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23.02.2026 à 07:42

Khrys’presso du lundi 23 février 2026

Khrys

Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière. Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer … Lire la suite­­
Texte intégral (11962 mots)

Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.


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    En français, en arabe, en anglais, la ferme tendresse de sa voix portait loin. De la rue aux rédactions des médias, jusqu’aux chancelleries du continent européen et du monde. Leïla Shahid était l’incarnation de la Palestine, de son peuple et de sa terre, de son histoire et de sa culture.

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18.02.2026 à 07:45

Reprenons le contrôle de notre vie numérique dès maintenant !

Fla

J’ai écrit ce texte il y a un an, peu après la ré-élection de Trump. Il est resté en attente de publication car je voulais lui ajouter des illustrations, mais je ne suis pas graphiste. Finalement, la situation géopolitique est … Lire la suite­­
Texte intégral (1601 mots)

J’ai écrit ce texte il y a un an, peu après la ré-élection de Trump. Il est resté en attente de publication car je voulais lui ajouter des illustrations, mais je ne suis pas graphiste. Finalement, la situation géopolitique est maintenant encore pire qu’il y a un an, tant sur le territoire américain notamment avec l’ICE que dans les relations avec les autres pays, du Venezuela au Groenland. L’hypothèse d’un Trump qui couperait l’accès des européens aux entreprises américaines du numérique existe. Il est donc temps de publier cet article de rappel, même sans illustrations.

Je donne depuis 2012 des conférences sur la vie privée en ligne. J’y explique les mécanismes qui permettent aux fournisseurs de services numériques de collecter pléthore de données sur toutes les personnes qui les accèdent, même sans qu’elles y créent de comptes. Évidemment, je détaille aussi les enjeux, en répondant à la principale remarque : « je ne vois pas le problème, je n’ai rien à cacher ». J’explique, exemples à l’appui, que les données qu’ils collectent sur nous ont des conséquences importantes sur nos vies même pour des citoyens modèles toujours dans la légalité. Qu’elles leur permettent de maximiser notre tarif d’assurance, de nous accorder ou non un crédit immobilier, de nous refuser à un entretien d’embauche. Qu’elles leur permettent aussi d’influencer les opinions, et ainsi faire basculer le résultat d’élections ou de référendums (sans le rôle clé de Cambridge Analytica, le Brexit n’aurait probablement pas eu lieu et Donald Trump n’aurait probablement pas été élu en 2016).

Mais je souligne aussi toujours quelque chose d’essentiel, que l’on a trop vite tendance à oublier : rien ne disparaît dans le monde numérique. Ce que nous publions en ligne aujourd’hui restera enregistré pour toujours, et ce même si nous le supprimons. Or, les dirigeants et les lois eux, changent. Les informations accumulées sur la population sont disponibles, historique compris. Si l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir était encore hypothétique pour une grande majorité des pays il y a seulement 15 ans de cela, nous voyons aujourd’hui, années après années, sombrer l’État de droit dans laquelle une partie du monde a eu la chance de naître. La montée des partis haineux s’observe dans tous les pays, et ils arrivent maintenant régulièrement au pouvoir, et ce jusqu’au pays le plus puissant du monde : les États-Unis d’Amérique.

