04.06.2026 à 06:00
Elena Meilune
Pourquoi l’anxiété et la dépression sont-elles si fréquentes chez les personnes neurodivergentes ? Les recherches longitudinales récentes invitent à dépasser les explications purement biologiques pour penser des trajectoires évolutives, dans lesquelles prédispositions individuelles, expériences sociales et stress chronique s’alimentent mutuellement au fil du temps. [Temps de lecture estimé : ~ 10 min] Les précédents articles […]
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[Temps de lecture estimé : ~ 10 min]
Les précédents articles de ce dossier abordaient la pathologisation de la neurodivergence, l’exclusion sociale qui peut conduire au trauma complexe, et les coûts psychiques du camouflage social. Ce nouveau volet s’intéresse plus spécifiquement aux trajectoires anxieuses et dépressives observées chez les personnes neurodivergentes, plus particulièrement dans l’autisme et le TDAH.
De nombreuses études montrent des niveaux particulièrement élevés d’anxiété, de dépression et d’épuisement psychique dans ces populations, souvent dès l’enfance ou l’adolescence. Longtemps interprétées principalement comme des conséquences directes des particularités neurodéveloppementales, ces difficultés sont aujourd’hui étudiées de manière plus dynamique, à travers leurs évolutions dans le temps, leurs formes de chronicisation et le rôle des expériences sociales et relationnelles dans leur expression.
Une revue parapluie intégrant une méta-analyse des études individuelles, publiée fin avril 2026, constitue l’une des synthèses les plus larges disponibles sur la prévalence des troubles psychiques chez les enfants et adolescents neurodivergents.
Construite à partir de 33 revues systématiques portant sur 113 études individuelles et 14 608 participants âgés de 3 à 18 ans, elle examine la fréquence des troubles psychiques concomitants dans les troubles du neurodéveloppement tels que définis par le DSM-5, incluant le trouble du spectre autistique (TSA), le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), la déficience intellectuelle et les troubles spécifiques des apprentissages.
« 3 à 15 fois plus susceptibles de souffrir d’anxiété, de dépression ou de troubles du comportement »
Les écarts avec la population générale sont colossaux. D’après les études analysées, les enfants et adolescents ayant un TND sont 3 à 15 fois plus susceptibles de souffrir d’anxiété, de dépression ou de troubles du comportement que leurs pairs neurotypiques. Les estimations varient fortement selon les études, mais les données agrégées mettent en évidence une prévalence élevée d’anxiété et de dépression dans plusieurs catégories de troubles du neurodéveloppement.
En moyenne, selon les études analysées, 41,9 % des jeunes autistes présentent un trouble anxieux au moment de l’évaluation, et 48,5 % en ont déjà présenté un au cours de leur vie. Les troubles dépressifs concernent quant à eux 12,1 % des jeunes autistes lors de l’évaluation, tandis que 23,6 % ont déjà connu un épisode de trouble dépressif majeur.
Chez les jeunes ayant un TDAH, les troubles anxieux concernent près d’un tiers des participants, tandis que les troubles du comportement apparaissent particulièrement fréquents – notamment le trouble oppositionnel avec provocation, qui concerne 47,3 % des jeunes étudiés.
Des troubles psychiques concomitants sont également fréquemment observés chez les jeunes présentant une déficience intellectuelle ou des troubles spécifiques des apprentissages, mais les données disponibles restent plus limitées pour ces groupes.
Les auteurs insistent aussi sur l’importante hétérogénéité méthodologique des études disponibles. Une grande partie des recherches reposent sur des échantillons probablement peu représentatifs, et les résultats varient fortement selon les méthodes utilisées, les critères diagnostiques retenus ou les populations étudiées. L’autisme reste par ailleurs de loin le TND le plus étudié, suivi du TDAH, ce qui limite la généralisation de certains résultats à l’ensemble des personnes neurodivergentes, certains profils neurodéveloppementaux étant quasi-absents de la littérature scientifique.

Malgré ces limites, plusieurs tendances fortes ressortent de manière relativement constante dans les études, notamment des niveaux particulièrement élevés d’anxiété et de dépression observés dès l’enfance et l’adolescence dans plusieurs catégories diagnostiques neurodéveloppementales étudiées.
Au-delà de la prévalence des troubles, il est essentiel de se pencher sur leur apparition et leur évolution dans le temps. Les données longitudinales montrent que ces difficultés tendent à se renforcer progressivement, particulièrement à l’adolescence et au début de l’âge adulte.
La revue parapluie souligne d’ailleurs l’existence de « cycles auto-renforçants », dans lesquels des facteurs tels que l’isolement social, le harcèlement, la mauvaise estime de soi et les limitations de participation scolaire et sociale peuvent s’alimenter mutuellement avec l’anxiété et la dépression, avec des effets durables sur la qualité de vie.
« une relation bidirectionnelle entre anxiété et dépression »
Publiée en 2017, une méta-analyse de 66 études longitudinales portant sur plus de 88 000 participants, suggère une relation bidirectionnelle entre anxiété et dépression, chaque trouble prédisant l’autre dans le temps. Selon les auteurs, l’anxiété et la dépression fonctionnent fréquemment comme des facteurs de risque mutuels plutôt que comme des catégories totalement séparées.
Par ailleurs, plusieurs travaux suggèrent notamment que l’anxiété durant l’enfance constitue un facteur de risque important pour le développement ultérieur de symptômes dépressifs à l’adolescence.
Or, beaucoup de personnes neurodivergentes évoluent dans des contextes marqués très tôt par différentes formes de stress, notamment social et relationnel, avec des effets potentiels sur le développement de certaines régions cérébrales impliquées dans le traitement des émotions et les réponses au stress, comme le suggère notamment une étude publiée en 2025 dans Brain Structure & Function portant sur le stress précoce chez des enfants et adolescents autistes et TDAH.
