10.07.2026 à 13:44
aplutsoc2
Photo illustrant cet article : déjà plus de 1000 hectares brûlés dans une zone humide desséchée, la Brenne.
La catastrophe thermique, alimentaire et sociale, arrive à toute allure en France. On appelle encore ce qui nous arrive la « 3° canicule », celle de juillet après celle de juin et celle de mai, mais le terme est impropre : il s’agit de l’emballement climatique, prévu, connu, même s’il apparait aujourd’hui que le GIEC, intimidé, apeuré, par les menaces des lobbies climatosceptiques financés par les trusts du capital fossile et nourrissant l’extrême droite, n’avait pas osé tirer publiquement toutes les conclusions.
Les dites conclusions arrivent à toute vitesse. L’enchainement des trois « canicules » s’est produit AVANT MEME qu’El Nino, le plus grand El Nino de l’histoire, lui-même amplifié par le réchauffement, ne soit vraiment enclenché. C’est donc, avec la marge d’incertitude aléatoire due à la circulation atmosphérique instable, la menace d’une amplification continue du phénomène meurtrier, sur toutes les prochaines semaines, voire les prochains mois.
D’ores et déjà vieux isolés et nouveaux nés meurent. D’ores et déjà. Nous publions ci-dessous la lettre ouverte au ministre du Travail de la CGT Travail, Emploi, Formation professionnelle, qui fait mesurer l’état d’impréparation des textes du droit du travail. C’est la question du débrayage pour survivre, de la grève climatique, qui arrive à toute allure.
Le gouvernement vient d’adopter un plan « ORSEC chaleur » supposé permettre, selon les décisions préfectorales, la mise à l’abri d’autorité dans des locaux supposément moins brûlants, des personnes âgées isolées et des personnes à la rue (« SDF »). Mais qu’ ont fait le pouvoir exécutif et ses appuis parlementaires jusque là ? Ils étaient plus occupés à faire voter, avec le RN, la loi autorisant les assassinats policiers. Et, au Sénat, à élargir à nouveau le droit de polluer et de rendre les gens malades pour les capitalistes agro-industriels FNSEA et Coordination rurale.
Un texte assez connu de Lénine, en 1917, annonçait la révolution d’Octobre par ce titre : La catastrophe imminente et les moyens de la conjurer. La vérité historique est qu’elle n’a pas été conjurée, que l’implosion des infrastructure et la famine se sont produites dans l’empire russe et poursuivies dans le territoire soviétique, mais que la catastrophe a formé la base de la révolution.
De même, la catastrophe bioclimatique n’est plus imminente, et on ne la conjurera pas : elle est là. Mais quand au gouvernement on parle d’adapter le pays à 4 degré de plus d’ici la fin du siècle, on doit comprendre une chose : c’est la mort de millions de gens qu’ils envisagent, de milliards à l’échelle planétaire. On peut encore éviter les plus 4 degrés, l’étuve mortelle, par des mesures stoppant les émissions de CO2 qui ne peuvent qu’être coercitives, mais faiblement pour le plus grand nombre et durement, radicalement, pour tout ce qui touche à l’accumulation et à la circulation accélérées du capital, et donc pour les capitalistes. De même, on peut « adapter » par la végétalisation, les volets en bois, les dispositifs de santé publique, et la climatisation dosée et ciblée, mais cela aussi n’est possible que par des mesures de mise en commun, de socialisation et d’expropriation du capital.
Outre les incendies généralisés et le caractère terrible de l’existence quotidienne, la crise thermique va se traduire par des hausses massives des prix alimentaires et des pénuries. Aucun candidat à la présidentielle, est-il besoin de le dire, n’est préparé à cela, aucun n’a envisagé que son joli calendrier institutionnel pourrait être secoué par les forces telluriques du capital fossile et l’ébranlement social qu’elles vont provoquer. Nous y allons tout droit. Toute politique qui ne part de cela est aux antipodes du réalisme.
09.07.2026 à 16:26
aplutsoc2
… mais il n’est pas interdit de les utiliser comme matériaux de réflexion. Le sondage IFOP pour LCI et le Figaro, largement diffusé, réalisé dans le cadre de l’onde de choc médiatique de la candidature de Marine Le Pen condamnée par le tribunal, a à la fois l’intérêt et la limite de donner l’écho à ce moment précis, de cet aspect de la situation politique qu’est l’idée que se font les sondés de leur vote supposé dans un peu moins d’un an. Résumons l’essentiel.
