10.06.2026 à 06:00
Mr Mondialisation
Depuis plusieurs années, les relations entre le Rwanda et le Burundi sont marquées par des accusations réciproques de soutien à des groupes opposés aux gouvernements des deux pays. Dans ce contexte de fortes tensions régionales, Kigali, la capitale du Rwanda, affirme régulièrement que certains opposants rwandais en exil, parmi lesquels l’ancien chef d’état-major Kayumba Nyamwasa, […]
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Des rapports du Groupe d’experts des Nations unies sur la République démocratique du Congo ont relayé des témoignages faisant état de liens entre le mouvement armé P5, présenté comme proche de Kayumba Nyamwasa, et des réseaux de soutien opérant depuis le Burundi. Le gouvernement burundais a toujours contesté ces accusations. Des rumeurs ont également fait état de rencontres entre des opposants rwandais exilés en Belgique et des représentants burundais à Bruxelles.

Lors d’un entretien diffusé sur la chaîne YouTube MAIN SWITCH 257, l’ambassadeur du Burundi en Belgique, Thérence Ntahiraja, a été interrogé sur les accusations récurrentes du Rwanda selon lesquelles Bujumbura, capitale économique du Burundi, soutiendrait des opposants rwandais en exil.
Évoquant les tensions entre les deux pays, le diplomate n’a pas directement répondu aux allégations portant sur d’éventuelles réunions avec des opposants rwandais. Il a toutefois estimé que les autorités rwandaises ne devraient pas être surprises de voir leurs opposants chercher à retourner dans leur pays ou à contester le pouvoir en place.
Au cours de l’entretien, Thérence Ntahiraja a également affirmé que les autorités burundaises suivaient les activités de certains opposants et exilés politiques burundais vivant à l’étranger. « Nous les connaissons tous, leur adresse, nous suivons leurs activités », a-t-il déclaré. Ces propos ont suscité des réactions critiques parmi plusieurs défenseurs des droits humains burundais en exil, qui dénoncent depuis plusieurs années une surveillance exercée à l’étranger par des agents liés aux services de renseignement burundais.
Parmi eux, Pacifique Nininahazwe, président du Forum pour la conscience et le développement (FOCODE), estime que les déclarations de l’ambassadeur renforcent les soupçons de certains opposants concernant les relations entretenues par des responsables burundais avec des opposants rwandais en exil.

Dans une émission diffusée par FOCODE, son président, Pacifique Nininahazwe, affirme avoir recueilli des informations faisant état d’une coordination entre des responsables burundais et certains opposants rwandais en exil. Selon lui, ces informations proviendraient à la fois de sources situées en Belgique et au Burundi. Il évoque notamment l’existence présumée d’un projet de structure destinée à coordonner des activités liées à un éventuel conflit régional.
Pacifique Nininahazwe relie ces allégations à la création de la Force de réserve et d’appui au développement (FRAD), une structure récemment mise en place par les autorités burundaises. Présentée officiellement comme un dispositif destiné à contribuer aux travaux de développement du pays, la FRAD a néanmoins suscité des interrogations au sein de la classe politique.
Lors des débats parlementaires consacrés à sa création, plusieurs élus ont demandé des précisions sur ses missions et sa valeur ajoutée par rapport aux forces déjà existantes. Parmi eux, le député Agathon Rwasa s’était interrogé sur la nécessité de financer une nouvelle structure aux compétences jugées proches de celles d’autres corps de sécurité.
Dans son émission, Pacifique Nininahazwe affirme également que des formations militaires seraient actuellement organisées dans la province de Ruyigi, à l’Est du Burundi. Selon lui, ces formations impliqueraient notamment des membres des Imbonerakure, la ligue de jeunesse du parti au pouvoir, ainsi que d’autres groupes recrutés dans la région. Ces informations n’ont pas fait l’objet de confirmations publiques de la part des autorités burundaises.
Le président de FOCODE soutient par ailleurs que la FRAD serait davantage liée au parti au pouvoir, le CNDD-FDD, qu’aux institutions militaires traditionnelles. À l’appui de cette analyse, il affirme que le secrétaire général du parti, Révérien Ndikuriyo, suivrait de près certaines activités de la structure. Il rapporte également des propos qu’aurait tenus le général Ignace Sibomana, commandant de la FRAD, lors de séances d’information destinées aux recrues. Selon Pacifique Nininahazwe, ces interventions présenteraient le Rwanda comme une menace pour le Burundi et mettraient en avant la nécessité de disposer de forces jugées politiquement loyales.

Depuis plusieurs mois, l’organisation burundaise de défense des droits humains FOCODE affirme avoir recueilli des informations faisant état de mouvements d’armes transitant par la frontière entre la Tanzanie et le Burundi.
