15.05.2026 à 06:00
Mr Mondialisation
Sept ans après les révélations du New York Times sur l’emploi de réfugiés syriens – adultes comme mineurs – dans les récoltes destinées notamment à Nutella, Ferrero affirme avoir renforcé ses engagements contre le travail des enfants et pour une meilleure traçabilité. Sur le terrain toutefois, ONG et observateurs dénoncent encore des conditions de travail […]
The post Nutella : que reste-t-il du scandale des noisettes turques ? first appeared on Mr Mondialisation.Sept ans après les révélations du New York Times sur l’emploi de réfugiés syriens – adultes comme mineurs – dans les récoltes destinées notamment à Nutella, Ferrero affirme avoir renforcé ses engagements contre le travail des enfants et pour une meilleure traçabilité. Sur le terrain toutefois, ONG et observateurs dénoncent encore des conditions de travail difficiles et des contrôles insuffisants.
[Article publié initialement le 05/05/2019 – Mis à jour le 15/05/2026 | Temps de lecture estimé : ~ 4min]
Dans une enquête publiée en 2019, le journaliste David Segal révélait que des centaines de réfugiés syriens travaillaient dans les plantations de noisettes du nord de la Turquie, dans la région de la mer Noire.
Le pays assure environ 70 % de la production mondiale de noisettes et représente une source stratégique pour les multinationales du chocolat et de l’agroalimentaire, parmi lesquelles Ferrero, Nestlé ou encore Yildiz. Ferrero, propriétaire de Nutella, est considéré comme l’un des principaux acheteurs mondiaux de noisettes turques, avec un tiers de la production totale du pays.
Les 600.000 plantations qui sont serrées les unes contre les autres dans le nord du pays ont pendant longtemps été connues pour employer des enfants, ce que le gouvernement a officiellement combattu pendant de nombreuses années, rapportent les auteurs de l’enquête. Désormais, un nombre croissant de saisonniers qui y travaillent sont des réfugiés syriens, particulièrement « vulnérables » vis-à-vis des exigences de leurs employeurs. Rares sont ceux qui disposent d’un permis de travail, ce qui accentue leur précarité.
Mais alors que le secteur agricole est l’un des rares secteurs du pays dans lequel ce genre de permis n’est pas requis, les réfugiés syriens se révèlent être une main-d’œuvre peu chère pour les exploitations, dont la taille moyenne est de seulement 1,5 hectare, et qui peinent elles-mêmes souvent à survivre.

Des conditions de travail éprouvantes
Ces personnes perçoivent un salaire de 10 dollars par jour, soit environ 8,50 euros. Nombre d’entre elles concèdent que pour subvenir à leurs besoins, elles n’ont d’autre choix que de faire appel à leurs propres enfants pour les accompagner dans les plantations. Le travail est pourtant dangereux et épuisant, puisqu’il demande d’intervenir sur des pentes particulièrement raides. Les tâches sont répétitives et divisées essentiellement entre ceux qui cueillent les fruits et ceux qui les portent.
Certains travaillent sept jours par semaine et jusqu’à 13 heures par jour. Ferrero s’est défendu une fois encore par communiqué, estimant tout mettre en œuvre pour assurer les droits des travailleurs : « Lorsque des non-conformités sont constatées, elles sont traitées rapidement par les équipes sur le terrain ».

Mais la réalité ne plaide pas en faveur de l’entreprise, qui a refusé d’indiquer les coordonnées précises des exploitations auprès desquelles elle fait produire via ses sous-traitants. La plupart des 600.000 installations fourniraient le géant du chocolat, si l’on s’en tient à l’arithmétique, suggère David Segal.
« En 10 années de surveillance, nous n’avons jamais trouvé d’exploitation de noisettes en Turquie dans laquelle l’ensemble des principes d’un travail décent seraient réunies », explique dans l’article Richa Mittal, directrice d’innovation et de recherche de la Fair Labor Association, une ONG qui défend l’amélioration du droit du travail à l’international.
La situation ne se limiterait d’ailleurs pas seulement à la production des noisettes. Alors que l’agriculture représente environ 6 % du PIB turc, le secteur emploierait chaque année 200.000 réfugiés syriens en tant que saisonniers. David Segal rapporte que pour les réfugiés syriens, les plantations de noisettes sont :
« à la fois une corde de sécurité et une nouvelle épreuve »
Depuis le début du conflit syrien, la Turquie a été pointée du doigt à plusieurs reprises en raison des conditions dans lesquelles sont accueillies les personnes réfugiées.
En 2016, la BBC révélait par exemple des images d’enfants travaillant dans des ateliers de couture pour le compte de sous-traitants liés à de grandes marques de mode européennes telles qu’Asos, Zara ou encore Marks and Spencer.
Depuis ces révélations, Ferrero affirme avoir renforcé ses engagements sociaux et environnementaux. L’entreprise met en avant des programmes de traçabilité, des audits dans les exploitations et des engagements sectoriels visant à réduire les risques de travail des enfants.