On constate ainsi des dynamiques évolutives, construites dans l’interaction entre vulnérabilités biologiques, expériences sociales répétées et environnements durablement inadaptés, vecteurs de stress chronique, plutôt que des troubles strictement séparés et immuables.

Cette logique évolutive est notamment soulignée dans une revue systématique d’analyses longitudinales publiée en 2024 dans la revue Brain Sciences, qui rappelle que les trajectoires anxieuses et dépressives dans l’autisme restent extrêmement hétérogènes, mais que plusieurs facteurs sociaux et environnementaux apparaissent régulièrement associés à l’aggravation des symptômes au fil du temps.
Les symptômes précoces d’anxiété ou de dépression apparaissent souvent associés à un risque accru de difficultés psychiques ultérieures, suggérant des dynamiques cumulatives plutôt que des états indépendants et figés.
Une étude longitudinale publiée en 2022 dans Psychiatry Research, menée auprès de 4 492 jumeaux nés en Suède et évalués à 9 puis à 15 ans, a observé que les symptômes anxieux ou dépressifs apparaissant dès l’enfance étaient plus fréquemment associés à des troubles du neurodéveloppement, notamment l’autisme ou le TDAH, que ceux apparaissant principalement à l’adolescence. Les TND apparaissaient particulièrement fréquents chez les jeunes présentant des symptômes anxieux ou dépressifs persistants de l’enfance à l’adolescence.
Une autre étude de la même équipe, publiée la même année dans BMC Psychiatry, à partir des mêmes données longitudinales, nuance toutefois fortement l’idée d’une continuité simple entre neurodivergence et souffrance psychique ultérieure.

Les symptômes anxieux observés durant l’enfance apparaissent comme le principal prédicteur (parmi ceux étudiés) des difficultés internalisées à l’adolescence, tandis que les caractéristiques neurodéveloppementales infantiles n’en expliquent qu’une part relativement limitée. Au total, l’ensemble des facteurs étudiés ne rend compte que d’environ 16 % de la variance observée.
Les auteurs suggèrent ainsi que les troubles internalisés* observés à l’adolescence ne constituent pas simplement la prolongation mécanique de caractéristiques présentes dès l’enfance. Les manifestations psychiques semblent évoluer et se transformer au fil du développement, l’adolescence étant une période marquée par des dynamiques émotionnelles, relationnelles et sociales spécifiques – souvent dans des contextes d’exclusion, de surcharge, de stigmatisation et d’adaptation contrainte pour les personnes neurodivergentes.
Une vaste enquête américaine menée auprès d’adolescents autistes de 12 à 17 ans met aussi en évidence des niveaux élevés d’anxiété et de dépression, surtout en cas de cooccurrence avec un TDAH, et plus particulièrement chez les filles. Les auteurs soulignent le rôle du camouflage social, du harcèlement, de la stigmatisation et du manque d’inclusion dans l’aggravation des difficultés psychiques.
« le camouflage social constitue un prédicteur significatif de symptômes internalisés. »
Une étude publiée en 2023 dans Autism Research observe également que le camouflage social constitue un prédicteur significatif de symptômes internalisés chez les enfants et adolescents autistes.
De surcroît, une étude publiée en 2022 dans Autism suggère que les relations amicales jouent un rôle ambivalent dans la santé mentale des adolescent·es autistes. Globalement, des relations amicales positives apparaissent associées à moins de symptômes dépressifs, tandis que les relations conflictuelles sont liées à davantage de détresse psychique.
Toutefois, chez les filles autistes uniquement, des relations amicales perçues comme positives apparaissent aussi associées à des niveaux plus élevés d’anxiété, possiblement en lien avec les efforts de camouflage social et l’insécurité relationnelle.
*Les troubles internalisés désignent des difficultés psychiques principalement tournées vers la souffrance émotionnelle interne, comme l’anxiété, la dépression ou le retrait social. À l’inverse, les troubles externalisés se manifestent davantage par des comportements dirigés vers l’extérieur, comme l’impulsivité, l’agressivité ou l’opposition.
Une étude longitudinale publiée en 2023 dans Autism Research, portant sur des adultes autistes et des adultes présentant d’autres troubles du développement apporte un éclairage supplémentaire sur la chronicisation des difficultés psychiques. En suivant les mêmes participants entre le début de l’âge adulte et la vingtaine avancée, les chercheurs observent que l’anxiété et la dépression tendent à se maintenir dans le temps et à s’alimenter mutuellement.
Les analyses montrent notamment que des symptômes anxieux importants peuvent prédire des symptômes dépressifs ultérieurs, tandis que certaines données en auto-évaluation suggèrent également la dynamique inverse. Les auteurs décrivent ainsi des liens longitudinaux entre anxiété et dépression, avec des effets cumulatifs susceptibles de participer à la chronicisation des difficultés psychiques.
Les auteurs plaident ainsi pour des approches transdiagnostiques, moins centrées sur des catégories psychiatriques isolées, tout en rappelant le rôle probable des facteurs sociaux et relationnels dans les trajectoires de souffrance psychique des personnes neurodivergentes.
L’étude est également intéressante parce qu’elle ne réduit pas la santé mentale à la seule présence de symptômes psychiatriques. Les auteurs montrent notamment que l’anxiété et la dépression sont associées à des altérations importantes de certaines dimensions du bien-être psychologique, comme le sentiment d’avoir un but ou une direction dans la vie, l’acceptation de soi ou encore le sentiment de croissance personnelle.
Les symptômes dépressifs apparaissent particulièrement associés à une perte de sens et à une diminution de la capacité à se projeter dans l’avenir, tandis que l’anxiété et la dépression sont toutes deux liées à une moindre acceptation de soi.
