01.07.2026 à 06:00
Mr Mondialisation
Dans l’ouvrage L’expulsion de l’autre du philosophe sud-coréen et allemand Byung-Chul Han, la société postmoderne apparaît comme aliénante. De là, sont développées des réflexions philosophiques, critiques des logiques capitalistes, de surconsommation et de mondialisation. Dans cet essai incisif, la pratique de l’écoute d’autrui se dégage comme une voie à suivre. De l’isolement produit par le […]
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De l’isolement produit par le néolibéralisme à l’effacement du lien à l’autre, Byung-Chul Han montre comment les logiques économiques façonnent nos existences. Son analyse conduit finalement à une question centrale : quelles conditions rendent encore possible une véritable vie commune ?
L’une des premières phrases choc de Byung-Chul Han concerne le désir de paix, qui est assez communément partagé : un récent sondage IFOP révèle qu’environ 70% de la population française se positionne en soutien à la participation de leur pays aux opérations de maintien de la Paix avec l’ONU. Un désir pacifique partagé, mais des plans d’actions qui entrent en contradiction.
D’un point de vue de sécurité intérieure, de nombreux pays occidentaux se « protègent » derrière l’OTAN et les politiques interventionnistes des États-Unis, une protection qui à moyen-terme ne fait qu’augmenter les tensions et les risques de conflits généralisés.

Mais la sécurité ne dépend pas uniquement des relations internationales. L’accroissement de la pauvreté, de la précarité, des discriminations ou encore des politiques d’exclusion à l’égard des étrangers alimente également les tensions au sein des sociétés. Loin de favoriser une paix durable, ces dynamiques nourrissent les fractures sociales et créent un terrain propice aux conflits.
Dans ce contexte, renforcer les politiques néolibérales au nom du pragmatisme ou d’une posture prétendument pacificatrice – « ni de droite ni de gauche », de « bon sens » face aux « extrêmes », à l’image du positionnement défendu par Raphaël Glucksmann – ne constitue pas une réponse neutre. Une telle orientation contribue à approfondir les inégalités produites par le libre marché et s’accompagne souvent d’une vision interventionniste des relations internationales, susceptible d’alimenter davantage les tensions qu’elle ne les résout.
Byung-Chul Han se veut ainsi extrêmement critique de la position de Kant, selon qui la paix s’installera forcément à travers « l’esprit commercial », car ce dernier serait incompatible avec la guerre. Le philosophe coréen considère au contraire que cette paix ne peut être que temporaire : c’est « la puissance de l’argent » qui contraint à la paix pour ses propres intérêts
Plus pertinent encore, Byung-Chul Han nomme la paix instaurée par la force de l’esprit commercial, une paix géographiquement limitée : la zone de bien-être est en effet entourée de barrières, de camps de concentration pour personnes migrantes et de théâtres de guerre. Une paix qui n’est donc qu’illusion et réservée à un groupe privilégié.
Pour le philosophe, la paix est au contraire permise par l’hospitalité, en tant que « promesse de réconciliation ». Selon lui, c’est la capacité d’accueil d’une société qui permet de mesurer son degré de civilité.

Pour Byung-Chul Han, le système néolibéral est extrêmement dangereux, génère angoisse et insécurité, mais il isole surtout l’individu qui devient « un entrepreneur isolé de lui-même » :
« Ce processus d’isolement, accompagné d’un effritement de la solidarité et d’une concurrence généralisée, engendre de l’angoisse. La logique perfide du néolibéralisme veut que l’angoisse augmente la productivité. »
Le concept d’isolement est d’autant plus lisible dans notre rapport d’aliénation du travail, empêchant le travailleur de se réaliser. Byung-Chul Han perçoit même son travail comme « une annulation continue de soi », dont l’aliénation serait synonyme de mise en extériorité de l’objet produit par le travailleur : « celui-ci ne se reconnaît plus ni dans son produit, ni dans sa propre activité ». Ce que le travailleur produit lui est ainsi retiré : il devient « d’autant plus pauvre que sa quantité de production est riche ».
Le philosophe ajoute que nous vivons dans une société postmarxiste, où l’exploitation n’est plus seulement vérifiable sous la forme d’aliénation, mais plutôt sous la forme d’une dite « liberté », « autoréalisation » et « optimisation de soi ». Une liberté qu’il décrit comme fatale car elle ne rend plus possible aucune forme de résistance, de révolution. Byung-Chul Han parle donc d’une « auto-aliénation destructive », dès lors que l’individu perçoit son propre corps et son propre être comme objet fonctionnel à optimiser.
