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Mr Mondialisation

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03.11.2026 à 04:00

Des livreurs menacés de mort par l’extrême droite : la haine raciste en roue libre

Elena Meilune

Attirer des travailleurs précaires dans des endroits isolés pour les faire « disparaître » : voilà ce que proposent ouvertement des militants d’extrême droite sur les réseaux sociaux. Une enquête judiciaire a été ouverte, notamment pour provocation directe à un acte de terrorisme. L’immense gravité de ces appels au meurtre contraste avec le silence des […]

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Texte intégral (1980 mots)

Attirer des travailleurs précaires dans des endroits isolés pour les faire « disparaître » : voilà ce que proposent ouvertement des militants d’extrême droite sur les réseaux sociaux. Une enquête judiciaire a été ouverte, notamment pour provocation directe à un acte de terrorisme. L’immense gravité de ces appels au meurtre contraste avec le silence des médias de grande audience et des responsables politiques au pouvoir. Décryptage de ce terrorisme raciste, négrophobe et islamophobe.

Quelques jours après l’attentat raciste de Trappes, une autre affaire d’une extrême gravité émerge dans l’actualité. Sur X, des individus tiennent des discussions au cours desquelles ils envisagent des guets-apens contre des livreurs noirs ou arabes, mais aussi des attaques contre des personnes musulmanes. À Lille, un chauffeur VTC a récemment signalé un possible guet-apens : neuf individus l’attendaient au lieu de rendez-vous, dans un endroit isolé.

Ces échanges remontent déjà au début du mois d’octobre, avant l’attentat de Trappes… Le 25 octobre, le député LFI Thomas Portes les dénonce publiquement et annonce saisir la procureure de Paris. Deux jours plus tard, le parquet confirme à l’AFP l’ouverture d’une enquête confiée à la brigade criminelle.

L’affaire peine à faire grand bruit… alors qu’appeler à assassiner des travailleurs en raison de leur origine, de leur couleur de peau et de leur religion devrait constituer un scandale national.

Des guets-apens racistes discutés ouvertement sur X 

Dans un salon-audio de X intitulé L’heure est à l’action face à la violence des islamo-collabos antifas, lancé début octobre, plusieurs participants échangent sur les moyens de s’en prendre à des personnes noires, arabes ou musulmanes. « Vous commandez des McDonald’s, des trucs comme ça, dans des zones perdues, vous les faites venir et vous les faites disparaître », propose l’un d’eux en riant. D’autres participants évoquent des méthodes telles que l’« empoisonnement », le « mitraillage » ou le « sulfatage ».

Certains déclarent qu’il faudrait « profiter des prières de rue » pour s’attaquer aux personnes rassemblées, ou encore qu’« il va falloir tuer beaucoup de monde ». L’objectif revendiqué par certains est de « reconquérir le territoire » et d’« annuler l’islamisation », particulièrement à Paris et en Seine-Saint-Denis.

Un des participants dit appartenir à la DGSI. Un autre affirme avoir été formé pendant un mois en Israël et vouloir revenir avec ses « soldats » pour « reconquérir le 93 » qui « va rebasculer soit Reconquête, soit Front National ». Il ajoute que ce sera ensuite le tour de Marseille, Lyon, Nantes, Strasbourg…

À Lille, neuf personnes attendaient un chauffeur VTC dans un lieu isolé

L’Humanité rapporte, dans un article du 1er novembre, un témoignage particulièrement inquiétant. Selon Brahim Ben Ali, secrétaire général du syndicat INV VTC, un chauffeur aurait été confronté, la semaine précédente, à une situation rappelant les guets-apens évoqués sur X : 

« À Lille, la semaine dernière, neuf personnes attendaient un chauffeur VTC commandé dans un endroit isolé. Il a lancé une alerte et les collègues sont arrivés rapidement, mettant les autres en fuite » 

Le chauffeur aurait ainsi échappé à une agression grâce à la mobilisation de ses collègues, démontrant toute l’importance des réseaux d’entraide mis en place par les chauffeurs et livreurs pour assurer leur sécurité. Selon L’Humanité, le syndicat INV VTC généralise un dispositif déjà présent notamment à Lille, Bordeaux et Montpellier.

Des groupes de discussion permettent aux travailleurs de partager rapidement leur géolocalisation et de solliciter leurs collègues lorsqu’ils se sentent menacés. Brahim Ben Ali devait être reçu le lundi 2 novembre au ministère du Travail pour évoquer leur sécurité, précise le journal.

Travailler avec la peur de se faire tuer 

Les violences racistes, négrophobes et islamophobes sont déjà une réalité depuis de longues années pour de nombreux livreurs. Interrogé par RMC, Diallo raconte avoir été victime d’une agression raciste de la part d’une cliente, qui lui a lancé des œufs et de l’eau, tout en le traitant de « sale noir ». Après avoir écouté les enregistrements diffusés sur X, il confie :

« On travaille la nuit, jusqu’à tard et entendre ce genre de choses ce n’est pas rassurant. On se sent menacé, on se dit tout le temps qu’il y a quelqu’un qui t’attend quelque part. » 

La peur gagne aussi les familles. Un autre livreur explique que son épouse, après avoir découvert ces appels à la violence, l’appelle désormais chaque soir à 21 heures pour vérifier qu’il est toujours en sécurité. Si son mari ne répond pas, elle insiste jusqu’à obtenir de ses nouvelles. Elle lui a même demandé de ne pas sortir travailler.

Deux tiers des livreurs auraient déjà subi des violences au travail

Les menaces actuelles frappent une population professionnelle déjà particulièrement exposée aux violences et à la précarité. Selon le rapport SANTÉ-COURSE, publié en mars 2026 par une équipe de recherche de l’IRD et de l’Ined, en partenariat notamment avec Médecins du monde, 98,7 % des 1 004 livreurs interrogés à Paris et Bordeaux sont nés à l’étranger et 64,4 % sont sans titre de séjour.

L’étude révèle également que 60 % ont déjà subi des agressions verbales et 24 % des agressions physiques dans le cadre de leur travail. Parmi ceux ayant subi des agressions verbales, 81 % déclarent en avoir été victimes de la part de clients et 67 % de personnes travaillant dans des restaurants. Parmi les répondants, 14 % rapportent des violences ou agressions de la part de policiers.

À ces violences s’ajoutent les discriminations subies dans le cadre de leur travail, mais aussi des contrôles policiers fréquents : près des deux tiers des livreurs interrogés déclarent avoir été contrôlés par la police au moins une fois au cours des douze mois précédant l’enquête.

Entre exploitation économique et violences racistes, une insécurité quotidienne

Dès 2021, le documentaire Les Délivrés, réalisé par Thomas Grandrémy, mettait en lumière les mécanismes de l’ubérisation : rémunération à la tâche, dépendance aux algorithmes, désactivation possible des comptes et absence d’une grande partie des protections associées au salariat.