Ces résultats font écho à d’autres travaux sur la manière dont l’anxiété et la dépression affectent durablement les représentations du futur. La souffrance psychique dépasse alors largement les seules manifestations cliniques observables. Elle transforme progressivement la perception des possibles, le rapport au temps, aux autres et à soi-même. Ces mécanismes peuvent eux-mêmes renforcer l’anxiété, le retrait social ou les états dépressifs, contribuant à des spirales de chronicisation dont il devient difficile de sortir.
– Elena Meilune
Photo de couverture : Pexels
03.06.2026 à 06:00
Simon Verdiere
Absente du second tour depuis une éternité, la gauche fera-t-elle enfin son come-back à ce stade de l’élection présidentielle en 2027 ? Si la classe médiatique et sondagière déroule le tapis rouge au rassemblement national, il existe cependant des motifs d’espoir à un retour en force de cette mouvance politique. Face aux crises actuelles et au […]
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Face aux crises actuelles et au délitement du camp libéral, une gauche de rupture semble plus que jamais en position de s’inviter à la table des potentiels vainqueurs du scrutin présidentiel de l’an prochain. Contre l’extrême droite, elle devra mobiliser toutes ses forces pour l’emporter. Mr Mondialisation vous expose cinq raisons d’y croire.
En dix ans de macronisme, la France a été traversée par de multiples crises, qu’elles soient sociales, environnementales ou démocratiques. Or, ces trois enjeux représentent également des piliers programmatiques de la gauche de rupture.
Les feuilles de route du NFP et de la NUPES, largement inspirées de celle de la France insoumise, faisaient ainsi la part belle à la redistribution des richesses, la diminution du temps de travail, la retraite à 60 ans, ou encore l’augmentation des salaires. Autant de mesures capables de rassembler les Français. D’autant que le pouvoir d’achat reste la première préoccupation de la population.
L’urgence écologique pourrait aussi revenir dans la campagne présidentielle, tant les catastrophes environnementales, comme les canicules, les inondations ou les tempêtes se sont multipliées ces dernières années. Enfin, la sixième république et le renforcement des services publics pourraient également répondre à l’essoufflement des institutions et aux nombreuses cures d’austérité.
Les thématiques portées par la gauche, en particulier en matière de luttes pour les minorités, de féminisme ou encore d’écologie, touchent plus particulièrement les générations Y – nées entre le milieu des années 1980 et celui des années 1990 – et suivantes. Or, ce contingent ne cesse de croître avec l’évolution démographique naturelle.
En 2017 et 2022, La France insoumise avait d’ailleurs été plébiscitée par les 18-24 ans. Lors des dernières présidentielles, Jean-Luc Mélenchon avait, en outre, pris également la tête chez les 25-34 ans. À supposer que cette même tranche reste fidèle à ses engagements d’il y a cinq ans, cet électorat pourrait grossir.
En effet, la France voit, chaque année, environ 700 000 personnes obtenir leur majorité. Sur cinq ans, ce contingent représente donc pas moins de 3,5 millions de citoyens. De plus, une proportion presque similaire d’individus décèdent chaque année dans le pays. Or, la plupart de ces décès concernent des tranches d’âge élevé. Un phénomène au bénéfice de la gauche, puisque les seniors votent massivement à droite. Le facteur démographique dépendra cependant de la fidélisation des trentenaires et surtout de la mobilisation des plus jeunes.
Après bientôt dix ans à l’exécutif, la doctrine macroniste est plus que jamais à bout de souffle, même si les médias de milliardaires s’occupent de la soutenir ardemment,. Désavouées par le peuple, les velléités libérales n’ont définitivement plus la cote tant elles ont mis à mal les services publics, l’idéal démocratique, le pouvoir d’achat et l’environnement.
Ainsi, avec les potentielles candidatures d’Édouard Philippe, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann et peut-être même d’autres, comme François Hollande, cet espace politique sera plus que jamais fracturé, ce qui pourrait ouvrir un boulevard à Jean-Luc Mélenchon pour aller défier le RN. Pour éviter un troisième duel entre la droite et l’extrême droite, l’électorat de gauche pourrait donc massivement se mobiliser pour le candidat le mieux placé.
Par le passé, les projets dits de gauche, mais manquant de radicalité, ont parfois eu du mal à rassembler les électeurs. En 1981, c’est bien un plan de rupture qui avait fait gagner François Mitterrand. En 2012, François Hollande l’avait lui emporté plus par rejet de Nicolas Sarkozy que par enthousiasme programmatique. Son bilan l’avait d’ailleurs démontré.
À sa suite, il avait fallu reconstruire l’idée même de gauche, tombée en décrépitude. Un travail auquel s’est attelée la France insoumise d’abord épaulée par le PCF, ce qui avait permis d’obtenir 19 % à la présidentielle de 2017, puis 22 % en 2022.
Cette dynamique s’est encore confirmée par un triomphe idéologique, puisque l’ensemble de la gauche (et même le macronisme) reprend aujourd’hui des thèmes de l’avenir en commun. Cette victoire s’est d’ailleurs constatée au sein des programmes de la NUPES puis du NFP, largement inspiré du projet insoumis.
Cet élan ascendant pourrait bien se poursuivre grâce à cette radicalité, mais aussi cette clarté de mieux en mieux identifiée par l’électorat. En ce sens, la notoriété de Jean-Luc Mélenchon pourrait également lui offrir un bel atout d’incarnation, d’autant plus avec les bons résultats des municipales comme tremplin.
Même si l’ensemble des médias et des instituts sondagiers affirment aujourd’hui l’inverse, la volonté des Français d’éviter le Rassemblement National est bien présente. En témoigne d’ailleurs la victoire surprise du NFP lors des dernières législatives.