Le groupe a notamment développé des partenariats avec l’Organisation internationale du travail (OIT), dans le cadre de programmes visant à améliorer les conditions de travail et à lutter contre le travail des enfants dans les récoltes saisonnières en Turquie.
Pourtant, en 2024, le travail des enfants est encore une réalité en Turquie.
Des limites régulièrement pointées
Ces dispositifs sont donc régulièrement jugés insuffisants par des ONG et des observateurs. Ils soulignent notamment :
Dans ce contexte, les audits privés sont souvent considérés comme insuffisants pour garantir des conditions de travail conformes aux standards internationaux.
Et au-delà des champs de noisettes, Ferrero fait aujourd’hui face à un autre type de critiques : celui du greenwashing. Le lancement de produits dits « plant-based » ou la communication autour de la durabilité de ses chaînes d’approvisionnement sont régulièrement pointés du doigt comme des stratégies d’image plus que comme une transformation structurelle du modèle industriel.
Dans le même temps, le groupe est désormais dans le viseur des autorités européennes. La Commission européenne a ouvert des investigations dans le cadre de pratiques de marché et de concurrence, renforçant la pression sur les grands acteurs de l’agroalimentaire et leurs chaînes d’approvisionnement.
Au-delà du cas de Ferrero, cette situation illustre les tensions structurelles d’une chaîne agroalimentaire mondialisée : pression sur les coûts, invisibilisation du travail saisonnier, et dépendance à une main-d’œuvre migrante ou réfugiée en situation de forte précarité.
Mieux que l’esclavagisme, un capitalisme débridé, sans règle ni garde-fou collectif. Un système où les multinationales engrangent des profits considérables sur le dos des travailleurs les plus précaires – pendant que les responsabilités se diluent dans des chaînes d’approvisionnement toujours plus opaques.
Photo de couverture : @tekentegenkinderarbeid
The post Nutella : que reste-t-il du scandale des noisettes turques ? first appeared on Mr Mondialisation.14.05.2026 à 06:00
Mr Mondialisation
Depuis plusieurs années, des voix s’élèvent en faveur d’une agriculture moins énergivore et plus respectueuse de l’environnement. Un enjeu devenu crucial à l’heure des crises énergétiques et climatiques. Dans Les défis d’une autre agriculture, Arte suit pendant un an agriculteurs, scientifiques et responsables politiques engagés dans cette transition. Une enquête éclairante signée Tatjana Mischke et […]
The post Pourquoi l’agriculture doit redevenir soutenable first appeared on Mr Mondialisation.Depuis plusieurs années, des voix s’élèvent en faveur d’une agriculture moins énergivore et plus respectueuse de l’environnement. Un enjeu devenu crucial à l’heure des crises énergétiques et climatiques. Dans Les défis d’une autre agriculture, Arte suit pendant un an agriculteurs, scientifiques et responsables politiques engagés dans cette transition. Une enquête éclairante signée Tatjana Mischke et Caroline Nokel.
[Article publié initialement le 10/04/2019 – Mis à jour le 14/05/2026 | Temps de lecture estimé : ~ 4min]
Le modèle agricole fondé sur le déstockage massif des énergies fossiles chavire, mais poursuit tant bien que mal sa course folle, à l’image de notre société carbonée tout entière. L’intensification des pratiques participe à la dégradation généralisée de l’environnement et des écosystèmes par l’aridification des sols, la perte de biodiversité et la dispersion de pollutions considérables.
Mais ce n’est pas la seule inquiétude des spécialistes, qui alertent aussi sur le risque d’une crise alimentaire mondiale liée à la baisse de la productivité agricole et à la hausse des prix de l’énergie.

De la ferme du Bec Hellouin aux agriculteurs ayant choisi de convertir leur exploitation au bio, les équipes d’Arte explorent les multiples visages d’une transition agricole en cours.
Sans éluder les difficultés que pose une telle transition, les réalisatrices, Tatjana Mischke et Caroline Nokel, mettent en lumière la nécessité d’organiser ce changement de manière collective, en faisant collaborer paysans, scientifiques, politiques et société civile. Le combat se mène non seulement dans les champs, mais aussi dans les laboratoires de recherche ainsi qu’au cœur des institutions.
Mais tous ces acteurs font face à l’inertie des structures sociales, ainsi qu’au paradoxe d’une société qui fait des questions environnementales l’une des principales préoccupations de notre temps, mais qui n’entend pas payer plus cher pour une production plus responsable, donc plus locale et mesurée.
Par ailleurs, comme le soulignent les experts qui interviennent dans l’enquête, les bouleversements des écosystèmes provoqués par l’usage des produits de synthèse entraînent les exploitants dans un cercle vicieux qui les poussent à accroître les épandages d’année en année pour soutenir leur productivité. Dans un contexte où les conditions climatiques deviennent imprévisibles, changer de route s’avère particulièrement complexe, bien qu’absolument nécessaire.