L’aliénation du travail se manifeste alors de manière pathologique : anorexie, boulimie, binge eating, burn-out, dépression, sont autant de symptômes d’une « auto-aliénation croissante » selon l’auteur. La cause de ces troubles est souvent ramenée à la culpabilité individuelle : gestion du stress, manque d’activité physique, etc. L’injonction au bien-être agit comme un camouflage des véritables causes du mal-être.
En conclusion, la capacité à écouter apparaît comme une forme de pratique décisive de résistance à un système néolibéral, lui-même destructeur du lien social, du bien-être et du sens à donner aux vies. L’écoute n’est pas une action passive mais bel et bien active. Selon Byung-Chul Han :
« écouter est une offre, un don, cela aide l’autre à prendre la parole ».
L’écoute précède même la parole, selon lui : « L’écoute invite l’autre à parler, elle lui ouvre un espace pour son altérité ». Elle peut même pousser les personnes à exprimer des pensées qui ne seraient jamais apparues en l’absence d’écoute.
Comment ne pas évoquer la communication digitale et les réseaux sociaux, qui paradoxalement nous mettent en réseau et, par la même, nous isolent : « je me procure les informations sur la toile, ainsi je ne dois pas m’adresser à un interlocuteur personnel. » Dans ce sens, en l’absence de l’autre, la communication se transforme en « échange accéléré d’informations, ce qui n’établit pas de relations, mais seulement des connexions ».
Or, le relationnel est indispensable au discours politique : « l’espace politique est un espace où je rencontre les autres, je parle avec les autres et je les écoute ». C’est pourquoi Byung-Chul Han considère que l’écoute a une dimension politique, c’est une « participation active à l’existence des autres, mais aussi à leurs souffrances ».
En revanche, il semble qu’aujourd’hui nous écoutons tant de choses mais perdons de plus en plus la capacité à écouter les autres et leurs douleurs : chacun·e est seul·e avec soi-même, « la souffrance est privatisée et individualisée », il n’existe plus de liens entre la souffrance de l’un et de l’autre, jusqu’à ignorer « la dimension sociale de la souffrance ».
Un constat pessimiste qui ne signifie pas que tout espace de lien social a disparu, mais la tendance semble indéniable. Surtout, les organes de pouvoir du régime néolibéral y ont tout à fait intérêt, afin de paralyser socialisation et politisation. En effet, la politisation induit le passage du privé au public, alors qu’aujourd’hui « le public se dissout peu à peu dans le privé ».

Pour conclure, quoi de mieux que la délicate mais incisive plume de Byung-Chul Han :
« La bruyante société de la fatigue est sourde. La société à venir pourrait être en revanche celle de l’écoute et de l’attention […] L’actuelle crise du temps ne concerne pas l’accélération, mais plutôt la totalisation du temps de soi. Le temps de l’autre se soustrait à la logique de l’amélioration des performances et de l’efficacité […] La politique néolibérale du temps élimine le temps de l’autre, considéré comme un temps improductif […], elle élimine aussi le temps de la fête, le temps de la célébration, qui échappe à la logique de production. Le temps festif est à proprement parler improductif. A l’opposé du temps de soi, qui nous rend seuls et nous isole, le temps de l’autre institue une communauté. Ce temps là, par conséquent, est un bon temps. »
– Benjamin Remtoula (Fsociete.fr)
Photo de couverture : Priscilla Du Preez (Unsplash)
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Mr Mondialisation
Chaque année, des centaines de millions d’animaux domestiques et sauvages meurent sur les routes européennes. Une étude datant de 2020 estime que près de 194 millions d’oiseaux et 29 millions de mammifères – sans parler des insectes dont l’hécatombe se comptent en milliards – sont victimes de collisions avec des véhicules chaque année, faisant des […]
The post Routes vivantes : protéger les animaux sur les routes first appeared on Mr Mondialisation.Cette mortalité reste largement absente du débat public. Aucun numéro d’urgence pour la faune sauvage, aucun service de secours ouverts 24h/24, ce qui semble pourtant une nécessité absolue au vu de la mortalité animale ces soixante-dix dernières années.

Hérissons, écureuils, amphibiens, rapaces, renards ou encore blaireaux disparaissent dans une relative indifférence… C’est pour replacer le vivant au cœur de nos mobilités qu’est née Routes Vivantes. Pour Mr Mondialisation, Baptiste Trény, cofondateur de l’association Routes Vivantes, expose les solutions possibles pour repenser notre rapport aux routes.
Baptiste Trény : « Routes Vivantes est une association créée fin 2025 pour lutter contre la mortalité de la faune sur les routes. Nous agissons autour de trois axes : sensibiliser le public, accompagner les décideurs dans leurs politiques d’aménagement et soutenir les actions de terrain ainsi que la recherche scientifique.