Si les enquêtes d’opinions, dont l’efficacité a largement été remise en question, certifient que le RN l’emporterait sans problème face à LFI, c’est en grande partie pour décourager les électeurs d’opter pour ce choix au premier tour, au profit d’un candidat plus libéral.
Pour autant, interroger une personne sur sa décision au second tour avant que celui-ci ne soit officialisé biaise forcément la réponse. Ainsi, un sympathisant d’Emmanuel Macron pourrait assurer s’abstenir dans un sondage entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Mais dans la situation effective, face au risque du RN au pouvoir, beaucoup d’entre eux pourraient y réfléchir à deux fois.
– Simon Verdière
Photo de couverture : Jean-Luc Mélenchon. Wikimedia.
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Elena Meilune
Des militants font irruption dans un théâtre, interrompent une émission devant un public familial et accusent Akim Omiri d’antisémitisme – une scène qui pourrait sembler surréaliste si elle n’était pas symptomatique d’une époque où les critiques d’un gouvernement génocidaire sont systématiquement renvoyées à une seule et même accusation. Celle qui dispense de débattre, parce que […]
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Le lundi 25 mai, l’enregistrement de La Riposte, l’émission animée par Akim Omiri sur Radio Nova, a été interrompu par d’un groupe de militants du collectif sioniste Nous Vivrons venus l’accuser d’antisémitisme. Plusieurs individus sont entrés de force dans le théâtre, ont filmé le public sans son consentement, malgré les protestations des spectateurs, et provoqué l’arrêt temporaire du tournage. Dans la salle se trouvaient des familles, des enfants, des spectateurs venus assister à une émission humoristique, pas à une opération d’intimidation politique.
Face à cette intrusion, Akim Omiri aurait pu refuser le dialogue et exiger l’évacuation des personnes venues interrompre l’émission. Il a choisi de faire l’inverse : donner la parole à la représentante du groupe, l’inviter à exposer publiquement ses reproches et lui répondre point par point, calmement, devant les caméras, en rendant l’intégralité de l’échange public pour que chacun puisse se faire sa propre opinion. Dans les jours qui ont suivi, il a publié une vidéo sur sa chaîne YouTube, revenant en détail sur chacune des accusations formulées contre lui.
Une accusation aussi grave, plus particulièrement lorsqu’elle vient dans un contexte d’irruption forcée dans un évènement privé, devrait a minima reposer sur des faits précis, des citations exactes. Une vraie démonstration, des arguments tangibles, et non des impressions, des sous-entendus ou des montages partiels.
À plusieurs reprises, Akim Omiri demande à ses accusateurs de citer des propos antisémites qu’il aurait tenus. À plusieurs reprises, les exemples avancés sont manifestement flous, approximatifs, tronqués, ou sortis de leur contexte.
Le simple fait d’évoquer la présence médiatique d’Arthur quand il faisait la promotion de son livre est présenté comme une référence au cliché antisémite du contrôle juif des médias. Une blague sur Ruth Elkrief est interprétée comme une attaque contre les juifs.
Le fait de citer Patrick Bruel parmi d’autres personnalités publiques est présenté comme la preuve d’une focalisation sur les juifs. Un sketch satirique mettant en scène un personnage volontairement complotiste est présenté comme l’expression des convictions de ses auteurs. À chaque fois, le contexte disparaît. À chaque fois, l’interprétation remplace la démonstration.
Si les accusations étaient aussi solides que leurs auteurs l’affirment, pourquoi ne pas avoir saisi la justice ? L’antisémitisme est un délit. Les tribunaux existent précisément pour traiter ce type d’affaires. Encore faut-il pouvoir présenter des faits précis.
Visiblement, il est plus simple de faire irruption dans un théâtre, d’interrompre une émission, d’effrayer des spectateurs – parmi lesquels, des enfants – et de lancer des accusations vagues devant un public venu assister à un spectacle. On peut difficilement imaginer meilleure illustration de la différence entre dénoncer et intimider.
Akim Omiri est l’une des rares personnalités médiatiques à assumer publiquement une critique frontale de la politique génocidaire menée par le gouvernement israélien et ce, malgré le risque que cela représente. Parce que depuis des années, celles et ceux qui osent dénoncer le massacre de dizaines de milliers de civils – dont des milliers d’enfants – sont constamment discrédités, poursuivis, accusés d’antisémitisme. Comme si critiquer les actions d’un gouvernement revenait automatiquement à attaquer un peuple ou une religion.
Pourtant, dès les débuts de l’émission La Riposte, Akim Omiri a rappelé qu’il condamnait l’antisémitisme et refusait l’amalgame entre les personnes juives et l’État d’Israël. Ce principe devrait pourtant faire consensus. Les juifs du monde entier ne sont pas responsables des crimes du gouvernement israélien.
Or une grande partie du débat public fonctionne aujourd’hui sur cette confusion permanente. Une confusion profondément dangereuse parce qu’elle contribue à entretenir l’idée que les juifs formeraient un bloc homogène partageant les mêmes opinions politiques, ce qui est une essentialisation raciste. C’est exactement le contraire de la réalité. De nombreuses personnes juives sont fermement opposées à la politique génocidaire de Netanyahu.
Si la lutte contre l’antisémitisme est évidemment une nécessité, elle ne peut être crédible que si elle combat les discours, les actes et les idéologies qui visent réellement les juifs en tant que juifs. Lorsqu’elle est mobilisée pour discréditer des opinions politiques, faire taire des critiques légitimes ou entretenir des amalgames, elle est détournée de sa raison d’être pour nourrir la haine même qu’elle combat.
Car lorsque tout devient antisémite, plus rien ne l’est vraiment. Les véritables discours de haine se retrouvent noyés dans un flot d’accusations lancées contre quiconque ose exprimer une opinion politique dissidente.
