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▸ les 10 dernières parutions

17.05.2026 à 06:00

Hippopotames, transats et forêt : les 10 bonnes nouvelles de la semaine

Mauricette Baelen

Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer cette semaine.  1. Colombie : un projet de relocalisation pour les hippopotames d’Escobar Alors que la Colombie envisage d’euthanasier une partie des hippopotames descendants des animaux introduits par Pablo Escobar, le milliardaire indien Anant Ambani propose […]

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Texte intégral (1246 mots)

Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer cette semaine. 

1. Colombie : un projet de relocalisation pour les hippopotames d’Escobar

Alors que la Colombie envisage d’euthanasier une partie des hippopotames descendants des animaux introduits par Pablo Escobar, le milliardaire indien Anant Ambani propose de transférer environ 80 animaux vers un sanctuaire en Inde. Les autorités invoquent les risques écologiques liés à cette espèce invasive, tandis que des associations défendent des solutions non létales. (World Animal News)

2. La Grèce interdit les transats sur 251 plages protégées

La Grèce a interdit l’installation de transats, parasols et structures temporaires sur 251 plages afin de protéger des zones côtières sensibles, dont plusieurs sites marins classés Natura 2000. Le gouvernement veut limiter les effets du tourisme de masse et préserver les écosystèmes fragilisés par l’urbanisation et le changement climatique. (Euronews)

3. Un oiseau marin protégé réapparaît sur la Côte d’Opale

Le gravelot à collier interrompu, petit oiseau marin protégé disparu depuis plusieurs années de la Côte d’Opale, a été de nouveau observé en avril 2026. L’ONF appelle à renforcer la vigilance sur les plages, car cette espèce qui niche au sol reste très vulnérable aux activités humaines, aux chiens, au tourisme et à l’érosion du littoral. (France 3 Régions)

source : wikipédia

 4.Le Parlement européen autorise le vote par procuration pour les députées enceintes

Le Parlement européen a adopté une réforme permettant aux eurodéputées de déléguer leur vote jusqu’à trois mois avant et six mois après une naissance. Cette dérogation au vote en personne a été approuvée par 616 voix contre 24 et doit désormais être validée par le Conseil puis ratifiée par les États membres. (Parlement européen)

5. Des chercheurs développent un plastique à base de chanvre pour remplacer le PET

Une équipe de l’université du Connecticut a mis au point un plastique fabriqué à partir de cannabidiol (CBD), un composé du chanvre, pour remplacer certains plastiques issus du pétrole comme le PET utilisé dans les emballages alimentaires. Le matériau résiste à la chaleur et à l’eau, sans utiliser de bisphénol A (BPA), un composé controversé pour ses effets sur la santé. Les chercheurs travaillent désormais à industrialiser sa production. (DongA Science)

6. La population du cheval de Przewalski dépasse les 900 individus en Chine

Quarante ans après le lancement d’un programme de réintroduction, la population de chevaux de Przewalski en Chine dépasse désormais les 900 individus, soit environ un tiers de la population mondiale. Disparue à l’état sauvage dans les années 1970, cette espèce menacée a été réintroduite grâce à des programmes d’élevage et de réensauvagement dans le nord-ouest du pays. (China Daily)

7. L’UE prépare des sanctions contre des colons israéliens en Cisjordanie

L’Union européenne a approuvé des sanctions contre plusieurs organisations et figures du mouvement des colons israéliens en Cisjordanie, accusés d’alimenter les violences contre les Palestiniens. Les mesures, qui incluent gels d’avoirs et interdictions de visa, marquent un tournant après la levée du veto hongrois. Plusieurs États membres poussent aussi pour restreindre le commerce avec les colonies israéliennes. (EUobserver)

8. L’automobiliste qui a tué le cycliste Paul Varry sera jugé pour meurtre

Le conducteur du SUV ayant mortellement percuté puis écrasé le cycliste Paul Varry à Paris en octobre 2024 a été renvoyé devant les assises pour meurtre. La juge d’instruction estime qu’il a volontairement redémarré alors que la victime se trouvait devant son véhicule. La mort de ce militant de l’association Paris en selle avait suscité une forte émotion et relancé le débat sur les violences routières. (Le Monde avec AFP)

9. À Bornéo, des scientifiques réintroduisent des arbres dans les plantations d’huile de palme

En Malaisie, le projet TRAILS expérimente des systèmes agroforestiers mêlant palmiers à huile et arbres forestiers indigènes afin de restaurer la biodiversité dans les plantations de Bornéo. Menée avec des villageoises et des chercheurs du CIRAD, l’initiative montre le retour progressif d’oiseaux, d’insectes et d’autres espèces dans ces zones cultivées. Les chercheurs cherchent désormais à mesurer l’impact économique de ces modèles face aux monocultures intensives. (La Relève et la Peste)