Mais la précarité de ces métiers ne frappe pas tout le monde de la même manière. Dans son rapport annuel 2023 sur le racisme, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) consacre une section à ce qu’elle appelle « l’organisation racisée du travail » dans les plateformes. Elle souligne la surreprésentation des personnes immigrées et de leurs descendants dans ces activités, leur protection sociale partielle et leur dépendance aux algorithmes.

« Des travailleurs sans papiers trouvent aussi par là un travail précaire et non protégé avec un système illégal de locations de comptes d’autoentrepreneur »

S’appuyant notamment sur les travaux de la sociologue Sophie Bernard, la Commission décrit un système dans lequel des personnes confrontées à des difficultés d’accès à l’emploi se retrouvent concentrées dans des métiers précaires, avec peu de perspectives d’évolution. Pour les travailleurs sans papiers, la situation peut être encore plus brutale.

Autrement dit, l’ubérisation ne produit pas seulement de la précarité, elle reproduit et renforce les inégalités raciales déjà présentes sur le marché du travail.

À cette exploitation économique s’ajoutent des violences racistes qui ne datent pas d’hier. En janvier 2025, Franceinfo recueillait les témoignages de plusieurs livreurs, victimes d’insultes, de menaces et d’humiliations racistes de la part de clients. Certains se retrouvaient même privés de travail après avoir été accusés d’agression par les personnes qui venaient de les insulter.

Le syndicat Union-indépendants dénonçait alors la multiplication de ces situations et les suspensions de comptes qui pouvaient en découler. Non contents de subir des violences racistes, ces travailleurs risquent donc également de perdre leurs revenus lorsqu’ils tentent de se défendre. 

Pour ces livreurs, la peur n’a donc pas commencé avec les appels au meurtre diffusés sur X. Exploités pour leur travail, discriminés pour leurs origines, couleurs de peau, religions, les voilà désormais désignés comme des cibles à abattre. Le tout dans une indifférence politico-médiatique assourdissante. Chez le bloc bourgeois et suprémaciste blanc, les poubelles incendiées méritent avantage d’indignation que des appels à assassiner des êtres humains.

– Elena Meilune


Photo de couverture : Uber Eats / Wikimedia

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02.11.2026 à 16:00

Lula et Janones : 5 principes qui ont mené à la victoire de la gauche au Brésil

Simon Verdiere

Au Brésil, le candidat de gauche Lula a été élu face à l’extrême droite Bolsonariste. Pourtant, Flavio Bolsonaro, le fis de l’ex-candidat Jair Bolsonaro, était arrivé largement en tête au premier tour. La plupart des sondages le donnaient gagnant au second. Pour renverser la vapeur, les partisans de Lula se sont en particulier appuyés sur […]

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Texte intégral (2140 mots)

Au Brésil, le candidat de gauche Lula a été élu face à l’extrême droite Bolsonariste. Pourtant, Flavio Bolsonaro, le fis de l’ex-candidat Jair Bolsonaro, était arrivé largement en tête au premier tour. La plupart des sondages le donnaient gagnant au second. Pour renverser la vapeur, les partisans de Lula se sont en particulier appuyés sur une méthode basée sur les préceptes du député André Janones, soutien et stratège de la campagne.

Baptisée Janonisme, cette tactique se fonde sur une approche innovante de la communication (notamment numérique) et de la mobilisation politique sur le terrain. En coordonnant leurs actions, les militants ont réussi à retourner les algorithmes contre leurs adversaires.

Mr Mondialisation vous présente 5 principes de cette méthode qui pourrait bien se développer en France pour faire gagner la gauche de rupture aux présidentielles.

Janones et Lula le 22 octobre 2026. Wikimedia.

Principe numéro 1 : centraliser et synchroniser

L’un des outils principaux de la gauche brésilienne reposait sur un canal WhatsApp commun à tous les sympathisants. Mis en place au début de la campagne, il rassemblait au départ seulement 60 000 militants. Mais dans l’entre-deux-tours, il a grimpé jusqu’à 11 millions d’abonnés.

Cet unique canal, intitulé « l’armée de Lula », a permis au député André Janones de transmettre des consignes de « missions » simples, en particulier sur les réseaux sociaux, comme lancer un sujet, partager un hashtag, une image ou une vidéo. La pratique est même devenue ludique et facile à répéter pour les militants.

Grâce à cette tactique, tous les participants pouvaient se synchroniser dans un délai très court (de préférence moins d’une heure) pour faire décoller une publication et lui donner une visibilité maximale. La méthode préconise une action unie qui entraîne les faveurs de l’algorithme à l’inverse des initiatives dispersées.

Le député avertit malgré tout sur la nécessité de créer un canal de secours au cas où la plateforme ou la justice suspendrait celui-ci. Dans l’Hexagone, la France insoumise suit déjà cet exemple avec un fil similaire nommé « l’équipe de Mélenchon » qui a dépassé les 170 000 militants.

Principe numéro 2 : ne jamais nourrir l’adversaire

Il s’agit sans doute de l’un des aspects les plus marquants de cette campagne : cesser d’offrir du carburant à ses rivaux politiques. Le député rappelle ainsi que lorsque vous allez commenter une publication de l’un de vos adversaires, y compris pour le contredire et même intelligemment, vous ne faites en réalité que lui donner de la visibilité. Plus vous interagissez avec un post, plus l’algorithme la fera apparaître dans le fil d’autres utilisateurs.

La méthode préconise donc de liker, commenter, partager, s’abonner et regarder les vidéos en entier des comptes en faveur des idées progressistes afin de les diffuser en masse. À l’inverse, elle invite à ne pas interagir de quelques manières que ce soit avec les contenus des opposants. Ne pas répondre, ne pas se moquer ni insulter permet de les invisibiliser. Faire défiler rapidement l’écran va en outre indiquer à l’algorithme que la publication n’est pas importante et va ainsi le suggérer à moins de gens.

Ce point est particulièrement crucial parce qu’il offre une parade aux méthodes de l’extrême droite, très utilisées par Donald Trump, qui consistent à diffuser un maximum de propos polémiques, faux ou outranciers afin de générer beaucoup d’engagements de ses adversaires. En cas de réponse nécessaire, il est, par ailleurs, possible d’avoir recours à des captures d’écran plutôt que commenter directement une publication. Enfin, le blocage peut aussi intervenir pour ne pas être submergé par ses émotions et être tenté de répliquer malgré tout, même s’il n’est idéalement pas recommandé.

Principe numéro 3 : le miroir

S’il est donc déconseillé de répondre directement aux militants de droite et d’extrême droite, il existe tout de même une façon de s’opposer à leurs idées : la technique du miroir. Il s’agit de créer du contenu original en contradiction radicale avec le message d’origine.

Si un membre du RN affirme, par exemple, dans un tweet que le réchauffement climatique est une illusion, il peut être judicieux de faire une déclaration expliquant les conséquences prochaines de cette catastrophe MAIS sans riposter sous la publication. L’idée est plutôt de créer des publications indépendantes qui peuvent être poussées par le canal de communication commun.

