03.08.2026 à 07:42
Khrys
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
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Le rythme d’avancée de Moscou en Ukraine s’est ainsi effondré de près de 95 % en glissement annuel.
Le régime iranien qui fabrique des drones utilisés par la Russie pour ses frappes en Ukraine accuse Kiev d’avoir attaqué un navire iranien en mer Caspienne et menace de représailles.
La Protection civile grecque a ordonné vendredi l’évacuation préventive d’une partie d’une banlieue à l’ouest d’Athènes en raison d’un incendie de forêt, selon un message d’alerte envoyé sur les téléphones portables. Par ailleurs, l’île touristique de Crète était toujours la proie des flammes, poussées par des vents violents malgré une certaine amélioration, selon les pompiers.
Changement de Constitution, partisans de l’ancien régime traqués, manifestations réprimées, corruption… La gouvernance de Félix Tshisekedi est de plus en plus soumise aux critiques tandis que la situation dans l’Est ne progresse pas, au contraire de l’épidémie d’Ebola, devenue incontrôlable.
Les grandes surfaces commerciales en Tunisie font face à une tension sur l’approvisionnement en eau minérale conditionnée, dans un contexte marqué par une forte hausse de la consommation liée aux températures élevées enregistrées ces dernières semaines.
L’Italie a formulé cette proposition, soutenue par le Danemark et la Finlande, après l’afflux massif de migrants ces derniers jours dans l’enclave espagnole au Maroc.
Voir aussi Pourquoi Ceuta est au cœur d’une crise migratoire permanente (theconversation.com) et Comment la crise à la frontière de Ceuta a immédiatement servi les intérêts de l’extrême droite espagnole (theconversation.com)
Le dirigeant socialiste espagnol a adressé une lettre offensive aux dirigeant·es de l’UE. Il déplore notamment une attitude « contraire » au principe de solidarité dans l’Union.
Un bilan provisoire fait état de 67 personnes décédées en essayant d’entrer à Ceuta.
C’est par voie de presse que les dessinateurs de presse Cristina et André Carrilho, membres de Cartooning for Peace, ont découvert leurs noms sur une liste d’individus et d’entités désignés comme des « cibles » et « menaces » pour le pays, établie par le Movimento Armilar Lusitano (MAL), un mouvement armé portugais d’extrême droite.

The U.K.’s Labour government seems afraid to talk about the climate emergency.
I reported this on January 3rd, 2026. It is now July 24th. Six months later. The vulnerability is still live. Nobody has ever responded. I guess my email wasn’t in their prayers.
Flock cameras have been in St. Pete since 2022, and while police say they help solve crimes, civil liberties advocates say they create an unprecedented mass surveillance network.
Had the case been properly investigated, the court says now, evidence “would have identified an individual whose first name is Jay whose IP address appears to be in California.”
Le président américain a crié sur tous les toits que du « vandalisme » expliquait le fiasco de la rénovation de l’étendue d’eau, mais la justice a conclu que l’« installation bâclée » est en cause.
The finding appears to be a setback to Kennedy’s Make America Healthy Again agenda, which has typically focused on overhauling nutrition guidance while neglecting food safety and infectious diseases.
Jusqu’à récemment, la vaccination contre la rougeole semblait si efficace que le développement de traitements contre la maladie n’avait aucun intérêt, médicalement comme financièrement […] alors que les taux de vaccination déclinent, des entreprises biotechnologiques et des instituts universitaires se penchent sur des traitements spécifiques
Dans l’imaginaire collectif, la silicose, grave maladie incurable qui détruit la fonction pulmonaire, est associée au travail des mineurs. Mais d’autres ouvriers y sont exposés. C’est notamment le cas de ceux qui travaillent la pierre synthétique, ou quartz aggloméré, qui voient également leur risque de cancer du poumon augmenter.
« C’est presque exclusivement des séquences tout public, montrant des marmottes en train de jouer, de se comporter de manière adorable, de creuser ou de rapporter des plantes dans leur terrier… bref, leur routine quotidienne »
Le 24 juin à 22h, deux tremblements de terre de magnitude 7,2 et 7,5 ont violemment secoué le Venezuela. Il s’agit du plus puissant séisme à avoir frappé le pays depuis au moins l’année 1900. Au moins 5500 morts et 16700 blessés et entre 10 000 et 50 000 personnes sont encore portées disparues. 16 000 personnes sont sans logement et 856 bâtiments sont sinistrés.
Chaque technique qui accélère remplit davantage les minutes qu’elle promettait de libérer.
Microsoft is on a mad dash behind the scenes to patch exploits before hackers find them.
Anthropic’s Project Glasswing may have uncovered tens of thousands of potential security flaws, but new research suggests AI-assisted vulnerability discovery has yet to produce the wave of real-world attacks many expected.
Le projet Debian débat de quatre propositions allant de l’interdiction des contributions directes assistées par IA à leur autorisation sous conditions. Derrière la qualité du code se joue surtout la protection des mainteneureuses bénévoles.
What it will come down to is whether the anti-AI groups in FOSS can work together and help each other to hold off the vast and commercially backed pressure from LLM-assisted and LLM-generated code, even though they may find themselves bitterly opposed in terms of politics and ethics.
Claude is exposing a wealth of users’ chats and creations in Google search results, meaning anyone can dig through conversations or other material that people used Claude to make but may not have realized were publicly available for strangers to see. The exposed data includes an AI-powered therapy app that someone appears to have vibe-coded, notes on meetings, and a dashboard someone made apparently to analyze medical billing data. Exposed chats reportedly include private cryptocurrency wallet keys and personal information like peoples’ addresses
Google’s aborted attempt to incorporate its Nano Banana 2 AI image generator as a Google Earth feature made it even easier for anyone to create modified versions of authentic imagery depicting real locations—something that Google boasted about when initially promoting the new feature.

the image of the map included in the presentation contained an artificial intelligence watermark that signals it was made with OpenAI tools.
New platforms are paying people to license their likeness for AI-generated dramas and ads, creating a new marketplace for biometric identity.
Gaps in laws may help Pennsylvania high school escape AI nudes scandal.One of the first schools to shut down after students were found making AI nudes of female classmates is now asking a court to toss a lawsuit filed by victims who claimed that the school stayed silent for months while the emboldened boys targeted many more girls.
Our investigation found that Hugging Face, the top platform for sharing open-source AI models, isn’t just hosting tools that generate non-consensual intimate imagery. It’s helping users compare, benchmark and optimize them, making image-based sexual abuse easier to scale.
A senior judge has accused the Home Office of relying on “AI hallucinated” information to refuse an asylum claim. The case relates to a Moroccan woman and her child who fled her country after experiencing forced underage marriage and extreme violence, including rape. The woman claimed asylum on the basis of fears that she would be killed by her husband : a powerful, previously convicted criminal. The Home Office refused her case, citing evidence from a supposedly independent and authoritative document known as a country policy information note (CPIN), which they said confirmed that Morocco would be safe for her. But the document could not be found, although its existence was relied upon by a judge who rejected her appeal against the Home Office’s refusal decision in an immigration court known as the first-tier tribunal.
It makes it easy to trick them into doing things they shouldn’t, such as telling you how to sabotage an aircraft’s navigation system.
Dans la Silicon Valley, les fleurons de l’intelligence artificielle font face à des menaces grandissantes, numériques, mais aussi physiques dans les bureaux ou au domicile des dirigeants.
L’InP, c’est un symbole de notre foi aveugle dans l’innovation : on croit résoudre un problème (l’efficacité énergétique de l’IA) en en créant un autre (la dépendance aux matériaux critiques)
The US and European stock markets might be numb to the enormity of the AI bubble at this point, but in East Asia it’s a different story.
D’après la BBC, il est interdit d’afficher en public des emblèmes nationaux étrangers, tels que des drapeaux, sans autorisation. Les personnes qui ne respectent pas cette règle s’exposent à une amende pouvant aller jusqu’à 500 dollars singapouriens (soit environ 338 euros) et une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à six mois.
My lawyer faces jail over a speech to jurors – a first in English history – as state seeks to silence Palestine solidarity
Mme Albanese est la cible d’attaques incessantes de la part d’organisations motivées politiquement, telles que UN Watch, qui mènent des campagnes de diffamation virulentes pour la réduire au silence et saper son mandat en matière de droits humains. Ces organisations n’ont qu’un seul objectif : protéger le gouvernement israélien de toute critique internationale et de toute responsabilité juridique. Malheureusement, des représentants de certains gouvernements occidentaux ont apporté un soutien indéfectible à ces campagnes de diffamation, accusant Mme Albanese d’antisémitisme. Nous rejetons ces accusations, qui sont infondées et incitent de manière irresponsable à des attaques contre Mme Albanese, mettant potentiellement sa sécurité personnelle en danger.
Le Britannique était visé par une procédure disciplinaire pour faute grave, liée à des accusations d’une collaboratrice. Cette décision survient au moment où la juridiction fait face à une pression croissante des Etats-Unis et d’Israël contre ses enquêtes sur les crimes commis dans les territoires palestiniens.
La périménopause, […] est par exemple peu documentée. Elle n’a fait son entrée dans le Larousse que cette année. La ménopause a, elle aussi, longtemps été traitée avec un mépris manifeste. Dans les années 1960, un médecin réputé de l’époque, Roger Wilson, allait jusqu’à qualifier de « vaches écervelées » les femmes ménopausées.
Le pareur lituanien à l’origine du sabotage a été suspendu de ses fonctions à vie, après qu’il a revendiqué son acte raciste et proféré de nouvelles insultes.
L’acteur américain se voit reprocher des « comportements sexuels délictueux » par quatre femmes. D’autres témoignages font état de comportements inappropriés vis-à-vis d’adolescentes.
Comment choisir une plateforme parmi 140 payantes ? La réforme de la facturation électronique concerne plus de dix millions d’entreprises, mais les craintes sont fortes chez beaucoup de petites structures paysannes ou artisanes, comme pour les auto-entreprises.
La Société Générale affiche, jeudi 30 juillet, un bénéfice net de 1,79 milliard d’euros pour son deuxième trimestre, du jamais-vu. La banque signe également un bénéfice record à l’échelle du semestre, à près de 3,5 milliards d’euros. En janvier dernier, le groupe annonçant la suppression de 1 800 postes en France.
Le Conseil constitutionnel a estimé, vendredi 31 juillet, que le code des collectivités qui a valu des amendes à Airbnb, pour un total de 8,6 millions d’euros, est conforme à la Constitution.
Devant le bâtiment du Samusocial, dans le 13e arrondissement de Paris, quelque 200 personnes, dont plus de 100 enfants, occupent le parvis.
Pour trouver l’aire d’accueil des gens du voyage d’Hellemmes-Ronchin, en périphérie de Lille, il ne faut pas suivre les panneaux routiers — inexistants — mais plutôt les camions toupie en route vers l’usine à béton. Là, coincée entre une concasserie de gravats et un grand champ de blé, se dresse un parking poussiéreux, sans un seul point ombragé.
Bilan de cette résurgence des flammes : « 6 hectares brûlés »
Voir aussi Incendies à Fontainebleau : sous terre, la forêt brûle toujours (reporterre.net)
Enterrés dans un champ calciné, à quelques mètres des habitations [du Porge], ils ont explosé sous l’effet de la chaleur au deuxième soir de l’incendie, dans la nuit du 23 au 24 juillet. L’un d’eux a même perforé le mur d’une maison évacuée.[…] Depuis, 75 obus ont été retrouvés, venus d’un dépôt de munitions oublié datant de la Seconde Guerre mondiale, selon la municipalité.
Ces habitant·es soutiennent que la commune a été abandonnée face au feu, avec un résultat catastrophique puisque près de 200 maisons ont été détruites.
Voir aussi “On n’y voit rien, c’est l’apocalypse” : on vous raconte les 48 heures qui ont ravagé la commune du Porge, anéantie par l’incendie en Gironde (franceinfo.fr)
Au Cap-Ferret, menacé par les violents incendies en Gironde, l’homme d’affaires Benoît Bartherotte et des ostréiculteurs ont refusé d’évacuer pour protéger la presqu’île. Pendant que le premier érige un pare-feu controversé, les seconds se battent pour sauver leurs huîtres et leur outil de travail.

La préfecture a annoncé l’évacuation de près de 2 500 personnes de plusieurs communes du département ce vendredi.
Aux yeux des assureurs, un feu de forêt ne coche pas les cases de la garantie Cat-Nat, le régime d’indemnisation des dommages majeurs causés par un événement naturel.
Connu pour ses tubes Nightcall, Roadgame, Testarossa Autodrive ou Rampage, Kavinsky a marqué toute une génération d’artistes, notamment ceux de la French Touch avec qui il collaborait régulièrement. L’annonce de sa disparition soudaine, trois jours avant son 51e anniversaire, a donc été vécue comme un choc dans le monde de la musique électro, mais pas uniquement.
C’était il y a maintenant 20 ans dans « Steak », une comédie loufoque avec Éric et Ramzy signée Quentin Dupieux, l’un de ses meilleurs amis.
L’ouverture de l’assistance médicale à la procréation pour les couples de femmes et les femmes seules fête ses cinq ans. Entre les délais d’attente, les inégalités d’accès et les discriminations persistantes, associations et professionnels de santé dressent un bilan très critique.
Sur sa page Facebook privée, le président du syndicat agricole de l’Oise Régis Desrumaux a violemment attaqué Marine Tondelier, secrétaire nationale d’Europe Ecologie les Verts, suite au vote de la loi d’urgence agricole.
Voir aussi « Force à toutes les ‘’grosses salopes’’ et à toutes les ‘’sales connes’’ » : Marine Tondelier riposte après l’insulte sexiste d’un membre de la FNSEA (humanite.fr)
Marine Tondelier exige « des excuses publiques » de la part d’un responsable de la FDSEA de l’Oise qui a fini par s’exécuter après l’avoir insulté de « grosse salope » sur Facebook. Si la patronne des Écologistes a reçu le soutien unanime des élus de gauche, cet événement met de nouveau en lumière le sexisme en politique.
Le chanteur de 67 ans est visé par deux nouvelles plaintes, l’une pour viol, l’autre pour agression sexuelle. Les faits dénoncés remontent à 1994 et 2005.
Derrière les promesses de « sororité » et de « reconstruction », se cachent parfois des structures qui s’apparentent à des organisations pyramidales. Dans le sud-ouest de la France ou en région parisienne, des réseaux de coaching attirent les victimes de violences conjugales via des stratégies dignes des plus agressives écoles de commerce.
La journaliste russe, accusée d’être en France une « propagandiste » du Kremlin, est visée par un arrêté d’expulsion.
« L’islamo-gauchisme et le wokisme ont gagné » […] « Je défends l’idée qu’Israël est une démocratie. Je constate que les preuves d’un génocide à Gaza restent introuvables. Je pense qu’on peut parler sans détour d’un antisémitisme musulman. »

Les deux séquences remontent à 2025. Les propos d’Erik Tegnér, fondateur du média identitaire « Frontières », sont notamment pointés du doigt.

Les pompiers ont rappelé le danger et la perte de temps engendrés par l’absence de respect des consignes de sécurité.

« La seule solution qu’on nous offre, ce sont des masques FFP2, en quantité limitée, et qui ne sont pas résistants au feu » […] Pourtant, il existe bien de nouvelles cagoules, filtrantes celles-ci, qui ont été intégrées depuis 2019 dans le référentiel technique de la Direction générale de la sécurité civile

Pour nombre d’observateurs, [la FNSEA] a perdu une partie de sa capacité d’influence politique. Mais c’est justement dans ce contexte qu’il devient essentiel pour le syndicat de l’agro-industrie de renforcer ses appuis politiques, en particulier issus de la droite traditionnelle, son alliée historique.
La promulgation de cette loi est désormais suspendue, depuis le 24 juillet 2026, à la saisine du Conseil constitutionnel entreprise par plusieurs député·es « insoumis » et écologistes.
Ces derniers jours, environ 40 000 migrants ont traversé la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta.Ils n’auraient pas pu réagir plus vite. Pour servir leur discours, de nombreux dirigeants politiques français, à droite, à l’extrême droite, mais également chez les macronistes, sautent sur les vidéos en provenance de Ceuta
Jardins, écoquartiers, ferme municipale… Une fois élus, les maires d’extrême droite ne s’attaquent pas qu’à la culture et aux syndicats. Ils sabotent aussi des projets écologiques.
Un homme de 28 ans a été condamné à trois mois de prison avec sursis pour avoir fait ce geste en marge de la manifestation du 8 mars pour le droit des femmes. Il était jugé pour apologie de crime ou de délit. […] cet homme avait été candidat aux élections municipales à Mulhouse sur la liste du parti d’extrême-droite Reconquête
« Le dernier jour du festival, une fête tolérée a été organisée par le collectif [La Méandre] dans leurs locaux. On y était nombreux.ses et c’était super. Jusqu’à ce que la police puis 15 camions de CRS nous rejoignent et là c’était carrément moins festif »
les associations Data for Good, Humanité et Nature et France Nature Environnement Bouches-du-Rhône déposent des recours contre l’autorisation environnementale accordée par la préfecture au projet de centres de données de Pennes-Mirabeau.
Deux semaines après son lancement, la plateforme de recensement de victimes directes du changement climatique rassemble 105 000 personnes et plus de 30 000 témoignages. Son objectif : que « l’État regarde leurs réalités et agisse ».
Le tribunal administratif de Poitiers a ordonné le démantèlement de quatre réserves d’eau illégales à la lisière des Deux-Sèvres et de la Charente-Maritime. Une décision qualifiée d’historique par BNM.
Après une semaine de blocage, de nuits passées dans la canopée et de vives tensions, la mobilisation a payé. Ce mercredi 22 juillet, le maire de Jouy a officiellement signé un arrêté municipal garantissant la conservation et la protection des six tilleuls centenaires. Au pied des arbres, l’heure est à la fête et au bilan d’une lutte exemplaire.

Le géant Amazon profite de sa position dominante pour peser de tout son poids sur chaque maillon de la chaîne du livre. Ou comment la vente en ligne peut mettre en péril la « bibliodiversité ».
Alors que Tchap est devenue la messagerie sécurisée de référence de l’État, la France cherche désormais à étendre sa stratégie de souveraineté numérique à l’échelle européenne en promouvant le protocole Matrix auprès d’autres pays.
Alors que la justice a retenu la circonstance aggravante de racisme dans le meurtre de Thomas à Crépol, le racisme anti-Blanc s’invite à nouveau dans le débat public.
Au milieu des flammes, les écologistes sont mis en accusation. Stratégie de déni qui rappelle l’antiféminisme. Écologie et féminisme contestent l’actuel modèle économique : il valorise la destruction du vivant bien plus que sa préservation
la police de Delhi a déployé autour du site de protestation une infrastructure de surveillance […] Tours de surveillance, reconnaissance faciale assistée par l’IA, caméras à 360 degrés, caméras-piétons, unités mobiles et même lunettes intelligentes Meta ont créé un environnement dans lequel presque chaque déplacement des manifestants pouvait être enregistré, analysé et archivé.
En Argentine, la dictature n’a pas seulement imposé la terreur et le néolibéralisme : elle a également laissé une empreinte durable sur la façon dont le camp populaire pense la démocratie
Unlike some of Nolan’s other films, The Odyssey is not boring, thanks to the source material, which is impossible to mess up entirely. It’s a family-friendly audiovisual spectacle, like an elaborate Fourth of July fireworks display – and with about the same level of narrative and emotional depth.