10. Une association laisse des forêts évoluer librement dans la Meuse

L’association Libre forêt achète des parcelles pour les soustraire à l’exploitation et les laisser en libre évolution. Dans la Meuse, elle a organisé une balade pour montrer qu’une forêt non gérée peut rester riche en habitats, en espèces et en résilience, malgré l’image de désordre qu’elle renvoie souvent. (Reporterre)

* Visuel de couverture : Unsplash

– Mauricette Baelen

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16.05.2026 à 06:00

Aide à mourir, capitalisme rentier et agressions sexuelles : les 10 actus de la semaine

Mauricette Baelen

Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 infos à ne surtout pas manquer cette semaine. 1.Le Sénat rejette l’article clé sur l’aide à mourir Le Sénat a supprimé l’article central de la proposition de loi sur l’aide à mourir, défendant une version bien plus restrictive que celle votée à l’Assemblée […]

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Texte intégral (1016 mots)

Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 infos à ne surtout pas manquer cette semaine.

1.Le Sénat rejette l’article clé sur l’aide à mourir

Le Sénat a supprimé l’article central de la proposition de loi sur l’aide à mourir, défendant une version bien plus restrictive que celle votée à l’Assemblée nationale. Les débats se sont concentrés sur ce dispositif, considéré comme le cœur du texte. (Politis)

2. Un chercheur alerte sur le “capitalisme rentier” qui transforme les locataires en nouvelle classe exploitée

Le sociologue Javier Gil estime que le logement est devenu l’un des principaux moteurs des inégalités sociales. Selon lui, la hausse des loyers et des prix immobiliers profite à des investisseurs qui captent une part croissante de la richesse des travailleurs via le marché locatif. (Mediabask)

3.Agressions sexuelles dans des hôtels du 115 : des alertes ignorées pendant des années

Deux hôtels sociaux parisiens ont fait l’objet de signalements visant le même gérant pour agressions sexuelles et harcèlement depuis 2019. Malgré plusieurs alertes internes et mains courantes, le Samusocial n’a mis fin à son partenariat avec l’un des établissements qu’en février 2026. (Bondy Blog)

4. Une vingtaine de néofascistes agressent des clients dans un bar parisien

Dans un bar du 15e arrondissement de Paris, une vingtaine de militants néofascistes ont effectué des saluts nazis avant de rouer de coups plusieurs clients venus les photographier. Parmi eux, StreetPress a identifié Gabriel Loustau, chef des Hussards Paris, déjà condamné pour violences et menaces haineuses. (StreetPress)

5. L’industrie de l’armement devient un symbole du “réarmement” européen

L’industrie de l’armement est désormais valorisée par les gouvernements, les médias et la finance au nom du “réarmement” européen. Les fabricants d’armes multiplient aussi les discours éthiques et écologiques, malgré l’usage meurtrier de leurs produits dans des conflits comme Gaza. (Le Monde diplomatique)

6. Une loi contre le cadmium bientôt débattue à l’Assemblée nationale

Une proposition de loi visant à limiter le cadmium dans les engrais phosphatés sera examinée début juin à l’Assemblée nationale, après des mois de mobilisation politique et scientifique. Ce métal lourd toxique, présent dans l’alimentation, est considéré comme un enjeu majeur de santé publique par l’Anses et plusieurs collectifs de médecins. (Vert)

7. Une note interne de Place publique crée un malaise autour de Raphaël Glucksmann

Une note de travail attribuée aux équipes de Place publique recommande de cibler les électeurs âgés et aisés plutôt que les jeunes et les classes populaires pour 2027. Face à la polémique, Raphaël Glucksmann a pris ses distances avec les conclusions du document. (Mediapart)

8. La majorité des Français pense payer un impôt sur l’héritage… à tort

Une étude rappelle que la majorité des Français n’est pas concernée par les droits de succession, mais surestime largement leur niveau et leur portée. En ligne directe, seuls 13 % des ménages paient cet impôt, alors que 60 % des Français pensent qu’il est beaucoup plus élevé qu’en réalité. (The Conversation)

9. La présidente de la FIJ alerte sur une vague d’assassinats de journalistes

La nouvelle présidente de la Fédération internationale des journalistes, Zuliana Lainez, alerte sur une « tuerie sans précédent » visant les journalistes en Ukraine, à Gaza, au Liban ou au Soudan, où les professionnels des médias sont de plus en plus ciblés et assassinés. Élue le 6 mai à Paris, elle promet de lutter contre l’impunité entourant ces crimes. (L’Humanité)

10. Le périscolaire parisien en grève face aux violences et au manque de moyens

Des agent·es du périscolaire parisien sont appelés à la grève après plusieurs affaires de violences révélées dans les écoles. Syndicats et professionnel·les dénoncent un secteur fragilisé par le manque de moyens, la précarité, le sous-effectif et des conditions de travail qui se dégradent depuis des années. (Alternatives Économiques)

* Visuel de couverture : wikipédia

– Mauricette Baelen 

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15.05.2026 à 06:00

Nutella : que reste-t-il du scandale des noisettes turques ?

