23.01.2026 à 12:07
aplutsoc2
Médias et commentateurs parlent d’un « revirement » de Trump à Davos, sur le Groenland, voir même d’un recul par peur des Etats européens. Et l’on sent bien le désir que « tout redevienne comme avant ». Mais il est impossible que tout redevienne comme « avant », c’est-à-dire comme avant le moment où le spectre d’un heurt militaire entre les Etats-Unis et leurs « alliés » européens n’entre ouvertement dans le paysage.
Voici trois jours, une division de l’armée américaine était mise sur le pied de guerre en Alaska au motif officiel de se préparer à attaquer … le Minnesota. Motif non fantaisiste : l’affrontement central aujourd’hui même vendredi 23 janvier, celui dont dépend la suite de la crise globale à l’échelle mondiale, est bien, en effet, celui qui oppose la population américaine aux bandes de ICE à Minneapolis et Saint-Paul. Mais motif qui en cachait un autre, immédiatement interprété comme tel par les autorités canadiennes et groenlandaises-danoises, comme préparatif d’attaque. L’état-major canadien a même laissé filtrer une étude faite avec l’IA sur une possible invasion du Canada actant sa faiblesse militaire face aux Etats-Unis mais les menaçant de guérilla prolongée !
Et la population groenlandaise était, littéralement, sur le pied de guerre. Insistons sur cette dimension non saisie par « les commentateurs » : on a assisté au Groenland à l’affirmation d’un fait national, inuit-européen, en réaction à l’oppression menaçante. L’effectif démographique n’entre pas en compte dans la nature politique d’un tel fait.
Suite à quoi, avant le discours de Trump et en quittant Davos avant son arrivée, le premier ministre canadien Mark Carney a prononcé un discours appelant à l’alliance des « puissances moyennes » contre les hégémons (Etats-Unis, Russie et Chine), tout en ayant lui-même signé un accord commercial dirigé contre les Etats-Unis avec la Chine, et annoncé que l’article 5 du Pacte Atlantique vaut pour le Groenland « dans tous les cas de figure », c’est-à-dire aussi en cas d’agression américaine, impliquant donc une intervention défensive d’une partie de l’OTAN contre leur principal membre !
Rien de tout cela n’est effaçable. Et Trump ne l’a pas effacé. À l’issue d’un laïus incohérent et narcissique, dans lequel le pire propos, peu relevé, à consisté à accuser les Somaliens, « au faible QI », d’envahir le Minnesota (encore lui !), Trump a donc lâché une petite phrase selon laquelle il n’allait pas attaquer militairement le Groenland, et une autre différant ses menaces commerciales anti-européennes – alors que l’accord commercial qu’il avait imposé à l’UE l’an dernier était sur le point d’être dénoncé. Dans les deux cas, il se prévaut de l’intervention du « libéral-conservateur » Marc Rutte, secrétaire générale de l’OTAN, qui, en l’absence des concernés, aurait fait des propositions « intéressantes » sur le Groenland.
Pour ce qu’on en sait, ces « propositions » consistent à attribuer à la base étatsuno-otanesque de Pittufik et à d’autres bases éventuelles le statut de territoire étatsunien, avec comme modèle les bases britanniques d’Akrotiki et de Dékélia maintenues à Chypre lors de son accession à l’indépendance en 1960 en tant que territoire britannique : un modèle de néocolonialisme. C’est donc toujours bel et bien la souveraineté étatique-territoriale du Groenland qui est en cause, car des bases US « souveraines » combinées à des licences léonines d’exploitation du sous-sol (et de destruction des milieux) sont bien une appropriation forcée. Et ce sont là, bien sûr, les « lignes rouges » que les gouvernements danois et autonome groenlandais disent ne pas vouloir voir franchies, tout en acceptant de négocier dans ce « cadre » non défini !
Simultanément, Trump a lancé son Board of Peace : un machin monstrueux à un milliard de dollars de droit d’entrée, censé gérer Gaza où, depuis le « cessez-le-feu », l’armée israélienne a tué environ 500 personnes et poursuit le confinement-refoulement de la population. Netanyahou a fini par accepter d’y rentrer, précédé par … Loukashenko ! Seuls deux Etats de l’UE ont donné leur accord pour y participer à ce jour, la Hongrie et la Bulgarie : même Meloni hésite. Ce machin doit s’occuper en général de « la paix », autrement dit il est conçu pour se substituer au Conseil de sécurité de l’ONU – en clair, devenir un nouveau « Conseil de Sécurité » d’où France et Royaume-Uni auront été éjectés. Et il est présidé par Trump à vie. A vie. A croire qu’il s’est ménagé une porte de sortie des Etats-Unis !
