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01.07.2026 à 07:57

FRANCE24
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"C'est là que se relaient une centaine de prévisionnistes en H24 tous les jours, semaine ou weekend, pour établir la prévision à l'échelle nationale", explique Clémence Pierangelo, responsable des prévisions générales à Météo-France. La salle est nichée dans un bâtiment quelconque au sein de l'immense Météopole, campus toulousain d'une cinquantaine d'hectares dont les pelouses jaunies témoignent de la canicule exceptionnelle du début d'été. Une vingtaine de personnes en tenue décontractée travaillent calmement dans cet espace ouvert qui pourrait évoquer n'importe quel bureau, si ce n'était les nombreuses cartes météo affichées sur les écrans d'ordinateurs. Dans la salle à l'accès sécurisé, les employés sont regroupés par spécialité: prévision générale grand public, marine ou aéronautique... Le chef d'orchestre, "le chef prévisionniste national", diffuse au moins deux fois par jour, à 06H00 et 16H00, un bulletin de vigilance, particulièrement scruté lorsque le pays traverse des épisodes extrêmes comme ces derniers jours. La carte est établie avec l'aide d'autres prévisionnistes à travers la France, spécialistes de leurs régions. "Le travail dépend énormément de la situation météo", relève Clémence Pierangelo. Sur les écrans s'affichent des observations satellites en temps réel pour répondre à une priorité du jour. Ce lundi, c'est l'évaluation des orages, parfois violents, qui traversent le pays dans le sillage des fortes chaleurs. "Expertise humaine" La prévision se construit en trois étapes. D'abord l'observation du temps qu'il fait grâce à des mesures instrumentales, des radars ou des satellites: températures, vent, humidité, pression etc. Dans le "parc à instruments" du campus, qui sert à tester et étalonner différents moyens de mesure, le climatologue Matthieu Sorel désigne un thermomètre qui obéit à des normes strictes: ici, pas de mercure qui monte et qui descend mais une petite structure verticale semi-ouverte, qui abrite un capteur. "Cet abri météorologique va nous garantir la qualité de la mesure de cette température. Il est blanc et un petit peu ouvert pour renouveler constamment l'air à l'intérieur", explique-t-il. Toutes les données alimentent ensuite des modèles informatiques qui tournent grâce à des supercalculateurs - des rangées d'ordinateurs surpuissants situés à Toulouse - pour donner des modèles de prévision. Météo-France possède ses propres modèles (Arpège sur l'ensemble de la Terre et Arome sur la France) mais en utilise aussi d'autres, américain, européen ou britannique. La dernière étape repose sur "l'expertise humaine", souligne Matthieu Plu, directeur adjoint des opérations de Météo-France. Les prévisionnistes, habitués à corriger les modèles, et connaisseurs des spécificités régionales, "vont affiner les prévisions et élaborer un scénario le plus probable qui va permettre ensuite de produire les bulletins et les prévisions". - "Choquant"- "Plus un phénomène est localisé et plus la durée sur laquelle on va pouvoir le prévoir est courte. Par exemple, une vague de chaleur, on va pouvoir l'anticiper cinq jours, une semaine à l'avance... Par contre, un orage, on va pouvoir l'anticiper seulement quelques heures à l'avance", détaille-t-il. L'organisation doit aussi s'adapter à la multiplication des événements extrêmes, conséquence du réchauffement climatique. Il y a quelques jours, la France s'est retrouvée simultanément avec des départements en vigilance rouge canicule et orange pour les orages. "On a renforcé l'équipe et il y avait deux chefs prévisionnistes nationaux" ce jour-là, raconte Clémence Pierangelo. Un prévisionniste supplémentaire est aussi chargé pendant tout l'été d'évaluer le risque de feux de forêts, un service développé depuis 2023. Comment les professionnels vivent-ils ces épisodes extrêmes? "A titre personnel, très mal parce qu'on voit ces records de chaleur tomber épisode après épisode, on voit que notre climat change à vue d'œil et on sait qu'il va encore plus changer dans le futur", confie Matthieu Sorel. "On n'est nullement surpris par ce que nous observons au quotidien, on sait depuis des années que notre climat va changer" mais "ça n'en demeure pas moins choquant et pénible pour nous de vivre un tel événement et de voir qu'il va se reproduire en pire dans quelques années", conclut-il.