La même méthode peut être employée sur les formats. Qu’il s’agisse de vidéos, de mèmes ou d’expressions, tout ce que l’adversaire utilise peut-être détourné pour le ridiculiser ou pour redonner l’avantage au camp progressiste. Ce comportement pourra d’ailleurs inciter les militants de droite à commenter ces publications et à les diffuser plus largement malgré eux, y compris au sein de leur cercle de contacts. Un moyen simple d’élargir la fenêtre d’Overton.

Enfin, la méthode préconise aussi de se réapproprier des symboles nationaux souvent accaparés par l’extrême droite, comme le drapeau ou l’hymne du pays. Dépossédée de ce qu’il perçoit comme des signes de ralliements le camp identitaire s’en trouvera alors déboussolé.

Principe numéro 4 : Percer la bulle

L’un des constats des diverses expériences électorales démontre aussi une tendance des militants à rester enfermés dans une bulle. Autrement dit, le programme politique ne se diffuse que dans un cercle restreint de gens déjà convaincus.

Pour pallier ce problème, Janones préconise d’introduire des messages politiques à l’intérieur de références populaires. En ayant recours à la musique, à l’humour, au sport, à la culture ou encore au jeu vidéo, il devient envisageable d’élargir son audience. En détournant de la matière aimée de tous (des scènes de films, des chansons, etc.), il est plus aisé de produire des contenus dont la force de circulation précède la lecture politique.

Le député préconise ainsi d’utiliser toutes les formes de publications possibles tant qu’elles permettent de générer de l’engagement et de toucher un maximum de personnes. En outre, ces contenus doivent rester populaires et transmettre de véritables idées progressistes sans être trop intellectualisant.

Principe numéro 5 : le passage au réel

Enfin, la méthode rappelle malgré tout qu’une campagne électorale ne peut pas reposer uniquement sur des interactions numériques. Les mobilisations en ligne doivent ainsi se transformer en engagements physiques qui peuvent ensuite alimenter les réseaux personnels.

Qu’il s’agisse de tracts, d’affiches, d’autocollants, de manifestations, de concerts, de porte-à-porte ou de rassemblements festifs, les événements physiques demeurent indispensables, notamment pour convaincre les individus éloignés du cercle virtuel et fortement influencés par les médias traditionnels.

Une dernière tactique mise en avant par le député consiste à susciter la curiosité en poussant les gens à enquêter par eux-mêmes. Les QR codes diffusés dans la rue peuvent, par exemple, servir de pont avec le milieu numérique. L’utilisation de hashtag ou de formulations mystérieuses peuvent aussi amener les électeurs à se rendre sur un moteur de recherche et à tomber sur du contenu militant.

Janones et Lula en août 2022. Wikimedia.

Continuer la lutte

Évidemment, il n’existe pas de méthode miracle pour vaincre la droite et l’extrême droite et que la gauche de rupture remporte les élections. La victoire de Lula est même loin d’être ample et il ne disposera pas de la majorité au congrès.

Néanmoins, cette élection rappelle que rien n’est joué d’avance et qu’il est toujours possible de faire mentir les enquêtes d’opinion. En France, le Nouveau Front Populaire avait d’ailleurs largement déjoué les sondages. Reste à savoir si Jean-Luc Mélenchon pourra en faire autant. Le Janonisme pourrait en tout cas apporter sa pierre à l’édifice. Et en attendant le scrutin, tous les espoirs et les tentatives d’y parvenir sont permises.

– Simon Verdière


Photo de couverture : Lula et Janones. 22 octobre 2026. Wikimedia.

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01.11.2026 à 05:00

Bonheur, fourrure et eucalyptus : 10 bonnes nouvelles de la semaine

Mauricette Baelen

Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer cette semaine. 1. La Finlande, pays le plus heureux du monde, au terme du mandat de Sanna Marin La Finlande a renforcé plusieurs politiques sociales : réforme du congé parental, scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans, reconnaissance […]

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Texte intégral (1456 mots)

Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer cette semaine.

1. La Finlande, pays le plus heureux du monde, au terme du mandat de Sanna Marin

La Finlande a renforcé plusieurs politiques sociales : réforme du congé parental, scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans, reconnaissance de l’autodétermination de genre, objectif de neutralité carbone en 2035… Ce qui lui permet d’être en tête du classement mondial du bonheur depuis 2018. Depuis le départ de la présidente, la coalition de droite a engagé des réductions de prestations sociales. (La Relève et la Peste)

2. Le Danemark abandonnera définitivement l’élevage de visons pour leur fourrure d’ici 2029

Le gouvernement danois n’a pas demandé la dérogation à l’interdiction européenne de l’élevage de visons, qui entrera en vigueur en août 2027, avec une période de transition jusqu’en août 2029. Le vison d’Amérique ayant été classé parmi les espèces exotiques envahissantes, cette décision répond aussi aux préoccupations liées à la biodiversité et au bien-être animal. Après l’abattage de 15 millions de visons en 2020 pendant la crise du Covid-19, seuls sept élevages subsistaient au Danemark en août 2026. (notre-planete.info)

3. En Australie, 44 000 eucalyptus plantés pour les koalas deviennent le point de départ d’un vaste programme de conservation

Il y a 30 ans, Steve et Terri Irwin on achèté un terrain de 1 416 hectares dans le Queensland et y plantent 44 000 eucalyptus pour restaurer l’habitat des koalas. Le domaine a ensuite été agrandi et intégré à un réseau de propriétés protégées couvrant aujourd’hui plus de 182 000 hectares. Au-delà des plantations, le projet vise à reconnecter les parcelles forestières, lutter contre les plantes invasives et préserver les déplacements des animaux. (Futura)

4. Dans la Manche-Est, les chalutiers de plus de 25 mètres bientôt exclus de la bande côtière

Sous la pression des pêcheurs artisanaux et des associations écologistes, le gouvernement français lance une consultation de deux mois auprès de la Commission européenne et des États membres pour interdire aux navires de plus de 25 mètres de pêcher dans les eaux côtières de la Manche-Est, du mont Saint-Michel à la frontière belge. Ces grands navires représenteraient près de la moitié des captures remontées dans les eaux territoriales des Hauts-de-France entre 2022 et 2024. (Vert)

5. Au Portugal, les animaux seront désormais intégrés aux plans de secours en cas de catastrophe

Entrée en vigueur le 8 août 2026, la loi n° 38/2026 intègre officiellement la recherche, le sauvetage et les premiers secours aux animaux dans les missions de la protection civile portugaise. Chaque municipalité devra prévoir évacuation, hébergement temporaire et ravitaillement, ainsi qu’une zone spécifique pour les accueillir lors des opérations de secours. Cette réforme fait notamment suite à l’incendie de Santo Tirso, en 2020, qui avait coûté la vie à une soixantaine d’animaux dans un refuge faute de secours autorisés à intervenir. (Cap sur le Portugal)

