22.02.2026 à 22:20
aplutsoc2
Les tendances de fond de la situation politique française connaissent une accélération depuis la mort du jeune fasciste Quentin Deranque à Lyon le 13 février dernier. Ce qui s’affirme est la construction de l’union des droites, entourant le RN par Reconquête, l’ultra-droite fasciste, l’UDR, des pans majoritaires de LR, s’étendant jusqu’à Horizons : donc, les héritiers réconciliés du coup d’Etat fondateur de la V° République, le 13 mai 1958, allant jusqu’à de larges secteurs de la « Macronie » en décomposition.
Ce regroupement politique, qui correspond au projet du milliardaire disciple de Peter Thiel qu’est Stérin, vise à la conquête du pouvoir et à la destruction de l’Etat de droit, c’est-à-dire, dans le cadre de la V° République, la destruction des principes d’ordre légal, de garantie des droits, d’indépendance de la justice, de laïcité, pour instaurer en France un Etat fort intégré à l’ordre de Trump et de Poutine – et même en faire le moteur de l’Europe des Etats forts, soumis à Trump et à Poutine, forts uniquement contre les peuples, en commençant par les migrants.
Ce regroupement politique avance maintenant à grands coups de cors de chasse et de clairons, assurés par cette thématique qui existait déjà, mais que la provocation meurtrière de Lyon a porté au pinacle : seul l’antifascisme est meurtrier, LFI est une milice qui menace l’ordre public, le cordon sanitaire appelé par Bardella permettra l’union des droites au pouvoir et l’Etat fort, l’Etat du talon de fer.
Attention : comprenons bien qu’ils hurlent d’autant plus, qu’ils bombent d’autant plus le torse, qu’ils jouent de la mâchoire avec d’autant plus de véhémence, qu’ils savent que la résistance sociale potentielle est en réalité majoritaire et qu’elle sera la plus puissante si elle prend confiance et conscience, et qu’il faut donc l’assourdir et l’abrutir sous les sonos du « mensonge triomphant qui passe » (Jaurès).
La pierre de touche de l’union des droites en voie d’affirmation, c’est donc la légitimation des milices fascistes, qu’il leur faut désormais présenter comme des victimes. Dans le gouvernement, les ministres Darmanin et Nunoz, à la Justice et à l’Intérieur, sont pour cela une force d’entrainement, qui commence à se distinguer de Lecornu ainsi que de Macron.
Il leur faut pour cela un récit des évènements de Lyon dans lequel, contrairement aux faits établis par les témoignages et les films des riverains, diffusés notamment par le Canard Enchainé, les jeunes fascistes ont été uniquement pourchassés et pris dans une embuscade, alors qu’ils ont en réalité provoqué un affrontement qui a mal tourné pour eux.
Sur cette base, a été organisé l’hommage unanime de l’Assemblée nationale à Quentin Deranque : un hommage, pas une minute de silence dévolue à la dénonciation de toute violence politique, mais bien un hommage à la victime, jeune fasciste sans aucun conteste possible, aux franges du nazisme, de l’antisémitisme et du néo-monarchisme.
Et le ministre de l’Intérieur a décidé, l’imposant contre la mairie de Lyon, l’autorisation d’une marche de l’ultra-droite à Lyon le samedi 21 février, très clairement une parade des aspirants au rôle de Sections d’Assaut.
Le résultat a été mitigé : 3200 selon la préfecture et 3500 selon les organisateurs (écart remarquablement faible !), des consignes de « bien se tenir », mais des saluts nazis et des cris racistes et homophobes dans un cortège masculin et viriliste à 98%, gestes et cris que la préfecture, qui assurait la protection du défilé, se trouve contrainte de poursuivre.
Le RN, prudent, peut se permettre de jouer les faux modérés : de toute façon les nazis explicitement nazis seront dans l’union des droites, Wauquiez et Retailleau comptent bien les y intégrer car ils y sont nécessaires pour la peur et la violence. Wauquiez a fait afficher sur le bâtiment du Conseil régional d’Auvergne/Rhône-Alpes un grand panneau rendant hommage à Quentin Deranque !
Bardella, quant à lui, voyant venir le risque d’un défilé exhibant le caractère sectaire et minoritaires des aspirants miliciens, avait jugé prudent de s’en démarquer, mais des élus et responsables RN étaient évidemment bien présents.
A Nantes, la police a frappé et arrêté des manifestants antifascistes tout en protégeant le cortège riquiqui des « camarades de Quentin Deranque ».