Car le constat s’impose : le maintien des prix alimentaires à des niveaux relativement bas repose sur une externalisation des coûts. Autrement dit, pour le grand public, cela revient à faire porter une partie du coût réel de la production à des éléments extérieurs : la nature, les humains, les animaux. Pourtant, si l’on intégrait aux prix des produits conventionnels les coûts environnementaux de leur production, ceux-ci seraient aujourd’hui plus chers que les produits biologiques.
L’application de méthodes industrielles permet des économies d’échelle, mais accroît les pressions sur l’environnement. Ce modèle productiviste fonctionne tant que les prix de l’énergie restent bas, mais devient une épée de Damoclès dans un contexte incertain.
« les systèmes intensifs doivent absorber des investissements lourds pour maintenir une production élevée. »
Paradoxe majeur : rares sont ceux qui parviennent réellement à vivre de leur travail dans ce secteur. Les exploitations engagées dans des modèles plus durables peinent à être compétitives, tandis que les systèmes intensifs doivent absorber des investissements lourds pour maintenir une production élevée.
Certaines expériences, comme celle de la ferme du Bec-Hellouin, ouvrent la voie à de nouveaux modèles. Dans cette ferme normande menée par deux néo-paysans, le travail se fait sans mécanisation ni intrants, et l’exploitation parvient pourtant à dégager des bénéfices sur une surface réduite grâce à l’association de cultures.

Mais la transition agricole ne peut se penser sans un changement d’échelle : les agriculteurs ne pourront porter seuls cet effort sans soutien collectif. De nombreuses associations, comme Pour une autre PAC – aujourd’hui devenu Collectif Nourrir – plaident ainsi pour des politiques publiques davantage orientées vers les exploitations qui limitent leur impact environnemental. Elles appellent notamment à une réforme de la Politique agricole commune (PAC), afin de sortir d’une logique de subvention basée sur la taille des fermes et plutôt en fonction de leurs méthodes de production.
Dans le même temps, les circuits de production se recomposent à l’échelle des territoires, tandis que se développent de nouvelles formes de solidarité, à l’image des AMAP.
Résumé Arte : « S’il a eu le mérite d’assurer la sécurité alimentaire et de faire chuter les prix des denrées, le système agro-industriel, fruit d’une révolution engagée au cours du XXe siècle, semble aujourd’hui à bout de souffle. Infertilité croissante des sols, pollution des eaux aux nitrates, maladies liées aux pesticides, disparition des insectes et d’innombrables espèces animales… Pour les défenseurs de l’environnement et pour la communauté scientifique – mais aussi pour une bonne partie du monde paysan –, il est urgent de changer de cap pour sortir de l’impasse, en s’engageant pour une agriculture durable et respectueuse de l’environnement.
Mais par quels moyens ? Un passage au « tout-biologique » est-il possible ? Faut-il réformer les règles de l’agriculture conventionnelle ? Quel avenir pour la permaculture, modèle écologique au rendement remarquable ? Les réalisateurs de ce documentaire ont accompagné une année durant des paysans en quête de solutions alternatives en France et en Allemagne, pour tenter de répondre à ces questions essentielles.
Les défis d’une autre agriculture aborde également le rôle capital du politique et de l’Union européenne en particulier – sans oublier les comportements des consommateurs – dans ce changement de paradigme. »
Voir le reportage :
Photo de couverture : affiche du reportage – Arte
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Renard polaire
Depuis quatre ans, à Pau et Mont-de-Marsan, l’association Territoire Solidaire apporte nourriture et réconfort aux plus démunis. En partenariat avec des agriculteurs locaux, ses membres préparent des repas distribués ensuite lors de maraudes. Ils s’arrêtent aux côtés de celles et ceux que, trop souvent, plus personne ne regarde. Association née de l’envie de jeunes étudiants […]
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Association née de l’envie de jeunes étudiants de ne pas rester les bras croisés devant la misère, Territoire Solidaire fait partie de ces petites structures capables de faire beaucoup avec peu. Ses membres ont en effet saisi qu’il n’est pas nécessaire de partir à l’autre bout du monde ou de viser la lune pour faire acte de bienveillance… Ni pour se rendre utiles. Une initiative qui fait écho à celle de Proxidon qui révolutionne également le don alimentaire.
Ainsi, depuis bientôt quatre ans, les bénévoles de l’association arpentent les rues de Pau et Mont-de-Marsan. Plusieurs fois par mois, ils délivrent des repas aux sans-abris, aux sans-papiers et aux plus démunis. Pour cela, Territoire Solidaire fait appel à des agriculteurs et paysans locaux, auprès desquels ils récupèrent produits abîmés ou invendus : un cercle local et vertueux, qui profite à tous. Rencontre avec Antoine Darrieutort, fondateur de Territoire Solidaire et président depuis 2022.

Antoine Darrieutort : « Étudiant, j’ai constaté qu’à Mont-de-Marsan, qui n’est pas une très grande ville, je voyais de plus en plus de gens dormir dehors en plein hiver. Cela m’a interpellé, créant chez moi beaucoup d’empathie. J’ai donc réfléchi à un projet mettant en valeur différents axes qui me sont chers : la paysannerie, l’écologie, la production locale, et le soutien aux plus démunis.