Selon l’organisation, un convoi de 23 camions en provenance du port de Mombasa, au Kenya, serait entré sur le territoire burundais le 10 avril 2026. FOCODE affirme que ces véhicules transportaient du matériel militaire et qu’ils auraient été escortés jusqu’au Burundi avant d’être dirigés vers la région de Mukoni, dans l’actuelle province de Muyinga.
Les camions auraient ensuite repris la route vers la Tanzanie quelques jours plus tard, sans que leur cargaison ait été déchargée. L’organisation affirme également avoir recensé plusieurs mouvements similaires depuis septembre 2025. Ces informations reposent sur des témoignages et des sources citées par FOCODE, mais n’ont pas fait l’objet d’une vérification indépendante.
Dans un rapport publié en 2010, le Groupe d’experts des Nations unies sur la République démocratique du Congo avait notamment évoqué des accusations portant sur des échanges illicites entre les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) et certains membres des services de sécurité burundais. Les autorités concernées avaient contesté ces accusations.
Pour certains observateurs et acteurs de la société civile, les informations relayées récemment par FOCODE mériteraient des investigations complémentaires. À ce stade, aucune preuve publique ne permet toutefois d’établir un lien direct entre les mouvements de convois signalés par l’organisation et les accusations formulées par le passé concernant des transferts d’armes dans la région.
– Inès Mukandanga
Photo de couverture : Interview de l’ambassadeur du Burundi, Thérence Ntahiraja. YouTube.
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Mr Mondialisation
Depuis 10 ans, Mare Vivu agit sur les côtes corses pour sensibiliser ses habitants à la préservation du patrimoine naturel marin de l’Ile de Beauté. Dynamique et volontaire, l’association agit au quotidien pour mobiliser autour de la nécessité de réduire notre impact sur la biodiversité. Fondée en 2016 par Pierre-Ange Giudicelli et Anthony-Louis Fusella, deux […]
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Fondée en 2016 par Pierre-Ange Giudicelli et Anthony-Louis Fusella, deux jeunes corses alors étudiants, Mare Vivu a fait de la pollution plastique son cheval de bataille. Informer, fédérer et inspirer sont devenus les trois piliers fondateurs de l’association, née du constat que déchets et pollution gangrènent la mer comme les terres méditerranéennes.
Chaque année, entre mai et juin, Mare Vivu organise également la Mission CorSeaCare. L’objectif ? Collecter des données sur la biodiversité marine et la pollution plastique en Corse. Pour ça, une équipe de scientifiques embarque à bord d’un catamaran.

Basée au cœur du village de Pino, au nord de la Corse, Mare Vivu a fait ses débuts sur un trimaran à pédales. « C’était encore un peu « roots » à l’époque, sourit Elara Cosquer, chargée de communication au sein de l’association. Mais, c’est ce qui a permis de constater l’étendue des dégâts, et de commencer le travail de sensibilisation. »
Au fur et à mesure, Mare Vivu se professionnalise et grandit : bénévoles, partenaires, écoles, collectivités locales… L’association se fait un nom dans la région du Nord de la Corse, boostée par la détermination de ses membres.
« Nous avons aujourd’hui des partenariats avec de grandes institutions comme le CNRS, l’Ifremer et Sorbonne Université. »
Mare Vivu mène des actions concrètes alliant science, sensibilisation et accompagnement du territoire. Son but est notamment de « reconnecter les locaux avec leur environnement, afin qu’ils prennent conscience de l’ampleur de la pollution autour du Cap Corse, résume Elara. Nos partenariats nous ont offert une place crédible dans le paysage scientifique. »

Suite à un travail rigoureux d’observation et des années de diagnostics sur des plages ciblées du Cap Corse, l’équipe a identifié quels types de déchets s’accumulent sur les côtes.
« Cela nous pousse à lutter contre la pollution plastique en amont, à réfléchir comment la stopper à la source. Ces observations nous ont permis d’accompagner les communes dans leur gestion des déchets, selon le profil des plages. »
Mare Vivu intervient également auprès du public scolaire, avec des actions de sensibilisation sur le terrain. L’association collabore avec d’autres structures comme MerTerre, axée sur le ramassage, ou des plateformes collaboratives comme Zéro Déchet Sauvage. « Ce travail collaboratif permet de centraliser les données », précise Elara.