A Brest, la préfecture a ordonné à l’association Iroise Ukraine qui avait antérieurement appelé à un rassemblement de solidarité avec l’Ukraine pour le 4° anniversaire de l’invasion généralisée, de laisser la place de la Liberté à l’extrême droite menée par les poutiniens de Reconquête !
Dans toute la France, ce sont des dizaines et des dizaines de permanences de députés, LFI mais aussi PCF et de toutes tendances de gauche, ainsi que des locaux syndicaux en commençant par Solidaires à Lyon, qui ont été agressés, tagués, menacés. Des menaces de morts sont adressées à des élus. Dans l’Allier, « Riposte Laïque », site poutinien qui entend se positionner en tison de l’union des droites, accuse nos camarades Vincent Présumey (FSU) et Laurent Indrusiak (CGT) de vouloir tuer le chef local des cathos tradis et néos païens « à 10 FSU et 10 CGT » !
Les éléments de terreur, encore ponctuels mais de plus en plus nombreux, sont une composante nécessaire, centrale, de la stratégie de l’union des droites visant à faire ce à quoi Sarkozy et Macron ne sont pas arrivés : rétablir une V° République toute puissante contre la population de France.
Car ils se savent minoritaires et savent que ce ne sera pas simple. Ce même 21 février, la première manifestation antifasciste en France, plus nombreuse en réalité que la parade des aspirants SA à Lyon, a été la manifestation de solidarité avec l’Ukraine de République à Bastille. Le même jour avait lieu un important rassemblement réclamant justice pour El Hacen Diarra, personne handicapée assassinée en garde à vue au commissariat du XX°, en présence de la députée Danielle Simonnet. Et la colère va monter contre les suppressions de postes dans l’enseignement public …

Mais tout ce tintamarre utilisant la provocation a une fonction complémentaire à celle de cimenter l’union des droites, une fonction plus importante encore car indispensable à son avènement : assurer la division à gauche par la diabolisation de LFI.
Les deux principaux maillons faibles de l’opération sont le PS et LFI elle-même.
Le PS en est en fait l’objet central. François Hollande a immédiatement donné la ligne : désormais, et pour commencer au second tour des municipales, l’union à gauche est interdite.
C’est aussi la ligne de Raphaël Glucksmann, qui a par ailleurs fait un excellent discours sur l’Ukraine rempart de l’Europe à la manifestation parisienne du 21 janvier : il ne semble pas réaliser qu’organiser le cordon sanitaire, qu’appelle Bardella, contre LFI, fait à présent le jeu de Moscou, car Moscou et Washington veulent l’union des droites au pouvoir en France !
La pression s’accentue sur le PS, non seulement pour lui interdire de participer et d’organiser le 11 octobre prochain les primaires à vocation unitaire auxquelles Olivier Faure s’est engagé avec les Ecologistes, Debout !, l’APRES et Génération.s, mais pour imposer un congrès après les municipales dans lequel reviendraient les Cazeneuve et compagnie : parallèlement aux grandes manœuvres pour instaurer la V° République de l’union des droites, il y aurait là une énième tentative de liquidation définitive du Parti Socialiste, cet étrange animal qui ne crève pas et dont l’existence en tant que telle avait permis au NFP de faire échec au gouvernement Macron/Bardella en 2024 !
Quant à LFI diabolisée, le désarroi politique ne peut que monter, et monte, dans ses rangs, car le ciment essentiel pour sa base était l’espoir de gagner, et que cet espoir s’éloigne à toute vitesse en dehors d’une stratégie unitaire contre laquelle se cabrent sa direction, J.L. Mélenchon, Bompart et le POI. Ce noyau dirigeant est, de fait, poutinien, comme l’est l’union des droites. Mais il est clair que Moscou parie sur l’union des droites et que LFI n’a dans ce cadre qu’un rôle de repoussoir et d’épouvantail à jouer.
Le désarroi peut donc conduire à des fuites en avant verbalement gauchisantes ici, à des retours sur la voie de l’unité ailleurs, mais aussi à la découverte d’un éventuel sauveur qui ne serait plus forcément J.L. Mélenchon. Peut-être François Ruffin a-t-il quelques espoirs sur ce créneau, bien que, et en partie parce que, diabolisé par la direction de LFI, mais ces derniers jours celui qui a le plus marqué de points dans ce possible rôle n’est autre que … Dominique De Villepin, auteur d’une tribune effectivement remarquable dans laquelle il se positionne en dernier rempart de la « République » contre l’union des droites, dont il a choisi d’expliquer clairement que la diabolisation de LFI sert à la forger.