Si le sommet extraordinaire de l’UE de jeudi soir a acté un « revirement » de Trump, de la menace de guerre immédiate à la menace de guerre différée, en somme, Volodomyr Zelensky, dans son discours à Davos, a, lui, dirigé sa critique sur l’Europe, en évitant toute attaque directe visant les Etats-Unis mais en laissant clairement entendre qu’aucune confiance ne peut leur être accordée contre la Russie, ciblant donc ses demandes sur la mise en branle, politique et militaire, de l’Europe, dénonçant l’absence d’aide aux iraniens, esquivant mais lassant entendre que l’opération au Venezuela est un mauvais coup, et allant jusqu’à dire que l’Ukraine aurait la capacité d’aider à la défense du … Groenland !
Avec ses non-dits sur Trump, entre les lignes, ce discours caractérise beaucoup plus exactement le moment présent que tous ceux qui saluent le énième « revirement » supposé du méchant bébé tout puissant de Mar-a-Lago :
« Au lieu de prendre l’initiative de défendre la liberté dans le monde entier, en particulier lorsque l’attention des Etats-Unis se porte ailleurs, l’Europe semble perdue en essayant de convaincre le président américain de changer.
Mais il ne changera pas. »
C’est exact : il faut l’affronter, comme il faut affronter Poutine, et les Macron, Merz ou Starmer n’ont aucune vocation à cela, ils ne sont pas faits pour cela, ils ne voudraient pas cela. Zelensky lui-même, en tant que leader national dans une guerre de libération, peut mettre le doigt où ça fait mal à propos de l’Europe, mais poursuit en Ukraine une politique sociale, où plutôt antisociale, « libérale » et non de liberté qui affaiblit la mobilisation populaire.
Par contre, les forces sociales qui peuvent régler la question de la puissance européenne et de la liberté, ces forces sociales existent. Les questions de la grève de masse et celle de l’autodéfense physique, donc armée, contre ICE, montent aux Etats-Unis.
L’affrontement est engagé, à l’heure où sont écrites ces lignes, dans le matin qui se lève sur Minneapolis et Saint-Paul en grève générale.
VP, le 23/01/26.
20.01.2026 à 21:58
aplutsoc2
Le raid de capture de Maduro ne date que de 17 jours et il est clair qu’il ne faisait qu’inaugurer une fuite en avant de Trump vers la guerre à l’extérieur, et aussi à l’intérieur, avec Minneapolis comme première cible – nous y reviendrons avant vendredi.
Dans la troisième réunion unitaire parisienne sur le Venezuela tenue tout à l’heure ce mardi 20 janvier, des camarades en relation directe avec des militants sur place ont donné quelques informations significatives. D’abord, Delcy Rodriguez et le directeur de la CIA John Ratcliffe, nommé par Trump au surlendemain de son investiture le 23 janvier dernier, se sont longuement rencontrés. Le DEA (Drug Enforcment Administration) des Etats-Unis lui a fait savoir qu’il la tient à l’œil. Dans le pays, la chappe de plomb de la terreur des bandes ci-devant maduristes s’exerce toujours pleinement : aucun « regime change » n’a été nécessaire pour amorcer le passage de CE régime sous le contrôle étatsunien. Seul indice sérieux de craquement : les libérations au compte-goutte de prisonniers politiques, perdus dans le dédale des branches de la police et des polices parallèles.
Il s’ensuit deux conclusions politiques.
Premièrement, la question clef contre Trump et contre Delcy Rodriguez, la pointe anti-impérialiste réelle et aiguisée, et en outre urgente, est l’exigence de libération de tous les prisonniers politiques au Venezuela.
Deuxièmement, les tentatives de diviser ou de centrer les actions menées sur le thème du retour de Maduro, en fait de son retour au pouvoir, font le jeu de Trump et de l’impérialisme américain. La boucle est ainsi bouclée : les campistes « anti-impérialistes » pour qui le seul impérialisme est américain, finissent par se faire les idiots utiles de cet impérialisme là. Etape suivante : si des chocs militaires opposent Europe et Etats-Unis dans l’Arctique – ils sont imminents – ils dénonceront en priorité « l’Europe atlantiste ». On prend les paris ?
20.01.2026 à 21:06
aplutsoc2
Je suis traditionnellement et à ce jour le contributeur le plus fréquent d’Aplutsoc. Théoriquement, il serait logique ce jour de soumettre au comité de rédaction un édito sur le 49-3 de Lecornu. Mais je n’ai pas la tête à ça et cela fait aussi partie de la situation politique.
A côté de chez moi, ce matin, la direction du groupe Bosch a annoncé à un CSE extraordinaire de l’usine Bosch d’Yzeure, limitrophe de Moulins, qui fabrique des freins et systèmes de freinage, la fermeture de l’usine et donc 270 suppressions d’emploi dans des délais rapides. C’est bien entendu un coup de tonnerre, qui n’arrive pas dans un ciel serein : il y a déjà Erasteel, à Commentry, où la bataille est engagée, avec dans la lutte une municipalité ouvrière, démocratique et sociale réelle, et ce qui se passe ici, c’est la liquidation de ce qui reste d’industrie dans une région qui fut industrielle.
