07.10.2026 à 19:33
aplutsoc
Résolution de Soyez comme nous sommes : augmenter les salaires et établir des normes de charge de travail
Soyez comme nous sommes exige de l’État qu’il prenne des mesures urgentes pour remédier à la crise des effectifs dans le système de santé, augmenter la rémunération du personnel soignant et établir des normes nationales en matière de charge de travail professionnelle sûre.
Les membres de l’organisation ont adopté une résolution en ce sens le 12 septembre 2026 lors de la conférence nationale annuelle Soyez comme nous sommes.
Le document souligne que le système de santé ukrainien fonctionne dans un contexte de guerre totale et de pénurie importante de personnel. Parallèlement, l’absence de normes modernes et scientifiquement fondées en matière de charge de travail entraîne une surcharge des professionnels de santé, un épuisement professionnel et, par conséquent, une baisse de la qualité des soins médicaux.
L’organisation insiste par ailleurs sur les problèmes de financement. Selon les auteur es de la résolution, le modèle de financement actuel ne permet pas de couvrir intégralement les dépenses réelles des établissements de santé ni d’assurer un niveau de rémunération adéquat, ce qui contribue à aggraver la crise des effectifs.
Soyez comme nous sommes exige une augmentation des salaires minimums des professionnels de santé
L’une des principales revendications adressées au Conseil des ministres concerne la mise en place, à compter du 1er janvier 2027, d’un salaire minimum garanti pour les professionnels de santé :
Il s’agit précisément des salaires de base, sans tenir compte des primes pour le travail en zone de combat, les gardes de nuit et le cumul d’emplois.
Soyez comme nous sommes exige également la mise en place d’une indexation annuelle des salaires minimaux à un niveau au moins égal à celui de l’inflation.
Les professionnels de santé réclament la fixation de normes relatives à la charge de travail
Soyez comme nous sommes demande au ministère de la Santé d’approuver, d’ici au 1er juillet 2027, des normes nationales uniformes en matière de charge de travail professionnelle sûre. Il s’agit notamment de définir le rapport « médecin — patient », « infirmière — patient » et d’autres catégories de professionnels de santé, en tenant compte des spécificités des différents types de soins médicaux.
Soyez comme nous sommes exige un changement d’approche en matière de financement de la médecine
Une partie distincte de la résolution concerne le fonctionnement du Service national de santé d’Ukraine. L’organisation insiste également sur la transparence du calcul des tarifs du Programme de garanties médicales, avec la publication de la méthodologie utilisée pour leur détermination, des principaux éléments constitutifs du coût des services et de la justification des modifications tarifaires.
En outre, il est proposé que la NSZU [service national de santé] analyse chaque année la conformité du financement prévu par les contrats avec les dépenses réelles des établissements de santé et qu’elle rende publics les résultats de cette analyse.
Les professionnels de santé souhaitent participer à l’élaboration des politiques
La question du dialogue social occupe une place particulière dans la résolution. L’organisation estime que les organisations professionnelles, les syndicats et les représentants du personnel médical doivent être associés à l’élaboration des textes réglementaires et de la politique publique concernant les conditions de travail, la charge de travail et les effectifs.
L’organisation demande notamment aux collectivités locales de mettre en place des programmes locaux visant à attirer et à fidéliser le personnel médical. En outre, les collectivités locales doivent organiser des consultations publiques avant de prendre des décisions concernant la réorganisation, la reconversion ou la fermeture d’établissements de santé municipaux.
Soyez comme nous sommes s’est déclaré prêt à coopérer avec les autorités publiques et les collectivités locales, les associations professionnelles, les syndicats et les partenaires internationaux afin de mettre en œuvre les dispositions de la résolution.
Le document prévoit la transmission de la résolution aux autorités publiques et aux collectivités locales compétentes, ainsi que sa publication dans des sources accessibles au public.
Soyez comme nous sommes, le 7 octobre 2026.
Source : RESU / PLT
07.10.2026 à 14:02
aplutsoc2
Un article de DESK Russie.
Le site DESK Russie est d’orientation politique libérale, pro-capitaliste, mais anti-Poutine et attachée à l’Etat de droit. Nous ne le rejoindrons naturellement pas sur tout ce qui concerne l’histoire des révolutions du XX° siècle et de la Russie. Ses enquêtes sont bien documentées et étayées : c’est le cas de l’important article paru ce 4 octobre, qui a pu passer inaperçu de nos lecteurs militants en pleine déferlante de la jeunesse, sur lequel nous attirons leur attention : Les héros russes de LFI (article non signé, engageant donc la rédaction).