Mieux vaudrait un néogaulliste tombé pour avoir voulu imposer le Contrat Première Embauche, que les « traitres socialistes » ? Le désarroi arrivant après la méséducation « insoumise » pourrait y conduire …
La seule voie est bien celle de l’unité, d’un nouveau 12 février 1934, lorsque la CGT réformiste, affolée par la violence fasciste du 6 février, a appelé à manifester pour la « défense de la République », de la république parlementaire et corrompue qu’était la III° République, et que des millions de grévistes et des centaines de milliers de manifestants se sont dressés contre la réaction et pour la défense des libertés, les cortège CGT et socialiste, et CGTU et communistes, initialement divisés, fusionnant dans les rues de Paris sous la pression de la base.
Cette voie serait nécessaire tout de suite, avant le dépôt des listes aux élections municipales à la date du jeudi 26 février, partout où la division a été organisée.
Elle serait nécessaire dans un puissant 8 mars, décalé la veille ou le lendemain pour avoir de véritables appels à la grève sur les lieux de travail, et sachant que les commandos provocateurs de Némésis peuvent à nouveau tenter de se mettre en avant.
Mais prendre cette voie demande aussi d’éclaircir la nature des faits lyonnais. Quand nous disons qu’il y a eu provocation, nous ne disposons certes pas d’éléments policiers permettant de l’établir, mais il est clair que, premièrement, Némésis et son SO, qui n’avait rien de gentil comme l’a pratiquement laissé entendre le procureur de Lyon, a engagé une provocation, et que des morceaux de la Jeune Garde Antifasciste, dissoute par Retailleau un an auparavant et en pleine démarche de recours au Conseil d’Etat, morceaux plus ou moins en roue libre, y sont tombés tête baissée, puis dans celle menée par le commando fasciste un peu plus tard et un peu plus loin.
Ils sont sortis des règles qu’eux-mêmes avaient théoriquement préconisé et expliqué : éviter de plaquer une femme de Némésis à terre, ne jamais oublier qu’aujourd’hui tout est filmé, et ne pas s’acharner sur un adversaire déjà vaincu, au risque, comme cela s’est produit, de le tuer.
Ce dérapage tête baissée et pire encore dans la provocation tendue n’est pas un problème technique, mais politique : l’antifascisme ne peut pas être une identité politique à lui seul, mais il nous appartient à toutes et à tous et ce sont les organisations du mouvement ouvrier qui, dans l’unité, ont la responsabilité de reconstruire des SO fermes, puissants, déterminés, pas virilistes et donc largement féminins. Cette question fait pleinement partie de celle, plus large, de l’unité, du front commun pour la défense immédiate de l’Etat de droit.
Bien sûr, nous ramasserons et relèverons le drapeau nécessaire de l’antifascisme. Mais l’unité pour la défense de la démocratie contre l’union des droites, contre Trump et Poutine, a besoin de clarté. Depuis 4 ans, un front militaire antifasciste, le plus important du monde, existe sur plus d’un millier de kilomètres en Ukraine.
Lors de la première du film de Pierre Chamechaude et Christophe Cordier, à la bourse du travail de Paris, Les Chemins de la Liberté, dans une bourse du travail pleine, vendredi 20 février, film tourné en Ukraine autour des jeunes combattants de Solidarity Collective, Dmitry Pavlovitch Petrov, réfugié politique russe, père du combattant anarchiste russe Dmitri Petrov mort au combat dans les rangs ukrainiens, a remis aux réalisateurs du film un insigne anarcho-syndicaliste russe, et eux lui ont donné, en remerciement, l’insigne des trois flèches antifascistes des années 1930.
Bien sûr que l’antifascisme a de l’avenir, par et dans l’unité d’action pour la défense de la démocratie et de l’Etat de droit !


22.02.2026 à 17:47
aplutsoc2
Message du tête de liste Moulins en commun, des projets en partage, que LFI veut former à Moulins :
Cher Vincent,
Il y a quelques mois, ton interpellation semi-publique à l’adresse des différentes forces progressistes de l’agglomération avait retenu toute notre attention. Des démarches unitaires avaient déjà été engagées par LFI Moulins en ce sens (l’unité de la gauche s’inspirant du NFP). Ton appel avait permis d’échanger et d’accélérer cette démarche d’unité. Face à la droite sortante et à l’extrême droite montante, nous avions l’opportunité de changer la donne politique à Moulins.
