possibilité, et F. Roussel l’a suivi de manière poussive et caricaturale quelques mois plus tard. Le thème de la primaire s’est alors réduit à une primaire de la gauche hors LFI. Cela en réduisait singulièrement la portée, mais la dynamique possible d’un.e candidat.e qui en serait sorti légitimé et se serait adressé à J.L. Mélenchon pour exiger l’unité pour gagner, demeurait une possibilité. Un vote des adhérents du PS fin juin, marqué par une très faible participation, a voulu interdire même cette possibilité.
Et pourtant elle a ressurgi. A cause des sombres manœuvres du méchant Olivier Faure, pensent les « sociaux-démocrates », ou des méprisables sursauts du ridicule Olivier Faure, disent les « insoumis ». Olivier Faure n’en mérite pas tant, ni d’un côté ni de l’autre, car ce sont les besoins objectifs de la lutte des classes, de l’unité pour gagner, ce facteur profond et en dernière instance décisif auquel les commentateurs patentés ne peuvent professionnellement rien comprendre, qui ont pesé ici, les doxas et les formules ne valant que par leur répétition dans les milieux militants ne faisant quant à elles que l’obscurcir. Car l’unité pour gagner, contre Le Pen et la V° République, est un besoin objectif et une trame profonde de la réalité.
La demande de François Ruffin (qui aurait été suivi de Marine Tondelier) d’entrer dans cette primaire, à laquelle la GRS (Gauche Républicaine et Socialiste, le groupe de Maurel et Liennemann) était d’ailleurs intégrée, le soutien qu’a apporté Olivier Faure, après avoir annoncé sa propre candidature, et l’opposition à un droit de péage de 15 euros pour rendre le vote plus massif et plus ouvert, auraient effectivement rebattu les cartes en faisant de cette primaire le rassemblement unitaire pour battre le RN et les héritiers du macronisme et imposer l’unité à LFI (et au PCF) qui avait été espéré au printemps.
Les secteurs de l’appareil du PS liés à l’ancien président Hollande et aux présidences des Régions se sont cabrés pour interdire cela, et Raphael Glucksmann est devenu de plus en plus leur « otage ».
Ils ont donc imposé un cadre dans lequel les adhérents du PS, de Place publique et de GRS sont a priori les votants, les autres devant payer un droit de péage de 15 euros (« 10 euros tarif social »), en s’inscrivant avant le 5 octobre inclus pour voter au premier tour les 9 et 10 octobre, avant le 12 octobre inclus pour voter au second tour les 16 et 17 octobre.
Ce cadre semble avoir été fabriqué pour faire gagner, si possible dès le premier tour, Raphael Gluksmann, c’est du moins ce que veulent croire ses partisans. Mais s’il occupe là une place politique qu’il ne semble pas maitriser lui-même (ceci n’est pas un jugement sur lui, mais le constat qu’il se trouve dans cette situation de manière objective, sans l’avoir construite lui-même ou par ses propres forces), c’est en raison du soutien populaire à la résistance ukrainienne qui lui avait permis, et au PS en même temps à ce stade, un bon score aux Européennes de 2024, devant LFI, ce qui a ensuite été l’un des facteurs indispensables à la formation du NFP à laquelle cependant R. Glucksmann était hostile et dont il a tout fait pour s’extirper.
Le projet politique de R. Glucksmann – refuser toute alliance, présidentielle, législative, et bien entendu sur le terrain social – avec ce qui se trouve « à la gauche » du PS, pour entrainer celui-ci dans une coalition à la fois anti-RN et anti-LFI avec les ci-devant macroniens, casserait net le relatif redressement qu’a amorcé le PS, et, je voudrais insister sur ce point, serait même contradictoire à ce qui a fait son succès relatif initial : le soutien à l’Ukraine.
Ce « marqueur » politique de R. Gluksmann est en train de passer au second plan et il est menacé d’être effacé par les forces politiques qui lui fournissent leur appui. Lesquelles ont, de plus, un second candidat derrière lequel R. Glukscmann sera sommé de s’effacer le moment venu s’il échoue à gagner cette primaire largement et si possible dès le premier tour : François Hollande.
Derrière Glucksmann il y a Hollande, en tant qu’ancien président de la V° République – qui a, à ce titre, même s’il a été cocufié au passage, accouché de Macron ! – et qui a fini de peaufiner par avance le cadre politique de son éventuelle candidature en se rendant début septembre à Sens, aux « journées » organisées par … Jean-Michel Blanquer, discuter courtoisement avec Edouard Philippe.