L’idée est née en 2023, après un appel lancé sur les réseaux sociaux face à l’impuissance ressentie devant le nombre d’animaux tués sur les routes. Ce message a suscité une forte mobilisation et, avec Amélie Boulay et Jean-Michel Ledey, nous avons transformé cette dynamique en association. Aujourd’hui, Routes Vivantes rassemble déjà plus de 230 adhérents partout en France. »
Baptiste Trény : « J’ai toujours été très attaché au vivant. En observant la nature, notamment à travers la photographie animalière, je suis confronté quotidiennement aux animaux victimes de la route. Les hérissons, écureuils, blaireaux, renards ou chouettes déclinent aussi à cause des collisions routières.
« À force, il m’est devenu impossible de considérer cela comme une fatalité. »
Beaucoup de membres de l’association partagent cette sensibilité : quand on aime le vivant, on ne peut accepter de le voir disparaître dans l’indifférence. Heureusement, tout reste à construire et chaque action peut avoir un impact. »
Baptiste Trény : « Oui. Le constat est désormais bien documenté : plus de 200 millions d’animaux sont tués chaque année sur les routes européennes, dont près de 2 millions de hérissons en France. Les données proviennent notamment des associations, des centres de soins, de l’OFB ou du Cerema.
Elles sous-estiment cependant la réalité, car beaucoup d’animaux disparaissent rapidement après leur mort ou succombent plus tard à leurs blessures. Notre ambition est de centraliser ces connaissances, de les harmoniser et de soutenir les initiatives locales afin de construire un outil scientifique de référence. »
Baptiste Trény : « Notre priorité est aujourd’hui de structurer l’association et son réseau de bénévoles. Nous avons déjà diffusé plus de 500 stickers de sensibilisation, développons des groupes locaux et préparons un réseau de référents départementaux.
Nous travaillons également sur une grande exposition photographique itinérante qui mêlera art et pédagogie pour sensibiliser le grand public. Elle sera alimentée par un concours photo national et sera présentée dans des écoles, collectivités et festivals, notamment au FIFO en 2026. »

Baptiste Trény : « Notre fonctionnement repose essentiellement sur les adhésions et les dons de nos membres. L’association fonctionne aujourd’hui entièrement grâce au bénévolat.
Nous avons également bénéficié du soutien d’un parrain fondateur, Rodolphe Landemaine, qui nous permet d’envisager une montée en puissance de notre organisation. À terme, nous chercherons aussi des financements pour développer notre exposition photo grâce au mécénat, aux subventions privées et aux partenariats. »
Baptiste Trény : « Non, pas à la hauteur des enjeux. Des initiatives existent, mais la biodiversité reste encore trop souvent secondaire dans les décisions d’aménagement.
« Les routes sont principalement pensées pour répondre aux besoins humains, alors qu’elles fragmentent les habitats et provoquent la mort de millions d’animaux. »
Le problème est aussi culturel : nous sommes largement déconnectés du vivant. Pourtant, des mesures simples pourraient être mises en œuvre rapidement, comme intégrer une formation à la protection de la faune dans le permis de conduire. Chaque année, près de 1,5 million de nouveaux conducteurs sont formés en France : c’est un levier considérable pour faire évoluer les comportements. »
Baptiste Trény : « Il n’existe pas de solution unique, mais un ensemble d’actions complémentaires. Les collectivités peuvent sensibiliser les habitants, installer une signalisation adaptée, créer des corridors écologiques, des passages à faune ou encore préserver les continuités entre les jardins pour les petits mammifères. Elles peuvent aussi adapter l’usage de certaines routes lors des périodes sensibles ou repenser leur réseau lorsque cela est pertinent. »
« Chez Routes Vivantes, nous avons recensé plus d’une cinquantaine de mesures concrètes et souhaitons, à terme, créer un label pour valoriser les territoires engagés en faveur du vivant. »
Baptiste Trény : « Clairement non. Si c’était le cas, de nombreuses associations de protection de la nature n’auraient plus lieu d’être. Malgré les discours, la biodiversité reste souvent une variable d’ajustement dans les projets d’aménagement, alors qu’elle devrait être un élément central de la réflexion.
Face au déclin du vivant, nous devons faire preuve de davantage d’ambition et intégrer pleinement ces enjeux dans nos choix d’aménagement et de développement. »

Baptiste Trény : « Nous rencontrons finalement peu d’opposition. Le sujet parle à beaucoup de monde, car chacun a déjà été confronté à un animal tué sur la route. Les principaux freins sont davantage le découragement et le sentiment que le problème est trop vaste. Notre conviction est inverse : chaque vie sauvée compte.