Pour la onzième année consécutive, Mare Vivu a organisé sa Mission CorSeaCare. « C’est la deuxième fois seulement que nous avons accès au catamaran, explique Elara. Cela nous offre plus de place à bord, et donc la possibilité d’accueillir plus de partenaires, de scientifiques, de créateurs de contenu… »
Du 30 mai au 12 juin 2026, CorSeaCare parcourt ainsi une large partie du quart nord-ouest de la Corse. L’association y réalise des échantillonnages marins et côtiers, ainsi que des observations visuelles et acoustiques. Car ce projet suit différents protocoles scientifiques. En effet, avec le CNRS, Mare Vivu analyse chimiquement les microplastiques. En parallèle, sa collaboration avec l’Ifremer lui permet de collecter ces microplastiques à l’aide d’un filet manta, tracté à l’arrière du bateau.

« Cette mission, c’est vraiment le point névralgique de l’association, explique Elara. Nous investissons beaucoup de temps dans la préparation de CorSeaCare. Nous sollicitons beaucoup d’invités scientifiques. C’est un projet qui synthétise ce pour quoi on se bat, une vitrine.
On parle pollution plastique, biodiversité marine. Le catamaran connecte tous nos projets, car il rend compte de ce qu’on voit et prélève avec du matériel embarqué. De plus, il sensibilise, permet d’observer les cétacés, valorise la biodiversité, alerte sur la pollution plastique. C’est vraiment notre moyen de faire le lien entre la nature et sa dégradation. »
Forte de son impact et de son sérieux – notamment récompensé par le prix « Biodiversité » du Ministère de la transition écologique et le concours international Beyond Plastic Med – l’association continue d’évoluer : « Notre but est de valoriser nos actions au quotidien, en axant sur davantage de visibilité. Nous travaillons avec un réseau d’influenceurs qui ne sont pas nécessairement engagés sur le sujet de l’écologie, justement pour toucher un public plus large. »
Côté scientifique, les protocoles sont de plus en plus poussés, notamment autour de l’observation acoustique. En offrant à des scientifiques la possibilité d’embarquer sur leur catamaran, les membres de Mare Vivu accèdent à leur matériel et leurs connaissances. En échange, les scientifiques bénéficient de l’opportunité d’aller observer en mer. L’association prévoit d’ailleurs de réduire les escales, afin de pouvoir partir plus au large et de multiplier les observations marines.

« Nous ne manquons pas d’envie ni d’ambition ! sourit Elara. Le but premier est de développer les projets existants, mais également de trouver des financements et de répondre à des appels à projets d’organismes comme l’ADEME. Nous voulons aussi développer nos partenariats, sensibiliser les professionnels, localiser les envols de déchets, remonter la chaîne de leur production… »
En travaillant encore davantage sur sa communication, Mare Vivu espère toucher le grand public, et pas uniquement en Corse. Car la pollution plastique est partout, et chacun peut agir à son échelle pour la réduire.
Les aventures de Mare Vivu peuvent être suivies sur Facebook.
– Marie Waclaw
Photo de couverture : ©Mare Vivu
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Mr Mondialisation
Alors que les discours officiels célèbrent la transition écologique et la protection de la biodiversité, les forêts françaises sont saignées à blanc. Derrière les promesses de gestion durable se cache une réalité bien moins reluisante : industrialisation des massifs forestiers, mécanisation croissante, plantations monospécifiques et exploitation toujours plus intensive du vivant. Dans son livre Forêt, […]
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Dans son livre Forêt, Jean-Claude Nouard, forestier, militant et lanceur d’alerte, dénonce les dérives d’un modèle productiviste qui considère l’arbre comme une simple ressource économique. À travers ce manifeste, il interroge notre rapport au vivant, la place du politique dans la gestion des biens communs et l’avenir même des écosystèmes forestiers.
Pour Mr Mondialisation, il revient sur les racines historiques de cette industrialisation, les impasses de la filière bois, la marchandisation de la nature et l’urgence d’un changement de paradigme.

Jean-Claude Nouard : « Ma première identification se situe dans l’après-guerre, précisément en 1946, avec la création du Fonds forestier national (FFN). Celui-ci avait pour vocation de dynamiser les forêts françaises en encourageant financièrement les plantations de résineux afin de relancer l’industrie papetière.
La seconde étape est la conséquence directe des tempêtes Lothar et Martin de décembre 1999. La fin prématurée du FFN en janvier 2000 a accéléré le désengagement de l’État dans les domaines de l’environnement et de la gestion forestière. Ce retrait a laissé le champ libre au secteur privé, qui a bénéficié de financements considérables à travers le plan Chablis. »
« C’est avec cet argent que l’industrialisation et la mécanisation des forêts ont véritablement commencé, avant de prospérer sans interruption jusqu’à aujourd’hui. »
Jean-Claude Nouard : « Bien évidemment. Ce que l’on appelle communément les coupes rases ou la malforestation n’est en réalité que la partie visible du problème. Ce sont les pratiques les plus spectaculaires, celles qui suscitent l’émotion et l’incompréhension.
