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16.09.2026 à 12:19

Léa Deseille
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"À Strasbourg, cette semaine, Mark Carney risque bien de voler la vedette à Ursula von der Leyen", estiment Les Échos. "Alors que la présidente de la Commission européenne [a prononcé] son discours sur l'état de l'Union ce mercredi [16 septembre], le Premier ministre canadien [est] reçu en grande pompe au Parlement européen, auquel il s'adressera […]

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Texte intégral (2220 mots)
Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne et le Premier ministre canadien, Mark Carney, lors d'une rencontre à Rome en mai 2025 - Crédits : Commission européenne
Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne et le Premier ministre canadien, Mark Carney, lors d'une rencontre à Rome en mai 2025 - Crédits : Commission européenne

"À Strasbourg, cette semaine, Mark Carney risque bien de voler la vedette à Ursula von der Leyen", estiment Les Échos. "Alors que la présidente de la Commission européenne [a prononcé] son discours sur l'état de l'Union ce mercredi [16 septembre], le Premier ministre canadien [est] reçu en grande pompe au Parlement européen, auquel il s'adressera jeudi", poursuit le quotidien.

"Premier chef de gouvernement étranger à assister à ce 'discours sur l'état de l'Union européenne'", M. Carney "doit prendre la parole jeudi devant le Parlement", note Courrier international. "Une 'guest-star' qui a obligé Ursula von der Leyen à chambouler son agenda. Elle restera finalement à Strasbourg jusqu'à jeudi, alors qu'elle n'avait pas prévu, à l'origine, d'assister au discours de Mark Carney" [Les Échos].

Plusieurs chantiers abordés

"Ottawa et Bruxelles cherchent […] à renforcer leur partenariat, de l'intelligence artificielle à l'énergie", écrit Corse Matin. Lors de leur rencontre à Strasbourg, "les deux parties vont examiner les domaines 'où [elles ont] des capacités et des besoins complémentaires', qui sont 'stratégiquement importants' pour 'garantir [leur] souveraineté', comme l'énergie et les matières premières critiques, notamment les terres rares, a précisé M. Wilkinson", ambassadeur canadien auprès de l'UE, à l'AFP [Corse Matin].

"Les discussions qui s'ouvrent entre Ottawa et Bruxelles détermineront la nature précise du partenariat et pourraient aboutir lors du prochain sommet canado-européen, à Montréal les 29 et 30 octobre prochains", développent Les Échos.

Depuis plusieurs mois, les relations entre les deux ensembles se sont renforcées. "Les échanges entre l'UE et le Canada ont bondi de 80 % depuis 2016, grâce à l'entrée en vigueur d'un accord de libre-échange, qui a supprimé presque tous les droits de douane. Et cette année, le Canada est devenu le premier pays non-membre de l'UE à rejoindre le programme de défense européen Safe", rappelle Courrier international.

Contrer les menaces de Trump

Mais "la nouvelle idylle de Carney avec l'UE est entièrement liée à Trump" [BBC]. "Après l'échec des négociations commerciales avec la Maison-Blanche et la récente escalade des tarifs douaniers, Ottawa se tourne vers l'Europe pour trouver un contrepoids stratégique à sa dépendance envers les États-Unis", analyse The Italy Post.

En effet, les menaces du président républicain sont toujours d'actualité. "Il y a quelques jours à peine, le président américain a publié sur son réseau Truth Social une carte de l'Amérique du nord, incluant le Canada et le Groenland – territoire danois appartenant à l'UE – sur laquelle est superposé le drapeau américain" [BBC].

"Mais que faire spécifiquement avec le Canada ? L’adhésion est exclue puisque les traités réservent l’adhésion aux États géographiquement européens", rappelle Le Point. "Nous ne cherchons pas à devenir membre de l’Union européenne. Ce que nous recherchons, et pour quoi nous allons ouvrir des discussions, c’est une alliance unique avec l’Union européenne […]. Nous partageons les mêmes valeurs, nous avons les mêmes priorités et nous disposons de forces très complémentaires", a déclaré dimanche le Premier ministre canadien, cité par Le Point.