Depuis plus d’un siècle, la France et l’Espagne se partagent l’administration de l’île des Faisans, un petit bout de terre posé au milieu de la Bidassoa. Du 1er août au 31 janvier, le plus petit condominium au monde est français, et le reste du temps, il est espagnol
Face à l’annonce irresponsable de Microsoft de ne plus mettre à jour son système d’exploitation Windows 10, qui va rendre obsolète plus de 400 millions d’ordinateurs dans le monde, la Ville a décidé de convertir progressivement les ordinateurs qu’elle fournit aux écoles sous Linux, le système d’exploitation libre et gratuit. Une expérimentation est ainsi menée dans trois écoles élémentaires. Une opportunité éducative mais aussi environnementale qui prolongera la durée de vie des ordinateurs.
« Le castor est un véritable ingénieur de son écosystème. S’il constate que le niveau du cours d’eau baisse, notamment lors des sécheresses, il construit des barrages, qui retiennent l’eau. Il participe aussi à la stabilisation des berges en faisant tomber les grands arbres tout en conservant leurs systèmes racinaires »
La coiffeuse Janet Stephens a corrigé une erreur de longue date dans l’interprétation des sculptures romaines. Pour faire tenir les cheveux, il fallait en fait une aiguille et du fil.
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
02.08.2026 à 10:00
Framasoft
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 04 septembre 2025 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Tout l’été, profitez de republications de « Dans Les Algorithmes » ! Rendez-vous tous les dimanches de juillet et d’août pour réfléchir, ensemble, sur les enjeux de l’Intelligence Artificielle.
Emily Bender et Alex Hanna publient The AI con, « L’escroquerie de l’IA ». Une synthèse très documentée qui nous invite à lutter contre le monde que nous proposent les géants de l’IA. Lecture.
L’arnaque de l’IA est le titre d’un essai que signent la linguiste Emily Bender et la sociologue Alex Hanna : The AI con : how to fight big tech’s hype and create the future we want (HarperCollins, 2025, non traduit). Emily Bender est professeure de linguistique à l’université de Washington. Elle fait partie des 100 personnalités de l’IA distinguées par le Time en 2023. Elle est surtout connue pour être l’une des co-auteure avec Timnit Gebru, Angelina McMillan-Major et Margaret Mitchell du fameux article sur les Perroquets stochastiques, critique du développement des grands modèles de langage (voir l’interview du Monde avec Emily Bender). Alex Hanna, elle, est sociologue. Elle est la directrice de la recherche de DAIR, Distributed AI Research Institut. Les deux chercheuses publient également une newsletter commune et un podcast éponyme, « Mystery AI Hype Theater 3000 », où elles discutent avec nombre de chercheurs du domaine.
AI con pourrait paraître comme un brûlot technocritique, mais il est plutôt une synthèse très documentée de ce qu’est l’IA et de ce qu’elle n’est pas. L’IA est une escroquerie, expliquent les autrices, un moyen que certains acteurs ont trouvé “pour faire les poches de tous les autres”. « Quelques acteurs majeurs bien placés se sont positionnés pour accumuler des richesses importantes en extrayant de la valeur du travail créatif, des données personnelles ou du travail d’autres personnes et en remplaçant des services de qualité par des fac-similés ». Pour elles, l’IA tient bien plus d’une pseudo-technologie qu’autre chose.
L’escroquerie tient surtout dans le discours que ces acteurs tiennent, le battage médiatique, la hype qu’ils entretiennent, les propos qu’ils disséminent pour entretenir la frénésie autour de leurs outils et services. Le cadrage que les promoteurs de l’IA proposent leur permet de faire croire en leur puissance tout en invisibilisant ce que l’IA fait vraiment : « menacer les carrières stables et les remplacer par du travail à la tâche, réduire le personnel, déprécier les services sociaux et dégrader la créativité humaine ».
Bender et Hanna nous le rappellent avec force. « L’intelligence artificielle est un terme marketing ». L’IA ne se réfère pas à un ensemble cohérent de technologies. « L’IA permet de faire croire à ceux à qui on la vend que la technologie que l’on vend est similaire à l’humain, qu’elle serait capable de faire ce qui en fait, nécessite intrinsèquement le jugement, la perception ou la créativité humaine ». Les calculatrices sont bien meilleures que les humains pour l’arithmétique, on ne les vend pas pour autant comme de l’IA.
L’IA sert à automatiser les décisions, à classifier, à recommander, à traduire et transcrire et à générer des textes ou des images. Toutes ces différentes fonctions assemblées sous le terme d’IA créent l’illusion d’une technologie intelligente, magique, qui permet de produire de l’acceptation autour de l’automatisation quelles que soient ses conséquences, par exemple dans le domaine de l’aide sociale. Le battage médiatique, la hype, est également un élément important, car c’est elle qui conduit l’investissement dans ces technologies, qui explique l’engouement pour cet ensemble de méthodes statistiques appelé à changer le monde. « La fonction commerciale de la hype technologique est de booster la vente de produits ». Altman et ses confrères ne sont que des publicitaires qui connectent leurs objectifs commerciaux avec les imaginaires machiniques. Et la hype de l’IA nous promet une vie facile où les machines prendront notre place, feront le travail difficile et répétitif à notre place.
En 1956, quand John McCarthy et Marvin Minsky organisent un atelier au Dartmouth College pour discuter de méthodes pour créer des machines pensantes, le terme d’IA s’impose, notamment pour exclure Norbert Wiener, le pionnier, qui parle lui de cybernétique, estiment les chercheuses. Le terme d’intelligence artificielle va servir pour désigner des outils pour le guidage de systèmes militaires, afin d’attirer des investissements dans le contexte de la guerre froide. Dès le début, la « discipline » repose donc sur de grandes prétentions sans grande caution scientifique, de mauvaises pratiques de citation scientifiques et des objectifs fluctuants pour justifier les projets et attirer les investissements, expliquent Bender et Hanna. Des pratiques qui ont toujours cours aujourd’hui. Dès le début, les promoteurs de l’IA vont soutenir que les ordinateurs peuvent égaler les capacités humaines, notamment en estimant que les capacités humaines ne sont pas si complexes.
L’une des premières grande réalisation du domaine est le chatbot Eliza de Joseph Weizenbaum, nommée ainsi en référence à Eliza Doolittle, l’héroïne de Pygmalion, la pièce de George Bernard Shaw. Eliza Doolittle est la petite fleuriste prolétaire qui apprend à imiter le discours de la classe supérieure. Derrière ce nom très symbolique, le chatbot est conçu comme un psychothérapeute capable de soutenir une conversation avec son interlocuteur en lui renvoyant sans cesse des questions depuis les termes que son interlocuteur emploie. Weizenbaum était convaincu qu’en montrant le fonctionnement très basique et très trompeur d’Eliza, il permettrait aux utilisateurs de comprendre qu’on ne pouvait pas compatir à ses réponses. C’est l’inverse qui se produisit pourtant. Tout mécanique qu’était Eliza, Weizenbaum a été surpris de l’empathie générée par son tour de passe-passe, comme l’expliquait Ben Tarnoff. Eliza n’en sonne pas moins l’entrée dans l’âge de l’IA. Son créateur, lui, passera le reste de sa vie à être très critique de l’IA, d’abord en s’inquiétant de ses effets sur les gens. Eliza montrait que le principe d’imitation de l’humain se révélait particulièrement délétère, notamment en trompant émotionnellement ses interlocuteurs, ceux-ci interprétant les réponses comme s’ils étaient écoutés par cette machine. Dès l’origine, donc, rappellent Bender et Hanna, l’IA est une discipline de manipulation sans entrave biberonnée aux investissements publics et à la spéculation privée.
Bien sûr, il y a des applications de l’IA bien testées et utiles, conviennent-elles. Les correcteurs orthographiques par exemple ou les systèmes d’aide à la détection d’anomalies d’images médicales. Mais, en quelques années, l’IA est devenue la solution à toutes les activités humaines. Pourtant, toutes, mêmes les plus accomplies, comme les correcteurs orthographiques ou les systèmes d’images médicales ont des défaillances. Et leurs défaillances sont encore plus vives quand les outils sont imbriqués à d’autres et quand leurs applications vont au-delà des limites de leurs champs d’application pour lesquels elles fonctionnent bien. Dans leur livre, Bender et Hanna multiplient les exemples de défaillances, comme celles que nous évoquons en continu ici, Dans les algorithmes.
Ces défaillances dont la presse et la recherche se font souvent les échos ont des points communs. Toutes reposent sur des gens qui nous survendent les systèmes d’automatisation comme les très versatiles « machines à extruder du texte » – c’est ainsi que Bender et Hanna parlent des chatbots, les comparant implicitement à des imprimantes 3D censées imprimer, plus ou moins fidèlement, du texte depuis tous les textes, censées extruder du sens ou plutôt nous le faire croire, comme Eliza nous faisait croire en sa conscience, alors qu’elle ne faisait que berner ses utilisateurs. C’est bien plus nous que ces outils qui sommes capables de mettre du sens là où il n’y en a pas. Comme si ces outils n’étaient finalement que des moteurs à produire des paréidolies, des apophénies, c’est-à-dire du sens, des causalités, là où il n’y en a aucune. « L’IA n’est pas consciente : elle ne va pas rendre votre travail plus facile et les médecins IA ne soigneront aucun de vos maux ». Mais proclamer que l’IA est ou sera consciente produit surtout des effets sur le corps social, comme Eliza produit des effets sur ses utilisateurs. Malgré ce que promet la hype, l’IA risque bien plus de rendre votre travail plus difficile et de réduire la qualité des soins. « La hype n’arrive pas par accident. Elle remplit une fonction : nous effrayer et promettre aux décideurs et aux entrepreneurs de continuer à se remplir les poches ».
Dans leur livre, Bender et Hanna déconstruisent l’emballement. En rappelant d’abord que ces machines ne sont ni conscientes ni intelligentes. L’IA n’est que le résultat d’un traitement statistique à très grande échelle, comme l’expliquait Kate Crawford dans son Contre-Atlas de l’intelligence artificielle. Pourtant, dès les années 50, Minsky promettait déjà la simulation de la conscience. Mais cette promesse, cette fiction, ne sert que ceux qui ont quelque chose à vendre. Cette fiction de la conscience ne sert qu’à dévaluer la nôtre. Les « réseaux neuronaux » sont un terme fallacieux, qui vient du fait que ces premières machines s’inspiraient de ce qu’on croyait savoir du fonctionnement des neurones du cerveau humain dans les années 40. Or, ces systèmes ne font que prédire statistiquement le mot suivant dans leurs données de références. ChatGPT n’est rien d’autre qu’une « saisie automatique améliorée ». Or, comme le rappelle l’effet Eliza, quand nous sommes confrontés à du texte ou à des signes, nous l’interprétons automatiquement. Les bébés n’apprennent pas le langage par une exposition passive et isolée, rappelle la linguiste. Nous apprenons le langage par l’attention partagée avec autrui, par l’intersubjectivité. C’est seulement après avoir appris un langage en face à face que nous pouvons l’utiliser pour comprendre les autres artefacts linguistiques, comme l’écriture. Mais nous continuons d’appliquer la même technique de compréhension : « nous imaginons l’esprit derrière le texte ». Les LLM n’ont ni subjectivité ni intersubjectivité. Le fait qu’ils soient modélisés pour produire et distribuer des mots dans du texte ne signifie pas qu’ils aient accès au sens ou à une quelconque intention. Ils ne produisent que du texte synthétique plausible. ChatGPT n’est qu’une machine à extruder du texte, « comme un processus industriel extrude du plastique ». Leur fonction est une fonction de production… voire de surproduction.
Les promoteurs de l’IA ne cessent de répéter que leurs machines approchent de la conscience ou que les êtres humains, eux aussi, ne seraient que des perroquets stochastiques. Nous ne serions que des versions organiques des machines et nous devrions échanger avec elles comme si elles étaient des compagnons ou des amis. Dans cet argumentaire, les humains sont réduits à des machines. Weizenbaum estimait pourtant que les machines resserrent plutôt qu’élargissent notre humanité en nous conduisant à croire que nous serions comme elles. « En confiant tant de décisions aux ordinateurs, pensait-il, nous avions créé un monde plus inégal et moins rationnel, dans lequel la richesse de la raison humaine avait été réduite à des routines insensées de code », rappelle Tarnoff. L’informatique réduit les gens et leur expérience à des données. Les promoteurs de l’IA passent leur temps à dévaluer ce que signifie être humain, comme l’ont montré les critiques de celles qui, parce que femmes, personnes trans ou de couleurs, ne sont pas toujours considérées comme des humains, comme celles de Joy Buolamnwini, Timnit Gebru, Sasha Costanza-Chock ou Ruha Benjamin. Cette manière de dévaluer l’humain par la machine, d’évaluer la machine selon sa capacité à résoudre les problèmes n’est pas sans rappeler les dérives de la mesure de l’intelligence et ses délires racistes. La mesure de l’intelligence a toujours été utilisée pour justifier les inégalités de classe, de genre, de race. Et le délire sur l’intelligence des machines ne fait que les renouveler. D’autant que ce mouvement vers l’IA comme industrie est instrumenté par des millionnaires tous problématiques, de Musk à Thiel en passant par Altman ou Andreessen… tous promoteurs de l’eugénisme, tous ultraconservateurs quand ce n’est pas ouvertement fascistes. Bender et Hanna égrènent à leur tour nombre d’exemples des propos problématiques des entrepreneurs et financiers de l’IA. L’IA est un projet politique porté par des gens qui n’ont rien à faire de la démocratie parce qu’elle dessert leurs intérêts et qui tentent de nous convaincre que la rationalité qu’ils portent serait celle dont nous aurions besoin, oubliant de nous rappeler que leur vision du monde est profondément orientée par leurs intérêts – je vous renvoie au livre de Thibault Prévost, Les prophètes de l’IA, qui dit de manière plus politique encore que Bender et Hanna, les dérives idéologiques des grands acteurs de la tech.
L’IA se déploie partout avec la même promesse, celle qu’elle va améliorer la productivité, quand elle propose d’abord « de remplacer le travail par la technologie ». « L’IA ne va pas prendre votre job. Mais elle va rendre votre travail plus merdique », expliquent les chercheuses. « L’IA est déployée pour dévaluer le travail en menaçant les travailleurs par la technologie qui est supposée faire leur travail à une fraction de son coût ».
En vérité, aucun de ces outils ne fonctionnerait s’ils ne tiraient pas profits de contenus produits par d’autres et s’ils n’exploitaient pas une force de travail massive et sous payée à l’autre bout du monde. L’IA ne propose que de remplacer les emplois et les carrières que nous pouvons bâtir, par du travail à la tâche. L’IA ne propose que de remplacer les travailleurs de la création par des « babysitters de machines synthétiques ».
L’automatisation et la lutte contre l’automatisation par les travailleurs n’est pas nouvelle, rappellent les chercheuses. L’innovation technologique a toujours promis de rendre le travail plus facile et plus simple en augmentant la productivité. Mais ces promesses ne sont que « des fictions dont la fonction ne consiste qu’à vendre de la technologie. L’automatisation a toujours fait partie d’une stratégie plus vaste visant à transférer les coûts sur les travailleurs et à accumuler des richesses pour ceux qui contrôlent les machines. »
Ceux qui s’opposent à l’automatisation ne sont pas de simples Luddites qui refuseraient le progrès (ceux-ci d’ailleurs n’étaient pas opposés à la technologie et à l’innovation, comme on les présente trop souvent, mais bien plus opposés à la façon dont les propriétaires d’usines utilisaient la technologie pour les transformer, d’artisans en ouvriers, avec des salaires de misères, pour produire des produits de moins bonnes qualités et imposer des conditions de travail punitives, comme l’expliquent Brian Merchant dans son livre, Blood in the Machine ou Gavin Mueller dans Breaking things at work. L’introduction des machines dans le secteur de la confection au début du XIXe siècle au Royaume-Uni a réduit le besoin de travailleurs de 75 %. Ceux qui sont entrés dans l’industrie ont été confrontés à des conditions de travail épouvantables où les blessures étaient monnaies courantes. Les Luddites étaient bien plus opposés aux conditions de travail de contrôle et de coercition qui se mettaient en place qu’opposés au déploiement des machines), mais d’abord des gens concernés par la dégradation de leur santé, de leur travail et de leur mode de vie.
L’automatisation pourtant va surtout exploser avec le 20e siècle, notamment dans l’industrie automobile. Chez Ford, elle devient très tôt une stratégie. Si l’on se souvient de Ford pour avoir offert de bonnes conditions de rémunération à ses employés (afin qu’ils puissent s’acheter les voitures qu’ils produisaient), il faut rappeler que les conditions de travail étaient tout autant épouvantables et punitives que dans les usines de la confection du début du XIXe siècle. L’automatisation a toujours été associée à la fois au chômage et au surtravail, rappellent les chercheuses. Les machines de minage, introduites dès les années 50 dans les mines, permettaient d’employer 3 fois moins de personnes et étaient particulièrement meurtrières. Aujourd’hui, la surveillance qu’Amazon produit dans ses entrepôts vise à contrôler la vitesse d’exécution et cause elle aussi blessures et stress. L’IA n’est que la poursuite de cette longue tradition de l’industrie à chercher des moyens pour remplacer le travail par des machines, renforcer les contraintes et dégrader les conditions de travail au nom de la productivité.
D’ailleurs, rappellent les chercheuses, quatre mois après la sortie de ChatGPT, les chercheurs d’OpenAI ont publié un rapport assez peu fiable sur l’impact du chatbot sur le marché du travail. Mais OpenAI, comme tous les grands automatiseurs, a vu très tôt son intérêt à promouvoir l’automatisation comme un job killer. C’est le cas également des cabinets de conseils qui vendent aux entreprises des modalités pour réaliser des économies et améliorer les profits, et qui ont également produit des rapports en ce sens. Le remplacement par la technologie est un mythe persistant qui n’a pas besoin d’être réel pour avoir des impacts.
Plus qu’un remplacement par l’IA, cette technologie propose d’abord de dégrader nos conditions de travail. Les scénaristes sont payés moins cher pour réécrire un script que pour en écrire un, tout comme les traducteurs sont payés moins cher pour traduire ce qui a été prémâché par l’IA. Pas étonnant alors que de nombreux collectifs s’opposent à leurs déploiements, à l’image des actions du collectif Safe Street Rebel de San Francisco contre les robots taxis et des attaques (récurrentes) contre les voitures autonomes. Les frustrations se nourrissent des « choses dont nous n’avons pas besoin qui remplissent nos rues, comme des contenus que nous ne voulons pas qui remplissent le web, comme des outils de travail qui s’imposent à nous alors qu’ils ne fonctionnent pas ». Les exemples sont nombreux, à l’image des travailleurs de l’association américaine de lutte contre les désordres alimentaires qui ont été remplacés, un temps, par un chatbot, deux semaines après s’être syndiqués. Un chatbot qui a dû être rapidement retiré, puisqu’il conseillait n’importe quoi à ceux qui tentaient de trouver de l’aide. « Tenter de remplacer le travail par des systèmes d’IA ne consiste pas à faire plus avec moins, mais juste moins pour plus de préjudices » – et plus de bénéfices pour leurs promoteurs. Dans la mode, les mannequins virtuels permettent de créer un semblant de diversité, alors qu’en réalité, ils réduisent les opportunités des mannequins issus de la diversité.
Dans cette perspective, le travail avec l’IA consiste de plus en plus à corriger leurs erreurs, à nettoyer, à être les babysitters de l’IA. Des babysitters de plus en plus invisibilisés. Les robotaxis autonomes de Cruise sont monitorés et contrôlés à distance. Tous les outils d’IA ont recours à un travail caché, invisible, externalisé. Et ce dès l’origine, puisqu’ImageNet, le projet fondateur de l’IA qui consistait à labelliser des images pour servir à l’entraînement des machines n’aurait pas été possible sans l’usage du service Mechanical Turk d’Amazon. 50 000 travailleurs depuis 167 pays ont été mobilisés pour créer le dataset qui a permis à l’IA de décoller. « Le modèle d’ImageNet consistant à exploiter des travailleurs à la tâche tout autour du monde est devenue une norme industrielle du secteur« . Aujourd’hui encore, le recours aux travailleurs du clic est persistant, notamment pour la correction des IA. Et les industries de l’IA profitent d’abord et avant tout l’absence de protection des travailleurs qu’ils exploitent.
Pas étonnant donc que les travailleurs tentent de répondre et de s’organiser, à l’image des scénaristes et des acteurs d’Hollywood et de leur 148 jours de grève. Mais toutes les professions ne sont pas aussi bien organisées. D’autres tentent d’autres méthodes, comme les outils des artistes visuels, Glaze et Nightshade, pour protéger leurs créations. Les travailleurs du clic eux aussi s’organisent, par exemple via l’African Content Moderators Union.
L’escroquerie de l’IA se développe également dans les services sociaux. Sous prétexte d’austérité, les solutions automatisées sont partout envisagées comme « la seule voie à suivre pour les services gouvernementaux à court d’argent ». L’accès aux services sociaux est remplacé par des « contrefaçons bon marchés » pour ceux qui ne peuvent pas se payer les services de vrais professionnels. Ce qui est surtout un moyen d’élargir les inégalités au détriment de ceux qui sont déjà marginalisés. Bien sûr, les auteurs font référence ici à des sources que nous avons déjà mobilisés, notamment Virginia Eubanks. « L’automatisation dans le domaine du social au nom de l’efficacité ne rend les autorités efficaces que pour nuire aux plus démunis » . C’est par exemple le cas de la détention préventive. En 2024, 500 000 américains sont en prison parce qu’ils ne peuvent pas payer leurs cautions. Pour remédier à cela, plusieurs États ont recours à des solutions algorithmiques pour évaluer le risque de récidive sans résoudre le problème, au contraire, puisque ces calculs ont surtout servi à accabler les plus démunis. À nouveau, « l’automatisation partout vise bien plus à abdiquer la gouvernance qu’à l’améliorer ».
“De partout, quand les services publics se tournent vers des solutions automatisées, c’est bien plus pour se décharger de leurs responsabilités que pour améliorer leurs réponses”, constatent, désabusées, Bender et Hanna. Et ce n’est pas qu’une caractéristique des autorités républicaines, se lamentent les chercheuses. Gavin Newsom, le gouverneur démocrate de la Californie démultiplie les projets d’IA générative, par exemple pour adresser le problème des populations sans domiciles afin de mieux identifier la disponibilité des refuges… « Les machines à extruder du texte pourtant, ne savent que faire cela, pas extruder des abris ». De partout d’ailleurs, toutes les autorités publiques ont des projets de développement de chatbots et des projets de systèmes d’IA pour résoudre les problèmes de société. Les autorités oublient que ce qui affecte la santé, la vie et la liberté des gens nécessite des réponses politiques, pas des artifices artificiels.
Les deux chercheuses multiplient les exemples d’outils défaillants… dans un inventaire sans fin. Pourtant, rappellent-elles, la confiance dans ces outils reposent sur la qualité de leur évaluation. Celle-ci est pourtant de plus en plus le parent pauvre de ces outils, comme le regrettaient Sayash Kapoor et Arvind Narayanan dans leur livre. En fait, l’évaluation elle-même est restée déficiente, rappellent Hanna et Bender. Les tests sont partiels, biaisés par les données d’entraînements qui sont rarement représentatives. Les outils d’évaluation de la transcription automatique par exemple reposent sur le taux de mots erronés, mais comptent tout mots comme étant équivalent, alors que certains peuvent être bien plus importants que d’autres en contexte, par exemple, l’adresse est une donnée très importante quand on appelle un service d’urgence, or, c’est là que les erreurs sont les plus fortes.
Depuis l’arrivée de l’IA générative, l’évaluation semble même avoir déraillé (voir notre article « De la difficulté à évaluer l’IA »). Désormais, ils deviennent des concours (par exemple en tentant de les classer selon leurs réponses à des tests de QI) et des outils de classements pour eux-mêmes, comme s’en inquiétaient déjà les chercheuses dans un article de recherche. La capacité des modèles d’IA générative à performer aux évaluations tient d’un effet Hans le malin, du nom du cheval qui avait appris à décoder les signes de son maître pour faire croire qu’il était capable de compter. On fait passer des tests qu’on propose aux professionnels pour évaluer ces systèmes d’IA, alors qu’ils ne sont pas faits pour eux et qu’ils n’évaluent pas tout ce qu’on regarde au-delà des tests pour ces professions, comme la créativité, le soin aux autres. Malgré les innombrables défaillances d’outils dans le domaine de la santé (on se souvient des algorithmes défaillants de l’assureur UnitedHealth qui produisait des refus de soins deux fois plus élevés que ses concurrents ou ceux d’Epic Systems ou d’autres encore pour allouer des soins, dénoncés par l’association nationale des infirmières…), cela n’empêche pas les outils de proliférer. Amazon avec One Medical explore le triage de patients en utilisant des chatbots, Hippocratic AI lève des centaines de millions de dollars pour produire d’épouvantables chatbots spécialisés. Et ne parlons pas des chatbots utilisés comme psy et coach personnels, aussi inappropriés que l’était Eliza il y a 55 ans… Le fait de pousser l’IA dans la santé n’a pas d’autres buts que de dégrader les conditions de travail des professionnels et d’élargir le fossé entre ceux qui seront capables de payer pour obtenir des soins et les autres qui seront laissés aux « contrefaçons électroniques bon marchés ». Les chercheuses font le même constat dans le développement de l’IA dans le domaine scolaire, où, pour contrer la généralisation de l’usage des outils par les élèves, les institutions investissent dans des outils de détection défaillants qui visent à surveiller et punir les élèves plutôt que les aider, et qui punissent plus fortement les étudiants en difficultés. D’un côté, les outils promettent aux élèves d’étendre leur créativité, de l’autre, ils sont surtout utilisés pour renforcer la surveillance. « Les étudiants n’ont pourtant pas besoin de plus de technologie. Ils ont besoin de plus de professeurs, de meilleurs équipements et de plus d’équipes supports ». Confrontés à l’IA générative, le secteur a du mal à s’adapter expliquait Taylor Swaak pour le Chronicle of Higher Education (voir notre récent dossier sur le sujet). Dans ce secteur comme dans tous les autres, l’IA est surtout vue comme un moyen de réduire les coûts. C’est oublier que l’école est là pour accompagner les élèves, pour apprendre à travailler et que c’est un apprentissage qui prend du temps. L’IA est finalement bien plus le symptôme des problèmes de l’école qu’une solution. Elle n’aidera pas à mieux payer les enseignants ou à convaincre les élèves de travailler…
Dans le social, la santé ou l’éducation, le développement de l’IA est obnubilé par l’efficacité organisationnelle : tout l’enjeu est de faire plus avec moins. L’IA est la solution de remplacement bon marché. « L’IA n’est qu’un pauvre facsimilé de l’État providence ». « Elle propose à tous ce que les techs barons ne voudraient pas pour eux-mêmes ». « Les machines qui produisent du texte synthétique ne combleront pas les lacunes de la fabrique du social ».
On pourrait généraliser le constat que nous faisions avec Clearview : l’investissement dans ces outils est un levier d’investissement idéologique qui vise à créer des outils pour contourner et réduire l’État providence, modifier les modèles économiques et politiques.
« Nous habitons un écosystème d’information qui consiste à établir des relations de confiance entre des publications et leurs lecteurs. Quand les textes synthétiques se déversent dans cet écosystème, c’est une forme de pollution qui endommage les relations comme la confiance ». Or l’IA promet de faire de l’art bon marché. Ce sont des outils de démocratisation de la créativité, explique par exemple le fondateur de Stability AI, Emad Mostaque. La vérité n’est pourtant pas celle-ci. L’artiste Karla Ortiz, qui a travaillé pour Marvel ou Industrial Light and Magic, expliquait qu’elle a très tôt perdu des revenus du fait de la concurrence initiée par l’IA. Là encore, les systèmes de génération d’image sont déployés pour perturber le modèle économique existant permettant à des gens de faire carrière de leur art. Tous les domaines de la création sont en train d’être déstabilisés. Les “livres extrudés” se démultiplient pour tenter de concurrencer ceux d’auteurs existants ou tromper les acheteurs. Dire que l’IA peut faire de l’art, c’est pourtant mal comprendre que l’art porte toujours une intention que les générateurs ne peuvent apporter. L’art sous IA est asocial, explique la sociologue Jennifer Lena. Quand la pratique artistique est une activité sociale, forte de ses pratiques éthiques comme la citation scientifique. La génération d’images, elle, est surtout une génération de travail dérivé qui copie et plagie l’existant. L’argument génératif semble surtout sonner creux, tant les productions sont souvent identiques aux données depuis lesquelles les textes et images sont formés, soulignent Bender et Hanna. Le projet Galactica de Meta, soutenu par Yann Le Cun lui-même, qui promettait de synthétiser la littérature scientifique et d’en produire, a rapidement été dé-publié. « Avec les LLM, la situation est pire que le garbage in/garbage out que l’on connaît” (c’est-à-dire, le fait que si les données d’entrées sont mauvaises, les résultats de sortie le seront aussi). Les LLM produisent du « papier-mâché des données d’entraînement, les écrasant et remixant dans de nouvelles formes qui ne savent pas préserver l’intention des données originelles”. Les promesses de l’IA pour la science répètent qu’elle va pouvoir accélérer la science. C’était l’objectif du grand défi, lancé en 2016 par le chercheur de chez Sony, Hiroaki Kitano : concevoir un système d’IA pour faire des découvertes majeures dans les sciences biomédicales (le grand challenge a été renommé, en 2021, le Nobel Turing Challenge). Là encore, le défi a fait long feu. « Nous ne pouvons déléguer la science, car la science n’est pas seulement une collection de réponses. C’est d’abord un ensemble de processus et de savoirs ». Or, pour les thuriféraires de l’IA, la connaissance scientifique ne serait qu’un empilement, qu’une collection de faits empiriques qui seraient découverts uniquement via des procédés techniques à raffiner. Cette fausse compréhension de la science ne la voit jamais comme l’activité humaine et sociale qu’elle est avant tout. Comme dans l’art, les promoteurs de l’IA ne voient la science que comme des idées, jamais comme une communauté de pratique.
Cette vision de la science explique qu’elle devienne une source de solutions pour résoudre les problèmes sociaux et politiques, dominée par la science informatique, en passe de devenir l’autorité scientifique ultime, le principe organisateur de la science. La surutilisation de l’IA en science risque pourtant bien plus de rendre la science moins innovante et plus vulnérable aux erreurs, estiment les chercheuses. « La prolifération des outils d’IA en science risque d’introduire une phase de recherche scientifique où nous produisons plus, mais comprenons moins » , expliquaient dans Nature Lisa Messeri et M. J. Crockett (sans compter le risque de voir les compétences diminuer, comme le soulignait une récente étude sur la difficulté des spécialistes de l’imagerie médicale à détecter des problèmes sans assistance). L’IA propose surtout un point de vue non situé, une vue depuis nulle part, comme le dénonçait Donna Haraway : elle repose sur l’idée qu’il y aurait une connaissance objective indépendante de l’expérience. « L’IA pour la science nous fait croire que l’on peut trouver des solutions en limitant nos regards à ce qui est éclairé par la lumière des centres de données ». Or, ce qui explique le développement de l’IA scientifique n’est pas la science, mais le capital-risque et les big-tech. L’IA rend surtout les publications scientifiques moins fiables. Bien sûr, cela ne signifie pas qu’il faut rejeter en bloc l’automatisation des instruments scientifiques, mais l’usage généralisé de l’IA risque d’amener plus de risques que de bienfaits.
Mêmes constats dans le monde de la presse, où les chercheuses dénoncent la prolifération de « moulins à contenus”, où l’automatisation fait des ravages dans un secteur déjà en grande difficulté économique. L’introduction de l’IA dans les domaines des arts, de la science ou du journalisme constitue une même cible de choix qui permet aux promoteurs de l’IA de faire croire en l’intelligence de leurs services. Pourtant, leurs productions ne sont pas des preuves de la créativité de ces machines. Sans la créativité des travailleurs qui produisent l’art, la science et le journalisme qui alimentent ces machines, ces machines ne sauraient rien produire. Les contenus synthétiques sont tous basés sur le vol de données et l’exploitation du travail d’autrui. Et l’utilisation de l’IA générative produit d’abord des dommages sociaux dans ces secteurs.
Le dernier chapitre du livre revient sur les doomers et les boosters, en renvoyant dos à dos ceux qui pensent que le développement de l’IA est dangereux et les accélérationnistes qui pensent que le développement de l’IA permettra de sauver l’humanité. Pour les uns comme pour les autres, les machines sont la prochaine étape de l’évolution. Ces visions apocalyptiques ont produit un champ de recherche dédié, appelé l’AI Safety. Mais, contrairement à ce qu’il laisse entendre, ce champ disciplinaire ne vient pas de l’ingénierie de la sécurité et ne s’intéresse pas vraiment aux dommages que l’IA engendre depuis ses biais et défaillances. C’est un domaine de recherche centré sur les risques existentiels de l’IA qui dispose déjà d’innombrables centres de recherches dédiés.
Pour éviter que l’IA ne devienne immaîtrisable, beaucoup estiment qu’elle devrait être alignée avec les normes et valeurs humaines. Cette question de l’alignement est considérée comme le Graal de la sécurité pour ceux qui œuvrent au développement d’une IA superintelligente (OpenAI avait annoncé travailler en 2023 à une super-intelligence avec une équipe dédiée au « super-alignement », mais l’entreprise a dissous son équipe moins d’un an après son annonce. Ilya Sutskever, qui pilotait l’équipe, a lancé depuis Safe Superintelligence Inc). Derrière l’idée de l’alignement, repose d’abord l’idée que le développement de l’IA serait inévitable. Rien n’est moins sûr, rappellent les chercheuses. La plupart des gens sur la planète n’ont pas besoin d’IA. Et le développement d’outils d’automatisation de masse n’est pas socialement désirable. « Ces technologies servent d’abord à centraliser le pouvoir, à amasser des données, à générer du profit, plutôt qu’à fournir des technologies qui soient socialement bénéfiques à tous ». L’autre problème, c’est que l’alignement de l’IA sur les « valeurs humaines » peine à les définir. Les droits et libertés ne sont des concepts qui ne sont ni universels ni homogènes dans le temps et l’espace. La déclaration des droits de l’homme elle-même s’est longtemps accommodé de l’esclavage. Avec quelles valeurs humaines les outils d’IA s’alignent-ils quand ils sont utilisés pour armer des robots tueurs, pour la militarisation des frontières ou la traque des migrants ?, ironisent avec pertinence Bender et Hanna.
Pour les tenants du risque existentiel de l’IA, les risques existentiels dont il faudrait se prémunir sont avant tout ceux qui menacent la prospérité des riches occidentaux qui déploient l’IA, ironisent-elles encore. Enfin, rappellent les chercheuses, les scientifiques qui travaillent à pointer les risques réels et actuels de l’IA et ceux qui œuvrent à prévenir les risques existentiels ne travaillent pas à la même chose. Les premiers sont entièrement concernés par les enjeux sociaux, raciaux, dénoncent les violences et les inégalités, quand les seconds ne dénoncent que des risques hypothétiques. Les deux champs scientifiques ne se recoupent ni ne se citent entre eux.