« La malforestation actuelle se traduit notamment par un enrésinement massif au détriment des peuplements feuillus. »
Ces opérations sont souvent justifiées par un prétendu rajeunissement des forêts après des coupes dites sanitaires, afin de rendre les projets éligibles aux différents dispositifs de financement publics. L’écologie devient alors un argument servant à légitimer des logiques purement productivistes. »

Jean-Claude Nouard : « C’est un débat fondamental. La filière bois est extrêmement puissante et bénéficie de nombreux relais dans les sphères politiques et économiques.
La transition écologique a notamment favorisé l’essor de la filière bois-énergie, largement soutenue par de nombreux élus et collectivités qui présentent la biomasse comme une ressource renouvelable sans impact majeur sur l’environnement. À cela s’ajoutent les aides publiques destinées à l’achat de poêles à granulés pour les particuliers.
Dans ce contexte, la pression économique sur les forêts ne cesse d’augmenter. Tant que cette logique de rentabilité primera, il sera très difficile d’envisager une véritable protection des écosystèmes forestiers. »
Jean-Claude Nouard : « La forêt occupe une place centrale dans notre imaginaire collectif. Les contes, les légendes et les récits populaires en témoignent largement.
Cette idéalisation est toutefois ambivalente. Elle peut provoquer une forte émotion face à une coupe ou à une plantation industrielle de conifères, mais elle peut aussi conduire à minimiser les impacts réels de ces pratiques sous prétexte que la nature a toujours su s’adapter.
Cette perception est entretenue par des discours récurrents affirmant que les surfaces forestières n’ont jamais été aussi importantes et que leur rajeunissement constituerait une réponse bénéfique au changement climatique. »
Jean-Claude Nouard : « Je le pense sincèrement. Nous traversons une période de perte de repères. Les politiques ultralibérales menées depuis plusieurs décennies ont progressivement installé le doute quant à la capacité de nos dirigeants à agir dans l’intérêt général.
« les valeurs dominantes semblent être la réussite sociale, le pouvoir et l’accumulation, quels qu’en soient les moyens. »
Ce modèle favorise l’individualisme et considère l’environnement comme une immense réserve de ressources à exploiter. Nous vivons comme si l’interdépendance entre les êtres vivants et les écosystèmes n’existait pas. Pourtant, chacun de nos gestes contribue à façonner un système dont nous dépendons tous. »
Jean-Claude Nouard : « Pour moi, résister consiste à s’opposer à tout ce qui menace l’avenir de notre planète. Notre survie dépend de nos choix individuels et collectifs. Notre inertie actuelle nous conduit droit dans le mur.
Les grandes conférences internationales sur le climat en sont une illustration frappante. À chaque édition, les mêmes engagements sont réaffirmés avec force, mais rarement appliqués. C’est pourquoi mon livre appelle à une véritable révolution écologique et citoyenne. Sans changement profond de paradigme, nous courons à notre perte. »
Jean-Claude Nouard : « Il existe un fossé immense entre les discours et les actes. Nous connaissons parfaitement l’état de notre environnement, mais les règles du marché continuent de dicter les décisions. La gestion des forêts est aujourd’hui un acte profondément politique.
Il faut redonner à la forêt le droit d’exister pour ce qu’elle est, et non pour ce que nous voulons qu’elle produise. La forêt remplit des fonctions sociales, environnementales, culturelles et économiques. Il nous appartient désormais de redéfinir nos priorités. »
Jean-Claude Nouard : « Oui, de toute évidence. J’en veux pour preuve les nombreux accords passés entre certaines composantes des forces de l’ordre et la filière bois, prévoyant des échanges d’informations et des dispositifs de protection. La protection de la machine économique semble devenue une priorité absolue, parfois au détriment de l’intérêt humain et écologique. »
« Nous assistons à une situation paradoxale où ceux qui contribuent à la dégradation des écosystèmes cherchent à se présenter comme des victimes. »
Jean-Claude Nouard : « Le modèle forestier actuel est directement hérité du productivisme agricole des années 1950 et 1960. La mécanisation intensive et l’industrialisation des forêts sont incompatibles avec le temps long propre aux écosystèmes forestiers. Elles détruisent progressivement des milieux parfois âgés de plusieurs siècles pour les remplacer par des plantations standardisées destinées à alimenter l’industrie.