Comme tu le sais, l’ensemble des composantes de la « gauche » moulinoise a catégoriquement refusé toute discussion avec nous. Sans avoir préalablement discuté de quoi que ce soit, le PS et EELV n’ont pas daigné répondre, Place publique a clairement dit « tout sauf LFI », le PCF a indiqué que chacun devait concourir sous ses couleurs et que nous nous retrouverions au 2ème tour (le passage précis de sa réponse était : « Le premier tour doit permettre de clarifier ce que souhaitent les Moulinoises et les Moulinois. Nous aurons ensuite tout le loisir de discuter des perspectives communes dans un second temps »).
Aussi, depuis que Yannick Monnet a changé d’avis en annonçant cette semaine son adhésion à la stratégie du refus de toute unité et du « ni ni », emboitant le pas aux LR et aux macronistes, notre liste se retrouve, dans les faits, la seule unitaire. C’est un engagement encore valable aujourd’hui que de rassembler la gauche au second tour à Moulins. Nous constatons qu’il s’agissait précisément du sens de ton appel et de ton engagement.
Une autre évidence apparaît avec cette annonce. La stratégie de Yannick Monnet est suicidaire pour la gauche, son score aux législatives est trop vite oublié. En tant qu’homme politique aguerri, il ne peut l’ignorer.
Par conséquent, on peut légitimement se demander : quelles sont ses arrières-pensées ? A-t-il d’autres intérêts personnels ? Doit-on collectivement à nouveau décevoir les électeurs de gauche ? Et ceci pour combien de temps encore ?
Ce qui se passe dans le pays est grave, notamment au regard du contexte que tu as bien décrit. Par conséquent, il serait assez cohérent politiquement, de notre point de vue, que tu puisses prendre toute la place qui te reviens à nos côtés dans la lutte sincère contre des idées que nous combattons avec la même force de conviction. Notre liste fait largement la place a plusieurs sensibilités de gauche malgré le soutien d’un seul parti politique. Nous sommes ouverts à toute discussion, toujours. Pour autant que chacun veuille bien débattre pour dépasser et avancer.
Fraternellement,
Pour la liste « Moulins en commun, des projets en partage »,
Thierry Bonnet.
Réponse de Vincent Présumey :
A Thierry et aux camarades de LFI Moulins,
Comme annoncé l’autre jour, je réponds maintenant à ton message. En renouvelant d’abord le fait que je t’en remercie : nous avons besoin de débats publics, respectueux et contradictoires. Les contradictions dans l’histoire de la gauche ont toujours été un élément de force lorsque l’unité était réalisée.
A mon avis, la principale faiblesse de ce que tu expliques dans ton message tient à son caractère trop local, trop « moulino-moulinois », et fortement centré sur les arrière-pensées éventuelles de Yannick Monnet. Par un apparent paradoxe, ce qui me parait discutable dans son approche est aussi qu’elle se veut strictement locale. Or, plus que jamais, les élections municipales sont surdéterminées par des évènements globaux majeurs.
Sur le plan local, la menace sur l’IUT et le petit « campus » il y a un peu plus d’un an, l’opération « Murmures de la Cité » visant à introduire à la fois extrême-droite et union des droites dans tout l’Allier – ce qui est en train de se produire j’y reviendrai-, et, fait majeur, énorme, le choix du patron de Bosch de sacrifier 270 emplois dans l’agglomération, déterminent la situation locale.
Là-dessus, depuis quelques jours, la provocation lyonnaise ayant conduit à la mort d’un jeune fasciste, provocation dans laquelle des militants proches de LFI sont tombés jusqu’au meurtre, est exploitée pour verrouiller la marche au pouvoir de l’union des droites en France : la diabolisation de LFI, en interdisant l’unité à gauche, est le moyen de cette opération. Pas question de hurler avec les loups.
Dans ce cadre, le maire de Montluçon, après avoir fait venir le « Canon français », réalise une liste allant de Renaissance à Reconquête, organisation racialiste. Et à Moulins, tout à l’heure place d’Allier, les « cavaliers » de « Murmures de la Cité » (cette cité qui murmure, c’est Sophia-Polis, club de rencontre des cathos tradis et des néo-païens c’est-à-dire des nazis), paradaient, parallèlement au RN qui diffusait.