Mr Mondialisation

Sept ans après les révélations du New York Times sur l’emploi de réfugiés syriens – adultes comme mineurs – dans les récoltes destinées notamment à Nutella, Ferrero affirme avoir renforcé ses engagements contre le travail des enfants et pour une meilleure traçabilité. Sur le terrain toutefois, ONG et observateurs dénoncent encore des conditions de travail […]

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Texte intégral (1719 mots)

Sept ans après les révélations du New York Times sur l’emploi de réfugiés syriens – adultes comme mineurs – dans les récoltes destinées notamment à Nutella, Ferrero affirme avoir renforcé ses engagements contre le travail des enfants et pour une meilleure traçabilité. Sur le terrain toutefois, ONG et observateurs dénoncent encore des conditions de travail difficiles et des contrôles insuffisants.

[Article publié initialement le 05/05/2019 – Mis à jour le 15/05/2026 | Temps de lecture estimé : ~ 4min]

Dans une enquête publiée en 2019, le journaliste David Segal révélait que des centaines de réfugiés syriens travaillaient dans les plantations de noisettes du nord de la Turquie, dans la région de la mer Noire.

Le pays assure environ 70 % de la production mondiale de noisettes et représente une source stratégique pour les multinationales du chocolat et de l’agroalimentaire, parmi lesquelles Ferrero, Nestlé ou encore Yildiz. Ferrero, propriétaire de Nutella, est considéré comme l’un des principaux acheteurs mondiaux de noisettes turques, avec un tiers de la production totale du pays.

Travail des enfants et précarité structurelle

Les 600.000 plantations qui sont serrées les unes contre les autres dans le nord du pays ont pendant longtemps été connues pour employer des enfants, ce que le gouvernement a officiellement combattu pendant de nombreuses années, rapportent les auteurs de l’enquête. Désormais, un nombre croissant de saisonniers qui y travaillent sont des réfugiés syriens, particulièrement « vulnérables » vis-à-vis des exigences de leurs employeurs. Rares sont ceux qui disposent d’un permis de travail, ce qui accentue leur précarité.

Mais alors que le secteur agricole est l’un des rares secteurs du pays dans lequel ce genre de permis n’est pas requis, les réfugiés syriens se révèlent être une main-d’œuvre peu chère pour les exploitations, dont la taille moyenne est de seulement 1,5 hectare, et qui peinent elles-mêmes souvent à survivre.

Crédit image : stopchildlabour.org

Des conditions de travail éprouvantes
Ces personnes perçoivent un salaire de 10 dollars par jour, soit environ 8,50 euros. Nombre d’entre elles concèdent que pour subvenir à leurs besoins, elles n’ont d’autre choix que de faire appel à leurs propres enfants pour les accompagner dans les plantations. Le travail est pourtant dangereux et épuisant, puisqu’il demande d’intervenir sur des pentes particulièrement raides. Les tâches sont répétitives et divisées essentiellement entre ceux qui cueillent les fruits et ceux qui les portent.

Certains travaillent sept jours par semaine et jusqu’à 13 heures par jour. Ferrero s’est défendu une fois encore par communiqué, estimant tout mettre en œuvre pour assurer les droits des travailleurs : « Lorsque des non-conformités sont constatées, elles sont traitées rapidement par les équipes sur le terrain ».

Crédit image : stopchildlabour.org

Mais la réalité ne plaide pas en faveur de l’entreprise, qui a refusé d’indiquer les coordonnées précises des exploitations auprès desquelles elle fait produire via ses sous-traitants. La plupart des 600.000 installations fourniraient le géant du chocolat, si l’on s’en tient à l’arithmétique, suggère David Segal.

« En 10 années de surveillance, nous n’avons jamais trouvé d’exploitation de noisettes en Turquie dans laquelle l’ensemble des principes d’un travail décent seraient réunies », explique dans l’article Richa Mittal, directrice d’innovation et de recherche de la Fair Labor Association, une ONG qui défend l’amélioration du droit du travail à l’international.

La situation ne se limiterait d’ailleurs pas seulement à la production des noisettes. Alors que l’agriculture représente environ 6 % du PIB turc, le secteur emploierait chaque année 200.000 réfugiés syriens en tant que saisonniers. David Segal rapporte que pour les réfugiés syriens, les plantations de noisettes sont :

« à la fois une corde de sécurité et une nouvelle épreuve »

Depuis le début du conflit syrien, la Turquie a été pointée du doigt à plusieurs reprises en raison des conditions dans lesquelles sont accueillies les personnes réfugiées.
En 2016, la BBC révélait par exemple des images d’enfants travaillant dans des ateliers de couture pour le compte de sous-traitants liés à de grandes marques de mode européennes telles qu’Asos, Zara ou encore Marks and Spencer.