Cette fuite en avant traduit notre incapacité à penser le long terme. La logique financière a même envahi le vocabulaire forestier :
« certains parlent désormais de gestion de patrimoine ou de portefeuille plutôt que de gestion forestière. Tout est dit. »
Jean-Claude Nouard : « Comprendre la nature nécessite une véritable sensibilité. Sans elle, nous passons à côté de l’essentiel. La contemplation favorise l’observation, laquelle nourrit l’émotion et la compréhension. Pourtant, notre société valorise la vitesse, la rentabilité et l’efficacité permanente.
Il est urgent de réapprendre à regarder, écouter et ressentir. Car nous ne pouvons défendre correctement que ce que nous connaissons réellement. Peut-être que ces gestes simples, répétés à grande échelle, finiront par transformer la politique elle-même. »
Jean-Claude Nouard : « Le plus grand mensonge consiste à affirmer que la forêt a besoin de l’humain pour bien évoluer, alors qu’en réalité c’est l’humain qui a besoin d’elle pour exister.
Les premiers arbres sont apparus il y a environ 350 millions d’années. Les premiers hominidés bipèdes remontent à sept millions d’années et Homo sapiens à seulement 300 000 ans. Cette longévité et cette résilience devraient nous inspirer davantage d’humilité et de sagesse. »
– Mauricette Baelen
Photo de couverture : Avec toutes autorisations Jean-Claude Nouard
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Mauricette Baelen
Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer cette semaine. L’interdiction des sachets de nicotine entre en vigueur en France Depuis le 1er avril, la vente, la détention et l’usage des sachets de nicotine ainsi que d’autres produits oraux contenant de la nicotine sont […]
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Depuis le 1er avril, la vente, la détention et l’usage des sachets de nicotine ainsi que d’autres produits oraux contenant de la nicotine sont interdits en France. Les associations de lutte contre le tabagisme saluent une mesure destinée à limiter l’accès à des produits jugés particulièrement addictifs, notamment chez les jeunes. (franceinfo)
Une charte reconnaît désormais la rivière Wye, qui traverse le pays de Galles et l’Angleterre, comme un écosystème vivant doté de droits propres, notamment à la préservation de sa biodiversité et à la protection contre la pollution. Cette initiative, soutenue par plusieurs collectivités locales, intervient alors que la rivière fait face à une importante dégradation environnementale. (Oceanographic Magazine)
Une louve grise suivie par satellite a été détectée dans le parc national de Sequoia, une première connue depuis la disparition de l’espèce en Californie dans les années 1920. Les spécialistes y voient un signe du retour progressif des loups dans l’État après plusieurs décennies d’absence. (USA Today)
Des spécialistes estiment que le lynx pourrait s’installer durablement en Belgique dans les prochaines années, notamment en province de Liège, grâce à la proximité d’une population présente dans l’Eifel allemand. Les scientifiques considèrent ce possible retour comme un signe positif pour les écosystèmes forestiers et la biodiversité. (RTBF)
Un tribunal néerlandais a jugé que les chalutiers de fond ne peuvent plus opérer dans la partie néerlandaise du Dogger Bank sans autorisation et évaluation environnementale. Cette décision renforce les exigences de protection de cette aire marine protégée et pourrait avoir des répercussions sur la gestion des zones protégées à l’échelle européenne. (The European Times)
L’Assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution affirmant que les États peuvent être tenus responsables de politiques climatiques jugées insuffisantes au regard de leurs engagements. Bien que non contraignant, ce texte soutenu par 141 pays renforce la reconnaissance internationale des obligations climatiques des États. (Reporterre)
Selon une étude fondée sur les données de mobilité en France, la pratique actuelle du vélo permet déjà d’éviter près de 2 000 décès par an et plusieurs milliers de cas de maladies chroniques. Les chercheurs estiment qu’un report partiel des trajets courts en voiture vers le vélo renforcerait ces bénéfices tout en réduisant les émissions de CO₂. (The Conversation)
L’association Quota Climat et le média Les Surligneurs ont lancé la plateforme Droit à l’info pour détecter et vérifier rapidement les fausses informations susceptibles de circuler dans le débat public. La phase de lancement se concentrera pendant trois mois sur la désinformation climatique avant un élargissement à d’autres thématiques. (Vert)
Dans le Tarn, un cabinet médical itinérant propose des consultations de médecine générale et des soins dentaires dans plusieurs communes rurales. Présenté comme une réponse concrète aux difficultés d’accès aux soins, ce dispositif ne règle toutefois pas la question plus large de la répartition des professionnels de santé sur le territoire. (Alternatives Économiques)
Une étude menée sur 55 ans montre une baisse marquée de plusieurs PFAS, ou « polluants éternels », dans les œufs de fous de Bassan au Canada. Les chercheurs attribuent cette évolution aux restrictions et aux réglementations mises en place depuis les années 2000, tout en soulignant que ces substances persistent durablement dans l’environnement. (The Guardian)
