21.10.2026 à 12:43

"Ovations, cris de joie, acclamations", entame le média polonais Wyborcza. "La chambre basse du parlement polonais a voté mardi [20 octobre] en faveur de l’autorisation de l’avortement en cas de graves malformations fœtales et de la dépénalisation de l’aide à l’avortement", informe l'agence de presse Reuters. Les deux textes de loi présentés "à l'initiative de […]
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"Ovations, cris de joie, acclamations", entame le média polonais Wyborcza. "La chambre basse du parlement polonais a voté mardi [20 octobre] en faveur de l’autorisation de l’avortement en cas de graves malformations fœtales et de la dépénalisation de l’aide à l’avortement", informe l'agence de presse Reuters.
Les deux textes de loi présentés "à l'initiative de partis de gauche et du centre" et "soutenus par le gouvernement centriste de Donald Tusk" assouplissent ainsi les restrictions au droit à l'avortement dans un pays où il est considéré comme "l'un des plus restrictifs d'Europe", contextualise Le Monde.
Le premier projet de loi "décriminalise partiellement l’IVG et l’assistance aux avortements" [Libération]. Concrètement, le texte abroge plusieurs dispositions de l'article 152 du Code pénal polonais, selon lesquelles "toute personne pratiquant une interruption volontaire de grossesse sur une femme ou qui lui fournit une aide pour mettre fin à sa grossesse [en dehors des conditions légales] est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement", explique le journal juridique polonais Gazeta Prawna. Le projet de loi "a été adopté à 4 voix près, 217 députés sur 433 ayant voté pour, 213 contre, les autres s’étant abstenus ou n’ayant pas participé au vote", précise Libération.
La deuxième proposition revient "sur une décision de 2020 de la plus haute juridiction, le Tribunal constitutionnel, qui a rendu l’avortement illégal en cas de graves malformations du fœtus. Ce texte a été adopté avec un écart plus net de 30 voix", écrit Le Figaro.
La coalition pro-européenne du Premier ministre Donald Tusk avait "remporté les élections de 2023 en partie grâce à sa promesse d’assouplir les restrictions en matière d’avortement", rappelle Reuters. "Pourtant, aucun de ces deux projets de loi n'autoriserait l’avortement sur simple demande jusqu’à 12 semaines de grossesse, comme l’avait promis la coalition civique de Tusk lors de la campagne électorale de 2023", nuance Politico.
En cause : la "coalition multipartite compte de nombreux conservateurs et ne parvient pas à s’accorder sur une libéralisation allant aussi loin", décrypte le média européen. Les propositions adoptées mardi sont d'ailleurs "restées en suspens au sein d’une commission parlementaire pendant deux ans avant de refaire surface, sous l’impulsion d’une campagne qui s’intensifie à 12 mois des prochaines élections législatives, prévues fin 2027" [Politico].
En juillet 2024, la chambre basse (la Diète) avait "rejeté une proposition visant à dépénaliser l'aide à l'avortement […], la majorité nécessaire à l'adoption des dispositions sur ce sujet [n'ayant] pas été atteinte" [Gazeta Prawna].
"En réalité, ces textes législatifs ne constituent qu’une réforme très limitée et de petite envergure, et n’amélioreraient pas la situation de la plupart des femmes en Pologne qui ont besoin d’un accès à l’avortement", a déclaré à Reuters Leah Hoctor, vice-présidente pour l’Europe au centre pour les droits reproductifs.
"Actuellement, dans ce pays traditionnellement catholique, l’avortement n’est autorisé que dans deux circonstances : lorsque la grossesse résulte d’un acte criminel - comme un viol ou un inceste - ou lorsqu’elle met en danger la vie ou la santé de la mère", note Le Monde. Selon les données du Fonds national de santé polonais (NFZ), "573 avortements ont été pratiqués dans les hôpitaux publics polonais au cours du premier semestre 2026" [La Croix].
Avant la décision du Tribunal constitutionnel d'exclure la malformation grave du fœtus des motifs légaux de l'IVG, "98% des avortements légaux en Pologne étaient pratiqués pour cette raison". Cette nouvelle restriction avait "déclenché un torrent de protestations dans tout le pays, les plus grandes manifestations de masse en Pologne depuis le mouvement anticommuniste de 1989", relate Le Figaro.
"Ces projets vont désormais être examinés par le Sénat. S'ils y sont approuvés, ils seront transmis au président Karol Nawrocki", détaille Wyborcza. Mais le chef d'État nationaliste, soutenu par le parti Droit et justice (PiS), "devrait mettre son veto" à cette réforme, prévient Ouest-France. "Pour passer outre un veto présidentiel, il faut une majorité des trois cinquièmes [au sein de la chambre basse], majorité dont ne dispose pas la coalition dirigée par Tusk" [Politico].
"Deux manifestations doivent se tenir en fin de semaine à Varsovie, l’une contre l’avortement, l’autre pour", indique La Croix. Avant cela, "les organisations féministes prévoient d'organiser des manifestations dans 27 villes polonaises jeudi 22 octobre", prévient Wyborcza.