Les réponses de Ferrero et les dispositifs actuels

Depuis ces révélations, Ferrero affirme avoir renforcé ses engagements sociaux et environnementaux. L’entreprise met en avant des programmes de traçabilité, des audits dans les exploitations et des engagements sectoriels visant à réduire les risques de travail des enfants.

Le groupe a notamment développé des partenariats avec l’Organisation internationale du travail (OIT), dans le cadre de programmes visant à améliorer les conditions de travail et à lutter contre le travail des enfants dans les récoltes saisonnières en Turquie.

Pourtant, en 2024, le travail des enfants est encore une réalité en Turquie.

Des limites régulièrement pointées

Ces dispositifs sont donc régulièrement jugés insuffisants par des ONG et des observateurs. Ils soulignent notamment :

  • la fragmentation extrême des exploitations agricoles,
  • la dépendance à des intermédiaires,
  • et la difficulté à assurer une traçabilité réelle sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.

Dans ce contexte, les audits privés sont souvent considérés comme insuffisants pour garantir des conditions de travail conformes aux standards internationaux.

Et au-delà des champs de noisettes, Ferrero fait aujourd’hui face à un autre type de critiques : celui du greenwashing. Le lancement de produits dits « plant-based » ou la communication autour de la durabilité de ses chaînes d’approvisionnement sont régulièrement pointés du doigt comme des stratégies d’image plus que comme une transformation structurelle du modèle industriel.

Dans le même temps, le groupe est désormais dans le viseur des autorités européennes. La Commission européenne a ouvert des investigations dans le cadre de pratiques de marché et de concurrence, renforçant la pression sur les grands acteurs de l’agroalimentaire et leurs chaînes d’approvisionnement.

Une problématique systémique

Au-delà du cas de Ferrero, cette situation illustre les tensions structurelles d’une chaîne agroalimentaire mondialisée : pression sur les coûts, invisibilisation du travail saisonnier, et dépendance à une main-d’œuvre migrante ou réfugiée en situation de forte précarité.

Mieux que l’esclavagisme, un capitalisme débridé, sans règle ni garde-fou collectif. Un système où les multinationales engrangent des profits considérables sur le dos des travailleurs les plus précaires – pendant que les responsabilités se diluent dans des chaînes d’approvisionnement toujours plus opaques.


Photo de couverture : @tekentegenkinderarbeid

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14.05.2026 à 06:00

Pourquoi l’agriculture doit redevenir soutenable

Mr Mondialisation

Depuis plusieurs années, des voix s’élèvent en faveur d’une agriculture moins énergivore et plus respectueuse de l’environnement. Un enjeu devenu crucial à l’heure des crises énergétiques et climatiques. Dans Les défis d’une autre agriculture, Arte suit pendant un an agriculteurs, scientifiques et responsables politiques engagés dans cette transition. Une enquête éclairante signée Tatjana Mischke et […]

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Texte intégral (1677 mots)

Depuis plusieurs années, des voix s’élèvent en faveur d’une agriculture moins énergivore et plus respectueuse de l’environnement. Un enjeu devenu crucial à l’heure des crises énergétiques et climatiques. Dans Les défis d’une autre agriculture, Arte suit pendant un an agriculteurs, scientifiques et responsables politiques engagés dans cette transition. Une enquête éclairante signée Tatjana Mischke et Caroline Nokel.

[Article publié initialement le 10/04/2019 – Mis à jour le 14/05/2026 | Temps de lecture estimé : ~ 4min]

Le modèle agricole fondé sur le déstockage massif des énergies fossiles chavire, mais poursuit tant bien que mal sa course folle, à l’image de notre société carbonée tout entière. L’intensification des pratiques participe à la dégradation généralisée de l’environnement et des écosystèmes par l’aridification des sols, la perte de biodiversité et la dispersion de pollutions considérables.

Mais ce n’est pas la seule inquiétude des spécialistes, qui alertent aussi sur le risque d’une crise alimentaire mondiale liée à la baisse de la productivité agricole et à la hausse des prix de l’énergie.

Crédit image : Arte

De la ferme du Bec Hellouin aux agriculteurs ayant choisi de convertir leur exploitation au bio, les équipes d’Arte explorent les multiples visages d’une transition agricole en cours.