Dans tous les cas de figure, Marine Le Pen est élue (avec ou sans bracelet électronique ? le sondage ne le dit pas). Au second tour, elle fait (dans le sondage), 54% contre 46% à Philippe, 55% contre 45% à Attal, et 70% contre 30% à Mélenchon, en outre crédité de 15% au premier tour (son maximum à ce jour dans les sondages Ifop). Avec une nuance qui peut comporter des évolutions possibles : 18% de l’électorat Le Pen de 2022 se déclare, dans le sondage, insatisfait de sa déclaration de candidature. Et une carence analytique de tout premier ordre : les abstentions ne sont pas envisagées !
Le vote RN est un vote massif et populaire, majoritaire dans les couches les moins organisées du prolétariat, ce qui ne le rend en rien inoffensif, comme a été en 2024 massif et populaire le vote Trump aux Etats-Unis, avec les conséquences que l’on connait.
Contre la victoire du RN, les « républicains » Attal et Philippe, ce dernier un peu, mais si peu, mieux placé que l’autre, tous deux héritiers de Macron bien que voulant faire croire le contraire, ne font pas « barrage ». Le vote pour un candidat « bourgeois » classique, comme Chirac, évidemment, en 2003, et Macron en 2017 et en 2022, est désormais largement rejeté, même devant Le Pen. C’est l’oeuvre, notamment, de Macron.
Si nous nous plaçons dans la logique « électorale, » il faudrait un ou une candidate susceptible, non de « rassembler » par sa modération ou son centrisme « républicain », mais par les espérances sociales et démocratiques majoritaires faisant d’elle ou de lui leur instrument.
Or, c’est ce que de toute évidence Mélenchon n’est pas, nettement plus mauvais face au RN que n’importe quel candidat « bourgeois » !
Ses partisans – nombreux, c’est vrai – veulent à toute force croire et faire croire qu’il sera nécessairement le dernier barrage et le barrage victorieux, eux qui ont pourtant tant conspué, parfois, la gauche « castor » en 2017 et en 2022. Ils misent maintenant sur une discipline contrainte et forcée, quasi ouvertement sur un vote de résignation.
Mais à ce stade ça ne marche pas, parce que la résignation ne suffit pas pour une dynamique populaire et démocratique. Outre le vote d’une population urbaine bien identifiée, vote lui-même plus mesuré qu’on ne le dit car dans le 93 par exemple c’est l’abstention qui prédomine à ce jour, il faudrait le vote de larges couches prolétariennes sur tout le pays – ce que Sanders, pour poursuivre cette comparaison, aurait pu sans doute avoir contre Trump en 2016, et ce que Mélenchon avait partiellement drainé en 2017 mais a perdu ensuite.
Reste que le principal intérêt de ce sondage, avec sa limite qui est de se faire l’écho du bruit médiatique autour de l’annonce de sa candidature par Md. Le Pen, est que si Mélenchon est, toutes choses égales par ailleurs, le pire candidat de second tour face à elle, aucun ne tient la route.
Connaissant les mobilisations sociales des Gilets jaunes aux retraites, connaissant l’importance de l’abstention, connaissant les sentiments partagés dans tous les secteurs de base de la gauche et des écologistes, il est possible de dire qu’une candidature unitaire, reposant sur l’ensemble de ces dynamiques, serait seule à même de drainer, non pas les « modérés » mais la majorité des secteurs prolétariens tentés par le vote RN ou l’abstention. Cette candidature serait une candidature de défense de la démocratie mais, par cela même, elle serait « antisystème » mais pas au sens de Le Pen : anti-V°République.
Est-ce impossible ? Le bon sens répond : oui. Est-ce nécessaire ? Le bon sens répond : oui. Le bon sens se contredit, car ce qui est nécessaire doit se frayer le chemin du possible.