Je suis pour l’unité d’action et j’ai de la sympathie pour les militantes et militants notamment jeunes qui rejoignent LFI (ou d’autres organisations) parce qu’elles et ils veulent changer la vie. Mes désaccords avec LFI sont connus mais je les résume : une organisation conçue initialement sur un schéma plébiscitaire, qui, au plan international, ignore la réalité des impérialismes russe et chinois notamment envers l’Ukraine (j’étais hier, au nom de l’intersyndicale, à la manifestation de défense de l’Ukraine à Paris).
Ces désaccords n’interdisent ni l’unité d’action ni le débat. Cela dit ils sont sévères : certains secteurs de LFI, au niveau le plus haut, sont pour moi quasi « poutiniens », alors que Trump et Poutine misent en France sur l’union des droites dont l’instrument d’arrivée au pouvoir est la diabolisation de LFI …
C’est en raison de ces données globales, fondamentales, et de ma propre histoire de militant intervenant sur ces sujets, que je pense que l’unité d’action et le débat au moment présent, moment grave, ne seraient pas résolus par ma propre jonction avec la liste que LFI veut impulser sur Moulins.
Ce que la situation exige, c’est un 12 février 1934 pour la défense de l’Etat de droit. C’est d’ailleurs ce que nous avons amorcé au plan départemental dans le meeting organisé notamment par la FSU et la CGT à Saint-Pourçain le 14 janvier dernier. Si chaque force politique et élu agissait à l’aune de ce qu’exige cette gravité, alors les deux listes de gauche à Montluçon (la liste principale où se trouvent PS et LFI et la liste comportant le PCF officiel et le PRG !!!) fusionneraient quand il est encore temps, alors la petite liste dite de « gauche radicale » à Vichy s’ouvrirait et se transformerait en vraie liste d’unité de la gauche pour la défense de la démocratie et de l’Etat de droit. « I had a dream » …
Concernant Moulins, il est évident qu’une chance de changement réel, Yannick étant député et la droite étant usée et divisée, réside dans son élection. Il n’a pas défini sa liste par le refus de LFI, mais plus généralement par un caractère se voulant a-partidaire. Mais si cette liste gagne, elle gagnera comme liste réunissant la majorité des composantes de la gauche, poussée par la volonté de changement et la résistance démocratique de la population, pour les services publics et la défense de l’emploi. J’estime que nous devrions (« nous » : les partisans du changement social au sens large) consacrer nos forces à cela, c’est plus important que l’affirmation autonome de telle ou telle force politique, et, à vrai dire, cela la permettrait tout autant voire mieux.
Quoi qu’il en soit, poursuivons et élargissons ce type d’échange. L’horizon s’assombrit suffisamment pour l’exiger, et les remarques que je fais ici à Thierry et aux camarades de LFI Moulins concernent toute la gauche locale et départementale …
Amitiés militantes,
Vincent Présumey.
20.02.2026 à 00:04
aplutsoc
Comme tous les Français, nous sommes choqués par le drame de Lyon. Mourir pour des idées, en France aujourd’hui, est inacceptable, même si elles sont à l’extrême opposé des nôtres et porteuses de haine. Bien sûr, nous devons rester prudents en attendant les résultats de l’enquête. Mais ce que nous savons déjà et qui nous touche particulièrement, c’est que des antifascistes s’en sont pris avec une brutalité mortelle à un homme à terre.
On ne lutte pas contre le fascisme avec des méthodes fascistes.
Depuis, l’irresponsabilité politique atteint des sommets. Nous assistons à une chasse anti-LFI aux accents trumpistes dont il faut prendre toute la mesure politique. D’abord, la mise en cause de LFI, avant même de connaître la réalité des faits, contribue à approfondir le climat de vengeance, de tensions, de violences. C’est aussi jeter en pâture des élus et des militants, comme l’ont vite indiqué les dégradations de permanences parlementaires puis l’alerte à la bombe au siège insoumis. C’est enfin une instrumentalisation politicienne de la mort de Quentin Deranque par un club de charognards qui se joue, à un mois des élections municipales, à un an de la présidentielle. Cette charge ne vise pas seulement à détruire LFI : elle a pour objectif d’affaiblir le camp de l’émancipation dans son ensemble, au moment où le tapis rouge est déroulé à l’extrême droite qui voit ses idées et ses leaders banalisés.
