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11.09.2026 à 12:32

Léa Deseille
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"Le 11 septembre 2001, le monde est saisi d’effroi" [Le Dauphiné Libéré]. "Deux avions détournés par des pirates de l’air percutent les tours jumelles du World Trade Center à New York qui s’effondrent. Un troisième s’écrase contre le Pentagone tandis qu’un quatrième qui visait la Maison-Blanche ou le Capitole se crashe en Pennsylvanie", rappelle le […]

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Texte intégral (1767 mots)
Après les attentats du 11 septembre 2001, les États membres de l’Otan ont décidé pour la première fois d’invoquer l’article 5 du traité - Crédits : Michael Foran / Flickr CC BY-NC-SA 2.0
Après les attentats du 11 septembre 2001, les États membres de l’Otan ont décidé pour la première fois d’invoquer l’article 5 du traité - Crédits : Michael Foran / Flickr CC BY-NC-SA 2.0

"Le 11 septembre 2001, le monde est saisi d’effroi" [Le Dauphiné Libéré]. "Deux avions détournés par des pirates de l’air percutent les tours jumelles du World Trade Center à New York qui s’effondrent. Un troisième s’écrase contre le Pentagone tandis qu’un quatrième qui visait la Maison-Blanche ou le Capitole se crashe en Pennsylvanie", rappelle le quotidien régional.

"Près de 3 000 personnes sont mortes ce jour-là. Selon un rapport publié cette année par Sage, aux 2 753 morts initialement recensés au World Trade Center se sont ajoutés plus de 2 000 décès supplémentaires, attribués à des maladies liées aux attentats du 11 septembre", écrit Euronews.

Un choc américain, une réponse transatlantique

Si le choc a d'abord frappé les États-Unis, ses conséquences ont rapidement touché l'Europe, de la solidarité atlantique aux politiques de sécurité intérieure. "Les attentats du 11 septembre 2001 font partie de la mémoire collective contemporaine. Mais pour la diplomatie américaine, comme pour le regard porté par le reste du monde sur le pays, il s'agit d'un moment de rupture sans précédent", analyse RFI.

"Il y a vingt-cinq ans, le monde a changé de trajectoire", considère El País. Pour les Européens, le premier effet institutionnel est venu de l'Otan. "Après les attentats du 11 septembre 2001, les États membres de l’Otan ont décidé pour la première fois d’invoquer l’article 5 du traité", rappelle Euronews. Un dispositif au cœur de l'Alliance, selon lequel une attaque armée contre un pays membre est considérée comme dirigée contre tous les membres.

L'Europe dans les guerres d'Afghanistan et d'Irak

Cette décision ouvre ainsi une séquence voyant certains pays européens s'engager aux côtés des États-Unis. Ces derniers "ont déclenché une intervention militaire en Afghanistan. De nombreux alliés, dont l'Allemagne, ont participé à l'opération 'Enduring Freedom', initialement menée par les États-Unis", rappelle Euronews.

Deux ans plus tard, en 2003, George W. Bush lance l'opération "Iraqi Freedom" contre le régime de Saddam Hussein. Soutenue par le Royaume-Uni, l'Espagne et l'Italie, mais rejetée par la France et l'Allemagne, cette intervention divise profondément les Européens. "[La guerre] d'Afghanistan était légale et soutenue par une grande partie du monde ; celle d'Irak, en 2003, a été entreprise sans aval des Nations unies, rejetée par une grande partie de l'Occident, et a provoqué une rupture interne au sein de l'UE", pointe El País.

Dès lors, les États-Unis "s’enferrent dans une guerre civile qui va faire émerger le djihad européen", estime Yves Trotignon, ancien cadre de la DGSE, dans une interview pour Le Monde. "Les racines profondes de l’attentat du 13 novembre 2015 à Paris, ce sont les djihadistes européens, notamment français, qui avaient commis un attentat au Caire, en 2009, et projetaient déjà une attaque contre le Bataclan, à Paris", poursuit le spécialiste.

Des politiques antiterroristes à l'autonomie stratégique

Vingt-cinq ans plus tard, l'héritage du 11-Septembre se lit aussi dans les politiques de sécurité. En France, "depuis les attentats du 11-Septembre, les dispositions touchant à la lutte antiterroriste […] ont été complétées et renforcées plus d’une année sur deux […] que ce soit dans le cadre de lois spécifiques ou de textes plus généraux ayant trait à la sécurité publique", relève Le Monde. Le quotidien cite notamment la loi sur le renseignement de 2015, actualisée en 2021, et la loi sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme de 2017, qui a fait entrer dans le droit commun plusieurs mesures issues de l'état d'urgence.

