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05.10.2026 à 11:43

Métaphysique de la GenZ

dev

« Farmez l'aura, honorez le snap français, augmentez le Wanted level »

- 5 octobre / , ,
Texte intégral (3432 mots)

Quelqu'un a dit récemment que les blocus sont l'acte de naissance de la GenZ, nos états généraux à nous, notre prise de la Bastille. Ritchy Thibault a dit de brûler l'Élysée. Ce serait dommage de se contenter de brûler les lycées.

Automne

Nous sommes à l'orée du danger. Cet automne va être quelque chose. Mais pour qui ? Il commence avec le plus haut taux d'interpellation pour une journée de mobilisation depuis le mouvement dix-septembriste de 2025. Sauf que cette fois, ce ne sont pas de simples gauchistes qui se retrouvent, comme à leur habitude, en GAV. Ce sont des centaines de mineurs. Et par « mineur », je veux dire des enfants de quatorze à dix-neuf ans. Soit : la GenZ française – qui coïncide avec la génération du Lycée. Certes, une vague de violence s'est abattue d'une manière absolument immonde sur la jeunesse. En trois jours de blocage, on a compté deux enfants défigurés. Un adolescent dont on a détruit la mâchoire. Un autre à qui l'on a arraché un œil. Des dizaines de témoins rapportent des tabassages en garde-à-vue. On a vu une jeune fille blonde étranglée devant son lycée, par un policier chauve aux avant-bras plus larges qu'elle. La zone d'intensité du danger social a cru brutalement. À partir du moment où l'on dégomme tout le monde, jusqu'aux enfants – on voit mal où la brutalisation étatique peut s'arrêter. Plus personne n'échappe par statut à l'écrasement. Les Gilets Jaunes ont fait entrer les classes populaires blanches sous un feu qu'elles ignoraient ou ne croyaient réservé qu'aux indigènes. Aujourd'hui, comme en 2005 et en 2006, d'une toute autre manière, ce sont les enfants et les adolescents qui franchissent le seuil de l'antagonisme sanglant. Il paraît qu'un gouvernement qui a la jeunesse contre soi ne fait pas long feu. Ce gouvernement a contre lui, l'univers entier. Les Facultés font leur rentrée – il se peut que leurs premiers jours de cours magistraux se fassent dans la rue. Mais chose étonnante : les lycéens résistent cent fois mieux que les vieux de la vieille. Toute répression engendre sa réplique. À Belfort, un flic tente de noyer un insurgé. Le flic est éclaté. Ailleurs, on course des élèves mille fois plus rapides que les petites meutes de baqueux sans brassard. Tu me casses, tu me salis : je t'explose – tel est le nouveau pro aris et focis de la modération. Tu en traumatises un, y en a cent qui te tombent dessus. Un mouvement engendre son contre-mouvement et décide de la surenchère. C'est la loi de la réciprocité. La montée aux extrêmes. Et pour la première fois depuis longtemps : nous sommes partout plus forts, plus nombreux, plus justes, et plus marrants. Sous l'action de la GenZ les profs se métamorphosent – d'abord pleureuses dépressives, on en voit de plus en plus prendre leur courage à deux mains et sortir dans la rue, se mettre en grève et songer à tout foutre en l'air. C'est le moment de cesser d'être fonctionnaire ; c'est-à-dire, l'esclave de sa propre passivité. Amis collègues et professeurs, lâchez-vous – soyez irresponsables. À chaque offensive, il faut répondre par une défense qui se change en offensive. Il est temps de s'inspirer de l'insolence de vos élèves : maintenant, on réplique. L'image du prof qui pleure ses élèves est devenue risible. Si les profs et les parents ne sont pas morts : qu'ils aillent eux aussi dans la rue. Non pas pour contrôler et atténuer « la violence », mais pour se venger. Montez la température d'un degré.

Alors, puisque nous sommes à l'orée du danger – puisque l'orage éclate après trois mois de sécheresse absolue – il nous faut, à nous qui ne pouvons plus rien supporter, à nous qui sommes trop sensibles pour faire la paix, il nous faut une pensée qui déferle sur les terres fendues du danger.

