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29.05.2026 à 06:00

Pourquoi Spinoza est l’ennemi de l’extrême droite

Elena Meilune

Trois siècles avant les réseaux sociaux et les chaînes d’information en continu, Baruch Spinoza avait déjà compris, avec une lucidité rare, les mécanismes profonds qui font que les êtres humains courent parfois vers leur propre servitude. Par un temps de tempêtes fascisantes, relire Spinoza, c’est se donner des outils pour comprendre pourquoi nous en sommes-là […]

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Texte intégral (2609 mots)

Trois siècles avant les réseaux sociaux et les chaînes d’information en continu, Baruch Spinoza avait déjà compris, avec une lucidité rare, les mécanismes profonds qui font que les êtres humains courent parfois vers leur propre servitude. Par un temps de tempêtes fascisantes, relire Spinoza, c’est se donner des outils pour comprendre pourquoi nous en sommes-là – et comment en sortir.

Jamais nous n’avons eu autant d’informations à portée de main. Jamais nous ne nous sommes autant pensés comme des individus autonomes, capables de choisir nos opinions, nos désirs, nos identités, nos modes de vie. Et pourtant, jamais les affects collectifs n’ont semblé aussi facilement manipulables à grande échelle.

La fabrique contemporaine des affects politiques

Les paniques morales se propagent à une vitesse phénoménale. Les réseaux sociaux récompensent la colère, plutôt que la compréhension. Les chaînes d’information en continu transforment l’indignation en modèle économique. L’extrême droite prospère partout sur le ressentiment, la peur et la désignation de boucs émissaires.

Et pendant ce temps, la catastrophe écologique rappelle chaque jour un peu plus brutalement notre dépendance à un monde vivant que notre civilisation a longtemps cru pouvoir dominer. C’est là que Spinoza devient peut être le philosophe le plus contemporain qui soit – parce qu’il fait de la compréhension la condition même de la liberté.

Les idées inadéquates : quand les affects remplacent la compréhension

Voir des effets sans comprendre les causes

Ce que Baruch Spinoza appelle les « idées inadéquates » éclaire avec une force saisissante les mécanismes contemporains de la désinformation et des politiques réactionnaires.

Une idée inadéquate n’est pas simplement une erreur factuelle, c’est une perception tronquée du réel, qui saisit des fragments du monde sans comprendre les rapports qui les produisent. Une connaissance partielle, confuse, mutilée des causes réelles. Comme l’écrivait Spinoza dans L’Éthique, œuvre jugée scandaleuse et interdite l’année suivant sa publication posthume en 1677 :

« Nous sommes agités en bien des sens par les causes extérieures et, comme les flots de la mer poussés par des vents contraires, nous sommes ballottés, ignorants de notre destin et de notre sort. »

Dans les périodes de crise sociale, cette désorientation peut favoriser l’adhésion à des récits politiques simplificateurs, qui transforment des phénomènes structurels complexes en menaces immédiatement identifiables.

Dire que les personnes migrantes seraient responsables de la crise sociale, que les féministes détruiraient la famille ou que l’écologie serait la cause de l’appauvrissement populaire relève précisément de cette logique. Ces récits transforment des angoisses sociales complexes en explications simples et émotionnellement satisfaisantes. Et c’est précisément pour cette raison qu’ils fonctionnent.

Les affects avant la raison

On le voit clairement aujourd’hui, les faits ne suffisent pas à convaincre. Face à la peur, au ressentiment ou au besoin d’appartenance, une idée fausse peut devenir plus désirable qu’une explication juste, factuelle.

L’extrême droite prospère exactement sur ce terrain. Elle ne convainc pas par la cohérence de ses idées. Elle organise des passions tristes (les émotions qui nous affaiblissent selon Spinoza) : peur du déclassement, humiliation sociale, nostalgie identitaire, colère diffuse. Les plateformes numériques amplifient encore ce phénomène, privilégiant les contenus qui provoquent l’indignation ou le conflit, parce que ces émotions captent davantage l’attention. Notre époque industrialise les idées inadéquates.

Spinoza sait aussi que les êtres humains ne se libèrent pas facilement de leurs illusions. Les idées inadéquates ne disparaissent pas simplement parce que les faits existent : elles sont liées à des affects, à des habitudes, à des structures sociales profondément incorporées.

Mais Spinoza permet aussi d’éviter le mépris facile envers celles et ceux qui adhèrent à ces récits. Les passions tristes prennent appui sur des souffrances sociales bien réelles : précarité, destruction des services publics, isolement.

Les déterminismes : ce qui nous traverse sans que nous le voyions

L’illusion du libre arbitre

Spinoza rejette l’idée d’une volonté toute-puissante capable de décider sans cause. Si nous nous croyons libres, c’est uniquement parce que nous avons conscience de nos désirs tout en ignorant les causes naturelles et extérieures qui nous poussent à les avoir. Dans L’Éthique, Spinoza écrit :

« Les hommes se croient libres parce qu’ils sont conscients de leurs actions, mais ignorants des causes qui les déterminent. »

Il attaque ici l’illusion d’un individu entièrement autonome, capable de penser et d’agir indépendamment des forces sociales, historiques ou matérielles qui le traversent. Cette intuition résonne aujourd’hui avec une force particulière.

Nous aimons nous penser comme des sujets souverains : nos opinions seraient les nôtres, nos goûts le produit de choix personnels, nos désirs l’expression spontanée de notre individualité. Pourtant, une grande partie de ce que nous considérons comme intime ou naturel est socialement fabriquée.

Bourdieu : la sociologie comme prolongement de Spinoza

Les sciences sociales du XXe siècle ont donné un contenu concret à cette intuition spinoziste. Bourdieu, notamment, montre que nos manières de parler, de juger, de nous tenir, de désirer ou même de percevoir ce qui est « normal » sont profondément structurées par notre trajectoire sociale.

C’est ce qu’il appelle l’habitus : un ensemble de dispositions incorporées au fil de l’existence. Un enfant de classe populaire et un enfant de grande bourgeoisie n’habitent pas le monde de la même manière. Ils n’ont pas les mêmes rapports au langage, à l’école, à la culture, au pouvoir ou à leur propre légitimité.

Non parce que leurs capacités individuelles seraient différentes, mais parce que l’ordre social s’inscrit dans les individus, dans les réflexes et dans les affects.

En fin de compte, nous croyons souvent choisir librement ce que le monde social a déjà largement façonné en nous.

Genre, race, colonialité : des dominations incorporées

Ces déterminismes ne concernent pas uniquement la classe sociale. Le patriarcat, le racisme et l’histoire coloniale produisent eux aussi des formes d’intériorisation profondes. Et les rapports de domination façonnent nos comportements et nos façons de voir le monde.

Des femmes apprennent à limiter leurs ambitions, à minimiser leur parole ou à intérioriser certaines formes de peur. Des personnes racisées grandissent dans des sociétés où elles sont davantage associées au danger, au soupçon ou à l’illégitimité. Les hiérarchies sociales deviennent alors des habitudes affectives incorporées. Là encore, Spinoza permet de comprendre que les dominations les plus efficaces sont celles qui finissent par sembler naturelles.

