LePartisan.info À propos Podcasts Fil web Écologie BLOGS Revues Médias
Mr Mondialisation

Think tank informel et citoyen francophone à visée internationale


▸ les 10 dernières parutions

16.04.2026 à 06:00

Neurodivergence : le coût invisible d’une adaptation contrainte

Elena Meilune

S’adapter en permanence, surveiller ses gestes, ses mots, ses réactions. Pour de nombreuses personnes neurodivergentes, les interactions sociales ne relèvent pas de la spontanéité, mais d’un effort constant pour répondre aux normes sociales dominantes. Si l’incompréhension n’est pas à sens unique, l’adaptation demeure largement unilatérale. Ces ajustements invisibles épuisent, fragilisent et accroissent l’exposition aux violences. […]

The post Neurodivergence : le coût invisible d’une adaptation contrainte first appeared on Mr Mondialisation.
Texte intégral (4029 mots)

S’adapter en permanence, surveiller ses gestes, ses mots, ses réactions. Pour de nombreuses personnes neurodivergentes, les interactions sociales ne relèvent pas de la spontanéité, mais d’un effort constant pour répondre aux normes sociales dominantes. Si l’incompréhension n’est pas à sens unique, l’adaptation demeure largement unilatérale. Ces ajustements invisibles épuisent, fragilisent et accroissent l’exposition aux violences.

[Temps de lecture estimé : ~ 12 min]

Le modèle déficitaire a profondément structuré les représentations sociales de la neurodivergence. En situant l’origine des malentendus du côté des seules personnes concernées, il a contribué à naturaliser des normes interactionnelles spécifiques, tout en invisibilisant leur caractère situé.

Le précédent volet de ce dossier montrait que la souffrance psychique des personnes neurodivergentes ne peut être comprise indépendamment des conditions sociales dans lesquelles elle se développe, tandis que dans le premier volet, le propos se concentrait sur une différence pathologisée sous contrainte sociale.

Le présent texte propose de prolonger cette analyse en s’intéressant aux interactions elles-mêmes : non plus comme des difficultés individuelles, mais comme des espaces de décalage, de contraintes et d’ajustements inégalement répartis.

Les limites du modèle déficitaire

Les difficultés interactionnelles associées à l’autisme ont longtemps été interprétées à travers le prisme d’un déficit en « théorie de l’esprit », c’est-à-dire d’une capacité supposément altérée à attribuer des états mentaux à autrui (comprendre les intentions/émotions des autres). Pourtant, cette lecture présente des limites.

Une méta-analyse en neuroimagerie publiée en janvier 2026 dans PsyCh Journal remet en cause l’idée d’un déficit chez les personnes autistes : si certaines études rapportent un taux d’erreur plus élevé par rapport aux personnes neurotypiques, la majorité des travaux analysés ne montre pas de différences significatives en termes de performances ou de temps de réaction entre personnes autistes et non autistes.

« des différences dans les processus de traitement de l’information »

En revanche, l’étude met en évidence des différences dans les processus de traitement de l’information. Les circuits cérébraux mobilisés ne sont pas les mêmes : certains réseaux sont moins sollicités, d’autres prennent le relais. Le cerveau organise ainsi l’information sociale selon des logiques distinctes. Ces résultats invitent à interroger les modèles qui reposent sur une norme unique du fonctionnement social.

Derrière l’universalité, une conception située de l’esprit

La dimension ethnocentrique de ce type de modèles doit également être questionnée, dans la mesure où ils sont élaborés à partir de cadres théoriques et méthodologiques ancrés dans des contextes occidentaux, puis généralisés à l’ensemble de l’humanité à partir d’échantillons très spécifiques, parmi les moins représentatifs à l’échelle mondiale.

Les approches dominantes reposent sur une conception particulière de l’esprit, où celui-ci est envisagé comme un espace intérieur, séparé du monde. Or, des travaux en anthropologie et en psychologie culturelle montrent pourtant que les conceptions du « soi » et de l’esprit sont socialement situées. Comprendre autrui ne se réduit pas à l’inférence d’états mentaux internes, mais implique des contextes et des relations.

Cette perspective entre en résonance avec des conceptions philosophiques comme celle de Spinoza, pour lesquelles les individus sont déterminés par des causes et ne peuvent être réduits à une approche purement internaliste.

Le problème de la double empathie

Le concept de double empathie, introduit par Damian Milton en 2012, invite à repenser les difficultés interactionnelles comme un phénomène relationnel plutôt qu’individuel. Il ne s’agirait pas d’un déficit propre à un groupe, mais d’un décalage réciproque entre des modes de perception, d’interprétation et de communication différents.

Ce cadre théorique a été progressivement étayé par des travaux empiriques. Des recherches récentes montrent que les difficultés de compréhension sont bidirectionnelles et que les interactions entre personnes autistes et non autistes sont affectées par des différences de styles communicationnels et des biais d’interprétation du côté non autiste.

Les personnes non autistes rencontrent elles aussi des difficultés à interpréter les états mentaux et les expressions des personnes autistes, et tendent à évaluer plus négativement les interactions mixtes. En revanche, les interactions entre personnes autistes ne sont pas jugées de moindre qualité que celles entre personnes non autistes, ce qui contredit l’hypothèse d’un déficit communicationnel intrinsèque.

Ces résultats portent toutefois sur la manière dont les interactions sont perçues et évaluées. D’autres travaux, davantage centrés sur leur efficacité communicationnelle, apportent un éclairage complémentaire.

Une étude expérimentale de grande ampleur publiée dans Nature Human Behaviour en 2025 remet en question l’idée d’une dégradation systématique des interactions entre neurotypes différents. Si les personnes autistes présentent des performances comparables à celles des personnes non autistes dans les interactions entre pairs, l’étude ne met pas non plus en évidence de différence significative de transfert d’information dans les interactions mixtes.

Ces résultats suggèrent que les difficultés interactionnelles ne peuvent être réduites ni à un déficit individuel, ni à un simple effet de « mismatch », mais doivent être envisagées à partir des contextes sociaux dans lesquels elles prennent place.

TDAH : la complexité des différences en cognition sociale

Des écarts mesurés, mais des causes situées

Les recherches sur le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) illustrent également les tensions qui traversent l’étude de la cognition sociale. Une méta-analyse publiée en 2024 dans The Journal of Child Psychology and Psychiatry met en évidence des écarts modérés à importants en théorie de l’esprit, en reconnaissance des émotions faciales et en compétences sociales chez les enfants et adolescents présentant un TDAH.

Toutefois, les auteurs soulignent eux-mêmes que ces différences pourraient être liées à des dimensions cognitives telles que des fonctions exécutives. Les difficultés observées pourraient ainsi être moins le signe d’une altération spécifique de la cognition sociale que la conséquence de contraintes attentionnelles, de l’impulsivité ou de la charge cognitive.

« les compétences sociales et les stratégies d’adaptation évoluent au cours du développement. »

Il convient aussi de noter cette méta-analyse porte exclusivement sur des populations jeunes, dans des contextes souvent fortement normés. Les résultats doivent donc être interprétés à la lumière de ces conditions, les compétences sociales et les stratégies d’adaptation évoluant au cours du développement.