6. Au moins 22 oursons recensés dans les Pyrénées au premier semestre 2026

Le suivi de l’ours brun coordonné par l’OFB a permis de détecter au moins 11 portées et 22 oursons dans les Pyrénées : neuf portées du côté français, notamment en Ariège, dans les Pyrénées-Atlantiques et en Haute-Garonne, et au moins deux portées de trois oursons côté espagnol. Deux portées initialement composées de trois petits n’en comptent toutefois plus que deux. Malgré ces naissances, l’association Pays de l’Ours s’inquiète de la consanguinité croissante au sein de la population pyrénéenne. (Pays de l’Ours)

7. UCPVax : un vaccin anticancer développé à Besançon déclenche une réponse immunitaire chez 80 % des patients testés

UCPVax cible la télomérase, une enzyme présente dans la majorité des cancers, afin de stimuler les défenses immunitaires contre les cellules tumorales. Lors d’un premier essai clinique mené auprès d’une soixantaine de patients atteints d’un cancer du poumon métastatique sans solution thérapeutique, environ 80 % ont développé une réponse immunitaire au vaccin. Une amélioration de la survie a également été observée chez la moitié des patients répondeurs. Ces résultats préliminaires ont conduit à poursuivre les essais de phase II sur plusieurs cancers, avec plus de 200 patients ayant déjà reçu le vaccin. L’objectif est désormais de parvenir à un essai de phase III. (Inserm)

8. Dans l’Oise, l’Aronde va retrouver son tracé médiéval pour mieux préserver l’eau et la biodiversité

Modifiée au Moyen Âge pour alimenter les moulins, l’Aronde, rivière de 26 kilomètres qui rejoint l’Oise, va retrouver son ancien lit à Gournay-sur-Aronde. Les travaux doivent lui redonner un cours plus sinueux afin de ralentir les écoulements, favoriser les débordements naturels dans les marais, recharger les nappes phréatiques et restaurer les habitats naturels. Le projet vise aussi à mieux protéger le territoire contre les sécheresses. (France 3 Hauts-de-France)

9. Des dockers du monde entier préparent une journée de grève et de mobilisation en solidarité avec la Palestine

À l’appel de syndicats et de la Fédération générale palestinienne des syndicats, une deuxième Journée internationale d’action des dockers doit débuter le vendredi 30 octobre pour dénoncer la guerre menée contre les Palestiniens et le militarisme. L’initiative entend mobiliser les travailleurs des ports à travers le monde, notamment pour empêcher le transport d’armes vers Israël. (Jacobin)

10. En Pologne, restaurer une forêt vieille de 12 000 ans pour protéger la frontière avec la Biélorussie

Dans la forêt de Białowieża, l’une des dernières forêts primaires d’Europe, des scientifiques et des responsables militaires défendent une stratégie originale : restaurer les zones humides, les marais et les cours d’eau pour créer une barrière naturelle contre d’éventuelles incursions militaires russes ou biélorusses. Baptisée « WarWilding », cette approche a été intégrée au projet de défense polonais « Bouclier vert de l’Est », avec notamment 120 millions de dollars annoncés pour réhumidifier les tourbières et les marécages. Elle pourrait aussi permettre de préserver la biodiversité et de lutter contre les sécheresses. Mais la multiplication des routes et des travaux d’infrastructure menace cette ambition en fragmentant les habitats et en perturbant les circulations de l’eau. (Mongabay)

– Mauricette Baelen


Photo de couverture – Unsplash / Ethan Hu

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31.10.2026 à 05:00

Racisme, RN et dividendes : les 10 infos de la semaine

Mauricette Baelen

Vous n’avez pas eu le temps de lire l’actu ? Voici 10 infos à ne surtout pas manquer cette semaine. 1. Après l’attentat raciste de Trappes, le gouvernement met en cause la gauche et ménage le RN Lors des questions au gouvernement du 27 octobre 2026, après l’attentat raciste commis à Trappes le 23 octobre, […]

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Vous n’avez pas eu le temps de lire l’actu ? Voici 10 infos à ne surtout pas manquer cette semaine.

1. Après l’attentat raciste de Trappes, le gouvernement met en cause la gauche et ménage le RN

Lors des questions au gouvernement du 27 octobre 2026, après l’attentat raciste commis à Trappes le 23 octobre, qui a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi, Sébastien Lecornu a établi un parallèle avec les morts de Quentin Deranque et Thomas Perotto à Crépol. L’exécutif a ainsi renvoyé dos à dos le RN et LFI, tout en accusant la gauche de récupération et en la critiquant lorsqu’elle demandait des comptes. «Trappes est une République islamique en miniature», disait déjà Jordan Bardella en 2022. (L’Humanité)

2. En pleine crise des carburants, les pétroliers se partagent 180 millions d’euros de dividendes

La Sagess, société privée chargée de gérer une grande partie des stocks stratégiques de pétrole français, a décidé en juin 2026 de distribuer 180 millions d’euros à ses actionnaires, soit près du double de son bénéfice de 2025. TotalEnergies doit percevoir environ 60 millions d’euros et Siplec, filiale de Leclerc, 33 millions. Son PDG, salarié détaché de TotalEnergies, dirige une structure dont l’actionnariat et les instances de contrôle sont largement liés aux opérateurs pétroliers, soulevant des questions sur l’indépendance de la gestion des réserves stratégiques. (Observatoire des multinationales)

3. Le Sénat durcit fortement la loi « casseurs-payeurs »

Une responsabilité financière solidaire pouvant atteindre 10 000 euros par personne pour les participants à un attroupement violent, même s’ils n’ont pas personnellement commis les dégradations. Il permet également de saisir une partie des allocations familiales, des APL et du RSA pour rembourser les dommages. Les sénateurs ont ajouté la possibilité d’exiger des plateformes le retrait sous 24 heures de contenus appelant aux violences, aux dégradations ou à l’insurrection, sous peine de blocage ou de déréférencement. Le texte facilite aussi le recours aux drones lors des manifestations et prévoit de nouvelles interdictions administratives de manifester. (Mediapart, Public Sénat)

4. Les centres LGBTQIA+ dans le viseur de l’extrême droite : 79 attaques recensées en 2026

En 2026, Problematik et StreetPress ont recensé 79 attaques de l’extrême droite visant les personnes LGBTQIA+, dont des agressions, du cyberharcèlement et des dégradations de lieux associatifs. Six centres LGBTQIA+ ont été ciblés. À Lille, Lyon, Maubeuge, au Mans ou encore à La Roche-sur-Yon, les associations rapportent des intrusions, des menaces, des tags néonazis et des attaques physiques. À Lyon, une vidéo diffusée par le collectif Eros a déclenché une vague de menaces contre un centre et ses bénévoles, qui a porté plainte. (Problematik)