L’idée fut donc de préparer des repas issus uniquement des circuits-courts. J’ai commencé seul, puis connaissances et amis ont commencé à rejoindre les rangs. Aujourd’hui, l’association agit dans le département des Landes et des Pyrénées Atlantiques. »
Antoine Darrieutort : « Le fait que la presse locale ait commencé à s’intéresser à nous, cela nous a aidé à nous faire connaître. Nous avons reçu des dons qui nous ont permis de continuer. Depuis bientôt quatre ans, Territoire Solidaire survit grâce à la presse, les dons d’anonymes et les dons en nature. Mais aussi grâce à nos partenaires, à savoir des éleveurs, des producteurs et des maraîchers. Auprès d’eux, nous obtenons de grosses réductions ou des dons sur les invendus. Certains magasins nous contactent aussi pour nous donner leurs « légumes moches ». »
« Nous avons su créer un écosystème entre les agriculteurs, les producteurs locaux et l’association. »
Antoine Darrieutort : « Tout à fait. Les bénévoles préparent les repas à leur domicile. En hiver, nous faisons surtout des soupes, et en été, des sandwichs. Nous avons su créer un écosystème entre les agriculteurs, les producteurs locaux et l’association. En échange de leurs denrées, on s’engage à valoriser leurs actions et à leur faire de la pub. C’est un système gagnant-gagnant, nos partenaires apprécient de ne pas avoir à jeter leur marchandise, et de pouvoir aider. En cas de vente de leur part, ils ne réalisent pas de marge. »

Antoine Darrieutort : « Territoire Solidaire a offert presque 2 000 repas en quatre ans. Nous distribuons généralement 6 à 8 repas par weekend sur Mont-de-Marsan, et nous nous rendons à Pau une fois tous les quinze jours.
Les distributions se font directement auprès des personnes qui en ont besoin. Nous visons notamment les jours de marché. S’il nous reste des repas, nous faisons le tour du centre-ville, et, enfin, des magasins situés en périphérie. »
Antoine Darrieutort : « La moitié d’entre elles sont des personnes côtoyées toutes les semaines, dont les besoins sont constants. Mais il y a également celles que nous ne voyons qu’à l’approche de la fin du mois : des personnes qui travaillent et ont un logement se retrouvent à faire l’aumône devant des magasins, car elles sont à découvert à partir de la moitié du mois… Nos actions touchent donc toutes les personnes précaires. »

Antoine Darrieutort : « On ne peut que constater que les politiques veulent invisibiliser les sans-abris, notamment en les expulsant de plus en plus des centres-villes. Or, quand on échange avec les passants ou les clients des magasins devant lesquels les gens font l’aumône, cela ne les dérange pas ! Ce qui me pose vraiment problème, c’est que les collectivités se défaussent en donnant de l’argent aux associations pour se décharger de la lutte contre la précarité. Alors, la solidarité se fait entre citoyens… »
« en réalité, on ne devrait pas exister ! C’est à l’État de faire en sorte que personne ne dorme à la rue… »
Antoine Darrieutort : « J’ai envie de dire qu’en réalité, on ne devrait pas exister ! C’est à l’État de faire en sorte que personne ne dorme à la rue… Nous voudrions ne pas être nécessaires, que les pouvoirs publics prennent en charge ces problèmes, que les Restos du Cœur n’existent pas non plus…

Si nous n’avons pas de locaux aujourd’hui, c’est par choix. Nous n’avons pas voulu entrer dans ce système de la municipalité qui cède des locaux associatifs pour se détourner de la misère. Alors, sans argent public, c’est évidemment compliqué de s’élargir. Nous avons des limites financières comme géographiques. Mais notre ADN est de refuser l’argent des collectivités, de continuer à nous battre et de mettre en avant l’agriculture locale tout en aidant les plus démunis. »
« nous sommes ouverts à toutes les aides, même ponctuelles ! »
Antoine Darrieutort : « Bien sûr ! Lorsque j’ai créé l’association, j’étais encore étudiant. De fait, nous avons commencé entre amis, tous étudiants, mais plusieurs ont changé de ville depuis. Toutefois, si nous avons perdu une partie de cette jeunesse, nous avons également recruté d’autres personnes, notamment un peu plus âgées. Nous avons un noyau de 5 à 6 bénévoles réguliers, sur lesquels se greffe environ le double de bénévoles occasionnels. De fait, nous sommes ouverts à toutes les aides, même ponctuelles ! »
Pour suivre ou joindre Territoire Solidaire, rendez-vous sur Facebook, Twitter. Vous pouvez également les contacter par mail via asso.territoiresoliddaire@gmail.com
– Entretien réalisé par Marie Waclaw
Photo de couverture : ©Territoire Solidaire
The post Dans le Sud-Ouest, Territoire Solidaire distribue des repas aux plus démunis first appeared on Mr Mondialisation.12.05.2026 à 06:00
Mr Mondialisation
À l’heure où gouvernements, éditorialistes et patrons nous rabâchent quotidiennement qu’il faudrait « travailler plus », repousser l’âge de la retraite et produire davantage pour relancer la croissance, un constat physique continue pourtant de s’imposer : l’expansion infinie de l’économie est incompatible avec les limites écologiques de la planète. [Article publié initialement le 30/05/2019 – Mis […]
The post Face à l’emballement climatique, réduire le temps de travail first appeared on Mr Mondialisation.[Article publié initialement le 30/05/2019 – Mis à jour le 12/05/2026]
Dès 2019, un rapport du think tank Autonomy estimait qu’une réduction massive du temps de travail pourrait être indispensable pour respecter les objectifs climatiques. Si les sociétés industrielles souhaitent réduire leur empreinte écologique, ce ne sont pas les technologies qui les sauveront, mais une remise en cause radicale du productivisme. Et cette remise en cause implique inévitablement de réduire le Produit Intérieur Brut (PIB), c’est-à-dire les activités créatrices de valeur économique et donc, in fine, nos consommations matérielles.
