17.09.2026 à 12:04

"En cette rentrée 2026, les défis auxquels Ursula von der Leyen doit faire face n’ont fait que s’intensifier", entame Libération. Sur la scène internationale, "les agressions russes se multiplient, […] les États-Unis se muent en adversaires et […] la Chine fait peser une pression croissante sur l'économie européenne", pendant que "l’extrême droite grappille du terrain […]
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"En cette rentrée 2026, les défis auxquels Ursula von der Leyen doit faire face n’ont fait que s’intensifier", entame Libération. Sur la scène internationale, "les agressions russes se multiplient, […] les États-Unis se muent en adversaires et […] la Chine fait peser une pression croissante sur l'économie européenne", pendant que "l’extrême droite grappille du terrain un peu partout sur le continent", liste le quotidien français.
Pour répondre à ces incertitudes, la présidente de la Commission européenne était à Strasbourg, mercredi 16 septembre, pour prononcer son discours sur l'état de l'Union. Dans une allocation "plus longue que d'habitude, [elle] a plaidé avec force en faveur de la résilience et de l'indépendance de l'Europe", écrit la télévision irlandaise RTÉ.
Le Tagesschau énumère certaines des nombreuses annonces formulées mercredi par la cheffe de l'exécutif européen : "un plan européen contre les vagues de chaleur, un paquet bancaire, une société européenne pour les matières premières critiques, un nouveau Conseil européen de sécurité, un dialogue avec les grandes entreprises du secteur de l'IA sur les opportunités et les risques. Et ce n'est là qu'un petit aperçu". Le média allemand souligne enfin que "les annonces peuvent être une chose utile", mais que leur réalisation concrète reste à observer.
L'annonce la plus commentée du discours concerne le Canada. Pour Il Foglio, il s'agit même de "la seule initiative, pour ainsi dire, 'expansionniste' d’un discours qui, pour le reste, a semblé parler davantage d’une Europe à défendre que d’une Europe à faire grandir". Devant le Premier ministre canadien Mark Carney, Ursula von der Leyen a proposé d'ouvrir la voie à un statut inédit de "membre associé" de l'Union européenne pour Ottawa.
Outre-Atlantique, Le Devoir s'interroge sur les conséquences d'un tel statut qui "n’existe pas dans les traités de l’UE". "Jusqu’où pourrait aller ce rapprochement ? Cela reste encore à définir". Certains secteurs pourraient être ainsi concernés par des collaborations renforcées : "l’énergie, les minéraux critiques, les batteries, l’intelligence artificielle et la cybersécurité", souligne le quotidien québécois, qui rappelle que les deux blocs se sont récemment rapprochés. Par exemple, le Canada bénéficie déjà d'un accès privilégié "à certains programmes européens, notamment Horizon Europe, le programme de recherche et d’innovation de l’UE, depuis 2024".
L'Opinion relève que cette annonce "a dérouté plus d’un diplomate européen". Certains responsables interrogés par le journal évoquent "trop de complications juridiques, trop de questions potentiellement explosives si les deux parties décidaient d’harmoniser un minimum leurs législations".
Au-delà de ce nouveau statut pour le Canada, la presse européenne s'interroge également sur la traduction concrète d'autres annonces formulées par Ursula von der Leyen. "La présidente de la Commission assure vouloir trouver des remèdes. Des remèdes qui, avant tout, passent par l’Europe elle-même. Des remèdes, aussi, aux contours encore très flous", juge Libération.
El País revient notamment sur la question migratoire, mise en lumière par la récente crise à Ceuta, ainsi que sur la proposition d'un "'protocole de sécurité', qui serait déclenché lorsqu'un État se sentirait menacé dans sa sécurité, par exemple en cas d'incursions de drones, de cyberattaques ou d'actes de sabotage".
Pour le journal espagnol, l'annonce "d'un nouveau règlement qui permettrait aux États membres de suspendre - ou, comme elle l’a dit, d’'assouplir' - les règles en matière d’immigration en cas de crise" témoigne d’un "nouveau durcissement de la position de l’UE en matière d’asile, une Union qui se retranche derrière ses frontières et cherche désormais à mettre en place des centres de rétention en dehors de son territoire".
Après les épisodes extrêmes de l'été (canicule, incendies et sécheresse), la réaction d'Ursula von der Leyen sur la question climatique était également très attendue. "Cet été a été [celui] de la vérité. Presque aucune région de notre continent n’a été épargnée", a-t-elle déclaré, citée par Politico. "Mais bien qu’elle ait mis l’accent sur les problèmes et leur caractère urgent, Mme von der Leyen a évité de proposer des solutions aux causes sous-jacentes".
Le média relève certaines annonces faites sur le sujet comme la mise en place d'un "plan sur la résilience de l'UE face au changement climatique" ou la création d'une "Alliance pour l'assurance climatique", mais estime que "les mesures réglementaires visant à minimiser les risques de catastrophe […] n'ont pas été évoquées".