Si les conséquences de l’arrivée d’un régime oppresseur à la tête d’un pays sont déjà catastrophiques pour sa population, la ré-élection de Donald Trump change complètement d’échelle : elles deviennent mondiales. Il n’y a qu’une poignée de pays dans le monde dont la vie numérique ne dépend pas majoritairement des États-Unis. Imaginez-vous à quoi ressemblerait votre journée de demain si soudainement Google, Microsoft, Amazon, Apple, Meta, CloudFlare et toutes les autres entreprises américaines coupaient leurs services dans votre pays. Pensez à toutes les actions que vous ne pourriez plus faire. Plus de téléphone, d’ordinateur, de tablette ni de montre connectée. Dans l’ordre, à la sortie du lit : pas de réveil, pas de météo, pas d’agenda, pas de journal pendant le petit déjeuner, puis pas d’horaires ni de ticket de bus, ni d’accès au compte bancaire ni de moyen de paiement (Visa et Mastercard sont américains). Même si certaines applications ne sont pas fournies directement par Google, Apple, Microsoft ou Amazon, la très grande majorité d’entre elles utilisent leur infrastructure pour fonctionner et seraient donc immédiatement hors service. Vous n’avez même pas quitté votre logement que vous avez déjà utilisé ces multinationales des dizaines de fois. Se voir couper ces accès vous semble irréaliste ? C’est pourtant exactement ce qui est arrivé à Nicolas Guillou, juge français à la Cour Pénale Internationale, qui enquête sur les évènements en Palestine. Lire son témoignage. (Si cela vous inspire, vous pouvez rejoindre une réflexion collective sur le sujet).

Et bien, toutes ces actions qui pourraient ne plus être accessibles car elles dépendent de ces acteurs, sont aujourd’hui enregistrées et analysées. Les États-Unis, qui contrôlent et stockent la majorité des usages numériques mondiaux et connaissent donc en détail la vie d’une grande partie des humains de notre planète, sont maintenant gouvernés par un régime en roue libre qui a muselé les contre-pouvoirs, opprime les minorités, expulse la presse, parle d’annexer des territoires alliés comme le Groenland, soutient les autres régimes extrémistes en Allemagne et ailleurs, coupe les financements de la science et des aides au développement, sans parler de l’Ukraine et de la Palestine.

Il est d’une urgence absolue que nous soyons numériquement indépendants des services propriétaires fournis par des entreprises américaines.

Il s’agit bien sûr de développer et soutenir des logiciels libres, seuls garants d’un numérique respectueux car auditables par des tiers. Notre rôle de citoyens est évidemment de porter ce sujet à nos politiques, mais aussi à notre travail et, le plus facile, dans notre vie personnelle.

Il y a de nombreuses alternatives qui existent à tout un tas d’applications, services, logiciels que vous pouvez utiliser, mais pour ce premier article, je conclurai sur ces quelques recommandations, très facile à mettre en place pour démarrer :

Pour limiter la collecte de données :

  • Accédez au web avec un navigateur de confiance (je recommande Mozilla Firefox, sur ordinateur comme sur mobile) correctement configuré (installez les extensions uBlock Origin et LocalCDN)
  • Pour limiter les accès aux informations de votre téléphone, évitez d’installer des applications et allez plutôt sur les sites web. Vous n’arrivez pas à vous passez de Google Maps, YouTube, Facebook ou Instagram pour le moment ? Ouvrez un nouvel onglet privé dans Firefox pour y accéder, cela limitera un peu la casse, et vous serez moins tenté de le rouvrir constamment

Pour la confidentialité de vos échanges :

  • Utilisez une messagerie libre chiffrée telle que Signal qui est l’état de l’art dans le domaine, plutôt que Facebook Messenger ou Whatsapp, ou le SMS ou l’e-mail avec lesquels de nombreuses personnes peuvent accéder à vos communications

Si vous êtes prêts à y consacrer un peu de temps, une belle étape est de passer à un système d’exploitation libre et de confiance. Les alternatives ne manquent pas. Si vous voulez des solutions françaises, Linux Mint fonctionne très bien pour les ordinateurs, et /e/ OS pour les téléphones. Vous avez peur de vous lancer seul(e) ? Trouvez quelqu’un pour vous aider près de chez vous !

Un autre point important où vous pouvez vous faire accompagner : quitter GMail. Là aussi, il suffit de vous laisser guider !

Et bien sûr, les services de Framasoft, sur Degooglisons-internet.org !