Sans éluder les difficultés que pose une telle transition, les réalisatrices, Tatjana Mischke et Caroline Nokel, mettent en lumière la nécessité d’organiser ce changement de manière collective, en faisant collaborer paysans, scientifiques, politiques et société civile. Le combat se mène non seulement dans les champs, mais aussi dans les laboratoires de recherche ainsi qu’au cœur des institutions.

Mais tous ces acteurs font face à l’inertie des structures sociales, ainsi qu’au paradoxe d’une société qui fait des questions environnementales l’une des principales préoccupations de notre temps, mais qui n’entend pas payer plus cher pour une production plus responsable, donc plus locale et mesurée.

Par ailleurs, comme le soulignent les experts qui interviennent dans l’enquête, les bouleversements des écosystèmes provoqués par l’usage des produits de synthèse entraînent les exploitants dans un cercle vicieux qui les poussent à accroître les épandages d’année en année pour soutenir leur productivité. Dans un contexte où les conditions climatiques deviennent imprévisibles, changer de route s’avère particulièrement complexe, bien qu’absolument nécessaire.

Crédit image : Arte

Car le constat s’impose : le maintien des prix alimentaires à des niveaux relativement bas repose sur une externalisation des coûts. Autrement dit, pour le grand public, cela revient à faire porter une partie du coût réel de la production à des éléments extérieurs : la nature, les humains, les animaux. Pourtant, si l’on intégrait aux prix des produits conventionnels les coûts environnementaux de leur production, ceux-ci seraient aujourd’hui plus chers que les produits biologiques.

L’application de méthodes industrielles permet des économies d’échelle, mais accroît les pressions sur l’environnement. Ce modèle productiviste fonctionne tant que les prix de l’énergie restent bas, mais devient une épée de Damoclès dans un contexte incertain.

« les systèmes intensifs doivent absorber des investissements lourds pour maintenir une production élevée. »

Paradoxe majeur : rares sont ceux qui parviennent réellement à vivre de leur travail dans ce secteur. Les exploitations engagées dans des modèles plus durables peinent à être compétitives, tandis que les systèmes intensifs doivent absorber des investissements lourds pour maintenir une production élevée.

Certaines expériences, comme celle de la ferme du Bec-Hellouin, ouvrent la voie à de nouveaux modèles. Dans cette ferme normande menée par deux néo-paysans, le travail se fait sans mécanisation ni intrants, et l’exploitation parvient pourtant à dégager des bénéfices sur une surface réduite grâce à l’association de cultures.

Crédit image : Arte

Mais la transition agricole ne peut se penser sans un changement d’échelle : les agriculteurs ne pourront porter seuls cet effort sans soutien collectif. De nombreuses associations, comme Pour une autre PAC – aujourd’hui devenu Collectif Nourrir plaident ainsi pour des politiques publiques davantage orientées vers les exploitations qui limitent leur impact environnemental. Elles appellent notamment à une réforme de la Politique agricole commune (PAC), afin de sortir d’une logique de subvention basée sur la taille des fermes et plutôt en fonction de leurs méthodes de production.

Dans le même temps, les circuits de production se recomposent à l’échelle des territoires, tandis que se développent de nouvelles formes de solidarité, à l’image des AMAP.

Résumé Arte : « S’il a eu le mérite d’assurer la sécurité alimentaire et de faire chuter les prix des denrées, le système agro-industriel, fruit d’une révolution engagée au cours du XXe siècle, semble aujourd’hui à bout de souffle. Infertilité croissante des sols, pollution des eaux aux nitrates, maladies liées aux pesticides, disparition des insectes et d’innombrables espèces animales… Pour les défenseurs de l’environnement et pour la communauté scientifique – mais aussi pour une bonne partie du monde paysan –, il est urgent de changer de cap pour sortir de l’impasse, en s’engageant pour une agriculture durable et respectueuse de l’environnement.

Mais par quels moyens ? Un passage au « tout-biologique » est-il possible ? Faut-il réformer les règles de l’agriculture conventionnelle ? Quel avenir pour la permaculture, modèle écologique au rendement remarquable ? Les réalisateurs de ce documentaire ont accompagné une année durant des paysans en quête de solutions alternatives en France et en Allemagne, pour tenter de répondre à ces questions essentielles.

Les défis d’une autre agriculture aborde également le rôle capital du politique et de l’Union européenne en particulier – sans oublier les comportements des consommateurs – dans ce changement de paradigme. »

Voir le reportage :


Photo de couverture : affiche du reportage – Arte

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13.05.2026 à 11:35

Dans le Sud-Ouest, Territoire Solidaire distribue des repas aux plus démunis

Renard polaire

Depuis quatre ans, à Pau et Mont-de-Marsan, l’association Territoire Solidaire apporte nourriture et réconfort aux plus démunis. En partenariat avec des agriculteurs locaux, ses membres préparent des repas distribués ensuite lors de maraudes. Ils s’arrêtent aux côtés de celles et ceux que, trop souvent, plus personne ne regarde.  Association née de l’envie de jeunes étudiants […]

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Texte intégral (2070 mots)

Depuis quatre ans, à Pau et Mont-de-Marsan, l’association Territoire Solidaire apporte nourriture et réconfort aux plus démunis. En partenariat avec des agriculteurs locaux, ses membres préparent des repas distribués ensuite lors de maraudes. Ils s’arrêtent aux côtés de celles et ceux que, trop souvent, plus personne ne regarde. 