Les algorithmes : nouveaux dispositifs de capture des affects

À ces déterminismes historiques s’ajoutent désormais des infrastructures technologiques inédites. Les plateformes numériques organisent les conditions affectives dans lesquelles nous percevons le monde. Les algorithmes sélectionnent ce qui suscite le plus de réactions immédiates – colère, peur, indignation, anxiété – parce que ces affects prolongent le temps d’attention et augmentent la rentabilité publicitaire.

Ces dispositifs créent des passions tristes en captant des affects déjà produits par les inégalités sociales, les insécurités matérielles ou les paniques identitaires, puis les amplifient à large échelle. L’économie numérique contemporaine apparaît alors comme une gigantesque machine à produire et à faire circuler des idées inadéquates.

Comprendre les causes : le début de la liberté

C’est précisément ici qu’intervient la notion spinoziste d’« idée adéquate ». Une idée adéquate ne signifie pas posséder une vérité pure ou définitive. Elle désigne la capacité à comprendre les causes réelles qui produisent les phénomènes sociaux, politiques ou affectifs.

Comprendre les mécanismes économiques qui nourrissent le racisme, les structures matérielles qui perpétuent le patriarcat, les logiques capitalistes qui détruisent les écosystèmes ou les architectures numériques qui orientent l’attention collective : c’est là que commencent les idées adéquates.

Pour Spinoza, la liberté ne consiste pas à échapper aux déterminismes. Elle consiste à cesser d’être passivement ballotté par des causes extérieures que nous ne comprenons pas. Être libre, ce n’est pas être sans causes ; c’est agir à partir d’une compréhension plus adéquate de ce qui nous détermine. Et c’est sans doute ce qui rend aujourd’hui sa pensée si précieuse : dans une époque saturée d’opinions instantanées, elle rappelle que comprendre demeure un acte profondément politique.

Dieu, c’est la Nature : l’interdépendance contre l’illusion de séparation

« Deus sive Natura »

L’autre grande intuition de Spinoza – celle qui lui valut l’excommunication – est peut-être encore plus actuelle aujourd’hui. Avec sa formule célèbre Deus sive Natura (« Dieu, c’est-à-dire la Nature »), Spinoza refuse de séparer l’être humain du reste du vivant.

Pour Spinoza, l’être humain n’est pas « un empire dans un empire ». Il est une production de la nature parmi d’autres, entièrement pris dans des chaînes d’interdépendances qui le dépassent. Il n’existe pas d’un côté l’humanité, et de l’autre une nature extérieure que nous pourrions exploiter sans conséquences. Tout est lié, tout est interdépendant.

Cette idée entre en collision frontale avec la vision du monde qui a accompagné le capitalisme moderne : celle d’une nature réduite à un stock de ressources disponibles pour la croissance économique.

La catastrophe écologique comme crise de la séparation

L’effondrement écologique montre précisément l’échec de cette illusion. Réchauffement climatique, disparition de la biodiversité, pollution des sols et des océans, multiplication des catastrophes sanitaires : ce que nous faisons au vivant finit toujours par nous revenir.

Là encore, les idées inadéquates prospèrent. Le climatoscepticisme ou le fantasme d’une croissance infinie reposent sur une incapacité à penser les causes réelles et les interdépendances. Spinoza, au contraire, pense les êtres comme des relations plutôt que comme des entités isolées. Trois siècles avant l’écologie moderne, il comprend déjà que l’humanité ne peut pas s’extraire du monde dont elle dépend.

La joie contre les passions tristes

Face aux passions tristes qui nourrissent les régimes autoritaires, Spinoza oppose une autre manière d’habiter le monde : la joie. Non pas la joie superficielle de la consommation ou du divertissement permanent, mais la joie comme augmentation de notre puissance d’agir.

C’est ce que Spinoza appelle le conatus : cette tendance fondamentale de chaque être à persévérer dans son existence. Les passions tristes capturent cette énergie et la retournent contre des ennemis désignés. Les affects joyeux, au contraire, augmentent notre capacité à comprendre, coopérer et agir collectivement, construire des formes de vie communes.

Une société démocratique ne tient jamais durablement par la peur, la concurrence ou le ressentiment. Elle tient par ce que le pouvoir voudrait souvent rendre invisible : la solidarité ordinaire, l’entraide, la confiance minimale sans laquelle aucune vie collective n’est possible. Là où les passions tristes fragmentent, les affects joyeux relient. Et c’est précisément cette puissance commune que toute politique émancipatrice devrait chercher à cultiver.

Notre époque a cruellement besoin de Spinoza

Baruch Spinoza, issu d’une famille de Juifs portugais convertis de force au christianisme, excommunié à 23 ans et marginal toute sa vie, n’avait rien d’un prophète. Il regardait simplement le monde avec une honnêteté si radicale qu’elle demeure encore aujourd’hui profondément subversive.

Car sa pensée, elle, reste d’une actualité troublante. Elle refuse l’illusion d’un individu entièrement libre et autonome. Elle montre que les êtres humains sont traversés par des affects avant d’être gouvernés par la raison, que les dominations finissent par s’incorporer dans les habitudes, et que la peur comme le ressentiment peuvent être organisés politiquement. Mais elle refuse aussi toutes les séparations artificielles : entre le corps et l’esprit, entre l’individu et la société, entre l’humanité et la nature.

À l’heure des algorithmes de l’indignation, des paniques identitaires et de la catastrophe écologique, sa pensée rappelle que la liberté commence lorsque nous comprenons les causes réelles qui nous façonnent, plutôt que de les subir passivement. Notre époque a cruellement besoin de cette lucidité-là.

Elena Meilune


Photo de couverture : Montage à partir du portrait de Spinoza / Wikimedia Commons

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28.05.2026 à 06:00

Couleurs et pouvoir politique : sens, histoire et manipulation

Mr Mondialisation

Les couleurs sont partout. Sur les drapeaux, les logos, les vêtements, les panneaux de signalisation ou les affiches électorales. Elles structurent notre environnement visuel au point que nous finissons souvent par ne plus les remarquer. Pourtant, depuis toujours, les sociétés humaines leur attribuent des significations précises.  [Temps de lecture estimé : ~ 6 min] Qu’elles […]

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Texte intégral (2144 mots)

Les couleurs sont partout. Sur les drapeaux, les logos, les vêtements, les panneaux de signalisation ou les affiches électorales. Elles structurent notre environnement visuel au point que nous finissons souvent par ne plus les remarquer. Pourtant, depuis toujours, les sociétés humaines leur attribuent des significations précises. 

[Temps de lecture estimé : ~ 6 min]

Qu’elles soient explicites ou implicites, les couleurs racontent quelque chose. Elles évoquent des émotions, signalent des appartenances et suggèrent des valeurs.

Comme le rappelle souvent l’historien Michel Pastoureau, les couleurs ne sont jamais neutres : leur symbolique dépend toujours d’un contexte culturel et historique. Une même couleur peut évoquer la pureté, la révolte ou le pouvoir selon les sociétés et les époques. Il observe :

« Aujourd’hui cela nous semble évident que le monde entier s’emblématise par la couleur. »

En politique, cette dimension symbolique devient particulièrement stratégique. Bien avant les programmes ou les discours, une couleur agit déjà sur nos perceptions. Elle rassure, mobilise, inquiète ou inspire confiance. Comprendre la politique contemporaine implique donc aussi de comprendre le langage visuel des couleurs.