Les salariés étaient spontanément rassemblés ce matin devant l’usine et débordaient sur la route en face, avec les délégués CGT et FO et les gens avertis qui pouvaient venir. La direction refusait de parler et interdisait de franchir l’entrée. Et bien entendu, les patrons ont préparé cette annonce en secret depuis des semaines : malgré le parc de machines tout à fait susceptible de changer de productions, mise au chômage des 270 ouvriers et techniciens, sinistre pour tous les quartiers du sud de l’agglomération qui sont déjà ses quartiers « populaires » comme on dit.
Nous avons un préfet qui prétend « réindustrialiser » la France et le Bourbonnais, avec comme unique projet la mine de lithium dans le Sud du département, au sujet de laquelle les inquiétudes sanitaires et écologiques (radioactivité géologique notamment) grandissent. La crise agricole impacte les petits éleveurs pendant que les gros manitous FNSEA/CR paradent avec leurs gros tracteurs de richards. Et le même préfet prépare une carte scolaire scandaleuse avec omerta sur ce qui se prépare jusqu’au second tour des municipales !
Il est bien évident qu’on ne va pas laisser faire cela. Ces attaques déferlantes interviennent alors qu’ici, mes camarades militantes et militants de la FSU et moi-même nous sentons légitimes et forts, en particulier parce que nous venons de réussir un meeting unitaire, avec avant tout la CGT, contre les menaces fascistes dont je suis l’objet avec mon camarade Laurent Indrusiak de l’UD CGT, cela dans la ville au maire LR/Reconquête/FNSEA/ »Riposte Laïque » Ferrand, connu pour avoir mis un enfant de parents « mauvais payeurs » au pain sec et à l’eau.
A Moulins, Yannick Monnet, député PCF, peut gagner les municipales. Ce serait une belle victoire. Et s’il fait la campagne la moins politique possible « près des gens », les 270 suppressions d’emploi annoncées montrent ce qu’il en est du caractère seulement « local » des élections municipales !
Tout cela est bien entendu en rapport avec le budget de Macron et Lecornu. Mais ce qui se passe à l’Assemblée nationale, maintenant, les gens s’en foutent parce qu’ils ne voient pas d’issues à ce qui s’y passe et ne souhaitent pas une dissolution, qui serait, comme et plus que la précédente, antidémocratique. Rien ne sert ici de dauber sur le PS sauf si l’on tient à tout prix à le renvoyer chez Macron pour sombrer avec lui, mais en réalité les larges masses ne sont pas indifférentes aux petits gains tels que les repas étudiants à 1 euro, etc. A quelle condition ces petits gains seraient des victoires ?
A la condition qu’ils soient présentés pour ce qu’ils sont, comme quand nous sauvons un poste et une classe dans une école : une victoire pour une mobilisation possible. La CONDITION, la condition politique, pour une censure efficace, serait une mobilisation sociale centrale et nationale. Il y a une responsabilité politique des directions syndicales nationales. Là, nous aurions les conditions réunies pour la reconstitution du NFP et de sa majorité relative censurant le gouvernement sans avoir peur de la suite, car quand il y a mobilisation sociale le RN recule !
Au même moment, on apprend la mobilisation du Groenland. J’ai bien écrit : la mobilisation du Groenland, avec ses moyens (le soutien populaire, quelques garde-côtes et l’armée danoise …). Salut à ce peuple, à cette nation inuite-européenne en train de se constituer. C’est une réaction du gouvernement autonome du Groenland survenue quelques heures après la mobilisation par le Pentagone des 1500 soldat de la 11° division aéroportée « Arctic Angel » en Alaska. Officiellement et ceci est déjà énorme, c’est pour intervenir éventuellement … contre le Minnesota, à Minneapolis ! Nuuk, Minneapolis, même combat !
Le Groenland, et le Canada, sont clairement menacés et le conseil inventé par Trump pour gérer Gaza est immédiatement compris par ceux qui y participent, comme le roi du Maroc et Loukashenko, comme destiné à remplacer le conseil de sécurité de l’ONU.
L’éclatement de l’OTAN a commencé et les Etats-Unis sont une menace de guerre, avec Poutine, contre l’Europe, et les larges masses ressentent cette réalité bien mieux que les couches militantes généralement accrochées à leurs représentations, désormais fantasmatiques. Hier encore, à la Commission académique de mon syndicat, le SNES-FSU, les camarades « justiens » (tendance Front Unique) précisaient leur désaccord profond avec la simple idée d’une convergence Trump/Poutine ! Conservatisme, quand tu nous tiens …
Mais les citoyens et travailleurs du rang sentent mieux les choses. Et ils sentent le lien qui va des licenciements chez Bosch à la guerre qui vient contre l’Europe sur deux fronts. Si la mobilisation sociale ne survient pas contre la politique de casse écologique, industrielle et des services publics actuelle, elle surviendra pour que la défense armée soit l’affaire de toutes et de tous. Nous nous y dirigeons. D’ores et déjà, en 2026, l’arme tranchante contre l’ennemi fasciste, contre le RN et contre l’union des droites, est de les traiter comme ce qu’ils sont : les agents de l’ennemi, de Trump/Poutine.