Au-delà de la lutte antiterroriste, plusieurs journaux voient dans le 11-Septembre le point de départ d'une recomposition plus large des équilibres internationaux. Pour El País, le quart de siècle écoulé a vu les États-Unis se replier davantage sur leurs priorités de sécurité, la Russie suivre une trajectoire plus révisionniste et la Chine renforcer son modèle de puissance économique dirigée.

Dans ce contexte, le quotidien espagnol estime que les Européens doivent tirer les leçons de cette période. "Pour l’Union européenne, la voie qui s’est dessinée au cours de ces 25 dernières années semble claire : elle ne peut plus compter sur la protection des États-Unis, elle doit se doter d’une force militaire crédible pour contrer la Russie et elle a besoin d’instruments pour protéger son économie de l’interventionnisme chinois", assure El País. "Ce qui est beaucoup moins clair, c’est si l’Europe est enfin prête à emprunter cette voie", conclut le quotidien espagnol.

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10.09.2026 à 13:16

Léa Deseille
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Dans une allocution télévisée, le président de la Serbie, Aleksandar Vučić, a annoncé mercredi 9 septembre "la dissolution de l’Assemblée nationale et la décision de convoquer des élections législatives anticipées, qui auront lieu le 25 octobre 2026", rapporte Politika. "Nous avons besoin de résultats électoraux qui détermineront et montreront clairement la volonté des citoyens - […]

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Le président serbe, Aleksandar Vučić, prononce un discours après avoir rencontré le président du Conseil européen, António Costa, en juin 2026 - Crédits : Conseil européen
Le président serbe, Aleksandar Vučić, prononce un discours après avoir rencontré le président du Conseil européen, António Costa, en juin 2026 - Crédits : Conseil européen

Dans une allocution télévisée, le président de la Serbie, Aleksandar Vučić, a annoncé mercredi 9 septembre "la dissolution de l’Assemblée nationale et la décision de convoquer des élections législatives anticipées, qui auront lieu le 25 octobre 2026", rapporte Politika. "Nous avons besoin de résultats électoraux qui détermineront et montreront clairement la volonté des citoyens - où, dans quelle direction et quelle voie la Serbie va", a-t-il précisé.

Cette décision intervient après que le Premier ministre, Đuro Macut, a appelé lundi à la tenue de nouvelles élections, dans le but "d'apaiser les tensions au sein de la société [serbe]" [Politico].

Et pour cause. Le pays est traversé depuis novembre 2024 par un "vaste mouvement de protestation né de l'effondrement d'un auvent dans la gare de Novi Sad, dans le nord du pays" [France 24]. "Cet accident, qui a fait 16 morts, a provoqué la colère de centaines de milliers de citoyens, emmenés par un mouvement étudiant, qui y voyaient le résultat de la corruption qui gangrène [le pays]", poursuit le média français.

"L’opposition accuse également Vučić et ⁠ses alliés de violence contre les opposants politiques, des liens avec la criminalité organisée et la restriction de la liberté des médias" [Die Zeit], accusations que rejette le président serbe.

Une "campagne électorale" avant l'heure

"Dirigeant nationaliste, Aleksandar Vučić, 56 ans, est au pouvoir en tant que Premier ministre ou comme président depuis plus d’une décennie" [Le Monde]. "Son parti, le Parti progressiste serbe, est classé comme conservateur de droite et populiste de droite", souligne Die Zeit. Élu président en 2017, et réélu en 2022, Vučić a récemment affirmé "qu’il allait démissionner aussitôt après avoir officiellement convoqué les législatives, pour se lancer dans la campagne, laissant entrevoir son ambition de revenir au poste de Premier ministre" [Le Monde]. Il pourrait ainsi conserver le pouvoir, "quel que soit son titre officiel", analyse Die Zeit.