La psychologie des couleurs en politique

Les couleurs influencent nos émotions de manière rapide et souvent inconsciente. Ce phénomène est étudié par la psychologie sociale autant que par le marketing politique.

Certaines associations sont devenues très fortes dans l’imaginaire collectif. Le rouge évoque l’énergie, la lutte, la colère, et la mobilisation. À l’inverse, le bleu renvoie une image de stabilité, de confiance, et d’autorité. La vert, lui, invoque la nature, le renouveau, et l’espoir. Enfin, le noir symbolise à la fois la puissance, la rupture, et la radicalité.

Ces effets émotionnels expliquent pourquoi les partis politiques accordent une grande attention à leur identité visuelle. Une couleur peut transmettre en quelques secondes une image de sérieux, de radicalité ou de modernité.

Dans les sociétés médiatiques analysées par le philosophe Guy Debord, la politique devient aussi une mise en scène visuelle : les symboles, les images et les couleurs participent pleinement à la construction de l’image publique.

La couleur fonctionne ainsi comme un raccourci idéologique : elle simplifie des programmes complexes en une impression visuelle immédiate.

Composition actuelle de l’Assemblée Nationale – Wikipedia

Rouge : la couleur historique de la gauche

Le rouge est l’une des couleurs politiques les plus anciennes et les plus chargées symboliquement.

Depuis la Révolution française, il est associé aux luttes populaires et aux mouvements révolutionnaires. Au XIXᵉ siècle, il devient le symbole du mouvement ouvrier et du socialisme. Il représente le sang versé dans les luttes sociales, la mobilisation collective ainsi que la transformation politique.

Aujourd’hui encore, le rouge reste central dans l’identité visuelle de nombreux partis de gauche. En France, on le retrouve notamment dans l’imaginaire visuel de La France Insoumise ou du NPA, même si son intensité varie. Certains partis ont progressivement adouci cette couleur afin de paraître moins radicalement contestataires, à l’image du Parti Socialiste, dont le rose apparaît comme une version atténuée du rouge originel.

La liberté guidant le peuple ou la révolution française vu par Delacroix – Unsplash

Bleu : la couleur dominante du pouvoir

Le bleu est aujourd’hui la couleur la plus utilisée dans la communication politique occidentale.

Historiquement, il devient en Europe une couleur prestigieuse associée à la monarchie et à l’autorité. Progressivement, il s’impose comme la couleur de l’ordre et de la stabilité. Il est omniprésent dans les institutions régaliennes, comme la police, la gendarmerie ou la marine.

Dans la politique contemporaine, le bleu évoque la compétence, la sécurité, la modération et la responsabilité. C’est pourquoi de nombreux partis de gouvernement l’utilisent. En France, cette couleur domine l’aile droite de l’hémicycle : on la retrouve dans l’identité visuelle de Renaissance, des Républicains ou encore du Rassemblement National. On notera également sa présence sur le fond du drapeau de l’Union Européenne.

Le bleu est souvent choisi pour sa capacité à inspirer confiance et à donner une image de stabilité politique. Ce qui en fait un choix privilégié des partis conservateurs.

Vert : la couleur de l’écologie politique

La couleur verte apparaît plus tardivement dans le paysage politique.

Ce n’est qu’à partir des années 1970 que les mouvements écologistes commencent à l’utiliser pour symboliser leur projet politique. Le vert évoque logiquement la nature, et par extension la protection de l’environnement. Mais il représente aussi le renouveau et l’avenir. En France, cette couleur est naturellement associée à Europe Écologie Les Verts.

Mais le succès symbolique du vert a aussi conduit à de nombreuses récupérations. Certaines entreprises l’utilisent pour suggérer un engagement écologique, même lorsque leurs politiques restent limitées. Ce phénomène est souvent qualifié de greenwashing.

Noir :  histoire politique multiple, parfois contradictoire

Certaines formations politiques utilisent des couleurs encore plus chargées symboliquement.

Le noir, par exemple, évoque souvent la radicalité ou la rupture. Historiquement associé à certains mouvements contestataires, il peut aussi suggérer une posture anti-système. On pense notamment aux black blocs et aux mouvements antifascistes. Mais il est aussi l’une des couleurs historiques de l’anarchisme.

Dans la tradition libertaire, contrairement aux idées reçues sur ce mouvement, le noir symbolise le refus de l’autorité étatique, la solidarité horizontale et l’autonomie. Il est fréquemment utilisé par les mouvements anarchistes et certains courants antifascistes.

Le rouge et le noir, combinés, renvoient encore plus explicitement à ces traditions : l’anarcho-communisme, l’anarcho-syndicalisme ou l’anarcho-socialisme. Ce code couleur rappelle que les significations politiques des couleurs ne sont jamais univoques : elles peuvent recouvrir plusieurs courants, parfois concurrents.

Parallèlement, le noir a aussi été récupéré ou réinterprété dans des contextes d’extrême droite ou néonazis, ce qui complexifie encore sa lecture. Une couleur peut ainsi porter des sens contradictoires selon les contextes historiques et politiques.

Tricolore : symbole de la nation et héritage révolutionnaire

D’autres partis préfèrent mobiliser les couleurs nationales. En France, le bleu, le blanc et le rouge du drapeau sont fréquemment utilisés pour évoquer l’identité nationale.

Mais le drapeau tricolore n’a pas toujours eu ce sens. Il faut savoir que sous l’Ancien Régime, le rouge et le bleu étaient déjà des couleurs dominantes dans les tenues des gardes et soldats du roi.

Le bleu, le blanc et le rouge existaient déjà dans l’iconographie monarchique, parisienne et française, le rouge a changé lui aussi de symbolique après 1789. Il symbolise le sang des citoyen·nes, le souvenir des luttes populaires et, plus tard, l’héritage de la Commune de Paris – Louise Michel ayant combattu sous ce même drapeau rouge, avant de l’abandonner au profit du drapeau noir, symbole du « deuil des morts et des illusions ».

Le tricolore rassemble donc en lui à la fois une tradition monarchique, une rupture révolutionnaire et une union entre Paris et la France. Quand des partis de gouvernement l’utilisent, ils peuvent vouloir se placer dans une continuité républicaine, une unicité parfois ou bien un – volontaire ou non – oubli historique.

C’est notamment le cas du Rassemblement National, dont la communication visuelle insiste fortement sur des références patriotiques. Dans ce cas, la couleur sert à renforcer une narration politique centrée sur la nation et l’identité, au détriment d’une réalité historique plus complexe.

Une bataille visuelle permanente

Dans les démocraties contemporaines, la politique se joue aussi – et peut-être surtout – au niveau de l’image. Logos, affiches, réseaux sociaux : chaque détail visuel est pensé pour transmettre une identité claire.

