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ARGUMENTS POUR LA LUTTE SOCIALE


▸ les 20 dernières parutions

27.10.2026 à 12:33

Une vague puissante de la jeunesse entrainant le prolétariat se lève contre le vieux monde, par Robert Duguet.

aplutsoc

Il y a quelques jours nous désespérions un peu de la situation militaire, politique et humaine de l’Ukraine décrite par les articles publiés par Samizdat 2. L’Histoire est quelquefois très lente et brusquement elle se met à avancer à grands pas. La jeunesse de notre pays, la France, en se mobilisant sur des revendications de […]
Texte intégral (738 mots)

Il y a quelques jours nous désespérions un peu de la situation militaire, politique et humaine de l’Ukraine décrite par les articles publiés par Samizdat 2. L’Histoire est quelquefois très lente et brusquement elle se met à avancer à grands pas. La jeunesse de notre pays, la France, en se mobilisant sur des revendications de défense des moyens propres à lui assurer une scolarité normale, vient d’ouvrir une brèche énorme dans le système néo-libéral destructeur des services publics que le gouvernement Macron a appliqué brutalement durant dix ans. Ce même mouvement d’une jeunesse qui a bien compris que le système actuel ne leur ouvre aucun avenir professionnel trouve son développement dans plusieurs pays à l’échelle de la planète : Espagne, Brésil, Chili, Albanie, Inde, Italie, Serbie, Grèce et Portugal. Pour nous qui travaillons depuis 3 ans sur la défense des droits du peuple ukrainien, c’est une pierre énorme jeté contre l’axe du néo-fascisme mondial Trump-Poutine, qui a son répondant en France dans la montée du RN de Le Pen-Bardella.

Le candidat Lula, appuyé sur la mobilisation du prolétariat et de la jeunesse, remporte l’élection comme l’explique la principale centrale syndicale brésilienne CSP Conlutas : « Une victoire forgée dans la rue, avec la jeunesse à la tête des mobilisations, qui ont rassemblé des foules et se sont étendues à travers tout le pays pour faire barrage au bolsonarisme et défendre les droits et libertés démocratiques. »

La petite Serbie, ses 5 millions d’habitant face au 215 du Brésil, est cependant un cas exemplaire. Depuis 2 ans un mouvement de la jeunesse étudiante, entrainant le prolétariat, tient tête à l’autocrate Vucic, populiste de droite et président du pays. Quelle était la caractéristique essentielle de de ce mouvement : la lettre des étudiants au peuple de Serbie popularisée le 19 mars 2025 déclarait :

« Tout ce que nous, les étudiants, avons accompli jusqu’à présent est le fruit de l’auto-organisation selon les principes de la démocratie directe et des séances plénières. Un plénum est un forum ouvert à tous les membres d’un collectif, où chacun propose de manière égale des points à l’ordre du jour, en discute et prend des décisions sur la base d’un vote à la majorité simple. Contrairement au modèle établi de démocratie représentative, où tout le pouvoir et toute la responsabilité sont laissés aux représentants élus qui façonnent notre destin à notre place, dans la démocratie directe, chacun est interrogé de manière égale et responsable de ce qui le concerne. »

Les étudiants de Macédoine entrés dans la danse déclaraient :

« Nous avons longtemps eu le sentiment que les mécanismes institutionnels, tels que les parlements et les assemblées étudiantes, ne représentaient pas nos intérêts. Ils sont devenus, dans une large mesure, des instruments au service des partis et ont perdu le contact avec les besoins réels des étudiants. »

La revendication de nouvelles élections et le combat acharné pour faire vivre le mouvement sur cette dialectique concrète a conduit à la victoire électorale du dimanche 25 octobre. C’est le mouvement d’auto-organisation qui a permis à une majorité sociologique de devenir de fait une majorité politique et d’ouvrir une situation nouvelle. Samizdat a consacré la publication de 60 articles sur l’évolution du mouvement révolutionnaire serbe depuis deux ans. Comme les articles de presse actuels s’attachent à souligner le caractère « composite » de ce mouvement de la jeunesse serbe dans cette « liste étudiante » présentée dans la législative, et à peu parler de la question centrale de l’auto-organisation, nous republions mon article du 25 juillet 2025, reprenant l’histoire du mouvement serbe depuis 1er novembre 2024.

Robert Duguet, le 27/10/2026.