Ces dernières semaines, le président serbe a parcouru la Serbie pour "rencontrer des citoyens et parler des projets économiques et de leurs besoins" [France 24]. Le gouvernement a par ailleurs annoncé "une enveloppe de 980 millions d'euros qui seront distribués […] à plusieurs catégories de citoyens, pour répondre à la crise énergétique et à la hausse des prix" avec, comme premiers bénéficiaires, "les retraités, les vétérans de guerre et certaines catégories sociales".

Face à ce que l'opposition considère comme une "'campagne électorale' avant l'heure" [France 24], les étudiants ont annoncé qu'ils présenteraient leur propre liste au scrutin.

Un État candidat qui s'éloigne de l'Union européenne

Le président Vučić a estimé, pendant son allocution de mercredi, que "la Serbie a choisi une bonne voie européenne, mais en préservant en même temps les amitiés traditionnelles, la fierté nationale et la dignité" [Politika].

Candidate à l'adhésion à l'UE depuis 2012, la Serbie "piétine en raison de réformes jugées insuffisantes en matière d'État de droit ainsi que des tensions persistantes avec le Kosovo" [Le Figaro], ce qui inclut notamment "la mise en place des conditions nécessaires à la tenue d'élections libres et équitables" [Die Zeit]. La Serbie entretient également des "liens étroits avec la Russie", qu'elle refuse de sanctionner depuis 2022 et la guerre d'agression russe en Ukraine.

Cette même semaine, des milliers de personnes se sont rassemblées pour assister aux funérailles du criminel de guerre Ratko Mladic. "Condamné à la prison à perpétuité par un tribunal de l'ONU pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, Ratko Mladić a été inhumé lundi à Belgrade avec les honneurs militaires et en présence de représentants du gouvernement" [Deutsche Welle]. Un événement qui a indigné Bruxelles, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ayant qualifié ces images de "choquantes".

Les élections législatives anticipées du 25 octobre prochain pourraient "mettre le modèle de Vučić à l’épreuve" [Deutsche Welle]. Toutefois, "l’opposition politique en Serbie reste fragile" et personne "ne s'attend à ce qu'une seule élection suffise à redresser les institutions serbes ou à modifier fondamentalement les relations du pays avec l'UE", conclut le média allemand.

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09.09.2026 à 12:39

Manon Mazuir
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Nécessité fait loi : l'Union européenne a annoncé mardi 8 septembre 2026 "avoir donné son feu vert pour que l’Ukraine puisse acheter des intercepteurs de missiles Patriot, en utilisant une partie du prêt de 90 milliards d’euros qui lui a été accordé par les 27" [Sud-Ouest]. De fabrication américaine, les intercepteurs Patriot sont "particulièrement efficaces contre les […]

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Kiev affirme avoir besoin de 300 missiles intercepteurs Patriot pour se défendre l'hiver prochain - Crédits : Sgt. Alexandra Shea / Wikimedia Commons Public Domain U.S. Department of War
Kiev affirme avoir besoin de 300 missiles intercepteurs Patriot pour se défendre l'hiver prochain - Crédits : Sgt. Alexandra Shea / Wikimedia Commons Public Domain U.S. Department of War

Nécessité fait loi : l'Union européenne a annoncé mardi 8 septembre 2026 "avoir donné son feu vert pour que l’Ukraine puisse acheter des intercepteurs de missiles Patriot, en utilisant une partie du prêt de 90 milliards d’euros qui lui a été accordé par les 27" [Sud-Ouest].

De fabrication américaine, les intercepteurs Patriot sont "particulièrement efficaces contre les missiles balistiques tirés presque quotidiennement par la Russie sur l’Ukraine, et que Kiev peine à abattre, faute d’intercepteurs", explique Le Temps. "Le président ukrainien Volodymyr Zelensky ne cesse de réclamer l’aide de ses alliés pour lui en fournir davantage, mais la guerre en Iran a lourdement ponctionné les stocks disponibles", poursuit le journal suisse.

"Je salue l’accord des États membres sur la dérogation accordée à l’Ukraine pour acheter des matériels cruciaux pour les systèmes de défense aérienne Patriot", a déclaré mardi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, citée par Sud-Ouest. Kiev va pouvoir "utiliser la prochaine tranche du prêt européen, d’un montant de 3,2 milliards d’euros, 'pour mieux protéger son ciel des attaques russes indiscriminées'", a confirmé la cheffe de l'exécutif européen [Le Temps].