Les couleurs participent évidemment à cette stratégie. Elles permettent d’identifier rapidement un camp politique et de structurer les oppositions dans l’espace médiatique.

Mais cette simplification visuelle peut aussi masquer la complexité des idées. Une couleur rassurante peut dissimuler un programme contesté, tandis qu’une couleur radicale peut servir à mobiliser les émotions.

Comprendre la symbolique des couleurs permet donc de lire autrement la communication politique. Car derrière chaque couleur se joue souvent bien plus qu’une question d’esthétique : une stratégie de pouvoir, un code culturel – comme le souligne Michel Pastoureau – largement diffusé par l’Occident.

Florian Doare


Photo de couverture : montage Mr Mondialisation

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27.05.2026 à 13:14

Tribune : Ce que devient la recherche quand elle doit se vendre

Mr Mondialisation

La recherche scientifique et académique connaît depuis plusieurs années une transformation profonde, marquée par la montée en puissance des logiques d’appels à projets, d’évaluation et de mise en concurrence. Dans ce contexte, la question n’est plus seulement celle des moyens alloués à la recherche, mais aussi celle de ses finalités : que devient une recherche […]

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Texte intégral (3241 mots)

La recherche scientifique et académique connaît depuis plusieurs années une transformation profonde, marquée par la montée en puissance des logiques d’appels à projets, d’évaluation et de mise en concurrence. Dans ce contexte, la question n’est plus seulement celle des moyens alloués à la recherche, mais aussi celle de ses finalités : que devient une recherche sommée de démontrer son « impact » et de se justifier en permanence avant même d’avoir pu se déployer ?

Un lecteur de Mr Mondialisation nous a adressé la tribune qui suit. Sous une forme satirique et volontairement ironique, elle porte un regard critique sur les mécanismes de financement et d’évaluation de la recherche, notamment dans le contexte des Hautes Écoles en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Si le texte s’ancre dans un terrain institutionnel précis, il aborde des enjeux plus larges qui traversent aujourd’hui de nombreuses institutions académiques : précarisation des carrières, inflation bureaucratique et transformation du savoir en objet de compétition et de mesure.

Tribune

Ce matin, en ouvrant ma boîte mail, j’ai revu une partie de ma vie défiler. Ce qui, à mon âge, commence à prendre un certain temps et nécessite parfois une chaise. Le message m’invitait à « déposer » un projet au Fonds de la Recherche en Haute École (FRHE). Le verbe est important. On ne propose pas un projet. On ne partage pas une idée. On ne confie pas une intuition fragile à la communauté scientifique. Non : on la « dépose ». Comme on dépose un colis, une plainte, un enfant à la garderie ou un animal malade chez le vétérinaire en espérant qu’il revienne vivant.

J’ai donc relu le mail. Puis je l’ai relu encore, avec cette forme particulière d’attention que l’on réserve aux convocations administratives, aux résultats médicaux et aux messages commençant par « dans le cadre de la rationalisation de nos services ». Et là, une certitude m’est revenue : j’avais quitté la recherche académique il y a près de quinze ans non pas par accident, ni par paresse, ni parce que je préférais enfin dormir la nuit, mais par instinct de survie.

Car être chercheur, au départ, c’est magnifique. C’est se tenir devant le monde avec la stupéfaction d’un enfant qui démonte un réveil pour comprendre pourquoi le temps fait du bruit. C’est poser des questions là où tout le monde s’est habitué à répondre par des PowerPoint. C’est observer, douter, recommencer, se tromper, lire trop, boire trop de café, puis trouver parfois une petite chose vraie au milieu d’un grand tas de choses prétentieuses.

La recherche, dans sa version primitive, presque sauvage, consiste à dire : « Je ne comprends pas, donc je vais chercher. » La recherche académique contemporaine consiste plus souvent à dire : « Je ne comprends pas encore, mais je peux déjà remplir la case 12B relative aux livrables transférables et aux indicateurs d’impact transversal. » C’est moins romantique, mais ça rentre mieux dans un tableur Excel.

Et c’est là que le pouvoir politique intervient. Non pas pour dire aux chercheurs : « Allez, secouez-nous cette société, critiquez-nous, montrez-nous ce qui cloche, aidez-nous à inventer autre chose. » Ce serait dangereux. Des chercheurs qui cherchent vraiment finissent toujours par poser des questions désagréables. Pourquoi les pauvres sont-ils pauvres ? Pourquoi les riches sont-ils riches ? Pourquoi l’école reproduit-elle ce qu’elle prétend combattre ? Pourquoi l’innovation ressemble-t-elle si souvent à une machine à vendre des objets inutiles avec une application mobile ?

Non. Le pouvoir politique préfère une recherche bien élevée. Une recherche coiffée, budgétée, évaluée, classée, managée. Une recherche qui dit « impact sociétal » avant même d’avoir eu le temps d’émettre une pensée. Une recherche qui, comme un produit bien emballé, promet à l’avance qu’elle sera utile, rentable, transférable, valorisable, visible, durable, inclusive, innovante, interdisciplinaire et probablement biodégradable. Le tout pour une enveloppe qui permet de financer quelques projets et d’en laisser beaucoup d’autres sur le carreau.

Lors de l’appel FRHE 2024, 37 projets éligibles ont été soumis et 9 ont été sélectionnés, soit environ un projet sur quatre. C’est un système qui demande à des équipes entières de consacrer des semaines, parfois des mois, à construire une cathédrale administrative dont les trois quarts finiront au cimetière des PDF. Il faut être banquier pour y voir une politique scientifique. Un terme plus approprié pourrait être « machine à trier les vocations » : quelques-unes ressortent financées, les autres apprennent à appeler leur découragement « résilience ».

Pexels.

Le chercheur enthousiaste commence par lire le règlement. C’est son premier test. S’il survit, il découvre qu’il doit formuler une question de recherche, constituer un consortium, prévoir un calendrier, détailler les lots de travail, anticiper les résultats, décrire les risques, montrer l’impact, prouver la faisabilité, quantifier l’innovation, expliquer la dissémination, prévoir la valorisation, intégrer le genre, les objectifs de développement durable, la transition numérique, la transition écologique, la transition énergétique, la transition administrative et, si possible, la transition vers un état psychique compatible avec la poursuite de son existence.

Ensuite vient l’évaluation. Là aussi, tout est prévu pour rassurer. Votre projet ne sera pas abandonné à l’arbitraire d’une seule personne mal lunée ayant mal dormi dans un hôtel Ibis avant de lire votre résumé. Non. Il sera examiné par plusieurs experts, avec des critères pondérés. Pour le FRHE 2025-2026, les critères annoncés étaient par exemple la qualité scientifique, l’impact sociétal potentiel et la qualité de mise en œuvre, respectivement pondérés à 60 %, 30 % et 10 %. C’est beau, la pondération. Ça donne à l’injustice éventuelle une allure de recette de cake. Vous avez donc deux experts scientifiques. S’ils ne sont pas d’accord, on en ajoute un troisième, ce qui rappelle cette grande vérité démocratique : quand deux personnes ne suffisent pas à produire une décision discutable, il faut en trouver une troisième.

