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01.05.2026 à 06:00

1er mai : jour international de lutte pour les droits des travailleurs

Simon Verdiere

Chaque 1er mai, des millions de gens défilent partout dans le monde pour la journée internationale des droits des travailleurs. Cette date particulière découle d’une Histoire marquée par le sang. Parfois détournée par le capitalisme, elle doit cependant rappeler que les conquis sociaux ne sont pas tombés du ciel, mais ont dû être arrachés par […]

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Texte intégral (1415 mots)

Chaque 1er mai, des millions de gens défilent partout dans le monde pour la journée internationale des droits des travailleurs. Cette date particulière découle d’une Histoire marquée par le sang. Parfois détournée par le capitalisme, elle doit cependant rappeler que les conquis sociaux ne sont pas tombés du ciel, mais ont dû être arrachés par les travailleurs de ceux qui possèdent les moyens de production.

[Article publié initialement le 28 avril 2025 – Mis à jour le 1er mai 2026  | temps de lecture estimé : ~ 4 min ]

Chômé dans de très nombreux États du monde, le 1er mai est commémoré dans pas moins de 163 pays sur 195. Rendez-vous immanquable des syndicats et partis politiques de gauche, il ramène à des évènements pourtant trop souvent oubliés. Retour sur l’Histoire d’un jour incontournable pour les droits humains.

Une lutte pour les droits des travailleurs

L’idée d’une journée dédiée aux travailleurs émerge pour la première fois en 1793 lorsque le poète révolutionnaire Fabre d’Églantine propose de l’y inscrire dans le nouveau calendrier républicain. Fêtée un temps, cette date (le 20 janvier) tombera pourtant dans l’oubli.

Tout au long du XIXe siècle, avec l’ère industrielle, la volonté des salariés d’acquérir des droits essentiels grandit de plus en plus. Aux États-Unis, en 1886, la pression augmente sur le patronat. Les employés souhaitent généraliser la journée de huit heures de travail.

La grève historique de 1886

Le 1er mai, les syndicats font pression et obtiennent ce droit pour 200 000 salariés. Mais d’autres sont obligés de mener de puissantes grèves pour faire céder les employeurs. Soutenu par les anarchistes, le mouvement s’amplifie à Chicago, mais il est violemment réprimé par la police, causant trois décès parmi les manifestants.

Quatre jours plus tard, les anarchistes organisent un meeting de protestation. La police intervient à nouveau pour disperser la foule. Une bombe explose alors, tuant plusieurs membres des forces de l’ordre. Huit militants anarchistes sont arrêtés, jugés sommairement et condamnés à mort. Trois échapperont finalement à la peine capitale, mais quatre autres seront bien pendus un an plus après (le dernier s’étant suicidé).

En 1893, John Altgeld, nouveau gouverneur local, finira par reconnaître ces exécutions comme une injustice et les anarchistes incriminés seront réhabilités par l’État. Dans le même temps, l’idée du 1er mai comme une journée internationale des travailleurs a commencé à se répandre à travers le monde. L’internationale socialiste l’avait d’ailleurs déjà officiellement instituée depuis 1889 avec une revendication principale identique.

Une idée qui fait boule de neige

Pour réclamer cette avancée, les militants du monde entier arborent un triangle rouge cousu à leur maillot. Le rouge symbolise le socialisme et les trois côtés de cette figure géométrique représentent leur combat : huit heures de travail, huit heures de sommeil, huit heures de loisir.

Fervents adversaires de l’idéologie de gauche, les nazis utiliseront plus tard ce triangle dans les camps de concentration pour identifier les opposants politiques (les juifs en avaient un jaune et les homosexuels un rose). Après la guerre, ce triangle sera de nouveau porté par certains militants de gauche comme un symbole antifasciste.

Un combat dans le sang

En 1891, lors du premier mai à Fourmies, ville industrielle du nord de la France, des manifestants sont massacrés par la police. Dix d’entre eux (dont deux enfants) sont ainsi tués par balle, et trente-cinq sont blessés.

À partir de cet évènement, la fleur d’églantine rouge remplacera le triangle de la même couleur dans de nombreux cortèges, rendant hommage aux victimes de Fourmies, mais aussi à Fabre d’Églantine.

Bataille de symboles

Finalement, ce n’est qu’en 1919 que le gouvernement français se décidera enfin à céder et à instituer la journée de travail à huit heures. Il faut dire que dans le même temps, l’Empire russe vient d’être renversé par la révolution et que les idées communistes commencent à monter partout en Europe. Craignant une contagion, la bourgeoisie française accepte donc de lâcher du lest en votant cette mesure.

Le 1er mai devient alors une journée chômée, et s’entérine définitivement comme un symbole pour les droits du travail. Pourtant, quand la Seconde Guerre mondiale éclate puis que l’extrême droite de Philippe Pétain prend le pouvoir en France, le régime de Vichy prend bien soin d’effacer toutes connotations de gauche sur cette journée.

Fête du Travail contre journée internationale des travailleurs

Ainsi, Pétain nomme le jour « Fête du travail et de la concorde sociale » (ce qui fait écho à sa devise Travail, Famille, Patrie) et il le rend définitivement férié. Il tire par ailleurs parti d’une vieille tradition de vente du muguet à cette époque pour faire définitivement disparaître l’églantine au profit de la fleur blanche.