Il n'y a que des alternatives

On dit – par paresse – que la séquence électorale met en suspension toute action véritable – toute politique un peu effective. C'est faux. Les lycéens le disent eux-mêmes : plus l'élection approche, plus il faut mettre en responsabilité les candidats, soit leur dire leurs quatre vérités – dans la rue et en pleine face. L'idée de la suspension électorale est un préjugé qui repose sur une confusion. La séquence électorale ne peut être une suspension de la politique qu'à condition d'être un divertissement non politique. L'élection suspend la politique quand elle n'a pas elle-même de contenu politique – qu'elle est un jeu de plateau télé venu d'en haut. Or cette séquence électorale-là, celle de 2027, est politique : ce ne sont pas les institutions qui organisent l'élection, c'est nous. Nous décrétons le calendrier électoral par le calendrier de nos insurrections, de même que le calendrier médiatique : 29 septembre, 30 septembre, 1 octobre, 2 octobre, 6 octobre, 17 octobre.

Pour la première fois, des pulsions recluses et informulées à qui l'on barrait l'expression peuvent prétendre à une énonciation limpide – et même, à un programme. Pour le dire en un mot : pour la première fois, il n'y plus d'alternance, il n'y a que des alternatives. Non que l'on nous les propose. Mais parce qu'on leur impose. Ce n'est pas LFI qui est radicale – elle ne l'est pas, ce sont de très bons opportunistes, parce que malgré la surdité de leur chef, ils ont des oreilles et entendent. C'est nous qui sommes radicaux dans la réalité. Il ne s'agit plus de maintenir le statu quo – l'état de fait qui est l'état du droit. C'est nous qui décidons de l'état de fait, de l'état d'exception, de l'état de la demande, et de l'état de l'offre. C'est nous qui faisons notre marché.

Cette séquence électorale ne va pas suspendre l'insurrection, la révolte, le déchaînement irrationnel de l'action mal proportionnée à ses intérêts bien compris – elle va, au contraire, lui donner toute latitude. L'élection a démarré bien trop tôt – et elle dit déjà que le parti au pouvoir ne se représentera pas en personne, mais aussi qu'il ne sera pas en lice. Le Président aurait déclaré, face à sa fin de règne : « Si j'étais sentimental, je me suiciderais » [1]. Pour beaucoup, le Président est déjà mort et c'est bien le Roi, Louis XIV, Jupiter, Napoléon qui, à moins d'un an de la passation, s'est déjà tué lui-même – emporté par sa grenade dégoupillée dans les jambes. Nous sommes déjà dans l'interrègne, avant même la mort officielle et constitutionnelle du Roi. Or les interrègnes sont dangereux. Ce sont des moments de retour de la souveraineté à la masse et à la multitude. Non que l'on lui ait rendu le « pouvoir », mais elle se retrouve orpheline de tout pouvoir, rendue à sa puissance de décider du juste et de l'injuste selon ses propres critères et fondée sur ses sentiments. Le gouvernement ne règne pas, ni ne gouverne, et ne gère plus rien. Il n'incarne aucune légitimité. Et sa dévaluation affecte les institutions en général qui n'ont pas empêché son aliénation de la majorité.

Une élection destituante

En un mot : plus personne ne croit à l'articulation entre élection, république et légitimité – plus personne ne se croit redevable d'obéissance au titre d'une victoire électorale majoritaire. Les primaires manifestent à leur manière ce fait déjà envahissant. On ne suivra pas le vainqueur de son propre camp. Aucun parti n'a organisé de véritables élections. L'enthousiasme est pour des idées qui doivent s'imposer par l'autorité d'un groupe qu'il soit ou non majoritaire. Le principe de la souveraineté, c'est-à-dire de la décision politique, n'est plus du tout électoral.