01.07.2026 à 07:53

FRANCE24
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L'armée a mis fin il y a cinq ans à une décennie d'expérience démocratique dans le pays d'Asie du Sud-Est, renversant le gouvernement élu d'Aung San Suu Kyi et arrêtant la lauréate du prix Nobel de la paix. Des manifestations anti-putsch ont alors été réprimées par les forces de sécurité, mais des militants pro-démocratie ont quitté les villes pour combattre la junte aux côtés de mouvements armés issus de minorités ethniques longtemps hostiles au pouvoir central. Selon les dernières données de l'ONG américaine Acled (Armed Conflict Location and Event Data), qui répertorie les incidents rapportés par les médias, les affrontements ont fait 100.114 morts au total. Il n'existe pas de bilan officiel et les estimations varient largement, mais les analystes considèrent ce conflit comme le plus meurtrier se déroulant actuellement en Asie. "C'est une douleur sans fin", a déclaré Thein Aye Nu, 49 ans, dont le mari a été tué en juin lors d'une frappe aérienne. "Je suis très en colère, mais je ne sais même plus contre qui la diriger". Conflit fragmenté Le chef des putschistes, Min Aung Hlaing, est récemment devenu président à l'issue d'un processus électoral qualifié à l'étranger de manoeuvre pour prolonger le régime militaire sous une apparence de pouvoir civil. "S'il n'y avait pas eu de coup d'Etat, les enfants seraient à l'école", a dit un homme de la région centrale de Magway, dont le fils, adolescent, a récemment été tué au combat après avoir fugué pour rejoindre des rebelles. Selon l'ONU, plus de 3,7 millions de personnes sont déplacées à l'intérieur du pays et plus d'une personne sur cinq se trouve en situation d'insécurité alimentaire. La plus grande ville, Rangoun, connaît une relative normalité, mais la violence peut y prendre la forme d'assassinats sporadiques. D'autres régions sont pilonnées quotidiennement par des frappes aériennes menées par des avions militaires fournis par la Russie et la Chine. L'Acled a recensé plus de 1.200 groupes armés distincts dans cette guerre civile chaotique, la qualifiant de "conflit le plus fragmenté au monde". "Le conflit s'est propagé dans tout le pays", a commenté Sun Mon Thant, analyste de l'Acled. "Nous assistons à davantage de massacres. L'armée a pris pour cible des écoles, des cliniques, des prisons..." "Envoyés à la mort" La dynamique du conflit a basculé d'un camp à l'autre au cours des cinq dernières années. Une offensive conjointe de plusieurs groupes rebelles leur a permis de réaliser des avancées spectaculaires fin 2023, se rapprochant de Mandalay, la deuxième ville du pays. Mais la situation a de nouveau tourné en faveur de l'armée l'an dernier, selon les analystes, après que la Chine lui a apporté son soutien et favorisé la signature de trêves avec deux des plus puissants groupes armés ethniques. L'état-major a instauré en février 2024 la conscription pour renforcer ses rangs, enrôlant de force quelque 50.000 civils. "Ces conscrits ne peuvent rien faire. C'est comme s'ils étaient simplement envoyés à la mort", a témoigné un homme de 20 ans, qui a déserté après six mois sur la ligne de front. "Si tu ne meurs pas à un endroit, ils t'envoient ailleurs". La guerre a indirectement touché les pays voisins, où ont fui de nombreux réfugiés, accueillis dans des camps en Thaïlande et au Bangladesh. Selon des observateurs, des groupes armés de tous bords financent leur effort de guerre grâce aux profits du trafic de drogues comme l'héroïne et la méthamphétamine. Les zones frontalières faiblement contrôlées sont par ailleurs devenues un foyer pour des centres d'arnaques en ligne opérant souvent depuis des complexes fortifiés gardés par des milices.