L'Opinion souligne enfin la difficulté pour Ursula von der Leyen de transformer toutes ces annonces en véritables décisions européennes. "Au fond, c’est ce même dilemme auquel la présidente de la Commission est éternellement confrontée : tenter l’audace mais au risque de heurter les gouvernements nationaux ou bien jouer la prudence, quitte à voir fleurir les procès en immobilisme".
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16.09.2026 à 12:19

"À Strasbourg, cette semaine, Mark Carney risque bien de voler la vedette à Ursula von der Leyen", estiment Les Échos. "Alors que la présidente de la Commission européenne [a prononcé] son discours sur l'état de l'Union ce mercredi [16 septembre], le Premier ministre canadien [est] reçu en grande pompe au Parlement européen, auquel il s'adressera […]
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"À Strasbourg, cette semaine, Mark Carney risque bien de voler la vedette à Ursula von der Leyen", estiment Les Échos. "Alors que la présidente de la Commission européenne [a prononcé] son discours sur l'état de l'Union ce mercredi [16 septembre], le Premier ministre canadien [est] reçu en grande pompe au Parlement européen, auquel il s'adressera jeudi", poursuit le quotidien.
"Premier chef de gouvernement étranger à assister à ce 'discours sur l'état de l'Union européenne'", M. Carney "doit prendre la parole jeudi devant le Parlement", note Courrier international. "Une 'guest-star' qui a obligé Ursula von der Leyen à chambouler son agenda. Elle restera finalement à Strasbourg jusqu'à jeudi, alors qu'elle n'avait pas prévu, à l'origine, d'assister au discours de Mark Carney" [Les Échos].
"Ottawa et Bruxelles cherchent […] à renforcer leur partenariat, de l'intelligence artificielle à l'énergie", écrit Corse Matin. Lors de leur rencontre à Strasbourg, "les deux parties vont examiner les domaines 'où [elles ont] des capacités et des besoins complémentaires', qui sont 'stratégiquement importants' pour 'garantir [leur] souveraineté', comme l'énergie et les matières premières critiques, notamment les terres rares, a précisé M. Wilkinson", ambassadeur canadien auprès de l'UE, à l'AFP [Corse Matin].
"Les discussions qui s'ouvrent entre Ottawa et Bruxelles détermineront la nature précise du partenariat et pourraient aboutir lors du prochain sommet canado-européen, à Montréal les 29 et 30 octobre prochains", développent Les Échos.
Depuis plusieurs mois, les relations entre les deux ensembles se sont renforcées. "Les échanges entre l'UE et le Canada ont bondi de 80 % depuis 2016, grâce à l'entrée en vigueur d'un accord de libre-échange, qui a supprimé presque tous les droits de douane. Et cette année, le Canada est devenu le premier pays non-membre de l'UE à rejoindre le programme de défense européen Safe", rappelle Courrier international.
Mais "la nouvelle idylle de Carney avec l'UE est entièrement liée à Trump" [BBC]. "Après l'échec des négociations commerciales avec la Maison-Blanche et la récente escalade des tarifs douaniers, Ottawa se tourne vers l'Europe pour trouver un contrepoids stratégique à sa dépendance envers les États-Unis", analyse The Italy Post.
En effet, les menaces du président républicain sont toujours d'actualité. "Il y a quelques jours à peine, le président américain a publié sur son réseau Truth Social une carte de l'Amérique du nord, incluant le Canada et le Groenland – territoire danois appartenant à l'UE – sur laquelle est superposé le drapeau américain" [BBC].
"Mais que faire spécifiquement avec le Canada ? L’adhésion est exclue puisque les traités réservent l’adhésion aux États géographiquement européens", rappelle Le Point. "Nous ne cherchons pas à devenir membre de l’Union européenne. Ce que nous recherchons, et pour quoi nous allons ouvrir des discussions, c’est une alliance unique avec l’Union européenne […]. Nous partageons les mêmes valeurs, nous avons les mêmes priorités et nous disposons de forces très complémentaires", a déclaré dimanche le Premier ministre canadien, cité par Le Point.
"Carney n'évoque pas une rupture [avec les États-Unis], et il ne le pourrait d'ailleurs pas. Aujourd'hui, environ 70 % des exportations canadiennes sont destinées aux États-Unis et, comme il l'a souligné hier, 80 % des échanges bilatéraux continuent de bénéficier de l'absence de droits de douane", insiste The Italy Post. "Se tourner vers l'UE ne vise donc pas à remplacer l'Amérique – une entreprise irréalisable à court terme – mais à réduire son pouvoir d'influence", souligne le quotidien italien.
"Le Canada, en pleine guerre commerciale avec les États-Unis de Donald Trump, cherche de nouveaux partenaires. De son côté, l'Europe, dont les relations transatlantiques sont tout aussi houleuses, cherche également des appuis à sa stratégie de rééquilibrage entre les deux super-puissances, Chine et États-Unis" [Courrier international]. "L’'effet Trump' incite à des efforts de diversification – mais sont-ils réalisables ? Dans les couloirs de Bruxelles, on parle à voix basse de la possibilité de conclure un 'accord d'association spécial' avec le Canada", révèle la BBC.