Impossible d’y aller par quatre chemins : pour poursuivre cet objectif, et ainsi éviter un effondrement écologique et social violent, il est nécessaire de réduire notre part d’activité active – le temps de travail – de manière significative, puisque notre taux de production y est intrinsèquement lié.

Ce sont des conclusions partagées par Philipp Frey, auteur de l’étude intitulée La limite écologique du travail, publiée par le think tank Autonomy. Selon cette étude, pour réduire de manière significative les émissions de gaz à effet de serre et maintenir l’objectif de ne pas dépasser une hausse des températures mondiales de 2 °C, les Britanniques – l’échantillon observé – ne devraient se rendre à l’usine ou au bureau que 9 heures par semaine, contre environ 41 heures en moyenne aujourd’hui.
« Les individus vivant dans les sociétés thermo-industrielles ne devraient travailler qu’une à deux journées hebdomadaires en moyenne »
En Suède, il ne faudrait plus que travailler 12 heures par semaine, en Allemagne 6. En d’autres termes, les individus vivant dans les sociétés thermo-industrielles ne devraient travailler qu’une à deux journées hebdomadaires en moyenne. La proposition de Philipp Frey vise a répondre à l’urgence climatique martelée par les scientifiques et leurs travaux de recherche les plus récentes. Ces conclusions se heurtent pourtant au dogme travailliste qui domine nos sociétés marchandes.
Les calculs se fondent essentiellement sur les résultats d’une étude publiée en 2015 par deux chercheurs, Jonas Nässén and Jörgen Larsson, selon qui une diminution du temps de travail de 1 % conduirait à une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 0,8 %. (Nässén, J.; Larsson, J. (2015) ‘Would shorter working time reduce greenhouse gas emissions? An analysis of time use and consumption in Swedish households’, Environment and Planning C: Government and Policy, vol. 33, pp. 726–745).

En reprenant le budget carbone accordé théoriquement à chaque pays en fonction du scénario + 2°C ainsi que les émissions par industrie et par pays, l’auteur a ensuite estimé le temps de travail qu’il est possible de se permettre s’il l’on veut respecter les accords climatiques.
D’autres études sont déjà arrivées à des résultats semblables en démontrant la corrélation entre temps de travail et niveau de pollution. Peu de place au doute, donc, sauf si on partage toujours la croyance qu’une rupture technologique sauvera hypothétiquement l’humanité.
Philipp Frey, qui invoque le droit à la paresse de Paul Lafarge, déduit de ces résultats que si la soutenabilité écologique nécessite une réduction globale des consommations matérielles, nous devons organiser une vaste expansion du temps de loisir.
« remplacer certaines activités polluantes, comme l’extraction d’énergies fossiles »
Et par loisir, il est entendu la capacité de l’Humain à jouir d’un temps de vie libre, et pas nécessairement la consommation matérielle de nouveaux divertissements. Il s’agit là d’une réorganisation profonde et radicale de nos sociétés. L’auteur y voit l’occasion d’améliorer le bien-être, notamment en réduisant le stress provoqué par le travail et son intensification.
Mais selon l’étude, cette mesure ne se suffit pas en elle-même et doit être accompagnée par d’autres politiques ayant pour objectif une transformation importante de l’économie afin de remplacer certaines activités polluantes, comme l’extraction d’énergies fossiles, par d’autres, comme la reforestation. Moins travailler, en particulier dans les secteurs les plus polluants, ne devrait donc pas freiner la transition écologique.
Réduire le temps de travail à l’échelle collective revient à entamer une politique de décroissance volontaire. Soit un revirement culturel à 180 degrés. L’idée implique un questionnement politique sur le chemin à suivre pour atteindre ce résultat, et des questions concrètes : quels sont les biens et les services auxquels nous souhaitons renoncer, quels sont les produits industriels qu’il faudra cesser de produire, comment maintenir les services essentiels (services publics) en situation de décroissance ?