Des résultats instables qui interrogent les normes d’évaluation

En outre, d’après une revue systématique publiée en 2024 dans The Journal of Attention Disorders, si certaines études rapportent une moindre précision de la reconnaissance des émotions chez les personnes ayant un TDAH par rapport aux neurotypiques, elles présentent en moyenne une qualité méthodologique significativement inférieure aux études ne retrouvant aucune différence. De quoi interroger les conditions de production de ces résultats et les biais susceptibles d’influencer leur interprétation.

Les écarts observés dans le TDAH varient fortement selon les conditions expérimentales et tendent à diminuer lorsque sont prises en compte des variables telles que l’attention, les fonctions exécutives ou les caractéristiques des tâches.

Dans cette perspective, une étude publiée dans PLOS One en 2024, utilisant l’eye-tracking chez des enfants avec TDAH, montre que les difficultés de reconnaissance des émotions faciales relèvent de processus distincts, liés notamment à la manière dont l’attention visuelle se porte sur les indices émotionnels du visage, sans corrélation avec les performances en théorie de l’esprit.

Pris ensemble, ces éléments montrent que les différences observées dans le TDAH ne peuvent être réduites à une altération fondamentale des capacités sociales. Elles renvoient plutôt à une interaction complexe entre processus cognitifs, contraintes attentionnelles et contextes d’évaluation. À ce titre, elles illustrent les limites des modèles qui isolent la cognition sociale de ses conditions concrètes d’exercice et tendent à interpréter toute variation comme un déficit.

Camouflage social : survivre dans un monde inadapté

Des stratégies d’adaptation sous contrainte

Parce que leurs différences sont généralement perçues comme des déficits, de nombreuses personnes neurodivergentes développent des stratégies d’adaptation pour éviter d’être stigmatisées. Parmi elles, le camouflage social, qui désigne l’ensemble des comportements par lesquels une personne inhibe, corrige ou dissimule ses traits neurocognitifs afin de se conformer aux attentes sociales dominantes.

Il peut s’agir de contrôler ses expressions émotionnelles, forcer le contact visuel, surveiller son langage corporel ou calquer ses réponses sur celles attendues. Bien que particulièrement étudié dans l’autisme, ce phénomène est également observé dans le TDAH.

Avant tout, ces capacités d’adaptation mettent elles aussi en porte-à-faux les lectures déficitaires de la cognition sociale. Le camouflage social suppose de facto une observation fine des interactions, une anticipation des attentes et un ajustement constant des comportements. Il mobilise des compétences d’interprétation sociale que les modèles classiques décrivent souvent comme altérées. Sans nier les différences, il montre que ces capacités peuvent être mobilisées autrement, impliquant toutefois un coût cognitif important dans une société peu tolérante à la neurodiversité.

Stefan / Pexels

Les stratégies de masquage s’inscrivent ainsi dans un rapport social de contrainte, structuré par la stigmatisation, l’exclusion et des normes implicites. Elles ont des effets majeurs sur la santé mentale et contribuent à la surreprésentation des personnes neurodivergentes dans les troubles psychiatriques.

Un coût psychique immense

Une étude publiée en 2025 dans la revue Scientific Reports (introduite dans le précédent volet de ce dossier) montre que plus une personne présente de traits autistiques, plus son bien-être mental tend à être fragilisé, non pas en raison desdits traits autistiques, mais du fait du camouflage social qui est fortement conditionné par l’exclusion et la stigmatisation.

Au quotidien, le maintien du camouflage implique une vigilance constante et une mobilisation continue des ressources cognitives et émotionnelles. Si les stratégies de masquage protègent à court terme en limitant les discriminations immédiates, leur effet à long terme est dévastateur. Le camouflage peut être source d’épuisement profond, d’anxiété chronique, de troubles dissociatifs d’épisodes de burnout*, d’une augmentation des diagnostics psychiatriques, des idées et des comportements suicidaires.

Un signe de « faible handicap » ?

Une étude publiée dans Molecular Autism en 2025 suggère que le camouflage agit comme un stresseur chronique, avec des effets mesurables sur le plan biologique (augmentation du cortisol à long terme), confirmant qu’il ne s’agit pas seulement d’un vécu subjectif mais d’un processus physiologiquement coûteux.

Malgré cela, le camouflage social est fréquemment perçu comme un indicateur de bonne adaptation, voire comme le signe d’un faible niveau de handicap alors qu’il constitue l’un des principaux facteurs de risque en santé mentale chez les personnes neurodivergentes, en particulier lorsqu’il est mobilisé de manière précoce, prolongée et socialement valorisée.

Cette logique contribue directement aux retards diagnostiques, en particulier chez les femmes, qui développent en moyenne des stratégies de camouflage plus efficaces, ce qui rend leurs difficultés moins détectables et participe à leur invisibilisation. La reconnaissance de la neurodivergence intervient alors fréquemment après des années de suradaptation, lorsque les ressources psychiques sont déjà largement entamées.

* Le burnout autistique désigne un état d’épuisement intense, souvent associé à une aggravation des sensibilités sensorielles, un retrait social et une perte temporaire de certaines capacités. Ses effets sur la santé mentale sont colossaux, plus particulièrement en cas de diagnostic tardif.

Vulnérabilité sociale et exposition aux violences

L’exclusion et le camouflage social qui en découle ne produisent pas seulement une souffrance psychique diffuse ; ils altèrent durablement les conditions d’entrée en relation. Confrontées à des réactions négatives ou disqualifiantes, de nombreuses personnes neurodivergentes en viennent à douter de leur propre perception. Avec le temps, la capacité à poser ses limites, à identifier ses besoins ou à reconnaître ses signaux d’alerte s’affaiblit.

Dans un tel contexte, les logiques d’emprise et de manipulation peuvent facilement s’installer et se maintenir. Le consentement est quant à lui fragilisé, non par incapacité, mais par un environnement qui pousse à se méfier de son propre jugement et à privilégier l’adaptation.

« Une femme autiste sur neuf a été victime de violences sexuelles au cours de sa vie. »

Les personnes autistes sont nettement surreprésentées parmi les victimes de violences, en particulier sexuelles. Une étude publiée en 2022 dans Frontiers in Behavioral Science indique qu’environ une femme autiste sur neuf en a été victime au cours de sa vie.

Des violences à l’intersection des rapports de domination

La mise en cause de la crédibilité des personnes autistes constitue un rouage central de cette vulnérabilité socialement produite. Et la disqualification du récit est encore plus marquée lorsque la personne est une femme ou appartient à une minorité, dans des contextes où les stéréotypes sexistes et racistes fragilisent déjà fortement la reconnaissance de la parole des victimes. L’entrecroisement de ces rapports de domination augmente à la fois l’exposition aux violences et la probabilité qu’elles demeurent impunies.

Les personnes autistes sont aussi plus exposées aux violences institutionnelles, notamment dans les interactions avec la police, la justice ou le système de santé. Leurs difficultés à décoder les attentes sociales, à communiquer selon les codes dominants, ou à gérer les stimuli sensoriels les rendent vulnérables aux malentendus, aux arrestations arbitraires, ou à des soins inappropriés.