Les obstacles économiques, politiques ou culturels peuvent être dépassés grâce au dialogue, à la sensibilisation et à des solutions adaptées. Nous constatons aujourd’hui une réelle envie d’agir et une dynamique très positive autour de l’association. »
Baptiste : « J’inviterais chacun à se souvenir de l’enfant qu’il a été, capable de s’émerveiller devant un hérisson, un oiseau ou un insecte. Retrouver ce lien avec le vivant est sans doute la première étape pour changer nos comportements.
Concilier mobilité et biodiversité ne suppose pas de tout révolutionner, mais de porter un autre regard sur nos déplacements et nos aménagements. Si nous redonnons sa juste valeur au vivant, nous prendrons naturellement de meilleures décisions, individuellement comme collectivement. »

Baptiste Trény : « Si les pouvoirs publics étaient réellement à la hauteur, la situation serait sans doute bien différente. Il existe heureusement des collectivités et des élu·es qui portent des initiatives exemplaires, et il est important de les valoriser. Mais, dans l’ensemble, l’écart reste important entre les ambitions affichées et les actions mises en œuvre.
Il ne faut pas non plus oublier que nous sommes tous des décideurs à notre échelle. Nos choix quotidiens, dans notre manière de nous déplacer ou d’aménager nos espaces de vie, peuvent eux aussi contribuer à préserver le vivant. »
Baptiste Trény : « Oui, mais cette évolution reste mesurée. Les réseaux sociaux peuvent donner l’impression d’une prise de conscience générale alors que le sujet demeure encore largement méconnu. Beaucoup de personnes ne perçoivent pas l’ampleur du phénomène ou ne se sentent pas concernées.
Nous rencontrons néanmoins de plus en plus de citoyen·nes prêt·es à agir. C’est précisément pour élargir cette prise de conscience que nous développons des actions de sensibilisation, comme notre future exposition photographique itinérante, afin de faire de cette question un véritable enjeu de société. »
Baptiste Trény : « Il n’existe pas de solution miracle. »
« L’efficacité repose sur la complémentarité des mesures : former les conducteurs, adapter les infrastructures, créer des passages à faune, améliorer la signalisation ou encore réduire la vitesse dans les zones sensibles. »
Notre ambition est justement de fédérer ces initiatives et de les déployer là où elles auront le plus d’impact. Rejoindre Routes Vivantes, c’est aussi contribuer à accélérer cette dynamique collective en faveur du vivant. »
Baptiste Trény : « Sans hésiter, je rendrais obligatoire une formation dédiée au vivant dans le cadre du permis de conduire. Chaque nouveau conducteur devrait comprendre les risques liés aux collisions avec la faune, savoir identifier les zones sensibles et adapter sa conduite.
Former les conducteurs dès le départ permettrait de transformer durablement notre rapport à la route. C’est un levier simple, concret et potentiellement très efficace pour réduire la mortalité animale et mieux intégrer la biodiversité dans notre culture de la mobilité. »
– Maureen Damman
Photo de couverture : Baptiste Treny – @Manu Masson
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Mr Mondialisation
Alors qu’il est essentiel de s’informer pour voter en connaissance de cause, les médias dominants imposent un agenda politique dicté par la volonté de leurs propriétaires. Ce conflit d’intérêt nuit à la possibilité d’une démocratie saine et impose la nécessité d’un démantèlement des empires journalistiques au profit d’un pluralisme idéologique, cadré par le respect de la dignité […]
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Le constat est sans appel : près de neuf médias sur dix appartiennent aujourd’hui à une dizaine de milliardaires. Comment, dès lors, avoir une opinion éclairée si le pouvoir d’informer se concentre entre les mains d’une poignée de gens dont les intérêts économiques convergent ?
La situation est d’autant plus inquiétante qu’une idéologie d’extrême droite essaime de plus en plus sur le milieu, notamment sous l’impulsion de grands patrons, comme Vincent Bolloré ou Pierre-Edouard Stérin. Il existerait pourtant des moyens politiques de limiter cette influence nuisible à la démocratie.
En France, la question de la concentration des médias ne date pas d’hier. Même si l’empire tentaculaire de Vincent Bolloré a largement remis cette question dans le débat public, les ultra riches du pays achètent et échangent des rédactions de presse depuis de nombreuses décennies.
Elle est de retour.
La 20ᵉ mise à jour de notre carte :
« Médias français : qui possède quoi ?Quelques mouvements remarquables, en 4 points. ↓ pic.twitter.com/FJYbmRlCbN
— Le Monde diplomatique
(@mdiplo) December 18, 2025
De Bernard Arnault à Xavier Niel en passant par Martin Bouygues, Patrick Drahi ou François Pinault, une poignée de milliardaires s’est octroyé le droit d’informer la population de la manière dont il l’entend. Et sa force de frappe est extrêmement puissante.