5. En Guadeloupe, la sécheresse aggrave une crise de l’eau qui dure depuis plus de dix ans

Plus des deux tiers de la population guadeloupéenne subissent des coupures d’eau, aggravées par la sécheresse et un réseau vétuste dont les fuites atteignent en moyenne 60,4 %, selon un rapport de la Cours des comptes. Les habitants doivent stocker l’eau, se ravitailler aux fontaines ou acheter des bouteilles, tandis que les coupures prolongées affectent leur quotidien et leur santé. Malgré un plan de réparation de près de 5 000 fuites, les résultats tardent. Une procédure judiciaire ouverte le 24 septembre pourrait permettre aux victimes de demander réparation ; la remise à niveau du réseau nécessiterait près de 2 milliards d’euros. (Reporterre)

6. À Paris, des policiers s’en prennent aux salariés d’un restaurant qui avaient aidé des manifestants

Lors de la manifestation du 17 octobre, des salariés du Blend Burger ont accueilli des manifestants et des passants pour les protéger des gaz lacrymogènes. Selon leurs témoignages et les vidéos consultées par StreetPress, des policiers ont ensuite forcé l’entrée du restaurant, brisé sa baie vitrée et frappé plusieurs personnes. Un employé affirme avoir reçu des coups au visage et un manifestant dit avoir été blessé au ventre. L’IGPN a été saisie, tandis que la préfecture de police indiquait encore se renseigner sur l’affaire. (StreetPress)

7. Près de 6 000 témoignages de troubles menstruels après des expositions aux gaz lacrymogènes

Le collectif Lacrymos de sang a recueilli près de 6 000 témoignages de femmes signalant des règles très douloureuses, des saignements inhabituels ou des cycles perturbés après une exposition aux gaz lacrymogènes. Certaines personnes enceintes ont également rapporté des fausses couches. Des études menées à l’étranger ont observé des symptômes similaires, sans toutefois établir de lien de causalité. Les effets des gaz, notamment du composé CS, sur la santé reproductive restent mal connus : le collectif réclame davantage de recherches et une prise en compte institutionnelle du problème. (La Relève et la Peste)

8. Le RN vote contre le rétablissement de l’ISF et la taxe Zucman

Lors de l’examen du budget 2027, le 16 octobre, les députés RN ont voté contre le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et contre la taxe Zucman, qui instaurerait un prélèvement minimum de 2 % sur les patrimoines dépassant 100 millions d’euros. Cette dernière a été rejetée par 70 voix contre 35. Le RN, comme plusieurs groupes de droite et du centre, a notamment justifié son opposition par le risque d’exil des milliardaires. Le vote sur le volet recettes du budget est prévu le 3 novembre à l’Assemblée nationale. (La Relève et la Peste)

9. En Israël, la gauche et les partis arabes s’imposent comme des acteurs incontournables

En Israël, les partis arabes réalisent une percée et deviennent incontournables dans les tractations. Avec plus de 85 % des bulletins dépouillés, le bloc de Benyamin Netanyahou reste en tête avec 53 sièges, contre 48 pour le bloc d’opposition emmené par le centriste Gadi Eisenkot. Les partis à majorité arabe sont crédités de 19 sièges, un niveau sans précédent. Leur poids devient déterminant dans les tractations pour former une majorité, même si les divisions politiques rendent cette alliance incertaine. (L’Humanité)

10. La réélection de Lula soulage le gouvernement mexicain face à l’influence de Trump en Amérique latine

Au Mexique, la victoire de Lula face au candidat d’extrême droite Bolsonaro fils a été accueillie avec soulagement. Cette réélection éloigne, selon eux, le risque de voir le Brésil s’aligner sur la politique de Donald Trump et laisse au Mexique un allié de poids pour faire contrepoids aux ambitions américaines dans la région. L’ancien ambassadeur mexicain au Brésil estime qu’une défaite de Lula aurait isolé le Mexique face à Washington. (Le Monde)


Photo de couverture : Wikicommons (c), Par Jules* — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=202207383

– Mauricette Baelen

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30.10.2026 à 05:00

L214 : vers un abandon progressif de l’élevage ?

Marie Waclaw

En bientôt deux décennies, son nom est venu systématiquement s’associer aux vidéos d’élevage intensif. Brigitte Gothière, lanceuse d’alerte, a permis à des millions de français de découvrir les horreurs endurées par les animaux de rente, l’association L214 sort aujourd’hui Nourrir ou trahir : comment l’élevage intensif saigne la France. Entretien. [Temps de lecture estimé : […]

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En bientôt deux décennies, son nom est venu systématiquement s’associer aux vidéos d’élevage intensif. Brigitte Gothière, lanceuse d’alerte, a permis à des millions de français de découvrir les horreurs endurées par les animaux de rente, l’association L214 sort aujourd’hui Nourrir ou trahir : comment l’élevage intensif saigne la France. Entretien.

[Temps de lecture estimé : ~ 12 min]

Depuis 2008, L214 poursuit sans relâche un travail d’alerte et d’enquête pour informer le grand public sur ce que l’industrie agroalimentaire souhaite absolument cacher. En parvenant à se rendre visible auprès de médias nationaux, l’association a définitivement mis les Français face à la vérité crue et épouvantable de ce qu’endurent, chaque jour, des millions d’animaux afin de remplir nos assiettes.

Dans Nourrir ou trahir : comment l’élevage intensif saigne la France, Brigitte Gothière et Sébastien Arsac, cofondateurs de L214, expliquent comment l’État n’a pas tenu parole et a bafoué l’article du Code Rural qui porte le nom de l’association. En 1976, il y était écrit que « tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. »

Naître et mourir sur des caillebotis, voilà le sort de trop nombreux porcelets... ©L214
Naître et mourir sur des caillebotis, voilà le sort de trop nombreux porcelets… / © L214

Depuis, force est de constater que l’élevage intensif est devenu la norme, emportant avec lui toutes les promesses de bien-être animal. Parqués, enfermés, coincés, mutilés, écorchés, privés de soins, laissés à l’agonie, gazés, égorgés sans étourdissement, parfois écartelés vivants… Les animaux d’élevage vivent un enfer, de leur naissance jusqu’à leur mort. En parallèle, éleveurs et employés d’abattoirs subissent trop souvent un système rouleau-compresseur qui engendre violence et désespoir.

Pourtant, à défaut de mettre fin à l’élevage du jour au lendemain, il existe des solutions pour tenter de stopper le pire. C’est ce que L214 a nommé Le Sauvetage du siècle. L’objectif ? Diviser par deux la quantité de viande consommée en France à l’horizon 2030, et ainsi soulager la lourde dette payée par les humains et les animaux au sein d’un système profondément mortifère, qui ne bénéficie qu’à une minorité.

Rencontre et explications avec Brigitte Gothière.

En octobre 2026, des milliers de personnes défilaient à Paris pour demander la fermeture des abattoirs ©L214
En octobre 2026, des milliers de personnes défilaient à Paris pour demander la fermeture des abattoirs / © L214

Mr Mondialisation : L214 a bientôt 20 ans. Peut-on lancer un petit regard dans le rétro et parler de ses débuts avec Sébastien et toi ?