Source : Samizdat.2

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27.10.2026 à 12:11

La revanche de la droite n’a pas eu lieu : les élections en Serbie et au Brésil. Communiqué du Sotsialnyi Rukh

aplutsoc

Dimanche 25 octobre, la droite a essuyé deux défaites électorales majeures. En Serbie, selon les premiers résultats, la « Liste des étudiants » a recueilli plus de 52 % des voix, tandis que la coalition d’Aleksandar Vučić, surnommé « l’Orbán local », en a obtenu environ 40 %. Dans le même temps, au Brésil, Luís […]
Texte intégral (622 mots)

Dimanche 25 octobre, la droite a essuyé deux défaites électorales majeures. En Serbie, selon les premiers résultats, la « Liste des étudiants » a recueilli plus de 52 % des voix, tandis que la coalition d’Aleksandar Vučić, surnommé « l’Orbán local », en a obtenu environ 40 %. Dans le même temps, au Brésil, Luís da Silva (Lula), qui avait perdu le premier tour, a recueilli 51,8 % des voix au second tour, contre 48,2 % pour Flavio Bolsonaro, fils de Jair, surnommé le « Trump des tropiques » et condamné pour tentative de coup d’État. Depuis 1989, aucun candidat ayant été battu au premier tour des élections présidentielles au Brésil n’a remporté le second tour.

Bien que ces victoires semblent inattendues, elles sont le fruit d’une lutte de longue haleine et d’une solide organisation horizontale. Les étudiants serbes se sont mobilisés pour les élections à la suite des manifestations déclenchées par l’effondrement de la gare de Novi Sad et se sont appuyés sur une vague de mouvements antérieurs — allant des actions écologistes à la « Société contre la violence ». La liste des candidats a été établie lors de plénums organisés localement, et chaque région s’est vu attribuer son propre quota. Les candidats étaient des personnalités connues au sein de leurs communautés : professeurs, médecins, chercheurs, ouvriers, militants. En revanche, les responsables du pouvoir et les dirigeants des partis d’opposition n’ont pas été admis sur la liste. Une grande partie de l’opposition a également choisi de ne pas disperser les voix en présentant ses propres listes.

Au Brésil, c’est également la mobilisation populaire qui a fait la différence. Après le premier tour, les chances de victoire de Lula étaient jugées minimes : Flávio le devançait (47 % contre 45 %), et la droite s’était renforcée au Congrès. Mais la gauche est descendue dans la rue et s’est attachée à ramener aux urnes ceux qui étaient restés chez eux — l’abstention au premier tour avait atteint son plus haut niveau depuis 1998. Quant au mouvement « Gostosos com Lula », qui a pris de l’ampleur pendant la campagne électorale précédant le second tour, c’est un sujet à part entière.

Toutefois, ces victoires ne garantissent pas encore de changements. Lula n’est plus depuis longtemps un leader syndical combatif : ses précédents mandats présidentiels reposaient sur des concessions faites au monde des affaires, et sa condamnation de l’agression russe nécessite tout de même davantage de clarté. Flavio n’a pas reconnu sa défaite, et le Congrès de droite pourrait annuler la réduction de la semaine de travail de 44 à 40 heures, adoptée avant les élections. En Serbie, quant à elle, le programme des étudiants est résolument apolitique et technocratique ; la question reste donc de savoir comment ils exerceront le pouvoir et s’ils seront capables de défendre les intérêts des travailleurs

Mais ces deux résultats montrent une chose : la vague populiste de droite des partisans de Trump ne peut être endiguée que par une auto-organisation durable venue de la base et une participation massive des électeurs. Sans les longues manifestations en Serbie et la mobilisation des opposants au retour de l’extrême droite au Brésil, cela ne se serait pas produit.

Sotsialnyi Rukh, 26 octobre 2026.

Source (via RESU / PLT) : page Facebook du SR

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27.10.2026 à 11:15

Une force tranquille. Par LD.

aplutsoc

La stratégie de la tension déployée par l’exécutif a échoué : nous étions ce samedi tout autant, voire plus nombreux sur Paris, que la semaine dernière. Le meilleur, c’est que, en dépit de dizaines de décisions d’interdiction de manifestations et de voltefaces des préfectures quand elles étaient autorisés, les revendications portées par le mouvement, qui […]
Texte intégral (835 mots)

La stratégie de la tension déployée par l’exécutif a échoué : nous étions ce samedi tout autant, voire plus nombreux sur Paris, que la semaine dernière.