Ainsi, 93 % des quotidiens nationaux vendus en France sont sous le contrôle de cinq milliardaires. Dans cette catégorie, seules L’Humanité et La Croix n’appartiennent pas à une grande fortune. L’essentiel de l’audience à la radio et à la télévision est également capté par des médias de même nature.
Et bien entendu, cette concentration pose un véritable problème démocratique. Les médias n’usurpent en effet pas leur surnom de « quatrième pouvoir ». Ils façonnent l’agenda public et influencent considérablement l’opinion. Chaque soir, 20 millions de Français s’informent d’ailleurs encore en regardant un journal télévisé.
Inutile de préciser à quel point détenir les clefs de ce genre d’outil permet d’orienter voire de contrôler une partie très importante des esprits. Le choix des sujets, des invités et des journalistes s’avère déterminant. Or, cette ligne éditoriale n’ira jamais à l’encontre des intérêts du propriétaire du titre.
Personne n’évoquera ainsi les ravages de l’extrême droite sur une radio de Vincent Bolloré, la critique des entreprises du luxe n’émergera pas dans un journal de Bernard Arnault, et une interminable liste de sujets allant à l’encontre des intérêts des plus fortunés n’aura certainement pas le droit à un traitement équitable.
De cette façon, l’écologie, le partage des richesses ou la remise en cause du capitalisme seront en revanche bien peu abordés. D’après une étude, l’environnement ne faisait l’objet que de 6 % des articles de presse en 2025. Et ce n’est pas un hasard, puisque les propriétaires sont, par ailleurs, les plus importants responsables de la catastrophe planétaire.
La remise en question du modèle économique dominant va aussi totalement à l’encontre de l’intérêt des plus grandes fortunes, mais également des groupes publicitaires qui abreuvent en masse la presse, posant un sérieux problème d’indépendance. À l’inverse, les polémiques stériles, les faits divers et les sujets destinés à servir l’extrême droite trouveront un écho retentissant dans tous les médias de ce type.
Néanmoins, on pourrait arguer qu’il existe des médias indépendants et portés sur des thèmes alternatifs, comme Mr Mondialisation. Mais comment comparer la force de frappe d’un milliardaire à celle de faibles fonds ?
De ce fait, le problème n’est pas seulement le manque de pluralisme, mais bien le système de l’information dans son intégralité, qui repose en grande partie sur la propriété privée d’un actionnaire. Également, le financement des journalistes ne permet pas de garantir leur liberté dans de nombreux cas. Pire, grâce à des écoles standardisées et des embauches privilégiant des profils bien précis, la diversité des professionnels du secteur se réduit d’année en année.
Face à cette situation, il ne peut émerger de véritable démocratie. En effet, comme garantir qu’un citoyen puisse prendre des décisions éclairées pour son pays s’il ne dispose que d’une information extrêmement partiale et orientée vers un mode de pensée bien précis ?
Même s’il n’existe, bien entendu, aucune nouvelle neutre, l’absence d’un pluralisme équitable, avec des moyens de diffusion équivalents, pose un réel problème collectif. Et au-delà des opinions inévitables dans un média, la question de la désinformation factuelle n’est pas non plus négligeable. Que des journalistes puissent diffuser des contre-vérités sans conséquences dépasse largement le cadre de la liberté de la presse et fausse le débat public.
Si des chaînes comme CNEWS s’en sont fait une spécialité de manière particulièrement grossière, il ne faudrait pas penser que cette pratique reste cantonnée aux médias d’extrême droite de la sphère Bolloré. Le site Acrimed relève d’ailleurs régulièrement toutes les manipulations les plus choquantes dans les grands médias.
Dès lors, restreindre la puissance politique des milliardaires apparaît comme une nécessité absolue. Pour ce faire, l’information doit être traitée tel un bien commun, d’une part en empêchant les situations de monopoles, et d’autre part en protégeant l’indépendance des rédactions.
Par là, la socialisation du journalisme devient une piste très sérieuse, notamment grâce au statut de coopérative. La refonte des écoles du secteur, pour des profils plus variés, peut également appartenir aux solutions possibles.
Pour autant, afin de se prémunir d’une instrumentalisation de l’information par l’État, comme c’est souvent le cas dans le service public, la gestion de ce secteur doit nécessairement se soumettre à un contrôle citoyen.
Les pouvoirs de l’ARCOM pourraient ainsi s’étendre à toute la presse, après que ses membres aient été renouvelés, non plus par le gouvernement, mais par le peuple, ou bien par tirage au sort. De véritables sanctions devraient également être prononcées lorsque l’éthique journalistique n’est pas respectée et que de la désinformation a sciemment été partagée.