Puis arrive le moment merveilleux de l’impact. L’impact, c’est l’avenir radieux de la recherche. Avant, on demandait à une recherche si elle était juste, rigoureuse, originale. Aujourd’hui, on lui demande si elle va avoir de l’impact, comme une campagne de publicité pour une lessive, une trottinette connectée ou une nouvelle gamme de yaourts au bifidus. Votre projet étudie les inégalités scolaires ? Très bien. Quel impact ? Votre projet analyse les violences institutionnelles ? Très bien. Quel impact ? Votre projet montre que l’obsession de l’impact détruit les conditions mêmes d’une pensée critique ? Très intéressant. Mais pourriez-vous préciser l’impact de votre critique de l’impact, idéalement sous forme d’indicateurs mesurables ?

Et puis, au bout de la chaîne, il y a le gouvernement. C’est lui qui sélectionne finalement les projets financés. Il faut reconnaître que c’est pratique. Si votre recherche risque d’être trop critique envers le pouvoir, elle pourra toujours produire un effet mesurable : non pas sur la société, bien sûr, ni sur les politiques publiques ou sur votre compte bancaire, mais sur votre niveau de désillusion institutionnelle. Ce n’est pas exactement un indicateur d’impact, mais il a l’avantage d’être robuste. On me dira : « Mais enfin, tu exagères. Il faut bien évaluer. Il faut bien choisir. L’argent public n’est pas infini. » Bien sûr. C’est même précisément le problème : on organise la rareté, puis on appelle « excellence » la capacité à survivre dedans. On affame un secteur, puis on félicite les plus musclés d’avoir réussi à ramper jusqu’à la gamelle.

Pexels.

Apparaît alors la figure centrale de la recherche contemporaine : celle du bon chercheur, reconnaissable à la taille de son H-index. Jadis, les savants avaient des idées, des controverses, des correspondances, parfois des barbes. Aujourd’hui, ils ont des indicateurs. Le H-index est cette merveilleuse invention qui permet de donner une apparence scientifique à une vieille passion humaine : comparer la taille de ses attributs symboliques en prétendant parler d’excellence.

La communauté scientifique elle-même sait pourtant que ces métriques posent problème. La Déclaration de San Francisco sur l’évaluation de la recherche — DORA — appelle à améliorer les façons d’évaluer la production scientifique et critique notamment l’usage abusif des indicateurs bibliométriques dans les décisions d’évaluation. Mais c’est comme les recommandations nutritionnelles : tout le monde sait qu’il faut manger moins gras, moins sucré, moins salé, et pourtant la frite sauce andalouse continue d’avoir un avenir institutionnel solide.

Quand un chercheur devient vraiment « bon », c’est-à-dire quand ses indicateurs atteignent une taille socialement enviable, il est promu. Et quand il est promu, souvent, il ne cherche plus. Il coordonne, pilote, supervise. Il rédige des projets permettant d’obtenir l’argent qui permettra d’engager des chercheurs précaires qui, eux, chercheront vraiment, publieront vraiment, s’épuiseront vraiment, et contribueront discrètement à l’élargissement de l’attribut du chef.

Le chercheur précaire devient alors une sorte de complément alimentaire pour carrière académique. On le recrute pour deux ans, parfois trois, le temps qu’il produise des données, des articles, des rapports intermédiaires, des rapports finaux, des communications, des annexes, des preuves d’impact, puis on lui explique avec beaucoup d’émotion que son contrat touche à sa fin, mais que son travail a été très apprécié. Et c’est bien vrai. Son travail a été tellement apprécié qu’il est désormais dans le CV de quelqu’un d’autre.

Je force le trait ? À peine. La précarité académique est devenue un sujet de recherche en soi. Admirez plutôt : le système produit de la précarité, puis finance des recherches précaires sur la précarité des chercheurs. Des articles récents parlent même du precarity dividend (prime à la précarité), le bénéfice que certains acteurs plus stables peuvent tirer du travail des chercheurs précaires. C’est la version universitaire de la spéculation boursière : on mise sur l’exploitation à bas coût de travailleurs précaires pour gonfler son portefeuille de publications, puis on liquide l’humain dès que le dividende est encaissé.

Pexels.

Et maintenant, voilà que les Hautes Écoles sont invitées à entrer pleinement dans cette grande fête. Elles aussi doivent devenir des actrices de la recherche, de l’innovation, du développement, du rayonnement, de la compétitivité, de l’écosystème. Elles aussi doivent parler la langue merveilleuse des appels à projets, des livrables, des partenariats stratégiques, de la valorisation, des objectifs transversaux et de l’impact sociétal potentiel.

Je ne nie pas qu’il existe de beaux projets, des collègues sincères, des recherches utiles, des équipes courageuses. Bien sûr qu’il y en a, et c’est même ce qui rend la situation plus triste. Ce système fonctionne parce qu’il capture des désirs authentiques : celui de découvrir, de comprendre, d’agir, de faire mieux. Mais ces désirs, au lieu d’être soutenus, sont dévoyés pour exacerber la compétition de chacun contre tous. On ne demande pas aux chercheurs de chercher. On leur dit :

« Convainquez-nous que vous méritez peut-être d’avoir le droit de chercher, à condition de prouver avant de commencer que ce que vous n’avez pas encore trouvé produira des résultats mesurables dans les vingt-quatre mois. »

La scène est presque belle, si l’on aime l’absurde. Pour avoir le droit de chercher, il faut d’abord expliquer ce que l’on va trouver. Pour avoir le droit de découvrir, il faut prédire la découverte. Pour avoir le droit de douter, il faut remplir une grille dans laquelle le doute n’apparaît nulle part.

Alors oui, cher·es collègues enthousiastes, déposez des projets si vous le voulez. Faites-le même, parfois, parce qu’il faut bien arracher quelques moyens là où ils se trouvent. Mais ne confondez pas le guichet avec la recherche. Ne confondez pas l’appel à projets avec l’appel du large. Ne confondez pas le formulaire avec la pensée. Le danger n’est pas seulement que quelques projets soient refusés. Le danger est plus discret, plus profond, plus quotidien : c’est que nous finissions par intérioriser cette logique. Que nous apprenions à nous vendre avant de penser. À calibrer nos questions avant de les poser. À traduire nos colères en livrables, nos doutes en indicateurs, nos intuitions en diagrammes de Gantt.

Pexels.

Ce matin, en refermant ce mail, je me suis souvenu de la lettre de démission d’Annick Stevens que j’avais lue à la fin de ma thèse comme on lit un avertissement. Elle y décrivait une université renonçant peu à peu à sa fonction critique, absorbée par l’économisme, la concurrence et les standards productivistes. Je croyais alors lire le témoignage d’un monde que j’étais en train de quitter. Près de quinze ans plus tard, je comprends que je lisais peut-être la brochure d’accueil du monde qui arrivait.

Les Hautes Écoles aussi ont désormais leur vocabulaire de start-up, leur arobase pour faire moderne et probablement bientôt leur baby-foot stratégique. On nous dira que c’est le progrès. Que c’est une reconnaissance. Que c’est une chance. Mais une chance de quoi ? De chercher vraiment ? Ou d’apprendre à promettre, à calibrer, à séduire, à convertir nos questions en dossiers recevables ?