Enclenchée par le RN et ses amis, cette mise au ban hargneuse et obsessionnelle de LFI est devenue la stratégie d’un pouvoir aux abois. À gauche, ceux qui pensent s’en sortir en enfourchant ce récit font fausse route. Ceux qui, à l’instar de François Hollande, en profitent pour creuser un peu plus le fossé entre deux gauches prétendues irréconciliables sont des acteurs de la défaite.
Dans ce contexte, nous devons éviter l’écueil : soit hurler avec les loups contre LFI, soit défendre de manière acritique la stratégie de la direction insoumise. La lutte contre la trumpisation du monde et la fascisation en Europe nécessite une lucidité et une clarté de tous les instants.
Aujourd’hui, alors que parmi les interpellés dans l’affaire Quentin Deranque, plusieurs figures de la Jeune garde sont mis en cause, et parmi eux, un assistant parlementaire de Raphael Arnault qui dit avoir porté des coups, peut-on seulement entendre au fond de la part de LFI : « circulez, il n’y a rien à voir » ? Quand Jean-Luc Mélenchon affirme, dans son moment politique au siège du POI, juste après les interpellations de la police, « nous approuvons leur résistance, nous approuvons leur organisation » au sujet de la Jeune Garde, il envoie d’abord un message de soutien à l’action de ces jeunes, et donc à ceux d’entre eux qui ont agi avec violence. La culture viriliste, la démesure, l’incapacité à reconnaître des errements ou des fautes, la conflictualité et l’outrance isolent dans le pays, détournent de la gauche et du chemin de la victoire. Indispensable pour combattre le RN, le rassemblement est d’abord une culture, un état d’esprit. Cela suppose, de la part de la direction insoumise, de faire les gestes et de poser les mots de l’apaisement.
Le Front populaire n’a pas bloqué les ligues fascistes en se bastonnant dans les rues mais en mobilisant largement le peuple pour « le pain, la paix, la liberté ». En finir avec les passions tristes et s’adresser à notre humanité commune : voilà l’urgence pour sortir de la nasse dans laquelle nos adversaires politiques veulent nous enfermer.
Clémentine Autain
Source : L’Après Hebdo du 19 février 2026.
19.02.2026 à 23:54
aplutsoc
Avant-première du film LE CHEMIN DE LA LIBERTÉ de Pierre Chamechaude et Christophe Cordier, coproduit par Canal Marches
Le vendredi 20 février 2026, à la Nouvelle Bourse du Travail de Paris – Salle Hénaff, 29 boulevard du Temple, 75003, Paris
Ouverture des portes à 18h30, entrée libre dans la limite des places disponibles, projection en présence des réalisateurs
Il y a maintenant quatre ans, la Russie de Poutine a déclenché contre l’Ukraine une guerre d’agression impérialiste à grande échelle. Le peuple ukrainien est alors entré en résistance et multiplie les expériences d’auto-organisation pour faire face à cette agression. Des militant.e.s féministes, écologistes, syndicalistes, anarchistes, libertaires sont nombreux.ses à s’être engagé.e.s dans la résistance active et armée. Leur collectif fait vivre une Ukraine anti-autoritaire qui rappelle l’expérience il y a un siècle de l’anarchiste Nestor Makhno, inspirant leur lutte face à la volonté des armées d’occupation russe d’entraver leur chemin vers la liberté.
Bande annonce du film: https://vimeo.com/1085984886
Une coproduction Thélème Films / Canal Marches / Télébocal – 2026
Avec la participation du Centre National du Cinéma et de l’Image Animée
Avec le soutien de la Fédération Anarchiste, de l’Union Communiste Libertaire, des éditions Syllepse, de l’association Perspektiven Bauen et du Comité Français du Réseau Européen de Solidarité avec l’Ukraine (RESU)
Et un grand merci aux personnes qui ont participé au soutien du film !
Pour plus d’information vous pouvez consulter et télécharger le dossier de présentation
17.02.2026 à 13:40
aplutsoc2
Dans le cadre de l’offensive contre la démocratie, l’Etat de droit et les militants qui les défendent, déclenchée suite au meurtre commis à Lyon le 12 février dernier, nos camarades de l’Allier, Vincent Présumey tout particulièrement, ont une fois de plus été ciblés par les provocateurs qui voudraient porter leur violence sur tout le territoire. Pourquoi leur en veulent-ils, et lui en veulent-ils, autant ? Parce qu’ils ont à ce jour échoué à le faire.