Cette bataille se ménera dans les prochains jours à Nuuk comme à Minneapolis et dans les petites villes de l’Allier pour sauver l’emploi et contraindre l’Etat à mettre sous séquestre les entreprises qui le cassent.
Finalement, en écrivant à la première personne, voici peut-être l’équivalent de l’édito « analytique » qui aurait traité du 49-3 de Lecornu !
VP, le 20/01/26.
18.01.2026 à 21:49
aplutsoc
Budget Lecornu, avant-dernier épisode ?
Le premier ministre Lecornu, vendredi soir 16 janvier, attendu soit sur l’annonce d’un recours aux ordonnances, soit du 49-3, pour mettre en œuvre le sacro-saint « budget », a réaffirmé son intention de « trouver un compromis » tout en faisant les « économies » prescrites par la « dette », bien qu’à la différence de son prédécesseur Bayrou, il évite la répétition obsessionnelle de ce mantra.
Il a annoncé vouloir « être du côté des travailleurs » : principalement le repas étudiant à un euro et une hausse moyenne de la prime d’activité de 50 euros, la renonciation à une année blanche pour l’Aide Personnalisée au Logement et l’Allocation Adulte Handicapé. Attention : cette dernière annonce est couplée à la réaffirmation de l’objectif d’une « allocation sociale unique », récemment rebaptisée « allocation de solidarité unifiée », qui vise à finir de dessaisir la Sécurité sociale, donc le salaire socialisé, des aides aux « pauvres » censées être maintenus en dessous du salaire minima et soumis à la chasse aux « fraudes ». Attention aussi, la prime d’activité n’est précisément pas du salaire !
Il est infantile de cracher sur ces petits gains qui, pour des millions de travailleurs, de chercheurs d’emplois et d’étudiants, ont leur importance. Ce qui est important politiquement est de comprendre leur pourquoi. Comme les reculs de cet automne, qu’ils aient été officiellement ou non lâchés par Matignon (décalage/suspension de la réforme des retraites, mais aussi suspension de la réforme de l’Assurance chômage, et démantèlement du « choc des savoirs » dans les collèges), leur cause profonde est la puissance sociale du monde du travail – du prolétariat : salariés, chômeurs, jeunes, retraités, qui a fait très peur au pouvoir lors de la lame de fond de septembre 2025.
Il est d’autant plus important de comprendre cela que pratiquement aucune force politique ne l’explique et que les directions syndicales nationales ne parlent pas ce langage, car avoir conscience de sa force incite à s’en servir !
La dernière série des reculs sociaux de Lecornu s’inscrit dans la prolongation de la cassure politique majeure de l’exécutif, de la présidence Macron, cristallisée dans l’atteinte portée au totem-tabou de la réforme des retraites, qui devait marquer le rétablissement d’un exécutif fort dans ce pays – échec total.
Mais tout le monde se demande bien comment Lecornu va faire pour « financer » cette dernière série d’annonces tout en maintenant les objectifs d’« économies », sans compter la hausse des dépenses militaires, beaucoup plus dispendieuse qu’elle ne devrait l’être, en raison des profits de l’industrie militaire et du nucléaire. Le « budget » est en tant que tel antisocial : il doit matérialiser des « économies » visant à la fois à faire hausser le taux d’exploitation (rapport plus-value/salaire) et diminuer les dépenses publiques en portant atteinte aux services publics.
A cet égard, exemplaire est l’entourloupe de l’annonce de la création de « 2000 postes » dans l’Éducation nationale, dont on ne sait comment Lecornu la calcule vu l’imbroglio scandaleux sur la tenue des concours de recrutement annoncés : la réalité est la suppression de 4000 postes dans les écoles, collèges et lycées, et le scandale démocratique est que, sous la tutelle des préfets qui ont reçu ce pouvoir par la toute dernière circulaire de Bayrou, en date du 5 septembre, sont en ce moment préparées, dans le secret au motif des élections municipales, les fermetures de classes et d’écoles d’un budget non voté !
Droite et extrême droite montent la garde contre tout recul supplémentaire et voudraient inverser la tendance. Au Sénat, droite et centre ont rejeté la création d’un corps de fonctionnaires pour les Accompagnatrices d’Élèves en Situation de Handicap (AESH), une question nationale montante. À l’Assemblée nationale, c’est le RN qui a, « par surprise » en l’absence de beaucoup de députés, proposé et fait voter la baisse de 5 milliards de la Dotation Générale de Fonctionnement des collectivités locales : le RN s’affirme ainsi comme le parti des fermetures de crèches, bibliothèques, cantines, centres sociaux, et même des postes de police municipale et des caméras de surveillance dont il se dit si friand !
En résumé, il est donc parfaitement clair que le budget doit être rejeté et que c’est sur le budget, qui concentre le maintien de l’axe antisocial de l’exécutif poussé en ce sens par droite et RN, que mobilisation sociale et censure, conjointement, devraient s’exercer.
PS et LFI, ou l’accord dans le désaccord.