Akim Omiri est humoriste, pas politicien. Pourtant, l’énergie déployée pour le discréditer est phénoménale. Il fait constamment l’objet de campagnes de dénonciation, de polémiques médiatiques et d’accusations récurrentes sur les réseaux sociaux. Harcèlement et menaces font partie de son quotidien.
Quelques semaines avant l’interruption de La Riposte, des militants s’étaient déjà rassemblés devant le théâtre où était enregistrée l’émission pour dénoncer Akim Omiri et son équipe. L’intrusion récente n’est au final qu’une étape supplémentaire dans une campagne d’intimidation qui vise autant l’émission que son animateur, et qui se déplace aujourd’hui de l’espace public, vers l’intérieur même du lieu privé où se tient l’émission.
Une des explications de cette campagne d’intimidation tient au succès croissant de La Riposte : l’émission rencontre un public de plus en plus large grâce à sa critique frontale des puissants, des médias dominants et des responsables politiques. Cette audience nouvelle dérange nécessairement ceux qui préfèrent voir certains sujets rester hors du débat.
Akim Omiri est l’un des rares humoristes à avoir construit une audience importante tout en refusant de se plier au rôle que le paysage médiatique continue d’assigner à ceux qui n’ont pas le profil d’un homme blanc issu des milieux favorisés. En intervenant sur les questions de pouvoir, de politique étrangère, de médias et de démocratie, il occupe un espace qui dérange l’ordre établi.
Dans une société où le racisme est structurel et la liberté d’expression à géométrie variable, toutes les paroles ne bénéficient pas de la même légitimité. Certaines voix peuvent tout dire, d’autres doivent se justifier en permanence, non pas à cause de ce qu’elles disent réellement, mais en raison de qui elles sont et de qui elles osent critiquer.
Depuis toujours, les grandes figures de la satire ont dirigé leurs attaques vers les puissants : Coluche ou les Guignols n’ont pas marqué leur époque en choisissant les cibles les plus faciles, mais en tournant en dérision ceux qui détenaient le pouvoir politique, économique ou médiatique.
L’humour ne devient politiquement pertinent que lorsqu’il dérange ceux qui sont déjà en position de force, lorsqu’il révèle des contradictions, des privilèges ou des abus, pas lorsqu’il recycle les mêmes clichés sur celles et ceux qui servent déjà d’éternels boucs émissaires dans le débat public. Car l’humour oppressif ne demande aucune imagination. C’est le refuge des lâches sans idées.
Et pendant qu’on traque chez Akim Omiri des sous-entendus supposés à travers des interprétations bancales, des personnalités médiatiques et politiques tiennent régulièrement des propos explicitement violents à l’égard des minorités opprimées sans susciter une fraction de l’indignation déployée ici. Un décalage qui en dit long la manière dont certaines paroles sont surveillées, disséquées et suspectées davantage que d’autres.
En instrumentalisant la lutte contre l’antisémitisme pour faire taire toute critique d’un État ou de ses représentants, on ne protège plus des personnes contre la haine – on protège un pouvoir contre la contestation. La lutte contre l’antisémitisme ne peut avoir de sens que si elle s’inscrit dans une lutte cohérente contre toutes les formes de racisme – sinon elle perd de sa force et de sa légitimité, et finit par ressembler davantage à un instrument de tri politique qu’à une défense sincère des personnes visées par la haine.
– Elena Meilune
Photo de couverture : Akim Omiri / partagée avec toutes autorisations
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Elena Meilune
En mai 2026, après huit ans de tempête médiatique, l’enquête visant les assistants parlementaires européens de la France insoumise a été clôturée. Une affaire présentée pendant des années comme un scandale majeur, utilisée pour justifier des perquisitions spectaculaires et nourrir le récit d’un Jean-Luc Mélenchon « dangereux », « autoritaire » ou « prêt à […]
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Depuis de longues années, Jean-Luc Mélenchon occupe une place singulière dans le paysage politique français. Il est l’un des rares responsables politiques dont la personnalité semble parfois avoir complètement absorbé le débat public autour de son mouvement, de son programme et de ses propositions. À mesure que la France insoumise s’est imposée comme une force politique majeure, une mécanique médiatique de psychologisation s’est installée. Les débats sur le fond ont cédé la place à des commentaires incessants sur son caractère.
Mais est-ce si étonnant quand on sait que les mouvements qui remettent frontalement en cause l’ordre social dominant sont systématiquement traités comme des anomalies dangereuses plutôt que comme des acteurs ordinaires de la vie démocratique ? Parce que pour être accepté du pouvoir, il ne faut surtout pas le déranger.
Pour comprendre cet acharnement, il faut avant tout se pencher sur le rapport de force matériel. La France insoumise représente aujourd’hui l’une des forces politiques les plus menaçantes pour les intérêts économiques des grandes fortunes françaises, pour les groupes médiatiques privés et pour l’ordre néolibéral dominant.
« Un programme frontalement opposé aux intérêts des grandes fortunes »
Depuis des années, LFI défend une redistribution massive des richesses, un retour de l’impôt sur la fortune renforcé, une remise en cause de certains revenus du capital, la bifurcation écologique, la retraite à 60 ans, le blocage des prix, une réforme profonde des institutions, l’instauration de la VIe République, une limitation de la concentration des médias, une confrontation assumée avec les puissances économiques.
Très peu de mouvements politiques français portent un programme aussi frontalement opposé aux intérêts des grandes fortunes. Cela devient particulièrement visible lorsqu’on observe les rapports entre la France insoumise et les grands groupes médiatiques détenus par des milliardaires.
L’immense majorité des médias dominants appartiennent à des groupes industriels et financiers qui ont des intérêts matériels. L’empire médiatique de Vincent Bolloré constitue aujourd’hui l’un des principaux pôles de fascisation de l’espace médiatique français. La France insoumise propose explicitement des mesures fortes contre la concentration des médias et contre l’influence politique des grands propriétaires privés.