– Mauricette Baelen
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Mauricette Baelen
Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer cette semaine. 1. La progression russe en Ukraine atteint son plus faible rythme depuis 2023 Selon Deep State, l’armée russe n’a gagné que 14 km² en mai 2026 malgré une hausse du nombre d’attaques. Les pertes […]
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Selon Deep State, l’armée russe n’a gagné que 14 km² en mai 2026 malgré une hausse du nombre d’attaques. Les pertes russes restent élevées, autour de 1 100 soldats tués ou blessés par jour. L’article souligne le rôle des drones et des frappes ukrainiennes dans ce ralentissement. (Le Grand Continent)
Les États membres de l’UE, le Parlement européen et la Commission se sont accordés sur une réforme des procédures d’éloignement des personnes en situation irrégulière. Le texte autorise notamment la création de centres de détention dans des pays tiers et élargit les possibilités de placement en rétention, y compris pour les familles et certains mineurs. Son adoption définitive doit encore être confirmée par un dernier vote. (L’Humanité)
Le tribunal judiciaire de Lyon a condamné la CPAM pour avoir refusé la prise en charge de soins à quatre personnes trans, dont une mineure. La justice a estimé que l’exigence d’un suivi médical de deux ans avant remboursement constituait une discrimination fondée sur l’identité de genre. Cette décision s’inscrit dans une série de condamnations similaires prononcées ces dernières années contre l’Assurance maladie. (Problematik)
En Colombie, le candidat d’extrême droite Abelardo de la Espriella a remporté le premier tour de l’élection présidentielle avec 43,7 % des voix, devant le candidat de gauche Iván Cepeda (40,9 %). Les deux hommes s’affronteront au second tour le 21 juin. La gauche conteste par ailleurs certains résultats préliminaires du scrutin. (El Salto)
À l’occasion de la hausse du Smic de 2,41 %, l’économiste Gilles Raveaud défend une indexation générale des salaires sur l’inflation. Il estime que la crainte d’une « spirale prix-salaires » n’est pas confirmée par les études récentes et que cette mesure permettrait d’éviter de nouvelles pertes de pouvoir d’achat pour les salariés. (Politis)
Dix ans après la loi pénalisant les clients, une proposition de loi portée par la sénatrice écologiste Anne Souyris vise à décriminaliser le travail du sexe. Le texte, élaboré avec des personnes concernées et des associations, s’oppose à d’autres initiatives parlementaires défendant des approches plus répressives. (StreetPress)
Des avocats du barreau de Seine-Saint-Denis alertent sur des retards de paiement de l’aide juridictionnelle et sur le rejet fréquent de recours en urgence devant le tribunal administratif de Montreuil. Selon eux, ces difficultés compliquent l’accès à la justice des personnes les plus vulnérables, notamment en matière de droit au séjour et de logement. (StreetPress)
L’Organisation météorologique mondiale estime à 80 % la probabilité d’un retour du phénomène climatique El Niño à partir de cet été. Celui-ci pourrait entraîner une hausse supplémentaire des températures mondiales ainsi que des événements météorologiques extrêmes dans plusieurs régions du monde. (Vert)
Un rapport sénatorial estime que sur 100 euros dépensés en alimentation, seuls 8 reviennent aux agriculteurs contre 40 à la grande distribution. Les sénateurs dénoncent des pratiques de négociation jugées déséquilibrées et formulent plusieurs propositions pour mieux répartir la valeur au sein de la chaîne alimentaire. (La Relève et la Peste)
Le Collectif Les Morts de la Rue a rendu hommage aux 929 personnes sans domicile décédées en 2025, un chiffre en hausse par rapport à l’année précédente. L’association estime que cette augmentation reflète l’insuffisance des politiques d’hébergement et de logement destinées aux personnes les plus précaires. (L’Humanité)
– Mauricette Baelen
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L’initiative citoyenne My Voice, My Choice a été lancée en 2024 par un collectif d’associations féministes issues de l’Union européenne. Son objectif : défendre l’accès à l’avortement en toute sécurité pour toutes les citoyennes européennes. En récoltant plus d’un million de signatures, l’initiative a été présentée en décembre 2025 au Parlement européen, qui y a […]
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Le 26 février 2026, la Commission européenne a remis à son tour sa décision : les États membres peuvent désormais mobiliser des fonds européens pour prendre en charge les frais d’avortement de toute citoyenne européenne qui choisit leur pays pour y recourir.
Cette avancée représente une victoire pour le mouvement, bien qu’elle reste partielle. En effet, l’UE n’a pas créé, comme il avait été demandé, un fonds spécifiquement dédié à cette cause, alors même que le droit à l’avortement est menacé par la montée du conservatisme dans plusieurs pays européens.