Le PS, tout en se faisant le véhicule de la pression conduisant Lecornu à ces reculs successifs, non négligeables ni méprisables répétons-le, cherche à assurer le maintien de l’exécutif Macron/Lecornu le plus longtemps possible en évitant une censure parlementaire et une dissolution de l’Assemblée nationale.
J.L. Mélenchon, appelant ouvertement de ses vœux une candidature Hollande à la présidentielle (!!!), et LFI à sa suite, parlent de « trahison », franchissement du Rubicon, etc. Mais la masse des travailleurs n’est pas indifférente aux « petits gains » et « petits reculs » que le PS dit engranger et qui, répétons-le, proviennent en réalité, fondamentalement, de la puissance sociale du salariat et de ses mobilisations.
Et LFI a pour horizon la présidentielle, à la date de 2027, donc, comme toutes les directions politiques des partis ayant obtenu aux élections de 2024 la majorité relative à l’Assemblée, comme le PS, le maintien en place de cet exécutif, quelles que soient les rodomontades sur la « destitution » !
Les fausses « motions de censure » du RN et de LFI.
Mercredi dernier, deux motions de censure n’ont pas eu la majorité à l’Assemblée nationale, l’une de LFI, l’autre du RN. Elles se ressemblaient beaucoup l’une et l’autre par ce sur quoi elles portaient et ce sur quoi elles ne portaient pas.
Elles ne portaient pas sur le budget, donc pas sur la politique antisociale du gouvernement. Nous invitons nos lecteurs à vérifier sur pièce : rien sur ce sujet en dehors de l’agriculture, ni dans celle de LFI, ni dans celle du RN. L’une et l’autre voulaient censurer le gouvernement sur l’accord UE/Mercosur, au nom des intérêts de « l’agriculture », mettant dans le même sac les industriels céréaliers et éleveurs et les petits paysans. La motion de LFI ajoutait à cela le retour de Maduro « sans condition » sur le sol vénézuélien, en ne disant pas un mot du maintien du régime de Maduro sans Maduro voulu par Trump : c’est là se prononcer sans le dire pour le retour de Maduro à la présidence, ce qui est également l’axe des récentes attaques de J.L. Mélenchon contre la CGT (voir ici la réponse de la Commission Exécutive Confédérale de la CGT).
Dans la suite du texte, il est appelé à « sortir de l’OTAN » au moment précis où l’OTAN devient un champ d’affrontement entre Europe et Canada d’un côté, États-Unis de l’autre : le premier ministre canadien, après la première ministre danoise, vient de déclarer que l’article 5 du traité fondateur de l’OTAN (intervention militaire en cas d’agression contre un pays membre) doit s’appliquer au Groenland dans tous les cas de figure, ce qui veut dire y compris en cas d’agression étatsunienne !
Et nous avons encore dans cette motion ce bla-bla : « ne pas s’engager militairement en Ukraine sous l’égide d’un plan voulu et dirigé par les États-Unis pour ses seuls intérêts et affirmer une véritable politique indépendante de tout Empire en recherchant des partenariats avec tous les pays voulant œuvrer à restaurer le droit international », bla-bla qui ne veut rien dire d’autre que lâcher complètement l’Ukraine !
Il faut dire ce qui est : à la lettre, la motion de censure de LFI est, sur la même ligne qu’elle, pire que celle du RN !
Cette ligne est celle du pseudo souverainisme conduisant à l’alliance avec Poutine et à la capitulation devant Trump, quelles que soient les rodomontades contre « l’impérialisme yankee », en retard d’une guerre, ou de plusieurs.
La motion de censure RN n’a été votée que par les groupes RN, ciottistes et 3 non-inscrits. Mais la motion de censure LFI l’a été par le RN, les ciottistes, les mêmes 3 non-inscrits, LFI, 13 députés du groupe GDR formé autour du PCF sur 17 et 32 députés sur 38 du groupe écologiste, parmi lesquels les camarades de l’APRES (Autain, Corbière, Davi, Simonnet) et François Ruffin.
Sans doute se sont-ils dits qu’il faut forcément censurer ce gouvernement. Mais il ne s’agissait pas d’une censure : elle ne portait pas sur sa politique antisociale, mais affirmait une ligne de politique internationale bel et bien convergente entre LFI et RN, c’est-à-dire s’inscrivant dans la convergence Trump/Poutine sous le masque des flonflons « souverainistes » et « anti-impérialistes ».
Lecornu a eu beau jeu de dénoncer cette convergence, qui l’arrange, ce qui ne signifie pas que sa propre politique étrangère soit la bonne : elle cherche le compromis avec Trump et Poutine, tout en étant contrainte d’envoyer une (toute petite) troupe au Groenland, elle envisage la question militaire en relation avec les industriels de l’armement et le nucléaire, et elle envisage la formation de combattants dans les formes bourgeoises et autoritaires traditionnelles de l’embrigadement de la jeunesse. Toutes choses qui mènent à l’échec, voire à la capitulation et à la collaboration, que le RN et l’union des droites, vrais gagnants de la manœuvre des deux fausses censures, mettront en œuvre s’ils arrivent au pouvoir.