Ce risque est encore accru pour les personnes raciséesdont les comportements sont plus facilement construits comme menaçants par des institutions traversées par le racisme – et qui sont déjà davantage exposées aux violences policières.

Les violences multiples subies par les personnes neurodivergentes, de l’enfance à l’âge adulte, marquent durablement leurs trajectoires de vie. La souffrance qui en résulte ne peut être réduite à des vulnérabilités individuelles : elle s’inscrit dans un ordre social qui la produit en grande partie, puis la pathologise, invisibilisant ainsi ses causes.

Le tout dans un contexte où le terme « autiste » continue d’être utilisé comme une insulte, révélant la banalisation de rapports de stigmatisation jusque dans le langage ordinaire. Le prochain volet, qui sera publié jeudi 23 avril 2026, examinera les formes que prennent ces trajectoires dans le temps, ainsi que la manière dont elles s’inscrivent dans une spirale de pathologisation.

Elena Meilune 

Références

  • Li, H., Wang, Y., Chang, et al. (2026). Specific brain activity during theory of mind tasks in autistic individuals: A meta-analysis of fMRI studies. Psych Journal, 15(1), e70060.
  • Henrich, J., Heine, S. J., & Norenzayan, A. (2010). The weirdest people in the world? Behavioral and Brain Sciences, 33(2-3), 61–83.
  • Markus, H. R., & Kitayama, S. (2010). Cultures and selves: A cycle of mutual constitution. Perspectives on Psychological Science, 5(4), 420–430.
  • Milton, D. (2012). On the ontological status of autism: The ‘double empathy problem’. Disability & Society, 27(6), 883–887.
  • Milton, D., Gurbuz, E., & Lopez, B. (2022). The ‘double empathy problem’: Ten years on. Autism, 26(8), 1901–1903.
  • Jones, D. R., Botha, M., Ackerman, R. et al. (2023). Non-autistic observers both detect and demonstrate the double empathy problem when evaluating interactions between autistic and non-autistic adults. Autism, 28(8), 2053–2065.
  • Crompton, C. J., Foster, S. J., Wilks, C. E. H., et al. (2025). Information transfer within and between autistic and non-autistic people. Nature Human Behaviour, 9, 1488–1500.
  • Haza, B., Gosling, C. J., Ciminaghi, F., et al. (2024). Social cognition and everyday social skills in children and adolescents with attention-deficit/hyperactivity disorder: A meta-analysis of case–control studies. Journal of Child Psychology and Psychiatry, 65(9),1245-1254.
  • Shepard, E. C., Ruben, M., & Weyandt, L. L. (2024). Emotion recognition accuracy among individuals with ADHD: A systematic review. Journal of Attention Disorders, 29(3), 174–194. $
  • Bozkurt, A., Yıldırım Demirdöğen, E., Kolak Çelik, M., & Akıncı, M. A. (2024). An assessment of dynamic facial emotion recognition and theory of mind in children with ADHD: An eye-tracking study. PLOS One, 19(2), e0298468.
  • Wurth, P., Fuermaier, A. B. M., Strand, A. H., & Thorell, L. B. (2025). Diagnosis acceptance, masking, and perceived benefits and challenges in adults with ADHD and ASD: Associations with quality of life. Frontiers in Psychiatry, 16, 1668780.
  • Seçer, I., Çimen, F., Ulaş, S., et al. (2025). Autism traits and mental well-being: The mediating role of social camouflaging and the moderating role of social exclusion and public stigma. Scientific Reports. 15(1):36633
  • Khudiakova, V., Russell, E., Sowden-Carvalho, S., et al. (2024). A systematic review and meta-analysis of mental health outcomes associated with camouflaging in autistic people. Research in Autism Spectrum Disorders, 118, 102492.
  • Conde-Pumpido Zubizarreta, S., Isaksson, J., Faresjö, Å., et al. (2025). The impact of camouflaging autistic traits on psychological and physiological stress: A co-twin control study. Molecular Autism, 16, 59.
  • Raymaker, D. M., Teo, A. R., Steckler, N. A., et al. (2020). “Having all of your internal resources exhausted beyond measure and being left with no clean-up crew”: Defining autistic burnout. Autism in Adulthood, 2(2), 132–143.
  • Ali, D., Mandy, W., & Happé, F. (2026). How does ‘autistic burnout’ feel? A qualitative study exploring experiences of earlier and later-diagnosed autistic adults. Autism, 30(4), 1014–1027.
  • Cazalis, F., Reyes, E., Leduc, S., & Gourion, D. (2022). Evidence that nine autistic women out of ten have been victims of sexual violence. Frontiers in Behavioral Neuroscience, 16, 852203.
  • Lim, A., Young, R. L., & Brewer, N. (2021). Autistic adults may be erroneously perceived as deceptive and lacking credibility. Journal of Autism and Developmental Disorders, 52(2), 490–507.
  • Slavny-Cross, R., Allison, C., Griffiths, S., & Baron-Cohen, S. (2022). Are autistic people disadvantaged by the criminal justice system? A case comparison. Autism, 27(5), 1438–1448.
  • Annamma, S. A., Connor, D., & Ferri, B. (2013). Dis/ability critical race studies (DisCrit): Theorizing at the intersections of race and dis/ability. Race Ethnicity and Education, 16(1), 1–31.

Photo de couverture : femme couvrant son visage avec ses mains / Thegiansepillo sur Pexels

The post Neurodivergence : le coût invisible d’une adaptation contrainte first appeared on Mr Mondialisation.
PDF

15.04.2026 à 08:36

Velecta : sauver l’usine et les sèche-cheveux français

Mauricette Baelen

Face à la fermeture annoncée de leur usine, trois acteurs se sont associés pour préserver un savoir-faire industriel français et maintenir l’emploi à Romorantin, en Loir-et-Cher. Entre engagement local, production responsable et valorisation du travail manuel, ils défendent une autre vision de l’industrie mortifère de l’électroménager. [temps de lecture estimé : ~ 7 min] Et […]

The post Velecta : sauver l’usine et les sèche-cheveux français first appeared on Mr Mondialisation.
Texte intégral (2215 mots)

Face à la fermeture annoncée de leur usine, trois acteurs se sont associés pour préserver un savoir-faire industriel français et maintenir l’emploi à Romorantin, en Loir-et-Cher. Entre engagement local, production responsable et valorisation du travail manuel, ils défendent une autre vision de l’industrie mortifère de l’électroménager.

[temps de lecture estimé : ~ 7 min]

Et si produire en France n’était plus seulement un rêve arraché à la mondialisation carnassière, mais un acte de résistance accessible ? À Romorantin, dans le Loir-et-Cher, c’est en effet chose faite.

Alors que la fermeture de l’usine de sèche-cheveux Velecta semblait inévitable, salariés et repreneur ont refusé de voir disparaître leur savoir-faire. Face à la logique du tout-délocalisé, de l’obsolescence et du jetable, ils défendent une autre voie : celle d’une industrie ancrée dans son territoire, respectueuse des femmes et des hommes qui la font vivre, et tournée vers le long terme.

Avec toutes autorisation – Velecta

Trois acteurs aux parcours complémentaires – Philippe Melao, ancien cadre en quête d’une entreprise française à reprendre, Rose Gaudet, salariée de l’usine depuis 30 ans, et Aurélien Gauvin, employé depuis 5 ans – unis par un même objectif : sauver leur usine et préserver un savoir-faire industriel local.