La ligne est celle de l’union nationale, elle laisse d’ailleurs ouverte même le ralliement final à E. Philippe, et c’est cette ligne, car il ne peut en avoir d’autre, vers laquelle plonge R. Glucksmann. Les partisans de ce dernier le sentent et voudraient imposer sa candidature par une forte participation en sa faveur, mais après avoir soutenu le verrouillage et la limitation de cette participation …
On notera d’ailleurs que Philippe Brun, ludion semi-populiste qui, après avoir fait le « Gilet jaune », entendait « briser le tabou de la retraite par capitalisation », recevait officieusement des « signaux » de soutien de la part de François Hollande, avant d’être liquidé par une affaire de violence et de harcèlement (voir le point le plus complet à ce sujet dans Mediapart).
Alors, après la tentative d’ouverture début septembre demandée par Ruffin, le cadre de cette primaire est-il à nouveau verrouillé (y compris par l’image donnée par des épisodes comme celui de P. Brun) de façon à interdire toute intervention des larges masses et assurer ainsi 1°) une victoire de R. Glucskmann, 2°) un retrait possible de celui-ci au profit de F. Hollande ?
Hé bien non, car encore et toujours, les lois des rapports sociaux sous-jacents pèsent et gênent les appareils politiques …
C’est ce qui ressort du premier débat télévisé de ce mercredi 23 septembre, car il a, clairement et malgré tout, donné l’impression d’un enjeu véritable, les « deux gauches » traversant le PS, pour le dire dans le langage des commentateurs médiatiques …
L’opposition principale est celle de Glucksmann et de Faure : dépasser/liquider le PS dans une alliance sans rivage sur son côté droit, ou le préserver/reconstituer en tant que parti parlementaire dans la persistance de la recherche de l’unité à gauche, au moins au plan parlementaire. Là-dessus, arrive Ségolène Royal, facteur de confusion notable, sur laquelle je vais revenir. Les deux autres candidats apparaissent comme des forces d’appoints, pour Glucksmann dans le cas de Guedj, pour Faure dans le cas de Maurel, (même si ce dernier est suspecté de capacités de retournements en tous sens, mais qui n’intéresseront guère – à juste titre – un large public).
Le fait même, malgré ses limites, malgré l’absence d’un Ruffin, d’une Tondelier, etc., d’un débat contradictoire sur les choix et les orientations à gauche, est, par son existence même et malgré tout, un point d’appui.
Les clivages apparus dans cet exercice télévisé peuvent se regrouper sous trois chapitres : la politique économique et sociale, l’international (Ukraine et Palestine), les alliances (LFI).
Même si l’on doit noter qu’Olivier Faure a sans doute reformulé le plus clairement la revendication d’abrogation de la réforme Macron des retraites, malgré sa manière faussement hésitante et contournée, il ne faut pas se faire de grandes illusions sur le premier de ces trois chapitres. Ceci vaut d’ailleurs aussi, je m’empresse de l’ajouter, pour les capacités anticapitalistes prêtées à la prétendue « gauche de rupture » : le rachat des titres de dette publique par la BCE sous les conseils du financier Mathieu Pigasse, comme grande rupture anticapitaliste d’un Mélenchon président, qu’il soit permis d’en sourire. Il n’y a aucune raison de s’illusionner sur qui que ce soit ici, personne ne veut de rupture anticapitaliste mais ce n’est pas la question : si le RN et Macron sont battus à la présidentielle ou avant – et s’ils sont battus ils le seront avant, avec leur budget – ce sera de fait un immense pas en avant. Au demeurant, les propos les plus vigoureux allant vers le blocage des prix ont été ceux de Ségolène Royal …
De vrais clivages portent sur l’international, terme qui prête d’ailleurs à confusion car il est en même temps directement national, le RN étant, même si cela le gêne de l’avouer, le parti poussé par Poutine et par Trump, dans une stratégie européenne d’asservissement et de guerre.
C’est en fait S. Royal qui se distingue ici : ancienne candidate ayant perdu devant Sarkozy après avoir été investie – avec le soutien, parmi les partisans du Non au Traité Constitutionnel Européen, de J.L. Mélenchon – sur un discours populiste, elle a depuis été nommée « ambassadrice des pôles » (sic) par Macron, a failli être tête de liste de LFI – je répéte : a failli être tête de liste de LFI !!! – aux Européennes de 2019, a soutenu de fait, quasi ouvertement et à plusieurs reprises, Poutine contre l’Ukraine.
Le fait qu’elle intervienne dans cette primaire avec des propos vigoureux sur les « classes populaires » et en défense des femmes ne doit donc pas faire illusion : aucune fiabilité dans cette candidature confusionniste. En fait, s’il y a quelqu’un dans le « paysage politique » qui synthétise du Macron et du Mélenchon, c’est elle ! Nul doute d’ailleurs qu’elle et Mélenchon discutent régulièrement.