Néanmoins, il s’agit bien d’interroger le mode de vie individuel, car réduire la production (voitures, transformations métallurgiques, bois, etc.) réduit inévitablement l’accès à ces mêmes biens tout en diminuant la richesse du pays et donc sa capacité à importer. En termes simples : consommer moins (mais mieux) ! Notre société y est-elle prête ?
Photographie d’entête : Charlie Chaplin – Les temps modernes / Wikimedia Commons
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Simon Verdiere
À chaque scrutin, le même refrain résonne toujours à gauche de l’échiquier politique : il faut s’unir coûte que coûte pour l’emporter. Cette conception repose, cependant, sur le postulat assez fragile affirmant que les électorats constitueraient des blocs interchangeables que l’on pourrait facilement additionner. Cette stratégie élude, de plus, la nécessité d’un véritable projet, construit autour […]
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L’Histoire a pourtant régulièrement démontré que la victoire ne se bâtit pas autour d’un agrégat d’appareils et d’une soupe de logos, mais bien en créant une dynamique. Or, celle-ci suppose une direction claire et tranchée. Ainsi, l’ADN de la gauche consiste à se dissocier des systèmes de domination. Une radicalité assumée, bien souvent enrayée par la sacro-sainte union réclamée par de nombreux commentateurs.
Pour deviner le poids de l’union de la gauche, il suffirait, selon certains, d’additionner les scores des différents mouvements se revendiquant de cette obédience aux précédentes élections. Pire, quelques-uns prendront même les sondages, dont la pertinence a largement été remise en question, comme référentiel de leur argumentation.
Et pourtant, dans la réalité, un sympathisant de la France Insoumise n’aura probablement aucune envie de voter pour un candidat du Parti Socialiste, quand bien même celui-ci incarnerait l’union de toute la gauche. La réciproque est d’ailleurs sans doute également vraie.
Lorsque des forces antagonistes au sein d’une union s’affrontent, tous les conflits d’idées seront mis sous le tapis, ce qui nuira nécessairement à la clarté de l’offre politique. Or, les électeurs auront tendance à s’orienter vers un projet clair, pas vers un agrégat de mouvements aux points communs réduits.
De facto, lorsque l’on reprend l’exemple du Nouveau Front Populaire, celui-ci a surtout réussi à coaliser autour du simple concept de barrage contre l’extrême droite. Mais force est de constater que le score du Parti Socialiste pendant les Européennes avait permis de rabougrir le programme par rapport à celui de la NUPES, établi deux ans plus tôt.
Ainsi, le plan de 2024 ne contenait plus que 150 mesures, par rapport aux 650 de celui de 2022. Un renoncement consenti face au regain de vigueur du PS devenu possible grâce aux déçus du macronisme lors des élections européennes.
On pourra arguer que le NFP avait pourtant remporté de meilleurs résultats que la NUPES, mais ce serait trop vite oublier que le scrutin de 2022 suivait la dynamique d’une présidentielle et que celle de 2024 se tenait après une dissolution. De plus, le danger de l’arrivée au pouvoir du Rassemblement National, annoncé par les sondages, avait entraîné une mobilisation de 66 % des électeurs, soit près de vingt points de plus que la fois précédente.
« Une gauche qui ne sait pas trancher entre un programme de rupture, et une stratégie d’accompagnement sociale-libérale, n’aurait plus aucune crédibilité. »
Or, en 2027, les options politiques seront scrutées au peigne fin, sans être soumises à la stupeur et l’urgence de la dissolution. Comment, dès lors, imaginer un projet plausible et clair si des gens aussi différents que Jean-Luc Mélenchon et François Hollande portaient la même bannière ? Une gauche qui ne sait pas trancher entre un programme de rupture, et une stratégie d’accompagnement sociale-libérale, n’aurait plus aucune crédibilité.
Pour certains, la solution consisterait alors dans la mise en place d’une primaire, où différents prétendants de gauche s’affronteraient pour représenter l’ensemble des partis. Mais là encore, cette solution nie les nettes différences existantes entre les mouvements. Personne ne pourrait ainsi imaginer le PS soutenir LFI et vice-versa. Et les électeurs ne l’accepteraient d’ailleurs sans doute pas eux-mêmes, en grande partie.
En outre, ce mode de désignation a la fâcheuse tendance de nommer un candidat « mou », résultant d’un consensus entre les propositions les plus radicales d’un côté et les plus conservatrices de l’autre. Cette tendance est d’autant plus prévisible que rien n’empêcherait les personnes de droite de se déplacer massivement pour éliminer d’office les postulants les plus à même d’accéder à l’Élysée avant même les présidentielles.
On se souvient par exemple qu’en 2022, certains individus d’extrême droite s’étaient organisés pour voter pour Sandrine Rousseau à la primaire écologiste, jugeant qu’elle desservirait sa propre cause si elle était choisie.