Leçons politiques.
Contre Trump et Poutine, et sur chacun des axes de la politique militaire du gouvernement – les questions des trusts de l’armement (à leur profit ou sous contrôle social ?), de la nature des armes produites (bombes A ou drones individuels ?), et de la mobilisation (embrigadement de la jeunesse ou auto-organisation sociale ?), les questions internationales en général et celle d’une politique militaire démocratique en particulier, deviennent, on le voit bien là, des conditions à l’unité efficace pour battre sur le terrain national la politique illégitime, minoritaire et antisociale de l’exécutif Macron/Lecornu !
L’exécutif va devoir très vite, sans doute dans la semaine du 19 au 23 janvier, choisir comment sortir de son impasse budgétaire. Et dans cette même semaine, la niche parlementaire de LR jeudi 22 va comporter une attaque contre le statut du 1° mai. Devant la guerre qui vient comme devant les attaques antisociales, le prolétariat et la jeunesse vont être, eux aussi, sans attendre 2027, non pas entrer en mouvement car ils le sont déjà de manières multiples, mais unifier et centrer leur mouvement.
Le 18/01/2026.
16.01.2026 à 10:04
aplutsoc
La République islamique d’Iran est secouée depuis plus de deux semaines par une vague de manifestations de masse, la plus importante depuis 2022. Ces manifestations se déroulent dans un contexte de crise économique profonde, de chute vertigineuse du rial iranien, d’inflation dépassant les 40 %, de forte hausse des prix des denrées alimentaires, du carburant et du logement, ainsi que de corruption systémique au sein des structures gouvernementales. La situation est aggravée par la sécheresse prolongée la plus grave qu’ait connue l’Iran ces dernières années, elle-même exacerbée par le changement climatique, qui provoque des perturbations de l’approvisionnement en eau et des pénuries alimentaires. À cela s’ajoutent la stagnation politique, le renforcement du contrôle théocratique, les nouvelles restrictions imposées aux droits des femmes, la discrimination à l’encontre de différentes catégories de la population et la répression brutale exercée par le Corps des gardiens de la révolution islamique et les forces paramilitaires du Bassidj.
Les manifestations actuelles s’inscrivent dans la continuité d’une vague de mécontentement social qui déferle sur l’Iran depuis quelques années. Ainsi, entre 2017 et 2018, puis entre 2019 et 2020, des vagues de manifestations et de grèves ont déjà secoué le pays , exacerbées par la dégradation de la situation socio-économique, la flambée des prix du carburant et les pénuries de pain, d’eau et d’électricité. Le point de départ symbolique du mouvement de protestation actuel fut le meurtre, en septembre 2022, de Mahsa Amini, une étudiante kurde de 22 ans, arrêtée par la police des mœurs pour avoir prétendument porté le hijab de manière incorrecte. Après son arrestation, la jeune femme fut sauvagement battue et mourut à l’hôpital. Sa mort déclencha des manifestations à travers tout le pays, sous le slogan « Femme, Vie, Liberté », qui, malgré la violence des violences, ne brisèrent pas la résistance de la société.
Les événements en Iran auront un impact considérable sur le monde entier et sur notre pays en particulier. Alors que la Russie de Poutine utilise, entre autres, des drones iraniens pour terroriser la population ukrainienne et attaquer les infrastructures civiles avec des intentions génocidaires, exposant des millions de personnes au risque de mourir de froid sans chauffage ni électricité, la solidarité des Iraniens ordinaires va aux victimes. Il est significatif que peu après le début de l’invasion russe, l’une des figures de proue du féminisme iranien, Nasrin Sotoudeh, ait exprimé sa solidarité avec les Ukrainiens. Divers secteurs de l’opposition iranienne, y compris la gauche radicale , ont également déclaré leur soutien indéfectible à la résistance ukrainienne face à l’agression russe.
La vague de protestations actuelle a éclaté fin décembre dernier pour des raisons économiques. Le mouvement a débuté par des grèves de petits commerçants et boutiquiers des bazars de Téhéran, qui ont fermé leurs boutiques en masse, incapables de résister à la dévaluation du rial et à la baisse du pouvoir d’achat de la population. Ils ont rapidement été rejoints par les habitants des quartiers populaires de la capitale, puis par les étudiants. Tout cela confirme que la colère populaire continuera de s’exprimer jusqu’à ce que l’omnipotence du clergé théocratique soit renversée.
En quelques jours, une vague de protestations a déferlé sur des dizaines de villes à travers le pays, de Téhéran et Mashhad à Shiraz, Ispahan, Kermanshah, et des centres industriels plus modestes. Les revendications socio-économiques se sont rapidement muées en slogans politiques explicites : « Mort au dictateur », « À bas le régime des ayatollahs », « Du pain, la liberté, la dignité » (une variante du slogan traditionnel de divers groupes socialistes iraniens, qui peut également inclure des revendications en matière de logement et d’emploi).