Dans ce débat, elle s’est distinguée par deux pointes qui furent présentées comme des dérapages, mais qui n’en sont pas.
Sur l’Ukraine, elle a fait plus fort que Trump, affirmant que si elle avait été aux affaires en 2022 il n’y aurait pas eu de guerre !
Sur la Palestine, elle a de fait enjoint les Juifs en général de se prononcer contre le génocide de Netanyahou. Ces propos ont bien entendu fait sursauter Guedj et Glucksmann et ils ont été clairement réfutés aussi par O. Faure – précision nécessaire car l’accusation d’antisémitisme que font circuler des partisans de Glukcsmann cherche à englober aussi ce dernier, opérant un amalgame entre l’injonction, inadmissible, faite aux Juifs, et l’emploi du terme de « génocide » pour lequel s’est prononcé Faure, au motif qu’il s’agit au moins d’un risque avéré qu’il faut donc empêcher, interdire.
On notera que les deux faux dérapages de S. Royal, sur l’Ukraine et envers les Juifs, la rapprochent de J.L. Mélenchon mais pas sur le terrain de ce qui peut et doit faire l’unité pour gagner contre le RN en France, mais sur le terrain de ce qui divise en faisant le jeu de Poutine et de Trump.
Sur les alliances, Faure et Royal (ainsi que Maurel mais sur la base de la « démondialisation », une formule idéologique confusionniste) se sont retrouvés à refuser la stigmatisation des Insoumis et le rappel de la nécessité de l’unité, Faure insistant, et suscitant l’opposition explicite de Glucksmann, sur l’unité parlementaire, à la fois dans les élections législatives et dans la reconstitution d’une coalition parlementaire du type NFP.
Il y a donc fondamentalement trois lignes, ou deux plus une : celle qui tourne le dos à l’unité, s’oriente vers les ci-devant macronistes, et laissera nécessairement au second plan la défense de l’Ukraine dans cette affaire, voire laissera en fait la place à une autre candidature, celle de Hollande (Glucksmann) ; celle qui persiste à dire que l’unité est nécessaire, tout en la limitant en principe au plan parlementaire et législatif, et en fondant cette orientation sur le fait que le danger principal s’appelle le RN, avec derrière lui Trump et Poutine (Faure) ; et celle qui se présente comme unitaire, mais en laissant tomber l’Ukraine et en accumulant les confusions populistes, et qui n’est donc pas unitaire de manière fiable (Royal).
Dans l’hypothèse où Faure l’emporterait, l’autolimitation qu’en bon social-démocrate réformiste il pose lui-même à sa volonté unitaire, à savoir qu’elle porte sur les élections législatives mais pas sur les présidentielles, serait de fait elle-même remise en cause, surtout si, comme cela s’annonce, cet évènement se produit sur fond de grèves et de mouvements sociaux.
La première forme de l’unité parlementaire serait d’ailleurs, sous leur pression, la censure du budget Macron/Lecornu/Le Pen, confirmant l’existence maintenue – et démocratiquement conforme au vote des électeurs en 2024- du NFP que l’ on voit par exemple, en ce 26 septembre, à propos de l’exigence d’une loi d’urgence climatique.
Si l’affrontement social et l’unité au parlement défait le budget Macron/Lecornu/Le Pen, et renverse le gouvernement, la question de législatives anticipées, précisément écartée par Macron dans son entretien télévisé de ce jeudi 24 septembre, peut se poser avant la présidentielle.
Mais l’ensemble de ce contexte fournira aussi le terreau de l’exigence que Mélenchon et Faure, s’il est investi et seulement si c’est lui, par cette primaire, se rencontrent (ainsi que Roussel s’il veut). A minima, pour affirmer l’unité contre le RN et la droite et le désistement réciproque au second tour. A maxima, pour ne laisser qu’un seul candidat si et seulement si celui-ci s’engage à respecter la démocratie, les différents courants et forces politiques et leur expression, et à soutenir les peuples ukrainien et palestinien.
Est-ce vraiment une coïncidence si J.L. Mélenchon a choisi précisément le moment politique de cette fin de semaine, à l’approche des manifs climatiques du 26 et de la grève du 29 ou tous vont se retrouver à la base, pour accuser l’Ukraine de causer et prolonger la guerre lorsqu’elle se défend en bombardant les bases militaires et les raffineries russes ? Puis pour aller avec une délégation de LFI se faire photographier à l’ambassade de Chine ?