Cet article est centré sur le personnage d’Alexeï Sakhnine, présenté depuis son arrivée en France en octobre 2022, et dès mars 2022, comme l’opposant de gauche russe à Poutine favori de LFI et de Jean-Luc Mélenchon. Nous invitons d’autant plus nos lecteurs à lire ce dossier et à en tirer leurs conclusions, qu’il étaye et repose probablement en bonne partie sur des données sur lesquelles Aplutsoc s’était exprimées ou qu’il avait partagées.
Nous avons en effet réagi immédiatement à l’arrivée en France du groupe de A. Sakhnine dans l’article Regardez nos opposants russes comme ils sont beaux (… et nous embêtez pas avec les Ukrainiens), ainsi que par la réaction de Hanna Perrekhoda A propos des « bons » opposants russes selon LFI/POI, nous avons noté la place particulière de Sophia Chikirou dans ce « dispositif » (25 mai 2025), appelé à la solidarité avec les militantes anarcha-féministes russes et ukrainiennes confrontées aux réseaux masculinistes liés à cette prétendue opposition de gauche à Poutine (8 novembre 2025), publié la traduction de l’important article de Galyna Rymbu à ce sujet, et nous prenons part aux réunions d’information sur les réseaux impérialistes russes en Europe engagée notamment à Marseille.
De toute évidence, le bon dossier publié par DESK Russie s’appuie sur les informations et alertes diffusées par les militants de gauche internationaliste réels, citant notamment Vincent Présumey sur Borotba, une organisation « Potemkine » ukrainienne, Hanna Perekhoda sur la gauche occidentale et l’Ukraine, Alexandre Volodarski, anarchiste ukrainien originaire de Louhansk, sur le rôle pour le moins trouble d’A. Sakhnine « émigré politique russe » en Suède, « avocat très habile de la contre-révolution », écrit-il.
S’il contient des éléments que nous ignorions qui alourdissent encore ce lourd dossier, comme le séjour d’A. Sakhnine en Corée du Nord en octobre 2019, cet article n’est pas pour autant exhaustif sur ce dossier explosif. Explosif pourquoi ?
Parce qu’il met en question, non seulement l’orientation de J.L. Mélenchon sur l’Ukraine, la Russie et la situation internationale, mais la possible présence autour de lui de groupes de pression liés à l’Etat russo-poutinien – disons tout de suite qu’il est probablement dupe, mais cela ne diminue en rien la responsabilité politique.
D’autres personnages que A. Sakhnine sont concernés – l’article de DESK Russie commence à aborder le cas de l’un d’eux, le faux « déserteur ukrainien » Konovalov. Tout cela, en termes de journalisme d’investigation, n’est donc pas le fin mot de l’affaire, mais son premier à cette échelle.
Dans ce cadre, il nous faut souligner un aspect clef qui n’est pas explicité nettement dans cet article : la porte d’entrée de la prétendue « gauche » russe nationaliste dans LFI, et au-delà dans Die Linke avant la rupture du BSW (on va y revenir) et dans la gauche travailliste britannique, c’est le POI et son courant international.
Récemment encore, Informations Ouvrières publiait un article d’Alexeï Sakhnine au nom de l’un des mouvements postiches qu’il a contribué à mettre en place, La paix par en bas, qui, d’une part, tente de s’infiltrer parmi les déserteurs et émigrés russes, et qui, d’autre part, dit préconiser la désertion en masse en Ukraine.
Dans LFI, la plate-forme liée à ces réseaux russes correspond au POI, qui s’est depuis 2022 – à la même date que l’arrivée d’A. Sakhnine en France, qui correspond à l’affaire Quatennens aux relents masculinistes, dont le POI a ardemment pris la défense – imposé comme une sorte de « garde prétorienne », selon la formule (entre autres) de Danielle Simonnet – de J.L. Mélenchon dans LFI, en relation avec Sophia Chikirou, notamment.
La lien POI/BSW.