Ursula von der Leyen a finalement proposé le statut de membre associé au Canada pendant son discours, mais certains sont réticents. "Avant d’envisager une plus grande coopération, il faut rappeler une vérité dérangeante : l’accord Ceta (entré en application provisoire depuis septembre 2017) n’a toujours pas été ratifié par dix États membres de l’UE, dont trois gros acteurs, la France, l’Italie et la Pologne…", nuance Le Point.
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15.09.2026 à 12:40

"Créé en 2010, le discours sur l’état de l’Union s’inspire largement de celui prononcé chaque année par le président américain. […] Ce discours donne la direction politique. C’est aussi un moment de communication pour dresser le bilan de l’année écoulée et tenter de répondre aux attentes des citoyens" [Public Sénat]. La présidente de la Commission […]
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"Créé en 2010, le discours sur l’état de l’Union s’inspire largement de celui prononcé chaque année par le président américain. […] Ce discours donne la direction politique. C’est aussi un moment de communication pour dresser le bilan de l’année écoulée et tenter de répondre aux attentes des citoyens" [Public Sénat].
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, prononcera le mercredi 16 septembre "son sixième discours sur l’état de l’Union pour présenter son programme" [Politico] et donner "le ton pour l'année à venir" [Contexte].
Ce rendez-vous annuel est le résultat d'un "processus bureaucratique assez long, qui s'enclenche plusieurs mois avant le discours" précise Lorenzo Biondi, l'une des plumes d'Ursula von der Leyen citée par Contexte. "Tous ceux qui font la politique européenne ont essayé de mettre leur grain de sel dans le discours de rentrée".
Jusqu'au moment même où la présidente de la Commission prononcera son discours, ce dernier "sera revu et réécrit", prévient Politico. En conséquence, "le discours sur l’état de l’Union est l’un des secrets les mieux gardés de Bruxelles", résume Euronews.
Avec un été marqué par les incendies et sécheresses, "l’adaptation au changement climatique […] devrait occuper une place prépondérante dans son allocution", affirme Politico. "[Ursula] von der Leyen devrait probablement profiter du discours de cette année pour défendre l’idée que l’agenda climatique de l’Europe entre dans une nouvelle phase : il ne s’agit plus seulement de fixer des objectifs, mais de les concrétiser" [Euronews]. "Le message politique sera probablement que la décarbonation est désormais indissociable de la sécurité énergétique de l’Europe", estime le média paneuropéen.
Le numérique devrait figurer parmi les priorités du discours. Ursula von der Leyen devrait annoncer "une proposition d’interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs à l’échelle de l’UE", une "annonce phare [qui] pourrait s'avérer tout aussi controversée", souligne Euronews. L'intelligence artificielle devrait également occuper une place importante, avec une volonté affichée de renforcer "la résilience et la compétitivité" européenne vis-à-vis des pays tiers, complète Nachrichten.
Autre dossier sensible attendu : les migrations. "Ursula von der Leyen devrait profiter de son discours pour appeler au renforcement de Frontex, l’agence européenne chargée de la gestion des frontières" [Politico]. Son discours intervient, en effet, quelques semaines après la crise de Ceuta, au cours de laquelle "des dizaines de milliers de migrants ont pénétré sur le territoire espagnol, provoquant des remous politiques au sein de l’Union européenne tout au long de l’été". La présidente de la Commission pourrait ainsi annoncer "un rôle accru pour l'agence […], ainsi que des pouvoirs étendus pour surveiller les routes migratoires au-delà des frontières européennes" [Euronews].
Enfin, la présidente de la Commission devrait réaffirmer son soutien à Kiev et "à nouveau lancer un appel aux pays de l'UE pour obtenir un soutien supplémentaire à l'Ukraine", avec la possibilité d'un nouveau paquet de sanctions contre la Russie [Nachrichten]. Un point d'étape sur le processus d'adhésion des pays candidats ainsi que sur les négociations du futur budget européen 2028-2034 sont également attendus.
Le discours sur l'état de l'Union sera marqué par la présence du Premier ministre canadien, Mark Carney, "invité d'honneur" à Strasbourg pour l'occasion, note Democrata. Selon la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, "cette importante visite […] sera une occasion de renforcer les liens entre l'Union européenne et le Canada et de solidifier notre lien". Mark Carney s'adressera aux députés européens le lendemain.
Son déplacement "s'inscrit dans un contexte de forte tension diplomatique et commerciale entre le Canada et les États-Unis", écrit le média espagnol. Depuis un an, Bruxelles et Ottawa ont multiplié les rapprochements, notamment avec "la participation des Canadiens à un programme européen d'aide à l'industrie de défense", ou la présence du Canada au 8e sommet de la Communauté politique européenne en mai dernier [RFI].
Sans pouvoir prétendre à une adhésion à l'UE, le Canada cherche néanmoins à s'en rapprocher autant que possible. Les deux partenaires "discutent actuellement des moyens de permettre la libre circulation des biens, des services et des travailleurs canadiens impliqués dans des chaînes d'approvisionnement stratégiques" [RFI]. "Nous sommes le plus européen des pays non-européens", avait fait valoir Mark Carney en mars dernier à Paris, pour son premier déplacement à l'étranger.
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