Ce sont là des facteurs de division qui conduisent à la défaite devant le RN, délibérément posés, là et maintenant, pour tenir sur cette ligne qui, si les mouvements sociaux, les primaires du PS, les évènements internationaux et notre propre combat politique y contribuent, pourrait devenir intenable. Et plus le point de rupture du poutinisme mélenchonien approchera, plus il devra se faire outrancier !
Car le poutinisme mélenchonien est l’obstacle principal à la victoire contre le RN. Rien n’est joué et les conditions d’une intervention massive par la gauche dans cette primaire ne sont pas garanties, aucune force politique dominante, et Hollande comme Mélenchon, n’y ayant intérêt. Pour les militants dont l’intention n’est pas de punir qui que ce soit, mais de gagner contre le RN et la V° République, le prix de 15 euros (ou 10) pour voter Faure, sans illusion mais en toute conscience, vaut la peine.
Vincent Présumey, 26/09/26.
26.09.2026 à 09:09
aplutsoc
Présentation
La façon dont une organisation syndicale, ici la FD Sud Commerces & Services, articule les différentes exigences sociales et climatiques du moment en visant la convergence pratique des mobilisations, mérite de connaitre plus d’émulation dans le mouvement syndical et social.
Document
Commençons ce samedi 26 septembre où, dans plus de 200 villes, sont organisées des marches climat suite à la gestion calamiteuse de l’épisode caniculaire de cet été par le gouvernement.
À noter que les pompiers, qui se mobilisent eux depuis la rentrée, occuperont le Champ-de-Mars dès le lendemain avant de monter manifester nationalement à Paris.
Mardi 29 septembre, le flambeau de la mobilisation passera dans les mains des plus de 5 millions d’agent-es que compte la Fonction publique de notre pays, appelés à faire grève à l’appel de l’ensemble de leurs fédérations syndicales.
À l’instar d’autres structures du privé, nous appelons à les rejoindre à cette date car, outre le fait que les services publics concernent tout le monde, un dégel de leur rémunération serait un formidable point d’appui pour obtenir la même chose dans le secteur privé.
Samedi 17 octobre, c’est le retour des Gilets jaunes qui est prévu partout en France. Souvenons-nous que fin 2018, début 2019, c’est une poussée populaire inédite qui a contraint Macron, alors majoritaire, non seulement à reculer sur la taxe carbone mais à céder sur le pouvoir d’achat, en particulier avec l’instauration de la prime qui porte leur nom.
Dans tous les cas, c’est le prochain budget antisocial, présenté le 30 septembre, qui doit être le ferment d’une colère sociale, mais aussi d’une aspiration à vivre dignement et autrement qui pourrait alors tout emporter…
Souvenons-nous que, le 10 septembre 2025, c’est l’irruption du mouvement Bloquons Tout !, là aussi hors cadre, qui aura entraîné la chute d’un gouvernement et poussé les syndicats à se mobiliser.
On ne peut se résoudre à s’en remettre, pour le pire comme pour le meilleur, aux prochaines échéances électorales pour changer nos vies : c’est une large mobilisation dès maintenant de notre camp social, ancrée dans la durée, qui, comme il y a 90 ans avec la création des congés payés et les grèves du Front populaire, fera vaciller le pouvoir et le patronat.
Pour ces trois dates, notre Fédération couvre par un préavis de grève les salarié-es du commerce et des services qui souhaiteraient participer à ces mobilisations, après en avoir expressément informé leur employeur. Nous les incitons aussi à nous rejoindre, comme dernièrement à Indigo et à Naturalia, parce qu’unis, nous sommes plus forts ensemble !
26.09.2026 à 08:54
aplutsoc
Face à l’urgence climatique et sociale, des organisations de gauche appellent à se mobiliser le samedi 26 septembre sous le mot d’ordre « On veut vivre ! ». Elles défendent une rupture avec les politiques actuelles, mêlant hausse des salaires, services publics, partage des richesses et planification écologique démocratique.
Oui ! Après un été brûlant et des catastrophes qui s’enchaînent dans le monde, nous voulons vivre et protéger nos territoires, notre travail, nos quartiers.
Nous voulons agir pour changer la société.
Nous voulons protéger la nature qui nous nourrit grâce aux agriculteurs-trices : elle produit la vie.