Juste après la guerre, l’appellation de « fête du Travail » sera pourtant bien conservée et instrumentalisée dans les esprits par la droite de l’échiquier politique. De ce fait, elle tente de dissimuler qu’il s’agit à l’origine d’une journée de lutte et elle glorifie la « valeur travail » chère aux libéraux (et surtout aux portefeuilles des patrons qu’elle permet de remplir).

Une méthode contre laquelle des millions de manifestants continuent chaque année de se battre en défilant dans les rues pour rappeler à tous les travailleurs que leurs droits ne sont pas tombés du ciel et qu’il faudra encore se dresser contre le capitalisme néolibéral pour les préserver et pour en obtenir de nouveaux.

Simon Verdière


Photo de couverture : Flickr

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30.04.2026 à 06:00

Ces 5 espèces souvent détestées et pourtant très utiles

Simon Verdiere

Certaines espèces animales n’ont pas bonne presse. Parfois chassées ou tuées sans scrupules, elles effraient les uns et sont même détestées par les autres. Et pourtant, toutes jouent un rôle crucial dans nos écosystèmes. Zoom sur 5 animaux et insectes indispensables à la biodiversité avec une bien mauvaise réputation. [Article publié initialement le 6 juin […]

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Texte intégral (1401 mots)

Certaines espèces animales n’ont pas bonne presse. Parfois chassées ou tuées sans scrupules, elles effraient les uns et sont même détestées par les autres. Et pourtant, toutes jouent un rôle crucial dans nos écosystèmes. Zoom sur 5 animaux et insectes indispensables à la biodiversité avec une bien mauvaise réputation.

[Article publié initialement le 6 juin 2025 – Mis à jour le 30 avril 2026  | temps de lecture estimé : ~ 4 min ]

1. Les rats

Longtemps associés aux maladies comme la peste et l’insalubrité, les rats sont pourtant des animaux très utiles, en particulier en milieu urbain. Doté d’une remarquable faculté d’adaptation et d’une intelligence plutôt développée, les rats jouent un rôle de véritable auxiliaire de nos grandes métropoles.

Ils permettent ainsi d’éliminer de nombreux déchets et leur prolifération ne peut en réalité se produire qu’à cause de notre propre manque d’hygiène. À la campagne, comme tous les rongeurs, ils sont aussi un maillon essentiel de nos écosystèmes puisqu’ils nourrissent certains prédateurs. En outre, les tunnels qu’ils creusent dans la terre favorisent l’aération du sol ainsi qu’une meilleure circulation de l’eau et de la biodiversité.

2. Les serpents

Véritable phobie de beaucoup de personnes, les serpents sont souvent craints et persécutés par les êtres humains. Si certains sont réellement dangereux et mortels, la plupart d’entre eux restent inoffensifs. Ainsi sur environ 3000 espèces référencées, à peine 600 sont venimeuses.

Ce constat est particulièrement vrai sur l’Hexagone : seules certaines vipères peuvent présenter un risque dans des cas cependant très rares. On ne compte d’ailleurs qu’entre zéro et trois décès par an dans le pays. En revanche, ces animaux sont très importants pour les écosystèmes puisqu’ils permettent de réguler les populations de rongeurs, insectes, amphibiens et qu’ils sont eux-mêmes la proie d’autres prédateurs. Un atout certain pour notre agriculture.

3. Les araignées

Terreur de nombreuses personnes, les araignées font l’objet d’un dégoût et d’une haine particulièrement développés chez beaucoup d’entre nous, d’autant plus que les toiles qu’elles tissent ne sont guère appréciées.

Si certaines d’entre elles sont dangereuses, elles sont extrêmement minoritaires. Ainsi, sur plus de 50 000 espèces connues, seules 200 sont capables de nuire sérieusement à notre santé. Sur l’Hexagone, on en retrouve juste deux, et uniquement dans le sud de la France et en Corse. La plupart d’entre elles ne sont en réalité même pas apte à vous percer la peau.

À bien des égards, elles sont, en réalité, de merveilleuses alliées dans nos maisons grâce à leur grande consommation d’indésirables. Elles peuvent par exemple nous débarrasser des mouches, des moustiques, puce ou même cafards. Parmi les espèces qui mangent le plus d’insectes, elles permettent alors aussi de réguler les populations. Leur présence dans votre demeure est également le signe que celle-ci est saine. Pensez-y donc à deux fois avant de les éliminer.

4. Les mouches

Avec leur bourdonnement incessant et leur manie de se poser systématiquement sur nous ou sur notre nourriture, les mouches ont de quoi énerver bien des gens, d’autant plus qu’elles sont difficiles à éloigner. À tel point que certains n’hésitent pas à utiliser des dispositifs cruels comme le papier collant ou le piège de bouteille qui peuvent les faire agoniser pendant des heures. Pourtant, certaines études démontrent que les mouches et certains autres insectes sont capables d’éprouver la douleur.

Les mouches sont, de plus, l’un des maillons les plus essentiels de la chaîne alimentaire ; si elles n’existaient pas, de nombreux animaux dont elles sont les proies pourraient tout simplement disparaître. En outre, elles permettent la dégradation de la matière organique dont elles se nourrissent. Enfin, et c’est une donnée moins connue, certaines espèces jouent également un rôle de pollinisateur. Mieux vaut donc utiliser quelques répulsifs naturels sans pour autant dénigrer cet insecte indispensable.

5. Les sangliers

La haine du sanglier a surtout été produite par les chasseurs et les agriculteurs qui en ont fait l’un de leurs gibiers de choix. Alertant sur sa prolifération, ceux-ci ont pointé du doigt les dégâts provoqués par l’animal dans les cultures et les accidents causés sur la route.