Or, la relation POI/PSL (Post Sovietic Left, nom que se donne le groupe politique d’A.Sakhnine en émigration) passe par le BSW allemand, ce que souligne d’ailleurs l’article de DESK Russie à partir du cas de Konovalov, cet autre personnage dont la montée en épingle a été organisée entre la direction du POI, Sophia Chikirou et le BSW :
« Il se retrouve aussi sur les mêmes scènes que Michael von der Schulenburg, ancien haut fonctionnaire de l’ONU devenu eurodéputé BSW, qui s’est rendu à Moscou à deux reprises depuis le début de la guerre.
Un autre fil ramène à Andrej Hunko, ancien député Die Linke, aujourd’hui cadre du BSW. En 2014, c’est lui qui avait offert à Sergueï Kiritchouk et à Borotba l’un de leurs principaux accès à la gauche allemande : interviews, rencontres publiques et relais politiques. Plus de dix ans plus tard, Konovalov cite Hunko parmi les responsables européens ayant personnellement exprimé leur solidarité avec la position de PSL.
Le 23 juin 2025, Konovalov participe à Strasbourg à des rencontres avec des parlementaires français et des membres de The Left à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Dans son entretien au site de PSL, il explique avoir été invité notamment par Sophia Chikirou. »
Le même Andrej Hunko, qui pour le POI est un éminent « militant ouvrier » allemand, promouvait, en 2019, aux cotés d’A. Sakhnine, l’ « objecteur de conscience » ukrainien Rouslan Kotsaba pour le prix de la paix d’Aix-la-Chapelle, qui ne lui a finalement pas été remis en raison de ses écrits antisémites (« Les Juifs ont élevé Staline et Hitler ») – qu’il a dit regretter (voir Wikipedia). On retrouve Hunko le 5 mai 2024 à l’assemblée du POI, Espace Charenton.
Et le 20 juin dernier se tenait à Londres, structuré par le POI, sous l’égide des députés LFI Obono et Legavre (POI), un « meeting international contre la guerre », où est intervenu, élément de plus et pas le moindre, du lien POI/BSW, le responsable des jeunesses du BSW Felix Krekow Rojas.
Contorsions du POI et critiques justes mais tronquées du PT.
Notons que le PT (Parti des Travailleurs, qui publie la Tribune des Travailleurs), interpelle, de façon tout à fait justifiée, le POI sur ses liens maintenus avec le BSW même après les élections de Saxe-Anhalt. Le groupe allemand lié au POI, Soziale Politik und Demokratie, est entièrement et publiquement intégré au BSW. La scission de Die Linke et la création du BSW, sur une ligne populiste « de gauche », date de janvier 2024 et s’est faite en relation avec J.L. Mélenchon et le POI, en même temps que se développait le soutien au réseau russe d’A. Sakhnine. Ce lien historique, structurel, n’est plus présentable et assumable aujourd’hui, en raison des positions anti-immigrées et de la connivence BSW/AfD.
D’où vient cette relation ? Regardez les positions de politique internationale, sur la Russie, de l’AfD, du BSW, du POI, et vous avez la réponse en même temps que l’explication de l’importance du petit groupe russe de Sakhnine dans ce réseautage.
Comment se dépatouiller de la situation présente où les liens du BSW avec des gens qui assument le nazisme sont étalés sur la place ? Le 17 septembre, Informations Ouvrières a publié une déclaration de l’AGBBSW, regroupement de syndicalistes du BSW qui s’oppose … parfois en de bien étranges termes, à la collusion avec l’AfD :
« Le BSW ne doit jouer ni dans “l’équipe CDU” ni dans “l’équipe AfD”. Il doit se battre pour les voix contre les deux camps. Dans cette situation, le BSW a besoin d’un nouveau départ.
Il lui faut un profil propre et clair ainsi qu’une défense offensive des intérêts des travailleurs et des “petites gens”. Comme la social-démocratie l’a été à ses meilleures époques (et comme le SPD ne l’est plus depuis très longtemps). Sans effrayer la majorité de la population, comme le fait Die Linke, par des positions ou des comportements mal orientés ou excessifs que seules de petites minorités défendent. »
Comme on le voit, et la référence à la vieille social-démocratie n’est là que pour le décorum, on a là un appel au retour au supposé populisme initial et non pas une rupture claire et radicale avec les post-nazis, non pas l’indépendance de classe, mais la défense des « petites gens » y compris contre Die Linke censé les « effrayer » (par le « wokisme ? le féminisme ? la défense démocratique des migrants ?).