Ces élections vont donc exacerber et aggraver les tensions de l'existence sociale collective pour la simple et bonne raison que leur enjeu est le cadre même des institutions héritées depuis 1958. L'enjeu de ces élections n'est pas gauche ou droite, mais Vichy ou Résistance, fascisme ou révolution. C'est la première élection destituante depuis que l'on vote pour un monarque présidentiel. Quoi qu'il soit proposé à la lettre, il est clair que l'esprit de la proposition de tous les partis est : votez pour en finir avec ce vote. Soit parce que la fonction présidentielle doit être abolie, soit parce qu'elle doit être, après ce vote, perpétuelle – illibérale – vraiment monarchique. Autrement dit : cette élection est l'expression du refus de la situation simplement électorale. Elle ne légitime aucune souveraineté. Cette légitimité doit donc venir d'ailleurs. Nous sommes donc en situation d'interrègne où la puissance fait retour à la masse.

Agenda insurrectionnel

Que l'on soit ou non d'accord avec cette idée, quelque chose d'étonnant vient d'avoir lieu. L'insurrection sociale s'est donnée un calendrier. Depuis septembre, il n'y a pas un jour sans que l'on appelle à l'action. Et des dates tombent et se renouvellent à chaque instant. Le 30 septembre a été, pour la jeunesse lycéenne, un point d'étape. Il culmine mais n'est en aucun cas un paroxysme – ni dans l'action, ni dans la répression. Déjà le 1er octobre a été plus violent encore. À la fois plus dispersé sur le territoire et plus concentré, plus convergeant, dans les représentations. Déjà, on parle du 6 octobre, comme manifestation générale de la jeunesse, ralliée par les Syndicats, les fonctionnaires, les agriculteurs de la confédération paysanne, les parents, et bientôt tout le monde. Et le 17 octobre, date mystérieuse et suspecte, commence à prendre un contenu que n'avait pas, il y a un an, la date arbitraire du 10 septembre 2025 et qui s'était avérée ni réussie ni ratée, mais, comme nous le disions il y a un an, un moment où l'on se compte. L'intensité de cette rentrée est réellement exceptionnelle – nous pouvons tout espérer, mais elle se fait en relation à une pesanteur et une brutalité qui rend tout périlleux. L'élection ne change plus rien : la société toute entière se donne un agenda plus chargé qu'un ministre cocaïné.

Stratégie

Si l'on accepte que nous sommes entrés dans une zone d'intensité du danger, cela signifie que les confrontations vont devenir des affrontements et qu'en dernière instance ces affrontements seront faits de chocs physiques mutilants. Personne ici n'est en mesure de supporter et d'assumer l'effusion de violence. Alors que faire ?

D'abord, poser des questions.

  • 1. Que cherche à faire la police ? Disperser ou traumatiser ? Protéger un objectif ou humilier un corps ? Que cherche à faire le gouvernement ? Apaiser ou aggraver ? Quelle politique se cache derrière les centaines d'interpellations d'hier ? Le spectre des Gilets Jaunes ou un nouveau rapport au maintien de l'ordre ? Que cherchent les principaux directeurs de la répression ? Le savent-ils ? La police s'est-elle radicalisée et hystérisée au point qu'elle soit devenue de part en part son propre maître ? Si oui, où en est exactement la police ? Obéit-elle à son ministère, à ses syndicats, aux préfets, ou à l'idée qu'elle se fait du gouvernement qui n'est pas encore et qui doit surgir des élections ? Si la police agit en fonction des lois actuelles, quel degré de violence peut-elle atteindre ? Si elle agit en fonction de ce qu'elle se représente des lois futures, jusqu'où peut-elle aller ?
  • 2. Que voulons-nous exactement et précisément ? D'abord, que voulons-nous d'un point de vue politique général. Ensuite, que voulons-nous dans le face à face avec la ligne de CRS, de gendarmes, de baqueux et de BRAV ? Où voulons-nous aller ? Pourquoi ? Il faut savoir ce que l'on veut politiquement, mais il faut aussi savoir ce que l'on veut tactiquement. Quel est l'objectif, quel est le but de nos actes ? Quelles sont non nos motivations, mais nos raisons d'agir de telle ou telle manière à tel ou tel moment précis et déterminé ? Avons-nous de quoi tenir, avons-nous de quoi nous soutenir ?
  • 3. Que signifie, pour nous, gagner ? Quel est le sens de la victoire ?