De la même manière, la question du financement doit être sérieusement reposée. Les aides à la presse, qui atteignent plus de 110 millions par an, sont aujourd’hui massivement captées par de grands groupes, ne laissant que des miettes aux médias indépendants.
La presse indépendante est d’ailleurs bien souvent contrainte de survivre avec les dons de ses lecteurs, sans pouvoir se développer davantage. Si ce modèle a plutôt bien fonctionné pour certains, il reste très limité pour la plupart d’entre eux et source de précarité financière pour ses journalistes.
Dès lors, proposer aux citoyens d’orienter l’argent public sur les médias de leurs choix pourrait représenter une solution viable. Dans tous les cas, force est de constater que, face à l’urgence des multiples crises traversées par le pays, l’information ne peut plus être traitée comme une simple marchandise à la merci des plus aisés.
– Simon Verdière
Photo de couverture : Manifestation des travailleur·euses. 1er mai 2024. Paris. Paola Breizh. Flickr.
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Mauricette Baelen
Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer. 1. La Norvège interdit les chatbots d’IA aux écoliers La Norvège interdira dès la rentrée l’usage des chatbots d’intelligence artificielle aux élèves de 6 à 13 ans, tout en les autorisant sous encadrement à partir de […]
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La Norvège interdira dès la rentrée l’usage des chatbots d’intelligence artificielle aux élèves de 6 à 13 ans, tout en les autorisant sous encadrement à partir de 14 ans. Le gouvernement estime que les enfants doivent d’abord acquérir les apprentissages fondamentaux avant de recourir à ces outils. (Next)
La Cour de cassation juge que lorsqu’une période d’essai est rompue après l’annonce d’une grossesse, c’est désormais à l’employeur de prouver que sa décision est sans lien avec cet état. Cette décision renforce la protection des salariées contre les discriminations liées à la maternité. (The Conversation)
Le Parlement a adopté une loi reconnaissant les préjudices subis par les 2 015 mineurs réunionnais déplacés de force vers l’Hexagone entre 1962 et 1984. Le texte prévoit notamment une commission pour la mémoire, une journée nationale d’hommage et un droit à réparation financé par l’État. (L’Humanité)
À la Maison des réfugiés, à Paris, des ateliers d’apprentissage poétique du français offrent aux personnes en exil un espace d’expression, de lien social et d’apaisement. Sans se substituer à un suivi psychologique, ces ateliers sont reconnus pour leurs effets bénéfiques sur la santé mentale de personnes souvent marquées par des violences et l’exil. (La Brèche)
Ridglan Farms, un élevage du Wisconsin spécialisé dans les beagles destinés à l’expérimentation animale, va fermer ses portes après des années de mobilisations et d’enquêtes. Les défenseurs des animaux saluent une victoire majeure et espèrent désormais que les derniers chiens pourront être placés dans des familles. (World Animal News)
Entre 2000 et 2019, l’espérance de vie moyenne en Afrique est passée de 54 à 64 ans, grâce notamment au recul de la mortalité infantile et aux progrès dans la lutte contre le VIH, le paludisme et la tuberculose. Cette amélioration s’est produite malgré les guerres, les famines et les crises sanitaires qui ont marqué le continent. (Good News Network)
Le renforcement de la lutte contre le braconnage et le trafic d’animaux sauvages a permis le retour de plusieurs espèces rares dans les écosystèmes vietnamiens. Les autorités mettent en avant les premiers résultats du plan national lancé en 2025, qui a conduit à près de 1 800 infractions traitées en trois mois. (Le Courrier du Vietnam)
Des communautés agricoles guatémaltèques renouent avec des pratiques héritées des Mayas en fabriquant des biopesticides à base de plantes locales. Moins coûteuses et moins polluantes que les produits chimiques, ces solutions permettent de protéger les cultures tout en préservant les sols, l’eau et la biodiversité. (Mongabay)
Le gouvernement québécois a présenté une loi permettant à toute personne de 14 ans et plus de demander si son ou sa partenaire a des antécédents de violences conjugales, d’agressions sexuelles ou de fraude amoureuse. Inspiré de la « loi de Clare » britannique, ce dispositif vise à prévenir les féminicides et pourrait donner lieu à environ 10 000 demandes par an. (Le Journal de Québec)
Après avoir analysé 168 heures de programmes, l’Arcom estime que CNews présente une « surexposition manifeste » d’un même courant de pensée et ne respecte pas l’obligation de pluralisme de l’information. La chaîne de Vincent Bolloré, déjà la plus sanctionnée par le régulateur, a annoncé un recours devant le Conseil d’État. (Les Nouvelles News)
Visuel de couverture : Unsplash
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Mauricette Baelen
Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 infos à ne surtout pas manquer cette semaine. 1. L’extrême droite française au rendez-vous des climato-sceptiques La conférence ARC rassemble notamment Marion Maréchal, des collaborateurs du RN, des représentants des réseaux de Pierre-Édouard Stérin et des figures du trumpisme, aux côtés de climato-sceptiques […]
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La conférence ARC rassemble notamment Marion Maréchal, des collaborateurs du RN, des représentants des réseaux de Pierre-Édouard Stérin et des figures du trumpisme, aux côtés de climato-sceptiques et d’acteurs liés aux énergies fossiles, autour d’un discours opposé aux politiques climatiques et au « wokisme ». (Observatoire des multinationales)
Des assistantes familiales du Nord dénoncent des conditions de travail devenues intenables : surcharge, manque de repos, placements en urgence, informations incomplètes sur les enfants accueillis et soutien insuffisant, au point de menacer l’avenir de leur métier. (StreetPress)
Depuis la crise du Covid-19, les salaires augmentent moins vite en France que dans le reste de l’Europe. Les choix du gouvernement pour contenir l’inflation ont favorisé la modération salariale, sans permettre aux salariés de retrouver leur pouvoir d’achat d’avant les crises énergétiques. (Alternatives Économiques)
L’Iran a accepté le retour des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique en échange d’un allègement des sanctions américaines sur ses exportations de pétrole et de la réouverture du détroit d’Ormuz. Les discussions se poursuivent pour parvenir à un accord global sur le programme nucléaire iranien et un cessez-le-feu au Liban. (The Guardian)
Une nouvelle étude montre que 80 % des habitants de Martinique et de Guadeloupe présentent encore des traces de chlordécone dans le sang. Alors qu’une loi prévoit la reconnaissance de la responsabilité de l’État et une future indemnisation des victimes, la justice a confirmé le non-lieu dans ce scandale sanitaire. (L’Humanité ; Reporterre)
L’avocat d’extrême droite Abelardo de la Espriella a remporté de justesse le second tour de l’élection présidentielle face au candidat de gauche Iván Cepeda. Élu avec moins d’un point d’avance dans un pays profondément divisé, il devra gouverner avec une faible représentation de son camp au Congrès. (elDiario.es)
Les premières conclusions de la mission d’inspection estiment que la plainte déposée en 2025 par la mère d’une fillette de 11 ans, prénommée Rosa, qui accusait Jérôme Barella de plus de 50 viols, a été marquée par des pertes de temps et un défaut de suivi au parquet d’Auch, sans que le suspect ne soit jamais entendu. (L’Humanité)
Face à la canicule, des centaines d’établissements scolaires ferment ou adaptent leurs horaires selon les situations locales. Faute de consignes nationales claires, les parents doivent gérer au cas par cas la garde de leurs enfants, souvent dans l’urgence et en fonction de leurs contraintes professionnelles. Alors que les derniers jours ont été les plus chauds jamais enregistrés en France pour la période. (Libération)
Observé pour la première fois en France en 2017, le chacal doré continue de s’étendre et pourrait s’installer sur plus de 90 % du territoire, selon une étude scientifique. Les chercheurs estiment que cette expansion est favorisée par la disparition des loups gris dans de nombreuses régions d’Europe. (Vert)
L’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine a décidé de supprimer 160 000 euros de subventions au Planning familial de Gironde, estimant que ses actions ne sont pas suffisamment « probantes ». L‘association dénonce une décision brutale et demande à la ministre de la Santé de revenir dessus. (Mediapart)
* Visuel de couverture : Unsplash
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Mr Mondialisation
Vous avez bien dormi ? Non ? Nous non plus. Et ce n’est pas un hasard. À mesure que la planète se réchauffe, les nuits deviennent de plus en plus étouffantes, au détriment direct du sommeil. Selon une étude du Climate Central, publiée en août 2024 et toujours d’actualité, le dérèglement climatique entraîne désormais des […]
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[Article initialement publié le 2 septembre 2024, mis à jour le 26 juin 2026 | Temps de lecture estimé : ~ 4min]
Le sommeil est un des piliers d’une bonne hygiène de vie. Pendant que nous dormons, notre corps se régénère et assure de nombreuses fonctions vitales : réparation des tissus, production d’hormones, consolidation de la mémoire, récupération musculaire et renforcement du système immunitaire.
Mais pour que ces fonctions opèrent correctement, la qualité du sommeil est aussi essentielle que sa durée. « Le sentiment d’être reposé le lendemain et le bon fonctionnement de l’organisme dépendent non seulement du nombre total d’heures de sommeil, mais aussi du nombre de minutes passé à chaque étape des cycles du sommeil », détaille l’Agence de santé canadienne.