Nous entrons sans doute dans l’horreur climatique, El Nino arrivant par dessus les deux et trois, et combien, de « canicules » engagées. La production alimentaire va s’effondrer. Les larges masses seront poussées aux issues radicales. Trump et Poutine, les deux parrains de Mme Le Pen, tremblent sur leurs fondements. Le bon sens dans sa globalité est dialectique, il assume les contradictions pour y faire face, et il envisage les comités d’action et l’auto-organisation par en bas – ce dont nous avons discuté dans notre réunion, importante, de ce 5 juillet- , car ce n’est ni le 18 avril, ni le 2 mai 2027, que Mme Le Pen, et la V° République dont elle est la plus haute incarnation c’est-à-dire la pire, peut et doit être battue.
C’est avant !
VP.
08.07.2026 à 18:37
aplutsoc2
Comme je l’ai expliqué, et les faits l’ont confirmé, la principale contradiction qui a traversé le congrès confédéral de la CGT-FO à Dijon a opposé la vocation démocratique du syndicalisme contre tout régime autoritaire, fasciste ou bonapartiste, et donc contre le RN et l’union des droites, d’une part, à la tentation de préparer le terrain au « dialogue social » avec au pouvoir … le RN.
Et face à cette contradiction principale, et aux autres concernant la défense des revendications, le bloc verrouillé « Métaux-POI » a tenu, la contribution décisive du POI/LFI ménageant ainsi la possibilité du « dialogue social’ avec le RN consistant à marteler « la paix, la paix, paix en Ukraine, non aux dépenses militaires qui font fermer écoles et lits d’hôpitaux ».
Le verrouillage par l’alliance POI/ »Métaux » est identifié et dénoncé par les courants se disant anarcho-syndicaliste, comme Frédéric Vuillaume des Territoriaux de Bourgogne/Franche-Comté, et aussi par le PT (Parti des Travailleurs, ex-POID), le rameau frère, frère ennemi mais néanmoins siamois, du POI.
Suite à des questions qui sont parvenues à la rédaction d’Aplutsoc qui me les a communiquées, je voudrais dans ce billet préciser le rôle du PT et de ses responsables syndicaux dans l’équilibre général de FO. C’est d’ailleurs très simple : leur rôle consiste à dénoncer la Sainte Alliance POI/ »Métaux » pour essayer ensuite de s’y incruster en préservant leurs positions !
Démonstration. La Tribune des Travailleurs (TT) du 1° avril 2026 rend compte de l’intervention du PT dans ce congrès (ce n’est pas dit comme ça, ce sont des « interventions de militants », mais tout le monde comprend).
Un axe central : « la guerre » – laquelle ? « la guerre », on vous dit, qui est quelque chose de mal et d’impérialiste. Donc, contre « la guerre », il y aurait un problème selon le grand article de la TT, à savoir les « positions mélenchonistes » visant à aliéner l’indépendance syndicale. Après une tentative de faire passer cette position « mélenchoniste » en commission, le représentant POI de la Fédération de l’enseignement (FNEC-FP-FO) passe un accord avec ceux des fédérations de la Défense et des Métaux pour présenter une version édulcorée de l’amendement initial, « mélenchoniste ». La TT condamne : « .. sur les questions essentielles, l’attelage « métallurgie-défense-enseignement » s’est assuré le contrôle du congrès », manière de désigner la Sainte Alliance POI/ »Métaux ».
Ah mais, les valeureux syndicalistes du PT sont là pour préserver l’indépendance syndicale, qu’on se le dise ! Qu’ont-ils donc fait ?
Voici l’amendement de la Sainte Alliance, adopté en plénière : « Le congrès refuse l’augmentation sans fin des dépenses militaires au détriment du service public et incompatible avec la satisfaction des revendications. Il exige le cessez-le-feu partout dans le monde, en particulier en Ukraine, en Iran, au Liban, ainsi que l’arrêt des massacres en Palestine. Le congrès appelle ses syndicats à prendre les initiatives nécessaires pour empêcher la guerre. »
Bien, bien, bien … et donc, un courageux délégué (membre du PT) a tenté d’amender cet amendement, mais la tribune n’a pas intégré sa proposition au motif que le texte proposé résultait d’une décision de la Sainte Alliance, pardon, d’un accord entre les trois fédérations le proposant. Quel était l’amendement à l’amendement ? Il consistait à ajouter le mot « syndicales » après le mot « initiatives ». C’EST TOUT.