L’Union européenne se pose souvent en défenseuse des droits humains – et pourtant, en son sein, les droits des femmes à disposer de leurs corps font encore face à de nombreux obstacles. Dans plusieurs États membres influencés par des pans de population ultraconservatrice, l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est loin d’être acquis : tantôt encadré par des délais particulièrement restrictifs, tantôt purement et simplement interdit à l’exception de conditions très limitées.
À Malte, l’avortement était totalement illégal jusqu’en 2023. Aujourd’hui, la législation demeure extrêmement restrictive puisqu’elle n’autorise l’avortement qu’en cas de danger mortel pour la mère ou de fœtus non viable. Plus encore, la femme enceinte doit obtenir l’accord préalable de trois médecins pour accéder à l’intervention, constituant ainsi un obstacle supplémentaire dans des situations qui peuvent pourtant s’avérer urgentes.
En Pologne, même son de cloche. L’IVG n’y est autorisée que si elle est la conséquence d’un viol ou d’un inceste, ou encore si la vie de la mère est en danger immédiat. Dans tous les autres cas, l’IVG est strictement illégale. La loi a même été durcie en 2021 : les malformations graves du fœtus, susceptibles d’entraîner sa mort à la naissance, ne constituent plus un motif légal.
Cette disposition concernait pourtant plus de 95% des avortements pratiqués jusqu’alors. Résultat : seuls 627 avortements légaux ont été recensés en 2025. Aider une femme à avorter en dehors de ces conditions est également considéré comme illégal et passible de trois ans de prison. En mars 2023, une militante a d’ailleurs été condamnée à des travaux d’intérêt général pour avoir envoyé des pilules abortives par la poste à une femme souhaitant interrompre sa grossesse.
Depuis quelques années, la Hongrie a durci sa législation sur l’avortement. Les femmes enceintes souhaitant recourir à l’IVG sont désormais dans l’obligation d’être confrontées aux « fonctions vitales » du fœtus en écoutant les battements de cœur. Elles doivent en outre passer par deux consultations médicales généralement destinées à les dissuader d’avorter.
En Italie, au Portugal ou encore en Slovaquie, les médecins peuvent se déclarer « objecteurs de conscience » et refuser de pratiquer des avortements. Ils sont nombreux à s’être revendiqués comme tels. En Italie, 60% des gynécologues ont adopté cette position. Dans certaines régions, cette proportion atteint 84%, voire la totalité du personnel médical de certains hôpitaux. Cette pénurie de praticiens contraint les habitantes à se rendre dans d’autres régions, ou à l’étranger, pour avorter.
Enfin, la question financière peut aussi constituer un obstacle pour certaines femmes souhaitant recourir à l’IVG. En Croatie, le coût d’un avortement peut atteindre 5 000 €.
Toutes ces difficultés forcent de nombreuses citoyennes européennes à avoir recours à l’IVG à l’étranger ou de manière clandestine, dans des conditions précaires mettant leur vie en danger.
C’est en réponse à ces manquements que la campagne « My Voice, My Choice » est née, initiée par l’Institut du 8 mars, ONG féministe slovène reconnue pour ses initiatives civiles. Forte de son expérience au niveau national, l’organisation a cherché à s’engager à l’échelle européenne par le biais du mécanisme de démocratie directe.
En avril 2024, en collaboration avec plusieurs organisations féministes issues de différents États membres, cette ONG a lancé My Voice, My Choice en tant qu’initiative citoyenne européenne (ICE). Ce mécanisme oblige le Parlement européen à examiner et à voter tout projet ayant réuni un million de signatures en moins d’un an.
Les organisations participantes ont alors relayé la campagne dans de nombreux pays membres et sur les réseaux sociaux. Elle a rapidement acquis une résonance mondiale, portée par des personnalités publiques telles que Mark Ruffalo ou Sophia Bush, permettant à l’ICE de récolter près de 1,12 million de signatures et d’être soumise au vote du Parlement européen.
En décembre 2025, l’initiative My Voice, My Choice franchit une étape décisive lorsque le Parlement européen adopte un texte reprenant les demandes de la pétition, résolution alors transmise à la Commission pour examen.
Le 26 février 2026, la Commission européenne rend à son tour sa décision : toute femme européenne pourra se rendre dans un autre pays de l’UE pour avorter avec l’aide d’un financement européen.
En pratique, et compte tenu des compétences limitées de l’UE en matière de santé publique, la Commission autorise ses États membres à mobiliser le Fonds social européen (FSE+) pour financer, en tant que pays d’accueil, le transport, l’hébergement et le suivi médical d’une citoyenne européenne souhaitant recourir à une interruption de grossesse.