Derrière la fausse guerre entre doomers et boomers, les uns se cachent avec les autres. Pour les uns comme pour les autres, le capitalisme est la seule solution aux maux de la société. Les uns comme les autres voient l’IA comme inévitable et désirable parce qu’elle leur promet des marchés sans entraves. Pourtant, rappellent les chercheuses, le danger n’est pas celui d’une IA qui nous exterminerait. Le danger, bien présent, est celui d’une spéculation financière sans limite, d’une dégradation de la confiance dans les médias à laquelle l’IA participe activement, la normalisation du vol de données et de leur exploitation et le renforcement de systèmes imaginés pour punir les plus démunis. Doomers et boosters devraient surtout être ignorés, s’ils n’étaient pas si riches et si influents. L’emphase sur les risques existentiels détournent les autorités des régulations qu’elles devraient produire.
Pour répondre aux défis de la modernité, nous n’avons pas besoin de générateur de textes, mais de gens, de volonté politique et de ressources, concluent les chercheuses. Nous devons collectivement façonner l’innovation pour qu’elle bénéficie à tous plutôt qu’elle n’enrichisse certains. Pour résister à la hype de l’IA, nous devons poser de meilleures questions sur les systèmes qui se déploient. D’où viennent les données ? Qu’est-ce qui est vraiment automatisé ? Nous devrions refuser de les anthropomorphiser : il ne peut y avoir d’infirmière ou de prof IA. Nous devrions exiger de bien meilleures évaluations des systèmes. ShotSpotter, le système vendu aux municipalités américaines pour détecter automatiquement le son des coups de feux, était annoncé avec un taux de performance de 97 % (et un taux de faux positif de 0,5 % – et c’est encore le cas dans sa FAQ). En réalité, les audits réalisés à Chicago et New York ont montré que 87 à 91 % des alertes du système étaient de fausses alertes ! Nous devons savoir qui bénéficie de ces technologies, qui en souffre. Quels recours sont disponibles et est-ce que le service de plainte est fonctionnel pour y répondre ?
Pour les deux chercheuses, la résistance à l’IA passe d’abord et avant tout par luttes collectives. C’est à chacun et à tous de boycotter ces produits, de nous moquer de ceux qui les utilisent. C’est à nous de rendre l’usage des médias synthétiques pour ce qu’ils sont : inutiles et ringards. Pour les deux chercheuses, la résistance à ces déploiements est essentielle, tant les géants de l’IA sont en train de l’imposer, par exemple dans notre rapport à l’information, mais également dans tous leurs outils. C’est à nous de refuser « l’apparente commodité des réponses des chatbots ». C’est à nous d’œuvrer pour renforcer la régulation de l’IA, comme les lois qui protègent les droits des travailleurs, qui limitent la surveillance.
Emily Bender et Alex Hanna plaident pour une confiance zéro à l’encontre de ceux qui déploient des outils d’IA. Ces principes établis par l’AI Now Institute, Accountable Tech et l’Electronic Privacy Information Center, reposent sur 3 leviers : renforcer les lois existantes, établir des lignes rouges sur les usages inacceptables de l’IA et exiger des entreprises d’IA qu’elles produisent les preuves que leurs produits sont sans dangers.
Mais la régulation n’est hélas pas à l’ordre du jour. Les thuriféraires de l’IA défendent une innovation sans plus aucune entrave afin que rien n’empêche leur capacité à accumuler puissance et fortune. Pour améliorer la régulation, nous avons besoin d’une plus grande transparence, car il n’y aura pas de responsabilité sans elle, soulignent les chercheuses. Nous devons avoir également une transparence sur l’automatisation à l’œuvre, c’est-à-dire que nous devons savoir quand nous interagissons avec un système, quand un texte a été traduit automatiquement. Nous avons le droit de savoir quand nous sommes les sujets soumis aux résultats de l’automatisation. Enfin, nous devons déplacer la responsabilité sur les systèmes eux-mêmes et tout le long de la chaîne de production de l’IA. Les entreprises de l’IA doivent être responsables des données, du travail qu’elles réalisent sur celles-ci, des modèles qu’elles développent et des évaluations. Enfin, il faut améliorer les recours, le droit des données et la minimisation. En entraînant leurs modèles sur toutes les données disponibles, les entreprises de l’IA ont renforcé la nécessité d’augmenter les droits des gens sur leurs données. Enfin, elles plaident pour renforcer les protections du travail en donnant plus de contrôle aux travailleurs sur les outils qui sont déployés et renforcer le droit syndical. Nous devons œuvrer à des « technologies socialement situées », des outils spécifiques plutôt que des outils qui sauraient tout faire. Les applications devraient bien plus respecter les droits des usagers et par exemple ne pas autoriser la collecte de leurs données. Nous devrions enfin défendre un droit à ne pas être évalué par les machines. Comme le dit Ruha Benjamin, en défendant la Justice virale (Princeton University Press, 2022), nous devrions œuvrer à “un monde où la justice est irrésistible”, où rien ne devrait pouvoir se faire pour les gens sans les gens. Nous avons le pouvoir de dire non. Nous devrions refuser la reconnaissance faciale et émotionnelle, car, comme le dit Sarah Hamid du réseau de résistance aux technologies carcérales, au-delà des biais, les technologies sont racistes parce qu’on le leur demande. Nous devons les refuser, comme l’Algorithmic Justice League recommande aux voyageurs de refuser de passer les scanneurs de la reconnaissance faciale.
Bender et Hanna nous invitent à activement résister à la hype. À réaffirmer notre valeur, nos compétences et nos expertises sur celles des machines. Les deux chercheuses ne tiennent pas un propos révolutionnaire pourtant. Elles ne livrent qu’une synthèse, riche, informée. Elles ne nous invitent qu’à activer la résistance que nous devrions naturellement activer, mais qui semble être devenue étrangement radicale ou audacieuse face aux déploiements omnipotents de l’IA.
Hubert Guillaud
31.07.2026 à 10:15
Framatophe
Résultat d’une écriture collective, Transiscope : Cartographier pour coopérer est un livre issu du projet Des Livres en Commun et dont la sortie est prévue le 8 septembre 2026. Il retrace une décennie d’expérimentations techniques et humaines visant à rendre visibles les alternatives sociales et écologiques, rôle que s’est donné Transiscope depuis sa création. Ce récit d’exploration analyse la construction d’un commun numérique conçu pour résister à la logique des plateformes prédatrices. Loin de se limiter à une présentation fonctionnelle d’un outil d’agrégation de données, ce livre documente les processus de coopération, les arbitrages éthiques face aux infrastructures matérielles et les défis organisationnels d’un collectif. Cet ouvrage dépasse la simple rétrospective pour devenir une ressource opérationnelle et politique, offerte en partage à celles et ceux qui aspirent à structurer leurs propres solidarités.
Dans cet entretien qui tient lieu de teasing 😜, les auteurs reviennent sur les fondements politiques de leur démarche et sur la nécessité de structurer des solidarités techniques. Ils montrent comment la technique ne sert plus à capturer l’attention, mais à soutenir un archipel de résistances concrètes.
Cet ouvrage est issu de l’appel à publication 2024. Pour rappel, Des Livres en Communs (DLeC) est un projet éditorial qui vise à soutenir l’écriture même d’un livre, son processus de création autant que sa structuration, afin d’un faire un commun. Transiscope : Cartographier pour coopérer s’inscrit dans la logique éditoriale de DLeC : transformer un retour d’expérience singulier en un outil de transmission capable d’irriguer d’autres luttes. En documentant dix ans de trajectoire du collectif Transiscope, ce livre répond à l’exigence de DLeC de produire des écrits qui servent de communs à d’autres communautés. Il dépasse la simple logique d’auteur pour devenir un outil de transmission de savoir-faire organisationnels et politiques.
Framasoft – Au début de l’ouvrage, vous situez l’émergence de Transiscope dans le sillage des mouvements horizontaux des années 2010 (Nuit Debout, Occupy). En quoi ce projet technique d’agrégation de données est-il une réponse politique à ce que vous appelez la « brutalisation » des rapports sociaux et la marchandisation du monde associatif ?
Jean-Baptiste – Oui tout à fait, avant d’être un projet techniquement très ingénieux basé sur des outils numériques « libres », le Transiscope est d’abord un projet politique à contre-courant. Il se fonde sur des logiques de coopérations, de réciprocités et de solidarités là où le système économique dominant est basé, lui, sur la rivalité et une compétition sans fin avec une concurrence de tous contre chacun induisant des logiques de prédation.
En tant que fondateur de l’OCMA (Observatoire Citoyen de la Marchandisation des Associations), nous sommes évidemment très sensibles à tout cela au Collectif des Associations Citoyennes (CAC). Pour deux raisons. La première est que nous cherchons à documenter ce processus qui dénature les associations en les poussant vers la recherche de productivité, de performance, de rentabilité, bref de lucrativité bien éloignée, théoriquement, de leur ADN fondateur fait de non-lucrativité et de désintéressement… La seconde raison, c’est que nous tâchons d’expliquer que cette tendance n’est pas une fatalité ! En effet, tous les jours, partout en France, des actions très pragmatiques, qui produisent beaucoup d’effets dans la vie de nos co-citoyens, se basent sur des valeurs différentes de celles de la rentabilité, de l’extractivisme et du productivisme, bref en marge du système dominant de l’économie de marché… mais quelle marge considérable ! D’une certaine manière, cela prouve que, décidément oui, « un autre monde est possible » puisqu’il y a un foisonnement de « déjà-là » d’alternatives. Grâce à cette carte du Transiscope, il apparaît sous nos yeux à travers ce maillage qu’on voit se développer sur les territoires. Et, au passage, quel plaisir de donner tort à la chantre du néo-libéralisme Margaret Thatcher et de tout ceux qui, à sa suite, reprennent son emblématique TINA (pour There Is No Alternative).
Le drame étant bien sûr que tout cela passe très largement sous les radars (il suffit de voir les problèmes posés par les indicateurs qui sont censés mesurés la « richesse » du pays ou tout simplement la façon dont la comptabilité est conçue de telle manière qu’on ne parvient pas à rendre compte de ce qui compte vraiment…) et c’est là qu’on apprécie l’apport d’un outil comme le Transiscope : dans sa capacité à documenter, cartographier, rendre visible et évident, faire connaître et mettre en avant et en lumière un formidable tissu d’actions collectives sans lesquelles notre société serait tout simplement invivable ! Ce n’est pas rien tout de même, ça compte et ça conte (au sens où ça raconte beaucoup de choses sur les initiatives sur lesquelles s’appuyer pour ne pas sombrer dans le pessimisme et la désespérance qui peuvent nous guetter parfois). Ça doit nous donner de l’allant et de l’élan, de l’ardeur à la tâche et du cœur à l’ouvrage !
Julien – Le projet Transiscope s’inscrit en opposition à la logique de concurrence qui régit l’ensemble de la société jusqu’au secteur associatif, il propose d’organiser matériellement (et donc techniquement) la solidarité entre des assos et des collectifs de luttes en partageant de l’information, des enjeux et des ressources. Très concrètement cela signifie que la logique organisationnelle du Transiscope est celle des communs, il s’agit de mettre en commun nos moyens (argent, temps de travail, locaux, réseaux etc.), de régir collectivement ces ressources et de les mettre au service de celleux qui luttent partout pour construire des alternatives à cette société brutale.
Framasoft – Vous évoquez avec une pointe d’humour l’idée d’une « tragédie du LSD », Libristes, Solidaristes, Durabilistes, pour désigner le travail en silo de ces mouvements. Comment Transiscope a-t-il réussi — ou tente-t-il encore — à faire de la technique un terrain de convergence plutôt qu’un facteur supplémentaire de fragmentation ?
Pierre-Alain – Transiscope est né du travail de nombreux milieux autour des enjeux de la coopération ouverte autour d’un concept ni trop fumeux, ni trop sérieux : le LSD.
À la fin d’une soirée sans doute arrosée (de pluie) à Brest en 2012, entre Laurent Marseault et Jean-Michel Cornu est née la tragédie du LSD. Ces drogués de la coopération ont su rendre accessible et léger un impensé de nos milieux militants pourtant féru de vivre ensemble et de coopération. Le LSD pour Libre, Solidaire et Durable. Nous sommes tous issus de parcours, d’histoires, de tempéraments différents. Nous utilisons du vocabulaire spécifique, et nous baignons dans des cultures différentes. Ce sont les premiers freins de notre impuissance !
Transiscope est né de cette nécessité d’une coopération plus ouverte pour dépasser les silos et les réflexes « identitaires ». Pour concevoir et agréger d’autres cartos, il a fallu concrètement se mettre à travailler ensemble. Transiscope a été un des plus puissants terrains d’expérience commune entre le monde du libre, celui des solidaires et celui des durables. Bien sûr, ces trois « familles » peuvent se croiser et se préciser. Nous avons tous en nous quelque chose de libre, de solidaire et de durable ! Mais un archétype permet aussi de cartographier les acteurs, les réseaux et de se concentrer sur l’essentiel : leurs liens et les énergies qu’il faut mettre en œuvre pour les initier et les nourrir.
Les libristes ont permis de concevoir l’architecture de la carte et de la faire évoluer sur un temps long. Leurs qualités sont essentielles : expertise technique, force d’une communauté capable de travailler à distance sans se connaître, réflexe de tout documenter et de protéger les ressources en Commun. Certes, nous avons eu la chance de travailler avec des libristes qui pouvaient parler sans code html ou markdown !
Les durables, ou durabilistes, ou bien encore les écolos, et même des écolos-bobos dans certaines grandes agglomérations ! Ce monde se croise dans des « bases », dans des jardins, à vélo ou dans les colloques sur l’énergie. Ils apportent la nécessité de la relation au vivant et au temps long. Ils nourrissent nos échanges par leur capacité d’incarner et de rendre accessible les savoirs experts des scientifiques. Et puis, depuis quelques années, ils commencent à croiser des habitants des quartiers populaires organisés autour de la reconnaissance d’une écologie populaire, trop souvent invisibilisée. Solidaires et durables ont permis de rendre puissante l’alliance entre écologie et social.
Les solidaires sont les plus anciens militants, souvent acteurs de luttes historiques et dans des champs très différents. Ils ont permis de rendre lisible sur Transiscope des milliers de points d’intérêts, lieux d’actions concrètes ancrées dans des territoires. Ils ont pu amener aussi une vision nourrie par l’histoire et la pensée politique. Ils portent les enjeux d’une société civile engagée dans la transformation politique.
Nous le savons toutes et tous, notre enjeu est dépasser le LSD pour retrouver les espaces naturelles de la relation. Avancer, chacun à une place qu’il lui semble utile, vers des d’alliances qui construisent notre puissance collective. C’est pourquoi coopérer est d’abord une question de posture. Savoir travailler avec d’autres personnes commence par savoir accueillir leurs qualités et complémentarités pour faire avancer le projet. C’est aussi avoir la curiosité de mieux connaître ce qui peut être un frein et un levier. C’est enfin la nécessité de lâcher prise, lâcher et faire confiance et donc accepter de se planter ! Planter des graines est aussi une posture modeste qui nous permet de rester sur Terre et essaimer est notre grande ambition.
Transiscope, en ce sens, a été un projet exemplaire et il l’est encore. Bien plus qu’un outil, il est un espace, un tiers espace, qui nous permet d’avancer, pas à pas, lors des rencontres en présentiel comme à distance vers des transformations utiles à toutes nos communautés.
Framasoft – Vous affirmez qu’au sein de Transiscope, « la technique est politique ». Comment cette posture se traduit-elle concrètement dans le choix de soutenir le développement d’outils (comme le Bus sémantique ou Gogocarto) plutôt que de s’appuyer sur des solutions existantes. Une simple question de performance ?
Julie – Dès les prémices de Transiscope, les questions techniques ont été l’objet de délibérations politiques. En effet, il y avait dans le collectif des organisations comme l’Assemblée Virtuelle ou le mouvement des Colibris et des individu·es qui développaient un argumentaire solide autour de l’importance d’utiliser des outils libres et décentralisés, afin de ne pas dépendre des outils numériques capitalistes, alors même que nous nous battions pour proposer un autre chemin que celui des modèles économiques dominants. Nous faisons attention à ce que ces sujets soient discutés dans les instances stratégiques, afin d’éviter une répartition inégalitaire du pouvoir, où une sorte d’élite éclairée, possédant les compétences techniques, décide pour le reste du collectif.
Les arguments qui étaient alors mis en avant relevaient soit de la cohérence éthique (avoir des outils conformes à nos valeurs), soit du pragmatisme (avoir des outils dont nous avons la maîtrise). Parfois, il est arrivé que les outils existants ne suffisent pas à répondre à nos besoins : cela a été le cas pour le Bus Sémantique et pour GoGocarto. Le travail des deux développeurs en lien avec des organisations de la Transition ont permis de développer des outils correspondant aux besoins de terrain. Alors que le comité de pilotage de la Plateforme Web des Alternatives (qui deviendra par la suite Transiscope) devait décider des outils sur lesquels s’appuyer pour la cartographie, il est apparu que ces deux outils pouvaient couvrir les besoins mais qu’il était nécessaire que les deux développeurs s’entendent pour adopter des choix technologiques compatibles, ce qui a été permis par une discussion entre les deux.
Ces choix, même s’ils s’appuient sur un argumentaire partagé par l’ensemble du collectif, ne sauraient cacher qu’elles s’appuient avant tout sur le travail gratuit d’un nombre très réduit de personnes. Le jour où cette personne ou ces quelques individus partent ou s’épuisent, que se passe-t-il ?
Framasoft – Vous nous invitez à sortir du « mythe de l’immatérialité » du numérique pour affronter la réalité extractiviste de ce monde numérique. Comment Transiscope, pourtant intrinsèquement lié au Web, négocie-t-il cette contradiction entre l’ambition de transition écologique et la matérialité parfois insoutenable des infrastructures numériques ?
Florine – Nous nous invitons aussi nous-mêmes à sortir du mythe de l’immatérialité. Tout l’enjeu est de regarder cette contradiction en face : on veut montrer que le monde que nous projetons s’incarne déjà, et pour cela nous ne nous appuyons pas sur les outils des GAFAMS mais sur des outils libres. En cela, nous essayons de lever une contradiction : l’usage d’outils capitalistes accaparants des données personnelles par des acteurices en résistance contre le capitalisme. Reste que nos outils libres s’inscrivent dans ce que José Halloy appelle des technologies zombies, c’est à dire mortes à l’aune de la durabilité – puisqu’elles épuisent les ressources matérielles nécessaires et reposent sur l’utilisation d’énergie non renouvelable – mais envahissant le monde au détriment des humain·es et de la biosphère. En outre, ces technologies « numériques » reposent sur l’exploitation d’humain·es, en particulier du Sud global. Dans ce contexte, parler de « commun numérique » peut paraître aberrant, puisque sa matérialité repose sur l’exploitation des Autres.
Nous avons donc fait un bout du chemin en dégafamisant nos usages numériques et en construisant des outils libres, mais du chemin reste à faire pour construire un autre numérique au moment où l’IA vient peser encore davantage sur sa matérialité.
Julien – Comme beaucoup, nous n’échappons pas aux paradoxes des luttes écologistes, car nos moyens d’action et de coordination reposent sur des infrastructures matérielles qui accélèrent les dérèglements climatiques et l’exploitation Nord-Sud. Le projet Transiscope s’est construit sur un paradoxe central, avec d’un côté l’idée d’outiller efficacement les alternatives et de l’autre l’ambition de faire réellement advenir ces alternatives et donc de construire un autre rapport au monde (y compris numérique). Si pendant longtemps la première dimension a pu dominer la réalisation du projet, après tout ce chemin parcouru, il nous semble aujourd’hui nécessaire d’affronter plus directement cette contradiction en faisant davantage de place à la seconde ambition qui implique de penser et d’appliquer concrètement la décroissance minérale, la solidarité internationale et la dénumérisation.
Négocier nos contradictions ça ne veut pas dire nécessairement les dépasser grâce à une solution magique (numérique éthique) mais d’y faire face, en s’attelant à ce que le syndicalisme révolutionnaire appelait la « double besogne » (Charte d’Amiens, 1906). Stratégie qui vise autant à grappiller des améliorations concrètes pour les travailleurs (réduction du temps de travail et augmentation des salaires) qu’à préparer l’émancipation intégrale qui ne pourra se réaliser qu’avec l’expropriation capitaliste. Pour nous, cette double besogne, s’incarnerait donc autant par la contribution à des infrastructures numériques libres, adaptées spécifiquement aux contextes et aux besoins de leurs utilisateurices et contrôler directement par elleux, que par l’implication dans une politisation collective de la technique et la mise sous contrôle démocratique du développement numérique, y compris jusqu’à l’expropriation des BigTech et le démantèlement de leurs infrastructures.
Framasoft – Vous empruntez à Édouard Glissant la notion d’archipel pour définir votre mode d’organisation. Comment ce modèle permet-il de maintenir un « centre vide » au service des relations, sans tomber dans les pièges de la hiérarchie ou, à l’inverse, de l’inefficacité organisationnelle ?
Bruno – Une organisation et une gouvernance en « Archipel » est une communauté de partage. Elle implique donc un changement de posture tant individuel que collectif afin de passer de la concurrence et de la subordination à la coopération, du « pouvoir sur » au « pouvoir d’agir ». Le respect de chacun, l’entraide, la qualité d’écoute et la recherche du consentement sont les déterminants fondamentaux des relations dans toutes les différentes instances de l’Archipel.
L’objet de Transiscope était de créer un commun en reliant des organisations et des groupes de personnes (les îles) pour faire vivre ensemble un projet commun en coopération. Chaque organisation participe à ce projet commun en coopération tout en cultivant son identité-racine, en pleine autonomie. Dés l’origine du projet nous avons confié à une instance communautaire (le copil) le pouvoir d’agir au service du projet commun. Chaque île de l’Archipel est représentée au sein de cette instance communautaire qui acte la politique de l’Archipel, sa stratégie et la feuille de route de ses actions. Le copil est un espace d’animation et de coordination, les actions, elles sont menés en constituant des groupes-projet validés par l’instance communautaire. Ces groupes-projets ont un objet défini qui détermine une durée limitée. Ils décident de leur mode de fonctionnement et la manière de réaliser leurs actions, et rendent compte de leur action aux autres instances de l’Archipel à travers le copil.
« Le pouvoir de son centre est vide » : ce pouvoir d’agir, de service et de création, est non appropriable ; au sein du copil il n’y a pas de hiérarchisation de pouvoir, les décisions sont prises ensemble et par consentement. Des le démarrage du projet nous avons décidé de faire appel a un facilitateur pour animer le copil, ce facilitateur n’est pas membre du copil, il ne représente pas une organisation et n’est pas impliqué dans les actions, son unique rôle et de faciliter le fonctionnement et l’animation du Copil, il n’a donc pas d’enjeu de pouvoir personnel ou organisationnelle. Nous avons également décidé de ne pas créer de statut juridique afin de ne pas institutionnaliser le projet et de le maintenir dans une démarche de coopération. Pour permettre de développer et de gérer les aspects juridiques et financiers de l’Archipel nous avons fait le choix de créer une entité-support ayant une personnalité légale : l’association de soutien au Transiscope, qui n’avait vis-à-vis de l’Archipel qu’une fonction de gestion de moyens au service de celui-ci.
Ce mode d’organisation a démontré au fil du temps sa pertinence et ses limites. Sa pertinence c’est qu’il n’y a jamais eu de conflit de pouvoir au sein de Transiscope, le projet a su se développer dans une véritable culture de coopération de démocratie et de respect mutuel. Par contre la limite de ce système repose sur la capacité de mobilisation des îles au sein de l’archipel, pour avancer le projet a besoin d’une mobilisation permanente des membres dans les différentes instances (groupe projet, copil, …) et de temps d’animation régulier pour assurer une bonne coordination et une intelligence collective.
Framasoft – Le lecteur peut être parfois surpris par votre récit car vous ne cachez pas les frictions et les doutes au sein du collectif. Pourquoi était-il essentiel pour vous de livrer un récit sincère du cheminement humain, loin d’un storytelling lissé qu’on rencontre souvent ?
Audrey – Un collectif traverse de nombreuses phases, souvent peu visibles aux membres qui en sont parties prenantes. Un des rôles de la personne qui facilite le projet est de rendre visible ce qui se joue entre les membres et les organisations, de créer des espaces de discussion, d’analyse, de prise de décisions et de faire en sorte que le groupe trouve des solutions par lui-même. La neutralité de la facilitation n’existe pas réellement car le choix même des outils utilisés implique déjà une vision du monde et de la coopération. Mais la fonction du tiers extérieur est précieuse.
Dans le milieu de l’Économie Sociale et Solidaire, il me semble qu’on fantasme souvent des collectifs assez lisses, où tout le monde s’entend bien, sans friction. Or, non seulement c’est illusoire, mais c’est aussi contre productif. Le collectif avance parce qu’il y a débats, dissensus, et parfois conflits. Un groupe devient mature en apprenant à se connaître et en surmontant les blocages. Par contre, cela demande de la confiance entre les membres, et dans le cadre commun, le pacte construit ensemble. Nous avons toutes et tous évolués dans notre manière de faire collectif avec Transiscope, car nous avons appris de la vision du monde, des imaginaires et des façons de faire. Cela est passé par le fait de « baisser les masques » et de se raconter réellement qui était autour de la table. Ce qui ne peut se faire que sur du temps long.
Julien – Pour nous il était clair que ce livre ne pourrait avoir un intérêt que si nous parvenions à ne pas édulcorer notre histoire, en proposant une version lisse d’une « belle aventure/réussite ». Trop souvent nous sommes amenés à raconter nos histoires collectives comme on pitch un projet pour espérer décrocher un financement, or de cela il ne peut émerger qu’un pur discours de communication décorrélé de la complexité de nos réalités. Pour offrir une ressource opérationnelle et politique à celles et ceux qui aspirent à structurer leurs propres solidarités, cela impliquait d’aborder le plus honnêtement possible les difficultés, les impasses et les échecs rencontrés, parce que nous sommes bien conscients que si celles-ci disent quelque chose de nous, elles disent surtout beaucoup de notre époque et des changements du secteur associatif en général.
Ce que nous avons construit ensemble c’est un drôle d’attelage qui a fonctionné dans la durée parce que nous avons appris à faire de la place à chacun.e d’entre nous et par conséquent, accepter d’osciller constamment entre l’avancée d’un projet et sa remise en cause. Pour nous l’expérimentation n’est pas un horizon lointain mais une pratique concrète qui implique de renoncer à liquider le « putain de facteur humain » au nom d’une efficacité fantasmée. Chaque projet, qu’il soit technique ou non, repose sur celleux qui le font vivre et c’est cette vie collective qu’il faut apprendre à voir comme une dimension intrinsèquement politique et en perpétuelle construction. Ce que nous espérons livrer dans cette contribution collective, ce n’est ni une recette pratique pour coopérer, ni une ligne à suivre, mais une histoire particulière faite de tentatives pour construire un commun, en espérant que celle-ci résonnera avec d’autres.
Framasoft – Transiscope agrège des données qu’il ne possède pas. Dans un monde où la donnée est le nouvel or noir des « Ogres » numériques, vous prenez soin des sources et tentez de protéger ce commun. Les licences sont-elles libres ? pourquoi ces choix ?
Simon – Les licences sont libres mais nous avons tenté d’acculturer les sources au concept des licences et au caractère politique que revêt le choix d’une licence. Nous avons présenté dans un document et en webinaire le choix politique que nous privilégions, à savoir l’autorisation de l’usage commercial et la non-viralité, car c’est ce que nous estimons être le meilleur choix pour créer des communs. Les sources des données que nous agrégeons sont libres d’avoir une lecture différente du monde et des communs et Transiscope accueille cette pluralité comme elle accueille la diversité des technologies des sources. Comme pour les alternatives qui doivent respecter une charte, la licence doit cependant respecter une « ligne rouge » : elle doit être copyleft. C’est le plus petit dénominateur commun nécessaire à construire ce commun numérique et cela a permis d’annoncer rapidement à toutes les potentielles sources cette condition et d’en écarter certaines, et a permis de clarifier le périmètre idéologique du projet et de le construire avec les sources qui le partagent.
Framasoft – Il faut bien en parler puisque c’est le grand sujet du moment. Le livre relate un débat au sein du comité de pilotage sur l’usage de l’intelligence artificielle pour la catégorisation des événements. Comment avez-vous arbitré entre le gain de temps (facteur de survie pour les bénévoles) et les problèmes éthiques posés par ces outils ?
Julie – Comme nous l’avons expliqué ci-dessus, pour politiser les choix techniques, il est indispensables qu’ils soient discutés dans une instance stratégique et pas réservés à des personnes ayant des pré-requis techniques. Cela implique donc un travail collectif d’acculturation à la technique, pour permettre à chacun·e de participer en ayant un avis éclairé.
Un des membres de Transiscope a proposé d’avoir recours à l’intelligence artificielle pour automatiser la catégorisation des événements et ainsi gagner du temps, alors même que l’énergie bénévole est extrêmement rare au sein de Transiscope. Cette discussion, qui a eu lieu en comité de pilotage, a débuté par une explication technique de ce qu’il y avait derrière l’intelligence artificielle proposée et une discussion sur les données, le choix du modèle et son impact. Au final, nous avons décidé de tester cette automatisation à titre expérimental, mais la discussion n’est pas si évidente car elle est tiraillée entre d’une part le soin de l’énergie bénévole et d’autre part des enjeux éthiques : personne n’a envie de choisir entre les deux !
Framasoft – Citons une phrase du livre : « Transiscope est moins un produit à finir qu’un processus à habiter ». Est-ce à dire que l’utilité finale de la carte est secondaire par rapport à la culture de coopération qu’elle a générée entre vos organisations ?
Julien – L’ambition de Transiscope était de fournir un outil qui facilite la coopération entre alternatives. Cartographier des alternatives c’est montrer qu’il existe plusieurs mondes dans le monde, que d’autres horizons se dessinent et qu’ils méritent que l’on se batte pour eux. Si nous continuons à croire dans l’intérêt de ce projet, nous avons constaté que la construction d’un outil n’a que peu à voir avec le travail politique de coopération inter-collectif. Obtenir de l’information et la mette en visibilité ne présage aucunement de la façon dont celle-ci servira de prétexte à des rencontres concrètes et à des échanges organisationnels. Pour faciliter cette étape, nous avons choisis d’organiser régulièrement des rencontres avec d’autres acteurices sur différents territoires pour faire se rencontrer des alternatives, mais là encore ces tentatives se sont avérées limitées parce que la construction d’une coopération implique d’abord du temps pour faire naître de la confiance et une culture partagée. C’est précisément cet aspect que nous avons réussi à construire au sein du collectif Transiscope mais pas à sa marge avec celleux que nous mettions en visibilité sur notre cartographie. Peut-être qu’après tout ce travail est de toute façon démesuré pour un petit collectif comme le nôtre, mais il nous semble toujours primordial parce que si nous souhaitons construire des solidarités fortes, ce patient travail de fédération est indispensable.
Aujourd’hui la question de la visibilité se pose autrement : est-ce que ce dont nous avons besoin c’est d’être visibles sur Internet ou d’être en lien les un.es avec les autres concrètement à travers des réseaux de solidarité matériels et politiques ? Cette question est décisive et vertigineuse parce que la réponse que nous déciderons de lui donner implique de repenser une grande partie de notre stratégie d’action et de nos moyens d’organisation. Apprendre à collaborer c’est faire de la place à une autre logique que celle qui consiste à mener à bien un projet, sans dire que ces deux logiques sont irréductibles l’une à l’autre, elles sont bien souvent contradictoires et c’est bien dans cette contradiction que réside à la fois la richesse et l’immense complexité des communs.
Florine – Dans le contexte politique actuel, une question se pose : faut-il continuer à rendre visibles les alternatives ? Autrement dit, comment s’identifier et se renforcer entre alliés, tout en ne facilitant pas, par cette visibilisation, l’attaque de nos collectifs par des adversaires politiques, voire par un régime autoritaire ?
Framasoft – Face à l’épuisement de la « stratégie du colibri », vous plaidez pour une « stratégie de pompiers », coordonnée et robuste. Pour le mot de la fin : c’est quoi le message ?
Bruno – Face à une société de plus en plus organisée autour d’un pouvoir financier prédateur qui nous individualise pour mieux nous contraindre, le développement des alternatives citoyennes, bien que nécessaire, n’est plus suffisant. Nous devons relier toutes ces initiatives pour faire système et, plus encore, nous devons travailler à la convergence de tous ceux qui luttent pour qu’un autre monde soit possible.
La stratégie de pompiers devient une nécessité face à l’urgence, il ne s’agit plus de laisser à chacun le soin d’inventer ses solutions mais de construire ensemble une alternative crédible et désirable pour la majorité qui subi. Cela nous oblige à nous compter, à nous relier, à nous écouter pour trouver nos points de convergence, à changer nos méthodes pour être capable de coopérer au service d’un projet commun. Transiscope est un commun coopératif et numérique qui, tant par sa nature coopérative que par ses développements numériques, contribue à ce paradigme, nous ne pouvons que souhaiter que les acteurs de la transformation sociétale s’en saisissent.
27.07.2026 à 07:42
Khrys
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
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« On voyait d’immenses pans de glacier s’effondrer dans la mer, et on avait juste envie de pleurer. Mais tous les touristes applaudissaient. Et vous vous disiez… “Vous ne voyez vraiment pas le lien ?” »
La Tara Polar Station a quitté Lorient pour sa première expédition au pôle Nord.
La GenZ indienne est dans la rue pour demander la démission du ministre de l’Éducation après qu’un compte satirique « le parti des cafards » a été créé sur Instagram.[…]Tout est parti d’une déclaration du président de la cour suprême indienne qui aurait qualifié les jeunes qui critiquent le gouvernement de « cafards ».
Le ministre de l’Éducation indien a finalement annoncé sa démission, après six jours de mobilisation des étudiant·es pour dénoncer les fraudes aux examens universitaires.