TOUTE l’orientation internationale du POI/LFI, reconduite ou impliquée dans le blabla général de cet amendement contre « la guerre », est partagée par le PT. En ce sens, le PT est tout autant « mélenchoniste » que n’importe quel stalinien se disant pacifiste. Il combat la guerre défensive de l’Ukraine contre la Russie, dont il nie d’ailleurs l’existence en la faisant passer pour une guerre de l’OTAN, et il défend l’impérialisme chinois contre l’impérialisme américain, comme Mélenchon, alors même que les deux coopèrent conflictuellement en tentant un partage du monde de fait. Le soutien à « la paix » conduit au soutien de ce partage, c’est-à-dire à la forme réelle de l’union sacrée aujourd’hui, chez Gluckstein-le-petit comme chez Mélenchon-le-grand. CQFD.
Au fait, quel était l’enjeu central de ce congrès pour le PT ? La défense de l’indépendance syndicale contre LFI. Certes, les divagations populistes et plébiscitaires de Mélenchon contre les formes ouvrières d’organisation et contre l’héritage vivant de la charte d’Amiens doivent être combattues. Mais elles ne le sont en rien quand on partage son orientation internationale fondamentale, c’est-à-dire son orientation dans la lutte des classes, car la lutte des classes est internationale dans son contenu.
Et là encore, démonstration en a été donnée par l’intervention de Luc Bénizeau, du SNUDI-FO 94, en fait intervention du PT à la tribune du congrès, vitupérant contre « l’attaque », la menace envers le syndicat, représentée par … le RN ? Macron ? le MEDEF? l’union des droites ? Non, par « un dirigeant politique » (Mélenchon, qu’il ne nomme même pas) pour qui « la charte d’Amiens n’ a plus de raison d’être ».
Et pour quoi pensez-vous qu’après ces mâles paroles, appela ce courageux délégué ? Il appela à voter POUR le rapport d’activité de Frédéric Souillot et de la Sainte Alliance POI/ »Métaux », arguant que F. Souillot avait dit être pour l’indépendance syndicale (ouf !), et pour la charte d’Amiens (re-ouf !) – a-t-il également dit qu’il était pour la santé et contre la maladie ?
Quant à la question du RN, de la lutte pour l’empêcher d’arriver au pouvoir, connais pas !
Ainsi, en inventant le fétiche selon lequel l’enjeu central du congrès aurait été la menace mélenchoniste, et selon lequel, certainement avec l’aide héroïque des délégués membres du PT (parions que D. Glucsktein leur a expliqué qu’ils faisaient comme Lambert en 69 !), Frédéric Souillot avait permis au syndicalisme, à FO, et à la choucroute, de continuer, n’est-ce pas, le « syndicalisme libre et indépendant » n’a pas été « balayé » !
Ce vote pour est logique, car sur l’essentiel -le soutien au partage du monde entre impérialismes multipolaires appelé « la paix », et le déni de l’enjeu politique du RN et de la question du pouvoir en France – il y a accord entre la Sainte Alliance POI/ »Métaux » et le PT (et donc avec Mélenchon quelles que soient les phrases sur la charte d’Amiens). Le PT est la mouche du coche de cette Sainte Alliance.
Léon Serret-Pelloutier.
07.07.2026 à 23:24
aplutsoc2
Marine Le Pen et sa bande ont été condamnés pour détournements massifs de fonds publics, complicité et recel de détournements de fonds publics, ayant largement perpétué et utilisé un système mis en place au temps de Jean-Marie Le Pen (totale continuité). Une enquête pour détournement de fonds publics vise également Jordan Bardella.
Les juges ont fait en sorte qu’elle puisse se présenter à la présidentielle tout en devant faire appel de sa condamnation pour éviter le port d’un bracelet électronique. Après Sarkozy, qu’elle a soutenu contre la justice, président de la V° République lui aussi tardivement condamné comme le grand délinquant qu’il est, voici donc une candidate à la présidence qui s’affirme en même temps délinquante et mafieuse, « tête haute et front dressé ».
Sa campagne démarre donc d’emblée comme un bras de fer visant à intimider le pouvoir judicaire, et détruire l’Etat de droit, pour accomplir la V° République comme régime autoritaire. Du même coup, elle contraint le fat Bardella et les courants visant à un gouvernement de coalition du RN et de la droite dite traditionnelle dans lequel le RN serait sous contrôle, à s’aligner : il ne sera pas sous contrôle.