Alors que les vagues de chaleur s’intensifient partout dans le monde, les nuits se réchauffent encore plus rapidement que les journées. « Les températures nocturnes ont augmenté encore plus rapidement que les températures diurnes à mesure que la planète se réchauffe, exposant des millions de personnes à des risques potentiels pour la santé », souligne le Climate central, exposant des millions de personnes à des risques sanitaires accrus.
Leur constat est sans appel : plus d’un milliard de personnes ont déjà subi au moins 30 nuits supplémentaires au-dessus de 25°C en raison du changement climatique.
Une autre étude publiée dans la revue One Earth confirme cette tendance inquiétante : la hausse des températures pourrait entraîner une réduction significative du temps de sommeil, avec des pertes cumulées particulièrement importantes dans les régions les plus chaudes et parmi les populations les plus précaires.
59 des 202 pays et territoires analysés ont connu une semaine supplémentaire par an avec des températures minimales supérieures à 18 °C en moyenne au cours de la dernière décennie. L’Ouganda et la Zambie ont été les pays les plus touchés, avec jusqu’à un mois supplémentaire de nuits chaudes.
En Europe, plusieurs pays sont en première ligne : Espagne, Italie, Croatie, Moldavie, Bulgarie ou Hongrie. En France aussi, les « nuits tropicales » (au-dessus de 20°C) se multiplient, notamment dans les grandes villes comme Paris, Lyon ou Marseille, où le béton piège la chaleur jusque tard dans la nuit.
Sur les 994 villes analysées, 30 ont connu au moins un mois supplémentaire de nuits chaudes, où la température minimale dépassait le seuil de 18°C. Les chercheurs précisent :
« Parmi ces villes, 8 ont observé 2 mois supplémentaires de jours supérieurs à 18 °C. Katmandou, au Népal, a observé trois mois supplémentaires au-dessus de 18 °C, ce qui signifie que sans le changement climatique, ces températures nocturnes auraient été extrêmement rares »
D’autres villes fortement touchées incluent Turin, Milan, Brasilia, Lima, Marrakech ou encore Salt Lake City.

Si les effets des températures nocturnes élevées varient d’un pays à l’autre et au sein d’un même territoire, les populations à faible revenu reste touchées de manière disproportionnée :
« [en partie] en raison des différences de qualité du logement et d’accès à des solutions de refroidissement »
Dans de nombreuses régions du monde, la climatisation reste inaccessible – et son développement massif pose lui-même un problème écologique majeur, en augmentant la consommation d’énergie et les émissions.
Les villes aggravent encore la situation. Le phénomène d’îlot de chaleur urbain, causé par le béton, l’asphalte et le manque de végétation, empêche les températures de redescendre la nuit. Or, avec près de 68% de la population mondiale attendue en zone urbaine d’ici 2050, cette exposition ne fera qu’augmenter.
Derrière ces nuits de plus en plus étouffantes, c’est toute l’organisation de nos sociétés thermo-industrielles qui est en cause : urbanisation massive, artificialisation des sols, dépendance aux énergies fossiles.
Les effets sur la santé vont bien au-delà de l’inconfort. Le manque de sommeil chronique est également associé à de nombreux troubles : affaiblissement du système immunitaire, diabète, dépression, troubles cognitifs ou encore baisse des capacités de concentration et de productivité.
« Les températures nocturnes élevées sont particulièrement dangereuses car elles empêchent le corps de se refroidir et de récupérer de la chaleur diurne. Cela augmente le risque d’accident vasculaire cérébral, d’autres maladies cardiovasculaires et de mortalité ».
Les populations les plus vulnérables – nourrissons, personnes âgées, femmes enceintes – sont particulièrement exposées. Chez ces dernières, les troubles du sommeil sont notamment associés à des risques accrus de complications, comme les accouchements prématurés.
Face à ce phénomène, les réponses existent mais restent insuffisamment déployées, notamment par nos gouvernements. La végétalisation des villes, la désimperméabilisation des sols, la rénovation thermique et énergétique des bâtiments, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la réduction drastique de nos activités humaines – comprendre thermo-industrielles – sont autant de leviers essentiels.
À l’échelle individuelle, certaines adaptations peuvent atténuer les effets (ventilation nocturne, isolation, textiles adaptés), sans toutefois remplacer les transformations structurelles nécessaires.
Cette analyse, issue du rapport Sleepless Nights du Climate Central, rappelle une évidence : le dérèglement climatique ne se vit pas seulement le jour. Il s’infiltre aussi dans nos nuits – et dans nos corps jusqu’à les mettre en péril.
– L.A. | mis à jour par Mara Pron
Photo de couverture : cottonbro studio | Pexels.
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