Washington va permettre à Riyad d’enrichir de l’uranium pour son programme d’énergie nucléaire. Une annonce qui survient alors que les hostilités ont repris entre les États-Unis et l’Iran et que les Houthis du Yémen ont annoncé vouloir mettre en place un blocus maritime contre la pétromonarchie.
Un homme au volant de son véhicule a foncé dans la foule à la fin de la marche des fiertés, samedi 25 juillet. La police allemande recherche toujours le suspect.
L’Union européenne s’est lancée dans un vaste programme de démantèlement de ses régulations écologiques, sociales, financières ou encore numériques… sous les applaudissements des lobbys industriels et financiers.
the EU governments re-enacted the suspicionless mass scanning of private communications […] without the approval of the European Parliament (a majority of voting MEPs had voted against the regulation). As a result, US providers like Meta or Google are once again permitted to conduct the controversial, warrantless mass scans of private chats and messages until 3 April 2028.
The European Commission is currently finalising negotiations with the Trump administration to conclude an “Enhanced Border Security Partnership” (EBSP) Framework Agreement allowing border control authorities to screen travellers against biometric databases and profile them for security concerns. The leaked draft text suggests that the Commission significantly caved in to US’s excessive demands for unfettered information access, exacerbating travel surveillance and putting our fundamental rights at risk.
A mass demonstration in central Bologna, Italy led to riots late on Monday, following the death of a man at the hands of police.

Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées en raison des flammes. La forêt touchée abrite des espèces menacées d’aigles, de loups et de papillons.
Au mercredi 22 juillet, 275 000 hectares ont brûlé en Europe depuis le début de l’année, dont plus de la moitié en Espagne et en France.
Confrontée à une importante crise de l’eau, l’Angleterre a renforcé les restrictions concernant la consommation d’eau. Résultats : le nombre de conflits de voisinage a explosé, pour se transformer en une véritable bataille politique.
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There’s already lots of research showing that gas stoves fill our homes with nasty air pollution, including cancer-causing chemicals and toxins that increase the risk of kids getting asthma.
Meurtres policiers, détention de masse, surveillance généralisée : guidé par la discrimination raciale, Trump redessine jour après jour les contours de l’appareil policier états-unien. Une politique qui bénéficie de puissants relais publics comme privés.

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Despite building an increasingly screen-focused world, billionaire tech leaders are keeping their own children away from the tech they helped create.
MSG’s sprawling surveillance system can monitor guests down to the second. Its owners made an exception for the pop star’s rehearsal dinner.
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the bill would let the Trump administration and future administrations decide when an AI company must block user access, disable or restrict a particular capability, or shut an entire AI system down completely. The bill would require AI makers to deploy technical capabilities allowing them to throttle or shut down the systems when ordered to do so
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Alors que les médias français s s’inquiètent des conséquence du lancement récent des Aperçus IA sur leur audience, plusieurs grands éditeurs états-uniens envisagent très sérieusement de couper les ponts avec Google, ce qui signerait symboliquement la fin du Web ouvert tel qu’on le connait depuis plus de vingt ans.

Microsoft a accepté d’investir des milliards de dollars dans l’infrastructure informatique de Mistral en Europe
Sunday-to-Monday onslaught fuels speculation over AI-assisted bug reportsIf you’re responsible for Linux security, someone just dumped a pile of work onto your desk : 432 Linux kernel CVEs were published across Sunday and Monday this week. Linux watchers at nixCraft pointed out the volume on Monday morning, and it didn’t take long for seasoned sysadmins to start expressing concerns.
Two motions regarding “artificial intelligence” and Large Language Models (LLMs) were voted on among Codeberg e. V. members and passed. We are promising to not use any of your data to train LLM and explain what the planned Terms of Use change mean for ‘vibe-coded’ projects. We believe that LLMs endanger the free/libre software ecosystem as a whole.
Voir aussi L’anti-GitHub européen dit non au code écrit par Claude et Codex (clubic.com)
Pendant que GitHub continue d’intégrer Copilot à chaque recoin de sa plateforme, son concurrent européen a pris la direction exactement inverse. Le 22 juillet 2026, la communauté de Codeberg a voté à 71 % l’interdiction des dépôts majoritairement générés par IA, avec Claude et OpenAI Codex nommément dans le viseur. Une prise de position qui traduit autant un choix éthique qu’une contrainte économique très concrète.

Extinction Rebellion claims responsibility for chemical-filled balloon attack targeting concrete and steel
A protester was violently removed from the United Nations AI for Good Global Summit in Geneva on Wednesday after Palestine defenders disrupted a presentation by a senior Amazon executive to denounce Big Tech’s complicity in Israel’s genocidal war on Gaza.
Bill Williamson, 74, who lives in Ardentinny, said he had been at a weekly Palestine vigil outside Dunoon Burgh Hall on July 4 when he was approached by a pair of police officers while he was reading out Don’t Mention The Children by the Jewish writer Michael Rosen through a megaphone.[…] “Initially I thought, just let this die a death. But then I thought, people are not hearing about this gradual erosion of our civil liberties.“I thought, this is intimidation. The more people that know about it, I think the better.”
In sea pools built with sandbags and rubble, Amjed Tantesh gives traumatised children brief respite from their daily lives
Onze personnes ont été tuées samedi 18 juillet par l’armée israélienne, après un bombardement sur un immeuble. 1 144 Palestinien·nes ont été tué·es à Gaza depuis l’entrée en vigueur du « cessez-le-feu ».

Amid an alleged ceasefire, Israel continues massacring Palestinians and stealing land in Gaza. The ongoing violence is not accidental : it is a political necessity for any Israeli government in power.
L’invasion israélienne du Liban-Sud ne détruit pas seulement des vies, des champs et des vergers : elle annihile les habitats et fait tout pour rendre le retour impossible. Parmi celles et ceux qui ont choisi de rester malgré le danger, des femmes s’attachent à cultiver la terre.
« Agresser une DJ juive ne libérera pas la Palestine. »

Voir aussi La DJ Barbara Butch va porter plainte contre LFI pour provocation à la haine et à la violence (huffingtonpost.fr)
Plusieurs plaintes vont être déposées « ce jour » et viser notamment le mouvement de La France Insoumise, certains de ses élus et représentants locaux, ainsi que le média d’extrême droite OMERTA et l’essayiste Alain Soral
After the United States slashed its foreign aid funding last year, more than 280,000 aid workers worldwide lost their jobs
The Women’s Tennis Association (WTA) Tour has aligned itself with the International Olympic Committee, World Athletics and World Boxing and has made it mandatory for its players to undergo a “one-time screening process for the SRY gene” to secure their eligibility in the women’s category.
La bassiste, figure de la scène underground de Los Angeles, a succombé à un cancer du cerveau. Sa formation a marqué le rock alternatif des années 1990 par son énergie punk et son engagement féministe.
La première phase des travaux comprend le désamiantage et le retrait du bas de la façade de l’édifice. Mais l’envolée des coûts, désormais estimés à 800 millions d’euros, partage les copropriétaires sur l’ampleur de la restructuration.
Hier au Conseil de Paris, s’est tenue une délibération relative à l’achat par la Ville de Paris d’un terrain dans le quartier des Ardoines à Vitry-sur-Seine. Cet achat est la première étape du projet contesté « Thermo-sur-Seine », construction d’une usine d’incinération de déchets industriels dans le 94, destinée à produire du chauffage pour… Paris.

« L’idée de regrimper là-bas, c’est juste impensable. Ça n’a plus de sens »
L’incendie qui a ravagé 4 400 ha de forêt dans la Drôme a mis près d’un mois à être fixé. Faute de moyens, les pompiers ont priorisé les personnes et les biens et laissé brûler la forêt, avec des dommages encore inconnus sur les espèces locales.
Lundi 20 juillet, un incendie a ravagé près de 10 hectares au chemin du Moulin-des-Marais à l’est de Nantes. 20 à 30 caravanes ont brûlé. Une soixantaine de familles ont tout perdu : leurs habitations, leurs affaires, leurs médicaments, leurs souvenirs de famille… Ce sont des familles roms, installées depuis des années dans cette agglomération.
Confrontés à une violente saison des feux, les volontaires comme les professionnels sont poussés dans leurs retranchements. Les syndicats réclament plus de moyens.
Voir aussi Incendies : les pompiers alertent sur leur épuisement après trois décès en deux semaines (sudouest.fr)
“À chaque fois qu’il y a un feu, il faut diviser nos forces par le nombre de feux” […] ce manque d’avions rend “pratiquement totalement inefficace” l’action des Canadair. Sur un feu, il faudrait au moins quatre Canadair, quand ils se sont que deux actuellement.
L’ampleur des feux dans le Sud-Ouest renvoie Laurent Nuñez à la promesse d’un projet de loi dédié à la sécurité civile et jamais concrétisé. Sans oublier le « nerf de la guerre » : le financement.
Le changement de direction du vent a plongé Bordeaux sous un dôme de fumée vendredi soir
L’appareil en question est un A400M d’Airbus, utilisé d’ordinaire par l’armée pour le transport militaire. Il sert à véhiculer des soldats, du matériel, de gros équipements comme des hélicoptères et des véhicules blindés.
Voir aussi Face aux incendies en Gironde, l’A400M va être déployé pour la première fois dès ce samedi (huffingtonpost.fr)

Plusieurs communes voisines de Bordeaux ont été évacuées dans la nuit de vendredi après l’apparition d’un pyrocumulonimbus, phénomène jamais observé en France.
Outre TotalEnergies et ses gains glanés sur le dos de la guerre au Moyen-Orient, BNP Paribas a dévoilé, jeudi 23 juillet, un bénéfice net au deuxième trimestre de 4,3 milliards d’euros, soit une hausse de 33,4 % sur un an. Malgré cela, aucune taxation de ces bénéfices n’est à ce jour prévue. […] le « modèle diversifié » de la BNP Paribas à tout l’air d’une formule pour adoucir le réel : des profits en partie générés sur des crimes de guerre. Cinq ONG, dont la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et la Ligue des droits de l’homme (LDH), ont déposé, mercredi, un recours en excès de pouvoir assorti de demandes d’injonction auprès du Conseil d’État afin que la France stoppe les activités de ses entreprises en Cisjordanie.
Le gouvernement avait réclamé un nouveau vote sur cette disposition du projet de loi, après un premier rejet dû à l’opposition des groupes de gauche.
Le principal mis en cause, Christophe B., est accusé d’avoir recruté des hommes afin de violer collectivement et face caméra plusieurs de ses compagnes successives.[…]Dix-neuf hommes sont désormais mis en examen, pour viols collectifs filmés, accompagnés d’« actes de barbarie » et de « crimes sexuels avec torture »
Si « Vakita », le média du journaliste Hugo Clément, s’affiche comme « 100 % indépendant », il a en réalité été financé par plusieurs milliardaires. Il bénéficie aussi des retombées de partenariats avec des marques, quitte à brouiller son activité journalistique.
Chaque semaine charrie son lot de violences à l’encontre de celles et ceux qui, d’une façon ou d’une autre, se définissent comme « écologistes » ou sont identifié·es comme tel·les.
Alors que le gouvernement compte pratiquer une nouvelle ponction dans les comptes de l’Unedic, plaçant l’organisme dans le rouge, les sénateurs de droite comme de gauche dénoncent la pratique, qui dure depuis trois ans. « C’est scandaleux, ce qu’il s’est passé entre 2023 et 2026 de façon insidieuse », pointe la sénatrice LR Frédérique Puissat.