Mr Mondialisation : Pouvez-vous nous présenter les parcours de Philippe, Rose et Aurélien qui portent ce combat, ainsi que ce qui les lie personnellement à cette usine ?

Velecta : « Rose Gaudet travaille chez Velecta depuis 30 ans, tandis qu’Aurélien Gauvin y est employé depuis 5 ans. Philippe Melao, de son côté, était cadre salarié dans une autre structure et recherchait une entreprise de fabrication française à reprendre.

Très vite séduit par le professionnalisme de la marque et la fabrication française, lors de sa visite du site, les témoignages de Rose et Aurélien, très positifs à propos de leur entreprise, l’ont clairement convaincu de reprendre l’entreprise. »

Mr Mondialisation : En juin 2025, l’usine allait fermer. Comment avez-vous réussi à constituer cette équipe pour sauver les 17 emplois à Romorantin, alors que tout le monde fuyait ?

Velecta : « Philippe ne connaissait pas Rose et Aurélien au départ. Le dossier lui a été transmis par la CCI pour étude. Après analyse, il a effectué une visite de l’usine. C’est à cette occasion que Rose et Aurélien lui ont proposé de s’associer. Installé à Blois, dans le Loir-et-Cher, il était particulièrement attaché au maintien du site à Romorantin, qu’il connaissait depuis de nombreuses années. »

Mr Mondialisation : Vous avez fait entrer des salariés au capital de l’entreprise. Est-ce, selon vous, la seule manière d’empêcher que des dirigeants éloignés décident du sort des ouvrières ?

Velecta : « C’était en tout cas la seule solution pour sauver les emplois, puisqu’aucune autre offre de reprise n’existait. Ce choix permettait également de préserver le savoir-faire et d’en assurer la transmission aux générations futures pour éviter toute délocalisation supplémentaire, dans un contexte où clairement, nous n’en avons pas besoin. Le local offre de belles perspectives et il faut miser là-dessus pour préserver notre indépendance et notre autonomie industrielle. »

Avec toutes autorisations – Velecta

Mr Mondialisation : Aujourd’hui, presque tous les sèche-cheveux viennent de Chine. Pourquoi vous obstiner à fabriquer en France alors que c’est plus difficile ?

Velecta : « C’est avant tout un choix de convictions personnelles, disons d’éthiques. Déjà, la marque est reconnue en France par les professionnels de la coiffure et c’est dommage de perdre cette expertise et cette reconnaissance, et aussi cette clientèle finalement, qui compte sur nous.

« C’est avant tout un choix de convictions personnelles, disons d’éthiques. »

Par ailleurs, de plus en plus de personnes veulent acheter des produits fabriqués localement, en circuit court. Ces produits offrent généralement des conditions de travail décentes pour les salariés, ce qui est plus rarement le cas dans des pays comme l’Inde, la Chine ou le Pakistan, pour ne citer qu’eux. Le savoir-faire, quant à lui, est ancré à Romorantin, gardons-le bien au chaud. »

Mr Mondialisation : Si vous étiez partis, Romorantin aurait perdu un savoir-faire historique. Votre installation est-elle un acte de résistance face à l’abandon des petites villes ?

Velecta : « Lors d’une reprise, il est essentiel de rester là où se trouve le savoir-faire. Tout était finalement déjà en place. Le savoir-faire est entre les mains de nos salariées. Ce sont les Romorantines qui font la richesse de Velecta.

Dans un territoire en difficultés économiques comme celui-ci, maintenir l’emploi local est clairement un acte de résistance face à la polarisation économique des grandes-villes. Pourquoi ce besoin de centralisation excessive ? »

Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher). Source : wikicommons

Mr Mondialisation : Vous annoncez des appareils qui peuvent durer jusqu’à 27 ans. Est-ce votre manière de dire “stop” à une société qui pousse à jeter pour racheter en permanence ?

Velecta : « En fait, nous avons un savoir-faire assez ancien. Avant, les produits électro-ménagers duraient longtemps, et étaient généralement de bien meilleure qualité. Aujourd’hui, l’heure est au tout jetable. On a voulu revenir aux produits solides, tout simplement.

« Les produits sont garantis 2 ans et réparables pendant 10 ans, mais l’expérience montre qu’ils peuvent durer bien plus longtemps. »

Cette approche s’oppose à la logique d’obsolescence programmée, qui va à l’encontre des valeurs de Velecta. Qui plus est, nos produits sont destinés à un usage professionnel, et ces salons de coiffures nous font confiance. »

Mr Mondialisation : Dans vos ateliers, vous réparez tout, même après la garantie. Cherchez-vous à démontrer qu’un objet ne devrait jamais devenir un déchet ?

Velecta : « L’objectif est de créer un cercle vertueux dès la conception des produits et de revenir au réparable. Le recyclage est intégré au processus de fabrication, notamment grâce à l’utilisation de matériaux mono-matière facilitant leur traitement. C’est une donnée capitale à laquelle peu de personnes pensent. Tout produit qui fonctionne en alliage n’est généralement pas recyclable.

De plus, les emballages sont éco-conçus pour limiter les déchets, et les nouveaux modèles intègrent des plastiques recyclés. »

Mr Mondialisation : Vous travaillez avec des partenaires locaux comme Orcaplast. Est-ce, selon vous, la seule manière de produire sans alourdir l’impact environnemental lié aux transports ?

Velecta : « Nous avons fait des choix pour la durabillité, la réparabilité et la fabrication locale : le choix de fournisseurs situés à moins de trois heures de l’entreprise permet de réduire significativement les émissions de CO₂ et l’empreinte carbone.

Cet engagement constitue également un argument fort pour une partie de la clientèle. Cela change complètement la donne des produits, dont la matière première vient de tel pays, la conception faite ailleurs, l’assemblage dans un autre endroit… Au final le produit fait le tour du monde pour ne plus fonctionner dans les deux ans qui suivent. »

Mr Mondialisation : Dans votre usine, chaque employ(é)e sait fabriquer un produit du début à la fin. Est-ce une façon de redonner de la fierté et de la liberté au travail manuel ?

Velecta : « Velecta fonctionne comme une entreprise familiale. Les 17 salarié(es) se sont mobilisé(es) ensemble et forment un collectif soudé. Les conditions de travail sont pensées pour être vivable, sans travail à la chaîne, avec une attention particulière portée à l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Le savoir-faire manuel de chacun est valorisé au quotidien. »

Mr Mondialisation : Vos recherches visent notamment à éviter les douleurs physiques chez les coiffeurs. La santé humaine compte-t-elle désormais davantage que la vitesse de production ?

Velecta : « La réduction des troubles musculo-squelettiques est au cœur de la conception des produits. L’objectif est de ne pas nuire à la santé des coiffeurs comme des utilisateurs. Cette attention s’applique également en interne, avec une organisation du travail sans chaîne de production et une vigilance portée au bien-être des salariés. »

Mr Mondialisation : Avec votre nouveau modèle, l’Iconic TGR 1.7, quel message souhaitez-vous adresser à ceux qui affirment qu’on ne peut plus rien fabriquer en France ?