C’est ainsi la campagne de Trump et de Poutine qui démarre en France. Marine Le Pen entend être élue en tant que condamnée pour ses pratiques mafieuses, afin de les imposer et les banaliser, tels Orban, Erdogan ou Poutine.
Il est faux de dire que « rien n’est changé » (J.L. Mélenchon) : la nature radicalement hostile à toute garantie des droits du RN est réaffirmée frontalement pour une campagne condamnée à la fuite en avant « populiste » ou au piétinement. Ce qui va susciter des contradictions, et qu’Edouard Philippe, après avoir annoncé vouloir en finir avec l’école publique, va tenter d’exploiter;
La crise de régime s’aggrave encore : sans l’institution présidentielle, le phénomène du clan Le Pen prévaricateur et visant à former au pouvoir une mafia oligarchique n’aurait pas vu le jour. Rompre avec ce régime, instaurer une République démocratique, sociale et laïque associée librement aux autres peuples, tel doit être le programme de la démocratie, qui ne passera pas par un scrutin présidentiel.
L’unité d’action tout de suite pour les besoins urgents face à la catastrophe qui vient va devoir se dresser et affronter ce régime pour battre une bonne fois le gang Le Pen. Attendre un homme providentiel, Mélenchon ou Philippe, pour battre « dans les urnes » Marine Le Pen, c’est une illusion dangereuse qui fait son jeu. Elle doit être battue avant, par l’affrontement social dans le pays.
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07.07.2026 à 15:28
aplutsoc
Que ceux qui se qualifient d’« antimilitaristes » examinent les conséquences de leur politique.
La nuit dernière, Kyiv a de nouveau été la cible d’une attaque russe de grande envergure. Le bilan s’élève déjà à plus de 14 morts, tous des civils.
Depuis des semaines, les Ukrainiens alertent sur la pénurie critique de munitions pour les systèmes de défense aérienne. L’aide militaire en provenance d’Europe et des États-Unis n’arrive désormais qu’en quantités limitées.
En conséquence, aucun des missiles balistiques tirés sur Kyiv lors de l’attaque de la nuit dernière n’a été intercepté.
– Aucun des 6 missiles 3M22 Zircon/Onyx ont été interceptés.
– Aucun des 23 missiles Iskander-M/S-400 ont été interceptés.
Nous estimons que la responsabilité de ces décès incombe non seulement à Trump et aux responsables politiques pro-russes en Europe, mais également à ceux qui, depuis des années, s’opposent à ce que l’Ukraine dispose des moyens de se défendre, tout en se cachant derrière une fausse notion d’antimilitarisme. Cette position a contribué à cultiver l’indifférence — et parfois une hostilité ouverte — au sein de certains courants de la gauche occidentale à l’égard de l’aide militaire à l’Ukraine.
Ces choix relèvent d’une responsabilité politique, publique et morale et il faudra en rendre compte.
6 juillet 2026
Solidarity Collectives
07.07.2026 à 15:08
aplutsoc
Présentation
Nous reproduisons cet article tiré du bulletin syndical Emancipation du 20 juin 2026. Il porte un bilan lucide, selon nous, de ce qu’a été réellement cette conférence de Porto Alegre censée être anti-fasciste sans jamais nommé les cibles ni dénoncé tous les impérialismes.
Document
Du 26 au 29 mars 2026 s’est tenue à Porto Alegre, au Brésil, une conférence internationale intitulée “Conférence antifasciste et anti-impérialiste”, la première de ce nom selon les organisateurs. Au vu des comptes rendus de cette conférence, et de l’orientation du document final adopté, on peut néanmoins s’interroger sur la pertinence de cet intitulé, et sur l’avenir de cette initiative.
Avec 1000 à 4000 participant·es selon les sources, issu·es de 40 pays, cette conférence combina des séances plénières et onze tables rondes thématiques, ainsi qu’un forum réunissant des représentant·es de gouvernements et des parlementaires.
L’initiative de cette conférence (qualifiée simplement d’“antifasciste” à l’origine) fut prise par les sections régionales de deux partis brésiliens, avec le feu vert de leurs instances nationales : le Parti des travailleurs (PT), au pouvoir à Brasilía, et le PSOL (Parti pour le Socialisme et la Liberté), et avec l’appui de deux syndicats de l’enseignement et du Mouvement des Sans Terre, puis le renfort du Parti communiste brésilien (PCdoB).