Clivant jusqu’au sein du bloc central, le projet de loi agricole a été voté par l’Assemblée nationale, avant un dernier passage au Sénat dans quelques heures.
Voir aussi Adoption de la loi d’urgence agricole : quels députés ont voté pour réintroduire des pesticides dangereux (basta.media)
Le gouvernement et les député·es du « bloc central », de droite et de l’extrême-droite viennent de voter en faveur de la loi d’urgence agricole qui réintroduit des pesticides interdits et fragilise les ressources en eau. Voici le détail des votes.
Et Loi d’urgence agricole adoptée à l’Assemblée : le gouvernement divise jusque dans ses rangs et couronne l’agrobusiness (humanite.fr)

« Démissionnez déjà, ça diminuera un peu notre éco-anxiété »
Cet algorithme, encore en phase de test, manifeste la volonté de France Travail de massifier les contrôles via l’utilisation d’outils numériques. Nous appelons à la mobilisation contre cet algorithme illégal et à son abandon par la direction de France Travail.

Contrôlés et verbalisés à répétition, de nombreux jeunes racisés subissent dès l’enfance un harcèlement policier dans l’espace public
Sur proposition d’Emmanuel Macron, le sénateur LR François-Noël Buffet est devenu, ce 21 juillet, le nouveau Défenseur des droits, après un avis favorable rendu par les commissions des lois de l’Assemblée nationale et du Sénat. Un nouveau cadeau fait par le président de la République aux droites les plus réactionnaires.

Léguevin près de Toulouse (Haute-Garonne) a décidé d’interdire le port du burkini dans sa piscine municipale. La Ligue des Droits de l’Homme a déposé un recours devant le tribunal administratif pour discrimination. Le juge des référés lui a donné raison.
Alternatiba, SUD-Rail, le SNJ-CGT, Greenpeace, la Ligue des auteurs professionnels, la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse et une vingtaine d’organisations demandent à la SNCF de revoir son partenariat avec Relay pour la vente de livres et de journaux en gare. Leur mobilisation s’appuie sur une enquête accusant l’enseigne de favoriser certains titres conservateurs ou d’extrême droite.
Cette mobilisation pose une question simple : l’argent public doit-il servir à économiser une commande ou à faire vivre les créateurs d’un territoire ? Les systèmes d’IA générative sont entraînés sur d’immenses corpus pouvant contenir des œuvres protégées. Le ministère de la Culture reconnaît lui-même que les mécanismes actuels ne garantissent pas suffisamment l’autorisation et la rémunération des auteurices.
This is a practical, hands-on brochure for movements and parties on the Left as they refine their approaches to organising and technology and take the next steps in their work.
Airbus has named French cloud services provider Scaleway as the destination for some 900 applications, with an initial 70 getting priority onboarding, as it seeks to put critical systems and data under European control.
Dix ans après sa promesse d’utiliser des énergies propres pour ses activités, le géant Meta vient d’y renoncer ce vendredi. Le groupe investit notamment dans des centrales au gaz pour alimenter ses data centers.
Apple a contesté tomber sous le coup du Digital Market Act (DMA) en faisant valoir que sa boutique d’application n’en était pas une, mais cinq plus petites dédiées à leurs différents produits. Cet argument n’a pas convaincu le Tribunal de l’Union européenne. Quant à son iOS, il ne connaît pas un meilleur sort et est aussi désigné comme tombant sous la régulation du DMA.
Des propriétaires de moniteurs LG ont constaté qu’après un simple branchement de l’écran, Windows installe silencieusement une application nommée LG Monitor App Installer. Sa seule mission semble être de proposer un essai de l’antivirus McAfee.
Researchers say TikTok, X, and Meta aren’t providing data they’re legally required to.
On a longtemps pensé que les pesticides évaporés après l’épandage ne restaient que peu de temps dans l’atmosphère. On sait désormais qu’ils peuvent voyager sur des milliers de kilomètres. Une étude inédite nous permet d’en savoir plus sur la façon dont ces substances se déplacent dans l’air.
The Trump administration hates academic science funding, full stop. They hate where that money goes, and they hate who it goes to. They want to keep all that money for themselves, to hand out to favored cronies who can help them get elected and to steer yet more money and more power back into their hands.
l’Alliance française est une institution fondée dans les colonies, entretenue par la Françafrique, et dont le modèle social repose aujourd’hui sur la précarité de ceux qu’elle prétend servir. Petite rétrospective sur 140 ans de “mission civilisatrice” dont on se serait bien passés.
To save our movements, we need to come to terms with the connections between gender violence, male privilege, and the strategies that informants (and people who just act like them) use to destabilize radical movements. Time and again heterosexual men in radical movements have been allowed to assert their privilege and subordinate others. […] Misogyny and homophobia are central to the reproduction of violence in radical activist communities. Scratch a misogynist and you’ll find a homophobe. Scratch a little deeper and you might find the makings of a future informant (or someone who just destabilizes movements like informants do).
Réduire notre consommation de viande est l’un des leviers les plus efficaces pour limiter l’impact environnemental de notre alimentation. Pourtant, les hommes restent nettement plus réticents que les femmes à adopter des régimes végétariens ou végétaliens – et même à consommer des substituts de viande. Une résistance qui a peut-être moins à voir avec le goût qu’avec la masculinité.
Les idées antisémites sont aujourd’hui présentes au sein des courants masculinistes. Or l’histoire nous montre que masculinité dominante et antisémitisme sont associés depuis des siècles. Les hommes juifs ont souvent été décrits comme féminins et fragiles, et fondamentalement différents.
Après le naufrage du « Titanic » en avril 1912, la fille du capitaine du navire hérite d’une identité publique raccourcie qu’elle n’a pas choisie. Pionnière de l’aviation et passionnée d’automobile, elle montre par son parcours comment les récits historiques peuvent enfermer des vies complexes dans des histoires de fatalité.
320 000, c’est le nombre d’étudiant·es laissé·es sur le carreau en 2025 par la plateforme parcoursup. Une sélection à l’entrée de l’université voulue par les macronistes et appliquée avec zèle par certaines universités.
“You realize this is the first accessible guitar ever made in the world ? This is amazing. I can feel where I’m at on the fretboard without having to look for the harmonics.”
Arbuscular mycorrhizal fungi have shaped life on land for over 450 million years by forming symbiotic networks that move carbon and nutrients between plants and soils. These networks are made of tubular cells called hyphae, through which carbon can flow from plants into the soil. We were motivated by a simple question : what would it look like if we could see the hidden fungal networks beneath our feet ?
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
26.07.2026 à 10:00
Framasoft
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 10 juillet 2025 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Tout l’été, profitez de republications de « Dans Les Algorithmes » ! Rendez-vous tous les dimanches de juillet et d’août pour réfléchir, ensemble, sur les enjeux de l’Intelligence Artificielle.
Le web va-t-il être remplacé par l’IA ? C’est en tout cas la perspective à laquelle travaille les grands acteurs de la tech.
Tous les grands acteurs des technologies ont entamé leur mue. Tous se mettent à intégrer l’IA à leurs outils et plateformes, massivement. Les Big Tech se transforment en IA Tech. Et l’histoire du web, telle qu’on l’a connue, touche à sa fin, prédit Thomas Germain pour la BBC. Nous entrons dans « le web des machines », le web synthétique, le web artificiel où tous les contenus sont appelés à être générés en permanence, à la volée, en s’appuyant sur l’ensemble des contenus disponibles, sans que ceux-ci soient encore disponibles voire accessibles. Un second web vient se superposer au premier, le recouvrir… avec le risque de faire disparaître le web que nous avons connu, construit, façonné.
Jusqu’à présent, le web reposait sur un marché simple, rappelle Germain. Les sites laissaient les moteurs de recherche indexer leurs contenus et les moteurs de recherche redirigeaient les internautes vers les sites web référencés. « On estime que 68 % de l’activité Internet commence sur les moteurs de recherche et qu’environ 90 % des recherches se font sur Google. Si Internet est un jardin, Google est le soleil qui fait pousser les fleurs ».
Ce système a été celui que nous avons connu depuis les origines du web. L’intégration de l’IA, pour le meilleur ou pour le pire, promet néanmoins de transformer radicalement cette expérience. Confronté à une nette dégradation des résultats de la recherche, notamment due à l’affiliation publicitaire et au spam, le PDG de Google, Sundar Pichai, a promis une « réinvention totale de la recherche » en lançant son nouveau « mode IA ». Contrairement aux aperçus IA disponibles jusqu’à présent, le mode IA va remplacer complètement les résultats de recherche traditionnels. Désormais, un chatbot va créer un article pour répondre aux questions. En cours de déploiement et facultatif pour l’instant, à terme, il sera « l’avenir de la recherche Google ».
Les critiques ont montré que, les aperçus IA généraient déjà beaucoup moins de trafic vers le reste d’internet (de 30 % à 70 %, selon le type de recherche. Des analyses ont également révélé qu’environ 60 % des recherches Google depuis le lancement des aperçus sont désormais « zéros clic », se terminant sans que l’utilisateur ne clique sur un seul lien – voir les études respectives de SeerInteractive, Semrush, Bain et Sparktoro), et beaucoup craignent que le mode IA ne renforce encore cette tendance. Si cela se concrétise, cela pourrait anéantir le modèle économique du web tel que nous le connaissons. Google estime que ces inquiétudes sont exagérées, affirmant que le mode IA « rendra le web plus sain et plus utile ». L’IA dirigerait les utilisateurs vers « une plus grande diversité de sites web » et le trafic serait de « meilleure qualité » car les utilisateurs passent plus de temps sur les liens sur lesquels ils cliquent. Mais l’entreprise n’a fourni aucune donnée pour étayer ces affirmations.
Google et ses détracteurs s’accordent cependant sur un point : internet est sur le point de prendre une toute autre tournure. C’est le principe même du web qui est menacé, celui où chacun peut créer un site librement accessible et référencé.
L’article de la BBC remarque, très pertinemment, que cette menace de la mort du web a déjà été faite. En 2010, Wired annonçait « la mort du web ». À l’époque, l’essor des smartphones, des applications et des réseaux sociaux avaient déjà suscité des prédictions apocalyptiques qui ne se sont pas réalisées. Cela n’empêche pas les experts d’être soucieux face aux transformations qui s’annoncent. Pour les critiques, certes, les aperçus IA et le mode IA incluent tous deux des liens vers des sources, mais comme l’IA vous donne la réponse que vous cherchez, cliquer sur ceux-ci devient superflu. C’est comme demander un livre à un bibliothécaire et qu’il vous en parle plutôt que de vous le fournir, compare un expert.
La chute du nombre de visiteurs annoncée pourrait faire la différence entre une entreprise d’édition viable… et la faillite. Pour beaucoup d’éditeurs, ce changement sera dramatique. Nombre d’entreprises constatent que Google affiche leurs liens plus souvent, mais que ceux-ci sont moins cliqués. Selon le cabinet d’analyse de données BrightEdge, les aperçus IA ont entraîné une augmentation de 49 % des impressions sur le web, mais les clics ont chuté de 30 %, car les utilisateurs obtiennent leurs réponses directement de l’IA. « Google a écrit les règles, créé le jeu et récompensé les joueurs », explique l’une des expertes interrogée par la BBC. « Maintenant, ils se retournent et disent : « C’est mon infrastructure, et le web se trouve juste dedans ». »
Demis Hassabis, directeur de Google DeepMind, le laboratoire de recherche en IA de l’entreprise, a déclaré qu’il pensait que demain, les éditeurs alimenteraient directement les modèles d’IA avec leurs contenus, sans plus avoir à se donner la peine de publier des informations sur des sites web accessibles aux humains. Mais, pour Matthew Prince, directeur général de Cloudflare, le problème dans ce web automatisé, c’est que « les robots ne cliquent pas sur les publicités ». « Si l’IA devient l’audience, comment les créateurs seront-ils rémunérés ? » La rémunération directe existe déjà, comme le montrent les licences de contenus que les plus grands éditeurs de presse négocient avec des systèmes d’IA pour qu’elles s’entraînent et exploitent leurs contenus, mais ces revenus-là ne compenseront pas la chute d’audience à venir. Et ce modèle ne passera certainement pas l’échelle d’une rétribution généralisée.
Si gagner de l’argent sur le web devient plus difficile, il est probable que nombre d’acteurs se tournent vers les réseaux sociaux pour tenter de compenser les pertes de revenus. Mais là aussi, les caprices algorithmiques et le développement de l’IA générative risquent de ne pas suffire à compenser les pertes.
Pour Google, les réactions aux aperçus IA laissent présager que le mode IA sera extrêmement populaire. « À mesure que les utilisateurs utilisent AI Overviews, nous constatons qu’ils sont plus satisfaits de leurs résultats et effectuent des recherches plus souvent », a déclaré Pichai lors de la conférence des développeurs de Google. Autrement dit, Google affirme que cela améliore la recherche et que c’est ce que veulent les utilisateurs. Mais pour Danielle Coffey, présidente de News/Media Alliance, un groupement professionnel représentant plus de 2 200 journalistes et médias, les réponses de l’IA vont remplacer les produits originaux : « les acteurs comme Google vont gagner de l’argent grâce à notre contenu et nous ne recevons rien en retour ». Le problème, c’est que Google n’a pas laissé beaucoup de choix aux éditeurs, comme le pointait Bloomberg. Soit Google vous indexe pour la recherche et peut utiliser les contenus pour ses IA, soit vous êtes désindexé des deux. La recherche est bien souvent l’une des premières utilisations d’outils d’IA. Les inquiétudes sur les hallucinations, sur le renforcement des chambres d’échos dans les réponses que vont produire ces outils sont fortes (on parle même de « chambre de chat » pour évoquer la réverbération des mêmes idées et liens dans ces outils). Pour Cory Doctorow, « Google s’apprête à faire quelque chose qui va vraiment mettre les gens en colère »… et appelle les acteurs à capitaliser sur cette colère à venir. Matthew Prince de Cloudflare prône, lui, une intervention directe. Son projet est de faire en sorte que Cloudflare et un consortium d’éditeurs de toutes tailles bloquent collectivement les robots d’indexation IA, à moins que les entreprises technologiques ne paient pour le contenu. Il s’agit d’une tentative pour forcer la Silicon Valley à négocier. « Ma version très optimiste », explique Prince, « est celle où les humains obtiennent du contenu gratuitement et où les robots doivent payer une fortune pour l’obtenir ». Tim O’Reilly avait proposé l’année dernière quelque chose d’assez similaire : expliquant que les droits dérivés liés à l’exploitation des contenus par l’IA devraient donner lieu à rétribution – mais à nouveau, une rétribution qui restera par nature insuffisante, comme l’expliquait Frédéric Fillioux.
Même constat pour le Washington Post, qui s’inquiète de l’effondrement de l’audience des sites d’actualité avec le déploiement des outils d’IA. « Le trafic de recherche organique vers ses sites web a diminué de 55 % entre avril 2022 et avril 2025, selon les données de Similarweb ». Dans la presse américaine, l’audience est en berne et les licenciements continuent.
Pour la Technology Review, c’est la fin de la recherche par mots-clés et du tri des liens proposés. « Nous entrons dans l’ère de la recherche conversationnelle » dont la fonction même vise à « ignorer les liens », comme l’affirme Perplexity dans sa FAQ. La TR rappelle l’histoire de la recherche en ligne pour montrer que des annuaires aux moteurs de recherche, celle-ci a toujours proposé des améliorations, pour la rendre plus pertinente. Depuis 25 ans, Google domine la recherche en ligne et n’a cessé de s’améliorer pour fournir de meilleures réponses. Mais ce qui s’apprête à changer avec l’intégration de l’IA, c’est que les sources ne sont plus nécessairement accessibles et que les réponses sont générées à la volée, aucune n’étant identique à une autre.
L’intégration de l’IA pose également la question de la fiabilité des réponses. L’IA de Google a par exemple expliqué que la Technology Review avait été mise en ligne en 2022… ce qui est bien sûr totalement faux, mais qu’en saurait une personne qui ne le sait pas ? Mais surtout, cet avenir génératif promet avant tout de fabriquer des réponses à la demande. Mat Honan de la TR donne un exemple : « Imaginons que je veuille voir une vidéo expliquant comment réparer un élément de mon vélo. La vidéo n’existe pas, mais l’information, elle, existe. La recherche générative assistée par l’IA pourrait théoriquement trouver cette information en ligne – dans un manuel d’utilisation caché sur le site web d’une entreprise, par exemple – et créer une vidéo pour me montrer exactement comment faire ce que je veux, tout comme elle pourrait me l’expliquer avec des mots aujourd’hui » – voire très mal nous l’expliquer. L’exemple permet de comprendre comment ce nouvel internet génératif pourrait se composer à la demande, quelles que soient ses défaillances.
Mêmes constats pour Matteo Wrong dans The Atlantic : avec la généralisation de l’IA, nous retournons dans un internet en mode bêta. Les services et produits numériques n’ont jamais été parfaits, rappelle-t-il, mais la généralisation de l’IA risque surtout d’amplifier les problèmes. Les chatbots sont très efficaces pour produire des textes convaincants, mais ils ne prennent pas de décisions en fonction de l’exactitude factuelle. Les erreurs sont en passe de devenir « une des caractéristiques de l’internet ». « La Silicon Valley mise l’avenir du web sur une technologie capable de dérailler de manière inattendue, de s’effondrer à la moindre tâche et d’être mal utilisée avec un minimum de frictions ». Les quelques réussites de l’IA n’ont que peu de rapport avec la façon dont de nombreuses personnes et entreprises comprennent et utilisent cette technologie, rappelle-t-il. Plutôt que des utilisations ciblées et prudentes, nombreux sont ceux qui utilisent l’IA générative pour toutes les tâches imaginables, encouragés par les géants de la tech. « Tout le monde utilise l’IA pour tout », titrait le New York Times. « C’est là que réside le problème : l’IA générative est une technologie suffisamment performante pour que les utilisateurs en deviennent dépendants, mais pas suffisamment fiable pour être véritablement fiable ». Nous allons vers un internet où chaque recherche, itinéraire, recommandation de restaurant, résumé d’événement, résumé de messagerie vocale et e-mail sera plus suspect qu’il n’est aujourd’hui. « Les erreurs d’aujourd’hui pourraient bien, demain, devenir la norme », rendant ses utilisateurs incapables de vérifier ses fonctionnements. Bienvenue dans « l’âge de la paranoïa », clame Wired.
Mais il n’y a pas que les « contenus » qui vont se recomposer, la publicité également. C’est ainsi qu’il faut entendre les déclarations de Mark Zuckerberg pour automatiser la création publicitaire, explique le Wall Street Journal. « La plateforme publicitaire de Meta propose déjà des outils d’IA capables de générer des variantes de publicités existantes et d’y apporter des modifications mineures avant de les diffuser aux utilisateurs sur Facebook et Instagram. L’entreprise souhaite désormais aider les marques à créer des concepts publicitaires de A à Z ». La publicité représente 97 % du chiffre d’affaires de Meta, rappelle le journal (qui s’élève en 2024 à 164 milliards de dollars). Chez Meta les contenus génératifs produisent déjà ce qu’on attend d’eux. Meta a annoncé une augmentation de 8 % du temps passé sur Facebook et de 6 % du temps passé sur Instagram grâce aux contenus génératifs. 15 millions de publicités par mois sur les plateformes de Meta sont déjà générées automatiquement. « Grâce aux outils publicitaires développés par Meta, une marque pourrait demain fournir une image du produit qu’elle souhaite promouvoir, accompagnée d’un objectif budgétaire. L’IA créerait alors l’intégralité de la publicité, y compris les images, la vidéo et le texte. Le système déciderait ensuite quels utilisateurs Instagram et Facebook cibler et proposerait des suggestions en fonction du budget ». Selon la géolocalisation des utilisateurs, la publicité pourrait s’adapter en contexte, créant l’image d’une voiture circulant dans la neige ou sur une plage s’ils vivent en montagne ou au bord de la mer. « Dans un avenir proche, nous souhaitons que chaque entreprise puisse nous indiquer son objectif, comme vendre quelque chose ou acquérir un nouveau client, le montant qu’elle est prête à payer pour chaque résultat, et connecter son compte bancaire ; nous nous occuperons du reste », a déclaré Zuckerberg lors de l’assemblée générale annuelle des actionnaires de l’entreprise.
Nilay Patel, le rédac chef de The Verge, parle de « créativité infinie ». C’est d’ailleurs la même idée que l’on retrouve dans les propos de Jensen Huang, le PDG de Nvidia, quand il promet de fabriquer les « usines à IA » qui généreront le web demain. Si toutes les grandes entreprises et les agences de publicité ne sont pas ravies de la proposition – qui leur est fondamentalement hostile, puisqu’elle vient directement les concurrencer -, d’autres s’y engouffrent déjà, à l’image d’Unilever qui explique sur Adweek que l’IA divise par deux ses budgets publicitaires grâce à son partenariat avec Nvidia. « Unilever a déclaré avoir réalisé jusqu’à 55 % d’économies sur ses campagnes IA, d’avoir réduit les délais de production de 65 % tout en doublant le taux de clic et en retenant l’attention des consommateurs trois fois plus longtemps ».
L’idée finalement très partagée par tous les géants de l’IA, c’est bien d’annoncer le remplacement du web que l’on connaît par un autre. Une sous-couche générative qu’ils maîtriseraient, capable de produire un web à leur profit, qu’ils auraient avalé et digéré.
Nilay Patel était l’année dernière l’invité du podcast d’Ezra Klein pour le New York Times qui se demandait si cette transformation du web allait le détruire ou le sauver. Dans cette discussion parfois un peu décousue, Klein rappelle que l’IA se développe d’abord là où les produits n’ont pas besoin d’être très performants. Des tâches de codage de bas niveau aux devoirs des étudiants, il est également très utilisé pour la diffusion de contenus médiocres sur l’internet. Beaucoup des contenus d’internet ne sont pas très performants, rappelle-t-il. Du spam au marketing en passant par les outils de recommandations des réseaux sociaux, internet est surtout un ensemble de contenus à indexer pour délivrer de la publicité elle-même bien peu performante. Et pour remplir cet « internet de vide », l’IA est assez efficace. Les plateformes sont désormais inondées de contenus sans intérêts, de spams, de slops, de contenus de remplissage à la recherche de revenus. Et Klein de se demander que se passera-t-il lorsque ces flots de contenu IA s’amélioreront ? Que se passera-t-il lorsque nous ne saurons plus s’il y a quelqu’un à l’autre bout du fil de ce que nous voyons, lisons ou entendons ? Y aura-t-il encore quelqu’un d’ailleurs, où n’aurons-nous accès plus qu’à des contenus génératifs ?
Pour Patel, pour l’instant, l’IA inonde le web de contenus qui le détruisent. En augmentant à l’infini l’offre de contenu, le système s’apprête à s’effondrer sur lui-même : « Les algorithmes de recommandation s’effondrent, notre capacité à distinguer le vrai du faux s’effondre également, et, plus important encore, les modèles économiques d’Internet s’effondrent complètement ». Les contenus n’arrivent plus à trouver leurs publics, et inversement. L’exemple éclairant pour illustrer cela, c’est celui d’Amazon. Face à l’afflux de livres générés par l’IA, la seule réponse d’Amazon a été de limiter le nombre de livres déposables sur la plateforme à trois par jour. C’est une réponse parfaitement absurde qui montre que nos systèmes ne sont plus conçus pour organiser leurs publics et leur adresser les bons contenus. C’est à peine s’ils savent restreindre le flot
Avec l’IA générative, l’offre ne va pas cesser d’augmenter. Elle dépasse déjà ce que nous sommes capables d’absorber individuellement. Pas étonnant alors que toutes les plateformes se transforment de la même manière en devenant des plateformes de téléachats ne proposant plus rien d’autre que de courtes vidéos.
« Toutes les plateformes tendent vers le même objectif, puisqu’elles sont soumises aux mêmes pressions économiques ». Le produit des plateformes c’est la pub. Elles-mêmes ne vendent rien. Ce sont des régies publicitaires que l’IA promet d’optimiser depuis les données personnelles collectées. Et demain, nos boîtes mails seront submergées de propositions marketing générées par l’IA… Pour Patel, les géants du net ont arrêté de faire leur travail. Aucun d’entre eux ne nous signale plus que les contenus qu’ils nous proposent sont des publicités. Google Actualités référence des articles écrits par des IA sans que cela ne soit un critère discriminant pour les référenceurs de Google, expliquait 404 Media (voir également l’enquête de Next sur ce sujet qui montre que les sites générés par IA se démultiplient, « pour faire du fric »). Pour toute la chaîne, les revenus semblent être devenus le seul objectif.
Et Klein de suggérer que ces contenus vont certainement s’améliorer, comme la génération d’image et de texte n’a cessé de s’améliorer. Il est probable que l’article moyen d’ici trois ans sera meilleur que le contenu moyen produit par un humain aujourd’hui. « Je me suis vraiment rendu compte que je ne savais pas comment répondre à la question : est-ce un meilleur ou un pire internet qui s’annonce ? Pour répondre presque avec le point de vue de Google, est-ce important finalement que le contenu soit généré par un humain ou une IA, ou est-ce une sorte de sentimentalisme nostalgique de ma part ? »
Il y en a certainement, répond Patel. Il n’y a certainement pas besoin d’aller sur une page web pour savoir combien de temps il faut pour cuire un œuf, l’IA de Google peut vous le dire… Mais, c’est oublier que cette IA générative ne sera pas plus neutre que les résultats de Google aujourd’hui. Elle sera elle aussi façonnée par la publicité. L’enjeu demain ne sera plus d’être dans les 3 premiers résultats d’une page de recherche, mais d’être citée par les réponses construites par les modèles de langages. « Votre client le plus important, désormais, c’est l’IA ! », explique le journaliste Scott Mulligan pour la Technology Review. « L’objectif ultime n’est pas seulement de comprendre comment votre marque est perçue par l’IA, mais de modifier cette perception ». Or, les biais marketing des LLM sont déjà nombreux. Une étude montre que les marques internationales sont souvent perçues comme étant de meilleures qualités que les marques locales. Si vous demandez à un chatbot de recommander des cadeaux aux personnes vivant dans des pays à revenu élevé, il suggérera des articles de marque de luxe, tandis que si vous lui demandez quoi offrir aux personnes vivant dans des pays à faible revenu, il recommandera des marques plus cheap.
L’IA s’annonce comme un nouveau public des marques, à dompter. Et la perception d’une marque par les IA aura certainement des impacts sur leurs résultats financiers. Le marketing a assurément trouvé un nouveau produit à vendre ! Les entreprises vont adorer !
Pour Klein, l’internet actuel est certes très affaibli, pollué de spams et de contenus sans intérêts. Google, Meta et Amazon n’ont pas créé un internet que les gens apprécient, mais bien plus un internet que les gens utilisent à leur profit. L’IA propose certainement non pas un internet que les gens vont plus apprécier, bien au contraire, mais un internet qui profite aux grands acteurs plutôt qu’aux utilisateurs. Pour Patel, il est possible qu’un internet sans IA subsiste, pour autant qu’il parvienne à se financer.
Les acteurs oligopolistiques du numérique devenus les acteurs oligopolistiques de l’IA semblent s’aligner pour transformer le web à leur seul profit, et c’est assurément la puissance (et surtout la puissance financière) qu’ils ont acquis qui le leur permet. La transformation du web en « web des machines » est assurément la conséquence de « notre longue dépossession », qu’évoquait Ben Tarnoff dans son livre, Internet for the People.
La promesse du web synthétique est là pour rester. Et la perspective qui se dessine, c’est que nous avons à nous y adapter, sans discussion. Ce n’est pas une situation très stimulante, bien au contraire. A mesure que les géants de l’IA conquièrent le numérique, c’est nos marges de manœuvres qui se réduisent. Ce sont elles que la régulation devrait chercher à ré-ouvrir, dès à présent. Par exemple en mobilisant très tôt le droit à la concurrence et à l’interopérabilité, pour forcer les acteurs à proposer aux utilisateurs d’utiliser les IA de leurs choix ou en leur permettant, très facilement, de refuser leurs implémentations dans les outils qu’ils utilisent, que ce soit leurs OS comme les services qu’ils utilisent. Bref, mobiliser le droit à la concurrence et à l’interopérabilité au plus tôt. Afin que défendre le web que nous voulons ne s’avère pas plus difficile demain qu’il n’était aujourd’hui.
Hubert Guillaud
Cet édito a été originellement publié dans la première lettre d’information de CaféIA le 27 juin 2025.
20.07.2026 à 07:42
Khrys
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
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Every so often the Earth produces a signal that is impossible to ignore. This graph is one of them. It shows sea-surface temperatures in the Niño 3.4 region of the equatorial Pacific, one of the most important parts of the Earth’s climate system. Each blue line represents a different year since 1982. The red line is this year. It doesn’t just set a new record. It has departed entirely from the range of previous observations.

