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15.10.2026 à 13:11

Ugo Bertet
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"Un sommet européen décisif débute à Bruxelles, jeudi 15 octobre, réunissant pour deux jours l'ensemble des dirigeants des 27 États membres de l'Union européenne", entame France info. Les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne se retrouvent à Bruxelles pour un nouveau Conseil européen. Les discussions porteront notamment sur les "prix de l'énergie […] […]

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Texte intégral (2503 mots)
La réunion des vingt-sept chefs d’État et de gouvernement a débuté ce jeudi 15 octobre. Au centre, António Costa président du Conseil européen - Crédits : Conseil européen

"Un sommet européen décisif débute à Bruxelles, jeudi 15 octobre, réunissant pour deux jours l'ensemble des dirigeants des 27 États membres de l'Union européenne", entame France info.

Les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne se retrouvent à Bruxelles pour un nouveau Conseil européen. Les discussions porteront notamment sur les "prix de l'énergie […] et la question des déséquilibres macroéconomiques mondiaux, en particulier les relations avec la Chine", indique Adnkronos. Vendredi, "les dirigeants écouteront le président Volodymyr Zelensky sur les derniers développements [en Ukraine]", avant d'aborder les sujets de défense et de sécurité et de conclure par "la migration pendant le déjeuner", complète l'agence de presse italienne.

Mais le prochain budget pluriannuel de l’UE pour 2028-2034 devrait concentrer les tensions. "Les dirigeants de l’UE se dirigent jeudi vers leur plus grand affrontement sur le prochain budget à long terme de l'Union", écrit France 24. Face à un "futur budget […] susceptible d'être nettement plus important que l'actuel" [ZDF], et des pays réclamant des coupes budgétaires, les négociations "sont tendues", observe France info, alors que le président du Conseil européen, António Costa souhaite parvenir à "un accord final d’ici à la fin de l’année".

Budget 2028-2034 : "Nous sommes toujours loin d'un accord"

Pour la période 2028-2034, "la Commission européenne propose un budget de 1 985 milliards d’euros", destiné à financer "de nombreux projets de l'UE [comme] la politique agricole commune [et] le soutien aux régions [moins développées]", précise ZDF. Cette enveloppe initiale suscite cependant de vives tensions. "L’Allemagne et les autres contributeurs nets trouvent cela beaucoup trop élevé", indique le média allemand.

Pour tenter de rapprocher les positions, "l'Irlande, qui assure la présidence tournante de l'UE, a présenté la dernière proposition […] avec des réductions de quelque 140 milliards d'euros au total budgétaire" [France 24]. Dublin souhaite néanmoins "sanctuariser les fonds dédiés à l’agriculture et à la cohésion", tout en proposant "55 milliards d’euros de ressources propres supplémentaires, via notamment la fiscalité environnementale et une contribution des grandes entreprises", souligne France info.

Mais cette nouvelle proposition ne fait pas l'unanimité. L’Allemagne, à la tête des pays dits 'frugaux', exige "des réductions de plusieurs centaines de milliards d’euros" [France 24]. "Dans l’autre coin du ring européen, on retrouve les "amis de la cohésion", ceux qui défendent les fonds de cohésion destinés aux régions européennes les plus pauvres, ainsi que le maintien d’une PAC forte", explique Ouest-France. La France, qui en fait partie, estime que l’Europe a besoin d’un budget plus important "pour faire face aux défis croissants auxquels [elle] est confrontée" [France info]. "La présidence française a prévenu les représentants européens qu'elle ne signerait pas d'accord sur le budget européen sans l'inscription de nouvelles recettes substantielles", indique BFM TV.

Un accord d’ici à la fin de l’année, voulu par António Costa, paraît de plus en plus incertain. "Nous sommes toujours loin d’un accord", a averti le chancelier allemand Friedrich Merz [France info], tandis que "l'Allemagne, l'Autriche et les Pays-Bas ont déjà indiqué qu'ils ne souhaitaient pas d'un accord à tout prix", rapporte RMF 24. Pour l'heure, "l'objectif est de trouver un compromis d'ici la fin de cette année, et donc aussi avant l'élection présidentielle française au printemps", un objectif "extrêmement ambitieux", analyse ZDF.