Le meilleur, c’est que, en dépit de dizaines de décisions d’interdiction de manifestations et de voltefaces des préfectures quand elles étaient autorisés, les revendications portées par le mouvement, qui fait preuve d’une grande maturité, n’ont pas été estompées par les  » violences  » dont le parti de l’ordre et ses sbires médiatiques font leur beurre.

Les plus radicaux diront que les débordements limités ce samedi, qui a quand même vu de nouvelles mutilations de la part des forces du désordre, sonne la phase de normalisation du mouvement, qui serait repris en main entre autre par la CGT.

Il n’en est rien : par ces basses manœuvres de police administrative, dont beaucoup ont été censurées par la justice quand elle avait le temps de faire son travail, la mobilisation a pris un tour plus politique, qui dépasse les revendications légitimes de la jeunesse et contre la vie chère, en faveur des libertés démocratiques d’expression et de manifestation et a même fait revivre, pour un temps, le NFP à l’exception notable de Place Publique.

C’est sur ce terreau que pousse la montée vers la grève générale du 5 novembre : après des centaines de lycéen-es mobilisés au tout début sur la seule région Ile-de-France puis des milliers, rejoints par les étudiant-es, dans toute la France avant d’entrainer avec elles et eux leurs enseignant-es pour se retrouver à des dizaines de milliers puis désormais des centaines de milliers avec les travailleurs/travailleuses les plus conscientisés, ce sont des millions d’hommes et de femmes qui doivent désormais faire irruption sur la scène politique où se décide leur destinée.

Entretemps, que Macron et les vampires de la finance se préparent à une nuit d’horreur avec celle Halloween…

LD, 24/10/2026.

Source : https://blogs.mediapart.fr/laurent-degousee/blog/241026/une-force-tranquille

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27.10.2026 à 07:05

Le sens d’une campagne. 3eme partie : Victor Sydorchenko présenté par lui-même.

aplutsoc

Victor Sydorchenko a en effet produit une longue « réponse » à Galina Rymbu, pensum indigeste qui tente de noyer le poisson. Il était un cadre important du KPU, le PC ukrainien, issu en droite ligne de la branche ukrainienne du PCUS et progressivement siphonné, par le passage de beaucoup de ses oligarques dirigeants, durant les années […]
Texte intégral (2476 mots)

Victor Sydorchenko a en effet produit une longue « réponse » à Galina Rymbu, pensum indigeste qui tente de noyer le poisson. Il était un cadre important du KPU, le PC ukrainien, issu en droite ligne de la branche ukrainienne du PCUS et progressivement siphonné, par le passage de beaucoup de ses oligarques dirigeants, durant les années 2000, au Parti des Régions, le parti de l’ex-président et aspirant-dictateur chassé en 2014, Ianoukovitch, appuyé sur la mafia oligarchique et clientéliste du Donbass, que les multiples évocations et références semées en désordre, pour disperser le lecteur, par V. Sydorchenko dans son article, montrent qu’il la connait très bien.

Sydorchenko était secrétaire du KPU à Kharkiv – une fonction de toute première importance – et « chef du département idéologique du comité régional du parti ». Il fut candidat de ce parti aux élections en septembre 2012, sous les slogans « Contrôle, Ordre, Justice » et « Travail, Salaire, Protection ».

Le KPU, remplacé comme grand parti oligarchique par le Parti des Régions, était – le fait est parfaitement connu, banal, de tout observateur de la vie politique ukrainienne – un parti dit « communiste » à l’orientation pro-russe, conservatrice, antiféministe, homophobe, à tendances antisémites, classable à l’extrême droite par la plupart de ses discours. Sydorchenko tente de masquer le tout en citant, longuement, des textes insipides de congrès parlant de fraternité des peuples, libération des ouvriers, égalité des sexes… Mais au passage, il écrit :

« Par exemple, la question des restrictions aux droits des minorités sexuelles n’avait tout simplement pas d’existence pour l’électorat du Parti communiste d’Ukraine, composé principalement d’électeurs soviétiques [entendez par là d’origine soviétique], qui pensaient dans des catégories idéologiques complètement différentes. »

On a là une tentative maladroite de justifier les positions, souvent violentes, contre les LGBT et les minorités sexuelles, de ce parti, au motif que de tels sujets ne sont pas des sujets « ouvriers », et encore moins « soviétiques ». Mais si le KPU avait simplement ignoré ces sujets censés ne pas concerner son électorat, il n’aurait pas combattu avec acharnement à la Rada la dépénalisation de l’homosexualité obtenue en 1991 lors de l’indépendance, dénoncé celle-ci comme « influence toxique » occidentale, et déposé avec insistance des projets de loi visant à interdire « la propagande homosexuelle », dont la menace d’adoption n’a pris fin que par les effets du Maïdan en 2014.