L’initiative piétina d’abord et la date initialement prévue fut reportée. Puis, fin 2025, elle fut relayée par un nouvel appel impulsé par Éric Toussaint et le CADTM (Comité pour l’Abolition des Dettes illégitimes) dont il est porte-parole, avec le renfort d’Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne). C’est avec cet appel relais que fut ajouté le mot “anti-impérialisme” à l’intitulé initial de la conférence.
Première observation : cette conférence ne fut guère indépendante du gouvernement brésilien. Le PT, le parti de Lula, est la pièce maîtresse de ce gouvernement constitué en alliance avec des partis bourgeois, et avec la participation du PCdoB.
Certes, selon Toussaint,“le gouvernement de Lula n’a pas apporté de financement” mais cela ne garantit en rien l’indépendance des travaux. Car le PT, le PSOL et le PCdoB sont des partis nationaux soutenant un gouvernement fédéral qui, à Brasilia, mène par exemple une politique favorable aux grands propriétaires terriens, lesquels arment des milices pour affronter les paysans sans terre, chasser les peuples premiers, détruire les ressources naturelles.
Le gouvernement de Lula, pour ces raisons, est un gouvernement bourgeois qui vise à faire du Brésil une “grande puissance”, un impérialisme de second rang à même de jouer un rôle régional.
Or, Toussaint justifie le choix du Brésil pour cette conférence par le fait que dans ce pays le profasciste Jair Bolsonaro a été électoralement battu en 2022 grâce à “l’unité” réalisée en particulier entre PT, PCdoB et PSOL (cf. lien n°4)… Mais ce qu’oublie Toussaint, c’est que cette unité derrière Lula s’est traduite par un gouvernement incluant des partis bourgeois, et que l’actuelle politique du gouvernement Lula rend crédible la future candidature du profasciste Flàvio Bolsonaro ou de toute autre candidature du même type.
Autre précision : au sein du PSOL, une tendance, le MES (Mouvement de la Gauche Socialiste) se montra fort active (le MES est, depuis 2025, membre du même regroupement international que le NPA-A en France). Quant à Éric Toussaint, il est lié au même regroupement.
Cet appel international fut conçu comme un “appel large” (selon les mots d’Éric Toussaint) et diffusé avec 236 premières signatures parmi lesquelles, pour la France, on trouve Jean-Luc Mélenchon, Aurélie Trouvé, députée LFI à l’Assemblée nationale, Olivier Besancenot, (NPA–A). Hendrik Davi, député et membre de l’APRÈS, Patricia Pol, représentante d’Attac France au Conseil international du Forum social mondial.
C’est là un panel tout autant “large”, plus large encore si l’on considère les signatures issues des autres pays.
La deuxième caractéristique de cet appel, c’est de ne donner aucune définition du fascisme, alors qu’on prétend le combattre, ni aucun exemple précis.
De même, on ne définit pas l’impérialisme, et nul exemple concret n’est donné.
Or cette conférence s’est tenue alors que l’agression impérialiste russe contre l’Ukraine, engagée depuis 2014, se développe pleinement depuis quatre ans : ni l’appel à la conférence, ni l’appel final n’en disent mot.
Éric Toussaint en donne lui-même la raison :
“Si on avait cité l’agression impérialiste russe contre l’Ukraine, il est clair qu’une grande partie des forces de gauches latino-américaines, d’Amérique du Nord, certaines forces de gauches européennes ou asiatiques auraient refusé de signer. Le PT, le PCdoB, une partie importante du PSOL, le Mouvement des Sans Terres, la CUT du Brésil, les PC latino-américains et plusieurs syndicats[…]n’auraient pas signé.
Nous avons préféré proposer à signature un appel que beaucoup de forces pouvaient signer”, qui appelle à combattre“toute agression impérialiste et coloniale quelle qu’en soit l’origine”et qui précise“y compris les armes à la main quand c’est nécessaire”.
Cachez donc cet impérialisme que l’on ne saurait voir… En refusant de qualifier d’impérialisme la Russie pour ne pas déplaire à ceux qui le protègent, on place la conférence sous l’égide de cet impérialisme.
