04.05.2026 à 20:00
lundimatin
A quoi rient les fascistes ? Comment rigolent-ils ? C’est ce que propose de documenter Denis Saint-Amand dans un petit livre Contrer le rire fasciste, trolling et résistance.
Le rire permet de mettre à distance, d’alléger suffisamment le poids de ce qui opprime pour dégager l’espace et l’énergie d’agir. Mais il permet aussi d’exempter et d’exonérer la violence autant que la bêtise, celle du pouvoir et de ceux qui prennent son parti comme son relai. Denis Saint-Amand est spécialiste des poétiques de la parodie et de la satire, il étudie les mécanismes rhétoriques et les logiques des ces nouvelles formes de gloussements fascistes qui se répandent notamment sur les réseaux sociaux. Autant d’exemples qui appellent et inspirent les contre opérations nécessaires, autant que de joyeusetés pour les révoltes à venir. Du, « Le pouvoir est aveugle, ça crève les yeux » des Gilets jaunes sur les abords des Champs-Élysées dévastée, à la raillerie trollesques de « Npc » (« non playable character » ) qui déshumanisent l’autre, un tour d’horizon de ce l’humour fait et défait.
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27.04.2026 à 20:00
lundimatin
Si les effets de la concentration des maison d’édition sont largement connus et s’intensifient de jours en jours, il existe un village éditorial qui résiste encore et toujours aux logiques envahissantes des gros groupes : la bande dessinée… Enfin, c’est ce qu’on aimerait pouvoir imaginer, d’irréductibles bulleurs, des petits mickeys anticapitalistes repoussant avec force les assauts des grands patrons. Mais la réalité est bien moins réjouissante, et le monde du 9e art est lui aussi mis en danger par la concentration des maisons d’éditions.
Rescapés de l’édition industrielle de bande dessinée, Floriane et Quentin ont monté Courts Bouillon, une association qui cherche à commenter l’actualité de l’art séquentiel et encourager la création en dehors des contraintes concurrentielles.Lors de cet entretien, nous allons refaire un tour d’horizon de la concentration des maisons d’éditions en passant par l’édition sans éditeur et le contrôle de la parole, avant de s’attarder sur quelques cas précis tels que l’avenir d’Astérix, aujourd’hui entre les mains de Bolloré et les conséquences directes de la concentration des maisons sur la précarisation des auteurs et autrices de BD.Enfin, Floriane et Quentin présenteront leur initiative, qu’ils cherchent actuellement à concrétiser avec leur projet de revue La lutte des cases, actuellement en financement participatif : leur Ulule
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14.04.2026 à 20:00
lundimatin
Eugénie Mérieau est professeure de droit constitutionnel et politologue, elle a notamment écrit La dictature, une antithèse de la démocratie ? et Géopolitique de l’Etat d’exception : les mondialisations de l’état d’urgence (éditions le Cavalier Bleu). Elle chante aussi L’Êtrangère dont le premier album, Je vous écris en cours de chute, sortira cet été. Nous lui avons proposé de venir jouer quelques morceaux dans nos bureaux.
Il neige du phosphore blanc (Le Caire, 2024)
Depuis octobre 2023, Israël utilise des bombes au phosphore blanc causant d’atroces souffrances sur des zones agricoles, industrielles et résidentielles à Gaza et au Sud Liban. Le nombre de victimes n’est à ce jour pas connu. Citation anonyme attribuée à un-e gazaoui-e : « Le monde pense que Gaza est occupé par Israël. La vérité c’est que le monde est occupé par Israël à l’exception de Gaza ».
Inspirations et fragments : La zone de désintérêt, Ladislas (publié dans lundimatin) La Terre nous est étroite, Mahmoud Darwich Chanson dans le sang, Jacques Prévert
La mort viendra et elle aura tes yeux (Paris, 2025)
Seconde Guerre Mondiale : Duras, Char, Pavese, Aragon, Prévert, et Hô Chi Minh : communistes, anticolonialistes, antifascistes et résistant-es pour qui au milieu de la guerre, la lutte politique est poésie, surgissement de l’amour, de la passion et du désir. Jacques Prévert écrit « Il y a sur cette terre des gens qui s’entretuent ; c’est pas gai, je sais ; il y a aussi des gens qui s’entrevivent : j’irai les rejoindre ».
Inspirations et fragments : La mort viendra et elle aura tes yeux, Cesare Pavese La maladie de la mort, Marguerite Duras Feuillets d’Hypnos, René Char Prose du bonheur et d’Elsa, Louis Aragon La lune et le poète, Hô Chi Minh La vie n’a pas d’âge, Jacques Prévert
Mort d’une putain (Genève, 2005)
Années 70 : Grisélidis Réal, poétesse suisse et prostituée, milite à Paris : « La prostitution est un acte révolutionnaire ».
Inspiration et fragments : Cette chanson est une adaptation libre d’un texte de Grisélidis Réal, Mort d’une putain, écrit quelques semaines avant sa mort, avec des ajouts issus de Cantique de l’espoir, toujours de Grisélidis Réal.
Elle s’appelait Lou (Bangkok, 2024)
En 2025, l’association Nous Toutes dénombre 165 féminicides en France. Depuis le début de l’année 2026, 36 femmes sont mortes assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint. Andrea Dworkin écrit « Les femmes n’ont que deux choix : mentir ou mourir. »
Inspirations et fragments : Souvenez-vous, résistez, ne cédez pas, Andrea Dworkin Les guérillères, Monique Wittig Si rien ne bouge, Bertrand Cantat-Noir Désir Liste des prénoms des femmes mortes par féminicide en 2023, par l’association Nous Toutes.