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20.10.2026 à 12:27

"L'Europe a fait un nouveau pas vers l'intégration de partenaires proches, mais non membres de l'UE, en signant ce lundi un accord d'association avec Andorre (84 000 habitants) et Saint-Marin (34 000 habitants)", relèvent Les Échos. L’accord entre l'Union européenne et les deux micro-États a été signé lundi 19 octobre, à Bruxelles, "par le chef […]
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"L'Europe a fait un nouveau pas vers l'intégration de partenaires proches, mais non membres de l'UE, en signant ce lundi un accord d'association avec Andorre (84 000 habitants) et Saint-Marin (34 000 habitants)", relèvent Les Échos.
L’accord entre l'Union européenne et les deux micro-États a été signé lundi 19 octobre, à Bruxelles, "par le chef du gouvernement [andorran], Xavier Espot, [le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, et [le ministre des Affaires étrangères de Saint-Marin] Luca Beccari" [SER Andorra].
Le texte est le fruit d'un "parcours long et complexe", traversé par quatre gouvernements saint-marinais et trois Commissions européennes, souligne San Marino RTV. Les discussions, ouvertes en 2015, avaient abouti à un accord politique en décembre 2023. Sa signature n'est toutefois intervenue que près de trois ans plus tard, après des procédures juridiques et institutionnelles au sein de l'UE.
"Les négociations menées avec Andorre et Saint-Marin l'ont aussi été avec la principauté de Monaco. Mais celle-ci a préféré rompre les discussions avec l'Union européenne en 2023, car le droit européen entrait en contradiction avec certaines de ses règles, notamment l'accès favorisé des nationaux à l'emploi", rappellent Les Échos.
L'accord doit permettre aux habitants des deux pays de bénéficier plus largement des libertés de circulation européennes. Il "créera de nouvelles possibilités d'étudier, de travailler et de vivre en Europe", a expliqué le commissaire européen au Commerce Maroš Šefčovič, cité par l'agence espagnole EFE.
L'accord devrait ainsi permettre "la libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux, harmoniser les normes techniques ou sanitaires, et faciliter les échanges commerciaux, les investissements et les démarches administratives de part et d'autre", détaillent Les Échos.
Il vient notamment compléter les unions douanières dont bénéficient déjà les deux pays. "Les deux tiers des échanges commerciaux d'Andorre se font avec ses deux voisins, l'Espagne et la France. Pour Saint-Marin, la dépendance envers l'Italie, pays dans lequel il est enclavé, est encore plus forte, avec plus de 80 % de ses échanges", observent Les Échos. À terme, les sociétés de ces deux micro-États pourront aussi "participer à des appels d'offres publics européens", relève Altaveu. Tandis que les opérateurs européens pourront accéder à leurs marchés.
Le texte vise enfin à "renforcer la coopération dans des domaines tels que la recherche et l'innovation, l'éducation, la politique sociale, l'environnement ou la protection des consommateurs", détaille La Vanguardia.
L'ouverture du marché unique sera toutefois progressive. Sur la libre circulation des personnes, Andorre "maintiendra un système de quotas" pour l'arrivée de "travailleurs, de résidents sans activité professionnelle et de saisonniers de moins de douze mois", détaille El Periòdic d'Andorra. Le dispositif entrera en application après "une période transitoire de deux ans" et sera "réexaminé tous les dix ans".
Plusieurs activités économiques bénéficieront également de périodes de transition. L'accord prévoit notamment "30 ans pour le tabac, 15 pour les services financiers, 7 pour les télécommunications" et "3 pour la libre prestation de services", énumère Altaveu. Tandis que pour les services financiers, "l'intégration se fera progressivement et sous certaines conditions", rapporte l'agence italienne Dire.
Saint-Marin et Andorre devront de leur côté assurer la "reprise évolutive de l'acquis européen", explique Il Resto del Carlino, c’est-à-dire intégrer dans leur législation les règles européennes applicables aux domaines couverts par l'accord, y compris leurs évolutions futures. Les deux pays conserveront leur souveraineté, mais ne disposeront pas du même pouvoir de décision sur ces règles que les États membres de l'UE. Une complexité qui a contribué à étendre les négociations.
"C’est l’un des accords les plus étendus signés par l’Union européenne et cela donne aux citoyens et aux entreprises de ces pays des certitudes juridiques, un statut que seuls la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein avaient, jusqu’à présent, au sein de l’espace économique européen", s’est félicité le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič [Les Échos]. Andorre et Saint-Marin ne deviendront toutefois ni membres de l'Union ni parties à l'Espace économique européen (EEE).
"Au-delà de cet accord d'association, nous envoyons un signal politique, en ces temps d'incertitudes géopolitiques", a assuré Maroš Šefčovič [Les Échos]. "Nous sommes dans une phase de graves turbulences géopolitiques, une période critique de l’histoire où tous les pays, quelle que soit leur taille, comptent", a complété le commissaire européen au Commerce [San Marino RTV].