Velecta : « L’entreprise se veut la preuve que la fabrication française a toujours un avenir. Ce modèle, présent sur le marché depuis plus de dix ans en France comme à l’international, continue de séduire. Il démontre qu’il est possible de produire en France, dans de bonnes conditions de travail, tout en valorisant un savoir-faire reconnu. »

Mr Mondialisation : Certains estiment que fabriquer des sèche-cheveux en France est un combat perdu d’avance, voire réservé à une clientèle aisée. Que répondez-vous à ceux qui pensent que l’écologie et le made in France sont incompatibles avec les budgets des classes populaires ?

Velecta : « Les produits Velecta ne se positionnent pas sur le segment du luxe et restent moins chers que certaines grandes marques, comme Dyson, dont les prix peuvent atteindre 400 euros pour une fabrication à l’étranger.

Avec une gamme située entre 120 et 250 euros et une durée de vie plus longue, le rapport qualité-prix s’inscrit dans le temps et dans la réparabilité. Cette approche repose sur un mode de consommation durable, éloigné du jetable. Pour les budgets plus modestes, il s’agit d’un investissement transmissible : certains clients utilisent encore des appareils achetés par la génération précédente. »

– Propos recueillis par Mauricette Baelen


Photo de couverture : Velecta

The post Velecta : sauver l’usine et les sèche-cheveux français first appeared on Mr Mondialisation.
PDF

14.04.2026 à 06:00

« La Terre de mon grand-père » : l’amour des arbres et de la vie

Mr Mondialisation

En 2016, Martin Esposito sortait le touchant documentaire « Le Potager de mon grand-père » où le petit-fils y avait redonné vie au potager de son aïeul grâce aux gestes et aux connaissances que celui-ci lui transmettait. C’est désormais un défi bien plus ambitieux que Papi lui réserve : planter une colline entière d’arbres. Un […]

The post « La Terre de mon grand-père » : l’amour des arbres et de la vie first appeared on Mr Mondialisation.
Texte intégral (1660 mots)

En 2016, Martin Esposito sortait le touchant documentaire « Le Potager de mon grand-père » où le petit-fils y avait redonné vie au potager de son aïeul grâce aux gestes et aux connaissances que celui-ci lui transmettait. C’est désormais un défi bien plus ambitieux que Papi lui réserve : planter une colline entière d’arbres. Un héritage d’une vie, la transmission d’un rêve, d’un savoir, irrigués d’une tendre affection filiale.

[Temps de lecture estimé : ~ 3 min]

Dix années ont passé depuis « Le Potager de mon grand-père » et Martin est resté proche de son grand-père, à Caussols, dans les Alpes-Maritimes, ainsi qu’il nous le confie : « Nous ne nous sommes jamais quittés après « Le Potager de mon grand-père » mais certains sont partis en chemin dans cette aventure. J’ai juste continué à filmer, à le suivre. »

Un retour à la terre, dix ans après

Si pour le spectateur « La Terre de mon grand-père » fait office de retrouvailles, pour Martin et son grand-père, la vie a suivi son cours, les saisons ont passé, une à une, à leur rythme. Aujourd’hui, Papi a un rêve qu’il confie à Martin : il va lui léguer des hectares de terrain sur une colline pour la planter entièrement d’arbres. « Tu as l’air un peu angoissé, t’es livide ! » s’exclame Papi alors que Martin reste muet sous le choc de la révélation. Et à la place de Martin, n’importe qui aurait très certainement fait la même tête !

Cette colline, Papi la voit recouverte d’une forêt. Et c’est cette espérance qu’il transmet à Martin. Ensemble, ils vont planter, une à une, les graines de la vie, sur plusieurs générations. Une métaphore symbolique pour Martin : « La métaphore de la colline, d’une certaine façon, est le chemin vers le sommet. Et quand mon grand-père parle de recouvrir cette colline, c’est de ramener à nouveau la vie symboliquement.

Le berger est simplement un homme qui passe. Mais l’arbre lui s’enracine, il s’ancre à travers le sol, des pierres, il survit et donne la vie. Il accueille les oiseaux et toutes sortes d’animaux, il nous fait respirer. L’arbre va grandir pour donner, comme un père, des repères et je pense qu’aujourd’hui nous en avons besoin, moi le premier. »

Habiter la terre sans la posséder

Et cette vie, Martin n’imagine pas se l’approprier, quand bien même les terres sur lesquelles elle va naître lui appartiennent légalement :  « On vous donne une terre, mais c’est la terre qui vous accepte ou pas. C’est un patrimoine national. Si même sur le papier ce sont mes terres, fondamentalement, je n’en suis que le gardien. Ces terres sont le repaire de beaucoup de monde et j’en suis fier, car finalement rien ne nous appartient vraiment. »

2026 © Mother and Sun Distribution

Alors Martin et son grand-père vont planter des arbres, pour un dessein qui ira bien au-delà de leurs propres vies et une simple satisfaction personnelle. Pour mener cette tâche à bien, Papi a aussi acheté un mobile-home. Ainsi, ils seront au plus près de la colline. De cette période de plantation, Martin nous confie qu’elle « ne s’est pas organisée, elle a juste suivi son cours, les saisons, la vie. » 

Apprendre, planter, recommencer

Le premier arbre que Papi lui fait planter sera un châtaignier. D’autres essences (pommier, poirier, noyer), qu’ils choisiront ensemble, s’enracineront dans cette terre. Martin a d’ailleurs du mal à les reconnaître quand Papi lui demande de les identifier. « Ça fait rien, on apprend. Tu crois que moi j’ai appris comme ça ? Mon grand-père m’a montré 30 000 fois les choses. »

Le savoir de Papi hérité de son propre grand-père se transmet au petit-fils : « Pierre par pierre, arbre par arbre, tout viendra petit à petit. » 

2026 © Mother and Sun Distribution

Les arbres revêtent une signification particulière pour Martin : « Depuis mon plus jeune âge, les arbres ont toujours fait partie de ma vie. Mais d’une manière naïve j’ai voulu partager ce retour essentiel et cette redécouverte à travers ce que je filme. » Caméra à l’épaule, Martin immerge le spectateur au cœur de son aventure et surtout de ses émotions.

L’amour comme fil invisible

On ne peut que ressentir toute l’affection profonde que se portent le petit-fils et son grand-père. C’est avec la même délicatesse que Martin filme l’idylle naissante – et qu’il a un peu poussée ! – entre Papi et sa voisine Marie. Sur la colline, les saisons défilent, Martin transporte de l’eau, plante les arbres, l’amour s’épanouit entre Papi et Marie.

Alors que la caméra dévoile ces moments intimistes, on se demande ce que Papi pense de devenir le héros du documentaire de son petit-fils. Est-ce que cela a un impact sur sa vie ? « Non cela ne change rien à sa vie car pour lui les héros ce sont les inconnus. » nous répond Martin. « Pour moi, les vrais héros sont dans la vraie vie. C’est pour cela que la réalité dépasse la fiction et parfois elle est plus magique dans ce monde qui change. 