Or, comme Mr Mondialisation l’expliquait dans un précédent article, le sanglier, dont la multiplication a été méthodiquement organisée par l’être humain, sert en réalité d’excuse pour justifier la chasse dont l’utilité est grandement remise en question.

Et pourtant, malgré la mauvaise image que l’on essaie de leur apposer, les sangliers remplissent un rôle important. Ils peuvent par exemple manger certains animaux morts, évitant la pollution des eaux. En retournant la terre, ils favorisent aussi l’aération des sols, permettant à certaines graines de germer. Sur leur pelage, ils peuvent transporter également des semences de plantes, ce qui les aide à se développer. En consommant certains insectes et champignons, ils débarrassent enfin certains arbres de parasites.

On l’aura saisi, il ne faut pas nécessairement se baser sur des préjugés pour comprendre certaines espèces animales dont le rôle va parfois bien au-delà de ce que l’on pourrait penser. De fait, c’est sans doute plus le reste de la faune qui devrait avoir peur de nous que le contraire.

Simon Verdière 


Photo de couverture : Nora Melbourne – Pexels

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29.04.2026 à 09:09

Bientôt des droits pour les baleines en Nouvelle-Zélande

Mr Mondialisation

Un projet de loi inédit dans le monde a été proposé en Nouvelle-Zélande : la reconnaissance des baleines comme entités juridiques. Le Tohorā Oranga Bill, comme il est nommé localement, permettrait aux cétacés de voir leurs intérêts défendus légalement. Une loi d’autant plus forte au regard de la puissante symbolique que portent ces animaux dans la […]

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Texte intégral (2271 mots)

Un projet de loi inédit dans le monde a été proposé en Nouvelle-Zélande : la reconnaissance des baleines comme entités juridiques. Le Tohorā Oranga Bill, comme il est nommé localement, permettrait aux cétacés de voir leurs intérêts défendus légalement. Une loi d’autant plus forte au regard de la puissante symbolique que portent ces animaux dans la tradition māorie et plus globalement, de sa promesse d’une transformation radicale de notre rapport au vivant.

[Temps de lecture estimé : ~ 5min]

Une nouvelle manière de protéger l’environnement

Depuis une vingtaine d’années, une idée progresse à l’échelle internationale : accorder des droits à la Nature. En 2008, l’Équateur a été le premier pays à inscrire dans sa Constitution (article 71) que la nature, ou « Pachamama », possède des droits propres et peut ainsi être défendue juridiquement lorsque ceux-ci sont bafoués. Deux ans plus tard, la Bolivie a poursuivi cette voie en votant la « loi de la Terre Mère », conférant des droits aux écosystèmes, notamment le droit à la régénération et à l’équilibre écologique.

La Nouvelle-Zélande s’est depuis imposée comme l’un des laboratoires les plus avancés de cette révolution juridique. En 2014, le traité Te Urewera a accordé la personnalité juridique à la région éponyme, une forêt de l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande, considérée comme le berceau historique de l’iwi (tribu) Tūhoe. Trois ans après, le fleuve Whanganui, considéré comme une entité vivante par les Māoris, a obtenu la personnalité juridique.

Le fleuve Whanganui. Photo de Felix Engelhardt, Flickr CC

Mais dans les années 2020, cet élan juridique de la défense environnementale prend un tournant nouveau : après les écosystèmes, ce sont les animaux qui sont en passe d’obtenir le statut de « sujets de droit ». Ainsi, en pays pionnier une nouvelle fois, l’Équateur a étendu en 2022 la protection constitutionnelle des droits de la Nature à l’ensemble des animaux sauvages.

Cette évolution s’inscrit dans une dynamique politique plus large, en particulier dans la région du Pacifique. Le 28 mars 2024, les dirigeants autochtones d’Aotearoa (Nouvelle-Zélande), des îles Cook, de Tahiti, des Tonga, d’Hawaï et de Rapa Nui ont signé une déclaration commune historique : He Whakaputanga Moana, la Déclaration pour l’océan des peuples autochtones du Pacifique.

Celle-ci, bien que non contraignante, appelle à reconnaître la personnalité juridique des baleines, pour faire face aux menaces que représentent au quotidien la pêche commerciale, la pollution ou encore le changement climatique.

Dans un communiqué daté du même jour, le roi des Māoris de Nouvelle-Zélande, Kiingi Tuheitia Pootatau te Wherowhero VII, soutient cette idée, affirmant que « Le chant de nos ancêtres s’est affaibli et leur habitat est menacé, c’est la raison pour laquelle nous devons agir maintenant ».

Il a ainsi proposé de leur accorder le statut de « sujet de droit » afin de garantir leur droit à vivre dans un environnement sain et ainsi permettre une restauration de leurs effectifs.

Vers la reconnaissance de la personnalité juridique des baleines en Nouvelle-Zélande

Un an plus tard, le député Teanau Tuiono, issu du Parti vert néo-zélandais, a présenté un projet de loi prévoyant de reconnaître la personnalité juridique aux baleines, le Tohorā Oranga Bill.

Celui-ci vise à leur garantir des droits fondamentaux tels que la liberté de circulation et de migration, la protection des comportements naturels, la protection des structures sociales et culturelles, le droit à un environnement sain et le droit à la restauration, la régénération des habitats et des écosystèmes.