Si la recherche sert encore à quelque chose, c’est peut-être d’abord à refuser les évidences trop bien emballées. Et celle-ci en particulier : ce n’est pas parce qu’un système finance quelques recherches qu’il la soutient. Parfois, il l’organise simplement de manière à ce qu’elle ne dérange pas trop.

Un lecteur


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26.05.2026 à 17:00

Kinshasa : la capitale congolaise étouffe sous ses déchets

Mr Mondialisation

À Kinshasa, mégapole de plus de 15 millions d’habitants et capitale de la République démocratique du Congo, la gestion des déchets est devenue l’un des défis environnementaux et sanitaires les plus préoccupants. Certaines statistiques révèlent que chaque jour, la ville génère plus de 12 000 tonnes de déchets solides, dont environ 40 % sont constitués […]

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Texte intégral (2183 mots)

À Kinshasa, mégapole de plus de 15 millions d’habitants et capitale de la République démocratique du Congo, la gestion des déchets est devenue l’un des défis environnementaux et sanitaires les plus préoccupants. Certaines statistiques révèlent que chaque jour, la ville génère plus de 12 000 tonnes de déchets solides, dont environ 40 % sont constitués de matières plastiques. Ces déchets, souvent abandonnés dans les rues, les marchés, les caniveaux ou les cours d’eau, contribuent à l’insalubrité de la ville, aggravent les inondations pendant les saisons de pluie et favorisent la propagation de maladies.

Au fil des années, plusieurs mesures ont été adoptés par les autorités afin de limiter la production, l’importation et l’utilisation des sacs ainsi que d’autres emballages plastiques à usage unique. Des initiatives citoyennes, des organisations environnementales et des programmes publics tentent de sensibiliser la population et de promouvoir des pratiques plus durables.

Cependant, ces efforts demeurent encore limités au regard de l’ampleur de la pollution qui continue de dégrader le cadre de vie des habitants et de menacer les écosystèmes urbains de la capitale congolaise. L’application des textes reste largement insuffisante en raison du manque de contrôle, de l’absence d’alternatives accessibles pour les consommateurs et de la faiblesse des infrastructures de collecte et de recyclage.

Inaction, confusion institutionnelle et stratégies stériles

Selon Joël Munongo Yula, docteur en science politique, le problème des déchets persiste à cause de la faible capacité du gouvernement provincial de Kinshasa et des municipalités, pourtant décentralisées, à mobiliser les ressources nécessaires pour définir le problème et mettre en place des dispositifs de gestion. L’absence de coordination entre les paliers de pouvoir, notamment, le gouvernement central, la province et les municipalités, est l’une des entraves de l’action publique en matière des déchets, ajoute ce chercheur.

Concrètement, la gestion des déchets à Kinshasa souffre d’un problème de répartition des compétences. En théorie, la décentralisation confère des responsabilités aux communes et à la province en matière d’assainissement. Mais dans la pratique, le pouvoir reste fortement centralisé et les municipalités disposent de peu d’autonomie financière et technique. 

Au niveau national, le ministère de l’environnement a mis en place un document de cadrage sur la politique nationale des déchets, définie comme un aspect de la politique nationale d’assainissement (PONA). Cette stratégie était censée être mise en place depuis 2017. À ce jour, cette stratégie se présente encore sous forme de projet en étude.

Le rapport final des études de faisabilité du Projet de gestion intégrée des déchets de la Ville-Province de Kinshasa a été présenté, au mois de mai 2026, en présence du Ministre d’État Guylain Nyembo. Selon lui, « l’ambition de ce projet est d’ériger un centre de tri et de valorisation énergétique des déchets, conçu non seulement comme une infrastructure opérationnelle, mais également comme le pionnier d’un modèle reproductible à l’échelle métropolitaine et nationale ».

Face à cette ambition, la méfiance reste de mise. En effet, selon l’étude de Joël Munongo Yula, « depuis plus de trois décennies de nombreux projets sur la gestion des déchets à Kinshasa existent dans les administrations » mais les finalités des projets restent imprécises, le plan de déroulement occulté et les actions parfois inachevées et abandonnées.

Marché de Kinshasa. Wikimedia.

Urbanisation défaillante, une des causes

En avril 2025, les pluies diluviennes qui ont frappé Kinshasa ont causé plusieurs dizaines de morts, des centaines de ménages sinistrés et d’importants dégâts matériels. Au-delà des fortes précipitations, plusieurs observateurs et autorités locales ont mis en cause la mauvaise gestion des déchets dans la capitale : les immondices jetés dans les caniveaux et les rivières auraient contribué à obstruer les voies d’évacuation des eaux, aggravant ainsi les inondations dans plusieurs communes de la ville.

Dans ce contexte, le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe a annoncé la convocation, le 16 avril 2025, de la Première ministre Judith Suminwa ainsi que des ministres sectoriels concernés, notamment ceux des Finances et du Budget, afin qu’ils répondent devant les députés aux questions relatives aux mesures préventives et à la gestion de cette catastrophe.

Par ailleurs, plusieurs acteurs institutionnels et de la société civile ont rappelé que ces inondations récurrentes sont aggravées par des problèmes structurels tels que l’insalubrité, les constructions chaotiques et la mauvaise gestion des déchets. Vital Kamerhe lui-même a évoqué les conclusions d’un rapport parlementaire sur l’insalubrité à Kinshasa, qui alertait déjà sur les risques d’inondation dans la capitale congolaise.

Pluie diluvienne le 22 Mars 2022 à Kinshasa. Wikimedia.

Des croyances populaires, un défi face à l’urgence sanitaire

Dans une étude consacrée aux perceptions populaires de l’environnement urbain à Kinshasa, Francis Lelo Nzuzi souligne l’influence de certaines croyances sur la gestion de la pollution dans la capitale congolaise. Le chercheur explique que de nombreux habitants attribuent les phénomènes d’érosion, d’inondations et d’accumulation des déchets à des causes surnaturelles.

Selon son analyse, les Kinois avancent principalement trois explications aux érosions qui touchent la ville : certains y voient une manifestation de la colère divine face aux fautes morales attribuées aux habitants, notamment en lien avec la transgression des Dix Commandements. D’autres explications relèvent de la sorcellerie, présentée comme une force hostile au développement de la ville, tandis que certains invoquent le mécontentement de chefs coutumiers face à l’occupation de terres considérées comme leur patrimoine.

Dans un autre registre, des pratiques s’appuient parfois sur des stéréotypes selon lesquels les populations noires seraient naturellement plus résistantes aux maladies et aux microbes. Cette idée, largement relayée dans des expressions populaires et des proverbes, participe à banaliser les risques sanitaires et à minimiser la gravité des conditions d’hygiène dégradées.

Pourtant, aucune base scientifique ne valide l’existence d’une immunité biologique particulière liée à la couleur de peau. Les connaissances médicales établissent au contraire que l’exposition prolongée à l’insalubrité accroît les risques de maladies infectieuses et de dégradation de la santé publique.