Il y a énormément à dire sur le sujet, cet article peut donc vous sembler trop court, et cette liste d’alternatives très incomplète. De plus, d’autres alternatives encore plus résilientes peuvent exister. J’ai pris ici le parti d’aller droit au but et de recommander des solutions accessibles à toutes et tous dès maintenant sans compromis aucun, car je juge la situation urgente particulièrement à la vue de ce qui se passe outre atlantique. Mais n’ayez crainte, j’ai hâte de revenir avec des articles permettant d’aller plus loin !

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17.02.2026 à 08:29

Attention à l’économie de l’attention

Gee

Parce que les phénomènes d’addiction aux médias sociaux ne sont pas apparus spontanément mais ont savamment été mis en place par les GAFAM, et qu’il faudrait sans doute que ça se sache un peu plus… Attention à l’économie de l’attention … Lire la suite­­
Texte intégral (1921 mots)

Parce que les phénomènes d’addiction aux médias sociaux ne sont pas apparus spontanément mais ont savamment été mis en place par les GAFAM, et qu’il faudrait sans doute que ça se sache un peu plus…

Attention à l’économie de l’attention

Étudions un instant cette scène de la vie courante :

Un personnage assis sur les toilettes regarde son smartphone d'un air blasé : « Allons voir quelques minutes ce qui se passe sur les réseaux sociaux… »

(Beaucoup) plus tard. Le même personnage est à l'état de squelette.

Cette scène n’est pas l’opération du Saint Esprit, mais bien le résultat de…

L’économie de l’attention.

Gee hurle dans un mégaphone : « ATTENTION ! » Le squelette sur les toilettes sursaute en criant : « Gaarg ! ». Le smiley commente : « Ah bah ça a ravivé notre squelette… »

L’économie de l’attention, ça se matérialise notamment par « l’éditorialisation » du contenu.

Un type lambda dit : « Rah ça me gonfle les réseaux des GAFAM et leurs algorithmes ! » Gee : « Leurs éditorialisations. » L'autre : « De quoi ? » Gee : « N'importe quel site a des algorithmes. Trier des messages sans filtre et sans biais, ça reste un algorithme. Ce que t'aimes pas, c'est l'éditorialisation. »

L’éditorialisation, c’est ce site web qui sélectionne ce qu’il veut bien te montrer ou non, selon des critères sur lesquels tu n’as pas toujours ton mot à dire.

C’est d’ailleurs pour ça qu’on préfère parler de « médias » sociaux plutôt que de « réseaux » sociaux : ce sont bien des médias avec des lignes éditoriales bien définies.

Un logo Facebook dit : « Mais c'est pour votre bien ! Pour vous rendre un service meilleur ! » Le type lambda dit : « C'est vrai ? » Facebook répond : « Ben non. C'est pour vous faire bouffer de la pub et revendre vos données persos. » Le type : « Ah. »

Bien sûr, pour exploiter vos données et vous refourguer de la pub, Facebook et consorts ont besoin de vous garder le plus longtemps possible sur leurs plateformes, de capter votre attention.

Et pour ça, j’aime autant vous dire que tous les moyens sont bons

et que c’est pas l’éthique qui les étouffe.

Un scientifique à côté d'une boîte où il y a un rat : « Vous voyez ce rat ? Il appuie sur un bouton pour avoir de la nourriture quand il a faim. Tout va bien, hein ? »

Suite, le scientifique dit : « Maintenant, si le bouton n'offre plus de la nourriture qu'aléatoirement… notre rat devient fou ! Il appuie frénétiquement sur le bouton et s'empiffre même s'il n'a plus faim* ! Niahahahahahaha… » Une flèche indique : « Représentation à peine caricaturale des psychologues qui bossent sur les circuits d'addiction pour le compte des GAFAM. »

C’est l’une des célèbres expériences de la boîte de Skinner – non, pas le proviseur des Simpson.