En même temps, dans le même article, le racisme est dénoncé comme un danger et il est souhaité un retour à « une alternative de gauche classique ». Mais une alternative de gauche, plus exactement une alternative de classe, « classique », est-elle possible à une formation construite comme un « mouvement gazeux » autour d’une cheffe ?
Entre les deux lignes sous-jacentes à cet article, un choix est à faire, et, en attendant, le POI maintient le lien avec le BSW qui est lié à l’AfD qui sont liés à Moscou (et à Vance et Musk) !
Autrement dit, il choisit …
Dans la Tribune des Travailleurs et dans une vidéo diffusée par le PT, Dominique Ferré pose très justement la question : « peut-on se revendiquer du mouvement ouvrier et manifester une telle complaisance avec ceux qui pactisent avec les nazis ? »
Et la réponse à cette question devrait être claire pour tout militant ouvrier. Cependant, le PT n’identifie pas les sources de cette complaisance, que nous avons pourtant clairement dans cet autre passage de la déclaration de l’AGBBSW publié par Informations Ouvrières et sur lequel a réagi à juste titre Dominique Ferré :
« Le risque de guerre devient de plus en plus menaçant du fait de l’escalade de la guerre en Ukraine et du conflit contre la Russie, que le gouvernement fédéral et l’Union européenne poussent en avant. Le réarmement massif qu’ils poursuivent accélère simultanément le démantèlement de l’État social. La société se militarise. » « Le BSW doit concentrer son action sur la lutte contre le réarmement et la guerre … ».
Ce point central et causal fonde la persistance du POI à maintenir son groupe allemand dans le BSW … comme il fonde la convergence BSW/AfD …
Le PT, ayant la même position sur la guerre et l’impérialisme russe, ne peut que difficilement mettre l’accent sur ce point, étant d’ailleurs exposé à des risques politiques similaires (les uns et les autres répétant d’ailleurs, et c’est aussi le cas d’A. Sakhnine, être contre la dictature de Poutine, mais …) …
Jusqu’où et jusqu’à quoi ces relations délétères conduiront-elles le POI ? Soyons clairs sur un point : quoi que l’on pense du « lambertisme » d’autrefois, sujet sur lequel j’ai largement écrit, il ne s’agit pas de lui. Lambert a soutenu tous les pays et peuples d’Europe centrale et orientale opprimés et attaqués par la Russie qui dominait l’URSS. Nous sommes là dans un tout autre registre, qui ne relève pas du mouvement ouvrier.
J.L. Mélenchon, lui, s’il veut vraiment gagner contre Marine Le Pen, aurait, si tel est son but, celui pour lequel des masses le soutiennent, tout intérêt à rompre explicitement de tels fils, et à se ranger contre l’impérialisme russe en soutien de l’Ukraine, au lieu de prétendre que la Russie défend ses capitales attaquées comme il l’a fait dernièrement encore …
Vincent Présumey, le 07/10/26.
07.10.2026 à 10:44
aplutsoc
Article mis à jour à 18H45, le 07/10/2026.
Nous reproduisons quelques expressions de structures syndicales de niveau divers portant sur la suite à donner après le succès national de la mobilisation lycéenne du 6 octobre, rejointe par les étudiants, et soutenu par les organisations syndicales ou de parents d’élèves.
Il est d’autant plus regrettable que l’Intersyndicale nationale ait arrêté la date du 5 novembre pour une prochaine journée d’action sur le budget, alors même que les lycéens portent cette problématique d’une façon brulante et incontournable : un budget pour satisfaire les besoins sociaux et rebatir les services publiques ou un budget pour rassasier les détenteurs des titres de la « dette » publique …C’est maintenant qu’il faut frapper pour empêcher un budget Macron / Lecornu / Le Pen.
Déclaration de la section académique de Créteil (93-94-77) SNLC-FO
Déclaration de la confédération CGT
Déclaration de l’Union syndicale Solidaires :
Déclaration de la FSU 03 (Allier ) :
Le communiqué du 07 octobre 2026 de la CGT Educ’ Action :
Le communiqué national de la FSU :
07.10.2026 à 10:14
aplutsoc
Trois semaines après son début, le mouvement lycéen, après s’être élargi à toute la jeunesse scolarisée, est en train de bouleverser en profondeur la situation politique et sociale du pays.
Ce 6 octobre, loin d’être l’acmé de la mobilisation, n’en est que le véritable début, d’abord parce que la stratégie de la tension, savamment entretenue par le gouvernement, a échoué.