Le secrétaire du parti à Kharkiv et « chef du département idéologique du comité régional » était évidemment tout à fait partie prenante de cette orientation politique ultra-réactionnaire. Bien que s’efforçant de citer des textes de congrès parfaitement insipides et incolores, il souligne d’ailleurs en l’approuvant l’un de ces textes selon lequel « les communistes » déclarent « s’opposer à la corruption spirituelle et morale des jeunes ».

Son parti, le KPU, avait en outre déclaré par la voix de son dirigeant Simonenko, à la Rada en mai 2012, que la déportation des Tatars de Crimée par Staline en 1944 avait été une mesure oh combien justifiée…

Concernant l’anti-Maïdan de Kharkiv, c’est-à-dire les milices, à fortes composantes policières (Berkut), mafieuse-policière (titushki), et fascistes, qui tentèrent de produire une sécession de Kharkiv pour en faire une « République populaire » sous contrôle colonial russe en 2014, Syrdorchenko dit n’y avoir été pour rien, tout en montrant bien dans son article qu’il en connaît très bien tous les protagonistes.

En fait, le 23 mars 2014, c’est bien Sydorchenko le principal orateur d’un rassemblement d’environ 4000 participants, appelé avec une association d’officiers, qui exige « la fédéralisation de l’Ukraine et l’union avec la Russie ».

Dans son article, il aggrave son cas en essayant de présenter l’orientation politique qu’il dit avoir préconisée, pour le KPU, à l’intérieur de l’anti-Maïdan :

« Je pensais que le parti ne devait pas être à la remorque des évènements et essayer de réconcilier les différents partis, mais au contraire, qu’il devait devenir la force la plus radicale de l’anti-Maïdan, même de son aile gauche. En même temps, j’ai proposé de présenter les exigences suivantes en ultimatum à Ianoukovitch :

  • Proclamer les oligarques pro-Maïdan instigateurs du coup d’État et nationaliser leurs biens, retirant ainsi les leviers financiers et économiques du camp ennemi,
  • Instaurer l’état d’urgence dans le pays,
  • Abolir toutes les lois antisociales en commençant par l’augmentation de l’âge de la retraite, pour donner un contenu social à l’anti-Maïdan,
  • Interdire tous les partis et mouvements nationalistes [ukrainiens, NDR], et les désigner au peuple comme de fausses forces nationales défendant en réalité le capital transnational en Ukraine,

La logique de ces propositions était de faire de Ianoukovitch un otage des forces de gauche dans des conditions de confrontation violente, mettant en œuvre une partie de notre programme. Mais, dans ces évènements, Petro Simonenko était généralement confus et pas prêt à des actions radicales, comme Ianoukovitch lui-même. »

Simonenko, dirigeant du KPU, était un oligarque disposant d’un palace similaire à celui de Ianoukovitch. Sydorchenko en parle comme d’un camarade trop modéré. On voit clairement ici que Sydorchenko était pleinement engagé comme dirigeant de l’aile la plus dure de l’anti-Maïdan, appelant à la dictature et à l’écrasement par la force de toute opposition. La vague rhétorique verbale « de gauche » ne l’empêchait nullement de défendre ces objectifs aux côtés de groupes nationalistes pro-russes de tendances ouvertement fascistes et antisémites – ceux que mentionne Galina Rymbu.

On notera d’ailleurs la connotation antisémite, qui ne pouvait échapper à personne, de sa dénonciation du « capital transnational ».