La spectaculaire cascade de Milford Sound dans le Fiordland. Photo de Alexander Heiß via pexels

Reconnaître les baleines comme des « personnes juridiques » transformerait en profondeur leur protection. Aujourd’hui, pour défendre une espèce, il faut justifier d’un « intérêt à agir » pour la défendre, comme être une association spécialisée sur le sujet depuis des années. Avec un tel statut, n’importe qui pourrait engager une procédure juridique.

De plus, si la personne ou l’entreprise ayant enfreint leurs droits est condamnée à payer une amende, elle leur devra obligatoirement et de manière directe réparation. Sans ce statut, l’argent du coupable sert simplement à alimenter le Trésor du pays qui le condamne ou bien à payer des crédits d’impôts aux entreprises. Il ne permet pas de réparer les dégâts ayant valu cette condamnation ou d’œuvrer à une meilleure protection des cétacés.

La baleine : un symbole puissant de la tradition māorie

Si les baleines sont les premiers animaux à être au cœur d’une loi aussi importante, ce n’est pas un hasard.

Une baleine à bosse curieuse observe un plongeur. Photo de NOAA Photo Library, Flickr CC

Dans les cosmologies māories et plus largement polynésiennes, les baleines portent en elles le mana, te mana o te tohorā. Le mana renvoie à l’idée d’une puissance, une énergie spirituelle qui habite aussi bien les êtres vivants – les humains, les animaux, les plantes – que les non-humains – les objets, les pierres. Ainsi, pour ces populations, ce mana relie chaque élément du monde à un ensemble interconnecté, et surtout, indivisible.

D’autre part, les cétacés ont, parmi toutes les espèces, une symbolique particulièrement puissante en Polynésie. « Les Tohorā sont des ancêtres sacrés pour de nombreuses communautés de Te Moana Nui a Kiwa » (« Te Moana Nui a Kiwa », soit « le grand océan de Kiwa », est une expression polynésienne désignant l’océan Pacifique).

Elles symbolisent la sagesse ancestrale, faisant résonner de leurs chants puissance et protection et perçues, selon certains, comme des ancêtres pouvant protéger les familles ou encore les navigateurs. Nageant des profondeurs des océans jusqu’à la surface, elles forment un pont entre les mondes, humains et défunts, visibles et invisibles.

D’ailleurs, cette idée est au cœur d’un célèbre mythe māori : Paikea, le chevaucheur de baleine. Issu de Hawaiki – île légendaire des Māoris – ce fils d’un grand chef aurait été sauvé par une baleine alors qu’il faisait naufrage en mer. Celle-ci l’aurait conduit jusqu’à Aotearoa (le terme māori pour désigner la Nouvelle-Zélande) devenant ainsi l’ancêtre d’une lignée de Māoris. Une légende qui a d’ailleurs inspiré le roman mondialement reconnu du Néo-zélandais Witi Ihimaera, « La baleine tatouée », lui-même adapté au cinéma en 2002 avec le film « Paï : l’élue d’un peuple nouveau ».

Ainsi, en tant que symbole de l’héritage culturel māori, il est du devoir des peuples autochtones de protéger les cétacés, comme revendiqué par le député Teanau Tuiono : « Les peuples autochtones sont les anciens kaitiaki (gardiens) de notre moana (océan). En suivant leur exemple, nous pouvons protéger nos précieuses espèces et les lieux qu’elles considèrent comme leur foyer. »

Un changement de paradigme sans précédent

Au-delà d’offrir une protection plus efficace aux baleines, le Tohorā Oranga Bill marque indéniablement une volonté de rupture avec l’anthropocentrisme profondément ancré dans le droit occidental, lequel distingue historiquement, les humains – titulaires de droits, et les choses – objet de droit.

Illustration « D’un livre sur le microcosme » avec l’Homme en son centre. Source : Wikimedia Commons

Une séparation qui a entraîné les Occidentaux à hiérarchiser le Vivant, en plaçant l’Homme à son sommet et en l’érigeant comme « maître et possesseur » pouvant détruire tous les autres êtres de la Terre.

Ce projet de loi renverse ainsi l’ordre établi, admettant que les espèces ont une valeur intrinsèque, indépendamment de celle que les Hommes occidentaux veulent bien leur attribuer.

Pauline Lunay


Photo de couverture : Plan en contre-plongée d’une baleine à bosse dans l’océan par Diego Concepción via pexels

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28.04.2026 à 06:00

À vélo et en parapente, Pauline Plaçais part à la rencontre des fermes bio

Mr Mondialisation

À 29 ans, Pauline Plaçais, petite-fille d’agriculteurs, a décidé de se lancer dans un voyage de deux mois à travers des fermes biologiques françaises. L’objectif ? Démontrer que l’agriculture biologique est très présente et variée sur le territoire français. Et qu’elle incarne un avenir durable et fiable. [ Temps de lecture estimé : ~ 7min […]

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Texte intégral (3085 mots)

À 29 ans, Pauline Plaçais, petite-fille d’agriculteurs, a décidé de se lancer dans un voyage de deux mois à travers des fermes biologiques françaises. L’objectif ? Démontrer que l’agriculture biologique est très présente et variée sur le territoire français. Et qu’elle incarne un avenir durable et fiable.

[ Temps de lecture estimé : ~ 7min ]

Engagée dans le programme Sport Planète de la MAIF, Pauline Plaçais a créé Des graines pour demain : un périple à vélo et en parapente qui la mène de ferme en ferme, dans une démarche de partage, d’apprentissage et de transmission.