Nous voulons un monde habitable, débarrassé des pollutions, des énergies fossiles, de l’exploitation des hommes et des femmes,
Nous voulons une société où la priorité sera donnée aux êtres vivants, à la biodiversité, au monde du travail, dans les villes et les champs,
Nous voulons que s’arrêtent les inégalités, les injustices, les dominations,
Nous voulons faire cesser l’accumulation de richesses sur le dos du travail humain,
Nous voulons que les moyens économiques soient répartis de manière égalitaire et pour le bien commun,
Nous voulons interdire que ceux qui accaparent des patrimoines indécents et des revenus scandaleux empochent tout et décident de tout, Nous voulons vivre dans des bâtiments protégés du froid ou de la canicule par des travaux d’isolation thermique,
Nous voulons des transports collectifs à bon marché dans les villes mais aussi dans les campagnes démunies ou abandonnées,
Nous voulons une Sécurité sociale universelle pour faciliter la bifurcation écologique dans l’économie, financée par les cotisations collectives,
Nous voulons des services publics de qualité financés par des impôts progressifs,
Pour cette nouvelle société du mieux vivre, cette France solidaire, ouverte aux autres, à l’opposé des droites et de l’extrême droite, nous nous engageons à agir pour :
Les organisations signataires :
L’APRÈS, Debout !, Les écologistes, La France insoumise, Génération.s, Parti communiste français, Parti socialiste, Pour une écologie populaire et sociale, Révolution écologique pour le vivant, Les Verts Populaires.
26.09.2026 à 08:37
aplutsoc
Ce samedi 26 septembre, L’APRÈS appelle à rejoindre les marches pour le climat partout dans le pays.
Le capitalisme brûle la planète, préparons le monde d’après !
Retrouvez la carte des mobilisations et la marche près de chez vous.
Retrouvez ci-dessous la lettre commune dont L’APRÈS est cosignataire avec plus de 1000 autres organisations politiques, associations, syndicats, collectifs et ONG.
Monsieur le Président de la République,
Le 31 décembre 2022, vous demandiez dans vos vœux : « qui aurait pu prédire la crise climatique aux effets spectaculaires ? ». La Gironde avait brûlé quatre mois plus tôt. Elle vient de brûler encore, plus fort qu’à aucun moment depuis cinquante ans, et la fumée est montée jusqu’aux villages du Cher.
Qui aurait pu prédire que plus de 7 300 personnes mourraient de la canicule cet été, sans que rien ne s’arrête ?
Qui aurait pu prédire que celles et ceux qui mourraient d’abord seraient les habitantes et les habitants des quartiers populaires, les familles précaires dans des logements sans isolation, les personnes âgées ou en situation de handicap restées seules, celles et ceux qui travaillent dehors et celles et ceux qui dorment dans la rue ?
Qui aurait pu prédire que les paysannes et les paysans perdraient entre 15 % et un tiers de leurs récoltes selon les productions ?
Qui aurait pu prédire que des millions d’animaux d’élevage mourraient de chaud en quelques jours, les poules d’abord, entassées sous des toits de tôle, et qu’il faudrait rouvrir les fosses d’enfouissement de 2003 ?
Qui aurait pu prédire que d’innombrables mammifères, oiseaux et insectes brûleraient vifs dans les incendies, sans qu’aucun décompte ne soit seulement tenté ?
Qui aurait pu prédire que les coupes dans les services publics laisseraient les enfants dans des écoles surchauffées, les pompiers sans moyens et les hôpitaux à découvert au moment précis où nous en avions le plus besoin ?
Qui aurait pu prédire que TotalEnergies encaisserait 5,4 milliards de dollars en un seul trimestre, 102 % de plus qu’il y a un an, sur la flambée du baril provoquée par les guerres pour l’accès aux ressources énergétiques et minières ?
Personne ne pouvait l’ignorer, parce que tout était écrit.
Nous nous sommes mobilisé·es
Depuis que vous avez été élu, nous nous sommes mobilisé·es par centaines de milliers dans les grèves, marches et pétitions pour le climat.
Sur les ronds-points, quand la question du prix du carburant a rendu évident que la fin du mois et la fin du monde sont le même combat, et que la nécessaire bifurcation écologique ne peut se faire au détriment des travailleurs et des travailleuses pauvres de notre pays.
Aux côtés des exilé·es et déplacé·es, notamment à cause des dérèglements climatiques et des guerres économiques et militaires menées dans leur pays d’origine.
Contre les méga-bassines, pour que l’eau reste un commun et non le privilège de quelques exploitations. À deux millions de signatures contre le retour d’un insecticide interdit, parce que les sols, les rivières et celles et ceux qui les travaillent ne sont pas une variable d’ajustement.
Vous ne nous avez pas écouté·es. Vous avez dit que nous exagérions, puis que nous étions des radicaux, puis des écoterroristes. Pendant ce temps, vous avez ramené le Fonds vert de 2,5 milliards d’euros à 837 millions, quand il permet aux communes de se protéger. Vous avez ajouté 6,7 milliards au seul budget des armées en une année. Et toute notre sécurité civile tient sous le milliard, avec douze avions bombardiers d’eau.