L’un des « faits d’armes » de l’anti-Maïdan de Kharkiv fut de passer à tabac le grand écrivain Serhiy Zadan, auteur notamment de la Route du Donbass, dit le « Kerouac ukrainien ». Sydorchenko aime à souligner qu’il serait devenu depuis « de droite » (en fait, il soutient l’armée ukrainienne et s’est rangé dans une mémoire nationale moins anarchiste, mettant Petlioura à côté de Makhno). Il vaut le coup de citer la manière dont Sydorchenko parle de l’agression qui visait à le tuer, tant on a là un modèle de grossièreté cynique absolument typique de la mentalité policière de bas étage cherchant à s’exprimer par des grandes formules :

« Dans ce contexte, il me semble qu’il est au moins contraire à l’éthique [sic !] de reprocher aux militants anti-Maïdan d’avoir frappé des anarchistes et le poète nationaliste Zhadan, qui est désormais la bannière idéologique de nombreux militants ukrainiens de droite. De plus, dans les commentaires et discussions sur le matériel de Rymbu [Sydorchenko appelle ainsi l’article de Galina Rymbu] sur Facebook, de nombreux participants à ces évènements venant de l’ancien Borotba ont déclaré à plusieurs reprises avec regret qu’ils n’avaient pas pu bastonner Zhadan. Mais encore une fois : s’il existait alors des faits sur la défaite de ces anarchistes par des militants de Borotba, alors les participants de l’anti-Maïdan d’Odessa, eux, ont littéralement été brûlés, en un rituel spécial et ridicule appelé « barbecue d’Odessa en mai ». Notre camarade, le jeune communiste Vadim Papura, est mort lors de ces évènements. Et les auteurs et organisateurs du massacre n’ont jamais été punis. »

Sydorchenko ne dément en fait rien du tout, ni la tentative d’assassiner Zhadan, ni le fait qu’il est très bien au courant de celle-ci. Il invoque la provocation d’Odessa pour justifier le « regret » de membres de Borotba de ne pas avoir pu le tuer, et se range à leur côté, tout en invoquant « l’éthique » !

Borotba était une organisation postiche, en partie montée par le KPU, destinée principalement à faire croire à l’extrême gauche occidentale qu’il existait une extrême gauche ukrainienne anti-Maïdan – voir à ce sujet un article de Vincent Présumey datant de cette période.

Sydorchenko combattait donc pour l’écrasement physique de tout mouvement national ukrainien, en ciblant notamment les anarchistes. Voici un passage emblématique d’un article du journal du parti dont il était le délégué régional de la seconde ville du pays, le « chef du département idéologique du comité régional », le candidat aux élections, et le représentant dans le groupe dirigeant de l’anti-Maïdan, tentant de radicaliser celui-ci sur la ligne la plus violente possible, avec une ou deux phrases parlant de « nationalisations » pour faire « gauche ».

Difficile, en fait, de faire « gauche », quand on s’engage dans un début de guerre civile aux côtés de forces fascistes liées à la puissance impérialiste la plus proche. Cet article s’en prend aux manifestants du Maïdan en les rapprochant des afro-américains, symboles racialistes de « l’Occident » :

« Des monceaux d’ordures, toutes sortes d’infections et de maladies jusqu’alors inconnues de la médecine : voilà ce qui caractérise la vie dans ces réserves. Leurs habitants ne travaillent nulle part et ne perçoivent de l’argent que pour errer sans but dans les rues. Ils justifient leur refus de travailler en affirmant qu’ils ne sont plus des esclaves. Là-bas, en Amérique, on voit des graffitis à l’effigie de Martin Luther King. Ici, chez nous, ce sont les portraits de Timochenko et de Bandera. Ici comme là-bas, ils sont vêtus de dons offerts par des âmes charitables. Ici comme de l’autre côté de l’océan, ce chaos porte le nom enchanteur de « démocratie ». Mais, en réalité, il n’y a plus de démocratie. À New York, à Los Angeles ou à San Francisco, la police effectue parfois des incursions dans ces lieux, ne serait-ce que pour abattre quelques « nègres » enragés. (…) Même les vendeurs noirs des friperies de Kiev semblent un peu plus civilisés que nos « frères à la peau claire » venus des régions occidentales du pays, qui se sont rassemblés sur le Maïdan. « Blancs » à l’extérieur, mais « noirs » à l’intérieur. » M. Kuzmenko, Kommunist, organe du KPU, 17 janvier 2014.

Cet article participe du tout début de la campagne anti-Maïdan montée par le KPU et visant à la guerre civile, campagne dont Sydorchenko est alors un des responsables.