Pour couronner le tout, y compris en trouvant un moyen d’exclure les gens de droite, les primaires ont l’habitude de mobiliser un certain type d’électorat (âgé, plutôt urbain et CSP+) qui n’est pas forcément représentatif de l’ensemble de la gauche ni partisan de la rupture. C’était d’ailleurs le postulat d’un livre d’Alexis Corbière, ex-membre de la France Insoumise, qui réclame aujourd’hui à sa précédente formation de se soumettre à un tel processus. Sans doute parce que lui-même sait que cela ne favoriserait pas la radicalité de son ancien camp.
Les primaires ont également tendance à déplacer les conflits sur les personnes au lieu des idées. Quelle crédibilité offre un candidat victorieux soutenu par des gens avec qui il s’est écharpé quelques mois auparavant ? Cette situation peut être d’autant plus problématique que rien n’impose aux perdants à respecter leur engagement.
Venu des États-Unis, le mode de fonctionnement des primaires reste d’ailleurs difficilement applicable en France. Outre-Atlantique, le bipartisme limite toute tentative de déloyauté, puisque les partis démocrate et républicain sont obligés d’investir le vainqueur. Le seul moyen pour trahir sa promesse est donc de se présenter en tant qu’indépendant, ce qui compromet fortement les chances de victoires. C’est ce qu’avait fait le candidat démocrate Andrew Cuomo en 2025 après avoir été battu par le futur maire de New York, Zohran Mamdani.
« En France, ce bipartisme n’existe pas, et il est bien plus facile de balayer ses engagements. »
Or, en France, ce bipartisme n’existe pas, et il est bien plus facile de balayer ses engagements lorsqu’aucun statut n’encadre ce type d’organisation. Personne n’a, par exemple, oublié la primaire du PS de 2017, quand, après avoir perdu face à Benoît Hamon, l’ancien premier ministre Manuel Valls avait finalement soutenu Emmanuel Macron.
L’Histoire récente montre que les candidatures cherchant le consensus mou peinent à créer une dynamique suffisante face à l’extrême droite ou au néolibéralisme. Ainsi, des candidatures « consensuelles » ou « modérées » ont, par exemple, échoué aux USA ou au Chili qui ont vu l’extrême droite prendre le pouvoir.
Lorsqu’un projet aussi clivant que celui des identitaires arrive sur la table, la solution de l’immobilisme et de la politique de la continuité se fera donc systématiquement balayer. Pour résister, la gauche doit au contraire apporter des idées de changements clairs et faciles à comprendre. En d’autres termes, elle doit fédérer autour de son programme et non pas juste se présenter comme un « barrage » à l’extrême droite. Et pour ce faire, une offre cohérente et construite est évidemment préférable à un compromis flou.
Une union construite autour d’étiquettes plutôt qu’avec d’un projet clair engendre une discussion interne permanente qui bride la conquête de nouveaux votants. En ce sens, ce rassemblement fige l’électorat au lieu de l’élargir, ce qui en fait une stratégie de gestion. Chaque parti doit prendre garde à ne pas offusquer l’autre et aura du mal à afficher fièrement son plan politique.

En réalité, les unions efficaces qui ont fonctionné dans l’Histoire l’ont bien souvent fait grâce à un rapport de force. En 2022, c’est par exemple le haut score de Jean-Luc Mélenchon qui a permis la naissance de la NUPES, une première dans le pays.
Ainsi, en 2027, le premier tour sera l’occasion de clarifier les positions de chacun, et surtout de déterminer quelle option les Français préfèrent entre une gauche de rupture et le social-libéralisme. C’est au second tour que le choix le plus convaincant pourra s’appuyer sur un réservoir de voix, inexistant en cas d’union, qui enclenchera une nouvelle dynamique. Au premier, une coalition naturelle des électeurs se constituera probablement autour de la candidature la mieux placée, comme ce fut le cas en 2017 et 2022.
Dans le fond, réclamer à cor et à cri l’union à tout prix, comme si elle était l’unique garantie de victoire, ressemble surtout à une stratégie pour des formations en difficulté pour tenter d’attaquer la France Insoumise.
« Ce seul mot d’ordre évite les débats de fond et prive les citoyens d’un véritable choix politique. »
En outre, ce seul mot d’ordre évite les débats de fond et prive les citoyens d’un véritable choix politique. Pire, certains partis pensent pouvoir s’abstenir de proposer un véritable programme autre que celui de « l’union de la gauche ».
Rappelons, enfin, que François Mitterrand, en 1981, et François Hollande, en 2012, l’ont emporté sans avoir à procéder à la moindre alliance. À l’inverse, le même Mitterrand représentant toute la gauche en 1974 avait perdu.
Dans le cas précis de 2027, l’union ne peut donc advenir dans un projet cohérent, tant les points de vue diffèrent entre les multiples organisations. Cette volonté « à tout prix » est surtout un moyen de rassurer les élites politiques et médiatiques face à une gauche de rupture devenue première force du pays de ce côté de l’échiquier politique.