Association née de l’envie de jeunes étudiants de ne pas rester les bras croisés devant la misère, Territoire Solidaire fait partie de ces petites structures capables de faire beaucoup avec peu. Ses membres ont en effet saisi qu’il n’est pas nécessaire de partir à l’autre bout du monde ou de viser la lune pour faire acte de bienveillance… Ni pour se rendre utiles. Une initiative qui fait écho à celle de Proxidon qui révolutionne également le don alimentaire.

Ainsi, depuis bientôt quatre ans, les bénévoles de l’association arpentent les rues de Pau et Mont-de-Marsan. Plusieurs fois par mois, ils délivrent des repas aux sans-abris, aux sans-papiers et aux plus démunis. Pour cela, Territoire Solidaire fait appel à des agriculteurs et paysans locaux, auprès desquels ils récupèrent produits abîmés ou invendus : un cercle local et vertueux, qui profite à tous. Rencontre avec Antoine Darrieutort, fondateur de Territoire Solidaire et président depuis 2022.

Antoine Darrieutort a créé Territoire Solidaire en 2022, alors qu'il était encore étudiant ©Territoire Solidaire
Antoine Darrieutort a créé Territoire Solidaire en 2022, alors qu’il était encore étudiant ©Territoire Solidaire

Mr Mondialisation : Comment vous est venue l’idée de créer Territoire Solidaire ?

Antoine Darrieutort : « Étudiant, j’ai constaté qu’à Mont-de-Marsan, qui n’est pas une très grande ville, je voyais de plus en plus de gens dormir dehors en plein hiver. Cela m’a interpellé, créant chez moi beaucoup d’empathie. J’ai donc réfléchi à un projet mettant en valeur différents axes qui me sont chers : la paysannerie, l’écologie, la production locale, et le soutien aux plus démunis.

L’idée fut donc de préparer des repas issus uniquement des circuits-courts. J’ai commencé seul, puis connaissances et amis ont commencé à rejoindre les rangs. Aujourd’hui, l’association agit dans le département des Landes et des Pyrénées Atlantiques. » 

Mr Mondialisation : Financièrement, quels sont vos moyens de subsistance ?

Antoine Darrieutort : « Le fait que la presse locale ait commencé à s’intéresser à nous, cela nous a aidé à nous faire connaître. Nous avons reçu des dons qui nous ont permis de continuer. Depuis bientôt quatre ans, Territoire Solidaire survit grâce à la presse, les dons d’anonymes et les dons en nature. Mais aussi grâce à nos partenaires, à savoir des éleveurs, des producteurs et des maraîchers. Auprès d’eux, nous obtenons de grosses réductions ou des dons sur les invendus. Certains magasins nous contactent aussi pour nous donner leurs « légumes moches ». » 

« Nous avons su créer un écosystème entre les agriculteurs, les producteurs locaux et l’association. » 

Mr Mondialisation : Les repas distribués sont donc préparés par les bénévoles à partir de produits locaux ? 

Antoine Darrieutort : « Tout à fait. Les bénévoles préparent les repas à leur domicile. En hiver, nous faisons surtout des soupes, et en été, des sandwichs. Nous avons su créer un écosystème entre les agriculteurs, les producteurs locaux et l’association. En échange de leurs denrées, on s’engage à valoriser leurs actions et à leur faire de la pub. C’est un système gagnant-gagnant, nos partenaires apprécient de ne pas avoir à jeter leur marchandise, et de pouvoir aider. En cas de vente de leur part, ils ne réalisent pas de marge. » 

Les bénévoles distribuent des repas tous les week-ends ©Territoire Solidaire
Les bénévoles distribuent des repas tous les week-ends ©Territoire Solidaire

Mr Mondialisation : Concrètement, comment se déroulent les maraudes ? Avez-vous une idée du nombre de repas distribués jusqu’à aujourd’hui ? 

Antoine Darrieutort : « Territoire Solidaire a offert presque 2 000 repas en quatre ans. Nous distribuons généralement 6 à 8 repas par weekend sur Mont-de-Marsan, et nous nous rendons à Pau une fois tous les quinze jours.

Les distributions se font directement auprès des personnes qui en ont besoin. Nous visons notamment les jours de marché. S’il nous reste des repas, nous faisons le tour du centre-ville, et, enfin, des magasins situés en périphérie. » 

Mr Mondialisation : Quelles personnes touchez-vous lors de vos distributions ?