Brigitte Gothière : « On parle souvent de Sébastien et moi, mais nous sommes cofondateurs de L214 avec une dizaine d’autres personnes. On a mis l’étincelle à l’époque, avec Stop Gavage, mais on ne serait pas partis tous seuls. D’autres personnes étaient là, pouvaient relire les communiqués de presse, échanger avec nous sur la stratégie… Donc ce n’est pas juste nous deux, loin de là. » 

Mr Mondialisation : Comment expliques-tu, du coup, que ce soient vos deux noms qui soient restés ?

Brigitte Gothière : « Sans doute parce que nous étions ceux qui avions le plus de temps, car on ne travaillait pas ailleurs en parallèle. Autant te dire qu’on en a mangé, des patates ! Mais du coup, quand il y avait des interviews, des demandes d’intervention et autres, alors c’était Sébastien ou moi. Nos deux têtes sont devenues médiatiques, par la force des choses. Mais l’association, c’est un travail avant tout collectif : celui des salarié·es, des bénévoles… On a sorti plein de livres qui étaient collectifs, mais les médias ne sachant pas trop vers qui tourner le micro, ça finissait et finit toujours par être Sébastien ou moi. » 

« Ce qui fait la particularité de L214, je pense que c’est cette conjugaison entre l’action, les objectifs à court terme et la vision à long terme. » 

Mr Mondialisation : Et justement, ce travail collectif, celui de L214, comment le perçois-tu aujourd’hui, bientôt 20 ans après son démarrage ? 

Brigitte Gothière : « Notre colonne vertébrale est toujours là : essayer, dans l’absolu, d’éradiquer le spécisme avec une association qui, dès le départ, s’est concentrée sur les animaux utilisés comme ressource alimentaire. C’est une association sectorielle, qui s’intéresse à une thématique déjà vaste, mais autour de laquelle on est restés centrés. Ce qui fait la particularité de L214, je pense que c’est cette conjugaison entre l’action, les objectifs à court terme et la vision à long terme.

On tente d’obtenir des avancées pour, un jour, ne plus manger les animaux. On essaie d’être rigoureux dans ce qu’on fait, d’apporter des preuves, de se documenter. Puis d’avoir des demandes à la fois ambitieuses et réalisables dans un laps de temps assez court. L’objectif reste de faire reculer les limites de l’horreur afin de finalement créer les conditions pour se dire qu’il faut être logique, en allant au bout de la démarche et en stoppant l’exploitation animale. Le tout, en visant aussi bien la législation que les entreprises. » 

« Faire reculer les limites de l'horreur » pour des animaux qui vivent l'enfer de la naissance jusqu'à la mort... ©L214
« Faire reculer les limites de l’horreur » pour des animaux qui vivent l’enfer de la naissance jusqu’à la mort… / © L214

Mr Mondialisation : Un objectif dont vous parlez dans Nourrir ou trahir : comment l’élevage intensif saigne la France…

Brigitte Gothière : « Oui, et qui interroge sur le point de départ : d’abord le changement de mentalité puis le changement de pratique, ou le changement de pratique et ensuite le changement de mentalité ? Est-ce que ça doit se faire de façon consciente, ou s’agit-il de questions d’environnement ? Aujourd’hui, arrêter de manger les animaux reste une décision individuelle. Même prises ensemble, elles ne font pas système. D’ailleurs, pour ces personnes-là, c’est justement un acte à contre-courant du système, qui entraîne une pression sociale permanente.

En parallèle, le constat actuel, après presque 20 ans de combat, est double. Nous avons réussi à faire reculer l’élevage de poules en cages, à obtenir des engagements pour la viande de poulet, ou bien le menu végétarien à l’école. Ces avancées changent un peu l’environnement alimentaire, et ont fait reculer certaines des pires pratiques pour une partie des animaux, comme le broyage des poussins.

Mais il y a également une forme de frustration, car le nombre d’animaux tués ne recule pas ! C’est juste terrible. La consommation de viande reste constante : moins de bœuf, mais plus de poulet. Franchement, c’est à se taper la tête contre les murs… »

« actuellement, on doit faire avec la mode de la musculation à tout va, et toutes les dérives qui vont avec. » 

Mr Mondialisation : L’une des causes à l’absence de baisse est multi-factorielle. Parmi les causes, une obsession depuis quelques années pour les protéines, poussée notamment par les mouvements masculinistes…

Brigitte Gothière : « Oui, et très clairement, l’environnement socioculturel joue un rôle clé. L’industrie de la viande est très forte : dès qu’elle perçoit un déclin, elle va nous inventer un nouveau truc. Actuellement, c’est la protéine, mais en éludant complètement les protéines végétales, sous prétexte qu’elles seraient moins assimilables. En réalité, notre dissonance cognitive nous trouve des excuses sur des comportements que l’on sait néfastes. Or, on a tous tendance à avoir un apport excédentaire en protéines…

Donc oui, actuellement, on doit faire avec la mode de la musculation à tout va, et toutes les dérives qui vont avec. Mais ça a été pareil avec la cigarette. À l’époque où ils ont voulu cibler les femmes, il y a eu toute une campagne sur le fait que fumer, c’était « être libre. » Ça paraît délirant, mais c’est vrai. Effectivement, c’est ce contre quoi il faut qu’on lutte. » 

L'association intervient au sein de grandes enseignes pour tenter d'enrayer les pires pratiques d'élevage ©L214
L’association intervient au sein de grandes enseignes pour tenter d’enrayer les pires pratiques d’élevage / © L214

Mr Mondialisation : Si les français consomment autant de viande aujourd’hui, c’est également à cause de l’État qui nous a « trahis ». Nourrir ou trahir paraît 50 ans après la création de l’article L. 214 du Code rural qui stipulait que « tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. » Or, jamais autant d’animaux n’ont été malmenés pour finir dans des assiettes. Ce livre est-il l’occasion de taper du poing sur la table ?

Brigitte Gothière : « Je pense qu’il vient du fait qu’en interview, on ne peut mettre en lumière qu’une partie du combat global. Quand on sort une enquête, on va donner un angle, porter une revendication, mais on n’a pas la « big picture ». Là, l’idée était de poser sur la table un projet en lien avec l’article L. 214 sur les pires pratiques d’élevage. Ce projet, baptisé Le Sauvetage du siècle, est atteignable et très compréhensible. 

Le but est de diviser par deux notre consommation de viande en 2030. Or, 2030, c’est demain : donc on ne repousse pas l’échéance en attendant qu’elle arrive, on commence tout de suite ! Dans le livre, on montre les chemins possibles pour y arriver. Et, peut-être, rassurer les personnes qui aujourd’hui, sont un peu paniquées à l’idée de changer de modèle. Le changement fait peur, mais on va le subir, comme on l’a vu cet été.

« On avance point par point : 2030, c’est épargner la vie, les conditions d’élevage et la mort de 600 millions d’animaux. » 

Alors, plutôt que de subir les changements, essayons d’être moteur, de trouver des chemins communs. On montre donc, filière par filière, quel effet ces 50% de moins pourraient créer afin d’emmener avec nous les personnes qui survivent aujourd’hui de l’élevage.