Se détacher des États-Unis sans s'en séparer

"Carney n'évoque pas une rupture [avec les États-Unis], et il ne le pourrait d'ailleurs pas. Aujourd'hui, environ 70 % des exportations canadiennes sont destinées aux États-Unis et, comme il l'a souligné hier, 80 % des échanges bilatéraux continuent de bénéficier de l'absence de droits de douane", insiste The Italy Post. "Se tourner vers l'UE ne vise donc pas à remplacer l'Amérique – une entreprise irréalisable à court terme – mais à réduire son pouvoir d'influence", souligne le quotidien italien.

"Le Canada, en pleine guerre commerciale avec les États-Unis de Donald Trump, cherche de nouveaux partenaires. De son côté, l'Europe, dont les relations transatlantiques sont tout aussi houleuses, cherche également des appuis à sa stratégie de rééquilibrage entre les deux super-puissances, Chine et États-Unis" [Courrier international]. "L’'effet Trump' incite à des efforts de diversification – mais sont-ils réalisables ? Dans les couloirs de Bruxelles, on parle à voix basse de la possibilité de conclure un 'accord d'association spécial' avec le Canada", révèle la BBC.

Ursula von der Leyen a finalement proposé le statut de membre associé au Canada pendant son discours, mais certains sont réticents. "Avant d’envisager une plus grande coopération, il faut rappeler une vérité dérangeante : l’accord Ceta (entré en application provisoire depuis septembre 2017) n’a toujours pas été ratifié par dix États membres de l’UE, dont trois gros acteurs, la France, l’Italie et la Pologne…", nuance Le Point.

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15.09.2026 à 12:40

Ugo Bertet
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"Créé en 2010, le discours sur l’état de l’Union s’inspire largement de celui prononcé chaque année par le président américain. […] Ce discours donne la direction politique. C’est aussi un moment de communication pour dresser le bilan de l’année écoulée et tenter de répondre aux attentes des citoyens" [Public Sénat]. La présidente de la Commission […]

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Texte intégral (2088 mots)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lundi 14 septembre, en amont du discours sur l'état de l'Union - Crédits : Commission européenne

"Créé en 2010, le discours sur l’état de l’Union s’inspire largement de celui prononcé chaque année par le président américain. […] Ce discours donne la direction politique. C’est aussi un moment de communication pour dresser le bilan de l’année écoulée et tenter de répondre aux attentes des citoyens" [Public Sénat].

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, prononcera le mercredi 16 septembre "son sixième discours sur l’état de l’Union pour présenter son programme" [Politico] et donner "le ton pour l'année à venir" [Contexte].

Ce rendez-vous annuel est le résultat d'un "processus bureaucratique assez long, qui s'enclenche plusieurs mois avant le discours" précise Lorenzo Biondi, l'une des plumes d'Ursula von der Leyen citée par Contexte. "Tous ceux qui font la politique européenne ont essayé de mettre leur grain de sel dans le discours de rentrée".

Jusqu'au moment même où la présidente de la Commission prononcera son discours, ce dernier "sera revu et réécrit", prévient Politico. En conséquence, "le discours sur l’état de l’Union est l’un des secrets les mieux gardés de Bruxelles", résume Euronews.

Ukraine, climat, réseaux sociaux, migration… les dossiers attendus

Avec un été marqué par les incendies et sécheresses, "l’adaptation au changement climatique […] devrait occuper une place prépondérante dans son allocution", affirme Politico. "[Ursula] von der Leyen devrait probablement profiter du discours de cette année pour défendre l’idée que l’agenda climatique de l’Europe entre dans une nouvelle phase : il ne s’agit plus seulement de fixer des objectifs, mais de les concrétiser" [Euronews]. "Le message politique sera probablement que la décarbonation est désormais indissociable de la sécurité énergétique de l’Europe", estime le média paneuropéen.