Dans un monde qui vacille, ce qui reste

Un monde qui change, sans doute et pas toujours comme on le souhaiterait. Mais la nature et les liens qui unissent les individus demeurent, de génération en génération, à condition de les cultiver. Et l’amour est le plus puissant des engrais. Le film de Martin en est un vibrant témoignage.

Le dernier mot appartient à Papi, à travers la bouche de Martin : « « J’ai, après tout ce temps, compris que je suis un peu comme un arbre et que l’on peut s’appuyer contre moi pour ne pas tomber »… Voilà ce que mon grand-père m’a dit. Il y a quelques jours mon grand-père m’a aussi dit : « Maintenant que tu as compris certaines choses, alors en 2027, tu comprendras … », je lui ai dit « comprendre quoi ? ». Il m’a souri… »

Il faudra attendre quelques mois pour découvrir les 2 volets suivants de « La terre de mon grand-père » et comprendre à notre tour…

La Terre de mon grand-père (Partie 1 : L’Héritage) de Martin Esposito est distribué par Mother & Sun, au cinéma ce 22 avril.

Merci à Martin Esposito d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.

– S. Barret


Photo de couverture : 2026 © Mother and Sun Distribution

The post « La Terre de mon grand-père » : l’amour des arbres et de la vie first appeared on Mr Mondialisation.
PDF

13.04.2026 à 08:00

Flambée des prix des carburants : quelles solutions ?

Simon Verdiere

Faire le plein est devenu un luxe pour des millions de Français. Depuis le début de la guerre en Iran, déclenchée par les États-Unis et Israël, les prix du carburant ont atteint des niveaux inédits. Face à cette situation, les réponses de l’État restent largement insuffisantes et mettent en lumière une dépendance structurelle aux énergies […]

The post Flambée des prix des carburants : quelles solutions ? first appeared on Mr Mondialisation.
Texte intégral (2352 mots)

Faire le plein est devenu un luxe pour des millions de Français. Depuis le début de la guerre en Iran, déclenchée par les États-Unis et Israël, les prix du carburant ont atteint des niveaux inédits. Face à cette situation, les réponses de l’État restent largement insuffisantes et mettent en lumière une dépendance structurelle aux énergies fossiles.

[Temps de lecture estimé : ~ 5 min]

Les prix à la pompe ont déjà battu tous les records de l’Histoire française. Un contexte qui n’est pas sans rappeler celui connu en 2022 lors des débuts de l’invasion en Ukraine. Et comme il y a quatre ans, cette situation interroge sur les moyens de protéger la population. Tour d’horizon des solutions possibles.

Spéculation et impérialisme au cœur du débat

Les causes de l’augmentation des prix du carburant découlent bien souvent de visées impérialistes de géants, comme la Russie ou les États-Unis, ainsi que chacun a pu l’observer avec les guerres à l’origine des crises pétrolières les plus récentes.

Mais c’est bien le fonctionnement du système capitaliste et de la mondialisation qui entraîne ces hausses, via les marchés financiers et la spéculation. De facto, ce phénomène n’a rien à voir avec une raréfaction du produit, puisqu’aucune pénurie n’a été constatée. Il existe en effet des réserves colossales sont loin d’être épuisées depuis le début du conflit en Iran.

Une mécanique de superprofits

Néanmoins, plusieurs stations ont pu se retrouver à sec à cause d’effets d’aubaine organisés par des entreprises comme TotalEnergies. Cette dernière a en effet vendu du carburant à prix bloqué pendant quelque temps, mais il s’agissait de stock antérieur acheté massivement avant cette augmentation.

En fin de compte, y compris à ce prix, le géant français réalisait donc toujours d’immenses bénéfices. En mars, il a, par exemple, engrangé pas moins d’un milliard de dollars de profits, d’autant que les marges de ces mêmes compagnies ne cessent de progresser depuis plusieurs années. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les grandes compagnies pétrolières effectuent, en outre, en moyenne 81,4 millions d’euros de gains par jour, selon Greenpeace.

Des conséquences dramatiques pour la population

Et à l’autre bout de cette chaîne, c’est à nouveau la population qui en paie le prix. Comme l’a d’ailleurs démontré le député Hadrien Clouet, cette augmentation est si élevée que le coût moyen des trajets professionnels d’un travailleur au SMIC revient à effacer deux ans de hausse du salaire minimum.

Pour les ménages ruraux, les augmentations sont même bien plus corsées, puisque ceux-ci n’ont pas la possibilité d’emprunter davantage les transports en commun. Le surcoût peut alors grimper jusqu’à 120 € par mois.

Pour les plus pauvres, les conséquences peuvent être terribles, dans tous les domaines, d’autant plus que ces hausses risquent de se répercuter sur l’ensemble de l’économie, à commencer par le secteur de l’énergie. Pour les professionnels, dépendant d’un véhicule, la facture est tout aussi salée. Certaines infirmières libérales ne peuvent d’ailleurs plus se déplacer et des patients se retrouvent en défaut de soin.

Un problème de taxes ?

Pour une part du spectre politique, notamment le Rassemblement National, la solution à cette crise serait tout simplement de baisser les taxes sur les carburants. Le parti d’extrême droite propose même de réduire le taux de TVA sur tout le secteur de l’énergie à 5,5 %.

En plus d’être illégale du point de vue du droit européen, cette mesure engendrerait surtout un trou colossal pour les caisses de l’État estimé entre 12 et 17 milliards d’euros par an. Si l’on se fie au coût moyen de la rénovation thermique d’un logement établi d’après un rapport du Sénat, cette somme pourrait servir à financer les travaux de pas moins de 400 000 passoires thermiques chaque année.

Une fausse bonne idée

Un rapide calcul démontre que ces fonds pourraient servir à la rénovation de l’intégralité des logements concernés (environ 4,8 millions), en douze ans. Or, d’après une étude, à peine un tiers de ces réhabilitations permettrait une économie sociale et sanitaire de l’ordre de 9,6 milliards par an.

Bien investi, l’argent issu de ces taxes engendrerait donc une épargne substantielle pour les Français, d’autant plus qu’une habitation correctement isolée coûte trois fois moins cher à chauffer qu’une passoire thermique dans des conditions similaires. Et même en dehors du secteur de l’énergie, ces 15 milliards représenteraient des dizaines de milliers de postes d’enseignants ou de soignants dans une conjoncture où les Français en ont grandement besoin.

PS et Écologistes dans la roue du gouvernement

Du côté du camp présidentiel, on a plutôt préconisé la mise en place d’aides ponctuelles en direction de secteurs très restreints, ne représentant que 70 millions d’euros. Un dispositif qui est cependant loin de répondre à la détresse de toutes les personnes touchées de plein fouet par cette crise.

Du côté du PS, la mue libérale se poursuit, puisque le mouvement d’Olivier Faure s’est contenté de réclamer des chèques énergie pour les plus précaires. Sans grande surprise, la patronne des écologistes, Marine Tondelier, lui a emboîté le pas, prônant des subventions ciblées pour les moins aisés.

Les deux partis renient ainsi le programme du Nouveau Front Populaire qu’ils avaient pourtant signé deux ans auparavant et qui portait le blocage des prix comme première mesure. Pire, Marine Tondelier est allée jusqu’à dire qu’elle s’opposait à ce dispositif parce qu’il allait « coûter de l’argent à l’État », oubliant, ou feignant d’oublier qu’il serait entièrement à la charge des pétroliers.