Avec cinq autres éco-aventuriers suivis par Sport Planète, Pauline incarne une génération en quête de sens et d’engagement. Durant son tour de France, la jeune femme part à la rencontre de celles et ceux qui font vivre l’agriculture biologique et paysanne, et qui se font un plaisir de partager leurs connaissances. Nous l’avons interrogée alors qu’elle entamait son aventure.

Pauline s'est lancée dans une aventure de deux mois, de ferme en ferme ©Pauline Plaçais
Pauline s’est lancée dans une aventure de deux mois, de ferme en ferme © Pauline Plaçais

Mr Mondialisation : Pouvez-vous nous raconter votre parcours, avant de vous lancer dans ce projet ?

Pauline Plaçais : « Je possède un Master de Management en solidarité internationale, que j’ai passé dans le but de travailler au sein d’ONG. J’ai notamment effectué des stages au Cambodge, puis en Côte d’Ivoire, où j’ai travaillé sur la coordination de structures dans des projets liés aux droits des femmes. De retour en France, je me suis investie dans l’éducation populaire et l’impact écologique qui y est lié. J’ai travaillé dans une association d’éducation populaire en Pays de la Loire et en Normandie pendant deux ans et demi. L’an dernier, j’ai décidé de partir car j’avais besoin de faire une pause et de ralentir… » 

Mr Mondialisation : Pour mieux entamer cette nouvelle aventure ?

Pauline Plaçais : « Oui, je voulais trouver le moyen d’être plus impactante sur la question du changement climatique, que ce soit dans ma vie personnelle comme professionnelle. J’ai fait du bénévolat, du Wwoofing… Puis j’ai entendu parler du programme Sport Planète, qui m’a paru adapté à mes envies. J’avais des choses à dire et à transmettre, le besoin de sensibiliser – chose que je faisais déjà avec mon entourage proche, mais je voulais aller plus loin, notamment à travers le sujet de l’agriculture. 

Mes grands-parents, oncles et tantes sont agriculteurs. Mon père, paysagiste, m’a faite grandir au milieu de cinq hectares de champs, entourée d’oies, de moutons… Je suis donc issue de ce milieu, mais en réalité, je n’y connais pas grand-chose ! Alors, j’ai réalisé que si moi-même je n’y connaissais rien, que dire de la majorité des Français  ? Le sujet de l’agriculture prend de plus en plus de place, mais sans qu’on n’en comprenne forcément les enjeux. Je pense donc qu’il est important d’en parler, d’expliquer ce qu’il se passe, notamment autour du bio. » 

Mr Mondialisation : Quelle réflexion portez-vous sur l’agriculture biologique en France ?

Pauline Plaçais : « Le bio est en expansion : les chiffres de l’Agence Bio montrent que sa consommation augmente. Mais c’est une agriculture qui reste marginalisée. Elle concerne surtout de petites fermes, et c’est un engagement parfois difficile à tenir car il existe beaucoup de contraintes. Rien que l’installation peut durer jusqu’à trois ans… L’agriculture biologique comprend également beaucoup d’enjeux, notamment sociétaux : elle n’est en effet pas toujours bien perçue, reste encore en marge de la société, et est souvent mal relayée au niveau médiatique.

« Le conventionnel et l’agriculture intensive sont entrés dans un engrenage vicieux dû aux pesticides. » 

Elle produit également des denrées plus chères pour les consommateurs, donc n’est malheureusement pas encore accessible à tous. Enfin, les petites fermes dépendent énormément des aléas climatiques, avec des conditions et des cultures plus fragiles qu’en conventionnel. Mais elle est nécessaire pour la santé humaine, et celle de la Terre ! Sans augmentation de l’agriculture biologique, nous savons que la biodiversité va finir par s’effondrer. Le conventionnel et l’agriculture intensive sont entrés dans un engrenage vicieux dû aux pesticides : les sols sont désormais trop pauvres pour donner de bonnes récoltes, alors on ajoute des produits dessus… Jusqu’au jour où ça ne suffira plus, et au détriment de la santé de tous. » 

Mr Mondialisation : Vous avez choisi de visiter des fermes par le biais du Wwoofing, qui consiste à apporter son aide aux agriculteurs, autour d’une relation basée sur l’entraide, la découverte et l’échange. Pourquoi ce choix ?

Pauline Plaçais : « J’en avais entendu parler depuis longtemps, mais avec un imaginaire différent. Quand on parle Wwoofing, on pense tout de suite à l’Australie ou à la Nouvelle-Zélande… L’image d’un voyage lointain me semblait lui coller à la peau.

Mais, quand je travaillais au Mans, j’ai profité d’un weekend prolongé pour essayer de me rendre utile : je me suis alors renseignée sur ce qui se faisait en France en matière de Wwoofing. J’ai alors réalisé qu’il y avait énormément de fermes participantes, même à côté de chez moi ! J’ai trouvé une ferme qui travaillait en permaculture, accessible en train et en vélo car je n’avais pas de voiture. Et j’ai adoré ! J’y suis retournée régulièrement, on est même devenus amis. Symboliquement, c’est la ferme sur laquelle je termine mon voyage : La Grande Raisandière.