On avance point par point : 2030, c’est épargner la vie, les conditions d’élevage et la mort de 600 millions d’animaux sélectionnés génétiquement et dont la vie est destinée à être compressée dans un hangar. Cela n’élude pas la question de l’abolition. Commençons par tordre la courbe, puis continuer d’avancer. » 

Objectif à court terme, réduire le nombre de victimes. À long terme, stopper la consommation d'animaux ©L214
Objectif à court terme, réduire le nombre de victimes. À long terme, stopper la consommation d’animaux / © L214

Mr Mondialisation : Tu évoques le sort des éleveurs. Ce point est particulièrement bien expliqué dans le livre. La majorité des éleveurs sont prisonniers du système actuel. Comment leur faire entendre qu’ils sont piégés ? 

Brigitte Gothière : « Pour la grande majorité, ils le savent. Dans le livre, on évoque l’enquête qui a été menée auprès de plus de 7 000 agriculteurs par le Shift Project. C’est une mine d’informations. Les agriculteurs, dans leur ensemble, sont prêts à évoluer, mais ils sont tenus à la gorge.

Ça explique le nombre de suicides au sein de la profession… Certains agriculteurs avec lesquels on a échangé nous font aussi part de leur peur face aux possibles représailles. Le livre de Nicolas Legendre, « Silence dans les champs », explique très bien le fait qu’ils ne peuvent pas s’exprimer ou défendre un autre modèle.

Nous, on veut réduire – même si 50%, ce n’est qu’une étape. En réduisant, on sait pouvoir améliorer la vie des agriculteurs. Car réduire signifie des effets positifs sur l’environnement, la santé, le partage des ressources…

L’élevage n’est quasiment jamais sur la table quand on parle des énergies fossiles, alors que réduire ne demande aucun défi technique : c’est juste hyper simple ! Il faut arrêter de croire les banques et les coopératives qui soutiennent que c’est en s’agrandissant et en s’endettant davantage que les agriculteurs vont s’en sortir. On sait que c’est faux. »

Les abattoirs sont des lieux de souffrance pour les animaux... et, trop souvent, également pour les humains ©L214
Les abattoirs sont des lieux de souffrance pour les animaux… et également pour les humains / © L214

Mr Mondialisation : Vous parlez également, dans Nourrir ou trahir, du pouvoir délirant de la FNSEA. Ce « syndicat » est avec le temps devenu un lobby, qui mène le monde agricole à la baguette et a même ses entrées au Ministère de l’agriculture…

Brigitte Gothière : « Oui. La FNSEA a également des parts dans la plupart des journaux agricoles. Elle impose une espèce de chape, alors que c’est un syndicat qui devrait défendre les agriculteurs. En réalité, elle ne défend que les gros céréaliers – ce n’est pas un hasard si Arnaud Rousseau, président d’Avril, en est à la tête aujourd’hui. Il est céréalier et a donc intérêt à ce qu’on mange les animaux afin de vendre plus de céréales.

Sachant que la FNSEA a le pouvoir médiatique, politique et économique, comment combattre ? En essayant de passer par les attentes citoyennes. Il faut savoir qu’à la question « Serait-il souhaitable de vivre dans une société sans élevage ni abattoir ? », 49% des sondés répondent oui… L’idée de laisser les animaux tranquilles fait son chemin dans l’opinion publique. Les coopératives, les syndicats et les banques envoient les agriculteurs au casse-pipe.

Mr Mondialisation : Avec ce livre, vous espérez toucher toute la classe politique. Or, les partis de droite votent systématiquement contre toute réforme en faveur du bien-être animal. L’argumentaire à tenir vis-à-vis des différents partis politiques peut-il être le même ?

Brigitte Gothière : « Non. Néanmoins, l’électorat, lui, n’a pas cette différence « droite-gauche » quant à la question animale. Du coup, on aimerait inviter la droite à entendre son électorat… Et à se confronter à ses propres incohérences. Quand la droite parle de souveraineté alimentaire en construisant plus d’élevages, elle continue de fragiliser le système.

La droite parle de traditions, la gauche parle d’élevage paysan. Oui, donc de cette fameuse « petite exploitation autonome ». Or, aujourd’hui, les éleveurs sont pour la plupart en contractualisation, et donc absolument pas indépendants. L’image du « petit chef libéral » n’existe plus. La droite fait donc l’inverse de ce qu’elle annonce et est en décalage par rapport aux attentes de son électorat. Mais ce n’est pas parce qu’ils sont à droite qu’on va les laisser tranquilles… on va juste travailler avec la gauche.

« Là, ils prévoient 2 000 nouveaux poulaillers d’ici 2030, 2035 : il est temps que la droite vote autrement. »

Mais pour pouvoir le dire, il faut que ce sujet puisse être discuté. Or aujourd’hui, qui est-ce qui pose le cadre du débat ? La droite. Donc, si on ne va pas les attaquer sur ce cadre, on n’est audible qu’auprès d’une partie du spectre politique… Ce qui fait qu’on n’obtient rien : les propositions qu’on porte se font défoncer, et ce sont les animaux qui payent. Là, ils prévoient 2 000 nouveaux poulaillers d’ici 2030, 2035 : il est temps que la droite vote autrement. Pour les animaux, et parce qu’elle a des comptes à rendre à son électorat. » 

83 à 85% des Français se disent contre l'élevage intensif ©L214
83 à 85% des Français se disent contre l’élevage intensif ©L214

Mr Mondialisation : Comment faire en sorte que la cause animale ne soit pas l’angle mort des élections qui arrivent, surtout dans un climat aussi tendu où les humains eux-mêmes peinent à se faire entendre ?

Brigitte Gothière : « Je n’ai pas l’impression, en 30 ans de militantisme, que la voix des animaux ait déjà été prioritaire. On nous a toujours dit que les animaux, ça se ferait après. C’est donc important qu’on continue notre travail, d’autant que la voix des autres animaux n’est pas en porte à faux : s’occuper des animaux ne va rien enlever aux humains. On peut très bien arrêter de manger les animaux et continuer nos luttes.

Il faut donc porter la voix des animaux pour eux-mêmes, et continuer, dans le même temps, à porter d’autres luttes. Le changement de modèle agricole et alimentaire, par exemple, est lié aux autres luttes : environnementales, sociales, sanitaires, etc. Cela permettrait d’améliorer le sort de tout le monde. C’est donc, au contraire, le moment de porter cette question au centre du débat.

Réduire de moitié le nombre d'animaux tués aurait un impact bénéfique pour tout le monde ©L214
Réduire de moitié le nombre d’animaux tués aurait un impact bénéfique pour tout le monde ©L214

Le pire qu’on peut subir, c’est justement le manque de nourriture. Et là, on nous y emmène tout droit en faisant souffrir grandement les animaux pour élever à 85 kilos par an et par personne la quantité de viande avalée. En réalité, on gaspille de la nourriture. On devrait au contraire être en train de chercher des chemins, même en faisant abstraction des autres animaux, qui utilisent le moins de ressources possible. Or, c’est tout sauf l’alimentation carnée. Donc finalement, quelle que soit la lutte pour laquelle on se bat, ça finit par se croiser avec la façon dont on traite les autres animaux… » 

Retrouvez le livre : Nourrir ou trahir : comment l’élevage intensif saigne la France, de Brigitte Gothière et Sébastien Arsac, Éditions Payot, 2026, 240 p.