Nous ne venons pas vous demander de nous plaindre. Nous venons vous demander des comptes.
Parce que l’été prochain sera plus chaud que celui-ci. Des lieux frais accessibles dans chaque bassin de vie, en commençant par les quartiers populaires et les communes rurales. Des écoles, des crèches, des hôpitaux et des EHPAD où l’on ne meure pas de chaud. La protection des travailleuses et des travailleurs de la chaleur inscrite dans la loi. Un toit pour chacune et chacun, parce qu’on ne s’adapte pas au climat quand on dort dehors. Des moyens humains et matériels réels pour les secours. Un fonds pour les paysannes et les paysans sinistrés, et le sauvetage de la faune inscrit dans les plans de catastrophe.
Parce qu’aucune commune ne doit rester seule devant le feu et la soif. Le Fonds vert rétabli et l’ingénierie publique rendue aux territoires. La rénovation des logements engagée, des passoires thermiques et du parc social, pour que l’isolation cesse d’être un privilège. Des forêts protégées et restaurées, des sols restaurés, des haies replantées, des rivières et des nappes traitées comme des communs et non comme des stocks à privatiser.
Parce qu’on ne s’adapte pas indéfiniment à une catastrophe qu’on continue d’alimenter. La fin de toutes les subventions aux énergies fossiles. L’interdiction pour toute entreprise française d’ouvrir de nouveaux projets fossiles, ici comme ailleurs. Des transports publics accessibles partout avant toute taxe qui pèserait sur les plus modestes. Une sortie du fossile qui soit aussi une sortie des guerres qu’il finance.
Nous exigeons que contribuent celles et ceux qui ont fabriqué la catastrophe et qui en tirent profit.
Trois Françaises et Français sur quatre veulent déjà que les entreprises fossiles paient davantage. Nous ne demandons rien d’autre que ce que ce pays réclame.
Source : site de L’APRES
Cliquer sur l’affiche pour lire le tract de l’APRES

24.09.2026 à 21:27
aplutsoc
Les DSA et les autres socialistes devraient cesser d’ignorer les menaces de Trump de truquer les élections de mi-mandat. Plus ils ignorent cette menace, plus ils laissent le champ libre aux adversaires de Trump, proches du nazisme, comme Tucker Carlson.
Analysons la situation :
Trump à l’ONU
La dernière menace de Trump était sous-entendue dans son discours à l’ONU. Il y a menacé l’Iran d’anéantissement. Bien qu’il ait hésité à mettre cette menace à exécution, il a clairement affirmé sa détermination à vaincre l’Iran. Dans ce contexte, il a déclaré que l’Iran « attend de voir comment je me débrouillerai aux élections de mi-mandat… Je n’ai absolument pas tenu compte, et je ne tiendrai jamais compte, de ces élections en ce qui concerne l’Iran. Cela ne me préoccupe même pas. »
Revers par la Cour suprême
Mais il a besoin d’un Congrès docile pour poursuivre sa guerre (et celle de Netanyahou). Cela implique le contrôle des deux chambres du Congrès par les Républicains, ce qui semble de plus en plus improbable à l’approche de janvier prochain. Une seule conclusion s’impose : il doit tenter de truquer l’élection. Et il s’y prépare activement.
Récemment, Trump a subi un revers lorsque la Cour suprême a confirmé l’injonction contre son projet de contrôler le vote par correspondance. Ce revers n’était toutefois que partiel, car la Cour a ignoré le fait que les services postaux violaient secrètement l’injonction. Elle a laissé faire. Cela signifie que les services postaux pourraient se sentir libres de recommencer ou de trouver d’autres moyens de semer le chaos dans le système de vote par correspondance.
ICE/CBP
Trump a d’autres projets en réserve. L’un d’eux consiste à déployer des agents de l’ICE dans les bureaux de vote. Ces agents agissent déjà comme un groupe terroriste paramilitaire. Le DHS dispose actuellement de 183 milliards de dollars de ressources, selon le Brennan Center. D’après Wired.com, une partie de ces fonds est utilisée pour ouvrir 150 nouveaux bureaux à travers le pays. Le secrétaire du DHS, Markwayne Mullin, a déjà annoncé le déploiement d’agents de l’ICE dans les bureaux de vote.
Le poste de greffier de la Chambre
Un autre volet de son plan repose sur l’utilisation de centaines de personnes contestant la légitimité des élections, qui siègent désormais au sein des instances chargées d’organiser le scrutin et de compter les voix. Cette menace s’ajoute au fait que le président de la Chambre, Mike Johnson, a le pouvoir de nommer un nouveau greffier qui lui serait soumis, ainsi qu’à Trump. Un tel greffier pourrait tirer parti de la confusion créée par ces contestataires pour refuser de reconnaître les résultats électoraux. Consultez cet article du New York Times pour comprendre comment une telle manœuvre pourrait être orchestrée. Rien de tout cela n’est certain ; l’opposition à Trump pourrait être si massive qu’elle rendrait ce scénario impossible. Toutefois, la réussite ou l’échec de l’entreprise importe peu au fond : l’objectif principal est de semer la confusion et le chaos.