Antoine Darrieutort : « La moitié d’entre elles sont des personnes côtoyées toutes les semaines, dont les besoins sont constants. Mais il y a également celles que nous ne voyons qu’à l’approche de la fin du mois : des personnes qui travaillent et ont un logement se retrouvent à faire l’aumône devant des magasins, car elles sont à découvert à partir de la moitié du mois… Nos actions touchent donc toutes les personnes précaires. » 

L'association Territoire Solidaire distribue des repas aux plus démunis. ©Territoire Solidaire
L’association Territoire Solidaire distribue des repas aux plus démunis. ©Territoire Solidaire

Mr Mondialisation : Rencontrez-vous parfois des difficultés ?

Antoine Darrieutort : « On ne peut que constater que les politiques veulent invisibiliser les sans-abris, notamment en les expulsant de plus en plus des centres-villes. Or, quand on échange avec les passants ou les clients des magasins devant lesquels les gens font l’aumône, cela ne les dérange pas ! Ce qui me pose vraiment problème, c’est que les collectivités se défaussent en donnant de l’argent aux associations pour se décharger de la lutte contre la précarité. Alors, la solidarité se fait entre citoyens… » 

« en réalité, on ne devrait pas exister ! C’est à l’État de faire en sorte que personne ne dorme à la rue… »

Mr Mondialisation : Comment voyez-vous l’avenir de Territoire Solidaire ?

Antoine Darrieutort : « J’ai envie de dire qu’en réalité, on ne devrait pas exister ! C’est à l’État de faire en sorte que personne ne dorme à la rue… Nous voudrions ne pas être nécessaires, que les pouvoirs publics prennent en charge ces problèmes, que les Restos du Cœur n’existent pas non plus…

Environ 350 000 personnes, en France, vivent à la rue... ©Pixabay
Environ 350 000 personnes, en France, vivent à la rue… ©Pixabay

Si nous n’avons pas de locaux aujourd’hui, c’est par choix. Nous n’avons pas voulu entrer dans ce système de la municipalité qui cède des locaux associatifs pour se détourner de la misère. Alors, sans argent public, c’est évidemment compliqué de s’élargir. Nous avons des limites financières comme géographiques. Mais notre ADN est de refuser l’argent des collectivités, de continuer à nous battre et de mettre en avant l’agriculture locale tout en aidant les plus démunis. » 

« nous sommes ouverts à toutes les aides, même ponctuelles ! »

Mr Mondialisation : De nouveaux bras sont-ils les bienvenus ?

Antoine Darrieutort : « Bien sûr ! Lorsque j’ai créé l’association, j’étais encore étudiant. De fait, nous avons commencé entre amis, tous étudiants, mais plusieurs ont changé de ville depuis. Toutefois, si nous avons perdu une partie de cette jeunesse, nous avons également recruté d’autres personnes, notamment un peu plus âgées. Nous avons un noyau de 5 à 6 bénévoles réguliers, sur lesquels se greffe environ le double de bénévoles occasionnels. De fait, nous sommes ouverts à toutes les aides, même ponctuelles ! » 

Pour suivre ou joindre Territoire Solidaire, rendez-vous sur Facebook, Twitter. Vous pouvez également les contacter par mail via asso.territoiresoliddaire@gmail.com

Entretien réalisé par Marie Waclaw


Photo de couverture : ©Territoire Solidaire

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12.05.2026 à 06:00

Face à l’emballement climatique, réduire le temps de travail

Mr Mondialisation

À l’heure où gouvernements, éditorialistes et patrons nous rabâchent quotidiennement qu’il faudrait « travailler plus », repousser l’âge de la retraite et produire davantage pour relancer la croissance, un constat physique continue pourtant de s’imposer : l’expansion infinie de l’économie est incompatible avec les limites écologiques de la planète. [Article publié initialement le 30/05/2019 – Mis […]

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Texte intégral (1331 mots)

À l’heure où gouvernements, éditorialistes et patrons nous rabâchent quotidiennement qu’il faudrait « travailler plus », repousser l’âge de la retraite et produire davantage pour relancer la croissance, un constat physique continue pourtant de s’imposer : l’expansion infinie de l’économie est incompatible avec les limites écologiques de la planète.

[Article publié initialement le 30/05/2019 – Mis à jour le 12/05/2026]

Dès 2019, un rapport du think tank Autonomy estimait qu’une réduction massive du temps de travail pourrait être indispensable pour respecter les objectifs climatiques. Si les sociétés industrielles souhaitent réduire leur empreinte écologique, ce ne sont pas les technologies qui les sauveront, mais une remise en cause radicale du productivisme. Et cette remise en cause implique inévitablement de réduire le Produit Intérieur Brut (PIB), c’est-à-dire les activités créatrices de valeur économique et donc, in fine, nos consommations matérielles.