01.07.2026 à 07:49

FRANCE24
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Quels que soient ses contours, le rêve américain continue de nourrir l'espoir de millions de personnes d'avoir une vie meilleure et une chance de réussir peu importe les difficultés. "Je définis le rêve américain par le travail acharné", affirme à l'AFP Reinaldo Gutierrez Iglesias, vendeur de fruits né à Cuba et installé à Miami depuis 15 ans. "Ce pays offre de formidables opportunités. Il permet d'avancer pas à pas vers la réalisation de ses aspirations", ajoute l'homme de 60 ans. "Le rêve américain se concrétise petit à petit. Parfois j'ai eu deux ou trois boulots. Je devais subvenir aux besoins de ma famille, mais je continue à le poursuivre", confie-t-il encore. A Atlanta, Karisa Tavassoli, une enseignante de 31 ans, considère vivre "pleinement le rêve américain", elle qui voit, "en tant qu'Iranienne, à quel point (son) peuple souffre en Iran". "En tant qu'enfant américaine, on oublie facilement ces sacrifices (...) Je suis en sécurité, je m'exprime librement, je peux porter ce que je veux en tant que femme. Ce sont là des valeurs sacrées auxquelles on doit revenir en tant qu'Américains", affirme-t-elle. Entreprendre "Le rêve américain en 2026 pour moi, c'est le rêve d'un entrepreneur qui rejoint un pays où c'est plus facile de tenter sa chance", considère le Français Tristan Comte, 28 ans, employé d'une start-up à San Francisco. "Ce qui fragilise mon rêve américain, c'est que la ville est extrêmement chère et que les visas sont extrêmement précaires. Aujourd'hui je suis là, aujourd'hui j'ai un salaire. Je n'ai aucune garantie que dans neuf mois, 12 mois ce sera encore le cas", nuance-t-il. Un sondage Gallup a montré en amont des célébrations des 250 ans des Etats-Unis que 69% des Américains pensaient pouvoir accéder au rêve américain, un chiffre considérable mais en baisse de 4% depuis 2024. Cette étude a également révélé que, pour les personnes interrogées, les éléments clés de cet idéal étaient la liberté individuelle, la sécurité financière, l'accès à la propriété et l'ascension sociale. Certains, comme l'entrepreneuse Carmen Barreto, trouvent que la poursuite du rêve américain, une notion apparue dans les années 30, devient de plus en plus compliquée. "Il m'a particulièrement comblée avec trois entreprises florissantes qui m'offrent liberté, revenus et bonheur", assure cette Vénézuélienne qui vit depuis 15 ans en Floride. "Beaucoup de gens s'accrochent au rêve américain, mais vu à quel point les choses deviennent difficiles, on ne peut pas nager à contre-courant tout le temps - car on s'épuise et cela vous détruit", ajoute-t-elle. "Se tuer à la tâche" Gerson Anzueto, qui vit aux Etats-Unis depuis 35 ans après avoir quitté le Guatemala, pense "avoir atteint le rêve américain, dans une certaine mesure". Mais cet agent d'entretien dans un restaurant en Floride garde un petit goût d'inachevé: "J'aurais aimé aller un peu plus loin, avoir la possibilité d'en faire un peu plus, mais la langue et la couleur de peau m'ont limité à bien des égards (...) Tout dépend de l'argent que l'on apporte et de l'accent que l'on a". Vendeuse de rue à Los Angeles, Rosalba Mondragon, elle, n'y croit plus. "Le rêve américain existait peut-être avant, mais plus maintenant", confie-t-elle devant son stand sur Hollywood Boulevard. "Tu travailles, tu travailles tellement mais ce n'est plus pareil." "Dans les années 80 et 90, on n'avait pas besoin de se tuer à la tâche pour gagner sa vie", abonde Jerrial Young, serveur et travailleur indépendant qui vit en colocation en Pennsylvanie. "Maintenant, il faut faire des semaines de 65 à 75 heures pour joindre les deux bouts et payer les factures". A 44 ans, il a le sentiment d'être exploité par les grandes entreprises mais il refuse de baisser les bras. Pour lui, "le changement va arriver, car il le faut". burs-bgs/eml/bpe
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