Énergie, Chine, migration… les autres sujets du sommet

Au-delà du budget, les dirigeants européens auront "un débat très attendu sur les prix de l'énergie, que les hostilités au Moyen-Orient ont propulsés à des niveaux record", écrit Euronews. À ce sujet, "six États membres (l'Autriche, l'Allemagne, l'Italie, la Pologne, le Portugal et l'Espagne) ont proposé une taxe exceptionnelle à l'échelle de l'UE pour capter les profits excessifs des compagnies énergétiques", mais "l’idée reste clivante", souligne le média paneuropéen.

Face à un "déficit commercial quotidien de 1 milliard d’euros" avec la Chine, Bruxelles veut obtenir des "résultats tangibles [de Pékin]" [Euronews]. À la suite de la visite du commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič à Pékin la semaine dernière, "le Conseil devrait donner un mandat à la Commission pour préparer de nouveaux instruments de riposte, comme l'ont demandé la France et l'Allemagne dans un document commun, avec notamment la possibilité de couper l'accès au marché européen des entreprises chinoises en cas de pratiques déloyales répétées sur un secteur, ou encore un mécanisme plus ou moins contraignant de diversification des approvisionnements", indiquent Les Échos.

Vendredi, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, participera aux discussions sur l’Ukraine. Les Vingt-Sept devraient aborder "la façon de continuer à financer Kiev pour résister à l'agression russe, puisque le prêt de 90 milliards d'euros pour 2026-2027 'ne répondra pas à tous les besoins' du pays", analyse Adnkronos. Les "attaques hybrides d'origine russe" et "la situation au Moyen-Orient" figureront également à l’ordre du jour [Adnkronos].

Enfin, les dirigeants tiendront un "débat stratégique sur la migration" [Adnkronos]. Ce dernier, consécutif à la crise migratoire de Ceuta, "devrait opposer Sánchez à la majorité emmenée par Meloni dans la salle", souligne Euronews. Malgré un agenda 'dense', "personne n'attend aucune décision sur les questions à l'ordre du jour […], il s'agira 'd'ouvrir la voie' pour que les décisions soient prises à l'avenir", précise une source diplomatique européenne [Adnkronos].

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14.10.2026 à 12:07

Valentin Ledroit
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"En Hongrie, un nouveau pan de l'ère Orbán disparaît", titre L'Espresso. Mardi 13 octobre, les députés hongrois ont adopté la suppression de dispositions d'une loi de 2021, qui limitait la représentation de l'homosexualité et des identités de genre auprès des mineurs. Pour le magazine italien, cette décision constitue "un premier signe d'ouverture à l'égard de […]

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Des dizaines de milliers de personnes avaient défilé dans les rues de Budapest, fin juin, à l'occasion de la première marche des fiertés depuis le départ de Viktor Orbán
Des dizaines de milliers de personnes avaient défilé dans les rues de Budapest, fin juin, à l'occasion de la première marche des fiertés depuis le départ de Viktor Orbán -Envagyokabela / wikimedia commons CC BY-SA 4.0

"En Hongrie, un nouveau pan de l'ère Orbán disparaît", titre L'Espresso. Mardi 13 octobre, les députés hongrois ont adopté la suppression de dispositions d'une loi de 2021, qui limitait la représentation de l'homosexualité et des identités de genre auprès des mineurs. Pour le magazine italien, cette décision constitue "un premier signe d'ouverture à l'égard de la communauté LGBTQI+ après la longue parenthèse orbanienne".

Adoptée sous le gouvernement de Viktor Orbán, la législation interdisait notamment la diffusion auprès des mineurs de contenus représentant l'homosexualité ou la diversité de genre. "Même les livres abordant ces sujets d'une manière adaptée à l'âge des enfants ne pouvaient être vendus que sous un emballage plastique noir accompagné d'avertissements", rappelle la Deutsche Welle. Le texte adopté mardi comporte également des mesures de lutte contre les violences sexuelles faites aux mineurs et des dispositions relatives aux enfants laissés dans les hôpitaux.

Une mise en conformité avec le droit européen

Le Monde souligne que la portée du vote reste à relativiser. Interrogée par le quotidien, Eszter Polgári, directrice du programme juridique de l’association Háttér Society, principale organisation hongroise de défense des droits LGBTQI+, se dit "satisfaite de voir disparaître cette légitimation de la marginalisation et de la stigmatisation", tout en rappelant que le gouvernement cherchait avant tout à "se mettre en conformité avec le droit européen".