Tucker Carlson et autres sympathisants nazis
Les principaux bénéficiaires de toute tentative de fraude électorale orchestrée par Trump seront Tucker Carlson et d’autres forces d’extrême droite proches des nazis et de Poutine. Ils s’opposent déjà farouchement à Trump. Soyons clairs sur leur identité. Dans son interview avec le « Professeur Jiang », Carlson a déclaré : « Bien sûr, les populations blanches sont tuées intentionnellement. Et la question est : pourquoi ? Je n’en ai pas la moindre idée, et les spéculations vont bon train quant à l’identité des responsables. Je vais être franc : je ne prétends pas savoir qui sont les instigateurs, évidemment. Mais Keir Starmer n’est pas à la tête de la Grande-Bretagne. Macron n’est pas à la tête de la France. Je ne suis pas sûr que beaucoup de dirigeants contrôlent réellement leur pays. Je ne sais pas combien de pays disposent réellement de leur souveraineté. Franchement, je n’ai pas la réponse. Il se passe quelque chose… Le multiculturalisme n’existe pas. Il y a toujours une culture dominante qui, vous savez, insiste sur sa domination. Bien sûr, je ne pense pas que quiconque ait jamais imaginé que cela puisse se produire à l’échelle mondiale, comme un ciblage systématique d’une ethnie en vue de son élimination à l’échelle planétaire. Enfin, ce n’était pas possible jusqu’à récemment, mais il serait intéressant de connaître le plan. Il y a clairement, comme… Il y a un plan derrière tout ça. Il y a un plan. Je me demande, combien d’Américains, selon vous, comprennent ce qui se passe réellement dans le monde en ce moment ? » (Jiang n’a pas contredit Carlson.)
Il s’agit d’un message codé signifiant « le complot juif international manipule les chrétiens blancs et est en train de conquérir le monde », autrement dit, c’est la « théorie du remplacement blanc ».
Carlson est désormais un farouche opposant à Trump en raison de la proximité de ce dernier avec le dirigeant d’Israël, Netanyahu. Carlson mènera l’opposition à toute tentative de Trump de truquer la prochaine élection. Il sera rejoint par l’ancien élu républicain Thomas Massie, qui a fait la une des journaux lors de sa campagne pour la publication des dossiers Epstein. Précisons qui est Massie. Jusqu’à son départ du Congrès, son chef de cabinet était Matt Gurtler, proche de Chester Doles, néonazi et sympathisant du Ku Klux Klan.
Tribune partagée avec des démocrates « progressistes »
Des démocrates « progressistes » comme Ro Khanna et Bernie Sanders se feront un plaisir de se joindre à eux pour dénoncer publiquement la fraude électorale de Trump. Ils l’ont déjà fait sur des sujets comme l’affaire Epstein et l’intelligence artificielle. C’est parce que, fidèles à leurs convictions libérales, ils abordent chaque problème séparément, au lieu de tenter de construire un mouvement indépendant de la classe ouvrière. Un tel mouvement est impossible s’il est lié de quelque manière que ce soit à des nationalistes racistes, ethniques ou chrétiens comme Tucker Carlson, Thomas Massie ou Steve Bannon.
Netanyahu
Le hold-up électoral de Trump sera probablement soutenu par Netanyahu. Cela servira de « preuve » qu’Israël (comprenez : « les Juifs ») est derrière ce vol. Même des franges de l’extrême gauche – notamment de nombreux membres du mouvement de défense des droits des Palestiniens – reprendront cette affirmation à leur compte. Ce faisant, ils donneront du poids aux opposants de Trump, proches des nazis, et entraveront davantage tout mouvement ouvrier uni.
Le mouvement ouvrier
L’alternative est un mouvement indépendant qui unit tous les travailleurs. La seule force capable de construire un tel mouvement, ce sont les syndicats. Ils sont étouffés par une direction conservatrice et lâche. C’est pourquoi les socialistes doivent combler ce vide.
DSA
La force socialiste la plus importante est celle des DSA. Jusqu’à présent, ils ont soigneusement évité d’aborder la menace d’une élection volée. Une excuse qui circule parmi certains membres des DSA est que parler des projets de Trump ne ferait que le renforcer. C’est absurde. Ces projets sont bien réels. Mettre en garde à leur sujet ne relève pas de la diversion.