La France, qui se veut première destination « durable », exonère de taxe sur le kérosène les compagnies aériennes. Or, les transports, notamment aériens, représentent 70 % des émissions de gaz à effet de serre du tourisme mondial. Ces exonérations dans l’aérien comme dans les croisières subventionnent de fait les vacances des plus riches.
New report says our ability to tie weather damages to climate change is improving […] And the fossil fuel industry views that as a problem, as it could make it easier to hold companies liable for damages. This has triggered a backlash that has Republicans in Congress and state governments threatening the National Academies’ funding.

Il y a quelques semaines, un accord de dernière minute a été obtenu par les travailleureuses de Samsung, le géant coréen de l’électronique. Les syndicats ont montré qu’une campagne prolongée, appuyée par la volonté de faire grève, pouvait arracher des concessions, même à l’une des entreprises les plus puissantes au monde.
La Competition Commission of India (CCI) a infligé à HP India et à 21 de ses revendeurs une amende cumulée proche de 12,8 millions d’euros. Le régulateur a sanctionné, à travers deux ordonnances, des ententes sur des appels d’offres publics portant sur des ordinateurs et des consommables d’impression entre 2017 et 2020.
Ce train à destination de Berlin a été contraint de faire un arrêt imprévu en gare pour qu’un agent aille acheter du papier-toilette.[…]Filmée par un passager, la scène montre l’agent courir jusqu’à un supermarché situé à proximité de la gare avant de revenir quelques instants plus tard avec plusieurs paquets de papier-toilette.
[Score Worldwide, spécialisée dans le référencement en ligne] affirme avoir acheté le nom de domaine parce qu’il était très recherché en ligne, « sans savoir qu’elle était une femme politique française ». « Lorsque nous avons appris qui était Marine Le Pen, il y a plus de deux ans, nous leur avons envoyé un mail pour savoir s’ils étaient intéressés, mais nous n’avons reçu aucune réponse. »
Par six voix contre une, les juges de Strasbourg ont reconnu l’antispécisme comme une conviction philosophique protégée par « la liberté de pensée, de conscience et de religion » et considèrent que le véganisme constitue une liberté fondamentale.
The EU border agency’s rights watchdog opened more investigations in Greece than in any other country in 2025, verifying violations in four cases and finding the asylum suspension law incompatible with EU and international rules
Filatures, surveillance de cybercafés, logiciels espions : le Maroc a utilisé un arsenal de surveillance massif contre journalistes et opposants ces dernières années. Avec, en tête de proue, le spyware Pegasus, qui a été utilisé pour cibler notamment des chefs d’Etat ou de gouvernement étrangers.
Les décideurs européens négocient les contours finaux du projet d’euro numérique, qui doit permettre de se défaire de la dépendance américaine en matière de paiement. Il pourrait aussi faire baisser les frais bancaires.
Voir aussi The proposed design of the digital euro : A critical analysis (link.springer.com)
Le 1er juillet, l’Irlande a pris les commandes du Conseil de l’Union européenne, sur fond de divorce larvé entre le Vieux Continent et l’Oncle Sam. Face à elle, des dossiers numériques brûlants attendent d’être tranchés, entre souveraineté technologique, simplification des règles et remparts pour protéger les mineurs sur les réseaux sociaux.
Il s’agit de la première fois depuis 2025 que l’administration Trump cherche à faire porter son agenda idéologique en Europe via un soutien financier direct.
l’association Amnesty International UK a décrit son centre de soutien aux femmes victimes de violences sexuelles comme contraire aux droits humains en raison de ses positions contre les personnes transgenres.
Luc Haudeville, who travelled by ferry to Iceland with two extremely well-equipped Land Rover Defenders, and, like a 1980s Mountain Dew commercial cosplayer, proceeded to drive the Land Rovers over protected areas throughout the countryside, scarring the land and destroying vegetation. He was actually proudly broadcasting the damage on social media before he received his first fine, 300.000 ISK for destroying the landscape. His response to that fine ? Immediately resuming destroying the landscape.

L’été actuel n’a rien d’exceptionnel, malgré la multiplication des évènements climatiques extrêmes au Québec, ailleurs au Canada, et en France.
Voir aussi Canada : près de 900 incendies en cours et 2,7 millions d’hectares brûlés (reporterre.net) et Minnesota Wildfires Burn 33,000+ Acres In 24 Hours, Two Fires Cross Into Canada. (thehotshotwakeup.substack.com)
It’s a wall of fire from Northern Minnesota all the way through Ontario. It’s no longer a ticking time bomb… the bomb went off.
Les autorités conseillent aux New-Yorkais de limiter au maximum leurs activités à l’extérieur et de porter un masque au besoin.[…]Ces fumées inquiètent notamment à New York, qui accueille dimanche, la finale de la Coupe du monde masculine de football entre l’Argentine et l’Espagne, dans un stade à ciel ouvert.
The American Astronomical Society (AAS) is dismayed by the Federal Communications Commission (FCC) decision on 9 July to grant a license to Reflect Orbital. As the AAS expressed to the FCC, Reflect Orbital’s proposed satellite, which would reflect sunlight back to Earth at night, carries the potential for significant harm to our members and the broader community of those who depend on a dark night sky.

The SFPD’s exposure of hours of videos from drone platform Skydio reveals how broadly it’s watching the city from above—and how the results can spill online.
The Los Angeles Police Department (LAPD) is reportedly ending its deal with Flock Safety, a surveillance company that helps law enforcement track vehicles using thousands of its license plate cameras placed across the United States. […] “This contract is not being renewed because of serious concerns around civil liberties and civil rights issues, particularly around privacy and the data that is being collected from these cameras”
A new procurement record says ICE wants access to personal data, including names, Social Security numbers, and ethnicity, to investigate in part what the agency calls “voters fraud.” It also plans to use the data to investigate immigration fraud.
shredded iceberg lettuce imported from Mexico and served at Taco Bell restaurants in five states is a source of Cyclospora, the foodborne parasite causing the nationwide surge in cases of explosive, watery diarrhea. The five states are Indiana, Kentucky, Michigan, Ohio, and West Virginia.
Portée par plusieurs joueurs après le coup de sifflet final et déposée sur la pelouse du stade d’Atlanta par le milieu de terrain Giovani Lo Celso, la banderole contrevient au règlement de la Fifa, qui interdit toute manifestation politique dans une enceinte lors des tournois qu’elle organise.

There is a choice buried in LG’s updated smart TV terms, and neither option is good. Accept, and you take on legal responsibility for anyone the TV’s AI voice features might record in your home. Decline, and according to Notebookcheck, your TV stops receiving security updates.
Hachette Book Group, Cengage Learning, Elsevier, l’écrivain Scott Turow et sa société d’édition S.C.R.I.B.E. ont déposé une plainte à New York, mardi, contre Google pour violation de droits d’auteur. Ils accusent le groupe d’avoir “secrètement copié des millions d’œuvres” confiées à sa bibliothèque numérique pour entraîner son modèle d’IA, Gemini.
Meta’s AI-fueled layoffs of 8,000 employees targeted workers with disabilities and those who took protected medical or family leaves, alleged a lawsuit filed by 26 employees who were selected for termination. Meta used internal AI tools to select employees for layoffs, according to the complaint filed yesterday by 26 “Doe” plaintiffs in US District Court for the Northern District of California.
When students in the Salamanca City Central School District in Western New York return to school in the fall, they will find a new teaching assistant : a robotic one powered by artificial intelligence. If that doesn’t sound weird enough, the company behind the machine, Realbotix, is the parent of a hyperrealistic sex-doll manufacturer.
Elon Musk’s xAI has installed far more gas turbines without federal permits at its Colossus 2 data center project in Tennessee than it has publicly acknowledged, and the pollution is hitting predominantly Black neighborhoods the hardest, a Reuters analysis found.
New hyperscale data centers can’t set up shop in New York for up to a year now that Governor Kathy Hochul (D) has signed the nation’s first statewide moratorium. But a bill passed by the state legislature that could restrict even more developments still awaits her signature.
Face à un réseau électrique saturé, le gouvernement danois vient d’établir une hiérarchie stricte. La ministre du Climat Samira Nawa est claire : les projets « peu flexibles » comme les immenses data centers ne peuvent plus monopoliser une capacité devenue rare. Le luxe de l’IA passe désormais après l’intérêt général des citoyen·nes.
Australia will require large data centers powering artificial intelligence to generate as much power as they consume, and ensure that creative professionals retain control over work that may be used to train A.I. systems
l’Administration du cyberespace […] a publié de nouvelles mesures, effectives à partir d’aujourd’hui, contraignant les entreprises qui proposent des services d’assistants IA « qui simulent des traits de personnalité humaine et entretiennent une interaction émotionnelle avec les utilisateurs » à mettre fin à ces fonctionnalités pour les mineurs, et à les encadrer strictement pour les adultes.
Large language models do not scale logarithmically. When they’re given more words to process, they get slower and use more memory—the time and resources increase faster as the input grows. In technical terms, LLMs scale quadratically. Any computer-science student knows that this is very bad.

Creator says he will “very loudly ignore” those arguing for a ban on AI tools.
Voir aussi Fork It or Walk Away (tarakiyee.com)
In open source, you can fork it. You can build another city, but one without the people, joy, or festival. Sometimes that is worth the effort, so we cherish that freedom to fork. Or you can walk away, create a distance between you and the injustice, while the injustice remains. Not ideal, but you can’t change everything. But we also have the technology of using your voice. Dissent is a tool, like the other tools we use. Don’t let anyone use “fork it” as a euphemism to point at the door. We don’t live in the fucking Omelas and we don’t bow to kings and lords.
Selon les sources iraniennes, 211 patients ont été évacués de cet hôpital spécialisé dans les cancers pédiatriques.