En avril dernier, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) avait jugé que la législation hongroise de 2021 violait le droit de l'Union et portait atteinte à ses valeurs fondamentales, notamment en stigmatisant les personnes LGBTQI+. Le média hongrois Telex souligne que la procédure européenne engagée contre Budapest pouvait aboutir à "une amende déduite des aides européennes". "On ne peut dire pour l'instant si la majorité ira plus loin, ou si elle compte en rester à ce qui peut apparaître comme une simple mise en œuvre de l'arrêt de la CJUE", complète Eszter Polgári [Le Monde].

À Bruxelles, le vote a néanmoins été accueilli favorablement. La Commission européenne y voit "un signal important d'engagement en faveur de nos valeurs communes", ont réagi les commissaires Hadja Lahbib et Michael McGrath, cités par la RTBF.

Une réforme qui divise la classe politique hongroise

Sur le plan intérieur, cette décision marque une nouvelle rupture entre le gouvernement conservateur de Péter Magyar, arrivé au pouvoir au printemps, et les formations nationalistes. Le Fidesz de Viktor Orbán et l'autre parti d'extrême droite Mi Hazánk "ont voté ensemble contre la loi renforçant la protection des enfants. Ils ont rejeté l'aide aux nourrissons abandonnés dans les hôpitaux et la protection des enfants contre toutes les formes de violence. Honte !", a ainsi fustigé Péter Magyar [Telex].

De son côté, Mi Hazánk dénonce une concession à Bruxelles. "Le groupe Tisza [du Premier ministre, ndlr] a modifié la loi dans l'intérêt des pédophiles, sous la pression de l'Union européenne", accuse la députée Dúró Dóra, citée par 24.hu. Son parti a annoncé vouloir demander au président de la République de ne pas promulguer le texte.

Pour la Deutsche Welle, ce vote illustre plus largement la volonté de Péter Magyar, "lui-même conservateur et partisan d'une ligne dure en matière d'immigration", de "rompre avec les politiques répressives d'Orbán concernant les médias, le système judiciaire et d'autres domaines".

Une avancée pour les droits LGBTQI+, mais des restrictions qui subsistent

Malgré cette avancée, les associations de défense des personnes LGBTQI+ restent prudentes. "C'est un pas en avant important et positif", salue Háttér Society dans le quotidien espagnol El País, avant de tempérer : "Mais il reste encore beaucoup à faire."

Le journal espagnol souligne notamment que la réforme ne touche pas "aux dispositions constitutionnelles" relatives à la famille et à l'identité de genre, ni à une autre loi prévoyant que l'État doit protéger "les institutions de la famille et du mariage […] dans lesquelles la mère est une femme et le père un homme".

Dans Le Monde, Eszter Polgári note également les limites du changement engagé par la nouvelle majorité. "N'ayant pas le droit de changer leur identité, elles et ils ont des papiers qui ne reflètent pas leur identité réelle", explique-t-elle à propos des personnes transgenres. "C'est un très gros problème."

Péter Magyar lui-même reste prudent sur les évolutions législatives à venir. "En tant que Premier ministre, j'ai le devoir de représenter tous les Hongrois, et il existe des sujets sensibles", déclarait-il le 10 octobre dans un entretien au quotidien finlandais Helsingin Sanomat, évoquant notamment l’euthanasie et les droits des minorités sexuelles.

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13.10.2026 à 12:23

Ugo Bertet
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"Andy Burnham a appelé à faire évoluer les relations entre le Royaume-Uni et l'UE, à l'approche du sommet prévu le [20 novembre] prochain. Devant le Parlement, le Premier ministre britannique a estimé que le maintien du statu quo ne répondait plus aux intérêts du pays et a plaidé pour l'ouverture d'un débat sur l'avenir des […]

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Le sommet UE-Royaume-Uni, initialement prévu en juillet, se tiendra à Bruxelles, le 20 novembre prochain - Crédits : Lauren Hurley / Flickr No 10 Downing Street CC BY-NC-ND 4.0

"Andy Burnham a appelé à faire évoluer les relations entre le Royaume-Uni et l'UE, à l'approche du sommet prévu le [20 novembre] prochain. Devant le Parlement, le Premier ministre britannique a estimé que le maintien du statu quo ne répondait plus aux intérêts du pays et a plaidé pour l'ouverture d'un débat sur l'avenir des relations avec Bruxelles", relève Euronews.