C’est un premier pas vers une mobilisation pour arrêter Trump. Deux raisons principales expliquent le silence des DSA. Une tentative sérieuse d’un président américain d’invalider l’élection constituerait une rupture historique majeure depuis la guerre de Sécession. En tant que sociaux-démocrates (au mieux), ils ne peuvent concevoir une telle rupture. La deuxième raison est qu’ils devraient alors proposer des solutions pour l’en empêcher. De plus, malgré tous leurs efforts pour l’éviter, cela les ramènerait au rôle du mouvement ouvrier et de ses dirigeants, or une grande partie des DSA est sous leur influence.
Des socialistes sérieux, indépendants et proches de la classe ouvrière au sein des DSA devraient s’emparer de cette question dès maintenant afin de prendre les devants face à l’opposition complice de Trump. Ils devraient appeler les DSA à organiser des réunions publiques sur ce sujet sans délai. Ils devraient exiger que tous les candidats soutenus par les DSA soulèvent immédiatement ce danger et utilisent leurs campagnes pour s’y opposer. La principale stratégie devrait consister à organiser des grèves massives pour empêcher le détournement des voix orchestré par Trump. Cela implique nécessairement de mener une campagne au sein des syndicats et de contester la direction syndicale.
Encore une fois : personne ne sait exactement ce qui se passera pendant et après les élections. Même Trump l’ignore. Mais ignorer cette grave menace serait une folie. Seuls Trump et ses adversaires complices tireront profit de l’indifférence des socialistes.
23/09/2026.
Mise à jour du 24 septembre
Le lundi 21 septembre, Trump a interdit l’accès à la Maison-Blanche à plusieurs médias, les jugeant injustes à son égard. Parmi ces médias figuraient CNN, MSNow et Axios. Le 23 septembre, un juge fédéral a ordonné à Trump de lever cette interdiction et de restituer les accréditations des journalistes concernés. Ce matin, 24 septembre, la Maison-Blanche refuse toujours d’obtempérer à l’ordonnance du juge et les avocats du ministère de la Justice n’ont pas encore répondu aux avocats des médias interdits. L’extrême gauche minimisera l’affaire, considérant ces médias comme de simples organes de propagande capitaliste. La plupart des militants pro-palestiniens l’ignoreront également, qualifiant ces médias de « sionistes ». Des agents de Poutine comme Richard Wolff la minimiseront aussi, arguant que les États-Unis ne sont pas une démocratie capitaliste et que, par conséquent, cela n’a aucune importance. Or, les médias capitalistes sont une institution fondamentale du régime démocratique. Il suffit de regarder la Chine, la Russie, l’Iran ou tout autre pays sous régime autoritaire pour constater la différence. L’interdiction décrétée par Trump et maintenant son refus, pour la deuxième fois, d’obéir à une décision de justice sont une autre preuve de sa volonté de s’emparer d’un contrôle personnel total sur le gouvernement.
Que ce soit réfléchi ou non, le décret de Trump était un coup de maître tactique. Des violations similaires des décisions de justice sont largement passées inaperçues, notamment celles concernant l’expulsion d’immigrants. Or, dans ce cas précis, un grand nombre de travailleurs américains nourrissent un préjugé tenace : une presse indépendante du gouvernement n’a aucune importance car « de toute façon, ils mentent tous ». Au lieu d’expliquer le rôle crucial de la presse en tant qu’institution de la démocratie capitaliste, la plupart des socialistes cautionnent ces absurdités.
Mise à jour de la mise à jour
Dix heures après le prononcé de l’ordonnance de restriction temporaire, l’administration Trump s’y est conformée partiellement. Elle a autorisé les médias interdits d’accès à la Maison-Blanche, mais à 14 h, on ignorait encore si Trump autoriserait CNN et les autres médias interdits à rejoindre le pool de presse. Les conséquences sont doubles : premièrement, seule la presse du parti au pouvoir chinois a couvert l’accueil servile réservé par Trump à Xi Jinping, qui est le dirigeant mondial le plus impopulaire aux États-Unis. (Trump a « plaisanté » en disant que la presse du gouvernement chinois lui était plus favorable que les médias américains.) Cela avantage Trump. Deuxièmement, cela renforce le précédent selon lequel Trump peut défier les décisions de justice pendant un certain temps. Cela signifie que toute ordonnance de restriction temporaire concernant les élections, le jour du scrutin, sera nulle et non avenue, puisque Trump peut lui désobéir jusqu’à la fin du scrutin.
Source : https://oaklandsocialist.com/2026/09/24/dsa-should-campaign-against-trumps-plans-to-steal-election/