Dans ce contexte, la persistance de ces représentations ne peut être réduite à un simple problème technique de gestion des déchets. Elle révèle aussi des enjeux culturels et éducatifs plus larges, où certaines croyances et stéréotypes continuent d’influencer la perception des risques sanitaires et environnementaux, avec des conséquences concrètes sur la santé des populations.

Une politisation des déchets pendant la campagne électorale

La question de l’insalubrité est devenue un thème politique récurrent, particulièrement pendant les campagnes électorales. Les candidats et dirigeants utilisent régulièrement l’image de la ville sale, des montagnes d’ordures et des caniveaux bouchés comme un symbole de l’échec des autorités en place, mais surtout comme une promesse de changement capable de convaincre les électeurs. La saleté urbaine devient un outil de mobilisation politique et de conquête du pouvoir avec une ambition de la résoudre.

En ce sens, sur Top Congo FM, lors de l’émission Le débat du 22 avril 2024, Kevin Bolamba, candidat gouverneur de la ville de Kinshasa se montrait très préoccupé par la salubrité de la ville de Kinshasa : « J’ai identifié les problèmes des Kinois, je suis un homme de terrain. Nous avons un problème d’insalubrité qui ne permet pas de vivre paisiblement (…) l’assainissement du cadre de vie et gestion de l’espace »

Le cas de ce candidat n’était pas isolé. Lors des campagnes électorales de 2006 à 2024, il s’observait des conflictualités et concurrences entre les différents acteurs et candidats aux élections qui utilisaient le discours sur les déchets afin de persuader les électeurs et de contrôler le fief électoral. Or, jusque maintenant, le problème de salubrité dans la ville de Kinshasa n’a jamais eu une réponse adéquate.

Pour Byamungu Simon Walungu, ingénieur architecte interviewé dans le cadre de cet article, la définition des responsabilités du pouvoir central et des autorités provinciales doivent être mises en place afin de désambiguïser le rôle de chacun.

« Le pouvoir central doit élaborer des lois, règlements, mobiliser les financements, réaliser des études d’impact environnemental stratégique et social et faire le suivi et le contrôle du respect des normes et textes réglementaires. Pour le pouvoir provincial, il doit élaborer des stratégies de mise en œuvre de la politique nationale d’assainissement au niveau provincial et élaborer des programmes de renforcement des capacités dans le secteur de l’assainissement »

La lutte contre la pollution dans Kinshasa ne peut être efficace sans une stratégie globale associant les autorités publiques, les citoyens et les partenaires internationaux. L’amélioration de la gestion des déchets, le renforcement de l’urbanisme, la réhabilitation des infrastructures d’assainissement, le recyclage ainsi que la sensibilisation de la population apparaissent comme des solutions indispensables pour réduire l’insalubrité qui menace la santé publique et l’environnement urbain.

Therence Hategekimana


Photo de couverture : France 24

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25.05.2026 à 13:47

Comment Macron verrouille la République avant de quitter l’Élysée

Simon Verdiere

Dans moins d’un an, la France aura changé de président. Emmanuel Macron ne pourra en effet pas se représenter en 2027 et sera remplacé par un nouveau visage. Pour autant, avant de partir, le chef de l’État positionne ses pions au sein de l’Administration pour imposer son héritage. Si un dirigeant en rupture avec le […]

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Texte intégral (1521 mots)

Dans moins d’un an, la France aura changé de président. Emmanuel Macron ne pourra en effet pas se représenter en 2027 et sera remplacé par un nouveau visage. Pour autant, avant de partir, le chef de l’État positionne ses pions au sein de l’Administration pour imposer son héritage.

Si un dirigeant en rupture avec le courant actuel arrivait à la tête du pays en 2027, sa tâche serait considérablement compliquée par les dernières forces lancées dans la bataille par le Président actuel. En plaçant de nombreux proches à des postes clefs, Emmanuel Macron verrouille les institutions par un réseau fidèle à ses idées. Une tendance inquiétante qui appelle plus que jamais à une refonte de notre système politique et une redistribution démocratique du pouvoir.

Les rouages de la Ve république

Au sein d’une Ve République à bout de souffle, le locataire de l’Élysée et sa majorité disposent de nombreux droits de nomination à des postes cruciaux. Alors que certaines de ces fonctions sont censées constituer un contre-pouvoir face à l’exécutif.

Or, Emmanuel Macron semble bien décidé à utiliser ses prérogatives pour installer ses proches à des places importantes. Après Richard Ferrand à la tête du Conseil constitutionnel, puis Amélie de Montchalin à la Cour des comptes, le premier élu de France vient de désigner Emmanuel Moulin, ancien secrétaire général de l’Élysée pour diriger la banque de France, et Marc Guillaume, ex-secrétaire général du gouvernement, à la vice-présidence du Conseil d’État. Une façon pour le fondateur de Renaissance de mettre des bâtons dans les roues de son futur successeur.

Un pouvoir tentaculaire

En soi, il serait déjà sain de remettre en question l’excès de pouvoir de désignation des élus. Au nom de quel idéal démocratique les représentants au sommet de l’État auraient-ils le droit de choisir tant de personnes à des places aussi importantes ?

D’autant que ce pouvoir concerne un nombre de sphères incalculables qui devraient pourtant être aux mains des citoyens et non d’élus en clair conflit d’intérêts. On peut ainsi citer, pêle-mêle, le Conseil d’État, l’ARCOM, la CNIL, l’autorité de la concurrence, l’audiovisuel public, l’inspection des finances, les préfets, les ministres, la direction du Trésor, les grandes entreprises publiques (EDF, SNCF, la Poste, RATP, etc.), et bien d’autres encore. De quoi imposer un contrôle quasi total sur le pays.

Le Conseil d’État détient, d’ailleurs, une influence considérable pour bloquer des mesures gouvernementales ou prendre des décisions hautement symboliques, comme lorsqu’il a validé le choix de l’exécutif de situer la France insoumise à l’extrême gauche, contre toute forme de logique.

L’exemple du Conseil constitutionnel

Le Conseil constitutionnel, quant à lui, est censé s’opposer aux transgressions de la Constitution. Pourtant, il est également désigné par les hautes sphères du pouvoir. Après dix ans d’exercice, Emmanuel Macron y a fait installer six membres sur neuf. Et cinq d’entre eux seront encore là au moins jusqu’en 2031, autrement dit la majorité.

Or, cette domination macroniste représente une protection considérable pour l’antique constitution de 1958. Ainsi, en théorie, il faudrait l’aval de l’Assemblée et du Sénat pour pouvoir la modifier. Or, le système électif anti-démocratique du Palais du Luxembourg lui assure une hégémonie bourgeoise permanente.

Imaginons, par exemple, qu’en 2027, Jean-Luc Mélenchon arrive à la tête de l’État. S’il décide de changer de constitution comme le prévoit son programme, il n’aura d’autre choix que passer par référendum, ne disposant pas de l’appui nécessaire au Sénat. Or, dans ce cas, certains constitutionnalistes affirment que ce procédé ne respecterait pas notre texte suprême. Et bien qu’il existe un précédent avec Charles de Gaulle en 1962, c’est le Conseil constitutionnel qui pourrait avoir le dernier mot.