La vague actuelle de mobilisation protestataire, comme les précédentes, présente un caractère de classe clairement affirmé. Le mouvement de protestation repose sur les fondements suivants :
Ce sont les quartiers populaires et les petites villes qui sont devenus les foyers des affrontements les plus violents avec les forces de sécurité. Dans de nombreuses régions, les funérailles des manifestants tués se transforment en nouvelles manifestations antigouvernementales. La contestation prend de plus en plus l’allure d’un soulèvement national des pauvres et des opprimés contre l’oligarchie théocratique, dont le régime est qualifié de clérical-fascisme par l’opposition de gauche.
Cette évolution des événements n’est pas surprenante, compte tenu des traditions de protestation continues du pays, et aussi du fait que, comme l’ont noté des anarchistes locaux dans une interview accordée au magazine « Common », « le fossé entre le peuple et l’élite dirigeante s’est tellement creusé qu’il semble que l’élite et le reste de la société vivent dans deux mondes complètement différents : ils ne parlent pas la même langue et n’ont aucun point commun culturel, social, religieux ou politique. »
Dans l’espace médiatique, la figure emblématique des manifestations est Reza Pahlavi, fils du Shah Mohammad Reza Pahlavi, renversé par la révolution populaire de 1979. Il a publiquement soutenu les manifestants américains et appelé à des grèves nationales. Les médias occidentaux tentent de le présenter comme un potentiel « père shah » et une figure rassembleuse pour la nation.
En réalité, il est impossible d’imaginer un candidat plus inadapté à ce rôle. Le vieil « héritier du trône » n’est rien de plus que le chef (voire le principal instigateur) de l’une des nombreuses factions de l’opposition iranienne, pourtant très diverse – comme, par exemple, Maryam Rajavi, de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI) et du Conseil national de la résistance iranienne. De plus, les dirigeants en exil des monarchistes et des anciens socialistes islamistes de l’OMPI entretiennent des liens très ténus avec les masses contestataires à l’intérieur du pays.
Ainsi, tous les manifestants ne voient pas Reza Pahlavi comme un futur monarque ou un futur chef politique.
Au final, le despotisme de son père était tout aussi tyrannique et répressif que celui des ayatollahs qui lui ont succédé – simplement non pas anti-occidental, mais pro-américain.
Après s’être emparé du pouvoir absolu lors d’un coup d’État en 1953, au profit des multinationales, contre le Premier ministre de centre-gauche Mohammad Mossadegh, qui avait nationalisé l’industrie pétrolière iranienne, le Shah a transformé son service de renseignement, la SAVAK, en l’un des plus tristement célèbres pour ses méthodes de torture et de terreur. Il n’est donc pas surprenant que, pour une part importante de la société iranienne, le souvenir du régime du Shah soit associé à l’autoritarisme, aux inégalités sociales et à la dépendance envers l’Occident. Les forces de gauche, les syndicats et les étudiants radicaux, ainsi que les représentants de nombreuses communautés ethniques autres que celle qui porte le titre de Shah, se montrent particulièrement sceptiques à l’égard de Pahlavi.
Le Syndicat des travailleurs des bus de Téhéran et de sa banlieue , l’un des plus importants syndicats indépendants du pays, a déclaré s’opposer à « la restauration d’anciens régimes autoritaires » et a appelé les travailleurs protestataires à former leurs propres représentants et instances d’autogestion. Pour eux, l’objectif de la protestation n’est pas le retour de la monarchie, mais le renversement de la dictature théocratique et l’instauration d’une véritable démocratie sociale et politique.
Il est crucial d’éviter que ne se reproduise la situation de 1979, lorsque, après la chute du régime haï de tous, les fruits de la révolution purent être accaparés par ses membres les plus conservateurs. Car, depuis le soulèvement anti-Shah, la lutte en Iran n’a jamais cessé, non pas pour la survie, mais pour la mort, entre ses forces motrices : d’une part, les fondamentalistes religieux réactionnaires, et d’autre part, les courants démocratiques opposés, principalement la gauche, au sein de laquelle les mouvements ouvriers et féministes ont joué un rôle déterminant . Du côté de ces derniers se trouvait et demeure l’intelligentsia iranienne progressiste, et notamment la puissante tradition du cinéma critique.
Le régime de l’ayatollah Khamenei a systématiquement réprimé les soulèvements par des arrestations massives, l’usage de munitions réelles, la torture, des exécutions extrajudiciaires et des menaces d’exécutions de masse. L’Iran est déjà le pays qui exécute le plus d’habitants au monde, à égalité avec une autre théocratie réactionnaire, l’Arabie saoudite, et les ayatollahs brandissent désormais la menace d’un nombre encore plus effroyable de condamnations politiques.