Le programme de campagne est actuellement ouvert aux contributions citoyennes : chaque sous-partie peut être amendée, discutée et enrichie directement par les personnes qui souhaitent y participer.
En une dizaine d’années, une large partie du paysage médiatique a fait de Jean-Luc Mélenchon son épouvantail favori. Le débat politique a alors cédé la place à de la psychologie de comptoir : le ton de voix, les gestes et les réactions occupent aujourd’hui davantage l’espace que le contenu politique lui-même.
Le 16 octobre 2018, les locaux de la France insoumise sont perquisitionnés. Les caméras captent la colère de Mélenchon face aux forces de l’ordre. Les images partent en boucle. La fameuse phrase « La République, c’est moi », arrachée à son contexte, devient une séquence autonome et saturante – caricatures, montages, éditoriaux indignés, analyses psychologiques. On a fait du personnage une icône de la dérive. L’affaire judiciaire importait finalement moins que le récit politique qu’elle avait permis de construire.
En mai 2026, l’enquête est clôturée sans mise en examen. Mais la séquence médiatique est restée intacte, et le récit du Mélenchon « incontrôlable » et « autoritaire » a fait le tour du monde.

On peut aimer ou non la personnalité de Mélenchon. Libre à chacun d’avoir son opinion là-dessus. Mais que cela soit devenu le principal sujet de débat – au détriment d’un programme et d’une équipe entière prête à l’appliquer – en dit long sur l’absurdité médiatique de notre époque et l’appauvrissement de notre débat public.
Dans un pays traversé par la précarité, l’effondrement écologique, la concentration des richesses, mais aussi et surtout, l’arrivée galopante du fascisme, des heures entières de télévision sont consacrées au ton d’une phrase, à une expression du visage, à une seconde de colère. Cette obsession de la personnalité permet précisément d’éviter les questions qui brûlent et dans ce spectacle loufoque, certains intérêts ont beaucoup à gagner à ce que ces idées ne soient jamais discutées sérieusement.
Le paradoxe est que ceux qui débattent sans cesse de sa personnalité n’y ont accès qu’à travers des extraits soigneusement sélectionnés. Il existe pourtant un fossé entre le personnage qui émerge des séquences polémiques et celui qui apparaît dans des formats longs où les idées ont le temps d’être développées.
Jean-Luc Mélenchon n’est pas le seul à subir cet acharnement médiatique, nombre d’Insoumis sont également pris pour cible. Rima Hassan est devenue l’une des cibles les plus emblématiques de cette mécanique de discrédit. Depuis son engagement au sein de la France insoumise et sa défense des droits des Palestiniens, chacune de ses déclarations est soumise à une polémique immédiate, construite autour de procès d’intention et d’associations implicites. Sur les seize procédures ouvertes à son encontre, treize ont pourtant déjà été classées sans suite.
Pendant des mois, ses déplacements ont été géolocalisés. Des mensonges rocambolesques ont également circulé à son sujet. Par exemple, en avril 2026, Le Parisien – dont l’article est toujours en ligne – prétendait la découverte d’une drogue de synthèse dans ses effets personnels lors de sa garde à vue. Cette fake news, relayée par de nombreux médias ainsi que par l’AFP, sera pourtant infirmée quelques jours plus tard. Mais comme souvent, le démenti a bénéficié d’une visibilité bien moindre que l’accusation initiale, laissant derrière lui le soupçon qu’il avait contribué à installer.
En 2026, plusieurs candidats de la France insoumise aux élections municipales – David Guiraud, François Piquemal et Sébastien Delogu – ont été la cible de campagnes coordonnées de désinformation en ligne. Faux sites d’information, accusations fabriquées, contenus générés par intelligence artificielle…
Révélées d’abord par Le Monde et Le Canard enchaîné, ces opérations ont été attribuées par les autorités françaises à l’entreprise israélienne BlackCore. Des enquêtes ultérieures de Libération et du quotidien israélien Haaretz ont permis de mieux documenter l’écosystème à l’origine de ces campagnes. Elles ont notamment mis en lumière les liens entre BlackCore et Galacticos, une société basée à Tel-Aviv spécialisée dans les opérations d’influence numérique.
Libération a par ailleurs révélé le compagnonnage entre cet écosystème et Yigal Unna, ancien directeur général de l’Agence nationale israélienne de cybersécurité. Si les commanditaires de l’opération n’auraient pas encore été identifiés par les services de renseignement, cette affaire n’en demeure pas moins d’une gravité exceptionnelle. Il s’agit probablement de la plus importante opération de déstabilisation politique découverte durant la campagne des élections municipales.
Pourtant, malgré le danger clair qu’elle représente pour la souveraineté démocratique française, elle n’a suscité ni l’emballement médiatique ni l’indignation politique que provoquent habituellement les soupçons d’ingérence étrangère. Une large partie de la sphère politico-médiatique semble davantage mobilisée lorsqu’il s’agit d’analyser les plaisanteries et les expressions faciales de Mélenchon, ou reconstituer minute par minute l’emploi du temps de Rima Hassan.
La remarque de Mélenchon sur la prononciation du nom d’Epstein a fait l’objet d’heures de soupe médiatique. Et ce, à l’heure ou de vraies incitations à la haine passent inaperçues. Une indignation sélective qui s’inscrit dans un contexte politique et médiatique particulier.
Car cet acharnement participe d’une tendance plus large consistant à assimiler la critique de l’État israélien à une forme de haine des Juifs – une confusion qui s’est considérablement accentuée depuis le 7 octobre 2023, dont la mémoire est constamment mobilisée pour légitimer le génocide des Palestiniens tout en jetant la suspicion sur ceux qui s’y opposent. Or, assimiler les Juifs du monde entier à la politique d’un État revient précisément à enfermer des millions de personnes dans une identité politique supposée commune. Une logique essentialisante qui nourrit directement l’antisémitisme qu’elle prétend combattre.