Face aux députés britanniques, Andy Burnham a affirmé que "la Grande-Bretagne devrait engager un 'dialogue sérieux' sur l’avenir de ses relations avec l’UE", détaille Le Figaro. "À chaque étape, le public britannique sera le patron, et il est clair que l'opinion publique soutient actuellement une approche pragmatique comme celle que je suggère", a ajouté le locataire du n° 10 [BBC].

Depuis son arrivée à Downing Street en juillet dernier, le Premier ministre britannique "a à plusieurs reprises affiché son intention de rapprocher le Royaume-Uni de l'UE et a récemment affirmé qu'un retour dans le bloc faisait partie des options envisagées pour l'avenir du pays" [Euronews]. Le mois dernier, Andy Burnham avait même déclaré que "le Brexit avait 'fait plus de mal que de bien' et que le Royaume-Uni avait besoin d'une stratégie claire sur sa relation de long terme avec Bruxelles", rappelle le média paneuropéen.

Un sommet pour relancer la coopération avec Bruxelles

Andy Burnham a indiqué que le sommet UE-Royaume-Uni se concentrerait sur "la stimulation de la croissance et le contrôle de l’immigration illégale", avec également d’autres sujets "sur la table", tels que l'alimentation, l’interconnexion des systèmes énergétiques ou encore l’échange de quotas d’émission [Euronews]. Ce sommet de "relance" doit mettre fin à “des mois d'incertitude” entre Londres et Bruxelles [The Guardian].

Le Premier ministre britannique estime que ces accords pourraient "faire gagner quelque 10 milliards de livres par an à l’économie britannique, d’ici à 2040", souligne Le Figaro. "À l'heure actuelle, des camions entiers de plantes ou de produits frais peuvent être détruits en raison d’un simple tampon manquant ou d’un léger retard administratif", rappelle Andy Burnham [BBC].

Plusieurs points restent toutefois sensibles. La mobilité des jeunes est "la question la plus épineuse […] les deux parties [étant] en désaccord sur les chiffres globaux, ainsi que les frais de scolarité que les étudiants paieraient dans les universités britanniques" [The Guardian]. Andy Burnham a également reconnu que l’initiative européenne Made in Europe, qui vise à favoriser les produits et entreprises européens dans certains secteurs stratégiques, "présentait des 'risques' pour l'industrie britannique". Le Premier ministre souhaite parvenir à "un arrangement qui fonctionne à la fois pour le Royaume-Uni et l'UE", précise le quotidien britannique. Mais ce rapprochement avec Bruxelles ravive aussi les tensions politiques à Londres. "Des responsables de droite au Royaume-Uni accusent le Parti travailliste de vouloir rouvrir le débat, jugé clivant, sur le Brexit". Tandis que la cheffe du Parti conservateur, Kemi Badenoch, a affirmé qu’Andy Burnham était "en train de 'défaire' l’accord de retrait avec l’UE" [Euronews].

Une ingérence russe lors du vote sur le Brexit ?

La veille, dans le podcast The Rest is Politics, Andy Burnham avait relancé le débat sur l'ingérence russe dans le référendum de 2016, dont l'ampleur et l'effet sur le résultat restent discutés. "En arrivant à Downing Street, j’ai posé la question suivante : y a-t-il eu une ingérence de la Russie dans le référendum de 2016 ? Et j’ai obtenu une réponse claire : oui, il y en a eu une", avait-il déclaré [Le Figaro].

Andy Burnham n'a en revanche "donné aucune précision sur les preuves étayant ses déclarations" [L'Express], tandis que Moscou a toujours nié toute ingérence en dénonçant une "hystérie antirusse", souligne Le Figaro. Le ministre des Affaires étrangères, Stephen Doughty, a de son côté affirmé qu'il était clair que "la Russie avait tenté d’interférer mais avait échoué", rapporte The Guardian.

"Andy Burnham est le premier dirigeant britannique à affirmer publiquement l’existence d’une ingérence russe dans le vote de 2016", relève Libération. "Je pense que cela aidera les électeurs allemands et français à comprendre qu'une partie de cette politique est orchestrée par nos ennemis, à savoir la Russie", a justifié le Premier ministre [L'Express].

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