Au-delà de ce simple réflexe, il existe une exigence de clarté et de radicalité qui semblent la seule en mesure d’affronter les défis de notre temps. Reste à savoir si les électeurs voudront s’emparer de cette ligne pour opérer une véritable bifurcation ou plutôt se conforter dans le conservatisme actuel. Avec le risque de voir l’extrême droite tirer son épingle du jeu.
– Simon Verdière
Photo de couverture : Patricia fliedel sur Flickr
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Mr Mondialisation
Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actualité cette semaine ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer. 1. La loi sur la restitution des œuvres pillées par la France bientôt adoptée Le texte de loi sur la facilitation des restitutions d’œuvres pillées durant la colonisation française est passée une dernière fois […]
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Le texte de loi sur la facilitation des restitutions d’œuvres pillées durant la colonisation française est passée une dernière fois par le Sénat, ce jeudi 7 mai, avant d’être définitivement adopté. La fin d’un processus qui aura demandé près de neuf ans. (l’Humanité)
Selon l’étude de Mobilians, 41 % des exploitants de stations essence indépendantes envisagent d’arrêter la distribution de carburant d’ici 2035. Soit près de 1 500, dont une large majorité se trouve en zones rurales et périurbaines : une disparition progressive qui ne résout pourtant pas le problème du « tout voiture » et continue d’isoler les petites communes. Ces stations municipales tenues sans logique de profit, permettent ainsi de rendre plus accessible l’accès au carburant et de préserver une vie locale, trop souvent délaissée par les transports publics. (Reporterre)
Dans son dernier livre, « Verts de rage ! », François Jarrige retrace 200 ans de luttes pour l’environnement, dont il entend remettre la dimension sociale au cœur du récit pour contribuer à une histoire populaire de la nature. C’est aussi une introduction accessible au champ de l’histoire environnementale, qui rappelle que la mobilisation contre l’accaparement et la pollution est consubstantielle à l’industrialisation et à la modernisation. (Terrestres)
L’association InSite propose à des jeunes volontaires des missions de service civique pour soutenir la vie des villages et des initiatives rurales. Présente en Normandie depuis 2021, elle a déjà accompagné une trentaine de petites communes afin de renforcer le lien local, créer des projets utiles au territoire et participer à restaurer le vivant. (Grand Format)
Le Centre Athénas, qui tire son nom de la première pensionnaire soignée en 1987, une Chevêche d’Athéna, accueille, soigne et relâche des animaux sauvages découverts en détresse. C’est aussi l’acronyme d’« Assistance THÉrapeutique et Nourrissage d’Animaux Sauvages ». L’association soigne toutes les espèces mais s’est surtout spécialisée dans l’accueil des félidés sauvages présents dans la région, le chat forestier et le lynx boréal. (le Ch’ni)
L’édition 2026 du Prix Goldman pour l’environnement marque un tournant. Pour la première fois en 37 ans, les six lauréats désignés par la fondation sont toutes des femmes. Une situation inédite qui dit beaucoup de la place que prennent les militantes dans la défense concrète du vivant. Elles sont récompensées pour des actions très concrètes contre l’exploitation minière, le forage pétrolier, la fracturation hydraulique ou les feux de forêt. Leur point commun tient en une phrase : elles ont fait reculer des projets industriels là où elles vivent. (le Média Positif)
Le Jordan World Circus a annoncé l’abandon immédiat des numéros mettant en scène des éléphants, suite à une campagne intense menée par PETA. Cette décision fait suite à des mois de mobilisation, incluant des manifestations, l’envoi de plus de 600 000 courriels, et des plaintes déposées auprès des autorités américaines. (Actualité positive)
Longtemps sous-estimée, l’audition du hérisson se révèle être exceptionnellement fine, selon une étude récente, publiée le 11 mars dans Biology Letters. Une piste prometteuse pour mieux protéger l’espèce, particulièrement vulnérable aux collisions. Chaque année, on estime qu’entre 700 000 et 1 million de hérissons périssent sur les routes françaises. Ils pourraient bénéficier de cette avancée. (la Relève et la Peste)
Elles sont quatre cette année à faire partie de l’équipe de football mixte, mise en place pour permettre aux jeunes filles de s’entraîner et de participer aux championnats même si elles ne sont pas assez nombreuses pour créer une équipe : « Ça ne change pas l’entraînement », remarque leur entraîneur Frédéric Santiago. « On travaille plus sur l’équité que sur le genre ». (Made in Perpignan)
Le 22 avril dernier, Muhammed Sabally se jetait dans la Garonne pour porter secours à une jeune femme qui a tenté de se suicider. Arrivé en France en 2023, cet orphelin de 20 ans a quitté la Gambie peu après la disparition en mer de son père, marin-pêcheur. Son parcours d’exilé rappellent la précarité de nombreux réfugiés, tandis que son acte de bravoure suscite une reconnaissance publique et une réouverture de son dossier administratif, il espère que les autorités françaises tiendront leur promesse de régulariser sa situation. (Rue 89 Bordeaux)
– Mara Pron
Photo de couverture : Larneg – Pixabay
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