Le Wwoofing est souvent perçu comme un moyen de partir en vacances pour pas cher… Mais c’est avant tout un engagement ! Je tenais à en parler car ce sont des expériences de vie très chouettes : je veux donner aux gens l’envie de s’investir et s’engager, d’être dans une démarche de don et de partage plutôt que de consommation… » 

Pauline se déplace de ferme en ferme sur son vélo, équipé pour parcourir des centaines de kilomètres ©Pauline Plaçais
Pauline se déplace de ferme en ferme sur son vélo, équipé pour parcourir des centaines de kilomètres © Pauline Plaçais

Mr Mondialisation : Sur quels critères avez-vous sélectionné les fermes visitées ?

Pauline Plaçais : « J’ai commencé en Ariège, car on y trouve beaucoup de fermes bio et proches de la nature, et je finirai dans la Sarthe. Je voulais trouver des méthodes d’agricultures variées pour mettre en avant tout le panel de fermes présent en France, et avec des profils très différents. Il y a des enfants d’agriculteurs, d’anciens Wwoofers qui ont monté leur ferme, des ingénieurs qui ont tout plaqué pour se lancer dans l’agriculture… La diversité de profils montre que les choses bougent, et qu’on peut faire partie de ce milieu même sans être issu. »

« Je crois à la force du collectif : c’est ensemble que nous ferons évoluer la société. » 

Mr Mondialisation : Qu’espérez-vous de ce parcours de deux mois ? À court comme plus long terme ?

Pauline Plaçais : « J’espère avant tout emmener le plus de gens possibles avec moi. Sur chaque ferme, une ou deux personnes m’accompagnent. Elles sont issues du cercle proche, de mes amis, du réseau Wwoof France, ou encore des personnes qui me suivent sur les réseaux sociaux. Je crois à la force du collectif : c’est ensemble que nous ferons évoluer la société. J’essaie donc d’encourager à faire du vélo, à aller travailler dans une ferme… En somme, j’ai envie de prendre les gens qui le souhaitent par la main, pour qu’ils prennent ensuite la relève, à leur tour. Mon objectif, c’est avant tout une forte envie de découvrir et d’apprendre. »

Mr Mondialisation : Vous sillonnez la France à vélo, mais également… en parapente !

Pauline Plaçais : « Oui, mon départ s’est fait en parapente en Ariège, depuis le Prat d’Albi : j’y voyais la symbolique du saut, du fait de prendre son envol, de se lancer dans un nouveau projet, et de se délester de ses préjugés et de ses peurs. Le parapente est aussi un moyen de prendre de la hauteur sur les choses, de voir nature depuis le ciel. Il participe à l’émerveillement, qui est une source de protection de la biodiversité, car on protège ce que l’on aime… »

Le départ de Pauline s'est fait depuis Albi, en parapente ©Pauline Plaçais
Le départ de Pauline s’est fait depuis Albi, en parapente © Pauline Plaçais

Mr Mondialisation : Quels sont vos projets pour la suite ?

Pauline Plaçais : « Il n’y a rien de figé pour l’instant, car je ne sais pas ce que peut me réserver cette aventure. Je ne pars pas en tant qu’experte : je suis là pour apprendre. Je n’ai donc pas de plan pour la suite, j’attends de voir ce que la vie me réserve ! » 

Quelques mots de Cécile Paturel, chargée de développement chez Wwoof France

Mr Mondialisation : Depuis quand l’association Wwoof France existe-t-elle ?

Cécile Paturel : « Nous allons fêter nos vingt ans en 2027 ! Le livret de nos débuts est devenu un site web… Le but est de notre structure est de créer une logique d’entraide, sans tomber dans la dérive et en évitant le laïus « gîte et couvert contre du travail ». « Apprendre en aidant les fermes bio et paysannes », voilà notre credo : aider et se sentir utile pendant son temps libre, autour d’une agriculture dont on défend les valeurs. 

Wwoof France aujourd’hui, ce sont environ 18 000 adhérents, pour 1 800 fermes. 70% des adhérent.es sont Français.es et font du Wwoofing en France : un fait qui va à l’encontre des croyances ! Nous avons également un certain nombre d’adhérents belges et allemands. Au total, nous avons 60% de femmes, pour une tranche d’âge qui tourne majoritairement autour de 25-35 ans. » 

« le Wwoofing correspond trop souvent, dans l’imaginaire collectif, à la définition de gîte et couvert contre hébergement. » 

Mr Mondialisation : Wwoof France assure donc un cadre à l’aventure du Wwoofing…

Cécile Paturel : « Oui, car le Wwoofing correspond trop souvent, dans l’imaginaire collectif, à la définition de gîte et couvert contre hébergement. En somme, des vacances pas chères, avec une vision utilitariste et touristique difficile à gérer.

Sauf que les hôtes ne sont pas juste des hébergeurs ! Lorsque l’on s’engage dans le Wwoofing, on vient aider, découvrir un travail, partager des valeurs. Il y a une vraie démarche de réciprocité. Notre charte a évolué au fil du temps : les Wwoofers ne peuvent être plus de deux en même temps, ne travaillent jamais seuls, les besoins des fermes doivent être ponctuels etc. Il y a toujours eu des gens qui travaillent dans des fermes… Alors, autant encadrer et réguler ce type de travail – et alerter quand il y a des abus. » 

La jeune aventurière Pauline Plaçais, adepte du Wwoofing ©Pauline Plaçais
La jeune aventurière Pauline Plaçais, adepte du Wwoofing © Pauline Plaçais

Mr Mondialisation : Comment la sélection des fermes se fait-elle ? 