Le blocage des prix plus efficace ?

Le blocage des prix, outil phare du projet de la France Insoumise, reprise par le NFP, est, en effet, revenu sur le devant de la scène. Le parti de Jean-Luc Mélenchon propose ainsi de plafonner le prix et d’encadrer les marges des distributeurs. De cette manière, le tarif du carburant pourrait être maintenu proche de son montant d’avant-crise. Une solution déjà utilisée par le passé en 1990 lors de la guerre du Golfe.

Dans ce scénario, l’État éviterait un coût budgétaire direct, en faisant porter le coût de cette spéculation sur les grandes entreprises, ce qui paraît logique tant leurs profits se sont avérés considérables dans un contexte de restrictions généralisées.

Se projeter sur le long terme

Dans tous les cas, toutes ces mesures ne représenteraient que des solutions d’urgence pour répondre à une crise prévisible qui n’a malheureusement une nouvelle fois pas été anticipée. Elle symbolise d’ailleurs à la perfection la dépendance de cette époque aux énergies fossiles.

Ainsi, c’est d’abord le secteur de la mobilité qui peut être remis en cause tant il tourne intégralement autour de la voiture. Dans ce cadre, l’inégalité entre les zones urbaines, où il existe des alternatives, et les territoires ruraux est assez criante.

Vers une électrification massive ?

En effet, en plus d’être plus polluantes, les ressources fossiles ne sont pas présentes sur le sol français, ce qui pose un clair problème de souveraineté, comme le démontre cette guerre en Iran. Dans les faits, si les approvisionnements en pétrole vers la France cessaient, le pays pourrait se retrouver très rapidement à genoux.

À ce titre, la question de l’électrification du réseau automobile entre sans aucun doute dans le débat public. Même si, d’un point de vue environnemental, cette solution est loin de représenter un miracle, elle aurait le mérite de s’appuyer sur une énergie facile à produire sur place.

Repenser notre mode de vie

Pour ce faire, il faudrait cependant développer massivement les énergies renouvelables, et surtout tendre vers plus de sobriété dans tous les domaines : transports, logement, industrie, mobilité, etc. Comme le montre le paradoxe de Jevons, les gains d’efficacité énergétique peuvent conduire à une hausse globale des consommations, en s’ajoutant aux usages existants plutôt qu’en les remplaçant. Dans ce cadre, pour arracher tous ces secteurs à la volonté des marchés financiers, il deviendrait nécessaire de recréer de grands pôles publics de l’énergie.

Dès lors, la nationalisation de société comme TotalEnergies pourrait prendre tout son sens. Dans la même veine, ce genre de mesure devrait s’accompagner d’un véritable contrôle sur les entreprises de transports en commun, d’électricité ou de gaz. Et ce, afin d’offrir des alternatives concrètes au « tout voiture », aux déplacements inutiles et aux consommations évitables. Une planification de long terme qui sort de la logique de profit, au bénéfice de toutes et tous.

– Simon Verdière


Source photo de couverture : station essence / Louis Concorde sur Flickr

The post Flambée des prix des carburants : quelles solutions ? first appeared on Mr Mondialisation.
PDF

12.04.2026 à 06:00

Deepfakes, chats et fourrure : les 10 bonnes nouvelles

Mauricette Baelen

Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer cette semaine. 1. Le Parlement européen approuve l’interdiction des deepfakes sexuels par IA Les eurodéputés ont voté à une large majorité l’interdiction des outils d’IA permettant de créer des images sexuelles ou de “nudifier” une personne […]

The post Deepfakes, chats et fourrure : les 10 bonnes nouvelles first appeared on Mr Mondialisation.
Texte intégral (922 mots)

Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer cette semaine.

1. Le Parlement européen approuve l’interdiction des deepfakes sexuels par IA

Les eurodéputés ont voté à une large majorité l’interdiction des outils d’IA permettant de créer des images sexuelles ou de “nudifier une personne identifiable sans son consentement. Le texte, qui vise notamment les usages liés à Grok sur X, doit désormais être négocié avec le Conseil de l’UE. (Toute l’Europe)

2. L’université de Strasbourg instaure un congé menstruel

Dès la rentrée 2026, les étudiantes souffrant de règles douloureuses pourront s’absenter sans pénalité avec certificat médical, avant la mise en place prévue en 2027 de dix jours de congé menstruel annuels sans justificatif. (France Info)

3. La Suède impose un suivi quotidien renforcé pour le bien-être des chats

La Suède oblige les propriétaires à vérifier l’état de leur chat au moins deux fois par jour et à lui assurer un contact social régulier, afin de prévenir stress, isolement et négligence. Cette réglementation, assortie de sanctions, fait du bien-être félin une obligation légale et relance le débat européen sur la protection animale. (Le Fonds Saint-Bernard)

4. La Fashion Week d’Islande bannit la fourrure après des révélations sur des élevages de visons

La Fashion Week de Reykjavik adopte une politique sans fourrure après la diffusion d’images d’infiltration montrant blessures, cadavres et graves souffrances dans des élevages de visons islandais. Cette décision aligne l’événement sur d’autres grandes capitales de la mode et relance la pression pour une interdiction nationale de l’élevage à fourrure. (Humane World for Animals)

5. Une pétition européenne veut inscrire le droit à l’alimentation dans la loi

Près de 300 organisations ont lancé une initiative citoyenne européenne pour faire reconnaître le droit à une alimentation saine et durable, avec l’objectif d’imposer des indicateurs de suivi et une meilleure protection des agriculteurs comme des consommateurs face aux déséquilibres du système alimentaire. (La Relève et la Peste)

6. Au Brésil, Lula fait reculer la faim

Le Brésil a fortement réduit l’insécurité alimentaire grâce au retour des aides sociales, des cantines scolaires, des achats publics auprès de l’agriculture familiale et de plans alimentaires locaux, relancés depuis le retour de Lula au pouvoir. (La Relève et la Peste)

7. Les États-Unis investissent 150 millions dans la recherche sans animaux

Le NIH a annoncé un investissement record de 150 millions de dollars pour développer des méthodes de recherche biomédicale sans expérimentation animale, comme les organes sur puce, les tissus 3D et les simulations par IA. (Humane World Blog)

8. Protéger 30 % du Canada avec des parcs et aires marines

Le premier ministre canadien Mark Carney a présenté un plan de 3,8 milliards de dollars pour créer de nouveaux parcs et aires marines afin de protéger 30 % du territoire d’ici 2030, avec l’appui attendu du secteur privé.(Radio-Canada)

9. En Belgique, 140 mares vont être recréées pour restaurer les zones humides

Le parc national de l’Entre-Sambre-et-Meuse va creuser 140 mares d’ici fin 2026 pour reconstituer un réseau de zones humides essentiel à 40 % de la biodiversité, en forêt comme dans les paysages agricoles. Ce projet vise notamment à soutenir amphibiens, chauves-souris et espèces emblématiques comme la cigogne noire. (RTBF)