“Simple souci tactique” répondent les défenseurs de ce choix : l’objectif était d’engager le débat, de faire entendre la voix de la résistance ukrainienne. La majorité du RESU (Réseau européen de Solidarité avec l’Ukraine), accepta ainsi ce cadre pour permettre à des syndicalistes et militants de gauche ukrainiens de prendre la parole à Porto Alegre.
Mais ces voix ukrainiennes ne furent pas autorisées à s’exprimer en plénière, reléguées dans l’un des ateliers. Et elles ne modifièrent en rien la poutinophilie dominante à Porto Alegre : la déclaration finale reste muette sur l’impérialisme russe. Ce qui ne pouvait que satisfaire Lula qui refuse toute sanction visant la Russie.
Et, pour ne gêner personne, les autres impérialismes seront de même floutés, aussi bien la France qui opprime le peuple Kanak que la Chine effaçant lepeuple Ouïghour.
Une conférence “anti impérialiste” dites-vous ?
Un même silence concerne la répression sauvage conduite par le régime islamique contre le peuple iranien, contre les femmes en particulier ; et cette terreur à caractère fasciste n’a pas commencé avec le massacre de plus de 30 000 Iraniens et Iraniennes du 8 au 10 janvier 2026. La mobilisation historique “Femme, Vie, Liberté” avait également été broyée par la répression.

Ce silence procède d’un syllogisme infernal : puisque les USA sont l’agresseur, le régime islamique en serait une victime…, et tant pis pour les foules mitraillées et les pendaisons !
Le sommet fut atteint avec la présence d’un iman iranien, Hossein Khaliloo, qui assura la défense de la dictature théocratique iranienne.
Interrogé, Éric Toussaint préfère éluder ce point :“Je crois que son invitation n’était pas bienvenue”.
Qu’avec délicatesse ces choses-là sont dites !
D’autres, gênés, évoquent une “présence inattendue”.
Or ce fut une invitation réfléchie, qui permit à l’iman Hossein Khaliloo de se faire applaudir en plénière, et de siéger à la tribune d’une table ronde aux côtés de Patricia Pol, représentante d’Attac France. Et, devant cette tribune, le drapeau de la République islamique était déployé ! Des photos en témoignent, dont l’une diffusée par Solidaires qui, à juste titre, avait refusé de mettre les pieds à cette conférence.
Mais É. Toussaint a bonne conscience, car au moins :“Le génocide perpétré par le gouvernement néo-fasciste de Netanyahou à Gaza est dénoncé”.
La résolution finale va dans le même sens. Elle liste une série d’actions solidaires mais en reste à desformules générales : “Nous luttons contre tous les impérialismes et soutenons la lutte des peuples pour leur autodétermination, par tous les moyens nécessaires”. Seul l’impérialisme américain est nommément cité ; l’impérialisme russe n’existe pas, et pas davantage la terreur fascho-théocratique en Iran.
S. Lu-Zinne, le 22 mai 2026
Article publié dans le numéro de juin 2026 de la revue « L’Emancipation syndicale et pédagogique ».
Source : https://www.emancipation69.fr/?antifasciste-anti-imperialiste,507.html
Cinq textes pour un débat
(Les 4 premiers sur le site du CADTM, le 5e sur le site de Solidaires)
1/ Appel initial à la “Ire Conférence Internationale Antifasciste” à l’initiative d’organisations brésiliennes : PSOL, PT, PCdoB, de deux syndicats de l’enseignement (CPERS et ADUFRGS) et du MST : https://antifas2026.org/fr/appel/
2/ Appel-relais lancé par le CADTM :“Appel international au renforcement de l’action antifasciste et anti-impérialiste” : https://www.cadtm.org/Appel-interna…
3/ Résolution finale : “Déclaration de Porto Alegre : Unité contre le fascisme et pour la souveraineté des peuples” : https://antifas2026.org/fr/declarat…
4/ Un bilan par Éric Toussaint :“Porto Alegre 2026 : une convergence antifasciste et anti-impérialiste entre succès inédit et obstacles majeurs” : https://www.cadtm.org/Porto-Alegre-…
5/ La position de Solidaires :“Le Réseau européen/international de solidarité avec l’Ukraine et son ouverture vers l’Amérique latine”(21 avril 2026) : https://solidaires.org/sinformer-et…