Le temps de travail face aux limites planétaires

Impossible d’y aller par quatre chemins : pour poursuivre cet objectif, et ainsi éviter un effondrement écologique et social violent, il est nécessaire de réduire notre part d’activité active – le temps de travail – de manière significative, puisque notre taux de production y est intrinsèquement lié.

Crédit image : FUMIGRAPHIK_Photographist / Flickr

Ce sont des conclusions partagées par Philipp Frey, auteur de l’étude intitulée La limite écologique du travail, publiée par le think tank Autonomy. Selon cette étude, pour réduire de manière significative les émissions de gaz à effet de serre et maintenir l’objectif de ne pas dépasser une hausse des températures mondiales de 2 °C, les Britanniques – l’échantillon observé – ne devraient se rendre à l’usine ou au bureau que 9 heures par semaine, contre environ 41 heures en moyenne aujourd’hui.

« Les individus vivant dans les sociétés thermo-industrielles ne devraient travailler qu’une à deux journées hebdomadaires en moyenne  »

En Suède, il ne faudrait plus que travailler 12 heures par semaine, en Allemagne 6. En d’autres termes, les individus vivant dans les sociétés thermo-industrielles ne devraient travailler qu’une à deux journées hebdomadaires en moyenne. La proposition de Philipp Frey vise a répondre à l’urgence climatique martelée par les scientifiques et leurs travaux de recherche les plus récentes. Ces conclusions se heurtent pourtant au dogme travailliste qui domine nos sociétés marchandes.

Production, consommation, émissions : un lien difficile à nier

Les calculs se fondent essentiellement sur les résultats d’une étude publiée en 2015 par deux chercheurs, Jonas Nässén and Jörgen Larsson, selon qui une diminution du temps de travail de 1 % conduirait à une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 0,8 %. (Nässén, J.; Larsson, J. (2015) ‘Would shorter working time reduce greenhouse gas emissions? An analysis of time use and consumption in Swedish households’, Environment and Planning C: Government and Policy, vol. 33, pp. 726–745).

En reprenant le budget carbone accordé théoriquement à chaque pays en fonction du scénario + 2°C ainsi que les émissions par industrie et par pays, l’auteur a ensuite estimé le temps de travail qu’il est possible de se permettre s’il l’on veut respecter les accords climatiques.

D’autres études sont déjà arrivées à des résultats semblables en démontrant la corrélation entre temps de travail et niveau de pollution. Peu de place au doute, donc, sauf si on partage toujours la croyance qu’une rupture technologique sauvera hypothétiquement l’humanité.

Sortir du productivisme

Philipp Frey, qui invoque le droit à la paresse de Paul Lafarge, déduit de ces résultats que si la soutenabilité écologique nécessite une réduction globale des consommations matérielles, nous devons organiser une vaste expansion du temps de loisir.

« remplacer certaines activités polluantes, comme l’extraction d’énergies fossiles »

Et par loisir, il est entendu la capacité de l’Humain à jouir d’un temps de vie libre, et pas nécessairement la consommation matérielle de nouveaux divertissements. Il s’agit là d’une réorganisation profonde et radicale de nos sociétés. L’auteur y voit l’occasion d’améliorer le bien-être, notamment en réduisant le stress provoqué par le travail et son intensification.

Mais selon l’étude, cette mesure ne se suffit pas en elle-même et doit être accompagnée par d’autres politiques ayant pour objectif une transformation importante de l’économie afin de remplacer certaines activités polluantes, comme l’extraction d’énergies fossiles, par d’autres, comme la reforestation. Moins travailler, en particulier dans les secteurs les plus polluants, ne devrait donc pas freiner la transition écologique.

Une problématique collective qui questionne le niveau de vie individuel

Réduire le temps de travail à l’échelle collective revient à entamer une politique de décroissance volontaire. Soit un revirement culturel à 180 degrés. L’idée implique un questionnement politique sur le chemin à suivre pour atteindre ce résultat, et des questions concrètes : quels sont les biens et les services auxquels nous souhaitons renoncer, quels sont les produits industriels qu’il faudra cesser de produire, comment maintenir les services essentiels (services publics) en situation de décroissance ?

Néanmoins, il s’agit bien d’interroger le mode de vie individuel, car réduire la production (voitures, transformations métallurgiques, bois, etc.) réduit inévitablement l’accès à ces mêmes biens tout en diminuant la richesse du pays et donc sa capacité à importer. En termes simples : consommer moins (mais mieux) ! Notre société y est-elle prête ?


Photographie d’entête : Charlie Chaplin – Les temps modernes / Wikimedia Commons

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