Dans son article de pseudo-justification, Sydorchenko nous apprend encore ceci :

« En 2019, j’ai pu assister au 3eme Forum social russe à Saint-Pétersbourg. Là, entre autres, j’ai rencontré mon ancien ami du Komsomol et de l’organisation Che Guevara, Stanislav Retinsky, qui était alors déjà le deuxième secrétaire du Parti communiste de la RPD. Il m’a aussi présenté le chef du parti, Boris Litvinov. Ayant un intérêt professionnel pour le journalisme, j’ai demandé comment était la situation à Donetsk, la situation de la gauche, quel type d’interactions avec les organisations et autorités russes. Entre autres, Litvinov m’a expliqué pourquoi les communistes, à commencer par lui personnellement, ont commencé à être exclus de toutes les structures politiques de la RPD. Selon lui, l’initiateur de cette décision fut Viatcheslav Surkov, qui aurait littéralement dit à Litvinov : nous ne travaillerons pas avec vous, puisque vous avez votre propre opinion. »

Sydorchenko se rend donc à une réunion politique dans la seconde capitale russe, en 2019 alors que la guerre a commencé depuis 2014, une réunion tolérée, pour le moins, par Poutine, et, par « intérêt professionnel pour le journalisme » nous dit-il (!!! ), il y rencontre des responsables de la fausse « sécession », en fait de l’occupation russe, de la RPD, « République Populaire de Donetsk » où est déjà tombée la nuit des tortures et des séquestrations. S’il nous confie cette conversation « journalistique » (!!!), c’est pour tenter de faire croire que le KPU et Borotba, dont il a été question un peu plus haut, ne sont pas contrôlés par Sourkov avec qui ils sont en contact – Sourkov, l’un des bras droits de Poutine – avec pour « preuve » le fait que dans ladite « République Populaire » où tous les partis sont interdits, les « communistes » de son genre ont été enjoints, après avoir bien collaboré, de ne pas se mettre en avant, car ce n’était plus utile au maître du Kremlin.

Pour terminer ce parcours de la prose de Sydorchenko, et comme tout long repas, même indigeste, doit se terminer par un digestif corsé, voici donc un digestif : la manière dont Sydorchenko se défend de ce que l’on puisse l’appeler « stalinien » :

« Je puis, avec quelque exactitude, dire que je suis un connaisseur très impliqué dans l’étude des œuvres en russe de Marx, Engels et Lénine. Mais je connais moins bien Staline, n’ayant lu que ses principaux ouvrages. »

Sans commentaires…

A suivre.

Nota : plus que deux épisodes !


Le dossier complet : le sens d’une campagne

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26.10.2026 à 12:00

Le sens d’une campagne. 2eme partie : Qui est Victor Sydorchenko ?

aplutsoc

Galyna Rymbu, poétesse anarcho-féministe originaire de Russie et vivant en Ukraine, l’a présenté dans son important article (qui lui a valu les menaces des réseaux dont font partie ce personnage et quelques autres que nous allons signaler) de fin 2025 : « Sur la plateforme de la PSL [Post-Sovietic Left, au nom de laquelle il intervenait au […]
Texte intégral (758 mots)

Galyna Rymbu, poétesse anarcho-féministe originaire de Russie et vivant en Ukraine, l’a présenté dans son important article (qui lui a valu les menaces des réseaux dont font partie ce personnage et quelques autres que nous allons signaler) de fin 2025 :

« Sur la plateforme de la PSL [Post-Sovietic Left, au nom de laquelle il intervenait au meeting du PT, NDR], Victor Sydorchenko, auteur d’un article surprenant intitulé « Le champ d’expérimentation ukrainien », mène également des activités politiques visant à mettre fin aux livraisons d’armes européennes à l’Ukraine.

Victor Sydorchenko est un citoyen ukrainien qui vit en Allemagne depuis début 2022. Il a été membre du Parti communiste d’Ukraine (KPU), secrétaire du comité municipal de Kharkiv du KPU et responsable du département idéologique du comité régional du KPU. En 2012, il s’est aussi présenté comme candidat du KPU au poste de député lors des élections à la Verkhovna Rada ukrainienne.