Pendant que la gauche est placée sous surveillance permanente sur ce terrain, les propos racistes, islamophobes et xénophobes qui fleurissent à droite et à l’extrême droite bénéficient d’un traitement incomparablement plus discret et plus bref.
Éric Zemmour a été condamné à plusieurs reprises pour provocation à la haine raciale. De nombreux cadres du Rassemblement national – parti fondé par des collaborateurs et d’anciens Waffen-SS – multiplient depuis des années les propos violents sans déclencher une intensité médiatique comparable à celle réservée à la moindre formulation ambiguë de la France insoumise.
Et il n’y a pas que les partis d’extrême droite. On peut par exemple prendre le cas horrifiant du sénateur Thierry Meignen menaçant de mort la journaliste Nassira El Moaddem. Une telle déclaration, prononcée par un élu LFI, aurait embrasé les plateaux pendant des semaines. Là : silence. Quelques lignes. Et l’affaire a vite disparu des médias.
Depuis plusieurs années, de nombreux éditorialistes présentent régulièrement Jean-Luc Mélenchon comme un « extrême » symétrique de Marine Le Pen. Cette lecture a progressivement dépassé le seul cadre médiatique : pour les élections municipales de 2026, le ministre de l’Intérieur a classé La France insoumise dans le bloc « extrême gauche », un classement validé par le Conseil d’État.
Pourtant, LFI est un mouvement réformiste. Or, l’extrême gauche désigne habituellement les courants qui visent une rupture révolutionnaire avec le système économique et politique existant, tandis que le réformisme cherche à transformer la société par l’action électorale et les institutions.
Qui plus est, l’extrême droite et l’extrême gauche ne sont absolument pas comparables, puisque la première se bat pour la domination de certains individus sur d’autres, quand la deuxième pour la dignité de tous les individus, comme nous l’expliquions dans un de nos articles. L’un défend la redistribution des richesses, l’autre le nationalisme identitaire. L’un défend les opprimés, l’autre construit sa stratégie sur leur rejet. L’un attaque les logiques capitalistes, l’autre protège largement les intérêts économiques dominants. Mettre ces deux forces sur le même plan, c’est participer indirectement à la montée du fascisme.
L’acharnement contre Mélenchon ne vient pas uniquement des médias dominants des milliardaires ou de la droite. Une partie de la gauche y contribue, souvent par calcul opportuniste. Certains partis de gauche – ou du moins se déclarant comme tels mais qui sont en réalité depuis longtemps vendus au néolibéralisme et au néocolonialisme – ont fait de la critique de sa personnalité leur principal axe politique, parfois leur unique horizon.
C’est oublier que LFI est la seule force de gauche à avoir progressé électoralement ces dernières années, tandis que les autres peinent à franchir quelques points aux présidentielles. Au lancement de sa campagne cette année, Jean-Luc Mélenchon a reçu plus de 150 000 soutiens en moins de vingt-quatre heures. Aujourd’hui, ils sont près de 300 000.
La critique interne est vitale au sein des mouvements de gauche – elle est une condition de leur lucidité. Mais transformer Jean-Luc Mélenchon en ennemi principal, c’est déplacer le regard loin des structures de pouvoir économiques et des forces réactionnaires. C’est dérouler chaque jour un peu plus le tapis rouge à l’extrême droite tout en banalisant ses idées nauséabondes. Bien heureux sont ceux qui peuvent encore considérer leurs divergences comme l’urgence du moment, à l’heure où le fascisme revient aux portes du pouvoir.
– Elena Meilune
Photo de couverture : Jean-Luc Mélenchon / The Left sur Flick
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Mauricette Baelen
Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer. 1. Le Gouvernement transnational tamoul tente d’exister sans territoire Dix-sept ans après la fin de la guerre au Sri Lanka, le Gouvernement transnational du Tamil Eelam (TGTE) continue de représenter politiquement la diaspora tamoule depuis l’exil. […]
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Dix-sept ans après la fin de la guerre au Sri Lanka, le Gouvernement transnational du Tamil Eelam (TGTE) continue de représenter politiquement la diaspora tamoule depuis l’exil. Dotée d’un Parlement et d’institutions propres, cette structure milite pour l’autodétermination des Tamouls et une reconnaissance internationale des violences de 2009 comme un génocide. (Histoires Crépues)
Après une enquête révélant l’usage illégal de la reconnaissance faciale par la police française, Disclose et La Quadrature du Net ont publié un guide gratuit pour aider citoyen·nes et associations à connaître leurs droits. L’objectif : fournir des outils concrets face aux contrôles abusifs et à la surveillance policière. (Rembobine)
Quatre jeunes lynx recueillis en détresse par le Centre Athénas ont été relâchés dans le Jura après plusieurs mois de soins. Équipés de colliers GPS, ils feront l’objet d’un suivi étroit, alors que les collisions routières et le braconnage restent les principales menaces pour cette espèce protégée. (France 3 Régions)
Le gouvernement britannique a réaffirmé son refus d’accorder de nouvelles licences d’exploitation pétrolière et gazière en mer du Nord. Londres défend une stratégie tournée vers les énergies renouvelables et le nucléaire, malgré les critiques des conservateurs et des partisans d’une relance de l’exploration fossile. (Holyrood)
Des députés RN, LFI et écologistes ont adopté un amendement interdisant l’importation de produits alimentaires traités avec des pesticides bannis en France. Le gouvernement s’y oppose, estimant que cette mesure contrevient au droit européen malgré les révélations récentes sur la présence de substances interdites dans des produits importés. (Le Monde)