Le chant des ouvriers (Lyon, 1846)
En 1848, on se révolte contre la journée de travail de 12 heures voire plus et les accidents mortels du travail dans les usines les mines et les chantiers. Aujourd’hui, le bâtiment demeure le premier lieu de mortalité en matière d’accidents du travail : 243 personnes sont mortes sur les chantiers en 2025, 55 depuis 2026. Thierry Metz, dans Journal d’un Manoeuvre : « Mes premiers gestes ici : creuser la terre. Ouvrir une fosse. Et disparaître. Quotidien du manœuvre ».
Inspirations et fragments : Cette chanson est une adaptation libre et mise en musique d’un texte chanté de Pierre Dupont, écrit en 1846, devenu hymne révolutionnaire en 1848.
Bientôt la fin d
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08.04.2026 à 20:00
lundimatin
Une légende voudrait qu’à chaque parution d’un nouveau livre critique du capitalisme, un grand patron fasse un AVC. Force est de constater que ce n’est pas le cas et que malgré les millions kilomètres de papier sur lesquelles s’étalent les analyses les plus fines des contradictions les plus obscures du capital, les capitalistes n’ont jamais été en si bonne forme. Et si depuis tout ce temps, nous avions pris le problème à l’envers ? Mondes postcapitalistes propose en tous cas de rouvrir la question révolutionnaire depuis ses fins et leurs moyens à travers plus de 70 chapitres qui sont autant d’entrées : monnaie, État, nucléaire, amour, climat, santé, conflits, échelles, transports, rêves, zoonoses, etc. On arpente, non pas des utopies sirupeuses et réconfortantes, mais des pistes plus ou moins escarpées ou aventureuses vers ce que pourrait être un monde par-delà le capitalisme.
Forcément, il s’agit de sortir de l’économie et évidemment de décrocher de l’État mais cela à partir d’une attention méticuleuse à tout ce dont nous avons été dépossédés et qu’il va bien falloir se réapproprier, détourner, démanteler ou saccager ; des gros trucs qui détruisent la planète autant que des réflexes infimes qui pourrissent la vie. À travers 900 pages et grâce à 80 contributeurs et contributrices, on ouvre des portes et on tente d’adéquatement déplier les problèmes que l’on trouve derrière. Inutile d’en attendre des remèdes ou des solutions, les idéologues et leurs fidèles se réconforteront ailleurs, c’est un travail d’enquête et toutes les directions pointées restent à expérimenter, contester, affiner. C’est un ouvrage majeur et potentiellement déterminant pour la suite, c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il apparaîtra parfaitement anachronique aux plus résignés. L’entretien ayant essentiellement porté sur la démarche, son cadrage et sa visée, nous publions en bonus dans l’édition de cette semaine, l’un des chapitres du livre : Animaux rédigé par Pierre-Olivier Dittmar. Cela permettra aux lecteurs et lectrices d’imaginer non seulement les menus que proposeront les cantines après la révolution mais aussi la manière dont Mondes capitalistes a été pensé et composé.
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30.03.2026 à 20:00
lundimatin
Dans lundimatin, on écrit et on parle trop. Parfois il y a un peu de dessin ou de peinture voir des bribes de cinéma, de la musique par contre, il n’y en a jamais assez. Alors quand nous avons croisé Laura Perrudin et sa harpe, nous l’avons immédiatement invitée et ça a donné cet entretien musical qui dit certainement plus, en tous cas largement tout autant, que beaucoup de nos mots. Et sans doute que certaines vibrations et mélodies déploient des dimensions de l’existence heureusement plus épaisses que ce que l’on appelle platement politique. Un petit extrait est disponible en attendant et en cliquant sur la vignette.
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24.03.2026 à 11:00
lundimatin
Lorsqu’il avait 14 ans, Ritchy Thibault est allé sur un rond-point, il est devenu l’une des figures du mouvement des Gilets jaunes. Depuis, il a été assistant parlementaire jusqu’à se faire bannir de l’assemblée nationale et congédier par son employeur, passé un nombre incalculable d’heures en cellules de garde à vue, fondé le PEPS , propagé pas mal de Zbeul, animé des émissions sur le web, écrit des articles ainsi que trois livres, et se prépare à affronter dans la joie et la bonne humeur trois procès au tribunal judiciaire de Paris qui l’opposent à la crème de ceux qui nous gouvernent (le président lui-même, évidemment mais aussi Bruno Retailleau ou encore Laurent Nunez). Pour comprendre d’où lui vient une telle énergie et pourquoi elle ne se départ par de beaucoup d’humour, il faut livre son dernier livre :
Voleurs de poules, combattre l’antitsiganisme (Libertalia). Cette irréductibilité au pouvoir autant que cette disposition au coup d’éclat, on ne peut la comprendre qu’à partir du récit historique et éthique qu’il fait de l’antitsiganisme et de la guerre livrée depuis toujours par l’État contres les populations Roms, Sinti, Manouches, Gitans, Yéniches et Voyageurs. Des formes de vie, qu’il a toujours fallu surveiller, contrôler, réduire et même éradiquer tant elles incarnent ce petit caillou dans la chaussure d’une civilisation qui ne peut tolérer qu’elle-même. Cette interview est aussi longue qu’elle est intelligente et drôle ; pour s’y repérer, nous l’avons accompagnée d’un chapitrage qui servira tout autant de sommaire. On y parle de l’antitsiganisme et de son histoire évidemment, mais depuis là découle tout le reste, jusqu’aux stratégies nécessaires et adéquats pour lutter contre l’État et le pouvoir sans jamais en accepter les méthodes, les schémas et les armes. Au reste, il s’agit certainement de l’unique occasion que vous aurez de sauver une poule en achetant un livre.
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