10. En Centrafrique, un centre local ouvre un accès inédit à la justice pour les Ba’aka

À Bayanga, près du complexe protégé de Dzanga-Sangha, un centre des droits humains a traité 880 dossiers depuis 2022 et aide les populations autochtones Ba’aka à accéder à la justice, aux papiers d’identité et à la vie publique. Ce dispositif local, né dans un contexte de tensions entre conservation et droits autochtones, s’impose comme un outil de médiation et de paix sociale. (Mongabay)

* Image de couverture : Unsplash

– Mauricette Baelen

The post Deepfakes, chats et fourrure : les 10 bonnes nouvelles first appeared on Mr Mondialisation.
PDF

11.04.2026 à 06:00

Gaza, flotille et Bagayoko : les 10 actus de la semaine

Mauricette Baelen

Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 infos à ne surtout pas manquer cette semaine. 1. Silence médiatique autour d’accusations de torture à Gaza Une chronique d’Arrêt sur images relaie le témoignage d’une famille gazaouie accusant l’armée israélienne d’avoir détenu et torturé un enfant de 2 ans, tout en pointant […]

The post Gaza, flotille et Bagayoko : les 10 actus de la semaine first appeared on Mr Mondialisation.
Texte intégral (1045 mots)

Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 infos à ne surtout pas manquer cette semaine.

1. Silence médiatique autour d’accusations de torture à Gaza

Une chronique d’Arrêt sur images relaie le témoignage d’une famille gazaouie accusant l’armée israélienne d’avoir détenu et torturé un enfant de 2 ans, tout en pointant l’absence de reprise de cette affaire par les grands médias français. Le texte interroge ainsi les mécanismes d’invisibilisation médiatique du conflit. (Arrêt sur images)

2. Flottille pour Gaza depuis Marseille

Une vingtaine de voiliers ont quitté l’Estaque à Marseille avec à leur bord des militants pro-palestiniens déterminés à rejoindre Gaza pour tenter de briser le blocus israélien et acheminer des vivres. L’opération, préparée depuis plusieurs semaines, se veut à la fois humanitaire et symbolique. (Marsactu)

3. Des milliers de personnes soutiennent Bally Bagayoko face aux attaques racistes

Des milliers de personnes se sont rassemblées à Saint-Denis en soutien au maire Bally Bagayoko après des propos racistes visant son élection, tandis que l’édile a porté plainte et dénoncé le silence de l’exécutif. Plusieurs figures de gauche ont participé à ce rassemblement contre le racisme et l’extrême droite. (La Relève et la Peste)

4.Trêve sous tension : l’Iran menace après les frappes israéliennes au Liban

Malgré le cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, Israël poursuit ses frappes au Liban, exclu de l’accord selon les États-Unis et Israël. Téhéran menace de riposter, tandis que plus de 250 morts en une journée au Liban fragilisent déjà la trêve.(Reuters)

5. Un gendarme de la Garde républicaine porte plainte après une lettre raciste

Le parquet de Paris a ouvert une enquête après la plainte d’un gendarme de la Garde républicaine, qui dénonce six années de discriminations et la réception d’une lettre anonyme raciste dans sa caserne parisienne. L’affaire relance les soupçons de racisme au sein de cette unité d’élite. (Mediapart)

6. En Antarctique, un navire de Paul Watson heurte un chalutier de pêche au krill

Le navire Bandero, lié à Paul Watson et Sea Shepherd France, est entré en collision avec un chalutier norvégien pêchant le krill en Antarctique lors d’une action contre cette industrie jugée destructrice pour l’écosystème. Aucun blessé n’est signalé, malgré de vives accusations croisées entre militants écologistes et armateur. (Reporterre)

7. L’Ordre des médecins épinglé pour dépenses contestées et graves défaillances

Un rapport provisoire de l’Inspection générale des finances dénonce des dépenses immobilières jugées injustifiées et des manquements dans le contrôle de médecins signalés comme dangereux, notamment à Grenoble. Plusieurs familles accusent l’Ordre d’avoir protégé un chirurgien mis en cause au détriment des patients. (franceinfo)

8. Des propriétaires contournent l’encadrement des loyers avec de faux baux de résidence secondaire

Dans plusieurs grandes villes, des bailleurs imposent illégalement des baux « code civil » réservés aux résidences secondaires pour échapper au plafonnement des loyers et réduire les droits des locataires. Cette pratique, facilitée par certaines plateformes, expose les occupants à des loyers excessifs, sans APL ni protections classiques. (StreetPress)

9. Après la trêve, l’Iran affiche sa résilience malgré des pertes massives

Malgré des destructions militaires, civiles et la mort de plusieurs hauts responsables, l’Iran revendique une « grande victoire » après le cessez-le-feu avec Washington et aborde les négociations en position de résistance, notamment sur Ormuz et le nucléaire. Le régime, affaibli mais toujours solide, mise sur sa capacité de nuisance régionale et la cohésion de son appareil sécuritaire. (franceinfo)

10. Giorgia Meloni fragilisée par ses contradictions au pouvoir

Après trois ans et demi au pouvoir, la popularité de Giorgia Meloni recule sur fond de scandales, d’échec relatif de sa politique migratoire et de tensions autour des libertés culturelles, des droits des femmes et des minorités. Son gouvernement apparaît davantage marqué par une continuité économique libérale et des offensives symboliques que par la rupture promise. (Politis)

* Visuel de couverture : Instagram de Bally Bagayoko

– Mauricette Baelen

The post Gaza, flotille et Bagayoko : les 10 actus de la semaine first appeared on Mr Mondialisation.
PDF
6 / 10
 Persos A à L
Carmine
Mona CHOLLET
Anna COLIN-LEBEDEV
Julien DEVAUREIX
Cory DOCTOROW
Lionel DRICOT (PLOUM)
EDUC.POP.FR
Marc ENDEWELD
Michel GOYA
Hubert GUILLAUD
Gérard FILOCHE
Alain GRANDJEAN
Hacking-Social
Samuel HAYAT
Dana HILLIOT
François HOUSTE
Tagrawla INEQQIQI
Infiltrés (les)
Clément JEANNEAU
Paul JORION
Christophe LEBOUCHER
Michel LEPESANT
 
 Persos M à Z
Henri MALER
Christophe MASUTTI
Jean-Luc MÉLENCHON
MONDE DIPLO (Blogs persos)
Richard MONVOISIN
Corinne MOREL-DARLEUX
Timothée PARRIQUE
Thomas PIKETTY
VisionsCarto
Yannis YOULOUNTAS
Michaël ZEMMOUR
LePartisan.info
 
  Numérique
Blog Binaire
Christophe DESCHAMPS
Dans les Algorithmes
Louis DERRAC
Olivier ERTZSCHEID
Olivier EZRATY
Framablog
Fake Tech (C. LEBOUCHER)
Romain LECLAIRE
Tristan NITOT
Francis PISANI
Irénée RÉGNAULD
Nicolas VIVANT
 
  Collectifs
Arguments
Blogs Mediapart
Bondy Blog
Dérivation
Économistes Atterrés
Dissidences
Mr Mondialisation
Palim Psao
Paris-Luttes.info
ROJAVA Info
 
  Créatifs / Art / Fiction
Nicole ESTEROLLE
Julien HERVIEUX
Alessandro PIGNOCCHI
Laura VAZQUEZ
XKCD
🌓