Le signe de la victoire

Nous avons le sentiment qu'il nous faut une stratégie, une tactique, un objectif politique et des buts de guerre. Tous ces problèmes sont secondaires. D'abord, parce qu'il faudrait, pour répondre à ce « sentiment », un État-major et que nous sommes et restons dispersés et libres. Ensuite, parce qu'une stratégie, une tactique, un objectif politique et des buts de guerre, tout cela ne prend sens qu'à la condition fondamentale de savoir répondre à une question plus urgente. À quoi reconnaîtra-t-on une victoire ? Cette question a l'air métaphysique. Je vais expliquer pourquoi elle ne l'est pas. En attendant, se poser la question – et surtout y répondre collectivement : quel doit-être le signe de la victoire ?

Pourquoi cette question ?

La tactique définit l'organisation des forces dans l'engagement physique du combat. Mais pour ça, il faut être au moins cinq. On a une tactique lorsque l'on sait plus ou moins quelles manœuvres collectives on va faire, quels mouvements collectifs on va mener, afin d'entrer en contact avec la ligne de force adverse – avec la police. On a une tactique quand on sait comment on va bouger en rapport au corps de police, à sa formation dans l'espace, et lorsque l'on sait comment on va essayer de disloquer la ligne de police, ou, plus vraisemblablement, comment on va la submerger, la perdre, l'épuiser et la semer. Constituez-vous en brigades de cinq et prospérez.

Mais l'on ne peut définir sa tactique si l'on ne sait pas ce que signifie pour soi une victoire sur le terrain. C'est-à-dire ce que signifie, en termes de victoire, scinder une ligne, la faire reculer, la prendre à revers, la disperser, ou simplement la fuir, l'éviter, la tenir en respect ou à distance. De quoi profite-t-on si la ligne recule ? C'est pourquoi il faut passer à une autre question.

Farmez l'aura, honorez le snap français, augmentez le Wanted level

Récemment, les images des actions d'exploits dans la rue ont été associées à trois intensificateurs :

D'abord, l'aura farming : farmer l'aura, soit gagner en charisme par un acte suffisamment stylé pour inverser son ridicule en joie collective, dans un duel qui met en danger de cringe.

Ensuite, La French Snap ou Snap français : soit la reconnaissance internationale de la spécificité française de l'aura. Les meilleurs actes d'insurrections partagés partout dans le monde de qualité française, c'est-à-dire délirante et lunaire. Ici, la voiture de police recule, pourchassée par une masse de lycéens.

Enfin, les étoiles de danger dans GTA, soit les niveaux de recherche ou Wanted Level : plus vous êtes exposés à la traque du danger policier, plus vous gagnez en étoiles de danger, plus votre aura augmente et plus la French snap est honorée.

Stratégie

La stratégie se définit ordinairement comme l'usage des différentes victoires tactiques sur le terrain. Ici : la stratégie est l'usage de l'aura farming, de l'honneur du snap français et du nombre d'étoiles de danger. La stratégie a pour fonction de faire écho et de mettre en relation systématique, dans la totalité d'une campagne ou d'une guerre, les moments où les signes de victoire sur le terrain, au niveau tactique, au niveau des gestes les plus proches du danger, ont été émis. Ces derniers temps, ils se disent à travers la French Snap, la qualité de l'aura et les exploits en costumes comiques, les duels à égalité avec les gardes chiourmes qui leur prend toute aura.

Il n'y a donc pas de stratégie s'il n'y a pas de tactique. Mais il n'y a pas non plus de stratégie s'il n'y a pas, au sein des divers engagements tactiques, d'émission d'un signe de victoire. La stratégie fait un usage favorable des signes de victoire pour l'obtention d'autres signes de victoire au niveau tactique et, à plus ou moins court terme, de l'objectif politique.

L'objectif politique sert d'orientation à la stratégie, c'est-à-dire à la récolte des signes de victoire sur le terrain. L'objectif politique est cette marchandise de luxe bien trop chère que l'on ne peut se payer qu'avec la monnaie d'un grand nombre de victoires. Elles pèsent sur la décision de ceux qui n'ont bientôt plus la volonté de la garder pour eux-mêmes.

La lutte politique est un commerce où l'on échange des signes de victoire contre des objectifs politiques.