Lorsque Facebook vous cache des trucs, lorsque vous avez 10 publications navrantes au possible entre 2 publications qui vous intéressent, ce n’est pas un bug : c’est une fonctionnalité.

Le type sur ses toilettes scrolle en pensant : « Nul… nul… nul… OH ÇA C'EST MARRANT ! Nul… Nul… » Des flèches indiquent « frustration » sur les nuls, + « récompense » sur le « c'est marrant ». Le résultat est l'addiction, comme au casino.

Votre attention, c’est LA valeur qui se monétise sur les grandes plateformes.

Et comme votre nombre d’heures de vie reste, j’en suis bien navré, limité, eh bien on presse de plus en plus vos capacités d’attention.

Une femme regarde Netflix tout en scrollant sur son téléphone. Des petits diablotins autour lui disent : « Hé, si tu regardes la vidéo en accéléré, tu pourras en voir plus ! Tu devrais checker Instagram ! De toute façon, les scénaristes de Netflix écrivent leurs dialogues en prenant en compte le fait que tu regardes autre chose en même temps* ! Tiens, une pub ! »

Véridique, c’est le second screen content, d’où la qualité navrante de certains dialogues où on vous explique et réexplique le scénario, en long, en large et en travers…

Et ces mécanismes de stimulation des circuits d’addiction se retrouvent partout, jusque dans les innocents jeux mobile « free-to-play »… dont il faudrait s’interroger sur la pertinence de les filer à de (parfois très) jeunes enfants pour les occuper.

Gee, blasé, montre une scène en disant : « Ce qui est quand même un peu équivalent à faire ça… » Un papa porte sa fille devant une machine à sous : « Allez, tire le levier, ma puce ! Tu vas te refaire cette fois ! Tu veux une clope ? »

Eeeet en même temps…

bah j’ai pas envie de vous culpabiliser plus que ça.

Parce que pour lutter contre ça comme contre beaucoup d’autres saletés, remettre en cause les comportements individuels…

Ça ne suffit pas.

La Geekette, blasée : « Tu vas encore nous dire que le problème est systémique, et que c'est le capitalisme ? » Gee complète : « De surveillance ! Le capitalisme de surveillance, cette fois. Mais oui, sinon. Oui. »

Shoshana Zuboff, une professeure de la Harvard Business School spécialiste du sujet, explique que le capitalisme de surveillance traduit l’expérience humaine en données comportementales afin de produire des prédictions qui sont ensuite revendues sur le marché des comportements futurs.

Gee : « Je suis sûr que ça n'a aucun effet néfaste sur nos sociétés et nos orientations politiques… » Elon Musk : « Non. C'est comme la pub, ça ne marche pas. On investit des milliards dans le vent, pour la déconne. Pas du tout parce que ça nous permet de façonner le monde à notre image. »

Avant d’interdire les réseaux sociaux aux gamins via des contrôles d’âge inefficaces et dangereux pour la vie privée, on pourrait déjà se demander pourquoi ce genre de truc existe encore en France :

Gee attend sur le quai d'une gare. On entend : « Le trafic est interrompu sur le RER B. Pour plus d'informations, rendez-vous sur le média social d'un fasciste et son IA néonazie, négationniste et générant des images pédopornographiques sur demande*. »

X, anciennement Twitter, si vous n’aviez pas la réf. Comment ce truc continue d’être utilisé par toute la classe politique et des services publics comme la RATP, alors qu’il devrait être illégal depuis belle lurette, ça me dépasse…

Alors oui, Mastodon, c’est mieux.

C’est libre.

C’est décentralisé.

Mais ça ne vit pas dans un éther déconnecté de l’économie de l’attention, et ça reste imprégné de ses travers, comme nous le sommes toutes et tous (c’est le principe d’un système dominant).