En effet, c’est près de 500.000 personnes qui ont manifesté ce mardi pour son Acte III alors que la totalité des universités et plus de la moitié des lycées étaient perturbés, dont même ceux huppés, voire privés.
La participation de profs, de parents, de syndicalistes et d’élu-es, dont celle du Maire de Saint-Denis qui a littéralement donné de sa personne, a permis de laisser la police à distance pour retenir le caractère massif, déterminé et enjoué d’un mouvement pleinement politique qui met l’exécutif sur la défensive comme on a pu le constater à l’Assemblée.
Quel délice aussi de voir les droitards qui lâchent leur fiel sur les plateaux TV se faire reprendre par des jeunes au langage soutenu et aux idées claires.
C’est pour cela que ce qui reste d’intersyndicale doit arrêter ses simagrées, elle qui a lancé la veille sa date de grève pour le 5 novembre prochain : il n’y a pas les adultes qui travaillent et s’engagent sérieusement d’un côté et les jeunes qui étudient et s’expriment spontanément de l’autre, il doit y avoir une seule et même classe qui se met en mouvement comme en Mai 68, qui est dans toutes les têtes.
Nous sommes passés du 11 mai, la nuit des barricades remplacées en 2026 par les blocus, au 13 mai, journée de grève appelée en réponse à la répression étudiante : il nous faut désormais massifier le mouvement pour passer un cran, d’abord en remettant le couvert ce jeudi 8 octobre, puis en visant le million de participant-es samedi 17 octobre, début des vacances scolaires.
On l’a vu lors du CPE, cette période peut être mise à profit pour se coordonner, occuper et développer les grèves dans la durée.
10 ANS (de Macron), CA SUFFIT ! L’IMAGINATION AU POUVOIR !



06.10.2026 à 22:49
aplutsoc
Déferlante. Les chiffres centralisés par la CGT et les organisations lycéennes sont de l’ordre de quelques centaines de milliers. Disons-le : la réalité est probablement supérieure. La jeunesse, comme sujet social, se constitue dans un affrontement suscité par les lycéens, qui entraîne toutes les autres couches de jeunes et au-delà, dans tout le pays. Aujourd’hui, ils ont mis les syndicats et une grande partie des professeurs avec eux, et l’appui de la population. Déferlante ; la seule comparaison historique, c’est le 13 mai 1968.
La question du pouvoir est posée et les présidentielles n’en sont pas l’issue, mais l’obstacle. Dans les manifestations, outre les Marseillaises portées par les voix des filles, deux slogans : Macron démission et La jeunesse emmerde le Front National. Deux slogans liés, indissociables, par lesquels l’affrontement social et politique direct commence. Question du pouvoir et question du RN deviennent, avant même la présidentielle, la même question : celle de la V° République, de l’État.
Le pouvoir est ébranlé.
D’un côté, le ministre Nunez ne veut pas avouer qu’il a ouvertement appelé ses troupes à la violence, et a tenté de limiter les dégâts aujourd’hui par des consignes de mises à distance, mais nullement appliquées partout. On aurait déjà pu avoir des morts, on a des jeunes, des enfants, défigurés et mutilés à vie. Et cela va continuer tant que cet appareil d’État ne respectera pas le droit, ne sera pas mis au pas.
De l’autre côté, Lecornu suivi par Geffrey désorganisent les lycées, les ferment par centaines, puis proclament un enseignement en « distanciel » irréalisable, et maintenant appellent à des assemblées lycéennes… tenues par les proviseurs !
Les proviseurs refusent : ils ont raison… mais qu’ils laissent donc enfin les lycéens tenir leurs assemblées générales par eux-mêmes dans les lycées, au lieu de les jeter à la rue pour ne pas être responsables de ce qui pourrait arriver !
Cette crise au sommet, où ils commencent à ne plus pouvoir, et ce mouvement d’en bas maintenant vertébré par le soulèvement de la jeunesse, où l’on n’accepte plus, se cristallise sur un premier point qui s’appelle : budget.
Macron et Lecornu veulent un budget de guerre sociale et ont besoin de Marine Le Pen pour cela. Elle veut le leur donner, et annonce qu’au pouvoir, elle fera encore plus de prétendues « économies » au service des marchés financiers.