Des postes parfois verrouillés pour longtemps

Certains pourraient arguer que tous les présidents de la cinquième république ont œuvré de cette façon, et que tout ce qui a été construit par l’un pourra être démantelé par le suivant. Et cet argument peut s’entendre sur certaines postes.

Pour d’autres, en revanche, ces nominations sont irrévocables. Ainsi, le poste d’Amélie de Montchalin à la Cour des comptes lui est garantie jusqu’à ses 68 ans. Or, celle-ci n’étant âgée que de quarante ans, elle pourrait rester en place jusqu’en 2053 ! Cette partisane de l’austérité budgétaire pourra alors mettre la pression sur les futurs gouvernements en produisant des rapports visant à détériorer les services publics au profit de la privatisation. Un argument de poids dans le débat politique pour l’avenir.

La banque de France comme blocage économique

Le constat est de même nature avec le gouverneur de la banque de France. Celui-ci est en effet nommé pour une durée de six ans. Autrement dit, en choisissant Emmanuel Moulin, le président Macron impose à son successeur un dirigeant néolibéral pendant l’intégralité de son mandat. Inquiétant lorsque l’on sait que celui-ci pèse sur les taux d’intérêt, le crédit, ou la stabilité financière.

De ce fait, si un président de gauche veut investir ou nationaliser massivement, ou bien sortir des règles budgétaires européennes, la banque de France pourra mettre tout son poids dans la balance pour effrayer la population, parler de risque économique et ainsi affoler les marchés et renforcer la pression de Bruxelles. Autant dire que le prochain locataire de l’Élysée devra s’avérer particulièrement solide dans ses convictions pour résister à de tels leviers.

Un système à bout de souffle

Même si ces aller-retour entre public et privé, et ce jeu de réseau n’ont rien d’inhabituel dans les hautes sphères de l’État, la Macronie paraît avoir franchi un nouveau palier dans le verrouillage des institutions.

Ces agissements sont une énième démonstration d’un système qui se tourne vers l’autoritarisme pour maintenir ses politiques à l’œuvre. Pour autant, les multiples crises, qu’elles soient sociales, environnementales ou démocratiques, pourraient soulever une force au sein de la population. Reste à savoir si cette force sera canalisée par une gauche de rupture ou phagocytée par une gauche complaisante avec le système en place, ou pire l’extrême droite.

Simon Verdière


Photo de couverture : Emmanuel Macron. Wikimedia.

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24.05.2026 à 06:00

Association Routes Vivantes, policiers et Brésil : les 10 bonnes nouvelles de la semaine

Mauricette Baelen

Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer.  1. Animaux écrasés sur les routes : création de l’association Routes vivantes Une association nommée Routes vivantes a été créée pour réduire la mortalité des animaux sauvages due aux collisions routières. Elle cherche à sensibiliser les […]

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Texte intégral (1065 mots)

Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer. 

1. Animaux écrasés sur les routes : création de l’association Routes vivantes

Une association nommée Routes vivantes a été créée pour réduire la mortalité des animaux sauvages due aux collisions routières. Elle cherche à sensibiliser les automobilistes et à travailler avec les collectivités pour améliorer les passages à faune et mieux intégrer la biodiversité dans l’aménagement des infrastructures routières. (Le Zéphyr)

2. Des policiers appellent à désobéir aux ordres contre la liberté de la presse

Une association de policiers, PRC, dénonce les violences et entraves subies par les journalistes lors de manifestations. Elle appelle à sanctionner les comportements abusifs et invite même les policiers à refuser certains ordres jugés contraires à la liberté de la presse, tout en critiquant la concentration des médias. (Blast)

3.Vallée de l’Arve : des habitants participent à la recherche sur les pollutions

Dans la vallée de l’Arve (Haute-Savoie), l’une des zones les plus polluées de France, des habitants participent à un institut écocitoyen qui associe citoyens, scientifiques, élus et acteurs locaux. Ensemble, ils définissent les thèmes de recherche en santé-environnement (qualité de l’air, de l’eau, des sols, impacts sur la santé) afin de produire des études utiles aux décisions publiques et mieux comprendre les effets des pollutions locales. (Vert)

4. Dans un village de la Meuse, les habitants décident directement des projets locaux

À Ménil-la-Horgne, une assemblée citoyenne permet aux habitants de voter directement sur les projets du village (équipements, services, énergie). Le maire et le conseil municipal mettent ensuite en œuvre les décisions prises collectivement. Le dispositif renforce la participation et la cohésion locale, même s’il ne fait pas l’unanimité parmi les habitants.(Reporterre)

5. Au Brésil, réforme fiscale pour alléger la classe moyenne et taxer davantage les riches

Le gouvernement brésilien a adopté une réforme de l’impôt sur le revenu qui relève le seuil d’exonération, permettant à des millions de ménages de la classe moyenne de ne plus payer d’impôt. En parallèle, la contribution des plus riches est augmentée via la taxation des dividendes et un impôt minimum sur les très hauts revenus. (La Relève et la Peste)

6. Sanctuaire pour éléphants au Portugal : une alternative à la captivité en Europe

Un sanctuaire pour éléphants ouvre dans le sud du Portugal, dans la région de l’Alentejo. Il doit accueillir des animaux issus de cirques et de zoos européens, dont Julie, dernière éléphante de cirque du Portugal, et Kariba, une éléphante vivant seule dans un zoo en Belgique. (The Guardian)

7. Un nouveau scanner pour détecter l’endométriose

Des chercheurs d’Oxford testent un nouveau type de scanner combiné à un traceur pour détecter plus tôt l’endométriose. L’objectif est de réduire les années d’attente avant diagnostic, souvent très longues avec les méthodes actuelles. Les premiers résultats sont encourageants mais doivent être confirmés par des études plus larges. (BBC)

8.Victoire juridique contre la vénerie sous terre des blaireaux dans le Tarn-et-Garonne

Le tribunal administratif de Toulouse a annulé un arrêté préfectoral autorisant la chasse des blaireaux en période complémentaire dans le Tarn-et-Garonne. La décision juge cette pratique illégale, notamment car elle pouvait toucher des jeunes blaireaux encore dépendants dans les terriers. Les associations de protection de la nature obtiennent ainsi une victoire après plusieurs années de recours.(ASPAS)

Un modèle de placenta artificiel pour mieux tester les médicaments pendant la grossesse

Des chercheurs de l’Université de Berne ont développé un modèle de placenta artificiel en laboratoire pour étudier comment les médicaments passent de la mère au fœtus. L’objectif est de mieux évaluer les risques, car les effets sur les femmes enceintes sont souvent mal connus et difficiles à tester. Ce système pourrait aussi réduire le recours aux tests sur les animaux. (Swisscom / blue News)

À Varsovie, des canards prioritaires sur la route au printemps

À Varsovie, en Pologne, des bénévoles et la police interrompent temporairement la circulation chaque printemps pour permettre à des canards sauvages de traverser une route en toute sécurité. Ces opérations protègent notamment les jeunes harles bièvres lors de leur déplacement vers la rivière Vistule. (France 24)

– Mauricette Baelen

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