Déjà en 2014 – immédiatement après la Révolution de la Dignité [le Maïdan], Sydorchenko est devenu activiste de l’Anti-Maïdan de Kharkiv, ou il réclamait la tenue d’un référendum et « une autonomie économique et culturelle-historique complète » de la région de Kharkiv (c’est-à-dire la création de la soi-disant RNKh [« République populaire de Kharkiv »] par analogie avec les RPD [« République populaire de Donetsk] et RPL [« République populaire de Louhansk »]. Ces meetings ont été préparés par le KPU, l’organisation pro-russe Borotba, ainsi que par les services spéciaux russes et les organisations paramilitaires d’extrême droite Rus’tredinaya (la Russie trine et unique), Russky Vostok (Est russe), Velikaya Rus’ (Grande Russie), Oplot (Bastion). Leurs principales revendications étaient « Oui à l’union des peuples frères », « Kharkiv exige un référendum » et autres, les manifestants agitaient des drapeaux russes et scandaient « Berkut » [les snipers de la police responsable des prés de 200 morts sur le Maïdan], « Russie ». »

Cet organisateur des milices de l’ « anti-Maïdan » de Kharkiv était en outre, à la veille de l’invasion de février 2022, selon G. Rymbu et des militants anarchistes russes et ukrainiens, non démentis, directeur de la communication d’une grande usine de Kharkiv, membre de la direction de l’entreprise où des grèves avaient éclaté contre la direction.

Lorsque l’invasion se déclenche, il disparaît et réapparaît peu après en Allemagne. De partisan d’une prétendue auto-détermination de Kharkiv, qui visait à conduire tout droit à l’occupation russe de la ville comme à Donetsk et à Louhansk, le voilà promu en Occident « partisan de la paix » (et de la fraternité des peuples, etc., etc.).

Tous les groupes fascistes énumérés par Galina Rymbu ont notoirement participé à l’anti-Maïdan de Kharkiv aux côtés du KPU dirigé par Syrdorchenko, et de Borotba, sur lequel nous reviendrons, en 2014. Le plus important d’entre eux, Oplot, est né à Kharkiv, d’un club de sports de combat, dès les environs de 2010, et a fourni les premiers cadres politiques de la « République populaire de Donetsk » à défaut d’avoir pris le pouvoir à Kharkiv, éliminés dans divers attentats par la suite, l’État russe ayant choisi de s’en débarrasser après les avoir bien utilisés. Il s’agissait d’une véritable milice paramilitaire, bien armée, et notoirement antisémite. C’est donc avec de tels groupes que travaillait Sydorchenko, comme va le confirmer le parcours de sa propre tentative de réfutation.

A suivre.


Le dossier complet : le sens d’une campagne

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25.10.2026 à 23:48

Hommage à la révolution hongroise de 1956.

aplutsoc

Un monument à Imre Nagy, Premier ministre de Hongrie et l’un des leaders de la révolution hongroise anticommuniste [anti-satlinienne ] de 1956, a été inauguré à Oujhorod.Le buste a été installé sur une place de la rue Ferenc Rákóczi, à côté d’un mémorial dédié aux héros de la révolution hongroise et de la lutte de […]
Lire la suite (316 mots)

Un monument à Imre Nagy, Premier ministre de Hongrie et l’un des leaders de la révolution hongroise anticommuniste [anti-satlinienne ] de 1956, a été inauguré à Oujhorod.Le buste a été installé sur une place de la rue Ferenc Rákóczi, à côté d’un mémorial dédié aux héros de la révolution hongroise et de la lutte de libération de 1956 et aux victimes des dictatures staliniennes.

« Cette année marque le 70e anniversaire du début de la révolution hongroise. Le 23 octobre 1956, des manifestations et des grèves de masse se transforment en soulèvement contre le régime communiste. Le 4 novembre, les troupes soviétiques lancent une offensive de grande envergure contre la Hongrie, réprimant brutalement la résistance des insurgés. Cette offensive survient après qu’Imre Nagy a déclaré la neutralité du pays et son retrait du Pacte de Varsovie» a déclaré Roman Saray, du maire d’Oujhorod .

Après la répression de la révolution, Imre Nagy fut arrêté, puis condamné à mort pour trahison et exécuté le 16 juin 1958 à Budapest. Après la chute du régime communiste, il fut réhabilité et sa figure devint l’un des symboles de la lutte du peuple hongrois pour la liberté et l’indépendance.

« Les événements de la révolution hongroise de 1956 et la lutte actuelle de l’Ukraine pour l’indépendance ont une dimension commune : le désir des peuples de déterminer librement leur propre avenir, de vivre dans un État libre et de ne pas se soumettre à la force et à la coercition », a souligné le conseil municipal de Oujhorod.

24 octobre 2026

Patrick Le Tréhondat

Source : RESU / PLT

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