Un personnage regarde des nuages pleins d'émojis caca qui arrivent au-dessus de sa tête : « Euuuh, c'est quoi ça ? » Un autre répond : « C'est un shitstorm* qui arrive. » Le premier : « Sur Mastodon ?! » L'autre : « Oui. Tu pourras facilement transférer la vague de haine sur un autre serveur. C'est cool, non ? »

Selon le Wiktionnaire, « déferlement de commentaires et réactions haineuses sur internet ».

Alors oui, un réseau libre et décentralisé, c’est un million de fois de mieux qu’un énième avatar des GAFAM, technofasciste ou pas…

ou pas encore…

Mais pour conclure : au-delà de cramer X, Facebook et cie – ce qu’il faut assurément faire –, est-ce qu’il ne faudrait pas s’interroger sur l’opportunité de cramer l’intégralité des médias sociaux ?

Le mec lambda demande, inquiet : « Mais on va faire quoi pour s'occuper ? » Gee hausse les épaules : « Je pense qu'on va s'ennuyer. J'aime bien l'idée. » Note : BD sous licence CC BY SA (grisebouille.net), dessinée le 13 février 2026 par Gee.

Crédit : Gee (Creative Commons By-Sa)

Sources

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16.02.2026 à 07:42

Khrys’presso du lundi 16 février 2026

Khrys

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09.02.2026 à 07:42

Khrys’presso du lundi 9 février 2026

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04.02.2026 à 08:00

Retravaillez vos PDFs sans crainte

Eve Demaziere

Vous avez besoin de retravailler vos PDFs pour compléter un formulaire en ligne ? Voici pourquoi il ne faut pas utiliser de convertisseurs de PDF en ligne qui ne soient pas libres, même gratuits. Un peu de vocabulaire, pour bien se … Lire la suite­­
Texte intégral (1501 mots)

Vous avez besoin de retravailler vos PDFs pour compléter un formulaire en ligne ? Voici pourquoi il ne faut pas utiliser de convertisseurs de PDF en ligne qui ne soient pas libres, même gratuits.

Un peu de vocabulaire, pour bien se comprendre :

  • « en ligne » = sur internet, sur le réseau, sur le web, connecté
  • « le cloud » = les lieux de stockage sur le réseau, là où se trouvent les éléments de votre Drive, les documents partagés, les données des bases de données…
  • « en local » = sur votre ordinateur, hors connexion, injoignable depuis l’extérieur.

Les PDFs demandés sont très personnels

Nous devons de plus en plus souvent fournir des documents justificatifs au format PDF, sur les sites des administrations dématérialisées, que ce soit pour nous, pour aider une personne qui ne sait pas faire ou un étranger perdu dans la dématérialisation de la préfecture. Nous scannons des documents papier sur un copieur pour obtenir les documents PDFs puis nous les téléchargeons sur le formulaire de l’administration. Qu’il s’agisse de justificatifs d’identité, de nationalité, de domicile, de travail, diplômes, avis d’imposition, carte de séjour, convocation de la préfecture, permis de conduire ou attestation Vitale, il s’agit de documents personnels qui construisent notre identité. Nous devons donc veiller à ne pas les laisser dans un endroit non sûr.

Scanner les documents au format PDF puis finaliser les PDFs

Un premier conseil : nommez correctement, au fur et à mesure, chaque scan fourni par votre copieur. Par exemple, pour les différents scans des pages de votre passeport, nommez dans l’ordre : passeport1, passeport2, passeport3, et rangez-les dans son sous-dossier /passeport/. Quand vous devrez les réunir en un seul PDF, vous les trouverez dans l’ordre, sans avoir à les regarder pour vérifier.

Le copieur génère les PDFs, mais il nous faut souvent un outil pour les retravailler : réunir certaines pages en un seul document, mettre les pages dans l’ordre et à l’endroit, supprimer les pages inutiles, alléger le PDF final…

Pour cela, on peut utiliser un outil convertisseur en ligne, gratuit : voici pourquoi c’est une mauvaise idée et quel outil utiliser, à la place.