C'est pourquoi il faut réfléchir collectivement à ce que signifie sur le terrain, au niveau tactique, dans l'affrontement même, l'émission collective d'un signe de victoire.

Ut Talpa


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05.10.2026 à 10:59

Ritchy Thibault, premier prisonnier du mouvement lycéen

dev

« À l'Élysée », reclus !

- 5 octobre / , ,
Texte intégral (710 mots)

Interpellé en pleine rue jeudi dernier, l'écrivain et voyageur Ritchy Thibault a été emprisonné. Il lui est reproché un discours prononcé à Saint-Denis lors d'une assemblée générale de lycéens. Une audience se tiendra ce lundi à 13h au tribunal de Bobigny qui statuera sur sa libération dans l'attente d'un procès ou son maintien en détention, ce qui serait un très mauvais signal envoyé aux lycéens plus que jamais mobilisés.

Addendum : Nous apprenons que les juges ont décidé de le maintenir en détention provisoire, à l'isolement, à la prison de Fleury Mérogis jusqu'à ce qu'il soit jugé le 9 octobre.

Il y a des fabricants de destins qui l'aimeraient clandestin.
Certains commencent dans des amphithéâtres, d'autres dans les caravanes ou sur des rond-points de campagne. Celui de Ritchy Thibault semble, lui, avoir trouvé un drôle de raccourci : viré de l'hémicycle en tant qu' attaché parlementaire, on le retrouve forcément dès le premier jour de la mobilisation aux abords d'un lycée de banlieue et de nouveau devant les tribunaux pour sa prise de parole.
Le voilà érigé en quasi responsable de la contestation, incarnation autocentrée pour le Parquet - proclamée d'une jeunesse qui ne supporterait plus rien — ni l'ordre, ni l'autorité, ni les institutions, et encore moins ceux qui prétendent les représenter. À chaque mobilisation son cortège, à chaque polémique sa réponse proportionnée, à chaque interpellation sa détermination sauf qu'à chaque fois ou presque il y a un mort, qui un voyageur traîné sur 100 m par la Municipale qui un maire véreux cloitrant une aire de « gens-du-voyage ».

Voir en Ritchy Thibault une sorte de porte-parole naturel des populations opprimées semble se dessiner assez fiablement au fil des mois et parfois des semaines, au fil des émeutes, et manifestant en première ligne pour la fin des coups et des étranglements sur la voie publique jusqu'au fond des mitards.

Chatgpt dirait : c'est là que le personnage devient intéressant. Il se retrouve quasiment à chaque procédure a établir un rapport de force - comme un rapport de farce - une variante de la fameuse Défense de rupture.
On le voit à chaque fois argumenter - dans ce régime de parole qui est le sien à des joutes assez réussies et brillantes de tentatives d'auto-désarrestations (désarrestation = lorsqu'un groupe de personnes tentent de libérer physiquement un•e camarade au prise avec la Maréechaussée.) Dans cette nouvelle économie de la contestation, l'arrestation devient parfois une ligne de CV, la convocation une médaille et le passage devant la justice un épisode supplémentaire dans le récit héroïque du rappel historique - à chaque fois situé des personnes, persécuté (génocide des voyageurs, parquages, apartheid de l'Etat français envers des populations).

L'atout de Ritchy Thibault, ce n'est pas qu'il parle trop. C'est qu'il a fait de la confrontation avec le pouvoir une méthode, un médium — et que le pouvoir judiciaire, lui, a les moyens de transformer chacune de ces confrontations en procédure, le transforme en tribune.
La vraie question devient : justice qui protège l'ordre public ou justice qui finit, volontairement ou non, par devenir un instrument de mise au pas d'une parole et se prendre les pieds dans le tapis d'une bienséance confinant à l'absurde du droit commun en sytème politique. Ritchy Thibault nous montre avec délices, les affres de toute assignation - et autres rapports de dominations - qu'ils soient éducatifs, issus du monde les ronds de serviettes et des pantoufles, voire des patins pour cirer les Parquets. Blague à part, la bascule judiciaire, voire carcérale peut vite arriver, une incarcération, des amendes, des menaces de mort à la pelle montrent que le fil est ténu mais il tient la ligne. A nous tous de le sortir de là.

#FreeRitchy

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