Le numérique devrait figurer parmi les priorités du discours. Ursula von der Leyen devrait annoncer "une proposition d’interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs à l’échelle de l’UE", une "annonce phare [qui] pourrait s'avérer tout aussi controversée", souligne Euronews. L'intelligence artificielle devrait également occuper une place importante, avec une volonté affichée de renforcer "la résilience et la compétitivité" européenne vis-à-vis des pays tiers, complète Nachrichten.

Autre dossier sensible attendu : les migrations. "Ursula von der Leyen devrait profiter de son discours pour appeler au renforcement de Frontex, l’agence européenne chargée de la gestion des frontières" [Politico]. Son discours intervient, en effet, quelques semaines après la crise de Ceuta, au cours de laquelle "des dizaines de milliers de migrants ont pénétré sur le territoire espagnol, provoquant des remous politiques au sein de l’Union européenne tout au long de l’été". La présidente de la Commission pourrait ainsi annoncer "un rôle accru pour l'agence […], ainsi que des pouvoirs étendus pour surveiller les routes migratoires au-delà des frontières européennes" [Euronews].

Enfin, la présidente de la Commission devrait réaffirmer son soutien à Kiev et "à nouveau lancer un appel aux pays de l'UE pour obtenir un soutien supplémentaire à l'Ukraine", avec la possibilité d'un nouveau paquet de sanctions contre la Russie [Nachrichten]. Un point d'étape sur le processus d'adhésion des pays candidats ainsi que sur les négociations du futur budget européen 2028-2034 sont également attendus.

Le Premier ministre canadien invité à Strasbourg

Le discours sur l'état de l'Union sera marqué par la présence du Premier ministre canadien, Mark Carney, "invité d'honneur" à Strasbourg pour l'occasion, note Democrata. Selon la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, "cette importante visite […] sera une occasion de renforcer les liens entre l'Union européenne et le Canada et de solidifier notre lien". Mark Carney s'adressera aux députés européens le lendemain. 

Son déplacement "s'inscrit dans un contexte de forte tension diplomatique et commerciale entre le Canada et les États-Unis", écrit le média espagnol. Depuis un an, Bruxelles et Ottawa ont multiplié les rapprochements, notamment avec "la participation des Canadiens à un programme européen d'aide à l'industrie de défense", ou la présence du Canada au 8e sommet de la Communauté politique européenne en mai dernier [RFI].

Sans pouvoir prétendre à une adhésion à l'UE, le Canada cherche néanmoins à s'en rapprocher autant que possible. Les deux partenaires "discutent actuellement des moyens de permettre la libre circulation des biens, des services et des travailleurs canadiens impliqués dans des chaînes d'approvisionnement stratégiques" [RFI]. "Nous sommes le plus européen des pays non-européens", avait fait valoir Mark Carney en mars dernier à Paris, pour son premier déplacement à l'étranger.

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14.09.2026 à 12:20

Ugo Bertet
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"Rendez-vous à Rovaniemi : des dirigeants de l'Union européenne se réunissent […] dans le nord de la Finlande pour discuter de quelle façon renforcer la présence du bloc dans l'Arctique, une région où les tensions géopolitiques ont atteint des sommets ces derniers mois" [Courrier international]. Parmi les enjeux, les "nouvelles routes maritimes rendues possibles par […]

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Texte intégral (1803 mots)
Dimanche 13 septembre, le Premier ministre finlandais, Petteri Orpo, reçoit la haute-représentante de l'UE Kaja Kallas en marge du sommet européen sur l'Arctique - Crédits : Conseil européen

"Rendez-vous à Rovaniemi : des dirigeants de l'Union européenne se réunissent […] dans le nord de la Finlande pour discuter de quelle façon renforcer la présence du bloc dans l'Arctique, une région où les tensions géopolitiques ont atteint des sommets ces derniers mois" [Courrier international].