"Après la signature, le Conseil de l'UE demandera l'accord du Parlement européen avant de procéder à la conclusion de l'accord", indique SER Andorra. Andorre et Saint-Marin devront ensuite ratifier cet accord, une procédure qui passe par un "référendum consultatif" du côté de la principauté, précise la radio andorrane. Mais la ratification ne semble pas acquise en Andorre : un "sondage publié en 2024 prêtait une forte majorité au 'non'", soulignent Les Échos. L'accord devra également faire l'objet de ratifications dans les États membres de l'UE.
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19.10.2026 à 12:18

"Le chaos, les pillages et la violence ont secoué les villes françaises lors des manifestations de samedi [17 octobre], organisées par les étudiants, les syndicats et les Gilets jaunes", résume El Mundo. Le quotidien espagnol décrit "des vitrines de magasins complètement détruites, des éclats de verre dans les rues et encore des barricades dans certaines […]
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"Le chaos, les pillages et la violence ont secoué les villes françaises lors des manifestations de samedi [17 octobre], organisées par les étudiants, les syndicats et les Gilets jaunes", résume El Mundo. Le quotidien espagnol décrit "des vitrines de magasins complètement détruites, des éclats de verre dans les rues et encore des barricades dans certaines d'entre elles, avec des conteneurs, des barrières, des bicyclettes et du mobilier urbain".
En Italie, Il Giornale retient notamment "le clocher qui s'effondre, le toit dévoré par les flammes [et] une immense colonne de fumée" au-dessus de l'hôtel de ville de Limoges. La RTBF rapporte "qu’une adolescente a été blessée en marge de la journée de mobilisation contre la vie chère et a perdu un œil”. Dimanche, la situation était toujours sensible à Paris, où "des moments calmes [ont succédé] à des moments de tension entre forces de l'ordre et manifestants cagoulés", poursuit le service public belge.
Au-delà du bilan matériel, la presse européenne s'interroge sur les causes du mouvement et des débordements. "Il s'agit d'un problème à 100 % d'origine française. Des conséquences d'un échec français né sur le sol français", affirme le journaliste du Spiegel, rejetant d'emblée tout lien entre les violences et l'immigration. "Cette affirmation, qui se cache également derrière l'expression 'violence migratoire', relève du racisme pur et simple", estime-t-il.
De son côté, The Independent rappelle que le système éducatif français peine à "permettre aux enfants issus de milieux défavorisés de gravir l'échelle sociale". Les manifestations lycéennes de septembre se sont depuis élargies, sous l'effet d'une colère liée au pouvoir d'achat et à la dégradation des services publics.
"Ces conditions de vie discriminatoires constituent une forme de violence sociale", complète Der Spiegel, évoquant les quartiers défavorisés où se concentrent les difficultés scolaires, le chômage et les tensions avec la police. "L'échec de la France consiste à laisser se succéder depuis des décennies, dans les banlieues, les générations perdues. […] Et pour certains, la criminalité offre une perspective plus attrayante que le système éducatif".
Der Standard considère que "la République française fait à ses jeunes citoyens une promesse qu'elle ne peut tenir : la promesse d'égalité". Le quotidien autrichien cite le témoignage d'un jeune manifestant, diplômé avec mention en physique et mathématiques, qui aurait déposé 80 candidatures pour des formations et des emplois, toutes infructueuses. "Il faut le souligner, Mohammed manifestait pacifiquement samedi", est-il précisé, en distinguant la mobilisation sociale des auteurs de violences.
"À Paris, la police n'a plus maîtrisé la situation pendant des heures", note Der Standard qui décrit une "France sous haute tension". The Guardian rapporte les accusations de Guillaume Guérin, maire (LR) de Limoges, dénonçant "une défaillance colossale de l'État" après l'incendie de l'hôtel de ville. Selon l'édile, les assaillants n'étaient pas "des manifestants qui défendent des causes", mais "des personnes organisées pour faire la guerre".
Pour Blick, ces violences pourraient surtout bénéficier à Marine Le Pen. "Dans un décor très présidentiel, drapeau tricolore derrière elle, [la candidate du RN] a dressé le bilan accablant du titulaire de la fonction suprême. Une intervention qui, à bien des égards, la conforte dans son rôle de présidente (presque) déjà élue au suffrage universel". "Elle incarne la fermeté, l'autorité, le recours. Plus les émeutiers cassent, plus ils font son jeu politique", juge l'universitaire Dominique Wolton, interrogé par le journal suisse.
Dimanche soir, Emmanuel Macron a dénoncé les violences dans une allocution télévisée, faisant part de sa "colère" et de sa "honte" [La Libre]. Le président a également promis de faire la lumière sur les "défaillances d'anticipation et de renseignements" des forces de l'ordre. Ce lundi matin, il a refusé la démission du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, "compte tenu de la nécessité d'un commandement continu des forces de l'ordre dans le contexte actuel" [Euronews].
À six mois d’un scrutin très attendu, le climat politique inquiète également la presse étrangère. Der Standard estime que "[Jean-Luc] Mélenchon poursuit finalement la même stratégie de polarisation que [Marine] Le Pen : tous deux espèrent accéder au second tour de l'élection présidentielle grâce à l'autre". Un affrontement qui, selon le journal autrichien, "divise et sape la démocratie" et pourrait conduire à de nouvelles tensions "au plus tard au printemps prochain".
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