Le cloud, un endroit sûr pour les données personnelles ?

Votre convertisseur en ligne, comme iLovePDF (mais il y en a des dizaines d’autres),  travaille vos documents sur le « cloud » (le réseau) : vous envoyez vos PDFs originaux sur le site de iLovePDF, il fait ce que vous lui demandez et vous livre le PDF final.

A noter que vous n’avez pas besoin de créer de compte personnel, tout est en libre accès, ce qui fait son succès. Mais l’avenir des documents est très incertain. Même s’il ne vous le dit pas, il y a de fortes chances qu’il conserve les PDFs envoyés et générés dans sa propre base de données.

Or, vous savez que les données en ligne, même les plus protégées, peuvent être piratées et récupérées par des personnes malveillantes (voir un article sur les cyberattaques en France, novembre 2025 ou le site « C’est qui qui a fuité aujourd’hui ?« ). Vous avez sûrement déjà reçu un mail vous expliquant le piratage de vos données sur l’un de vos comptes : moi, le dernier était la base de données de mon médecin…

Ces attaques valent pour les convertisseurs en ligne : « Attention, des fuites de données touchent ces deux outils PDF en ligne » (article de 2024).

Vos documents risquent donc d’être récupérés et utilisés par des escrocs. La proposition de certains convertisseurs de protéger le fichier en le chiffrant n’est pas sérieuse : il existe autant d’outils « déverrouilleurs de PDF » que d’outils qui les « verrouillent ».

Quels usages pour des escrocs ?

Il existe un important marché de documents de données personnelles, vendues au plus offrant sur des forums illégaux (voir l’article sur le vol des données de la Fédération de tir). Parmi les documents que vous avez retravaillés sur votre convertisseur en ligne, beaucoup peuvent servir à créer une nouvelle identité ou à usurper la vôtre.

En modifiant les documents avec un outil de retouche d’image (comme Photoshop ou Gimp), les pirates peuvent falsifier de vrais documents pour les attribuer à d’autres personnes, par exemple fournir une fausse convocation de la préfecture à un étranger, comportant son nom, son numéro d’étranger (la convocation se monnaye 300 euros). Ou usurper votre identité (voir l’article L’usurpation d’identité). Ou vous rendre visite à l’improviste, puisqu’ils ont votre adresse…

La solution : convertir les PDFs avec un outil sûr

La solution est d’utiliser un outil que vous installez sur votre ordinateur et qui travaille en local ou dont les serveurs sont sécurisés, c’est le cas des logiciels libres. Vos documents restent au chaud et ne s’en vont que dans le bon site web, celui de l’Etat qui vous l’a demandé pour votre démarche. Accessoirement, conserver une copie PDF de vos papiers est une bonne idée, en cas de perte ou de vol : prenez donc soin d’archiver régulièrement les données de votre ordinateur sur un disque dur externe (que de recommandations…).

Les étapes :

  1. Vous scannez vos documents sur le copieur, en les réunissant dans une clé USB
  2. Vous veillez à donner un nom clair à chaque document scanné et à les ranger dans un dossier spécifique
  3. Par la clé USB, vous les récupérez sur votre ordinateur.
  4. Vous utilisez un outil sûr pour retravailler les documents qui le nécessitent : regrouper les pages, les mettre à l’endroit et dans l’ordre, réduire le poids du PDF total, et vous continuez à donner un nom clair au PDF résultant
  5. Et vous ne mettez le document en ligne qu’au moment de compléter le formulaire.

Les outils libres, ou en local

La cerise sur le gâteau : un filigrane sur vos PDFs

Une fois votre PDF finalisé, vous pouvez utiliser le service FiligraneFacile, un service gratuit créé et mis à disposition par l’État, pour sécuriser avec un filigrane numérique les documents à envoyer. Voyez :

Bons PDFs et bonne bagarre avec la dématérialisation !

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