Parmi les enjeux, les "nouvelles routes maritimes rendues possibles par le recul de la banquise arctique dû au changement climatique, mais aussi des gisements de matières premières inexploités et des menaces pour la sécurité liée aux activités militaires de la Russie et de la Chine", écrit Die Zeit.

Un espace hautement convoité

"Pays le plus septentrional de l'Union européenne, la Finlande n'a pas été choisie au hasard pour accueillir ce sommet. Il partage plus de mille kilomètres de frontière avec la Russie, qui s’étire elle-même sur près de 5 000 kilomètres le long du cercle polaire" [France info].

Il y a encore quelques mois, le président américain Donald Trump a menacé d’annexer le Groenland à plusieurs reprises, "en raison de sa position militaire-stratégique, mais aussi en raison des ressources minérales suspectées sur place" [Die Zeit]. Le Kremlin a lui aussi "accru sa présence [dans l'Arctique] ces dernières années, qu'il s’agisse d'extraction minière, pétrolière, ou de bases militaires" [France info] mais également par "l’activité [de] sous-marins russes […] révélée par la Norvège et la Grande-Bretagne" [Die Welt].

Surtout, "la fonte de la banquise ouvre […] de nouvelles perspectives économiques et stratégiques" aux grandes puissances, avec une intensification de la présence russe, américaine et chinoise sur ces nouvelles routes maritimes, navigables "pendant des périodes de plus en plus longues à mesure que la banquise recule" [Courrier international].

La Finlande, qui peut compter sur la présence de nombreux responsables européens, dont "le Premier ministre polonais Donald Tusk et la Première ministre danoise Mette Frederiksen" [Yle] ainsi que le chancelier allemand et le ministre français des Affaires étrangères, souhaite toutefois "clairement montrer lors des discussions que l’Arctique doit être considéré comme une partie intégrante de la sécurité européenne et en aucun cas uniquement d’un point de vue scientifique et économique" [Die Welt].

Vers un renforcement stratégique de l'UE

"La réunion intervient alors que la Commission européenne devrait présenter, d'ici les prochaines semaines, une nouvelle stratégie pour l'Arctique. Ce document doit définir les grandes orientations de Bruxelles dans la région pour les années à venir" [Courrier international]. Selon le Premier ministre finlandais, "l’Union européenne a un intérêt direct dans sa stabilité, sa sécurité et son développement durable" [Die Zeit].

Dans ce sens, plusieurs représentants de l'UE sont également présents à Rovaniemi, dont "la haute représentante de l’UE Kaja Kallas ainsi que le commissaire chargé des partenariats internationaux Jozef Síkela" [Yle]. D'après ce dernier, "l'Arctique est extrêmement important pour l’Europe. Tout ce qui s'y passe a des répercussions directes chez nous, qu'il s’agisse de climat, de sécurité ou d’économie. […] Nous devons davantage prendre en compte la géopolitique" [France info].

"La Commission européenne a l’intention d’utiliser les résultats du sommet pour élaborer la nouvelle stratégie arctique prévue. La Finlande souhaite en particulier s’assurer que les capacités européennes de brise-glace soient incluses comme projet concret" [Die Welt], une proposition reprise par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui évoquait, il y a quelque temps,  une "flotte européenne de brise-glace" pour la sécurité arctique, complète le média allemand.

Ce sommet sur l'Arctique intervient se déroule aussi une semaine seulement après la visite d'Ursula von der Leyen au Groenland, au cours de laquelle elle avait annoncé "un programme d’investissement de 200 millions d’euros" [Die Welt]. "L’UE souhaite envoyer un signal aux États-Unis qu’elle ne restera pas inactive et ne laissera pas le terrain à d’autres, mais veillera à ses intérêts dans la région", analyse Tobias Etzold, du réseau d’experts Forum Northern European Politics [Die Welt].

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