Sam Saadeh, of Linden, was on a flight traveling from Atlanta to Newark Liberty International Airport on June 4 while wearing a T-shirt that said, “Bombing kids is not self defense.”
Anna Liedtke files criminal complaint in Israel over alleged attack by female guards and says abuse was intended to silence campaigners […] “There is no reason for me to be ashamed,” Liedtke said, in her first interview about the legal case. “Whenever we are silent, they will do it to another person.”
Israel’s defence and finance ministers announced plans for three illegal settlements in Gaza and more than $400m (£300m) in funding to expand construction in the occupied West Bank, as Israel’s military commander for the region celebrated violent outposts as his “security partners”.
Le docteur Baptiste André, qui a participé à l’une des flottilles pour Gaza, arrêté par l’armée israélienne puis expulsé, s’est engagé avec l’association Rizoma 13, afin d’aider financièrement des étudiants en médecine, pharmacie et dentaire de l’enclave palestinienne. Une aide pour une formation d’autant plus nécessaire qu’Israël n’a de cesse de cibler les personnels de santé.
« Nous vivons sous un régime colonial impitoyable, raciste, d’apartheid, qui nous gouverne depuis près de huit décennies et a rendu la vie pratiquement impossible ici. »
Mary Robinson (ancienne présidente d’Irlande) et Helen Clark (ancienne première ministre de Nouvelle-Zélande) appellent à stopper Tel-Aviv, qui cherche « à faire disparaître la Palestine physiquement, économiquement, culturellement et politiquement ». [Elles] condamnent aussi la passivité de l’Union européenne.
Le Premier ministre israélien doit se rendre à New York pour l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre.
Alors que les autorités libanaises ont conclu un accord avec l’Etat colonial d’Israël, piétinant la souveraineté libanaise ainsi que le droit de résistance du Hezbollah, plus de 200 intellectuel·les arabes joignent leurs voix pour affirmer l’unité arabe contre la normalisation avec Israël
Un appel au boycott avait été soutenu par la section grenobloise de la France Insoumise.[…] Face aux critiques, l’artiste a pourtant déjà clarifié son opinion, face caméra, sur ses réseaux sociaux. Elle a ainsi assuré être opposée au gouvernement de Netanyahu, tout en insistant sur le besoin de lutter collectivement contre l’antisémitisme en France.
Andrew Tate, a self-proclaimed misogynist with billions of views online, faces 42 charges, including rape, human trafficking, indecent images of a child and assault, according to the UK Crown Prosecution Service and Bedfordshire Police. Tristan Tate faces 17 charges, including sexual assault, rape and trafficking, officials said.
On Wednesday, Defense Secretary Pete Hegseth made the startling announcement that the US military would begin requiring all active duty and reserve personnel aged 30 and older to undergo mandatory screening for testosterone deficiency.
Des angles de vue suggestifs. Des ralentis douteux. Des gros plans parfois dégradants. La sexualisation des athlètes féminines dans les retransmissions de compétition sportives « demeure une préoccupation majeure »[…]le rassemblement des diffuseurs publics a récemment publié un guide pratique, Placer la barre plus haut, en vue des championnats d’Europe d’athlétisme à Birmingham
En Egypte, pays qui compte plus de deux millions de cafés, dont quelque 150 000 rien que dans la capitale, ces lieux restent un bastion masculin. C’est dans ce contexte que Sarah Essam a ouvert le premier café exclusivement réservé aux femmes, en plein cœur du Caire, dans l’un des quartiers les plus conservateurs et populaires.
En 1965, la Harvard Business Review posait une question volontairement provocatrice : « Les femmes cadres sont-elles des êtres humains ? ». Soixante ans plus tard, les discours ont évolué, mais le sexisme systémique résiste.
A company developed and patented methods for collecting and processing blood samples from tampons. Instead of throwing them away, women seal the tampons in a specially designed collection kit and mail them to the company’s laboratory.
Saisi par des universitaires et des intervenant·es, le tribunal administratif de Paris a tranché en leur faveur, jugeant que la décision d’annulation était « entachée d’une erreur d’appréciation » et que la menace à l’ordre public n’était pas caractérisée.
Une dizaine de pays, dont la France, ont été visés par une campagne de cyberattaque russe. Comme Paris, Londres et Bruxelles ont également annoncé une série de sanctions.
L’incendie qui ravage la forêt de Fontainebleau a atteint une ampleur jamais vue dans la région. Ce drame est le symbole d’une nouvelle donne : presque tous les territoires français doivent désormais se préparer à lutter contre le feu.

les centres de soins sont saturés, indique le réseau, en raison des canicules à répétition. « La faune sauvage est déjà très touchée avec les vagues de chaleur, notamment les oiseaux, mais aussi la plupart des mammifères »
« une situation inédite depuis le début du suivi national en 2012 »
Mercredi 8 juillet, la cour administrative d’appel de Bordeaux a déclaré « l’illégalité » de douze projets de mégabassines dans le Poitou-Charentes, celles de La Palu et l’Aume-Couture. Une décision, consultée par Mediapart, motivée par la protection de l’outarde canepetière.
Une propriétaire d’appartements loués sur Airbnb et la conciergerie mandatée pour les gérer ont été condamnées à 220 000 euros chacune le 10 juillet dernier.[… ]Si les logements ne sont pas disponibles à la location d’ici un mois, la propriétaire devra payer 1 000 euros par jour de retard, par appartement [… ] une décision qui « en appelle d’autres »
L’association Amis de Freinet gère à Mayenne un centre de ressources international rassemblant une importante collection d’archives autour de la pédagogie développée par les époux Freinet à partir des années 1920. Le maire nouvellement élu de la commune demande à l’association de quitter les lieux le 24 août prochain au plus tard. La disparition de ce fonds serait une perte considérable pour le monde éducatif.
L’institution apporte son soutien à l’autrice de la pièce La découvreuse oubliée, qui évoque la découverte de la trisomie 21 par Marthe Gautier en 1958 et sa spoliation par le professeur Jérôme Lejeune. Les héritiers et la fondation éponyme du généticien attaquent la dramaturge en diffamation.
La comédienne française juge notamment que cette récompense qu’elle devait recevoir le 14 juillet est attribuée à « tour de bras pour le meilleur et souvent pour le pire ».
Pour trouver une voix dissonante, il faut aller sur LinkedIn. C’est là que Yoann Lavabre, directeur de théâtre, a sorti un « carton rouge » : « Mais son sexisme aussi ordinaire que lamentable, on en parle ? Pourquoi « une pleureuse » ? Les hommes, les vrais, ça ne pleure pas, c’est ça ? C’est réservé aux femmes de pleurer ? » […] Dans cette logique, ce qui est dévalorisé est associé au féminin : être une « pleureuse », c’est être faible, geignard ou immature. En utilisant ce vocabulaire, le sélectionneur des Bleus conforte des stéréotypes de sexe qui constituent le premier maillon du continuum des violences sexistes et sexuelles. Pour sortir de ces stéréotypes, il s’agit précisément de ne rien laisser passer.
« On salue la proposition de loi et on est heureux de l’accompagner. (…) On regrette toutefois que la prévention des violences sexistes et sexuelles et la détection des violences soient un angle mort »
Alors que la commission d’enquête a conclu ses travaux et que le rapport est désormais en ligne, on a voulu objectiver la place de l’inceste dans les médias. Le constat est celui d’une sous-représentation massive.
Maintien à l’antenne de Jean-Marc Morandini, limogeage d’Olivier Nora, tribune des professionnels du cinéma… Depuis plusieurs mois, les protestations contre la prédation et les pratiques du groupe Bolloré se multiplient.
La chaîne bolloréenne en était persuadée : l’apocalypse ou plutôt la « guérilla » allait tout saccager après le match de Coupe du monde masculine entre les Bleus et les Lions de l’Atlas. Raté.
Le tribunal judiciaire de Nîmes a rendu son ordonnance le 8 juillet. La mairie de Beaucaire, Julien Sanchez et Nelson Chaudon sont déboutés de leur plainte en diffamation contre les deux médias indépendants. Les deux maires RN leur reprochaient d’avoir dénoncé une politique discriminatoire dans l’attribution des locaux commerciaux de la ville
Makassar, l’entreprise en charge de la distribution des livres que nous publions, est en train de faire faillite. Ce que cela signifie pratiquement et financièrement pour nous, c’est que la totalité des ventes des livres que nous avons édités, imprimés et publiés ces deux dernières années, ne nous sera jamais restituée.
Privées de revenus par la faillite de leur distributeur Makassar, 200 maisons d’édition indépendantes et engagées luttent pour survivre. Une crise qui menace d’éteindre les voix féministes, queers ou anticapitalistes en librairie.
Paris et l’Île-de-France sont placés en alerte rouge canicule par Météo-France. Les célébrations de la Fête nationale se feront sous surveillance sécuritaire et sanitaire.

Le constat politique est sans appel : le gouvernement a sabordé ses moyens et ses lignes de défense. Les services publics ont été privés de moyens (l’Office national des forêts a vu ses effectifs sans cesse rabotés depuis vingt ans). Plutôt que d’adapter et prendre soin de nos forêts, l’exécutif ne jure que par les solutions techniques et curatives, communiquant essentiellement sur les Canadairs comme d’autres ne jurent que par la climatisation face à la canicule. Pire encore, même cette réponse court-termiste a été totalement défaillante : le fiasco des commandes de bombardiers, torpillées par les coupes budgétaires de Gabriel Attal, démontrent l’amateurisme au plus haut sommet de l’État face à ces incendies.

Les lobbys agro-industriels ou pétroliers défendent en permanence leurs intérêts, en nous incitant à avoir des productions agricoles ou industrielles qui sont complètement inadaptées et qui aggravent les problèmes. Il faut bien comprendre qu’il n’y a aucune pitié à attendre de ces acteurs.
La France brûle. Ses sols se dessèchent. Des villages doivent déjà être ravitaillés en eau potable par camions-citernes. Dans presque tout le pays, les habitants se voient demander de réduire leur consommation. Et c’est à ce moment précis que 219 sénateurs ont choisi de détruire les règles de partage de l’eau.
Des aliments contaminés au-delà des seuils par des pesticides interdits en Europe, dont du riz Lustucru et des épices Ducros, sont toujours dans les rayons. En cause, l’inaction de l’État et le poids des industries.
Sénateurs et députés ont voté pour le retour de l’acétamipride et du flupyradifurone jeudi 16 juillet. Ces deux pesticides sont réintroduits via l’article 2 Quater de la loi d’urgence agricole, discutée en commission mixte paritaire.
Voir aussi Loi d’urgence agricole : main dans la main avec la FNSEA, la CMP valide le retour des pesticides interdits (humanite.fr)
Une commission d’enquête a calculé que la puissance développée par les data centers pourrait monter, en environ cinq ans, à 15 gigawatts, soit l’équivalent de « 24 % de la puissance nucléaire française ». Cela représenterait un « risque d’accaparement de la production électrique par des opérateurs extra-européens et principalement par les hyperscalers », dédiés à l’IA.

Le ministère de l’Énergie de Maud Bregeon a annoncé à l’AFP que « le gouvernement donnera suite » à la proposition de la Commission de régulation de l’énergie d’augmenter de 2,5 % des tarifs réglementés de l’électricité au 1er août. Et ce, à peine quelques mois après avoir promis, à grand renfort de communication, des factures d’électricité « stables au moins en 2026 et en 2027 ».
Avec l’adoption du budget 2026, ce sont 4032 postes d’enseignants qui ont été supprimés. Dans un contexte assumé de réduction budgétaire, l’Education Nationale figure parmi les ministères touchés par les arbitrages gouvernementaux. Mais un secteur se porte très bien : celui des start-up spécialisées dans l’enseignement.

À la rentrée 2026, deux régions françaises basculent leurs dotations d’ordinateurs lycéens vers des Chromebook Asus sous ChromeOS. Un choix qui intervient alors que le Danemark a fini par interdire ce même écosystème dans ses écoles pour non-conformité au RGPD, et que la France peine elle-même à tenir son discours sur l’indépendance numérique.
Le soutien d’Elon Musk à Marine Le Pen est venu illustrer la difficulté du RN à se trouver des alliés alignés avec son idéologie sans nuire à dix ans de normalisation de l’extrême droite française.
L’ancien ministre s’est vu reprocher ses positions conservatrices par les député·es de gauche qui n’ont pas caché leur hostilité quant à sa nomination.
Deux orphelines de 12 et 10 ans, se sont vu refuser le droit d’asile par le quai d’Orsay. Depuis la mort de leur mère d’un probable cancer de la gorge, en avril, les deux petites sont livrées à elles-mêmes dans le camp de Roj, situé au nord-est de la Syrie. Elles avaient été arrêtées après le retrait de Daech et y ont été transférées par les forces kurdes en décembre 2018.
Après l’analyse de dizaines d’heures de vidéos, Claire Hédon dénonce une « logique de confrontation » : tirs interdits, blessures graves, insultes et appels à tuer des manifestants. La Défenseure des droits demande au ministère de l’Intérieur de sanctionner plusieurs gendarmes, dont des gradés.

Dans la vallée de la Roya, des soldats arrêtent des voitures, interrogent des passants, bloquent les routes. Ils n’en ont pas le droit. Ils le font quand-même. Face à eux : un paysan et sa caméra. Depuis dix ans, les vidéos de Cédric Herrou sont devenues la seule arme capable de tenir l’armée en respect.
la Confédération nationale du logement (CNL) annonce déposer une plainte pénale contre l’inaction de l’exécutif face aux logements thermiquement défaillants, où les plus précaires sont les premiers exposés.[…]Plus de 2 000 personnes sont décédées au cours des dernières canicules, et près de 90 % des victimes sont mortes à leur domicile

Alors qu’un distributeur fait face à un risque de faillite, plusieurs dizaines de maisons d’édition indépendantes alertent sur un possible effondrement de tout leur écosystème et appellent à un sursaut collectif pour sauver la pluralité éditoriale.
Le village de Guitrancourt voit s’accumuler les projets de stockage de déchets, parfois dangereux, dans ses alentours. Alors que des millions de tonnes pourraient arriver dans les prochaines années, habitant·es et élu·es y voient une injustice territoriale.
Face à l’impressionnant dispositif policier qui a encadré les quatre jours de rassemblement contre le canal Seine-Nord Europe, dans le Pas-de-Calais, les manifestant·es ont conservé un mode opératoire festif et créatif.

En réduisant le Comité Adama à la figure d’Assa Traoré, le débat public opère une personnalisation qui révèle moins la réalité du mouvement qu’une manière française de neutraliser les mobilisations antiracistes en substituant une « persona » à un contexte
Chaque année, patronat et syndicats déterminent le taux d’évolution des pensions du régime des pensions complémentaires du privé (Agirc-Arrco) qui gère les retraites complémentaires de 14 millions de personnes, en tenant compte notamment de l’inflation.
Comprendre l’une des dernières grandes victoires sociales en France
À l’occasion des 90 ans de la guerre d’Espagne, l’Acer (les Amis des combattants en Espagne républicaine) veut rendre hommage à celles et ceux qui ont rejoint, par dizaine de milliers, leurs camarades espagnols pour combattre le fascisme.
Un repas de famille, un apéro entre amis… Et vous découvrez qu’un ami ou une connaissance s’est laissé.e convaincre par certains arguments fallacieux de l’extrême droite. Pour y répondre, nous avons créé ce mini-guide qui reprend les principaux thèmes du RN et présente des faits simples et vérifiables.
Soizic Pénicaud, chercheuse spécialisée dans les enjeux numériques, et Camille Girard-Chanudet, sociologue à l’Institut santé numérique en société, ont cofondé – avec Estelle Hary, designer – l’Observatoire des algorithmes publics (Odap). Cette association, ouverte à toutes les contributions, se fixe pour mission de récolter et rassembler des informations sur les algorithmes utilisés au sein des administrations publiques françaises, avec un objectif : mettre en lumière les enjeux de l’automatisation des services publics et, par ricochet, politiser la « question algorithmique ».
The satellites will begin providing wildfire detection capable of spotting even small fires in the United States, Australia, and Europe before the end of the year.[…]Each satellite is equipped with multispectral imaging that can peer through smoke and clouds and detect fires as small as five by five meters
This week, San Francisco’s attorney general, David Chiu, sent cease-and-desist letters, demanding that Apple and Google remove 13 so-called nudification apps from their app store […] Chiu said his office was “absolutely horrified” by how ubiquitous the nudifying technology has become, victimizing mostly women and children at an alarming scale as more tools became available.
Meta’s camera-equipped “AI Glasses” are so divisive that some adopters are now leaving their expensive smart glasses at home
“Billionaires could fund cures for cancer — so why are they funding glasses for perverts instead ?” asked the protest group Everyone Hates Elon.
Microsoft is now testing a cleaner and faster version of Windows Search that should prioritize relevant results over ads and promotional content.
La passionnante étude « Over The Edge 2.0 », publiée par Mozilla, démontre comment Microsoft utilise des designs trompeurs et l’IA Copilot pour étouffer Firefox et saboter la libre concurrence. Enfin, pas partout, notamment en Europe : merci le DMA !
Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) annonce l’accélération de sa sortie de certains logiciels extra-européens pour gagner en souveraineté numérique et réduire ses coûts IT. La Dinum l’accompagne dans cette politique.

L’impopularité écrasante de Starmer et l’affaiblissement des socialistes sont aussi liés à l’installation de nouvelles dynamiques de gauche au Royaume-Uni et la décrédibilisation majeure du Labour auprès des classes populaires qui ouvre un espace à la radicalité.
Alors que les États-Unis célèbrent les 250 ans de leur indépendance, la ville de Pulaski, dans le Tennessee, vit toujours avec un fantôme encombrant. C’est ici, en 1865, qu’est né le Ku Klux Klan. Entre déni local, archives explosives et tentatives de réconciliation, reportage au cœur du malaise mémoriel américain.
Face à une mortalité des arbres accélérée par un dérèglement climatique qui intensifie les sécheresses, les hivers trop doux, les pluies diluviennes et l’augmentation de parasites, quelles espèces résisteront et feront nos paysages d’ici 30 ans ?

« Les émissions issues de la combustion des incendies sont bien plus dangereuses, cancérigènes et délétères pour l’environnement que la pollution liée au produit retardant. Il n’y a pas photo. »
Contrairement aux apparences, nous ne respirons presque jamais de façon égale par nos deux narines. Cette alternance, orchestrée par le cerveau, est indispensable au bon fonctionnement du nez, même si certaines maladies ou allergies peuvent la perturber.
Photographe, journaliste, traductrice et actrice, Tina Modotti chercha à faire converger esthétique et éthique révolutionnaire. Elle fut militante communiste et féministe, active au sein du Secours Rouge International (de l’Internationale Communiste) au Mexique et dans d’autres pays.
En analysant la transmission des manuscrits du Moyen Âge, des chercheureuses estiment que la majorité des œuvres écrites au XIIᵉ siècle ont été perdues. Une découverte qui révèle l’ampleur insoupçonnée du patrimoine littéraire disparu.

les femmes sont moins séduites que les hommes par l’intelligence artificielle. Elles sont davantage enclines à s’interroger sur l’efficacité de ces nouveaux outils ou encore sur leur impact environnemental. Parler de charge mentale… c’est donc une manière, nous dit le magazine, de séduire les mères de famille et de les faire venir progressivement à d’autres usages de l’IA. Un marché d’autant plus prometteur que ce sont ELLES qui sont en charge des achats dans leur foyer…
Comment sensibiliser les élèves de primaire au racisme, aux discriminations et au harcèlement par le jeu ? Depuis plus de dix ans, Ali Guessoum, médiateur culturel, relève ce défi à travers des ateliers d’éducation populaire.Avec son association Remem’beur, il a développé un jeu ludique, « Les Diskri’Minis », afin d’ouvrir le dialogue et encourager la réflexion dès le plus jeune âge.
For decades, governments assumed poor people couldn’t be trusted with unconditional cash. A wave of new evidence says they were wrong.
C’est en pied d’immeuble qu’est expérimentée une micro-ferme maraîchère dans le quartier des Vernes à Givors (Rhône). Des habitant·es la gèrent et vendent la production sur place.
Sak Tahn Waax – ou « Renard à poitrine blanche » serait le nom d’un mathématicien astronome de la civilisation maya.
A series of experiments shows that bees respond differently to tastes depending on their internal states, hinting that they have something akin to our emotions
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