Cécile Paturel : « Les fermes concernées sont souvent de petites entreprises agricoles, dans lesquelles vivent les agriculteurs. Le point commun entre toutes est que ce soient des lieux à vocation alimentaire. Ces « fermes » peuvent donc aussi concerner des particuliers, des associations, des habitats partagés, etc. La base est de respecter une agriculture biologique et paysanne, en vivant sur place et consommant ce qui y est produit.

Ce sont elles qui nous contactent. Après avoir rempli un petit dossier, nous faisons un premier tri. Un certain nombre est refusé. Celles qui sont sélectionnées sont contactées, souvent visitées avant ou après par notre réseau de bénévoles… Si le contact se passe bien et que les règles de l’association leur conviennent, leur candidature est approuvée.

Nous sommes six salariés qui travaillons à temps plein, joignables facilement, tenant une permanence téléphonique en cas de problème… très peu de choses peuvent passer sous les radars ! » 

– Entretien réalisé par Marie Waclaw


Photo de couverture : © Pauline Plaçais

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27.04.2026 à 06:00

La gauche est-elle moralisatrice ?

Simon Verdiere

Certains observateurs accusent régulièrement la gauche d’adopter une posture moralisatrice, en la présentant comme donneuse de leçons. Pourtant, dans les faits, c’est bien la droite et la haute bourgeoisie qui lancent constamment des injonctions à se conformer à un modèle social capitaliste basé sur la concurrence et la soumission. Édito.  [Temps de lecture estimé : […]

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Texte intégral (1190 mots)

Certains observateurs accusent régulièrement la gauche d’adopter une posture moralisatrice, en la présentant comme donneuse de leçons. Pourtant, dans les faits, c’est bien la droite et la haute bourgeoisie qui lancent constamment des injonctions à se conformer à un modèle social capitaliste basé sur la concurrence et la soumission. Édito. 

[Temps de lecture estimé : ~ 3min]

La gauche est régulièrement accusée de vouloir « imposer » une vision du monde dès lors qu’elle remet en cause les oppressions existantes. Mais cette accusation tient de l’inversion des rôles : ce qui est présenté comme du « moralisme » n’est en réalité que la contestation d’un ordre établi déjà saturé de normes, prescrites quotidiennement par les classes dominantes qui ont intérêt à les maintenir. Présenter cette critique comme une tentative d’imposer une morale revient à délégitimer toute remise en cause du système, en la réduisant à une posture arrogante ou culpabilisante.

Une arme politique pour faire taire la critique

Cette accusation relève d’une manipulation rhétorique grossière, visant à disqualifier la critique. Suivant ce raisonnement, le fait de s’opposer au racisme, au sexisme ou aux violences sexuelles serait réduit à une simple leçon de morale.

Tout le monde peut pourtant comprendre qu’aspirer à une société où personne ne subirait de discrimination en raison de son genre, de la couleur de sa peau ou de ses convictions religieuses sert simplement l’intérêt général.

Dépeindre ce genre d’ambition en « leçon de morale » revient, en réalité, à nier les rapports de dominations et les avantages que peuvent avoir ceux qui en bénéficient à le défendre. Il est d’ailleurs amusant de noter que les personnes faisant ce type de remarque sont précisément celles qui se trouvent en position de force.

Poser un cadre collectif plutôt qu’individuel

L’argument est, en particulier, utilisé par l’extrême droite lorsqu’une personne se réclamant de gauche transgresse ses propres idéaux. Toutefois, cette lutte ne consiste pas à dénoncer quelqu’un ayant « fauté » de manière individuelle, mais bien à s’opposer aux rapports de domination. Mettre en exergue des personnes dites de gauche n’ayant pas des comportements exemplaires, c’est nier le caractère systémique du problème.

« Plutôt que débattre du fond, l’accusateur préférera pointer du doigt un individu. »

Cette rhétorique n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle du whataboutisme. Plutôt que débattre du fond, l’accusateur préférera pointer du doigt un individu. En outre, un changement de paradigme au niveau global ne passera pas par des « petits efforts de chacun ». Un constat que l’on a particulièrement pu établir dans le domaine de l’écologie avec l’imposture du mythe du colibri.

Juger le système, pas les individus

Même si certain·es militant·es de gauche peuvent se tromper de stratégie et culpabiliser les individus, l’Histoire de ce courant politique remet bien en cause un système. L’objectif est donc de modifier le cadre collectif et non pas d’accabler les gens.

Faire une compétition du mode de vie le plus « éthique » ou le plus « moral » s’insère d’ailleurs dans une méthode de pensée capitaliste où la concurrence et le développement personnel se sont imposés comme des valeurs cardinales.

À l’inverse, tout le combat de la gauche s’inscrit dans une volonté d’émancipation au sein d’une société. Critiquer un système qui perpétue les injustices n’a donc rien à voir avec un jugement des individus. Lorsque la gauche défend des droits supplémentaires ou la planète, c’est bien dans le sens de l’intérêt général.

Le véritable moralisme : celui de l’ordre capitaliste

En réalité, ceux qui accusent la gauche d’être « moralisatrice » sont souvent les premiers à lancer des injonctions individuelles à tout bout de champ. Ainsi, selon cet ordre bourgeois, les Français ne « travailleraient pas assez », les pauvres « géreraient mal leur argent », seraient « jaloux des plus riches » ou « profiteraient du système ».

« Tout ce qui s’écarte du modèle dominant est susceptible d’être recadré par les classes les plus favorisées. »

Les femmes ou les minorités sont également particulièrement victimes de ces leçons de morale, que ce soit par rapport à leur rôle dans la société, leur comportement ou bien leurs convictions. En définitive, tout ce qui s’écarte du modèle dominant est susceptible d’être recadré par les classes les plus favorisées.