Dérogation à la préférence européenne

"C'est la première fois que Kiev est autorisée à mobiliser ce prêt pour acheter des intercepteurs Patriot fabriqués aux États-Unis, face à une pénurie critique de munitions antiaériennes ukrainiennes", indique le quotidien régional L'Indépendant.

Car "l’une des conditions apportées à l’octroi de ce prêt de 90 milliards d’euros est la priorité donnée à l’achat d’équipements fabriqués en Europe", commente la RTBF. Or "le système de défense antiaérienne Samp-T NG, de fabrication franco-italienne, est encore peu disponible pour l’instant", poursuit le média belge.

Au total, "l'Ukraine s'apprête à se procurer environ 1 000 missiles Patriot au cours des prochaines années, avec l'aide de ses alliés et grâce [au] prêt de l'Union européenne, a déclaré mardi" le nouveau ministre ukrainien de la Défense, Ievgueniï Khmara [The Guardian].

Toutefois, la plupart de ces missiles "ne pouvant être livrés que dans les années à venir, [le pays en guerre avec la Russie] appelle […] ses alliés à lui fournir dès à présent des moyens de défense antiaérienne provenant de leurs propres stocks, en échange de missiles plus performants issus de ces contrats dans le futur" [RTBF]. Kiev affirme "avoir besoin de 300 missiles intercepteurs Patriot pour se défendre pendant l’hiver", relaie The Guardian.

Livraisons européennes

En réponse à l'appel de l'Ukraine, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a promis à la suite d'une réunion virtuelle du groupe de contact pour la défense de l'Ukraine (une organisation rassemblant une cinquantaine de pays), mardi 8 septembre, "d'envoyer des missiles pour le système de défense antiaérienne Patriot provenant du stock de la Bundeswehr [l'armée allemande] à l'Ukraine"  [La Dépêche]. Le ministre allemand n'a cependant "pas précisé le nombre de systèmes concernés ni évoqué de calendrier", souligne TFI Info.

"J'appelle tous les membres du groupe de contact pour la défense de l'Ukraine à examiner leurs propres stocks et à effectuer des livraisons similaires", a également déclaré Boris Pistorius, cité par La Dépêche.

Berlin emboîte ainsi le pas de Londres, le secrétaire d’État britannique à la Défense, Wes Streeting, ayant annoncé le même jour que "le Royaume-Uni consacrerait 100 millions de livres sterling (116 millions d’euros) au renforcement des capacités de défense aérienne de l'Ukraine cet hiver, notamment grâce à des Patriot" [Agence Europe] mais aussi des "munitions de gros calibre et des drones" [TFI Info].

De leur côté, "la France et l'Italie accélèrent pour mettre à disposition de l'Ukraine leurs systèmes de défense aérienne SAMP/T", car la situation devient critique compte tenu de "la recrudescence attendue des attaques russes cet hiver" [Les Échos]. "Les Européens qui participent au mécanisme Purl de l'Otan pour acquérir des armes pour l'Ukraine, promettent toutefois de livrer à temps", relate le quotidien français. 

Aucun signe d'assouplissement

Hier encore, Vladimir Poutine et Donald Trump "se sont entretenus une heure par téléphone" avec pour objectif "de relancer les tentatives des États-Unis - au point mort depuis longtemps - d’arrêter les combats via de nouvelles discussions en face-à-face entre les deux belligérants", informe 20 Minutes.

Le chef d’État russe a indiqué au président américain "que la Russie n’avait aucune 'visée agressive' à l’égard de l’Europe" [Le Monde]. Il a toutefois "régulièrement affirmé que son armée progressait sur l’ensemble du champ de bataille et que la conquête de la totalité de la région du Donbass, dans l’Est, n’était qu’une question de temps", rappelle Le Parisien.

Volodymyr Zelensky a déclaré "que des négociateurs russes, ukrainiens et américains pourraient se réunir dès ce mois-ci pour discuter d’une issue pacifique", selon 20 Minutes, "mais la Russie s’est montrée plus réservée, estimant lundi qu’il était 'trop tôt' pour parler concrètement d’une telle rencontre".

Selon Le Monde qui cite l’agence Bloomerg, "le président russe n’a montré aucun signe d’assouplissement lors des discussions avec les émissaires de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner" le week-end dernier. "Moscou entendrait, au contraire, intensifier ses frappes contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, en pariant sur une position plus favorable au printemps", analyse le journal français.

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