Des milliers de personnes ont déjà été arrêtées , et on dénombre plus de 2 000 morts violentes – et ce ne sont là que les chiffres officiels (l’opposition avance déjà le chiffre d’au moins 12 000 morts possibles). Les forces de sécurité n’hésitent pas à prendre d’assaut les hôpitaux. L’accès à Internet est périodiquement coupé dans le pays afin d’isoler les manifestants du monde extérieur et de poursuivre le massacre à la faveur de ces coupures.
Dans le même temps, la région est confrontée à un risque croissant d’intervention militaire directe des États-Unis et d’Israël, qui pourraient tenter d’exploiter la crise pour frapper l’Iran et renforcer ainsi leur position au Moyen-Orient. Un tel scénario, celui d’une nouvelle aventure impérialiste irresponsable, risque de déclencher une guerre civile, d’aggraver encore le nombre de victimes et de déstabiliser davantage la région, conduisant à une situation encore plus catastrophique pour les populations de Palestine et du Kurdistan.
Trump se présente déjà comme un « défenseur » non sollicité des victimes du régime iranien, un rôle que la propagande iranienne instrumentalise contre les manifestants. Cette attitude est d’autant plus cynique que lui et son administration, à l’instar de leurs alliés iraniens, qualifient les manifestants de « terroristes » et justifient le meurtre de civils (comme celui de Renée Goode, abattue par un agent de l’ICE).
Les manifestants iraniens risquent de se retrouver pris en étau entre deux feux : une dictature théocratique à l’intérieur du pays et les intérêts impérialistes des États-Unis et d’Israël à l’extérieur, sans parler de la concurrence pour le pétrole et les ressources avec leurs voisins les plus proches (eux aussi antidémocratiques), comme le Qatar, les Émirats arabes unis et le Koweït. Lorsque les gouvernements d’extrême droite d’Iran, des États-Unis et d’Israël tentent de prendre le peuple iranien en otage, la gauche internationale doit l’aider à affirmer sa propre subjectivité et son indépendance, surtout lorsque nos ennemis cherchent à instrumentaliser ce sentiment pour inciter à la xénophobie anti-musulmane ou à opposer le soutien aux manifestants iraniens à la solidarité avec les victimes du génocide à Gaza ou de la guerre au Soudan.
Dans ces conditions, il est honteux de constater comment certains partisans de « l’anti-impérialisme des imbéciles », qui ont finalement troqué l’internationalisme et l’analyse de classe contre des futilités géopolitiques – souvent les mêmes qui ont applaudi l’agression russe contre l’Ukraine – non seulement nient la solidarité des travailleurs iraniens, mais la manifestent au contraire par le biais du régime fondamentaliste sanglant des religieux et du capital local, responsable de l’exécution de milliers de communistes et autres militants de gauche. Ces complotistes vont plus loin que le président iranien Pezeshkian lui-même, contraint d’admettre que si le peuple est mécontent, c’est la faute du gouvernement et non celle d’une puissance étrangère – car ils perçoivent les manifestations populaires de millions de personnes comme une manœuvre des services secrets étrangers ou quelque autre délire.
Parallèlement, même l’actuel président iranien, Massoud Pezeshkian, a été contraint de reconnaître que les causes du mécontentement populaire sont internes et liées aux politiques du gouvernement.
Le Mouvement social (SR) ukrainien appelle la gauche internationale à se solidariser avec les manifestants iraniens et à nouer des liens avec les collectifs ouvriers et les étudiants révolutionnaires iraniens sur le terrain. Il ne s’agit pas de soutenir la restauration d’une monarchie moribonde, encouragée par des forces extérieures, mais de lutter pour le véritable développement démocratique du pays, auquel aspirent les Iraniens persécutés et affamés.
L’Iran n’a pas besoin d’un nouveau « dirigeant fort », mais de la dissolution de l’État théocratique, d’une restructuration fondée sur l’auto-organisation, de l’émancipation des femmes et des minorités, de la liberté syndicale et politique, et de conditions de vie décentes pour les ouvriers et les paysans. L’avenir de l’Iran ne doit pas être décidé par les ayatollahs, ni par les généraux du Corps des gardiens de la révolution, ni par des individus malhonnêtes autoproclamés, ni par des impérialistes étrangers, mais par le peuple iranien lui-même.
Aujourd’hui, les rues des villes iraniennes sont devenues le théâtre de la lutte pour le pain, la liberté et la dignité. Le sort de l’Iran, mais aussi l’équilibre des pouvoirs dans tout le Moyen-Orient, en dépendent.
Solidarité avec les rebelles, solidarité avec tous les opprimés !
SR, 15 janvier 2026.
Source : https://rev.org.ua/iran-na-mezhi-socialnij-vibux-proti-teokrati%d1%97-bidnosti-ta-represij/
16.01.2026 à 09:40
aplutsoc
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A visage découvert, les femmes de Marioupol dénoncent les forces d’occupation russes.
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« Nous errons d’appartements loués en appartements loués… Les promoteurs immobiliers profitent de notre malheur et s’enrichissent. Mettez fin à l’arbitraire en matière de logement », déclarent les femmes désespérées.
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15 janvier 2026
Patrick Le Tréhondat (RESU)