Donc, dans l’immédiat, « Macron démission » et « La jeunesse emmerde le Front National », cela veut dire : « À bas le budget ! ». À bas le budget Macron/Le Pen : la bataille pour battre et défaire Le Pen commence par la bataille pour battre et défaire le budget, incompatible avec n’importe laquelle des revendications lycéennes, de la réfection des locaux à la baisse des effectifs par classes.
Battre le budget, c’est la première manche pour battre Macron, Le Pen et la V° République. Le débouché politique n’est pas la présidentielle, c’est l’affrontement social disloquant l’appareil d’État pour imposer lui-même l’élection des représentant.e.s du peuple constituant.
Bien sûr, la ponte hier soir par l’intersyndicale (sauf Solidaires) d’un appel à une journée d’action contre le budget le… 5 novembre prochain, ne correspond pas au mouvement tel qu’il est engagé.
Celui-ci va chercher à s’amplifier encore et rapidement. Les lycéens vont repartir au combat dès jeudi, les facs partent en grève, le SNES-FSU dit envisager un appel à la grève des professeurs rapidement.
Et ce mouvement va chercher à se centraliser. Dans toutes les villes, il s’est dirigé sur les préfectures et sous-préfectures où des lycéens ont souvent été longuement reçus, ayant des listes précises de revendications : leur satisfaction est contradictoire avec le budget en préparation. La montée sur Paris, sur le pouvoir, va se dessiner.
Comment gagner, telle est la question de notre assemblée-débat du 18 octobre prochain. Les travaux pratiques ont commencé.




05.10.2026 à 12:25
aplutsoc
Rappel : Journaliste, Giorgos Mitralias est l’un des fondateurs et animateurs du Comité grec contre la dette, membre du réseau international CADTM et de la Campagne Grecque pour l’Audit de la Dette. Membre de la Commission pour la vérité sur la dette grecque et initiateur de l’appel de soutien à cette Commission.
Cet article du militant internationaliste Giorgos Mitralias brossant un début d’analyse de la montée en puissance d’une nouvelle gauche radicale à l’échelle internationale (États-Unis, France, Allemagne, Espagne) mérite réflexion et discussion. En Espagne le combat pour le droit au logement se développe par les manifestations et occupations des places publiques : les salariés et la jeunesse renouent avec le mouvement d’auto-organisation, dont ils ont été dépossédés par l’évolution droitière du parti Podemos dans les institutions monarchiques de l’Espagne. Aux États-Unis le mouvement de Mandani dans la jeunesse a conquis la mairie de New York sur la question du logement et met à l’ordre du jour la construction d’une alternative se situant sur le terrain de l’émancipation sociale et socialiste. En Allemagne les Linke, qui avaient été éprouvés par l’opération populiste de Sahra Wagenknecht, en s’appuyant sur une campagne dans la jeunesse du même type qu’à New York, font une percée remarquable à Berlin.
Ce texte a été publié au moment où commençait en France le mouvement des lycéens contre les mesures de démantèlement de l’école publique. Dans l’article de Svobada que nous publions aujourd’hui « l’arme nucléaire doit-elle tirer ? », Poutine explique : « [qu’il] espère que Marine Le Pen ou son parti remportera l’élection présidentielle française en avril prochain. Il se croit donc en bonne voie. » Il faut y ajouter la montée en puissance de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne) un parti néo-nazi dans les Länder de l’ex-RDA. Le mouvement en France des lycéens contre la répression policière, entraînant les étudiants met pour le mardi 6 octobre les organisations syndicales en position de monter en ligne. La force de ce mouvement, c’est qu’il se construit, comme en Espagne, sur l’auto-organisation. Ce mouvement nous sauvera-t-il du cauchemar d’un face-à-face Le Pen-Mélenchon au deuxième tour de l’élection présidentielle de mai 2027, représentants de deux partis qui s’affichent pro-poutiniens. Les déclarations récentes du leader France Insoumise ont fait de l’Ukraine l’État agresseur. Les propos de Giorgos Mitralias sur France Insoumise demanderaient à être discutés.
Sommes-nous à un tournant pour une recomposition d’une gauche radicale à l’échelle internationale ? La décomposition des vieux partis, sociaux-démocrates et staliniens, qui ont exercé les pouvoirs dans le sens de la gestion du néo-libéralisme, en désespérant les opprimés, ont ouvert la voie du pouvoir aux formations d’extrême droite. Est-ce le moment d’une inversion de la situation ?
RD, le 04/10/2026.