Normaliser l’injustice

Dès lors, accuser la gauche d’être moralisatrice, c’est simplement normaliser les inégalités et l’injustice, comme si les accepter équivalait à vivre dans un certain ordre naturel. Pourtant, on peut y voir, au contraire, une volonté de défendre un état des lieux, décrit comme irréversible.

Et si cette contestation du système bourgeois est presque dépeinte comme une agression, c’est bien parce qu’elle remet en cause certains privilèges. Par là, les auteurs de cette accusation de moralisme tentent d’invisibiliser leurs propres actes de domination. Pour mieux les perpétuer.

– Simon Verdière


Photo de couverture : Activistes climat bloquant le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire lors de l’action « République des pollueurs » / Wikimedia Commons

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26.04.2026 à 06:00

Spéculation, Mexique et Ghana : les 10 bonnes nouvelles

Mauricette Baelen

Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer. 1. Une coopérative pour se loger sans spéculation À Lyon, une coopérative propose un modèle alternatif où les habitants ne sont ni propriétaires ni locataires, mais membres d’un parc de logements détenu collectivement. L’objectif : faciliter […]

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Texte intégral (1110 mots)

Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer.

1. Une coopérative pour se loger sans spéculation

À Lyon, une coopérative propose un modèle alternatif où les habitants ne sont ni propriétaires ni locataires, mais membres d’un parc de logements détenu collectivement. L’objectif : faciliter l’accès au logement tout en sortant les biens du marché spéculatif, dans un contexte de crise immobilière croissante. (Basta!)

2. Mexique : à Tila, un modèle d’autogouvernement sans partis politiques

Dans la ville indigène de Tila, au Chiapas, les habitant·es ont mis en place un système d’autogouvernement basé sur des assemblées populaires, sans partis ni institutions étatiques. Ce modèle repose sur la démocratie directe, l’organisation collective et des pratiques héritées des traditions mayas, en rupture avec le système politique classique. (Politis)

3. Mobilisation pour empêcher l’expulsion d’une lycéenne et de sa famille 💖

À Nîmes, une élève de 16 ans menacée d’expulsion après une OQTF fait l’objet d’une forte mobilisation de son lycée, avec pétition, rassemblements et soutien d’organisations locales. Ses proches et enseignants dénoncent une décision injuste au regard de sa situation familiale et scolaire, et réclament sa régularisation. (StreetPress)

4. Ghana : création de la première aire marine protégée du pays

Le Ghana a annoncé la création de sa première aire marine protégée, couvrant plus de 700 km², afin de restaurer les stocks de poissons menacés par la surpêche et le changement climatique. Ce projet repose sur une gestion partagée avec les communautés locales et vise à préserver durablement les ressources marines essentielles à l’alimentation du pays. (Mongabay)

5. Pourquoi jeter ses plantes quand on peut les offrir ?

À Beaulieu-sur-Mer (Alpes maritimes), la municipalité distribue gratuitement les plantes retirées des massifs publics lors du changement de saison, permettant aux habitants de les récupérer et de les replanter. Une initiative saluée pour son aspect écologique et solidaire, qui évite le gaspillage tout en valorisant le réemploi. (France 3 Régions)

6. La nature peut se régénérer seule si on la laisse faire

Une étude publiée dans Nature montre que les forêts tropicales peuvent retrouver plus de 90 % de leur biodiversité en une trentaine d’années après l’arrêt des activités humaines, grâce aux processus naturels (dispersion des graines, pollinisation). Une approche qui valorise la régénération naturelle plutôt que la restauration artificielle, à condition de limiter durablement les pressions humaines. (Nature)

7. Brésil : des aras bleus et jaunes réintroduits à Rio après 200 ans

Dans le parc national de Parc national de Tijuca, des scientifiques réintroduisent des aras bleus et jaunes disparus localement depuis deux siècles. Ce projet de “réensauvagement” vise à restaurer les équilibres écologiques, ces oiseaux jouant un rôle clé dans la dispersion des graines et la régénération de la forêt. (The Guardian)

8. Inde : un projet communautaire restaure une forêt en 30 ans dans l’Himalaya

Dans l’État de Uttarakhand, un projet de reforestation mené avec les habitants a transformé une zone dégradée en écosystème riche en biodiversité après trois décennies. Le site, baptisé Surya-Kunj, abrite désormais des dizaines d’espèces d’arbres, plus de 160 espèces d’oiseaux et de nombreuses plantes médicinales, illustrant l’efficacité de la restauration écologique participative. (Mongabay)

9. États-Unis : du béton plus écologique grâce aux algues

À la University of Miami, des étudiants en ingénierie développent un béton intégrant du biochar issu d’algues pour remplacer une partie du ciment, responsable d’importantes émissions de CO₂. Leur approche combine matériaux biosourcés et “carbon curing” pour stocker du carbone dans le béton, ouvrant la voie à des infrastructures plus durables. (University of Miami News)

20. Royaume-Uni : des zones humides flottantes pour restaurer les écosystèmes côtiers

Des chercheurs de la University of Portsmouth développent des marais salants flottants installés sur des structures en mer afin de recréer des habitats naturels disparus. Ce projet innovant vise à améliorer la qualité de l’eau, favoriser la biodiversité et compenser la perte massive de végétation côtière liée à l’urbanisation. (University of Portsmouth News)

– Mauricette Baelen

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