– Entretien réalisé par Marie Waclaw


Photo de couverture : ©L214, avec toutes autorisation

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29.10.2026 à 05:00

Basta Capital : et si on kidnappait les patrons du CAC 40 ?

Mr Mondialisation

Emmanuel Macron décrète l’état d’urgence social, régularise les sans-papiers, met fin aux interventions françaises motivées par des intérêts économiques et annule la dette des pays du Sud global. Pendant ce temps, les grands patrons du CAC 40 se reconvertissent en réparateurs, couturiers ou menuisiers. Vous rêvez ? C’est pourtant le point de départ de Basta […]

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Texte intégral (1734 mots)

Emmanuel Macron décrète l’état d’urgence social, régularise les sans-papiers, met fin aux interventions françaises motivées par des intérêts économiques et annule la dette des pays du Sud global. Pendant ce temps, les grands patrons du CAC 40 se reconvertissent en réparateurs, couturiers ou menuisiers. Vous rêvez ? C’est pourtant le point de départ de Basta Capital, long métrage de Pierre Zellner sorti en 2021. À l’occasion de sa rediffusion, Mr Mondialisation revient sur les enjeux soulevés par le film – capitalisme, violence, justice sociale et écologie – qui restent cruellement d’actualité.

[Article initialement publié le 12 novembre 2019, mis à jour le 29 octobre 2026 | Temps de lecture estimé : ~ 4min]

Basta Capital n’est pas l’histoire féerique d’un chef d’État, soudainement éveillé, qui a choisi d’en finir avec un système économique injuste, belliqueux, destructeur de la nature et qui a eu l’audace d’imposer des mesures radicales pour répondre à l’urgence sociale et écologique. Elle n’est ni l’histoire idéalisée de grands PDG qui, par compassion ou repentir, se sont reconvertis en ouvriers de leur propre usine.

Basta Capital est plutôt l’histoire d’une opération coup de poing qui va changer la face de la France. Le film met en scène une communauté d’activistes, qui dans un contexte social plus tendu que jamais, vont prendre en otage les patrons du CAC 40 pour forcer Emmanuel Macron à appliquer une politique anti-capitaliste. Ils passeront à l’acte après la mort d’un des leurs, tués par les forces de l’ordre durant une manifestation à Bure.

Extrait de Basta Capital

La situation de la France telle que décrite dans le film ne semble pas très éloignée de la réalité tant les bavures policières et les répressions abusives ont été monnaie courante ces dernières années au « pays des droits de l’Homme », avec l’assurance de voir les institutions couvrir coûte que coûte ces excès. La mort fictionnelle d’un militant à Bure, point de bascule du scénario, n’est pas sans rappeler la disparition de Rémi Fraisse à Sivens, dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, lors d’une intervention des gendarmes.

Quatre ans plus tard, la répression des mobilisations lycéennes – blessures graves, interpellations massives et gardes à vue de mineurs – rappelle combien cette question reste brûlante.

Dévastés par ce drame et lassés des méthodes de luttes infructueuses, Bart (Jean-Jacques Vanier), Lise (Anne-Laure Gruet), Edgar (Antoine Jouanolou), Inès (Clarisse Lhonni-Botte), Archie (Archibald Smith) et Genjo (Zaire Souchi) vont alors passer à la vitesse supérieure avec ce coup de force qui va obliger le chef de l’État à exécuter leurs revendications de peur de perdre ses premiers de cordée très médiatiques.

Prendre le risque de maintenir en captivité les plus grosses têtes des multinationales françaises pendant un an et imposer – tout en restant planqués – un changement total de société, n’est pas une mince affaire. Les militants seront, tout au long de leur opération, traversés par des questionnements, des réflexions, et parfois des colères violentes. Contrairement à ce que le titre laisse songer, l’approche est beaucoup moins manichéenne qu’on l’imagine.

Extrait de Basta Capital

« Je ne propose pas une opinion dogmatique, mais la mise en scène d’un véritable débat d’idées autour de la révolution et des problématiques contemporaines, pour enrichir la réflexion des militants et peut-être également susciter des questionnements à d’autres. J’aspire à ce que ce film mette en lumière des enjeux de fond à une époque où règne la forme, et des propositions tangibles là où domine la communication. Pour en arriver là, le film met sur la table la nécessité et les limites du recours à la violence, face à celle dont fait preuve le capitalisme », résume le réalisateur de 32 ans qui a également un parcours de militant.

Pierre Zellner a en effet vécu dans la jungle de Calais en 2015 dans les mêmes conditions que les migrants à qui il enseignait le français et eux l’arabe. Cette expérience nourrira sa conviction de l’urgence qu’il y a à construire une société humaniste et c’est ce qui le mènera à l’écriture de Basta Capital (auparavant intitulé « Décapitalisation »), film qu’il a réalisé à la fois grâce à un emprunt, du financement participatif et l’engagement bénévole de celles et ceux qui y ont participé.

Extrait de Basta Capital

On appréciera également le traitement des relations entre les activistes et les patrons kidnappés, tantôt teintées d’humour tantôt sérieuses et dramatiques. Ou encore la naissance d’une forme de conscience sociale chez certains PDG dont la captivité consiste à travailler pendant un an dans les mêmes conditions que les ouvriers qu’ils exploitent.

Le tout empreint d’un réalisme du début à la fin, avec notamment les bouleversements sociétaux créés par tant de changements politiques sur une courte période. Bien que le film ne s’aventure pas à le montrer en image, nous découvrons combien la mise en place en France de mesures socio-écologiques radicales va générer des tensions internationales et une contagion de la révolte.

Extrait de Basta Capital

L’actualité rejoint encore une fois Basta Capital – les soulèvements populaires se multiplient à travers le monde. De la France au Brésil, en passant par l’Espagne, l’Albanie, la Serbie ou l’Italie, les peuples investissent massivement les rues pour rejeter des politiques socio-économiques jugées injustes, dénoncer la corruption de leurs dirigeants ou exiger un avenir digne – accès au logement, à l’éducation et aux services publics.

Pendant ce temps, le fossé ne cesse de se creuser entre les ultra-riches et les populations précaires. Selon Oxfam, les 12 milliardaires les plus riches du monde détiennent désormais plus de richesses que la moitié la plus pauvre de l’humanité – plus de 4 milliards de personnes. Avec Basta Capital, Pierre Zellner a voulu s’adresser « à tous les désobéissants, les révoltés, mais aussi aux indignés qui craignent la confrontation directe avec le Système tout en souhaitant un changement global ».

                                                                                                                      – PAN


Photo de couverture : extrait du film Basta Capital

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