Une étude finlandaise montre que des motifs rouge, jaune et noir inspirés des guêpes poussent les oiseaux à éviter davantage les éoliennes. Les chercheurs estiment que ces couleurs d’avertissement, déjà utilisées dans la nature, pourraient limiter les collisions mortelles avec les pales. (Earth.com)
Un programme pilote de dépistage du cancer du poumon va proposer des scanners gratuits à 20 000 fumeurs et ex-fumeurs âgés de 50 à 74 ans dans cinq régions françaises. L’objectif est de détecter plus tôt cette maladie, responsable de plus de 30 000 morts par an en France. (Le Monde)
Le renard de l’île de Santa Catalina, presque disparu après une épidémie ayant décimé 90 % de sa population en 1999, connaît aujourd’hui l’un des rétablissements les plus rapides d’une espèce menacée. Vaccination, élevage et suivi vétérinaire ont permis à cette espèce endémique de survivre, même si elle reste vulnérable aux maladies et aux activités humaines. (Good Good Good)
Face aux fortes chaleurs, un chercheur propose des solutions simples et peu coûteuses pour adapter rapidement les écoles : volets extérieurs, ombrage, aération nocturne, brasseurs d’air ou encore repas froids. Ces mesures pourraient améliorer fortement le confort des élèves sans recourir massivement à la climatisation. (Vert)
Dans cette ville irlandaise, des parents et écoles ont décidé collectivement de ne pas donner de smartphones aux moins de 13 ans. Depuis, les enfants dorment mieux, jouent davantage dehors et montrent moins de stress lié aux réseaux sociaux, selon les enseignants et familles impliqués dans l’initiative. (La Relève et la Peste)
* Image de couverture : unsplash
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Mauricette Baelen
Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 infos à ne surtout pas manquer cette semaine. 1.Canicule : Le gouvernement accusé d’affaiblir la protection de l’eau En pleine canicule historique en France, le projet de loi d’urgence agricole facilite les mégabassines et réduit les protections autour de l’eau et des zones […]
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En pleine canicule historique en France, le projet de loi d’urgence agricole facilite les mégabassines et réduit les protections autour de l’eau et des zones humides. Des scientifiques dénoncent des mesures jugées contraires aux impératifs climatiques et favorables à l’agroindustrie malgré les risques croissants de sécheresse. (La Relève et la Peste)
Israël a étendu ses frappes aériennes et ses opérations terrestres au sud du Liban, alors que les négociations entre les États-Unis et l’Iran sont au point mort. Cette escalade pourrait viser à faire pression sur Téhéran, tandis que des bombardements ont déjà causé plusieurs morts civils, dont des enfants. Malgré le cessez-le-feu prolongé mi-mai, l’ONU rapporte une forte hausse des violations et des attaques israéliennes. (Truthout)
La justice a condamné l’industriel Naphtachimie à verser 1,2 million d’euros après deux épisodes de pollution aux hydrocarbures survenus en 2018 et 2022 près de Martigues et Fos-sur-Mer. L’affaire, révélée par Marsactu, concerne plusieurs tonnes d’huile de pyrolyse déversées dans la mer Méditerranée depuis le site pétrochimique de l’étang de Berre. (Marsactu)
Depuis l’invasion de l’Ukraine, la Russie renforce le contrôle d’Internet avec le blocage de nombreux sites, VPN, WhatsApp et Telegram. Malgré la surveillance et la répression, de nombreux jeunes Russes continuent de contourner les restrictions pour communiquer et accéder à une information indépendante. (Basta!)
La multiplication des sondages sur la présidentielle de 2027, largement relayés par les chaînes d’information montre pourtant une faible valeur prédictive. Des chercheurs dénoncent des enquêtes fondées sur des hypothèses encore très incertaines et accusent les médias de transformer la politique en spectacle, au détriment des débats de fond. (Arrêt sur images)
Mediapart révèle que le militant Serge Duteuil a été touché par un tir tendu de grenade lors de la manifestation contre les mégabassines à Sainte-Soline en 2023, une pratique pourtant interdite. L’enquête s’appuie sur des expertises et documents judiciaires qui contredisent en partie la version officielle des autorités et relancent les interrogations sur l’usage des armes par les forces de l’ordre ce jour-là. (Mediapart)
L’article dénonce le projet du canal Seine-Nord Europe, un chantier de 107 kilomètres à plus de 7 milliards d’euros censé relier la Seine au réseau fluvial européen. Associations et habitant·es alertent sur ses conséquences environnementales : destruction d’écosystèmes, artificialisation des terres et forte consommation d’eau, malgré un discours officiel présenté comme écologique. (CQFD)
Après le suicide de Caroline Grandjean, directrice d’école victime de harcèlement lesbophobe, enseignant·es et associations dénoncent l’absence de soutien institutionnel face aux discriminations, dans un contexte de montée des attaques réactionnaires et d’autocensure croissante. (Problematik)
La cour d’appel de Versailles a confirmé la condamnation du journaliste Jean-Baptiste Rivoire, ancien de Canal+, pour avoir dénoncé publiquement une clause lui interdisant de critiquer son ex-employeur sans limite de durée. De nombreux médias et syndicats sont inquiets, et voient dans cette décision un précédent dangereux pour la liberté de la presse et l’indépendance des journalistes face au groupe Bolloré. (Portail Basta!)
Plusieurs dirigeants européens affirment leur désaccord après que le ministre israélien Itamar Ben-Gvir humiliant des militants d’une flottille pour Gaza interceptée par Israël. Malgré les appels à des sanctions et les accusations de violations du droit international, l’Union européenne reste divisée et peine à adopter des mesures concrètes contre le gouvernement israélien. (EUobserver)
– Mauricette Baelen
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