Celle-ci précise que le FSE+ « peut appuyer l’action des États membres concernés, tout en les laissant libres de déterminer les modalités et les conditions d’accès d’un avortement légal et sans risque ». À la suite de cette décision, la leadeuse du mouvement, Nika Kovač, a déclaré :
« Ce qui est historique aujourd’hui, c’est que […] la Commission européenne affirme très clairement que les fonds de l’UE peuvent être utilisés pour garantir l’accès à l’avortement sécurisé, en particulier pour les femmes qui […] ne peuvent pas y avoir recours quelles que soient les circonstances. »
Les coordinatrices de l’initiative ont toutefois exprimé leur déception sur certaines demandes restées sans réponse. Le mouvement souhaitait en effet la mobilisation de ressources financières supplémentaires spécifiquement allouées à l’accès à l’IVG.
Cette victoire seulement partielle s’explique notamment par la volonté d’eurodéputés, principalement de gauche et du centre, de contourner les résistances des groupes conservateurs et d’extrême droite qui revendiquaient la compétence nationale sur les politiques de santé – dont l’accès à l’avortement relève selon eux.
Ces derniers ont, au cours de la campagne de My Voice, My Choice, multiplié les attaques nauséabondes contre le droit à l’avortement, brandissant des arguments traditionalistes et pro-vie et dénonçant ce qu’ils qualifient de « tourisme abortif ».
Au moment du vote au Parlement européen, des députés du groupe Fratelli d’Italia ont mené des actions anti-avortement, créant de vives tensions au sein du Parlement. Début février, le groupe d’extrême droite ECR (Conservateurs et Réformistes européens) a déployé une banderole anti-IVG au Parlement européen de Strasbourg, à l’initiative du député européen chypriote Geadis Geadi.
Quelques semaines à peine après la décision de la Commission d’ouvrir le FSE+ aux remboursements des frais d’avortement, le groupe ECR a continué l’offensive en déposant un amendement dans le cadre des orientations générales pour le budget 2027, suggérant que le fonds européen devrait se limiter à financer les services de santé tels que définis dans la directive sur les soins de santé transfrontaliers.
Ces attaques de l’extrême droite restent heureusement jusqu’ici sans écho. En effet, depuis lors, l’initiative My Voice, My Choice a été incluse dans les orientations budgétaires de l’UE pour 2027. Plus significatif encore, elle figure dans le rapport intermédiaire d’avril 2026 sur le prochain budget pluriannuel de l’UE, qui couvrira la période 2028-2034.
Ce rapport fait référence à la résolution votée suite à l’examen de l’ICE en rappelant que le Parlement européen « réaffirme que des ressources suffisantes devraient être consacrées à la lutte contre la violence sexiste et au soutien des services et de la santé sexuels et génésiques, des organisations de défense des droits des femmes ainsi que des initiatives et organes de l’Union qui favorisent une véritable égalité entre les citoyens, indépendamment de leur genre, de leur âge, de leur orientation sexuelle ou de leur origine ethnique […] ».
À cette occasion, le Parlement a demandé à la Commission européenne d’intégrer l’initiative dans le cadre financier pluriannuel, réitérant « sa demande d’un mécanisme de participation volontaire visant à apporter un soutien financier aux États membres pour leur permettre de garantir une interruption de grossesse en toute sécurité, conformément à leur droit national, à toute personne résidant dans l’Union qui n’a toujours pas accès à un avortement sûr et légal ».
Plus encourageant encore : les passages du texte relatifs à My Voice, My Choice ont recueilli un soutien massif parmi les députés, avec 435 voix pour et 135 contre, selon le mouvement.
Si la décision de la Commission européenne ne représente qu’une victoire partielle pour My Voice, My Choice, la campagne a néanmoins replacé les droits reproductifs au cœur du débat public. Le mouvement a permis de sensibiliser à un enjeu que beaucoup croient acquis dans nos pays, alors qu’il reste fragile même en Europe – comme en attestent les nombreux signalements envoyés à My Voice, My Choice sur ses réseaux sociaux.
La campagne adresse aussi un signal fort : les mobilisations citoyennes peuvent produire des résultats concrets.
Le chemin est encore long dans la lutte pour le droit des femmes à disposer de leurs corps. En ce qui concerne My Voice, My Choice, pour Nika Kovač, « La prochaine étape, maintenant, c’est de s’assurer que les femmes reçoivent bien ce soutien, en pratique » et de convaincre un maximum de pays membres d’avoir recours à ce mécanisme.
– Delphine de H.
Photo de couverture : My Voice, My Choice (page Facebook)
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